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28/03/2017

M’ame Michu, M’ame Chazotte et le Sidaction

Les Vamps web.jpg

 

- V’z’avez donné vous au Sidaction M’ame Chazotte ?

- Moi ? Non. Pourquoi ? Fallait donner ?

- Ben quand même, ces pauvres gens qu’ont attrapé cette saleté de maladie. Par amour en plus ! Faut bien les aider. Moi ils me tirent des larmes. Alors j’ai promis vingt euros.

- C’est bien M’ame Michu. C’est bien. Vous avez agi par amitié pour ces garçons et pour ces filles, par compassion. V’z’avez donné parce que dans votre cœur vous acceptez de prendre sur vous un peu de leurs souffrances. V’z’avez bon cœur, et comme v’z’avez pas beaucoup de sous, votre don, lui, a de la valeur…

- Oh ! Vous savez, vingt euros, c’est pas beaucoup. C’est ce que j’ai donné à mon facteur de La Poste aussi. C’est ce que je donne chaque année au Téléthon. Mais pourquoi, y a des dons qu’ont pas la même valeur ?

- Ben, ceux des riches ont bien moins de valeur que le vôtre M’ame Michu. Pour certains, notamment les entreprises, les banques, etc., ce sont de belles opérations de communications qui leur permettent de se donner une image altruiste pour pas grand-chose. Pire encore, en faisant payer indirectement à vous, à moi, aux pauvres, au populo, l’essentiel de ces dons…

- Ben ça alors ! Alors c’est vous et moi qui payons pour les gens des grandes entreprises par exemple, qui font de gros chèques ?

- En partie M’ame Michu. En grande partie.

- Comment ça ?

- Ben, parce que les deux-tiers du montant de ces dons pourra être déduit par les riches de leurs impôts sur le revenu ! Ils s’achètent une bonne conscience à prix bradé ! Ce qui fait autant de manque-à-gagner pour l’État, c’est-à-dire pour vous et moi entre autres. Pognon que Monsieur L’État récupérera par ailleurs sur l’ensemble de la population. Autrement dit c'est vous et moi qui payons les deux-tiers des dons faits par les "généreux" donneurs. Et le tour est joué.

- Ben ça alors ! J’voyais pas ça comme ça. Pourtant, si nous on donne pas, Monsieur L’État ne fera pas un geste en faveur de ces malheureux. Finalement ça a quand même du bon, parce qu’on lui force la main à monsieur L’État.

- Y a un peu de ça M’ame Michu. Y a un peu de ça. Seulement cette charité - réminiscence de notre vieille culture judéo-chrétienne – si elle a sa justification du fait même de son efficacité, occulte et remplace la notion bien plus noble de Justice. Ces malades, ils ne demandent pas la charité, mais ils réclament la Justice ! Puisque en fin de compte c’est tout de même l’État qui casque l’essentiel, ne serrait-il pas plus JUSTE qu’il finance ces labos de recherche, ces aides aux familles dès le départ ?

- Ben, oui, c’est ben vrai ça !

 

Photo X - Droits réservés

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Excitez votre curiosité :

 

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02/01/2017

Ras le hanap de ces vins trop lourds qui veulent péter plus haut que leur cru.

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Nous avons largement festoyé ces derniers jours. Et Sa Majesté le Vin a été l’un des indispensables rois de la Fête.

Seulement voilà : les vins actuels titrent quasiment tous au-dessus de 13 degré alcoolique. Les vignerons sont à côté de la plaque avec leurs vins hyper alcoolisés. Il fut un temps où seul le Châteauneuf, voire le Gigondas tangentaient les 13,5 ou 14°. Maintenant, le moindre vin de pays affiche son 13,5°. Aberration énorme ! Comment voulez-vous, amis vignerons, que nous buvions ça ? Les temps ont changé, les lois routières aussi, il faut vous adapter !

Les vignerons subissent une crise qu’ils ont eux-même, en partie, généré. Ceci avec le système de paiement des coopérateurs au degré-hecto qui a formé – ou plutôt déformé – les mentalités et régit les pratiques pendant des décennies. Ce système faisait que pour un volume déterminé, plus le degré était fort, plus le vigneron gagnait d’argent. Résultat : des encépagements qui pissent du degré, des vendanges en surmaturation, etc. Nos amis vignerons rétorquent : « Oui mais le soleil… oui mais la chaleur… ».

Qu’ils se débrouillent ! Qu’ils replantent des aramons ! Ce sont eux les professionnels, eux qui paient (fort cher) les services d’oenologues sortis du même moule influencé par l’ignoble Parker, le fossoyeur de la viticulture française de qualité. Ces oenologues ont fait en sorte qu’il n’y aie plus de mauvais vins, mais il n’y en a plus de grandioses… Les vignerons d’antan manquaient souvent une cuvée, mais ils nous concoctaient parfois des nectars sublimes. Maintenant il n’y a plus que des vins corrects, sans plus. Et surtout qui cachent leurs défauts derrière un degré d’alcool aberrant. Les grands Pétrus ne titre pourtant que rarement plus de 12°…

Les professionnels du vin sont évidemment préoccupés par ce dilemme : le réchauffement climatique augmente la teneur en sucre donc en alcool, mais la clientèle réclame des vins faciles à boire, plus léger en alcool.

Les vignerons ont à leur disposition plusieurs techniques pour empêcher que le degré d’alcool ne s’élève trop : vendanger plus tôt, avant complète maturité. Mais cela peut être gênant sur certains vins. Si l’on veut que le fruit s’exprime, que le vin soit souple, élégant, il faut que le fruit soit mûr…

Il y a aussi maintenant des techniques de désalcoolisation partielle des vins :

- Le procédé REDUX de réduction de la teneur en sucre des moûts. Ce procédé, proposé par la société Bucher-Vaslin, associe ultrafiltration et nanofiltration pour éliminer une partie du sucre contenu dans le moût. Cette technique ne permet pas de dépasser une baisse de degré supérieure à 2 % vol. Les vins obtenus par ce procédé sont de bonne qualité avec des équilibres en bouche très intéressants. Les profils aromatiques de ces vins sont proches des vins sans traitement issus de la même date de récolte, contrairement aux vins issus de récolte précoce mais de même degré. Le principal inconvénient de la technique est une perte de volume importante : environ 7 % pour 1 % volume d’éthanol éliminé.

- Le procédé Spinning Cone Column (SCC) ou colonne à cônes rotatifs (CCR). Une fraction du vin passe une première fois dans une colonne à 30°pour en extraire les composés très volatils (arômes) puis une deuxième fois pour éliminer l’alcool de cette fraction désaromatisée. L'extrait aromatique est alors réintroduit, puis cet ensemble est réintégré dans l’ensemble du vin traité. On descend ainsi le degré final d’alcool du vin à la demande.

- Le procédé de désalcoolisation membranaire Memstar. Ce procédé est basé sur la nanofiltration par le double passage du vin à travers une membrane. Un premier passage permet d’extraire un liquide eau-alcool. Un second passage à travers des membranes hydrophobes permet d’extraire l’alcool. Là encore les extraits aromatique récupérés au premier passage sont réintroduits.

Les techniques existent, encore faut-il que les professionnels les adoptent et que les législations les intègrent. C’est à la filière viticole de faire le nécessaire auprès des pouvoirs publics, tant nationaux qu’européens.

La filière viticole est organisée par les syndicats professionnels et par les Comités interprofessionnels qui regroupent les vignerons indépendants, les vignerons coopérateurs (à travers leurs représentants), les négociants, les courtiers. Bien. C’est très positif de s’organiser. Seulement voilà, il manque le maillon LE PLUS IMPORTANT de la filière. Celui sans qui tous ceux qui sont en amont travaillent pour rien. Je veux parler évidemment du BUVEUR DE VIN ! Celui qui sort ses sous de sa poche pour acheter les produits que concoctent amoureusement les autres. C’est son avis à lui qui compte. C’est lui le roi : il achète ce qui lui plaît, et pas ce que la filière vigneronne veut lui faire acheter. Croyez-vous qu’on lui demande son avis ? Pas du tout. Il n’existe pas, ce cochon de payant. Alors il ne faut pas s’étonner s’il va chercher ailleurs des vins qui lui conviennent.

Nous — buveurs de vin, fiers de l’être, pas ivrognes du tout, amateurs militants des bonnes choses de la vie, disciples vénérables de Bacchus — voulons retrouver des vins plaisir, des vins de soif, des vins légers comme une caresse de jeune fille, des vins spirituels et pas spiritueux, des vins dont un verre en appelle un autre.

Ce que nous ne voulons plus, ce sont des vins assommoirs, des vins fabriqués par des « vitiplanchistes » ayant tous le même goût d’infusion de parquet.

Amis vignerons, faîtes-nous de nouveau plaisir. Arrêter de tous vouloir faire des vins qui veulent péter plus haut que leur cru !


Liens : http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-prat...

http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o28431-vin-et-cl...


Photo X - Droits rservés

18/02/2016

GRANDES VOIX. Kamel Daoud prend du recul : «Je me résous à creuser et non déclamer.»

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Lettre à un ami étranger

par Kamel Daoud

Cher ami. J'ai lu avec attention ta lettre, bien sûr. Elle m'a touché par sa générosité et sa lucidité. Étrangement, ton propos est venu conforter ce que j'ai déjà pris comme décision ces jours, et avec les mêmes arguments. J'y ai surtout retenu l'expression de ton amitié tendre et complice malgré l'inquiétude.

Je voudrais cependant répondre encore. J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie.

Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses.

D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre; le texte sur « Cologne », j'en avais écrit une partie, celle sur la femme, il y a des années. A l'époque, cela n'a fait réagir personne ou si peu. Aujourd'hui, l'époque a changé : des crispassions poussent à interpréter et l'interprétation pousse au procès. J'avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur succession dans le temps est donc un accident et pas un acharnement de ma part. J'avais écrit, poussé par la honte et la colère contre les miens, et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J'y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l'on ne peut cacher sous prétexte de « charité culturelle ». Je suis écrivain et je n'écris pas des thèses d'universitaires. C'est une émotion aussi. Que des universitaires pétitionnent contre moi aujourd'hui, pour ce texte, je trouve cela immoral parce qu'ils ne vivent pas ma chair, ni ma terre et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me servent le verdict d'islamophobie à partir de la sécurité et des conforts des capitales de l'Occident et ses terrasses. Le tout servi en forme de procès stalinien et avec le préjugé du spécialiste : je sermonne un indigène parce que je parle mieux des intérêts des autres indigènes et post-décolonisés. Et au nom des deux mais avec mon nom. Et cela m'est intolérable comme posture. Je pense que cela reste immoral de m'offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. Je pense que c'est honteux de m'accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens.

L'islam est une belle religion selon l'homme qui la porte, mais j'aime que les religions soient un chemin vers un dieu et qu'y résonnent les pas d'un homme qui marche. Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la conséquence de leurs actes et du tribunal sur la vie d'autrui.

Cher ami.

J'ai compris aussi que l'époque est dure. Comme autrefois, l'écrivain venu du froid, aujourd'hui, l'écrivain venu du monde dit « arabe » est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les médias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dénoncer. Mais je me retrouve soudainement responsable de ce qui va être lu selon les terres et les airs. Dénoncer la théocratie ambiante chez nous devient un argument d'islamophobe ailleurs. Est-ce ma faute ? En partie. Mais c'est aussi la faute de notre époque, son mal du siècle. C'est ce qui s'est passé pour la tribune sur « Cologne ». Je l'assume mais je me retrouve désolé pour ce à quoi elle peut servir comme déni et refus d'humanité de l'Autre. L'écrivain venu des terres d'Allah se retrouve aujourd'hui au centre de sollicitations médiatiques intolérables. Je n'y peux rien mais je peux m'en soustraire : par la prudence comme je l'ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais.

Je vais donc m'occuper de littérature et en cela tu as raison. J'arrête le journalisme sous peu. Je vais aller écouter des arbres ou des cœurs. Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explorer. Non pas abdiquer, mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias. Je me résous à creuser et non déclamer.

J'ai pour ma terre l'affection du déchanté. Un amour secret et fort. Une passion. J'aime les miens et les cieux que j'essaye de déchiffrer dans les livres et avec l'œil la nuit. Je rêve de puissance, de souveraineté pour les miens, de conscience et de partage. Cela me déçoit de ne pas vivre ce rêve. Cela me met en colère ou me pousse au châtiment amoureux. Je ne hais pas les miens, ni l'homme en l'autre. Je n'insulte pas les raisons d'autrui. Mais j'exerce mon droit d'être libre. Ce droit a été mal interprété, sollicité, malmené ou jugé. Aujourd'hui, je veux aussi la liberté de faire autre chose. Mille excuses si j'ai déçu, un moment, ton amitié cher A… Et si je rends publique cette lettre aujourd'hui, avant de t'en parler, c'est parce qu'elle s'adresse aux gens affectueux, de bonne foi comme toi. Et surtout à toi. A Oran.

 

Sources:

http://lequotidien-oran.com/?news=5224963
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantasmes-de-kamel-daoud_4863096_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li...

 

Photo X - Droits réservés

20/01/2016

Au bistro de la toile : la dinde gavée au silicone et les canards gavés au maïs

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- Oh ! Victor, tu préfères la dinde ou la foie gras ?

- La réponse est dans la question Loulle. Non mais tu l’as vu la Pamela je ne sais quoi, une espèce de Brigitte Bardot d’entrée de gamme, une bimbo de consommation courante gavée aux silicones et au botox, venant nous faire la leçon «Je demande aux députés français d’abolir le gavage […] Le foie gras n’est pas un produit sain et n’a pas sa place dans une société civilisée […] Ces canards n’ont jamais eu un jour heureux». C'est cocasse d'entendre une Etazunienne nous parler de compassion, de bonheur animal et de société civilisée ! Venant de la représentante d’un peuple qui élève tous ses bestiaux en batterie en les bourrant d’antibiotique et d’OGM et qui torture allègrement les humains à Guantanamo et ailleurs, il y aurait de quoi se faire rigoler les boyaux si ce n’était si dramatique… Ces pisses-froids semblent oublier qu’ils sont un peuple de voleurs de terres, fondé sur le génocide de trente millions d’Amérindiens, l’esclavage de trente millions de Noirs et qui perpétue ses forfaits partout dans le monde en pillant les ressources naturelles, en salopant la planète, voire en soutenant les pires dictatures. Toujours la main sur le cœur, bien sûr, et Dieu à leur côté ! Sensiblerie vis-à-vis des animaux, massacre sans merci des humains…

- C'est vrai que l'élevage des bestiaux, chez eux, c'est pas « le bonheur est dans le pré » ! Le gavage de tous les animaux, là-bas, c'est pas au maïs ! C'est aux antibiotiques, aux hormones de croissance, aux farines animales, aux aliments tous OGM et même aux litières de volailles broyées et compostées !

- Ouais. Et c'est celle-là qui viens nous faire la morale ! Un pays qui protège les canards mais qui n’a toujours pas supprimé la peine de mort pour les humains… Fuck off…

- Et elle vient nous faire la leçon sur le bien-être des animaux !

- Cette notion, c'est le b.a.-ba de nombreux éleveurs français, qu'ils soient de volailles, de porcs ou de bovins, mais aux États-Unis, ça n'est pas exactement le souci numéro 1. La réglementation européenne encadre la protection des animaux de l'élevage à l'abattage, alors qu'aux États-Unis, on fait l'impasse sur les conditions d'élevage. Les bovins doivent se satisfaire de la "règle des 28 heures de transport au maximum", alors qu'en Europe, la durée maximale sans pause est de 14h. Un « feedlot » - un élevage à l'étazunienne - peut contenir plus de 32.000 bovins - et cela représente presque 40% de la production américaine - alors qu'en France, une exploitation "intensive" comporte en moyenne entre 60 et 200 bovins. Bonjours le bien-être animal ! Je préfèrerais être canard gras en Ariège ou dans le Gers que vache dans le Wisconsin ou au Texas !

- Le foie gras, Victor ! Tè ! Tu jettes quelques grains de fleur de sel de Camargue dans une sartan bien chaude. Lorsque le sel saute, tu poses dans la poêle une escalope de foie gras d'un demi-doigt d'épaisseur. Trente secondes d'un côté. Tu l'entends chanter ! Trente secondes de l'autre. Avec un verre de Sauternes « Château Rieussec » par exemple.

- Hum ! C'est de la poésie gustative Loulle !

- Allez ! A la nôtre ! Et laissons baver les bouffeurs de macdo.

 

 

 

 

30/06/2015

Voici venir la canicule. Comment veux-tu... Comment veux-tu...

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Ça y est. Nous y sommes. Avignon-la-Sensuelle, alanguie au bord du Rhône et cambrée sous les caresses du mistral, s'apprête à s'ouvrir et à s'offrir pour son grand rut de l'été. Une lune durant la belle va se donner sans retenue, de tous ses pores de pierres, de toutes ses ruelles, de tous ses cloîtres, de toutes ses places, de tous ses patios mystérieux, de tous ses forums, de tous ses lieux scéniques à son dévorant amour estival : le Festival.

 

Troisième monument historique de la cité papale, après le célèbre Palais et le non moins fameux Pont-Saint-Bénézet, le Festival - premier d'Europe - draine vers l'intérieur du collier de pierres blondes des remparts une foule cosmopolite et bigarrée d'artistes et de touristes, d'intellos et de clodos, de saltimbanques et de rêveurs, de poètes et de voleurs, tous attirés comme les éphémères par la flamme vers cette scène planétaire de l'illusion théâtrale, ce grand marché du rêve.

 

La cité est une énorme caisse de résonance où s'entrechoquent les musiques et les cultures, le drame et la comédie, le rire et les pleurs.

 

Les Avignonnais ont une approche contradictoire de leur Festival. Lorsqu'ils sont à l'extérieur de leur ville, ils ne tarissent pas d'éloge sur lui. Et à les entendre pérorer, tous ont bu le pastis avec Jean Vilar, joué aux boules avec Gérard Philippe où mangé l'aïoli avec Jean-Pierre Darras. Ils sont fiers de ce monument virtuel même si beaucoup n'y mettent jamais les pieds.

 

Pourtant, lorsque juillet annonce le grand chambardement, les Avignonnais, en masse, fuient leur ville chérie, l'abandonnant pour une lune entière aux hordes lutéciennes et franchimanes, outre-quiévrines et bataves, albioniennes et tudesques, helvètes et transalpines, ibères et lusitaniennes, africaines et orientales, américaines et nippones. Ils retrouveront plus tard leur ville, cette somptueuse salope comblée, apaisée et fécondée par les semences mêlées de ses milliers d'amoureux de l'été.

 

Si tu y passes en été, ami, quand le soleil-lion de juillet écrase la ville de sa chape incandescente, quand les lancinantes stridulations des cigales font vibrer les vertes toisons aériennes des grands platanes, quand les monuments, les livrées et les tours semblent fumer sous la tremblante réverbération des murs gorgés de lumière, va faire un petit pèlerinage païen sur la fameuse place de l'horloge. Lorsque le soleil cru ne permet plus que le mouvement des langues dans les bouches, assied-toi à l’abri délicieux de ces grands platanes aux larges poitrines, dont les bras jamais taillés dressent jusque dans les hauteurs du ciel des toisons miraculeuses d’ombres vertes qui sentent l’anis, bruissantes de la symphonie lancinante des cigales et cigalons.

 

Sur cette agora, en buvant le pastis, tu peux savourer les trésors que t’offre Avignon-le-Belle, t’enivrer de la vie qui l’enfièvre, essayer de découvrir l’âme de la Provence à travers les Avignonnais, leur art de vivre, leurs légendes, leur cuisine, leurs vins, leurs divertissements, leurs festivals. Avec en prime ce sens inné, naturel, de la palabre, du geste, de la “ tchatche ”, propre à tous les peuples de la Mare Nostrum.

 

Moi, j'ai déjà fui vers les Hautes Terres où le vent léger chante dans les sapins, les épicéas, les grands frênes et les boulots compliqués. Où les vaches aux grands yeux en amande se prélassent, alanguies et opiniâtres pour refaire et refaire leur repas. Où le moindre pas dans les hautes herbes soulèvent des gerbes bruissantes de sauterelles et de grillons. Où, la-haut, les grandes buses planent et tournent, ponctuant leur vol de sifflements brefs et impératifs, voulant dire aux autres rapaces : attention, ici, c'est chez moi ! Puis en voilà une qui plonge, flèche de vie agressive, et saisit entre ses serres un de ces rats-taupiers qui pullulent.

 

Moi, j'ai installé mon « bureau » - un hamac ! - entre deux sapins et je glande ! Je glande ! Je glande ! J'écoute pousser l'herbe, je goûte le vent, je compose avec le soleil. Et je laisse mes pensées s'évader et se perdre dans des prairies de rêves cosmiques.

 

Glander : un bonheur réservé à cette élite somptueuse : les fainéants !

 

Photo X - Droits réservés

 

 

28/04/2015

Au bistro de la toile. En deuil de Katmandou...

 

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- Je suis en deuil, Loulle

 

- Oh ! De qui Victor ? Dis-nous ?

 

- En deuil de Katmandou. En deuil d'un pays, d'une ville, d'un peuple fascinant. Un autre monde. Les maisons de bois sculptées en dentelles. Les palais. Les temples aux toits en pagode, ornés de motifs dingues, avec toutes sortes d’histoires de cul merveilleuses gravées dans le bois...

Le bruit des cloches aux pieds de chaque temple. Pleins de cloches que tu fais sonner, comme les Népalais, en guise de prières. Les Népalais, petits, avec leur futal serré sur les mollets et bouffant aux couilles, leur petit calot posé sur le côté. Leur sourire... Leur gentillesse.

Le marché. Des amoncellements de fruits, de tissus de défonce, d’étranges objets, de tresses rouges, noires, de gros légumes, de plants de ganga séchés, de blocs d’encens. Nanda, le taureau sacré, gigantesque, noir, avec une bosse énorme et une paire de couilles à te rendre modeste. Il avance paisible à travers la foule. Bouffe une banane à l’étal d’un marchand et continu.

Les sherpas qui descendent de la montagne. Jambes nues, en trimbalant tout leur bordel dans des couffins de jute qu’ils portent dans le dos, accroché à une sangle qui leur passe sur le front. Claudicants, sautillants...

Le masque effrayant de Beyrab. En or. Énorme. Avec des prunelles de feu et des dents acérées... Représentation de Kali la noire...

Et la fantastique fête de la Déesse Vivante à Katmandou... Des milliers et des milliers de mecs, de femmes agglutinés sur les marches en pyramide des temples de la ville. Ces temples maintenant écroulés... Les chars colossaux. En bois massif. Plusieurs fois centenaires. Ils parcourent la ville, tirés par des centaines de népalais. Grinçants, cahotants sur leurs grosses roues pleines, en bois. Á l’intérieur, dans une bonbonnière de soieries éclatantes et de pierreries étincelantes, la Déesse vivante. Petite merveille de grâce, de beauté juvénile, de pureté. Somptueusement habillée d’or, d’azur et de pourpre. Les Népalais qui psalmodient, qui se pressent pour voir la Déesse de près. Qui s’emplissent les yeux, puis se voilent la face, comme éblouis par tant de beauté... Tous les temples, toutes les statues ornées de fleurs, enduites de beurre, peintes avec des poudres sacrées. Le combat de Ganesh, le dieu éléphant, avec les esprits néfastes devant la statue de Shiva... Nanda, notre pote Nanda le taureau qui déambule dans la foule qui s’écarte sur son passage. Seul. Énorme...

Et le temple des singes ! Faut d’abord traverser la rivière, là où ils font cramer les calanchés. En ce moment, les bûchers brûlent, brûlent... Puis tu crapahutes un peu, tranquille, sur un chemin étroit qui te mène à un petit village habité par des tibétains. Et le petit marchand de gnôle de fruits ! Parfumée qu’elle en peut plus. Puis tu attaques la montée vers le temple, à travers les arbres. Il y a plein de singes qui te montrent leur cul rouge ! Tu vois le stupa qui te regarde d’en haut. Et ça grimpe, merde...

 

- Tu ne nous avais jamais raconté ça Victor !

 

- C'est un de mes jardins secrets.

 

- Continue.

 

- Tu arrives enfin en haut, sur l’esplanade du temple. Au milieu, le stupa. C'est une sorte de tour. Énorme. Avec quatre yeux sur quatre faces, qui regardent les horizons. Il est tombé celui-là. Écroulé sur lui-même. Tout autour, plein de moulins à prières. Des espèces de cylindres verticaux qui tournent en grinçant autour d’un axe. Tu fais le tour par la gauche, en laissant traîner ta pogne qui fait tourner tous les cylindres. Á chaque coup, c’est une prière ! Pas à te casser le trognon. La mécanique au service de la bondieuserie 

Au nord, en direction des grandes chaînes de l’Himalaya, il y a la pagode qui abrite un énorme Bouddha. En or. Á ses pieds, pleins de lamas tibétains avec la boule à zéro, mais avec la robe grenat foncé, pas safran comme les autres bonzes. Faut dire que ceux-là, c’est les kakous de la profession ! Des pros. Les mecs du Grand Véhicule comme ils disent. Pas ceux du Petit Véhicule. Faut pas confondre. Directement en prise avec le Nirvana les mecs. Suppression des intermédiaires. Toute la journée ils chantent des psaumes, des espèces de litanies monocordes, en tibétain.

Á une certaine phrase, il y en a un – un gros balaise - qui balance un grand coup sur un gong de deux mètres de haut. Le bruit que ça fait ! Bas, sombre, vibrant longuement. Ça te pénètre la viande, t’aiguise les nerfs. Il redouble, il tape encore, en augmentant le rythme. Puis il s’arrête et il y a trois autres lamas qui embouchent de longues trompettes noires, longues, fines, droites. Le bout, avec un petit pavillon recourbé vers le haut, est posé par terre. Et ils soufflent les mecs ! Longtemps, longtemps… Ça résonne dans la pagode, ça résonne jusque dans la vallée que tu vois en bas... Le pied !  T’oses pas les déranger ces mecs-là. Ils planent trop haut pour nous. D’ailleurs ils ne nous voient même pas. On peut s’asseoir à côté, tomber le chiloum, ils s’en foutent... Et au loin, l’œil du stupa tourné vers le nord-ouest regarde la grande chaîne des Annapurnas. Écrasante de blancheur verticale taquinant des abîmes de ciel. Fantastique. Mais faut qu’il fasse beau. Émergeant de la brume, on dirait une escadre de grandes frégates blanches, toutes voiles déployées, cinglant vers l’éternité.

 

- ...teng ! Le pied Victor.

 

- Maintenant tout est en partie détruit. Ce peuple souffre. Ces gens pleurent. Mais ce pays est éternel. Il en a vu d'autres. Il se relèvera. Comme il relèvera ses temples, ses stupas. Allez, Loulle ! Mets-nous une tournée. Pour oublier...

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

 

10/04/2014

Journées internationales de la semence du 1er au 4 mai en Ariège

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Au mois de janvier de cette année, la Confédération paysanne a réussi à arracher au Gouvernement une promesse à travers une déclaration claire : « il présentera un amendement afin que les semences de ferme ne soient plus concernées par la loi contre les contrefaçons ». Cette victoire est celle des paysans face à l'agro-industrie, elle est aussi celle des citoyens qui ne souhaitent pas céder leur droit à l'alimentation aux multinationales. Il convient évidemment de rester vigilant – les promesses n’engageant que ceux qui les croient – et de continuer à lutter pour que les droits des paysans d'échanger, ressemer et sélectionner leurs semences soient totalement reconnus.

 

Ce combat est mondial. Il faut le mener aussi en Europe où les puissants lobbys semenciers font la loi. Il faut savoir que des associations bien connues des jardiniers, comme Kokopelli ou Semailles , qui collectent, protègent et distribuent des semences traditionnelles, se retrouvent dans l’illégalité et à ce titre régulièrement poursuivis devant les tribunaux. Leur crime : commercialiser des semences de légumes et de fruits oubliés, qui font le bonheur des jardiniers mais…qui ne paient pas de redevance (de racket plutôt) aux semenciers. Ceci avec la complicité des pouvoirs publics à la solde des lobbys multinationaux qui sont derrière les semenciers. Ainsi les décisions de Bruxelles ont essentiellement pour but de protéger les profits des grosses multinationales semencières (Monsanto, Pionner, DuPont, Sygenta, Limagrain-Vilmorin, KWS, etc.)

 

Les semenciers ont pour cela fait une OPA sur le catalogue officiel qui fait force de loi en la matière, et s'ingénient à en évincer les variétés dites anciennes, car ces dernières reproduisent des graines parfaitement fiables pour reproduire la plante mère. Le hic, c'est que ces variétés qu'on peut ressemer ne rapportent donc plus d'argent au semenciers, qui ont donc intérêt à les faire disparaître au profit de leurs hybrides ! CQFD.

 

Il suffirait pourtant d'inclure ces variétés anciennes au catalogue officiel pour les commercialiser en toute légalité. Seulement voilà, elles se trouvent dans le domaine public et après 20 ans, si personne ne les a réinscrites au catalogue (ce qui coûte très cher !), elles en sont éliminées. A cause de cette réglementation, plus de 80% de la biodiversité en matière de semences a disparu…

 

Si ces problèmes essentiels vous intéressent, sachez que l’association Kokopelli, maintenant installée en Ariège, organise dans ce beau département (cher à mon cœur) les Journées internationales de la semence les 1, 2, 3 et 4 mai 2014 au Mas d’Azil. Ce grand festival de quatre jours est destiné à célébrer l’amitié en lançant une nouvelle coordination européenne des organisations dédiées à la sauvegarde de la diversité semencière, ainsi qu’à fêter la fertilité et l’abondance semencière que nous offre, de manière toujours renouvelée, la Terre mère.

Tous renseignements ici : http://kokopelli-semences.fr/journee_internationales_seme...

 

Primidi 21 germinal 222

 

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24/02/2014

Notre-Dame-des-Landes : plus faux cul que Ayrault, tu meurs !

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Des millions de dégâts à Nantes, un foutoir au gouvernement… Á quoi mène la gloriole de quelques petits roitelets locaux…

 

Car est-il vraiment indispensable cet aéroport de Notre-Dame-des-landes ? Ce type de grands travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux est-il vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et…le subir ? A qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur ces plateformes.

 

Notre-Dame-des-Landes n’est-il pas plutôt l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur cul ? On peut leur conseiller d’aller faire un petit voyage d’étude en Espagne où ils pourront visiter l’aéroport fantôme de Ciudad Real lien, l’aéroport « piétonnier » de Castellón-Costa Azahar  ou encore celui de Huesca. Tous fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de « décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec quelques grandes compagnies de travaux publics…

 

L’affaire est un serpent de mer qui dure depuis 40 ans. Il provient de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises acoquinée à la bourgeoisie locale  pour pousser au cul les « décideurs » locaux. Pourtant, comme l’écrivait déjà le Monde à cette époque : « L'aviation commerciale mobilise d'énormes capitaux pour le bénéfice d'un petit nombre. Cette activité ne subsiste que grâce à l'aide des pouvoirs publics. Elle fonctionne comme un important appareil de redistribution à l'envers où le pauvre paie pour plus riche que lui. Elle mobilise des ressources qui seraient socialement mieux utilisées ailleurs. » Tout est dit. (Il est vrai que le Monde, en 1976, était encore un vrai journal, LE journal de référence en France. Ce temps est bien révolu…)

 

Oui mais, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains qu’ils disent, les bétonneurs. Faux. Il pourrait, avec un aménagement de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas. (L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant !) Qui peut penser qu’on prendra un jour l’avion à Nantes pour un vol direct vers New-York, Shanghai, Rio de Janeiro ou Moscou ?

 

Aujourd'hui, l'aéroport existant Nantes-Atlantique est à 10 km de Nantes. Il est géré par les CCI de Nantes et de Saint-Nazaire et par AGO, aéroports du Grand Ouest, associée à Vinci, omniprésente en France,  et TPO, société de travaux publics raflant les gros marchés de la région. Vinci ! Hou ! La la ! Le transfert de l’aéroport libèrerait des centaines d’hectares convoités avec gourmandise par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels l’inévitable…Vinci. Notez que la piste (3800 mètres contre 3200 à Notre-Dame-des-Landes) resterait en place puisqu’elle la condition sine qua non du maintien de l’usine Airbus !!!

 

Bon. N’en jetez plus. Cet aéroport est une énorme connerie assortie de juteuses magouilles. Le plus hypocrite, c’est que le gouvernement le sait et a admis sans le dire que cet aéroport ne verra jamais le jour. Mais il faut sauver le soldat Ayrault – ex maire de Nantes, furieusement favorable à cette merde - …jusqu’aux élections.

 

Plus faux-cul tu meurs…

 

Sextidi 6 ventôse 222

 

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25/07/2013

Manitas de Plata, vous connaissez ?

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Bien sûr, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Manitas, c'est l'inégalé parce qu'inégalable « rey » du flamenco camarguais. Tous les groupes genre Gypsy kings et autres qui prospèrent sur ce genre de musique ne sont que des sous produits du renouveau flamenco initié par Manitas de Plata en France au même titre que Cameron de la Isla en Andalousie.

 

J'ai eu l'honneur et la chance de côtoyer Ricardo Ballardo – c'est le vrai nom de Manitas de Plata – lorsqu'il explosait de bonheur la tête de ses amis ébahis, à la  terrasse du bistro-resto « Les vagues », sur le front de plage, à Saintes-Maries-de-la-mer... C'était la fête enchantée.

Sous les doigts ailés de ce magicien, les notes s'envolent en trilles serrées, en un rythme qui vous envoûte et vous fait décoller.

Sous ses doigts ailés naissent les galops sauvages des chevaux libres de Camargue, le souffle rauque des toros aux cornes de lyres.

Sous ses doigts ailés se dessinent les terres demi-noyés, secouées de mistral, mariage cosmique de l'eau, du sel, du vent, du soleil. Les terres pétries et façonnées par les épousailles du Rhône et de la Mer. Terres de solitudes, terres de mirage, rivages de naufrage. Digues, lônes, marais, étangs, sables mouvants. Cristaux étincelants du sel sur la sansouire, faisceaux arachnéens des tamaris en fleur d'où s'envolent soudain des millions d'oiseaux venus d'ailleurs lointains. Terre des chevaux blancs et des taureaux sauvages, où Mithra règne en dieu depuis le fond des âges.

 

C'était tout ça et mille fois plus Manitas de Plata. Ami de Dali, de Picasso, amant des plus belles femmes des Trente glorieuses. Manitas, l'homme aux doigts d'argent qui a vendu 93 millions d'album, brassé des millions, tutoyé tous les grands de la terre.

 

Manitas, superbe cigale qui a chanté tout son été et dépensé sans compter, est aujourd'hui seul, pauvre, ruiné, abandonné (presque) de tous. Il vit quasi grabataire dans un petit logement de 35 mètres carrés à La Grande-Motte. « L’argent que j’ai gagné, confesse-t-il avec pudeur à Guillaume Atchouel dans une émouvante interview paru dans La Dépêche,je l’ai dépensé en m’amusant et j’en ai énormément donné autour de moi, à des gitans comme moi qui étaient pauvres. Je faisais vivre plusieurs familles et il m’arrivait souvent de payer un mariage ou un enterrement à des cousins éloignés ou à des gitans que je connaissais à peine. Je ne regrette pas. Si j’avais à nouveau de l’argent, j’en donnerais toujours autant. L’argent c’est fait pour ça. Ce qui est difficile, c’est de voir que quand tout va bien vous avez plein d’amis et que quand vous êtes ruiné, quasiment tout le monde vous abandonne. »

 

Manitas, né dans une roulotte à Sète, n'a jamais eu le culte de l'argent, le besoin de faire prospérer ses gains en un patrimoine terrien. « Pour nous, les gitans, acheter de la terre ça ne se fait pas. La terre c’est pour les morts... ». Il le regrette probablement mais...



Manitas a 92 printemps. Il rêve de remonter sur scène mais, depuis deux ans, ses mains ne lui permettent plus de d'enchanter sa guitare. Manitas a besoin qu'on l'aide. Oh ! il ne demande pas grand chose : seulement de pouvoir payer une auxiliaire de vie...


Les fourmis qu'il a fait rêver ne pourraient donner peu de dignité et de réconfort pour à une  superbe cigale?



Nathalie, son ancienne compagne, a créé une association pour l'aider : contact@manitas-de-plata.fr



Septidi 7 Thermidor 221



 

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http://www.youtube.com/watch?v=w2NUQm3CzuA

06/06/2013

Débouchons-nous les boyaux de la tête avec Omar Khayyam.

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« La distance qui sépare l’incrédulité de la foi n’est que d’un souffle, celle qui sépare le doute de la certitude n’est également que d’un souffle ; passons donc gaiement cet espace précieux d’un souffle car notre vie aussi n’est séparée (de la mort) que par l’espace d’un souffle. »

 

Et encore :

 

« On affirme qu’il y aura, qu’il y a même un enfer. C’est une assertion erronée : on ne saurait y ajouter foi, car s’il existait un enfer pour les amoureux et les ivrognes, le paradis serait, dès demain, aussi vide que le creux de ma main. »

 

Et aussi :

 

« Puisque notre sort, ici-bas, est de souffrir puis de mourir, ne devons-nous pas souhaiter de rendre le plus tôt possible à la terre notre corps misérable ?
Et notre âme, qu'Allah attend pour la juger selon ses mérites, dites-vous ?
Je vous répondrai là-dessus quand j'aurai été renseigné par quelqu'un revenant de chez les morts. »

 

Et une dernière pour la route :

 

« Si je fais le mal, Dieu, pour me punir, me fait du mal. Entre lui et moi, où est la différence ? »

 

 

Octidi 18 Prairial 221

 

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Si tu sais que tu ne sais pas, alors tu sauras.

 

Mais si tu ne sais pas que tu ne sais pas, alors tu ne sauras jamais !

02/06/2013

Ouiquinde gastronomique : la bourride

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Nicole

 

Dans la chambre aux fenêtres closes

La vue de sa peau dénudée

Plus enivrante que la rose

Plus somptueuse que l’orchidée

 

Met mon cœur et mon corps en transes

Depuis ce si beau jour d’été

Où le ciel m’a donné la chance

D’avoir l’honneur de la goûter.

 

Nicole est une fleur sauvage

Que j’eus le bonheur de cueillir

Dans les dunes, près des rivages

 

Où Phébus la faisait fleurir.

Depuis ce jour je suis ravi :

C’est elle l’amour de ma vie.

 

 

 

 

- Compagne de ma vie en restant ma maîtresse

Elle mêle à souhait la fougue et la tendresse.

Sa peau de soie moirée, ses yeux de velours vert

Sa grâce de félin sensuel et pervers,

Le dangereux désir qui effraie et passionne

Font que je la surnomme, fièrement, La Lionne.

- Oh ! Victor ! Cette fois t’es mordu ! Qui l’eût cru ?

T’as pas peur, quand tu dors, qu’elle te bouffe cru ?

Il faut se méfier des mantes religieuses :

Elles croquent leurs mâles lorsqu’elles sont heureuses !

- Vivre heureux même si c’est dangereusement

Tel a toujours été le credo des amants.

Et puis, si ses étreintes sont longues et torrides,

Pour manger, elle préfère encore la bourride !

- A queste cop, Victor ! Voilà qui est rassurant

Car il faut savoir fuir un amour dévorant.

Maintenant sa bourride, qu’elle en est la recette ?

- C’est, en un peu plus riche, la bourride de Sète.

Première opération, prépare un court bouillon :

Deux carottes, un poireau, du fenouil, deux oignons,

Plus un zeste d’orange, du laurier et du thym,

Fleur de sel de Camargue et poivre du moulin.

Un litre et demi d’eau, demi litre de blanc

De Laudun ou Pujaut, quelques brins de safran.

Met la tête d’un congre, deux poignées de favouilles,

Fais cuire vingt minutes, à feu vif, que ça bouille.

Passe au presse légumes, puis exprime au torchon.

Pendant que ça tiédit, fais péter un bouchon.

Dans ce jus, met ta lotte dix minutes en cuisson.

Tes loups et ton colin débités en tronçons

Tu les rajoutes alors, mais pas comme une brute,

Et les cuis en faisant frissonner dix minutes.

Retire les poissons que tu réserves au chaud,

Tu reprends ton bouillon et le passe à nouveau.

Pendant que ça cuisait tu as fais l’aïoli,

Soit généreux car en manquer est impoli,

Pour la changer en rouille, une fois qu’elle est faite,

Tu va incorporer du piment d’Espelette,

Ca va te la muscler et te la colorer.

En deux portions égales ta vas la séparer.

La moitié dans un bol, pour manger le poisson,

L’autre te servira à lisser le bouillon.

Dans une casserole, pour cela incorpore

Deux ou trois jaunes d’œuf. Tu dois tourner encore

En versant doucement le bouillon toujours chaud.

Tu remets à feu doux sur le bord du réchaud

Et tu tournes comme pour une crème anglaise.

Quand la cuillère nappe, ton bouillon est à l’aise.

Tu mets dans les assiettes quelques croûtons dorés,

Frottés d’ail et couverts avec la rouille ambrée,

Que chacun mouillera comme il veut de bouillon

Et tu sers à côté le plat de tes poissons.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

VictorAyoli

 

Quartidi 14 Prairial 221

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Qu'est-ce qui se lève quand tu t'en sers, qui s'abaisse quand tu as fini de t'en servir et qui goutte après usage ?

 

 
Un parapluie, bande d'obsédés !

16/05/2013

MERDE A L’ANGLAIS !

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Par hasard, hier, j’ai entendu la pitoyable explication de la citoyenne Fioraso, improbable sous ministre chargée de l’enseignement dit supérieur, suite à une question-réquisitoire claire et précise du citoyen député Myard. L’une est de mon bord, l’autre non. Mais c’est pourtant ce dernier que j’ai chaleureusement applaudi et l’autre, la sous ministre, que j’ai agonie d’injures devant la lucarne à décerveler !

 

La citoyenne Fioraso veut donner son nom à une loi scélérate qui marquera la rétrogradation de la langue française en deuxième division ! Ceci en promouvant l’usage de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur, tant au niveau de l’enseignement que des examens.

 

Ce projet de loi sur l'enseignement supérieur, dit loi Fioraso, aggrave la démarche de marchandisation de l'enseignement supérieur déjà engagée par Valérie Pécresse avec la loi L.R.U. : le projet Fioraso est de fait totalement subordonné aux intérêts capitalistes et constitue une privatisation de moins en moins larvée des universités. Son objectif inavoué est la destruction programmée de l'outil de recherche français dans des secteurs stratégiques, au bénéfice d'un espace européen de recherche inféodé aux logiques régressives de la concurrence et de la rentabilité financière. Le philosophe Michel Serre, grande voix française s’il en est, est atterré, estimant « qu’une langue qui n’est plus capable de parler de tout est une langue qui meurt ». Tué de la main de quelques irresponsables genre Allègre en son temps, Pécresse, Fioraso maintenant.


Le 12 février dernier, 36 sénateurs du groupe socialiste ont déposé une proposition de loi « relative à l’attractivité universitaire de la France ».  L’article 6 de celui-ci (un ajout à l’article L. 761-1 du code de l’éducation) indique que «(…)   la langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d’enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français.  Pour les étudiants ne justifiant pas d’une connaissance suffisante du français, lorsqu’ils suivent une formation dispensée dans une langue étrangère, cette dérogation est soumise à l’obligation de suivre un cursus d’apprentissage de la langue et de la culture françaises ». Lorsqu’ils disent « une autre langue que le français », il ne s’agit pas de l’italien, du russe, du chinois ou de l’espagnol, mais uniquement de l’anglais. Et encore pire, d’un sabir étazunien, sorte de « petit nègre » ridicule : le globish des marchands de soupe internationaux. On est loin de Shakespeare…

 

Cette attaque fait suite à bien d’autres, dont le « protocole de Londres » qui, sous Sarko, en 2007, a imposé l’anglais comme langue unique des brevets, sortant le français de la science. Des entreprises françaises imposent à leurs cadres de communiquer en anglais. Et que dire des pubes qui, tout à fait illégalement (voir loi Toubon, art.2 ) nous bassinent avec quelques débilités débités en globish ? Que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives ?

 

On assiste là à une offensive impérialiste étazunienne. Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.

 

La sous ministre Fioraso argue du fait que cette « ouverture » attirera en France des étudiants indiens ou chinois. Belle connerie ! Les étudiants anglophones préfèreront toujours l’original à la copie. Par contre les enseignants francophones seront éliminés au profit de mercenaires de la doxa ultra libérale anglo-saxonne, comme les étudiants francophones seront défavorisés par un enseignement dans une langue qu’ils ne maitriseront jamais comme les natifs.

 

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ?  Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

 

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par plein cargo à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ». Même les chanteurs français beuglent maintenant dans cette langue et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Les boutiques se croient obligées de se donner des noms anglais. Il y a plus de mots anglais sur les murs qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation !

 

Ras les aliboffis de cette invasion !

 

Eh! Citoyen président François, lorsque tu vas faire acte de soumission devant les charlots de la Commission européenne, tu t’exprimes en français ou en anglais ?

 

Fort heureusement, à côté de philosophes comme Michel Serre, de linguistes comme Claude Hagège, des députés ont déposé un projet de loi pour défendre ce patrimoine vital qu’est notre langue.

 

Vous pouvez trouver l’intégralité de cette proposition ici. http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion066...

 

Et la soutenir en poussant au cul votre député ! Vous trouverez son adresse là :

 

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/liste_alpha.asp

 

Et MERDE A L’ANGLAIS !

 

Septidi 27 Floréal 221

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

L'anglais, bien loin d'être la langue universelle qu'on nous présentait jusqu'alors, l'anglais, la langue de Shakespeare, n'est rien d'autre que du français mal prononcé : 
- Ail ou radis? Are you ready ? Êtes-vous prêt ? 
- Saintes salopes - Thanks a lot - Merci beaucoup 
- Débile - The bill - L'addition 
- Mords mon nez - More money - Plus d'argent 
- Marie qui se masse - Merry Christmas - Joyeux Noël 
- Oui Arlette - We are late - Nous sommes en retard 
- Mais dîne Franz - Made in France - Fabriqué en France 
- Y s'pique Germaine - He speaks German - Il parle allemand 
- Ahmed a l'goût de tripes - I made a good trip - J'ai fait un bon voyage 
- Six tonnes de chair - Sit on the chair - Asseyez-vous sur la chaise 
- Les slips tout gais serrent - Let's sleep together - Dormons ensemble 
- Guy vomit sous mon nez - Give me some money - Donne-moi un peu d'argent 
- Âme coquine - I'm cooking - Je cuisine 
- Deux bouts de chair - The butcher - Le boucher 
- C'est que ça pèle - Sex appeal - Attirance sexuelle.

 

 


01/04/2013

PREVERT !

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PATER NOSTER



Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l'Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Eparpillées
Emerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles
Et qui n'osent se l'avouer
Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres

Leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons.

Jacques Prévert

 

 

Duodi 12 Germinal 221

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Nathalie, une petite fille de 7 ans, est dans son jardin en train de reboucher un trou assez grand.

Le voisin la voit faire par-dessus la clôture et lui dit :

-         Que fais-tu donc Nathalie ?

-         J’enterre mon poisson rouge qui est mort.

-         Mais c’est un bien trop gros trou pour un si petit poisson, tu ne crois pas ?

-         C’est parce que mon poisson, il est à l’intérieur de ton putain de chat de merde…

 

11/03/2013

Au bistro de la Toile : « C’est toujours ça que les Anglais n’auront pas ! »

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- Oh ! Victor, il y avait hier, des Bleus qui étaient particulièrement saignant ! Ces bleus-là, ce sont les rugbymen italiens. Putaing, quelle fougue, quelle niaque ! Ils ont bien failli les ratatiner les Rosbifs…

 

- Ouais… N’empêche que ce sont encore les Rosbifs qui ont gagné. Mais je suis bien d’accord avec toi, les Azzurri – nos frères latins – auraient bien mérité de gagner. Et je vais te dire Loulle, il y a un abcès qu’il va bien falloir crever. Ils ont perdu parce qu’ils sont latins, comme nous, comme les Argentins.

 

- Qu’est-ce que tu veux dire par là Victor ?

 

- Ce que tout le monde sait mais que personne n’ose dire : dans les matchs internationaux, les équipes non anglo-saxonnes sont systématiquement matraquées par l’arbitrage. L’Italie, comme la France, partent toujours avec un handicap de 3 ou 4 pénalités bien placées pour l’adversaire anglo-saxon, et plus si c’est contre l’Angleterre, systématiquement avantagée par l’arbitrage majoritairement anglo-saxon. Les Anglais, ce sont eux qui ont inventé ce jeu extraordinaire, sport d’intellos joué par des voyous. Les règles en sont touffues à l’extrême et laissent à l’arbitre la haute main sur le résultat final du match. Les pénalités dans les mêlées ouvertes – les zones de rock, ou ruck, un truc comme ça qu’ils disent – avec leur histoire de plaqueur-plaqué, c’est la loterie, c’est…l’arbitraire le plus total. L’arbitre peut siffler pour ou contre qui il veut. Et ainsi faire gagner l’équipe qu’il veut. Pareil lors des mêlées fermées : lorsque deux piliers s’écroulent, comment vraiment savoir celui qui a cédé le premier ? Là encore, c’est à la gueule du client, donc à la discrétion de l’arbitre. Et dans ces occurrences, ce sont toujours les Rosbifs qui sont favorisés.

 

- Eh ! L’arbitre, il siffle aussi des pénalités pour nous, ou pour les Italiens…

 

- C’est vrai. Heureusement. Mais il faut que la faute anglo-saxonne soit vraiment flagrante pour qu’il siffle en position de scorer pour nous. Le plus souvent, les pénalités accordées aux équipes latines le sont dans leur propre camp, donc pas en position de marquer des points. Tandis que les pénalités sifflées pour les Rosbifs et affiliés le sont le plus souvent en position idéale ! Avec les résultats que l’on connait…

 

 

- C’est vrai qu’hier contre l’Italie, en seconde mi-temps, plusieurs fois les Italiens ont balayés la mêlée anglaise. Et l’arbitre s’est contenté de faire refaire la mêlée au lieu de siffler une pénalité, la mêlée adverse étant manifestement disloquée…

 

- Ils ont été volés comme dans un bois hier les Italiens. Comme nous quinze jours avant. Car contre nous l’essai anglais n’était pas valable ! Il est vrai que l’arbitre en question, le calamiteux Craig Joubert (putaing, quand je pense que c’est peut-être un lointain cousin ! La honte…) n’en est pas à son coup d’essai : c’est lui qui nous a volé la dernière finale de la coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Il fallait absolument que les All blacks gagnent…

 

- Eh ! Le rugby, que nous adorons, n’est pas encore un sport universel. Il se cantonne surtout aux nations sous influence britannique. Nous, les Argentins, et maintenant les Italiens, il nous arrive de les bousculer. Alors ils n’aiment pas ça. Ils nous tolèrent, mais seulement comme faire valoir… Et s’ils ont inventé le mot « fair-play », ce n’est pas pour s’y tenir eux-mêmes !

 

- Allez ! A la nôtre ! C’est toujours ça que les anglais n’auront pas !

 

 

Décadi 20 Ventôse 221

 

Merci à Chimulus

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Ange et Marius sont deux véritables passionnés de rugby. Qui parlent rugby, pensent rugby, vibrent rugby...

Un jour, Ange dit à Marius : 
"Il faut se promettre que le premier de nous deux qui meurt revienne sur terre pour dire à l'autre si le rugby existe au ciel, c'est important."
Un jour, Marius rend l'âme.
Il tient la promesse.
"- Ange, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
- Dis-moi, il y a du rugby là-haut hein ? Rassure-moi.
- Oh oui Ange. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a du rugby là-haut. La mauvaise nouvelle, c'est que tu joues samedi."

 

14/02/2013

Plaisirs d’amour…

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Le temps marche sur moi, quant à toi, il t’effleure

Ma taille s’épaissit, mes cheveux ? Je les pleure…

Le temps est un voyou, un voleur de jeunesse,

Mais il transmute aussi la passion en tendresse.

 

Si le torrent fougueux de notre amour total

S’est calmé dans le lac du bonheur conjugal

Après trente ans pourtant, il n’a pas une ride,

Et s’il est moins ardent, il n’est que plus solide.

 

Pour mon cœur, pour ma queue, tu restes la plus belle,

Fière, douce et sexy, ma lionne d’amour,

Plus attirante encor que bien des jouvencelles.

 

Pour tes yeux de velours je me fais troubadour

Et, pour Saint-Valentin, te dédie ce poème

Je t’aime.

 

 

Quintidi 25 Pluviose 221

 

Merci à l’irremplacé Peynet

 

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Deux hommes discutent…

 
A la maison, c'est moi qui commande. Hier par exemple, j'ai dit à ma femme : « Chérie, donne-moi de l'eau chaude ! »
- Et elle t'en a donné tout de suite ?
- Oui, tout de suite ! Moi, pour rien au monde, je ne ferais la vaisselle à l'eau froide !

11/12/2012

SINE: ses dernières volontés.

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Eh ! Vous avez pensé à acheter le dernier numéro de Siné Mensuel ? Il est en kiosque depuis bientôt une semaine. Un numéro fumant ! Dans lequel Siné présente himself ses dernières volontés. Eh ! Bob. On n’est pas pressé.

 

 

 SinéCRÉMATION AU PÈRE-LACHAISE

Tout d’abord, pour la crémation, m’allonger délicatement, vêtu de noir et de rouge, dans un cercueil en carton ondulé acheté chez Leclerc ou tout autre spécialiste des funérailles bon marché, après s’être assuré que je suis bien mort !

Pas la peine de claquer bêtement du grisbi pour partir en fumée !

Sur le cercueil, en revanche, le logo de l’anarchie, tagué à la bombe, en noir, au milieu, sera de la meilleure veine.

N’importe quel copain dessinateur fera ça très bien.

Toutes les fleurs devront être rouges et j’aimerais que tous les amis présents s’habillent en noir, pas par respect des convenances, mais pour évoquer les anars !

Cette cérémonie noire et rouge aura, j’en suis sûr, beaucoup de gueule et satisfera, à la fois, mon sens de l’esthétique et mon goût de la provoc.

Quelques morceaux de musique que je n’ai pas encore eu le temps de choisir mais dans lesquels figurera obligatoirement Try a Little Tenderness chanté par Otis Redding, seront les bienvenus et m’aideront à avaler mon bulletin de naissance et à rejoindre fissa tous les gens que j’aime et qui ont lâché la rampe avant moi ! Après, champ libre ! En général, tout le monde va bouffer et picoler à la mémoire du défunt mais, n’étant plus là pour participer avec vous aux agapes, je préfère ne pas y penser !

Mais, gaffe : même en poudre, j’ai l’oreille fine !


ENTERREMENT AU CIMETIÈRE DE MONTMARTRE

Quelques jours plus tard, selon les possibilités des uns et des autres ( je laisse le soin à Catherine, ma divine veuve, d’organiser tout ça au mieux) j’aimerais une fiesta sympa avec orchestre et buffet campagnard sur tréteaux.

Je recommande un tonnelet de beaujolais, de chez Marie-Lapierre bien sûr, plus convivial que des bouteilles et qui a l’avantage de ne pas laisser de cadavres, superflus dans un cimetière !

Évidemment, il sera servi dans des verres et non dans de sinistres gobelets en carton.

Si certains tiennent à apporter des couronnes de fleurs, de toutes les couleurs cette fois, qu’ils fassent inscrire sur les bandeaux des slogans tels que « Ni Dieu, ni maître », « Mort aux cons ! » ou « On les aura ! » selon leur inspiration et la complicité du fleuriste, pour choquer les familles catholiques éplorées qui viendront les jours suivants pleurer les leurs et liront avec horreur ces incongruités en se signant pour éloigner le démon.

Plus la peine d’être sapés en noir ce jour-là. Au contraire, des fringues couleur pétard sont souhaitées ( je n’ai rien contre les excès ni le mauvais goût).

La musique sera joyeuse, enjouée et plutôt jazzy.  Je fais une parfaite confiance à mon ami Stéphane Maggi pour réunir les musiciens adéquats qui seront payés avec un élastique et qui ne seront là que par amitié et pour boire un coup à ma santé (expression quelque peu maladroite, j’en conviens !).

À la fin, quand tout le monde sera parti, j’irai peut-être alors trinquer avec La Goulue qui a sa tombe tout à côté et il ne me restera plus qu’à attendre patiemment les suivants, car il restera encore 59 places à mes côtés dans cette concession à perpétuité achetée en commun avec Benoît Delépine et conçue pour accueillir 60 zigotos pour l’éternité.

Nous ne sommes, ni l’un ni l’autre, très satisfaits de la statue en  bronze qui ressemble plus à un cactus  qu’à un doigt d’honneur et n’est donc pas assez explicite. Il m’a promis d’y remédier mais, dommage,  je ne verrai la nouvelle version que du dessous. Tant pis !

En revanche, l’épitaphe en lettres d’or : « MOURIR ? PLUTÔT CREVER ! » tient bien la route !

Si un jour vous croisez, au hasard de vos balades, un bonobo qui me ressemble, n’ayez aucun doute, ce sera moi, réincarné !

À plus !

 

Primidi 21 Frimaire 221

 

Merci à Berh 

 

01/11/2012

Au bistro de la toile : Catariiiii, Quatariiii….

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- « Catariiii, Quatariiii, l’OM hier soir l’arbitre te la mis… »

 

- …teng Loulle ! Tu chantes bien ! On dirait le Pavarotti de l’Estaque !

 

- C’est pour dire que hier soir, l’O.M. s’est fait sodomiser sans vaseline. Un pénalty absolument inexistant. Volé comme dans un bois !

 

- Eh ! C’est ça « la glorieuse incertitude du sport » Loulle. Je ne regarde pas le foute, mais hier soir, pendant une interruption de pube sur le programme que je survolais, j’ai zappé sur LE match, juste au moment de cette action. Effectivement, le Marseillais a attaqué régulièrement le Quatarien en dehors de la « surface de réparation » comme ils disent, et l’autre – formé selon la plus pure tradition italienne – s’est jeté par terre en hurlant d’une douleur tout aussi imaginaire que la faute. Et voilà l’arbitre qui fait ni une ni deux : péno et carton rouge ! Le soir, en rentrant à son hôtel (Quatari ?), peut-être qu’une pulpeuse Natalia l’attendait, ainsi qu'une jolie enveloppe sous son oreiller… Enfin, je n’y étais pas !

 

- Le fric Victor. Le fric… Il fallait que le PSG gagne, chez lui. Le fric a de bonnes jambes…

 

- Le sport – donné comme porteur de valeurs altruistes, collectives, de dépassement de soi – n’est qu’une affaire de fric. Les Quatariens en déversent des tombereaux, donc, ils gagnent. Le sport – cette aberration inventée par les Anglais - est pourri. Les valeurs qu’il véhicule sont plutôt la tricherie, le mépris voire la haine de l’autre, et même un penchant suicidaire avec le dopage. Armstrong dans le vélo n’est que l’arbre qui cache l’immense forêt des camés de la gonflette. Le cyclisme est montré du doigt, mais c’est pareil pour les foutebaleurs, les tennismènes, les coureurs à pieds, etc. T’as regardé de près les gueules ravagées de tic des sprinters au départ d'un cent mètres olympique ? Dopage et tricherie. Par un heureux hasard, les athlètes Rosbifs ont trusté les médailles aux derniers J.O. Il FALLAIT qu’ils gagnent ! Donc, pression sur les arbitres (scandaleusement en boxe), magouilles et compagnie. C’est la loi devenue normale du sport.

 

- Un Anglais célèbre, le plus respectable de tous, le dénomme Churchill disait, concernant le secret de sa prodigieuse santé : « No sport ! ». Quant à Georges Orwell, il avait tout compris, qui disait : « Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. »

 

- Bien dit. Il y en un qui mène un sacré match contre l’adversaire ultime, c’est l’ami Siné qui, avec sa verve caustique et son courage à toute épreuve, fait un doigt d’honneur à la Camarde qui relève sans vergogne son suaire pour le séduire ! Un pied dans la tombe, il garde l’autre pour le foutre au cul de tous les emmerdeurs, la mort comprise ! Allez vite voir son site  et courrez au kiosque le plus proche pour acheter le dernier numéro de Siné Mensuel !

 

- A Siné et à la nôtre !


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Décadi 10 brumaire 221


Merci à Chimulus et à Siné

27/08/2012

Eh ! Oh ! Les Armstrong, vous commencez à nous les gonfler !

 

 

 

 

 

armstrong,lune

Moi il n’y en a qu’un que j’apprécie dans la famille « Brasfort », c’est Louis. Le grand Louis, Louis Armstrong. Le seul qui me fasse rêver, qui me fasse envoyer en l’air. Les autres, bof…

 

L'enterrement de la lune

 

J´ai pleuré pour l´enterrement
Pour l´enterrement de la Lune
Deux fossoyeurs vêtus de blanc
Plantaient leur drapeau sur ses dunes

Ce fut un sale mois de juillet
Et sur les journaux à la une
On vit longtemps son corps souillé
D´une vulgaire tache brune

J´ai pleuré pour l´enterrement
Du rêve et des sonates au clair
D´Arthur, Verlaine et leurs enfants
Cent mille ans de promesses en l´air

J´ai vu de sinistres savants
Sabrer, en s´essuyant les pieds
Sur cet astre aux reflets d´argent,
Un champagne aux bulles viciées

J´ai pleuré pour l´enterrement
Pour l´enterrement de la Lune
Deux croque-morts sautaient gaiement
D´un cabriolet de fortune

Armstrong et Collins, quel dommage
Pour moi, vous étiez dans le jazz
Soufflant en notes vers les nuages
Quelques-unes des plus belles phrases

J´ai pleuré pour l´enterrement
Pour l´enterrement de la Lune
Deux fossoyeurs vêtus de blanc
Plantaient leur drapeau sur ses dunes

Ce fut un sale mois de juillet
Et sur les journaux à la une
On vit longtemps son corps souillé
D´une vulgaire tache brune

J´ai pleuré pour l´enterrement
Du rêve et des sonates au clair
D´Arthur, Verlaine et leurs enfants
Et de ces lunes qu´eux décrochèrent

D´Arthur, Verlaine et leurs enfants
Et de ces lunes qu´eux décrochèrent

 

Art Mengo


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http://www.youtube.com/watch?v=DkLW2bM47o8

 

 

Décadi 10 Fructidor 220

 

Photos X – Droits réservés

11/03/2012

Je te salue, ami Cochon, mon frère!

 

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Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Ô toi, dont le trépas annonce bonne chère,

Je te salue bien bas, toi dont le sacrifice

Fournit à nos repas fricassées et saucisses.(bis)

Merci pour ton boudin, merci pour tes jambons,

Merci, merci pour tout, car en toi tout est bon !

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Tu sais rassasier nos ardeurs carnassières,

Nous aimons tout en toi, ta tripe, ta chair fraîche

Tes bajoues, tes rognons, ta langue, ta ventrèche.(bis)

Merci pour tes pâtés, merci pour tes caillettes,

Tes quatre pieds panés, ton fromage de tête.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

 

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Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

En humant les parfums montant de la daubière

Où mijote à feu doux dans du Côtes-du-Rhône

Les morceaux succulents que ton trépas nous donne.(bis)

Merci pour ton échine et ton  filet mignon,

Merci pour ton jésus et pour tes saucissons.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

 Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère

Fidèle compagnon des sorties rabassières

Où dans les bois de chêne, ton odorat subtil

Te fait trouver les truffes de décembre à avril. (bis)

Merci pour ton regard espiègle et rigolard,

Pour ton grand appétit, pour tes chants, pour ton lard.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

 Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère,

Car toi seul assouvit nos passions charcutières,

Salé, fumé, grillé, braisé ou même cru,

Tu es le compagnon des meilleurs de nos crûs. (bis)

Merci pour les ardeurs que chez nous tu éveilles,

Car en chacun de nous, un peu de toi sommeille !

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère. (bis)

 

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Je te salue bien bas, ami cochon, mon frère

Car ta réputation excite les rosières

Idol’ des sautopafs et terreur des cocus

Tu portes le flambeau de ceux qui aim’ le cul. (bis)

Merci pour les tétons et pour les rondes fesses

Pour les peaux satinées appelant les caresses.

Pour fêter le Cochon, amis, levons nos verres,

Que le Côtes-du-rhône, toujours, nous désaltère.(bis)

 

VictorAyoli ©

 

Duodi 22 ventôse 220

 

Illustrations X - Droits réservés

 

 

07/06/2011

Au bistrot de la toile : honneur aux M.O.F. !

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- Messieurs, permettez-moi de vous offrir un ballon de cet excellent Côtes-du-rhône élaboré dans les chais de David, à St-Hilaire-d’Ozilhan.

 

- …taing ! La classe Loulle ! La classe ! Voilà qui fait honneur à une profession souvent mal comprise et qui pourtant reste une passion, que dis-je, un sacerdoce ! Les bistrots sont les derniers lieux de rencontre, de convivialité, de brassage des populations. Ils sont à la fois prétoire, agora, théâtre ! Il est excellent ton David 2004 Loulle. Puissance, longueur en bouche, tanins nobles, parfum de violette et de fruits rouges. Continue comme ça, mastroquet de mon cœur, et tu pourras te présenter au concours des Meilleurs Ouvriers de France, les célèbres M.O.F. au col orné du prestigieux liseré tricolore.

 

- T’as tout compris Victor. J’ai été espanté, hier soir, par un reportage sur ces M.O.F. Le travail que représente ce concours est phénoménal. J’ai dit travail mais ce n’est pas le terme. Dans travail il y a « trepaliare », donc souffrance, obligation, torture. J’aurais dû dire oeuvre, ouvrage.

 

- D’ailleurs l’intitulé de ce concours d’excellence dit tout : « meilleur », il n’y a pas mieux, c’est le sommet, le top comme ils disent maintenant, « ouvrier », voilà le mot riche, c’est celui qui œuvre, qui crée un ouvrage, « de France », ça implique le prestige et la fierté du pays phare en matière de gastronomie, de cuisine, de pâtisserie, d’art de vivre.

 

- En voyant la difficulté de ce concours, qui couronne deux ou trois M.O.F. seulement par an sur 250 ou 300 impétrants déjà tous chevronnés, on comprend que la France demeure le pays du savoir-vivre, du savoir-faire culinaire. C’est l’imagination, la rigueur intellectuelle, la pugnacité, le courage, le sens de l’esthétique  prolongés par la perfection du geste au service des meilleurs produits avec pour  finalité  de procurer du bonheur ! De plus, ces artistes sont animés par un esprit directement hérité du compagnonnage : l’humilité de l’apprentissage rigoureux et la transmission du savoir. Il faut voir ces chefs étoilés se mettre au service des impétrants, les entrainer comme des athlètes de haut niveau, les pousser dans leurs retranchements et partager avec eux leur bonheur ou leur déception lors du verdict final !

 

- J’ai vu aussi ce reportage Loulle, et comme toi j’ai « badé » devant la passion de ces hommes et de ces femmes entièrement tournés vers l’excellence dans leur art. On peut être rassuré Loulle, avec une telle pépinière de « chefs », la suprématie française en matière de gastronomie n’est pas prête d’être abattue, n’en déplaise aux bobos crétins qui se pâment devant les saloperies chimiques des Ferran Adrià, Thomas Keller ou Heston Blumenthal.

 

- Ouais… Mais à côté de ces chefs qui sont l’honneur et font le prestige de la profession sévissent des milliers de gargotiers qui ne font que réchauffer au micro-onde des plats industriels surgelés…

 

- Hélas… Allez ! A la nôtre et à la santé de ces héros de la fourchette !

 

 

Merci à Chimulus

 

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Nonidi 19 prairial de l'an 219 de l'ère de la Liberté