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05/12/2016

Au bistro de la toile : sortir les sortants, oui mais pas que…

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- Oh ! Victor, il y a une semaine ou deux, tu nous prédisais que la victoire de Fion et surtout l’élimination de Sarko signifiaient que Hollande ne se présenterait pas. T’as eu le pif !

- Non Loulle, pas de pif là-dedans, pas de hasard, seulement des évidences. Parce que François n’avait quelques chances très hypothétiques de se maintenir à son poste que s’il était opposé au second tour à Sarko, tant celui-ci est rejeté par les Français. Ce qui impliquait l' élimination de la fille du borgne au premier tour. Faisable, mais pas évident et surtout pas avec ces deux charlots. Mais – terrible résultat de la flagornerie de son entourage et de la coupure dramatique de l’occupant de l’Élysée avec le populo - il ne se rendait pas compte, malgré les sondages abyssaux, que lui aussi était totalement rejeté. Le populo, les « sans-dents », ils n’en veulent plus de ces professionnels de la politicarderie, de ces carriéristes tous sortis du même moule. Donc, puisque exit Microlax, exit évident de Rantanplan !

- Et Valls ? Il peut être celui qui se glissera dans les deux premiers ?

- A priori, ça m’étonnerait. Mais on est loin de l’échéance et bien des choses peuvent changer. Une élection se gagne souvent dans la dernière semaine. Mais à visto de nas, aujourd’hui, il peut difficilement se dissocier de la politique de son patron, puisque c’est lui qui l’a orchestrée ! La loi travail et le 49/3, c’est lui que je sache. Et ça va lui coller au cul…

- Alors qui ? Montebourg ? Hamon ? Taubira ? Macron ?

- Va savoir… Mais si la dynamique « virer les caciques de la politique qui s’accrochent au pouvoir comme des morbacks sur les aliboffis d’un moine » inaugurée par les Rosbifs avec le brexit, puis par Trump en virant le clan Clinton se prolonge, comme c’est le cas en Italie avec Renzi (mais pas en Autriche), tout peut arriver.

- Pourquoi ils ont viré Renzi les Italiens ? C’est pourtant un homme jeune, dynamique, nouveau. Et il a fait baisser le chômage. Alors pourquoi le virer ?

- Parce que lui aussi a trahi. Il a été élu par la gauche, pour faire une politique de gauche, et il a fait une politique de droite, à la Thatcher. En brutalisant en plus ses compatriotes. Comme Valls chez nous. Il a mis sa démission dans la balance ? Et bien il l’a payé. Les peuples d’Europe ne veulent plus de ces professionnels de la politique politicienne. Et dès qu’ils en ont l’occase, ils les virent. Au suivant.

- Mais enfin Victor, la primaire de droite s’inscrit en faux avec ta théorie de « sortez les sortants », puisqu’ils ont plébiscité Fillon. Qui est tout sauf un perdreau de l’année ! Et qui se trimballe le bilan de Sarko que je sache.

- Mais ils ont viré – avec l’aide des électeurs de gauche, c’est vrai – Sarko et Juppé, en votant pour un second couteau. Mais une élection de primaire n’a rien à voir avec une présidentielle.

- Alors on risque d’avoir à choisir entre une facho et le faillitaire de Sarko ? Pas très bandante l’affiche…

- Pas obligé. Tous les me(r)dias, tous les politiques, tous les sondages nous bassinent avec la certitude que Le Pen fille sera au second tour. Comme ils se plantent avec une rassurante régularité, rien n’est sûr.

- Mouais. Aux dernières élections nationales, les Européennes de 2014, elle a obtenu 25 % des voix exprimées.

- Mais avec une abstention de plus de 57 % ! Ça relativise les choses…

- Alors qui va la battre au premier tour ?

- Les sondages actuels donnent Fillon largement en tête. Devant Le Pen tout de même. Mais on sait ce que valent les sondages, surtout à 5 mois de l’élection.

Valls ou plutôt un ticket Montebourg-Taubira à la sortie des primaires de gauche ? Les trois se trimballent l’héritage des gouvernements Hollande. Ils incarnent – surtout Valls – cette social-démocratie qui a eu son heure mais qui est moribonde partout.

Macron ? Possible. Mais ce n’est pas lui qui va galvaniser les électeurs de gauche. Il peut par contre siphonner pas mal de voix de droite. Qui peuvent voir en lui un homme neuf, de gauche par opportunisme mais foncièrement plus proche des idées de droite. Il peut créer la surprise. A ne pas prendre par dessus la jambe !

Reste Mélenchon. Lui non plus n’est pas un perdigaù de l’année, c’est vrai ! Mais le Mélenchon version 2 016 n’est plus celui de 2012. Il s’est assagi quant à la forme et a évolué sur le fond. Il s’est assis sur l’universalisme débile des colabobos de la gôôôche léchant les babouches des islamistes et près à ouvrir les portes à tous les migranvahisseurs. C’est marqué dans son programme : « combattre tous les communautarismes et l’usage politique des religions. » Il a fait sien un certain souverainisme, refusant les diktats étasuniens ou merkeliens sans pour autant s’enfermer derrière des frontières dérisoires. Et ça, ça peut lui permettre de récupérer bien des voix de la gauche d’en bas, celle des ouvriers, des employés, de ceux qui n’ont à vendre que leur sueur et leur compétence et qui, par dépit, ont rejoint les rangs du FN. S’il réussit cette gageure, il peut être au second tour.

- Et nous aurions alors un second tour Mélenchon-Le Pen…

- Pourquoi pas? Les Français auraient ainsi un vrai choix entre deux politiques anti-système. Allez Loulle. Fais péter le Rouge !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

 

02/12/2016

Exit Sarko, exit François ! Et une piqûre de rappel pour Mélenchon, Macron, Montebourg, Fion (pardon Fillon) et consort.

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Les diverses « droites », de Fillon à Le Pen en passant par Macron ou Valls ne cachent plus leur volonté de « casser la barraque ». Les réformes à la tronçonneuse qu’ils proposent avec la morgue et l’arrogance qui les caractérisent se résument dans cette phrase de Denis Kessler (ancien numéro deux du patronat, ancien président de la Fédération française des sociétés d’assurance et actuel président de la SCOR, un géant de la réassurance) : « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Une piqûre de rappel ne fera pas de mal : le voilà le programme du Conseil National de la Résistance écrit et mis en place par ceux auxquels nous devons notre liberté, notre manière de vivre et même notre confort.

Sa lecture permettra, avant de voter, de mesurer ce que les gouvernements ultralibéraux, sous Hollande comme sous Sarko et pire si affinités, nous arrachent sous la dictée du Medef.

C’est un peu long, mais c’est un document de référence que tous les candidats devraient (re)lire.

 

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Ce programme de combat est la source du préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958 :

Préambule de la Constitution de 1946

1. Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1 789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

2. Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

3. La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.

4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République.

5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

7. Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

8. Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.

9. Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

12. La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

13. La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État.

14. La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.

15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l’organisation et à la défense de la paix.

16. La France forme avec les peuples d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.

17. L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus.


Illustration X - Droits réservés

30/11/2016

Monsanto-Bayer… "Quand Bayer achetait des lots de femmes à Auschwitz" ?

auschwitz porte arbeit machy frei.jpg

 

Où en sont les noces infernales entre Bayer et Monsanto ? Si une telle fusion avait lieu, cela signifierait une quasi-impossibilité pour des concurrents d’entrer sur le marché. Or une concurrence minimale est une condition nécessaire à l’innovation. En l’espèce, c’est un enjeu vital eu égard aux scandales liés au glyphosate et aux néonicotinoïdes qui tuent les abeilles.

« Monsanto et Bayer peuvent signer un contrat, mais n’ont pas le droit de le mettre en œuvre sans notre feu vert », résume une source européenne, qui rappelle qu’en cas de non-respect de cette règle, Bruxelles peut recourir à des sanctions. Aucune limite temporelle n’est imposée aux deux mastodontes pour adresser leur notification. C’est bien le moment d’invoquer les grands principes de la « concurrence libre et non faussée », à bon escient. La Commission européenne doit au plus vite s’opposer au rachat de la firme américaine par l’industriel allemand Bayer. Elle bénéficie pour cela d’un délai de 25 jours après la notification de l’opération. En aura-t-elle le courage ?

Hormis les dangers sur la santé des produits sortant des usines de ces deux monstres, la concentration des firmes de l’agrochimie accentue la dépendance des paysans vis-à-vis de ces mastodontes. Surendettement des petits producteurs, augmentation des prix des denrées alimentaires, accroissement de la pauvreté et de la faim dans le monde, contrairement à la propagande de ces firmes qui deviennent plus puissantes que bien des États et sont donc en mesure d’imposer leur loi au détriment de la souveraineté populaire. C'est la privatisation du vivant. Une horreur intégrale. Il est vrai que l'horreur n'a jamais trop gêné les entreprises de l'agrochimie. On va le voir plus loin.

La fusion entre Monsanto et Bayer n’est donc pas une bonne nouvelle pour les peuples. Mais elle doit encore être validée par les autorités de régulation de la concurrence, qui n’hésitent pas, ces derniers temps, à briser des mariages annoncés… et qui n’ont pas encore donné leur feu vert aux rapprochements Dupont-Dow et Syngenta-ChemChina. A ce jour, rien sur le site de la Commission concernant cette fusion… Ouate Inde scie…

En attendant donc, on peut se pencher sur le passé de ces firmes mondiales. On connaît bien Monsanto, « la firme la plus détestée au monde », ayant à son palmarès la fabrication du « célèbre » agent Orange, un défoliant chimique largué par milliers de tonnes sur les forêts et les cultures du Vietnam durant la guerre des Étasuniens contre ce pays. Avec encore à l’heure actuelle des milliers de cancers en découlant… On connaît bien Bayer, surtout pour son aspirine. Mais que sait-on de son passé ? Une information reçue il y a quelques semaines m’a incité à enquêter. Cette info disait : « Quand la firme Bayer achetait « des lots de femmes » à Auschwitz ».

C’est tellement gros que ça ressemble à une cagade, à un hoax comme on dit maintenant. Et pourtant…

Et pourtant, allez faire un tour sur ce site qui donne des documentations qui semblent sérieuses : http://www4.dr-rath-foundation.org/PHARMACEUTICAL_BUSINESS/history_of_the_pharmaceutical_industry.htm#experiments

 

On y apprend que « l’empire économique allemand le plus puissant de la première moitié de ce siècle fut l’Interessengemeinschaft Farben ou IG Farben. Interessengemeinschaft signifie "Association of Common Interest" (association d'intérêts communs) et n’était autre chose qu’un puissant cartel formé de BASF, de Bayer, de Hoechst et d’autres entreprises chimiques et pharmaceutiques allemandes. IG Farben était le plus grand bailleur de fonds de la campagne électorale d’Adolph Hitler. Un an avant qu’Hitler prenne le pouvoir, IG Farben fait don de 400 000 marks à Hitler et à son parti nazi. En conséquence, après la prise du pouvoir par Hitler, IG Farben était le plus grand profiteur de la conquête allemande du monde, la Seconde Guerre mondiale.

100 % de tous les explosifs et de toute essence synthétique provenait des usines d’IG Farben. Chaque fois que la Wehrmacht allemande conquit un autre pays, IG Farben suivit, reprenant systématiquement les industries de ces pays. Grâce à cette collaboration étroite avec la Wehrmacht d’Hitler, IG Farben a participé au pillage de l’Autriche, de la Tchécoslovaquie, de la Pologne, de la Norvège, de la Hollande, de la Belgique, de la France et de tous les autres pays conquis par les nazis.

L’enquête du gouvernement des États-Unis sur tous les facteurs qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale en 1946 est arrivée à la conclusion que sans IG Farben, la Seconde Guerre mondiale n’aurait tout simplement pas été possible. Nous devons nous attaquer au fait que ce n’était pas le psychopathe, Adolph Hitler, ni les mauvais gènes du peuple allemand qui ont provoqué la Seconde Guerre mondiale. La cupidité économique de sociétés comme Bayer, BASF et Hoechst a été le facteur clé dans la réalisation de l’Holocauste. »

 

Il est vrai que les affaires sont les affaires. Et que les multinationales – nouvel avatar de ces consortiums nationaux du siècle dernier – ne s’embarrassent pas, elles non plus, de scrupules.

Continuons nos investigations :

« Expériences médicales à Auschwitz menées par I.G. Farben
(Du livre « I.G. Farben - d’Anilin au travail forcé » de Jörg Hunger et Paul Sander)
« Des expériences scientifiques ont également été faites dans d’autres camps de concentration. Un fait décisif est que IG employait le major SS Dr. Helmuth Vetter, stationné dans plusieurs camps de concentration ; il a participé à ces expériences sur ordre de Bayer Leverkusen.

En même temps que le Dr Joseph Mengele, il a expérimenté à Auschwitz des médicaments désignés « B-1012 », « B-1034 », « 3382 » ou « Rutenol ». Les préparations d’essai ne s’appliquaient pas seulement aux prisonniers malades, mais aussi à des personnes en bonne santé qui ont d’abord été infectées par des pilules, des substances en poudre, des injections ou des lavements. La plupart des médicaments ont provoqué des vomissements ou des diarrhées sanglantes chez les victimes.

Dans les archives d’Auschwitz, une correspondance entre le commandant du camp et l’entreprise Bayer Leverkusen a été découverte. Il s’agissait de la vente de 150 détenues à des fins expérimentales :

« En vue des expériences prévues avec une nouvelle drogue de sommeil, nous vous serions reconnaissants si vous pouviez mettre à notre disposition un certain nombre de prisonniers […] Confirmez votre réponse, mais considérez que le prix de 200 RM par femme est trop élevé Nous vous proposons de ne pas payer plus de 170 RM par femme Si cela vous convient, les femmes seront placées en notre possession. […] »

- « Nous confirmons votre accord, nous vous prions de préparer 150 femmes de la meilleure santé possible […] »

- « Nous avons reçu l’ordre de 150 femmes. […] "

-" Les expériences ont été effectuées. Toutes les personnes testées sont mortes. Nous vous contacterons prochainement sur un nouvel envoi […] " »

 

Voilà qui semble accréditer l'horreur. Continuons:

« Le Tribunal pénal de Nuremberg a condamné 24 membres et dirigeants d’IG Farben à la suite de meurtres de masse, d’esclavage et d’autres crimes contre l’humanité. Étonnamment cependant, en 1951, tous avaient déjà été libérés, continuant à travailler comme consultants pour des sociétés allemandes. Le tribunal de Nuremberg a dissous l’IG Farben, mais pas ses membres, en particulier Bayer, Hoechst et BASF. Aujourd’hui, chacune des trois « filles » de l’IG Farben est vingt ou trente fois plus grande que l’IG Farben était à son apogée en 1944, dernière année de la Seconde Guerre mondiale.

 

Voilà quelques éléments qui donnent à réfléchir sur la « mondialisation heureuse » et le gouvernement mondial de fait des grandes firmes multinationales.

Attention : beaucoup de ces informations proviennent de la fondation d'un personnage controversé, le médecin allemand Rath. Si vous avez d'autres informations confirmant ou infirmant celles-ci, elles seront les bienvenues.

 

Sources :

 https://www.terresacree.org/bayer.htm

http://www4.dr-rath-foundation.org/PHARMACEUTICAL_BUSINESS/history_of_the_pharmaceutical_industry.htm#experiments

 

http://www4.dr-rath-foundation.org/Books/paging.php?sdir=the%20crime%20and%20punishment%20of%20i.g.%20farben&dir=the%20crime%20and%20punishment%20of%20i.g.%20farben&start=0&page_nums=1%29#=eng

http://chr-chomant-editeur.42stores.com/product/Lettres-de-l-entreprise-Bayer-au-camp-d-Auschwitz-sur-l-achat-de-femmes-pour-experimentations-chimiques

http://www.cbgnetwork.org/163.html
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article152015

 

 Photo X - Droits réservés

 

28/11/2016

Au bistro de la toile : ¡Hasta la victoria, siempre !

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- Buenas dias, Victor. Que quieres beber ? Un Cuba libre ?

- Pourquoi ? Pour fêter la mort de Castro ? Donne-moi plutôt un rouge. « Cuba libre », c’est de la propagande imbuvable. C’est le rhum de Cuba saccagé par la saloperie du Coca-cola yankee. Ce pays héroïque a réussi à vivre, à survivre diront certains, malgré la terrible pression étasunienne et son blocus. On entend depuis samedi les bavards de France Inter et autres machines à bruit cracher sournoisement sur le pays libéré par Fidel. Oh ! Pas directement, mais insidieusement, en ne faisant parler, surtout et le plus longtemps, que de pseudo-opposants qui rêvent de vendre leur pays aux multinationales yankees. Quant aux étranges lucarnes, elles ont surtout montré les collabos parasites « réfugiés « en Floride, buvant, chantant et bambochant pour fêter la mort du Commandante ! Je dois te dire que ça m’a rappelé un épisode pas très lointain et dont je ne puis être fier : j’ai moi-même festoyé pour célébrer la mort Franco.

Dans les radios, sur les télés, pratiquement pas un mot sur l’excellence de l’enseignement dans ce pays où il y a bien moins d’analphabètes que chez nous, où tout le monde est très bien éduqué et soigné. Le régime de Fidel Castro offre aux Cubains une éducation pour tous, obligatoire et gratuite. Pas un mot sur cette parfaite réussite qui fait que le taux d’alphabétisation est de 99,8 % (chiffres du PNUD - Programme des Nations unies pour le développement).

Pas un mot sur le boom des énergies renouvelables imposées par le blocus, ni sur la recherche biologique, pharmaceutique, le génie génétique.

Pas un mot sur les centaines de médecins que Cuba a envoyé en Afrique de l’Ouest pour combattre, l’an passé, l’épidémie d’Ebola tandis que les USA envoyaient… des troufions !

Par contre on entend de grandes déclarations sur les « milliers de Cubains opposants au régime et qui sont emprisonnés ». Mais pas un mot sur Guantánamo, cette portion du territoire cubain volé et colonisé par les Étasuniens et transformé en centre de détention arbitraire et de torture mise au rang de pratique ordinaire…

- Eh ! Victor, le Fidel, s’était pas un ange tout de même. Liberté de la presse ? Nada. Prisonniers politiques ? Muchos. Liberté de circulation ? La « Targeta blanca » nécessaire pour sortir du pays. Et les dissidents en taule, les partis d’opposition interdits. La peine de mort toujours dans la constitution…

-… mais aboli dans les faits depuis 2003. « Une révolution, ce n’est pas un champ de roses… Une révolution, c’est un combat jusqu’à la mort entre le futur et le passé » disait le lider maximo qui a, c’est vrai, tenu son ile d’une main de fer mais a aussi tenu tête à la superpuissance étasunienne pendant un demi-siècle. Et rien que ça mérite le plus grand respect et la plus grande admiration. A Cuba, les choses vont vers la normalisation : moins de détentions arbitraires, plus de liberté. Mais les bien-pensants crachent toujours sur Cuba. Pourtant les mêmes sont plus discrets devant la dictature sordide qui s’installe à notre porte, en Turquie… T’as idée de ce que ça implique d’être coupé du reste du monde par la seule volonté vindicative, criminelle des États-Unis ?

- Ils ont peut-être eu quelques raisons de se méfier de Fidel les Yankees : Cuba, il y a quelques décennies, était devenu le porte missile de l’URSS. Les fusées nucléaires de Moscou à 150 km des États-Unis. Et ça a failli mener à une guerre atomique, ne l’oublions pas.

- N’oublions pas non plus que c’est le blocus des USA qui a jeté Cuba dans les bras de l’Union soviétique. Ceci à la suite de la tentative d’invasion par les branquignolles de la CIA à la Baie des cochons. Où ils ont pris une sacrée branlée d’ailleurs ! Puis Cuba a subi les innombrables actions terroristes fomentées par la CIA et exécutées par les exilés cubains. Le terrorisme durcit le régime. C’est ce qui se passe chez nous en ce moment, non ?

- Bon. Paix à son âme…

- D’autant plus qu’il a été coriace le vieux lion : Il est mort à 90 vendanges. Après avoir été le recordman mondial des tentatives d’assassinats : 638 tentatives ! Les méthodes utilisées pour le tuer ont été multiples, mais toutes ont échoué : des snipers, des explosifs dans ses chaussures, du venin injecté dans un cigare, jusqu’à une petite charge explosive dans une balle de base-ball, entre autres…

- Alors je sors le Baccardi et on va trinquer à sa mémoire !

- ¡Hasta la victoria, siempre !

 

Illustration:merci au regretté Chimulus

Au bistro de la toile : ¡ Hasta la victoria, siempre !

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- Buenas dias, Victor. Que quieres beber ? Un Cuba libre ?

- Pourquoi ? Pour fêter la mort de Castro ? Donne-moi plutôt un rouge. « Cuba libre », c’est de la propagande imbuvable. C’est le rhum de Cuba saccagé par la saloperie du Coca-cola yankee. Ce pays héroïque a réussi à vivre, à survivre diront certains, malgré la terrible pression étasunienne et son blocus. On entend depuis samedi les bavards de France Inter et autres machines à bruit cracher sournoisement sur le pays libéré par Fidel. Oh ! Pas directement, mais insidieusement, en ne faisant parler, surtout et le plus longtemps, que de pseudo-opposants qui rêvent de vendre leur pays aux multinationales yankees. Quant aux étranges lucarnes, elles ont surtout montré les collabos parasites « réfugiés « en Floride, buvant, chantant et bambochant pour fêter la mort du Commandante ! Je dois te dire que ça m’a rappelé un épisode pas très lointain et dont je ne puis être fier : j’ai moi-même festoyé pour célébrer la mort Franco.

Dans les radios, sur les télés, pratiquement pas un mot sur l’excellence de l’enseignement dans ce pays où il y a bien moins d’analphabètes que chez nous, où tout le monde est très bien éduqué et soigné. Le régime de Fidel Castro offre aux Cubains une éducation pour tous, obligatoire et gratuite. Pas un mot sur cette parfaite réussite qui fait que le taux d’alphabétisation est de 99,8 % (chiffres du PNUD - Programme des Nations unies pour le développement).

Pas un mot sur le boom des énergies renouvelables imposées par le blocus, ni sur la recherche biologique, pharmaceutique, le génie génétique.

Pas un mot sur les centaines de médecins que Cuba a envoyé en Afrique de l’Ouest pour combattre, l’an passé, l’épidémie d’Ebola tandis que les USA envoyaient… des troufions !

Par contre on entend de grandes déclarations sur les « milliers de Cubains opposants au régime et qui sont emprisonnés ». Mais pas un mot sur Guantánamo, cette portion du territoire cubain volé et colonisé par les Étasuniens et transformé en centre de détention arbitraire et de torture mise au rang de pratique ordinaire…

- Eh ! Victor, le Fidel, s’était pas un ange tout de même. Liberté de la presse ? Nada. Prisonniers politiques ? Muchos. Liberté de circulation ? La « Tarjeta blanca » nécessaire pour sortir du pays. Et les dissidents en taule, les partis d’opposition interdits. La peine de mort toujours dans la constitution…

-… mais aboli dans les faits depuis 2003, comme d’ailleurs cette « tarjeta blanca », cette carte blanche. « Une révolution, ce n’est pas un lit de roses… Une révolution, c’est un combat jusqu’à la mort entre le futur et le passé » disait le lider maximo qui a, c’est vrai, tenu son ile d’une main de fer mais a aussi tenu tête à la superpuissance étasunienne pendant un demi-siècle. Et rien que ça mérite le plus grand respect et la plus grande admiration. A Cuba, les choses vont vers la normalisation : moins de détentions arbitraires, plus de liberté. Mais les bien-pensants crachent toujours sur Cuba. Pourtant les mêmes sont plus discrets devant la dictature sordide qui s’installe à notre porte, en Turquie… T’as idée de ce que ça implique d’être coupé du reste du monde par la seule volonté vindicative, criminelle des États-Unis ?

- Ils ont peut-être eu quelques raisons de se méfier de Fidel les Yankees : Cuba, il y a quelques décennies, était devenu le porte missile de l’URSS. Les fusées nucléaires de Moscou à 150 km des États-Unis. Et ça a failli mener à une guerre atomique, ne l’oublions pas.

- N’oublions pas non plus que c’est le blocus des USA qui a jeté Cuba dans les bras de l’Union soviétique. Ceci à la suite de la tentative d’invasion par les branquignolles de la CIA à la Baie des cochons. Où ils ont pris une sacrée branlée d’ailleurs ! Puis Cuba a subi les innombrables actions terroristes fomentées par la CIA et exécutées par les exilés cubains. Le terrorisme durcit le régime. C’est ce qui se passe chez nous en ce moment, non ?

- Bon. Paix à son âme…

- D’autant plus qu’il a été coriace le vieux lion : Il est mort à 90 vendanges. Après avoir été le recordman mondial des tentatives d’assassinats : 638 tentatives ! Les méthodes utilisées pour le tuer ont été multiples, mais toutes ont échoué : des snipers, des explosifs dans ses chaussures, du venin injecté dans un cigare, jusqu’à une petite charge explosive dans une balle de base-ball, entre autres…

- Alors je sors le Baccardi et on va trinquer à sa mémoire !

- ¡Hasta la victoria, siempre !

- « Jusqu’à la victoire », d’accord, mais de qui, celle de Fillon ?

- J’aime ton humour caustique Loulle.

 

Illustration : merci au regretté Chimulus

24/11/2016

Vous n'êtes pas au courant (électrique) ? On va trembler cet hiver et on va casquer !

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Cet hiver, les ceusses d’entre nous qui se chauffent à l’électricité risquent fort de se geler les aliboffis ! Parce que l’électricité risque fort de manquer, du moins en période de pics de froid. Dans notre beau pays de France, plus de 70 % du courant électrique est d’origine nucléaire. Or à l’heure actuelle, 21 réacteurs sur les 58 sont à l’arrêt, soit plus d’un sur trois. Sur ces 21 réacteurs, 15 sont en maintenance technique « planifiée », donc normale, mais 7 ont dû subir des tests sur leurs générateurs de vapeur, potentiellement défectueux. Suite à la détection d’anomalies sur les générateurs de vapeur, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a imposé à EDF des inspections poussées sur 18 réacteurs présentant des risques sur des équipements sous pression (cuves, générateurs de vapeur et tuyauteries du circuit primaire principal) ainsi que sur des emballages de transport de substances radioactives. Sur ces 18 réacteurs, 6 ont été autorisés à redémarrer, 7 sont en cours d’inspection et 5 devront être inspectés dans les semaines et mois qui viennent. Le PDG d’EDF, J-B Levy, reconnaît qu’il est possible que 12 réacteurs soient à l’arrêt cet hiver. Ce qui impliquera l’achat à l’étranger de la production manquante et fait la preuve de la fragilité de l’approvisionnement électrique en France et de la stupidité du choix du « tout nucléaire ». Notons au passage que chaque jour d’arrêt d’un réacteur nucléaire coûte un million d’euros à EDF. Aïe la facture !

On pourra importer de l’électricité polluante allemande produite pour l’essentiel au charbon… À des exorbitants. Mais ce n’est pas tout. Il y a beaucoup plus « savoureux » dans le degré de la konnerie : c’est la loi NOME.

Késaco la loi NOME ? Ça veut dire Nouvelle organisation du marché de l’électricité. Un truc particulièrement tordu. Un modèle d’arnaque à grande échelle. Il se trouve que la France – à travers les centrales EDF, payées et subies dans leur option nucléaire par les Français - produit l’électricité la moins chère d’Europe. Peut-on s’en plaindre ? On se farcit souvent contre notre gré les centrales nucléaires et les terribles dangers qu’elles recèlent, alors autant en tirer quelques bénéfices. Logique non ? Ben non ! Pas pour les tronches d’œufs de la Commissions européenne. Les opérateurs privés qui se sont lancés sur le marché (Poweo, Direct Energie, GDF-Suez) n’arrivent pas à s’aligner sur les tarifs d’EDF, entreprise publique, propriété des Français. Alors qu’est-ce qu’ils font ? Ben, ils en appellent à la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée », parangon de l’Europe ultralibérale que nous devons subir (merci Sarko qui s’est assis sur le « Non » du peuple).


Au nom donc de cette « concurrence libre et non faussée », la Commission européenne – à l’époque présidée par le désormais banksters Goldman-Sachs Barrosso – a fortement « suggéré » à la France de casser le monopole d’EDF. Et la clique des sarkotrafiquants de l’époque, sous la houlette de Premier ministre FILLON, a concocté ce monument de stupidité nommée « Loi NOME ». Cette loi scélérate contraint EDF à vendre le quart de sa production d’électricité d’origine nucléaire à ses concurrents à un tarif assez favorable – 42 euros le mégawattheure - pour qu’ils puissent tailler des croupières à l’entreprise publique ! Incroyable mais vrai !

Au début, les prix de gros de mWh étaient inférieurs à ce prix, donc pas de problèmes, mais ces derniers temps, par suite à la baisse de la production, le prix de l’électricité à sérieusement augmenté, atteignant actuellement autour de 80 euros le mWh, voire 90 euros en période de pointe, soit le double et plus du tarif auquel EDF est obligé de vendre le quart de sa production ! Au fou ! Ainsi, grâce à cette loi innommable, EDF va devoir racheter à 90, 100, 110 euros et plus si affinités de l’électricité qu’elle aura vendu à la concurrence à 42 euros !

Et qui va devoir casquer ce supplément pour engraisser les entreprises privées ? Ben vous, moi, comme toujours le cochon de payant.

Mais pourquoi fallait-il changer un système qui marchait bien – celui d’EDF, entreprise nationale qui NOUS appartient – pour un système bien plus cher et qui ne marche pas ? Ben la concurrence pardi ! La « concurrence libre et non faussée »…

Bon. Moi, ce que j’en dis, eh… Je m’en fous : je chauffe avec un extraordinaire poêle à granulés ! Trois fois moins cher que lorsque je chauffais à l’électricité.

 

Photo X - Droits réservés

22/11/2016

Au bistro de la toile : les langoustes plutôt que les primaires...

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- Alors Victor, t’as été voté ? Pour qui ? Pour le révérend père Rillettes, pour le duc de Bordeaux ? Ou plutôt contre qui ?

- Attends Loulle, j’ai passé le dimanche en tribu chaleureuse, j’avais devant moi les huîtres de Bouzigues accompagnées de blancs Picpoul de Pinet, des langoustes à l’armoricaine avec des blancs de Cassis soyeux, le civet de sanglier de Lozère et la gardianne de taureau de Camargue, accompagnés d’un grand Jéroboam de Haut Médoc cuvée 2005, d’un magnum de Cornas 2009, et de plusieurs flacons de Chateauneuf-du-pape. Alors tu comprends, les primaires de la droite, je m’en suis tamponné le coquillard…

- Évidemment vu sous cet angle, le choix est évident. Cas de force majeure !

- Malgré tout, le soir, avec un Armagnac hors d’âge, j’ai suivi les cagades de la droite, et je dois te dire que ça a agréablement terminé une belle journée épicurienne ! Voir la gueule de Sarko qui voyait venir les oranges de la Santé, celle de Barouin, celle de Juppé qui tombait d’un cinquième, de Fillon qui n’en croyait pas ses oreilles, se croyant habité par la grâce divine, prêt à tomber à genoux, mains jointes, devant Sainte-Rillettes… Jouissif tout ça.

- Enfin tout de même, tout le monde s’est planté. Et surtout les sondeurs et les médias. C’est maintenant une habitude. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Ah ! Ah ! Ah ! Ce sont les électeurs de gauche qui sont venus en masse. Les organisateurs de ces primaires attendaient entre deux millions et deux millions et demi d’électeurs. Or, il en est venu quatre millions, soit un million et demi de plus. Dont l’essentiel venait de la gauche. Attends Loulle, les droitards donnent à la gauche la possibilité de peser sur le résultat de leur primaire. Ils en ont profité. Le but avéré était avant tout d’éliminer Sarko dès le premier tour. Juppé caracolait largement en tête selon les sondages, donc inutile de lui filer un coup de main, pour la première place, c’était plié. Il restait donc à dégommer Sarko de la deuxième place. Et comme le plus proche, toujours selon les sondages, étant « le catho pétrit par les prêtres de Sarthe » comme l’appelait Chirac, ils ont voté Fillon ! Voilà comment celui-ci s’est retrouvé largement en tête.

- Donc Fillon a été élu par la gauche ?

- On peut dire ça. Mais attend Loulle, ça ne veut pas dire que dimanche prochain, pour le second tour, le résultat soit le même. Parce que les électeurs de gauche qui se sont déplacés pour faire un raid victorieux contre Sarko n’ont rien à foutre de choisir entre Péju ou Fion. Choix pas très bandant entre un vétuste et un cureton… Je te parie une tournée générale qu’il y aura beaucoup moins d’électeurs dimanche : tous ceux de gauche. Et que les électeurs de droite s’arrangeront entre eux. Et tout risque de changer. Nous, on s’en fout. L’essentiel c’était de dégommer Sarko. C’est fait. Avec – cerise sur le gâteau – la forte probabilité que Hollande, qui rêvait de rejouer le coup contre Sarko, ne se présente pas.

- Il est vrai que, tant l’un que l’autre ont des programmes qui promettent des lendemains joyeux : à la CGT, on doit déjà préparer les banderoles et se faire la voix : "Fillon, tes réformes, tu peux te les foutre dans le fion"! Fillon, plus réac que moi tu meurs… D'ici que le bénédicité soit obligatoire dans les cantines, y a pas loin !

- Ce sont effectivement des programmes à la Thatcher. Mais complètement décalés, à contre-courant du mouvement qui se dessine ailleurs dans le monde, et notamment aux États-Unis avec Trump et même en Allemagne : un retour vers une certaine régulation, le renouveau de grands travaux sous la baguette de l’État, un protectionnisme sélectif.

- Bref, Juppé comme Fillon sont en retard d’une guerre… Ça peut faire du grain à moudre pour qui ça ? Le candidat de gauche ? Le FN ? Mélenchon ? Ou bien Macron ?

- Tout reste ouvert. Le candidat de gauche, ce sera qui ? Valls ? Il risque le même rejet que son patron. Montebourg si c’est lui ? Peut-être, mais il se trimballe tout de même une part des trahisons de François. Le FN ? Bien qu’ils s’en cachent, ils sont sur la même ligne ultralibérale que Fillon, à l’encontre des espérances de leurs électeurs de « la France d’en bas ». Mais ils n’en sont pas à un mensonge près. Mélenchon ? Il ne faut que raisonnablement s’illusionner sur ses chances d’arriver au second tour de la présidentielle. Encore que… S’il arrive à récupérer un max de voix d’ouvriers, d’employés, de petits fonctionnaires trompés par la fausse propagande « populaire » du FN, ceci conjugué au rejet des "élites", c’est possible. En tout cas, il peut et doit devenir le premier parti de gauche, une vraie alternative au PS déconsidéré pour les scrutins à venir, et notamment les législatives. Macron ? Il pourrait être le singe qui tire les marrons du feu, étant le seul homme de droite nouveau, pouvant aussi attirer pas mal de voix de la gauche.

- Bon. Eh bien c’est plus clair. Tè ! Je vais faire péter une quille de Côtes-du-Rhône Primeur. On le mérite.

- À la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

 

 

 

 

 

 

21/11/2016

La retraite de Sarkozy.

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Il pleuvait.

Les sarkotrafiquants tremblaient dans leur liquette.

Pour la première fois Sarko baissait la tête.

Sombre jour ! Le nabo reculait brusquement

Laissant derrière lui un Barouin écumant.

Il pleuvait. Les coups durs tombaient en avalanches.

Après un coup de manche un autre coup de manche.

On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.

Hier Les Ripoublicains, et maintenant troupeau.

On ne distinguait plus les ailes ni le centre.

Il pleuvait. Les féaux se déchiraient le ventre,

Certains osant penser autrement que le chef

S’exposaient aux tourments des chevaux qu’on achève.

On attendait Juppé et c’est Fillon qui vînt

Repoussant Sarkozy sur les bords du ravin

Où, dans sa dure chute il allait disparaître.

Le « collaborateur » humiliait le « maître ».

Bravant la pluie, le vent qui secouait la France

Les électeurs de gauche firent la différence.

Saisissant l’occasion, en prenant leur panard,

Ils s’invitèrent en masse au banquet des droitards.

Leur but était très clair : éliminer le nain

Dès ce premier scrutin.

Péju, c’était écrit, devait tourner en tête,

Donc la seconde place cèlerait la compete.

Pour ce faire, il fallait pousser, la main au fion,

Le tristounet Fillon.

Et donc ainsi fut fait. Au fil de la soirée

Les résultats tombaient, les choses empiraient…

Non seulement Sarko n’était plus que troisième

Mais le fringant pépé n’était, lui, que deuxième !

Fillon, catho pétrit par les prêtres de Sarthe,

Caracolait devant. Athènes battait Sparte…

Et les bouchons sautaient chez tous les goguenards :

Quelques milliers de voix fusillaient le renard

Mais aussi, par le jeu d’un billard à trois bandes,

Éliminaient Hollande.

Ganelon risquait fort, s’il se représentait

Aux primaires de gauche, une déculottée

Au moins équivalente à celle du quincaillier !

Faute de match retour, pour eux deux, les vacances

Rendront pour quelques jours le sourire à la France !

Sourire qui sera un franc éclat de rire

Lorsque les méchants juges, avec juste raison,

Convoqueront Sarko pour bientôt le conduire

Vers la zonzon…

 

VictorAyoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

18/11/2016

Au bistro de la Toile : Où est l'espoir ? Qui pour nous faire rêver ?

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- Alors Victor, t’as regardé le débat des primaires hier soir ?

- Non. Sans intérêt.

- Eh ! Tout de même. Celui ou celle qui sortira de cette primaire sera quasiment assuré de gagner la présidentielle du printemps 2017 !

- Tu as dit « quasiment ». Ce qui veut dire que ce n’est pas sûr à 100 %. Regardons quelles seront les forces en présence. À droite, on aura donc Juppé ou Fillon, plus Macron. À l’extrême droite Le Pen.

- Ça c’est clair, mais à gauche, qui ? Et Macron, tu le mets à droite ?

- Ben, où veux-tu le mettre ? À gauche ? Lui-même refuse cette qualification. Son financement ne provient pas des cotisations des « travailleurs » que je sache… N’est-il pas allé, il y a quelques mois, voir les banquiers de la City, à Londres ? N’a-t-il pas l’oreille du Medef ? Mais il a l’avantage d’être « neuf », de ne pas être de la génération des responsables de l’état actuel de désarroi moral et de délabrement économique du pays. Donc ça fait pas mal de monde pour se partager les voix de la droite et de l’extrême droite…

- …qui représentent tout de même près de 60 % des intentions de vote…

- Exact Loulle. Et là, les responsables politiques de la gauche sont coupables de cette situation. Ils sont coupables de cette chose terrible : ils ont poussé les « masses laborieuses » comme disait Georges Marchais, les « travailleuses, travailleurs » comme disait Arlette Laguiller, dans les griffes du F.N.

Les deux gouvernements de François y sont pour beaucoup, tournant le dos aux valeurs de gauche, fliquant la population, incapables de juguler le chômage, imposant par ordonnance une loi du travail directement sorti du Medef, s’aplatissant devant l’Allemagne de Merkel, léchant les bottes de l’Otan des USA comme un gentil toutou docile, faisant le jeu des banksters, incapables d’imposer quelque vue que ce soit à l’Europe, etc. On est habitué aux faux-culteries des socialistes pour lesquels c’est presque une tradition que de trahir ses promesses.

Mais ils ne sont pas les seuls. Que dire de cette « intelligentzia » autoproclamée de la gôôôche lèche-babouches ? Tous ces bobos collabos crachant sur la « populace » qui reste insensible « à la beauté du combat djihadiste » ? Que dire des partis - maintenant simples groupuscules – de l’extrême gauche, le NPA se fusillant il y a quelques années en présentant une candidate voilée, au nom d’un combat bidon assimilant les délires religieux des tarés d’allah à la lutte des classes ? Que dire du parti communiste – jadis premier parti de France – qui est devenu une machine poussive recroquevillée sur un petit pré-carré de notables locaux ? Que dire des écolos dont les palinodies perpétuelles ont déçu et poussé à fuir les plus purs ?

- Ben dis donc, Victor, tu leur as taillé un sacré costard ! Alors qu’est-ce qui reste ? Faut-il se résigner à subir Juppé, Fillon ou Le Pen ? De quoi cauchemarder grave… Où est la part du rêve ? Où est la lueur d’espoir.

- À gauche, François n’aura pas, je pense, l’impudence de se représenter. La primaire à gauche se fera donc entre Valls et Montebourg. Les deux sont comptables de la faillite du quinquennat de Hollande, le premier en portant une responsabilité essentielle. Chercher le rêve chez Valls, faut aimer… Montebourg a plus d’atouts, mais s’il est le représentant élu, donc porteur du bilan des socialistes, ce qui est la règle du jeu de la primaire, il a peu de chance d’arriver dans les deux premiers à la présidentielle.

- Reste qui alors ? Mélenchon ?

- Il peut être ce porteur d’espoir. Il est le seul a pouvoir ramener au bercail les millions de voix des ouvriers, des employés, des fonctionnaires de base qui, se sentant trahis, se sont réfugiés dans les bras du F.N.. Sa campagne, plus mesurée, loin des vociférations d’antan, porte ses fruits. Il lui reste à clarifier sa position face à quatre questions essentielles : - la place de la France dans l’Europe, - les rapports avec l’islam, - les migrants, - la France et l’Otan.

Concernant l’Europe, il semble ne pas commettre la stupide erreur de vouloir en sortir à la manière du Brexit, mais de taper sur la table et faire clairement savoir à nos partenaires que la France est LA FRANCE, qu’elle demeure la deuxième économie de l’Europe derrière l’Allemagne, mais que l’économie n’est pas tout, qu’elle est la première – voire la seule – puissance militaire de l’Union européenne, qu’elle fait partie de club, heureusement restreint, des puissances atomiques, qu’elle est, de loin, la nation européenne la plus influente au niveau diplomatique dans le monde, enfin quelle est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce qui la positionne largement à la tête de toutes les nations de l'U.E. Pour un dirigeant digne de ce nom, il y a là de quoi se faire respecter, non ?

Concernant l’islam, il s’est - si je me souviens bien - plusieurs fois prononcé contre le voile, pour la laïcité sans « arrangements raisonnables », pour la plus grande fermeté contre les islamistes, qu’ils soient Français ou étrangers. C’est là que l’attend le peuple de gauche qui s’est tourné vers le FN, par la konnerie des colabobos lèche-babouches qui sévissent sur les plateaux télé et dans les médias et qui ont remplacé l’œil de Moscou par l’œil de Mossoul !

Concernant les migrants, on attend sa position…

Quant à l’Otan, s’il annonce clairement qu’il compte, sinon en sortir complètement, du moins revenir à la situation de l’époque de De Gaulle - allié, certes, mais pas vassal - il marquera de sérieux points dans l’opinion.

- Bon. Ben, y a du boulot…

- C’est vrai, mais il y a la place. La clé étant la capacité de Mélenchon à récupérer les voix de gauche fourvoyées chez Le Pen.

- À la nôtre ! Et Banzaï !


Illustration: merci au regretté Chimulus

16/11/2016

Fortes menaces de hold-up sur le Livret A.

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Pendant les enfumages trumpiens, les « primaires » de la droite et autres macronneries, le ministère des finances a engagé des magouilles sournoises avec la Banque de France pour faire les poches des laborieux : ceci en changeant pour la énième fois le taux de rémunération du Livret A, l’épargne des modestes, des laborieux, la bouée de sauvetage des sans-dents.

Les réformes concernant le placement préféré des Français sont aussi nombreuses que les gouvernements qui se sont succédé, de gauche comme de droite. Mais avec une constante : rogner toujours plus les maigres avantages qu’il propose aux épargnants les plus modestes. Il n’y a pas de règles claires, fixes, connues, simples établissant le taux de rémunération. Il a été modifié en 2003, en 2004, en 2005, en 2008, en 2009, en 2011. Et rebelote cette année !

Le mode de calcul est des plus touffus mais il comporte (jusqu’à maintenant), un cliquet de protection : le taux de rémunération doit être au minimum égal à l’inflation augmentée d’un quart de point.

Comment ? Laisser 0,25 % d’intérêts annuel à ces salauds de pauvres ? Voilà qui donne des boutons à ce grand républicain qu’est François Villeroy de Galhau, ci-devant gouverneur de la Banque de France. Et c’est ce maigre avantage qu’il veut faire sauter le particulé. Eh ! Les sans-culottes, vous n’avez pas bien fait le boulot, et c’est maintenant les sans-dents qui morflent…

Si la « réforme » passe, elle ne prendra pas effet immédiatement, pour cause d’élections présidentielles. Donc pas de changement à craindre au prochain rendez-vous prévu légalement, soit celui du 1er février 2017. Mais au suivant, soit au 1er août 2017 (en pleines vacances d’été !), les petits épargnants ont de fortes chances de se faire arracher quelques plumes de plus…

Ce que ces crapules vont nous voler, ce n’est pas rien ! Le Livret A et le livret qui lui est adossé, le Livret de développement durable (LDD), totalisent environ 270 milliards d’euros de dépôts, auxquels il faut ajouter les quelque 50 milliards d’euros du Livret d’épargne populaire (LEP), soit 320 milliards au total, un point de variation du taux de rémunération équivaut à 3,2 milliards d’euros sur un an, soit 800 millions d’euros par trimestre. Soit, pour un demi-point 400 millions d’euros !

Ces magouilles révèlent une constante du fonctionnement de notre république en la matière : quelle que soit l’alternance en 2017, Bercy et la Banque de France ont pris par avance les dispositions pour que rien ne change. À sa manière, le Livret A confirme que le système oligarchique français se fout royalement des alternances démocratiques et poursuit ses manigances secrètes, ses arnaques sournoises, dans le plus souverain mépris de ce que les citoyens peuvent espérer ou décider…

Notons que le ci-devant Villeroy de Galhau François, patron de la Banque de France, a fait toute sa carrière de banquier à BNP Paribas. Notons encore que la Direction du Trésor, à Bercy, est depuis toujours une sorte d’annexe de la Fédération bancaire française… Les « inspecteurs des finances » se font un carnet d'adresses à Bercy puis vont pantoufler grassement dans les banques privées. Et, en sens inverse, les banquiers viennent « conseiller » les hauts fonctionnaires. Ben voyons. Entre gens du même monde, on s’entend toujours. Sur le dos des manants…

Le livret A est une épargne solidaire. Le pécule des épargnants est faiblement rémunéré mais cet argent est ensuite prêté aux organismes HLM pour la construction de logements sociaux à des taux d’intérêt très faibles et sur le temps long. Ce système, qui fonctionne depuis des dizaines d’années, a fait des jaloux : les banques. Elles ont fait des pieds et des mains pour récupérer une part de ce gros gâteau. Et elles ont réussi leur hold-up sous Sarkozy qui a permis aux banques privées de récupérer une partie de l’épargne « Livret A » jusqu’alors gérés exclusivement par les Caisses d’épargne et La Poste. Alors qu’auparavant, 100 % de la collecte du livret A était centralisée par la Cour des comptes et était uniquement destinée au financement de la construction de logements sociaux, ça n’a été rapidement plus été que 70 à 60 %. Le détournement des 30 à 40 % restants a été justifié par la nécessité de financer les PME ; si une partie de ces dizaines de milliards d’euros s’est bien concrétisée par quelques prêts parcimonieux vers les entreprises, pas mal de bons milliards de fric de pauvres sont cependant allés dans les poches des banques qui ont utilisé le magot pour se recapitaliser : ces nouvelles liquidités leur permettant de se refaire une santé après avoir perdu beaucoup d’argent dans les emprunts toxiques. Mais ce n’est pas tout : pendant l’été 2013, alors que la collecte du livret A atteignait les sommets, plus de 260 milliards d’euros, c’est un gouvernement de gauche cette fois qui a fait le choix d’offrir à nouveau un cadeau aux banques. Celles-ci ont récupéré la gestion de 15 nouveaux milliards d’euros supplémentaires tirés du livret A.

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira… Parfois, on en vient à regretter la Veuve…

 

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14/11/2016

Une grande voix s’est éteinte : Malek Chebel « passeur de sens entre l’Orient et l’Occident »

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Une grande voix s’est éteinte, celle d’un philosophe de culture musulmane, Malek Chebel. Psychanalyste, philosophe, il était aussi un anthropologue des religions, spécialiste du monde arabo-musulman et adepte d’un "islam des Lumières". Il se voulait « passeur de sens entre l’Orient et l’Occident ».

Écoutons quelques-unes de ses paroles : « On me présente comme un « libérateur » de la femme. Car le combat que je mène contre les formes archaïques de l’expression de l’islam passe forcément par la femme, cet épicentre de la transgression, lieu de tous les complexes, refoulements et blocages. Pour le machiste, pour le misogyne musulman, la femme n’était qu’un « entrecuisse », une momie privée de jouissance. La vocation de mon travail a consisté à réhabiliter le désir féminin. »

Dans un de ses livres, « L’inconscient de l’islam », il tente d’expliquer ce qui se cache derrière le miroir et qui est une clef de compréhension du djihadisme d’aujourd’hui : «…/… la guerre sainte s’est arrêtée à la mort du prophète en 632. Toutes les guerres qui ont suivi étaient des guerres de puissance. Il s’agissait de peupler le harem du souverain de jeunes femmes venues d’ailleurs afin de régénérer le sang de la race. Exit l’idée de l’expansion de l’islam, l’heure était à l’assouvissement d’un désir de puissance et d’un désir sexuel. Chaque potentat avait par exemple à cœur de posséder son esclave blanche. La guerre pour les femmes se substitue à la guerre sainte.…/… On peut s’interroger sur la véritable nature de la guerre sainte à laquelle s’accrochent les djihadistes d’aujourd’hui, adeptes du « mariage temporaire », qui sévissent sur tous les fronts…./… Cette structure mentale ne relève pas de l’islam, mais de la négation de l’islam, d’un islam de razzia, en partie criminogène, qu’il faut pointer et dénoncer, car il porte atteinte aux croyants. »

/…

« Aujourd’hui encore, tout écrivain qui ose écrire un livre risque d’être pris pour un anti-prophète.

Pour l’instant, la confusion entre religion, politique et liberté dans la doctrine musulmane est totale. C’est pourquoi, je me bats pour un islam des Lumières. Il faut couper le cordon ombilical qui relie la religion à la politique. La religion a tout à fait sa place dans la cité musulmane, y compris lorsque l’islam est à l’extérieur de ses territoires comme en France ou en Europe, mais dans le cadre de la mosquée. La séparation entre la politique et la religion est le point le plus crucial de la marche de l’islam vers la modernité. Si nous n’arrivons pas à briser le lien entre ces deux univers, on ne fera bouger l’islam qu’à la marge. Cette séparation des deux corps est la condition indispensable pour faire évoluer le monde arabo-musulman notamment sur le statut des femmes ».

./… « On en revient à la difficile séparation des corps. Il faut faire un travail d’information et de pédagogie, poser les limites et les frontières entre la citoyenneté et la religion. Il faut répéter que l’islam des terroristes n’est pas l’islam et qu’il y a différentes couleurs de l’islam. Répéter aussi que la laïcité n’est pas l’ennemi de l’islam. C’est un gros chantier qui demande du temps. Mais je suis persuadé que nous pouvons réussir. »

/…

« Je suis contre le voile et radicalement opposé à la burqa. Pour fabriquer un intégriste, il faut trois semaines, parfois moins. Quand il ne s’agit que de fabriquer une bombe, Internet suffit. Mais, pour fabriquer un intellectuel, il faut trente ans. Pourtant, je crois que nous sommes la perspective. Et nous gagnons face aux imams incultes, ces commerçants devenus imams. Ils ne sont pas crédibles. Leurs vues médiévales sur les femmes suscitent des oppositions jusque dans les mosquées »

/…

« Je propose que l’islam soit une chance et non une contrainte ou un enfermement. Cherchons les espaces de liberté et d’intelligence qu’il nous propose, plutôt que le rigorisme d’un dogme dont on connaît les effets réducteurs. Un musulman nouveau est sans doute en train de naître sous nos yeux. Et son double défi consiste à gagner sa modernité sans perdre sa foi.

En France, par exemple, c’est par la part inaliénable de la citoyenneté que le musulman aspire à s’intégrer. Et il se méfiera même de ceux qui veulent le cantonner à la mosquée, parce que c’est nier chez lui la possibilité qu’il puisse être laïque, aimer la laïcité et la défendre en tant que telle. Finalement, le gage que la modernité a pris sur l’islam, c’est que le sujet musulman sera fabriqué ici en Occident avant qu’il n’advienne là-bas ».


Voilà qui change des vociférations des salafistes et autres wahabistes ou des propos mielleux largement diffusés d'un quelconque Tarik Ramadan si cher aux collabobos...

 

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Sources :

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/06/31001-20150206ARTFIG00387-malek-chebel-l-islam-la-france-charlie-hebdo-et-moi.php

http://www.cnrseditions.fr/religions/7028-l-inconscient-de-l-islam.html

http://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Malek-Chebel-Les-femmes-font-trembler-le-monde-arabe-2459327

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20161112.OBS1092/malek-chebel-l-anthropologue-de-la-sexualite-en-islam-est-mort.html

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161112.OBS1095/quand-malek-chebel-decryptait-les-origines-historiques-de-l-islamophobie.html

http://www.noorrevue.fr/

 

11/11/2016

« Moi mon colon, celle que j'préfère, c'est la guerre de 14-18 »

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Nous voilà dans les commémorations. Aujourd'hui celle de la plus aberrante boucherie qu'il soit, puis dans la foulée celle des massacres aveugles commis par les tarés d'allah. François, qui excelle plus dans ce registre que dans le courage politique, va nous faire de beaux discours. Auxquels on peut préférer les paroles d'Henri Barbusse dans « Le feu, journal d’une escouade » :

« Plus que les charges qui ressemblent à des revues, plus que les batailles visibles déployées comme des oriflammes, plus même que les corps à corps où l’on se démène en criant, cette guerre, c’est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue et l’ordure et l’infâme saleté. C’est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C’est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aiguës, c’est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l’argent, ni le chant du coq du clairon au soleil ! »

Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se la faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et…amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les crânes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, les sans-dents de la France d’en-bas s’étripait avec ceux de l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les ploucs des campagnes et les manards des villes se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui pavane sans vergogne en rêvant de trumpiser le pays.

La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson de tonton Brassens qui par la dérision lucide marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

 

https://www.youtube.com/watch?v=l2F5qaHzkj0

 

Et puis aussi, en la mémoire de Léonard qui vient de lâcher la rampe:

https://www.youtube.com/watch?v=BmPUu-rMpWA

 

09/11/2016

USA. La victoire de ceux qui n'avaient plus rien à perdre.

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Jubilatoire d'entendre depuis ce matin les gémissements des chiens de garde de l'orthodoxie ultralibérale.

Patrick Cohen : « Je vous rappelle que l'impensable est en train de se réaliser ».

Bernard Guetta qui se lamente : « Sous Trump il faut s'attendre à l'affaiblissement de l'alliance atlantique », à un « bras de fer avec la Chine », à un « repli isolationniste » et même – horreur suprême pour Guetta – à une « entente avec Poutine dont les « perdants » seront la Syrie et l'Ukraine ».

Et que dire de Paul Krugman, l'un des intellectuel plein de morgue interviewé, prix Nobel d'économie, le défenseur du libre-échange et de la mondialisation des économies : « It's a terrific night ». Ben voyons : les « marchés » tremblent, les couilles-en-or ternissent, les profiteurs et arnaqueurs de tous acabits sentent le « tremblement de terre » qui commence.

Voilà qui devrait réjouir bien des milliards de pékins vulgaris car tout ce qui est mauvais pour les États-Unis est bon pour le reste du monde !

S'il a été élu, Trump, c’est par rejet de Wall Street et des élites que représente jusqu'à la caricature Hillary Clinton.

S'il a été élu, c'est par le désarroi d'une classe moyenne sacrifiée et qui voit en lui une bouée de sauvetage pour ne pas sombrer et tomber dans la pauvreté.

S'il a été élu, c'est parce que les « zélites », les merdias n'ont pas vu, derrière le clown, la grande colère des classes laborieuses étasuniennes. Une colère exprimée par les jeunes lors des primaires par les 12 millions d’électeurs du sénateur démocrate Bernie Sanders autant que par ceux qui, piétinant les caciques républicains, ont mis en selle le milliardaire self made man Trump. C'est la victoire de l'Amérique oubliée.

S'il a été élu, c'est parce que cette population oublié, méprisée, humiliée – la classe moyenne, les « petits blancs » - constitue encore 74 % de l'électorat ! Et ils l'ont fait savoir. Alors les « zélites » autruches des États-Unis sortent la tête du sable et découvrent la détresse des planteurs de tabac de Virginie, les mineurs des Appalaches, les ouvriers de Détroit devenu simples vigiles pour les grandes surfaces. Elles découvrent que l'espérance de vie chez ces oubliés baisse sous l'effet dela misère et de ses effets: la drogue, de l'obésité, des suicides. Treize ans de moins que chez les diplômés. Elles découvrent l'existence d'ilots de pauvreté blancs à côté des ghettos noirs.

S'il a été élu, c'est parce que cette majorité silencieuse a enfin compris qu'elle seule paie les conséquences d'une crise économique déclenchée par les banksters au pouvoir et qui, non seulement ne leur rien coûté, mais les a enrichis.

S'il a été élu, c'est parce que malgré les belles promesses, Obama est resté dans les rails tracés par l'oligarchie d'affaire qui tire le ficelles à Washington. Ces Étasuniens « sans-dents » se sentent à juste titre dépossédés de leur nation, de leur patrie par une poignée de possédants mafieux qui les méprise, les exploite, les rejette.

S'il a été élu, c'est par la révolte des 99 % » contre les « 1 % » de parasites.

S'il a été élu, c'est parce que les perspectives qui sont offertes au peuple, ce sont les ouvriers remplacés par les robots, les caissière remplacées par les scanners de caisse, les chauffeurs de poids-lourds et de taxis remplacés par les véhicules autonomes comme vient de le montrer Google. Qu'est-ce qu'on leur offre à a place ? D'être chauffeur « Uber », d'être auto entrepreneur sans aucune protection, voire chair à canon pour les innombrables guerres entretenues ou déclenchés pat le complexe militaro industriel tout puissant.

S'il a été élu, c'est à cause de la mondialisation voulue et orchestrée par les multinationales avec pour résultats des délocalisations pourvoyeuses de chômage découlant des divers traités commerciaux genre Alena avec le Canada et le Mexique, le TPP (Trans-Pacific Partnership) en Asie, le très rejeté Tafta prévu avec l'Europe.

Trump, pas si clown qu'on veut nous faire croire, a dit à ce sujet : « Nos politiciens ont promu avec vigueur une politique de mondialisation. Elle a enrichi l’élite financière qui contribue à leurs campagnes. Mais des millions de travailleurs américains n’en ont retiré que misère et mal au cœur. »

Le marchand de béton new-yorkais, lui, parle d’industries à défendre, d’accords commerciaux à dénoncer plutôt que de port d'armes et de Bible…

Et en France ? Quelles répercussions ? Nous connaissons nous aussi des colères populaires contre la « globalisation », contre la ségrégation sociale, contre la connivence des élites, contre l'avidité des possédants, contre la nullité des partis dits « de gouvernements », contre la professionnalisation des politiques, contre l'impunité des multinationales, contre le fossé des inégalités.

Dès lors l'arrivée au pouvoir d'une Le Pen est à redouter, celle d'un Mélenchon est à espérer.

 

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07/11/2016

Au bistro de la toile : Trump ? Clinton ? Bonnet blanc et blanc bonnet ? Pas sûr.

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- ...teng, Victor, ils nous les gonflent sérieux les aliboffis avec leur konnerie d'élection étasunienne. On a assez à réfléchir avec la nôtre d'élection !

- C'est vrai Loulle. C'est une manifestation du léchage de bottes des peuples soumis envers leur suzerain… Pourtant, tout ce qui touche à l'orientation politique, économique, financière des Etats-Unis nous importe, même – et c'est le cas tant pour toi que pour moi – si on se fout comme de notre première cuite de ce pays de voleurs de terre, de voleurs de nom. Ceci à travers les multinationales, le dollar, l'Otan, le divers traités commerciaux imposés, le FMI, l'OMC et toutes ces instances soi-disant internationales mais qui ne sont en fait que des instruments de domination des Etats-Unis.

- Vu sous cet angle… Mais dis-moi, voleur de terre, je comprends : ils se sont construits sur le génocide de 30 millions d'Amérindiens et l'esclavagisme de 30 millions de Noirs. Mais voleurs de nom ?

- Oui. Voleurs de nom : ils se proclament comme étant « les Américains ». Comme si les Canadiens, les Brésiliens, les Argentins, tous les états d'Amérique du sud - et même nous, Français de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe, de Saint-Pierre-et-Miquelon – n'étaient pas Américains au même titre qu'eux !

- C'est vrai ça . Donc si je te suis, le résultat des élections être Trump et Clinton nous importe ?

- Ben ouais… Qu'on le veuille ou non, c'est comme ça. Mais ne nous y trompons pas, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Le système étasunien du bipartisme donne tous les quatre ans aux électeurs l'illusion de la démocratie. Au banquet des élections, ils ont à choisir entre immangeable et dégueulasse. Ça les amuse – comme nous d'ailleurs. C'est une sorte de match et les gens choisissent leur équipe. Ils ont alors le rôle de « supporter » d'un camp ou de l'autre. Avec toute la finesse que l'on connaît aux « supporters » sportifs ! Mais le lendemain, quand les lampions sont éteints, les banksters, les maquereaux des multinationales, les escrocs des fonds de pensions, le complexe militaro-industriel, bref, tous les ploutocrates du « 1 % » sablent le Champagne : ils ont réussi une fois encore à manipuler les « 99 % » de façon a ce qu'un fantoche, une marionnette soutenue par eux, s'imposent à la tête du système. Ils lui demanderont alors des comptes, de renvoyer l'ascenseur. C'est le « - Qui t'a fait Duc ? - Qui t-a fait Roi ? » à la sauce électorale.

- Tout de même, Victor. Comment une vieille démocratie comme les Etats-Unis peut-elle donner à choisir entre Trump et Clinton ? Entre le prototype du gros kon inculte tendance facho et la fin de série d'une dynastie de politicards véreux jusqu'au trognon.

- Et nous ? On aura peut-être le choix entre une facho qui se cherche une respectabilité, un ancien président « quincaillier » tellement il se trimbale de casseroles au cul, et un pseudo socialiste nullissime. Et les Italiens, ils ont bien élu et réélu plusieurs fois Berlusconi ? Ces élus ne sont que les marionnettes des oligarques de l'ultra libéralisme. Au plus ils sont nuls et souples de l'échine, au plus ils seront « aidés » par les puissances économiques, et donc au mieux ils obéiront et feront le lit des puissants qui les ont mis en place en achetant leur docilité avec leur pognon.

- Ça fait mal au cul, mais c'est vrai… Mais enfin, Trump, il parle comme un charretier, il raconte des konneries énormes : construire un mur de la honte sur des milliers de kilomètres contre les Mexicains, il veut interdire l'entrée aux États-Unis aux musulmans…

- Mais Loulle, il dit ce que pense la moitié des Étasuniens ! Seulement il le dit sans langue de bois. Brut de décoffrage, comme le promoteur immobilier qu'il est ! Et c'est ce mépris pour les formes, ce rejet du langage politiquement correct qui fait son succès. Les électeurs se reconnaissent en lui. Ça les change de tous les sénateurs pompeux qui parlent « correctement » mais se remplissent les poches du pognon des lobbyistes… Le Donald Trump, Loulle, il se proclame social-libéral, ce qui, aux États-Unis, est presque « de gauche » ! Et puis il veut faire payer les riches. Oui. Il veut faire raquer plus d'impôts aux 1 % qui maquerautent le pays.

- Tu parles...Il fera comme les autres puisque tu nous as dit que tous sont redevables de leur élection aux grandes entreprises qui donnent des montagnes de thunes pour leurs campagnes...

- Eh bien, justement non. Parce que le Trump, il paie sa campagne avec son propre fric ! Il serait donc idéalement placé pour faire rendre gorge aux banksters qui tiennent le pays puisqu'il ne leur devra rien  ! Mieux que la petite madame Clinton, qui fait de la présidence du pays une affaire de famille comme le clan Bush, et se vautre dans le fric généreusement donné par les cadors de Wall Street.

- Attend Victor, ce type veut supprimer le peu de social qu'Obama a réussi à imposer, comme leur embryon de sécurité sociale, il est raciste tant contre les Noirs que contre les Latinos, il veut construire un mur sur des milliers de kilomètres à la frontière du Mexique, il veut interdire l'entrée du territoire aux musulmans, etc. etc. En plus, tous les médias , en France et en Europe, le roulent dans la merde et font tous allégeance à Clintonette…

- Raison de plus pour y regarder de plus près. Il sera probablement une calamité pour ses concitoyens. Mais ça, on s'en fout Loulle, qu'ils se démerdent entre eux chez eux. Ce qui importe pour nous, c'est sa politique étrangère. Les plumitifs le qualifient tous d'ignare en la matière. Et pourtant le Trump, il pense que la guerre en Irak a été une énorme konnerie ; il pense que l'Otan ne sert à rien et coûte trop de pognon aux Etasuniens ; il est contre les traités commerciaux genre Tafta, Ceta, Alena et autres ; il est pour un rapprochement pragmatique avec la Russie ; il n'a rien à foutre des embrouilles du Moyen-Orient, etc. Et ça, c'est très bon pour nous, Loulle !

- Mouais, si tu le dis… Mais Tout aco, i ma mère m'a fa ! comme on dit chez nous.

- Allez, à la nôtre !

 

Illustration, merci au regretté Chimulus

04/11/2016

AVEC "TES": TOUS FLIQUÉS

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Décidément, ils sont madrés et roublards, comme tous les politicards « professionnels ». « Ils », c sont les membres de ce gouvernement dit « de gôôche » qui a profité du fait que les citoyens jouaient les pontonniers pendant le long pont de Toussaint, Halloween, Jour des Morts pour porter une atteinte grave, très grave à nos libertés individuelles. Ceci sournoisement, en court-circuitant les voies parlementaires, par simple décret administratif. Le nom de ce déni de démocratie : le fichier des « Titres électroniques sécurisés (TES).

Késaco ? Il s'agit d'un énorme fichier électronique qui va fliquer l'ensemble des possesseurs d'une carte d'identité nationale ou d'un passeport. Autrement dit TOUS les Français. Vont être ainsi mis dans ce fichier tout ce qui à trait à notre identité, voire à notre personnalité.

Voici les termes exacts du décret :

Art. 2

Les données à caractère personnel et informations enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er sont :

1 Les données relatives au demandeur ou au titulaire du titre :

a) Le nom de famille, le nom d’usage, les prénoms;

b) La date et le lieu de naissance;

c) Le sexe; d) La couleur des yeux;

e) La taille;

f) Le domicile ou la résidence ou, le cas échéant, la commune de rattachement de l’intéressé ou l’adresse de l’organisme d’accueil auprès duquel la personne est domiciliée;

g) Les données relatives à sa filiation: les noms, prénoms, dates et lieux de naissance de ses parents, leur nationalité;

h) Le cas échéant, le document attestant de la qualité du représentant légal lorsque le titulaire du titre est un mineur ou un majeur placé sous tutelle;

i) L’image numérisée du visage et celle des empreintes digitales qui peuvent être légalement recueillies;

j) L’image numérisée de la signature du demandeur de la carte nationale d’identité;

k) L’adresse de messagerie électronique et les coordonnées téléphoniques du demandeur, lorsque

celui-ci a choisi d’effectuer une pré-demande de titre en ligne ou a demandé à bénéficier de l’envoi postal sécurisé, ou sur déclaration de l’usager lorsqu’il souhaite être informé par ce moyen

de la disponibilité de son titre ;

l) Le cas échéant, le code de connexion délivré par l’administration au demandeur pour lui permettre de déclarer a réception de son passeport lorsque ce titre lui a été adressé par courrier sécurisé.

 

Mais ce n'est pas tout. Le procédé inquisitoire se corse lorsque l'on connaît le vaste éventail des personnes habilitées à utiliser ce fichier.

Reprenons là encore les termes exacts du décret :

Art. 3 – Peuvent accéder, à raison de leurs attributions et dans la limite du besoin d’en connaître, à tout ou partie des données enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er et dans le composant électronique prévu à l’article 2 du décret du 30 décembre 2005 susvisé:

1 - Les agents des services centraux du ministère de l’intérieur et du ministère des affaires étrangères chargés de l’application de la réglementation relative au passeport et à la carte nationale d’identité, individuellement désignés et dûment habilités par le ministre de l’intérieur ou le ministre des affaires étrangères;

2 - Les agents des préfectures et des sous-préfectures chargés de la délivrance des passeports et des cartes nationales d’identité, individuellement désignés et dûment habilités par le préfet;

3 - Les agents diplomatiques et consulaires chargés de la délivrance des passeports et des cartes nationales d’identité, individuellement désignés et dûment habilités par l’ambassadeur ou le consul;

4 - Les agents chargés de la délivrance des passeports de service au ministère de l’intérieur, individuellement désignés et dûment habilités par le ministre de l’intérieur.

II. – Peuvent accéder aux données enregistrées dans le composant électronique prévu à l’article 2 du décret du 30 décembre 2005 susvisé dans le cadre de leur mission de recueil de la demande et de remise des titres:

1 - Les agents des communes individuellement désignés et dûment habilités par le maire;

2 - Pour les seuls passeports de mission, les agents des formations administratives du ministère de la défense, individuellement désignés et dûment habilités par le ministre de la défense.

Le ministre de la défense peut, par arrêté, déléguer ses pouvoirs dans ce domaine aux commandants des formations administratives.

Art. 4 – Pour les besoins exclusifs de leurs missions, peuvent accéder aux données enregistrées dans le traitement prévu à l’article 1er, à l’exclusion de l’image numérisée des empreintes digitales, dans les conditions fixées par l’article L. 222-1 du code de la sécurité intérieure:

1 - Les agents des services de la police nationale et les militaires des unités de la gendarmerie nationale chargés des missions de prévention et de répression des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et des actes de terrorisme, individuellement désignés et dûment habilités par le directeur dont ils relèvent;

2 - Les agents des services spécialisés du renseignement mentionnés à l’article R. 222-1 du code de la sécurité intérieure, individuellement désignés et dûment habilités par le directeur dont ils relèvent, pour les seuls besoins de la prévention des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation et des actes de terrorisme.

/…

Ça fait beaucoup de monde. Évidemment disent les auteurs de ce décret, ce fichier ne servira qu'à simplifier et accélérer les procédures d'obtention d'une carte d'identité ou d'un passeports, il servira aussi à lutter contre les faux papiers et les usurpations d'identité, il ne pourra être utiliser que pour authentifier une pièce, pas pour identifié un individu, il contribuera enfin à la lutte contre le terrorisme. Souhaits pieux bien louables mais qui puent l'hypocrisie : où est la différence entre l'authentification et l'identification puisque ce fichier sera ouvert à toutes les forces policières du pays, y compris les services de renseignements, et même dans certains cas ouverts à Interpol et à des services étrangers.

Bon, vous me direz, les « braves gens » n'en ont rien à cirer puisqu'ils n'ont rien à cacher. Ben voyons, aujourd'hui peut-être mais qu'en sera-t-il demain, avec les dérives vers le tout sécuritaire qui envahissent l'espace politique ? Vous croyez que Microlax 1er s'il revient au pouvoir ou la fille du borgne feront le distingo subtil entre « l'authentification » et « l'identification » ?

Ce fichier, combiné avec un logiciel de reconnaissance faciale permettra de reconnaître n'importe qui dans des photos de foule, au cours de manifs par exemple. Vous n'y croyez pas ? Tenez, faites l'expérience avec cette photo qui regroupe des milliers de personnes à la cérémonie d'intronisation d'Obama

http://gigapan.org/viewGigapanFullscreen.php?auth=033ef14483ee899496648c2b4b06233c

En zoomant, vous pouvez reconnaître avec une grande précision les visages même lointains. La reconnaissance faciale fera le reste. Et les divers services de flicages complèteront (clandestinement ?) votre fiche et connaîtront ainsi vos orientations sexuelles si vous allez à la gay-pride, syndicales si vous allez à la manif, politique si vous allez à tel ou tel meeting, etc. C'est bluffant, eh ?

Et s'il n'y avait que les représentants de l'ordre habilités, mais un tel fichier sera une formidable source de profit pour les hackers de tout acabit.

Cette horreur sécuritaire est déjà venu menacer nos libertés. C'était en 2011, sous Sarkozy. Un dispositif similaire mais de moins grande ampleur avait déjà été voté. C'était « le fichier des honnêtes gens ». Le Conseil Constitutionnel y avait mis un terme en 2012. Jean-Jacques Urvoas (actuel garde des Sceaux), avait vigoureusement dénoncé à l'époque le super fichier voulu par la majorité d'alors. Dans son blog, le député PS finistérien s'élevait contre le « fichier des gens honnêtes ». « Nous allons voter contre. Ce texte contient la création d'un fichier à la puissance jamais atteinte dans notre pays puisqu'il va concerner la totalité de la population ! Aucune autre démocratie n'a osé franchir ce pas », écrivait-il en mars 2012. « Nous considérons donc que l'existence de ce fichier sera une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée », ajoutait Jean-Jacques Urvoas. Quatre ans plus tard, c'est le même Urvoas, garde des sceaux, qui, sournoisement, ressuscite le même fichier en pire, et pour éviter de se faire retoquer par le Conseil constitutionnel, passe par un simple décret.

Voilà comment ce gouvernement de Ganelon se planque derrière les arches du grand pont de la Toussaint pour faire ses saletés d'une manière qu'il espérait discrète.

Va fan culo.

 

 Texte complet du décret:

https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000033318345&oldAction=rechExpTexteJorf

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25/10/2016

Au bistro de la toile : « Où wallons-nous ? »

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- Alors Victor, où wallons-nous ? Où wallons-nous ?

- On ne sait pas où on va Loulle, mais on y va ! Mais est-ce que nous valons les Wallons ? Certainement pas. A écouter les machines à bruits et les lucarnes à décerveler, ces moins de quatre millions de Gaulois arriérés bloquent la marche vers le bonheur ultra libéral de cinq-cents millions d'Européens ! Mais au contraire, ces Wallons sont l'honneur de l'Europe. Ils montrent la voie. Ils prouvent que l'on peut encore s'opposer aux diktats de la finance et des conglomérats mafieux multinationaux. Et leur ministre-président est le seul, je dis bien le seul qui a les aliboffis bien pendus parmi la foultitude de politicards soucieux avant tout de leurs propres intérêts en se foutant comme de leur première magouille de l'intérêt général des peuples qui les ont élus. En disant NON à ce traité félon, négocié sournoisement sur le dos des populations par des technocrates irresponsables élus par personne, ils redonnent de l'ESPOIR à ces peuples régulièrement manipulés, méprisés, trompés. Comme le peuple français qui a voté NON à la « constitution européenne » et a été baisé jusqu'au trognon par Sarko et ses sbires, sur injonction des euronuisibles de Bruxelles. Comme les Irlandais, sommés de revoter jusqu'à ce qu'ils « votent bien ». Comme les Grecs, écrasés par la morgue de l'Europe teutonne.

- Alors, il faut frexité ? Foutre le camp de l'U.E. ? Comme les Britiches avec leur Brexit ?

- Certainement pas. L'Europe est la plus belle utopie réalisée. Mais elle a été dévoyée par une dérive fatale vers l'ultralibéralisme, vers cette « concurrence libre et non faussée » qui met surtout en concurrence les laborieux des pays entre eux. Entre le salaire minimum d'un Bulgare (160 euros) et celui d'un Luxembourgeois (1900 euros), il y a un sacré fossé. Les pays membres de l'U.E. n'ont d'ailleurs pas tous de Smic. Trois groupes se distinguent : - Les salaires inférieurs à 500 euros (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Slovaquie, Pologne, Croatie) ; - Les salaires minimums entre 513 et 790 euros (Portugal, Grèce, Malte, Espagne, Slovénie) ; - Les plus hauts salaires, entre 1343 et 1923 euros (Royaume-Uni, France, Irlande, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne). Les six autres Etats membres (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie, Suède) ont fixé un salaire minimum par branches ou prévoient que les salaires minimums soient déterminés par négociation entre les partenaires sociaux. Longtemps intransigeante sur la question, l'Allemagne a mis en place un salaire minimum de 8,50 euros de l’heure le 1er janvier 2015. Dès lors les rapaces de la finance qui ont pris le pouvoir et qui régissent l'Europe ont tout loisir de faire se concurrencer entre eux les sans-dents qui n'ont que leur sueur à vendre. Avec les « travailleurs détachés », autre appellation de la répugnante directive « Bolskesteim », l'esclavage revient à la vitesse Grand V.

Donc, pas question de quitter l'Europe, mais il faut la refonder. A quelques pays seulement, autour des membres fondateurs historiques. La sortie de la Grande-Bretagne montre la faillite de l'Europe actuelle. Il faut en profiter pour renverser la table et tout remettre à plat. En refondant les institutions européennes sur des bases réellement démocratiques, où la Commission serait responsable devant les citoyens européens et non un machin hors-sol à la solde de tous les lobbies, dirigé par des voyous comme Barrosso et Junker. Et c'est faisable : la petite mais héroïque Wallonie le prouve ! Par la volonté d'un élu courageux elle met à la poubelle cette horreur économique qu'est le Ceta.

- Espérons que, finalement, les Wallons ne se déwalloneront pas… Bon. Mais explique-moi simplement en quoi ce traité commercial est nuisible ?

- Il y a dans ce traité – 1598 pages, uniquement en Anglais !!! - des choses probablement positives, en tout cas facilitant les échanges commerciaux entre les 30 millions de Canadiens et les 435 millions d’Européens (plus 500 millions puisque les Rosbifs ont brexités!). Mais le hic, c'est que ce traité se veut global et pas seulement commercial. La France a réussi à en faire sortir la culture, mais pour combien de temps ? Donc, dans ce Ceta, il y a beaucoup de sauce pour cacher deux choses essentielles qui sont rédhibitoires.

La première, c'est l'institution de tribunaux privés devant lesquels les multinationales pourront trainer les États dès lors que ceux-ci voteraient des lois susceptibles de nuire à leurs intérêts. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales pourraient attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Ou contre l'interdiction de la fracturation pour l'extraction des gaz de schistes. Juridictions sans appel possible. Dès lors, avec une telle épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, aucun gouvernement n'osera voter des lois allant à l'encontre des intérêts des multinationales. C'est la mort de la démocratie et l'avènement des ploutocraties.

- Plouto quoi ? C'est quoi ce truc ?

- C'est du Grec, comme bien des mots français. De « ploutos », richesse, fric et « kratos », pouvoir. C'est le gouvernement des riches au profit des seuls riches. C'est exactement ce qui caractérise le fonctionnement de l'U.E. actuelle, dans laquelle les « lobbies », les groupes de pression des multinationales influent sur la Commission qui propose les « directives » que les États de l'Union sont ensuite contraints d'intégrer dans leurs législations nationales. Nous pouvons dire un énorme MERCI aux Wallons qui, seuls, font face à ces horreurs.

- Et la deuxième choses rédhibitoire ?

- Çà concerne la libéralisation des services. C'est très vaste, ce ne sont pas seulement les banques ou les assurances mais tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie et la culture, malgré les réticences de la France. D'ordinaire, dans les accords de pays à pays, les partenaires établissent une liste des secteurs qu'ils incluent dans les accords. C'est ce qu'on appelle « liste positive ». Mais le traité Ceta, comme Tafta et Tisa (une autre belle saloperie) veut inverser cette logique en instituant des « listes négatives ». C'est-à-dire que les États devront établir la liste des secteurs d'activité qu'ils veulent explicitement exclurent du domaine de juridiction des accords. Tout le reste étant dès lors libéralisable ! Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

- Ah ouais. C'est dingue ce truc. C'est mettre nos systèmes politiques à la merci des seuls marchands de soupe, des multinationales qui deviennent ainsi supérieures aux États. C'est effectivement la fin de la démocratie. Mais attend Victor, comment nos gouvernants, nos soi-disant élites ont-ils pu accepter ça ? Et pourquoi les médias nous enfument ? Ils sont incompétents ou complices ?

- Ils sont plus complices qu'incompétents. Alors qu'est-ce qu'on dit aux Wallons ?

- Merci, mille merci ! Et, tè, Victor, en leur honneur, on va trinquer à la bière ! J'ai à la cave quelques boutanches de « Trappistes » sérieuses.

- A la nôtre et aux Wallons !

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Illustrations: merci à Chimulus et à X - Droits réservés

22/10/2016

ESCLAVAGE toujours présent en Mauritanie, mais pas seulement là...

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Hier matin, alors que j'entendais en bruit de fond l'édition matinale de France Inter, mon attention a été brusquement accrochée par quelques paroles prononcées avec conviction par une voix de femme : « En Mauritanie, l'esclavage traditionnel existe encore. Un esclavage où l'on peut "vendre, on peut donner" des esclaves, "où l'on peut en faire ce qu'on veut, on a droit de vie et de mort sur eux ». Cette voix était – je l'ai appris plus tard - celle de Madame Fatimata Mbaye, avocate mauritanienne, distinguées par de nombreuses récompenses internationales pour son combat contre l'esclavage, entre autres.

Donc, en Mauritanie, un être humain peut appartenir à un autre être humain. On peut le vendre, le donner, l'échanger, le louer, le prêter ; il a une valeur marchande ; il a une côte tarifaire. Comme un meuble, comme une voiture, comme un chameau, comme une chèvre. Ahurissant mais vrai si l'on en croit cette dame. Bien sûr ce n'est pas légal et c'est même sévèrement (en principe) réprimé par les lois de ce pays, mais c'est dans la réalité des faits. Mais ce n'est pas une spécialité mauritanienne : 'esclavage est pratique courante chez nos « amis » du Qatar, d'Arabie saoudite » et ailleurs, en terres d'islam ou ailleurs...

Mme Mbaye continue: « On vit un paradoxe assez extraordinaire dans ce qui se passe en Mauritanie. L'esclavage a été inscrit dans la Constitution comme un crime, mais aujourd'hui il y a très peu de condamnations et quand il y en a, les peines ne sont pas exécutées. Si nous regardons autour de nous, nous voyons des femmes (et des enfants !) qui sont victimes de la traite, qui sont violentées et qui doivent être protégées. »

Alors j'ai un peu creusé la question et je suis tombé sur un entretien de M. Biram Dah Abeid avec Rémi Carayol, journaliste à l'excellent magazine Jeune Afrique :

Président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid dénonce la subsistance de pratiques esclavagistes en Mauritanie. Militant anti-esclavagiste subversif, Biram Dah Abeid, lui-même descendant d’esclaves, est la bête noire du régime mauritanien depuis qu’il a, en 2008, fondé l'IRA. En 2012, il a été détenu plusieurs mois (sans avoir été jugé) pour avoir brûlé des écrits considérés par certains comme sacrés mais qu’il qualifie pour sa part d’esclavagistes et d’anti-islamiques. Ce passage par la case prison ne l’a pas dissuadé de poursuivre son combat. Biram Dah Abeid, qui a reçu le prix des droits de l’homme des Nations unies en 2013, a été candidat à l’élection présidentielle de juin 2014 largement gagnée (??!!) une nouvelle fois par Mohamed Ould Abdel Aziz, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2008 avant d'être élu en 2009. Biram Dah Abeid a créé la surprise en arrivant à la deuxième place malgré un recensement électoral discriminatoire et l'accaparement de tous les moyens de l’État par le président sortant.

Jeune Afrique : Un Noir a-t-il les mêmes droits qu’un Maure aujourd’hui en Mauritanie ?

Biram Dah Abeid : Tout le monde sait très bien que non. Les Maures sont largement minoritaires, mais ils s’accaparent tous les leviers du pouvoir : politiques, économiques et administratifs. Ils représentent 90 % des membres du gouvernement, 100 % des hommes affaires, 95 % des officiers supérieurs… La discrimination est en contradiction avec les lois en vigueur, mais celles-ci sont faites seulement pour tromper les Occidentaux, qui se satisfont des apparences. La loi qui criminalise l’esclavage n’a jamais été appliquée : les Haratines, qui représentent 20 % de la population, sont toujours des esclaves par ascendance et, à ce titre, considérés comme la propriété des Arabo-Berbères. Ce sont des objets. Ils n’ont pas droit à l’éducation, à la propriété, à l’état civil…

Peut-on parler de racisme ?

Bien sûr ! Dans les discours comme dans les pratiques. Les Maures se considèrent comme des Blancs, des "beïdane", et nous appellent les "soudan", les Noirs. Pour eux, c’est synonyme d’esclave.

À quel âge avez-vous pris conscience de tout cela ?

J’avais 8 ans. Quand je suis né, on transhumait, mes parents et moi, derrière nos animaux, des deux côtés du fleuve Sénégal. Nous ne vivions pas avec les Maures. Mais avec la sécheresse, nous nous sommes installés dans un bourg à 35 km de Rosso. Il y avait là-bas cinq familles maures et 300 familles négro-mauritaniennes. Mais c’étaient les Maures qui dirigeaient tout. Quand on avait des problèmes avec les enfants maures, on nous corrigeait, mais les enfants maures, eux, n’étaient jamais corrigés. Et quand l’État distribuait quelque chose aux populations, il fallait toujours passer par les Maures. C’est là que j’ai commencé à poser des questions à mon père.

Comment faire évoluer les mentalités ?

Les mentalités ont déjà évolué. Mais nous devons continuer. Il faut que le pouvoir cesse d’être le fait d’une minorité qui fonde sa gouvernance sur la discrimination. Pour cela, il faut que l’élite noire accepte d’enfreindre les règles et dénonce le discours officiel qui présente, de façon très hypocrite, la Mauritanie comme une nation multiethnique.

 

Pourtant des lois existent en faveur de la répression de l'esclavage. Mais les autorités semblent toujours peu enclines à éradiquer cette pratique répandue. Et préfèrent souvent l'ignorer. En Mauritanie, ce sont les partisans de l'abolition de l'esclavage qui vont en prison, pas les esclavagistes ! Les abolitionnistes constatent qu’au cours des dernières années une seule condamnation pour esclavage a été prononcée par les tribunaux mauritaniens. Et l’homme a écopé de deux ans de prison seulement, alors que la peine plancher était théoriquement de cinq ans. Il a en outre bénéficié d’une remise en liberté au bout de quatre mois.

Entre autres innovations, la nouvelle loi double les peines maximales encourues par les esclavagistes, lesquelles passent de dix à vingt ans d’emprisonnement. Elle criminalise par ailleurs onze formes distinctes d’esclavage – dont le mariage forcé. La loi permet en outre aux ONG reconnues de se constituer partie civile. Voilà qui est positif, rassurant. Mouais...

« Cette loi est avant tout destinée à la communauté internationale », estime, sceptique, Aminetou Mint El Moctar. présidente de l’Association mauritanienne des femmes chefs de familles en Mauritanie (AMFCF), proposée pour le Prix Nobel de la Paix en 2015.

Il est vrai que le fait de voir accoler régulièrement l’étiquette de pays esclavagiste à la Mauritanie est de nature à perturber la stature diplomatique laborieusement acquise par son président. En 2014, l’ONG Walk Free classait la Mauritanie en première position mondiale par le taux d’esclavage – qu’elle estimait à 4 % de la population, soit plus de 150 000 personnes. Ce n’est sûrement pas un hasard si cette loi a été adoptée peu avant l’examen périodique universel du pays par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, prévu en novembre 2015.

La sociologue Amel Daddah a une analyse sans concession : « Si les différentes communautés mauritaniennes, beïdanes comme négro-africaines, ont en commun une subdivision en castes qui tend à priver les plus basses d’une citoyenneté pleine et entière, les Maures se distinguent par le « degré » auquel ils ont poussé l’institutionnalisation de cette pratique générale, comme on le constate à propos des Haratines, vaste population d’esclaves maures [noirs] « libérés » et de leur descendance ».

En fait, l’esclavage a d’abord une fonction économique, qu’il s’agisse de s’assurer les services d’une domestique ou d’une main-d’œuvre gratuite pour faire paître ou abreuver le bétail... Chez nous, quelques affaires d'esclavage « moderne » secouent de temps en temps la presse. Puis tout retombe dans le confortable oubli.

Merci a cette dame, Fatimata Mbaye, de nous avoir rappeler ces horreurs, à l'heure du petit-déjeuner.

Mondo cane...

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Sources :

http://www.jeuneafrique.com/133756/politique/biram-dah-abeid-en-mauritanie-les-haratines-sont-trait-s-comme-des-objets/

http://www.jeuneafrique.com/257073/societe/mauritanie-lesclavage-devient-crime-contre-lhumanite/

http://www.jeuneafrique.com/174467/politique/lutte-contre-l-esclavage-en-mauritanie-biram-ould-abeid-sort-de-prison-le-coran-la-main/

http://www.jeuneafrique.com/mag/258768/societe/esclavage-en-mauritanie-les-chaines-de-la-honte/

http://www.monde-diplomatique.fr/1998/11/DADDAH/4131

http://www.jeuneafrique.com/15326/economie/esclavage-les-dix-pays-africains-les-plus-touch-s/

 

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18/10/2016

Aujourd'hui se joue à Luxembourg l'avenir du très nuisible accord CETA.

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 Ce mardi 17 octobre les ministres européens du Commerce se réunissent à Luxembourg pour approuver l'accord commercial CETA entre l'U.E. et le Canada, accord qui devrait être signé le 27 octobre à Bruxelles en présence du chef du gouvernement canadien Justin Trudeau.

«Nous exhortons le gouvernement à ne pas ratifier le CETA. Cet accord menace nos services publics, notre système de santé et nos emplois». Paroles de syndicaliste. Elle émane de qui ? CGT ? Confédération des syndicats européens ? C'est ce que l'on voudrait entendre tant ces accords sont nuisibles à tous les travailleurs. Non, cette exhortation a été formulée par Mark Handcock, l'un des principaux dirigeants syndicalistes...canadien ! Et il n'est pas le seul représentant des travailleurs d'outre-atlantique a prendre position rdicalement contre le CETA. Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada (CTC), déclarait à son tour : « Le Canada et l’Europe partagent de nombreuses valeurs qui pourraient nous permettre d’approfondir nos relations commerciales d’une manière juste et équitable en respectant de forts droits des travailleurs et travailleuses et des normes environnementales élevées. Malheureusement, le CETA nous en empêche.» Cette organisation (plus de 3 millions d'adhérents) s'oppose avec vigueur aux accords CETA dont elle pense qu'il favorise par trop les intérêts des entreprises et en particulier des multinationales aux détriments des travailleurs...canadiens. Comme quoi il n'y a pas qu'en Europe que ce traité et son jumeau le TAFTA font grincer des dents.

Cette identité de vue des syndicats de part et d'autre de l'Atlantique a donné lieu, le 4 mai dernier, a la publication d'une requête commune entre le CTC canadien et la CES (Confédération européenne des syndicats). Les deux confédérations demandaient aux négociateurs de la Commission européenne et du ministère canadien du Commerce cinq modifications majeures: l’élimination des tribunaux de l’investisseur, le respect du droit du travail, la possibilité de réviser l’accord dans les cinq ans suivants sa ratification, la protection des services publics et la protection des autorités locales.

Il faut dire que les Canadiens ont déjà une large et cuisante expérience de ces « accords », avec l'ALE (accord de libre-échange entre le Canada et les Etats-Unis) et l'ALENA (accord de libre échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique). Concernant le volet le plus contesté de ces types d'accord - les tribunaux privés pour régler les différents entre entreprises multinationales et Etats – le constat est sans ambiguïté : sur les 77 poursuites connues entre investisseur et État en vertu de l’Alena, 35 ont été intentées contre le Canada, 22 visaient le Mexique et 20 les États-Unis. Le gouvernement des États-Unis a remporté 11 de ses affaires et n’a jamais perdu une affaire en vertu de l’Alena, ni payé de dédommagement à une société canadienne ou mexicaine. Cela prouve que même si les accords commerciaux semblent traiter toutes les parties équitablement, les pays les plus puissants sont généralement mieux immunisés contre les poursuites commerciales.

La position identique des organisations de travailleurs européenne, canadienne et étasunienne (concernant le TAFTA) souligne bien que l'enjeu de ces traités n'est pas l' intérêt de tel pays contre tel autre pays comme on le dit parfois, mais avant tout l'intérêt des multinationales contre l'intérêt des citoyens, qu'ils soient travailleurs ou consommateurs.

Les Wallons, qui refusent toujours de signer ces accords CETA, subissent le feu roulant des pressions des autres pays européens, de la Commission, des me(r)dias aux ordres, des canards laquais. Tiendront-ils le coup ? Auquel cas nous devront élever un monument à leur courage et à leur lucidité !

 

Sources :

https://blogs.mediapart.fr/fabien-grasser/blog/151016/ceta-les-syndicats-canadiens-sur-le-pied-de-guerre

http://www.cgt94.fr/spip.php?article1536

http://www.force-ouvriere.fr/le-ceta-ne-fait-pas-un-tabac

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-non-wallon-au-ceta-pourrait-empecher-sa-mise-en-oeuvre-1176084

 

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14/10/2016

CETA: les Wallons nous éviteront-ils cette horreur économique ?

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Pendant qu’on nous enfume avec la guignolade des « primaires de la droite » et que l’on mobilise notre potentiel d’indignation sur le sort des rebelles islamistes d’Alep, une sombre saloperie est en train de s’officialiser, horreur économique qui risque de sceller le sort de millions de citoyens européens ad vitam aeternam. Il s’agit du CETA.

Le CETA (acronyme globish pour Accord Economique et Commercial Global Union européenne-Canada) est le frère jumeau du très exécré TAFTA. Mais signé avec le Canada tandis que TAFTA concerne les États-Unis. Rappelons que le TAFTA est un projet de partenariat de libre-échange transatlantique, négocié depuis juin 2013 – dans la plus grande opacité – par l’Union européenne et les États-Unis. Son but est de créer la plus grande zone de libre-échange du monde pour un marché de près de 800 millions de consommateurs. Dans la réalité, il s’agit de faire de l’Europe un simple vassal économique des États-Unis…

Le CETA, cheval de Troie du TAFTA, met en œuvre les mêmes principes de dérégulation, d’abaissement des normes et d’accroissement de la concurrence que le TAFTA. Il s’appuie sur les mêmes référents théoriques qui font du libre-échange l’Alpha et l’Omega des politiques économiques, sans qu’aucune alternative ne puisse être envisagée. Tous les jours pourtant, nous constatons les effets dévastateurs des logiques de libéralisation poursuivies actuellement. La mise en concurrence effrénée des économies conduit à utiliser les normes sociales et fiscales comme variables d’ajustement, provoquant inéluctablement une dégradation des conditions de travail et de la protection sociale des travailleurs et des citoyens, et contribue à affaiblir encore plus, via une diminution de leurs recettes, la capacité des États à assurer leurs fonctions, pourtant garantes du maintien des systèmes démocratiques.

Plus essentiellement, le CETA constitue une porte d’entrée dans l’Union européenne pour l’ensemble des acteurs économiques des États-Unis, constituant ainsi le véritable cheval de Troie du TAFTA encore dénommé TTIP. En effet, en application des accords déjà existants entre les États-Unis et le Canada, les normes sociales et environnementales qui protègent – pour l’instant encore – travailleurs, citoyens et entreprises en Europe seront directement attaquées via leurs mises en concurrence avec les économies nord-américaines. Il en sera de même pour les actions des multinationales contre les Etats devant un « tribunal arbitral ». Notons également que toutes les grandes transnationales américaines possèdent une succursale sur le sol canadien et c’est donc le CETA qui sera à l’œuvre, avec la même nocivité pour nous, si le TAFTA est rejeté.

Eh bien le CETA est en train d’être signé. L’Allemagne l’a signé et notre banderillero en chef, Manuel Valls, est allé en personne chez les Canadiens mettre son paraphe sous le texte de cette énorme konnerie.

Alors c’est cuit ? Pas encore. Grâce à la lucidité et à la pugnacité de nos frères Wallons qui – eux – ont les aliboffis bien pendus et ne se plient pas aux diktats de la Commission européenne. Pour que ce traité, même signé par les gouvernements, soit opérationnel, encore faut-il qu’il soit ratifié par les 27 pays de L’U.E. En Belgique, il faut de plus que toutes les Régions soient d’accord. Or, si les Flamands ont signé, les Wallons – lucides et courageux - ont refusé !

Un grand, un énorme merci à eux.

Mais ce n’est pas tout : derrière TAFTA, derrière CETA, une autre horreur se trame, une autre gigantesque arnaque se construit dans une opacité encore plus grande, il s’agit de TISA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

Comme pour le TAFTA, les négociations ont été lancées dans une opacité totale, en Suisse en mars 2010. Il s’agit d’un nouveau projet de traité commercial international, le TISA, qui concerne 50 pays, dont les 28 (enfin, maintenant 27) de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon… Le but de cet accord est de libéraliser l’ensemble des services pour cadrer avec le contexte actuel de la révolution numérique. Tous les services seraient libéralisés, y compris les services publics – transports, hôpitaux, écoles… Tout notre quotidien est concerné : utilisation de nos téléphones, de nos cartes de crédit, du e-commerce, des réseaux sociaux, des moyens de transport, etc. L’objectif est d' « ouvrir les économies nationales à plus d’investissements étrangers, notamment dans le système bancaire et financier, sans limite de volume et du nombre d’investisseurs, avec un minimum de régulations nationales ». Rien que ça. Ben voyons !

Vous avez aimé la directive Bolkestein, vous adorerez TISA !

Actuellement, un pays membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TISA prévoit d’inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.

Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l’économie, de la santé à l’éducation, en passant par l’énergie. Les États seront donc menacés de poursuites s’ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d’avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

Et l’accord prévoit un effet cliquet qui rend toute décision irréversible. Ainsi un nouveau gouvernement ne pourrait pas revenir sur une décision prise par le gouvernement précédent. Bonjour le progrès !

Ce traité, imposé comme d’hab par les Étasuniens, a une autre visée, géopolitique celle-là : il s’agit d’isoler les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) soigneusement écartés de ces négociations. La tactique : battre en brèche la montée en puissance des BRICS en fixant des standards mondiaux favorables aux multinationales étasuniennes et affidés sans les consulter, puis les leur imposer. Il s’agit aussi de saboter l’accord similaire baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) négocié actuellement par la Chine avec l’Asie (hors Japon Taïwan, Corée du sud, Hong Kong, l’Inde, l’Océanie, partenaires dans TISA).

Et nos députés européens, qui ont voté les doigts dans le nez l’ouverture de ces négociations, ils servent à quoi ? Ils ont des lunettes en peau de saucisson pour ne pas voir l’arnaque ? Ou bien sont-ils complices ?

Quant à nos guignols "primaires", ils se vautreront tous au pied de leurs maîtres mâcheurs de caoutchouc...

 

Codicille : Samedi 15 - Écoutez-les, depuis hier, dans les "machines à bruits" et sur les "lucarnes à décerveler", ils pourrissent le Parlement wallon de Belgique qui a osé faire preuve de bon sens et de courage en refusant de signer le CETA...

"Le Wallon a dit la vérité

Il doit être exécuté !"

Pourtant aujourd'hui, dans toute l'Europe, des manifs se déroulent contre cette horreur économique qu'est le CETA.

Mais depuis quand l’Union Européenne tient compte de l'avis des populations?

 

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12/10/2016

Chuis un pauv' paysan !

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Je viens d’entendre dans la Machine à causer cette nouvelle honteuse : un paysan sur trois gagne moins de 350 euros par mois. Chiffres de la MSA (mutuelle sociale agricole), l’organisme qui gère les prestations sociales et les retraites de la profession. Cet organisme a ms en place une permanence de prévention du suicide chez les agriculteurs. Au 1er semestre, cette permanence - Agri’écoutes - a reçu 1 700 appels, soit une moyenne de 285 appels par mois contre une centaine par mois sur la même période, un an plus tôt… Pas de compassion chez les bobos pour le plouc, on la garde pour les « migrants » ou les bombardés d’Alep. Pourquoi pas… Moi, je préfère m’intéresser au sort de mon pote Denis. Il est mort. La fourche à la main, sur son tas de fumier…

Tè, je vais vous le raconter feue mon pote Denis. Et oui, il est mort. Arrêt cardiaque ? AVC foudroyant ? Ou autre chose ? Comme son père… On reste discret, on a sa pudeur au village. Et il est devenu triste le village. Plus de merdes de vaches sur la route, de ces belles casquettes s’étalant comme des plats d’épinards odorants… Et pour cause : les vaches ne traversent plus la rue principale pour gagner leur étable…

On n’entend plus les cris puissants, impératifs de l’un des derniers « cow-boy » du pays. Fatal, puisqu’il est mort. Mort et enterré. À soixante ans… À la veille de « prendre sa retraite ».

Comme tout le monde, Denis voulait pouvoir vivre de son travail. Avec ses trente montbéliardes, il se levait à cinq heures du mat et à dix heures du soir, il levait encore la merde de ses vaches. À la pelle, à l’ancienne. Et ça sept jours sur sept, 365 jours par an !

Denis me disait que l’essentiel du prix qu’on lui donnait pour le lait de ses vaches partait en remboursement et en paiement d’engrais et de "traitements" pour ses prairies. Il m’avouait qu’il ne lui restait qu’autour de 500 euros par mois pour faire vivre sa famille. Et encore Denis travaillait sur une propriété familiale, donc sans foncier à rembourser, seul avec sa femme et sa fille qui allait « aux écoles ». Les vacances ? Jamais… Les sorties ? Jamais… Le restau ? Jamais… Les fringues ? Une salopette et des bottes, plus un costume du dimanche – celui de son mariage sûrement ! – qu’il mettait pour les enterrements ou pour aller « au docteur ». Celui qu’on a mis à sa dépouille pour son dernier voyage…

Moins de 500 euros par mois. Et c’était il y a trois ans. Maintenant on en est à 350 euros par mois. Les paysans, maintenant ils le sont réellement pauvres. Qui les a menés là ?

Les agricolos, poussés par leurs organismes professionnels – chambres d’agricultures, FNSEA, Crédit agricole – ont perdu leur âme. Ils ont saccagé leurs champs avec le cercle vicelard engrais pesticides. Ils ont fragilisé leurs bêtes avec le cercle vicelard insémination, vaccins, antibios et autres saloperies. Tout le pognon qu’ils gagnent – plus celui qu’ils touchent en subventions multiples ! – va dans la poche des multinationales agrochimiques et des labos. Loin de s’entraider, ils se jalousent, à savoir qui aura le plus gros tracteur. Au lieu de s’organiser en GAEC et de mettre en commun des moyens de production chers et ne servant que peu souvent, ils s’encroument à mort, pour le plus grand profit du Crédit agricole…

Pour s’en sortir, il faudrait qu’ils organisent eux-mêmes leur filière. Qu’ils mettent en place leurs propres centrales de vente de lait, leurs propres unités de transformation au lieu de laisser ça aux industriels qui les plument sans vergogne. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA qui a toujours été à la solde de l’industrie agroalimentaire et qui défend avant tout les gros céréaliers et betteraviers… et qui les pousse à voter pour la droite la plus archaïque, la plus cupide, la plus avide. Les dernières manifestations ont donné la mesure du désarroi d’une profession qui ne mérite plus le beau nom de paysan.

Les gouvernements qui se succèdent s’efforcent d’adoucir cet assassinat social. Hypocrisie. On donne quelques poignées de figues aux ploucs, mais on subventionne les gros céréaliers et on favorise sournoisement les fermes à « mille vaches ». Et le nombre d’agriculteurs aux abois grimpe plus vite que le prix du lait ou de la viande ! Selon la MSA, le nombre d’accès au service de prévention du suicide des agriculteurs a triplé en un an.

Il est difficile d’avouer qu’on est en échec Déprimant de se demander à quoi l’on sert dans une société qui ne veut plus de vous. Mais on a sa fierté, sa dignité. Alors on va chercher la corde, au fond de l’étable…

Les agriculteurs de France sont dans une situation catastrophique. Leur nombre ne cesse de diminuer car ils n’arrivent pas à faire face à leurs dettes et que les lobbys agroalimentaires leur payent leur production une bouchée de pain,

Un tiers des agriculteurs à leur compte gagne moins de 354 euros par mois. À titre de comparaison, c’est 200 euros de moins que ce que touche une personne seule et sans ressource au titre du RSA (qui a été revalorisé au 1er septembre 2016 à 535,17 euros par mois).

« Ouais mais vous avez le lait, vous avez les volailles, vous avez la viande quand vous tuez un veau ou un cochon, vous avez les légumes. - Oui mais, et le sel ? » disait Fernand Reynaud dans « Ch’huis un pov’paysan ».

C’était il y a cinquante ans. Maintenant les paysans le sont vraiment, pauvres…

 

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