Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08/04/2015

Ça y est : la grande guerre de religion du 21ème siècle a probablement commencé.

yemen kalashnikov.jpg

 

Au Yémen. Entre les deux puissances dominantes de cette poudrière qu'est le Moyen-Orient : l'Arabie saoudite et l'Iran. Et derrière cette dimension religieuse de confrontation entre deux des principales branches de l'Islam – sunnites contre chiites – on retrouve l'antagonisme millénaire, ancestral entre Arabes et Perses. Ceux-ci, depuis 2500 ans, sont la puissance dominante de la région. Et comptent bien le redevenir. Pour ce faire, le rapprochement avec le monde occidental est indispensable, d'où la souplesse stratégique dans les négociations sur le nucléaire de Genève.

 

L'Iran, c'est un territoire énorme de 1 648 195 km2, soit plus de trois fois la France, s'étendant de la Turquie et de l'Irak à l'Ouest au Pakistan et à l'Afghanistan à l'Est, de la Caspienne et la Russie au Nord à la mer d'Oman au Sud. Près de 80 millions d'habitants, éduqués, et parmi les toutes premières ressources pétrolières et gazières du monde. Les forces armées iraniennes ont un effectif total de 755 000 militaires auxquels doivent s'ajouter les Pasdarans (gardiens de la révolutions) au nombre de 230.000... Ce sont 1.600 véhicules blindés, 300 avions, 3 sous-marins, etc. Du rugueux comme l'a montré dans les années 80, la terrible guerre contre l'Irak de Saddam Hussain.

 

En face, l'Arabie saoudite, avec une superficie autour de 2 millions de km2 pour une population de 30 millions d'habitants dont près du tiers d'étrangers. C'est un pays féodal rétrograde, fanatique, où règne la loi obscurantiste de la charia, où l'on décapite, lapide, ampute en public. C'est aussi le premier ays exportateur de pétrole et – à ce titre - « l'ami », l'allié des États-Unis et des Occidentaux, pas très regardant sur la morale et s'asseyant allègrement sur les Droits de l'Homme dès qu'il y a du pognon et du pétrole en jeu. Son armée (environ 300.000 hommes) est une des mieux équipée du monde : des milliers de blindées parmi les plus modernes, 400 pièces d'artillerie, des sites de missiles, des milliers d'armes guidées, 600 avions de combats, mais encore une marine conséquente avec des corvettes modernes, des frégates, des patrouilleurs, transports de troupes, etc. Un arsenal impressionnant, mais encore faut-il avoir le personnel qualifié et...motivé pour le mettre en œuvre. Mais cette armée, conçue pour des combats frontaux, type dernière guerre mondiale, n'est pas adaptée aux actions de guérilla dans laquelle elle se trouve aux prises au Yemen.

 

Cette guerre a été déclenchée par le dernier avatar des roitelets féodaux au pouvoir à Riad, le dénommé Mohammed ben Salmane al-Saoud, récemment arrivé. Il a voulu « faire le beau » en se mêlant des querelles internes yéménites, il en paiera vraisemblablement très cher le prix !

 

Né de la fusion difficile du Yémen du Nord et du Sud, le Yémen est une terre de bordel permanent, avec un pouvoir faible toujours contesté, des mouvements rebelles, des rivalités tribales, des tentations sécessionnistes et le territoire de naissance d'Al Qaïda qui y est solidement implanté et s'empare de territoires entiers où elle forme les tueurs qu'elle exporte dans le monde entier (les assassins de Charlie, les frères Kouachi s'y étaient entraînés). Ceci sur fond de rivalité religieuse entre sunnites (deux tiers de la population de 30 millions d'habitants) et chiites.

 

Actuellement, le président en titre, le dénommé Mansour Hadi, après avoir démissionné, puis fuit en Arabie saoudite, serait revenu sur sa démission dans les fourgons de l'armée saoudienne (150.000 hommes sur place). Bref, le foutoir. En face de la coalition menée par Riad (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Koweït, Qatar, Jordanie, Soudan, et le Maroc, soit huit pays du Machrek et du Maghreb, plus le Pakistan), les rebelles Houthis, partisans, comme leur nom l'indique, de Abdel Malik Al-Houthi, un leader basé dans la province de Saada (nord), de confession zaïdite, une branche de l'islam chiite. Ils bénéficient naturellement de l'aide de l'Iran chiite

 

Et l'Iran dans ce foutoir ? Le président Hassan Rohani a "condamné toute intervention militaire dans les affaires intérieures des pays indépendants", en appelant "les pays de la région à éviter toute action qui accentue la crise" au Yémen. Téhéran, traditionnel rival de Ryad au Moyen-Orient, a mis en garde contre une propagation du conflit yéménite à d'autres pays. L'opération menée par l'Arabie saoudite va "créer plus de tensions dans la région", a averti son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

 

Et les Occidentaux dans ce bordel ? Les USA, chroniquement à côté de la plaque, soutiennent la coalition menée par l'Arabie saoudite (bombardement par drones, armements).

 

C'est Daech qui doit se frotter les mains : en effet, suite au chaos qui suivra immanquablement une confrontation Iran Pays Arabes, il se proposera en recours pour établir son « califat », avec la complicité agissante de la Turquie qui rêve d'un retour à l'Empire ottoman.

 

Quant à la France, une de nos ressortissantes a été enlevée fin février au Yémen, ce qui rend nos diplomates prudents et circonspects... Pourvu que ça dure. Et ne nous réjouissons pas trop en pensant cyniquement « tant qu'ils se battent entre eux, chez eux, ils nous foutent la paix ». Parce que ce chaos va immanquablement accentuer encore la fuite de population de ces lieux de guerre. Et elles viendront où chercher refuge ? Devinez.

 

Photo X Droits réservés

 

06/04/2015

Pendant les fêtes pascales, les massacres islamistes continuent...

massacre Garissa Kénya.jpg

 

Le pape lui-même a dénoncé « l'effusion de sang et la violence barbare », faisant allusion « urbi et orbi » aux massacres récurrents perpétrés par les islamistes. « Ça va être de bonnes vacances ! » aurait dit un des massacreurs de l'université de Garissa, au Kenya où ils ont séparé les musulmans des non musulmans et massacrés ces derniers (148 morts). Même méthode qu'en décembre à Mandera toujours au Kénya (36 non-musulmans massacrés). Même méthode que Boko Haram en Afrique de l'Ouest. Vous êtes « fils d'Allah », vous avez la vie sauve, vous avez une autre croyance, ou – pire – pas de croyance du tout, vous êtes massacré, égorgés, décapités voire crucifiés. Pour l'exemple et pour terroriser.

 

Pendant ce temps, en France l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, la branche française des Frères musulmans a organisé au Bourget le plus important rassemblement des musulmans en Europe. Depuis trente ans, ce rassemblement draine au bas mot 150.000 personnes, venant de France mais aussi de pays limitrophes, comme la Belgique ou l’Allemagne.

 

Cette année, exceptionnellement, Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman CFCM) participait à ce rassemblement : «L’amour pour le Prophète constitue un acte de foi pour les musulmans, dit-il. Nous n’accepterons jamais que son nom ou sa personne soit l’objet d’insulte. » L’assistance l’applaudit chaudement lorsqu’il plaide pour que «le droit à la liberté d’expression » s’accompagne du « respect des religions ». Le recteur de la Grande Mosquée enfonce encore le clou. « Celui qui ne défend pas la dignité du Prophète n’a aucune dignité », lance-t-il. Il dessine enfin ce qu’il considère comme les priorités pour l’islam de France : le doublement du nombre de mosquées en deux ans, une véritable formation religieuse pour les imams officiant en France et la rénovation de l’aumônerie musulmane des prisons.

 

Voilà des faits et des perspectives tracées. Pour y réfléchir, écoutons les propos d'une Grande Voix, Ayaan Hirsi Ali. Née en Somalie en 1969, excisée à l’âge de 5 ans, cette femme est scolarisée dans un lycée musulman pour filles. Soumise à ses parents, à son clan et à sa religion jusqu’à l’âge de vingt-trois ans, elle profite d’un passage dans sa famille en Allemagne, pour s’enfuir et échapper à un mariage forcé.

 

Réfugiée aux Pays-Bas, elle adopte les valeurs libérales occidentales au point de devenir une jeune députée à La Haye et de s’affirmer athée. Pour avoir travaillé dans les services sociaux du royaume, elle connaît, de l’intérieur, les horreurs tolérées à l’encontre des femmes au nom du multiculturalisme.

 

Son combat contre l’emprise de l’islam a pris un tour tragique depuis le 2 novembre 2004, date de l’assassinat par un radical islamiste du cinéaste Theo Van Gogh, coauteur avec elle du film « Soumission ».

 

Obligée de fuir les Pays-Bas, Ayaan Hirsi Ali a trouvé asile aux USA. Elle soutient que l’islam est incompatible avec les principes de la démocratie.

 

Extraits traduits d’une interview de Ayaan Hirsi Ali dans le magazine Reason

Reason :Devrions-nous reconnaître que la religion a parfois déclenché des mouvements d’émancipation qui pourraient faire entrer l’islam dans la modernité ? Par exemple, l’esclavage aux Etats-Unis a été combattu par les catholiques. L’église polonaise a contribué à la défaite de Jaruzelski… Pensez-vous que l’islam pourrait être à l’origine de changements politiques et sociaux similaires ?

Hirsi Ali : Uniquement si l’islam est vaincu. Car actuellement, c’est le versant politique de l’islam, expansionniste et avide de pouvoir, qui a pris le dessus sur le soufisme et l’islam «pacifique».

Reason :Voulez-vous dire si l’islam radical est vaincu ?

Hirsi Ali : Non. L’islam tout court. Une fois qu’il sera vaincu, il pourra muter en quelque chose de pacifique. Il est extrêmement difficile de parler de paix actuellement. La paix ne les intéresse pas.

Reason :Voulez-vous dire qu’il faudrait écraser 1,5 milliards de musulmans ? Que voulez-vous dire quand vous dites qu’il faut «vaincre l’islam» ?

Hirsi Ali : Je pense que nous sommes en guerre contre l’islam. Et qu’il n’y a pas de demi-mesure dans la guerre. L’islam peut-être vaincu de différentes manières. Tout d’abord, il faut arrêter de répandre l’idéologie elle-même. Actuellement, il existe des occidentaux qui se convertissent à l’islam ; ce sont parfois les plus fanatiques. Il existe également une infiltration de l’islam dans les écoles et dans les universités. Il faut que cela soit stoppé. Il faut interdire que les symboles et les effigies [ndlr : drapeaux, croix etc…] soient brûlés. Il faut regarder les musulmans dans les yeux, bander ses muscles et dire : «Ceci est un avertissement. Nous n’acceptons plus cela». Il vient un moment où un ennemi doit tout simplement être écrasé.

 

Reason : Militairement ?

Hirsi Ali : De toutes les façons possibles. Et si vous ne le faites pas, il vous faudra vivre alors en vous apprêtant à être écrasé.

 

Reason : Allons-nous réellement vers quelque chose de si terrible ?

Hirsi Ali : Oui, je pense que c’est vers cela que nous allons. Parce que l’Occident est dans le déni de la réalité depuis longtemps. Il n’a pas répondu à certains signaux qui étaient moins forts et plus faciles à traiter. Il faut maintenant faire des choix. Voila le dilemme : l’Occident est une célébration de la vie, de la vie de tout le monde, même de celle de ses ennemis. Comment pouvez-vous être à la fois fidèle à cette philosophie et en même temps vous défendre contre un ennemi puissant qui cherche à vous détruire ?

 

Reason: George Bush, qui n’est pas la personne la plus conciliante que l’on connaisse, a déclaré à maintes occasions que nous ne sommes pas en guerre contre l’islam.

Hirsi Ali : Si l’homme le plus puissant de l’Occident déclare cela, alors, sans le vouloir, il laisse les islamistes radicaux penser qu’ils ont déjà gagné. Il n’existe pas d’islam modéré. Il existe des musulmans passifs, qui ne suivent pas toutes les règles de l’islam, mais il n’y a bien qu’un seul islam, défini comme la soumission à la volonté de Dieu. Et il n’y a rien de modéré en cela.

 

Reason: Et lorsque même un critique de l’islam aussi virulent que Daniel Pipes déclare : «L’islam radical est le problème, mais l’islam modéré est la solution », a-t’il tort ?

Hirsi Ali : Il a tort. Désolé. (…)

 

Reason :En Hollande, vous vouliez introduire un permis spécial pour les écoles islamiques.

Hirsi Ali : Je voulais que ces écoles disparaissent. Je voulais qu’elles soient fermées, mais mon parti a dit que cela ne serait pas voté. Les dirigeants m’ont dit en privé qu’ils étaient d’accord avec moi, mais que nous n’obtiendrions pas de majorité. Ça n’a pas abouti.

Reason : Votre proposition allait à l’encontre de la constitution hollandaise qui garantie la liberté d’enseignement des mouvements religieux. Vous battriez-vous de nouveau contre cela ?

Hirsi Ali : Absolument.

 

Reason: Et ici aux USA, vous militez pour l’interdiction…

Hirsi Ali : l’interdiction de toutes les écoles musulmanes. Fermez-les. Cela semble extrémiste, je sais. Il y a 10 ans, les choses étaient différentes, mais maintenant le génie jihadiste est sorti de la bouteille. J’ai dit la même chose en Grande-Bretagne et en Australie, et on me répond toujours : « la constitution ne l’autorise pas ». Mais d’où viennent ces constitutions ? Il n’existait aucune école musulmane quand ces constitutions ont été rédigées. Il n’y avait pas de jihadistes. Ils ne pouvaient même pas y penser.

Les constitutions occidentales ne sont pas infaillibles. Elles sont le produit de la raison et la raison nous enseigne que l’on ne progresse que quand on analyse la situation et que l’on agit en conséquence. Aujourd’hui, les circonstances sont différentes, la menace est différente. Les constitutions peuvent être adaptées. Et parfois elles le sont. La constitution américaine a été amendée plusieurs fois. Les constitutions ne sont pas comme le coran, non négociables, intangibles et figées.

Je suggère de fermer les écoles musulmanes. Vous me répondez «non, ça n’est pas possible». Le problème que je pointe du doigt devient de plus en plus massif. Vous me dites alors «OK, nous allons les décourager d’en ouvrir.» Et malgré cela, le problème continue de prendre de l’ampleur. Et dans quelques années, la situation sera si mauvaise que vous prendrez la décision que je préconisai. Mais trop tardivement (…)

 

Reason : Pensez-vous que les musulmans sont mieux intégrés aux USA qu’en Europe ?

Hirsi Ali : (…) Oui, j’ai l’impression que les musulmans sont beaucoup mieux intégrés ici qu’en Europe. Être assimilé ne veut pas dire que vous ne deviendrez pas jihadiste, mais la probabilité semble beaucoup moins forte qu’en Europe.

Tout d’abord, aux USA, il n’y pas réellement d’État providence. En Hollande, Mohammed Bouyeri avait tout le temps nécessaire pour préparer le meurtre de Theo Van Gogh. Aux États-Unis, les musulmans doivent trouver du travail. Ce qui pousse les gens à s’assimiler ici, c’est parce que c’est cela qu’on exige d’eux. Les gens ne sont pas chouchoutés par le gouvernement et les allocations.

Il existe une forte culpabilité aux États-Unis, mais elle est liée aux noirs américains et aux indiens, pas aux musulmans ou aux autres immigrés. L’américain moyen ne fait pas de différence entre les immigrés, qu’ils viennent de Chine, du Vietnam ou de pays musulmans.

La culpabilité en Europe est très différente. Elle se réfère au colonialisme, à l’apartheid en Afrique du Sud, à l’holocauste… La situation est beaucoup plus complexe, et les européens sont plus réticents quand il s’agit de dire «non» aux immigrés.

Les immigrés musulmans ne sont pas venus en Europe avec l’idée de s’assimiler : ils sont d’abord venus pour travailler, gagner de l’argent et repartir. Les générations suivantes sont venues non pas pour travailler mais pour profiter de l’État-providence et des allocations de toutes sortes. L’assimilation ne les préoccupe pas vraiment. (…)

 

Reason: le mot «tolérance» est probablement l’un des plus importants pour définir la façon dont les Hollandais se voient eux-mêmes. Cela fait qu’il est très facile quand l’on est critiqué de se dire victime d’intolérance, et de là, discriminé, ou victime d’islamophobie, ou de racisme…

Hirsi Ali : Il faut revenir au sens premier du mot « tolérance». Il signifiait que l’on pouvait être en désaccord, mais sans recourir à la violence. Cela impliquait une réflexion critique sur soi, cela ne voulait pas dire tolérer l’intolérance. Cela signifiait aussi un haut degré de liberté individuelle.

Puis les musulmans sont arrivés. Et ils n’avaient pas grandi avec cette compréhension de la tolérance. Très vite, la tolérance s’est retrouvé redéfinie par le «multi-culturalisme» et l’idée que toutes les cultures et toutes les religions sont égales.

Cela a créé de grandes attentes parmi les musulmans. On leur a dit qu’ils pouvaient conserver leur propre culture, leur religion etc… Et le vocabulaire s’est rapidement transformé et désormais, si vous critiquez une personne de couleur, vous êtes raciste, et si vous critiquez l’islam, vous êtes islamophobe.

 

Reason : Le corollaire du mot «tolérance» est probablement «respect». Le supposé manque de respect est devenu un abcès de fixation entre l’islam et l’Occident. (…) Pensez-vous que c’est cela que les musulmans veulent réellement, du respect ?

Hirsi Ali : Cela n’a rien à voir avec le respect. Cela a à voir avec le pouvoir. L’islam est une idéologie politique. Mais je pense qu’en réalité, le problème n’est pas l’islam. C’est l’Occident le problème. L’Occident est persuadé que son système est invincible, que tout le monde se modernisera de toute façon, que ce que l’on voit dans les pays musulmans est une demande de respect. Ou que c’est à cause de la pauvreté, ou de la colonisation, ou que sais-je encore…

Cette idée occidentale qui veut que si nous les « respectons », ils nous respecterons, que si nous sommes conciliants ou accommodants, le problème disparaîtra, est un leurre.

Le problème [de l’islam] ne disparaitra pas. Affrontez-le, où il deviendra de plus en plus massif.

 

Sources : http://www.reason.com/news/show/122457.html

 

Photo X - Droits réservés

03/04/2015

Départementales : En Vaucluse, le président élu à la VÉTUSTÉ !

geluck chat vieux.jpg

 

Dans ce département - qui a échappé de justesse à la chape de plomb(s!) F.Haine – les forces entre gauche et droite républicaine étant strictement égales, donc s'annulant, et aucun de ces deux camps n'ayant voulu (c'est tout en leur honneur) s'allier aux lepénistes, c'est le citoyen de droite Chabert Maurice qui a été désigné plutôt que son adversaire de gauche le citoyen Raspail Max pour présider le département. Désigné (et non élu) au bénéfice de l'âge, donc à la VÉTUSTÉ ! On pourrait penser qu'en de tels cas, le bénéfice de l'âge privilégierait l'élu ayant le plus d'années devant lui, le plus dynamique, bref, le plus jeune. Ben, non : ces assemblées gérontocratiques donnent la priorité aux plus anciens, aux plus expérimentés ?, peut-être, en tout cas aux plus vieux...

 

Et surtout, toujours, malgré le binôme paritaire imposé, priorité écrasante aux hommes. Huit femmes seulement ont été élues jeudi à la présidence des conseils départementaux: Sophie Pantel (PS) en Lozère, Martine Vassal (UMP) dans les Bouches-du-Rhône, Hermeline Malherbe (PS) dans les Pyrénées-Orientales, Nathalie Sarabezolles (PS) dans le Finistère, Nassimah Dindar (UDI, sortante) à La Réunion, Christine Bouquin dans le Doubs (sans étiquette soutenue par l’UMP, l’UDI et le MoDem), Valérie Simonet (UMP) dans la Creuse et Josette Borel-Lincertin (PS) en Guadeloupe. En rajoutant Josette Manin en Martinique, où il n’y a pas eu d’élection et Anne Hidalgo à Paris, cela fait seulement dix femmes présidentes sur 101 départements, 6 à gauche et 4 à droite.

 

Moi, j'ai été (un peu) rassuré que parmi les trois départements où je gravite l'hiver (Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Gard) aucun ne soit tombé dans l'escarcelle du FN. On a échappé au pire. Et j'ai une bonne occasion de jubiler et de déboucher le rouge : la Lozère, mon département d'été, est le seul a être passé de la droite vers la gauche, et qui plus est, en élisant à sa tête une femme ! Dans ce département de tradition droitière, le Front de gauche s'est solidement implanté parmi les populations cévenoles, viscéralement rebelles et a amené la victoire. Olé ! Vivent les Lozériens !

 

Une question mérite d'être posée : les conseillers départementaux ont été élus en binôme, dès lors pourquoi n'avoir pas imposé également, en toute logique, une présidence départementale par binôme ? Où est la cohérence ?

 

Ce scrutin, original et intéressant justement parce qu'il impose la parité, n'échappe toutefois pas à ce mal français récurrent, qui ronge notre démocratie : le cumul des mandats. Aux nouvelles présidences départementales, on compte 37 députés ou sénateurs dont 13 députés de droite, 5 députés de gauche, 14 sénateurs de droite, 4 sénateurs de gauche, et 1 eurodéputé de droite.

 

Mais... On croyait qu'il y avait une loi, votée en janvier 2014, qui interdisait le cumul des mandats ! Oui mais...à partir de 2017. D'ici là il en passera de l'eau au Rhône...

 

Le ci-devant Tocqueville (Alexis de) disait : «Il m'est démontré que ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. Le vote universel a d'autres avantages, mais non celui-là.  »

 

Bon. Pas de procès d'intention. Laissons-les se mettre au charbon, après on jugera. Mais sans illusion.

 

Illustration:merci à Geluck

 

02/04/2015

N'oubliez pas d'acheter votre (notre!) SINÉ Mensuel !

siné mensuel avril 2015.jpg

 

 

C'est pas le tout d'être « Charlie », mais il ne faut pas oublier SINÉ Mensuel, le formidable, prestigieux, iconoclaste et délicieusement mal élevé mensuel créé et animé par l'incroyable, l'increvable, le très mal embouché Siné ! Bouffeur de curés, d'imams, de rabbins, pourfendeur de la konnerie universelle triomphante, notre Don Quichotte préféré attaque le printemps avec une pêche d'enfer ! Hardi Bob ! D'ailleurs, « Fait meffi, lui on dit ses amis, si tu meurs, on te tue ! » Devant pareille perspective, inutile de vous dire que le Bob, chouté à l'oxygène, au Côtes-du-Rhône, au Beaujolpif et au bon sens pète le feu (pas que le feu d'ailleurs).

 

Au sommaire ce mois-ci :

Dossier 9-3 : Les bourgeois attaquent ! Les bobos peuvent-ils sauver la Seine-Saint-Denis ? Ces nouvelles populations au revenu plus élevé qui quittent Paris – ou l’ont déjà quitté ces dernières années – ont les moyens de revendiquer l’égalité de traitement à l’égard de tous les citoyens, égalité censée être garantie par la République. La gentrification est peut-être une solution au problème des banlieues. Par Anna Topaloff et Charlie Duplan.

Les services publics aux abonnés absents.La Seine-Saint-Denis est le département d’Île-de-France où le taux de pauvreté est le plus élevé (24,1 %) et où les services publics sont dans un état de délabrement avancé. Par Charlie Duplan.

Coups de boule :

Jean-Jacques Rue se fait Alain Soral et les écolo-bouffons. Non seulement ce dernier aime les quenelles de son horrible pote mais il se targue de sauver la planète. Si, si, l’écologie facho, ça existe.

Société :

L’édifiante histoire de Lala et Moustaf, deux sans-papiers passés de la misère des marchands de sommeil à l’enfer des bureaux de régularisation de la préfecture de police. Mais pour une fois, la fin n’est pas triste. Reportage. Par Véronique Brocard.

Yan Lindingre, dessinateur de gros nez, raconte pourquoi le délit de blasphème en vigueur en Alsace et Moselle, deux régions françaises qui vivent sous le régime du Concordat, n’existe, en fait, pas du tout… Non seulement, il lève un sacré lièvre, mais il se moque copieusement des grenouilles de bénitier de tous poils et de toutes confessions.

Notre économiste attitré nous explique que quatre personnes sur dix n’ont pas les moyens d’accéder au minimum nécessaire. La faute aux 5 % des ménages les plus aisés. Pour comprendre le mécanisme du manque de répartition des richesses, lisez l’explication de Pierre Concialdi.

Notre infiltrée est… démasquée. Gloups ! le maire UMP lisait Siné Mensuel.

S’il est un livre qui fait un lien brillant entre dérèglement climatique et capitalisme, c’est celui de la journaliste canadienne Naomi Klein. Et c’est Laure Noualhat qui le dit et le dit bien.

Un milliard de fraudes épongé par la France pour les agriculteurs. Par Antoine Lopez.

Interview : Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières et militant historique de la cause palestinienne, revient dans son Manifeste pour les Palestiniens sur ses engagements. À Siné Mensuel, il prône la création d’un État unique, critique sévèrement Sarkozy et Hollande, derniers soutiens ou presque d’Israël, et considère que l’opposant Marwan Barghouti est le Mandela palestinien.

Dans nos cartes postales :

Michel Warschawski, notre correspondant en Israël, dresse un bilan catastrophique de Netanyahou qui vient d’être réélu.

Depuis la Tunisie, Willis from Tunis décrypte la situation politique. Et ne mâche pas ses mots. Pour elle, l’attaque sanglante du Bardo n’est pas une surprise. Le gouvernement islamiste d’Ennahdha – octobre 2011 à fin 2013 – a bien préparé le terrain en banalisant la violence.

Yannis Youlountas rend à Syriza ce qui lui appartient. Contrairement à ce qu’on peut lire dans la presse française, le gouvernement grec a pris des mesures fortes.

Et nos chroniqueurs :

Jean-Marie Laclavetine : « Marinade, une recette de printemps ».
Delfeil de Ton : « Pour en finir avec les condamnés à mort ».
Christophe Alévêque : « Drames en chaîne qui nous enchaînent».
Isabelle Alonso : « Pays de merde ou planète dans la merde ?»
Jackie Berroyer : « Notre avenir ».

Dans notre baz’Arts :

Comme chaque mois, des films et des livres… Avec Noël Godin, Jean-Jacques Rue, Jean-Pierre Bouyxou, Martine Laval. Au programme, on ne peut rêver mieux : la lutte des classes, l’anarchie, les Arméniens et des « navrants navets ».

Dans la bande des Siné, c’est au tour de Kap de se prêter au jeu des questions réponses et de nous offrir son dessin préféré.

Fiches conseil : Jean-Claude Ribaut avoue tout sur les fleurs comestibles, David Ramasseul donne les dix astuces pour enculer un huissier, Blandine Flipo explique comment combattre un projet d’environnement douteux, Jean-Jacques Rue donne les secrets de la « disco soupe ».

Du côté des dessinateurs :

« Banzaï » de Siné

Les pages des dessinateurs :Mix & Remix « À travail égal, salaire égal » ; Jiho « Pourvu que ça dure », Berth « Ça sent mauvais » ; Faujour « Front d’œil» ; Carali « Les cadeaux d’Alex», Lindingre « Sinon, quoi de neuf ? » ; Willem. Toujours en exclusivité, Geluck se lâche. Et le « portrait-robot » de Malingrëy.

Et dans les pages : Jiho, Berth, Mric, Lasserpe, Large, Krokus, Pakman, Lindingre, Faujour, Rousso, Arsène, Vivant, Gayrre, Desclozeaux, Willis from Tunis, Kap, Malagon, Lie.

 

Alors si vous n'avez pas un oursin dans une poche et une bogue de châtaigne dans l'autre, courez vite chez votre marchand de journaux et fendez-vous de quelques piécettes ! Ou faites comme moi : abonnez-vous !

 

Et BANZAÏE !

 

 

**************************

 

C'est le printemps :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

 

31/03/2015

Entrons en RÉSISTANCE contre le « globish », vecteur de la colonisation étazunienne.

globish romeo et juliette.jpg

France Inter étant en grève, et voulant à tout prix éviter les facilitateurs du transit intestinal que sont RMC, Europe 1 ou RTL, je me réfugie sur Radio Classique. Et qu'est-ce que j'entends ? Des mots comme « streaming », comme « buzz » et autres estrons vocaux. Alors je reviens sur la radio locale et j'ai les portugaises agressées par des sous-merdes sonores appelées « musiques » et qui ne sont que des dégueulis bruyants : à savoir les horreurs de « musiques » anglo-saxonnes que nous déversent à plein tombereaux les programmateurs «musicaux » de ces stations de radios dites généralistes. Même les chanteurs français beuglent maintenant en "globish" et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Et encore j'évite comme la vérole les stations genre NRJ ou Skyrock !

 

Bref, pour dire que cette colonisation linguistique et « culturelle » me gonfle les aliboffis à les faire éclater ! Mais dans quel pays vivons-nous ? La loi Toubon impose encore 40 % de musiques francophones sur les ondes. C'est bien le moins, non ? Mais la sinistre de la culture (Fleur Pellerin, celle qui ne lit jamais de livre) n'y voit qu'une « loi controversée » et le CSA (chargé pourtant, entre autres missions, de réprimer l'anglicisation des médias) « réfléchit » à un assouplissement des quotas de chansons françaises. Mais si encore les machines à bruits nous faisaient entendre ce qui se chante en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Lituanie, en Russie ? Mais non, on nous abreuve jusqu'à plus soif de ces merdes anglo-étazuniennes... Probablement parce que c'est la même chose dans ces pays... Désespérant. Ce qui se passe au niveau des musiques, c'est une substitution galopante de l'anglais au français, et ce mouvement se retrouve dans la pub, le cinéma, les enseignes commerciales (Carrefour « market », « Simply », etc.). Il y a plus de mots anglais dans nos rues que de mots allemands pendant l'occupation !

 

Mais ça, ce n'est que la façade. Derrière, c'est bien plus grave. Nos gouvernants, actuels comme passés, s’acharnent sur la « langue de la République » (art. II de la Constitution). La loi Fioraso a récemment institué l’anglais langue de l’enseignement universitaire, dans le sillage de la LRU de Valérie Pécresse, qui aligne nos universités sur le « modèle » néolibéral anglo-saxon. Et que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives ?

 

Faut-il le craindre cette officialisation d’un fait déjà accompli ? Sur le plan pratique, pas trop, et même non. Mais sur le plan humaniste oui, car cela marque un véritable abandon de pans importants, voire essentiels de ce qui fait notre civilisation, notre manière de vivre ensemble, et jusqu’à notre mode de penser. Car on ne pense pas pareil dans toutes les langues.

 

La langue, instrument de communication, véhicule aussi une culture, un mode de vie, un système économique et politique, et force est de reconnaître qu’aujourd’hui l’anglais est devenu la langue de la financiarisation du monde. Quand on parle économie ou finances, c’est soit en anglais, soit en utilisant une multitude de termes anglo-étazuniens souvent incompréhensibles pour la plupart d’entre nous. Le langage des milieux financiers est, si l’on peut dire, un véritable charabia.

 

Car la langue que l’on prétend nous imposer « pour notre bien » évidemment, n’a pas grand-chose à voir avec celle de Shakespeare ; il s’agit du « globish », un sabir appauvri d’un millier de mots environ. Sabir capable, c’est vrai, de faciliter la communication de base (celle des aéroports, des hôtels, des offices de tourisme, des banques). Mais peut-il véhiculer un véritable savoir ? Surtout dans les matières scientifiques, ou de droit ? Peut-être, mais en mettant le plancher très bas. Quels sont les étudiants francophones aptes à intégrer toutes les finesses d’une langue étrangère ? Peu, très peu, voire aucun. Donc le langage de ces cours est obligatoirement pauvre, sans la richesse des nuances que permettent les synonymes, les tournures de phrases dans leur langue maternelle. Or l’université ne doit pas dispenser un  savoir au rabais, ce qui sera fatalement le cas ; laissons cela aux « écoles de commerce », pétouillets de margoulins. Les Anglais lettrés sont d’ailleurs bien conscients de l’appauvrissement dramatique de leur langue, salopée par les Zétazuniens.

 

Mais le processus s’accompagne d’une volonté de conquête, à la fois économique, politique et culturelle. D’où le terme d’impérialisme justifié notamment par les propos de divers responsables politiques anglo-saxons. On pense évidemment à Margaret Thatcher, qui déclarait en 2000, lors d’une conférence donnée aux États-Unis, que « le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon » lien.On connaît moins les propos tout aussi brutaux mais plus détaillés de David Rothkopf, un ancien responsable de l’administration Clinton, qui valent pourtant leur pesant de cacahuètes : « Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualités, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent… Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir » lien. Tafta est là pour accélère les choses.

 

On assiste là à une offensive impérialiste étazunienne. Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.

 

La sous ministre Fioraso – qui a maintenant libéré le territoire politique - arguait du fait que cette « ouverture » attirerait en France des étudiants indiens ou chinois. Belle connerie ! Les étudiants anglophones préféreront toujours l’original à la copie. Par contre les enseignants francophones seront éliminés au profit de mercenaires de la doxa ultra libérale anglo-saxonne, comme les étudiants francophones seront défavorisés par un enseignement dans une langue qu’ils ne maîtriseront jamais comme les natifs.

 

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ? Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

 

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de ces sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par pleins cargos à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs – véritables collabos - déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ».

 

Nos députés sont-ils seulement conscients de cette situation ? Accepteront-ils la colonisation de la France ? (Pays qui, par ailleurs, a fait subir à bien des langues africaines et régionales le même sort !) Les déferlantes d’américonneries qui encombrent les programmes des lucarnes à décerveler et des boites à bruits laissent supposer qu’ils s’en branlent comme de leur première magouille…

 

Eh! Citoyen président François, lorsque tu vas faire acte de soumission devant les charlots de la Commission européenne, tu t’exprimes en français ou en anglais ?

 

Entrons en RÉSISTANCE. Disons NON au Tout anglais et MERDE au "globish !"

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

**************************

 

C'est le printemps :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

30/03/2015

Au bistro de la toile : élections, foot et avions sans pilotes.

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Victor. T'as les moustaches qui frisent. Qu'est-ce qui motive cet air presque guilleret ?

 

- Ce matin, Loulle, j'ai un peu moins la vergogne. On a frisé la catastrophe dans le Vaucluse comme dans le Gard, mes départements. Le F.haine n'y a pas réussi son hold-up. Mais il s'en est fallu de peu, et les grenouillages pour la présidence commencent... Par contre, dans mon département d'été, la Lozère, c'est le bonheur ! Ce département rural, le moins peuplé de France mais l'un des plus beaux, est coupé idéologiquement entre les Cévennes rebelles, rouges, celle des Camisards et des maquisards et les hauts plateaux très conservateurs, travaillés depuis des générations par les curés. Eh bien ce département est passé de droite (le système Jacques Blanc) à la gauche, sous la conduite du truculent mais efficace maire de Mende, Bertrand. C'est la seule victoire de la gauche sur la droite dans toute la France ! Fêtons ça ! Mets ma tournée.

 

- ...en plus, les fouteux ont gagné. Mais sans panache. Match tristounet, emmerdant. Mais, bof... C'est mieux que rien.

 

- Ouais Loulle, mais c'était une équipe de remplaçants. Et ils ne se sont pas trop mal débrouillés. Mais on est encore loin des équipes qui tiennent le haut du pavé, comme le Brésil, l'Allemagne ou l'Argentine. Mais en Europe, il y a la place. Les Espagnols et les Portugais ne nous font pas peur, pas plus que les Anglais.

 

- Alors, et cette catastrophe de l'Airbus, où on en est ?

 

- On cherche après Titine, mais on la trouve pas... On cherche la seconde « boite noire ». Celle qui enregistre tous les paramètres de vol. Et on ne la trouve pas... Pourtant, on a trouvé le capot, la boite, ce machin orange. Et, curieusement, le mécanisme enregistreur n'était pas là... Quand on voit comment sont construites ces « boites noires », on se demande comment il est possible que ses éléments se désolidarisent. Bizarre... Et quand bien même, il suffit de chercher autour de là où a été trouvé le capot. Le reste ne doit pas être bien loin. Les détecteurs de métaux, ce n'est pas efficace ? Á moins qu'on ne veuille pas trop retrouver cet enregistreur. Pourquoi ? Parce qu'il pourrait mettre à mal la version « officielle » qui consiste à tout faire porter sur la tête malade du copilote, « ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal... ».

 

- Enfin, il était à la masse ce pauvre type. Les médicaments qu'il prenait en atteste.

 

Il était probablement à la masse. Mais pourquoi était-il chauffeur d'avion dans ce cas-là ? On touche là au « management » de ces compagnies « low cost », qui reflètent d'ailleurs la gestion actuelle des « ressources humaines ». Ce ne sont même plus des humains, mais de simple ressources, accessoirement humaines... Les pilotes sont embauchés – lorsqu'ils le sont – en CDD ; mais plus généralement, ils sont eux-mêmes, tout seul, leur entreprise, avec laquelle les transporteurs passent contrat pour tant de vol à telles conditions.

Les chauffeurs d'avions ne se connaissent pas. Ils se rencontrent généralement sur le tarmac. Ils sont totalement interchangeables. Alors qu'ils vont devoir travailler ensemble et que, dans des conditions d'urgence – ce qui peut arriver à tout moment en matière aéronautique – l'esprit d'équipe, les automatismes sont primordiaux. Mais cet esprit d'équipe, les employeurs n'en veulent surtout pas : c'est la porte ouverte à toutes revendications ! Séparer pour mieux régner...

 

- Ils n'ont qu'à mettre un seul pilote, il n'y aura plus d'embrouilles, mais alors il faudra lui fournir des couches puisqu'il n'aura plus loisir d'aller pisser !

 

- Ne dis pas ça en rigolant Loulle. Il y en a qui y pense à mettre un seul pilote. Techniquement, les dernières innovations permettent à un pilote de rester seul dans le cockpit. Lien

D'ailleurs le sulfureux Michael O'Leary, patron de Ryanair y a pensé : «Un pilote suffit, vraiment ! C'est l'ordinateur qui fait presque tout le travail », a-il expliqué. Et d'ajouter qu'en cas de problème, il suffirait au pilote de tirer une sonnette d'alarme pour être immédiatement remplacé par une hôtesse entraînée à atterrir. Ça ressemble à une boutade, mais ce n'en est pas une. L'expérience des drones militaires montre que le pilote n'est plus indispensable dans un avion.

 

...teng ! C'est pas moi qui monterait dans un de ces bouts de fer sans chauffeur !!!

 

- Voilà. Les mentalités des voyageurs ne sont pas prêtes pour ça. Mais ça viendra. Il y a bien des métros sans chauffeur, et on nous prépare la bagnole qui se conduit seule...

 

- Allez, à la nôtre ! Cette bouteille, on va la conduire en équipe!

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

**************************

 

C'est le printemps :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

27/03/2015

Tragédie Germanwings : Haro sur le baudet Andréas mais quid des méthodes des compagnies low cost ?

avion niktam air.jpg

 

L'inconcevable tragédie de l'avion de la compagnie low cost allemande tourne en boucle sur tous les médias . L'ensemble de cette presse crie « haro sur le baudet » : à savoir le copilote qui aurait pété des plomb et qui, de dépressif suicidaire est devenu assassin de 149 personnes. Mais personne ne cherche à creuser plus loin, à montrer du doigt les co-responsables (pour le moins !) de cette catastrophe, à savoir les invraisemblables conditions d'embauche et de travail du personnel et en particulier des personnels navigants des compagnies low cost.

 

Ces compagnies sont l'illustration caricaturale des dérives de la société ultralibérale dont le seul leit-motiv est : le fric, le fric, le fric ! Le fric à tout prix. Le développement du low-cost se fait partout au détriment du droit du travail et des protections sociales, et par voie de conséquence au détriment de la sécurité, tout en bénéficiant de millions de subventions publiques optimisées dans des paradis fiscaux. Le transport low cost consiste à faire payer à des gens pauvres qui ne prennent jamais l'avion les voyages d'agrément de gens aisés. Ceci à travers des subventions et des frais de marketing s'ajoutant à d'énormes investissements d’infrastructures à la charge des collectivités territoriales (département, région, chambres de commerce, offices de tourisme, etc.). La finalité de ces compagnies est de proposer le transport lui-même gratuitement aux passagers (pour l'image, la pub), sollicités voire rackettés par ailleurs sur tout l'accessoire (billet d'envol, bagages, repas en vol, toilettes, tout, tout est payant). Ces compagnies ne vendent plus des billets de transport mais prétendent amener à leurs « sponsors » un flux de touriste dans la région concernée. Ils ne vendent pas un transport à un passager mais un service à des institutions bien naïves...

 

Les compagnies classiques comme Air France ou Lufhansa, pour lutter contre ces compagnies nouvelle vague créent elles-mêmes leurs compagnies low cost : Transavia pour Air France, Germanwings et une autre compagnie pour Lufthansa (en train de regrouper ses deux compagnies pour faire encore baisser les frais, ce qui provoque de longues grèves dans tout le groupe). Pour cela, les compagnies « majors » doivent s'aligner sur les méthodes des low cost les plus « performantes » (celles qui gagnent le plus de fric) à savoir Ryanair et Easyjet. Le patron d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac – passé directement de la direction du cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie de Sarkozy, à Air France en 2011 a au moins le bénéfice de la franchise : « Si on pouvait faire du low-cost avec les règles de fonctionnement d’une compagnie traditionnelle, cela se saurait ! Il n’est donc pas possible d’aller travailler chez Transavia aux conditions d’Air France, sauf à tuer Transavia. » Pareil pour Lufthansa et ses propres low cost...

 

Regardons donc de plus près ce que sont les « règles de fonctionnement » des low cost. Ecoutons le sénateur Bocquet : « Le succès économique de ces compagnies repose sur une réduction drastique de la plupart des coûts, en particulier ceux afférents au personnel. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’à l’image de Ryanair, elles soient à la pointe des techniques d’optimisation sociale, en contournant le droit européen voire en y dérogeant. Dans un contexte de concurrence exacerbée, ces pratiques tendent désormais à être mises en œuvre au sein de certaines filiales de grands groupes », analyse le sénateur communiste Éric Bocquet dans un rapport récent [4]sur le dumping social dans le transport européen.

Ces compagnies pratiquent la généralisation du recours aux travailleurs indépendants pour composer leurs équipages. Ce statut leur permet de s’exonérer des charges sociales et patronales.

Ryanair est sans doute l’entreprise qui a le plus développé ce système. 70 % des 3 200 pilotes seraient recrutés sous ce statut. 60 % des personnels de cabine », note le sénateur.

La compagnie irlandaise a mis en place une filière complexe permettant de ne pas apparaître comme l’employeur de ses propres pilotes, à travers une multitude d’entreprises d’intérim. Ces pilotes dit indépendants travaillent, dans le cas de Ryanair, exclusivement pour elle. Ils se voient imposer des sanctions s’ils ne respectent pas les consignes et sont tenus à un préavis de trois mois s’ils souhaitent rompre leur contrat. Toutes les contraintes d’un travail salarié, donc, mais sans les cotisations sociales ! Ceux qui ont la chance d’être embauchés directement par Ryanair le sont de toute façon sous contrat irlandais, quel que soit le pays de leur base d’affectation. Il faut dire que les charges patronales y représentent moins de 11 % du salaire brut... L’Irlande qui, soit dit en passant, avait reçu 85 milliards d’euros d’aides de l’Union européenne et du Fonds Monétaire International pour éviter l’effondrement de son système bancaire et financier.

Tous les collaborateurs, pilotes ou personnel de cabine doivent également payer de leur poche la formation interne, selon le rapport du sénateur Bocquet. « Cette dépense est traditionnellement à la charge des exploitants. »

 

"Si nous ne volons pas, nous ne sommes pas payés", a expliqué le porte-parole des pilotes de Ryanair, modèle rêvé pour toutes les compagnies low cost. Ceux-ci n'hésiteraient donc pas à prendre leur service même s'ils ne sont pas en état - ce qui est explicitement interdit par une législation européenne - pour ne pas perdre de revenus.

 

Christian Fletcher commandant de bord chez Ryanair, dans un livre qui a fait du bruit dans les milieux aéronautiques (Ryanair : low cost mais à quel prix - Editions Altipresse - 303 pages – 19,90 euros - n°ISBN : 9-791090-465206) se contente dans son livre de « relever » et d’expliquer ce qui lui apparaît comme contraire à la sécurité des passagers aériens.

 

Première constatation : Ryanair – rappelons-le, modèle de toutes les low cost - n’a qu’une ambition, et vraiment qu’une seule, celle de gagner de l’argent, beaucoup d’argent.

 

Deuxième constatation, qui découle de la première : tout est bon pour réduire les coûts et augmenter les profits. Les personnels navigants techniques et commerciaux payent leurs uniformes, leurs formations (30.000 euros), leur badge, leurs frais de déplacement… Évidemment sans syndicat, employés en contrat précaire de droit irlandais, y compris pour quasiment tous les personnels basés dans tous les pays d’Europe et d’Afrique du Nord, les salariés de Ryanair n’ont droit ni à la retraite, ni à la sécurité sociale, ni au chômage, ni à aucune indemnité…

 

Les équipages ont « peur », insiste l’auteur à plusieurs reprises dans son livre. Un passage du livre explique : « … Nous dormirons quelques heures, habillés de nos uniformes Ryanair, à même le sol, dans l’agence de handling de Gênes. La compagnie ne nous fournira aucune compensation financière, et bien entendu ni repas ni boissons. A cause d’une fin de service tardive, notre période de repos obligatoire s’est rallongée. Par conséquent, la plupart d’entre nous ne pourra pas assumer les vols prévus le lendemain. La conséquence immédiate est une sanction financière. En effet, en tant que contractants, nous ne sommes pas rémunérés si nous ne volons pas…  » (page 193).

 

Autre constatation, et pas des moindres, qui découle des précédentes : la sécurité est évidemment mise en cause avec de telles pratiques. Notamment à cause de cette peur des équipages, et aussi de la fatigue accumulée. Jusqu’à six vols par jour ! Lisez bien ceci : « Le Cdb (commandant de bord) se retourne vers son copilote et lui demande s’il va bien. Sans réponse, il passe sa main devant les yeux du copilote cachés par des lunettes de soleil. Pas de réaction ! Le copilote est en train de dormir… Le plus grave, c’est qu’il s’est endormi sans s’en rendre compte et donc sans prévenir le Cdb… » L’action se passe en finale, alors que le copilote est pilote en fonction. (page 266).

 

Voilà qui éclaire d'un autre œil la tragédie des Alpes.

 

Tentez votre chance, volez low cost ! Allez-y, vous n'en reviendrez pas !

 

Sources :
http://www.bastamag.net/Compagnie-aerienne-low-cost#nb4
http://www.rtbf.be/info/societe/detail_des-pilotes-a-bas-prix-chez-ryanair-un-pilote-temoigne?id=7840704
Christian Fletcher - « Ryanair : low cost mais à quel prix » - Editions Altipresse - 303 pages – 19,90 euros - n°ISBN : 9-791090-465206)
Photo X - Droits réservés

 

26/03/2015

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

Y-a-t-il-un-pilote-dans-lavion.png

 

C'est peut-être pas si kon que ça cette hypothèse selon laquelle l'Airbus n'était plus piloté... En tout cas pas loin de la vérité qui semble se dessiner, malgré l'extrême prudence des officiels... Les dernières nouvelles laissent entendre que l'avion n'était plus piloté que par UN pilote et non deux.

 

- Cher collègue, tout va bien. Si vous voulez vous dégourdir les jambes, allez-y, je garde la boutique.

 

- C'est pas de refus. D'autant plus que j'ai une envie de pisser à remplir les soutes !

 

L'avion est à son altitude et à sa vitesse de croisière, cap vers le Nord. Le pilote automatique gère le trajet, tout se passe sans problème, la présence d'un seul pilote dans le cockpit n'a rien de rédhibitoire.

 

- Bon, j'y vais. Referme derrière moi. C'est la procédure maintenant. Je frapperais en revenant. Á tout à l'heure. Ah ! Signale notre position.

 

Et Hans (ou Philippe, ou Mustapha, ou Kevin, ou Slobodan) déverrouille la porte blindée et sort. Il demande au chef purser si tout va bien, traverse l'avion assoupi, répondant aux timides saluts de quelques passagers éveillés, flattés de ce contact direct avec l'un de ces mythiques pilotes, va faire sereinement pleurer le colosse, s'arrête pour faire un peu de gringue à Greta, une jolie hôtesse. La routine quoi.

 

Pourtant, son oreille et son œil exercés font tinter un signal dans sa tête : il se rend compte, au bruit et à l'assiette de l'avion que celui-ci a été mis dans une position de pente descendante. Kesako ! Se dit-il dans sa langue. Á grandes enjambées, il retraverse tout l'aéronef (c'est comme ça qu'on dit dans les « milieux autorisés ») et frappe à la porte. L'autre pilote, à l'intérieur, doit vérifier par une caméra qui est la personne qui demande à entrer, et déverrouiller la porte. Il ne le fait pas... Son collègue, dehors, s'impatiente et frappe encore. De plus en plus impérativement. Cause à mon cul, ma tête est malade... Rien ne sa passe. Le pilote passe par toutes les affres de l'inquiétude puis de l'angoisse. Que se passe-t-il ? Son collègue a-t-il eu un malaise ? Les instruments de bord ont-ils décelé une anomalie qui impose de prendre une assiette de descente ? Dans ce cas-là la procédure impose de quitter le couloir de vol pour ne pas risquer de collision avec les avions volants sur le même trajet mais à des niveaux de vol différents...

 

Ulla, l'hôtesse du tiers avant et Werner, le purser, partagent l'inquiétude du pilote. Quel est le problème ? Ulla tire le rideau pour que les passagers ne voient pas ce qui se passe tandis que Werner décroche la petite hache de secours et entreprend de défoncer la porte. Peine perdue, l'huis est blindé ! C'est du solide ! Kalité allemande ! Mais quelques passagers, réveillés par le bruit, manifestent une certaine inquiétude, que s'efforce d'apaiser Ulla. Certains ont vu aussi le sol qui se rapproche. Que se passe-t-il ? Ça commence à hurler dans la cabine. Pas longtemps... Car c'est le flash, le choc monumental contre le plancher escarpé des vaches alpines... Et 150 vies qui s'en vont en un éclair...

 

Que s'est-il passé dans la tête du pilote resté seul aux commandes ? Volonté de suicide d'un pilote dépressif n'hésitant pas à embarquer tout ce qui vit dans cet avion dans sa mort égoïste ? Sacrifice délibéré d'un kamikase ? Qui lo sa ?

 

Dès lors, comment ne pas trembler en pensant que le pilote tueur aurait pu diriger l'avion non pas sur des montagnes désertiques mais sur Marseille, Aix, Salon, Digne, Manosque, Avignon. Voire vers...Marcoule, Tricastin ou Cadarache. Il n'aurait fallu guère plus de temps de vol, voire moins.

 

De quoi méditer sur ces rutilants bouts de fer qui volent au-dessus de nos têtes...

 

 Illustration X - Droits réservés

 

**************************

 

Pour vous changer les idées :

Savourez un sulfureux Voyage sans danger !

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

25/03/2015

Airbus : une catastrophe peut en cacher une autre...

airbus germanwings.jpg

 

 

« Une chute vertigineuse de 8000 mètres en 8 minutes » qu'ils disent les Zexperts. Ben, ça fait 1000 mètres par minute (soit un peu plus de 16 mètres par seconde). Mais l'Airbus vole à environ 800 km à l'heure, soit un peu plus de 13 km par minute (13.000 mètres par minute). Donc pendant ces 8 minutes, il a parcouru 104 km. C'est une pente qui n'a rien de très anormal et correspond à une volonté de perdre assez rapidement de la hauteur pour retrouver une altitude annihilant une éventuelle dépressurisation.

 

Deux remarques :

1 – les spécialistes parlent effectivement de dépressurisation. C'est possible. Un avion, à 10.000 mètres, est gonflé comme une baudruche à la pression qui règne à 2000/2500 mètres.

2 – s'il avait ce problème (n'oublions pas qu'il était alors à près de 100 km au Sud du lieu d'impact), il pouvait virer sur bâbord voire faire demi tour et regagner des lieux moins dangereux comme la vallée du Rhône ou le littoral et ses nombreux aérodromes. Or il a rigoureusement gardé son cap vers le nord, vers les montagnes. Ce qui est la pire des décisions, qu'un pilote en état de décider ne prendra jamais.

 

Que déduire sinon que l'avion n'était plus piloté. Pourquoi ? Parce que les deux pilotes étaient hors d'état de le faire. Ce qui est corroboré par le fait que pendant ces huit longues minutes, aucune communication radio n'a eu lieu. Perte de connaissance simultanée due au manque d'oxygène ? Sans qu'aucun des deux n'aie eu le temps de prendre le masque à oxygène qui tombe automatiquement devant le nez ? Possible. Ou autre chose... Un esprit mal tourné pourrait penser, par exemple, à une balle chacun dans la nuque... Mais ça, c'est pour les esprits mal tournés.

 

 

Tricastin dessin Nono.jpg

 

Bon. Ces mêmes esprits mal tournés ne peuvent pas ne pas songer à ce qui se passerait si un Airbus ou un Boeing, par accident comme celui des Alpes ou...par un « accident » provoqué heurtait à pleine vitesse non pas une paroi sauvage des Alpes mais l'enceinte de confinement d'un des réacteurs nucléaire de Cruas ou de Tricastin ? Vous croyez que le mur de béton d'un mètre d'épaisseur et la pelure d'acier intérieure résisteraient, déjà fragilisés par le temps (30 ans au moins) ? Vraiment ? Et vous croyez que les délicates installations qui gèrent les barres de combustible nucléaire et les systèmes de refroidissement n'en seraient pas altérés ? Moi, non...

 

Alors la catastrophe prendrait une autre dimension. Surchauffe du réacteur, fonte du corium (voir Tchernobyl et Fukushima pour les détails in vivo.)

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl… une grande partie de la vallée du Rhône devrait être évacuée. Avignon, Lyon, Valence, Saint-Étienne, Chalon-sur-Saône seraient des villes contaminées. Annecy et Chambéry seraient sans doute à évacuer. Mais d’autres pays que la France seraient aussi touchés, en particulier la Suisse : Genève serait à évacuer. La pollution s’étendrait jusqu’à l’Italie et l’Autriche. Paradoxalement, ces trois derniers pays subiraient les effets d’une catastrophe nucléaire alors qu’ils ont décidé de sortir du nucléaire. En effet, la France impose le risque nucléaire à ses propres habitants, mais aussi à l'ensemble des Européens.

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Fukushima… Avignon, Lyon et Castres seraient des villes contaminées. Selon la direction du vent, il est probable qu’Aix, Marseille et Toulon soient également touchées. En effet, la carte des retombées de Fukushima se limite à la superficie de l’île, mais elles ont été considérables aussi à l’est, côté pacifique.

 

Je parle de Tricastin parce que c'est mon dangereux voisin, mais ces scénarios sont transposables à tous les sites nucléaires.

 

Respectons la douleur des familles et des proches des victimes de cette terrible tragédie de l'Airbus des Alpes. Mais réfléchissons aux risques énormes que font courir aux populations manipulées la présence de ces centrales nucléaires, notamment avec le trafic aérien qui les survole.

 


Illustrations X - Droits réservés

 

23/03/2015

Au bistro de la toile : essais à transformer.

chimulus bistro copie.jpg

 

- Puteng ! Victor. C'est quand même la vergogne...

 

- Faut relativiser Loulle. Le F.haine n'est pas « le premier parti de France »...

 

- C'est pas de ça que je parle Victor. Mais des 15 points laissés en route. Á déduire des 20 points qui nous séparent des Anglais. Avec un buteur qui ne soit pas un charlot à la patte voilée, on est à 5 points. Et ça change tout. Parce qu'on aurait probablement été en tête en alternance... Au niveau de la motivation, c'est primordial. Enfin, nos mecs n'ont pas « joués les starlettes » cette fois. Mais c'est tout de même incroyable qu'on n'arrive plus à sortir des buteurs de classe internationales. Sans remonter à Albaladejo, où sont-ils les Lamaison (qui marquait comme un métronome), Yachivili, Parra ?

 

- Il y en a pourtant, Loulle. Si tu regardes le classement des meilleurs buteurs , tu verras que nos deux buteurs nationaux, à savoir Jules Plisson du Stade français et Camille Lopez de Clermont sont respectivement 5ème et 14ème ! Le meilleur marqueur du Top 14, et de loin, c'est le Grenoblois Jonathan Wisniewski (29 ans), le deuxième est un Argentin Benjamin Urdapilleta (Oyonnax), mais le troisième est le Briviste Gaëtan Germain (24 ans), suivi de Pierre Bernard (26 ans) de Bordeaux-Bègles. Ces trois jeunes laissent loin derrière eux les mercenaires qui sévissent à Clermont, Toulouse ou Toulon.

 

- Alors pourquoi ne sont-ils pas en équipe nationale ?

 

- Va-t-en savoir... Peut-être que leurs performances, leur vista dans le jeu ne sont pas jugés à la hauteur par Saint-André. Pourtant le poste de buteur est primordial dans le rugby moderne. On ne doit pas laisser passer des points, sauf transformation en coin très difficile ou pénalité de plus de 50 mètres. Tout doit rentrer dans la boite. C'est le secret des grandes équipes. Les Anglais n'ont vrillés qu'un seul tir. Le buteur doit être la pépite de l'équipe. Et une pépite, c'est rare. Il doit surtout avoir des nerfs d'acier au tungstène le mec. Ce doit être un animal à sang-froid. Comme Wilkinson, comme Yachvili, Parra et, avant, le redoutable Lamaison.

 

- Enfin, on a perdu, mais, quel match !

 

- Presque aussi beau que celui des filles. Celles-là, c'est des terribles ! Elles se sont payées, à Twickenham, les Anglaises, championnes du monde en titre ! Excusez du peu. Et avec la manière. Un rugby champagne, comme les hommes du temps de Maso, Albaladejo ou Spanghero. Quadrages-débordements, évitements, passes acrobatiques, changements d'axes. Pas seulement du rentre-dedans. Un bonheur !

 

- Extra Victor. J'ai vu la seconde mi-temps. Et puis, les gros plans sur les mêlées...Émouvant ! Bon. Et ces élections alors ?

 

- En France, malgré le battage entretenu par les canards laquais et les merdias audiovisuelles, les gars de la Marine ne sont pas « le premier parti de France ». Ils ne recueillent que moins de 12 % des inscrits. Lien.  Ça les remet à leur place réelle. Et le total des partis de gauche est équivalent à celui de la droite sarkozienne unie. Pas de gros changements au niveau de l'électorat, sauf qu'un électeur sur deux est resté chez lui... En Espagne, en Andalousie, la gauche classique arrive largement en tête, devant la droite puis arrive Podemos, avec 15% des suffrages. Ce n'est pas le ras-de-marée espéré. Mais c'est un essai, à transformer.

 

- Affaires à suivre. Allez ! C'est ma tournée. Et du rouge !

 

Illustration : merci à Chimulus.

 

 

**************************

 

Pour vous changer les idées :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

22/03/2015

Votez « à droite », votez « à gauche », votez « au centre », mais VOTEZ !

fepalcon 500.jpg

Soignez-vous !

 

"Les français sont des veaux qui croient aux étiquettes dont les hypocrites et les fourbes se servent pour maquiller leurs programmes toxiques et frelatés : ils ne jugent pas les idées, les contenus, le fond, mais leur mise en scène, la forme et son spectacle". De Gaulle

 

Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller. C'est une pente. C’est la facilité. Les idées de droite sont dans la satisfaction immédiate. C'est oui ou non. C'est les immigrés dehors, tout de suite, et non aux impôts, tout de suite, etc.

 

Être « de gauche » et démocrate, au contraire, demande un effort. C'est une construction intellectuelle, ça n'est pas instinctif. Ça demande de penser son propre désir et de le conduire à trouver les conditions les plus harmonieuses et les plus durables à son accomplissement. C’est un effort de tous les jours.

 

Être « de gauche », ou d'une droite antifasciste et respectueuse des droits, ce n'est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins kon. C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ». Tout le contraire du sarkozisme et du lepenisme…

 

Votez pour les candidats (ates) sarko ou marine si vous avez vocation à être cocus…

 

Votez pour les candidats hollandovallsomacroniens si vous avez vocation à avaler toutes les couleuvres...

 

Votez pour les candidats de la gauche de la gauche si vous avez encore quelque espoir au cœur. Si vous n'acceptez plus que la France, notre France soit celle des égoïstes et des bouffeurs de hamburgers (mange-merde), repliés sur leur petit confort pour ne pas voir crever de faim les SDF du coin de la rue, ceux qui ont choisi l’égoïsme au lieu de la solidarité, la France de ceux qui préfèrent assurer leurs vacances au ski en faisant des heures supplémentaires plutôt que de donner du travail aux autres, celle de ceux qui ferment les yeux sur les licenciements tant que leur emploi n'est pas menacé, qui refusent de se syndiquer par peur de compromettre leur carrière, celle des fayots qui n'hésiteront pas à prendre la place de leur collègue plutôt que de perdre la leur, celle des abrutis qui admirent des demeurés qui gagnent des milliards en tapant dans un ballon ou en se trémoussant sur un plateau de télévision avant de planquer leur fric en Suisse, celle de ceux qui s’extasient devant des comédiens qui leur font croire à une réalité virtuelle à l’eau de rose dans des feuilletons stupides.

 

Bref, c’est la France franchouillarde des médiocres, basse et moutonnière, qui n’a même plus le courage de relever la tête devant l’affront que lui font ceux qui, sous couvert de construction européenne ou de mondialisation, lui tondent la laine sur le dos.

 

On peut penser que c’est ainsi que les grands peuples deviennent des peuples avilis et que des civilisations finissent par se perdre dans les marécages de l’Histoire…

 

Mais une vague se lève au Sud, en Grèce, en Espagne pour balayer les miasmes fétides de cette Europe confisquée par les oligarques. Notre bulletin, même au niveau très local, peut donner du volume à cet espoir.

 

Notre seule arme, actuellement, c'est notre bulletin de vote. Il serait criminel de le négliger ; ne jamais oublier qu'Hitler est parvenu au pouvoir par les urnes.

 

Illustration X – Droits réservés

 

20/03/2015

GROS MOTS ! « Les tyrans ne sont grands que parce nous sommes à genoux. »

poinglevé.jpg

 

 

Non mais vous l'avez vu le Macron-Trissotin ?

Dans son petit costume, son air de sacristain

Toiser tous les bonkons, tout ce menu fretin

Lui dont c'est aux Rothschilde qu'il doit son destin

Il n'a jamais connu les affres du scrutin

Pourtant il fait des lois, ce triste cabotin

Faites pour saccager, prolo, ton bulletin

Pour une augmentation, tu peux faire tintin !

PEUPLE, ABRÈGERAS-TU LE RÈGNE DES CRÉTINS ?

 

 

Le cynique nabot qui se prend pour Hercule,

Droit sur ses talonnettes comme un coq ridicule,

Menteur invétéré, camelot sans scrupule

Bat de nouveau l'estrade, manœuvre et manipule

Jusques à ses féaux, ces électeurs crédules

Qu'il croque allègrement, à pleines mandibules.

C'est un sous-Ubu-roi, satrape minuscule

D'un pays avachi marchant sur les rotules.

PEUPLE, NE SENS-TU PAS QUE CES VOYOUS T'ENCULENT ?

 

 

Renvoyons à sa place la Marine le Pen

Aux chiottes de l'histoire tous ces croquemitaines

Qui mentent comme ils chient des tombereaux de haine

Repoussez leurs idées, c'est des mauvaises graines

Ils puent de la cervelle, fétide est leur haleine

A des problèmes vrais, leur réponse est malsaine

C'est le repli sur soi, la violence inhumaine

Peuple, retrouve enfin tes sources voltairiennes

ET ENVOIE AUX POUBELLES LES PROPAGEURS DE HAINE

 

 

Ras le cul des embrouilles,

Ras le cul des magouilles

Des poisseuses fripouilles,

Des sinistres arsouilles,

Des résidus de ch'touille

S'en foutant plein les fouilles

Sur le dos des pedzouilles

Marnant pour leur tambouille.

ILS NOUS CASSENT LES COUILLES !

 

 

 

Réveille-toi enfin, peuple des Sans-culotte!

Laisseras-tu longtemps ton pays sous la botte

De voyous qui se goinfrent et des sombres despotes

Donnant de gras fromages à leurs fils et leurs potes ?

Laisseras-tu longtemps aux postes de pilotes

Ces usurpateurs nuls, ces rois de la parlotte ?

Debout ! Fils de Danton. Debout les patriotes !

Redressons donc la tête, n'ayons plus les chocottes,

AVEC NOS BULLETINS, ENTAMONS LA RÉVOLTE !

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

19/03/2015

Au bistro de la toile : Tunis, Francfort...

 

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Pas marrantes aujourd'hui les nouvelles, Victor...

 

- Comme tu dis... Aujourd'hui, nous sommes tous Tunisiens. Ce pays ami, presque frère par la culture, la langue et même une histoire commune agitée a mené une révolution exemplaire, a su répondre avec beaucoup de maturité aux provocations des extrémistes musulmans pour enfin établir une vraie démocratie. C'est cette réussite exemplaire que les nazislamistes de tous bords lui reprochent. Le massacre du Bardo est une illustration dramatique de la guerre des lâches que ces tarés mènent contre tout ce qui réfléchit, contre tout ce qui est beau, contre toute liberté, contre toute culture. Tout ça au nom d'une névrose collective de mort qu'ils prétendent imposer partout où ils peuvent sévir...

 

- Ah ! Il y a plus réjouissant tout de même : les manifs qui ont foutu une sacrée zone à Francfort, pour l'inauguration du nouveau siège de la Banque centrale européenne !

 

- Ouais ! Ça, c'est bandant ! Ils étaient venus pour faire leur teuf de goinfres les oligarques européens : chefs d’États, grands patrons, banquiers, patrons de multinationales et autres manges-pauvres. Cette fête huppée pour inaugurer le nouveau siège de la BCE : une tour de 185 mètres de haut, faite pour montrer la puissance de l'institution, pour écraser la populace de sa morgue germanique. N'oublions pas que nous sommes à Francfort... Un ouvrage démesuré qui a coûté 1,3 milliards d'euros (deux fois le prix de départ...), il y avait là tout de la provocation alors que la BCE et ses complices de la troïka, par leur politique d'austérité, saignent les peuples de l'Union au seul profit des banques en imposant aux États des politiques de blocage et même de réduction des salaires, de démantèlement des services publics, de saccage des dispositifs de protection sociale, de privatisation à outrance.

 

- Mais la teuf des parasites a pris une toute autre tournure !

 

- T'as raison ! Plus de 20.000 manifestants anti-austérité venus de toute l'Europe sont venu troubler la fête ! 10.000 flics teutons ont dû faire face aux manifestants dont certains n'étaient pas venus pour bouffer des saucisses ! Les bourres ont dégusté une sacrée infusion de caillasses, de pavés, de canettes de bières bien sûr. Quelques bagnoles de flics, quelques abribus brûlées, le classique quoi. Puis les anti-austérité ont défilé en centre-ville, ont tenu un grand rassemblement avec discours et ambiance festive. Un communiqué a été diffusé qui dit en substance : "Nous voyons le projet européen en danger de mort. Au lieu de l'austérité et des coupes sociales, nous voulons plus de démocratie et un meilleur équilibre des pouvoirs en Europe ainsi qu'au sein de la BCE et de l'Eurosystème". Á noter que le syndicat Ipso, qui représente 40% des salariés de la BCE a co-signé cette déclaration !

 

- Allez ! Buvons à la santé de ces manifestants, et à la destruction des nazislamistes.

 


Illustration:merci à Chimulus

 

18/03/2015

A quoi servent les « mutuelles » d'assurance ?

sécu dessin explosion.jpg

 

Le ramdam des toubibs aura au moins eu un point positif : mettre à la lumière le foutoir des assurances dites complémentaires. Elles sont plus de 600 parait-il ! C'est que le fromage doit-être bon...

 

Une des mesures essentielles du programme du Conseil national de la résistance (CNR) fut d'instaurer « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l'État ». Dans le droit fil de ce texte fondateur, dès le 4 octobre 1945 une ordonnance fut prise dont l'article 1 est le suivant : « Il est institué une organisation de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu'ils supportent. »

 

La solidarité fondatrice de la nation, qui correspond au terme « Fraternité » de notre belle devise, elle est là. C’est ce que les droites avides et cupides – et les gôches-Ganelon genre Valls-Hollande - ont toujours brocardé en daubant sur « l’Etat providence ».

 

Dans le cadre de sa stratégie de démantèlement des conquêtes sociales du C.N.R., le patronat accentue ses attaques contre la Sécurité sociale. Le chantre du Medef Denis Kessler avait au moins le mérite de la franchise lorsqu'il disait : …/... La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Et la gauche (??!!) n'est pas la dernière à participer à ce dépècement de l'un des fleurons de notre modèle social. Le plan massif d'allègement des cotisations sociales (plus de cotisation sociales employeurs pour le smic et rabotage significatif jusqu'à 1,6 smic, etc.) sans qu'un financement ne soit trouvé est significatif de cette collusion de « J'aime l'entreprise » avec le Medef.

 

La tactique pour la mise à mort de la Sécu ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit!) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu.

 

Dans cette stratégie, il est des dispositions qui sont présentés comme des « avancées sociales » et qui sont tout le contraire. C'est le cas de l'Accord national interprofessionnel (ANI) qui rendra obligatoire, à dater du 1er janvier 2016, l'adhésion des salariés à une assurance complémentaire santé d'entreprise. Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau.

 

Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrat collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un complémentaire supplémentaire ! Au fou ! Mais tout ça, on ne vous le dit pas dans les merdias aux ordres...

 

Oui mais alors, on fait quoi ? On rend toutes ses prérogatives à la Sécurité sociale. A défaut d'un remboursement à 100 % - ce qui devrait être pourtant la norme – il suffit de créer, au sein de la Sécu, un département d'assurance volontaire, couvrant le remboursement de ce qui ne serait pas pris en compte par la Sécu principale. Avec évidemment, pour l'assuré, le versement volontaire d'une cotisation qui, de toute façon, serait bien moins chère que celle des assurances « complémentaires » privées, mutuelles ou non. Et, surtout, supprimer toutes les exonérations de cotisations car, si les entreprises ont de l'argent pour payer des complémentaires d'entreprise, pourquoi n'en auraient-elle pas pour payer des cotisations à la Sécu ?

 

On voit bien qu'il s'agit d'un plan sournois pour saccager et faire disparaître la Sécu au profit de grands groupes privés. Il y a longtemps que les grands groupes d'assurance et de la finance en rêve !

 

Ne nous laissons pas dépouiller. La santé ne doit pas être une marchandise.

 


Illustration X - Droits réservés

 

 

17/03/2015

Grandes voix : Cazeneuve ou Kamel Daoud ?

cazeneuve à la mosquée.jpg

 

 

Il y a quelques jours, le citoyen-ministre Cazeneuve est venu faire sa tournée des popotes en Vaucluse. Et où est-ce qu'on l'a vu le citoyen-ministre Cazeneuve ? Dans un commissariat de police. Normal, il est le chef des flics. Et puis ? Dans une mosquée... Il est le ministre des cultes, ce n'est donc pas anormal. Mais est-ce vraiment adroit dans l'un des départements que risque de « conquérir » le F.Haine, dimanche prochain ? Parce que ça va être perçu comme une sorte d'allégeance devant une religion, ce qui n'est pas compatible avec la laïcité, pierre angulaire de notre République et, qui plus est, une religion qui est considérée – à tort et à raison - comme le fondement des mouvements terroristes islamistes. Et keskeldi Marine Le Pen ? Et keskeldi Marion Maréchal-Le Pen, député de Vaucluse ? Merci. Merci qui ? Merci Môssieur le citoyen-ministre...

En écho opposé à ces liaisons dangereuses, lisons plutôt cette chronique du grand écrivain-philosophe algérien Kamel Daoud s'adressant aux autorités de son pays, l'Algérie. Il y a pour toi, citoyen-ministre Cazeneuve, bien des enseignements à tirer :

 

« Ministres et administrateurs : de l'habitude de se justifier devant les islamistes.

 

Code de la famille, crédits logements, aides, Ansej, etc., depuis peu, les ministres ou l'administration algérienne se retrouvent de plus en plus à en justifier les formules face au binaire national du hallal/haram. On écoute, abasourdis, des ministres justifier des lois et des mesures face à la doxa islamiste comme s'il s'agissait d'une constitution, de la voix d'Allah ou de l'islam en mode copyright déposé par les islamistes. Des ministres ne trouvent déjà plus ridicule et scandaleux de se justifier, l'échine courbée, la voix douce face au courant belliqueux et totalitaire qui met le pays sous son genou et ses ablutions.

 

Étonnante soumission ambiante et confusion des genres. Cette lâche soumission part d'un principe faux : les islamistes et leurs journaux et TV sont donc l'islam et le régime doit justifier ses politiques économiques ou sociales devant cette papauté méchante. Il est donc supposé que les islamistes sont l'islam et ses propriétaires et ses représentants légitimes et le régime doit rendre compte de ses visions devant ce parlement d'Allah. Des ministres talibanisés sont aujourd'hui le signe marqueur de ce basculement de la république dans le califat diffus et ne s'en cachent pas : on ne se justifie pas devant le citoyen mais devant le croyant, on se sent coupable face aux islamistes et pas face à la république, on prend des gants pour s'expliquer devant une version de la charia et pas devant une constitution, une démocratie (même formelle) et devant une nation. Le lexique ambiant est celui de «ne pas heurter», ménager «les sensibilités», s'adapter aux «valeurs de la famille algérienne», ne pas être en contradiction avec les fatwas.

 

Et le pire dans l'équation, est qu'il ne s'agit pas d'islam mais d'islamistes «normalisés» que ce régime et ses ministres, parfois en mode sous-culture et lâcheté détestable, tentent désormais de ménager. Ils le font dans le discours, dans leurs propres familles et affichent le turban dans leur entourage. Aucune nuance n'est désormais de mise entre république et talibans, ni entre islam et islamistes, ni entre droits et lois, et fatwas et pressions idéologiques des islamistes. Rien. L'islam c'est les islamistes puisqu'ils crient plus forts, peuvent tuer, hurler et marcher. C'est le pays «du bras» et c'est donc eux qu'il s'agit de traiter avec égards, pas cette nation pour qui des gens ne cessent de mourir depuis des siècles.

 

Pourquoi ces ministres ne se sentent d'obligation de se justifier que devant les courants conservateurs ? Parce que c'est un rapport de force, parce qu'ils sont idéologiquement souvent lâches et peureux, parce que c'est un peu la tendance générale de se sentir, chez les élites, coupable et contrit face aux propriétaires d'Allah et de son Coran. Cette culpabilité des élites est étonnante : on se justifie, on s'explique, on s'étale devant ceux qui ont cette insolence fantastique de se proclamer représentants de Dieu à l'exclusion des autres. L'islam appartient-il aux islamistes ? Non. Leur interprétation des textes est-elle la plus justifiée ? Bien sûr que non. Ont-ils ce droit d'élus de peser sur une politique ? Oui, en tant que citoyens, pas en tant que croyants dépositaires de la vérité absolue. Alors que cela cesse. C'est honteux de la part d'élites dirigeantes de venir ramper devant la barbe et de se comporter en larbins pour se sentir absout de cette sale culpabilité qu'ils ont devant des meurtriers de gens ou de sens. Les islamistes et les imams jacassants ne sont pas l'Algérie, ne sont pas son Parlement, ne sont pas les délégués de Dieu et ne sont pas les propriétaires de cette religion ni de son texte. »

 

Voilà. Citoyen-ministre Cazeneuve, note la dignité et le courage du propos de la part d'un homme « condamné à mort » par une « fatwa » de ces nazislamistes. Et prends-en de la graine.

 

 

Sources :

 

https://www.facebook.com/pages/La-chronique-de-Kamel-DAOU...

http://blogs.mediapart.fr/blog/roger-evano/120315/la-chronique-de-kamel-daoud

 

Photo X - Droits réservés

 

12/03/2015

Vive la VIE ! Et mort à la MORT...

euthanasie travaille consomme et crève.jpg

 

 Je ne voudrais pas être dans la peau des députés et sénateurs sur le cas précis qu'ils ont à débattre actuellement : légiférer sur la vie ou la mort des gens. Pas facile, même pour un vieil athée viscéral comme moi. Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, les représentants du peuple doivent donc statuer sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. A la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli… Mais non, mais non. On ne va pas les empoisonner les « en-trop », on va « les endormir » jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

Si c'est la décision de celui qui va mourir, décision clairement exprimée, avec des traces écrites indéniables, c'est acceptable. Mais ce qui me révulse, personnellement, c'est que cette décision puisse être prise par d'autres.

 

 Regardons les choses en face, « endormir » un malade jusqu'à la mort, c'est, entourée d'une montagne d'hypocrisie et de tartuferie, ni plus ni moins que le rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

 

Il serait bon de jouer l’honnêteté intellectuelle : en finir avec la vie, est-ce la demande du malade ou celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant - voire en lui suggérant (la volonté affirmée de mourir « dans la dignité » nait dans l’esprit d’une personne consciente et lucide, bien en amont des angoisses du grabat, ce qui change tout !) – de mettre fin à ses jours.

 

Au-delà de l’euthanasie, l'assistance au suicide par respect de la liberté d'une personne qui veut mourir tangente la non-assistance à personne en danger.  Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant.

 

Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, gestation pour autrui) seront-elles imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents ? (Ironie de la chose, c’est souvent les mêmes qui « s’offusquent » de la corrida de et des combats de coq !) Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale: élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu.  Une journée d'hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d'austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu'ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

 

Attali a soulevé il y a quelques années (l'homme nomade) des réflexions sur l'avenir – attention, pas des prises de positions de sa part – qui sont dans l'air :

 

« Dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société ; il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement, plutôt qu’elle ne se détériore progressivement. »

 

« On pourrait accepter l’idée d’allongement de l’espérance de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché. »

 

 « Dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l’allongement de la durée de la vie n’est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir. »

 

« L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure ...L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement. »

 

« Soleil vert », nous voilà...

 

C’est choquant ? Eh… Ouvrez les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. En Hollande (Pays-Bas), la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

 

Et vive la VIE, bordel ! Même merdique.

 


Illustration X - Droits réservés

 

11/03/2015

Au bistro de la toile : mourir pour TF1 ! Marine au pouvoir ?

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Tout de même, Victor, ces champions, en Argentine... mourir pour TF1 ! Mou-rir pour T-F-1 !!! Quelle horreur...

 

- Eh oui Loulle. C'est la mort stupide par excellence. Mais nous sommes au siècle de l'image, de l'esbrouffe, du m'as-tu-vu-à-la-télé... C'est comme ça. Les sportifs de haut niveau, à part quelques vedettes de sports qui rapportent, vivent avec 500 euros par mois, je viens d'entendre à la radio. Alors lorsque TF1 leur propose 200.000 euros pour faire les guignols, pour eux, même en Argentine, c'est le Pérou. Mais c'est un accident. Encore que si les deux hélicos n'avaient pas volé si près l'un de l'autre, ce ne serait probablement pas arrivé. Il faut pourtant admettre que lorsqu'on monte dans une machine volante on risque toujours sa peau. Je sais de quoi je parle: je suis descendu 150 fois en marche! L'essentiel, c'est de retrouver la planète le plus doucement possible.

 

- C'est tout de même bien triste. Changeons de sujet. T'as vu Valls, il ose dire qu'il « a peur ». Un type qui a la charge de diriger 65 millions de concitoyens qui avoue sa peur ! Et peur de quoi ? De voir le Front national accéder à la présidence de la République ! Pas rassurant un chef qui tremble, et qui le dit...

 

- Ridicule, indécent et surtout bourrage de crâne. Le Front national ne gagnera jamais l'élection présidentielle. Les sondages comme les résultats des dernières élections ne veulent rien dire. 30 % des voix lorsqu'il y a 60 % d'abstentionnistes, ça ramène à 18% du corps électoral, qui ne prend pas en compte tous les Français de moins de 18 ans. C'est le score habituel des fachos... Á une élection présidentielle, même si la Marine tournait en tête, elle serait immanquablement battue au second tour, même contre les plus branques, que ce soit Sarko ou Hollande.

 

- Je te trouve bien optimiste Victor...

 

- Et quand bien même. Tiens, admettons : les électeurs ont voté par dépit, par bravade, par inconscience, par konnerie et Marine Le Pen est élue présidente de la république au printemps 2017. Que se passera-t'il ? Elle va faire sortir la France de l'Euro ? De l'Europe ? Comment ? Seulement par référendum. Et qui peut croire que - même si l'Europe telle que l'ont saccagée les ultralibéraux est très impopulaire – il se trouvera une majorité pour faire ce pas ? Tè! Fumes... Puis il lui faut un gouvernement. Bon, elle mettra Phillipot à Matignon, Golnich à l'Intérieur, Collard garde-des-sots, Marion Maréchal-Le Pen aux droits des femmes, Zemmour au ministère de la propagande et Dieudonné à la kulture !?

 

- ...teng ! On serait propre...

 

- Et puis, sauf à faire un coup d’État, il y aura, environ un mois après l'élection présidentielle, des élections législatives. Comment croire que les Français – vieux peuple rouspéteur mais foncièrement républicain – une fois digérée leur gueule de bois de la présidentielle, donneraient une majorité au Front national ? Non. Ils voteraient soit pour un certain bon sens qui rassure, donc pour une coalition centriste Juppé-Bayrou, soit, dans un sursaut de lucidité, pour la vraie gauche si tant est que les responsables de cette gauche parviennent en deux ans à s’asseoir sur leurs egos, à ne plus glisser sous le tapis les problèmes liés à l'immigration, attitude qui jette des palanquées de gens de gauche dans les bras du FHaine et à présenter un programme qui fasse (un peu !) rêver tout en étant réaliste. Comme Syriza en Grèce et Podemos en Espagne. Cela n'a rien d'irréalisable tant le PS s'est déconsidéré et risque le sort du Pasok grec.

 

- Une cohabitation alors !

 

- Ouais. Une cohabitation. Entre Marine et Juppé ou – si les Français ont encore des aliboffis - entre Marine et Mélanchon voire Autin.

 

- Ouarf ! Il y a là des perspectives qui promettent d'être marrantes !

 

- Ou dramatiques...

 

- Allez ! Á la nôtre ! C'est du rouge.

 

 

 

Illustration: merci à Chimulus

 

 

10/03/2015

Michel Onfray, Manuel Valls : « Je t'aime ». « Moi non plus! »

michel Onfray.jpg

 

Un ministre qui met en cause l'un des penseurs parmi les plus influents du pays; celui-ci qui, en réponse, traite le premier ministre de crétin. Hummm ! Voilà de quoi provoquer quelques petites érections dans les rédactions ! Mais réellement, qu'en est-il ? Simple, il suffit de lire ce qu'ont dit Michel Onfray et Manuel Valls.

Manuel Valls: «Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu'Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle droite dans les années 70 et 80, qui d'une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l'Horloge, le Grece, (...) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu'on perd les repères». Ceci a été dit sur Europe 1, I-TELE et Le Monde.

Á quoi Onfray répond : Manuel Valls est donc « un personnage qui vous fait tenir des propos que vous n'avez pas tenus, et qui se contente de lire les petites fiches ». « J'ai vérifié dans le dictionnaire, ça s'appelle un crétin », a-t-il expliqué, avant de se justifier: « Ce n'est pas insultant, c'est familier ».

 

Qu'en pense le Petit Robert ?

crétin, ine [kYetR, in] n.

1750; valaisan crétin, var. de chrétien « innocent » 

1 - Personne atteinte de crétinisme, par insuffisance thyroïdienne. idiot, goitreux. « C'est une espèce d'" innocente ", de crétine, de " demeurée " » (Proust).

2 -Fam. Personne stupide.  idiot, imbécile. Quel crétin! andouille, patate. Bande de crétins! — Adj. Il est vraiment crétin.  bête*, stupide. Ça alors, c'est crétin!  con.

 

Mais qu'est-ce donc qui a justifié ces passes d'armes ? Le mieux est de revenir à la source, à savoir une interview de Sébastien LE FOL parus dans Le Point – février 2015 :

 

1. Une partie de la gauche est devenue très hostile à votre égard. Votre opposition à la théorie du genre, votre critique de l’islam et votre défense d’Eric Zemmour vous ont valu le surnom de « Finkielkraut bis ». Auriez-vous basculé du « côté obscur de la force » ?

 

Tout dépend de quelle gauche on parle… La gauche mondaine, parisienne, celle de Saint-Germain-Des-Prés ? La gauche caviar de BHL ? La gauche tellement libérale qu’elle défend la vente d’enfants en justifiant la location d’utérus des femmes pauvres pour des couples riches ? La gauche de Pierre Bergé qui estime que louer son ventre c’est la même chose que travailler comme caissière ? La gauche qui préfère avoir tort avec Robespierre, Marx, Lénine, Staline, Mao, Khomeiny que raison avec Camus ? La gauche qui rend responsables Houellebecq, Finkielkraut et Zemmour des attentats du 7 janvier qu’elle ne veut pas nommer islamistes ? La gauche de Libération qui, le 20 janvier 2014, justifie la zoophilie et la coprophagie avec la philosophe Beatriz Preciado, chroniqueuse du dit journal ? La gauche qui fit de Bernard Tapie son héros et un ministre ? La gauche qui a vendu une télévision publique à Berlusconi ? La gauche qui traque la misogynie et la phallocratie partout dans la langue française et veut qu’on dise professeure et auteure mais qui ne voit pas que la polygamie, le voile, la répudiation, les mariages arrangés, l’excision, le chômage des mères seules au foyer, les ex-maris qui ne paient pas les pensions alimentaires,  font des ravages plus profonds en matière de phallocratie ? La gauche qui vote comme Sarkozy sur l’Europe et l’euro, le raccourcissement des retraites et l’augmentation du temps de travail, les restrictions de remboursements maladie,  et croit que le danger fasciste est partout sauf là où il est ? La gauche qui se croit antifasciste comme Jean Moulin quand elle appelle à interdire le parti de Marine Le Pen ? La gauche de ceux qui croient à la liberté de la presse, à la liberté d’expression, bien sûr, mais qui m’interdit France-Inter pendant quatre années ou demande qu’on interdise la diffusion de mon cours sur Freud à France-Culture en initiant une pétition contre moi au nom de la liberté d’expression ? La gauche du sénateur socialiste qui intervient auprès du président du Conseil régional de Basse-Normandie pour faire sauter la subvention de l’université populaire à la demande d’une historienne de la psychanalyse qui elle aussi, bien sûr, est de gauche? La gauche qui détruit l’école parce qu’elle sait que ses enfants sortiront de toute façon du lot, puisqu’ils s’en occupent chez eux et qui, de ce fait, renvoie les enfants de pauvres dans les caniveaux où Marine Le Pen, ou le Djihad,  les récupère ? Que cette gauche là ne m’aime pas, ça m’honore… En revanche, je ne compte pas le nombre de gens vraiment de gauche qui me disent, dans la rue, par mails, par courrier, à l’issue mes conférences, qu’ils sont d’accord avec moi, mais n’osent pas le dire parce qu’il règne une terreur idéologique activée par cette mafia qui se réclame de la gauche…

 

2. Même la revue de la Nouvelle Droite, Eléments, vous tresse des lauriers….Y aurait-il un malentendu ?

 

Je suis antilibéral, contre l’euro et l’Europe, pour les peuples, je défend un socialisme proudhonien, mutualiste et fédéraliste, je crois au génie du peuple tant que les médias de masse ne l’abrutissent pas pour le transformer en masse abêtie qui jouit de la servitude volontaire et descend dans la rue comme un seul homme au premier coup de sifflet médiatique, je ne crois pas que le marché doive faire la loi, je ne fais pas de l’argent l’horizon indépassable de toute éthique et de toute politique , je préfère les girondins fédéralistes et provinciaux aux jacobins centralisateurs et coupeurs de têtes , et avec ça je suis de gauche – si Eléments est d’accord avec ça, devrai-je cesser de croire ce que je crois ?

 

3. Dans « L’ordre libertaire : la vie philosophique d’Albert Camus », vous faisiez une critique implacable de la « gauche totalitaire ». Ce livre n’a-t-il pas marqué une rupture définitive entre une certaine intelligentsia de gauche et vous ?

 

Une certaine intelligentsia de gauche, comme vous dites, n’a jamais aimé que je ne sois pas du sérail et que je ne doive mon statut qu’à mon travail et non au copinage tribal qui fait l’essentiel de son quotidien. J’ai construit ma vie pour n’avoir rien à demander à personne.  Que cette tribu grosse comme un village Papou fasse sa loi et fonctionne comme une mafia, c’est son affaire, pas la mienne. J’ai créé une université populaire il y a treize ans à Caen, en province, pour lutter contre la présence de Le Pen au second tour des présidentielles, cette UP fonctionne à merveille avec une vingtaine d’amis. J’y travaille bénévolement et les cours sont gratuits. C’est ma façon d’être de gauche car se dire de gauche compte pour rien si l’on ne vit pas une vie de gauche, à savoir une vie dans laquelle on incarne les idéaux de gauche – banalement : liberté, égalité, fraternité, laïcité, féminisme.  Cette intelligentsia n’en parle jamais alors que mille personnes viennent chaque lundi à mon cours. L’arbitre des élégances n’est pas pour moi ce village papou, mais ce peuple qui vient.

 

4. « Moi qui suis de gauche, je préfère un homme de droite intelligence à un homme de gauche débile », avez-vous déclaré au Figaro. La droite serait-elle de plus en plus intelligente ? Et à contrario la gauche serait-elle de plus en plus débile ?

 

Depuis que je juge la gauche sur ce qu’elle fait plus que sur ce qu’elle dit d’elle, je ne me fais plus avoir par les étiquettes. Il n’y a pas la gauche et la droite, mais des gens de gauche et des gens de droite. Et je n’estime pas une personne sur ces critères. Pas plus que l’athée que je suis ne juge autrui sur le fait qu’il croie ou non en Dieu, mais sur ce qu’il fait de son athéisme ou de sa foi dans sa vie quotidienne. Là aussi, là encore, je préfère un croyant intelligent à un athée imbécile. Je trouve même sidérant qu’on ait besoin de le dire, ce qui supposerait qu’un homme de gauche devrait préférer un crétin de gauche à un homme de droite intelligent…

 

5. Quels sont les intellectuels de droite dont vous vous sentez le plus proche ?

 

Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils d’ailleurs ? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler ! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait…

 

6. Y a-t-il un homme politique de droite pour lequel vous seriez prêt à voter ?

 

Aucun. Ni d’ailleurs aucun un homme de gauche. C’est fini l’époque où je croyais aux bateleurs de la politique politicienne.

 

 

Propos recueillis par Sébastien LE FOL© parus dans Le Point – février 2015

 

Sources :

http://www.lepoint.fr/politique/michel-onfray-cette-mafia-qui-se-reclame-de-la-gauche-25-02-2015-1907795_20.php

 

http://mo.michelonfray.fr/entretiens/cette-mafia-qui-se-reclame-de-la-gauche-le-point-fevrier-2015/

 

 Photo X - Droits réservés

 

09/03/2015

Nucléaire : ASTRID, soulève son suaire pour faire bander les nucléocrates.

astrid dessin.jpg

Sévèrement shootée au sodium l'Astrid !

 

 

Cette faux-cul de Ségolène a laissé entendre qu'une « nouvelle génération » de réacteurs nucléaires pourraient, dans l'avenir prendre le relais des centrales arrivées en bout de course. Et on a trouvé un joli nom pour cette horreur à venir : ASTRID.

 

Vous avez aimé l'EPR ? Vous adorerez Astrid. Voilà cette salope atomique d'ASTRID qui soulève son suaire pour aguicher les nucléocrates ! Astrid, c’est le nouveau Phénix. Le voilà prêt à renaître de ses cendres celui-là. Le pionnier des réacteurs au plutonium, en fonctionnement à Marcoule depuis 1973, a été définitivement arrêté en mars 2009. Phénix, c’était le prototype des surgénérateurs, le rêve de toutes les têtes d’œufs de l’industrie nucléaire : la bête produit – qu'ils disaient - plus de combustible qu’il n’en consomme, et fait de l’électricité ! Formidable non ? Mouais… Après l'enthousiasme des débuts, les surgénérateurs ont connu l'échec. Le bide de Superphénix est encore dans les mémoires. Mais ils pourraient connaître un retour en grâce. Grâce à… Astrid !

 

En fait le réacteur dit de « 4ème génération » ne serait qu’une  pure invention publicitaire de l'industrie nucléaire. La supposée « génération 4 » - un produit marketing - n’est en réalité que le recyclage de vieux projets qui avaient été auparavant écartés par l'industrie nucléaire. Le réacteur de 4ème génération c'est le retour des surgénérateurs de type Superphénix... Des années 60 aux années 80 le programme français reposait sur les réacteurs à eau pressurisée (REP) et un développement significatif des réacteurs à neutrons rapides (RNR) fonctionnant en mode surgénérateur. Il était envisagé qu'en l'an 2000 les RNR surgénérateurs représenteraient 30% du parc… Bonjour les dégâts ! Ça ne s'est pas fait, heureusement.

 

Le filière avortée des surrégénérateurs a été la raison du développement civil du retraitement des combustibles REP avec la construction des usines du site de La Hague. Usine hyper polluante dont la filière « sur-régénération » est la seule justification. Son but : fabriquer du combustible pour les surrégénérateurs dont des tonnes de plutonium (plus tôt gnome, plutôt nie homme...).

 

Pour donner un peu de « pep » à la chose, à la différence des centrales nucléaires «conventionnelles», et à l'inverse de tout ce qui est déclaré par la propagande officielle, les surgénérateurs peuvent, par accident, faire explosion à la façon d'une bombe atomique. En effet, ils peuvent être le siège d'une réaction en chaîne dite « sur critique prompte en neutrons rapides », particularité que seule la bombe atomique possède également. La variété d'explosion atomique dont un surgénérateur peut être le siège porte le nom rassurant d '« excursion nucléaire ». Quels poètes ces nucléocrates !

 

Rappel : Superphénix (qui n'a jamais fonctionné correctement) comportait environ 35 tonnes de combustible nucléaire, dont 5 tonnes de plutonium, et les expériences « d'excursion nucléaires » n'ont jamais concerné que quelques kilogrammes de matière fissile. Il est clair qu'étant donné l'extraordinaire toxicité radioactive des aérosols de plutonium, l'expulsion même partielle des 5 tonnes de plutonium de Superphénix dispersés ou volatilisés par "l'excursion nucléaire" constituerait une catastrophe sans précédent. Car 1/1.000.000ème de gramme de plutonium inhalé suffit à provoquer un cancer et 8 kilos sont suffisants pour faire une bombe atomique de type Nagasaki ! La vie en rose ! Tchernobyl, Fukushima, aimables plaisanteries… Eh bien Astrid, c’est Superphénix  qui change de nom, d’aspect probablement mais avec une base technologique identique…

 

Hormis ces pittoresques « excursions », le principal inconvénient de cette filière provient du sodium liquide qui s'enflamme au contact de l'air et de l'eau. On ne se sait pas, à l’heure actuelle, éteindre un feu de quelques centaines de kg de sodium ! (Á titre indicatif, il y en a 6.000 tonnes dans Superphénix, et combien prévues dans Astrid ? D'ailleurs où en est-on du retraitement du sodium de Superphénix ? Toujours en stockage ?Qui lo sa ?).

 

Voilà ce que l’on nous promet dans la vallée du Rhône, à Marcoule – pas loin de chez moi ! -, ceci grâce à la « culture nucléaire » avec laquelle, depuis plus d'un demi-siècle les « Marcoulins » enfument les populations locales. Ou à Cadarache, toujours près de chez moi où se gaspillent des milliards pour un cauchemardesque rêve de nucléocrates nommé Iter...

 

Comment se fait-il que l'industrie nucléaire puisse se faire attribuer, sans que jamais l'avis de la population ne soit sollicité, des budgets toujours plus importants, en échange de belles promesses ? Une manne pécuniaire gigantesque, sans limites, prélevée sur les impôts et le travail des Français, non répercutée dans le prix du Kwh vendu par EDF, masquant ainsi le vrai coût de la filière nucléaire

 

Population inactive aujourd’hui,

radioactive demain…

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

06/03/2015

Assassinat de Nemtsov. Merci camarade Mélenchon ! Heureusement que tu es là !

mort US.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens d'entendre sur France Inter le ci-devant Legrand (payé par mes sous), suivant le ci-devant Seux (payé par mes sous), dans l'émission du ci-devant Cohen (payé par mes sous). Tous thuriféraires pour ne pas dire fellateurs de la doxa ultralibérale atlantiste. Le ci-devant Legrand a craché son fiel sur le point de vue de Mélenchon concernant l'assassinat du politicien russe Boris Nemtsov. Pire, Médiapart se couvre de fiente avec un article pourrissant de même Mélenchon. Devant un tel dégueulis, on ne peut que se sentir obligé de donner à connaître la teneur de ce texte qui donne tant de bouton à nos pieds-nickelés. Le voici donc :

 

 

« Poutine a-t-il tué le cacique eltsinien Boris Nemtsov ?

 

Le malheureux a été assassiné Place Rouge devant le Kremlin, la veille de la manifestation à laquelle il avait appelé en compagnie d’une autre grande figure de l’opposition, le raciste et antisémite Alexey Navalny. Des flots d’encens sont aussitôt montés vers le ciel, votivement offerts par tous les médias « éthiques et indépendants ». Le premier d’entre eux, « Le Monde », a pieusement recopié, sans nuance ni recul, la notice de l’ambassade des États-Unis. Il a donc repeint Nemtsov aux couleurs du martyr de la démocratie, de l’Occident et ainsi de suite. Qualité à laquelle n’accédera jamais le blogueur saoudien qui reçoit chaque semaine sa ration des mille coups de fouets qu’il doit endurer sans bénéficier de l’indignation mondialement bruyante d’Obama, de François Hollande, et les autres. Ni, bien sûr, « Le Monde », ni l’ignoble Plantu, titulaire du prix de 10 000 euros « pour la liberté de la presse » que lui ont attribué les riant fouetteurs du Qatar. Sans vergogne, « Le Monde » écrit : « Boris Nemtsov, qui avait 55 ans, n’était pas un héritier du soviétisme. C’était un authentique démocrate, un homme qui croyait en l’universalité des valeurs de liberté et de pluralisme ». Quel besoin d’en rajouter à ce point ? Ne suffit-il que cet homme ait été assassiné pour déplorer sa mort ? Non, bien sûr ! L’apologie de Nemtsov, illustrissime inconnu avant son meurtre, fonctionne comme un piège à naïf pour créer une ambiance de « Sadamisation » contre Poutine. « A-t-on encore le droit de s’opposer en Russie » me demande une journaliste qui ne connait rien ni à cette affaire ni à aucune autre concernant la Russie contemporaine. On devine le sous-entendu. Ce Nemtsov aurait été assassiné par Poutine. Sans le début d’une preuve, l’accusation est instillée. Ces gens-là n’ont aucune subtilité. Et leurs enquêtes sont rondement menées depuis le bar de la rédaction.

 

Voyons : un opposant est assassiné, Place Rouge. Il combattait Poutine, Poutine habite le Kremlin sur la place rouge ! « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! Poutine l’a tué ! » Hurrah ! Quelle perspicacité ! On ne la fait pas à un journaliste libre d’être d’accord avec l’ambassade des USA ! Que Poutine veuille rendre célèbre un inconnu à la personnalité plus que trouble, qu’il le tue devant sa porte, la veille de la manifestation d’opposants à laquelle celui-ci appelait, ne leur parait pas d’une insigne stupidité. Ni contradictoire avec l’intelligence machiavélique qu’ils prêtent à Poutine le reste du temps. Non. Pourtant, après ce mort et sa malheureuse famille, la première victime politique de cet assassinat est Vladimir Poutine. Car il a été aussitôt traîné dans la boue par toute la presse « libre, éthique et indépendante » du monde entier, dénonciatrice ardente sur ordre des armes de destruction massive de Saddam Hussein, de l’Iran et de tous les autres articles de propagande pré-machée des USA.

 

Voyons donc la biographie de cet émouvant « authentique démocrate ». Commençons par ses fréquentations les plus récentes dans le cadre de son amour pour les valeurs sans rapport avec « le soviétisme » ! Il appelait à une manifestation le 1er mars contre le gouvernement russe, ce qui est bien son droit. La manifestation a eu lieu et a été traitée moins durement que la manifestation à Sivens le jour ou Remi Fraisse s’y trouvait. Pour convoquer cette manifestation, l’ami de la liberté a joint sa signature à celle d’un autre ami du « Monde », le raciste Alexey Navalny, leader libéral-xénophobe ultra violent. Navalny a créé en 2006, avec des néonazis russes, le mouvement nationaliste des « Marches Russes ». Il est l’inventeur des slogans qui ont entraîné de nombreuses violences contre des immigrés : « la Russie aux Russes », « Arrêtons de nourrir le Caucase ! », « nettoyer la Russie ». Dans une vidéo en marge de ces marches, il qualifiait de « cafards » les habitants du Caucase : « si l'on peut tuer les cafards avec une chaussure, quand il s'agit d'êtres humains, je recommande d'utiliser une arme à feu ». Voilà pour l’ami de « l’authentique démocrate ». Et aussi pour les organisateurs de la manifestation encensée par « le Monde ». Risible dans la fabrication d’une information de convenance, le journal a aussi voulu faire croire qu’elle était organisée en réplique au meurtre. En fait, elle se préparait depuis des semaines sur les thèmes racistes habituels de ces personnages nauséabonds.   

 

Voyons à présent le cas de Boris Nemtsov, « l’ami des libertés », « sans rapport avec le soviétisme » ? En effet, il s’agit d’un voyou politique ordinaire de la période la plus sombre du toujours titubant Boris Eltsine. Ce Nemtsov est le principal artisan des privatisations de la période 1991-1993 qui furent en fait un véritable pillage. L’homme « sans rapport avec le soviétisme » était alors nommé par Eltsine, gouverneur de Nijni-Novgorod. Il se rendit odieux à grande échelle comme ministre de l'énergie d'Eltsine. Ce sont les privatisations décidées et organisées par lui, Nemtsov, qui ont créé l'oligarchie kleptocratique russe, fléau dont ce pays met un temps fou à se débarrasser. En effet, chaque oligarque, généreux donateur, est défendu bec et ongle par la propagande des agences de l’OTAN comme des « amis de la liberté », de « l’économie de marché » et autre habillages rhétoriques de la caste dans le monde entier. D’ailleurs, l’entourage de « l’authentique démocrate» Nemtsov, a fourni un riche contingent de condamnés pour diverses malversations dans les privatisations organisé par l’homme qui « n’avait rien à voir avec le soviétisme ».

 

Libéral fanatique, ce grand esprit avait été félicité à l'époque par Margaret Thatcher lors d'une visite en Russie. Vice-premier ministre chargé de l'économie en 1997-1998, sa gestion servile à l’égard des injonctions du FMI provoqua le crash russe. Ce fut la plus terrible humiliation de la nation russe depuis l’annexion de l’ancien glacis de l’est dans l’OTAN. Voilà le bilan de monsieur Nemtsov. Cela ne justifie pas qu’on l’assassine. Mais cela devrait nous épargner d’être invités à l’admirer comme le propose grotesquement « le Monde ». Si nous avions une presse indépendante des États-Unis et du conformisme de la dictamolle libérale, personne ne s’aviserait de nous le proposer.

 

Qui a bien pu tuer Nemtsov ? Naturellement nous n’en savons rien. Si l’on exclut le crime passionnel, et que l’on reste à la politique, on peut diriger l’enquête et les soupçons du côté où il avait le plus d’ennemis. A qui profite le crime ? Certainement pas à Vladimir Poutine : cet assassinat arrive pour lui au plus mauvais moment sur le plan international et au plus mauvais endroit : devant chez lui, au Kremlin. Boris Nemtsov n'était pas une menace pour Poutine compte tenu de sa marginalisation intérieure. En Russie, les amis de l’Ukraine actuelle qui manifestent avec le drapeau de l’ennemi sont très mal vus. Surtout que pour Nemtsov, son soutien à l'Ukraine ultra-nationaliste a commencé en 2004, quand il était déjà conseiller économique du président Ioutchenko, ami d’hier du journal « Le Monde » et ennemi d’aujourd’hui, héros de la dite « révolution » orange. Il est certain que la popularité de Boris Nemtsov n'a pas grandi en Russie du fait son opposition au vote des citoyens de Crimée pour le rattachement à leur patrie russe. Il préférait une Crimée enchainée à l’Ukraine dont les habitants étaient interdits de parler leur langue par ordre des hurluberlus violents de Kiev. L’homme qui n’avait « rien à voir avec le soviétisme » était pourtant dans cette circonstance le défenseur d’une décision personnelle de Nikita Kroutchev, alors tout puissant secrétaire général du Parti Communiste de l’Union soviétique, qui décida, un soir de beuverie dit-on, de rattacher la Crimée à l’Ukraine pour afficher la force de l’attachement de l’Ukraine à la Russie. Un peu comme si un président français décidait de rattacher l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne pour montrer la force du couple franco-allemand ! Car la Crimée est russe depuis toujours, comme l’Alsace et la Lorraine sont françaises, comme l’ont prouvé les millions de morts français tués pour la libérer de l’occupation allemande. Notons, quoiqu’on en pense, qu’un Russe qui se prononce pour Kiev et pour l’intervention de « l’Occident » en Ukraine est un courageux minoritaire parmi les Russes qui vivent mal la présence de nazis au gouvernement de Kiev, l’interdiction de parler russe dans les terres russophones et s’émeuvent des quatre mille civils russophones tués dans le Donbass et du crime sadique contre les quarante syndicalistes brulés vifs ! Sachant cela, je pense que même le plus anti-Poutine et ennemi des Russes peut alors voir sous un autre œil la situation.

 

Boris Nemtsov était un opposant extrêmement confortable pour Poutine car il était caricaturalement acquis aux ennemis de la Russie. Il était donc sans aucun danger politique et parfaitement inconnu de « l’opinion occidentale » avant sa mort. Je n’en dirais pas autant des milieux de l’extrême droite Russe. Celle-ci est aspirée dans une surenchère permanente et des compétitions mortelles depuis que des « amis de l’Europe » comme l’antisémite Alexey Navalny en rajoutent sans cesse dans l’hystérie xénophobe et ultra nationaliste. Dès lors « l’authentique démocrate», multi pensionné des officines et succursales de la bien-pensance européenne et nord-américaine, ami public du gouvernement ultra anti-russe de Kiev, en pointe dans le rôle de tireur dans le dos de son pays, pourrait avoir été pour eux une cible pleine de sens. Pour ceux-là d’ailleurs, la politique de Poutine est trop équilibrée. Eux sont partisans de la confrontation directe avec l’Ukraine et les USA. C’est eux que le parti américain d’Ukraine veut encourager en les poussant à bout. Le débarquement des troupes américaines fonctionne dans ce sens. Car soyons clairs : si l’armée russe entrait en Ukraine à la suite des provocateurs nord-américaine, les forces qui tenteraient de s’y opposer seraient balayées en moins d’une semaine, parachutistes américains ou pas. 600 Américains ne sont pas davantage invincibles que des milliers d’entre eux. Ce qu’ont montré toutes les guerres perdues par les armadas nord-américaines, à Cuba, au Vietnam, en Somalie, en Afghanistan, en Irak. Les USA savent organiser des complots, des assassinats politiques, acheter des journalistes et des agents d’influence dans tous les pays. Mais militairement, ils ne peuvent vaincre que dans l’ile de la Grenade des gens désarmés, à Panama le chef des trafiquants de drogue, et d’une façon générale des gens incapables de se défendre.

 

Il est important de se souvenir que la Russie est une très grande puissance militaire, dont le peuple en arme, que n’intimideront pas les bandes de pauvres diables chicanos de l’armée des USA. En tous cas ces 600 parachutistes-là ne peuvent compenser le caractère pitoyable des bandes armées ukrainiennes qui viennent d’être défaites dans l’est du pays en dépit de la sauvagerie de leurs actions. Tout repose donc à présent sur le sang froid de Vladimir Poutine et des dirigeants russes. Pas de guerre ! La patience, l’écroulement de l’économie ukrainienne, la désagrégation de ce pays qui a tant de mal à en être un, tout vient à point a qui sait attendre. La guerre est le pire qui puisse arriver à tout le monde en Europe et dans le monde. La guerre au milieu de sept centrales nucléaires dont la deuxième du monde, devant le sarcophage de Tchernobyl, la guerre serait un désastre dont l’Europe ne se relèverait pas avant des décennies. Les USA doivent rentrer chez eux et laisser les habitants de ce continent régler leurs problèmes. »

 

Voilà. Merci camarade Merluche ! Heureusement que tu es là ! 

 

Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/03/04/avant-lorage/#more-21790

 

Illustration X - Droits réservés