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04/03/2016

Au bistro de la toile : voiture « auto-conduites » ; équipe de réfugiés au JO.

Buveurs pour net.jpg

 

- Oh ! Victor, t’as vu ça : au salon des-bouts-de-fer-qui-roulent de Genève, le nex plus ultra, parait que c’est la bagnole qui se conduit toute seule…

 

- Ah ! Mon pauvre Loulle. C’est toute une civilisation qui risque de sombrer. Avec ses échanges délicats entre conducteurs : « Tu bouges ton tas ferraille, eh ! Connard ! » « Je te pisse à la raie, sac-à-merde ! »

 

- Á moins que les têtes d’œufs mettent au point un logiciel d’engueulade entre voiture : « Pou-ssez vo-tre ca-lan-dre de là, vilai-ne voskswagen » « je suis pri-ori-taire, mi-nable ,peu-geot ». Ça dépayserait un peu moins les passagers.

 

- Ça va plus loin Loulle ! Si une bagnole auto-conduite fait une konnerie, roule trop vite, grille un stop, etc. est-ce qu’elle obtempèrera aux injonctions des flics ? « Stop ! Garez-vous là. Coupez le moteur. Papiers du véhicule… » Qui va être contraventionné ? Le proprio ? Et avec une voiture louée ? Sans compter que le responsable, disons le « chef de voiture » pourra toujours répondre au flic : « Eh ! Oh ! Monsieur l’agent, envoyez donc la contredanse à celui qui conduit, pas à moi ». Les contredanses arriveront donc dans la boite aux lettres de Monsieur Volkswagen, de Monsieur Peugeot, de Monsieur Toyota, responsables des logiciels de conduite ! Ceux-ci se retourneront contre les concepteurs des logiciels, etc. Un beau foutoir. Pareil pour les assurances en cas d’accident.

 

- Ouarf ! C’est vrai ça…

 

- Et ce n’est pas tout Loulle. Les terroristes vont se régaler : tu prends une telle voiture, volée bien sûr, bourrée d’explosifs, avec un faux conducteur mannequin pour donner le change, et tu la programmes pour que son GPS la conduise où tu auras décidé, et tu fais sauter ce que tu veux, sans « consommer » de kamikaze, denrée rare tout de même !

 

- Merde ! Pas réjouissant tout ça… Sans compter que le plaisir de conduire va passer à l’as. Les bagnoles vont toutes se suivre, à la même vitesse, cul contre cul. Chiant, très chiant ça.

 

- Et là, nos brillants ingénieurs auront réinventé…le train !

 

- Ah ! Ah ! Ah ! C’est vrai. Allez, tè, j’ai une nouvelle réjouissante Victor. Il y aura une équipe de « réfugiés » au Jeux Olympiques de Rio. Sympa ça, non ?

 

- Bof. Quand on sait ce que sont les J.O. : une énorme pompe à fric régit par des mafieux, véhiculant des idées d’extrême-droite à l’image de leur « inventeur » le sinistre baron de Coubertin, admirateur d’Hitler et méprisant les Femmes, manipulant des « athlètes » plus bourrés de chimie qu’une fraise espagnole. Le C.I.O. est une multinationale au moins aussi douteuse que la Fifa pour le foutebal, bourrée de thunes, domicilié évidemment en Suisse.

 

- T’envoie le bouchon un peu loin, non ?

 

- Penses ce que tu voudras Loulle. Mais sache que les J.O., sont nés dans la cervelle d’un baron aux idées plus que douteuses et ont été portés pendant des années par Samaranche, fruit délicat du franquisme. Ils représentent l’embrigadement, le nationalisme le plus chauvin, une compétition sordide sous-tendue par les drogues fournies par les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux et grassement commissionnés par les marchands de merde mondiaux appelés « sponsors ». Ils créent un système autarcique dans lequel s’impose, pour une durée déterminée, une loi d’exception, à l’image des mois antiterroristes.

Les « villages olympiques » sont autant de ghettos où des robots humains programmés ne se rencontrent jamais, ne se côtoient pas, ne se parlent pas. Surveillés qu’ils sont par des « entraineurs  kapos ». Alors leur équipe de « réfugiés », ça pue la com. Une manière de redorer un peu leur image en se servant de la compassion pour les migrants… C’est de la com, Loulle, de la pube. Faut pas tomber dans le panneau.

 

- Mouais. Vu sous cet angle… Allez ! A la nôtre !

 

 

02/03/2016

Catastrophes écologiques. POLLUEUR-PAYEUR : le gouvernement Valls voulait en faire CONTRIBUABLE-PAYEUR

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Pendant les raouts agricoles, migrants et autre loi sur le travail, le gouvernement Valls a présenté à l’Assemblée nationale, ce mardi 1er mars, en deuxième lecture, la loi sur la biodiversité.

C’est la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, la ci-devant « écologiste » Pompili Barbara qui est chargé de défendre ce projet de loi dans lequel le gouvernement avait sournoisement, à quelques heures de la présentation du texte, glissé un amendement directement dicté par le MEDEF et l’Association française des entreprises privées AFEP). Cet amendement vicelard entre tous consistait non seulement à exempter les pollueurs, genre Total pour l’Erika, de payer les dommages causés par leurs actes, mais à transférer le paiement de ce risque sur l’État, donc sur le contribuable !

Total en a rêvé, Valls voulait le faire. « Voulait » parce que, devant la montée au créneau de quelques parlementaires lucides et courageux comme Delphine Batho, cet amendement scélérat a été retiré. Mais jusqu’à quand ? Ne va-t-il pas revenir sous une autre forme sournoise puisque le débat parlementaire est reporté au 15 mars ?

Que disait cet amendement gouvernemental? Rappelons-le pour bien montrer la collusion entre ce gouvernement de « gôôche » et les lobbies patronaux.

Il dit ceci (voir le premier paragraphe http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD1048.asp )

« De la réparation du préjudice écologique

« Art. 1386‑19. - Indépendamment des préjudices réparés suivant les modalités du droit commun, est réparable, dans les conditions prévues au présent titre, le préjudice écologique résultant d’une atteinte anormale aux éléments et aux fonctions des écosystèmes ainsi qu’aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.

« N’est pas réparable, sur le fondement du présent titre, le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application. »

Ça ne semble rien mais cela veut dire que quelque pollution que ce soit causée par une activité qui a obtenu une autorisation administrative (autorisation de faire circuler des produits dangereux en mer, sur les fleuves mais aussi autorisation de forer, autorisation d’exploiter, permis de construire, etc.) ne pourra être qualifié juridiquement de préjudice écologique et ne pourra donc prétendre à aucune réparation dès lors que le responsable de la pollution pourra démontrer qu’il possède une autorisation pour cette activité. Et à qui incombera alors la charge de payer les dégâts ? Ben, à l’administration qui aura délivré l’autorisation, bien sûr ! Donc à l’État, donc au contribuable, à nos poches. C’est un véritable PERMIS DE POLLUER !

Avec cette loi, Total n’aurait pas eu à payer pour les dégâts causés par la marée noire de l’Erika.

Cette inversion de la responsabilité, si elle passait pour les dégâts écologiques, serait rapidement étendue, sous les énormes pressions des lobbies, à d’autres activités. Notamment en matière de préjudices causés par des médicaments, des pesticides, etc.

Ne crions pas avant d’avoir mal puisque cet amendement a été retiré in extremis. Mais cet épisode montre la duplicité de ce gouvernement qui trahit sans vergogne ceux qui les ont élus. Remercions les lanceurs d’alertes qui ont permis à des parlementaires honnêtes (mais si, on en trouve) comme Delphine Batho de présenter un contre amendement qui a fait reculer le gouvernement.

Hollande, Valls, Macron, Medef, Total, Servier, même combat ultralibéral !

 

Illustration: merci à Luz

01/03/2016

Et les Arabes, qu’en pensent-ils des réfugiés ?

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Lucide, courageuse, pleine d’humour. Telle se présente la journaliste-écrivaine tunisienne Fawzia Zouari. Elle était invitée ce mardi 1er mars sur France Inter par Léa Salamé, caricature de ces journalistes de gôôôche lèche-barbouches. Celle-ci interrogeait l’écrivaine sur sa tribune de défense de Kamel Daoud, victime d’une « fatwa laïque » de la part de quelques « chercheurs » bobos parisiens ( voir ICI et LA )

 

Fawzia Zouari, comme Kamel Daoud, Abdelwahab Meddeb, Abdenour Bidar et tant d’autres intellectuels arabo-musulmans, fait entendre une voix autre que celles qui plaisent tant à nos « Abou » lèche-babouches qui sévissent à longueur de colonnes et de plateau télé et radio pour encenser leurs idoles islamistes. Ce sont eux qui ont inventé « l’islam modéré » (?) voire même « le salafisme modéré » (!). Eux qui ont lancé l’excommunication-fatwa « islamophobie » pour empêcher toute critique de l’islam et des musulmans. Ce sont eux qui ouvrent leurs colonnes aux pires prédicateurs islamistes. Eux qui bêlent de bien-pensance dégoulinante devant l’invasion des migrants.

 

Ils devraient, ces Jocrisse, ces Tartuffes, lire la rafraichissante chronique de Fawzia Zouari parue dans Jeune-Afrique sous le titre « Les réfugiés vus par les arabes ».

Jugez vous-même :

« Les médias occidentaux nous abreuvent de sondages d'opinion d'Européens de souche sur l'afflux de réfugiés sur leur sol. Ils oublient en revanche d'évoquer le point de vue des Arabo-Musulmans.

Pourtant il suffit de tendre un micro à « l’immigré de souche », de suivre le citoyen arabe sur une chaîne de télévision locale ou sur les réseaux sociaux pour découvrir des débats passionnés et des réactions oscillant entre l’indignation et l’humour. En voici un florilège.

Côté immigrés maghrébins, inquiétude et peur dominent. On croit dur comme fer au principe du « celui qui arrive le dernier ferme la porte à clef » : « Il faut se méfier de ces gens-là (les réfugiés moyen-orientaux). Ils vont nous poser des problèmes », geint « l’épicier arabe » des banlieues européennes. « Ma parole ! Ils prendront notre place et grignoteront sur nos droits. » Et, tout naturellement : « La France, par exemple, leur ouvre la porte alors que les Français eux-mêmes n’ont ni boulot ni logement ! »

Côté citoyens arabes, c’est un concert d’indignations contre les gens du Golfe : « Vous vous dites les gardiens de la foi et invoquez l’hospitalité comme principe de l’islam mais ce sont les chrétiens qui accueillent vos frères, les habillent, leur font de la place. Les musulmans, ce sont eux et pas vous ! » L’Europe n’est pas épargnée pour autant. Il y a ceux qui pensent qu’elle ne fait que récolter ce qu’elle a semé – « Les guerres du Golfe, les Printemps arabes, c’est elle. Et c’est normal qu’elle subisse aujourd’hui Daesh ou les réfugiés. »

Il y a aussi les adeptes de la théorie du complot : « Tout a été étudié et voulu : l’Occident provoque sciemment le chaos dans les pays arabes pour les appauvrir. Il a fomenté les récentes révolutions dans le but de détourner leur attention d’Israël. Il se réjouit de la ruine de leurs économies puisqu’il lui reviendra de les reconstruire. Il a provoqué l’exode pour vider la Syrie de ses habitants et en faire un État califal. »

Le journaliste Rachid Ali, animateur vedette de l’émission Questions audacieuses sur Al-Hayat, s’amuse pour sa part à pointer les contradictions des musulmans eux-mêmes : « Pourquoi les réfugiés syriens ne se dirigent-ils pas vers les pays musulmans les plus proches d’eux ? Pourquoi préfèrent-ils mourir en mer en tentant d’atteindre les rives des pays que leurs imams et prédicateurs religieux condamnent et déconseillent de fréquenter ? Pourquoi vont-ils dans cette Allemagne gérée par une femme mécréante ? »

Enfin, les propos, entre humour et mépris, tel que cet appel lancé par un internaute à l’adresse des candidats à l’exil : « Je vous avertis : vous allez devoir respecter les lois, ne pas jeter vos paquets de cigarettes par terre, ne pas fumer dans les lieux publics, informer la police de tout délit, fût-ce le vol d’un chat, attacher votre ceinture de sécurité, asseoir votre enfant à l’arrière de la voiture et faire sagement la queue même sur des kilomètres. Mais je pense que si vous aviez été capables de respecter toutes ces règles, vous n’auriez pas ouvert la porte aux marchands de religion ni livré vos pays aux mercenaires ! »

Voilà. J’aurai fait mon boulot en relayant le ressenti d’une partie de l’opinion arabe. L’autre partie, vous la connaissez, elle s’exprime par la voix des officiels et des militants de tout poil. »

Savoureux, non ? Merci Madame Zaouri

 

Photo X - Droits réservés

25/02/2016

Agressions de Cologne : « oui, il y a un racisme qui insinue qu’on peut violer une non-musulmane sans conséquences ».

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Je viens d’entendre, dans la revue de presse de France-Inter, quelques phrases qui me sont allés droit au cœur et à l’intelligence. La journaliste radio citait une chronique parue sous la signature de Fawzia Zouari dans l’excellent magazine Jeune Afrique.

Cet article, en voici ce qui m’a paru essentiel. Mais vous pouvez le trouver in extenso ici :

 

« Hier porté au pinacle, l'écrivain et chroniqueur algérien Kamel Daoud est désormais cloué au pilori.

Pourquoi ? Parce qu’il a osé affirmer que les viols perpétrés à Cologne par des immigrés issus du monde arabo-musulman sont la conséquence logique d’une tradition portée sur la répression sexuelle et génératrice de frustration chez les jeunes. Que n’a-t-il dit ! Culturalisme radical, clichés orientalistes, islamophobie, en a conclu un collectif d’intellectuels dans les colonnes du quotidien français Le Monde  (...)

Contents, les intellectuels de Paris, vous qui observez nos sociétés de vos balcons et les jugez à l’aune de vos théories ? Je vous défie de démontrer le contraire de ce qu’affirme Kamel Daoud, qui, lui, vit sur le terrain, observe quotidiennement un monde où les femmes doivent arriver vierges chez leurs maris et où les célibataires sont rendus fous par la misère sexuelle, subit cette loi qui ne permet ni à l’homme ni à la femme d’avoir des relations physiques hors mariage. De quel droit lui déniez-vous la liberté de dénoncer un puritanisme réel et le courage de souligner les travers des siens ? 

Il faut un « débat apaisé et approfondi », allègue ce collectif bon teint. C’est-à-dire ? Renoncer à franchir la ligne rouge en soutenant, comme le fait Daoud, que, oui, il existe une psychologie de la foule arabe ; oui, nous trimbalons une mentalité millénaire qui définit la femme comme un appât et une honte ; oui, il y a chez nous un rapport pathologique à la sexualité ; oui, il y a un racisme qui insinue qu’on peut violer une non-musulmane sans conséquences ; oui, certains nouveaux arrivants en Europe doivent se faire à l’égalité des sexes et à la laïcité ! »

Voilà qui mouche ces pseudo intellos donneurs de leçons, ces idiots utiles, que dis-je, ces crétins complices des sinistres barbus nazislamistes. Et Fawzia Zouari enfonce le clou :

« N’en déplaise à nos avocats autoproclamés, de plus en plus d’intellectuels arabes refusent la vision d’un Orient lisse et innocent aussi erronée que celle d’un Orient obscurantiste et haineux. Ils ne veulent plus jouer les admirateurs béats de leurs propres traditions et de leur religion. Ni devenir les otages d’un monde occidental traumatisé par l’accusation d’islamophobie et plombé par les scrupules d’une gauche qui va jusqu’à leur dénier le droit d’aimer dans l’Occident l’espace de liberté et d’émancipation auquel ils aspirent (...) »

 Et elle conclut :

« Kamel Daoud dérange le confortable angélisme sur l’islam et les musulmans. (…) Il s’inscrit dans une autre lignée de musulmans : celle des écrivains rebelles et des penseurs du doute qui travaillent à desserrer l’étau du dogme et à faire naître l’individu musulman. Celle que nos signataires du Monde viennent d’acculer au silence. Voilà comment on fait de l’islamisme comme Monsieur Jourdain de la prose… »

Fawzia Zouari

http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

 

Photo X - Droits réservés

24/02/2016

Gaz de schiste, gaz de couche : coucou, les revoilou !

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Cinq ans après la première grande manifestation de Villeneuve-sur-Berg (Ardèche, 15.000 personnes), quatre ans après celle de Saint-Christol-lès-Alès (5.000), les militants anti-gaz de schiste ont ressorti cette semaine les banderoles et les masques à gaz pour manifester, le 28 février, à partir de 14 heures. Ça va se passer au pied de ces Cévennes rugueuses et rebelles, dans un village célèbre pour son engagement écologique à Barjac, dans le Gard. Cette petite ville, engagée dans une démarche environnementale, notamment en passant sa cantine au bio et en créant un « Service Public de Restauration Éducative et Sociale », a fait l'objet d'un documentaire : Nos enfants nous accuseront.

 

Raison de cette nouvelle mobilisation : le retour de la menace « gaz de schiste ». Avec la loi Jacob de juillet 2011, qui interdit la fracturation hydraulique, les choses s'étaient un peu calmées. Mais en janvier dernier, la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'abrogation du permis de recherches en hydrocarbures dit de Montélimar D'un point de vue légal, ce n'était pas illogique puisque Total n'a jamais parlé de fracturation hydraulique. Mais c'est bien une preuve que la loi Jacob est insuffisante. Les organisations d'opposants qui appellent à manifester estiment qu'il faut une nouvelle loi pour interdire de manière définitive toute recherche d'hydrocarbure dans la roche mère puisque ce n'est pas possible sans fracturation. Ce permis couvre en fait 4.327 km2 et s'étend sur l'Ardèche, la Drôme, le Gard, l'Hérault et le Vaucluse.

 

Ce retour des manifs contre l'exploitation des hydrocarbures « non conventionnel » met également les projecteurs sur un autre type d'exploitation, que certains considèrent comme acceptables mais que d’autres rejettent au même titre que le gaz de schiste : le gaz de couche.

 

Gaz de couche ? Késako ? Le grisou ? Ce gaz qui a tué tant de mineurs ? Non. Le grisou, c'est le « gaz de mine », qui peut-être récupéré sans forage, à la sortie des mines. Pauvre en méthane, il est peu rentable. Il s'agit du méthane piégé au sein des veines de charbon des anciennes houillères Ce méthane est fixé dans le charbon, souvent profondément enfoui au-delà de 1000 mètres sous terre. Le gaz, prisonnier des veines de charbon, ne peut-être récupéré en surface comme le gaz de mine. Il est exploité aux États-Unis, au Canada et en Australie. Mais d’anciens bassins houillers français dans le Nord-Pas-de-Calais, le Jura, la Lorraine, la Provence et les Cévennes intéressent des entreprises gazières.Certaines possèdent d'ores et déjà de permis exclusifs de recherche en Lorraine (lien 1, lien 2) , dans le Jura et en Provence, dans le bassin de Gardanne.

 

Arnaud Montebourg, lorsqu'il était ministre, était plutôt favorable à l'exploitation de ce « gaz en marinière » qui pouvait, pensait-il, réduire le risque de délocalisation des industries chimiques vers des pays où le prix du gaz est très bas, et attirer dans les régions concernées des entreprises consommatrices de gaz et soucieuses de sécuriser leur approvisionnement.

 

C'est un point de vue. Il n'est pas partagé par tous. Ainsi, un rapport publié en 2013 sous l'égide du ministère de l'écologie, par l'Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) et le Bureau de recherches géologiques et minière (BRGM) ( ) émet de sérieuses craintes relatives aux impacts environnementaux générés par ces exploitations sont cependant émises dans un récent rapport de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Le niveau des nappes phréatiques, la qualité des eaux souterraines et de surface, ainsi que celle de l’air et des sols pourraient être affectés. Le rapport pointe également des risques accidentels comme la migration non-maîtrisée de gaz vers la surface.

 

Au niveau technique, pour exploiter le gaz de couche, il est nécessaire de coupler à un forage vertical des forages horizontaux en étoile qui s’étendent dans la veine de charbon. Par le pompage de l’eau en bas du puits, il est possible de créer une dépression qui facilite la libération du méthane. La stimulation par l’injection d’un fluide, que ce soit de l’eau ou un autre fluide de fracturation, permet l’exploitation industrielle du gaz de couche. Aux États-Unis et au Canada, qui exploitent ces gaz, c’est le plus souvent la fracturation hydraulique qui est utilisée pour rentabiliser les forages.

 

L’exploration des gaz de couche, si elle est autorisée, entraînera une exploitation, toujours de courte durée qui dévastera les régions de par la multiplicité des forages nécessaires, impactera les paysages, polluera l’air et les ressources en eau, dévalorisera le patrimoine bâti…

 

Au temps de la « transition énergétique » et...du pétrole à prix bradé, le jeu (des gaz de couche) en vaut-il la chandelle (des torchères!)?

 

Illustration X - Droits réservés


Sources:

http://www.bastamag.net/Les-gaz-de-couche-nouveau-filon

http://www.ineris.fr/centredoc/note-brgm-ineris-gaz-de-ch...

23/02/2016

Industrie nucléaire : la saga d’un fiasco.

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Heu-reux ! Heureux parce que ma facture d’électricité a baissé de façon drastique. Pas parce que le prix a baissé, non, mais parce que je ne sacrifie plus à cette aberration prônée pendant des décennies par EDF : se chauffer à l’électricité. Je suis un bon élève de la « transition énergétique » : je chauffe à l’aide d’un poêle à granulés de bois ! Chaleur douce et régulée, belle flamme, on jette les cendres une fois par saison de chauffe, et en plus chauffage totalement écololo : il ne rejette dans l’atmosphère que le gaz carbonique que les arbres lui ont pris !

 

Ben ouais, Victor. Mais ça n’arrange pas les affaires d’EDF un comportement pareil… EDF, c’est l’électricité avant tout nucléaire. Moderne ça Coco ! Pas comme tes bouts de bois transformés en granulés genre « totaliment ». Et ce n’est pas bon pour les comptes d’EDF, donc pour les bénefs des actionnaires c’est-à-dire monsieur L’État à plus de 84 % ! La valeur de l’action de ce qui fut l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française s’enfonce dans un gouffre : elle a été divisée par 8,5 en moins de dix ans… Et ce n’est pas fini.

 

L’industrie nucléaire est une industrie du passé, du siècle dernier. Son avenir est derrière elle depuis longtemps déjà. Mais EDF, appuyé sur le puissant lobby nucléaire, n’a rien compris. Au niveau mondial, la production d’électricité nucléaire ralentit depuis l’orée de ce siècle. Les nouvelles centrales mises en service ne le sont qu’en remplacement des unités arrêtées pour obsolescence. Et la catastrophe de Fukushima n’a pas arrangé les choses, notamment au Japon et en Allemagne qui ont arrêté les frais (et les risques). Par contre l’électricité d’origine renouvelable est en expansion rapide partout dans le monde. Sauf en France. On a tout faux…

 

Tout faux parce que la consommation d’électricité n’augmente plus tant au niveau français qu’européen.

 

Tout faux parce que la loi de transition énergétique ambitionne de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050, et que l’énergie « électricité » ne restera évidemment pas à l’écart de cette baisse drastique.

 

Tout faux surtout pour les dirigeants d’EDF – en tête desquels Henri Proglio, son ancien président – qui prédisait une augmentation de la consommation électrique de 40 à 50 % d’ici 2025 ! Et donc que le passage figurant dans la loi de l’électricité nucléaire de 75 à 50 % n’entrainerait pas de fermeture de centrales nucléaire. Bonjour la compétence !

 

Tout faux parce qu’aucun pays européen ne programme d’augmenter son nombre de centrales nucléaires. L’Allemagne a arrêté les frais, la Grande-Bretagne se contente de remplacer ses trop vieilles centrales par deux EPR, et même la France limite son parc à son potentiel actuel.

 

Tout faux parce que la France est à la traine concernant les énergies électriques renouvelables telles l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse, etc.

 

Et, cerise sur le gâteau nucléaire, la chute des prix du pétrole n’arrange pas les affaires des nucléocrates.

 

L’aveuglement tant des dirigeants d’EDF que d’AREVA – autre fleuron en faillite par l’impéritie de des dirigeants – et des gouvernements successifs, quel que soit leur bord politique est flagrant et reflète l’influence néfaste du lobby pro nucléaire à l’œuvre depuis des décennies. Leur crédo : la consommation d’électricité va augmenter, il faut donc anticiper cette augmentation; le marché mondial ouvre un bel avenir à la technique nucléaire française qui est la première du monde  Mouais…

 

Et ce fut donc l’aventure des EPR. Areva en vend un clé en mains à la Finlande et un autre à EDF à Flamanville. Fiasco sur toute la ligne. Ces deux prototypes multiplient les déboires techniques, les retards. Leur prix est multiplié par 4 et leur mise en ouvre sans cesse retardée. Aucun des deux ne fonctionne actuellement. Fonctionneront-ils d’ailleurs un jour ? Idem pour deux EPR construits en Chine. Quant à ceux soi-disant vendus aux Anglais, on en reparlera… Bref, un sacré bide !

 

Le pognon jeté dans l’EPR manque ailleurs, en notamment dans la maintenance du parc de centrales existantes, au risque de catastrophes incommensurables. La vétusté des installations fait que la disponibilité du parc est en baisse constante, d’autant plus que Fukushima est passé par là et que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) impose à l’opérateur des mesures de mise aux nouvelles normes. C’est ce qu’ils appellent le « grand carénage », opération de rénovation dont la facture oscille de 55 milliards (selon les « organisateurs », EDF) à 100 milliards (selon « la police », la Cour des comptes). Ceci dans le but hypothétique de prolonger l’utilisation des centrales de 10 ans supplémentaires. Hypothétique parce que ces travaux excluent les éléments essentiels : la cuve et l’enceinte de confinement qui ne sont en aucune manière remplaçables. Bonjour les risques…

 

Et combien coûtera le démantèlement des centrales ? Démantèlement que les techniciens nucléaire sont incapables de mener à bien (voir Brénilis).

 

Enfin, quid du stockage des déchets, le site d’enfouissement de Bure étant loin d’être opérationnel ?

 

 

 Illustration X - Droits réservés

18/02/2016

GRANDES VOIX. Kamel Daoud prend du recul : «Je me résous à creuser et non déclamer.»

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Lettre à un ami étranger

par Kamel Daoud

Cher ami. J'ai lu avec attention ta lettre, bien sûr. Elle m'a touché par sa générosité et sa lucidité. Étrangement, ton propos est venu conforter ce que j'ai déjà pris comme décision ces jours, et avec les mêmes arguments. J'y ai surtout retenu l'expression de ton amitié tendre et complice malgré l'inquiétude.

Je voudrais cependant répondre encore. J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie.

Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses.

D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre; le texte sur « Cologne », j'en avais écrit une partie, celle sur la femme, il y a des années. A l'époque, cela n'a fait réagir personne ou si peu. Aujourd'hui, l'époque a changé : des crispassions poussent à interpréter et l'interprétation pousse au procès. J'avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur succession dans le temps est donc un accident et pas un acharnement de ma part. J'avais écrit, poussé par la honte et la colère contre les miens, et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J'y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l'on ne peut cacher sous prétexte de « charité culturelle ». Je suis écrivain et je n'écris pas des thèses d'universitaires. C'est une émotion aussi. Que des universitaires pétitionnent contre moi aujourd'hui, pour ce texte, je trouve cela immoral parce qu'ils ne vivent pas ma chair, ni ma terre et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me servent le verdict d'islamophobie à partir de la sécurité et des conforts des capitales de l'Occident et ses terrasses. Le tout servi en forme de procès stalinien et avec le préjugé du spécialiste : je sermonne un indigène parce que je parle mieux des intérêts des autres indigènes et post-décolonisés. Et au nom des deux mais avec mon nom. Et cela m'est intolérable comme posture. Je pense que cela reste immoral de m'offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. Je pense que c'est honteux de m'accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens.

L'islam est une belle religion selon l'homme qui la porte, mais j'aime que les religions soient un chemin vers un dieu et qu'y résonnent les pas d'un homme qui marche. Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la conséquence de leurs actes et du tribunal sur la vie d'autrui.

Cher ami.

J'ai compris aussi que l'époque est dure. Comme autrefois, l'écrivain venu du froid, aujourd'hui, l'écrivain venu du monde dit « arabe » est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les médias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dénoncer. Mais je me retrouve soudainement responsable de ce qui va être lu selon les terres et les airs. Dénoncer la théocratie ambiante chez nous devient un argument d'islamophobe ailleurs. Est-ce ma faute ? En partie. Mais c'est aussi la faute de notre époque, son mal du siècle. C'est ce qui s'est passé pour la tribune sur « Cologne ». Je l'assume mais je me retrouve désolé pour ce à quoi elle peut servir comme déni et refus d'humanité de l'Autre. L'écrivain venu des terres d'Allah se retrouve aujourd'hui au centre de sollicitations médiatiques intolérables. Je n'y peux rien mais je peux m'en soustraire : par la prudence comme je l'ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais.

Je vais donc m'occuper de littérature et en cela tu as raison. J'arrête le journalisme sous peu. Je vais aller écouter des arbres ou des cœurs. Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explorer. Non pas abdiquer, mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias. Je me résous à creuser et non déclamer.

J'ai pour ma terre l'affection du déchanté. Un amour secret et fort. Une passion. J'aime les miens et les cieux que j'essaye de déchiffrer dans les livres et avec l'œil la nuit. Je rêve de puissance, de souveraineté pour les miens, de conscience et de partage. Cela me déçoit de ne pas vivre ce rêve. Cela me met en colère ou me pousse au châtiment amoureux. Je ne hais pas les miens, ni l'homme en l'autre. Je n'insulte pas les raisons d'autrui. Mais j'exerce mon droit d'être libre. Ce droit a été mal interprété, sollicité, malmené ou jugé. Aujourd'hui, je veux aussi la liberté de faire autre chose. Mille excuses si j'ai déçu, un moment, ton amitié cher A… Et si je rends publique cette lettre aujourd'hui, avant de t'en parler, c'est parce qu'elle s'adresse aux gens affectueux, de bonne foi comme toi. Et surtout à toi. A Oran.

 

Sources:

http://lequotidien-oran.com/?news=5224963
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantasmes-de-kamel-daoud_4863096_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li...

 

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17/02/2016

Au bistro de la toile : mani pulite, primaire à gauche, plus grand verre du monde

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- Oh ! Victor. T'as vu : les petits juges, ils n'ont pas peur des puissants ! Et voilà que je te fout en examen Microlax 1er, et voici que je te perquisitionne chez le Borgne ! Ils nous font la mani pulite à la française ou quoi ?

 

- Si ça pouvait être vrai Loulle. Si ça pouvait être vrai... « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit » qu'il a dit le citoyen Lacordaire. Et étant curé, il en connaissait un bout sur l'écrasement des faibles par les forts... Ah ! Sarko « mis en examen », c'est-à-dire inculpé, c'est tout de même assez jouissif. Ce gougnafier s'est toujours cru tout permis. Et voilà que quelques magistrats sourcilleux le remettent à sa place : celle d'un délinquant. Accusé de « financement illégal de campagne ». Un dépassement de presque le double du montant permis (22 millions). Et s'il avait été élu en 2012 ? Grâce à une campagne truquée, illégale ? Voilà qui lui file un sacré coup de tatanes dans les miches au « Revenant ». Encore que... Il y a bien des électeurs qui votent et revotent pour les Balka. Alors...

 

Quant au Borgne, la perquise devient une habitude chez lui. Ses bureaux ont été visités par les flics et les juges deux fois en novembre dernier, et cette semaine encore. Cette fois, les poux qu'on lui cherche dans la tignasse concernent une vingtaine d'assistants parlementaires du FN qui seraient payés par l'Assemblée de Strasbourg mais consacreraient plus de temps au parti qu'à l'Europe... Voilà qui s'ajoute à des histoires pas claires de déclaration de patrimoine truqué, et aussi de bisbilles familiales avec sa chère fifille. Ça fait du boulot pou ses avocats !

 

- Autre chose. Cette primaire. Á gauche je veux dire. Elle aura lieu ou pas ?

 

- Qui lo sa ? François... Ben, son entourage n'en veut pas .« Pensez donc. Vous voyez le Président débattre avec Larouturou sur i-Télé ou sur RMC ? » Pourtant d'autres, parmi les grenouillards de son entourage pensent qu'il devra bien se résoudre à « y aller ». Á condition que, s'il remporte la primaire, tous se rallient à sa candidature. Parce que, à la différence de Valls, François est convaincu que, sans les voix des frondeurs et des communistes, il est sûr de perdre... Une seule candidature de plus à gauche et c'est foutu pour lui. Méluche, lui, a déjà tranché : il ira à la présidentielle tout seul... Pathétique. Le combat de trop ? Possible. Taubira ? Elle pourrait être celle qui les mets tous d'accord. Mais elle a dit qu'elle n'irait pas à la primaire... Sans elle, pas de « Podemos » à la française. Pas d'espoir pour le « peuple de gauche ». Mais les espoirs du « peuple de gauche », manifestement, ils s'en branlent tous et toutes. Seules comptent leurs petites carrières. Porco Dio !

 

- Tè ! Pour changer, j'ai une bonne nouvelle, Victor.

 

- Allez, accouche, mastroquet de mon cœur.

 

- Ben voilà: Les Chinois vont mettre en place le plus grand télescope du monde. Il fera 500 mètres de diamètre. Près du double du champion actuel, le télescope d'Arecibo, à Porto-Rico qui n'en fait que 300. Un télescope, c'est essentiellement un miroir concave, c'est-à-dire légèrement creux. Un verre quoi ! Et alors, écoute-moi bien Victor : D'après un scientifique cité par le canard britiche The Gardian, « s'il était rempli de vin, chacun des sept milliards d'habitants de la planète pourrait s'en servir cinq bouteilles ! »

 

- Ben effectivement, voilà une nouvelle réconfortante ! Allez, j'ai le clapoir qui grippe : mets ma tournée !

 

- Mes verres sont moins volumineux que celui des Chinois, mais je les remplis sans faux-col de bon rouge bien de chez nous ! Á la nôtre !



16/02/2016

BREXIT. Les Anglais vont-ils libérer une nouvelle fois l'Europe ?

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Il termine sa tournée des popotes, Cameron. Pour chercher quoi ? Que les autres Européens baissent le calbar, comme ils l'ont fait devant la Thatcher ? Est-il en mesure d'imposer quoi que ce soit ? Il s'est piégé tout seul avec sa promesse de référendum. S'il a fait cette tournée des popotes, c'est sur injonction des banksters de la City qui tremblent de perdre de leur capacité de nuisance si le Royaume-Unie sort de l'Union Européenne. Mais pour l'U.E., ce serait une bénédiction ! Un soulagement ! Les Anglais vont-ils libérer une nouvelle fois l'Europe ? On en rêve...

 

Faisons un petit retour en arrière. Á l'époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre- échange » avec quelques pays de l'Europe du Nord. Mais les milieux d'affaires britanniques, assistant impuissant au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

 

De Gaulle – qui les connaissait bien - s'est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l'Europe en 1972, amenant dans ses bagages l'Irlande et le Danemark.

 

La Grande-Bretagne s'est tout de suite opposé à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé...

 

Souvenons-nous, en 1979, de Margaret Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l'Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s'opposa aux tentatives de Jacques Delors d'avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

 

Souvenons-nous de Leon Brittan, nommé en 1989 commissaire européen à la très sainte « Concurrence ». Ultralibéral assumé, cette brute a tout fait pour donner le pouvoir aux multinationales étasuniennes et européennes. Il est à la source d'un lobby international regroupant les multinationales, le TABD (dialogue économique transatlantique), l'ancêtre de TAFTA.

 

Souvenons-nous de John Major qui, en 1990, proclamait que « le succès économique de la Grande-Bretagne dépend de ses coûts sociaux bas, pas de chapitre social et pas de salaire minimum ». Refusant l'application d'une des rares directives sociales de la Commission européenne, concernant une limitation du temps de travail à 48 heures et 3 semaines de congés payés, il fusilla toute tentative d'Europe sociale.

 

Souvenons-nous aussi de Tony Blair, le caniche de Washington, fidèle soutien de Bush dans son invasion de l'Irak et donc, à ce titre, coresponsable du foutoir actuel au Moyen-Orient. Il aurait sa place comme accusé devant le tribunal de La Haye, tout comme Sarkozy, Obama et évidemment tous les Bush...

 

Et n'oublions pas Cameron qui nous refile son problème de migrants en roulant dans la farine Chirac et Sarkozy avec les accords du Touquet mettant la frontière britannique...à Calais!

 

C'est une constante de la politique extérieure britannique, lorsqu'elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n'a qu'une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l'alternative n'étant pas réalisable, il fallait donc couler l'Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

 

Comment ? D'abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l'intégration catastrophique de tous les pays de l'Est... 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l'unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C'est ce qui se passe actuellement.

 

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste. Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d'une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

 

Puis vint Maastricht et la création de l'Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C'est donc à eux que l'on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C'est à cause d'eux que des pays sans scrupules comme le Luxembourg et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l'Europe aux appétits sans frein des multinationales. C'est à cause d'eux que celles-ci ne paient pas d'impôts.

 

Quant à l'euro, non seulement ils n'y sont pas entré, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leurs nid de banksters qu'est la City...

 

Alors si nos « amis » britanniques veulent sortir de l'Europe, disons leur « Cassez-vous » ! Mais ne rêvons pas... Hélas. Ils savent très bien que sans l'Europe, ils ne sont plus grande chose. Et que leur partenariat privilégié avec les États-Unis bas singulièrement de l'aile, ceux-ci se tournant vers le gros gâteau asiatique, tout en faisant en sorte, sournoisement, de créer la zizanie entre l'Europe Unie et la Russie...

 

Et qu'est-ce qu'il va dire François à la prochaine réunion européenne ? Qui lo sa...



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15/02/2016

Agriculture. Le ministre Le Foll à l'assaut de la forteresse ultralibérale européenne ?

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Le ministre Le Foll l'a dit : il va à Bruxelles défendre son « memorandum » dans lequel il demande à la Commission européenne de réguler les marchés du lait et du porc pour faire remonter les prix. Il proposera aussi de mettre en place un système de stockage des produits en surproduction.

 

Pendant ce temps ils continuent leurs actions spectaculaires. A Vannes aujourd'hui. Avec la redoutable force des « desperados ». « Ils » ? Ce sont les pagoulins, les parpagnas, les culs-terreux, les pacans, les bouseux. Elle est inépuisable la liste des termes moqueurs, péjoratifs, insultants dont « les gens des villes » affublent, voire accablent les paysans.

 

PAYSANS ! Quel mot magnifique pourtant. Les gens du « pays ». Ceux qui entretiennent, cultivent, façonnent, embellissent le pays. Ceux qui nourrissent leurs compatriotes. Avec leur sueur, avec leur labeur, avec leur courage, avec leur ingéniosité. Mais « les gens des villes » regrettent vite leur morgue. Parce que pour l'essentiel d'entre eux, leurs parents, leurs grands-parents étaient des paysans.

 

De paysans, il n'y en a plus guère. Ils sont devenus agriculteurs, puis « exploitants agricoles ». Ils ont bien écouté leurs instances professionnelles : ils se sont « modernisés ». Ils ont fait, avec application, tout ce qu'on leur a dit de faire. « On » ? Ben, les divers gouvernements, leur syndicat hégémonique la FNSEA, les Chambres d'agriculture, les lycées agricoles, le Crédit agricole. Sans oublier l'Europe avec la PAC, puis la réforme de la PAC. Ils ont adopté la doxa productiviste, le culte du rendement, le machinisme démesuré. Ils ont fait - ou subi – le « remembrement » avec son saccage des haies et le lessivage des terres. Comme on leur a dit, ils ont pourris, stérilisés les terres à coups d'engrais chimiques et des pesticides tueurs. Ils ont tué la terre qui leur est devenue étrangère. Ils ont perdu leur âme de paysan, leur légendaire bon sens paysan.

 

Ils ont écouté la FNSEA qui leur disait que pour s'en sortir ils devaient choisir la quantité et les prix bas plutôt que la qualité et les prix rémunérateurs. Avec pour moyen la sacro-sainte exportation. Seulement le modèle agricole français, fait de petites et moyennes exploitations familiales, gage de qualité, n'est pas concurrentiel. Les puissances financières et économiques n'en veulent plus. Pas assez rentables. Ce qui fait jouir les technocrates de Bruxelles et les « défenseurs » de la FNSEA, ce sont les usines à lait, les « fermes » de mille vaches, les milliers de cochons élevés sur leur merde, les hangars à volailles crachant de la barbaque bien calibrée mais insipide. Et à ce jeu, les petits se font logiquement bouffer. Les gouvernements, la FNSEA, toutes les instances professionnelles ont voulu faire de l'agriculture une industrie. Mais ceux qui les ont suivi perdent contre les industriels de l'agriculture. Et les industriels de l'agroalimentaire importent de la barbaque dégueulasse à bas prix.

 

Que peut faire Pascal, mon voisin d'été en Lozère, avec ses 70 vaches à lait mangeant de l'herbe poussée, selon les normes modernes, à coup de nitrates, face aux usines à lait de l'ex-Allemagne de l'Est, exploitant les milliers d'hectares des anciens structures communistes, dirigées par des financiers, faisant trimer pour des salaires de misère une main d’œuvre sous-payés venue de Bulgarie, de Roumanie et des ex-pays de l'Est ?

 

Ils ne peuvent pas lutter sur ce terrain nos paysans. Ils seront battus, balayés. Leurs porcs d'entrée de gamme, même élevés en quantité raisonnable, ne peuvent concurrencer les usines à barbaques allemandes ou espagnoles. Leur filière contribue à les enfoncer : les coopératives bretonnes qui achètent leurs porcs à bas prix vont les faire abattre...en Allemagne. Et les industriels de la charcuterie s'approvisionnent à 40 % à l'étranger où ils trouvent du « minerai » de viande 30 à 40 % moins cher...

 

De plus, ces « bons élèves » crèvent de normes souvent loufoques : la France surenchérissant à ce niveau sur les normes européennes ! Ils crèvent aussi et surtout de cette règle imposée par l'Europe ultralibérale : l’ouverture totale des frontières sans harmonisation fiscale et sociale. Une Europe dont le projet n'est plus de nourrir les Européens puis le monde tout en protégeant ses ressortissants paysans, mais de faire gagner toujours plus de fric par les multinationales agroalimentaires et la grande distribution.

 

Ils ont perdu jusqu'à leur fierté, nos « exploités agricoles », humiliés qu'ils sont de travailler à perte et de devoir leur survie à des subventions et à des « plans d'aide » qui se succèdent sans résultats alors qu'ils demandent seulement des prix leur permettant de vivre.

 

Le Foll fait ce qu'il peut, c'est-à-dire pas grand-chose. Parce qu'il est impuissant. Parce que ses appels « à la responsabilité » lancés en direction de la grande distribution fait bidonner les responsables de celle-ci. Parce qu'il faudrait tout remettre sur la table au niveau européen et exiger l'harmonisation sociale et fiscale mais que ce n'est pas ce gouvernement de mous qui s’aplatissent devant Merkel ou même Junker qui en sera capable... Fait nous mentir, Le Foll !

 

Quant à la profession, elle devrait utiliser l'image très positive de la France, terre d'excellence gastronomique, terre de luxe, terre de savoir-faire, terre de savoir-vivre pour se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, à des prix rémunérateurs.

 

Pour redonner le goût de vivre à nos paysans et le goût des bons produits aux consommateurs que nous sommes.

 

 

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10/02/2016

Au bistro de la toile : députés « absents » ; rêve américain…

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- Oh ! Victor, t’as vu, ces pauvres députés ils sont surmenés. Ils étaient pas bézef pour voter une loi. Pourtant pas un petit truc mais l’inscription de l’ « état d’urgence » dans la Constitution ! 441 déserteurs !

 

- Ouais Loulle, mais ils ont de bonnes excuses nos « représentants ». Tè, il y a ceux qui n’avaient pas eu le temps de venir. Aussi, vouloir les faire travailler un lundi. Je te demande un peu. Ces braves gens sont surmenés comme tu dis. Eh ! Le ouiquinde, ils vont dans leurs circonscriptions, toucher des paluches, inaugurer quelques ronds-points, faire quelques banquets républicains. C’est que ça se caresse dans le sens du poil un électorat.

 

- Pourtant, que je sache, les députés sont avant tout des gens chargés par leurs concitoyens de faire les lois. Et pas les représentants des intérêts particuliers de leurs électeurs. Le clientélisme électoral, ça vient après. Donc ce prétexte de présence obligatoire sur leur circonscription, c’est nul et non avenu.

 

- D’autres avaient des prétextes plus valables : « J’ai mon petit qui est tombé malade », qu’il a dit le député Bachelay. Ah ! Évidemment si c’est un cas de force majeure… Mais d’autres étaient tout simplement au bistro de l’Assemblée !

 

- Ils se foutent un peu de notre gueule tout de même nos « représentants ».

 

- Pas sûr. Je pense que les absents étaient surtout des grévistes du vote. Ils préfèrent passer pour des feignasses que de mettre leur nom au bas d’une loi dont ils ne veulent pas mais qu’ils n’ont pas le courage de repousser. Ce ne sont pas des feignasses ou des négligents mais des couilles-molles, des faux-cul, tout simplement.

 

- T’as raison Victor. Ah ! Tiens, voilà une nouvelle qui devrait te satisfaire. C’est chez les Amerloques, dans leurs « primaires ». Les cocus qu’ils disent.

 

- Les cocus, dans l’histoire ce sont les bourrés de thunes qui fournissent des palanquées de dollars aux candidats qu’ils pensent le plus à leurs bottes. Ils ont voté, à droite, pour un mec auprès duquel Marine Le Pen passerait pour une dangereuse gauchiste, le dénommé TrUMP. Seulement celui-là, il débloque à plein tube, mais avec son propre pognon ! Il n’aura de compte à rendre à personne si – Bacchus nous en garde ! - il est élu… Côté gauche, enfin la gauche américaine, celle pour laquelle Macron passerait lui aussi pour un dangereux trotskiste, ce n’est pas l’Héritière, la Clinton qui a été désigné par les électeurs de cet Etat, mais un « socialiste » ! Cocue la Clinton…

 

- Bof ! Ça, elle a l’habitude. Et qu’est-ce qu’il propose le vainqueur ?

 

- Le dénommé Sanders, se revendiquant « socialiste » - un terrible gros mot aux States – veut faire payer les riches ! Il dit que le gouvernement des USA doit appartenir au Peuple et pas à une poignée de gros donateurs ! Il représente les « 99 % » contre les « 1 % » des pleins de thunes qui accaparent le pouvoir. Son électorat, il le trouve parmi les jeunes, de 18 à 35 vendanges alors que Clinton fait des scores chez les plus de 65 balais !

 

- Et tu crois qu’il a des chances de passer ?

 

- On peut toujours espérer. Les Etasuniens nous ont bien étonnés en élisant un Noir ! Mais l’ « establishment » va se bouger pour le foutre en bas, le dynamique papé. Ce pays, qui se prétend la plus grande démocratie du monde, est en fait gouverné par la même caste de plein de thunes, de nantis de père en fils. Ils acceptent au compte-goutte dans le clan quelques grosses têtes sortis d’écoles sauvagement élitistes. C’est ce qu’ils appellent l’ascenseur méritocratique. Mais les politiciens ne sont que des marionnettes. Le vrai pouvoir est exercé par le fric-roi, le pognon-dieu, avec le relais du contrôle de l’information dont la fonction première est de manipuler l’opinion. BIG-FRIC donne un verni démocratique à sa mainmise sur le pouvoir, tous les pouvoirs, à travers la mascarade des élections. Celle-ci mettant en place alternativement des équipes de politicards étiquetés « Républicains » pour les uns, « Démocrates » pour les autres. Totalement interchangeables. Ils sont tous, d’un côté comme de l’autre, corrompu par les banksters et les multinationales qui les changent au gré de leurs intérêts.

 

- Et Sanders la-dedans ?

 

- Sanders, le « socialiste », qui veut faire casquer Wall-Street, c’est comme s’il avait pété dans la sacristie ! Alors « ouate Inde si » comme ils disent…

 

- On peut toujours rêver. Allez, à la nôtre et à Papy Sanders !

 

 

09/02/2016

Et si on reparlait de TAFTA ?

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Excellente nouvelle, pour une fois, concernant cette horreur économique que les Étasuniens veulent infliger à cette Europe molle et veule qui nous déçoit tant. Cette bouffée d'espoir nous vient d'où on s'y attend le moins : d'Allemagne. Pas de Frau Merkel, non, mais des magistrats allemands. En effet, la DRB (l'association des magistrats allemands) a rejeté la proposition de la Commission européenne de mettre en place une Cour pour les Investissements, ceci dans le cadre du TAFTA, ces dangereuses négociations de « partenariat » transatlantique. Les magistrats allemands ne voit ni la nécessité ni la base légale d'un tel tribunal privé.

 

TAFTA, tout comme l'ALENA en Amérique et le TPP en Asie est une des griffes des États-Unis destinée à s'accaparer le monde. C'est une série « d'accords » asymétriques que les Yankees tentent d'imposer à cette Europe molle, sans défense et minée de l'intérieur par des institutions dont les principaux responsables sont à la botte des États-Unis. Les négociations de ces prétendus accords se font dans la plus grande opacité. Même les députés européens n'ont pas connaissance de ce qui se trame sournoisement entre négociateurs étasuniens et européens. Le but poursuivit par les yankees est en fait la vassalisation de l'Union Européenne aux États-Unis d'Amérique. Ou plus précisément aux banksters et aux multinationales étasuniennes.

 

TAFTA comprend, entre autres projets d'accord toujours en défaveur de l'Europe, une clause « d'arbitrage d'investissement », l'ISDS (« Investor State Dispute Settlement »), l'acronyme anglais du mécanisme de règlement des différends. Cela revient à donner la primauté juridique à des tribunaux d'arbitrages privés concernant les conflits entre multinationales et États. Ceci, en passant par-dessus l’institution judiciaire de chaque pays concerné. Le contribuable serait, ainsi, condamné à payer pour des choix qu'il a validés en tant que citoyen. Certaines entreprises contestent, sous couvert « d'expropriation indirecte », le droit des États à décider des normes environnementales, sanitaires ou sociales. Interdiction de la fracturation hydraulique, retrait du nucléaire ou mesures antitabac : ces décisions pourraient ainsi permettre à des entreprises étrangères de réclamer aux États concernés, devant un jury d'arbitres privés, des indemnités souvent faramineuses en réparation du manque à gagner ! Voilà ce que TAFTA veut nous imposer.

 

L'U.E., pour sauver la face, propose une version maison, fort peu différente, le « Investment Court System » (ICS). Ce « tribunal » ne limiterait pas seulement les pouvoirs législatifs de l’U.E. et des États membres ; il affecterait également le système judiciaire existant au sein des États membres et de l’Union européenne. Les décisions qui seraient prises par l’ICS ne relèveraient pas seulement du droit civil, mais également du droit administratif, du droit du travail, du droit social et du droit fiscal. Et elles seraient contraignantes ! Voilà ce que proposent, sournoisement, les négociateurs à plat ventre de la Commission européenne !

 

Et voilà ce que les magistrats allemands viennent de refuser. Ils estiment en effet que le postulat selon lequel les tribunaux des États membres de l’Union européenne ne réussiraient pas à accorder une sécurité juridique effective et suffisante aux investisseurs étrangers, clairement implicite dans la proposition d’une Cour Internationale sur l’Investissement, ne s’appuie pas sur des observations objectives. Ils affirment, à juste titre, que les États membres de l'U.E. sont tous des États de Droit qui fournissent et garantissent l’accès à la Justice dans tous les domaines où l’État est compétent pour toutes les parties requérantes. Il appartient donc à ces États membres d’assurer l’accès à la Justice pour tous et de garantir un accès possible aux investisseurs en fournissant aux tribunaux les moyens pertinents. Pour cette raison, la création d’un ICS est la mauvaise solution pour garantir la sécurité juridique, estiment-ils.



Ce que disent ces magistrats, c'est que les États de l'Union européenne étant tous des Etats de Droit, il n'est en aucune façon nécessaire de créer une juridiction hors sol dont le seul intérêt serait de permettre aux « investisseurs » d'échapper au droit des divers États de l'Union. Les « investisseurs » ne sont ni différents ni supérieurs aux citoyens.



Et puis, qui sont ces « investisseurs » ? Surtout des spéculateurs et des banksters dont les « investissements » servent surtout à mettre leurs griffes sur tout ce qui a de la valeur en Europe, pour le piller de ses brevets, de ses marchés, de ses savoir-faire, puis les fermer pour écarter une concurrence et jeter des milliers de salariés à la rue. Rappelez-vous Continental, Arcelor et plus près de nous Alstom...



Bravo et merci aux magistraux Magistrats allemands qui commencent à réaliser où nous mène la politique d'acceptation de vassalisation de l'Union européenne des Junker ou Moscovici.



À quand une telle réaction de la France ?


Source: http://www.drb.de/cms/index.php?id=952


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08/02/2016

Qui a laissé ZIKA libre ?

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Dépassé le virus de la grippe aviaire ! On nous a enfumé il y a quelques années, Roselyne a acheté des millions de doses de vaccins à des labos amis. Pour rien ! Si : pour faire glisser des poches de l’État (donc de nos poches) quelques milliards dans les fouilles des labos pharmaceutiques... Par contre pour quelques poules malades, on fout en l'air toute la filière des volailles à foie gras du sud-ouest. Au profit de qui ? Allez comprendre...

 

Alors dépassé par qui ce juteux virus ? Ben, faut être moderne : par la dernière coqueluche des me(r)dias : le désormais célèbre virus ZIKA.

 

Et qu'est-ce qu'il fait ? Et d'où il sort ? Et qui c'est celui-là ?

 

Qu'est-ce qu'il fait ? Il donne un peu de fièvre puis il s'en va. Sauf que si son pote le moustique tigre l'a refilé à une femme enceinte, celle-ci risque de mettre au monde un lardon avec un pois chiche à la place des boyaux de la tête. « Microcéphalite » que ça s'appelle. Avec, on s'en doute, un projet de vie peu réjouissant pour ce pauvre bébé et ses parents... Sauf que non seulement il se transmet par les moustiques, mais aussi, semblerait-il par le plus puissant moteur de la vie : les relations sexuelles ! Donc, Zika, il est dangereux.

 

D'où il sort ? Il n'est pas neuf. C'est même une vieillerie : il a été découvert sur un singe rhésus en 1947 au cours d'une étude sur la fièvre jaune, au bord du Lac Victoria, sur la presqu’île d'Entebbe, en Ouganda. Dans une forêt du nom de Zika. Ce qui lui a donné son nom. Mais alors comment se fait-il qu'il se manifeste non pas en Afrique, ce qui semblerait logique, mais au Brésil ? Les moustiques tigres auraient fait des milliers de kilomètres, avec leurs petites ailes ? Ils devaient être fatigués en arrivant. Ben non, il est au Brésil, Zika,  parce qu'on l'y a amené. Mais qui ? Et pourquoi ?

 

Fait troublant, l'épicentre géographique de la diffusion pandémique du virus Zika au Brésil coïncide avec le point géographique d'où ont été lâchés dans la nature des millions de moustiques génétiquement modifiés (OGM) par le laboratoire britannique Oxitec. Rappelons que ce moustique OGM a été créé pour lutter contre la dengue et le chikungunya en diminuant voire en remplaçant les populations de moustiques sauvages vecteurs de la dengue. Le remède s'avèrerait-il pire que le mal ? Qui lo sa ?

 

Au fait, ce virus, n'importe qui peut l'acheter sur internet. Pas cher. 516 $ la fiole et même 430 $ si vous marchandez.

 

Eh ! Oh ! Qui va acheter ça ? Vous ? Moi ? Pour quoi faire ? Non, pas nous, mais des labos. Pour étudier quoi ? Ben des vaccins pardi ! Mais pour vendre ces vaccins, il faut qu'il y ait une épidémie ou, mieux, une pandémie ! Et alors ? Qu'est-ce qu'il se passe au Brésil ? Un départ de pandémie. Et les labos espèrent beaucoup des prochains Jeux Olympique pour la répandre dans le monde entier. Et alors on va voir sortir ce vaccin miraculeux ! Dont les gouvernements achèteront des milliards de doses ! Hummm ! Le bel et bon fric qui va engraisser Big Pharma !

 

Mais pour que ça marche, il faut que la populace aie peur ! Qu'elle tremble pour sa descendance. Alors là qui voit-on arriver ? Ben l'OMS bien sûr. L'Organisation Mondiale de la Santé qui crie au danger mondial . Comme elle l'avait fait pour la grippe aviaire H1N1 en son temps. Cette organisation dépend directement du Conseil économique et social des Nations unies et son siège se situe à Genève. Elle s'est faite sérieusement allumée pour sa gestion de la crise du virus H1N1 pour conflits d’intérêts, ses experts émargeant pour beaucoup auprès des grands trusts pharmaceutiques ! Elle est financée par des contributions des États membres et d'autres donneurs. Ces dernières années, l'OMS a multiplié les collaborations avec des organisations non étatiques: elle est actuellement en partenariat avec près de 80 groupes (ONG, industrie pharmaceutique et fondations caritatives telles que la Fondation Bill-et-Melinda-Gates et la Fondation Rockefeller).

 

Ah ! Au fait, des mauvaises langues prétendent que le brevet du virus Zika appartiendraient à la Fondation Rockefeller. D'autres mauvaises langues disent que la société Oxitec, qui a lâché les moustiques OGM au Brésil appartiendrait pour partie à la Fondation Melinda et Bill Gates.

 

Eh ! Victor, tu ne tomberais pas un peu dans la théorie du complot des fois ?

 

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05/02/2016

Allez Berthe, faîs la vâlise !

 

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- Berthe, faîs ta vâlise, on part en Suisse.

- Chercher des chôcolats ?

- Non, porter notre pôgnon à la banque.

- Pfff… La Suisse, depuis qu’on y va mon bîchon. Tu ne préfèrerais pas Singâpour ? Ça fait plus clâsse vîs-à-vîs de nos âmis.

- Ben ouais, mais on fera pas l’âller-retour dans la journée… Et après-demain, j’aî conseil mûnicipal, réunion à la présîdence de la cômmunauté de cômmunes, puis le soir présîdence de l’ôffice de HLM sans oublier une réunion de chântier avec les entreprîses que j’ai choisî sans appel d’ôffre pour la constrûction du lycée.

- Tu trâvailles trôp mon bîchon. Hûmmm ! Vîens que je te poûtoune ! Bon, pour cette foîs, la Suisse, çâ ira. Qu’est-ce que je mêts dans la vâlise ?

- Ben comme d’hâbitude, les liâsses de billets de 500 euros.

- Quelle trouvâille ces billets ! A croîre qu’ils ont été faîts exprès pour nous !

- C’est un peu çâ ma Berthinou jôlie. L’Europe les â créés sur l’insîstance intéressée de gens qui, comme nous, sont oblîgés de se trimbâler des vâlises de pôgnon. Tu te râppelles à l’époque des francs ? Pfff ! Quelle gâlère…

- Ah ! Notre premier mîllion détoûrné en Suisse… Avec la 404 Coupé Pinin-Farina ! Toute une épôque.

- Notre jeunesse ma Berthînette. Mon premier mândat, mes premières cômmissions.

- Bon. Allez. La prochaîne fois on ira à Singâpour.

- Promîs ?

- Promîs !

 

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04/02/2016

Traité Transpacifique. La pieuvre déploie ses tentacules en Asie.

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Après cinq ans de laborieuses discussions, l’accord TPP (Trans-Pacific Partnership – accord de partenariat transpacifique) a été signé officiellement jeudi 4 février 2016 en Nouvelle-Zélande. À noter qu'à Auckland, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue en signe de protestation.

Cet accord réunit Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, USA (États-Unis) et Vietnam. Mais pas la Chine, le mastodonte de l'Asie... Ces 12 pays représentent 40% de l'économie mondiale. Cet accord, très large, vise à abattre les barrières douanières entre les signataires. Il prévoit, entre autres, une ouverture conséquente des marchés des produits agricoles pour le bœuf, le sucre, le riz et même le fromage. Il débouchera sur une déréglementation générale, au seul profit des multinationales essentiellement étasuniennes. Avec des effets pervers sur les droits des travailleurs, la perte de souveraineté, l'environnement, l'accès aux médicaments.

Il concerne aussi l'échange des données et la propriété intellectuelle. Les États-Unis, dans ces négociations, se sont montrés particulièrement agressifs concernant les droits de propriété des firmes pharmaceutiques, ces énormes machines à fric. Ces accords sont pour eux un bon moyen d'empêcher certains pays de rattraper leur retard sur les compagnies étasuniennes. Ils vont bloquer l'innovation et nuire évidemment aux consommateurs...

Il s'agit en fait, par le renforcement des multinationales, d'assurer la main-mise des États-Unis sur l'Asie. Barack Obama ne s'en cache pas, qui se réjouit d'un texte qui va favoriser l'économie étasunienne par rapport aux autres grandes économies (Europe, Brics) : "C'est un nouveau genre d'accord commercial qui donnera la priorité aux salariés américains. Ce traité renforcera notre leadership à l'étranger et soutiendra les emplois, ici, aux États-Unis." À côté du cynisme, ça a au moins le mérite de la franchise !

Et la Chine dans cet affaire ? La Chine – deuxième, voire première économie mondiale - n'a que faire de ces gesticulations. Elle n'a nul besoin ni envie de se lier les mains avec son seul concurrent mondial. Elle met en place sa propre zone d'influence commerciale, en faisant évoluer l'APEC (coopération économique en Asie-Pacifique) vers une zone de libre échange Asie-Pacifique (FTAAP) concurrentielle de la TPP sous domination étasunienne. La Chine a déjà ses entrées au Nicaragua et au Costa Rica, et se rapproche de la Colombie. Elle a par ailleurs lancé la BAII (la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures) institution financière destinée à contrebalancer la Banque mondiale sous influence de Washington et la Banque asiatique de développement (BAD) sous influence de Tokyo. Lien

Ces accords verront-ils le jour ? Ce n'est pas évident car s'ils sont signés, pour entrer en vigueur ils doivent être ratifiés par chaque pays signataire. Et ceci sans aucune modification, dans les deux ans. Rien n'est fait. La principale difficulté de ratification pouvant venir...des États-Unis eux-mêmes ! Au Congrès, chez les Démocrates, certains élus hésitant – en période électorale cruciale - à braquer les industriels agricoles qui critiquent ces accords. Quant aux élus Républicains, idéologiquement favorables, vont-ils tomber dans le panneau, donner une victoire à Obama et ainsi conforter leurs adversaires ? Eh ! Oh ! Au mieux, la ratification sera probablement repoussée après les élections présidentielles...



Et puis avant de s'enflammer sur cette « avancée » qui préfigure d'autres accords qui nous préoccupent au plus haut point, - le Grand Marché Transatlantique (GMT ou TAFTA, ou TIPP, c'est pareil) - il n'est pas inutile de jeter un œil sur les résultats du plus ancien de ces accords commerciaux sous domination étasunienne, l'ALENA. Loin d’avoir offert de nouveaux débouchés aux entreprises américaines et de les avoir poussées à embaucher, l’Alena a favorisé les délocalisations industrielles et l’ouverture de succursales à l’étranger, en particulier au Mexique, où la main-d’œuvre est bon marché.

L’accord a également eu des effets désastreux au Mexique. Autorisés à exporter sans entraves, les États-Unis ont inondé ce pays de leur maïs subventionné et issu de l’agriculture intensive, engendrant une baisse des prix qui a déstabilisé l’économie rurale. Des millions de campesinos (paysans) expulsés des campagnes ont migré pour se faire embaucher dans des maquiladoras  où ils ont pesé à la baisse sur les salaires, ou ont tenté de passer la frontière et de s’installer aux Etats-Unis. L’exode rural a également exacerbé les problèmes sociaux dans les villes mexicaines, conduisant à une montée en intensité de la guerre de la drogue.

Alors que l’Alena devait leur apporter la prospérité, plus de 50 % des Mexicains vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Entre 1994 et 2014, le produit intérieur brut (PIB) par habitant du Mexique n’a augmenté que de 24 %. Entre 1960 et 1980, il avait bondi de 102 % (soit 3,6 % par an). Si le Mexique avait continué de croître à ce rythme, son niveau de vie serait aujourd’hui proche de celui des pays européens..

Les négociateurs de la Commission européenne qui œuvrent dans la plus grande opacité sut ces accords TAFTA feraient bien d'aller voir au Mexique...

Tout accord avec le Diable pue le souffre...



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03/02/2016

Manifestations paysannes : les pathétiques jacqueries des cocus de la terre.

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L'agriculture française se meurt. Les agriculteurs français crient au secours. Certains manifestent bruyamment, voire brutalement. D'autres se pendent... Alors qu'il y a quelques années, allez, plusieurs décennies, cette agriculture était une des premières du monde. Et la première en Europe. Pourquoi ? Qu'a-t-elle manquée ? Qui l'a poussée dans le mur ?

 

La mutation de l'agriculture est une chose ancienne. Après les carnages de 14-18 les paysans ont quitté les pays pour devenir ouvriers, agents de lycée, gendarmes...ou chômeurs. Le salaire plutôt que le grand air. La sécurité plutôt que la liberté.Ceux qui restaient sont devenus des « agriculteurs ». Puis, sous les injonctions des chambres d'agriculture et du crédit agricole, ils sont devenus des « exploitants agricoles ».

 

Plus gros mais pas assez. Mieux équipés, mais pas assez. Ils ont tout de même pu grandir et prospérer sous le parapluie de la Politique agricole commune (PAC) mis en place par l'Europe à travers le marché commun puis l'Union européenne. Puis est arrivé la « mondialisation », c'est-à-dire en ce qui les concerne l'abandon de la noble fonction de nourrir les hommes aux rapaces de la finance mondiale. Nouveaux objectifs : la REN-TA-BI-LI-TÉ ! À tout prix. Et surtout au prix de la qualité.

 

Pas rentables les fermes d'élevages avec 80 bêtes heureuses de paître dans des champs. Pas rentables les élevages de porcs de quelques dizaines d'animaux courant sous les chênes. Pas rentables les élevages de volailles taquinant le ver de terre. Pas rentables les maraîchers faisant pousser leurs tomates locales sur la terre. Pas rentables les arboriculteurs osant proposer des pommes avec quelques tavelures. Les Paysans ont donc obéi à leurs instances professionnelles, elles-mêmes sous le feu des diktats de la grande distribution.

 

« Paysans » ? Méritent-ils encore ce beau vocable ? Certainement pas. Ils sont devenus des « exploitants agricoles » qui ont perdu leur culture. Les jeunes générations sont obnubilées, sous la poussée de leurs instances professionnelles (FNSEA, chambres d'agriculture, crédit agricole), par le culte du rendement à tout prix, du progrès technique, du machinisme démesuré. Ils ont l'obsession de cette nature dans ils vivent, où ils vivent, mais qu'ils saccagent à coups d'engrais chimiques et de pesticides tant elle leur est devenu étrangère. L'enquête présenté par Élise Lucet sur la deuxième chaîne télé est effrayante. Elle montre la main-mise cynique voire criminelle des multinationales de l'agro-industrie sur l'agriculture et les redoutables dangers pour la santé de consommer les produits de la terre ! Un comble.

 

Les paysans devenus exploitants(tés) agricoles ont perdu leur fameux « bon sens paysan » mais pas que...

 

Ils ont perdu leurs savoirs ancestraux, leurs techniques, la connaissance de leur terroir, du temps mais aussi et surtout de leurs semences puisqu'ils sont les clients forcés, obligés des grandes sociétés semencières (Monsanto entre autres), des fabricants d'aliments pour animaux auprès desquels ils sont lourdement endettés, des marchands de pesticides et d'engrais chimiques.

 

Ils ont perdu leurs représentations professionnelles et notamment les coopératives – ces superbes organisations, au départ ! - qui sont devenus des monstres d'aliénation au service de l'agriculture industrielle ultra productiviste. Le premier groupe coopératif français « Invivo » a un chiffre d'affaires de 5,7 milliards, emploie 8.000 personnes dans 28 pays. On fera croire à qui qu'une telle structure – profitant des avantages fiscaux, entre autres, de la coopération – s'occupe encore des intérêts des paysans ?

 

Ils ont perdu la maîtrise de leur destin, de leur avenir et sont devenus l'un des bataillons des exploités de l'économie financière globalisée, nourrissant de leur sueur avant tout les banques (Crédit agricole !) auprès desquelles ils sont endettés jusqu'au cou.

 

Ils ont perdu leurs instances représentatives, leur principal syndicat – la FNSEA – se servant d'eux comme chair à canon et jouant un jeu plus qu'ambigu : la FNSEA sert l'agro-industrie productiviste tout en faisant semblant de défendre les « petits paysans ».

 

Parlons-en de la FNSEA. C'est le loup chargé de garder les brebis ! Son grand patron, le ci-devant Belin Xavier – qui vient d'être reçu par François Hollande - est un homme d'affaires aux multiples casquettes. Il est président du syndicat majoritaire mais aussi : PDG de la société Avril-Sofiprotéol, multinationale aux multiples activités, vice-président du Copa-Cogeca, structure qui rassemble des syndicats et organisations agricoles au niveau européen, particulièrement favorable à la signature du  traité TAFTA, président du port de commerce de La Rochelle, deuxième port français pour l’exportation de céréales, propriétaire dans le Loiret d'une exploitation de 500 hectares de blé, orge, colza, tournesol, maïs et pois protéagineux, etc. Quel homme pour s'occuper de tant de choses !

 

Quant à Sofiprotéol, rebaptisé Avril – ça fait plus printanier ! - c'est un mastodonte de 7 milliards de chiffre d'affaires, qui regroupe plus de 150 sociétés, présent dans 22 pays, notamment au Maghreb. L'objectif de cette pieuvre : assurer un maximum de débouchés à la filière des huiles et des protéines végétales (tournesol, colza, etc.)

 

Sofiprotéol-Avril, ce sont les huiles Lesieur et Puget, les œufs Mâtines, c'est des porcs, de la volaille, du bétail avec Glon Sanders, n°1 de l'alimentation animale. On la retrouve aussi dans la santé et la génétique animale, dans l'oléochimie (cosmétiques, peintures, mousse polyuréthane), dans les carburants (Diester industrie, n°1 européen du bio-diesel). On la rencontre encore dans le financement de l'agriculture industrielle, dans l'huile de palme, dans les semences, dans les additifs alimentaires, dans... les OGM (par Biogemma), et même dans la presse agricole !

 

Et c'est le patron de cette énorme multinationale qui prétend défendre la petite paysannerie française ? Alors que son propre intérêt est de faire grandir toujours plus les troupeaux de telle sorte qu'il soit difficile de nourrir toutes ces vaches à l'herbe, dans des prairies ! Il pourra ainsi leur vendre ses tourteaux de soja, ses aliments tout faits, ses additifs alimentaires, voire ses médicaments... Il n'y a pas là un conflit d'intérêt ? MDR !

 

Les paysans français sont cornaqués par un syndicat qui se fout de leur gueule. Sous les coups de boutoirs complices de l'Union Européenne, du ministère de l'agriculture et le bras armé de la FNSEA, la fin des paysans est programmé depuis 50 ans. Les paysans disparaissent, laissant la place à des entrepreneurs « indépendants » mais sous contrat, simples ouvriers spécialisés prenant les responsabilités et laissant les bénéfices aux grosses structures qui les exploitent.

 

La FNSEA les a conduit vers une production intensive de produits de bas de gamme. Où ils se heurtent aux productions allemandes et espagnoles moins chères du fait d'entreprises toujours plus grosses, toujours plus industrielles et exploitants sans vergogne une main-d’œuvre étrangère à la limite de l'esclavagisme. Sur ce terrain ils sont battus.

 

Alors qu'ils auraient dû surfer sur l'image extrêmement positive de la France en matière d'excellence, voire de luxe. Et se diriger vers des productions de qualité, de haut de gamme, à des prix rémunérateurs. Ce que réussissent des entreprises restant à l'échelle humaine et ayant choisi cette voie.

Ceux qui ne jouent pas la carte de la qualité sont destinées à disparaître. La FNSEA, à sa manière, y veille.

 

On n'a que les syndicats que l'on mérite...

 

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02/02/2016

LES VOLEURS DE SAVOIRS.

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Une information sourd discrètement dans les machines à bruits et les canards laquais : le brevetage par un institut public de recherche français, l' « Institut de recherche et développement » (IRD) d'une molécule issue d'un petit arbre des forêts de Guyane, le Quassia amara. Molécule permettant de lutter contre ce fléau qu'est le paludisme. On pourrait dire bravo et merci à ces chercheurs. Sauf que...

 

Sauf que les chercheurs de l'IRD n'auraient rien trouvés s'ils n'avaient pas interrogés les communautés guyanaises Palikur et Kali'na pour connaître leurs remèdes traditionnels, leurs modes d'emplois, leurs effets. Sans les indigènes, qui aurait pensé à cette plante, et qui aurait compris son potentiel ? Les « chercheurs » ont pourtant« oublier », pour breveter ces savoirs, de demander l'autorisation des peuples premiers et, évidemment de les associer de quelques manières que ce soit aux bénéfices de ces brevets. Bonjour l'éthique ! Si ce n'est pas du vol, ça y ressemble.

 

Nous sommes dans un cas d'école d'accaparement de savoirs ancestraux et de ressources biologiques « puisés » pour ne pas dire volés à des peuples autochtones par des firmes pharmaceutiques ou cosmétiques. Parce que les vertus médicinales et insecticides des feuilles de Quassia amara sont connues et utilisées depuis longtemps par les peuplades amérindiennes d'Amérique latine, notamment contre le paludisme ! C'est la Fondation France Liberté qui a soulevé le lièvre en faisant opposition auprès de l'Office européen des brevets.

 

Mais les spoliés n'ont pas l'intention de se laisser faire. Mardi 26 janvier, le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre dit avoir appris « avec grand étonnement », le dépôt d’un brevet sur une « espèce typique de la pharmacopée traditionnelle locale » et dénonce « l’absence totale d’éthique de la part de ces chercheurs ».

 

La méthode est bien rodée pour piller les savoirs autochtones. Sous couvert de recherches scientifiques, une entreprise – institut comme l'IRD, laboratoire pharmaceutique, firme cosmétique, etc. - envoie une équipe étudier une communauté indigène, en Amazonie, en Afrique, à Bornéo, etc. Les « explorateurs » font ami-ami puis s'intéressent de près à l'utilisation des plantes, de la pharmacopée locale. Ils rapportent des échantillons et les confient aux techniciens et laborantins maisons. Ceux-ci extraient le principe actif, isolent la molécule efficace possédant les vertus recherchées. La firme élabore alors un produit à partir de ce rincipe actifs et dépose un brevet. S'accaparant dès lors sous forme de « royalties » tous les bénéfices de la plante en question. En fait, elle n'a rien « découvert », elle n'a rien inventé, elle a volé un savoir ancestral. Les firmes biopirates s'appuient sur le flou juridique actuel autour de l’autorisation ou non de breveter le vivant. La situation actuelle oblige les peuples détenteurs des savoirs et utilisateurs des ressources à apporter la preuve qu'ils utilisaient et connaisaient les principes actifs des plantes avant le dépôt du brevet ! Bonjour l’escroquerie...

 

Ça devrait changer. En effet, les sénateurs ont votés, le 26 janvier, une « loi bio diversité. » Il s'agit en fait de transcrire dans la loi française le « protocole de Nagoya » visant à encadrer l'exploitation des ressources génétiques naturelles et de lutter contre la biopiraterie. Il serait temps. En effet, si 90 % de la biodiversité se trouve dans les contrées du Sud, 90 % des brevets correspondants à l'utilisation des substances issues de cette biodiversité « sudiste » appartiennent aux Etats-Unis et à moindre titre à l'Europe et au Japon. Ceci à travers ces « grands altruistes » que sont les firmes agrochimiques, biotechnologiques, pharmaceutiques, semencières, cosmétiques...

Aux voleurs !



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01/02/2016

Au bistro de la toile : grâce présidentielle et élections…

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- Alors, Victor, quelles nouvelles ? Des bonnes ? Des mauvaises ?

 

- Ben, les deux ! Bonne nouvelle : François qui gracie Mme Sauvage, cette femme condamnée à 10 plombes de zonzon pour avoir eu le courage d’accomplir une œuvre de salubrité publique pour avoir débarrassé le monde d’un infâme salaud qui non seulement attendrissait sa femme comme l’on fait au poulpes, à coups de poings, mais en plus violait ses filles. Bravo François. Moi qui te pourris très souvent, je dis bravo. N’en déplaise à quelques coincés du râble, qui regrettent l’abandon de la veuve à Deibler parmi lesquels – et je m’en étonne parce que j’appréciais jusque là ce type – l’ancien juge Bilger qui viens de baver sa hargne sur France-Inter. Sais-tu qu’une femme sur vingt subit des violences voire des meurtres chaque jour ? Sais-tu que 400 femmes sont tuées chaque année par leurs mecs ? Alors que l’une d’elle ait eu le courage de prendre un flingue et de foutre à son tortionnaire un peu de plomb dans la viande, je lui tire mon chapeau. Battre une femme, c’est l’acte d’un lâche, d’un fumier, qui ne mérite que le mépris. Et quelques balles dans la peau au besoin.

 

- T’as raison Victor. Les femmes, ça se caresse. Tè ! Moi par exemple, les femmes, je les mets sur un piédestal ! Mais toute de même, un piédestal suffisamment haut pour qu’elles ne puisent pas descendre pur me faire chier… Bon. Et les autres nouvelles ?

 

- Eh bien, il y en a une autre qui concerne encore notre François national. C’est une mauvaise-bonne nouvelle. Mauvaise parce que le chômage continue de progresser. Ce qui est désespérant. Parce que le droit du travail est trop complexe ? Peut-être. Mais ne serait-ce pas aussi parce que les patrons sont mauvais ? Les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, cèdent devant toutes leurs demandes, déversent des palanquées de milliards dans leurs fouilles et, résultats : ils perdent des marchés, se font bouffer par les étrangers. Et personne ne met en cause la capacité des patrons ? Etrange…

 

- C’est vrai Victor. Mais où est la bonne nouvelle là-dedans ?

 

- La bonne-mauvaise nouvelle, c’est que si la courbe du chômage ne s’inverse pas franchement, significativement et durablement dans le courant de cette année, François ne se représentera pas !

 

- S’il ne s’assoit pas sur sa promesse, une fois de plus… Primaire à gauche alors ?

 

- Primaire à gauche.

 

- Mais si la courbe s’inverse et que François se présente ? Il faudra encore une fois sortir la vaseline ?

 

- Peut-être pas. Si la gauche – pas la gôôôche genre François, Valls ou Macron – s’accorde sur un programme et présente un candidat unique.

 

- Tu rêves pas un peu là, Victor ? Ils ont tous les dents qui rayent le parquet, que ce soit Duflot, Montebourg ou Mélenchon ?

 

- Il y a pourtant une candidature évidente, de quelqu’un ayant fait la preuve de son courage, de son intégrité, de ses convictions, de sa culture, de son éloquence, de son humanité et même de son humour : c’est Christiane Taubira.

 

- En plus, elle est exécrée par la droite, ce qui est un brevet de qualité, c’est une femme, et une « minorité visible » comme ils disent. L’idée est séduisante ! Allez, à la nôtre ! Et à Taubira !

 

29/01/2016

GROS MOTS !

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Non mais vous l'avez vu le Macron-Trissotin ?

Dans son petit costume, son air de sacristain

Toiser tous les bonkons, tout ce menu fretin

Lui dont c'est aux Rothschilde qu'il doit son destin

Il n'a jamais connu les affres du scrutin

Pourtant il fait des lois, ce triste cabotin

Faites pour saccager, prolo, ton bulletin

Pour une augmentation, tu peux faire tintin !

PEUPLE, ABRÉGERAS-TU LE RÉGNE DES CRÉTINS ?

 

Le cynique nabot qui se prend pour Hercule,

Droit sur ses talonnettes comme un coq ridicule,

Menteur invétéré, camelot sans scrupule

Bat de nouveau l'estrade, manœuvre et manipule

Jusques à ses féaux, ces électeurs crédules

Qu'il croque allègrement, à pleines mandibules.

C'est un sous-Ubu-roi, satrape minuscule

D'un pays avachi marchant sur les rotules.

PEUPLE NE SENS-TU PAS QUE CES VOYOUS T'ENCULENT?

 

Renvoyons à sa place la Marine le Pen

Aux chiottes de l'histoire tous ces croquemitaines

Qui mentent comme ils chient des tombereaux de haine

Repoussez leurs idées, c'est des mauvaises graines

Ils puent de la cervelle, fétide est leur haleine

À des problèmes vrais, leur réponse est malsaine

C'est le repli sur soi, la violence inhumaine

Peuple, retrouve enfin tes sources voltairiennes

ET ENVOIE AUX POUBELLES LES PROPAGEURS DE HAINE

 

Ras le cul des embrouilles,

Ras le cul des magouilles

Des poisseuses fripouilles,

Des sinistres arsouilles,

Des résidus de ch'touille

S'en foutant plein les fouilles

Sur le dos des pedzouilles

Marnant pour leur tambouille.

ILS NOUS CASSENT LES COUILLES !

 

Réveille-toi enfin, peuple des Sans-culotte!

Laisseras-tu longtemps ton pays sous la botte

De voyous qui se goinfrent et des sombres despotes

Donnant de gras fromages à leurs fils et leurs potes ?

Laisseras-tu longtemps aux postes de pilotes

Ces usurpateurs nuls, ces rois de la parlotte ?

Debout ! Fils de Danton. Debout les patriotes !

Redressons donc la tête, n'ayons plus les chocottes,

NE SERAIT-IL PAS TEMPS D'ENTAMER LA RÉVOLTE ?

 

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28/01/2016

Taxis : emmerdo, ergo sum !

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Avec une régularité méritoire, une corporation - celle des taxis – fout le bordel. Circulation bloquée, affrontement avec les forces de l’ordre, violences à l’encontre des chauffeurs de VTC (véhicules de transport avec chauffeurs) et de chauffeurs « Uber ». Les taxis défendent leur gamelle : prix de la bagnole, prix des carburants, prix des assurances, prix de la licence… On peut comprendre qu’ils luttent contre une concurrence. D’autant plus qu’ils n’y sont pas habitués, jouissant d’une situation de monopole confortable mais totalement aberrante.

 

Prix de la voiture : les taxis, en société ou en se groupant pour les individuels, peuvent négocier de sérieuses remises.

Prix des carburants : les exploitants de taxi bénéficient d'une détaxation partielle de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), sous la forme d'un remboursement a posteriori en fonction de la consommation réelle de carburant (gazole ou super sans plomb), utilisée pour les besoins de leur activité professionnelle 

Prix des assurances: artisan taxi propriétaire ou non de leur véhicule et de leur licence, la profession entre dans le cadre du transport de personnes. Il leur est donc indispensable de souscrire une assurance professionnelle spécifique. Avec la encore une force de négociation conséquente.

Prix de la licence : c’est en quelque sorte le fond de commerce des taxis. La licence est chère. Mais elle a été voulue par la corporation, ceci afin de renforcer le numerus clausus, de protéger la profession contre toute concurrence. Ce protectionnisme se retourne contre les taxis.

 

Á quoi servent-ils ? Á transporter des personnes d’un point à un autre. Comme bien d’autres moyens de transport : la marche à pied, le vélo, le scooter, la moto, la voiture particulière, les autobus, les trains, les avions, les bateaux.

 

Le font-ils bien ? Faire rouler une grosse bagnole pour un seul client, c’est une aberration aussi bien économique qu’écologique. Ils encombrent les rues, ils polluent pour un service cher et souvent mal rendu : ils ne sont jamais là lorsqu’on a besoin d’eux, ils ont une conception « pittoresque » des itinéraires, ils sourient toutes les années bissextiles... Mais ils se tiennent, constituent un lobby puissant et ont jusqu’ici toujours réussi à bloquer toute concurrence, que ce soit les taxis collectifs, les véhicules dit de tourisme et même les vélos taxis ! Alors la concurrence des VTC et – pire pour eux - d’UberPop, c’est la guerre !

 

Mais pourquoi n’ont-ils jamais voulu évoluer ? Pourquoi n’ont-ils pas mis au point eux-mêmes, en collaboration avec les services municipaux des villes où ils travaillent, une application électronique permettant au client de trouver très vite, sur son i-phone, un taxi ? Ce qu’a fait Uber, pourquoi ne le font-ils pas ?

 

Non. Ils se contentent de refuser toute avancée, de repousser toute concurrence, de s’arc-bouter sur leur numerus clausus (nombre de taxis fixe). Parce qu’ils se sentent forts. Parce qu’ils ont une arme, comme les routiers ou les exploitants agricoles : ils peuvent bloquer la circulation, donc les échanges économiques. Et ils s’en servent de cette arme. Les gouvernements reculent plus vite devant ces emmerdeurs, leurs bahuts, leurs bagnoles et leurs tracteurs que devant les infirmières et leur blouse blanche ou les enseignants et leur stylo…

 

J’emmerde, donc je suis.

 

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