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16/08/2017

Au bistro de la toile : des œufs au fipro quoi ? Fipronil...

chimulus bistro copie.jpg

 

- Allo. Salut Victor. Toujours dans tes Hautes Terres je vois. Quoi de neuf ?

- Hier j’ai mangé l’omelette aux girolles, puis les tripoux avec l’aligot. Le matin il fait entre 6 et 10° et on dort bien.

- Une omelette ? Avec des œufs ? T’as pas peur du Fipronil ?

- Ici, les œufs, c’est la voisine, Marguerite, qui me les apporte, direct du cul de ses poules. Des gallines qui cavalent partout, taquinent le ver de terre, coursent la sauterelle et se gavent de salade des champs. Le Fipronil, rien à foutre ! Mais ce truc à la kon montre les ravages de l’industrialisation de l’agriculture, poussant dehors les paysans pour les remplacer par des « exploitants agricoles » formés par les écoles d’agriculture, conditionnés par les chambres d’agricultures et dont la FNSEA bourre le crâne du grand credo ultralibéral de l’agriculture productiviste. Produire toujours plus, mais surtout au prix le plus bas. Tout cela pour satisfaire non pas le client, le consommateur, mais pour conforter les dividendes de la grande distribution, dictatoriale en la matière.

- Ouais mais ici, comment tu fais pour acheter des œufs disons « fiables ». Comment tu fais ici ? En ville, on n’a pas le cul des poules de Marguerite sous la main…

- Les œufs, je les achète au marché, à « Madame Teuf » comme je l’appelle. Une adorable fermière qui nous apporte chaque semaine la production de ses poules, pondue de la veille. Pour te dire que si on veut, on trouve.

- Ouais mais si on n’a pas le temps, on va au supermarché, et on prend ce qu’on trouve. Et puis, Victor, faut donner aux choses l’importance qu’elles ont : il faudrait manger 10 œufs par jour pour être intoxiqué par ce pesticide à la kon. On en est loin.

- Peut-être pas si loin que ça Loulle. Les œufs sont partout dans la bouffe actuelle. Dans les pâtes, dans la pâtisserie, dans les glaces, etc. Fait le compte, t’arriveras vite à tes dix œufs trafiqués. Et puis il y a autre chose. La prétendue faible toxicité pour l’homme de ce pesticide, c’est prôné par qui ? Par les « zautorités » compétentes, c’est-à-dire notre ministre de l’agriculture calquant son attitude sur celle de la Commission de Bruxelles. À noter que, dans un premier temps, les médias « mène strime » montraient des cartes avec la France épargnée ! « Pellerin, sort de ce corps ! » Comme au temps de Tchernobyl, le Fiponil s’était arrêté aux frontières ! Mais ça n’a pas duré. Faut savoir aussi que l’un des premiers « spécialiste autorisé » à avoir largement minimisé les effets néfastes de cette merde, c’est un très éminent toxicologue anglais, le Pr Bobbis clamant que ces doses étaient totalement inoffensives. Il faut savoir que ce type est vice-président du conseil d’administration de ILSI Europe, un puissant lobby étasunien dédié à la « sécurité alimentaire », mais qui est financé par Monsanto, Cargill, Danone, Coca Cola, Procter and Gamble, Syngenta, Nestlé et autres. Et ce puissant lobby noyaute à outrance l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA)… À savoir encore que ce type a aussi efficacement défendu les perturbateurs endocriniens, dont le glyphosate de Monsanto. Voilà le genre de pèlerin auquel on se fie…

- Mouais… Ça va foutre en bas encore quelques entreprises agricoles…

- Si ce sont des marchands de merde, tant mieux si elles disparaissent. Le populo semble enfin prendre conscience de sa puissance : c’est lui qui sort ses sous ! Donc il doit pouvoir choisir. D’où le développement du bio (encore que… depuis que c’est un créneau juteux et que la grande distribution s’en mêle, faut être dubitatif). Le (pas si) con-sommateur cherche de plus en plus les produits locaux, privilégie les circuits courts et se méfie du bourrage de crâne.

- Ouais. Ça, c’est pour ceux qui ont le temps et quelques moyens, les autres, ceux qui triment pour une poignée de figues quand ils ont un boulot ou survivent avec les minima sociaux, ceux-là, ils vont dans les grandes surfaces et achètent toujours le moins cher, donc toujours de la merde…

- Et ouais Loulle. Allez, je te laisse. Paie une tournée sur mon compte.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

20/07/2017

La gamelle dans tous ses états (généraux).

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Les producteurs de melons, comme ceux d'abricots, jettent leur production. Un scandale et une honte. Mais aussi une réalité qui décourage, pousse à la ruine et souvent au suicide bien des agriculteurs. Concurrence « libre » mais faussée des produits équivalents espagnols se plaignent les exploitants français. C'est vrai et cela ne changera pas tant qu'une harmonisation sociale, fiscale et normative au niveau de l'Europe ne corrigera pas cette concurrence faussée. Ca, c'est un problème conjoncturel concernant un secteur précis de l'activité agricole. Mais il est un parmi une foultitude de problèmes constituant ce qu'il est convenu d'appeler « la crise de la filière agricole ».

Les producteurs de lait ne sont pas mieux lotis. Le prix du lait est le même que celui qu'on leur payait en...1991 ! A cette époque, une vache rapportait autant qu'un hectare de blé. Aujourd'hui, il faut 7 à 8 vaches pour égaler le produit d'un hectare de blé…

Et que dire des filières porcines, volaillères, ovines, bovines. Partout la crise qui peut se résumer en une phrase : le prix offert par les metteurs en marché est souvent inférieur au prix de revient des producteurs. En 2016, un agriculteur sur deux a « gagné » moins de 350 euros par mois ! Résultats : la crise, la ruine des exploitations à taille humaine, les suicides et le glissement inéluctable vers une agriculture industrielle dont l'exemple étasunien donne un exemple effrayant : usines à viande auprès desquelles notre « ferme à mille vaches » est un doux havre écolo, fruits et légumes OGM bourrés de pesticides, etc. C'est le triomphe de la « malbouffe ».

Face à cet état de fait, pour concrétiser une promesse électorale de Macron, s'ouvre ce jeudi à Bercy « les Etats généraux de l'alimentation ».  « Je veux redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels », martelait le maintenant Président lors de sa campagne présidentielle. C'est bien de le dire, ce serait mieux de le faire. Face à eux qui se présentent en ordre dispersés, les producteurs ont la grande distribution mais aussi les transformateurs industriels. Et ils ne font pas le poids. Leur principal syndicat a longtemps été présidée par feu un ponte de cette industrie agro-alimentaire…

Ce pouvoir de négociation, les agriculteurs - désespérés par la mauvaise volonté quand ce n'est la mauvaise foi tant des industriels transformateurs que de l grande distribution – tentent de l'obtenir par des actions de « desesperados » en déversant leurs melons, abricots, pèches devant les hypers ou encore fumier et déchets devant les préfectures. C'est contre ces extrémités que ces « Etats généraux » doivent trouver des solutions.

Mais le public, l'acheteur final, le consommateur qui ne veut plus être un con-sommateur sont aussi appelés à donner leur avis. Non, pas à la table des négociation, faut pas rêver, mais par une consultation publique sur une plate-forme participative (egalimentation.gouv.fr) où chaque citoyen est invité à s'exprimer, avec des questions renouvelées au fil des semaines pour nourrir le débat en cours. Mais le fait que cette consultation du public soit prévue en plein été et à la rentrée plutôt qu'en amont des États généraux va rendre la participation pour le moins « difficile ». Et puis qui tient compte de l'avis du cochon de payant ?

Un premier bilan sera tiré fin septembre dans l'espoir d'avoir trouvé des solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs. Juste à temps pour espérer peser sur le round annuel de négociations tarifaires entre industriels et distributeurs, qui s'ouvre tous les ans en octobre.

Bon courage…

 

Photo X - Droits réservés

16/07/2017

Gastronomie dominicale: les aliboffis.

taureau de NY couilles.JPG

Les aliboffis, vous connaissez ? C’est, en Provence, les couillons. Pas au figuré, non, les couilles, les testicules si vous préférez le terme politiquement correct. J’ai coutume de dire que « quand elles se vident, c’est le bonheur, tout le monde comprend pourquoi, et quand elles gonflent, c’est la rabia. »
Bon. Après ces petites précisions physiologiques, savez-vous que les aliboffis, c’est excellent à manger ?


Tè ! Je vais vous expliquez comment les faisait mon père (les aliboffis sont un plat que seul un homme peut cuisiner. Les femmes, on préfère qu’elles nous les caressent, bien que parfois elles nous les cassent… C’est dans leur nature, faut faire avec…)


Alors voilà. Chez votre tripier (on en trouve encore), demandez deux belles paires d’aliboffis d’agneau. Si vous êtes ambitieux et si vous ne craignez pas les comparaisons hasardeuses, demandez des aliboffis de taureaux (on en trouve à Arles, à Nîmes, à Dax, à Bayonne, à Vic, à Béziers pendant les Férias). Trempez-les deux heures dans l’eau froide pour les faire dégorger. Puis blanchissez-les une petite minute à l’eau bouillante salée. Sortez-les avec une écumoire, passez-les rapidement à l’eau froide, puis coupez-les en deux et enlevez la peau.
Dans un faitout, sur feu doux, mettez une cuillère à soupe d’huile d’olive. Lorsqu’elle est chaude, jetez-y quatre belles gousses d’ail pelées et écrasées avec le plat du couteau. Faites revenir juste le temps de boire un canon de rosé. Ajoutez un demi-litre d’eau et un verre de vin blanc, deux cuillères à soupe de concentré de tomate, une cuillère à café de harissa, une cuillère à café de cumin en poudre, autant de paprika, autant de sel et le jus d’un demi-citron. Pendant que ça monte à ébullition, coupez les aliboffis en dés grossiers d’environ trois centimètres. Jetez-les dans la préparation précédente lorsqu’elle bout. Couvrez et laissez cire à feu doux pendant vingt minutes. 89aa3257a98740e4346d406ff04b8307.jpgAprès ce temps, si la sauce est trop liquide, faites réduire à feu vif en maniant l’appareil délicatement à la spatule bois pour éviter que ça attache. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement qui doit être de haut goût. Servez très chaud en agrémentant la couleur avec du persil plat haché et des tranches de citron. Ce plat s’accompagne de riz blanc de Camargue. Avec un rosé bien frais, vous m’en direz des nouvelles !


Ah ! J’oubliais : prévoyez quelqu’un pour une petite sieste crapuleuse après ce met gaillard !


Vive les aliboffis !


Photos X - Droits réservés

25/06/2017

Ouiquinde érotico-gastronomique romain: Les vulves de truie farcies !

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Bérénice

 

Titus désirait tant la belle Bérénice 

Que, des  Romains,  il la rêvait impératrice.

L’empereur, pour ses yeux de geai, se consumait,

Elle était étrangère et pourtant il l’aimait.

 

La rondeur de ses seins, la courbe de ses hanches

Sa crinière d’ébène, sa carnation si blanche

Enflammaient, du monarque,  et les jours et les nuits.

Cette princesse juive, il la voulait à lui.

 

Mais c’était faire fi du racisme borné

Qui se dressa dans Rome contre cette hyménée.

Elle fut rejetée par le peuple et la cour,

 

Et Titus dût choisir : son trône ou son amour.

Tout empereur qu’il fut, il dût rendre les armes,

Noyant sa vie gâchée dans un torrent de larmes.

 

 

Les vulves de truie farcies

 

- Tout empereur qu’il fût, ton Titus est un âne !

Lui sait comment séduire une aguichante ânesse,

Comment en obtenir les plus tendres caresses

En l’emmenant brouter les meilleures avoines !

- Tu as raison, petit ! Pour avoir Bérénice,

Pour avoir le bonheur de goûter sa peau lisse,

Pour entrer dans son lit et croquer ses appâts

Il eût dû mitonner, pour elle, un bon repas !

Sur un grand triclinia mollement allongés

L’empereur et sa belle auraient alors mangé

Pour se faire la bouche un grand plateau d’oursins,

Des huîtres de Lucrin et de légers gressins.

Grillées dans l’ail pillé, des darnes de murènes,

Les meilleures étant nourries de chair humaine.

Puis un mulet farci de prunes, d’abricots,

Poché dans du garum et du lait de coco.

Pour réchauffer les sens et délier les langues.

Viendrait un foie gras d’oie à la crème de mangue,

Des foies de rossignols, des cervelles de paon,

Des escargots au lait. Des trompes d’éléphants

Que l’on servait braisées dans un bouquet de menthe

Dont chacun reconnaît les vertus excitantes.

Puis on aurait servi des talons de chameaux

Que l’on confit longtemps dans un jus de pruneaux.

Des becfigues farcis d’une rabasse noire

Sur des fonds d’artichauts venus des bords de Loire.

Tout ceci n’est qu’hors-d’œuvre, simplement des gustus

Accompagnés de vins au miel et au lotus.

Titus aurait troublé l’esprit de sa convive

En commandant un corps de danseuses lascives,

Des gladiateurs nus luttant avec ardeur

Dont les muscles huilés dégageant une odeur

De mâles étalons à têtes d’Adonis

Auraient fort excité la belle Bérénice.

Serait alors venu le temps de la cena

Qui est chez les Romains le temps fort du repas.

Mais parmi tous les mets que les Romains révèrent

C’est la vulve de truie farcie que tous préfèrent.

- Eh ! Oh ! Dis donc, Victor, il sont fous tes Romains !

Car pour cuisiner ça, faut en avoir un grain !

- Ne croit pas ça petit, ce plat était célèbre

Dans cet immense empire, du Tigre jusqu’à l’Ebre.

- Pour te farcir ces vulves, Victor, comment tu fais ?

- Sers-moi d’abord à boire, je suis trop assoiffé.

Tu haches, de la truie,  un morceau de ventrèche

Ou bien d’échine grasse, mais pas de viande sèche,

Deux têtes de poireaux épluchées jusqu’au blanc,

Tu piles au mortier cumin et poivre blanc

Ajoute du garum et des feuilles de rue

Mais attention le nez car l’un et l’autre puent !

Tu mélanges le tout pour en faire une farce

Qui te sers à garnir la vulve de la garce

Tout en y ajoutant du poivre noir en grains,

Un soupçon de cumin et des pignons de pin.

Par du fil à brider, tu couds les orifices.

Pendant tout ce travail, tu prépares à l’office

Un court bouillon léger parfumé au garum,

Ce nuoc-mam des Romains au si puissant arôme,

Un peu d’huile d’olive et un bouquet garni,

Quelques graines d’aneth et de l’oignon bruni.

Tu y poches tes vulves vingt à trente minutes.

C’est le plat préféré des patriciens en rut !

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 2 vulves de truie d'ampleur convenable, - 9 hectos d'échine grasse de cochon, - 6 têtes de poireau, - 3 oignons, - 3 cuille­rées à dessert rase de cumin, - autant de poivre blanc, - autant de graines d'aneth, - 3 cuillerées à dessert bombées de poivre noir en grains, - 3 poignées de pignons de pin, - 12 feuilles de rue (on trouve facilement cette plante dans nos garrigues, on la reconnaît à son odeur forte plutôt fétide), - 6 cuillers à soupe de nuoc mam, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, sarriette, persil plat), - 3 cuillers à soupe d'huile d'olive, - sel, - eau, - fil à brider.

 

Les vins conseillés:

Essayez les vins romains du Mas des Tourelles, à Beaucaire: Muslum, Turricilae, Carenum. Sinon tous les vins rosés.

En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquiè­res-St-Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St-Victor-la-Coste, Remoulins.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-­Christol.

En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux-varois.

 

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

02/04/2017

Ouiquinde gastronomique : La truffade de morue

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Avoir du poisson frais, aujourd'hui est banal

Même si l'on habite loin du littoral.

Cependant bien souvent, dans les grandes surfaces,

Le frais est remplacé par le froid de la glace,

Si bien que pour le nez, l'étal du poissonnier

Fait penser que le « pei » (1) a dû venir à pieds !

Avant l'avènement du sous-vide attrayant,

Du surgelé vainqueur, du frigo triomphant,

Le seul poisson des provençaux de l'intérieur

N'était pas le plus cher, n'était pas le meilleur,

C'était la « merlusso » (2), c'était la morue sèche

Que les rudes bretons faisant la Grande Pêche

Venaient, par tombereaux, troquer contre le sel

À Salin-de-Giraud, Aigues-Mortes ou Lunel.

Ah ! il fallait les voir tous ces rugueux rouliers

Descendant en convois par chemins et halliers,

Poussant à coups de gueule, coups de fouets, coups de pieds,

Leurs grands chevaux fumants tractant leurs lourds fardiers.

Quand les jours étaient longs et qu'ils étaient pressés,

Ils dormaient à la dure, dehors, dans les fossés,

Et lorsqu'ils emplissaient les auberges routières

Pour boire et pour bâfrer, pour rire sans manière,

Ces hommes au sang chaud et à la poigne leste

Jouaient du poing, du fouet pour la moindre conteste.

Les convois descendant amenaient la morue

Fournie par la Bretagne et ses marins bourrus.

Les convois remontant en un grand carrousel

Vers les ports océans étaient chargés de sel.

De ce commerce ancien sont nées des accointances

Entre gens de Bretagne et gens de la Provence.

C'est ainsi que naquit la morue en truffade

La « merlusso'n raïto » " (3) ainsi que la brandade.

 

Fais dessaler, petit, une morue épaisse

Vingt-quatre heures au moins en changeant l'eau trois fois,

Ôte peau, cartilage avec délicatesse,

Puis tu coupes, en portions, mais en faisant bon poids.

Dans de l'huile d'olive tu feras revenir

Deux oignons émincés sans les faire roussir,

Ajoute trois tomates pelées, mondées, hachées

Trois belles gousses d'ail, du thym et du laurier

Du poivre du moulin, safran, zeste d'orange,

Mais surtout pas de sel. Tourne bien ce mélange

Qu'après tu vas mouiller avec deux litres d'eau.

Ajoute douze « truffo » (4) coupées grosso-modo.

Les « truffo » par chez nous sont les pommes-de-terre,

Les véritables truffes, elles, sont les « rabasso » (5),

Joie des meilleurs gourmets ainsi que des pourceaux,

Et des chiens « rabassié » (6) qui les sentent sous terre.

Tu fais cuire à feu vif, surveille la cuisson

De tes pommes-de-terre. Goûte. Lorsqu'elles sont

Cuites à mi-parcours, avec une écumoire

Tu déposes dessus tes morceaux de morue.

Complète la cuisson à feu vif maintenu

Tu rectifies en goût, un canon tu vas boire.

Tu sers dans chaque assiette la morue, les patates,

Tu purges le bouillon de tous ses aromates

Et tu le sers à part, en soupière fumante.

Enjolive ton plat de façon élégante

En piquant ça et là quelques brins de persil.

Qui l'agrémenteront de leur parfum subtil.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

(1) Pei : poisson. (2) Merlusso :  morue. (3) Merlusso'n raito : morue aux pommes-de-terre. (4) Truffo : pommes-de-terre (on dit aussi « tartifles »). (5) Rabasso :  truffes véritables (melanosporum).

(6) Chiens rabassié : chiens truffiers.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 1 morue sèche de 600 g environ, - 3 cuillerées d'huile d'olive, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 3 ou 4 gousses d'ail triées, - thym, - laurier, ­safran, - poivre, - zeste d'orange, - 12 pommes de terres, - 3 branches de persil plat.

 

Les vins conseillés:

Tous les vins rosés. En vallée du Rhône: Tavel, Lirac, Jonquières-St.­Vincent, Chusclan, Ventoux, Luberon, Valréas, Roaix, Gaujac, Domazan, St- Victor-la-Coste, Remoulins.

En vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Saint-Drézery, Saint-ChristoL

En vins de Provence: Côtes-de-Provence, Coteaux varois.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Il y a une paillotte près de l’étang du Vaccarès, en Camargue. Il se dit qu’un énorme monstre hante cet étang.

 

Un touriste questionne un vieux gardian :

-          Il parait qu’un monstre hante ces eaux. Quand apparait-il généralement ?

-          Ça dépend, mais c’est souvent après le septième ou le huitième pastaga !

 

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Excitez votre curiosité :

 

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19/03/2017

Gastronomie érotique indienne

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Quelle différence y a-t-il entre des cacahuètes et un clitoris?

IL n'y en a pas, ce sont des amuses-gueule!

 

12/03/2017

Ouiquinde gastronomique: La bouillabaisse de Juvénal

 

 

bouillabaisse web.jpg

 " Pour faire une bonne bouillabaisse

Il faut se lever de bon matin

Préparer le pastis et sans cesse

Raconter des blagues avec les mains..."

 

Ainsi dit le refrain devenu immortel

Depuis qu'il fut chanté par le grand Fernandel.

Avec beaucoup d'humour, talent et allégresse

Il dit tout ce qu'il faut pour une bouillabaisse.

Ce fleuron flamboyant des tables de Marseille

Populaire partout au pays de Mireille.

Je vais vous raconter celle de Juvénal

Qui, bien que président auprès du Tribunal,

Était un personnage hautement sympathique

Dont les seules rigueurs étaient gastronomiques.

Devant le Roucas-blanc, des amis dévoués

Installaient son quintal dedans le tranvoué.

A l'époque, il roulait encore sur des rails,

Ses passagers riaient, galégeaient, sentaient l'ail.

Les trous de la chaussée remuaient les wagons,

Particulièrement le dernier des fourgons,

À tel point qu'à Marseille, en parlant d'une fille

Ayant l'arrière-train sur roulement à billes

On disait: « Celle-là elle bouge les miches

Presqu'autant que le tranvoué de la Corniche! »

Arrivé au Vieux Port, Juvénal descendait

Et, suivant sa bedaine, en quelques embardées,

Saluant les chalands sans faire de façons,

Il gagnait le superbe marché aux poissons

Où pointus marseillais (1) et bettes martéguales (2)

Débarquaient la marée du profond de leurs cales.

Juvénal inspectait l'étal des poissonnières,

De solides matrones, fortes en gueule et fières,

Justement redoutées par clients et pêcheurs

Parce qu'intransigeantes sur l'état de fraîcheur

Des poissons colorés qu'elles mettaient en vente.

Leurs bordées de paroles pouvaient être violentes!

Juvénal s'arrêtait devant Berthe Chouli

Une maîtresse femme nourrie aux raviolis,

À la pastasciuta (3) et aux chichi-frégi (4),

Aussi large que haute: cent kilos d'énergie.

Ils se congratulaient de façon très mondaine

En se claquant le dos, ventre contre bedaine.

Juvénal commandait à sa chère acolyte :

- « Berthy, servez-moi bien: ce soir j'ai "mes petites" !!!

- Je vous mets un beau loup, des vives et du fiala (5),

Une queue de baudroie, un saint-pierre un peu là !

Des roucaou (6), des rascasses, un kilo de favouilles (7)

Qui donnent si bon goût quand on les écrabouille,

Deux langoustes en vie. Vé ! Si elles sont belles !

Et puis, zou ! en cadeau, deux poignées de girelles.

- Aco vaï ben (8), Berthy. Je vous aime beaucoup !

Vous me préparez ça, le temps de boire un coup ... »

Juvénal s'en allait vers les terrasses peintes

Déguster un violet en buvant son absinthe.

Enfin, l'air réjoui, content de ses emplettes,

Il reprenait le tram vers son repas de fête.

Maître de la cuisine pour cette bouillabaisse,

Il chassait ses "petites" en leur claquant les fesses

Affectueusement. Chantonnant l'Opéra,

Sans quitter son chapeau, la canne sur le bras,

Il vidait, écaillait et lavait les  poissons.

Selon leur gabarit les coupait en tronçons.

Puis lorsque tous étaient nettoyés et parés

Enfin il les rangeait en deux plats séparés.

Dans l'un les poissons tendres à la chair délicate:

Loups, Saint-Pierre, roucaou, poissons aristocrates.

Dans l'autre les plus fermes: fiela, vives, baudroie,

Langoustes et favouilles, poissons que l'on rudoie.

Au fond d'une marmite, Juvénal disposait

Trois oignons émincés, beaucoup d'ail écrasé,

Trois tomates pelées, écrasées au mortier,

Férigoule et fenouil, zest d'orange et laurier,

Dessus il déposait son choix de poissons fermes,

Un verre de bonne huile d'olive de la ferme,

Du poivre du moulin et du safran en brins,

U ne grosse pincée de bon gros sel marin.

Il mouillait tout cela avec de l'eau bouillante,

Juste un doigt au dessus, c'est la valeur courante.

Il enlevait alors les ronds de la "Rosières" (9),

Pour que la flamme entoure son oulo (10) presqu'entière.

Il montait ça au bouilh (11), cinq minutes, à feu vif,

Alors il ajoutait les poissons de récifs.

Encore cinq minutes de grosse ébullition

Pour bien amalgamer l'huile avec le bouillon.

- « Ma bouillabaisse est prête. Humez-moi ce parfum

C'est toute la Provence, la mer et ses embruns! »

Il versait le bouillon, fumant dans la soupière,

Sur du pain frotté d'ail et en tranches entières.

Il servait les poissons à part, sur un grand plat.

Et tous appréciaient ce repas de gala.

Un grand Châteauneuf blanc servi dans du cristal

Sublimait les saveurs du plat de Juvénal.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

3 petits loups (un kilo en tout), - 1 demi kilo de fiala (congre) pris dans le ventre. - 1 kilo de poissons de roches (vives, girelles, roucaou ), 1 saint-pierre (5 à 700 g), - 1 queue de baudroie (800 g), - 1 kilo de favouilles (petits crabes), - 1 langouste (pas obligatoire), - 3 ou 4 tomates, - 3 oignons, - 4 gousses d'ail, - 3 cuillères à soupe de gros sel marin, - poivre noir du moulin, - safran en brins, - 1 gros bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 3 branches de fenouil. - 1 zeste d'orange. - un grand verre d'huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

Les vins blancs frais, joyeux et embaumés de Cassis sont le complément naturel de la bouillabaisse. On peut les remplacer avec bonheur par des blancs de Bandol, de La Ciotat, de Draguignan, de Vidauban, de Pierrefeu. Tous les grands vins blancs secs de la vallée du Rhône: Saint-Peray, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Gervais, Uchaux, Laudun, Villedieu, Saint­Victor-Lacoste, Pujaut.

Les blancs puissants et parfumés des Coteaux du Languedoc de Quatourze, La Clape, La Méjanelle, Picpoul de Pinet

 

 (1) Pointus marseillais: bateau de pêche à étrave pointue et fond en forme. Commun à tous les pêcheurs de la Méditerranée. Une forme qui n'a pas changé depuis les phéniciens et les grecs.

(2) Bette martéguale : bateau de pêche pointu mais à fond plat, originaire de Martigues.

(3) Pastacciuta : plat de pâtes à l'italienne.

(4) Chichi-frégi : beignet marseillais en forme de boudin à base de farine de pois-chiche à l'origine, de froment à présent.

(5) Fiala : congre.

(6) Roucaoû : poisson de roche .

(7) Favouilles : petits crabes de la Méditerranée.

(8) Aco vaï bèn : ça va bien.

(9) Rosières : marque de cuisinière en fonte.

(10) Oulo : récipient de cuisson métallique profond, qu'on suspend au dessus de la cheminée ou que l'on pose sur la cuisinière.

(11) Bouilh : ébullition.

 

06/11/2016

Ouiquinde gastronomique gargantuesque

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Théry

 

 

Longue, fine, éthérée, de grands yeux clairs intenses

Théry est arrivée comme une providence

Lorsque trahi, banni, méprisé, délabré,

J’étais au bord du gouffre et prêt à y sombrer.

 

Avec son cœur, son corps, sa tendresse de femme

Elle a pansé les plaies que des houris infâmes

Avaient creusées à vif de leurs griffes de hyènes

Pour assouvir sur moi leurs appétits de chiennes.

 

Théry m’a ramassé, souriante et jolie

Puis m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son lit.

Elle fût à la fois amie, maîtresse et mère,

 

Goûtant sans calculer un bonheur éphémère.

Dans les recoins secrets du jardin de mon cœur,

Théry aura toujours une place d’honneur.

 

Pour honorer, Victor, ta Théry Providence,

Il te faut préparer une grasse bombance,

Qui réchauffe le cœur et remplit bien le corps,

Fait pour une princesse, pas pour une pécore.

Je te propose un plat bien fait pour les amants,

Bien qu’un rien onéreux : c’est le rôti gourmand.

Prend une olive noire aux câpres et aux anchois,

Mets-là dans un becfigue, c’est un oiseau surchoix,

Mets-le, sans tête et pattes, dedans un ortolan

Bien gras et que tu bardes avec du bon lard blanc,

Mets celui-ci dedans le corps d’une alouette

Que tu as amputé des pattes et de la tête,

Introduis celle-ci dans le corps d’une grive

Que tu auras trempé dans de l’huile d’olive,

Mets-là dans une caille de vigne bien dodue,

Introduis celle-ci dans un vanneau ventru,

Puis glisse celui-ci dans le corps d’un perdreau,

A chaque oiseau tu poivres et sales mais pas trop,

Mets dans une bécasse assez mortifiée

Que tu introduiras, pour la glorifier

Dedans un pintadeau bien bardé de ventrêche

Que tu mets dans le corps d’une poularde fraîche,

Introduis ta poularde dans un canard mulard,

Bride bien celui-ci par des bardes de lard

Avant de le glisser dans une oie de Guinée,

Qu’il te faut introduire, doucement, in fine

Dans une grosse dinde. Pour la remplir à ras,

Tu bourres avec des truffes  ainsi que du foie gras.

Lorsque tous tes oiseaux sont ainsi disposés,

Dans un grand pot de terre tu vas les déposer,

Accompagnés d’oignons, carottes, céleri,

Petits dés de jambons, lard et bouquet garni,

Poivre, sel, coriandre, persil, thym et sarriette,

Quatre ou cinq gousses d’ail et piment d’Espelette,

Quelques grains de genièvre et un peu de cumin,

Mouilles avec du vin blanc, mais des Quatre-Chemins.

Tu dois fermer ton pot bien hermétiquement,

La mie de pain mouillée va admirablement.

Met le pot dans un four à chaleur modérée

La cuisson doit se faire toute dans la durée,

Vingt-quatre heures au moins, une journée entière

Afin que la coction soit lente et régulière.

Ce repas précieux apprécié des cours

Au palmarès des goûts est placé hors-concours.

L’intimité des sucs de tant de volatiles

Révèle des saveurs somptueuses, subtiles,

Quintessence des bois, des marais et des plaines

Qui comblent de bonheur les gourmets et les reines.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 olive noire farcie de 2 câpres et d'1 anchois au sel, ­- 1 becfigue, - 1 ortolan, - 1 alouette, - 1 grive (chacha de préférence), - 1 caille, - 1 vanneau, - 1 perdreau, - 1 bécasse, - 1 pintadeau, - 1 poularde, - 1 canard mulard, - 1 oie de Guinée, - 1 dinde, - 3 truffes de grosseur raisonnable, - 1 livre de foie gras d'oie, - 12 bardes de lard et autant de ventrêche, - sel, - poivre, - huile d'olive, - 1 kilo d'oignons, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de céleri trié, - 5 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de coriandre en grains, - 12 grains de ge­nièvre, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - 3 cuillerées à soupe de sel, - 1 cuillerée à café de poivre noir, - 1 gros bouquet garni (laurier, thym, sarriette, persil plat), - 3 bouteilles de vin blanc des Quatre-Chemins à Laudun.

 

Les vins conseillés:

Cette préparation gargantuesque exige les plus grands vins rouges. Évidemment des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales:

Condrieu, Hermitage, Crozes-Hermitage, Côte-Rôtie, Saint­-Joseph, Cornas.

Mais aussi Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Cai­ranne, Lirac.

 

Illustration X - Droits réservés

 

04/09/2016

Gastronomie érotique antiraciste!

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Josiane


Elle venait de Caen, moi j’arrivais de Cannes,
Ses yeux étaient d’azur, son nom était Josiane.
Au prétexte d’un cours qu’elle avait dû manquer
Je suis monté chez elle, près du quai Malaquais.

Pour gravir sept étages, aux pieds j’avais des ailes,
Josiane m’attendait, une Noire avec elle.
J’ai saisi dans quel piège je m’étais fourvoyé
Quand les deux nymphomanes se sont déshabillées.

Prestement, goulûment, ces houris me dénudent
Elles m’offrent leur bouche en guise de prélude,
Une Noire, une Blanche sur mon corps excité,

Jouent une toccata d’amour et de gaieté.
Caressé, embrassé et violé sans ambages,
J’ai subi, sous leur joug, le plus doux des outrages !

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La langue d'agneau aux figues

— Ben mon cochon, Victor, faut avoir la santé
Pour un combat d’amour avec ces excitées !
Violé par deux souris… Tu réalises en somme
Le fantasme érotique que préfère les hommes !
Tous rêvent de subir les assauts sensuels,
Tous rêvent d’être un jour simple objet sexuel,
Pour deux filles en feu s’accordant sur leur corps,
De mourir de plaisir et de crier “ Encor ! ”
Une Noire, une Blanche jouant de ton archet,
Ta substance d’amour dût vite s’assécher…
Avaient-elles prévu, tes charmantes compagnes
Un repas remontant ou au moins du champagne ?
— Tout juste ! Elles avaient, pour vaincre la fatigue
Mitonné de la langue d’agneau avec des figues.
C’est un plat délicat, venu du Sénégal
Et qui fait de tout homme un amant sans égal.

Tu prends deux langues par convive,
Tu les laves bien à l’eau vive,
Tu les mets dans de l’eau salée,
Avec poivre en grains et laurier,
Clous de girofle et céleri,
Une cuillerée de curry.
Pendant que ça mijote, une heure,
Tu fais revenir dans du beurre
Quelques figues bien mures coupées
Avec du gingembre râpé.
Cinq, six minutes, c’est assez,
Après quoi, tu vas déglacer
Au lait de coco : un verre
Plus le jus de deux citrons verts,
Deux cuillers du jus de cuisson
Des langues auquel, sans façon
Tu rajoutes un verre de rhum
Qui va sublimer les arômes.
Tu sors tes langues et tu les pèles,
Tu les tranches en fines lamelles
Oblongues comme des pétales.
Dans ta sauce tu les étales,
Tu couvres et fais cuire à feu doux
Car ton appareil doit réduire
Sans que ça attache surtout,
Quinze minutes vont suffire.
Rectifie le goût avec soin,
Rajoute du sel au besoin.
Dresse sur ton plat de service
En alternant figues et langues.
Ajoute quelques grains d’anis
Et de fines tranches de mangue.
Range le tout comme une fleur :
Pétales autour et sauce au cœur.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 6 langues d'agneau, - 3 douzaines de figues, - 1 rhizome de gingembre frais, - 1 mangue, - 1 côte de céleri, - 3 cuillerées à soupe de carry, - lait de coco, - 6 citrons (verts si pos-sible), - 1 verre de rhum agricole, - sel, - poivre en grains, - laurier, - graines d'anis.

Les vins conseillés:
Le choix en symbiose privilégie des vins rouges très aroma-tiques, avec des notes épicées et du corps, ce qui est le cas de la plupart des Côtes-du-Rhône Villages: Saint-Gervais, Laudun, Rousset-les-Vignes, Vinsobres, Beaumes-de-Venise, Roaix, Séguret.
En vins du Languedoc, les Saint-Chinian, Fitou, Faugères, Corbières.
En vins de Provence, les Bandol, Cogolin, Puyloubier, Pierrefeu.
Le choix en opposition vous dirige vers des rosés ronds et chauds: Tavel, Lirac, Saint-Maurice, Saint-Pantaléon, Caromb ou Bédoin dans les Ventoux.
En Languedoc, Saint-Saturnin, Costières-de-Nîmes.
En vins de Provence, les Coteaux-varois.

22/08/2016

La FNSEA sonne l'hallali contre Lactalis. Les requins se boufferaient-ils entre eux ? Olé !

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Le lait des producteurs français acheté par le principal industriel français, Lactalis, au prix du lait indien ! 0,25 euro le litre soit 250 euros la tonne. À rapprocher des prix de 2010 qui étaient de 295 euros, déjà en dessous du prix de revient générant un simple salaire au SMIC pour l’exploitant. Lactalis paie 25 à 30 euros de moins que la concurrence. Les producteurs estiment qu’il faudrait que le prix du lait atteigne 386 euros la tonne pour être très modérément rentable.

Mais comme le groupe Lactalis, numéro Un européen est le plus puissant, les contrats qu’il a signés avec les producteurs contraints et forcés le confortent dans son approche uniquement mercantile de ses rapports avec la production.

Lactalis se justifie en arguant de la chute des cours et de la surproduction mondiale. Surproduction organisée à partir de l’abandon des quotas laitiers par l’Union européenne, favorisant les usines à lait (les « fermes 1 000 vaches ») qui sont pléthore en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark et qui sont plutôt d’ailleurs des fermes à 5 000 vaches. Les 90 laitières broutant de la bonne herbe de la Margeride de mon voisin estival Hervé ne font pas le poids…

Les producteurs de la FNSEA, aux abois ont décidé d’une épreuve de force avec Lactalis. Ce lundi 22 août, à l’appel de leur syndicat, ils assiègent les bâtiments du groupe à Laval, empêchant toute entrée et sortie de produits.

Pourtant, dans des publicités multisupports, Lacatalis met en avant la qualité du lait français et le savoir-faire des producteurs. Une manière de se ménager la presse, grâce à des budgets pube généreux… que l’on peut suspendre en cas de « mauvais articles »…

Lactalis est pourtant l’exemple d’une petite PME familiale de province – Besnier - qui a brillamment réussi en se hissant au premier plan tant européen que mondial. Chapeau ! Oui mais on ne réussit dans ce monde sans pitié, sans foi ni loi des multinationales qu’en piétinant allègrement ses sous-traitants et ses producteurs. Et qu’en agissant souvent aux limites de la loi. Ainsi, en 2000, le groupe, qui s’appelait encore Besnier, a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » pour mouillage (ajout d’eau) systématique du lait de consommation. En décembre 2012, le Canard enchaîné dénonce les pratiques du groupe, l’accusant de vendre du lait UHT pour du lait frais pasteurisé, au prix bien plus élevé. Cette fraude a été découverte en 2010 lors d’un contrôle d’une laiterie dans l’Ille-et-Vilaine par la répression des fraudes. Le parquet de Rennes n’a cependant pas donné suite à leur rapport en raison d’un vide réglementaire. En mars 2015, l’entreprise est condamnée dans l’affaire dite du « Cartel du yaourt », pour entente illicite sur les prix et les appels d’offres pour produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur à une amende de 56,1 millions d’euros, par l’Autorité française de la concurrence. Le groupe a aussi tenté de faire modifier par l’INAO (institut national des appellations d’origine) le cahier des charges très strict des AOC (appellation d’origine contrôlée) fromagères afin de pouvoir vendre sous ce label prestigieux ses camemberts industriels au lait pasteurisé ou thermisé. Lactalis a perdu mais dans les rayons des grandes surfaces, il faut vraiment avoir l’œil exercé pour trouver des vrais camemberts (portant le logo AOC ou AOP) au milieu des flopées de fromages industriels agrémentés de belles images et de mentions ne voulant rien dire…

Pour aider les producteurs, quelques supermarchés boudent les produits Lactalis. Dans le même esprit, nous, consommateurs, pouvons éventuellement ne pas acheter les fromages President, Rouy, Lanquetot, Bridélight, Galbani, Rondelé, Munster Les petits amis, Chaussée aux moines ; ou aussi les beurres et crèmes Président, Bridélice, Bridélight, Primevère, Le Marin ; ou encore les produits laitiers La Laitière, Yoco, Flanby, Sveltesse, Viennois, Yaourt à la grecque, Kremly, B’A, Bercail, Chambourcy,Bidel ; et même les produits AOC Pochat, Istara, Beult, Salakis, Lanquetot, Société (eh oui, les célèbres Roquefort…), Boule d’Or, Lou Pérac, Le Roitelet, Ragui, Le pont de la Pierre. Etc.

Bon. Ben reste plus qu’à acheter une vache, tirer son lait, faire son beurre, sa crème, ses yaourts, ses flans, ses fromages.

Et pourquoi pas ?


Photo X - Droits réservés

19/06/2016

Gastronomie bien française: on fait l'andouille !

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L'andouille au Côte-du-Rhône

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Photos X - Droits réservés 

 

03/03/2016

LA VIANDE A LA MERDE !

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Depuis belle lurette, des vétérinaires, des bouchers et des agents de la DCCRF - l’ancienne Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes qui se nomme désormais DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) - s’échangeaient l’information sous le manteau et conseillaient de ne pas donner de viande hallal aux enfants, qu’ils soient ou non musulmans. Le conseil valait notamment pour les parties avant des animaux et, surtout, les steaks hachés, qui ne contiennent souvent que des parties avant.

 

Pour le grand public, c’était motus et bouche cousue, quasiment un secret d’État ! Il était simplement fortement recommandé de manger les steaks hachés très bien cuits, ce qui sur le plan gustatif évoque plus le pâté de sciure que l’entrecôte de bœuf Angus, Kobé ou fin gras du Mézenc...

 

La viande hallal contient de la merde et, plus gravement, l’e-coli (*) qui prolifère dans le système digestif.

        

Sa présence, statistiquement inquiétante, découle directement de la technique utilisée pour l’abattage rituel. Parce que le bestiau, fou de terreur devant la mort qui s’approche, se chie dessus. Comme tout le monde quoi. Et cette merde tombe sur les parties avant. On lave bien sûr. Mais la merde, c’est malin, c’est opiniâtre, ça se glisse partout. Et il en reste.

 

Et pour ceux qui ne mangent pas hallal ?

        

C’est quasiment la même chose car, pour de sordides raisons économiques (pas d’étourdissement, ça fait des postes de dépenses en moins) de nombreux abattoirs tuent façon hallal d’innombrables bovins et ovins, ce qui entraîne pour eux une souffrance aussi effrayante qu’inutile et, pour les consommateurs, le risque de dégustation de matières fécales, dont les qualités organoleptiques restent à démontrer, ainsi que d’e-coli, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

 

Le respect des normes sanitaires et la simple légalité sont fortement sollicitées en la « matière » tant les contrôles sont aléatoires.

 

Lorsque vous achetez du chocolat fantaisie, il suffit de chausser de bonnes lunettes pour apprendre que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de noisette ou d’autres fruits à coque ».

        

Lorsque vous achetez de la viande, même équipé d’une grosse loupe, vous ne saurez jamais que ce que vous allez manger « est susceptible de contenir des traces de merde et quelques e-coli ».

        

Mais si vous faites très très bien cuire et surcuire votre steak haché, il n’y a pas de problème. C’est eux qui le disent !

 

Bon appétit, bonne santé et donnez du saucisson aux bébés, c’est moins dangereux.

 

         (*) E.coli (EHEC) Enterohaemorrhagic : bactérie susceptible de provoquer une maladie grave, guérissant spontanément dans la plupart des cas mais pouvant évoluer vers une forme mortelle, notamment chez les enfants et les vieillards. La charmante bestiole adore le fumier où elle peut survivre plusieurs mois.

 

 

Photo X – Droits réservés       

 

 

14/01/2016

Au bistro de la toile : nourriture pour chiens et vieux ; néfaste-food.

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- Tè, Victor, j'ai là une nouvelle qui devrait te plaire ! En Allemagne, une association caritative a organisé un repas festif pour les anciens, pour les « séniors » comme on dit maintenant. Bref, pour les vieux. Et ils leur ont fait manger « une préparation à base de viande de cerf, de pommes de terre et de légumes du jardin ».

 

- Ben dis donc ! Ils les bichonnent leurs vieux les Allemands ! Chez nous, ces repas existent aussi, bien sûr, mais ce n'est que rarement du gibier !

 

- Mouais... À part que cette « préparation à base de viande de cerf, de pommes de terre et de légumes du jardin » était de la viande pour chien, de la « charcuterie pour animaux » !

 

- Et ils en sont mort les petits vieux d'outre-Rhin ?

 

- On n'en parle pas.

 

- Ma foi... De la pâtée pour chiens pour nourrir les vieux, c'est tout de même mieux que le contraire, de la pâtée de viande de vieux euthanasiés pour les chiens. Une sorte d'économie circulaire en quelque sorte. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, disait tonton Antoine Lavoisier ! On se rapproche de « Soleil vert » , ce formidable film prémonitoire sorti en 1973 et qui décrit l'existence de l'humanité en 2022. Les vieux, on les « euthanasie » (on les assassine) à partir d'un certain âge et leur cadavre, comme celui de tous les « inutiles » raflés à pleines pelles mécaniques dans des manifs géantes, sert à faire des pastilles de nourriture pour la surpopulation démente dans un monde glauque, sans arbres, sans fleurs, plein de la merdes jetées par la « croissance » effrénée d'un monde devenu fou.

 

- Après tout, c'est peut-être bon la pâtée pour chiens !

 

- Oh ! Bien assaisonnée, c'est toujours aussi bon que les merguèses des hypermarchés, ou des OGM qu'on bouffera de force lorsque que le Traité transatlantique aura été signé, ou encore la « néfaste-food » des macdo et autres. Il y a quelques décennies, un tel scandale s'est passé en France. Des vieux, trop pauvres avec leur retraite de misère, mangeaient de la pâtée pour chiens. Alors le gouvernement, sous Giscard je pense, a pris une décision pour résoudre ce problème.

 

- Il a augmenté la retraite des vieux...

 

- Tu rigoles Loulle ! Non. Il a élevé les normes sanitaires de la nourriture pour chiens et chats, de façon à ce que les vieux puissent en bouffer sans risques !

 

- Ça c'est de la bonne gouvernance compassionnelle ! Tiens, en parlant de « néfaste-food », j'ai une autre nouvelle, Victor : « Les élus du comité d'entreprise de McDonald’s Ouest Parisien ont déposé plainte pour blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux, mettant en cause des pratiques fiscales rendant "impossible" tout bénéfice et donc tout intéressement des salariés, a-t-on appris de source syndicale.

La plainte a été déposée à Paris auprès du procureur de la République financier " pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, comptes inexacts, faux et usage de faux, et recel.", a précisé à l'AFP Eva Joly, avocate, avec son confrère Pierre Lumbroso, du CE composé en majorité d'élus Unsa et CGT. »

 

- En voilà une nouvelle qu'elle est bonne, Loulle ! C'est le système bien rôdé de ces multinationales qui créent une entité-mère au Luxembourg ou en Irlande. L’excédent d’exploitation réalisé chaque année dans ces gargotes est de l’ordre de 20 % du chiffre d’affaires en moyenne, mais chaque restaurant verse des redevances exorbitantes à une société défiscalisante basée au Luxembourg à hauteur de 22% du chiffre d’affaires en moyenne. Le bénéfice est donc impossible. Le manque à gagner pour les salariés est grand puisque s'il n'y a pas de bénéfices au niveau comptable, il n'y a pas d'intéressement ! Pour l’État français, ce détournement est colossal. Sans parler des conditions de travail qui ne peuvent s'améliorer puisqu'il n'y a pas de marges ! Pauvres actionnaires de Mac-Do qui risquent leur pognon pour rien...

 

- Lorsqu'on aura le temps, on les plaindra... Allez, à la nôtre !

 

 

29/07/2015

TAFTA : menace de mort pour les éleveurs français et européens !

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Les éleveurs français sont en effervescence. Raison principale : ils ne parviennent plus à vivre de leur travail. Leur révolte est donc légitime car vitale pour eux. Responsables désignés : les grandes surfaces, les abatteurs et les transformateurs qui privilégient l'achat de viandes européennes (allemande, polonaise, espagnole) moins chère car produites dans des conditions considérées comme déloyales : main d’œuvre « détachée » à bas coût, conditions de travail déplorables, horaires aberrants, normes environnementales et sociales moins sévères. Les viandes « étrangères » arrivent donc à des prix inférieurs. Et toute une clientèle (cantines, restaurants d'entreprises, d'hôpitaux, etc.) considère le prix comme la donnée principale dans leur choix d'achat. Mais ne se trompent-ils pas d'adversaire?

 

Et pourtant... Et pourtant, la distorsion de prix entre viandes françaises et viandes « européenne » tourne autour de quelques dizaines d'euros à la tonne. Mais se présente à l'horizon une menace d'un tout autre calibre, qui risque de balayer irrémédiablement non seulement l'élevage français (axé sur la qualité et les exploitations de 80 à 200 bêtes) mais aussi européens (axé, en Allemagne, au Pays-Bas, sur les volumes et les exploitations de 1000 à 3000 têtes). Cette menace de mort à nom TAFTA.

 

Il est prévu, dans ces accords transatlantiques menés dans la plus sournoise opacité, l'importation annuelle en Europe de 300.000 à 600.000 tonnes de bœuf, soit entre 4 et 8%, de la production européenne, en provenance du Canada, des Etats-Unis, et du Brésil, puisqu'un accord doit être signé simultanément entre les Etats membres du Mercosur et de l'Europe. Des viandes produites dans des conditions qui n'ont rien à voir avec ce qui se fait en Europe !

 

Qu'on en juge :

Sanitaire.

En Europe, la traçabilité est strictement établie à tous les stades, de la naissance à la commercialisation de l'animal. Aucune traçabilité aux États-Unis et au Brésil.

Alimentation.

- Aux États-Unis et au Brésil, les hormones et les antibiotiques comme facilitateurs de croissance sont la norme. Ces produits sont strictement interdits en Europe pour des raisons sanitaires et surtout de risque de résistance aux antibiotiques.

- Outre-Atlantique, les farines animales, les litières de volailles sont autorisées dans la nourriture de ces bovins « mange-merde » ! Ils sont rigoureusement interdits en Europe depuis la catastrophe de la « vache folle ».

- Dans les gigantesques parcs de gavage des bovins (jusqu'à 30.000 bêtes dans chaque « feedlots »), la nourriture des animaux comportent à plus de 80 % des maïs et des sojas OGM. Eu Europe, en tout cas en France, les animaux sont nourris à 70 % de fourrages et de céréales produits sur l'exploitation ou dans la région. Les OGM sont interdits (encore que...)

Environnement.

Les méthodes de production français et américains, tant dans les normes que dans les pratiques, sont radicalement opposés :

- Les éleveurs français produisent l'alimentation de leurs troupeaux (fourrage, ensilage). Les éleveurs américains (étazuniens, brésiliens) ont recours à des achats d'aliments industriels bourrés d'OGM, d'antibiotiques et autres délicatesses.

- En France, il y des levées de boucliers lorsqu'un industriel veut mettre en œuvre une « ferme des mille vaches ». Outre-Atlantique, ce sont des entassements d'un minimum de 30.000 bêtes chiant des milliers de tonnes d'excréments azotés, polluant les sols et les eaux de ruissellement jusqu'aux nappes phréatiques.

 

Quant au bien-être animal, toujours présent chez les éleveurs français, les Américains, qu'ils soient des États-Unis ou du Brésil, s'en branlent éperdument. Les bêtes sont les unes sur les autres, sans espace vital, ne voient que rarement un brin d'herbe et voyagent dans des conditions répugnantes (28 heures de transport maximum sans pause aux États-Unis et au Brésil, contre 14 heures maximum en Europe). Á noter que ce sont ces gens qui s'offusquent et boycottent notre foie gras !

 

Voilà donc quelques éléments pour envisager ce qui risque d'arriver dans nos assiettes si le TAFTA est signé...

 

Et puis, sur un strict plan financier, puisque c'est le principal critère pris en compte par les ultralibéraux, que feront les éleveurs français et européens lorsque arriveront d'outre-Atlantique ces carcasses dégueulasses à 150 euros la tonne contre environ 300 euros pour les bovins européens ?

 

Ils fermeront boutique et n'auront plus qu'à se pendre...

 

Photo X - Droits réservés

 

12/07/2015

Gastronomie du ouiquinde du 14 juillet : l’homo parasitus en croûte d'argile.

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Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignés de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galets

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

20/02/2015

Agriculture française: la qualité résistera-t-elle à l’industrialisation galopante ?

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Aujourd’hui s’ouvre à Paris la « plus grande ferme du monde », c’est-à-dire le Salon de l’agriculture. Cette exposition de la qualité de l’agriculture française cache pourtant une réalité moins glorieuse : l’industrialisation de l’agriculture française. Au détriment évidemment de la qualité des produits qui sont à la base de ce fleuron du savoir-faire français : la gastronomie. Mais aussi de la qualité de ce chacun de nous mange tous les jours. Avec peut-être des problèmes de santé publique…

 La Confédération paysanne vient de publier une carte fort documentée sur les installations géantes, existantes ou à venir, qui tendent à faire de l’agriculture française une agriculture allemande ou hollandaise comme les autres…

Á vous de juger.

 

Ferme-usine de Monts (37)

Projet d’extension d’une exploitation laitière, objectif :
420 vaches laitières, 260 Génisses, 210 Taurillons, 1300 chèvres, soit 2200 animaux au total.
Acteurs : GAEC de la Tardivière
Avancement : Suite à l’enquête publique, avis favorable du commissaire enquêteur avec réserves environnementales
Autorisation préfectorale non encore délivrée
Mairie de Monts opposée

Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Pas de création d’emplois
Bâtiments à une centaine de mètres des premières habitations
10 000 m3 de lisier à épandre sur 883 ha sur 7 communes

Opposants : Le collectif « Des fermes, pas des usines » (Riverains + Confédération paysanne + Aspie + EELV + Nouvelle donne + PG)

http://www.politis.fr/Encore-plus-fort-que-la-ferme-des,2...

 

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Usine à porcelets du Trébrivan (22)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol, via la filiale SCEA Kerloann, est apporteur de capital et de garanties bancaires - 4 exploitations agricoles des Côtes d’Armor
Avancement : En activité depuis 2012
Les opposants ont obtenu par deux fois la suspension d’exercice de la maternité au tribunal administratif. A chaque fois le préfet des Côtes d’Armor a pris un arrêté autorisant l’exploitation
Financements : Investissement d’1,9 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois (emploi divisé par 4 au regard de la taille moyenne nationale des naisseurs porcins)
Chaine de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 480ha.
Département français le plus touché par les algues vertes
Risque de pollution de l’eau dans une zone fragile, château d’eau de la Bretagne. Risque reconnu par le tribunal administratif
Opposants : Combat depuis 2008
L’association « Sous le vent, les pieds sur terre », Eaux & rivières de Bretagne, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.liberation.fr/economie/2014/11/13/a-trebrivan-...

 

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Usine à porcelets du Poiroux (85)

Maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an
Acteurs : Sofiprotéol via la filiale SCEA Kerloann est apporteur de capital et de garanties bancaires - 3 exploitations agricoles de Vendée, Charentes-maritimes, Finistère + une société spécialisée dans la production d’électricité.
Avancement : Refus d’autorisation d’exploiter par le préfet en 2010. Décision cassée par le tribunal administratif début 2013, puis autorisation d’exploiter accordée par le préfet.
Recours des opposants en cours. Début des travaux prévus pour mi-février 2015
Financement : Investissement de 2,3 millions d’euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 4 emplois (emploi divisé par 3 par rapport à la moyenne des naisseurs porcins). Chaîne de production entièrement robotisée.
5 millions de litres de lisiers + 7 tonnes d’ammoniac, zones d’épandage sur 200ha sur 3 communes, 7 sources concernées, qui se jettent dans 2 bassins ostréicoles et mytilicoles (60 emplois de paysans de la mer menacés).
Risques d’algues vertes aux sables d’Olonne
Opposants : Collectif contre le projet d’usine à porcelet du Poiroux, composé d’Avigen, la Feve et Terres et rivières, Confédération paysanne, ATTAC

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/agricultur...

 

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1000 taurillons de la Courtine (23)

Centre d’engraissement de 1000 taurillons sur le plateau de Millevaches (1400 jeunes bovins par an). Projet de panneaux photovoltaïques + méthaniseur.
Acteurs : SAS Alliance Millevaches - SVA Jean Rozé (filiale d’intermarché)
Avancement : Permis de construire + autorisation d’exploiter délivrés par le préfet.
En travaux. Mise en activité au printemps 2015.
Financement : Coût du projet : 1,4 millions d’euros - Plus de 75% du projet financé par des fonds publics (Etat, région, département, communauté de commune)
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : 3 emplois crées et éleveurs sous contrat de la SVA Jean Rozé.
Adossé à la production d’énergie, ce projet va tirer les prix à la baisse, pénalisant ainsi les autres éleveurs.
15 000 tonnes / an d’effluents d’élevage + 18 000 tonnes de déchets (dont déchets abattoirs) pour le méthaniseur.
Projet en plein cœur du parc national régional Millevaches
Bilan carbone catastrophique : les taurillons seront découpés à Rennes pour être ensuite envoyés au Maghreb.
Opposants : Collectif « 1000 voix – NOVISSEN Creuse » - Confédération paysanne du Limousin

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/...

 

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3000 porcs à Loueuse (60)

Projet d'extension d'un élevage porcin à 3000 places.
Acteurs :
SCEA Borgoo-Martin - Projet accompagné par la Cooperl (1er opérateur du porc en France)
Avancements : Avis favorable de l'enquête publique en janvier 2015. Décision du préfet attendue pour le mois de juin.
Financement : 800 000€ nécessaires pour l'extension.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Au cœur de la Picardie verte, dans le cadre de zone Natura 2000 et des zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZIEFF).
5000 m3 de lisier épandus sur 400 ha.
Opposants : Novissen - Decicamp : Démocratie pour les citoyens des campagnes.

 

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Ferme-usine de 4500 porcs par an d'Heuringhem (62)

Projet d'engraissement de 4500 porcs par an.
Acteurs : EARL Bridault - Chevalier
Avancements : Malgré l'autorisation d'exploiter et le permis de construire délivrés par le préfet du Nord-Pas-de-Calais en mars 2013, les travaux ont été suspendus par le Tribunal administratif en octobre 2013.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage en zone humide, sur le « château d'eau » de la région.
Opposants : Aives (association d'opposants locaux, 600 membres)
Confédération paysanne du Nord-Pas-de-Calais

 

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250 000 poules pondeuses à Doullens (80)

250 000 poules pondeuses à Doullens. Objectif de 400 millions d’œufs par an.
Acteurs : Pascal Lemaire, président de la société de conditionnement Œuf Nord Europe. Une partie des œufs à destination d’Ovoproduits pour une filiale de Lactalis.
Avancement : Projet incomplet selon la préfecture.
Financement : Investissement de 7 millions d’euros

 

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2000 taurillons dans l'Aube (10)

Centre d'engraissement de 2000 taurillons à Arcis-sur-Aube.
Les déjections des taurillons seront valorisées dans une unité de méthanisation
Acteurs : Copélis, société crée par la coopérative Cialyn assurera la gestion de l'engraissement.
La SAS Biogaz d'Arcis pour la méthanisation. Une société de déconditionnement organique s'occupera de récupérer les déchets issus des industries agro-alimentaires pour les méthaniser.
Avancement : Démarrage prévu pour le premier trimestre 2016
Financement : Investissement de 3 millions d'euros
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Epandage sur 15 000 hectares dans un rayon de 15 km.

 

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25 ha de serres de tomates à Echillais (17)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée avec la chaleur émise par un méga incinérateur.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs : Le SIL (Syndicat intercommunautaire du littoral) qui représente 5 communautés de communes. L'incinérateur sera construit par Vinci pour le compte du SIL. Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : 810 observations défavorables dans l'enquête publiques contre 6 favorables. Le commissaire enquêteur rend un avis positif. Feu vert pour la construction de l'incinérateur en septembre 2014. Occupation en cours par une trentaine de zadistes.
Financement : 100 millions d'euros pour l'incinérateur (fonds publics) ; 27 millions d'euros pour les serres à tomates.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires :
Risque important de rejets de dioxines, particules fines, métaux lourds et perturbateurs endocriniens dans les zones environnantes.  Problématique de la gestion des rejets de produits phytosanitaires. Inquiétude pour l'activité ostréicole et mytilicole proche

Opposants : Pays rochefortais alerte (1000 adhérents), ATTAC, Confédération paysanne.

Incinérateur : http://multinationales.org/Vive-contestation-d-un-projet-d
Tomates : http://www.sudouest.fr/2014/11/13/l-une-des-plus-grandes-...

 

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Usine des 1000 vaches (80)

Elevage de 1000 vaches laitières et 750 génisses, adossé à un méthaniseur de 0,6 MW
Acteurs : Michel Ramery (349ème fortune de France) via la SCEA Côte de la Justice, SA Ramery (BTP) et la SCL Lait Pis Carde.
Avancement : Usine en activité avec 500 vaches laitières. Demande d’autorisation pour 899 dans les mois à venir. Objectif de 1000 officiellement confirmé. Le méthaniseur n'est pas encore construit.
Procédures en cours au Tribunal administratif par les opposants.
Financement : 11 millions d'euros d'investissement (SA Ramery) dont des subventions estimées à 2 millions d'euros d'aides publiques à l'investissement et 2 millions d'aides diverses à l'année.
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : Une dizaine d'emplois salariés pour la partie laitière. Nombre d’emplois divisés par quatre par rapport à la moyenne nationale des élevages laitiers.
Prix du lait tiré vers le bas (270€ la tonne annoncé), alors que les éleveurs s’en sortent à peine à 350€ la tonne. Le lait devient un sous-produit des déjections animales.
Accaparement de 3000 ha de foncier par des montages sociétaires.
Risque de lessivage des épandages dans la baie de Somme avoisinante, classée au patrimoine mondial de l'Humanité.
Opposants : Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement, 2400 membres) -
Confédération paysanne, 9 militants condamnés le 28 octobre 2014, 6 avec des peines de prison avec sursis dont 5 mois pour Laurent Pinatel, son porte-parole.

http://confederationpaysanne.fr/gen_article.php?id=2874

 

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1000 jeunes bovins de Saint-Didier-d'Aussiat (01)

Projet d’engraissement de 1000 jeunes bovins.
Acteurs : GAEC de l’Espérance
Avancement : Autorisé début Janvier 2015

http://www.ain.gouv.fr/IMG/pdf/GAEC_DE_L_ESPERANCE_APA_05...

 

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350 000 poulets à Missé (79)

Extension d’un poulailler de 91 000 volailles à 350 000 volailles.
Acteurs : EARL Biavi
Avancement : Autorisé juillet 2014
Financement : Investissement d’1 million d’euros
Opposants :  Bon vent, Bien vivre à Doret, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

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15 000 porcs à Vitry-le-François (51)

Projet d’extension d‘un élevage porcin à 15 600 places de porcs - 1100 truies reproductrices / 30 000 porcs engraissés par an
Acteurs : SCEA la Certine
Acheteur : Carrefour
Avancement : Réalisé
Enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires : En plus des 580 ha de céréales produites sur l’exploitation, il faut huit camions par semaine pour apporter l’alimentation animale.
50 000 m3 de lisier / Epandages sur 2700 ha / 15 communes

 

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1,2 million de volailles à Pamproux (79)

Elevage de 600 000 poulettes - Plus de 600 000 poules pondeuses - 700 millions d’œufs commercialisés par an - Préparation de 13 000 tonnes d’ovoproduits (produits à base d’œufs pour l’industrie agro-alimentaire) - 2600 ha de productions céréalières - CA de 64 millions. d’euros
Acteur : Pampr’oeuf

Avancement : Réalisé

 

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25 ha de serre de tomates à Brécey (50)

25 ha de serres de tomates hors sol chauffée.
50 tonnes de tomates produites par jour, 9 000 tonnes par an
Acteurs :Mêmes protagonistes qu’à Echillais (17) : Une entreprise de BTP
Société hollandaise A&G Van den Bosch, adossée au groupe Greenery, multinationale néerlandaise de commerce de fruits et légumes frais (CA 1,5 milliards d'euros).
Avancement : En projet.

http://www.lagazettedelamanche.fr/2014/11/06/economie-120...

 

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8ha de serres de tomates à Lapouyade (33)

8ha de tomates pour une production annuelle de 4000 tonnes - Chaleur fournie par une unité de biogaz issu d’un site d'enfouissement de déchets ultimes Veolia.
Acteurs : Union des paysans de Rougeline
Avancement : Permis de construire accordé fin 2014 - Les travaux devraient être finalisés à l'été 2015 - Premiers plants attendues en Novembre pour une première récolte en février...
Financement : 10 millions d'euros pour les serres à tomate - 5 millions d’euros pour le système de biogaz

http://www.sudouest.fr/2015/01/07/des-serres-de-tomates-c...

 

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125 000 poulets à Grillon (84)

Elevage de 850 000 poulets par an. 125 000 poulets en permanence. - Panneaux photovoltaïque sur les 11 000 m2 de bâtiments
Acteurs : Entreprise M. Vincent Vernet
Avancement : Recours au Tribunal administratif de Nîmes en cours - En construction
Opposants : Association pour la protection de l'environnement du Pays de Grignan

 

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115 000 poulets à Lannepax (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour - Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Annulation de l’autorisation d’exploiter par le Tribunal administratif fin 2014 - Début 2015, le préfet du Gers maintien l’activité du poulailler pour 2 mois.
Financement : 900 000€ prêtés par Vivadour
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/23/2016830-l-elev...

 

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115 000 poulets à Saint-Élix-Theux (32)

Elevage de 725 000 poulets par an. 115 000 poulets en permanence.
Acteurs : Issu d’un appel à projet de la coopérative Vivadour.  Exploitante sous contrat avec la coopérative. Vivadour annonce aux candidats qu’une fois les emprunts remboursés, l’exploitant n’aura plus qu’à travailler deux heures par jour pour un revenu de 1700€ net par jour.
Avancement : En activité depuis fin 2013.
Financement : Investissement de 900 000€
Opposants : Bien vivre dans le Gers, collectif regroupant 17 associations dont la Confédération paysanne.

 

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690 000 poules à Steinseltz (67)

Passer d’un élevage de 800 000 poulettes à l’année (306 000 poulettes en permanence) à un élevage de 1,5 million de poulettes par an (692 000 poulettes en permanence).
Acteurs : SARL Ferme Schafbusch
Coût : 1 million d’euros
Avancement : Autorisation préfectorale délivrée en mars 2014
Opposants : Alsace nature

 

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280 vaches laitières pour 4 robots de traite à Bréhan (56)

Elevage de 280 vaches laitières avec quatre robots de traite et deux robots de fonctionnement (racleur et affourragement).
Acteurs : EARL Ropert
Avancement : En activité
Financement : Investissement d’1,5 million d’euros
Enjeux : Robotisation totale : la partie laitière de l’exploitation n’occupe plus que 2 emplois (emploi divisé par 6 par rapport à la moyenne nationale)

http://www.ouest-france.fr/letable-xxl-de-brehan-et-ses-r...

 

 

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11 000 porcs à Saint Symphorien (33)

Projet d’extension d’un élevage de porcs de 7 000 à 11 000 places de porcs - Les surfaces d’épandage nécessaires seraient d’environ 1000 ha.
Acteurs : SAS Le Lay
Avancement : Enquête publique défavorable en mars 2014. En attente de décision préfectorale.

 

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1000 taurillons à Coussay-les-Bois (86)

Projet d’engraissement de 1 200 taurillons à Coussay-les-Bois. - 10 000 m2 de bâtiments - Projet de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments
Acteurs : Pierre Liot : éleveur et dirigeant d’une usine d’alimentation animale.
Entreprise technique solaire pour les bâtiments et les panneaux photovoltaïques
Avancement : Demande de permis de construire rejetée par le maire de la commune - Dossier dans les mains de la Direction Départementale des Territoires (DDT).
Opposants : ASPECT : association de sauvegarde et de la protection de l‘environnement de Coussay-les-Bois et de sa région thermale, Confédération paysanne

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Econo...

 

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1000 taurillons à Landifay (02)

Projet d’engraissement de 1 500 taurillons à Landifay - Epandage sur 12 communes
Acteurs : SA Bertaignemont
Avancement : Projet validé - 650 taurillons pour le moment

http://www.aisnenouvelle.fr/region/deja-650-taurillons-en...

 

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Usine à porcelets de Luzay (79)

Projet de maternité de 1000 truies pour 25 000 porcelets par an.
Acteurs : SCEA la Micha, 6 éleveurs associés.
Avancement : Dossier accepté par la préfète en novembre 2011 - Procédure au Tribunal administratif en cours
Financement : Investissement de 4 millions d’euros
Opposants : Association Bon vent

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/...

 

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Engraissement de 120 000 agneaux par an (12)

Engraissement de 120 000 agneaux par an à Rullac-Saint-Cirq - Unité de méthanisation en activité.
Acteurs : Société Grimal
Avancement : En activité

 

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3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette (64)

3000 brebis laitières et 300 chèvres à Espelette. Elevage conduit en hors sol.
Acteurs : EARL Kukulu.
Avancement : En activité

 

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4500 brebis laitières et 700 chèvres à Souraïde (64)

4500 brebis laitières et 700 chèvres en hors sol.
Acteurs : Entreprise MAIS ALDAPA
Avancement : En activité

 

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10 ha de serres de tomates à Parentis (40)

10ha de tomates hors sol pour une production de 5 000 tonnes de tomates par an.
Chaleur produite par une chaudière à bois de 2,5 MW (8500 tonnes de bois par an).
Acteurs : Les paysans de Rougeline
Avancement : En activité.
Financement : Pour les serres de tomates, investissement de 8 millions d’euros.  40% de la chaudière à bois financée par l’Ademe.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

15/02/2015

Ouiquinde gastronomique turc

 

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Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d'Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olive, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

Á nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

25/01/2015

ON TUE LE COCHON !

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En nettoyant l'étable, avec pelle et fourchon,

Élie m'a dit : « Demain, c'est le jour du cochon !

Il fait froid, il fait sec, il y aura du monde,

Le « Monsieur » est bien gras, il a la cuisse ronde,

On attaque à huit heures, on peut compter sur toi ?

Sûr, mon beau ! Je descends juste après le caoua ! »

Le lendemain matin, la tribu est en place

On a posé la mée auprès de la terrasse,

Alors Élie pénètre, seul, dans le cochonnier,

Le Monsieur a compris, il commence à crier,

Une lutte s'engage entre l'homme et la bête,

Lui bloquant la mâchoire avec sa cordelette,

Élie tire dehors le cochon qui se bat

En hurlant de fureur, mais vain est son combat.

Empoigné, soulevé par quatre hommes solides,

Puis couché sur la mée. Tout est alors rapide :

Alfred, maître-tueur, plonge son long couteau

Dans la gorge du porc. Le sang gicle aussitôt.

Il est récupéré au creux d'une bassine

Puis brassé à la main et mené en cuisine.

Le cochon lutte encore de ses puissants cuissots

Puis il passe, enfin, d'un dernier soubresaut.

On le pousse par terre, on retourne la mée

Dans laquelle on replace la bête inanimée.

On l'arrose, alors, avec de l'eau bouillante

Et l'on gratte les poils de la couenne fumante.

 

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Puis le porc est hissé par les pattes arrières

Et pendu, tête en bas, dépouille carnassière...

Alfred ouvre le ventre et en sort les boyaux

Qui seront retournés et rincés au ruisseau.

Il dégage le cœur, les poumons et le foie,

Ces abats trouveront très bientôt leur emploi.

Avec force et adresse, Alfred coupe la tête

Puis, à coups de hachette, partage en deux la bête.

Les femmes, à la cuisine, préparent le boudin :

Le sang, sel, poivre, thym et un peu de cumin,

Sont mis dans les boyaux soigneusement grattés.

Rangé en larges tours, le boudin apprêté

Est plongé dans de l'eau à peine frémissante.

On plonge, on soulève pour une cuisson lente,

On perce d'une aiguille pour voir lorsque c'est cuit,

Puis on suspend au frais. Fin du premier circuit.

 

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Le lendemain, à l'aube, dans la brume glacée,

L'équipe cochonnière arrive, espacée.

Dans le froid du hangar, les tâches charcutières

Sont réparties selon ce que chacun sait faire.

C'est Alfred et René qui taillent dans la viande,

Les jambons pour le sel, le reste à la demande,

Puis il faut désosser et découenner les chairs,

Trier dans des bassines cette viande porchère :

Saucisse, saucisson, couenne, viande à caillette

Que l'on cuira plus tard avec du vert de blette.

Le travail va bon train, la rigolade aussi !

Et zou les blagues grasses ! Et zou les facéties !

Les jambons sont parés, très poivrés près de l'os

Puis recouverts de sel et serrés rapidos

Dans un linge cousu, puis portés au séchoir.

Dans le hachoir à viande, on passe les morceaux

Qui seront embossés plus tard dans les boyaux.

Saucisses d'un côté, et saucissons de l'autre

Car l'assaisonnement varie de l'un à l'autre.

On plaisante gaillard sur Nicole et Ginette

Qui, de leurs douces mains, d'une habile branlette

Façonnent la saucisse au sortir du hachoir,

Leurs gestes délicats suscitent des espoirs !

On garde les filets pour faire des rôtis,

Rien ne sera jeté, tout fera du frichti.

Puis, le travail fini vient le temps du mâchon

On mange, on boit, on chante en l'honneur du cochon.

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,

Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice

Fournit à nos repas fricassées et saucisses.

Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,

Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,

Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche

Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.

Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,

Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Car toi seul assouvit nos passions charcutières,

Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,

Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs.

Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,

Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras-bord mon verre

De ce nectar divin de la côte-du-rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

VictorAyoli

 

 

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Et n'oublions pas:

 

ΜΟΝΙΜΗ ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΦΙΛΟΙ !

DEBOUT AMIS GRECS !

18/01/2015

Mortifié, humilié, couvert de honte: j'ai raté l'aïoli...

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Humilié, honteux, rongé par la vergogne

J’en ai le rouge au front et l’horreur dans la pogne

Je voudrais disparaitre, me cacher dans la boue

Et même me passer, morbleu, la corde au cou

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Pourtant l’œuf, le mortier, comme l’huile d’olive

Ont été sortis tôt, pas de façon hâtive

Mes ingrédients avaient même température

J’étais frais et dispos, même pas de biture,

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Le lourd mortier de marbre avec ses quatre oreilles

Le beau trisson en buis, et même la bouteille,

Les quatre gousses d’ail, la pincée de gros sel,

Mon bras était fringant, du poignet à l’aisselle…

Pourtant hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

Les aulx bien écrasés en pommade odorante

J’ai voulu casser l’œuf. Ce souvenir me hante…

Maladresse fatale, le blanc m’a échappé

Au dessus du mortier ! Dès lors c’était râpé…

Putaing ! Hier à midi

J’ai raté l’aïoli !

 

J’ai eu beau brandouiller, bourouler l’appareil

Même avec le batteur – horreur ! – c’était pareil.

J’ai vidé le mortier dans un bol, à côté.

Un jaune d’œuf, de l’huile, et j’ai recommencé.

Pourrais-je, ô folie

Remonter l’aïoli ?

 

Victoire ! Ça repart, je la remonte à l’huile

Elle à la consistance, elle est ferme et ductile

Et quand j’ai rajouté mon appareil raté

Catastrophe, défaite, l’aïoli a chié…

Putaing ! Quelle chienlit

J’ai raté l’aïoli !

 

Comment puis-je, dès lors donner une recette

Moi qui viens d'essuyer cette dure défaite...

Pas de cuisine donc, ce serait indécent,

Et surtout, oui, surtout...pas de canard au sang !

 

 Photo Moi

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

C'est un caquou de l’Estaque, balaise comme un mangeur d’aïoli, qui a émigré au Québec. Il frappe à la porte du chef du personnel d'une entreprise de bûcherons, car il cherche du travail
- Vous avez l'air costaud. Vous avez des références ?
- Ouais ! J'ai travaillé au Sahara !
- Vous vous foutez de ma gueule ? Y'a pas d'arbres au Sahara !
- Y'a PLUS d'arbres !

 

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04/01/2015

Gastronomie dominicale: le renard

 

 

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Le civet de renard de l'Oncle Pinet

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer. " jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de sain-doux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances ani-males et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vi-gnes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Costières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

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