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25/12/2014

Conte coquin: Dernier cadeau du Père Noël…

Mère Noël sexy.jpg

Photo X - Droits réservés

 

Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

 

Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huitres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Emilion et Chateauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

 

Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

 

Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

 

Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

 

Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

 

Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se débarrasser. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se libère d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

 

Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

 

 Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël.  Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

 

N'en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d'anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous bois, de truffes et de violettes.

Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure  de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête!

 

La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

 

Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparait comme elle est venue.

 

Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bain.

 

Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille…à tante Jennifer !

 

* * * * * * * * *

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24/12/2014

Conte de Noël chez Poutine !

 

 

babouchka.jpg

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

La Fée Babouchka

 

(conte de Noël russe)

 

 

 

Nous sommes en Russie, au pays de Poutine. Un pays immense. Il fait froid. Très froid. Dans une datcha, une petite fille, Tatiana, et un petit garçon,Wladimir, sont assis sur des poufs, au pied d’une vieille dame, devant un gros poêle qui ronfle. Elle leur chante une comptine. C’est la veille de Noël et les gosses n’ont pas très envie d’aller se coucher. La vieille Natalia, leur passant la main dans les cheveux leur dit :

 

Allons, allons, mes enfants chéris, il est tard, il faut monter se coucher maintenant. Vous savez que la fée Babouchka aime les enfants sages, les enfants obéissants. Si vous ne m’écoutez pas, la bonne fée Babouchka vous oubliera dans sa tournée de cadeaux et il n’y aura rien dans vos chaussons, demain matin !

 

Les enfants, se lèvent et couvrent la vieille Natalia de caresses et de baisers :

 

Oui, oui, Natalia, nous te promettons que nous allons monter au lit. Mais avant, raconte nous l’histoire de la bonne fée Babouchka.

 

Natalia leur dit :

 

D’accord, mais c’est la dernière !

 

Les enfants battent des mains en allant se rasseoir :

 

Oui ! Oui ! Natalia

 

La vieille Natalia commence :

 

Il était une fois, il y a bien longtemps, dans la taïga, entre l’Oural et le lac Baïkal. La fée Babouchka était en train de filer tranquillement sa laine, bien au chaud dans son isba de bouleau. La neige, brassée par le grand vent de Russie, tourbillonnait et s’amoncelait en hautes congères sur les vastes étendues de forêts gelées. Il faisait un temps à ne pas mettre un loup dehors…

 

Les enfants se serrèrent l’un contre l’autre :

 

Brrr, Brrr, Brrr

 

La vieille Natalia continua :

 

Soudain, la fée Babouchka entendit du bruit dehors. Quelqu’un frappa au carreau où la dentelle des fleurs de givre et les reflets des branches verglacées brodaient leurs entrelacs.

 

Babouchka ouvrit le sas de son isba. Entrèrent alors trois étrangers, couronnés et vêtus d’habits chamarrés de couleurs vives et brodés d’or. L’un d’eux avait le visage noir comme la nuit sibérienne. Mais tous trois étaient…bleus de froid !

 

Les enfants :

 

Brrrr, Brrr, Brrrr.

 

Dehors, c’est la tourmente de neige, impitoyable, terrible. Voilà qu’apparaissent au seuil de la maison les trois rois mages, avec leurs habits chamarrés couverts de neige. Le premier prend la parole et dit à la fée Babouchka :

 

Hosanna ! Hosanna ! L’enfant divin est né. Nous suivions l’étoile qui nous conduisait à lui, mais la bise l’a soufflée et nous voilà perdue. Auriez-vous la bonté, petite mère, de nous guider à travers la forêt sauvage afin que nous puissions offrir à l’enfant divin ces présents : la myrrhe et l’encens…

 

Babouchka, serrant ses vêtements pour montrer qu’elle a froid, désigna un point vers le fond de la salle :

 

Le Sud est là. C’est tout droit…

 

Natalia continua son histoire :

 

Dehors, il faisait si froid que la fée Babouchka refusa de faire un pas dans cette neige qui lui glaçait le corps et le cœur. Elle laissa partir les étranges visiteurs seuls, dans la tourmente, dans une direction incertaine sans les accompagner, sans même les laisser entrer pour se réconforter en buvant une tasse de thé à la chaleur du grand samovar.

 

Les enfants, déçus :

 

Ohhhh !

 

Natalia :

 

Or, une fois la porte refermée, malgré le joyeux ronflement du poêle, rien ne put la réchauffer. Le remord était comme un morceau de glace qui gagnait tout son corps.

 

Certes, elle était cassée et aussi vieille que le plus ancien des arbres de la vieille forêt, mais une bonne fée se doit d’être une bonne fée avant toute chose ! Son rôle, depuis la nuit des temps, n’avait-il pas toujours été de porter un peu de lumière, de chaleur et de bonheur au berceau de chaque nouveau-né ? Elle se sentit si honteuse d’avoir failli à son devoir, qu’à la hâte, elle remplit une hotte de jouets, enfila bottes et capuchon et, cahin-caha, se mit à trottiner en direction du Sud. Hélas, les rafales du grand vent d’hiver avaient effacé les traces et jamais la pauvre Babouchka ne parvint à rattraper la noble caravane.

 

C’est pour cette raison que, depuis son refus de mener les Rois Mages jusqu’à l’Enfant élu, la fée Babouchka, chaque nuit de Noël, malgré le froid, et le vent, et la neige, se rend de maison en maison, d’isba en isba, distribuer des cadeaux pour se faire pardonner.

 

Et hop ! les enfants, maintenant on va se coucher !

 

Les enfants, tout souriant, embrassèrent Natalia, placèrent soigneusement leurs chaussons devant le poêle, mirent une botte de carottes et un verre de gnôle à côté et dirent :

 

La vodka, c’est pour réchauffer Babouchka. Les carottes, c’est pour son âne. Bonne nuit Natalia, bonne nuit tout le monde, bonne nuit de Noël…

 

Et ils s’enfuient en courant vers…leur chambre.

 

            Ainsi est née la légende de la fée Babouchka au pays de Poutine.

 

 

 

 

 

 

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23/12/2014

Le père Noël est vraiment une ordure.

père noël ordure.jpg

 

Ces « fêtes » dégoulinantes de conneries, surtout et avant tout dévolues au culte du dieu Commerce, me gonflent les aliboffis. Mais comment faire autrement tant la pression commerciale, la force d’inertie de la « tradition » sont fortes. Mais ne nous laissons pas abuser par les curés et leur « petit Jésus » ni par les marchands avec leur gros débile en rouge, symbole de cacacola chez les Zétazuniens. Beaucoup ignorent que le mot "Noël" est un terme païen bien antérieur au christianisme. L'origine la plus vraisemblable du mot Noël ne serait pas le latin natalis dies (jour de naissance) mais le gaulois noïo hel signifiant «nouveau soleil».

 

Quels cadeaux dans nos petits souliers ?

 

Il y a ceux qui font plaisir :

Deux prix Nobel bienvenus pour que la « french touch » repousse le « french bashing ».

Des Airbus qui se vendent bien partout dans le monde.

Du foie gras dans nos frigos, et des rabasses, et des huîtres, et des poulardes bien grasses dans nos assiettes.

Des sportifs qui sautent plus haut, qui courent plus vite, qui nagent plus vite que les autres.

Bof...

 

Puis il y a les cadeaux dont on se passerait volontiers :

Le chomdu, toujours plus de chomdu.

La pauvreté, toujours plus de pauvres, toujours plus de « sans-dents ».

Les « affaires » , toujours plus d'affaires politicardes. Et toujours moins de sanctions contre les magouilleurs.

Le fossé, que dis-je, le gouffre entre la France « d'en-bas » et celles de cette caste politico-économique qui accapare à son profit le fruit de la compétence, de l'imagination, de la créativité, de la sueur des laborieux.

Avec pour résultat le redoutable danger qui menace notre démocratie avec le spectre qu'on ne peut plus occulter de l'arrivée de la fille du borgne au pouvoir. Son parti accapare, transforme, utilise à son service toutes les saloperies des politicards en place, toutes les faiblesses de cette cinquième république à bout de souffle, conçue pour un géant et enfoncée dans la fange par des cloportes, des lémures, des hyènes, des vautours alliés pour la dépecer.

Cadeau dont on se passerait volontiers aussi cette insécurité maintenant quotidienne résultant d'actions criminelles islamistes. Mais (Chut! juré craché) « il n'y a pas de corrélation » entre un type qui attaque des flics au couteau de boucher, un autre qui, le lendemain, joue aux quilles sanglantes dans le centre ville de Dijon, un autre encore qui, le jour d'après, fait pareil à Nantes. Mais « il n'y a pas de correlation » qu'ils disent Le Fol comme Cazeneuve. Éléments de langage significatifs de l'impuissance de nos politiques devant des exactions criminelles qu'il faut bien appeler par leur nom : des attentats islamistes.

On comprend le désarroi des dirigeants surtout que ces exactions à jet continu sont maintenant le fait de « convertis ». Des Jean-Philippe ou des Kevin devenus - par dépit envers notre société pervertie par le cynique égoïsme ultralibéral – des Mohamed ou des Bilal. Dès lors ils deviennent des instruments extrêmement efficaces aux mains des islamistes qui leur insufflent leur haine, leur pulsions de mort.

En France, selon une étude de l'INED et de l'Insee publiée en octobre 2010, il y aurait de 70 000 à 110 000 convertis et 4 000 personnes se convertiraient à l'islam par an. Djelloul Seddiki, directeur de l'Institut de Théologie El Ghazali de la Grande Mosquée de Paris, avance le chiffre de 1 million de convertis en France en 2013.

 

Ils mettent en pratique les préceptes énoncés par ce grand défenseur des « droits de l'homme », le Turc Erdogan (devant qui les idiots utiles genre Guetta badent !) : « Les coupoles de nos mosquées sont nos boucliers et les minarets sont nos glaives. » Des actions dans le droit fil de ce que prédisait cet autre grand démocrate, Boumedienne, qui avait déclaré en 1974 devant l'assemblée de l'ONU : « Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. »

 

Ben voilà. On y est presque...

 

Joyeuses Fêtes du Renouveau Noïo hel

 

 

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07/12/2014

C'est dimanche, il fait froid: faites l'andouille!

 

 

andouille plaque.jpg

 

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

 

 

andouille en sauce.jpg

 

 

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes en rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le plat bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 Photos X - Droits réservés

 

 

Et pour une bonne digestion:

 

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C'est un "hibouc" ou e-book...

CHILOUM

21/09/2014

Ouiquinde gastronomique de fin d'été: la morue.

truffade de morue pour internet.jpg

La truffade de morue

Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal
Même si l'on habite loin du littoral.
Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,
Le frais est remplacé par le froid de la glace,
Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier
Fait penser que le "pei" (1) a dû venir à pieds!
Avant l'avènement du sous-vide attrayant,
Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,
Le seul poisson des provençaux de l'intérieur
N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,
C'était la "merlusso" (2), c'était la morue sèche
Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche
Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel
À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.
Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers
Descendant en convois par chemins et halliers,
Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,
Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.
Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,
Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,
Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières
Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,
Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste
Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.
Les convois descendant amenaient la morue
Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.
Les convois remontant en un grand carrousel
Vers les ports océans étaient chargés de sel.
De ce commerce ancien sont nées des accointances
Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.
C'est ainsi que naquit la morue en truffade
La "merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

Fais dessaler, petit, une morue épaisse
Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,
Ôte peau, cartilage avec délicatesse,
Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.
Dans de l'huile d'olive tu feras revenir
Deux oignons émincés sans les faire roussir,
Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées
Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier
Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,
Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange
Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.
Ajoute douze "truffo" (4) coupées grosso-modo.
Les "truffo" par chez nous sont les pommes-de-terre,
Les véritables truffes, elles, sont les "rabasso" (5),
Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,
Et des chiens "rabassié" (6) qui les sentent sous terre.
Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson
De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont
Cuites à mi-parcours, avec une écumoire
Tu déposes dessus tes morceaux de morue.
Complète la cuisson à feu vif maintenu
Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.
Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,
Tu purges le bouillon de tous ses aromates
Et tu le sers à part, en soupière fumante.
Enjolive ton plat de façon élégante
En piquant ça et là quelques brins de persil.
Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

VictorAyoli



(1) Pei".. poisson. (2) Merlusso .. morue. (3) Merlusso'n raito" .. morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo.. pommes-de-terre (on dit aussi "tartifles "). (5) Rabasso .. truffes véritables (melanosporum).
(6) Chiens rabassié .. chiens truffiers.



Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, - safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

Les vins conseillés:
Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St-Victor-la-Coste, Remoulins.
En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-Christol
En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.

 

Dernier jour complémentaire ("sans-culotide") dit "jour des récompenses" de l'an 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

17/08/2014

Gastronomie estivale : La soupe au pistou

soupe pistou pour blogs.jpg

 

Comment peut-on servir, les soirs de canicule

Une soupe brûlante sans être ridicule?

Et pourtant, en Provence, terre où l'on ose tout,

Il en existe une: c'est la soupe au pistou.

Nous l'avons héritée de nos amis niçois,

Eux-mêmes la tenant de nos cousins génois.

C'est vrai que de chez nous, l'Italie est bien proche,

Le cœur, les chants, le goût, presque tout nous rapproche.

« Pistar », c'est « écraser » en langue provençale.

Et le fameux « pistou » dont chacun se régale

C'est l'ail, le basilic, le fromage mêlés

Dans le mortier de marbre, et simplement pilés.

Le basilic, chez nous, ce n'est pas le « pistou »

Mais c'est « lou balicot ». Voilà. Un point, c'est tout !

-        Oh ! Doucement, Victor ! Tu as les arcanettes ? (1)

Respire, bois un coup et dis-moi ta recette !

- Tu as raison, petit, fais péter le bouchon !

Pour une bonne soupe, il te faut du cochon.

Une couenne, un pied, un petit jambonneau

Que tu vas nettoyer et que tu mets en eau

Froide dans un faitout, puis que tu fais bouillir.

Tu laisses demi-heure et souvent tu écumes.

Pendant que ça cuira, épluches tes légumes:

Des haricots blancs, verts, rouges. Et sans mollir.

Quatre grosses courgettes, quatre belles tomates

Mondées, épépinées, et cinq ou six patates.

Dans ta viande qui bout, mets tes légumes entiers,

Sale et fais cuire une heure. Prépare ton mortier.

Du sel, dix gousses d'ail, deux pieds de basilic,

Qu'avecque ton pilon, cet emblème phallique,

Tu écrases en pommade. En tournant vivement

Verse l'huile d'olive, et ne soit pas feignant.

Rajoute trois tomates pelées, mondées, hachées,

Enfin du parmesan ou de l'édam râpé.

Vérifie si la viande est correctement cuite,

Et rectifie le goût. Écoute bien la suite:

Avec une écumoire, sors patates, courgettes

Que tu vas écraser avec une fourchette.

Elles te serviront de liant pour ta soupe.

Enfin tu mets les pâtes. Pour pas que tu les loupes

Tu les tastes souvent et tu les cuis « al dente ».

Quand c'est prêt, hors du feu, dans l'oulo qui chuinte,

Introduis ton pistou en mélange homogène

Directement à table, comme l'on fait à Gênes.

Respire ce parfum d'ail et de balicot,

Qui transcende cochon, tomates, haricots !

Cette soupe est un plat complet à elle seule,

Qui ravit les gourmets et les plus fines gueules.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour la soupe: - 1 couenne, - 1 pied, - 1 jambonneau de cochon, - 150 g de haricots blancs secs, - 100 g de haricots rouge (ces haricots seront mis à tremper une nuit), - 500 g de haricots verts frais, - 4 ou 5 belles courgettes non pelées, - 4 ou 5 tomates (saint-pierre si vous en trouvez), - 5 ou 6 pommes de terre, - 500 g de pâtes genre petits macaronis, - 3 litres d'eau, - 2 cuillerées de gros sel de Camargue.

Pour le "pistou" : - 2 pieds de basilic à grandes feuilles, - 10 gousses d'ail, - 1 cuillère à café de sel fin, - 200 g de parmesan ou d'edam râpé (évitez le gruyère qui fait trop de fils), - 2 décilitres d'huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

La soupe au pistou est un plat très parfumé qui se sert très chaud, en période estivale ! Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gouleyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.

En Côtes-du-rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousse, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirât, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint­-Pantaléon-les-Vignes.

En Coteaux du Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbiè­res.

En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

 

(1) Avoir les arcanettes .. faire preuve d'une certaine irritation.

 

Nonidi 29 thermidor 222

Illustration originale Vincent Barbantan

 

11/08/2014

Les assureurs se « réassurent » contre...l'allongement de la durée de vie !

Les assureurs – qui sont, comme l'on sait, de grands philanthropes – étudient avec sérieux, assiduité et imagination le « problème » de l'allongement de la durée de vie. Un trimestre de plus d'espérance de vie chaque année. Voilà qui affole les assureurs. Ainsi AXA, pour se prémunir contre cette calamité qu'est l'allongement de la vie, est en train de prendre des précautions : cet assureur va souscrire un accord avec le réassureur allemand Hannover Re. Objectif : se prémunir contre le surcoût éventuel lié à l’allongement de la durée de vie.

 

Voilà de la saine gestion. Cette calamité pour les assureurs qu'est l'allongement de la vie provient de la disparition des conflits dans nos sociétés « riches ». Eh oui... C'est une bonne guerre qu'il nous faudrait ! Enfin, il y a quelques espoirs avec la guerre que nous préparent nos « amis » étazuniens avec la Russie. Cet allongement provient aussi des progrès de la médecine. Ah ! Les ravages dus à la

 

Sécurité sociale qui, non seulement « vole » le pognon des assureurs, mais en plus soigne les gens et réduit ainsi la mortalité, tant infantile que de fin de vie. Pourtant, en bons gestionnaires, les assureurs trient systématiquement les risques, laissant les plus mauvais d’entre eux à la charge de l’État. Ce laxisme a conduit à une société où l’on vit plus longtemps en bonne santé, et où le nombre d’« années homme » augmente toujours plus. Et cela peut très bien continuer alors qu’un bébé sur deux qui naît aujourd’hui en France vivra jusqu’à 100 ans, et même 105 ans pour les filles. Calamité...

 

Heureusement, fort de l'appui de puissants lobbies (qu'ils doivent largement soutenir financièrement, en loucedé) les assureurs voient venir avec satisfaction le « droit à une mort digne », autrement dit la possibilité de l'assassinat légal encore appelé « euthanasie ». « Soleil vert » se profile.

 

grimper au cocotier.JPG

Allez, je vais apporter moi aussi, à mon modeste niveau, ma contribution à ce débat. Pour résoudre le problème de la vieillesse galopante (salauds de vieux !), on pourrait adopter, en l'adaptant à nos sociétés, une mesure ayant fait ses preuves dans les régions tropicales, « la montée au cocotier ».

 

Voilà ce que je propose à nos « amis » assureurs. Chaque année, comme il y avait, avant, le « passage au conseil », on déterminera une classe d’age (65 ans, l’age de la retraite pour le commun des futurs morts, me semble opportun). Une fois l'an, au cours d'une cérémonie officielle, avec fanfare, sous-préfet, discours et tout et tout, les gens de cette « classe » seront convoqués sur le stade de la ville où auront été planté quelques mats de cocagne. Les impétrants devront grimper en grimper au mat de cocagne.jpghaut du mat. Lorsqu’ils auront atteint une hauteur, disons de cinq à six mètres, des membres de la « commission de contrôle des vieux », secoueront fortement le pied du mat.

 

Résultat : ceux qui résistent gagnent le droit de vivre un an de plus, jusqu’à la prochaine session de « Passage au cocotier ».

 

Ceux qui n'arrivent pas à monter sont « pris en charge » par le "service municipal de l'euthanasie."

 

Quant à ceux qui tombent… Ben, ils libèrent le territoire. Et font faire des éconocroques aux assureurs !

 

 

Tridi 23 thermidor 222

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

10/08/2014

Ouiquinde gastronomique : La bouillabaisse.

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galéjaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes !

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue et fond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais en forme de boudin à base de farine de pois-chiche à l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

In : « Le bonheur est dans l’assiette et dans les ver(re)s

 

Duodi 22 thermidor 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

29/06/2014

Gastronomie dominicale: le civet de renard!

civet renard.jpg

Le civet de renard de l'Oncle Pinet

 

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.

Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.

Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,

Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.

Panache déployé, il bondit gueule ouverte,

Saisissant par le cou la belle proie offerte.

Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes

Laissera, de la poule, une trace posthume.

Respectons le renard, c'est une noble bête

Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!

Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant

Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!

C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,

Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.

L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,

Un savant, un chercheur des choses de la table.

Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.

Cet humoriste heureux détestait la torture,

Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",

Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,

Il avait décidé de n'y jamais toucher.

Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!

Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,

Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.

Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,

Il a fait préparer à la tante Suzanne

Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,

Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.

Et la tante mettait son imagination

Culinaire au service de ces préparations.

Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers

Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,

Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,

Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.

À l'ombre de la treille, devant le cabanon,

On mangeait, on chantait, en buvant des canons.

- Il est des personnages avec qui l'on se marre,

Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?

- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.

Ses amis s'escrimaient à enlever la peau

En se faisant larder par les milliers de puces,

De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.

Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes

Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.

On pendait le renard, écorché, nettoyé,

Dans un lieu frais et sec pour le mortifier

Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.

On fait toujours ainsi avec la venaison.

On le coupe en morceaux, on le fait mariner

Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,

Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.

Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!

Égouttés, essuyés, les morceaux de renard

Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,

Faits sauter à feu vif dans du saindoux fondu,

On remue et on tourne souvent, bien entendu

Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,

On déglace la poêle au Noilly, une tasse,

Puis on laisse réduire sans attacher au fond.

On blondit des oignons dans un faitout profond

Puis on jette dessus les morceaux de renard,

On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,

Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,

Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.

On mouille abondamment, pas dans la marinade,

Dans un rouge corsé mis en larges rasades.

On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,

Tout dépend si Goupil est jeunot ou ancien!

Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,

Ceux qui le goûteront feront des envieux.

Une bonne polenta en accompagnement,

Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.

Avec des commensaux triés sur le volet,

De solides mangeurs, jamais des gringalets,

L'Oncle Pinet régnait avec cette recette

Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 

 

Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!

Il faut donc:

- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.

- Pour le civet: - 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain­doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge A.O.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

 

Les vins conseillés:

 Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani­males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins:

 - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villa­ges" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols;

- soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-Ies-Vi­gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Cos­tières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

Décadi 10 messidor 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

25/05/2014

Ouiquinde gastronomique: les pieds et paquets marseillais.

pieds paquets.jpg
 
 

Je m'en vais régaler quelques épicuriens

Des mangeurs de cadavres, pas des végétariens

D'un plat que l'on ne peut décemment oublier:

Les très fameux pieds et paquets marseillais.

Écoute bien, petit, et débouche une quille,

La subtile recette du père Bonnefille,

Grand pêcheur, bambocheur, joyeux et fin cuistot

Adepte du premier des pêchés capitaux.

À moins que vous n'ayez des façons de puriste

Demandez au boucher de vous confectionner

Les délicats paquets avec ses doigts d'artiste

Sinon vous risquez fort d'y passer la journée...

Mais pour votre gouverne, en voici le principe:

Il faut emprisonner dans un carré de tripe

Large de quatre doigts, une portion de farce

Faite de boyau gras et de petit-salé,

D'ail frais et de persil, bien poivrée et salée

Et hachée à la main de manière efficace.

En repliant trois pointes on fabrique une poche

Serrée pour éviter que la farce bavoche

Puis on passe le tout dans une boutonnière

De la dernière pointe. Tout est dans la manière !

Quand aux pieds, prenez-les de moutons ou d'agneaux,

Refendez-les en long, d'un coup sur le billot,

Blanchissez cinq minutes dans de l'eau vinaigrée

Puis rincez, égouttez, réservez et couvrez.

Faites alors revenir, jusqu'au premier roussi

Deux oignons émincés, carotte, ail et persil,

Ajoutez un bouquet garni, bien entendu,

Dans un hecto de lard auparavant fondu.

Deux bonnes cuillerées de coulis de tomates,

Deux verres de vin blanc sur tous ces aromates,

Puis vous laissez réduire, doucement, en tournant

Tout en vous humectant d'un bon gorge on de blanc.

Au fond d'une cocotte ou autre plat idoine

Mais profond et en fonte, disposez une couenne

Sur laquelle vous rangez soigneusement les pieds

Ainsi que les paquets. Faites moitié-moitié.

Une couche de votre précédent appareil,

Sel, poivre du moulin. Recommencez pareil

En couches successives, puis mettez au dessus

Un demi-pied de veau, bien moelleux et ossu,

Quatre clous de girofle piqués dans un oignon,

Puis mouillez de vin blanc allongé de bouillon.

Le père Bonnefille les fait cuire en deux fois:

Quatre heures au moins la veille du jour où il reçoit,

Il laisse refroidir, et dégraisse au besoin,

Puis cuit quatre heures encor, doucement, avec soin,

Le jour de réception. Il faut voir son sourire

D'épicurien heureux, lorsque sans plus mot dire

Il apporte son plat fumant et odorant.

C'est un feu d'artifices de parfums attirants,

De fragrances subtiles, de délicats arômes

Sublimés par un verre de bon Côtes-du-Rhône.

En accompagnement, quelques pommes vapeur

Écrasées dans le jus prendront belle saveur.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- Comptez 6 paquets par personnes, soit 36 paquets à commander à vo­tre boucher. Allez, disons une quarantaine; - 3 pieds par personnes, soit 18, disons 20 pieds d'agneaux, - 1 pied de veau, - 1 large couenne de cochon, - 1 hecto de lard à fondre, - 2 gros oignons émincés, - 1 demi­ kilo de carottes émincées, - 6 gousses d'ail écrasées, - 3 branches de persil plat haché, - 1 verre de vinaigre, - 1 bouquet garni, - 2 ou 3 cuille­rées à soupe de coulis de tomates, - 1 bouteille de vin blanc, - 2 cuillerées à soupe de sel fin, - poivre du moulin en abondance, - 1 oignon entier piqué de 3 clous de girofle, - 1 demi-litre de bouillon de viande, - 1 kilo et demi de pommes de terre (à cuire séparément à la vapeur).

 

Les vins conseillés:

 

Les Côtes-du-Rhône Villages rouge accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-Ies-Vignes, Villedieu, Visan, Beaumes­-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Hilaire­d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux­d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 


 

 Photo X - Droits réservés

 


 

Sextidi 7 prairial de l'an 222 de l'ère de la Liberté

 

Avant (comme moi) ou

après le repas gastronomique dominical

Allez VOTER !

 

 

28/04/2014

Au bistro de la toile : « Et deux saints pour le prix d'un ! On solde au Vatican ! »

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Oh ! Victor, alors, je te sers un canon, comme d'hab ?

 

- Pas un, Loulle, deux ! En ce moment on canonise par deux.

 

- C'est vrai Victor. Les saints, c'est comme les seins, les couillons et les gendarmes, ça marche par deux ! ...taing ! C'est une affaire qui tourne la « Vatican Company Illumited ». 800.000 pèlerins qui sont venus à Rome où ils ont laissé quelques thunes, bénies bien sûr, dans les fouilles des banquiers de la « Vatican Holy Washing Machine », la machine à laver les thunes des mafias mondiales...

 

- On touche là du doigt la puissance de manipulation de ces sectes, car qu'est-ce qu'une religion sinon une secte qui a réussi. Pour une bonne manip des foules, il faut leur donner du rêve, de la promesse bien sûr intenable, de la pompe, des ors, du clinquant mais aussi de la crainte. Non mais tu les as vu les drag-queens du Vatican, avec leur robes froufroutantes et leur galurins en forme de cercueil vertical sur la tronche ? Rien de meilleur que les époques troublées pour faire son gras sur la crédulité des foules. La « foi », c'est-à-dire le contraire de la raison, s'engraisse sur le désarroi comme la mouche à merde sur un estron. Ces névroses collectives que sont les religions sont passées championnes en la matière. Les « croyants » bêlants de la place Saint-Pierre sont le pendant des « croyants » bêlant de La Mecque. Le besoin de croire, c’est-à-dire de ne pas penser, est tellement impérieux qu’on est prêt à croire n’importe quoi, pourvu qu’on croie. Ne pas penser, surtout ne pas penser ! De la pensée naît l’inquiétude, et l’inquiétude n’est pas confortable. Qu'ils croient en leurs histoires infantiles, pourquoi pas si ça les rassure devant le destin incontournable de tout vivant : la mort. Je les respecte. Mais ce que je ne supporte pas Loulle, c'est qu'ils veuillent me « sauver » malgré moi !

 

- Tout de même Victor, le cahier des charges de la canonisation implique pour l'impétrant la réussite d'au moins deux miracles reconnus !

 

- Rien que des miracles petit bras, Loulle, des petits miraclets d'entrée de gamme, c'est pas de l'AOC grand cru comme miracle la « guérison » d'une bonne sœur. Ça fait un peu magouille : elle est de la maison. Non Loulle. Moi, je crois que je réviserais mes opinions sur la « foi » si je voyais, à l'heure de grande écoute, avec de bon gros plans bien explicites, en direct au JT du soir par exemple, repousser le moignon de la jambe arrachée d'un motard salement accidenté, avec les viandes qui se reforment en boursouflant, la peau que se referme et se tend, bien neuve, bien lisse comme le cul d'une jeune fille, le type qui regarde incrédule une nouvelle jambe toute neuve repousser à côté de l'autre, broyée, sanguinolente, déjà attaquée par les mouches. Ça, ça aurait de la gueule Loulle ! De quoi faire réfléchir même un vieux mécréant comme moi Loulle. Mais ce n'est pas le cas, et ça ne le sera jamais...

 

- Ouais Victor, mais il y a l'abbé Pierre, mère Thérésa. C'est des bons ceux-là...

 

- Bien sûr Loulle. Mais ce sont de superbes alibis. Ces gens qui vouent leur vie à soulager les maux de leurs concitoyens, ou conciterriens plutôt, sont admirables sans réserve et je suis le premier à leur tirer mon chapeau. Mais je trouve inutile d'assortir ce dévouement à des dogmes infantiles. J’ai en horreur les fables, les censures, les mensonges, les fabrications de faux, les lavages de cerveaux, les inquisitions et les excommunications. Et je n’ai rien à foutre d’un dieu qui nous menace des feux de l’enfer tout en disant nous aimer !

 

- Bien dit Victor. Allez canonisons-nous. Au Châteauneuf...du pape, bien sûr !

 

Nonidi 9 floréal 222

 

Illustration : merci à Chimulus

 

13/04/2014

Gastronomie dominicale : la bouillabaisse !

bouillabaisse web.jpg

 

 

 « Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains…

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

À l’époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

 

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j’ai mes petites !

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiala, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

Quelques grosses pincées de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum !

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ),1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d’huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

(1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue e tfond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martégua!e : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l’italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais enforme de boudin à hase de farine de pois-chiche cl l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu’on suspend au dessus de la cheminée ou que l’on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

Quartidi 24 germinal 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

29/03/2014

Ouiquinde érotique parfumé àl'aïl

carmen de Pichard.jpg

 

Une fois par semaine, au pays du mistral

On mange l’aïoli, ce repas magistral.

Dans ma prime jeunesse, branloteur émérite,

J’ai vécu, envoûté, un bonheur insolite.

Carmencita Sanchez était la fille aînée

D’une famille ayant franchi les Pyrénées

Pour fuir les catastrophes d’une guerre civile.

Tous travaillaient aux champs du mas de la famille.

Carmencita, ce jour, préparait l’aïoli

Un « foudaoù » sur le ventre, un caraco joli

Laissant à nu sa gorge, ses bras et ses épaules.

Je m’étais proposé, moi, jeune branquignole

Pour l’aider à peler patates et carottes

En matant, de la belle, les chairs blanches et rondes.

Je sors pour emporter les épluches aux cochons

En rêvant à ses yeux, ses fesses et ses nichons.

Je reviens, tête en feu et la gaule en folie

Derrière la Carmen qui monte l’aïoli.

Assise, le mortier coincé entre ses cuisses,

Elle tourne l’aïoli d’un geste ample et lisse.

J’arrive doucement, par derrière la belle

Et glisse prestement mon dard sous son aisselle,

La chair tiède en sueur, les poils, le mouvement

Rythmé, les parfums d’ail font un coquetel dément,

Carmen crie en français, m’insulte en espagnol

Voudrait bien me pousser, me donner des torgnioles

Mais l’aïoli est sacré, s’arrêter, c’est tabou

Car sinon elle cague, le déshonneur au bout !

Ses cris deviennent rauques, feulement de féline

Son bras se fait complice, sa tête dodeline,

Je voudrais tant l’avoir, toute nue, dans un lit !

Puis mon plaisir jaillit, parfumant…l’aïoli !

 

VictorAyoli

 

Nonidi 9 germinal 222

 

Illustration: merci au grand Pichard

 

 
 

16/03/2014

Ouiquinde gastronomique parfumé : l’aïoli !

Aïoli pour web.jpg

 

A.A.A., c’est le sigle glorieux d’une docte académie dont je fus l’un des honorables membres fondateurs ! C’est l’Académie des Amoureux de l’Aïoli. Une redoutable organisation qui encense ou déclasse les cuistots qui confectionnent la Sauce Suprême au cours d’assemblées plénières plus que mémorables puisque se déroulant généralement à…Châteauneuf-du-pape !

 

Je vous donne donc la recette de l’Aïoli des Académiciens :

 

L'Aïoli des Académiciens

 

Aïoli! Mot sonnant comme un salut gaillard!

D'Avignon à Marseille il est un étendard.

Emblème culinaire en terres de Provence

Il engendre gaieté, amour et pétulance.

Pour unir ceux qui l'aiment, il est avantageux

Tant son parfum puissant éloigne les fâcheux.

L'aïoli est en soi un éloquent symbole

Des valeurs des pays où court la Farandole:

L'or de l'œuf est fortune, rondeur, fécondité,

L'ail est puissance mâle, santé, virilité

Quand à l'huile d'olive, impériale maîtresse

C'est elle l'unité, l'harmonie, la richesse.

L'aïoli est parfait quand lou trissoun ten dré (l),

Quand le pilon de bois, dans la sauce dorée,

Tient droit tel Priape redoutable et vainqueur

Dans l'onctueux parfum qui chavire les cœurs.

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli,

Chaque année, réunie en un conclave, élit

Parmi les cuisiniers du pays des cigales

Celui dont la recette lui paraît idéale.

Voici celle que fait, lors de grandes agapes,

Henry Estévenin, de Châteauneuf-du-Pape.

Truculent moustachu, buveur et quintalien (l)

Il est le "Grand Aillé" (2) des Académiciens.

Pour que ton aïoli soit de bonne facture

Tout doit bien être à la même température :

L'huile, l'ail et les œufs, le mortier, le pilon

Sont préparés la veille ou le matin selon

Que tes invités viennent dîner ou souper:

Car voilà un travers qu'il convient de stopper,

On n'est pas dans le nord, c'est à midi qu'on dîne

Et le soir que l'on soupe en terres comtadines!

Pour six convives il te faut douze gousses d'ail

Dont tu ôtes les germes pour faire un bon travail.

Quatre beaux jaunes d'œuf, du sel, du poivre blanc,

Beaucoup de jus de coude et un pichet de blanc.

Le vin, dans l'aïoli, ce n'est pas pour la sauce

Mais pour le cuisinier dont la soif est très grosse!

À l'aide du pilon, dans un mortier de marbre,

Tu écrases en pommade ail et sel, sans palabre.

Tu mets tes jaunes d'œufs et tu tournes, tu tournes,

Qu'aucune distraction, jamais, ne te détourne,

Pendant deux, trois minutes pour tout bien mélanger.

Puis laisse reposer dans un coin ombragé,

Juste le temps de boire deux ou trois bons canons

Avec tes acolytes, devant le cabanon.

Reprend ton appareil et coince le mortier

Entre tes deux genoux, et serre volontiers.

Éloigne les badauds et concentre-toi bien,

C'est là que ça se passe: ou c'est tout, ou c'est rien!

Tu commences à verser ton huile goutte à goutte

En tournant de bon cœur, d'un seul sens, tu t'en doutes.

Si tu suis la recette très rigoureusement,

L'émulsion doit se faire assez rapidement.

Quand l'aïoli a pris, verse en un fin filet

Ta bonne huile d'olive. Mais pas sur ton gilet!

Maintiens ton mouvement régulier jusqu'au bout

Ne mollit pas surtout. S'arrêter, c'est tabou.

Si elle est réussie, elle doit être épaisse,

Onctueuse, dorée, mais pleine de finesse.

Le pilon, en son sein, tient droit sans se vautrer.

Présentant ton chef d’œuvre, dit: "Lou trissoun ten dré" !

Traditionnellement, l'aïoli accompagne

La morue dessalée, seul poisson des campagnes.

Fait-là tremper deux jours dans de l'eau fraîche et claire

Que tu changes souvent sans souci des horaires.

En de belles portions il te la faut trancher,

Juste avant de servir tu la feras pocher.

Fais bouillir à l'avance œufs durs et escargots,

Du chou-fleur, des carottes et de verts haricots,

Des patates, bien sûr, une pleine fourchée

Que, pas plus que les œufs, il ne faut éplucher.

Sers ces aliments chauds dans des plats séparés

Et, trônant au milieu, l'aïoli vénéré.

Que boire avec ce plat? La question reste ouverte.

Sur ce point important, l'Académie concerte.

Du rouge, du blanc sec, ou même du rosé

Si c'est servi bien frais, on peut tout écluser.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

© VictorAyoli

  

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la sauce: - six gousses d'ail, blanc de préférence, desquelles vous enlever les germes, - deux cuillerées à café de sel fin, - quelques tours de poivre blans du moulin, - deux jaunes d'œuf, - trois-quarts de litre d'huile d'olive vierge extra A.O.C. Vallée des Baux.

Attention: faites en sorte que tous ces ingrédients soient à la même tem­pérature. C'est primordial pour prévenir tout ratage (on dit alors, si ce malheur arrive, que l'aïoli a "cagué").

Pour le plat: - un kilo de morue sèche que vous ferez dessaler, - un kilo de carottes, - un kilo de haricots verts, éventuellement quelques bettera­ves rouges, - douze œufs durs, - trois douzaines d'escargots de mer (les "bioù", escargots dont la coquille présente des cornes), - trois douzaines d'escargots des garrigues provençales, - 3 kilos de pommes de terre cui­tes à la vapeur.

 

Les vins conseillés

 

L'Académie des Amoureux de l'Aïoli, autorité incontestée en la matière, a longuement travaillé - verre en main - sur le délicat problème des vins les plus aptes à accompagner l'aïoli.

Le poisson qui en constitue une partie essentielle incite à pencher pour des vins blancs secs. Les légumes cuits à la vapeur appellent des vins rosés. La délicatesse des fragrances de l'huile d'olive s'accommode fort bien de vins rouges charpentés. Mais la puissance de la sauce dominée par l'ail ne s'accommode que... d'eau prétendent certains Académiciens. On ne peut tout de même pas aller jusqu'à de telles extrémités.

Essayez donc des blancs de Cassis, Châteauneuf-du-Pape, Cairanne, Rochegude, Picpoul de Pinet ; des rosés de Tavel, Chusclan, Valréas, Vaison­la-Romaine, Côtes-de-Provence; des rouges de Vacqueyras, de Lirac, de Sablet, de Rasteau, de Violès, des Costières de Nîmes.

 

(1)  "Lou trissoun " :  c'est le "pilon", la pièce de bois qui sert à piler les ingré­dients dans le mortier et à "monter" l'aïoli. Lorsque la sauce est réussie, "lou trissoun ten dré" - le pilon tient debout dans la sauce ferme et onctueuse.

(2) Quintalien : personnage de poids, ayant tourné le quintal.

(3) "Grand Aillé" : grade suprême dans la hiérarchie de l'Académie des Amoureux de l'Aïoli.

 

 

Quintidi 25 ventôse 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

  

 

 

09/03/2014

Ouiquinde érotico-gastronomique comme à Rôme: Les vulves de truie farcies !

aphrodite statue.jpg

 

 

Bérénice

 

Titus désirait tant la belle Bérénice 

 Que, des  Romains,  il la rêvait impératrice.

 L’empereur, pour ses yeux de geai, se consumait,

 Elle était étrangère et pourtant il l’aimait.

 

 

La rondeur de ses seins, la courbe de ses hanches

Sa crinière d’ébène, sa carnation si blanche

 Enflammaient, du monarque,  et les jours et les nuits.

 Cette princesse juive, il la voulait à lui.

 

 

 Mais c’était faire fi du racisme borné

 Qui se dressa dans Rome contre cette hyménée.

 Elle fut rejetée par le peuple et la cour,

 

 

Et Titus dût choisir : son trône ou son amour.

Tout empereur qu’il fut, il dût rendre les armes,

Noyant sa vie gâchée dans des torrents de larmes.

 

 

 

Les vulves de truie farcies

 

 

- Tout empereur qu’il fût, ton Titus est un âne !

 Lui sait comment séduire une aguichante ânesse,

 Comment en obtenir les plus tendres caresses

 En l’emmenant brouter les meilleures avoines !

 - Tu as raison, petit ! Pour avoir Bérénice,

 Pour avoir le bonheur de goûter sa peau lisse,

 Pour entrer dans son lit et croquer ses appâts

 Il eût dû mitonner, pour elle, un bon repas !

 Sur un grand triclinia mollement allongés

 L’empereur et sa belle auraient alors mangé

 Pour se faire la bouche un grand plateau d’oursins,

 Des huîtres de Lucrin et de légers gressins.

 Grillées dans l’ail pillé, des darnes de murènes,

 Les meilleures étant nourries de chair humaine.

 Puis un mulet farci de prunes, d’abricots,

 Poché dans du garum et du lait de coco.

 Pour réchauffer les sens et délier les langues.

 Viendrait un foie gras d’oie à la crème de mangue,

 Des foies de rossignols, des cervelles de paon,

 Des escargots au lait. Des trompes d’éléphants

 Que l’on servait braisées dans un bouquet de menthe

 Dont chacun reconnaît les vertus excitantes.

 Puis on aurait servi des talons de chameaux

 Que l’on confit longtemps dans un jus de pruneaux.

 Des becfigues farcis d’une rabasse noire

 Sur des fonds d’artichauts venus des bords de Loire.

 Tout ceci n’est qu’hors-d’œuvre, simplement des gustus

 Accompagnés de vins au miel et au lotus.

 Titus aurait troublé l’esprit de sa convive

 En commandant un corps de danseuses lascives,

 Des gladiateurs nus luttant avec ardeur

 Dont les muscles huilés dégageant une odeur

 De mâles étalons à têtes d’Adonis

 Auraient fort excité la belle Bérénice.

 Serait alors venu le temps de la cena

 Qui est chez les Romains le temps fort du repas.

 Mais parmi tous les mets que les Romains révèrent

 C’est la vulve de truie farcie que tous préfèrent.

 - Eh ! Oh ! Dis donc, Victor, il sont fous tes Romains !

 Car pour cuisiner ça, faut en avoir un grain !

 - Ne croit pas ça petit, ce plat était célèbre

 Dans cet immense empire, du Tigre jusqu’à l’Ebre.

 - Pour te farcir ces vulves, Victor, comment tu fais ?

 - Sers-moi d’abord à boire, je suis trop assoiffé.

 Tu haches, de la truie,  un morceau de ventrèche

 Ou bien d’échine grasse, mais pas de viande sèche,

 Deux têtes de poireaux épluchées jusqu’au blanc,

 Tu piles au mortier cumin et poivre blanc

 Ajoute du garum et des feuilles de rue

 Mais attention le nez car l’un et l’autre puent !

 Tu mélanges le tout pour en faire une farce

 Qui te sers à garnir la vulve de la garce

 Tout en y ajoutant du poivre noir en grains,

 Un soupçon de cumin et des pignons de pin.

 Par du fil à brider, tu couds les orifices.

 Pendant tout ce travail, tu prépares à l’office

 Un court bouillon léger parfumé au garum,

 Ce nuoc-mam des Romains au si puissant arôme,

 Un peu d’huile d’olive et un bouquet garni,

 Quelques graines d’aneth et de l’oignon bruni.

 Tu y poches tes vulves vingt à trente minutes.

 C’est le plat préféré des patriciens en rut !

 A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

 Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

 Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

 A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 - 2 vulves de truie d'ampleur convenable, - 9 hectos d'échine grasse de cochon, - 6 têtes de poireau, - 3 oignons, - 3 cuille­rées à dessert rase de cumin, - autant de poivre blanc, - autant de graines d'aneth, - 3 cuillerées à dessert bombées de poivre noir en grains, - 3 poignées de pignons de pin, - 12 feuilles de rue (on trouve facilement cette plante dans nos garrigues, on la reconnaît à son odeur forte plutôt fétide), - 6 cuillers à soupe de nuoc mam, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, sarriette, persil plat), - 3 cuillers à soupe d'huile d'olive, - sel, - eau, - fil à brider.

 

Les vins conseillés:

Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquiè­res-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St-Victor-la-Coste, Remoulins.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-­Christol.

En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux-varois.

Et pourquoi ne pas essayer les vins élaborés comme les Romains du Mas des Tourelles à Beaucaire, dans le Gard : le Mulsum, le Turriculae , le Carenum  ou encore le Defrutum.

 

 

Octidi 18 ventôse 222

 

Illustration X – Droits réservés

 

02/03/2014

Ouiquinde gastronomique : Le coq au vin

Coq au vin.jpg

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq ! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin, on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêtez le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaitement d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - 1 coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.O.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - 1 dizaine de baies de genièvre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - 1 oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - 1 verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - 1 bouquet garni, - 1 cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d'œuf, - 1 demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­-Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-les- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

 

Duodi 12 ventôse 222

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

30/01/2014

Au bistro de la toile : les épais pets de Pépé.

chimulus bistro copie.jpg

 

 

 

- Eh ! T'as vu Loulle, en Allemagne, une étable a explosé à cause...des pets de vaches !

 

- Les pets, c'est du méthane, et ça brûle ! Dans un lieu confiné, ça peut produire sinon une explosion, du moins des flammes. Comme dans les marais...

 

- ...ting ! Il va falloir que je surveille ma femme !

 

- Ça me rappelle une histoire savoureuse...

 

- Tè ! Je te sers un canon. Raconte.

 

- C'était un soir de Noël, quelque part en Ariège. On fêtait donc à la fois Noël et le baptême d'Arnaud, nouveau venu dans la tribu. La cérémonie devait avoir lieu au cours de la messe de minuit, dans la petite église de Loubens. Pour l'occasion, le jeune curé, frais émoulu de la fabrique, avait bien fait les choses : crèche vivante avec sainte-vierge et un âne. Voilà donc tout le monde, vers onze heures, après le cassoulet de préparation aux mystères de la religion, qui se pointe à l’église. Cérémonie émouvante, le petit baptisé, puis voilà la messe de minuit dans la petite chapelle pleine à craquer. Dehors soufflait un vent glacial. C'était beau Loulle. Le petit cureton et son encensoir, la sainte vierge, émouvante avec sa robe immaculée et son voile bleu ciel, les enfants de chœur pleins de dentelles blanches et rouges, et puis l'âne.

Ce bourricot, il s'était gavé d'herbe toute la journée dans le petit cimetière autour de l'église. Serait-ce les sonorités éthérées de l'harmonium, la présence proche de la jeune et jolie vierge ou le bonheur de la digestion, voilà que notre bourricot, oreilles en arrière, entame un rêve cochon. Et il se met à bander...comme un âne. Gloussements discrets dans l'assistance, coups d’œil effarés mais admiratifs de la sainte vierge, affolement du petit curé... Mais la dilatation de la partie noble de l'âne eut pour contrepartie un relâchement de ses sphincters ! Il fallait bien évacuer les gaz emmagasinés tout l'après-midi... Mais l'âne à cette particularité : il pète en silence ! Mais pas sans parfum... Dans l'église se répand une lourde fragrance.

Paulette, croyant que c'était son homme qui se soulageait, donne un grand coup de coude dans les côtes d'Elie en lui chuchotant, coléreuse : « As pas crinte ! Pudriès te teni un poù, millo dieù ! » A côté, Mamé, victime de la même méprise, morigène son homme Pépé Alfré : « Ounte te crésès ! Podès pas ana deforo per péta, bougre de gran porcas ! » Et dans toute l'église, les femmes s'en prennent de même à leurs hommes.

 

- Comme si elles ne pétaient pas, elles. Belle hypocrisie féminine...

 

- Mais les hommes se pensent alors :  « Merde, à me faire engueuler, autant que ce soit pour quelque chose ».

 Et chacun, entre avés et paters de travailler du sphincter pour moduler discrètement de délicates brises d'anus.

 

- Dès lors les choses se précipitent. Les puissantes effluves de cassoulets montent et roulent en vagues invisibles. Au contact des cierges, voilà que se forment de légères flammèches bleue, verte, orangée qui, tels d'éphémères feu-follets, montent vers les voûtes et s'évanouissent...

 

- « Miracle ! » crient quelques paroissiennes pâmées.

 

- « Ite missa est » s'écrie le curé en se ruant pour ouvrir les portes !

 

- Oh ! Oh ! Oh ! La belle histoire Victor ! Pétard, tè ! Je fais péter ma tournée !

 

 

Primidi 11 pluviôse 222

 

Merci à Chimulus

 

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Cio François Cavanna, mon Maître...

 

 

26/01/2014

On sera quinze à midi à manger le Baeckhoffe (après les langoustes à l'armoricaine!)

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Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

 

Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

- Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

- Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

Le dimanche matin pour le cuire lundi.

 

Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

Une livre de bœuf, gite ou paleron,

Une livre de porc et autant de mouton.

Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

Emince cinq oignons, deux kilos de patates

Comme pour préparer la truffade auvergnate.

Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

Etale tes patates en couches sur le fond,

Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

Ajoute par-dessus ce qui a mariné

Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

Avec farine et eau maniées fermement,

Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

Et  laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients pour six personnes :

½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

 

Vins conseillés :

En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

 

 Septidi 7 pluviôse 222

 

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07/01/2014

EUREKA !

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2014… Deux mille quatorze. Puteng, c’est pas un cadeau cette année. Allez faire rimer « quatorze » ! Où alors il faut tricher et on trouve cirrhose, arthrose, fez-noz, morose, sinistrose, bref pas grand-chose. Et pas digne d’un rimailleur qui se respecte. Quatorze est une rime orpheline.

 

Alors comme on fait Victor ?

 

Attends. En verlan on dit comment ? « Torzeuka » ! En voilà un mot qu’il est beau. Et une rime qu’elle ouvre des perspectives !

 

En la prenant à l’envers cette année, c’est la baraka !

Tiens voilà Dieunédo qui devient délicat.

Tandis que la Neutimar s’empale sur un svastika

Le ministre Yonpé a eu son certificat.

Merkel se gave de moussaka

Notre François à grands fracas

Découvre la pérestroïka

En poussant son yaka

Devant les syndicats,

Tandis que l’autre poursuit son pontificat

En préparant son canonicat.

En torzeuka,

Pour oublier nos tracas,

Au son de l’harmonica

Et de la darbouka

On va danser la polka

Ou la mazurka

En picolant de la vodka

(Jamais du coca !)

Vétu d’une parka

Et coiffé d’une chapka.

Moi je préfère le muscat

Relevé de paprika

Et d’un reliquat

De moka

Et d’arabica.

Alors, en torzeuka

Sortira-t-on du caca ?

 

 

Octidi 18 frimaire 222

 

Merci à Uderzo et Goscini

31/12/2013

San-Sylvestre ! Que s’avié pas courigu, risquavo pas de iestre !

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Ce qui veut dire en provençal : « Saint-Sylvestre, que s’il n’avait pas couru, il risquait de ne pas y être ! »

Allez, terminons l’année en chantant, sur l’air des « Pompiers de Rio »

 

Chaque nuit de la Saint-Sylvestre

C’est maintenant un’ tradition

Lorsque résonnent les orchestres

Et que fusent les cotillons

Dans les villes et les campestres

C’est une étrange distraction

On - fout - le - feu à des bagnoles

On boit d’la gnole

Et on tape sur les guignoles

Qui distribuent des torgnoles.

 

Refrain :

On se repasse le tuyau

Le tuyau, le tuyau…

On fait pas dans la dentelle

La dentell’, la dentell’

On fait courir les bestiaux

Les bestiaux, les bestiaux

Ça fout un sacré bordel.

 

Qui qu’a dit qu’y a pas de croissance

Que le monde est en récession

Sur notre bell’ terre de France

Chaque année c’est la progression

Du nombre de voitures qui crament

C’est toujours en augmentation.

Ma-nu – tes – flics c’est des bourrins

Les bagnoles crament

Et les marchands se frottent les mains

Ils en vendront plus demain.

 

Refrain :

On se repasse le tuyau

Le tuyau, le tuyau…

On fait pas dans la dentelle

La dentell’, la dentell’

On fait courir les bestiaux

Les bestiaux, les bestiaux

Ça fout un sacré bordel.

 

 Et BONNES ANNÉES à toutes et tous!

Primidi 11frimaire 222

 

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