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04/02/2009

Bientôt une nouvelle DS ? Youpi ! Happy Hippie Time !

JVJ Ds en Turquie.JPG

Ouarff ! Paraît qu’ils vont refaire une neo DS ! Le pied ! La DS, la vrai, a été le summum de la bagnole. Depuis, on n’a pas fait mieux.

Puteng ! Souvenirs, souvenirs…

J’en ai usée trois. Rien que des DS, pas des ID, celle-ci n’étant qu’un ersatz.

Sièges couchés, c’est un vrai cent quarante. Un champ de tir, un piège à fille extraordinaire. Avec le petit levier à vitesse, idéal pour accrocher la petite culotte… Ouarfff !

Je suis allé jusqu’en Inde deux fois en bagnole (et cinq autres fois en stop et avec les moyens de transports locaux), la première fois avec une Deuche, la deuxième avec une DS21 ! Avec une super nana. On dormait dans la bagnole. Elle faisait ses ablutions intimes…dans l’enjoliveur ! On a traversé ainsi la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan puis l’Inde. Atcha ! Atcha !

C’était la grande époque hippie… Le monde était à nous…

Les petites tchaïrana le long de la piste, avec la bouffarde chargée qui tourne… Chez Yenner à Istamboul, Célèbre dans le monde entier. Sans conteste possible le resto d’Istamboul le plus connu au monde. Une gargote plus ou moins chaude, à base de fayots, d’aubergines et de poivrons nageant dans du gras. Des prix plus chers qu’ailleurs dans le quartier Sultan Ahmet, j'ai vérifié... Seulement, il y avait Yenner... Pour le Voyageur qui arrivait à Istamboul paumé, fatigué, avec la crasse au corps et la faim aux tripes, qui devait se méfier des flics, des Turcs qui cherchent toujours un moyen de t'entuber, la gargote à Yenner, c’était le paradis.

JVJ & sadou.JPGPuteng ! Ankara (bidon), Erzerum, le mont Ararat qui fait frontière avec l’Azerbaïdjan et l’Iran… Téhéran, Ispahan, Tabriz. Puis Hérat, Kandahar, Kaboul… Tout un hiver à Kaboul, au Bamyam Hotel. Bamyam où j’ai dormi dans la grotte qui était juste en dessous des gigantesques statues bousillées par ces crevures de talibans de merde… La Kyber pass… Peshawar… L’atmosphère pénible du Pakistan où les femmes, comme en Afghanistan vivent dans leurs cages de tissus…Puis enfin la bouffée d’air pur de l’Inde après les pays muslims. Avec ces femmes superbes, super sexy dans leurs saris, ondulant du cul comme des reines… Goa et ses plages blanches polynésiennes où vivaient, à poil, 5 à 6.000 hippies, dont la moitié de nanas belles, libres et ouvertes, très ouvertes…

Merde j’arrête, ça me donne le tracsir ! Nostalgie... Nostalgie...

Tout ça pour parler de la DS ! Où ça mène… Avec cette bagnole, j’ai roulé sur trois roues pendant cinquante bornes! Il m’est arrivé de crever (et de réparer)17 fois dans la journée ! Alors s’ils en font une nouvelle, j’achète ! Ollé !

08:18 Publié dans actualités, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ds, voyage, nostalgie

16/01/2009

En picolant mon blanc…SNCF : Service Nul pour les Cons de Français !

bistro.jpg
- Oh ! Loule, remet une tournée de blanc, c’est la mienne.

- P’ting ! T’as gagné au morpion Ch’ois ?

- Non mais j’arrose le changement de nom de la SNCF. Tè, Tatave va nous raconter…

- Ah bon ! C’est quoi ça. Moi qui suis cheminot, ch’uis pas au courant…

- Ben, avant SNCF, ça voulait dire Société Nationale des Chemins de fer Français…

- Et maintenant ?

- Maintenant ça veut dire Service Nul pour les Cons de Français.

- Je te vois venir toi, tu vas encore m’allumer sur les grèves, les retards et tout le bintz. Mais, oh ! Ça te brancherait toi de te faire insulter, cracher dessus, taper sur la gueule parce que tu fais ton travail ?

- Evidemment…

- Ben, la grève à Saint-Lazare comme à Marseille, c’est pour ça. Alors rengaine tes sarcasmes et paye moi un blanc !

- Et vos conneries de caténaires qui pétent de longue, c’est quoi cette magouille ? Tu vas pas me dire que toi tu gobes les embrouilles sur les soi-disant sabotages par de « dangereux » ultra gauchistes éleveurs de chèvres ?

- Il y a urgence pour remplacer les caténaires défectueuses. Mais qui va payer les 400 millions d'euros nécessaires? Mille agents ont, déjà, patrouillé sur l'ensemble des lignes, mais faut savoir que la limite d'usure du fil de contact est beaucoup plus poussée en France que dans les pays voisins. On les use jusqu’à la corde ! Par ailleurs, les investissements affectés, aujourd'hui aux caténaires sont consacrés majoritairement à l'entretien (155 millions d'euros sur les 191 millions de l'enveloppe). Il reste pas grand chose pour les remplacements : 700 kilomètres par an seulement, sur les dizaines de milliers de kilomètres du réseau, t’as qu’à voir… La facture globale devrait avoisiner les 400 millions d'euros, dont une très grande partie devra être payée par Réseau Ferré de France (RFF) qui , depuis 1996, a la charge de l'entretien des lignes ferroviaires. C'est bien là où le bât blesse. Réseau Ferré, plombé par une dette de 28 milliards d'euros (héritée de la SNCF), n'a pas les moyens d'empiler les nouvelles dépenses.

train Dubout.jpg- Le pognon, c’est pas ce qui manque à la SNCF. Avec les tarifs à la gueule du client que vous pratiquez ! C’est vrai que toutes les thunes, vous les foutez dans votre putain de TGV. Et pour les trains de banlieue et les trains de cambrousse, peau de zob ! Que dalle. Tè ! Moi qui suis un gros fainéant robuste, à la bonne saison je prends mes quartiers d’été en cambrousse, au fond du Gévaudan. Je prends donc la ligne qui passe par le massif central, de Nîmes à Clermont et Paris par Alès. Enfin, je prenais, car ils menacent de la supprimer… Un bonheur ce petit train. Aussi rapide que l’auto, moins cher, plus confortable, plus sûr.... Baguenaudant parmi les vaches, j’entendais arriver le convoi qui sonnait joyeusement avant chaque passage à niveau, avant chaque arrêt, avant chaque tunnel. Le conducteur me saluait, la ou le contrôleur se faisait une joie de me montrer la belle machine portative pour délivrer les billets. Et débutait un voyage somptueux entre forêts à cèpes, prairie à vaches, ravins vertigineux et petits villages. Soixante trois tunnels et une bonne vingtaine de viaducs tous plus beaux les uns que les autres témoignaient de l’ingéniosité des servants de jadis de Madame Hessaincéhèfe…

- C’est pas encore fermé. D’autant plus que les régions et les départements crachent au bassinet ! Mais toi et les autres usagers, au lieu de me gonfler les aliboffis à moi, simple lampiste, manifestez avec nous ! Gueulez ! Ecrivez à Pépy !

- T’as raison Tatave je vais écrire au Pépy. En parlant de ça, moi, de parler, ça me donne…la pépie ! Zou, Loule, remets une tournée !


Amis blogueurs, vous pouvez, évidemment, reprendre mes textes, poésies, coups de gueule et autres élucubrations, mais merci d’avoir le « fair play » de citer la source et de mettre un lien : http://lesaliboffis.blogs.nouvelobs.com
Merci


27/12/2008

Chronique de la connerie ordinaire : En Tanzanie, y a pas bon être black blanc !

albinos.jpgDes albinos, vous en avez fatalement croisés, rencontrés. Ce sont ces gens victimes d’une maladie génétique qui se caractérise par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux, des yeux due à l'absence de mélanine (et pas la mélamine, poison réservé par des margoulins chinois au lait des bébés !). Les albinos ont une vision déficiente et sont sujets à des cancers de la peau s'ils ne sont pas protégés du soleil.

L’albinisme existe en Europe et en Amérique du Nord, où il touche une personne sur 20 000, mais il est bien plus répandu en Afrique. Selon une étude, le taux d’albinisme est de 1 pour 4 000 en Tanzanie, où les albinos seraient près de 370 000. Le cancer fait des ravages chez eux, et si les albinos peuvent espérer vivre jusqu’à un âge avancé dans les pays développés, ils dépassent rarement les 40 ans en Afrique.

Ce n’est nulle part facile, lorsqu’on est « différent », de vivre sous le regard curieux des autres. Mais ça devient franchement cauchemardesque en Tanzanie si l’on en croit Al-Shaymaa Kwegyir, une parlementaire tanzanienne elle-même albinos. Victimes de croyances et de préjugés, les membres de cette “communauté” vivent dans l’angoisse d’être assassinés et transformés en amulettes. Les autorités commencent à peine à s’en préoccuper.

Al-Shaymaa Kwegyir n’y va pas avec le dos de la cuillère : « La famille d’une femme appelée Salma lui a dit d’habiller son bébé, une petite fille, tout en noir et de le laisser tout seul dans une case. “La maman ne comprenait pas pourquoi mais elle a obéi aux anciens. Quelques heures plus tard, des inconnus sont arrivés et sont allés droit à la case. Ils ont coupé les jambes de l’enfant à coups de machette. Puis ils lui ont tranché la gorge, ont versé le sang dans un pot et l’ont bu.” La Tanzanie a connu au moins 29 meurtres d’albinos depuis un an, et Al-Shaymaa Kwegyir, qui est elle-même albinos, est devenue l’une des personnalités politiques les plus engagées sur la question. Elle a prouvé que les tueurs, qui travaillent pour des sorciers, pratiquent le cannibalisme et revendent des morceaux de corps pour fabriquer des amulettes.

Les acheteurs, qui viennent parfois de République démocratique du Congo, du Burundi, du Kenya et d’Ouganda, sont convaincus que les jambes, les parties génitales et les cheveux des albinos leur permettront de devenir riches instantanément. La plus jeune victime à ce jour avait 7 mois. Al-Shaymaa Kwegyir, 48 ans, a rencontré Salma dans son village, dans le district de Mwanga, près du Kilimandjaro. “C’est le premier cas de cannibalisme recensé mais, pour les autres aspects, c’est un exemple classique. Un membre de la famille étendue qui a des liens avec un sorcier organise l’enlèvement ou l’assassinat. Ces meurtres sont inspirés par l’ignorance et la cupidité. Une main d’albinos se vend 2 millions de shillings (1 220 euros)”, explique-t-elle.

Un quotidien local a rapporté l’arrestation d’un pêcheur du lac Tanganyika. accusé d’avoir tenté de vendre sa femme albinos, âgée de 24 ans, pour 3,6 millions de shillings.

Un autre article évoque le cas d’un homme arrêté à la frontière avec un sac contenant une tête de bébé. Il a déclaré à la police qu’un sorcier tanzanien lui avait proposé de le payer au poids.

Plus de 170 personnes, essentiellement des sorciers, ont été arrêtées en Tanzanie cette année. Cinquante-trois sont en détention.

C’est pourri, c’est dégueulasse, mais ne faisons pas d’angélisme et ne nous drapons surtout pas dans nos préjugés : il y a quelques siècles, le sort des lépreux en Europe n’était guère plus enviable…

Il n’empêche, la connerie humaine est vraiment la seule approche qu’on puisse avoir de l’infini.

http://www.courrierinternational.com


28/11/2008

Le feu dans la région la plus dangereuse du monde.

attentats bombay 1.jpgPuteng ! Bombay… Le Taj saccagé, incendié. Des pauvres mecs massacrés dans un hôpital. Des rafales dans la foule à la grande gare, Victoria station je suppose. Carnage. Cris de souffrance d’innocents martyrisés. Hurlements de terreur. Panique. Foule qui court sous la grêle de balles. La guerre.

Bombay, ville superbe où j’ai vécu de longs mois merveilleux. Où j’ai été heureux. C’était dans une autre vie… Entre deux guerres indo-pakistanaises. Alors tout ce qui touche à cette ville me fait mal…

Comment en est-on arrivé là ?

Lorsque je vivais dans cette ville, c’était à l’époque où la plus grande démocratie du monde était gouvernée par le parti du Congrès, héritier direct de Gandhi. Bien sûr la pauvreté était omniprésente, obsédante. Bien sûr les inégalités étaient criantes. Bien sûr l’ostracisme inter castes était révoltant. Mais l’Inde était laïque, tolérante, ouverte, accueillante à l’étranger. C’était un monde merveilleux à découvrir, dans lequel s’immerger, où l’on pouvait se perdre ou se sauver…

Hélas, cette Inde là est morte. Les gouvernements successifs se sont rapprochés des thèses de l’extrême droite au niveau politique et de l’ultra libéralisme sur le plan économique. L’Inde a ainsi tourné le dos aux idéaux de l’indépendance : laïcité, tolérance. Elle s’est laissée entraîner dans une spirale de rivalités inter religieuses débouchant sur des affrontements sanglants. Tu me brûles un temple de Vishnou, je te brûle une mosquée… Elle traite sa minorité musulmane – forte de 150 millions de personnes, la deuxième au monde après l’Indonésie – comme des citoyens de seconde zone. Elle laisse l’extrémisme hindou se développer jusqu’à fermer les yeux sur des pogroms antimusulmans mais aussi antichrétiens oubliant ainsi que son histoire et sa culture ont toujours été façonnées par les relations plus ou moins pacifiques, mais incontournables entre hindous, musulmans et aussi, à moindre titre chrétiens.

Le décollage économique spectaculaire de cette Inde-là exclut bien du monde, créant ainsi le terreau d’une radicalité qui s’exprime dramatiquement depuis quelques années et éclate à la face du monde aujourd’hui.

Le fascisme vert islamiste n’a plus qu’à y travailler une jeunesse frustrée pour façonner une inépuisable source de desperados fanatisés. Avec la mort aveugle, lâche, stupide au bout…

Et l’obscurantisme et l’arriération genre taliban en point de mire sur tout une partie de cette Asie brune : Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, et maintenant Inde.

Avec en arrière plan la terrible menace…de La Bombe !

21/07/2008

Corsica bella!

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Ah ! La Scala di Santa Regina, quel lieu sauvage entre tous ! Vous ne connaissez pas ? C’est en Corse évidemment. Ça veut dire l’Escalier de la Sainte Reine. Un passage étroit creusé par le fleuve Golo à travers une montagne aride, sauvage, avec une pauvre végétation rabougrie et plaintive essayant de subsister parmi les escarpements verticaux. C’est la splendeur de la roche rongée par l’opiniâtreté de l’eau, clivée et emportée par les glaces millénaires, avec cet émiettement, cette grandeur dévorée, cette immensité de trous et d’escarpements, cette ruine fondamentale qu’est la montagne. De gigantesques falaises de pierres couleur de sang tombent par des à-pic vertigineux vers les cascades du torrent qui gronde et écume de colère entre les parois resserrées. C’est un endroit qui glace de terreur les plus courageux quant la tempête se déchaîne, que les éclairs strient la gorge de lueurs blêmes et que l’énorme fracas du tonnerre explose et roule entre les murailles de rocs tandis que toute l’eau du ciel s’abat en cataractes. La légende dit d’ailleurs que le diable les habite parfois...

Vous connaissez cette vieille légende corse ?
Non ?

Bon. Je vais essayer de vous la raconter.

Il y a bien longtemps, dit la légende, le haut pays n’était pas comme ça. On pouvait y vivre, y travailler. Un jour, Saint-Martin — un grand brun, costaud, avec une épaisse moustache noire — qui était en train de labourer dans la basse vallée du Golo, se trouve face à face avec le Diable ! Oui ! Le Diable ! Une grande forme noire, velue, avec des pieds de bouc, une queue de dragon, des cornes longues d’une coudée, des yeux de sang, des narines fumantes et la bave à la gueule. Tout autre que Saint-Martin serait mort de peur, mais celui-là était un solide. Il se querelle avec le Diable qui lui reprochait de ne pas tirer ses sillons droits ! « Vade retro, Satanas ! » lui dit-il (forcément ! ‘est comme ça qu’on dit toujours quand on voit le diable !) en brandissant sur lui sa charrue en forme de croix. Mais il en faut plus pour effrayer le Diable ! Il attrape la charrue du pauvre Saint-Martin et, d’une formidable poussée, la lance vers le haut de la vallée du Golo. Aussitôt, c’est un cataclysme terrible. La terre gronde, tremble et s’ouvre. La montagne se fend en masses croulantes, éclate en blocs pulvérulents dans des exhalaisons de soufre. Des rochers énormes, des pyramides de granit, projetés par des forces fantastiques s’amoncellent en un infernal chaos minéral tandis que s’ouvrent des gouffres livides. Le fleuve — au débit multiplié par mille — bondit furieusement parmi les accumulations de roches, détruisant tout sur son passage. Le ciel, soudainement obscurci, se zèbre de fantastiques éclairs dans un grondement d’apocalypse. La férocité des vents pulvérise toute vie végétale.

Saint-Martin, malgré son épouvante, se jette à genoux et prie avec ferveur la Sainte Vierge. Aussitôt, les falaises de granit s’ordonnent de façon à contenir le terrible fleuve et à ouvrir un passage vers les hautes terres jusque là enclavées du Niolo. Puis tout se calme et, sous un soleil neuf, une aube cristalline de paix cosmique retrouvée marque le triomphe du Bien sur le Mal.

Le saint donna alors à ce passage le nom de Scala di Santa Regina : l’escalier de la Sainte Reine !

Vous n’y croyez pas ? Moi non plus, mais c’est joli, alors c’est pareil !

11:20 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

21/03/2008

Mon mai 68 ? Dans le Triangle d’or !

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C'est mézigue...

- Ta, ta, ta... tiouu, tiouu, tiouu !

Ça y est, ils nous tirent dessus les cons ! Manquait plus que ça ! La rafale de mitraillette a fait gicler la flotte sur l'avant de notre radeau de bambou. L’un des bambous a éclaté sous l'impact... Sans rien piter au charabia des mecs qui font l'ouverture de la chasse sur notre paquebot, nous comprenons vite que ça veut dire HALTE ! Et qu'on nous intime l'ordre express de nous arrêter. Tu parles... On se le fait pas dire trois fois ! On a quand même du mal à manœuvrer notre radeau de bambous à cause du courant de la Nam Kok, assez puissant à cet endroit.
Ca faisait deux jours que nous descendions les gorges de cette rivière de montagne, sur le radeau que nous avaient fabriqué des “Karennes ” d'une tribu chez qui nous étions restés quelques temps.

La Nam Kok, elle coule quelque part dans les jungles de montagne d'une région aux frontières indéfinies, au nord de la Thaïlande, aux confins de la Birmanie, du Laos et de la Chine du sud. On sait jamais où on est, et à Bangkok, c’est considéré zone d'insécurité. Pas trop de touristes dans le coin...

Nous les avions vus, les troufions, au coude la rivière. Y en avait quelques dizaines, à poil, en train de déconner joyeusement et de se baigner, rive droite. Il y avait des chevaux, des mulets aussi... Ils nous avaient pas vu tout d'abord les mecs, vu qu’on glissait silencieusement le long de la rive gauche, sous une voûte végétale ombragée. Mais nous, nous avons vite vu le village investi par des troufions en armes, une centaine peut-être... Une petite île nous a planqués pendant quelques instants à la vue des mecs, puis le courant nous a repoussé en plein milieu de la flotte, sous le soleil... C’est là que les sentinelles qui surveillaient l'aval de la rivière nous ont repérées, et qu'elles nous ont défouraillées dessus.

Merde. Qu’est-ce qu'il va se passer ? Ils ont pas l'air commodes les mecs ! Ils rigolent plus... Nous non plus ! Putain ! Ils sont armés jusqu'au dents. Ça va de la traditionnelle U.S.30 aux mitrailleuses lourdes ! Avec des mecs la poitrine barrée d’énormes bananes de cartouches. On se croirait au Mexique ! Puis ils ont pas l'air déguisés, comme les troufions thaï ou lao, qu’on a l'habitude de voir. Des treillis de toute provenance, délavés mais en état. Des godasses de basket aux panards… Les mecs du village, des Méos, sont parqués sur un terre-plein. Les hommes d’un côté, les fumelles et les lardons de l’autre. Ça chiale chez les fumelles... Au fond du village, y a une hutte calcinée qui a cramé récemment.

Nous débarquons tant bien que mal, sous les regards des troufions. On nous amène à celui qui semble être le chef. Pas de galons, mais c’est vite vu. Grand, maigre, osseux, la quarantaine environ, petite moustache à la Errol Flynn sous le blair, stick à la main. Il a l'œil à tout. Il prend nos passeports, vérifie nos noms, nos gueules et fout nos papelards dans sa poche. Très correct le mec. Mais ferme. Il nous dit de rester là jusqu'a nouvel ordre. Comme il parle quatre mots d'anglais, on en profite pour lui demander quelles forces lui et ses mecs représentent.

- “ Kuomingtang ” qu'il nous répond laconiquement...

Eh bè ! Ça y est ! Nous les tenons nos Kuomingtang ! Ou plutôt ils nous tiennent... On connaissait vaguement leur existence quand on est monté sans cette région, mais ça restait nébuleux...

Quand le petit père Mao a flanqué la grande pâtée à son confrère Tchang Kaï Tcheck, en 48, y a toute une armée du Kuomingtang, celle du Yunnan, en Chine du sud qui a rien voulu savoir. Les troufions ont pas voulu se rendre aux rouges et n'ont pas voulu non plus se replier sur Formose. Ils ont pris le maquis ou plutôt la jungle avec armes et bagages. Des milliers de troufions, avec encadrement et tout. Au début, ils ont continué à faire chier les mecs à Mao, mais à la longue, quand ils ont compris que c’était pas demain qu’ils feraient marrons les Camarades, ils ont changé d’objectifs. Et depuis ils travaillent pour leur propre compte. Ils sont les véritables maîtres des montagnes, se foutent complètement des frontières et ont la haute main sur le trafic des armes, de l'or et de l'opium entre la Birmanie, la Thaïlande du nord, la Chine sud et le Laos.

Les armées régulières lao ou thaï ont bien essayé des opérations conjuguées pour les déloger, avec l’appui de l’aviation ricaine et tout le bordel... Mais elles se sont toujours faites étriller par ces Chinois pirates qui, eux, ne sont pas des guerriers de salon et qui savent pourquoi ils se battent : leur intérêt et un genre d’existence qu’ils aiment...

Voilà ce que c’était mon mai 68 à moi ! L’Aventure ! J’ai appris bien plus tard, au hasard d’une revue illustrée, à Saigon, Bangkok ou Pnom Pen ce qui se passait en France…

09/05/2006

Oh! Ulysse, tu piques..

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La blogosphère est un peu morose aujourd'hui - actualité sordide oblige - alors pour se détendre un peu, voici Ulysse quelque part sur le Larzac !

01/05/2006

Respectable mesdames ! Non ?

Je reviens de la traditionnelle balade du 1er mai et je crois que j'ai rencontré Ulysse!

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18:35 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (5)

05/03/2006

Le combat des Voraces et des Coriaces

Le combat des Voraces et des Coriaces.

Or donc en ce temps-là le vieux roi cacochyme
Entendait bien gagner en ce combat ultime
Qu’il menait durement contre son chef des flics
Un nain plein d’ambition : Sarconar-le-lombric.

Les chroniques du temps traitent ces avatars
Sous le nom générique de « Guerre des nullards ».
Le nabot la voulait la place du Chichi
Et cela enrageait le vieux roi défraîchi.

Pour contrer Sarconar, il lui mit dans les pattes
En temps que Grand Vizir un fougueux diplomate,
Un bellâtre doublé d’un fringant aristo
Au nom turfiste : Galopin de Ville-aux-Eaux.

Le premier faisait preuve d’un appétit vorace,
Le second se montrait charmeur mais coriace.
L’un jouait du quart-cher, fustigeant la racaille ?
L’autre dynamitait le Code du Travail !

Sarco mettait ses pas dans les pas du Médef ?
L’autre avec ses grands pieds désespérait l’Unef !
Le nabot, irrité, envoyait ses condés
Quand la France-d’en-bas commençait à gronder…

Cessons pour aujourd’hui ce conte atrabilaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhosne
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

(à suivre)