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07/10/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique au curry

hindou visage main.jpg

 

Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

VictorAyoli


Sextidi 16 Vendémiaire 221


Photo X - Droits réservés

 

28/08/2012

Au bistro de la toile : robots…

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- L’autre jour, Loulle, j’ai foutu la zone à un péage d’autoroute. Je ne prends jamais ces trucs mais cette fois j’étais obligé. Donc j’arrive aux postes de paiement et là…que des robots, pas un pèlerin visible. Paiement par carte bleue obligatoire. Et si t’as pas de carte bleue, comment tu fais ? Bon. J’en avais une. Je la glisse dans la fente…

 

- … Hummm ! Quelle belle image Victor !

 

- Ouais… Donc je mets ma carte dans le truc et…que dalle ! Le truc me ressort la carte. Je recommence et…rebelote. Derrière moi, les gros culs commençaient à grogner du moteur, à hurler du klaxon, à menacer du plein phare. En désespoir de cause, je trouve un bouton « appel » et j’appuie. Une voie de bonne femme me demande mon numéro de carte, j’obtempère puis un type avec le gilet jaune fluo se pointe enfin, prend ma carte, entre dans la guérite et me délivre de ce piège.

 

- Faut être moderne mon beau ! Faut être moderne!

 

- S'il y avait une personne physique aux postes de paiement, comme c'était le cas avant la privatisation, il n'y aurait pas ces problèmes. Seulement un robot de paiement doit coûter dans les 10.000 euros par an, il travaille 24 heures sur 24, n’est jamais malade, ne fait jamais grève et n’est pas syndiqué. Tandis qu’un seul agent humain coûte 30.000 euros par an et qu’il en faut au moins trois pour faire le travail d’un seul robot. Les patrons n’étant ni masochistes ni philanthrope, il n’y a pas photo.

 

- Donc, sans ces robots, il y aurait moins de grasses pépites pour les actionnaires des sociétés concessionnaires! En voilà un beau scandale, la privatisation des autoroutes. C'est l'autre bellâtre à nom de canasson, le Galouzeau de Villepin qui a refilé ce bijou de famille aux amis de mes amis. A prix bradé: moins de 15 milliards alors que Philippe Seguin, alors président de la Cour des comptes estimait leur valeur à au moins 22 milliards! Depuis, les entreprises qui ont touchés le gros lot se gavent littéralement. Des milliards de bénef a se partager entre les actionnaires… Avec des équipements réalisés et payés, ne l’oublions pas, avec nos impôts…

 

 

 

- Pour en revenir aux robots, le même processus est en route dans les grandes surfaces. Dans un de ces temples de la consommation, il y a quelques jours, n’ayant que quelques produits, je n’avais pas envie de faire la queue à une caisse. Je suis donc allé vers une de ces caisses automatiques. Je n’ai rien compris au fonctionnement bien sûr et une hôtesse, excédée par ces clients ignares, imperméables au « progrès », m’a initié à la manœuvre. Je l’ai remerciée et lui ai fait remarquer qu’elle aidait les clients à utiliser des machines…qui allaient la mettre au chômage. Elle a haussé les épaules et est partie, fière et pimpante sur ses talons !

 

- Ma foi, c’est son problème…

 

 

- C’est aussi et surtout un problème gouvernemental : les déficits – qu’ils soient de la sécu ou du budget - seraient singulièrement réduits si l’on taxait ces robots à un tarif proche de ce qu’auraient payé une entreprise si elle utilisait les humains que les robots ont mis au chômdu…

 

 

- Pas con. Allez, à la nôtre. Et c’est pas un robot qui te sert !

 

 

Primidi 11 Fructidor 220


 Merci à Chimulus

 

19/08/2012

Ouiquinde gastronomique pour la canicule : la salade crétoise

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Perrine

 

Perrine dansait nue sur la grève luisante,

Pieds légers, ondulante, bras tendus vers Phébus,

Dans les fraîches senteurs de l’aurore naissante,

Elle sacrifiait au culte de Vénus.

 

Sa taille se ployait jusqu’à frôler l’arène

Puis elle s’élançait pour caresser les cieux,

Ventre offert, seins dressés, plus fière qu’une reine.

Perrine avait vingt ans et tutoyait les dieux.

 

Un grand faune barbu, velu et chevelu

A la flûte de Pan rythmait la sarabande.

Il dévorait des yeux le corps de son élue

 

Et savait que bientôt il aurait sa prébende.

Il sauta sur la nymphe, l’entraîna dans la mer

Où il la posséda d’une étreinte primaire.

 

 

La salade crétoise

 

- En ce temps là, petit, la Grèce était à terre

Ecrasée sous le joug de troufions sanguinaires :

Des colonels bornés alliés à des popes

Martyrisaient sans fin le berceau de l’Europe.

Pourtant à Màtala, au fin fond de la Crête

Existait une baie retirée et discrète

Où quelques chevelus à la barbe fleurie

Vivaient en troglodytes dans de curieux abris,

Grottes aménagées dans le roc des falaises

Qui regardent la mer jusqu’au Dodécanèse.

Ils vivaient là heureux, simplement différents,

Tolérés des Crétois, oubliés des tyrans.

Sur la plage, la nuit, au son des bouzoukis

Ils dansaient jusqu’aux transes d’aériens sirtakis

Buvant force hanaps de vin à la résine

Tout en mangeant tomates, oignons et aubergines.

- Alors dis-moi, Victor, ce régime crétois

Dont on nous parle tant. Qu’est-ce que c’est d’après toi ?

- Avant tout des légumes de façon exhaustive,

Du poisson, du fromage et de l’huile d’olive.

Le plat de tous les jours : la salade crétoise

Qui rappelle parfois la salade niçoise.

Tu coupes des tomates assez mures en tranches,

Des morceaux de fêta, fromage à pâte blanche,

Tu épluches un concombre et le coupes en rondelles,

Un poivron vert coupé, sans pépins ni carpelles,

Tu éminces un oignon, cisèle des pourpiers

Et tu ranges le tout dans un grand saladier.

Ajoute une poignée de belles olives noires,

Ça apporte du goût et en plus, ça fait boire.

Tu assaisonnes avec beaucoup d’huile d’olive,

Poivre, jus de citron, fleur de sel, quelques cives.

C’est un plat délicieux, remontant, simple à faire

Et qui - c’est reconnu - fait de verts centenaires !

Voilà ce que mangeait le faune de Perrine

Avant de l’entraîner dans des amours marines.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 12 tomates, - 3 concombres, - 3 poivrons verts, - 3 oignons doux, - la valeur de 3 bols de pourpiers (c'est une plante très commune, avec de petites feuilles épaisses et arrondies, presque grasses, sur des tiges un peu rosées. Les jardiniers les arrachent comme des mauvaises herbes et c'est pourtant l'une des bases du fameux régime crétois! Ne garder que les feuilles, pas les tiges.) - quelques cives si vous en avez, - 3 hectos de feta coupée en petits dés, - 3 poignées d'olives noires dénoyautées, - 1 quart de litre d'huile d'olive, - sel, - poivre, - le jus de deux citrons.

 

Les vins conseillés:

Les crétois boivent beaucoup de vin blanc à la résine (krasi retzina), mais à défaut, essayez avec des vins blancs secs des Côtes-du-Rhône, Coteaux-du-Tricastin, Coteaux-du-Diois, Coteaux-du-Luberon, Côtes-du-Ventoux, Costières-de-Nîmes.

En vins du Languedoc: Picpoul-de-Pinet, blancs de La Clape.

En vins de Provence: Cassis, Palette, Coteaux-d'Aix.

 

 

Tridi 3 Fructidor 220

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

26/07/2012

Avignon. Allez, un dernier tour dans l’intimité de la belle !

fort saint andré vue de loin.jpg

 

 

 

On continue la visite ? Allez, zoù !


Gagnons la porte Saint-Lazare en longeant les remparts par l’intérieur. En franchissant cette porte, nous voici sur un terre-plein ombragé, fief des boulistes Asseyons-nous à la terrasse du bistrot, devant un petit blanc des Côtes-du-Rhône bien frais, et regardons, et écoutons, et savourons :

 

 

- Oh ! putaing ! Y s'est pas narré ! Sa boule, elle tête le garri, ça leur en fait trois et y finissent. Coquin de sort Loulle, tire volontiers ou on est foutu !

 

- Oh, fatche ! Si j'avais pas ce rhumatisme qui me mange le bras... Ça me prend au poignet, ça me monte au coude et ca m'estransigne l'épaule.

 

- Ca serait pas plutôt la paoule de baiser Fannie qui te mange le bras ?

 

Et Loulle, souverain, sans relever le lazzi lourd de menace pour son honneur de boulomane, essuie son intégrale, se concentre et rapidement son bras se déploie, la boule part, monte et... s'abat en un claquement de triomphe sur la boule adverse qu'elle chasse, prenant exactement sa place. Le carreau parfait qui douche l'enthousiasme de ses adversaires et fait sauter de joie, bras au ciel, ses partenaires.

 

- Un rhumatisme comme ça, si tu veux me le vendre, je suis preneur... 

 

La pétanque, c'est la scène ombragée où les provençaux, sans se forcer, expriment leur talent inné, naturel pour le théâtre, la geste, la répartie cinglante, l'humour ravageur. Bref, pour l'estrambord.

 

Quand reviennent les beaux jours, comme dit la chanson, va les voir ces fameux boulomanes à Saint-Lazare ou aux Allées de l'Oulle. Mais fais-toi petit, ne gênes pas : il y a des réputations en jeu... et parfois même du pognon, beaucoup de pognon. Un régal !

 

 

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La mine réjouie, retournons à l’intérieur des remparts par la porte de l’ancien hôpital Sainte-Marthe, fondé au XIVe siècle. L’édifice actuel date des XVIIe  et XVIIIe siècles. Il fallut beaucoup d’écus, de nombreuses années et plusieurs grands architectes et sculpteurs dont Borde, Delbène, Péru, Pierre Mignard, Franque père et fils pour achever l’établissement dont la superbe façade mesure 175 mètres ! Les services hospitaliers, regroupés hors murs, ont laissé place à l’Université. Un peu plus loin, après la porte Thiers, voici la rue des Teinturiers et ses grandes roues à aubes qui tournent au courant d’une des nombreuses Sorgues. C’était le fief des “ indienneurs ” d’Avignon, fabricants de ces délicats tissus imprimés originaires de Madras. Ils étaient cinq cents à laver, teindre et sécher leurs tissus multicolores dans les eaux de la Sorgue. Leur industrie fut ruinée par un concordat entre le Saint-Siège et le Royaume sur plainte des Fermiers généraux français sous prétexte…de contrebande. 

 

Par la rue des Lices, qui marque l’enceinte du XIIe siècle, voici l’Aumônerie générale, encore appelée « caserne des passagers ». Ce grand et bel édifice a été fondé par le Conseil de Ville de 1546 à 1557. Il était destiné à recueillir les pauvres, les vieillards, les mendiants. C’était les restos du cœur de l’époque. Ce qui nous donne une bonne leçon à distance de siècles…

 

L’ombre des démolisseurs a longtemps plané sur cet harmonieux bâtiment de trois étages ouvert de larges baies et d’arcades élégantes. Fort heureusement, il a enfin été réhabilité. Toute proche, la place des Corps Saints. Elle fut cimetière à l’époque romaine, puis porte de l’ancienne enceinte du XIIIe, aboutissement de ruelles chaudes où des dames à la cuisse hospitalière accueillaient les tracassés de l’asperge du temps des garnisons. C’est actuellement le centre actif, agréable et ombragé d’un véritable village dans la ville. En flânant dans les rues adjacentes, le soir, tu peux trouver quelques accortes personnes court vêtues et au sourire forcé qui s’enquerront : « J’te plais mon loup ! »

 

Tu ne peux pas connaître Avignon sans voir sa ville sœur et concurrente : Villeneuve. Allez, zou ! On retraverse le Rhône. Te voici à Villeneuve, la cité qui, côté « Riaum » - côté royaume de France – a, de tous temps, été la rivale complémentaire d’Avignon. Tout comme celle-ci, elle fut fondée sur un rocher, le Mont-Andaon, où des moines bénédictins élevèrent le monastère de Saint-André au Xe siècle. Pour s’affranchir de la tutelle des Avignonnais, les bénédictins conclurent un traité de paréage avec le roi Louis VIII, puis avec Philippe-le-Bel et Jean-le-Bon. C’est ce dernier qui fit construire l’enceinte du Fort Saint-André pour lutter contre les Grandes Compagnies qui semaient la terreur. Admire-le ce fort Saint-André qui fait de Villeneuve une sorte de Jérusalem provençale avec son enceinte crénelée et ses tours jumelles puissantes et majestueuses. La tour Philippe-le-Bel, qui se reflète dans les eaux fraîches du Rhône, est le dernier vestige d’une puissante forteresse militaire qui commandait le débouché du pont Saint-Bénezet. La ville neuve s’est construite autour de son église collégiale entre le Fort et la Tour. Flâne sous les arcades de la rue qui fait face à la collégiale et à son puissant clocher carré. Puis par la rue de la République et ses coquets commerces, gagne la Chartreuse du Val de Bénédiction. Elle fut la plus grande de France et possède des trésors architecturaux. Réhabilitée, elle abrite une institution culturelle importante qui accueille de nombreux écrivains de théâtre.Les villeneuvois, malicieusement, appellent leur cité Villeneuve-sur-Avignon pour bien marquer leur indépendance par rapport à la ville papale, estimant qu'Avignon n'est qu'une banlieue de Villeneuve !

 

La journée s’achève, le soleil descend vers les collines de l’Ouest. C’est la meilleure heure pour retourner vers Avignon par le pont Daladier. La lumière chaude du soleil couchant peint d’ocres roses et blondes les remparts, le Pont, les églises et les vertiges de pierre du Palais des Papes. C’est du grand spectacle.

 

Voilà, ami. La boucle est bouclée. Au gré de tes flâneries dans la ville et ses environs, tu as vu se dessiner cette âme provençale faite des strates des civilisations qui la génère : la finesse et la culture grecque, la fougue gauloise, la ruse ligure, la rigueur romaine, la faconde levantine, la passion mauresque, la rudesse franque, la gaieté italienne, le goût du mystère ibère. Et toujours le sens naturel de la palabre. Bienvenu ! Ami venu d’ailleurs. La ville est à toi !


VictorAyoli


Nonidi 9 Thermidor 220


Illustrations X - Droits réservés

 

25/07/2012

Dans les secrets d'Avignon-la-belle

avignon rue rép milieu m benoit.jpg

 

 

Tout autour de la place de l’Horloge, centre vital du festival de théâtre le plus célèbre du monde, tu découvriras, si tu lèves le nez, des peintures en trompe-l’œil qui permettent, toute l’année, une complicité amicale avec Jean Vilar, Gérard Philippe, Georges Wilson, Daniel Yvernel, Maria Casarès…

 

Au débouché Sud de la Place de l’Horloge, la rue de la République est la seule véritable avenue de l’Avignon intra-muros. Percée sous le second Empire sur l’emplacement de l’ancienne rue Saint-Marc, elle s’appela d’abord rue Bonaparte. C’est l’artère commerçante par excellence. On y trouve quelques belles boutiques de mode, mais malheureusement beaucoup de ces vitrines opulentes qui faisaient d’Avignon un petit Paris ont plié bagages devant l’invasion des franchises stéréotypées et des vendeurs de mal-bouffe… Il reste quelques belles terrasses de cafés, deux cinémas.  Les jeunes et jolies avignonnaises viennent toujours y parader devant une gent masculine qui apprécie.

 

Un coup d’œil, à droite, vers deux superbes hôtels particuliers qui se font face, l’Hôtel de Forbin, qui abrite à présent la Préfecture et l’Hôtel Desmarets de Montdevergues, siège du Conseil Général de Vaucluse.

 

Les immeubles haussmaniens qui bordent cette avenue sont cossus, ornés avec une opulence un peu m’a-tu-vu très second Empire. En descendant, à main gauche, voici un immeuble superbe, avec en façade d’inspiration corinthienne, un fronton supérieur triangulaire orné de l’écusson de la Compagnie de Jésus. Cette ancienne Chapelle des Jésuites, construite au XVIIe siècle, abrite maintenant un très riche musée lapidaire qui recèle des sculptures dont les plus anciennes sont celto-ligures.

 

Tiens, revoilà les platanes ! Et l’avenue change de nom, devenant le cours Jean-Jaurès. D’un côté, le Syndicat d’Initiatives, abrité dans l’immeuble de l’ancienne Poste et qui jouxte un Temple protestant. De l’autre le cinéma Palace qui résiste (encore un peu, l'été...) et demeure un centre de vie nocturne avec brasseries et restaurants accueillant les chalands. Les rues chaudes qui lui faisaient face – rue de la Bourse et rue Agricol Perdiguier – se sont refroidies et n’abritent plus que quelques sex-shop… Au bout du cours, la cité administrative, ancienne caserne Hautpoul et en face la Chambre de commerce ainsi que la Poste centrale. Par la percée des remparts flanquée de deux tours signées Viollet-le-Duc, voici la gare d’Avignon-ville. L’autre, Avignon-TGV, est à quelques kilomètres au Sud-ouest, en zone industrielle de Courtine.

 

Allez ! On remonte. Par des petites rues, on atteint la place Saint-Didier. Cette charmante place fut autrefois le lieu des exécutions capitales, en concurrence avec la place du Palais. Un bourreau maladroit y fut lynché par la foule et le supplicié, un peu amoché tout de même par quelques coups de haches mal placés, fut gracié par le vice-légat ! C’est maintenant un  parking incongru. Regarde l’église, érigée sous le pontificat d’Innocent VI, et son étonnant clocher octogonal à pignons dépassants. Prend la petite rue de la Masse et admire deux des plus beaux hôtels particuliers d’Avignon : l’hôtel de Crillon, modèle d’architecture italienne et l’hôtel Fortia-de-Montréal qui lui fait face. Regarde ces deux maisons superbes, très italiennes avec leurs frontons, leurs médaillons, leur décoration luxuriante, leurs puissantes corniches. Malheureusement, les ans et la pollution urbaine font des ravages sur leurs pierres…

 

Par d’étroites rue commerçantes et piétonnières, nous voici place Pie où se trouvent les halles centrales, haut lieu gamélistique de la ville. Il faut y venir le matin, se laisser guider d’échoppes en échoppes par les fragrances, les couleurs, le brouhaha joyeux et imagés des marchands et des clients commerçant à la méditerranéenne : avec la tchatche, la faconde et l’accent. L’élégante façade est tombée sous les coups des bull-dozer pour faire place à un parking en étages…mais très heureusement caché derrière un remarquable mur végétal.

 

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Tiens ! buvons un coup à la terrasse de l’un des nombreux bars et restaurants qui jouxtent la place. Regarde, là en face, cette tour. C’est la Tour-Saint-Jean, dernier vestige de la Commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, superbe ensemble de bâtiments jetés bas au nom du “ progrès ” par le redoutable Pourquery-de-Boisserin… Oui, le massacreur de la porte de l’Oulle et de la porte Limbert.

 

Tout autour de cette place, flâne de bar en bar, parcourt les rues marchandes et piétonnières, savoure la faconde des habitants qui s’interpellent d’une boutique à l’autre, laisse-toi imprégner de l’âme avignonnaise.

 

Nos pas nous mènent vers la place Carnot. Tout à côté, rue des Marchands, voici l’hôtel Gilles-de-Ribas, une superbe bâtisse moyenâgeuse, avec ses étages décalées en saillie sur la rue. Puis c’est l’église Saint-Pierre, dont la façade est la plus ornée de toutes les églises d’Avignon. Elle marie harmonieusement la rigueur du gothique et la flamboyance du style Renaissance.

 

Par la rue Carnot et ses boutiques bien achalandées, nous voici à la place du Portail-Matheron, limite de la ville romaine et gardant encore le nom d’une porte de l’enceinte du XIIIe siècle. Descendons la rue Carreterie qui, aux temps jadis, était hors de la première enceinte. Elle mène vers les extérieurs Est de la ville. En passant, à gauche, la place des Carmes. C’était autrefois la halle aux grains de la ville, avec une élégante charpente métallique genre Baltard. Fracassée pour laisser place à un parking… Elle reprend vie pourtant la samedi matin avec le marché aux fleurs et le dimanche matin avec le marché aux puces. En face, l’église Saint-Augustin, contemporaine de celle de Saint-Didier, possède un superbe clocher qui, comme la Tour de Pise, penche ! Mais il tient toujours, depuis le XIVe siècle !

 

A la rencontre de la rue Carreterie et de la rue des Infirmières – autrefois le quartier des immigrés italiens – se trouvait une superbe croix couverte. Victime du vandalisme, elle a disparu. La façade s’agrémente à présent d’un agréable dessin en trompe-l’œil.

Perdons-nous dans le dédale de petites rues coupe-vent qui remontent vers le Rhône, à l’Ouest. Rue Banasterie, voilà un bâtiment qu’il vaut mieux voir de l’extérieur que de l’intérieur, c’est ce qui fut la prison Sainte-Anne, l’une des plus insalubres de France mais à présent remplacée par une taule flambant neuve au milieu de la zone commerciale du Pontet, à l’Est de la ville. D’en haut du Rocher des Doms, une esplanade domine ce qui était la prison. Et tous les jours, des dialogues pathétiques se nouaient entre les taulards et leurs familles ou leurs amis, juchés sur les rochers. « Roger ! Roger ! Oh ! Roger ! Tu m’entends ? J’ai vu ton bavard. Ça devrait bien s’arranger. Dis à Rachid que sa femme a fait le petit. C’est un beau garçon. Courage, Roger. Je te papouille tendrement. A demain. » Tout ça en gueulant et multiplié par dix, quinze conversations…Ça mettait de la vie pathétique sur ce cloaque de souffrance.

 

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Un peu plus loin, adossé aux remparts, regarde la très élégante façade de la chapelle des Pénitents Noirs, due à l’architecte Thomas Lainée. Elle contraste par sa flamboyance avec la rigueur de l’ordre qui l’a faite construire. Cette confrérie avait le privilège de pouvoir délivrer un condamné à mort au cours d’une cérémonie redoutable. Ceux qui allaient passer au barbecue ou se faire raccourcir traversaient la ville enchaînés, vêtus et cagoulés de noirs, précédés par les moines pénitents qui chantaient des psaumes de mort en les menant assister à leur messe de requiem avant le supplice. Sympa les ratichons… Et l’un d’eux, choisi au hasard, était sauvé au dernier moment ! Ouarf ! Le suspense macabre… C’est vrai que les tonsurés de l’époque étaient aussi ouverts que les talibans actuels…

 

Allez ! allons boire une romaine sous les ombrages de la terrasses du cinéma Utopia. On continuera demain.

 

 

Photos Michel Benoit

 

 

 

24/07/2012

ALLEZ ! SUIS-MOI ET DECOUVRONS AVIGNON-LA-BELLE.

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Salut ! Ami venu d’ailleurs ! Tu veux connaître Avignon ? Alors suis pas à pas un vieil épicurien qui, si tu le veux bien, va t’ouvrir la piste.

 

Avignon, la ville sonnante aux vingt clochers et aux cent madones. Avignon la Florentine. Avignon qui n’a jamais su oublier qu’elle a été pour un siècle la capitale du monde chrétien.

C’est par la rive gardoise qu’il te faut la découvrir. Toutes les autres entrées ont été salopées – comme toutes les villes française d’ailleurs – par d’impersonnelles zones commerciales où les mêmes enseignes surmontant les mêmes bâtiments, les mêmes parkings de grandes surfaces, partout, gâchent les abords des villes.

 

Te voilà donc sur le pont Daladier qui franchit le Rhône entre Gard et Vaucluse. Retourne-toi pour un dernier coup d’œil vers les riches coteaux arborés du Gard  parsemés de villas cossues, puis ouvre grands les yeux : l’un des plus somptueux paysages urbains du monde va s’offrir à toi.

 

Avant de pénétrer la belle, retiens-toi un peu, fais durer les prémisses. Arrête-toi sur la Barthelasse – plus grande île fluviale de France – et, assis à l’ombre des grands peupliers blancs, écoute parler le fleuve et chanter le mistral. Ecoute-les te raconter, de leurs paroles d’eau et de vent, le destin de cette cité choisie.

 

Médite devant la puissance et l’harmonie de ce rêve de pierres, de ciel et d’eau. De cette cité que l’Histoire a marquée de son sceau indélébile. De cette ville de Provence qui a été le centre politique et spirituel du monde.

 

Le voici ce fameux pont que les enfants du monde entier chantent en leurs tendres années. Ce pont qui unissait Empi – les terres du Saint Empire Romain Germanique – et Riaum – celles du Royaume de France, mais sur lequel on n’a pas toujours dansé, comme en témoignent la Tour de Garde, côté avignonnais et la puissante Tour Philippe-le-Bel, côté villeneuvois. Il a un petit côté surréaliste ce pont qui débouche…sur de l’eau  au lieu de l’enjamber ! Il faut dire qu’il a été maintes fois cassé,  reconstruit, ravagé de nouveau par la furie destructrice des soudards et du fleuve en colère.

 

Un fleuve qui imprègne la vie de la ville. Il en est source de vie et bourreau terrifiant. Lorsqu’il était le Fleuve Dieu, sauvage, redoutable, impétueux, les avignonnais rejoignaient la grande île par une ingénieuse barque à traille qui, accrochée à un câble transversal, utilisait le courant pour sa propulsion ! Au même endroit existe maintenant un vaste et confortable bateau électrique qui transporte, l’été,  gratuitement promeneurs et touristes de la rive avignonnaise à la rive orientale de l’île.

 

Le Rhône, avant digues et barrages, au temps de sa puissance, aimait tellement Avignon qu’il l’investissait de ses eaux ! Des plaques commémoratives, sur les murs des remparts, indiquent les niveaux effrayants qu’il atteignait. Mais le fleuve a aussi fait la richesse de la cité lorsque débarquaient le long de ses quais les marchandises transitant entre Méditerranée et Europe du nord. Les berges grouillaient d’une vie laborieuse, rythmée par les palabres interminables et gouailleuses qui sont un des charmes de la joie de vivre provençale. Un port de plaisance occupe à présent les quais, mais l’animation n’est plus la même.

 

Avant de laisser tes pas te conduire à la découverte de la Cité des Papes, approche-là, courtise-là en longeant ses remparts, les plus longs du monde après la Muraille de Chine ! Tant de l’intérieur que de l’extérieur, apprécie la largeur des fondations, la multiplicité des tourelles de défense, la puissance de la muraille crêtée de mâchicoulis et de créneaux que prolongeaient des fossés remplis d’eau, aujourd’hui comblés. Plusieurs fois menacés, plus par un modernisme pas toujours heureux que par guerres et inondations, les remparts, incomparable parure de pierres blondes de la ville, ont été souvent restaurés, notamment par Viollet-le-Duc. Un esprit moderniste brillant avait même projeté d’y faire courir…la voie ferrée ! De nombreuses constructions inesthétiques s’y adossaient. Elles ont heureusement été enlevées. L’un des édiles avignonnais, Pourquery de Boisserin, fit venir en son temps les soldats du Génie pour abattre, de nuit, la Porte de l’Oulle, celle qui est en face du pont Daladier… Le même avait déjà sévit en détruisant la Porte Limbert. Une rue porte tout de même son nom : les avignonnais sont magnanimes !

 

Pénètre enfin cette ville aux airs de capitale par la Porte de l’Oulle. Te voilà sur l’harmonieuse place Crillon. Admire les chaudes couleurs des pierres de Fontvieille du fronton de la Comédie, avec sa superbe tête d’Apollon radiée. Au nord de la place, l’Hôtel d’Europe – reconnu comme l’un des plus beaux établissements du monde – propose son luxe feutré aux voyageurs fortunés. Tu peux te rafraîchir ou te restaurer aux nombreuses terrasses de la place.

 

La rue du Limas, toute proche, doit son nom aux limons du Rhône, à l’époque où elle était hors la première enceinte. Car Avignon a eu trois enceintes concentriques. Cette rue conduisait vers un quartier chaud de la ville, la Balance, où de belles ou moins belles hétaïres peinturlurées proposaient leurs charmes tarifés. Maintenant réhabilité avec plus ou moins de bonheur, ce quartier fait la liaison avec le Palais des Papes.

 

Par la ruelle de la Pente Rapide, traverse un quartier qui, à l’époque pontificale, abritait les juifs d’Avignon. Elle débouche sur la Place du Palais avec, à gauche, la façade du Petit Palais qui fut un collège avant d’abriter le Musée Campana et ses inestimables collections de primitifs italiens.

 

Et le voici ce Palais des Papes, la demeure fortifiée la plus puissante du monde, faite de façades abruptes, de tours puissantes, d’arcatures élégantes. La masse, la force, la verticalité, l’harmonie donnent un choc à qui découvre pour la première fois ce témoignage de la volonté des Papes de s’installer à demeure sur les rives du Rhône.

 

La cathédrale Notre-Dame-des-Doms – domo episcopali – a connu bien des vicissitudes depuis la première basilique du IVe siècle. Elle reste un chef d’œuvre de l’art roman provençal. Le clocher actuel, reconstruit au XVe siècle, fut surmonté de la vierge en fonte – fort controversée lorsqu’elle fut érigée en 1859 – mais qui fait maintenant partie du paysage. Et elle brille la luronne ! On la voit de loin : elle a été redorée à la feuille d’or véritable il y a quelques années !

 

Gravis les larges rampes ombragées qui te conduiront au Rocher des Doms, berceau de la ville, où se trouvait le castrum romain, puis le fort Saint-Martin qui, transformé en poudrière, explosa en 1650. Sacré feu d’artifice ! Le superbe jardin actuel, agrémenté de pièces d’eau et de statues fort sexy, date du XIXe siècle. On y découvre un paysage grandiose sur Villeneuve, la vallée du Rhône, le Ventoux, les Alpilles, le Luberon, avec, en premier plan, la ville à ses pieds.

 

Face au Palais des Papes, voici l’hôtel des Monnaies : façade du XVIIe, très italienne avec des ornements disproportionnés représentant les armoiries du Pape Paul V. Il a longtemps abrité le conservatoire de musique.

 

A l’angle sud du Palais des Papes, dans le prolongement de l’arc-boutant, la Vice gérance – habitation du Légat du Pape – est devenue une des grandes tables de la ville, où officie le maître queux Christian Etienne.

 

Voici enfin la place de l’Horloge avec le très harmonieux théâtre à l’italienne, l’Hôtel de ville surmonté de la tour avec son célèbre Jacquemart qui bat sa femme toutes les heures ! S’il ne sait pas pourquoi, il prétend qu’elle le sait… Il y avait sur ce forum célèbre, à la place du carrousel, un grand monument plein de lions et de belles callipyges, érigé à l’occasion du centenaire du rattachement de la ville à la France. Il a été exilé…aux allées de l’Oulle.

 

Lorsque le soleil cru ne permet plus que le mouvement des langues dans les bouches, assied-toi à l’abri délicieux de ces grands platanes aux larges poitrines, dont les bras jamais taillés dressent jusque dans les hauteurs du ciel des toisons miraculeuses d’ombres vertes qui sentent l’anis, bruissantes de la symphonie lancinante des cigales et cigalons. Sur cette agora, en buvant le pastis, la tomate ou la mauresque, tu peux savourer les trésors que t’offre Avignon-la-Belle, t’enivrer de la vie qui l’enfièvre, essayer de découvrir l’âme de la Provence à travers les avignonnais, leur art de vivre, leurs légendes, leur cuisine, leurs vins, leurs divertissements, leurs festivals. Avec en prime ce sens innée, naturel, de la palabre, du geste, de la “ tchatche ”, propre à tous les peuples de la Mare Nostrum.

 

Savoure, regarde la comedia del arte de la place. Demain, je t’amènerais ailleurs.

 

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VictorAyoli

 

 

Septidi 7 Thermidor 220

 

 

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23/07/2012

Eh ! ami festivalier, tu la connais Avignon-la-Sensuelle ?

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Quand le soleil-lion de juillet écrase la ville de sa chape incandescente, quand les lancinantes stridulations des cigales font vibrer les vertes toisons aériennes des grands platanes, quand les monuments, les livrées et les tours semblent fumer sous la tremblante réverbération des murs gorgés de lumière, Avignon-la-Sensuelle, alanguie au bord du Rhône et cambrée sous les caresses du mistral, s'ouvre et à s'offre pour son grand rut de l'été. Une lune durant la belle va se donner sans retenue, de tous ses pores de pierres, de toutes ses ruelles, de tous ses cloîtres, de toutes ses places, de tous ses patios mystérieux, de tous ses forums, de tous ses lieux scéniques à son dévorant amour estival : le Festival.

Alors si veux bien, ami festivalier, je vais essayer de te présenter l’écrin de ces spectacles qui t’enchantent : ma ville, notre ville. Commençons par un peu d’histoire.

 

Avignon serait née… à Villeneuve ! Elle serait née quelque part dans une grotte de la rive gardoise du Rhône, il y a quinze millénaires, des épousailles d’un chasseur d’aurochs venu de l’Est, nommé Haavig, avec la fille du chef d’un clan de chasseurs d’esturgeons, la belle Higghnon.

 

Lors de la fête nuptiale, les membres de la tribu, enthousiastes, scandaient les noms des jeunes époux.

- “Haavig !

- Higghnon !

- Haavighnon !

- Haavignon !

- Havignon !

- Avignon ! ”

 

Ainsi fût prononcé, pour la première fois, le nom qui sera bientôt celui de l’une des capitales du monde… Comme disait Pagnol, « ce n’est peut-être pas vrai, mais ça pourrait l’être ! Alors c’est pareil. »

 

Plus tard, bien plus tard, les celto-ligures établis sur le Rocher des Doms reprirent le nom d’Avenio. Puis grecs, massaliotes et romains en firent une fière et opulente cité marchande entre Arles et Lyon.

 

Les grecs de Massalia y avaient des comptoirs commerciaux fortifiés. Les romains à leur apogée en firent une place stratégique de plus de vingt mille habitants, commandant la vallée du Rhône et celle de la Durance. C'était alors une place forte accrochée à son rocher et protégée par le fleuve qui l'entourait au deux tiers.

 

La période glorieuse de la Provence gréco-romaine s'acheva sous les coups des barbares de tous poils. Avignon, arc-boutée à son rocher forteresse, résista longtemps puis fut prise par les Goths dont elle devint une redoutable place forte. Trois ans après leur raclée de Poitiers, les Arabes envahirent la Provence, faisant d'Avignon une de leurs plus redoutables positions. Charles Martel lui-même en fit le siège, prit la ville, la perdit, la reprit et massacra tout le monde, laissant la ville en ruine. Pas de détail. Adieu les beaux monuments romains... La population, massacrée par les soudards et anéantie par la peste, se releva pourtant et résista victorieusement à d'autres envahisseurs : les Normands. Puis la ville, réunie au Royaume d'Arles, fut rattachée à l'Empire. Au douzième siècle, Avignon fut politiquement érigée en Commune indépendante. Le pouvoir appartenait alors à huit consuls nommés chaque année par un collège électoral et assistés par un Conseil Général de la cité et par le peuple d'Avignon convoqué en Parlement public. Presque de la démocratie. La commune battit monnaie, légiféra, eût une armée, posséda des terres et des fiefs sur toute la région. Une sacrée puissance !

 

Stratégiquement placée, Avignon a toujours eu vocation à jeter des ponts. Ainsi fût édifié, au XIIe siècle le fameux pont Saint-Bénézet.  Un pont né de la foi d'un petit berger du Vivarais et de la reconnaissance d'amour d'un grand du Royaume de France pour la belle Flamenca... Il était alors le seul pont depuis la mer. La ville devint un incontournable carrefour. C'était aussi une redoutable cité guerrière, avec ses remparts, ses hautes murailles, ses tours crénelées, son rocher escarpé. Une ville cosmopolite de commerce, de passage, d'industries. La ville était opulente, arrogante, cultivée, redoutée, jalousée...

 

Puis vint le temps noir de l'intolérance religieuse et de la « Croisade contre les Albigeois ». Avignon, alliée du Comte de Toulouse, se crut assez forte pour résister au Roi de France… Réduite après un siège de trois mois, elle perdit sa belle indépendance, ses fortifications, ses palais et subit le joug politique du représentant de l'église. Même son fameux pont fut au trois-quarts détruit. Elle se releva une fois encore et s'étendit considérablement. Sous l'autorité du Comte de Provence, Avignon recouvra une opulence paisible, prélude à une extraordinaire période de faste et de puissance : celle de la venue des papes.

 

Philippe-le-Bel - celui de la tour de Villeneuve ! - n'était pas un tendre et était en lutte ouverte avec le pape Boniface VII. Un de ses porte-rapière, Guillaume de Nogaret, avait gratifié le souverain pontife d'une cinglante « bouffe » en pleine tiare ! Et c'est un français, Bertrand de Got qui fut élu et couronné à Lyon à la demande musclée de Philippe-le-Bel, sous le nom de Clément V. Il gagna Avignon en 1309.

 

Son successeur fut élu après deux ans de sanglantes empoignades sous le nom de Jean XXII. Un rugueux vieillard qui établit sa puissance en s'appuyant sur la sordide Inquisition, les intégristes sanguinaires et bornés de l’époque. Les «barbecues » pontificaux firent allègrement griller au nom de la foi les Vaudois, les Cathares, les Fraticelles et tout ce que la rumeur qualifiait de sorciers...

 

Lui succéda Jacques Fournier, un solide ariégeois, milodioù !, élu sous le nom de Benoît XII. C'est lui qui fit bâtir une bonne moitié du Palais des Papes, la demeure fortifiée la plus puissante du monde.

 

Puis vînt Clément VI. Un fastueux celui-là qui bâtit les plus belles parties du palais et fit d'Avignon - qu'il acheta à la flamboyante pétroleuse qu'était le Reine Jeanne - l'une des cours les plus brillantes de la chrétienté.  Sous Clément VI, la ville comptait 120.000 habitants, dont 100.000 étrangers. Italiens surtout, français du sud-ouest, catalans et aragonais, allemands, anglais, scandinaves, grecs, levantins, juifs. Une cité extrêmement cosmopolite qui se transforma. Chaque dignitaire construisit sa « livrée » avec une tour, symbole de puissance. Les cardinaux et les ordres mendiants élevèrent des églises. Les laïcs fortunés bâtirent de somptueuses demeures. Une très riche vie intellectuelle, universitaire et artistique, appuyée sur un mécénat généreux draina vers la Cité des Papes les meilleures élites européennes : des lettrés, des artistes, des savants, mais aussi des banquiers et des commerçants. Pour résister aux convoitises, Avignon s'entoura de sa couronne de remparts.

 

Mais la peste noire ravagea la chrétienté, faisant quarante millions de victimes en Europe, dont 62.000 - la moitié de la population - dans la seule ville d'Avignon ! On ne bricolait pas à l'époque !

 

Innocent VI, un limousin âgé et maladif, était un triste qui ne prenait son pied qu’en voyant brûler ceux qui s’opposaient à lui. Les temps devinrent durs avec les Grandes compagnies qui ravageaient le pays pour leur compte. Du Guesclin vint camper à Villeneuve, à la tête d'une armée de rufians. Il fit cracher le Pape au bassinet avant d'aller mourir en Lozère... en buvant de l'eau ! Boire de l’eau… Quelle idée saugrenue ! Surtout pour un Breton... Urbain V, un bénédictin marseillais, voulait faire retourner  la cour pontificale à Rome... Ce qui ne plaisait pas du tout au Roi de France ! Peine perdue : le pape quitta Avignon. Il resta trois ans à Rome mais c’était là-bas un tel foutoir qu’il se résigna à revenir à Avignon. Son successeur, Grégoire XI voulait lui aussi retourner à Rome. Ce qu'il fit en 1376, malgré les larmes et les cris des malheureux avignonnais laissés orphelins...

 

Et c'est donc au Vatican que son successeur, Urbain VI, un italien, fut élu sous la pression de l'émeute. Les cardinaux, divisés en deux clans, élirent quelques mois après un autre pape à Avignon, Robert de Genève, sous le nom de Clément VI. Une belle galère ! Un pape à Rome, un autre à Avignon ! Un brillant, un fringant ce jeunot Clément VI,  trente six ans lors de son élection. Il renoua avec les fastes de la cour avignonnaise.

 

Enfin le catalan Pedro de Luna fut le dernier pape avignonnais sous le nom de Benoît XIII, en cette époque de schisme. Les cardinaux l'ayant laissé tomber, il s'enferma dans son redoutable palais forteresse qui, malgré tous les assauts, demeura inexpugnable. Il restera reclus pendant cinq ans puis réussira à s'enfuir, vivant maintes aventures rocambolesques.

 

Avec le retour des papes en Italie, Avignon perdit son rang de capitale... Mais son prestige survécut quelques temps car la ville gardait l'espoir du retour de la papauté. Restant terre papale, elle reçut un vice-légat avec une grande autonomie politique. L'essor commercial de la ville, dû à sa situation géographique, continua avec les banquiers et les grands commerçants florentins. Le temps de la gloire était passé, mais pas celui de la richesse. Avignon demeura terre papale jusqu'à la Révolution française. La population avignonnaise expulsa alors le représentant du pape et demanda la réunion de la ville à la France. Chose qui fut faite le 14 septembre 1791...

 

La ville entra alors dans le rang, devenant préfecture d'un des plus petits départements de France… Grandeur et décadence ? Bof…

 

Mais regardez-la se pavaner voluptueusement au soleil, triomphante et sûre de son charme avec ses airs de reine ! Elle n’a pas oublié qu’elle fut un jour une des capitales du monde. Et elle a encore de bien beaux restes la mâtine !

 

Si vous voulez, demain, je vous prends par la main pour vous en dévoiler les secrets.

 

 

VictorAyoli


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Sextidi 6 Thermidor 220

 

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15/07/2012

Ouiquinde érotico-gastronomique sur l'Aubrac

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Vanessa

 

La brune Vanessa chemine sur l’Aubrac.

Pressée par la nature, elle pose son sac

Et, discrète, s’épanche derrière une murette.

Soudain elle bondit en hurlant, la pauvrette…

 

Une vipère avait planté ses crocs pointus

Dans la partie charnue de son individu !

Foin de toute pudeur ! La malheureuse appelle,

Et je me précipite au secours de la belle.

 

Agenouillé près de ses trésors féminins,

Je mord, suce, aspire et crache le venin.

Pour sauver Vanessa, sans ménager ma peine,

 

Je presse à pleines mains la jolie lune pleine.

Pour me remercier de ce vaillant combat,

La belle offre à ma bouche son sourire d’en bas…

 

 

 

- Afin de rassurer ta charmante marcheuse

Qui, d’après tes écrits ne semblaient pas bêcheuse,

Tu aurais pu l’amener dans un buron d’Aubrac,

C’est ainsi qu’on appelle les sortes de barraques

En pierres de granit qui servent aux bouviers

De solides refuges ainsi que d’ateliers

Où ils mettent au point les somptueux fromages

Dont la réputation à traversé les âges :

Tommes de lait de vaches d’Aveyron et Lozère

De Laguiole, d’Aubrac et de la Fau de Peyre.

Elle aurait pu manger, avec toi, l’aligot,

Compagnon idéal d’un bon plat d’escargots.

Tu ramasses, en marchant, quelques gastéropodes

Si nombreux sur l’Aubrac après une pluie chaude.

Comptes-en deux douzaines pour chacun des mangeurs.

Surtout si tes convives ont l’appétit majeur.

au vinaigre et au sel tu les fait dégorger,

Pendant deux heures au moins puis rince les rejets

Et met-les à bouillir dedans un court-bouillon

Avec laurier, fenouil, sel, poivre, thym, oignons.

Deux heures après tu vas, à l’aide d’une aiguille,

Sortir tes escargots, chacun, de leur coquille,

Puis tu vas supprimer carrément les entrailles

C’est, au bout de la chair, une noire tripaille.

Pendant cette cuisson, tu prépares ta sauce :

Des oignons rissolés avec du lard des Causses,

De la chair à saucisses, quelques anchois pilées,

Epinard, vert de blettes, oseille acidulée.

Jette les escargots dedans ta cassolette,

Poivre, sel, noix muscade et piment d’Espelette,

Mouille si nécessaire d’un peu de court-bouillon

Mijoter vingt minutes mais sans ébullition.

Tu sers ta gargoulade avec de l’aligot,

En buvant du vin rouge de derrière les fagots.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Octidi 28 Messidor 220


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02/07/2012

Au bistro de la toile : foie gras sulfureux !

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- …taing, Victor ! Vaut mieux vivre à Toulouse ou Cahors qu’à San-Francisco ou Los-Angeles ! Là-bas, parait que si tu bouffes du foie gras, tu risques la taule !

 

- On n’en est pas là, mais dans l’esprit, c’est pareil : les sectes de culs-bénis qui tiennent le haut du pavé chez les Zétazuniens ont réussi à faire activer une vieille loi interdisant la fabrication et la vente du foie-gras ! Tortures sur animaux qu’ils disent… Venant d’un peuple qui élève tous ses bestiaux en batterie en les bourrant d’antibiotique et d’OGM et qui torture allègrement les humains à Guantanamo et ailleurs, y aurait de quoi se faire rigoler les boyaux si ce n’était si dramatique… Ces pisses-froids semblent oublier qu’ils sont un peuple de voleurs de terres, fondé sur le génocide de trente millions d’Amérindiens, l’esclavage de trente millions de Noirs et qui perpétue ses forfaits partout dans le monde en pillant les ressources naturelles, en salopant la planète, voire en soutenant les pires dictatures. Toujours la main sur le cœur, bien sûr, et Dieu à leur côté ! Sensiblerie vis-à-vis des animaux, massacre sans merci des humains…

 

- Mouais ! Ben tu les allumes grave les machouilleurs de caoutchouc ! Eh ! Moi, si j’étais là-bas, je saurais comment me faire du beurre sur le foie-gras ! Il est interdit de gaver ? Une aubaine pour les contrebandiers ! Il existe bien des états de l’Union qui n’interdisent pas le gavage ! Et puis, comme au bon temps de la prohibition de l’alcool, des petits malins vont gaver dans des caves et, encore mieux, en acheter chez nous du foie-gras !

 

- Eh ! Tu imagines les Elliot Ness du foie-gras ! Pétoires à camenbert contre gaveuses électriques ! Sans compter que ça va faire une pube formidable pour le foie-gras ! En lui donnant la saveur sulfureuse de l’interdit ! Il va s’ouvrir des restos clandestins où, en montrant patte blanche et liasse de dollars, tu pourras t’encanailler « à la française » en bouffant du foie-gras ! Il s’en vendra sous le manteau, comme autrefois la gnole ! Et puis dans un resto, s’il est interdit de le vendre, tu le donnes ! En te rattrapant sur autre chose bien sûr…

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Tè ! Victor, si on allait monter un clandé à foie-gras à San-Francisco ?

 

- Trop dangereux de mettre les pieds dans ce pays Loulle. Pour un oui pour un non tu te retrouves au trou sans savoir pourquoi. Cette Californie de carte postale, avec ses bimbos et ses cagoles, si elle a donné au monde la parenthèse enchantée des hippies et les génies dégingandés de la Silicon Valley a tout de même produit en politique Reagan et Schwarzenegger. Un pays qui protège les canards mais qui n’a toujours pas supprimé la peine de mort pour les humains… Fuck off…

 

- Et à la nôtre !

Merci à Chimulus

25/05/2012

Au bistro de la toile : d’Europe en Afghanistan.

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- Oh Victor ! Parait que François part en Afghanistan ! Pour faire normal, tu crois qu’il y va en train ou en voiture ?

 

- Pourquoi pas. Mais faut avoir du temps devant soi. Tè ! Moi qui bois des canons avec toi, au temps où j’étais encore plus jeune, j’y suis allé en Afghanistan en…2CV ! Et bien plus loin encore, jusqu’au Viet-Nam. Comme quoi c’est très faisable. Je connais(sait) tous les bistrots sur la route, entre le Rhône et le Mékong. J’y suis même retourné en DS19 ! La reine des bagnoles : levier à la hauteur intermédiaire et 100 à l’heure sur les pistes. Je doublais les Land-Rover… Une bagnole qui te permettait même de te sortir de situations difficiles en roulant…sur 3 roues ! Bof. Nostalgie Loulle… Nostalgie. C’était dans une autre vie.

 

- Putaing ! Une sacré vie tout de même ! En tout cas, le François, il a fait une entrée sinon fracassante, du moins remarquée. La Merkel – habituée à avoir son toutou Sarko à ses pieds - en avale de travers sa choucroute ! Il lui a rappelé que l’Europe, ce n’était pas  que l’Allemagne, ni même que l’Allemagne et la France…

 

- Il pourrait lui suggérer, pour sauver la zone euro, non pas de foutre dehors les Grecs, mais que l’Allemagne – qui fait mine de se sentir à l’étroit dans cette Europe clubmed – sorte elle-même de la zone euro ! L’euro n’est que le mark allemand étendu (1 euro = 2 marks !). La sortie de l’Allemagne résoudrait bien des problèmes. Car le mark serait tout de suite réévalué de 25 à 30%, libérant d’autant la compétitivité des autres pays de la zone euros ! Avec un avantage conséquent aux économies les plus puissantes après l’Allemagne, la France et l’Italie ! Chiche, M’ame Merkel ! Dans six mois, l’Allemagne se retrouverait dans la situation de l’Espagne : en voie de sous-développement, avec un chômage galopant, une production effondrée, etc.

 

- Ce qui n’est surtout pas à envisager. Connaissant l’histoire de ce pays lorsqu’il veut faire cavalier seul…

 

- Exactement. Mais il est bon tout de même de leur parler haut et fort. C’est le langage qu’ils comprennent le mieux !

 

- A la nôtre !

 

 

Septidi 7 Germinal 220


Photo Moi !

 

20/05/2012

Gastronomie érotique: Katy et les feuilles de vignes farçies

 

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Katy


J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d'Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olives, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


JVJ


in Le bonheur grâce à la cuisine de l'amour



Duodi 2 Germinal 220


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02/10/2011

Ouiquinde érotico-gastronomique à Munich

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Ursula

 

Ursula la Germaine avait grand appétit

De mâles vigoureux, qu’ils soient grands ou petits.

Jeannot, Bruno, Gaby goûtèrent à ses charmes

Et, tout gaillards qu’ils fussent, durent rendre les armes.

 

Aux fêtes de la bière, à Munich, en automne,

Les mœurs sont débridés et les femmes teutonnes

Epinglent les amants qui goûtent leurs peaux lisses

Dans une orgie de bruit, de bière et de saucisses.

 

Ursula convoqua deux autres walkyries

Et nos Pieds Nickelés, défendant la patrie,

Montèrent hardiment les fougueuses cavales,

 

Dépensant sans compter leur vaillance de mâles.

Au matin, portant haut leur vanité de coq,

Ils rentrèrent en France… avec des gonocoques !

 

 

Le bœuf au paprika

 

— Eh bien, vois-tu Victor, si tes Pieds Nickelés

Etaient sortis couverts pour mieux batifoler

Au lieu de pérorer comme des coqs minus

Ils auraient évité ces cadeaux de Vénus !

Mais qu’avaient-ils mangé pour être performants

Car les excès de bière n’aident pas les amants !

— A Munich il n’y a pas que choucroute et saucisses,

On trouve des plats hongrois qui sont de vrais délices.

Savoureux entre tous, le bœuf au paprika,

Particulièrement tonique bien que très délicat.

Coupe en portions du bœuf choisi dans la culotte,

Fais-le dorer à l’huile d’olive dans la cocotte,

À feu vif mais en tournant bien tous les morceaux

Pour qu’ils prennent couleurs recto comme verso.

Tu mets trois gousses d’ail, du coriandre en grains,

Deux feuilles de laurier, sel, poivre du moulin,

Trois grandes cuillerées à soupe de paprika.

Arrose bien tout ça d’un verre de muscat,

Rajoute de l’eau chaude, couvre et cuis vingt minutes.

Respire ces parfums s’échappant en volutes,

C’est déjà un plaisir sensuel pour le nez,

Ne sois pas impatient, ce n’est pas terminé.

Prépare six poivrons, trois rouges et trois verts,

Coupe-les en lamelles, mets-les dans ta braisière,

Rajoute trois oignons correctement hachés,

Cuis encor dix minutes, c’est le temps d’éplucher

Quelques pommes de terre, puis coupe-les en dés

Et mets-les dans ton plat, attention, sans tourner.

Tu rajoutes un peu d’eau, puis six belles tomates

Coupées en huit morceaux, saupoudrées d’aromates.

Tu vérifies que soit bien fermé ton faitout

Et finis la cuisson un quart d’heure à feu doux.

Ce plat revigorant, puissant quoique subtil

À de quoi relancer les ardeurs érectiles

D’un régiment entier de cosaques du Don,

De tes Pieds Nickelés, à plus forte raison !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 kilo de bœuf dans la culotte, - 3 gousses d'ail, - 12 grains de coriandre, - 2 feuilles de laurier, - 3 cuillères à soupe bombées de paprika, - 3 poivrons rouges, - 3 poivrons verts, - 3 oignons hachés, - 6 pommes de terre, - 6 grosses tomates, - 1 verre de muscat (de Beaumes-de-Venise si possible), - sel, - poivre du moulin.

 

Primidi 11 Vendémiaire 220

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

 

 

26/06/2011

Ouiquinde érotico gastronomique : délices de Corse.

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Regina

 

C’est à Porto Polo, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassé.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : “ Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! ”

 

 

 

- Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

- Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ca m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîche finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier

Met de l’huile d’olive et tourne pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu,

Ferme tes papillotes, glisses-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas répandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

Octidi 8 messidor 219

 

 

 

11/06/2011

Ouiquinde érotique avec Huong sur la baie d'Ha Long

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Pipothé

 

J'ai connu, quelque part près de la baie d'Ha Long

Une fleur des rizières qui s'appelait Huong.

Visage de poupée sur un corps de princesse

Elle savait jouer de la bouche et des fesses.

 

J'ai vécu auprès d'elle, heureux et envoûté

Par sa spécialité: la fellation au thé.

Huong me préparait, avec mille manière,

Du thé vert au gingembre, une pleine théière.

 

Tandis que je buvais la boisson parfumée,

Ses petits doigts agiles sur ma verge allumée

Préparaient mon phallus avec mille caresses,

Mettaient mon corps en feu et mon cœur en liesse.

 

Huong prenait alors une gorgée de thé

Qu'elle tournait en bouche pour en faire chuter

Doucement la chaleur au degré idéal

Pour les tendres muqueuses de mon engin de mâle.

 

Huong mettait mon gland dans sa petite bouche.

Quel bonheur délicieux ! Je geignais sur ma couche.

Une chaleur torride, proche de la brûlure,

Envahissait ma queue d'un volcan de luxure.

 

Le liquide brûlant tourne autour de mon gland

La languette de Huong lui donne mouvement,

Elle aspire, elle pompe, elle masse, elle suce,

Tandis qu'un de ses doigts vient me forcer l'anus,

 

Par des spasmes de joie, ma queue jouit longtemps,

Dans la bouche de Huong, douce fleur de printemps.

Elle m'embrasse alors, partageant les saveurs,

Du foutre et du thé chaud, du plaisir, du bonheur.

 

 

JVJ 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

Tridi le 23 Prairial de l'an 219 de l'ère de la Liberté

11/04/2011

Je pars en transhumance ! A bientôt.

 

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Çà y est !  Je charge la carriole et nous partons en transhumance vers les hautes terres. Parait que les premières morilles sortent!
Donc pendant quelques jours, le temps qu'Orange me transfère l'abonnement Adsl, ce sera silence radio!
 
Alors, en ces temps de remise en cause de la laïcité, je vous ai mis ma profession de non-foi !
 
 
 

 

***********************

Si j'étais Dieu

 

Si j'étais Dieu,

Nom de Moi,

Je ferais cuire tous ces cagots

Ces insupportables bigots,

Ces punaises de sacristie,

Tous ces culs bénis abrutis,

Ces flagorneurs et ces badernes,

Ces lèche culs qui se prosternent,

Genoux ployés ou culs levés,

Pour Jésus, Allah ou Yahvé.

Ils proclament que je suis Tout,

Que je suis le Grand Manitou

Omniscient, plein de sagesse,

Généreux devant leurs faiblesses,

Et voyez, nom de Moi !,

Comment agissent- ils avec moi !

Ils me traitent comme un vieux con,

Ridicule vieillard abscons,

Fort avide de privations,

Jouissant des propitiations,

Des louanges bêlantes, des sanglants sacrifices,

Capable d'imposer de m'immoler son fils

A celui que j'aurais choisi comme prophète,

Et bavant de plaisir en cette immonde fête.

Si j'étais ce pervers, ce névrosé sadique,

Ce parano borné, ce tyran narcissique,

 

Si j'étais Dieu,

Nom de Moi,

Et si j'étais salaud tout autant qu'ils  le sont,

Pour les gratifier d'une bonne leçon

Je leur infligerais cette terrible peine

Qu'ils ont imaginé, par bêtise et par haine,

Que j'eus pu concevoir, que je puisse appliquer :

C'est eux ! ces tristes cons, eux ! que je damnerais !

En enfer les croyants ! Satan, met du charbon !

Mais bouche-toi le nez : ils sont nauséabonds.

Leurs curés, leurs imams, leurs rabbins rabat-joie,

Infligent à tous de Moi une image d'effroi,

D'une espèce de flic, d'adjudant implacable,

Les menacent en mon nom de tourments redoutables.

Ils prétendent m'aimer avec leurs simagrées,

Leurs prières débiles, leurs rituels tarés,

Leurs cérémonials qu'ils veulent grandioses

Mais qui ne sont que le reflet de leurs névroses.

Comme si je pouvais - Moi, Dieu, Être parfait,

Suprême intelligence - être par ça bluffé ! ! !

 

Si j'étais Dieu,

Nom de Moi,

Les athées, les sans-dieu, les non-croyants,

Ceux-qui-se-posent-des-questions, les mécréants,

Ceux qui refusent d'ingurgiter

Les réponses prêt-à-porter,

Qu'un soi-disant Elu, prétentieux allumé,

Aurait reçu de Moi ! Pauvre illuminé,

En haut d'une montagne, en quelque lieu secret

Et qu'il aurait transcris dans un livre sacré.

Ceux-là, tous ceux qui doutent, les hommes de Raison,

Ceux qui n'acceptent pas, de la foi, le poison,

Et qui ne vivent pas pour autant en bandits,

Pour ceux-là j'ouvrirais, tout grand, mon paradis.

 

Si je suis Dieu,

Nom de Moi,

Si je suis cet être infiniment bon,

Comment peut-on penser que je suis assez con

Pour vouloir tourmenter

Toute une éternité

Ce pauvre humain mortel qui dans son désarroi

Ne croit pas en moi !

Si je suis cette suprême intelligence

Comment peut-on penser, et par quelle aberrance,

Que j'ai créé les Hommes pour en être adoré,

Et que je prends en compte toutes leurs logorrhées !

 

Si je suis Dieu,

Nom de Moi,

Si j'ai donné à l'Homme la Raison,

Cet outil merveilleux pour poser des questions,

La faculté de pouvoir discerner

Si un événement est vrai,

Possible ou invraisemblable,

Il faut vraiment être minable

Pour penser que je vais punir

Tous ceux qui osent s'en servir !

 

Par chance, je ne suis pas Dieu,

Nom de Dieu...

A la santé de ceux qui refusent de croire,

Satan, verse-moi à boire !

 

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13/03/2011

Ouiquinde érotico gastronomique comme en Crète

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Perrine

 

Perrine dansait nue sur la grève luisante

Pieds légers, ondulante, bras tendus vers Phébus,

Dans les fraîches senteurs de l’aurore naissante,

Elle sacrifiait au culte de Vénus.

 

Sa taille se ployait jusqu’à frôler l’arène

Puis elle s’élançait pour caresser les cieux

Ventre offert, seins dressés, plus fière qu’une reine

Perrine avait vingt ans et tutoyait les dieux.

 

Un grand faune barbu, velu et chevelu

A la flûte de Pan rythmait la sarabande

Il dévorait des yeux le corps de son élue

 

Et savait que bientôt il aurait sa prébende.

Il sauta sur la nymphe, l’entraîna dans la mer

Où il la posséda d’une étreinte primaire.

 

 

 

 

- En ce temps là, petit, la Grèce était à terre

Ecrasée sous le joug de troufions sanguinaires :

Des colonels bornés alliés à des popes

Martyrisaient sans fin le berceau de l’Europe.

Pourtant à Matala, au fin fond de la Crête

Existait une baie retirée et discrète

Où quelques chevelus à la barbe fleurie

Vivaient en troglodytes dans de curieux abris,

Grottes aménagées dans le roc des falaises

Qui regardent la mer jusqu’au Dodécanèse.

Ils vivaient là heureux, simplement différents,

Tolérés des Crétois, oubliés des tyrans.

Sur la plage, la nuit, au son des bouzoukis

Ils dansaient jusqu’aux transes d’aériens sirtakis

Buvant force hanaps de vin à la résine

Tout en mangeant tomates, oignons et aubergines.

- Alors dis-moi, Victor, ce régime crétois

Dont on nous parle tant. Qu’est-ce que c’est d’après toi ?

Avant tout des légumes de façon exhaustive,

Du poisson, du fromage et de l’huile d’olive.

Le plat de tous les jours : la salade crétoise

Qui rappelle parfois la salade niçoise.

Tu coupes des tomates assez mures en tranches,

Des morceaux de Fêta, fromage à pâte blanche,

Tu épluches un concombre et le coupes en rondelles,

Un poivron vert coupé, sans pépins ni carpelles,

Tu éminces un oignon, cisèle des pourpiers

Et tu ranges le tout dans un grand saladier.

Ajoute une poignée de belles olives noires,

Ca apporte du goût et en plus, ça fait boire.

Tu assaisonnes avec beaucoup d’huile d’olive,

Poivre, jus de citron, fleur de sel, quelques cives.

C’est un plat délicieux, remontant, simple à faire

Et qui – c’est reconnu – fait de verts centenaires !

Voilà ce que mangeait le faune de Perrine

Avant de l’entraîner dans des amours marines.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

in: Le bonheur grace à la cuisine de l'amour

 

 

 

 

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Tridi  23 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

29/01/2011

Sortie du fond des âges: LA LEPRE. Un lépreux toutes les deux minutes !

 

A Delhi,  Kutab Road, c'est l'Inde des prolos. C'est là que je l'ai vu, mon premier lépreux.

Il avançait péniblement sous les arcades. Il avait une pièce de toile verte sur la tête et les épaules et essayait de la retenir devant sa gueule comme il pouvait. Je dis gueule pas par mépris mais parce que ce qui fut son visage, ça faisait peur. Deux trous pour les yeux, pleins de sanie, pleins de jus visqueux. Deux trous pour le nez qui le faisait ressembler à un lion. La fameuse « face léonine » des lépreux. Quelques chicots qui sortaient de ce qui avait été une bouche. Ses mains ? Il n'y en avait plus... Deux moignons noirâtres, complètement rongés. Sans doigts. C'est avec Ça qu'il retenait comme il pouvait son tissu devant lui pour se dissimuler un peu. Ses jambes couvertes d'ulcères coulants étaient entourées de chiffons gluants de pus. Ses pieds n'étaient plus que des bouts tout craquelés, gris noir, avec des morceaux rosés... Un rat avait dû lui bouffer son dernier arpion. 

 

Ça te file un drôle de flash, surtout quand t'es pas encore habitué, comme c'était le cas pour moi.

LEPRE affiche.jpgTout ça pour vous dire qu'aujourd'hui et demain, ce sont les journées de lutte contre la lèpre. Une maladie terrifiante sortie du fond des âges et qui touche, au XX1° siècle, une nouvelle personne toutes les deux minutes ! Le bacille de la lèpre court toujours et frappe encore chaque année plus de 250.000 victimes, rappelle la Fondation Raoul Follereau, du nom de celui qui fonda, en 1954, cette Journée mondiale des Lépreux, permettant de guérir, dans les années qui suivirent plus de 14 millions de malades atteints par cette maladie invalidante, cause de souffrance physique et d'exclusion sociale. La 58ème édition de ces deux jours fait appel à la générosité du grand public, qui permet aujourd'hui de soutenir des programmes de santé dans 28 pays.

Ce n'est pas une question de charité - j'ai horreur de ça - mais de dignité, de justice.

 

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Décadi 10 Pluviose 219 de l'ère de la Liberté

18/11/2010

Au bistro de la toile : comme les vautours Ryanair vole, vole, vole…

 

chimulus bistro copie.jpg

 

 

- Putaing ! Parait qu’ils faisaient la gueule les bobos qui étaient partis se biturer la gueule pas cher au Maroc avec la compagnie de ruffians Ryanair ! Ils devaient se poser à Beauvais (c’est où Beauvais ?) et…ils se sont retrouvé « abandonnés » pendant des heures à Liège (Belgique). Pôôôvres malheureux va ! Quand on aura le temps, on les plaindra…

- Eh ! Victor, ces passagers, c’est tout de même des victimes de cette compagnie…

- Victimes, mon cul ! Ces cons-là sont les complices de cette compagnie mafieuse, illustration parfaite de ce vers quoi amène l’ultra libéralisme débridé. Ryanair, c’est le prototype de l’entreprise parasite, dirigée par une crapule finalement sympathique, Michael O’Leary, car il étale avec jovialité tout le mépris et le cynisme de ces patrons voyous.

- Enfin, tout de même, Ryanair à Marseille faisait travailler un millier de personnes. Ils ont foutus le camp, et les salariés vont pointer au chomdu…

- Voilà. Tu touches là l’essence même du système Ryanair vis-à-vis des responsables économiques et politiques: ou vous nous crachez au bassinet – beaucoup de thunes – ou on ferme et on se casse ailleurs. Et c’est comme ça qu’un élu UMP comme Gaudin réclame sans broncher que l’on change la loi pour autoriser Ryanair à truander en France. Parce que c’est bien de truandage dont il est question. Le problème marseillais vient d’une condamnation de la compagnie pour faire travailler ses personnels navigants basés à Marseille avec des contrats irlandais, dont sans payer de charges en France. C’est du Bolkeinstein dans sa plus belle acception. Et ça va loin dans le cynisme : des salariés ont rapporté qu'ils devaient payer eux-mêmes les formations que leur dispense leur employeur... qui les facturerait nettement plus cher que ce qu'elles ne lui coûtent. De même, le personnel de bord doit acheter son uniforme 360 euros...

 

Mais il n’y a pas que ça. Ryanair vole dans tous les sens du terme. Elle vole ainsi la Sécu et l’Etat français, mais que dire des monceaux de subvention qu’elle emplâtre joyeusement aux collectivités locales, chambres de commerce et autres ! C'est ainsi qu'en 2009, en France, malgré les avertissements réguliers des Chambres régionales des comptes, la compagnie est parvenue à soutirer 14 millions d'euros aux Chambres de commerce et d'industrie ainsi qu'aux collectivités locales, via le versement d'"aides marketing". Un terme mystérieux qui désigne les publicités que les exploitants des aéroports qui reçoivent les avions de Ryanair ont obligation de prendre sur le site internet de la compagnie ! C’est du racket.

À l'échelle européenne, si l'on ajoute les remises en série imposées aux aéroports, le dispositif rapporterait 750 millions d'euros ! Ce qui a poussé Air France à déposer plainte l'an dernier auprès de la Commission européenne.

 

Une fois à bord, les passagers sont également pressés comme des citrons. Le O’Leary veut leur faire payer même l’accès aux chiottes de l’avion, il veut taxer les gros. Tiens, lu dans La Provence : « (…) à bord d'un vol Marseille-Édimbourg : victime d'un malaise, un passager a reçu une petite collation à la demande d'un médecin qui voyageait dans le même avion. Quelques biscuits et du thé que son épouse a été priée de payer, avant d'avoir les pires difficultés pour qu'on lui rende sa monnaie ! »

- Si je comprend bien Victor, chaque fois qu’un bobo friqué prend un de ces avions pour aller s’éclater en ouiquinde dans quelques destinations Ryanair, c’est un peu moi, toi, nous qui payons son ticket !

- Ben voilà ! T’as tout compris Loulle ! Ryanair est le prototype le plus accompli des entreprises néo libérales telles que les rêvent les Sarko-trafiquants…

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03/10/2010

Ouiquinde érotico-gastronomique: Danielle et le "King fish tandori"

Hotesse de l'air.jpg

Danielle

 

J'ai rencontré Danielle à vingt-cinq mille pieds

Dans le ventre inquiétant d'un Boeing long-courrier.

Sous l'uniforme chic des hôtesses d'Air France

Ses hanches balancées mettaient mon cœur en transes.

 

Elle se penche vers moi pour me servir du vin,

Exposant à ma vue quelques appâts divins,

Quand un brusque trou d'air fait tanguer la cabine

La plaquant contre moi, mon nez sur sa poitrine.

 

Tant que l'avion plonge, elle se colle à moi

Durcissant ma nature d'un délicieux émoi.

Hélas, trois fois hélas, les turbulences cessent

 

Arrachant à mes bras la ravissante hôtesse.

Elle vrille mes yeux d'une flèche azurée...

Serait-ce, pour ce soir, le bonheur espéré ?

 

 

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Le king fish tandoori

 

- Bon. Et alors, Victor, ton hôtesse de l'air,

Est-ce que tu l'as revue ? Qu'as-tu fait pour lui plaire ?

- J'ai retrouvé Danielle le soir au « Sun and Sand »,

Palace de Bombay où Air France descend.

Elle se relaxait sur une balancine,

En bikini mini au bord de la piscine.

J'ai abordé la belle avec quelque émotion

Mais elle a acquiescé à mon invitation !

Ce fut au Taj Mahal, derrière l'Indian Gate

Un hôtel fastueux pour touriste en goguette,

Face au soleil plongeant dans la mer d'Arabie

Que nous avons mangé le " King fish Tandoori ".

- Si tu me parles indien, Victor, je peux pas suivre

Et ce n'est même pas la peine de poursuivre !

- T'encagne pas, petit, ça te rendrait malade.

En guise de " king fish ", tu prends une dorade,

Royale si possible, pêchée au Grau-du-Roi

Lorsque la mer s'ébroue sous un vent de norois.

Pour deux, compte un poisson d'une livre et demi,

Tu en prendras plusieurs si tu as des amis.

Pour plus de sûreté, demande au poissonnier

De te les préparer vidés et écaillés.

Attention : ce plat pour sa préparation

A besoin de douze heures de macération.

Pour ce faire, il te faut apprêter la mixture

Qui lui apportera son parfum d'aventure.

Si tu étais aux Indes, tu pourrais préparer,

Ecraser au mortier, mélanger, mesurer

Les graines et les baies, les poudres, les épices

Qui font s'épanouir les saveurs en délices :

Du cumin et du sel, de l'ail et du gingembre,

Cannelle, fenugrec, oignon, curry et poivre,

Des graines de moutarde, du laurier, du piment,

Produits faits pour fouetter la vigueur des amants.

Mais sur tous les marchés fleurissant en Provence

On trouve ce mélange tout préparé d'avance :

C'est une poudre rouge au joli colori

Et au parfum subtil appelée « Tandoori ».

Dans une jatte creuse, fais un égal mélange

De deux cuillères à soupe de cette poudre étrange,

De citron, de vinaigre, de yaourt naturel,

Et d'huile d'arachide. Ajoute un peu de sel.

Cet appareil, fouetté, sera la marinade

Où va évoluer, pour la nuit, ta dorade.

Juste avant le repas, tu la mets à four chaud

Quinze minutes au plus, le temps d'un gaspacho.

C'est un met délicat qui fait tourner les têtes,

Appelle la boisson et met le cœur en fête.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l'amour !

 

Moi 

Ingrédients et proportions pour six personnes: - 3 dorades royales d'une livre et demi.

Pour la marinade: - 6 cuillerées à soupe rase de poudre de Tandoori, - 3 yaourts goût nature, - 3 cuillerées à soupe de vi­naigre de vin, -le jus de 3 citrons, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'arachide, - 3 cuillerées à dessert de sel de Camargue.

 

Les vins conseillés:

Le « king fish tandoori » est un plat très parfumé. Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gouleyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.

En Côtes-du-Rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousset, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirat, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint-Pantaléon-les-Vignes.

En Coteaux-du-Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbières.

En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

 

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L’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani pourrait être mise à mort pour adultère dans les jours qui viennent, mais deux hommes peuvent encore lui sauver la vie : les chefs d'état du Brésil et de la Turquie.

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Appel du 14 juillet pour

UNE JUSTICE INDEPENDANTE

12/08/2010

Vous avez aimé la catastrophe due aux forages en mer dans le golfe du Mexique, vous allez adorer ce qui nous pend au nez en Méditerranée !

 

 

 

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En effet, la compagnie B.P. (Bougres de Porcs) a annoncé le lancement imminent d'un nouveau forage « off shore » (en mer) au large de la Libye dans le golfe de Sirte, en vertu d'un accord signé en 2007 avec la Libye. Autrement dit, les incapables du groupe B.P. vont mettre leur incommensurable incompétence dans des opérations de forages en eau profondes, à "environ 5.700 pieds" (1.700 mètres), soit à une profondeur légèrement supérieure à Deepwater Horizon, le puits situé au large des côtes de la Louisiane et dont l'explosion le 20 avril a provoqué la marée noire gigantesque que nous connaissons dans le golfe du Mexique.

 Le théâtre d'opération se situe au large de la Libye du Très Respectable Phare de l'Humanité Khadafi, le pittoresque campeur ami de Sarko, mais pas très loin des côtes de la Grèce, de la Sicile ou encore de la Tunisie. La Méditerranée, déjà pourrie par les raffineries, les égouts, les dégazages en mer, et qui accueille 30% du tourisme mondial, risque de ne pas réchapper à une catastrophe du genre golfe du Mexique. Vous croyez que ça les fait réfléchir les gros cons qui décident en catimini de ce type de monstruosité. Tè ! Fumes ! Le pognon d'abord.

Au fait, il y a quelques mois, le terroriste libyen Abdelbaset al-Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie en 1988, condamné à vie en 2001, a été libéré par l'Ecosse en 2009 pour « raisons de santé » et accueilli en héros en Libye. Les mauvaises langues disent que BP aurait exercé d'énormes pression sur les autorités britanniques afin de libérer ce brave homme afin... d'obtenir le contrat d'exploration d'hydrocarbures au large de la Libye !

Bientôt, plus besoin de se foutre de l'ambre solaire sur la couenne, l'eau y pourvoira grace à B.P. !

Mondo cane !

 

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L’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani pourrait être mise à mort pour adultère dans les jours qui viennent, mais deux hommes peuvent encore lui sauver la vie : les chefs d'état du Brésil et de la Turquie.

 

Pour tenter de la SAUVER :

https://secure.avaaz.org/fr/save_sakinehs_life/?cl=694109314&v=6920

 

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Appel du 14 juillet pour

UNE JUSTICE INDEPENDANTE