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21/05/2017

L'alose. Je viens d'en cuisiner huit !

imageAlose.gif

En voici la recette, à ma manière :

 

L'alose d'Avignon comme ma mère

 

- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient «la princesso dou Rose»

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avec le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

- Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?

- Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-Rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux.

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vrai, en fonte!

Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C'est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l'huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuit-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable!

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

cuisine

 

 

06/05/2017

Eh ! Oh ! Il n'y a pas que les élections !

jupes qui volent 2.jpg

 

Il y a aussi les érections !

C'est le printemps !

Ah ! Que reviennent les petites robes légères et les jupes !

Les beaux jours qui arrivent vont-ils battre enfin en brèche la dictature du pantalon et voir le retour de la jupe et des petites robes d'été ?!

Les femmes – LA FEMME – sont devenues des hommes comme les autres, nous présentant de la fesse uniformisée, sanglée dans ces affreux bleu-de-chauffe que les Nîmois inventèrent naguère et vendirent aux massacreurs d’Indiens étasuniens.

Je ne nierais pas l’intérêt que présente un beau joufflu ondulant dans un de ces « jeans » présentoirs…

Je ne cracherais pas sur la valeur hautement suggestive d’un falzar taille basse laissant dépasser la dentelle élastique d’un string affriolant…

Mais la petite robe vaporeuse, et la jupe !

Où danse le valseur.

D’où s’échappent des jambes dorées.

Où s’enfoncent des cuisses finement gainées de soie ou de nylon.

La robe légère qui se soulève sous le souffle complice d’un mistral grivois, dévoilant l’espace d’un instant béni des rondeurs fugitives.

La jupe qui se relève sur des jambes que la belle croise et décroise, révélant parfois l’éclair blanc d’une petite culotte. Où le sombre mystère de tous les désirs.

Et la mini-jupe, ce sommet de l’érotisme lorsqu’elle est associée au seigneur porte-jarretelle !

Rêves, rêves, rêves…

Eh! Comme disait l'autre : « C'est encore la maman qui va en profiter ! »

 

printemps

Photo X - Droits réservés

 

01/05/2017

Premier mai. Je paresse, tu paresses, ils paraissent !

coq tricolore.jpg

 Les États-Unis, années 1880, la colère gronde dans un monde ouvrier soumis à des cadences de travail harassantes, 12h, parfois 14h par jour. Le 1er mai 1886, début de l'année comptable des entreprises, une grande manifestation est organisée par les syndicats de Chicago. La grève s'étend bientôt au pays tout entier et la mobilisation est telle que le mouvement obtient satisfaction : la journée de travail est réduite à 8h, mais non sans perte. Plusieurs ouvriers de la fabrique McCormick à Chicago trouvent la mort dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Sur l'une des tombes sont gravés ces quelques mots : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".

De l'autre côté de l'Atlantique, la IIème Internationale socialiste se réunit à Paris, en 1889 pour le centenaire de la Révolution française et décide d'organiser tous les ans, dans tous les pays et à date fixe, une grande manifestation ouvrière. Ici aussi, la journée de 8h (mais toujours 5 jours par semaine) est la principale revendication. Et c'est la date du 1er mai qui est retenue, en souvenir des manifestations de Chicago. Dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grèves ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations.

 

Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

 

En 1941, le régime de Vichy transforme ce rendez-vous ouvrier en jour férié, "fête du Travail et de la Concorde sociale".

 

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure. Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

 

A défaut - hélas - de défilé unitaire, attention à ne pas laisser ce jour symbole des luttes ouvrières aux Le Pen et sa fête de Jeanne-d’Arc !

 

Ce qui ne doit pas nous couper l’appétit ! Je vous propose donc de déguster deux des emblèmes de notre pays : le coq et le vin !

 

 

Coq au vin copie.jpg

 

Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè­vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

 

 Illustrations X et Vincent Barbantan- Droits réservés 

***********************

 

Écoute ! Écoute !

Paroles de fainéant robuste:  

La vraie paresse, c'est de se lever à 6 heures du matin pour avoir plus longtemps à ne rien faire.

 Le travail, c'est le refuge des gens qui n'ont rien de mieux à faire.

 

Allez, un petit quatrain de mon pote Descamino:
Le muguet

Dans la forêt où chante un Rossignol Moqueur
J’entrouvre ta corolle, au doux reflet de moire.
A ton home charmant, je parfume l'armoire.
Mon petit brin d' ESPOIR est un atout Vainqueur.

 

13/02/2017

Taxer les robots ? Hamon en parle, l’Europe y pense aussi.

caisses automatiques.jpg

J’ai entendu sur une radio je ne sais plus quel « économiste distingué » - distingué peut-être mais plein de morgue et de mépris pour la piétaille - gloser sur l’idée de « taxer les robots », en appuyant sur le retard de la France en matière de robots (3 fois moins nombreux chez nous qu’en Allemagne, 2 fois moins qu’en Italie). Ce sont des réalités : il y a moins de robots en usine en France parce qu’il n’y a plus d’usines ! (Enfin, presque plus). Innombrables sont celles ont été bradées à des fonds financiers voyous qui prennent la trésorerie, les brevets, le savoir-faire, les commandes puis ferment, lourdent les salariés et, au mieux, déménagent les machines et rouvrent en Pologne, Slovaquie ou Roumanie, au pire disparaissent de la circulation en laissant le personnel sur le carreau, à la charge de la société.

N’en déplaise à ce monsieur, l’idée d’Hamon de taxer les robots est loin d’être ridicule. L’Europe s’intéresse de très près au problème de l’invasion des robots et la commission juridique du Parlement européen a adopté un amendement pour la mise en place d’une pénalité financière, peu ou prou la même que propose Benoît Hamon.

Bien sûr qu’il faut taxer à un taux différentiel en fonction de leur utilité non seulement les robots des usines mais il faut aussi et surtout faire payer toutes ces machines (caisses automatiques d’autoroute, d’hypermarché, etc.) qui prennent la place de personnes qui cotisaient, elles !

Bien sûr la carte vitale facilite le travail des médecins et simplifie les remboursements, mais… que sont devenus les employés qui saisissaient les feuilles de Sécu ? Bien sûr celle-ci va économiser de l’argent, mais les Assedic vont payer et les gens seront désespérés. Alors le revenu universel trouve tout son intérêt pour ne pas désespérer non seulement les caissières mais aussi les paysans.

Taxer les robots n’est pas une réaction contre le progrès, au contraire. Il ne s’agit pas de « brûler les métiers à tisser » mais de mettre en place une taxe équitable.

Derrière cette idée, il y a les travaux d’un Anglais de France, John Mitchell. Il veut taxer ces machines mangeuses d’emplois en leur collant la « cotisation ROSE ». Rose pour « Robots, ordinateurs et systèmes experts ». Le bénéfice de cette taxe servirait à créer des emplois, à assister les chômeurs, à financer des formations, à aider les entreprises à embaucher.

Le raisonnement de John Mitchell est le suivant : « A job égal, les salariés ne sont pas compétitifs avec les machines, d’abord parce qu’ils sont moins efficaces, ensuite parce qu’ils représentent de lourdes charges sociales pour l’employeur. L’idée de la cotisation Rose est donc de rétablir l’équilibre pour qu’il n’y ait pas de « concurrence déloyale » accrue entre humains et machines, lesquelles doivent devenir les « nouvelles vaches à lait ». En faisant payer une taxe sur les robots, ordinateurs et systèmes experts, la compétition se réduirait, le chômage aussi.

La cotisation Rose frapperait les petits ordinateurs comme les gros systèmes, lecteurs de cartes, distributeurs, robots, pompes à essence automatiques, billetteries, trieuses postales et serait une « taxe sur la capacité de production » basée sur un ratio de son invention, le Mac/Man (Machine/homme), évaluant la capacité de production d’une machine par rapport à l’homme. Serait ainsi établie une cotisation mensuelle sur tous les robots, ordinateurs et systèmes experts à un taux en fonction de leur capacité de production mesuré en équivalent-hommes qui serait la base de la taxation. Comme la puissance fiscale des véhicules est mesuré en équivalents-chevaux.

Les gains de productivité ne profitent pas à tous. Les machines au lieu de libérer l’homme en diminuant sa charge de travail le privent parfois totalement de son emploi. La cotisation sociale sur les machines rééquilibrerait l’injuste compétition entre la machine et l’homme.

Il y en a là du pognon a prendre ! ! Et une idée formidable dans le droit fil de la justice, de la liberté retrouvée, de l’égalité homme-machine, de la fraternité (?!) patron-employés.

Voilà. Benoît, voilà Jean-Luc. Y a plus qu’à…

Et puis ROSE, ça doit vous rappeler quelque chose ?

 

Sources :

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legisla...

https://www.developpez.com/actu/100362/Les-robots-et-IA-p...

https://www.developpez.com/actu/111150/Emploi-l-intellige...

https://www.developpez.com/actu/110805/L-IA-pourrait-fair...

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legisla...


Photo X - Droits réservés

 

12/01/2017

Au bistro de la Toile : « Latinia »

chimulus bistro copie.jpg

- Salut Loulle. Je viens d’entendre ce matin une proposition originale et fort intéressante. Elle émanait d’un de ces présidents éphémères de la France qui s’expriment très brièvement chaque matin sur France Inter.

- Ah ! Et alors c’est quoi ?

- Ce président d’un matin propose de reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Il propose donc la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et, je crois encore la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). Ce président éphémère définissait ainsi brièvement cette nation latine : langue, l’italien (facile à apprendre dit-il), armée commune, diplomatie commune, monnaie : l’euro latin.

- Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique.

- On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Je modulerais un peu la chose en intégrant à cette Nation latine un pays qui, certes n’a pas de continuité territoriale avec les pays précédents, mais qui est latin par la langue, c’est la Roumanie. Et je mettrais comme langue commune, non pas l’italien mais évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

- Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

- C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 210 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

- Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

- L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique. Les deux monnaies étant liées mais dans une union moins rigide, genre de serpent monétaire, l'une pouvant fluctuer par rapport à l'autre mais dans une proportion modérée.

- Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

- C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, Grèce comprise, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

Et comme il s'agit avant tout et surtout de ne pas de se taper sur la gueule entre ces nouvelles entités, ces trois nations refonderaient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles. Et plus facile de se mettre d'accord à trois qu'à vingt-sept.

- Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez,  At nostri ! Vinum purpuriso !

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France 66 M, Italie 61 M, Espagne 47, Portugal 10,5, Wallonie 3,5, Roumanie 20, soit 208 millions d’habitants et un PB de 10 000 milliards d’euros.

Allemagne 82 M, Pays-Bas 17 M, Flandre belge 7,5, Danemark 5,5, Luxembourg 0,5 Suède 10, Finlande 5,5, Pays baltes, Autriche 8,5, Pologne 39, soit 182 millions d’habitants et un PIB de 6 500 milliards d’euro.


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

19/12/2016

La Russie, peuple frère de l’Europe, pas ennemi

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Tiens, le grand méchant ours ne va pas mettre son véto à une proposition française visant à sécuriser l’évacuation des civils et des terroristes d’un petit quartier d’Alep écrasé sous les bombes. C’est bien. C’est même très bien. Gargarise-toi François. Plus fort qu’Obama, t’as réussi à te faire entendre sinon écouter par Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Aassad, suppôt de l’enfer !

Au fait, ce Poutine, élu en 2000, il va prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2000 à 2010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis… Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

Les Russes sont nos frères, pas nos ennemis

 

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11/12/2016

Ouiquinde gastronomique : le saucisson entre à l'Académie !

saucissons pendus.jpg

 

Seize saucissons européens présélectionnés par

« A3S » L’ACADEMIE ARDECHOISE DU SAUCISSON DE QUALITE

pour le premier

« MONDIAL DU SAUCISSON - RABELAIS D’OR »

 

Créateur du mot « saucisson », Rabelais a de nombreux liens avec la ville de Tournon-sur-Rhône et, notamment, avec le cardinal de Tournon… qui envisagea sérieusement de l’incarcérer, avant de reconnaître le génie de l’ami d’Etienne Dolet et des plus grands esprits de son temps.

Et c’est peut-être à Tournon-sur-Rhône, en Ardèche, que se tiendra l’an prochain le premier « MONDIAL DU SAUCISSON – MEDAILLE RABELAIS », initié par l’Académie Ardéchoise des Amateurs de Saucisson !

La chose est en effet à l’étude dans la cité qui organise par ailleurs, depuis plus de 7 siècles, l’une des plus anciennes foires de France, la foire aux oignons et abrite le Festival National des Humoristes, toutes choses qui fleurent bon l’esprit rabelaisien.

Manifestation de l’Europe du sud, le MONDIAL DU SAUCISSON –MEDAILLE RABELAIS poursuit un objectif simple et ambitieux : la qualité véritable des produits, la reconnaissance des bons producteurs et le respect des consommateurs.

Des tonnes de saucisson sec sont consommées en Europe mais les amateurs capables de distinguer et apprécier vraiment cette charcuterie sont de moins en moins nombreux, tandis que les subtilités du marketing et de la publicité égarent parfois les esprits...et les papilles.

Les consommateurs achètent, conservent (mal et avalent donc souvent n’importe quoi, le pire côtoyant le meilleur sous une même dénomination et des apparences similaires.

Grâce au travail de l’INAO (1), les mentions AOP ou IGP et le Label Rouge permettent en général d’éviter le pire, mais il restait à sortir du lot et valoriser le meilleur - qui n’est pas obligatoirement le plus cher - et c’est naturellement en Ardèche, région de grande et belle tradition saucissonnière, qu’est née l’Académie Ardéchoise des Amateurs de Saucisson (A3S), dédiée à Rabelais.

Créée par trois embosseurs amateurs exigeants (Philippe Rebergue, Jean-Victor Joubert et René-Louis Thomas) et un graphiste spécialisé (Yvain Bornibus), épaulée par un coach de jury (Pierre Rufin) et basée à Plats (Ardèche, France), cette académie libre est une institution totalement indépendante, sans but lucratif, sans lien commercial ou promotionnel direct ou indirect avec les producteurs, distributeurs, commerçants ou organisations professionnelles. Elle n’a d’autre préoccupation que l’intérêt des consommateurs, la mise en avant des bons faiseurs et la culture de la convivialité selon Rabelais, inventeur du mot « saucisson ».

Elle décerne un label de reconnaissance distinguant les productions entrant dans un cahier des charges précis et exigeant (2). Plus encore, ces productions doivent répondre aux critères de dégustation et d’évaluation organoleptique calqués sur ceux de la prestigieuse Université du Vin de Suze-la-Rousse (analyse sensorielle) et du Concours de Mâcon (méthode d’attribution). Le jury, souverain, ne comprend naturellement ni producteur, ni distributeur, ni revendeur, ni professionnel impliqué de prés ou de loin.

Pour l’exercice 2016-2017,l’Académie a retenu 16 possibles lauréats :

ESPAGNE - Morcon ibérique Sanchez Romero Carvajal ; Pata Negra Joselito.
ITALIE- Spianata Romana ; Sulumificio IBISé ; Traditionnel Abruzzes Villani ; Padus 5 mois Pedrazzoli. PORTUGAL - Salpicao Tradicional.
FRANCE - Teyssier à Saint-Agrève, Rochebillard & Blein à Violay ; Ferme des Carmes - EURL du Cayon à Tournon-sur-Rhône (*) , Vert à Boulieu-les-Annonay, Jérôme Comte à Mauves, Bougnias à Violès ; Label Rouge Milhau à Lacaune ; Montagne noire Sélection, Mougey à Desaignes.

Des délégués détachés explorent les environs de Lyon, la Lorraine, la Pologne, la Roumanie et autres terres saucissonniaires. Ils proposeront leurs échantillons lors de la prochaine séance de dégustation.

(*)L’EURL LOU CAYON de Sylvain Mottet et André Duclaux à Tournon-sur-Rhône (07-France), a obtenu le 29 septembre 2016 à Clermont-Ferrand, le premier prix « Fermier d’Or » Auvergne-Rhône-Alpes.

(1)L’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) est partenaire d’AIRE-N7 EUROPEAN GREEN WAY, outil de promotion touristique à l’international, créé par René-Louis Thomas afin de défendre, notamment, la notion française d’appellation d’origine, les terroirs et les patrimoines ordinaires...comme le bon saucisson.

(2) En cours de finalisation, la Charte du saucisson A3S exclut les produits fantaisie, même excellents comme certains saucissons au Beaufort, aux noisettes, à la châtaigne, etc., exception faite pour les chorizos. Sont admis les saucissons secs sous boyau véritable, pur porc ou contenant une faible part de chèvre, de bœuf, d’âne ou de sanglier. Une attention particulière est apportée à la réduction des taux de sel et du salpêtre.

Un classement spécial « saucisson de garde - affinage long » est envisagé.

CONTACT : tomaplats07@orange.fr

 

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02/12/2016

Exit Sarko, exit François ! Et une piqûre de rappel pour Mélenchon, Macron, Montebourg, Fion (pardon Fillon) et consort.

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Les diverses « droites », de Fillon à Le Pen en passant par Macron ou Valls ne cachent plus leur volonté de « casser la barraque ». Les réformes à la tronçonneuse qu’ils proposent avec la morgue et l’arrogance qui les caractérisent se résument dans cette phrase de Denis Kessler (ancien numéro deux du patronat, ancien président de la Fédération française des sociétés d’assurance et actuel président de la SCOR, un géant de la réassurance) : « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Une piqûre de rappel ne fera pas de mal : le voilà le programme du Conseil National de la Résistance écrit et mis en place par ceux auxquels nous devons notre liberté, notre manière de vivre et même notre confort.

Sa lecture permettra, avant de voter, de mesurer ce que les gouvernements ultralibéraux, sous Hollande comme sous Sarko et pire si affinités, nous arrachent sous la dictée du Medef.

C’est un peu long, mais c’est un document de référence que tous les candidats devraient (re)lire.

 

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Ce programme de combat est la source du préambule de la Constitution de 1946, repris en 1958 :

Préambule de la Constitution de 1946

1. Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1 789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

2. Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

3. La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.

4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République.

5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

7. Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

8. Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.

9. Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

10. La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

12. La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.

13. La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État.

14. La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.

15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l’organisation et à la défense de la paix.

16. La France forme avec les peuples d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.

17. L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.

18. Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus.


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15/11/2016

Ayant observé le clair de lune, décrivez le clair de l'autre.

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Hier c'était lundi, le jour (di) de la lune. Elle était froide comme le mistral hier soir. Mais belle, féconde de tous nos rêves, pleine de tous nos désirs. Pour les Grecs Séléné, fille d'Hypérion et de Théia. Pour les Hindous Chandra, déesse de la fertilité. La reine des nuits est la muse de tous les poètes.


Ecoutons le grand Charles (Baudelaire) dans Tristesse de la lune :


Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;

Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,

Qui d'une main distraite et légère caresse

Avant de s'endormir le contour de ses seins,


Sur le dos satiné des molles avalanches,

Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,

Et promène ses yeux sur les visions blanches

Qui montent dans l'azur comme des floraisons.


Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,

Elle laisse filer une larme furtive,

Un poète pieux, ennemi du sommeil,


Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,

Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,

Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.


...et puis Paul Verlaine dans Clair de lune :


Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

 

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.


...et enfin, bien sûr : Au clair de la lune

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume,
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n'ai plus de feu;
Ouvre-moi ta porte
Pour l'amour de Dieu !

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
Je n'ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu'elle y est;
Car dans sa cuisine,
On bat le briquet.

 

Au clair de la lune,
L'aimable Arlequin
Frappa chez la Brune,
Qui répond soudain :

Qui frapp' de la sorte ?
Il dit à son tour :
Ouvrez votre porte,
Pour le dieu d'amour.

 

Au clair de la lune,
On n'y voit que peu;
On chercha la plume,
On chercha le feu.
Cherchant de la sorte
Ne sais c'qu'on trouva;
Mais je sais qu'la porte
Sur eux se ferma.

 

...et oui, la lune, complice de tous les Amours !

 

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13/11/2016

Ouiquinde gastronomique: La gardiane camarguaise

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Tout Provençal se doit, au moins une fois l’an,

D’aller se ressourcer, reprendre son élan,

De mettre le vaisseau de sa vie au grand largue

Dans l’eau, le sel, le vent, le soleil de Camargue.

Terres demi-noyées, secouées de mistral,

Jumeau du fleuve-dieu, fleuve d’air magistral ­

Pétries et façonnées par le Rhône et la mer,

Puis soudain ravagées par le fleuve en colère.

Terres où le soleil fait naître des mirages,

Terre où le sol et l’onde hésitent leur partage,

Terres de solitude, rivages de naufrage,

Qui mesurent les hommes à l’aune du courage.

Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants,

Boue sèche et craquelée, cristaux étincelants

Du sel sur la sansouïre, faisceaux arachnéens

Des tamaris en fleurs d’où s’envolent soudain

Des millions d’oiseaux venus d’ailleurs lointains,

Royaume incontesté des flamands africains.

Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages,

Où Mithra règne en dieu depuis le fond des âges.

Il faut voir la Camargue lorsque l’hiver l’étreint

Lorsque le ven terraù sauvage court sans frein,

Lorsque les Camarguais déplacent la manade :

Des milliers taureaux menés en cavalcade.

Conduits par cent gardians, par cent puissants centaures

Défile l’infernal troupeau de Minotaures,

Taureaux noirs, chevaux blancs, aux narines fumantes

Remplissent la contrée d’une clameur géante.

Taureaux dont les meilleurs combattront dans l’arène

Face aux hommes, mains nues, que leur fierté entraîne

Entre les noirs poignards. Pour la rouge cocarde

Et les yeux d’une belle, ils défient la Camarde !

Certains de ces taureaux, à l’ardeur légendaire,

Adulées tels des dieux par la gent populaire,

Sont enterrés debout et ont leur mausolée,

Comme le grand Goya (1), l’immense Sanglier (2).

Ceux qui n’ont pas le sang pour les j eux et la gloire

Termineront leur vie dans une rôtissoire,

Car en mangeant Mithra, les Provençaux dévorent,

Avec sa chair, sa force. Et, ce faisant, l’honorent.

Cette hostie des gardians s’appelle "La gardiane".

Oh ! Victor. Et alors, on les coupe ces couennes ?

Bien sûr, petit, mais je voulais que tu comprennes

Que c’est un plat sacré, et qu’il en vaut la peine.

Fais mariner trois tranches de taureau bien épaisses

Dans de l’huile d’olive. Ajoute avec largesse

Poivre et clous de girofle, ail, oignon, thym, laurier.

Laisse toute la nuit, comme pour du gibier.

Au fond de ta marmite, en fonte uniquement,

Dispose quelques couennes, de porc évidemment,

Sur lesquelles tu places une première tranche.

Couvre avec de l’oignon et de l’ail effilés,

Carottes en rondelles et du persil en branche,

Sel, poivre du moulin, un anchois en filets.

Tu fais ainsi trois couches. Enfin, pour terminer,

Zeste d’orange séché, girofle, laurier, thym,

Puis tu mouilles avec six grands verres de bon vin,

Du Costières-de-Nîmes, rouge carabiné.

Mets ta marmite au four, fermée soigneusement,

Et fais cuire cinq heures, doucement, lentement.

Ce taureau parfumé, tendre, confis, moelleux,

Découvre-le sur table, et accompagne-le

D’une jatte fumante de riz long camarguais.

Dans les verres tu sers un Gallician bien gai.

Mais attention, petit, le riz est un plat riche,

N’en fais pas - c’est courant - de la colle d’affiche.

Pour qu’il ne colle pas, tu dois bien le laver,

C’est donc tout l’amidon qu’il te faut enlever.

Dans une jatte creuse ou un plat similaire,

Tu frottes entre tes mains le riz dans de l’eau claire,

Tu changes et recommences dès que ton eau blanchit,

Après quoi tu égouttes, tu bois et réfléchis  :

Il y a plusieurs façons de cuire le riz blanc,

Comme les Espagnols, comme les Catalans,

Comme les Vietnamiens ou comme les Créoles,

Surtout pas comme les Français de métropole !

À Saïgon ou Vientiane, à Phnom-Pen ou… Paris

C’est deux mesures d’eau par mesure de riz,

Tu couvres quand ça bout et tu réduis la flamme,

Si ça attache au fond, tu n’en fais pas un drame,

Tu ne sales pas l’eau, tu ne remues jamais,

Et tu laisses gonfler en tenant bien fermé.

Mais comme à Fort-de-France ou bien à Pointe-à-Pitre,

Tu fais bouillir ton riz dans de l’eau, plusieurs litres,

Légèrement salée. Quand c’est cuit tu égouttes,

Puis tu réserves au chaud, du beurre, tu ajoutes.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

D’un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- Trois tranches épaisses de taureau à braiser, environ un kilo, - 4 ou cinq couennes de porc, - 1 kg d’oignons paille émincés, - 2 têtes d’ail épluchées et également émincées, - 1 kg de carottes découpées en rondelles, - 4 ou 5 branches de persil non frisé, - 3 anchois en filets, - 3 verres d’huile d’olive, - 3 cuillerées à soupe de sel de Camargue, - poivre noir du moulin à la demande, - 6 clous de girofle, - 4 feuilles de laurier, - 3 cuillerées à soupe de sommités sèches de thym ou 3 ou 4 belles branches de thym frais, - 1 zeste d’écorce d’orange séché, - 1 bouteille de bon vin rouge, - 500 grammes de riz long de Camargue.


Les vins conseillés  :

La gardiane est un plat de haut goût qui demande des vins rouges puissants, épicés, tanniques. De grands Costières-de-Nîmes, comme les Gallician font parfaitement l’affaire. Mais on l’accompagnera également avec bonheur d’un Côtes-du-Rhône de Saint-Joseph, d’un Croze-Hermitage, d’un Vacqueyras, d’un Gigondas, d’un Lirac ou d’un des nombreux crus "Villages" des Côtes-du-Rhône.

En vins du Languedoc et du Roussillon : Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Fitou, Collioure.

En vins de Provence : Bandol, Bellet, Palette, Pierrefeu, Gonfaron.


(1) (2) "Goya ", "Sanglier" : noms de taureaux cocardiers célèbres. "Goya" a une statue à Beaucaire, "Sanglier" un mausolée à l’entrée de Le Cailar, en Camargue.


Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

05/11/2016

Ouiquinde érotique avec Aristide Bruant

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Aristide Bruant (1851-1925)

 

À Grenelle


Quand j'vois des fill's de dix-sept ans,
Ça m'fait penser qu'y a ben longtemps,
Moi aussi j'l'ai été pucelle,
A Grenelle.

Mais c'est un quartier plein d'soldats,
On en renconte à tous les pas,
Jour et nuit i's'font sentinelle,
A Grenelle.

J'en ai t'i' connu des lanciers,
Des dragons et des cuirassiers,
I's m'montraient à m'tenir en selle,
A Grenelle.

Fantassins, officiers, colons
Montaient à l'aussaut d'mes mam'lons,
I' m'prenaient pour eun' citadelle,
A Grenelle.

Moi j'les prenais tous pour amants,
J'commandais tous les régiments,
On m'app'lait mam' la colonelle,
A Grenelle.

Mais ça m'rapportait que d'l'honneur,
Car si l'amour ça fait l'bonheur,
On fait pas fortune avec elle,
A Grenelle.

Bientôt j'm'aperçus qu'mes beaux yeux
Sonnaient l'extinction des feux,
On s'mirait pus dans ma prunelle
A Grenelle.

Mes bras, mes jambes, mes appas,
Tout ça foutait l'camp, à grands pas.
J'osais pus fair' la p'tit' chapelle,
A Grenelle.

Aujord'hui qu'j'ai pus d'position,
Les régiments m'font eun'pension :
On m'laiss' manger à la gamelle,
A Grenelle.

Ça prouv' que quand on est putain,
Faut s'établir Chaussé'-d'Antin,
Au lieu d'se faire eun'clientèle,
A Grenelle.

 

Ils ne pensent qu'à çà !

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A écouter ICI

 

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08/09/2016

Politiques. NON ils ne sont pas tous pourris!

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Respect à Laurent Grandguillaume, jeune élu socialiste de 38 ans, conseiller municipal de Dijon et député PS de Côte d’Or. Cet homme rend quelques raisons de respect aux élus de la République. En effet, il vient d’annoncer que, pour mettre en cohérence ses convictions et son action (il s’est toujours prononcé contre le cumul des mandats), il annonce qu’il renonce à se représenter devant les électeurs aux prochaines élections législatives. Pour lui, l’engagement politique doit être un engagement au service de l’intérêt général et en aucune manière un métier. À rapprocher des manœuvres de certains élus de droite comme de gauche pour repousser aux calendes grecques le non-cumul des mandats (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pendant-le-b...).

 

 

Écoutons-le :

Du non-cumul des mandats dans le temps à de nouvelles actions citoyennes, pourquoi j’ai pris la décision de m’engager autrement !

5 septembre 2016

Après mûre réflexion et après dix années de mandats électifs sans interruption (locaux et nationaux), j’ai décidé de ne pas me représenter aux élections législatives de juin 2017. Les désignations du parti socialiste pour ces élections étant prévues en fin d’année 2016, j’ai décidé d’annoncer ma décision dès maintenant pour garantir les meilleures conditions possible pour le renouvellement.

Je crois qu’il est grand temps de changer l’engagement politique par la preuve. Il doit en effet être conçu comme un engagement au service de l’intérêt général et non plus comme un métier. Faut-il attendre le changement des règles ou s’imposer les règles du changement ?

Je considère qu’il faut à la fois limiter le cumul des mandats en nombre et dans le temps car on ne peut pas être partout et bien faire plusieurs choses à la fois. C’est pourquoi je m’applique cette exigence à moi-même, comme je m’étais appliqué le non-cumul avec un exécutif local dès le lendemain de mon élection en tant que député en 2012, bien avant le vote de la loi qui s’appliquera à tous en 2017. On ne peut pas regretter de voir les mêmes têtes depuis des décennies et en même temps reproduire des schémas identiques, même quand on est plus jeune. L’ordre des choses installe une forme de glaciation qui empêche le renouvellement des idées, l’audace et la prise de risque. Il faudrait être candidat à tout, partout et tout le temps pour exister. C’est cela aussi le moteur de la défiance. En écrivant cette lettre, j’imagine déjà les quelques critiques sourdes de ceux qui, représentants d’un système dépassé, tenteront de décrédibiliser cette démarche. Comme le disait si bien Léon Blum "On est socialiste à partir du moment où l’on a cessé de dire : « Bah ! C’est l’ordre des choses ; il en a toujours été ainsi, et nous n’y changerons rien », à partir du moment où l’on a senti que ce soi-disant ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d’égalité, de solidarité qui vit en nous".

Bien d’autres jeunes responsables politiques locaux pourront continuer le travail dans la 1ère circonscription de la Côte d’Or, seule circonscription de notre département où la gauche a progressé lors des derniers scrutins. Elle est devenue en effet majoritaire aux dernières élections départementales avec l’arrivée d’une nouvelle génération d’élu(e) s socialistes de terrain (6 conseillers départementaux sur 10 sont issus de la gauche contre 2 sur 5 en 2012). Si les conditions de l’unité sont réunies, la gauche aura de grandes chances de la conserver. Mais l’unité ne se décrète pas, elle se construit dans la confiance.

Élu député en juin 2012, j’ai exercé mon mandat parlementaire avec rigueur pour faire face aux défis qui étaient devant nous : le redressement de nos finances publiques pour garantir notre souveraineté nationale et notre indépendance face aux marchés financiers, le combat contre ce fléau social et humain qu’est le chômage, le soutien à nos artisans - commerçants - - TPE - PME et ETI pour leur redonner des marges de manœuvre nécessaires pour créer des richesses, la transition écologique et énergétique,… Le bilan du quinquennat comporte bien entendu, comme tout bilan, des ombres et des lumières. Il appartiendra aux citoyens d’en juger par eux-mêmes dans les débats à venir.

J’ai mené des missions difficiles, et passionnantes, qui m’ont été confiées par les Premiers Ministres Jean Marc Ayrault et Manuel Valls, et le président de la République, François Hollande : le conflit des autoentrepreneurs et des artisans, le conflit des taxis et des VTC, la mission de simplification pour les entreprises. J’ai porté une loi avec le monde associatif, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat, pour expérimenter dans 10 territoires une utopie réaliste de lutte contre le chômage de longue durée. J’ai été rapporteur thématique des lois Hamon et Macron, rapporteur budgétaire sur l’asile, l’intégration et l’immigration, rapporteur de la mission d’évaluation de Bpi France. J’ai fait adopter plusieurs amendements visant à encadrer les retraites chapeaux, les Golden Hello, à protéger la résidence principale des entrepreneurs individuels, à faciliter les changements de compte bancaire pour les consommateurs ou encore à renforcer les dispositifs de lutte contre le surendettement des familles. J’ai tenté aussi d’apporter des idées nouvelles à travers deux livres, conçus comme des contributions pour tenter de bousculer l’ordre des choses.

Bien sûr, j’ai aussi des regrets : ne va pas avoir réussi à convaincre ma propre famille politique qu’il ne fallait pas supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires mais qu’il fallait juste l’encadrer pour éviter un coût trop important pour les finances publiques ; je regrette les fortes tensions, la violence et les fracturations sur la loi travail alors que notre pays a tant besoin de réformer son droit et son modèle social pour prendre en compte les mutations du travail ; je regrette les polémiques inutiles et le manque d’unité nationale dans le combat contre le terrorisme qui est une des plus grandes épreuves de l’histoire récente de notre Nation. Il serait sain pour la classe politique qu’elle soit parfois capable de compromis et de respect dans la diversité.

J’entends mener mon travail jusqu’au bout du mandat. Aussi, je consacrerai mon énergie à terminer ce que j’ai commencé : la simplification pour les entreprises, le travail avec tous les acteurs pour une sortie durable du conflit des taxis et des VTC, et je veillerai à l’application de la loi d’expérimentation territoriale visant à résorber le chômage longue durée. Je suivrai en parallèle une formation dans le cadre de mon retour à la vie professionnelle à l’issue du mandat.

J’ai par ailleurs adressé aujourd’hui ma démission de mon mandat de conseiller municipal de Dijon pour permettre à un autre citoyen d’exercer dès maintenant ce mandat, avec tout le temps nécessaire dont il disposera pour répondre à cette fonction exigeante. Je continuerai à suivre en tant que citoyen le développement de notre belle ville de Dijon.

Au plan local, au travers de mes anciens mandats de conseiller général de la Côte d’Or, de Vice-Président aux finances de l’agglomération dijonnaise, d’Adjoint au maire délégué à la jeunesse, à la vie associative et à la démocratie locale, et de Président du groupe socialiste du conseil municipal de Dijon, je suis fier d’avoir travaillé, dans un cadre collectif, à de nombreux projets utiles pour les habitants que ce soit avec la rénovation du quartier de la Fontaine d’Ouche, l’accompagnement de la vie associative, la mise en place des budgets participatifs des commissions de quartier, la création du festival Kultur’Mix, ou encore l’élaboration du plan de financement des deux lignes de tramway.

Face aux enjeux pour notre pays, face aux fanatismes et aux extrémismes, nous avons besoin d’unité nationale, de dépasser certains clivages sans renier notre identité et notre histoire politique. La politique est parfois devenue le théâtre d’affrontements des apparences, elle devrait redevenir l’espace de construction de ce qui nous est commun.

On ne gagne que les combats que l’on mène. Aussi je continuerai à mener d’autres combats pour mettre l’humain au cœur des choix, que ce soit dans ma vie professionnelle, que je vais retrouver avec grand plaisir, et dans le monde associatif qui est au cœur de la vie de la cité. L’essentiel c’est la République laïque et sociale par l’action.

Citoyennes, citoyens, la démocratie nous appartient. La démocratie est représentative, participative et sociale. Il est essentiel de renouveler le débat d’idées et les responsables politiques. Dans cette perspective, il n’y a pas qu’un seul chemin possible. Ici, et demain, je suis persuadé que nous aurons de nouveaux combats à mener ensemble. Je ne manquerai pas de continuer à m’exprimer en homme libre.

 

http://www.grandguillaume.net/2016/09/du-non-cumul-des-mandats-dans-le-temps-a-de-nouvelles-actions-citoyennes-pourquoi-j-ai-pris-la-decision-de-m-engager-autrement.html

 Livre de Laurent Grandguillaume : La gauche a perdu sa boussole, offrons-lui un GPS !, éditions du Moment, avril 2016

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23/06/2016

A midi, je mange du filet de cheval.

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Tout le monde parle du référendum chez les rosbifs. En parlant de « rosbif », et pour changer tant qu'on ne connait pas le verdict des urnes, ça me fait penser à ce que je vais mettre dans la gamelle.

 

Tè ! Hier, j’ai mangé des lasagnes. Pas industrielles bien sûr, faites maison, avec du cochon de Lozère, de l’ail, des herbes, du fromage du Cantal et tout ce qu’il faut. Un bonheur ! Et à midi, c’est filet de cheval façon tournedos, acheté chez Maurice, le boucher chevalin qui vient chaque semaine au marché. Il ne vend que des Comtois, ces puissants chevaux de traits couleur châtain clair agrémentés d’une superbe parure – crinière et queue – blonde. Ces bestiaux courent sans contrainte dans les prairies des Hautes terres. Je me régale de les voir s’ébattre l’été, et je me délecte de les déguster ! Ben ouais… C’est comme ça la nature humaine.

 

Parce c’est bon le cheval ! Une belle viande d’un rouge sombre, très goutue, bien poivrée et juteuse à souhait. Je vais le déguster, mon filet, avec des frites coupées gros, à la main, et salées à souhait. Le pied !

 

Pour dire qu’« ils » me gonflent les aliboffis tous les peine-à-jouir qui, profitant des magouilles des gougnafiers de l’industrie agro-alimentaire jettent l’opprobre sur cette viande excellente, meilleure que celle des vaches (le bœuf est une appellation aussi erronée que trompeuse : il n’y a plus de bœufs, c’est-à-dire des taureaux castrés, seulement des vaches).

 

Vous aimez les voir s'ébattre fièrement dans les champs, crinière au vent et queue en panache. Vous avez raison, ils sont superbes. Comment peut-on tuer et manger de telles merveilles ? Ben, n’oublions pas que si la race équine existe encore depuis le tracteur, c’est grâce à nous, les bouffeurs de chevaux ! Et…aux margoulins des courses de canassons. Environ 30% des chevaux abattus sont des poulains de trait élevés pour la boucherie (comme mes beaux et bons Comtois de Margeride), 20% des chevaux de trait adultes réformés (débardage, ramassage d’algues, labours de vignes escarpées, etc.), et le reste, soit la moitié, des chevaux « de course » réformés. 80% de ces derniers sont des trotteurs âgés de moins de dix ans dont 20 % des poulains de moins de deux ans, soit des animaux encore jeunes.

 

Les premiers, c’est tout du bon, les deuxièmes c’est correct, les derniers (les plus nombreux) c’est plus douteux. Pour satisfaire plus que largement aux besoins des champs de courses, on fait naître selon les années de 11.000 à 13.000 chevaux de compétition potentiels, pour le trot attelé ou monté. Seulement 20% de ces chevaux seront qualifiés, les autres finiront évidemment à la boucherie. Les éleveurs les inscrivent au chapitre pertes comptables, les larguent sans soins dans des prairies où ils bouffent ce qu’ils peuvent jusqu’à ce qu’un chevillard les achètent pour quelques poignées de figues et les mettent dans le circuit boucherie. C’est comme ça. Il n’y a pas de sensiblerie dans le milieu des « amis de la race équine ». Le monde hippique est comme toute notre société où règne le tout puissant dieu Profit. Les jockeys et les entraîneurs se prétendent des « hommes de cheval », les parieurs fantasment sur le pognon facile, les vétérinaires testent leurs drogues sur les canassons, les sociétés de pari et les éleveurs s’enrichissent, et n’oublions surtout pas l’Etat qui se gave taxes (de 60 à 80% du total de sommes pariées qui tournent bon an mal an autour de 10 milliards d’euros !)… Tout cela sur le dos du cheval. Voilà la sordide réalité !

Ah ! Je crois que je vais me faire traiter de mangeur de cadavre, mais j'assume, sans complexe ni états d'âme.

 

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Écoute ! Écoute !

 

C’’est un fermier de Margeride. Il était triste car son cheval ne riait plus, il mit une pancarte disant : « J'offre 1000 € a qui redonnera la joie de vivre a mon cheval. »


Un homme se présenta, alla voir le cheval et se mit à lui chuchoter à l'oreille. Le cheval fut plié de rire ! Et le gars empocha ses 1000 € !


Trois jours après le fermier téléphona au gars car son cheval riait bruyamment, sans arrêt et empêchait tout le monde de dormir. Il lui proposa donc : « Si tu le calmes je te donne 5000 € ! »

 

L'homme alla voir le cheval et 10 mn plus tard l’animal était effondré en larmes, couché sur le coté.

 

- « Voila dit le gars au paysan, par ici la monnaie ! »


Le paysan dû payer et demanda :

- « Je vous ai payé mais je voudrais vous poser une question?

- Oui

!- Qu'avez vous dit a mon cheval ? »

Le gars répond :

« la 1ere fois je lui ai dit que j'en avais une plus grosse que lui. Et la seconde fois, je la lui ai montrée ! »

03/04/2016

Cuisinez l'alose. Un vrai plat de fainéant !

 

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- Regarde bien, petit, cette superbe alose

Les anciens l'appelaient «la princesso dou Rose»,

Éclair de vif argent, longue, fine et puissante

Bien que lourde des flancs, elle reste élégante.

Sais-tu que c'est l'amour dont elle est satisfaite

Qui va te l'amener, demain, dans ton assiette?

Respecte-la, petit, et débouche le vin

Car manger de l'amour est un plaisir divin.

C'est un poisson magique, délicieux à manger

En bonne compagnie. Et subtil à pêcher!

Lorsque le Rhône était le Fleuve-Dieu sauvage,

Point encore castré par digues et barrages,

Indomptable et fougueux quand le mistral le fouette,

Crainte des riverains et bonheur des poètes,

Braconniers et pêcheurs, au mois des primes roses

Armaient les vire-vire pour pêcher les aloses.

C'étaient des bateaux larges aux ailes de moulin

Arrimés à la rive par quatre gros filins.

Deux paniers grillagés, avecque le courant, tournent.

Lorsque l'un est en haut, son opposé s'enfourne

Dans l'onde trouble et vive où peinent les aloses

Cherchant un abri sûr pour que leurs œufs éclosent.

Beaucoup n'arriveront jamais à leur frayère,

Cueillies par les paniers montant vers la lumière.

Enlevée dans les airs, l'alose se tortille

Dans une pluie dorée de gouttes qui scintillent.

Elle tombe, ahurie, dans le fond de la barque

Où le fil de sa vie est coupé par les Parques.

Le pêcheur, averti, en interrompt sa sieste,

Achève le poisson d'un coup de barre preste,

Bois un coup de rosé si sa gorge s'assèche,

Puis se rendort, heureux: pour lui le Rhône pêche!

Cette façon subtile, je crois unique en France

N'a pu être inventée que chez nous, en Provence!

Il paraît que certains, les nuits de pleine lune,

Jouant flûte et violon au bord de la lagune

Ont eu, comme Aristote, la fantastique chance

De voir, debout sur l'eau, les aloses qui dansent...

Les belles ménagères avaient leur opinion:

"Les meilleures sont les aloses d'Avignon."

En dessous d'Aramon, elles sentaient la vase,

Et après Caderousse, ce n'était que carcasses,

Mais dans le Rhône vif courant sur les galets

Roulés de Villeneuve, ou au pied du Palais

Des Papes d'Avignon, elles étaient à point:

Dévasées, mais encor avec de l'embonpoint.

- Et comment tu la cuis, ton alose, Victor?

- Oh ! Vaï t'en plan, pitchoun, y a pas lou fio a bord!

Sers-moi d'abord un coup de rosé du Ventoux

Ou de Côtes-du-rhône, et je te dirais tout.

L'alose, tu la laves, tu l'écailles, la vides.

Tu réserves les œufs dans un torchon humide,

Prends-en un soin jaloux, c'est les meilleurs morceaux.

Pour les gourmets, c'est le caviar des Provençaux.

Puis tu tranches la tête et la fends en longueur,

Coupe l'alose en darnes de deux doigts d'épaisseur.

Tu auras pris chez un compère jardinier

Une brassée d'oseille, des épinards triés.

Tu vas hacher ces herbes assez grossièrement:

Elles vont te servir en accompagnement.

Tu prends une cocotte, mais une vraie, en fonte!

Des cocottes-minute n'accepte pas la honte.

Tu graisses bien le fond, mais à l'huile d'olive

C'est le nec plus ultra, faut pas que tu t'en prives.

Au tonneau de vin blanc, tu remplis un cruchon,

Puis tu places la tête, ouverte, sur le fond.

Tu recouvres d'un lit d'oseille et d'épinards

Sel, poivre noir, muscade, va-z-y, sois pas flemmard.

Tu dois y mettre aussi des oignons émincés,

Certains cuistots rajoutent... oui, du petit-salé.

De ton huile d'olive, une bonne giclée

Car pour ta réussite c'est là l'une des clés.

Mets tes darnes à plat, sur l'herbe, bien serrées,

Qu'elles ne bougent pas quand ça va macérer.

Un autre lit d'oseille, encore un de poisson

Chaque fois sel et poivre et de l'huile, un soupçon.

Lorsque tout est placé, bien délicatement,

Tu poses sur le tout les œufs avec leur poche.

N'aie pas peur de forcer sur l'assaisonnement

Car ce n'est qu'un poisson, et pas de la bidoche.

On atteint maintenant un moment crucial,

Pour réussir ton plat, voilà le principal:

Tu arroses le tout de trois verres de gnole.

Des verres de soiffards, pas des verres symboles.

Enfin tu mouilles avec du blanc sec de Laudun,

Mais pas trop tout de même: ce qui est opportun.

Tu fermes ta cocotte bien hermétiquement

Avec la mie de pain mouillée légèrement.

Arrive maintenant le temps de la cuisson,

Sa longueur fondra les arêtes du poisson.

C'est sous la cendre chaude, dans un cantoun de l'âtre

Que doit cuire l'alose, dans les braises rougeâtres.

Cuis-la huit heures au moins d'une chaleur tranquille,

Le tout sera confit. Une alchimie subtile

Des herbes et de l'alcool dissoudra les arêtes.

Petit, sers-moi à boire, ou sinon je m'arrête!

C'est un plat rituel pour tous les gens du Rhône.

Enfin, écoute-moi: l'alose est très friponne,

Après tout le plaisir qu'elle te donne à table

Elle fera de toi un gaillard redoutable!

Tu seras comme un cerf quand résonne son brame:

Ce plat est souverain... pour le bonheur des dames.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Deux belles aloses d'un kilo et demi chacune, - un kilo d'oseille, - un kilo d'épinards en branches ou - mieux - de vert de blettes, à défaut, de la laitue, - quatre oignons émincés, - 2 hectos de petit-salé haché, - deux verres d'huile d'olive, - trois cuillerées à soupe de sel fin, -poivre noir du moulin, - muscade (à votre appréciation, mais généreusement), - une bouteille et demi de vin blanc sec, - trois verres d' "aigarden" (eau-de-vie).

 

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante, animale, s'accommode parfaitement de vins blancs ayant du caractère:

Côtes-du-rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Chateauneuf-du-Pape.

Coteaux du Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette de Bellegarde.

Côtes de Provence de Palette, Coteaux varois de Salernes, Saint-Maxi­min, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du-rhône d'Estézargues, Coteaux-d'Avignon, Chusclan, Rochegude, Saint-Mau­rice-sur-Aygues, Sablet. Costières de Nîmes. Coteaux du Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux varois de Tourves, Barjols, Nans-Ies-Pins.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

20/03/2016

Ouiquinde gastronomique : les savoureuses quenelles !

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Comment peut-on laisser la superbe quenelle

Être dégueulassée par des kons sans cervelle ?

Cette douceur oblongue, célèbre à Nantua,

Fille de Lucullus et de Gargantua

Représente pour moi le bonheur des papilles

Et non quelque vulgaire fachos de pacotille.

- Oh ! Victor, calme-toi, tu deviens chatouilleux !

- Foin de ces konneries, redevenons sérieux.

On va donc préparer, pour ce soir, des quenelles

Ces filles de l’amour sont aussi…queue’n-elle !

Versez dans une casserole à fond épais,

Un quart de litre d’eau, un bloc de beurre frais

Une pincée de sel et montez à bouillir ;

Deux hectos de farine et tournez sans mollir

Jusqu’à ce que la pâte se dessèche un bon peu ;

Incorporez alors trois beaux œufs, hors du feu.

Lorsque la pate est tiède, faites-en un boudin

Sur un plan fariné, la roulant dans vos mains.

Sectionnez l’appareil oblong en six portions

Que vous allez rouler, avec grande attention,

Pour en faire, à la main, six accortes quenelles.

Dans de l’eau frémissante, pochez alors les belles,

Dès qu’elles remontent, seules, à la surface

Mettez-les dans un plat, disposées en rosace.

Réservez-les au chaud et attaquez la sauce.

Au mortier et pilon, et sans être flemmard,

Concassez les carcasses et pinces de homards

Dans de l’huile d’olive, cinq minutes, à feu vif,

Vous faites revenir votre dispositif,

Rajoutez de l’oignon, du poireau émincé,

Laissez cuire, en tournant, cinq minutes tassées,

Singez à la farine, puis mouillez aussitôt

Au fumet de poisson, vin blanc sec et Pineau.

Pressez trois gousses d’ail, concentré de tomate,

Du piment d’Espelette et quelques aromates

(Persil, thym et laurier), laissez cuire sans hâte.

En milieu de cuisson ajoutez poivre et sel,

Buvez un coup de blanc pour vous remettre en selle.

Un quart d’heure plus tard, vous passez au chinois

En pressant bien les ingrédients sur les parois.

Nappez de cette sauce votre plat de quenelles,

Et alors le bonheur vous prendra sous son aile.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Photo X – Droits réservés

 

19/03/2016

Ouiquinde érotique printanier

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Enfin ce coquin de printemps

Nous a ramené le beau temps

L’soleil réchauff’ les libidos

Tout l’monde fait la bête à deux dos

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Au bord du Rhône et dans les zup

Le mistral soulève les jupes

Tous les mecs à l’œil égrillard

Tapent des jetons, ces vieux paillards !

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Dans son bureau j’ai vu le maire

Qui embourbait sa secrétaire

Derrière une pile de dossiers

Il lui travaillait le fessier

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Mêm’ les flics entrent dans la danse

Ils en oublient les contredanses

Et préfèrent se l’astiquer

Devant les belles à croquer

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

A la première communion

Le curé sort son goupillon

Qu’il met dans la main de ma sœur

Pour bénir les enfants de chœur

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Cré nom de dioù, j’laisse ma plume

Mon frère d’en bas prend du volume

Je vais sauter sur ma Lionne

Car pour le cul c’est la championne

Et les matous durs de la pine

Coursent la chatte à ma voisine.

 

Merci au grand Reiser

 

 

13/03/2016

Ouiquinde gastronomique: Le civet de renard de l'Oncle Pinet

 

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J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de saindoux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances animales et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vignes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Costières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-Saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

14/02/2016

Ouiquinde gastronomique : les pieds-et-paquets marseillais

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Hier, on nous avons mangé les pieds-et-paquet marseillais, que j’ai confectionné pour quelques amis jouisseurs, selon la recette de celui qui fut mon voisin :

 

Mon voisin s'appelle Bonnefille.

Bien joli nom pour un voisin!

C'est un aimable et joyeux drille

Amoureux du jus de raisin,

Surtout quand Bacchus le divin

Subtilement en fait du vin.

Sa trogne rouge de Silène

Portée haut par plus d'un quintal

De bonne viande épicurienne

Resplendit d'un bonheur total

Lorsqu'il sert à ses invités

De succulentes assiettées

D'un plat qu'on ne peut oublier:

Ses pieds et paquets marseillais.

 

Écoute bien, petit, et débouche une quille,

La subtile recette du père Bonnefille.

À moins que vous n'ayez des façons de puriste

Demandez au boucher de vous confectionner

Les délicats paquets avec ses doigts d'artiste

Sinon vous risquez fort d'y passer la journée...

Mais pour votre gouverne, en voici le principe:

Il faut emprisonner dans un carré de tripe

Large de quatre doigts, une portion de farce

Faite de boyau gras et de petit-salé,

D'ail frais et de persil, bien poivrée et salée

Et hachée à la main de manière efficace.

En repliant trois pointes on fabrique une poche

Serrée pour éviter que la farce bavoche

Puis on passe le tout dans une boutonnière

De la dernière pointe. Tout est dans la manière !

Quand aux pieds, prenez-les de moutons ou d'agneaux,

Refendez-les en long, d'un coup sur le billot,

Blanchissez cinq minutes dans de l'eau vinaigrée

Puis rincez, égouttez, réservez et couvrez.

Faites alors revenir, jusqu'au premier roussi

Deux oignons émincés, carotte, ail et persil,

Ajoutez un bouquet garni, bien entendu,

Dans un hecto de lard auparavant fondu.

Deux bonnes cuillerées de coulis de tomates,

Deux verres de vin blanc sur tous ces aromates,

Puis vous laissez réduire, doucement, en tournant

Tout en vous humectant d'un bon gorge on de blanc.

Au fond d'une cocotte ou autre plat idoine

Mais profond et en fonte, disposez une couenne

 

Sur laquelle vous rangez soigneusement les pieds

Ainsi que les paquets. Faites moitié-moitié.

Une couche de votre précédent appareil,

Sel, poivre du moulin. Recommencez pareil

En couches successives, puis mettez au dessus

Un demi-pied de veau, bien moelleux et ossu,

Quatre clous de girofle piqués dans un oignon,

Puis mouillez de vin blanc allongé de bouillon.

Le père Bonnefille les fait cuire en deux fois:

Trois heures au moins la veille du jour où il reçoit,

Il laisse refroidir, et dégraisse au besoin,

Puis cuit trois heures encor, doucement, avec soin,

Le jour de réception. Il faut voir son sourire

D'épicurien heureux, lorsque sans plus mot dire

Il apporte son plat fumant et odorant.

C'est un feu d'artifices de parfums attirants,

De fragrances subtiles, de délicats arômes

Sublimés par un verre de bon Côtes-du-Rhône.

En accompagnement, quelques pommes vapeur

Écrasées dans le jus prendront belle saveur.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Comptez 4 paquets par personnes, soit 24 paquets, allez une trentaine pour le rab, à commander à vo­tre boucher. - 2 pieds par personnes, soit 12 pieds d'agneaux, zoù ! une quinzaine, - 1 pied de veau, - 1 large couenne de cochon, - 1 hecto de lard à fondre, - 2 gros oignons émincés, - 1 demi­ kilo de carottes émincées, - 6 gousses d'ail écrasées, - 3 branches de persil plat haché, - 1 verre de vinaigre, - 1 bouquet garni, - 2 ou 3 cuille­rées à soupe de coulis de tomates, - 1 bouteille de vin blanc, - 2 cuillerées à soupe de sel fin, - poivre du moulin en abondance, - 1 oignon entier piqué de 3 clous de girofle, - 1 demi-litre de bouillon de viande, - 1 kilo et demi de pommes de terre (à cuire séparément à la vapeur).

 

Les vins conseillés:

Les Côtes-du-Rhône Villages rouge accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-Ies-Vignes, Villedieu, Visan, Beaumes­-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Hilaire­d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux­d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

25/01/2016

Calais : la croisière ne s'amuse plus...

calais ferry pris d'assault.jpg

 

Ah ! Ils les ont eu les foies ! Ils en ont fienté dans leurs calbars jusqu'à en souiller leurs couilles en or( ! « Ils » ? Qui « ils » ? Ben, les sbires de ces quelques dizaines de milliers de parasites qui pensent « posséder » le monde. Bref, les tenants de « l'ordre » ultralibéral. Ils ont eu peur lorsque les « migrants » ont envahi un ferry dans le port de Calais ! Allez hop!Vite, les CRS pour évacuer cette racaille.

 

Pourtant, c'est ça qu'ils doivent faire les « migrants ». Plutôt que de' s'entasser dans une « jungle » sordide, plutôt que se mettre à dos toute une population excédée, plutôt que de tenter de passer par la route, via les camions ou l'Eurostar, ne serait-il pas plus efficace et utile pour eux de passer par la mer ! Sur la mer. Avec des bateaux. Comme ils l'ont, pour beaucoup, déjà fait pour arriver en Europe à travers la Méditerranée sans y laisser leur peau. Puis - individuellement ou en groupe - ils ont traversé toute l'Europe sans se faire alpaguer par les diverses polices. À croire qu'ils ont des complices parmi les nombreuses associations dites humanitaires qui leur facilite le job... Ils ont casqué jusqu'à deux ans de salaires pour arriver jusqu'à Calais, puis ils restent là, à croupir sous des sacs poubelles alors que leur « eldorado » n'est qu'à quelques dizaines de miles nautiques ? Quelques dizaines de kilomètres ? Ils sont kons ou quoi? La France, ils n'en veulent pas. Ça tombe bien parce que c'est réciproque.

 

Alors plutôt que de faire le boulot des Anglais – protéger la frontière de Grande-Bretagne qui se situe en France  à cause des accords scélérats du Touquet – ne vaudrait-il pas mieux leur faciliter la tâche en les aidant (discrètement, pas officiellement bien sûr) à traverser la Manche, le « Channel » comme disent les Rosbifs ?

 

Les passeurs qui les ont guidé jusqu'à Calais pour les y abandonner ne pourraient-ils pas mettre au point des systèmes de passages à bord de vedettes rapides, partant de n'importe quel point des côtes françaises ou belges pour arriver n'importe ou sur la côte anglaise ? Une petite heure de navigation.C'est plus facile que de traverser la Méditerranée que je sache ! Rappelez-vous les passages de milliers de « réfugiés » jetés sur les plages italiennes par des bateaux rapides albanais.

 

Pourquoi ces « migrants » veulent-ils aller en Angleterre, Parce que beaucoup viennent de pays qui ont subi le knout colonial britannique mais qui, en revanche, se sont appropriés la langue du colonisateur. Parce qu'en Angleterre, il n'y a pas de carte d'identité et donc que le migrant, une fois arrivé, se fond dans la masse. Parce que cette masse est organisée en communautés ethniques et/ou religieuses dans lesquelles le migrant peut espérer de l'aide. Enfin et surtout parce que l'économie britannique est une expression caricaturale de l'ultralibéralisme et donc que les patrons britanniques se frottent les mains de pouvoir embaucher cette main d’œuvre docile travaillant dans des conditions peu enviables pour des salaires de misère. Voilà pourquoi la Grande-Bretagne agit comme une véritable pompe à migrants.

 

Bertrand, nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais -Picardie, lors de sa campagne électorale,

s'est courageusement élevé contre ces accords du Touquet. C'est le moment pour lui de passer à l'action. Quitte à provoquer une crise diplomatique avec nos meilleurs ennemis anglais.

 

Que disent ces accords du Touquet ? Ils disent que c'est nous qui devons contrôler, à Calais comme à Eurostar ou ailleurs, non pas seulement les sorties du territoire français mais les entrées en territoire britannique ! Á nos frais ! Nos douaniers, nos flics doivent courser les migrants qui veulent entrer en Angleterre chez nous. Alors que ce devrait être aux douaniers et aux flics britanniques de les contrôler voire de les courser chez eux, à Douvres, et pas à Calais ! Parce que la frontière de Grande-Bretagne n'est pas au passage des côtes anglaises mais...en France ! Qu'est-ce que c'est que cette konnerie ? Ben, un exploit (un de plus) de Sarkozy et de Chirac avec les accords du Touquet mettant les frontières britanniques en France ! Ça paraît incroyable ? On revient au temps des bourgeois de Calais ?

 

Ben, c'est comme ça. Les Rosbifs, comme souvent, nous ont roulé dans la farine.

 

Photo X - Droits réservés

22/01/2016

Au bistrot de la toile : la « victoire » des toubibs

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- ...teng ! T'as vu ça Victor : ils ont gagné les toubibs. Le Conseil Constitutionnel a retoqué l'une des mesures phares de la loi Santé de Marisol Touraine : le paiement direct de la facture du toubib par la Sécu et les mutuelles.

 

- On touche là du doigt la puissance occulte de cette corporation qui est très présente tant à l'Assemblée nationale qu'au Sénat et dans toutes les instances décisionnelles, mairies, conseils généraux, conseils régionaux. Sans oublier les centres d'influence occultes, loges, clubs, rotary, etc. Ils ont donc des relais d'influence fort utiles...jusqu'au Conseil Constitutionnel !

 

- Pourtant ce système du tiers payant est une bonne chose que je sache. Et ce n'est sûrement pas très difficile à mettre en œuvre. Ce que font les pharmaciens, les toubibs ne seraient pas capables de le faire ?

 

- Ils pourraient évidemment le faire sans beaucoup de problèmes. Mais leur revendication à ce sujet est pourtant recevable : ils ont affaire avec plus de 500 mutuelles ! Enfin, quand je dis mutuelles, c'est une façon de parler, parce qu'il y a longtemps que les « mutuelles » ont oublié la dimension sociale et solidaire de leur fonction pour devenir des machines à fric. En fait ce qu'elles veulent, c'est bouffer la Sécu. Et c'est en bonne voie, notamment avec cette fausse loi sociale qui, depuis le 1er janvier, impose à toutes les entreprises de « payer » une mutuelle à leurs salariés.

 

- À bon. Et pourquoi ?

 

- Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrats collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel – encore lui - a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un sur-complémentaire supplémentaire ! Quant à l'employeur, lui, il pourra déduire sa part de cotisations de la masse salariale au détriment des rémunérations. Au fou ! Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau. Et puis, la plupart des salariés ont déjà une assurance complémentaire. Ils ne garderont donc pas les deux, ou alors leur complémentaire habituelle leur fera miroiter les délices de souscrire, chez eux, une « sur-complémentaire ». Et la concurrence sera rude entre les chacals de l'Assurance ! Moralité, sauf peut-être dans les très grands groupes, cette konnerie coûtera plus cher aux assurés.

 

- Et la Sécu la dedans ?

 

- La Sécu, elle est attaquée de toutes part. La tactique pour sa mise à mort ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit !) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu. Ah ! Au fait, ça se fait sous un gouvernement dit « de gauche ». Hollande, Valls, Macron, Gattaz, Bébéar, même combat !

 

- Et que faudrait-il faire ?

 

- Supprimer toutes ces « mutuelles » parasitaires. Et rendre toutes ses prérogatives à la Sécurité sociale. À défaut d'un remboursement à 100 % - ce qui devrait être pourtant la norme – il suffit de créer, au sein de la Sécu, un département d'assurance volontaire, couvrant le remboursement de ce qui ne serait pas pris en compte par la Sécu principale. Avec évidemment, pour l'assuré, le versement volontaire d'une cotisation modulable selon ses besoins qui, de toute façon, serait bien moins chère que celle des assurances « complémentaires » privées, mutuelles ou non (les frais de fonctionnement de la Sécu étant de 3 % contre 15 % chez les assureurs privés qui se goinfrent et ne prennent que les petits risques). Et, surtout, supprimer toutes les exonérations de cotisations car, si les entreprises ont de l'argent pour payer des complémentaires d'entreprise, pourquoi n'en auraient-elle pas pour payer des cotisations à la Sécu ?

 

- Évidemment. Sans compter que dès lors, les toubibs ne pourraient plus refuser le tiers payant puisqu’ils n’auraient qu'un seul interlocuteur – la Sécu - au lieu de 500 « mutuelles ».

 

- Allez. À la nôtre !