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12/05/2009

De la France à fric au Cap Nègre – Oh ! pardon, au Cap Homme de couleur !

noyade d'émigrés.jpg— Ah ! Je lis dans le canard le drame affreux autant qu’habituel de quelques dizaines d’émigrants africains que la tempête fait plonger pour servir de patapon aux requins, entre l’Afrique et les Canaries. C’est tout de même malheureux que ces pauvres mecs soient obliger de risquer leur peau pour venir vider nos poubelles…
Et je lis en parallèle que « l'ouverture d'une enquête sur les biens détenus en France par les présidents de trois pays africains producteurs de pétrole et pivots de l'influence française en Afrique constitue une "première" judiciaire. Jugeant recevable une plainte de l'organisation non gouvernementale Transparency International France, la juge d'instruction Françoise Desset a ordonné une information judiciaire sur les propriétés, comptes bancaires et limousines détenus par Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) et leurs proches. »

Puteng, ils sont pas tous pauvres dans ces pays ! Il y a longtemps qu’on le sait, mais cette fois, le détail en est donné. C’est comme au Monopoly ! Les mecs, ils achètent les plus beaux immeubles des quartiers les plus huppés, les plus chers de Paris ! Et les concessionnaires Ferrari, Mercedes, Rolls-Royce, Aston-Martin ont la langue qui pendent lorsque les roitelets noirpiots se pointent ! Sans oublier les innombrables comptes en banque !

— Oh ! Victor, ces biens en France ont été achetés pas volés. Sur ces biens immobiliers des taxes et impôts divers sont collectées? Va-t-on aussi faire une enquête et une mise en examen des anciens propriétaires pour recel de détournements de biens publics? Pourquoi ces actions ne sont elles pas menées sur les différents territoires concernés? Depuis quand s'intéresse t-on aux financement des biens achetés en France ? Pourquoi pas sur les nouveaux milliardaires venus de l'Est ? Vraiment du gros n'importe quoi! Vivement une action en justice contre l'état français pour avoir pillé le continent africain !

— T’affole pas Loule et sert-nous plutôt une tournée. Il n’empêche que si les biens achetés en France sont régulièrement payés, c’est l’origine du pognon qui est plus que douteux ! C’est le pognon que ces petits potentats locaux récupèrent sur le dos de leurs peuples auprès des compagnies pétrolières, forestières, cacaoières, cotonnières, arachidières qui pillent l’Afrique. C’est le pognon de la corruption. Mais pour qu’il y aie des corrompus, il faut qu’il y aie des corrupteurs. Celles-ci, ce sont les compagnies que je viens de te dire. Mais les corrompus, ce sont les voyous qui mettent en coupes réglées leur pays, qui bafouent tous les droits de l’homme que tu veux, qui pratiquent le népotisme à grande échelle, qui se taillent des dynasties de père en fils en se camouflant derrière des « élections » auprès desquelles les petites corruptions à la chaussette d’Aldouy à Perpignan sont de la gnognotte.

Et ces gens-là restent en place depuis l’indépendance avec la bénédiction et parfois l’aide militaire active de la France. La Françafrique, c’est la France à fric. Une constante depuis le Foccard de de Gaulle, le Papamadit de Mitterand et tutti quanti. Tu sais pourquoi ? Pour protéger les intérêts de Total, de Bolloré et autres requins qui se goinfrent sur le dos des Africains. Cette collusion entre les dictateurs-goinfres africains et les gouvernants français – quels qu’ils soient – passe par un flot généreux de pognon allant de ces potentats africains dans les caisses des parties au pouvoir.

Voilà pourquoi ce procès n’aura vraisemblablement pas lieu. Le Parquet français – donc Dati, donc Sarko – a fait appel. Cet appel étant suspensif des poursuites, ces affaires seront étouffés. Comme d’hab…

— Et les rois nègres pourront continuer à faire tourner le commerce en France !

— Eh ! Mastroquet de mes deux. On dit pas « nègre », mais homme de couleur !

— Oh ! Victor, tu crois que quand Sarko, il va passer quelques jours sur la Côte-d’azur, chez sa belle-doche, il va au Cap Nègre ou au Cap Homme de couleur !


10/05/2009

La cuisine de l'amour: Katy et les « Dolma yalanci »

bateau istamboul.jpg

Katy

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc
Qui reliait Marseille au pays d’Atatürk
Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,
En voyage de noce elle courait le monde.

Un regard prometteur longuement échangé,
Deux verres de raki, près du bar, partagés,
Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,
Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,
Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés
Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines
Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel
Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

femme au vent.jpg


Les feuilles de vignes farcies

— Le mari de Katy, un pasteur anglican
Pratiquait avec flegme une juste devise :
« Mieux vaut une participation sur un volcan
Que l’exclusivité d’une froide banquise ! »
Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance
De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,
Au hasard des recoins du bateau haletant,
Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,
Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,
Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.
Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,
Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique.
Il connaissait les hommes, les femmes et le péché
Et savait que Katy, sa belle amourachée
Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,
Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…
Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita
Dans un resto flottant, sous le pont Galata,
Il reprit possession, avec verve et humour
De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,
Et la gorge serrée, je dus rendre les armes
Quand Katy me quitta, sans verser une larme…
— Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,
Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !
Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !
Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?
— Un plat oriental, les « Dolma yalanci »,
On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.
Tu fais blanchir trente secondes,
Dans de l’eau bouillante et salée,
Des feuilles de vignes que tu émondes
Des nervures et parties talées.
Tu les sèches sur du sopalin
Et tu te bois un coup de vin.
Tu colores un oignon et de l’agneau haché
Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,
Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,
Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.
Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins
Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,
Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,
Vide ton verre plein et plaints ton verre vide.
Dispose cette farce sur tes portions de feuilles
Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,
Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent
Tu rapproches les bords et tu piques dedans.
Dans le fond d’une poêle, mets ces petits rouleaux,
Un peu d’huile d’olives, un demi verre d’eau,
Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.
C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 36 feuilles de vignes (on en trouve toutes prêtes chez les épiciers orientaux), - 3 gros oignons, - 6 hectos de viande d'épaule d'agneau hachée, - 3 verres de riz, - 3 hectos de raisins secs, - 2 hectos de pignons de pin, - sel, - poivre, - cannelle, - huile d'olive, - cure-dents.

Les vins conseillés:
Ce plat aux goûts très délicats demande des vins rouges sub-tils.
En vins de la vallée du Rhône: Côte-Rôtie, Hermitage, Cro-zes-Hermitage, Séguret, Visan, Puyméras, Faucon, Piégon, Richerenches, Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Valréas, Bourg-Saint-Andéol, Orsan, Saint-Gervais, Ruoms.
En vins du Languedoc: Minervois de Ginestas, Limouzis, Sallèles, Cabrespine ; Saint-Chinian de Ferrières-Pousarou, Murviel-les-Béziers, Vieusan.
En vins de Provence: Bandol évidemment, Côtes-de-Provence de Bouc-bel-Air, Le Beausset, Cabasse; Coteaux-varois de Pontévès, Rocbaron, Sainte-Anastasie.

18/04/2009

Vive la crise ! Bientôt un paquebot « vert » à voile !

eoseas1.jpg


Quand je vous gueule sur tous les toits que le pétrole cher, c’est le pied, ça se vérifie jour après jours. Au rayon bagnole, les gros 4x4 c’est antédiluvien. La technologie du futur, c’est la bagnole électrique et celle à air comprimé de l’ami Nègre à Nice. Et voilà que question bateau nous vient de Saint-Nazaire, des ex- chantiers de l’Atlantique, un projet de navire révolutionnaire à plus d’un titre et qui est pourtant un retour vers le passé : un paquebot de luxe géant à voiles !

Le chantier naval STX (ex-Chantiers de l’Atlantique) présentait il y a quelques semaines à Saint-Nazaire son projet Eoseas : un paquebot à voiles dont la consommation de carburant serait réduite de 50% par rapport à l’existant ! Mise à l’eau prévue d’ici 3 à 5 ans. Issu du programme Ecorizon mené depuis deux ans par STX, Eoseas affiche des mensurations à donner le mal de mer : 305 mètres de long, 3400 passagers, cinq coques, six voiles d’une superficie totale de 12.440 m². Au cœur du dispositif, des voiles semi-rigides qui contribueront à la propulsion du paquebot en fonction de la météo. Ainsi, en vents soutenus, le navire pourrait avancer uniquement sous voile tandis que par vents faibles, les voiles apporteraient 10% de l’apport énergétique du navire.

eosas2.jpg
Le paquebot intègrera aussi près de 1.000 m² de panneaux solaires qui devraient fournir l’ensemble de l’éclairage du navire. Au rayon techniques propres, citons aussi une centrale de gaz naturel liquéfié, un système de traitement des déchets fournisseur d’énergie ou une injection d’air sous la coque pour réduire le frottement de l’eau de 17% et donc la consommation de carburant. En tout, cinq brevets ont été déposés dans le cadre d’Eoseas.

Evidemment, tout cela a un prix. Le navire sera proposé à un prix supérieur de 30% par rapport à un navire traditionnel. Malgré cet handicap, STX espère convaincre les armateurs en rappelant que sur le long terme, l’équation économique plaidera en faveur de son paquebot vert.

Et en plus il est beau !

Sources : http://www.cleantechrepublic.com/2009/03/18/un-projet-de-paquebot-a-voiles-pour-reduire-la-consommation-de-carburant/


16/04/2009

Ça s’est dit dans mon bistrot : « Vive les pirates somaliens, ces bienfaiteurs de l’humanité ! »

pirates abordage.jpg


- Qu’est-ce que t’as à rigoler Victor en lisant le journal ? Y a pourtant pas grand chose de marrant…

- Eh ! Loule, ça dépend comment tu lis les nouvelles. Moi, ce qui me fait marrer, ce sont les exploits des pirates de Somalie. Tout miston déjà, je me délectais des abordages de Surcouf, de Jean-Bart, du Capitaine Drake. Puteng, les bandes dessinées démentes ! Avec des mecs borgnes, boiteux, toujours barbus et coiffés du bandana qui grimpaient avec des grappins sur les galions, en hurlant à pleines bulles. Le pavillon tête de mort qui flottait en haut du mat. Les nuages de poudre, les cris dans les bulles, les sabres qui s’enfoncent dans la viande des marchands… Le pied ! Et ces histoires de Somalie, ça me fait rêver. Henri de Monfreid, la Croisière du haschich… Ouarff ! L’aventura ! Toute ma jeunesse. C’est comme ça…

- Ouais, mais le pauvre mec qui s’est fait flinguer sous les yeux de sa femme et de son gosse…

- Maurin, notre ineffable ministre, a dit que ce pouvait être une bavure… Il n’empêche qu’en la matière, on est les champions des otages tués ! On vient d’être battu 3 à 2 par les Ricains pour les pirates flingués, mais on peut faire mieux !

- C’est pas assez. Faut tous les rafaler ces connards de pirates…

- Oh ! Loule, tu parles bien comme un mastroquet. Qui veux-tu flinguer ? Et comment ? En plus, les pirates, ils n'ont tué personnes, eux, jusqu'à maintenant!

Regardes, il y a sur place toutes les marines du monde. Nous, bien sûr, mais aussi les Zétazuniens qui font jamais dans la dentelle, les Rosbifs, les Allemands, même les Chinetoques et les Indiens ! C’est l’ONU des bateaux de guerre ce détroit et ce golfe. Ils se marchent dessus et…ils sont incapables de protéger les navires de tous les marchands de merde du monde !

- Tu parles, ils iraient bombarder les villages de ces crapules et ce serait vite fait ! Il ne sert à rien de se défendre contre ces pirates. Il faut les pirates astérix.jpgattaquer, bordel ! Leurs bases sont bien identifiées. Elles sont en Somalie, pays de non-droit, sans véritables gouvernants, et voué à tous les trafics. Un bombardement massif et coordonné de quelques pays occidentaux s'impose donc. Avec quelques centaines de morts parmi les pirates et la destruction de leurs bateaux et armements, la leçon devrait porter ses fruits et les occidentaux auraient gagné la tranquillité pour vingt ans au moins.

- Eh ! Il y a 3.000 km de côtes rocheuses avec plein de petites criques où peuvent se planquer les pirates. Il y a des milliers de bateaux de pêche. Alors comment on fait ? On napalme tous les villages de pêcheurs ? On coule toutes les coques de noix, tous les boutres ?

- Ouais mais quand un navire est attaqué, faut y aller et flinguer !

pirates astérix.jpg- Flinguer… T’as que ce mot à la bouche. Mais bougre de nifle, c’est grand comme la Méditerranée ! Il y a beau avoir des bateaux de guerre partout, lorsque le capitaine d’un barlu attaqué appelle, le temps que les secours arrivent, les pirates sont maîtres du bateau et menacent de flinguer – un mot qui te plait ! – les otages ! Alors comment on fait ? Un carnage ? Et puis attend, ils ont changé de vitesse les mecs. Les premiers « pirates » sont apparus dans les années 1990 : il s'agissait alors de pécheurs somaliens ruinés par la pèche industrielle illégale à laquelle se livraient les flottes sud-coréenne et japonaise, profitant de l'absence d'Etat somalien pour pénétrer impunément dans ses eaux territoriales.

Ces pécheurs ont commencé par attaquer ces connards de navires étrangers et par exiger le paiement de « taxes » compensant leur manque à gagner… Une autre explication mise en avant est le rejet de déchets toxiques dans les eaux somaliennes, là encore en raison de l'absence de contrôles.

Depuis, la piraterie a changé d'échelle, s'appuyant sur de véritables armées, bien équipées, munies de téléphones satellitaires pour leurs communications, et d'embarcations hyper rapides pour fondre par surprise sur leurs proies avant de regagner des « navires mères » ressemblant à de paisibles chalutiers ! Ni vu ni connu. Et pendant ce temps, le bateau piraté est conduit vers les côtes somaliennes sous le regard impuissant des matafs de guerre, la cargaison vendue ou échangée contre rançon. De quelques dizaines, les pirates sont devenus des centaines, et sans doute des milliers. Et les « amendes » de quelques milliers de dollars sont devenues de véritables rançons de plusieurs millions. C’est la première industrie de la région !

- Mais puteng Victor, c’est du vol tout ça !

- Tout de suite les grands mots. C’est du commerce, c’est une forme originale de commerce. Toi Loule, un patron de bistrot, tu devrais connaître ça, non ? Tè ! Remets une tournée… Et puis je vais te dire : ces pirates sont quelque part des bienfaiteurs de l’humanité et des sauveurs de la planète !

- Oh ! Victor, c’est le rosé de Tavel qui te fait déparler ? T’as la tarnavelle qui fume ou quoi ?

pirates tête de mort.jpg
- Pas du tout. Réfléchis un peu, Loule, ça te changeras. D’abord voler des voleurs, c’est pas du vol, c’est de la récupération. Ensuite, le Golfe d'Aden, situé entre Somalie et Yémen, est la voie de passage entre l'Océan Indien et la Mer rouge, l'un des axes maritimes clé de la planète. C’est le débouché obligé du canal de Suez, c’est le passage de 20.000 à 30.000 navires par an, et surtout d'un tiers des hydrocarbures consommés sur la planète ! En gênant ce trafic, les pirates font œuvre utile : - ils freinent l’arrivée du pétrole (c’est bon pour la planète !), ainsi que des milliers de tonnes de merdes venant de Chine ou d’Inde qui sont la cause des fermetures d’usines chez nous. De plus les assureurs - qui doivent, en fin de course, casquer pour ces cargaisons volés, ou détériorés lorsqu’il s’agit de consommables – augmentent considérablement leurs primes. La Lloyd fait pas de cadeau, c’est pas le genre de la maison ! Les équipages se font rares et chers. Tout ça a pour effet d’augmenter sensiblement le prix des marchandises venues par mer. Et à terme de rendre ainsi de nouveau rentables les produits de chez nous, freinant d’autant les délocalisations !

- Puteng ! Merde Victor, je voyais pas les choses comme ça. Mais où tu vas trouver tous ces trucs ?

- Dans le rosé de Tavel et le rouge des Côtes-du-Rhône !

- Tè ! Tu m’as convaincu. Vive les pirates ! Allez zou ! les mecs, approchez vos verres, c’est la tournée du patron !

30/03/2009

Sarkonnerie : pour eux pas de pognon, pour d'autres c'est pas pareil...

écoliers en colère.jpg


Il y a quelques semaines, notre cher volatile palmipède enchaîné nous apprenait que Sarko s’intéressait personnellement au sort des pauvres enfants d’expatriés voulant téter hors de France le bon lait de la culture françouaise. Lorsque l'on sait que P'tit Louis (le dernier rejeton Sarkozy) serait scolarisé depuis septembre à Doha au Qatar , l'article s'éclaire d'un jour nouveau !

Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarko veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160.000 élèves y sont scolarisés, dont 80.000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5.500 euros l'année à Tokyo, 6.500 à Londres, 15.000 à New York et 17.000 euros - le record - à San Francisco.

Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65.000 euros par an - pas vraiment le smic - pour décrocher 4.500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande expresse de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite.

« J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français. » Encore merci !

Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expatriés si l'Etat régale ?

Un coût qui fait boum ! Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du « Canard ». D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an !

Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est-il lancé là-dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, P’tit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha... Et il va falloir payer ! Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus « inconvénients ». Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle... mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n'en veut pas. « Je tiens beaucoup à la gratuité », s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !C'est vrai que ça représente un beau petit paquet de voix tous ces gens!

Tout va bien. Surtout pour certains. Est-ce qu'on va leur enseigner que la nuit du 4 août 1789, c'était l'abolition des privilèges à ces rejetons de riches ?

Il n'y a plus de pognon ? Tè ! Fume !

27/02/2009

M’ame Michu et M’ame Chazotte : « Le Djack va à Cuba ! »

vamps.jpg


- Eh ! M’ame Michu, qu’est-ce que c’est que ces manières de tortiller du cul ? Et de mettre un fichu genre antillais ? Vous partez au carnaval de Rio ou quoi ?

- Ben presque M’ame Chazotte ! Presque ! C’est à cause de Jacques Langue.

- De qui ?

- Jacques Langue ! Ben oui quoi ! Faut sortir un peu M’ame Chazotte ! Faut sortir ! Jacques Langue c’est ce bel homme, un peu ranci maintenant bien sûr, çui qu’a inventé la fête de la musique !

- Ah ! Vous voulez parler du « Djack » ! Jack Lang ! L’embrayage…

- Pourquoi l’embrayage ?

- Ben c’est la pédale de gauche, non ?

- J’sais pas, j’ai pas le permis. Mais ch’uis contente, parce qu’il va à Cuba. Moi j’ai toujours rêvé de Cuba, des beaux pêcheurs noirs, des cigares et des danses lascives…

- Ben vous alors, je vous y vois bien à Cuba ! De quoi faire fuir la moitié de l’île et éclater de rire l’autre moitié… Votre Jack, y a longtemps que ça le démangeait de retrouver un hochet ! Sarko s’y est pas trompé ! Il lui a tendu un petit os et l’autre chihouahoua, le voilà qui fait le beau ! « Ouah ! Ouah ! Oh ! Qu’il est beau le Djackou à son pépéère ! Viens voir Carlita comme il se roule à mes pieds ! » Le Djack, il est habitué à jouer le petit télégraphiste à Sarko ! Déjà l’an dernier, il est allé porter une bafouille d’excuses du Nano Timonier au roi du Yemen que Sarko avait un peu roulé dans la merde.

- Ben ça y ait de beaux voyages à monsieur Jacques Langue…

- Ben, voyons, c’est nos impôts qui paient ! Il est allé porter au Lider Maximo une bafouille du Lider Minimo ! Et accessoirement faire un peu de tourisme… Pourquoi pas ! Cuba, faut y aller. Ne serait-ce que parce qu’ils tiennent tête à ces cons d’Etazuniens depuis un demi siècle ! Et puis, ainsi, le Djack, il libère le territoire…

- Tout de même, monsieur le Mari de Carlita, il sait être généreux avec ceux qui l’aident...

- Ben faut bien qu’il remercie celui qui a fait passer par sa seule voix, la réforme des institutions à Sarko. Le Djack, il peut ainsi s’inscrire au Ganelon’s Club où il va retrouver Besson, Kouchner, Allègre, Bockel et autres.

- Qu’est-ce qu’ils ont en commun ces gens du Ganelon’s Club, M’ame Chazotte ?

- Ben ils ont de la peau morte sur la langue à force de lécher le cul du Sarko !
sarkolang.gif



04/02/2009

Bientôt une nouvelle DS ? Youpi ! Happy Hippie Time !

JVJ Ds en Turquie.JPG

Ouarff ! Paraît qu’ils vont refaire une neo DS ! Le pied ! La DS, la vrai, a été le summum de la bagnole. Depuis, on n’a pas fait mieux.

Puteng ! Souvenirs, souvenirs…

J’en ai usée trois. Rien que des DS, pas des ID, celle-ci n’étant qu’un ersatz.

Sièges couchés, c’est un vrai cent quarante. Un champ de tir, un piège à fille extraordinaire. Avec le petit levier à vitesse, idéal pour accrocher la petite culotte… Ouarfff !

Je suis allé jusqu’en Inde deux fois en bagnole (et cinq autres fois en stop et avec les moyens de transports locaux), la première fois avec une Deuche, la deuxième avec une DS21 ! Avec une super nana. On dormait dans la bagnole. Elle faisait ses ablutions intimes…dans l’enjoliveur ! On a traversé ainsi la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan puis l’Inde. Atcha ! Atcha !

C’était la grande époque hippie… Le monde était à nous…

Les petites tchaïrana le long de la piste, avec la bouffarde chargée qui tourne… Chez Yenner à Istamboul, Célèbre dans le monde entier. Sans conteste possible le resto d’Istamboul le plus connu au monde. Une gargote plus ou moins chaude, à base de fayots, d’aubergines et de poivrons nageant dans du gras. Des prix plus chers qu’ailleurs dans le quartier Sultan Ahmet, j'ai vérifié... Seulement, il y avait Yenner... Pour le Voyageur qui arrivait à Istamboul paumé, fatigué, avec la crasse au corps et la faim aux tripes, qui devait se méfier des flics, des Turcs qui cherchent toujours un moyen de t'entuber, la gargote à Yenner, c’était le paradis.

JVJ & sadou.JPGPuteng ! Ankara (bidon), Erzerum, le mont Ararat qui fait frontière avec l’Azerbaïdjan et l’Iran… Téhéran, Ispahan, Tabriz. Puis Hérat, Kandahar, Kaboul… Tout un hiver à Kaboul, au Bamyam Hotel. Bamyam où j’ai dormi dans la grotte qui était juste en dessous des gigantesques statues bousillées par ces crevures de talibans de merde… La Kyber pass… Peshawar… L’atmosphère pénible du Pakistan où les femmes, comme en Afghanistan vivent dans leurs cages de tissus…Puis enfin la bouffée d’air pur de l’Inde après les pays muslims. Avec ces femmes superbes, super sexy dans leurs saris, ondulant du cul comme des reines… Goa et ses plages blanches polynésiennes où vivaient, à poil, 5 à 6.000 hippies, dont la moitié de nanas belles, libres et ouvertes, très ouvertes…

Merde j’arrête, ça me donne le tracsir ! Nostalgie... Nostalgie...

Tout ça pour parler de la DS ! Où ça mène… Avec cette bagnole, j’ai roulé sur trois roues pendant cinquante bornes! Il m’est arrivé de crever (et de réparer)17 fois dans la journée ! Alors s’ils en font une nouvelle, j’achète ! Ollé !

08:18 Publié dans actualités, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ds, voyage, nostalgie

16/01/2009

En picolant mon blanc…SNCF : Service Nul pour les Cons de Français !

bistro.jpg
- Oh ! Loule, remet une tournée de blanc, c’est la mienne.

- P’ting ! T’as gagné au morpion Ch’ois ?

- Non mais j’arrose le changement de nom de la SNCF. Tè, Tatave va nous raconter…

- Ah bon ! C’est quoi ça. Moi qui suis cheminot, ch’uis pas au courant…

- Ben, avant SNCF, ça voulait dire Société Nationale des Chemins de fer Français…

- Et maintenant ?

- Maintenant ça veut dire Service Nul pour les Cons de Français.

- Je te vois venir toi, tu vas encore m’allumer sur les grèves, les retards et tout le bintz. Mais, oh ! Ça te brancherait toi de te faire insulter, cracher dessus, taper sur la gueule parce que tu fais ton travail ?

- Evidemment…

- Ben, la grève à Saint-Lazare comme à Marseille, c’est pour ça. Alors rengaine tes sarcasmes et paye moi un blanc !

- Et vos conneries de caténaires qui pétent de longue, c’est quoi cette magouille ? Tu vas pas me dire que toi tu gobes les embrouilles sur les soi-disant sabotages par de « dangereux » ultra gauchistes éleveurs de chèvres ?

- Il y a urgence pour remplacer les caténaires défectueuses. Mais qui va payer les 400 millions d'euros nécessaires? Mille agents ont, déjà, patrouillé sur l'ensemble des lignes, mais faut savoir que la limite d'usure du fil de contact est beaucoup plus poussée en France que dans les pays voisins. On les use jusqu’à la corde ! Par ailleurs, les investissements affectés, aujourd'hui aux caténaires sont consacrés majoritairement à l'entretien (155 millions d'euros sur les 191 millions de l'enveloppe). Il reste pas grand chose pour les remplacements : 700 kilomètres par an seulement, sur les dizaines de milliers de kilomètres du réseau, t’as qu’à voir… La facture globale devrait avoisiner les 400 millions d'euros, dont une très grande partie devra être payée par Réseau Ferré de France (RFF) qui , depuis 1996, a la charge de l'entretien des lignes ferroviaires. C'est bien là où le bât blesse. Réseau Ferré, plombé par une dette de 28 milliards d'euros (héritée de la SNCF), n'a pas les moyens d'empiler les nouvelles dépenses.

train Dubout.jpg- Le pognon, c’est pas ce qui manque à la SNCF. Avec les tarifs à la gueule du client que vous pratiquez ! C’est vrai que toutes les thunes, vous les foutez dans votre putain de TGV. Et pour les trains de banlieue et les trains de cambrousse, peau de zob ! Que dalle. Tè ! Moi qui suis un gros fainéant robuste, à la bonne saison je prends mes quartiers d’été en cambrousse, au fond du Gévaudan. Je prends donc la ligne qui passe par le massif central, de Nîmes à Clermont et Paris par Alès. Enfin, je prenais, car ils menacent de la supprimer… Un bonheur ce petit train. Aussi rapide que l’auto, moins cher, plus confortable, plus sûr.... Baguenaudant parmi les vaches, j’entendais arriver le convoi qui sonnait joyeusement avant chaque passage à niveau, avant chaque arrêt, avant chaque tunnel. Le conducteur me saluait, la ou le contrôleur se faisait une joie de me montrer la belle machine portative pour délivrer les billets. Et débutait un voyage somptueux entre forêts à cèpes, prairie à vaches, ravins vertigineux et petits villages. Soixante trois tunnels et une bonne vingtaine de viaducs tous plus beaux les uns que les autres témoignaient de l’ingéniosité des servants de jadis de Madame Hessaincéhèfe…

- C’est pas encore fermé. D’autant plus que les régions et les départements crachent au bassinet ! Mais toi et les autres usagers, au lieu de me gonfler les aliboffis à moi, simple lampiste, manifestez avec nous ! Gueulez ! Ecrivez à Pépy !

- T’as raison Tatave je vais écrire au Pépy. En parlant de ça, moi, de parler, ça me donne…la pépie ! Zou, Loule, remets une tournée !


Amis blogueurs, vous pouvez, évidemment, reprendre mes textes, poésies, coups de gueule et autres élucubrations, mais merci d’avoir le « fair play » de citer la source et de mettre un lien : http://lesaliboffis.blogs.nouvelobs.com
Merci


27/12/2008

Chronique de la connerie ordinaire : En Tanzanie, y a pas bon être black blanc !

albinos.jpgDes albinos, vous en avez fatalement croisés, rencontrés. Ce sont ces gens victimes d’une maladie génétique qui se caractérise par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux, des yeux due à l'absence de mélanine (et pas la mélamine, poison réservé par des margoulins chinois au lait des bébés !). Les albinos ont une vision déficiente et sont sujets à des cancers de la peau s'ils ne sont pas protégés du soleil.

L’albinisme existe en Europe et en Amérique du Nord, où il touche une personne sur 20 000, mais il est bien plus répandu en Afrique. Selon une étude, le taux d’albinisme est de 1 pour 4 000 en Tanzanie, où les albinos seraient près de 370 000. Le cancer fait des ravages chez eux, et si les albinos peuvent espérer vivre jusqu’à un âge avancé dans les pays développés, ils dépassent rarement les 40 ans en Afrique.

Ce n’est nulle part facile, lorsqu’on est « différent », de vivre sous le regard curieux des autres. Mais ça devient franchement cauchemardesque en Tanzanie si l’on en croit Al-Shaymaa Kwegyir, une parlementaire tanzanienne elle-même albinos. Victimes de croyances et de préjugés, les membres de cette “communauté” vivent dans l’angoisse d’être assassinés et transformés en amulettes. Les autorités commencent à peine à s’en préoccuper.

Al-Shaymaa Kwegyir n’y va pas avec le dos de la cuillère : « La famille d’une femme appelée Salma lui a dit d’habiller son bébé, une petite fille, tout en noir et de le laisser tout seul dans une case. “La maman ne comprenait pas pourquoi mais elle a obéi aux anciens. Quelques heures plus tard, des inconnus sont arrivés et sont allés droit à la case. Ils ont coupé les jambes de l’enfant à coups de machette. Puis ils lui ont tranché la gorge, ont versé le sang dans un pot et l’ont bu.” La Tanzanie a connu au moins 29 meurtres d’albinos depuis un an, et Al-Shaymaa Kwegyir, qui est elle-même albinos, est devenue l’une des personnalités politiques les plus engagées sur la question. Elle a prouvé que les tueurs, qui travaillent pour des sorciers, pratiquent le cannibalisme et revendent des morceaux de corps pour fabriquer des amulettes.

Les acheteurs, qui viennent parfois de République démocratique du Congo, du Burundi, du Kenya et d’Ouganda, sont convaincus que les jambes, les parties génitales et les cheveux des albinos leur permettront de devenir riches instantanément. La plus jeune victime à ce jour avait 7 mois. Al-Shaymaa Kwegyir, 48 ans, a rencontré Salma dans son village, dans le district de Mwanga, près du Kilimandjaro. “C’est le premier cas de cannibalisme recensé mais, pour les autres aspects, c’est un exemple classique. Un membre de la famille étendue qui a des liens avec un sorcier organise l’enlèvement ou l’assassinat. Ces meurtres sont inspirés par l’ignorance et la cupidité. Une main d’albinos se vend 2 millions de shillings (1 220 euros)”, explique-t-elle.

Un quotidien local a rapporté l’arrestation d’un pêcheur du lac Tanganyika. accusé d’avoir tenté de vendre sa femme albinos, âgée de 24 ans, pour 3,6 millions de shillings.

Un autre article évoque le cas d’un homme arrêté à la frontière avec un sac contenant une tête de bébé. Il a déclaré à la police qu’un sorcier tanzanien lui avait proposé de le payer au poids.

Plus de 170 personnes, essentiellement des sorciers, ont été arrêtées en Tanzanie cette année. Cinquante-trois sont en détention.

C’est pourri, c’est dégueulasse, mais ne faisons pas d’angélisme et ne nous drapons surtout pas dans nos préjugés : il y a quelques siècles, le sort des lépreux en Europe n’était guère plus enviable…

Il n’empêche, la connerie humaine est vraiment la seule approche qu’on puisse avoir de l’infini.

http://www.courrierinternational.com


28/11/2008

Le feu dans la région la plus dangereuse du monde.

attentats bombay 1.jpgPuteng ! Bombay… Le Taj saccagé, incendié. Des pauvres mecs massacrés dans un hôpital. Des rafales dans la foule à la grande gare, Victoria station je suppose. Carnage. Cris de souffrance d’innocents martyrisés. Hurlements de terreur. Panique. Foule qui court sous la grêle de balles. La guerre.

Bombay, ville superbe où j’ai vécu de longs mois merveilleux. Où j’ai été heureux. C’était dans une autre vie… Entre deux guerres indo-pakistanaises. Alors tout ce qui touche à cette ville me fait mal…

Comment en est-on arrivé là ?

Lorsque je vivais dans cette ville, c’était à l’époque où la plus grande démocratie du monde était gouvernée par le parti du Congrès, héritier direct de Gandhi. Bien sûr la pauvreté était omniprésente, obsédante. Bien sûr les inégalités étaient criantes. Bien sûr l’ostracisme inter castes était révoltant. Mais l’Inde était laïque, tolérante, ouverte, accueillante à l’étranger. C’était un monde merveilleux à découvrir, dans lequel s’immerger, où l’on pouvait se perdre ou se sauver…

Hélas, cette Inde là est morte. Les gouvernements successifs se sont rapprochés des thèses de l’extrême droite au niveau politique et de l’ultra libéralisme sur le plan économique. L’Inde a ainsi tourné le dos aux idéaux de l’indépendance : laïcité, tolérance. Elle s’est laissée entraîner dans une spirale de rivalités inter religieuses débouchant sur des affrontements sanglants. Tu me brûles un temple de Vishnou, je te brûle une mosquée… Elle traite sa minorité musulmane – forte de 150 millions de personnes, la deuxième au monde après l’Indonésie – comme des citoyens de seconde zone. Elle laisse l’extrémisme hindou se développer jusqu’à fermer les yeux sur des pogroms antimusulmans mais aussi antichrétiens oubliant ainsi que son histoire et sa culture ont toujours été façonnées par les relations plus ou moins pacifiques, mais incontournables entre hindous, musulmans et aussi, à moindre titre chrétiens.

Le décollage économique spectaculaire de cette Inde-là exclut bien du monde, créant ainsi le terreau d’une radicalité qui s’exprime dramatiquement depuis quelques années et éclate à la face du monde aujourd’hui.

Le fascisme vert islamiste n’a plus qu’à y travailler une jeunesse frustrée pour façonner une inépuisable source de desperados fanatisés. Avec la mort aveugle, lâche, stupide au bout…

Et l’obscurantisme et l’arriération genre taliban en point de mire sur tout une partie de cette Asie brune : Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, et maintenant Inde.

Avec en arrière plan la terrible menace…de La Bombe !

21/07/2008

Corsica bella!

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Ah ! La Scala di Santa Regina, quel lieu sauvage entre tous ! Vous ne connaissez pas ? C’est en Corse évidemment. Ça veut dire l’Escalier de la Sainte Reine. Un passage étroit creusé par le fleuve Golo à travers une montagne aride, sauvage, avec une pauvre végétation rabougrie et plaintive essayant de subsister parmi les escarpements verticaux. C’est la splendeur de la roche rongée par l’opiniâtreté de l’eau, clivée et emportée par les glaces millénaires, avec cet émiettement, cette grandeur dévorée, cette immensité de trous et d’escarpements, cette ruine fondamentale qu’est la montagne. De gigantesques falaises de pierres couleur de sang tombent par des à-pic vertigineux vers les cascades du torrent qui gronde et écume de colère entre les parois resserrées. C’est un endroit qui glace de terreur les plus courageux quant la tempête se déchaîne, que les éclairs strient la gorge de lueurs blêmes et que l’énorme fracas du tonnerre explose et roule entre les murailles de rocs tandis que toute l’eau du ciel s’abat en cataractes. La légende dit d’ailleurs que le diable les habite parfois...

Vous connaissez cette vieille légende corse ?
Non ?

Bon. Je vais essayer de vous la raconter.

Il y a bien longtemps, dit la légende, le haut pays n’était pas comme ça. On pouvait y vivre, y travailler. Un jour, Saint-Martin — un grand brun, costaud, avec une épaisse moustache noire — qui était en train de labourer dans la basse vallée du Golo, se trouve face à face avec le Diable ! Oui ! Le Diable ! Une grande forme noire, velue, avec des pieds de bouc, une queue de dragon, des cornes longues d’une coudée, des yeux de sang, des narines fumantes et la bave à la gueule. Tout autre que Saint-Martin serait mort de peur, mais celui-là était un solide. Il se querelle avec le Diable qui lui reprochait de ne pas tirer ses sillons droits ! « Vade retro, Satanas ! » lui dit-il (forcément ! ‘est comme ça qu’on dit toujours quand on voit le diable !) en brandissant sur lui sa charrue en forme de croix. Mais il en faut plus pour effrayer le Diable ! Il attrape la charrue du pauvre Saint-Martin et, d’une formidable poussée, la lance vers le haut de la vallée du Golo. Aussitôt, c’est un cataclysme terrible. La terre gronde, tremble et s’ouvre. La montagne se fend en masses croulantes, éclate en blocs pulvérulents dans des exhalaisons de soufre. Des rochers énormes, des pyramides de granit, projetés par des forces fantastiques s’amoncellent en un infernal chaos minéral tandis que s’ouvrent des gouffres livides. Le fleuve — au débit multiplié par mille — bondit furieusement parmi les accumulations de roches, détruisant tout sur son passage. Le ciel, soudainement obscurci, se zèbre de fantastiques éclairs dans un grondement d’apocalypse. La férocité des vents pulvérise toute vie végétale.

Saint-Martin, malgré son épouvante, se jette à genoux et prie avec ferveur la Sainte Vierge. Aussitôt, les falaises de granit s’ordonnent de façon à contenir le terrible fleuve et à ouvrir un passage vers les hautes terres jusque là enclavées du Niolo. Puis tout se calme et, sous un soleil neuf, une aube cristalline de paix cosmique retrouvée marque le triomphe du Bien sur le Mal.

Le saint donna alors à ce passage le nom de Scala di Santa Regina : l’escalier de la Sainte Reine !

Vous n’y croyez pas ? Moi non plus, mais c’est joli, alors c’est pareil !

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21/03/2008

Mon mai 68 ? Dans le Triangle d’or !

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C'est mézigue...

- Ta, ta, ta... tiouu, tiouu, tiouu !

Ça y est, ils nous tirent dessus les cons ! Manquait plus que ça ! La rafale de mitraillette a fait gicler la flotte sur l'avant de notre radeau de bambou. L’un des bambous a éclaté sous l'impact... Sans rien piter au charabia des mecs qui font l'ouverture de la chasse sur notre paquebot, nous comprenons vite que ça veut dire HALTE ! Et qu'on nous intime l'ordre express de nous arrêter. Tu parles... On se le fait pas dire trois fois ! On a quand même du mal à manœuvrer notre radeau de bambous à cause du courant de la Nam Kok, assez puissant à cet endroit.
Ca faisait deux jours que nous descendions les gorges de cette rivière de montagne, sur le radeau que nous avaient fabriqué des “Karennes ” d'une tribu chez qui nous étions restés quelques temps.

La Nam Kok, elle coule quelque part dans les jungles de montagne d'une région aux frontières indéfinies, au nord de la Thaïlande, aux confins de la Birmanie, du Laos et de la Chine du sud. On sait jamais où on est, et à Bangkok, c’est considéré zone d'insécurité. Pas trop de touristes dans le coin...

Nous les avions vus, les troufions, au coude la rivière. Y en avait quelques dizaines, à poil, en train de déconner joyeusement et de se baigner, rive droite. Il y avait des chevaux, des mulets aussi... Ils nous avaient pas vu tout d'abord les mecs, vu qu’on glissait silencieusement le long de la rive gauche, sous une voûte végétale ombragée. Mais nous, nous avons vite vu le village investi par des troufions en armes, une centaine peut-être... Une petite île nous a planqués pendant quelques instants à la vue des mecs, puis le courant nous a repoussé en plein milieu de la flotte, sous le soleil... C’est là que les sentinelles qui surveillaient l'aval de la rivière nous ont repérées, et qu'elles nous ont défouraillées dessus.

Merde. Qu’est-ce qu'il va se passer ? Ils ont pas l'air commodes les mecs ! Ils rigolent plus... Nous non plus ! Putain ! Ils sont armés jusqu'au dents. Ça va de la traditionnelle U.S.30 aux mitrailleuses lourdes ! Avec des mecs la poitrine barrée d’énormes bananes de cartouches. On se croirait au Mexique ! Puis ils ont pas l'air déguisés, comme les troufions thaï ou lao, qu’on a l'habitude de voir. Des treillis de toute provenance, délavés mais en état. Des godasses de basket aux panards… Les mecs du village, des Méos, sont parqués sur un terre-plein. Les hommes d’un côté, les fumelles et les lardons de l’autre. Ça chiale chez les fumelles... Au fond du village, y a une hutte calcinée qui a cramé récemment.

Nous débarquons tant bien que mal, sous les regards des troufions. On nous amène à celui qui semble être le chef. Pas de galons, mais c’est vite vu. Grand, maigre, osseux, la quarantaine environ, petite moustache à la Errol Flynn sous le blair, stick à la main. Il a l'œil à tout. Il prend nos passeports, vérifie nos noms, nos gueules et fout nos papelards dans sa poche. Très correct le mec. Mais ferme. Il nous dit de rester là jusqu'a nouvel ordre. Comme il parle quatre mots d'anglais, on en profite pour lui demander quelles forces lui et ses mecs représentent.

- “ Kuomingtang ” qu'il nous répond laconiquement...

Eh bè ! Ça y est ! Nous les tenons nos Kuomingtang ! Ou plutôt ils nous tiennent... On connaissait vaguement leur existence quand on est monté sans cette région, mais ça restait nébuleux...

Quand le petit père Mao a flanqué la grande pâtée à son confrère Tchang Kaï Tcheck, en 48, y a toute une armée du Kuomingtang, celle du Yunnan, en Chine du sud qui a rien voulu savoir. Les troufions ont pas voulu se rendre aux rouges et n'ont pas voulu non plus se replier sur Formose. Ils ont pris le maquis ou plutôt la jungle avec armes et bagages. Des milliers de troufions, avec encadrement et tout. Au début, ils ont continué à faire chier les mecs à Mao, mais à la longue, quand ils ont compris que c’était pas demain qu’ils feraient marrons les Camarades, ils ont changé d’objectifs. Et depuis ils travaillent pour leur propre compte. Ils sont les véritables maîtres des montagnes, se foutent complètement des frontières et ont la haute main sur le trafic des armes, de l'or et de l'opium entre la Birmanie, la Thaïlande du nord, la Chine sud et le Laos.

Les armées régulières lao ou thaï ont bien essayé des opérations conjuguées pour les déloger, avec l’appui de l’aviation ricaine et tout le bordel... Mais elles se sont toujours faites étriller par ces Chinois pirates qui, eux, ne sont pas des guerriers de salon et qui savent pourquoi ils se battent : leur intérêt et un genre d’existence qu’ils aiment...

Voilà ce que c’était mon mai 68 à moi ! L’Aventure ! J’ai appris bien plus tard, au hasard d’une revue illustrée, à Saigon, Bangkok ou Pnom Pen ce qui se passait en France…

09/05/2006

Oh! Ulysse, tu piques..

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La blogosphère est un peu morose aujourd'hui - actualité sordide oblige - alors pour se détendre un peu, voici Ulysse quelque part sur le Larzac !

01/05/2006

Respectable mesdames ! Non ?

Je reviens de la traditionnelle balade du 1er mai et je crois que j'ai rencontré Ulysse!

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18:35 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (5)

05/03/2006

Le combat des Voraces et des Coriaces

Le combat des Voraces et des Coriaces.

Or donc en ce temps-là le vieux roi cacochyme
Entendait bien gagner en ce combat ultime
Qu’il menait durement contre son chef des flics
Un nain plein d’ambition : Sarconar-le-lombric.

Les chroniques du temps traitent ces avatars
Sous le nom générique de « Guerre des nullards ».
Le nabot la voulait la place du Chichi
Et cela enrageait le vieux roi défraîchi.

Pour contrer Sarconar, il lui mit dans les pattes
En temps que Grand Vizir un fougueux diplomate,
Un bellâtre doublé d’un fringant aristo
Au nom turfiste : Galopin de Ville-aux-Eaux.

Le premier faisait preuve d’un appétit vorace,
Le second se montrait charmeur mais coriace.
L’un jouait du quart-cher, fustigeant la racaille ?
L’autre dynamitait le Code du Travail !

Sarco mettait ses pas dans les pas du Médef ?
L’autre avec ses grands pieds désespérait l’Unef !
Le nabot, irrité, envoyait ses condés
Quand la France-d’en-bas commençait à gronder…

Cessons pour aujourd’hui ce conte atrabilaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhosne
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

(à suivre)