Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

11/12/2012

SINE: ses dernières volontés.

siné par Berth.jpg

 

Eh ! Vous avez pensé à acheter le dernier numéro de Siné Mensuel ? Il est en kiosque depuis bientôt une semaine. Un numéro fumant ! Dans lequel Siné présente himself ses dernières volontés. Eh ! Bob. On n’est pas pressé.

 

 

 SinéCRÉMATION AU PÈRE-LACHAISE

Tout d’abord, pour la crémation, m’allonger délicatement, vêtu de noir et de rouge, dans un cercueil en carton ondulé acheté chez Leclerc ou tout autre spécialiste des funérailles bon marché, après s’être assuré que je suis bien mort !

Pas la peine de claquer bêtement du grisbi pour partir en fumée !

Sur le cercueil, en revanche, le logo de l’anarchie, tagué à la bombe, en noir, au milieu, sera de la meilleure veine.

N’importe quel copain dessinateur fera ça très bien.

Toutes les fleurs devront être rouges et j’aimerais que tous les amis présents s’habillent en noir, pas par respect des convenances, mais pour évoquer les anars !

Cette cérémonie noire et rouge aura, j’en suis sûr, beaucoup de gueule et satisfera, à la fois, mon sens de l’esthétique et mon goût de la provoc.

Quelques morceaux de musique que je n’ai pas encore eu le temps de choisir mais dans lesquels figurera obligatoirement Try a Little Tenderness chanté par Otis Redding, seront les bienvenus et m’aideront à avaler mon bulletin de naissance et à rejoindre fissa tous les gens que j’aime et qui ont lâché la rampe avant moi ! Après, champ libre ! En général, tout le monde va bouffer et picoler à la mémoire du défunt mais, n’étant plus là pour participer avec vous aux agapes, je préfère ne pas y penser !

Mais, gaffe : même en poudre, j’ai l’oreille fine !


ENTERREMENT AU CIMETIÈRE DE MONTMARTRE

Quelques jours plus tard, selon les possibilités des uns et des autres ( je laisse le soin à Catherine, ma divine veuve, d’organiser tout ça au mieux) j’aimerais une fiesta sympa avec orchestre et buffet campagnard sur tréteaux.

Je recommande un tonnelet de beaujolais, de chez Marie-Lapierre bien sûr, plus convivial que des bouteilles et qui a l’avantage de ne pas laisser de cadavres, superflus dans un cimetière !

Évidemment, il sera servi dans des verres et non dans de sinistres gobelets en carton.

Si certains tiennent à apporter des couronnes de fleurs, de toutes les couleurs cette fois, qu’ils fassent inscrire sur les bandeaux des slogans tels que « Ni Dieu, ni maître », « Mort aux cons ! » ou « On les aura ! » selon leur inspiration et la complicité du fleuriste, pour choquer les familles catholiques éplorées qui viendront les jours suivants pleurer les leurs et liront avec horreur ces incongruités en se signant pour éloigner le démon.

Plus la peine d’être sapés en noir ce jour-là. Au contraire, des fringues couleur pétard sont souhaitées ( je n’ai rien contre les excès ni le mauvais goût).

La musique sera joyeuse, enjouée et plutôt jazzy.  Je fais une parfaite confiance à mon ami Stéphane Maggi pour réunir les musiciens adéquats qui seront payés avec un élastique et qui ne seront là que par amitié et pour boire un coup à ma santé (expression quelque peu maladroite, j’en conviens !).

À la fin, quand tout le monde sera parti, j’irai peut-être alors trinquer avec La Goulue qui a sa tombe tout à côté et il ne me restera plus qu’à attendre patiemment les suivants, car il restera encore 59 places à mes côtés dans cette concession à perpétuité achetée en commun avec Benoît Delépine et conçue pour accueillir 60 zigotos pour l’éternité.

Nous ne sommes, ni l’un ni l’autre, très satisfaits de la statue en  bronze qui ressemble plus à un cactus  qu’à un doigt d’honneur et n’est donc pas assez explicite. Il m’a promis d’y remédier mais, dommage,  je ne verrai la nouvelle version que du dessous. Tant pis !

En revanche, l’épitaphe en lettres d’or : « MOURIR ? PLUTÔT CREVER ! » tient bien la route !

Si un jour vous croisez, au hasard de vos balades, un bonobo qui me ressemble, n’ayez aucun doute, ce sera moi, réincarné !

À plus !

 

Primidi 21 Frimaire 221

 

Merci à Berh 

 

07/12/2012

Au bistro de la Toile: même sous la neige, les autoroutes engraissent les Zactionnaires...

chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Victor, même si tu viens à vélo, ne prends pas l’autoroute : ça va encore augmenter…

 

- Personnellement comme tu le laisses entendre, je m’en tamponne le joufflu des autoroutes. Mais ces augmentations à répétition – autorisés par le gouvernement ne l’oublions pas – ne sont rien moins que scandaleuses. Elles ne sont guidées que par la goinfrerie d’actionnaires cyniques. En voilà un beau scandale, la privatisation des autoroutes. C'est l'autre bellâtre à nom de canasson, le Galouzeau de Villepin qui a refilé ce bijou de famille aux amis de mes amis. A prix bradé: moins de 15 milliards alors que Philippe Seguin, alors président de la Cour des comptes estimait leur valeur à au moins 22 milliards! Depuis, les entreprises qui ont touchés le gros lot se gavent littéralement. L'an passé, c'est près de deux milliard d'euros qui sont passés dans la poche des actionnaires. Un taux de profit de 14 ou 15% ! Qui dit mieux ? Du caviar à la louche!

 

- C’est d’autant plus révoltant que ces monceaux de pognons se font avec un instrument – les autoroutes – payé par nous, avec nos impôts. Alors que les autoroutes – promesses des gouvernants de l’époque - auraient dû être rendues gratuites à la fin de leur financement ! En voilà une belle enculade sans vaseline ! Ces sociétés se goinfrent sur notre dos, en augmentant le prix des péages, en saucissonnant les parcours afin de faire payer plus cher les tronçons les plus utilisés, en supprimant le personnel des péages, en favorisant le télépéage afin d'augmenter le nombre de clients, en rabiotant sur l'entretien des infrastructures. Et cerise sur le gâteau, c'est l'État qui prend en partie en charge le coût des suppressions d'emplois par des préretraites et autres dispositifs.

 

- Sans compter que ces deux milliards de bénef annuels, si l'Etat était resté propriétaire, c'est lui qui toucherait ce pognon... C'était autrement juteux que cette connerie de velléités de nationalisation de hauts-fourneaux obsolètes et bouffeurs de pognon...

 

- Exactement. On touche là une des causes du déficit abyssal des finances de l'État: les bénefs perdus des entreprises privatisées, les autoroutes, mais aussi France-Télécom, Gaz de France, EDF, etc.

 

- C'est ça la gestion ultra libérale...

 

- Allez, à la nôtre !

 

 

 Septidi 17 Frimaire 221


Merci à Chimulus

06/12/2012

Tiens, la P.P.V. sévit-elle aussi pour toi?

chimulus modération.jpg

 

Chimulus, si l'on en crois ce dessin, semble lui aussi subir cette affreuse censure de la Police de la Pensée et de la Vertu qui sévit de plus en plus partout. "Modération" est son nom, mais aussi "auto-censure".

Cassons le carcan, blasphémons, provoquons les cons !


Sextidi 16 Frimaire 221


Merci à Chimulus

05/12/2012

Egypte : Révolution, le retour !

révolution Egypte.jpg

 

En Egypte, les cocus de la révolution semblent vouloir se débarrasser de leurs cornes. « Morzi, dégage ! » scandent-ils, comme au meilleurs temps de la place Tarhir. Ils en avaient marre de la dictature de Moubarak. Ils ont réussi, avec un courage et une détermination exemplaires, à de débarrasser de ce qu’ils ne voulaient plus. A la place, ils ont eu ce qu’ils ne voulaient pas : un régime théocratique glissant vers une dictature obscurantiste.

 

N’en déplaise à tous ces idiots utiles de l’islamisme, genre Bernard Guetta qui se prosterne devant le « modernisme » du régime turc, Morzi, ses « frères musulmans » et leur bras armé, les salafistes, veulent une dictature. Et la pire, celle qui prétend régner sur les « âmes », les esprits abrutis par une religion. La religion en politique est un cancer mortel. Toujours. Partout.

 

Ces révolutions arabes sont-elles vouées à faire le lit du fanatisme religieux ? La deuxième révolution qui se dessine en Egypte est porteuse d’espoir et nous sommes peut-être à un tournant décisif : dans un pays à majorité musulmane, le peuple veut chasser la religion du pouvoir et même de la société, la reléguant au domaine du privé.

 

La mère de toutes les révolutions, la Révolution française a mis des décennies pour réussir. Après avoir engendré une dictature dévastatrice, celle de Napoléon. Mais à la différence des révolutions arabes, elle s’est attaquée aux deux pouvoirs qui exploitaient, humiliaient et maintenaient le peuple dans l’obscurantisme et le quasi-esclavage : le pouvoir sur les corps, celui du roi, des nobles mais aussi et peut-être surtout le pouvoir sur les esprits, celui de la religion et du clergé. Sans faire l’économie d’un Robespierre.

 

Quintidi 15 Frimaire 221


Photo X - Droits réservés

04/12/2012

EPR : et deux milliards de plus, deux !

EPR gouffre.jpg

 

 

Il faut vraiment que ça fume sous la casquette des nucléocrates pour que même les canards laquais, les lucarnes à décerveler et les boites à bobards admettent du bout des lèvres le fiasco le l’EPR : EDF a été moulte fois contrainte de reconnaitre des retards récurrents (quatre ans de retard au total…pour l’instant !) sur le chantier du réacteur nucléaire dit de 3ème génération EPR de Flamanville (Manche). Les premiers kW de cette horreur devraient être livrés courant 2016. Mouais… On prend les paris ? Rappelons que l’EPR d'Olkiluoto, en Finlande, commencé en 2005, accuse lui aussi quatre ans de retard ! Quant au coût estimé, il avait déjà doublé, passant ainsi de 3,3 Mds d'euros à 6 Mds d'euros. Mais voilà qu’EDF en remet une couche et doit reconnaitre une nouvelle rallonge de2 milliards d’euros, portant le coût total à 8,5 milliards d’euros ! Pour l’instant…

 

A noter qu’en Finlande, l’énorme surcoût est évidemment assumé par Areva, c'est-à-dire par vous et moi… A Flamanville idem bien sûr.

 

Tout ceci sans tenir compte du fait que le coût annoncé ne prend pas en compte ni l'assurance, ni l'élimination des déchets, ni le démantèlement ! Pour la simple raison que les nucléocrates, dans leur schizophrénie, ne savent pas déconstruire les installations obsolètes, ne savent pas combien coûteront les études pour y arriver, ne savent pas chiffrer le stockage, le gardiennage de leurs déchets pendant des décennies, voire des siècles et des millénaires. Ces argounias laissent sur les sites des centrales des monceaux de saloperies contaminées pour des millénaires : bétons, ferrailles, bouts de fers, tuyaux en tous genres, cuves, valves, pompes, etc. Le pire, c’est que le bon peuple, conditionné par un demi-siècle d’omerta et de bourrage de crâne, est persuadé d’avoir un excellent cocktail énergétique ! Mais le prix affiché par EDF est totalement bidon : il ne tient compte ni du prix du démantèlement, ni de celui du stockage des déchets. Les « provisions » d’EDF pour ce faire sont sans commune mesure avec des besoins…non chiffrables ! Alors toutes ces dépenses sont prisent en charge par le budget de l'État, sous forme de subventions occultes, d'allocations diverses, toujours dans l’opacité la plus complète.

 

L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville.

- Où qu'on le construise, l'EPR sera dangereux.

- Il produit des déchets nucléaires qu'il faudra stocker durant des millions d'années. Pour chaque mégawatt d'électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d'une bombe d'Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3200 bombes d'Hiroshima !

- Partout où des hommes travaillent, les erreurs humaines sont possibles.

- L'EPR est gigantesque au lieu d'être sûr. L'organisation internationale des médecins pour la prévention d'une guerre atomique IPPNW dénonce la capacité de 1600 MW comme un abandon des normes de sécurité. C'est pour éviter une explosion des prix de l'électricité qu’EDF et Areva privilégient le gigantisme au détriment de la sécurité.

- Les systèmes de sécurité passifs de l'EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des motrices, qui peuvent s'arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l'EPR est le réservoir destiné, en cas d'accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d'une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d'explosion de vapeur sont très élevés, et d'autre part, il faudrait recouvrir d'eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter... De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas ! On marche sur la tête.

- Et pour l'EPR, des gens mourront dans les mines d'extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d'enrichissement d'uranium.

- Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l'EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ».

- Destiné à l'exportation, l'EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

- Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L'EPR n'est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l'Europe inhabitable pour toujours. - - Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

- L'industrie nucléaire est tournée vers le passé alors qu'une vraie préparation de l'avenir exige le développement des alternatives.

 

Savez-vous aussi qu'une pénurie d'uranium dans moins de dix ans précédera le déclin de la production d'uranium qui interviendra vers 2025.

 

Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

 

Eh ! François, deviens un homme d’état digne de ce nom, oublie les pressions du lobby nucléocrate, pense au peuple qui t’a élu et ai le courage de t’engager sans tarder sur l’arrêt du programme EPR, sur un calendrier de sortie totale du nucléaire, sur la fin de ce terrorisme d’état.

 

EPR avenir dessin Fanch.jpg

 

Quartidi 14 Frimaire 221


Illustrations X et Fanch

03/12/2012

ArcelorMittal : le pouvoir des maîtres de forge.

Florange sos.jpg

 

 

Arcelor semble beau maintenant. Depuis qu’il a été bouffé par l’affreux Mittal. Regardons de plus près. C’est sous Chirac que cette OPA hostile a été perpétrée. Sans que l’état français n’en tire quelque avantage. Pourtant les gouvernements français, de droite et de gauche, ont mis 150 milliards de francs (23 milliards d’euros) dans le redressement de la sidérurgie française. Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, lorsque la privatisation d'Usinor-Sacilor a eu lieu, aucune clause de retour n'a été prévue. Et c'est sous le gouvernement Jospin, je crois, que la participation résiduelle de l'Etat français dans Usinor-Sacilor a été cédée. De plus, l’Europe – fondée au départ, rappelons-le, sur la mise en commun du charbon et de l’acier - a piteusement raté l’occasion de créer un géant européen, le groupe allemand Thyssen-Krupp ayant refusé de s’associer à la formation d’Arcelor. C’est ainsi qu’une industrie stratégique et un centre de pouvoir européen sont passés sous le contrôle d’investisseurs financiers étrangers.

 

Mittal s’est contenté de pomper la substantifique moelle d’Arcelor. Il en a pompé un savoir-faire dans les aciers de haute qualité qu’il était loin d’avoir. Avec ce pillage technologique, il a pu moderniser ses usines étazuniennes et asiatiques. Il ne restait plus qu’à éliminer des concurrents européens au profit de ses unités d’Amérique et d’Asie beaucoup plus rentables du fait d’une main-d’œuvre moins chère et plus malléable. Dont acte.

 

Mais il serait bien naïf de trop parer l’Arcelor indépendant des plumes du paon. En 2003, le groupe présentait un plan de restructuration – Apollo - pas piqué des hannetons, avec la fermeture de 7 haut-fourneaux. Mittal (pas à un mensonge près) aurait promis l’abandon de ce plan de restructuration. On sait ce qu’il est est : il a été repris et même aggravé avec la crise qui a permis de tout faire passer. La raison évoqué pour la fermeture des usines « continentales » est que l’acier qu’elles produisent est plus cher du fait de l’alimentation en minerai qui arrive par bateau et doit subir une rupture de charge pour les wagons. C’est imparable parce que c’est vrai. Et c’est pourquoi, malgré tous les effets de manches et les belles promesses, les haut-fourneaux lorrains ne fourniront plus d’acier. Ils ont été créée sur les gisements de la fameuse « minette », le minerai de fer lorrain et à proximité immédiate des basins charbonniers produisant le coke indispensable à la sidérurgie. Plus de mines, donc, irrémédiablement, à plus ou moins long terme, plus de haut-fourneaux, ceux-ci se situant idéalement sur des sites portuaires, Fos et Dunkerque en France.

 

Donc, pour enthousiasmant qu’il soit, le combat des métallos lorrains est perdu d’avance car  les hauts-fourneaux ne seront jamais rallumés. Ce qui n’est pas une si mauvaise nouvelle…pour le portefeuille des contribuables français.

 

Au fait, pour relancer la production d’acier, « c’est une bonne guerre qu’il faudrait » ! Comme en 14, pour engraisser les maitres de forges français de Wendel, Schneider et allemands, Kupp, Thysen, Mannesman, etc.

 

 

 Tridi 13 Frimaire 221


Illustration X - Droits réservés

02/12/2012

Gastronomie de RESISTANCE : le Cassoulet !

Bou du con ! J’arrive de Toulouse. Alors, pour la recette dominicale, il y en a une qui s’impose, c’est évidemment l’incontournable cassoulet !

 

D’autant plus que son histoire remonte à une époque qui a vu le déferlement des sauvages franchimands à la conquête des riches terres hautement civilisées du Sud.


 « Brûlez-les tous, dieu reconnaitra les siens… »

 
 
 
Cassoulet pour web.jpg

 

 


Le Cassoulet de Paulette

 

En ce temps là, petit, les terres occitanes

Subissaient les horreurs des foudres vaticanes.

La conjonction rapace de talibans papistes

Et de seigneurs brumeux aux vues colonialistes

Jetait en pays d'Oc des hordes franchimandes.

Ils tuaient, ils violaient, ces barbares en bandes,

Saccageant les campagnes, pillant villes et bourgs,

Exterminant le peuple, brûlant les troubadours.

Sous les exhortations de l'affreux Dominique

Ils cramaient les parfaits, sous le nom d'hérétiques.

Ces bœufs au front obtus, à l'ombre de leur croix

Menaient honteusement, pour leur pape et leur roi

La razzia des voleurs: la guerre de conquête.

Finies les Cours d'Amour, place au bal des squelettes.

- Ces temps étaient bien durs, ces gens étaient bien laids

Mais, Victor, on devait parler du cassoulet!

- Exactement, petit. Ouvre ce Saint-Nabor

Et buvons à la Dame Jéhanne de Lavaur,

Car c'est elle qui, en ces périodes troublées,

Au front de l'ennemi, créa le Cassoulet!

Ah ! Il fallait la voir notre Dame Jéhanne,

Indomptable, farouche et belle comme Diane,

Culbutant les marauds, écrasant les soudards,

Taillant et estoquant Franchimands et Picards,

Plus de six pieds de haut et lourde d'un quintal,

Sa crinière de geai et ses yeux de cristal,

Galvanisaient le peuple assiégé de la ville

Et glaçaient de terreur les assaillants débiles.

Tous abordaient l'hiver de l'an mille cent onze.

Les rives de l'Agout changeaient leurs ors en bronze,

Les assiégeants, menés par Simon de Montfort

S'efforçaient d'affamer le peuple de Lavaur,

Place fortifiée entre Albi et Toulouse,

Capitale du Sud, de son honneur jalouse.

L'Occitanie d'alors était démocratique,

On discutait de tout sur la place publique,

On s’aimait, s'entraidait, partageait l'assiettée,

Les maîtres mots étaient Amour et Liberté.

Dans Lavaur étranglée, la position est grave.

Jéhanne alors regroupe et harangue ses braves:

- « Monfort veut notre peau, il devra payer cher,

Ne nous nourrissons pas d' avés et de paters !

Amenez tous céans ce qui se peut manger,

Tout ce que vous avez, nous l'allons partager. »

Et chacun apporta, de caves et greniers,

Qui des tours de saucisses, qui des cochons entiers,

Qui des canards confits, qui de la graisse d'oie,

Qui des sacs de Pamiers, qui des fèves de Foix.

Dans de vastes chaudrons on fit cuire le tout.

C'est ainsi que naquit le célèbre ragoût,

L'un des plats les meilleurs qui se puisse avaler,

Puissant, tonitruant, fondant: le Cassoulet!

De Castelnaudary à Toulouse et Lavaur

De Castelsarrasin à Pamiers et Cahors,

Des berges de l'Ariège aux rives de Garonne,

Du château de Phoebus aux tours de Carcassonne,

Le cassoulet est roi, le cassoulet est maître,

Il donne à ses sujets plénitude et bien-être,

De tout le Sud-Ouest il est le plat fanion

Symbole de l'union et de la rébellion.

Voici comment le fait Paula de la Verrière,

Jéhanne d'aujourd'hui, grande, forte et altière.

Les premiers ingrédients, ce sont les haricots,

Il te faut des Pamiers, ou sinon des Cocos.

S'ils sont secs, trempe-les avant de mettre à cuire,

S'ils sont frais, dans de l'eau, tu les mets à blanchir

Demi-heure environ, toujours à gros bouillons,

Du sel évidemment et des petits oignons.

Lorsque les haricots sont souples sous le doigt

Tu égouttes et réserves, au chaud comme il se doit.

Range de belles couennes au fond de la marmite,

Place tes haricots par dessus tout de suite,

Un carré de cochon frotté d'ail et de sauge,

Quelques tours de saucisse, de Foix, Toulouse ou Auch,

(À Toulouse on y met un morceau de mouton,

À Castelnaudary, seulement du cochon),

Trois tomates en quartiers, mondées, épépinées,

Un saucisson de couennes et du petit-salé,

Quelques clous de girofles, poivre, bouquet garni.

Tu mouilles avec le jus où les fayots ont cuit,

Tu couvres et tu mets pour trois heures à feu doux.

Va-t'en boire un canon, et oublies ton faitout.

Deux heures après tu ouvres et vérifies le plat,

Si besoin est, rajoute du bouillon, juste un doigt,

Tu poses sur le tout - avec quelle allégresse! ­

Des cuisses de canard confit, avec leur graisse.

Tu fermes de nouveau et remets sur le feu,

Ou plutôt dans le four, une bonne heure ou deux.

Pour l'onctuosité - c'est un secret, écoute! ­

Sept fois, à la cuiller, tu casseras la croûte

Qui se forme au-dessus de ton plat qui mijote,

Fait délicatement, avec tact et jugeote.

Ton cassoulet est prêt, met l' oulo sur la table

Et sert à tes convives des portions équitables.

Accompagne ce plat d'un vin rouge puissant,

Cairanne, Châteauneuf, Gigondas ou Visan.

Dégustant ce fleuron des cuisines de France,

Tu manges, avec Jéhanne, un plat... de Résistance!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 2 kg de haricots frais, des pamiers, des cavaillonnais, des cocos de Paimpol, à la rigueur des soissons (avec des haricots secs, divisez cette quantité par deux et faites tremper une nuit avec un peu de bicarbonate), - 3 couennes de cochon, - 1 carré d'un demi kilo de cochon (rouelle ou filet), - 1 kilo de saucisse de Toulouse, - 1 saucisson de couenne, - éven­tuellement 1 demi kilo de mouton (morceaux pour ragoût), - 2 hectos de petit-salé en dés, - 6 cuisses de canard confit, - 6 gousses d'ail, - 6 feuilles de sauge (fraîche ou sèche), - 1 oignon piqué de six clous de girofle, - 3 tomates coupées en quartiers, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil), - 2 cuillerées à café de poivre noir, - 1 poignée de gros sel de Camargue, - de l'eau à la demande (pour cuire les haricots).

 

Les vins conseillés:

 

A plat puissant, vins généreux. Pour le cassoulet, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du-Comtat, Beaumes-de- Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou...Cor­bières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

Sans oublier, bien sûr, les Gaillac, les Madiran, les Cahors et les Pécharmant.


 

Duodi 12 Frimaire 221


Illustration originale Vincent Barbantan

 

30/11/2012

Vous avez dit « optimisation fiscale » ?

amazones.jpg

 

 

Amazon, vous pouvez pas ne pas connaître. Moi, une fois, j’ai commandé, du fond de ma cambrousse, un livre que je ne pouvais trouver sur place. Service correct, rapide, rien à dire. Mais depuis je reçois chaque jour, sur un de mes courriels, des palanquées de pubes sur des livres, mais aussi sur tout ce qui touche à des produits que je suis allé voir sur quelques sites internet. Je suis donc devenu une cible pour ces gens-là. A mon insu et contre mon gré. Mais c’est comme ça sur la toile : l’internaute est devenu une cible pour pubards avides…

 

Amazon est caressé dans le sens du poil par les autorités françaises, y compris notre fringant ministre redresseur Montebourg. Et pour cause : le géant érazunien a installé il y a quelques mois une plateforme de distribution sur ses terres, à Sevrey (Saône et Loire), venant après les plateformes de Saran (Loiret) et Montélimar (Drôme). Et, en plein développement (elle est déjà le n°1 de la vente en ligne en France avec 12 millions de clients), l’entreprise va ouvrir une quatrième plateforme près de Douai, dans le département du Nord. Tout cela crée des emplois, plusieurs milliers d’emplois même et donc on aurait mauvaise grâce à leur cracher dessus.

 

Mais chaque emploi (de peu de qualification) créé coûte un bras en argent public ! Un ras de marée de subventions de la part de toutes les institutions : viabilisation et location à prix préférentiel des terrains, subventions en bel et bon argent des communautés de communes, conseils généraux, conseils régionaux et Etat. Chaque CDI ainsi créé coûte en argent public autour de 5.500 euros.

 

Bon. Pourquoi pas, après tout ça coûte moins cher qu’un chômeur. Mais là où la couleuvre est difficile à avaler et reste sur l’estomac, c’est qu’Amazon ne paie quasiment pas d’impôt en France et que le fisc lui réclame 200 millions d’euros ! Amazon, comme les autres géants étazuniens des industries de la toile – Google, Facebook, Apple, Microsoft, etc. – utilisent à merveille les horreurs économiques générées par l’Europe : possibilité légale de pratiquer le dumping fiscal et social ! Filiales ou holding déclarés dans des pays maquereaux de l’U.E (Luxembourg, Pays-Bas, Irlande) où les bénéfices sont transférés, au nez et à la barbe du fisc français…

 

On appelle ça de « l’optimisation fiscale » ! Vous voulez faire pareil ? Demandez conseil à votre inspecteur des impôts…


Décadi 10 Frimaire 221


Illustration X - Droits réservés

29/11/2012

Au bistro de la toile : service NON compris ? la dernière idée d’arnaque des gargotiers.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Loulle, tu fais partie d’une drôle de profession tout de même…

 

- Ah ! Je te vois venir, tu vas encore baver sur les gargotiers. C’est vrai que huit  restaurants sur dix se contentent de réchauffer au micro-onde des plats surgelés ou sous vide achetés chez Métro. Mais chez moi, la daube est faite maison, par ma femme, et les pieds de cochon, tè, je t’ouvre la porte de la cuisine, tu peux les sentir qui mijotent avec le laurier, la férigoule et tout ce qu’il faut !

 

- Hummm ! Ça sent bon Loulle. Garde m’en deux ! Mais c’est pas de ça que je voudrais tchatcher aujourd’hui Loulle mais d’une saloperie que les pontes de ta profession voudraient faire avaler ; une énorme régression sociale : l’abandon du « service compris ». Une arnaque de plus à mettre à l’actif des gargotiers, experts en la matière comme l’a montré et démontré la baisse-baise de la TVA. Le ci-devant Roland Héguy, président de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière, principale organisation de la profession - soi-disant pour «rendre les serveurs plus aimables, plus souriants et donc véhiculant une meilleure image de la profession – propose de remplacer le système actuel de rémunération « service compris » (pour lequel les personnels se sont battus durant des années) par un système de rémunération du personnel de salle dans lequel le salaire fixe serait fortement diminué, le complément de rémunération étant assuré par les clients en fonction de leur satisfaction du service. C’est une dérive à l’américaine. Autrement dit les gargotiers prétendent maintenant bénéficier du travail de leur personnel de salle gratos, faisant payer leur rémunération par le client ! Gonflés les mecs. Faut bien payer le Porsche Cayenne de l’année…


 

- C’est effectivement une vraie saloperie Victor. Je n’étais même pas au courant. Pourtant l’autre soir, sur je ne sais quelle chaine, de télé, j’ai vu un reportage justement sur les serveurs étazuniens payés au pourboire et faisant l’apologie de ce système…


 

- Action psychologique pour préparer les cerveaux à l’arnaque à venir. Les gargotiers ont les bras longs.


 

- Probable Victor. Le pognon des serveurs deviendraient alors très aléatoire selon que le client serait plus ou moins satisfait de la prestation, mais de la prestation totale, c'est-à-dire le service lui-même (célérité, sourire, compétence, gentillesse, etc.) mais aussi de la qualité des plats ou des retards de service, laissant le serveur subir seul d’éventuels dysfonctionnement en cuisine ne dépend pas de lui. Un beau retour en arrière. Il est vrai que chez pas mal de « collègues », il y a une constante : faire un max de fric sans respecter la moindre législation. Bien des employés travaillent 60 heures par semaine payées 39, et souvent on leur propose de les déclarer à mi-temps et de payer le reste au black… Sans parler des conditions quasi esclavagistes que doivent se farcir les immigrés et, encore pire, les sans-papiers.


 

- Tu es lucide et courageux Loulle. Mais l’objectif réel des gougnafiers qui osent proposer ça, ce n’est pas un peu plus de sourire sur le visage des serveuses et serveurs mais de pallier à la hausse de la TVA de 7 à 10%. L’arnaque est maligne, ces gens sont des renards rompus à toutes les magouilles: en sortant ainsi les 15% de service compris obligatoire sur la carte  et donc sur le ticket de paiement du client, les prix affichés seraient moins chers qu’aujourd’hui. Et qui paieraient la différence ? Pas les patrons mais les serveurs car ce sera pour leur gueule si les clients, habitués au « service compris » ne rajoutent pas d’eux-mêmes les 15% d’avant. D’ailleurs moi, je ne laisse jamais de pourboire. J’estime ça dégradant. 

 

- Allez, à la nôtre Victor ! C’est la tournée du patron.

 


Octidi 8 Frimaire 221


Merci à Chimulus

28/11/2012

Au bistro de la toile : éthylotests et radars !

chimulus bistro copie.jpg

 

- A pieds Loule ! A pieds, qu’il faut venir dans ton antre de perdition, mastroquet de mon cœur. Si on vient en bagnole, faut boire du palermo où du vichy cassis… Fini le ballon de rouge, sinon pan-pan-cucul !

 

- C’est pas un mal Victor, d’ailleurs toi tu t’en fous, tu viens pédibus ou à vélo…

 

- Et lorsque je dois conduire, ou lorsque des amis viennent bouffer à la maison, avant de les laisser repartir, j’ai un alcootest équivalent à celui des bourres – 90 euros ! – et je m’efforce de garder ceux qui font siffler la bête. Sans compter que j’ai toujours cet appareil dans la boite à gants pour mézigue. C’est un petit investissement pour une grande sécurité personnelle ! De plus, c’est maintenant obligatoire… Maintenant, sur les motivations de ce décret le rendant obligatoire, il y a à dire…

 

- Eh bien dis-le !


- En  juillet 2011, une association, "I-Test" se crée pour militer en faveur d'éthylotests obligatoires dans toutes les voitures. Ils interpellent le Ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, et hop quelques mois plus tard le décret sort, vite fait, bien fait. Une nouvelle infraction est créée, avec une amende de 17 euros à la clef.  Mais, là où le bât blesse c’est quand on se penche sur la question de savoir à qui va bénéficier ce juteux marché ? Et là, surprise ! C’est ce qu’explique un article publié sur le site Internet lequipement.fr (http://www.lequipement.fr/) , et intitulé « Éthylotest obligatoire : Jackpot pour Contralco ». Il s’agit d’une société, basée dans l’Hérault, en situation de quasi-monopole avec 90 % du marché français et leader européen. Ainsi, l’Hexagone représente 36 millions d’automobilistes et 1 à 2 millions de deux-roues. Selon les calculs du site, sur une base de deux éthylotests par usagers de la route ce sont 72 millions d’unités à fournir. Basée dans l'Hérault, cette société de 61 employés est la seule entreprise française à produire et vendre des éthylotests, électroniques ou à usage unique. En 2008, la vente de 13 millions d'éthylotests a permis à Contralco d'afficher un chiffre d'affaires de près de 5 700 000 €. Fournisseur officiel de la Police et de la Gendarmerie, Contralco précise que les Forces de l'Ordre ne représentent que 35 % de son activité quand le grand public plafonne à seulement 25 %. Bonne nouvelle, le nouveau Code de la Route va changer ça, en multipliant les ventes par plus de 5.  Détail croustillant, la plupart des membres de « I-test », l’association « philanthropique » qui a fait pression dur Guéant, on trouve…des très, très proches de l’entreprise Contralco !

 

- Très bien. Pourtant, même les députés commencent à gueuler contre les mesures qui font chier les automobilistes : retrait des panneaux avertisseurs de radars, interdiction des systèmes coyotte et maintenant remise en cause par Valls lui-même de cet éthylotest obligatoire…

 

- concernant les radars, je trouve stupide que l’on avertisse les excités du champignon de la présence d’un radar ! Ça veut dire « Allez-y les gars, dépassez allègrement la vitesse, on vous fait signe quand il faudra ralentir » ! C’est d’une connerie rare… Moi je respecte strictement les vitesses autorisées et je n’ai jamais d’embrouille. Souvent je me fais corner par un connard pressé mais je m’en tamponne la raie. Tiens, il y a quelques jours, à la sortie d’un village mais avant le panneau de fin d’agglomération, un gros con en 4x4 qui me collait au cul à doublé rageusement alors qu’en face arrivait une autre bagnole… Passage in extremis en sifflet, queue de poisson et une catastrophe évitée par chance, uniquement par chance…

 

- Les conducteurs de 4x4 ne sont pas tous des cons, mais c’est parmi eux qu’on trouve le plus de gros cons sur la route…

 

- Saine réflexion Loulle ! Pour en revenir aux radars, les panneaux avertisseurs avaient une vocation pédagogique, il est donc normal de les enlever. D’autant plus qu’arrivent les nouvelles générations de ces ustensiles honnis par les débiles de la route : radars tronçons, radars embarqués, etc. Le message induit c’est qu’à tout moment on risque d’être contrôlé. Il suffit de respecter le code et tout va bien.

 

- Tiens, je lis dans le journal : « Le premier facteur d'accident en France, c'est la vitesse. En second on trouve l'alcool, en 3ème le non-port de la ceinture qui occasionne 400 morts par an. Et maintenant, l'ensemble des accidents impliquant la téléphonie, kit mains-libres compris, approche les 450 morts par an" souligne Chantal Perrichon avant d'ajouter: "Après les lobbies de la vitesse et de l'alcool, il faudrait lutter contre le 3ème lobby, celui de la téléphonie. Mais le gouvernement n'a pas le courage d'aller dans ce sens, on préfère sanctionner l'automobiliste" affirme la présidente de la Ligue contre la Violence Routière. »

 

- Bon. En attendant, met ma tournée !



Septidi 7 Frimaire 221


Merci à Chimulus

 

 

 

22/11/2012

La droite la plus con du monde !

chimulus copé fillon merde.jpg

 

 

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions !

Ils le proclament à la ronde :

" Nous sommes la droite la plus con du monde ! 

Nous sommes tellement couillons

Que nous perdons toutes les élections

Les municipales,

Puis les régionales,

La présidentielle, mère des élections

Puis les législatives pour finir la ration

Voilà de belles preuves de notre connerie !

« De droite », c’est être con ! Eh ! Toi, pourquoi tu ris ?

Ah ! C’est vrai j’oubliais :

Le foutoir intégral de Fillon et Copé.

C’est vrai, là on fait fort

Plus cons que des butors.

On en arrive à perdre, en nous couvrant de boue

Une élection que l’on fait…entre nous !

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions !

Nous, on peut tout promettre sans jamais rien tenir

Nous, on sait magouiller sans peur de se salir

Nous, on peut s’engraisser sur le dos des manards

Nous, devant les puissants, on baisse le bénard

Devant eux, s’il le faut, on sait se montrer veule

Leur rendre des services et fermer notre gueule

Nous, on peut trafiquer en restant populaire

Pressurer l’ouvrier plutôt que l’actionnaire

Nous, on peut sans vergogne renier nos paroles

Trimbaler à nos culs des tas de casseroles

Nous on peut sans déchoir, sans peur de s’avilir

Et la main sur le cœur dénoncer et trahir,

Enfiler nos semblables par tous les orifices

Pourvu que l’on y trouve de juteux bénéfices.

Champions du monde !

On est la droite la plus con du monde !

On est les champions ! On est les champions !

Au nez ! Au nez ! On est les champions ! "

 

VictorAyoli

 

 Duodi 2 Frimaire 221


Merci à Chimulus

 

21/11/2012

Nucléaire : Fukushima sur France

nucléaire danger dessin.jpg

 

 

De rares médias restent encore attentifs à la situation, pourtant tragique, qui se joue en ce moment au Japon, mais en France, nous sommes loin d’être à l’abri d'une catastrophe s’il faut en croire la multiplicité des « incidents » qui s’y sont déroulés ces derniers jours.

Pas rassurant.

Je vous propose donc ce texte in extenso. Victor

(Sources : http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fukushima-sur-france-126164)

 

Le 30 octobre 2012 l’ASN (autorité de sureté nucléaire), a signé, sous la plume de Marie-Pierre Comets, Jean-Jacques Dumont, et Philippe Jamet, une série d’articles enjoignant fermement la FBFC (société franco-belge de Romans-sur-Isère de fabrication de combustibles nucléaires) de fournir avant le 30 novembre toutes les garanties afin que les « incidents » des 18, 26, et 27 septembre 2012 ne se reproduisent pas.

Incidents dont la presse ne s’est pas fait un large écho, le moins qu’on puisse dire.

Le rapport déclare pourtant : « considérant que les évènements significatifs déclarés et leurs conséquences potentielles représentent une menace grave pour les intérêts mentionnés à l’article L 593-1 du code de l’environnement… ».

Cet incident classé d’abord 1 sur l’échelle INES a finalement était reclassé au niveau 2 par l’ASN laquelle a considéré que vu le nombre de « bouteillons » concernés par l’évènement, il y avait un risque de criticité (Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Le risque de criticité augmente en présence d’eau.)  .lien

Ces bouteillons permettent de transférer les matières fissiles d’un atelier à un autre et celles-ci peuvent se présenter sous forme sèches ou humides, et il semble qu’il y ait eu des «  disfonctionnements  »…

 

Quelques jours avant, dans la centrale nucléaire du Tricastin, une vanne d’isolement de l’enceinte du réacteur n°1, essentielle pour éviter la dissémination de la contamination radioactive, s’était mal fermée .lien

 

Quittons le Sud pour Flamanville  EDF à signalé le 24 octobre 2012 à 23h00 un « incident » : un organe de contrôle de type indicateur visuel de circulation du fluide se rompt, entrainant une fuite, obligeant l’exploitant à procéder à « l’arrêt à froid du réacteur afin de permettre une baisse en pression et température de l’eau du circuit primaire ».

La fuite n’a été arrêtée que le lendemain à 5 heures du matin. lien (nous l’avions signalé NDLR)

 

5 jours après, c’est la centrale nucléaire de Cruas Meysse qui a connu quelques problèmes suite à « une gestion inappropriée de 2 vannes permettant le refroidissement du réacteur N°2 ». lien

Cet « incident  » faisait suite à une série de « 7 évènements significatifs  » qui se sont produits au mois de mai et juin 2012.

 

Le 6 novembre 2012, cette centrale connaissait un nouvel « incident ».

En effet, ce jour là, à 8h10, un dégagement impromptu de vapeur potentiellement radioactive, a provoqué l’évacuation de toute urgence de 27 personnes travaillant sur le site, et si la direction assure qu’il n’y a pas eu « de blessés ou de rejets dans l’environnement », il vaut mieux attendre l’expertise prévue pour déterminer la cause de ce nouvel incident et ses conséquences éventuelles. lien

 

Rendons nous maintenant à La Hague où, outre les 230 millions de litres d’effluents radioactifs (entre autres du tritium) rejetés annuellement dans la Manche, (lien) des centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs sont entreposés en attente d’hypothétiques solutions. lien

 

Le 11 octobre 2012, 2 vannes ne s’étant pas complètement fermées ont provoqué un rejet en mer d’effluents radioactifs illégal et encadré juridiquement par l’article n°23.

 

Le 19 octobre 2012, allons dans l’Ain, à la centrale nucléaire de Bugey, où le système de ventilation a connu quelques problèmes. Un système de filtration permet de limiter les rejets radioactifs dans l’environnement, or le 17 octobre, le transformateur du réacteur n°5 est tombé en panne, provocant l’arrêt des ventilateurs, un dépassement des rejets dans l’environnement, lesquels devaient respecter les 180.000 m3/h, et ce n’est qu’au bout de près de 2 heures que la situation a pu être enfin normalisée, alors que le délai légal ne doit pas dépasser les 60 minutes. lien

 

10 jours auparavant, la même centrale avait connu un problème de baisse de température sur le circuit primaire du réacteur n°4, incident classé 1 sur l’échelle INES.

 

Tout près de là, dans la centrale de St Alban, la salle de commande du réacteur N°2 a connu aussi, le 7 octobre 2012, un souci de ventilation. Un graissage excessif a rendu inopérants le système de ventilation et de filtration d’iode qui permet de protéger le personnel du bâtiment en cas d’accident, mais ce n’est qu’au bout de 7 jours que l’exploitant a découvert la panne. lien

 

Restons dans cette centrale où le 10 octobre, l’exploitant a signalé à l’ASN une panne concernant le système destiné à mesurer d’éventuelles fuites entre la partie primaire et secondaire des générateurs de vapeur. Entre le 22 et le 26 septembre 2012, plusieurs alarmes signalant des fuites se sont déclenchées, et ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que l’exploitant a réalisé qu’il s’agissait en fait de panne des appareils de détection, mais qu’il n’y avait pas de fuite. lien

 

Voila qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs, à Malville, le mal nommé « Superphénix », puisque c’est exactement le contraire qui s’était passé : pendant 1 mois, ne croyant pas à la réalité d’une fuite de sodium pourtant signalée par les appareils de détection, les techniciens ont cherché en vain une explication ailleurs, croyant à une défaillance du système électrique pour réaliser enfin, au bout de 30 jours que 500 litres de sodium liquide fuyaient chaque jour dans l’espace intercuve.

Lorsque l’on sait que ce sodium liquide s’enflamme spontanément au contact de l’air, explose au contact de l’eau, et que l’on ne sait quasi pas éteindre un feu de plus d’une tonne de sodium, (lien) il y avait de quoi rétrospectivement s’inquiéter….d’autant qu’il y avait dans les circuits de refroidissement de Superphénix près de 5500 tonnes de sodium liquide.

L’addition fut lourde : 10 milliards d’euros. lien

 

Mais revenons à nos « incidents » qui comme chacun le sait, n’ont pas eu de « conséquences sur le personnel des centrales mentionnées, ou sur l’environnement  » aux dires de l’ASN, pour nous rendre de nouveau à Bugey.

On vient d’y faire une découverte étrange.

La nappe phréatique analysée révèle des taux de tritium 25 fois plus élevée que la norme.

Habituellement, le taux de tritium analysé dans l’un des puits situé entre les réacteurs N°2 et N°3 et le Rhône avoisine 8 Bq au litre et les prélèvements faits dans le courant du mois d’octobre ont révélé un taux atteignant 200 Bq/l. Logiquement, au-delà de 100 Bq/litre, l’exploitant doit rechercher s’il n’y a pas d’autres radionucléides, mais pour l’instant on est sans nouvelles d’éventuelles investigations supplémentaires.

Le communiqué officiel émanant « d’énergie.edf.com » a naturellement publié l’habituel commentaire : « cette présence de tritium (…) ne présente pas d’impact significatif pour l’environnement  ».

L’ASN a demandé à l’exploitant de « déterminer l’origine de ce niveau de tritium et de prendre les mesures nécessaires ». lien

Mais que sont ces « mesures nécessaires  » ?

L’exploitant va-t-il tenter la mission impossible de vider la nappe phréatique, afin de filtrer la radioactivité avec les techniques qui ont montré « leur efficacité » à Fukushima….avant de remettre l’eau « nettoyée » dans la nappe ?

On se souvient en effet que l’installation qu’Areva avait proposée à Tepco a été largement défaillante, et on sait maintenant que toute cette eau polluée est stockée dans des milliers de containers en attente de solution, quand elle ne part pas directement dans l’Océan. lien

 

En France, le débat sur l’énergie semble avoir du plomb dans l’aile, puisque Greenpeace, par la voix de Jean-François Julliard, ne souhaite pas y participer expliquant : « nous n’avons plus confiance dans ce débat et dans la réelle volonté du gouvernement de réussir la transition énergétique ». lien

Il vient d’être suivi par « les amis de la terre » (lien) lesquels n’apprécie que modérément que dans les 5 membres du comité de pilotage, figurent 2 des principaux promoteurs du nucléaire en France et dans le Monde dont Anne Lauvergeon, ex patronne d’Areva, qui vient de se voir attribué le prix Pinocchio. lien Pascal Colombani, ancien administrateur du CEA (commissariat à l’énergie atomique) fait aussi parti de ce comité.

Du coup, le gouvernement envisage de revoir sa copie. lien

 

Et puis, après la déclaration fracassante de Montebourg sur « l’avenir nucléaire  », on ne sent plus une réelle volonté de sortie du nucléaire en France, et François Hollande lors de sa conférence de presse tenue par le 13 novembre 2012 n’a pas marqué de changement notable sur la question comme l’a remarqué Martine Billard, la coprésidente du Parti de Gauche. lien

 

Personne ne semble avoir encore retenu les leçons de Tchernobyl ou de Fukushima

En tout cas, du coté de Bugey, des militants occupent régulièrement depuis des mois des rond points à Ambérieu en Bugey puisqu’avec le nucléaire on tourne en rond : pour se joindre à l’action, il suffit d’aller sur ce lien 

 Comme dit souvent mon vieil ami africain : « quant la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau ».

 

Olivier Cabanel

 

nucléaire

 

 

Autres infos sur ce thème :

 

Blog de Michel Marzin

Blog à découvrir

Site de la criirad

Site de l’acro

Articles anciens

Mystère au Tricastin

Tchernobyl sur Seine

De la fission aux fissures

Palmiers contre nucléaire

Ce cher nucléaire

L’hallali nucléaire

Un secret bien enterré

Le coté obscur du nucléaire français



Sur le même thème

Penly, du feu et des fuites

Mystère au Tricastin

Fukushima leaks : trente ans d'accidents et de mensonges

Accident à la centrale nucléaire de Flamanville : des témoignages qui font froid dans le d...

Arrivée de la contamination en France métropolitaine ?

 

Primidi 1er Frimaire 221


Illustrations X - Droits réservés

20/11/2012

Dans trois jours, l’Europe face à son avenir

europe pas démocratie.jpg

 

 

Les machines à bruits et les lucarnes à décerveler nous gonflent les aliboffis jusqu’à l’explosion avec leur connerie de scrutin U-aime-pets. La saturation concernant ce non évènement en arrive à dépasser l’indigestion médiatique relative à l’élection d’Obama, mais là, c’était tout de même un vrai évènement.

 

Pendant ce temps, les « professionnels » de l’information se gardent bien de nous parler d’un évènement soigneusement occulté et qui pourtant va conditionner en grande partie notre manière de vivre de 2014 à 2020 : le budget pluriannuel de l’Europe. Depuis quelques jours, en toute discrétion, les « zexperts » tractationnent à tour de bras à Bruxelles. Les égoïsmes nationaux se déchainent, chacun voulant faite prévaloir son intérêt national. Tout ceci évidemment en tenant soigneusement à l’écart l’opinion publique européenne. Circulez manants ! Ce n’est pas de votre niveau.

 

C’est pourtant du concret que chacun de nous peut comprendre. En bref : que coûte l’Europe, quels montants financiers chaque état devra lui consacrer, et que faire de tout ce pognon ?

 

François « Normalou » Hollande s’est vanté d’avoir fait bouger l’Europe avec son fameux « pacte de croissance ». C’est sur cette vague promesse qu’il nous a fait avaler la grosse couleuvre du traité budgétaire Sarko-Merkel. Or, dans les discussions actuelles de Bruxelles, il n’est aucunement question de ce pacte de croissance. Les 120 milliards annoncés correspondent seulement à des fonds déjà prévus et sont ridicules par rapport aux besoins. Ce pacte aurait une efficacité à partir de 800 milliards… Quant à un impôt européen (proposé par les socialistes européens) destiné à donner aux institutions européennes des moyens à l’abri des égoïsmes nationaux, il n’est pas à l’ordre du jour !

 

La Commission avait proposé un budget de 1033 milliards d’euros pour les 7 ans à venir, soit en légère augmentation par rapport au précédent, mais les principaux contributeurs (dont la France bien sûr) lui on dit « Tè ! Fume… ». Tous agitent leur droit de véto si leurs intérêts nationaux ne sont pas satisfaits.

 

La France sort le gros bâton pour défendre une politique agricole commune archi dépassée (44% du budget total !) consistant à gaver de subventions les productivistes drogués aux engrais et pesticides.

 

L’Allemagne, obnubilée par son approche boutiquière de l’Europe, veut conditionner les aides au strict respect des disciplines budgétaires.

 

Les Britanniques, pour lesquels l’égoïsme est une composante essentielle de leur nature, prétendent carrément baisser le montant de ce budget européen. Ils sont d’ailleurs rejoints dans cette saloperie par…France et Allemagne. Etc., etc…

 

Autrement dit, faute de moyens européens le « pacte de croissance » claironné par François a du plomb dans l’aile. Ce budget confortera l’austérité et donc la crise.

 

Vous avez dit crise ? Mais la « crise » est une formidable opportunité pour les vautours de la finance internationale. Elle flanque une trouille « salutaire » permettant de faire accepter toutes les régressions sociales, tous les « sacrifices » indispensables pour éviter un « pire » soigneusement entretenu.

 

Ces tractations magouillardes seront entérinées au cours d’un sommet extraordinaire les 22 et 23 novembre. Qu’en diront les canards laquais, les machines à bruits et les lucarnes à décerveler ?


Décadi 30 Brumaire 221


Illustration X - Droits réservés

 

 

19/11/2012

Au bistro de la toile : l’huile de foie de morue

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Eh ! Victor, Ali m’a dit qu’il allait probablement se faire virer de la boite de BTP où il marne depuis quinze ans. Belle récompense…

 

- Il m’en a parlé. Son patron se débarrasse de ses propres employés, sans s’encombrer de problèmes humains, pour sous-traiter en cascade le travail à des entreprises étrangères. Résultat : à la place de gars comme Ali, régulièrement affiliés à toutes les obligations sociales françaises, ce sont des Portos et des Polacks qui viennent faire le boulot, dans des conditions de travail déplorables et à des conditions aberrantes. Sans que les autorités compétentes françaises ne puissent rien faire, l’inspection du travail ayant été quasiment démantelée sous Sarko. C’est une manière de délocaliser des emplois sur place. Ces magouilles ont cours essentiellement dans le BTP, la restauration, voire l’agriculture. C’est le retour de Bolkeinstein…

 

- Puteng ! Mais elle sert à quoi alors l’Europe ? C’est pas normal que des travailleurs européens puissent venir mettre à la rue d’autres travailleurs européens.

 

- Tout ça parce qu’il n’y a pas d’harmonisation fiscale et sociale. Cette aberration remonte au traité de Maastricht. Elle est l’œuvre de la toujours perfide Albion. Les Anglais ont imposé en loucedé dans ce fameux traité fondateur de l’Union Européenne actuelle, un petit paragraphe qui dit que « les questions fiscales et sociales doivent être réglés à l’unanimité », et non à la majorité. Ce qui revient à dire que chaque pays a droit de véto sur ces questions. C’est la prime au moins-disant social et fiscal. D’où l’existence au cœur de l’Europe de pays voyous comme Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Grande-Bretagne. Ces pays, avec des pratiques fiscales et sociales au plancher, pompent l’énergie et les forces vives des autres…

 

- C’est dégueulasse…

 

- Eh ! Faut poser les valises les mecs ! L’Europe ultralibérale actuelle, c’est ça : liquider les acquis sociaux et les protections sociales, saccager les codes du travail en alignant tout cela sur le moins-disant. Pour y arriver, il suffit d’instituer une concurrence « libre et non faussée » entre travailleurs, un chômage de masse et de mettre une bonne dose de déficit pour installer une précarité générale de façon à créer une ambiance de peur bloquant toute revendications, qu’elles soient salariales, de conditions de travail ou de protection sociale. Cette volonté de plongée vers le bas ne s’arrêtera que lorsque les travailleurs européens en seront réduits aux conditions des travailleurs chinois.

Ecoute-les, à la télé, les parasites et autres « pigeons » qui, retour d’un ouiquinde aux îles Caïman, garent leur Ferrari pour venir nous seriner à longueur d’émission, à travers la voix de leurs lèche-cul attitrés, les « zéconomistes distinguées », qu’il faut baisser le « coût du travail », qu’ils sont étranglés par les impôts ( ???!!!), qu’ils vont foutre le camp à l’étranger. Ecoute-les nous baver que tout ça, c’est la faute du smicard trop payé qui ruine le pays, la faute du salaud de vieux qui prétend se faire soigner, la faute de ces bandes de feignasses qui veulent prendre leur retraite à 60 balais… Ecoute les « zéconomistes distinguées » qui nous serinent qu’il convient de faire des sacrifices ! Allez les petits, prenez votre huile de foie de morue, c’est pas bon, mais c’est pour votre bien !

 

- Alors qu’est-ce qu’on fait ? On aiguise les faux ? On prépare les cordes ? On chante « Ah ça  ira ça ira, ça ira » ?

 

- Il faudra bien y venir Loulle. En attendant, sers ma tournée.

 

 Nonidi 29 Brumaire 221


Merci à Chimulus

16/11/2012

Le temps de la crise

Revolution-Delacroix.gif

 

 

Il est revenu le temps de la crise

Le temps des torgnoles le temps des chômeurs

Sans rien dans l’assiette

Pour les banquiers c’est le temps de la fête

Mais pour les prolos c’est le temps des pleurs

Pour éradiquer le temps de la crise

Bientôt va sonner le temps des fureurs.

 

 

Ras le cul de tous les fauteurs de crise

De tous les salauds de tous les rufians

Qui piquent l’oseille

Il est temps que le peuple se réveille

Que vienne l’espoir aux couleurs de sang

Car il a bon dos le temps de la crise

Mais bientôt la peur va changer de camp

 

 

Elle vous arrange cette sacrée crise

Merkel, Parizot tous vos beaux discours

Et ceux de Bruxelles

C’est pas ça qui remplira nos gamelles

Avec ce que laissent vos becs de vautours

Vous regretterez le temps des valises

Lorsque vous aurez une corde au cou

 

Ecoutez gronder  la rumeur sans fin

Des peuples battus qui crèvent de faim

Dans la riche Europe

Espagnols et Grecs, tous ceux qui écopent

L’océan de pleurs des sombres chagrins

Qu’engendrent banquiers et autres salopes

Qui se goinfrent en bouffant notre grain

 

Entendez le bruit du fer qu’on aiguise

Des balles qui vous laisseront au cœur

Une plaie ouverte

La Révolution qui nous est offerte

Va vous dévorer comme une tumeur

Ô Peuples debout, foules insoumises

Vous retrouverez enfin votre honneur


VictorAyoli

 

Merci à Jean-Baptiste Clément, Antoine Renard et Eugène Delacroix


Sextidi 26 Brumaire 221

 

15/11/2012

« Calamity Merkel » : elle sème la misère et récoltera la révolte.

merkel nazi.jpg

 

 

Un désastre. Cette femme est un désastre. Pour l’Europe mais aussi pour son pays.

Pour l’Europe parce l’Allemagne de Merkel joue perso et semble n’avoir à l’esprit que d’éradiquer les industries de tous ses partenaires européens. Parce que le modèle qu’elle prétend imposer à l’Europe est celui des retraités et des rentiers allemands : bas salaires, travaux « forcés » pour les chômeurs, pas de Smic, exploitation sans vergogne de main d’œuvre étrangère sous payée, prestations sociales réduites au minimum, saccage de ce qui fut l’exemplaire « modèle rhénan », etc. Le Bureau International du Travail a sorti un rapport incendiaire à ce sujet, indiquant même que cette politique de bas salaire était une des causes principales des galères actuelles en zone euro. Le marché intérieur allemand s’est rétréci au même rythme que les salaires, plombant ainsi les exportations vers l’Allemagne des produits des autres pays de la zone euro. N’ayant pas de pognon, l’Allemand de base n’achète donc pas de produits français, italien, espagnols, grecs, etc. De plus pour rester compétitifs avec les produits allemands – pour beaucoup fabriqués en Pologne, Tchéquie ou Roumanie puis assemblés en Allemagne pour avoir l’estampille vendeuse « made in Germanie » - les partenaires de l’Allemagne sont contraints à durcir leur austérité salariale. Avec au bout de la route la récession qui ravage toute la zone euro ! Et parallèlement une envolée de la dette (qui a plus que doublé en France sous Sarkozy).

 

Pour son pays. Outre le fait que le nombre d’Allemands vivant en dessous du seuil de pauvreté est galopant,  l’attitude et les oukases de Merkel et de sa clique vis-à-vis des autres Européens est catastrophique. Il a fallu un demi-siècle pour que l’Allemagne regagne la confiance de ses voisins européens. Ces efforts lents et laborieux pour effacer un passé plus que douloureux sont jetés à bas par la morgue et la suffisance de ses dirigeants actuels. N’était-il pas effrayant de voir, hier, dans les défilés de protestations parfois aux limites de l’émeute, la germanophobie se déchainer : Merkel affublée des oripeaux nazis, caricaturée en Hitler, de voir le drapeau européen brûlé…

 

François, c’est à toi, et à personne d’autre de mettre les pendules à l’heure. L’histoire montre que si on ne met pas un coup de frein aux prétentions de la Teutonne et son entourage de mettre le reste du continent sous sa coupe, les relations entre les deux pays glisseront vers l’incompréhension, de l’incompréhension vers la défiance, de la défiance vers la rivalité, de la rivalité vers… Nous n’osons aller plus loin…

 

Les Allemands, jouent toujours l'intimidation. Face à ces prétentions, une seule solution: leur tenir tête fermement, ne pas baisser les bras, ne pas courber l’échine, surtout ne pas baisser ni la tête. Et seule la France a le poids, l’aura et les moyens de le faire.


Quintidi 25 Brumaire 221


Photo X - Droits réservés

14/11/2012

L’Europe des travailleurs n’est pas morte : elle bouge enfin !

manifs européennes.jpg

 

 

Bien sûr, on va moins en parler que du grand raout – réussi – de François. Mais pourtant il se passe aujourd’hui autre chose : dans de nombreux pays d’Europe, des manifestations syndicales coordonnées. Oh ! Ce ne sont pas encore les grandes levées en masse des damnés de la terre contre des institutions européennes qui « font » l’Europe contre les travailleurs… On n’en est pas encore là. Mais c’est tout de même significatif d’une prise de conscience – enfin ! – des organisations syndicales européennes que leurs actions ne peuvent avoir une incidence positive sur le devenir de l’Europe que si elles sont coordonnées.

C’est un avertissement donné à la fois aux gouvernements nationaux ET aux instances européennes qui se soucient des travailleurs comme de leur première vérole… Le mot d’ordre général, c’est « pour l’emploi, la solidarité  en Europe et contre l’austérité ». Autrement dit le contraire de ce que prône la Commission du sinistre Barosso…

Dans l’imaginaire des gens, l’Europe, ce sont surtout les écrasantes institutions ultralibérales de Bruxelles et Strasbourg inféodées aux lobbies économiques, imposant des règles souvent incompréhensibles à des millions de consommateurs résignés. Pourtant il existe une Confédération Européennes des Syndicats (C.E.S.), fondée en 1973 et quasi inconnue du grand public. Parce qu’elle est jusqu’ici bien peu virulente, mais ! Mais la voilà qui se réveille et mobilise dans toute l’Europe. Enfin ! Elle représente tout de même 84 organisations syndicales dans 36 pays européens (donc plus que l’U.E.). Dans notre pays la CFDT, la CFTC, la CGT, FO et UNSA en sont membres.

 

En France, plus de 130 manifestations et rassemblements sont prévus mercredi à l'appel des cinq syndicats.

En Espagne,  deuxième grève générale en un an. Dans la nuit, les piquets de grève ont pris  position en des points stratégiques de Madrid : aéroport, dépôts de bus ou marché de gros. Les syndicats ont convoqué des rassemblements dans environ 120 villes.

Au Portugal grève générale également.

En Italie, grève de quatre heures.

En Grèce, arrêts de travail dans les entreprises comme dans les administrations et rassemblement au centre d’Athènes.

Manifestations d’ampleurs variables également en Belgique, Allemagne, Pologne.

Conséquences prévisibles de ces actions syndicales : les trains à grande vitesse Thalys entre la Belgique et l'Allemagne seront à l'arrêt. Dans le ciel, les compagnies espagnoles Iberia, Iberia Express, Air Nostrum, Vueling et Air Europa ont annulé 615 vols. La compagnie portugaise TAP a prévu de clouer au sol plus de 160 avions.

Cette prise de conscience européenne au niveau syndical est un premier pas vers une influence enfin réelle des représentations syndicales au niveau de l’Europe. Il y en aura d’autres.

 

 Quartidi 24 Brumaire 221


Illustration X - Droits réservés

 

13/11/2012

Toubibs dans la rue : la grève de la honte.

 

salaires toubibs.jpg

 

Au village, on a de nouveau un toubib. Un Espagnol. Il succède à deux Roumaines. La Maison de santé est rutilante, bien équipée, avec un logement au dessus. Grace à une municipalité volontariste. Pourtant pendant plus d’un an il n’y avait pas de toubib au village… Les jeunes médecins – sortis fraichement diplômés des internes qui manifestaient hier dans les rues de Paris – rejettent d’un revers de main méprisant l’idée même d’installation dans ces trous du cul du monde.

 

Les toubibs, dont les études ont été payées par la collectivité, par vos et mes impôts, rechignent à s’isoler dans les cambrousses. Il est plus facile de gagner du pognon en expédiant 40 clients (on ne peut plus dire patient…) par jour dans les villes du sud ou en région parigote que de se farcir les scrofules purulentes qu’il faut aller nettoyer souvent dans la gadoue, le brouillard, les merdes de vaches et parfois même la méfiance de populations isolées. Là, le 4x4 a une raison d’être…

 

Ces internes se plaignent de leurs conditions de travail ? Mais ne sont-ils pas en formation dans les hôpitaux ? Ce sont des stages en entreprises comme d’autres. Qui ne méritent pas un salaire mais un dédommagement, une gratification, comme tout stage en entreprise. Les conditions de travail difficiles des internes dans les hôpitaux, les manques de postes sont connues, mais personne ne les oblige d'accepter ce contrat qui est la garantie d'une formation de qualité. Et pourquoi ne pas augmenter le nombre d'interne en supprimant le numerus clausus et donc mettre un peu de « concurrence libre et non faussée » selon la doxa ultralibérale ?

Et contre quoi gueulent-ils surtout ? Contre le « risque » de ne pas pouvoir s’installer où ils veulent. Bon. Pourquoi pas. Mais qui a payé leurs études ? Nous ! Ces études sont gratos en France mais elle ont un coût : il faut payer les locaux des facultés, les professeurs, etc. Aus Zétazunis – pays dont rêvent bien des toubibs – leurs sept ans d’études leur auraient coûté au bas mots 20.000 x 7 soit 140.000 euros ! Ne pourraient-ils pas avoir la décence de rembourser un peu cet effort de la collectivité en acceptant pendant quelques années de s’installer dans les « déserts médicaux » ?

 

Dans la rue, il y avait aussi les nantis, ces « richissimes geignards » qui se goinfrent sans vergogne avec leurs dépassements d’honoraires. Les « spécialistes » gagnent en moyenne 9000 euros pas mois, les chirurgiens 11.500 euros par mois, les anesthésistes 15.000 euros pas mois. Eh ! Oh ! Arrêtez de nous faire pleurer sur vos fins de mois difficiles. Quand on aura le temps, on vous plaindra ! Ils sont tous actionnaires de cliniques privées ou de maisons de retraites qui sont autant de machines à sous fort juteuses payées par la Sécu, donc pas nous !

 

De plus en plus de gens ne se soignent plus. Alors que valent les résistances corporatistes et les privilèges de quelques milliers de personnes face aux dizaines de millions qui ne se soignent plus, ou mal, ou trop tardivement ? Pour des raisons surtout de coût et de plus en plus d'éloignement.

 

Est-il acceptable que la Sécu au trou abyssal aide ces gens qui pratiquent des dépassements abusifs ?

 

Est-il acceptable que les hôpitaux – secteur public – concèdent un secteur privé de plus en plus important, avec des moyens payés pour le public, par tous ceux qui cotisent, au profit exclusif des plus favorisés ?


Et ils arrivent encore à se regarder dans une glace ? Mais il y a longtemps que la vergogne ne tue plus…


Ils obtiennent tout ce qu'ils veulent les toubibs parce qu'ils sont en position de force. Parce qu'ils sont nombreux sur les bancs du Sénat et de la Chambre des députés; parce que le numerus clausus imbécile organise la pénurie.


Bon. Le mieux pour nous, cambrousards, c'est encore de manger bon, boire dru, brosser madame, respirer un air pur et encore gratuit en écoutant les petits oiseaux...

 

Tridi 23 Brumaire 221

12/11/2012

Alors, ils vont le voter oui ou merde les députés de gôôôche ce non cumul des mandats ?

cumulards dessin.jpg

 

C’est une promesse essentielle du candidat François Hollande : la fin du cumul des mandats. Enfin ! Le rapport Jospin n’y va pas par quatre chemins et met les pendules à l’heure. Mouais… Puteng ! le ramdam dans les chaumières ( ???!!!) des cumulards de tous bords ! Droite, gauche, centre, extrêmes, tous  (presque !) unis pour garder la plus grosse part possible du gâteau ! A l’encontre flagrante de la démocratie, en créant des mandarinats insupportables, en bloquant tout renouvellement des personnels politiques, voire même en établissant des dynasties !

 

La droite, protectrice de toutes les magouilles, s’étrangle. Et à gauche ? Le PS, comme le PC regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et ceux-là ne veulent pas lâcher le morceau !  Et il en est de même dans les autres formations politiques.

 

Pour montrer l’exemple – et c’est tout en son honneur – Martine Aubry a en son temps demandé à ses ouailles élus de respecter ce non cumul et donc de démissionner d’un ou plusieurs de leurs mandat si nécessaire. Et qu’est-ce qu’il lui on dit à Martine les « notables » en question ? « Tè ! Fume ! »

 

De droite ou de gauche, un seul vainqueur : le mandarinat. Des maires, des présidents d’exécutifs régionaux réélus pour la troisième, la quatrième, voire la cinquième fois… Et qui sont aussi députés, sénateurs, députés européens. Désolant de connerie.

 

Comment un élu peut-il apporter encore quelque chose à ses concitoyens lorsqu’il est englué dans la routine et, surtout, le clientélisme !

 

Car ne nous leurrons pas, toute réélection doit autant sinon plus au renvoi d’ascenseur qu’au travail réalisé pendant la mandature.

 cumulards affiche.jpg

Au premier mandat, un maire, un conseiller général ou régional, un député voire un président de la République, ont un enthousiasme, un élan, des idées à faire passer, une équipe soudée et volontariste autour de lui. Il a le temps et peut s’exprimer dans les faits.

 

Au second mandat, les choses changent. Un bon ami, élu d’une ville moyenne, m’a avoué : « le travail principal d’un élu en place, c’est de se faire réélire ! » Il y donne l’essentiel de son temps et de sa force. Et il a des comptes à rendre à ceux qui l’ont aidé dans sa conquête du pouvoir. « - Qui t’a fait duc ? - Qui t’a fait roi ? ».

 

Quant au troisième mandat et plus si affinités, il est toujours et uniquement sous le signe de la routine et des compromissions innombrables à gérer.

 

Que peut encore apporter un élu qui est en place depuis des décennies ? Rien, sinon stériliser le terrain sur lequel il sévit, décourager les volontés, neutraliser tout dynamisme, ficelé qu’il est dans le clientélisme.

 

cumuls ras le cul.jpg

 

Pour que cela change, il convient de réaliser ce que la grande majorité des Français appelle de ses vœux : une restriction drastique du cumul des mandats. Les politicards professionnels, basta ! La politique n’est pas un métier, c’est – si j’ose dire, moi, athée ! – un sacerdoce.

 

Assez de tous ces vieux kroumirs et place aux jeunes !

 

 Duodi 22 Brumaire 221

Illustration X – Droits réservés

11/11/2012

Faites l’amour, pas la guerre !

tanks qui baisent.jpg

 

 

La guerre, c'est pas une mission humanitaire.

C'est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

La guerre, c'est le bruit des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui ricochent autour de vous.

La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une rockette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

La guerre, c'est de la merde.

 

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se le faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

 

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les cranes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, la France d’en-bas s’étripait avec l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

 

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les « pauv’cons » se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui envisage sans vergogne de s’allier aux collabos du F.Haine

 

 La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson qui marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 poilus 14 18.jpg



La chanson de Craône


Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau


Primidi 21 Brumaire 221


Illustrations X - Droits réservés