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23/09/2018

Ouiquinde gastronomique. Pour Charlotte, la lotte au safran

nue cambrée.jpg

 

Charlotte

 

Lorsque l’air surchauffé tremble au soleil lion

Qui calcine la plaine au feu de ses rayons,

En émergeant de l’ombre, Charlotte vient au puits

Et plonge son amphore dans l’eau fraîche qui luit.

 

Cambrée, les bras au ciel, elle ôte sa chemise

D’un geste coutumier mais d’une grâce exquise.

Voluptueusement elle fait couler l’eau

Qui caresse ses seins, et ses reins, et son dos.

 

Pâmée, les yeux mi-clos, secouant sa crinière

Elle crée une aura de perles de lumière.

Arquée comme une harpe, elle s’offre à Phoebus.

 

Tapi dans un fourré, mon cœur, mes sens s’enflamment,

Fascinés de désir pour la fleur de lotus

Qui orne la vallée qui fait d’elle une femme.

 

 

Charlotte - La lotte au safran

 

- Au lieu de te planquer pour mater la Charlotte

Pourquoi pas l’inviter, Victor ? C’était plus franc !

Ce qu’il te fallait faire, c’est une queue de lotte

Que tu lui cuisinais à l’ail et au safran.

Pour séduire Charlotte en un repas intime

Il faut, évidemment, lui faire un peu de frime.

Sur le bord de son puits, pose un bouquet de fleurs !

Chante-lui une aubade ! Montre-toi enjôleur !

Mets-toi à ses genoux ! Mieux encor, fais-la rire,

C’est souvent le moyen le plus sûr pour séduire.

- Oh ! Lâche-moi la grappe, car pour le baratin

J’en remontrerais même à un Napolitain !

Dis-moi plutôt comment je fais cette baudroie,

C’est le nom de la lotte, ici, dans nos endroits.

- Prends une queue de lotte d’une livre et demi

Faut être généreux, fais pas d’économies.

Demande au poissonnier d’enlever l’os central,

Il n’y a pas d’arêtes dans ce drôle d’animal.

Au mortier tu écrases un ail et du persil

Quelques grains de cumin, du safran en pistils

Allonge l’appareil d’un peu d’huile d’olive

C’est la plus parfumée et la plus digestive.

Tu en mets à chauffer aussi dans ta cocotte.

Sur ton plan de travail, étends tes demi-lottes,

Tu garnis l’intérieur de ta préparation,

Sales légèrement, reformes le poisson

Enfin, avec du fil, tu le brides serré

Tu le mets en cocotte et tu le fais dorer.

Puis tu baisses le feu et fais cuire à feu doux,

Tu le tournes et surveilles, vingt-cinq minutes en tout.

Puis tu réserves au chaud sur le plat de service.

Déglace ta cocotte au Beaumes-de-Venise

Rajoute du safran en pistils ou en poudre

Puis un jet de Cognac, mais pas un dé à coudre,

Un peu de crème fraîche pour donner du liant

Tu nappes ton poisson et sers ce plat friand.

Tu verras pétiller dans les yeux de ta belle

Des promesses de joie, d’amour et de dentelles.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 queues de lotte d'une livre et demi chacune, - 3 gousses d'ail, - 1 bouquet de persil plat, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 12 pistils de safran, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillerées à dessert de fleur de sel de Camargue, - 1 petit pot de crème fraîche, - 1 verre de Beaumes-de-Venise, - 1 verre de Cognac.

 

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-­du-Pape.

Coteaux-du-Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette-de-Bellegarde.

Côtes-de-Provence de Palette, Coteaux-varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du ­Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Roche­gude, Saint-Maurice-sur-Aygues, Sablet. Costières-de-Nîmes. Coteaux-du-Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux-varois de Tour­ves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

Photo X - Droits réservés

 

Amis lecteurs,

Comme vous le savez, la plateforme Midi-Libre

qui abrite généreusement nos blogs depuis des années

va cesser cette prestation le 5 octobre.

Vous pourrez cependant retrouverr

 

LANTIFADAS

 

ici:

 

http://lantifadas.hautetfort.com/

26/08/2018

Au bistro de la toile : étranges buveurs d'eau !

chimulus bistro copie.jpg

- Ouarf ! Ils s’étranglent avec leur eau minérale les peine-à-jouir regroupés en lobby anti bonheur ! Ces « zexperts » ont décrété que l’augmentation de mortalité commençait dès le premier verre. Fatche, Victor, on vit dangereusement. Et moi, tenancier de ce rade, « ils » veulent me culpabiliser. Tu te rends compte Victor, je rogne ton espérance de vie… Que la honte m’étouffe et que le tron de dieu me cure.

- Requinque-toi, Loulle. Ce fameux verre a un impact très modeste sur la santé, puisque leur étude à la kon signifie qu’avec un verre d’alcool par jour 918 personnes sur 100 000 vont être touchées chaque année contre 914 sur 100 000 parmi les buveurs de flotte ! Mais attention, il s’agit de verres d’un volume correspondant à une unité d’alcool. Soit une coupe de champagne ou un verre ballon de vin (10 cl), un demi de bière à 5° (25 cl) et 3 cl -seulement- d’un alcool fort type whisky ou pastis (la quantité d’eau ajoutée ne change rien !).

- Ouf, tu me rassures.

- Et puis, ces « études », tu peux leur faire dire ce que tu veux. Tiens, il y en a une autre qui dit au contraire que boire un verre de vin rouge est équivalent à une heure de sport intensif. Voilà pourquoi ton rade est une sacrée salle de muscu ! « Après une dure journée de travail, si vous vous sentez coupable parce que vous avez la flemme d’aller faire votre jogging aujourd’hui, installez-vous confortablement dans votre canapé, détendez-vous et buvez un bon verre de vin rouge à la place » qu’ils disent les chercheurs ! Ils disent encore qu’il y a dans le rouge du resvératrol, « un polyphénol qui a des effets extrêmement positifs sur le cœur, mais également sur les muscles, les os… ».

- Tè, faisons un peu de sport alors Victor. Je mets ma tournée.

- Merci Loulle. Et puis, tu sais que les exportations de vins et spiritueux sont le deuxième secteur d’exportation de France, avec autour de douze milliards par an, juste après l’aéronautique et devant les parfums ! C’est l’équivalent de cent cinquante Rafale ou de quatre centrales nucléaires. Et c’est bien moins dangereux comme le prouvent les « études » dont on nous bourre le mou régulièrement et particulièrement ces jours-ci.

- « Bonum vinum laetificat cor hominis ! » Le bon vin réjouit le cœur de l’homme.

- Si tu le prends sur ce ton, merveilleux mastroquet lettré, Horace disait : « Nulla placere diu nec vivere carmina possunt, quae scribuntur aquae potoribus… » qui veut dire quelque chose comme, « ils ne vivront pas les écrits des buveurs d’eau ! Et enfin, écoutons Baudelaire : « N’est-il pas raisonnable de penser que les gens qui ne boivent jamais de vin, naïfs ou systématiques, sont des imbéciles ou des hypocrites ; des imbéciles, c’est-à-dire des hommes ne connaissant ni l’humanité ni la nature, des artistes repoussant les moyens traditionnels de l’art ; des ouvriers blasphémant la mécanique ; - des hypocrites, c’est-à-dire des gourmands honteux, des fanfarons de sobriété, buvant en cachette et ayant quelque vin occulte ? Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables. »

- Allez zoù, tournée générale. Et du rouge !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

19/08/2018

Ouiquinde gastronomique: le tian de cochon aux haricots

tian de haricot web.jpg 

 

En Provence, petit, ce qu'on appelle un "tian"

C'est un grand plat en terre, vernissé et brillant,

Ovale très souvent, ou tout simplement rond,

De largeur variable, mais jamais très profond.

Les potiers de village, au temps de nos grand-mères

Fabriquaient et cuisaient ces grands plats à tout faire.

Car on y faisait tout, dans ces récipients

Rustiques, allant au feu, solides, pas fainéants:

La barbe, la vaisselle, la toilette des gosses,

Les légumes à tremper, les fayots qu'on écosse.

Après quoi, bien rincés, sans prévention mesquine,

On s'en servait surtout pour faire la cuisine!

Ce grand plat à gratin, simple et astucieux

Est aussi synonyme de repas copieux,

De nourriture simple en grande quantité,

Qu'en bonne compagnie on aime ingurgiter.

Notre tian de cochon et de haricots frais

Est bien dans la lignée des nourritures vraies.

C'est un plat que l'on fait lorsqu'on a récolté

Les tarbais, les pamiers ou les cavaillonnais,

Ces haricots fameux, moelleux, souples en bouche,

Aux accents musicaux, rocailleux et farouches.

A défaut prenez donc des cocos de Paimpol.

Par chaque commensal, écossez-en un bol.

Inutile, bien sûr, de les faire tremper,

Lavez-les à grande eau et puis égouttez-les,

Cuisez-les à moitié, demi-heure environ

Dans beaucoup d'eau salée chantant à gros bouillons.

Tout ça m'a donné soif, petit, remplis mon verre

D'un bon blanc de Laudun, un vin vif et sincère,

Un vin qui donne soif, le vin que je préfère

Pour préparer au mieux la cuisine porchère.

Ton boucher t'a coupé une large rouelle

De jambon de cochon. Elle est épaisse et belle.

Tu vas la piquer d'ail et la frotter de sauge

Puis la mettre à four chaud un demi-tour d'horloge

Dans ton tian frotté d'ail et graissé au saindoux.

Quand ta viande est dorée, sale et poivre le tout,

Rajoute deux oignons émincés, trois tomates

Pelées, épépinées, thym, laurier, aromates.

Laisse fondre un moment puis déglace au vin blanc.

Égoutte maintenant tes haricots brûlants

Et mets-les dans le tian, au-dessus de ta viande

Vérifie les saveurs et poivre à la demande.

Tu mouilles, à niveau, par ton eau de cuisson

Et tu remets au four, chaud mais sans déraison,

Une heure ou même plus. Il faut que tes fayots

Gonflent sans éclater, en buvant toute l'eau.

Lorsque ton plat est cuit, juste avant de servir

Passe-le sous le grill afin de l'enrichir

D'une croûte dorée, odorante et aimable.

Parsème de persil et sers le tian sur table.

Accompagne ce plat d'un blanc vif, effronté,

Ou bien d'un vin primeur gouleyant et fruité.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

1 kilo de haricots frais (pamiers, tarbais, cavaillonnais, cocos de Paim­pol), - 1 kilo de rouelle de cochon, - 1 tête d'ail, - 1 hecto de saindoux, - 2 oignons émincés, - 3 tomates, - 10 feuilles de sauge, - thym, laurier, sel, - 2 verres de vin blanc, - 3 litres d'eau (pour la première cuisson des haricots).

Les vins conseillés:

Profitez de ce plat paysan pour apprécier les blancs vifs de la vallée du Rhône: blancs tranquilles de Saint-Peray, vins tranquilles du Diois, Saint-­Gervais, Uchaux, Bollène, Mondragon, Piolenc, Sarrians, Bagnols-sur­-Cèze, Codolet, Laudun, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche, Villeneuve-Pujaut, Ventoux, Luberon. En vins du Languedoc: Quatourze, La Méjanelle, Picpoul de Pinet. En vins de Provence: Palette, Seillons, ­Source-d'Argens, Bruc-Auriac, Châteauvert.

Vous pouvez aussi accompagner ce plat avec bonheur par des vins pri­meurs: Rochegude, Sainte-Cécile-les- Vignes, Sabran, Codolet, Roche­fort, Lirac, Laudun.

 

 

 

 

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

12/08/2018

Ouiquinde gastronomique au barbecue

barbecue dessin.jpg

 

C’est un mec et sa meuf qui ramassent les haricots verts dans leur jardin. La dame est penchée en avant pour cueillir ces délicieuses légumineuses. Son mari, en arrière, ramassant la raie d’à coté, a une vue imprenable sur les appâts callipyges de l’élue de son cœur. Émoustillé, il s’écrit :

- « Ouarf ! t’as le tafanari aussi large que le barbecue ! »

Pas tellement flattée par cette remarque qui se voulait pourtant élogieuse, les hommes aimant les formes opulentes, la femme ne dit pourtant rien.

La nuit venue, le couple se met au lit et l’homme, se rappelant ses fantasmes de l’après-midi, commence à se coller contre le dos de sa femme. Celle-ci le repousse gentiment mais fermement et lui dit :

- « Si tu crois que je vais faire chauffer le barbecue pour une si petite saucisse, tu te trompes !!! »

 

Illustration X - Droits réservés

 

05/08/2018

Il fait chaud? Allons donc...

soupe pistou pour blogs.jpg

Comment peut-on servir, les soirs de canicule

Une soupe brûlante sans être ridicule?

Et pourtant, en Provence, terre où l'on ose tout,

Il en existe une: c'est la soupe au pistou.

Nous l'avons héritée de nos amis niçois,

Eux-mêmes la tenant de nos cousins génois.

C'est vrai que de chez nous, l'Italie est bien proche,

Le cœur, les chants, le goût, presque tout nous rapproche.

"Pistar", c'est "écraser" en langue provençale.

Et le fameux "pistou" dont chacun se régale

C'est l'ail, le basilic, le fromage mêlés

Dans le mortier de marbre, et simplement pilés.

Le basilic, chez nous, ce n'est pas le "pistou"

Mais c'est" lou balicot ". Voilà. Un point, c'est tout!

Oh ! Doucement, Victor! Tu as les arcanettes ? (1)

Respire, bois un coup et dis-moi ta recette!

- Tu as raison, petit, fais péter le bouchon!

Pour une bonne soupe, il te faut du cochon.

Une couenne, un pied, un petit jambonneau

Que tu vas nettoyer et que tu mets en eau

Froide dans un faitout, puis que tu fais bouillir.

Tu laisses demi-heure et souvent tu écumes.

Pendant que ça cuira, épluches tes légumes:

Des haricots blancs, verts, rouges. Et sans mollir.

Quatre grosses courgettes, quatre belles tomates

Mondées, épépinées, et cinq ou six patates.

Dans ta viande qui bout, met tes légumes entiers,

Sale et fais cuire une heure. Prépare ton mortier.

Du sel, dix gousses d'ail, deux pieds de basilic,

Qu' avecque ton pilon, cet emblème phallique,

Tu écrases en pommade. En tournant vivement

Verse l'huile d'olive, et ne soit pas feignant.

Rajoute trois tomates pelées, mondées, hachées,

Enfin du parmesan ou de l'edam rapé.

Vérifie si la viande est correctement cuite,

Et rectifie le goût. Écoute bien la suite:

Avec une écumoire, sort patates, courgettes

Que tu vas écraser avec une fourchette.

Elle te serviront de liant pour ta soupe.

Enfin tu mets les pâtes. Pour pas que tu les loupes

Tu les tastes souvent et tu les cuis" al dente".

Quand c'est prêt, hors du feu, dans l' oulo qui chuinte,

Introduit ton pistou en mélange homogène

Directement à table, comme l'on fait à Gênes.

Respire ce parfum d'ail et de balicot,

Qui transcende cochon, tomates, haricots!

Cette soupe est un plat complet à elle seule,

Qui ravit les gourmets et les plus fines gueules.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

Pour la soupe: - 1 couenne, - 1 pied, - 1 jambonneau de cochon, - 150 g de haricots blancs secs, - 100 g de haricots rouge (ces haricots seront mis à tremper une nuit), - 500 g de haricots verts frais, - 4 ou 5 belles courget­tes non pelées, - 4 ou 5 tomates (saint-pierre si vous en trouvez), - 5 ou 6 pommes de terre, - 500 g de pâtes genre petits macaronis, - 3 litres d'eau, - 2 cuillerées de gros sel de Camargue.

On peut aussi faire la soupe au pistou sans les morceaux de cochon.

Pour le "pistou" : - 2 pieds de basilic à grandes feuilles, - 10 gousses d'ail, - 1 cuillère à café de sel fin, - 200 g de parmesan ou d’édam rapé (évitez le gruyère qui fait trop de fils), - 2 décilitres d'huile d'olive.

 

Les vins conseillés:

La soupe au pistou est un plat très parfumé qui se sert très chaud, en période estivale! Il faut donc l'accompagner d'un vin frais, léger, gou­leyant et, lui aussi, parfumé. Les vins rosés sont parfaits.

En Côtes-du-Rhône: rosés de Tavel, de Chusclan, de Travaillan, de Camaret, de Suze-la-Rousse, du Ventoux, du Luberon, des Costières-de-Nîmes, de Saint-Désirat, de Bouchet, de Nyons, de Bollène, de Roaix, de Saint­-Pantaléon-les-Vignes.

En Coteaux du Languedoc: rosés de Cabrières, de Faugères, des Corbiè­res.

En vins de Provence: les rosés de Pierrefeu, Brignoles, La Selle, Ollières, Saint-Zacharie, Tourves, Tavernes.

 

(1) Avoir les arcanettes .. faire preuve d'une certaine irritation.

 

Illusation originale Vincent Barbantan

 

29/07/2018

Gastronomie érotique la tête dans les étoiles

 

cassiopée.jpg

 

Sabine

 

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

 

L'agneau en tajine

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachée,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

 

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Pour lire sur le sable :

Savourez un sulfureux Voyage

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Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

...et pour lutter contre la grossophobie:

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22/07/2018

Ouiquinde en bord de mer : Les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

sardines web.jpg

 

Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde

Pour tenter d'échapper à la dent furibonde

De quelque carnassier montant des eaux profondes

Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...

C'est la reine des mers! Succulente et divine,

Pas la langouste, non. Simplement la sardine!

Sa réelle fonction, sa vie, son aventure

Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!

Les poissons s'en délectent, l'homme la met en boite,

Lui fait boucher le port si la passe est étroite...

Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement

Que chaque Provençal est un peu son amant.

Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,

Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.

Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,

Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque

Par la roideur arquée du petit corps luisant.

Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.

Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,

Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,

Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"

C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.

Un bon coup de muscat met les convives à l'aise

Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.

Sur un bout de grillage il range les sardines,

Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.

Les poissons sur la grille sont posés sur le feu

Puis retournés après une minute ou deux.

Sur un grand plateau rond, au milieu de la table

Calée par des galets pour qu'elle reste stable,

Le Pégot sert en vrac sa première tournée

Puis remet sur le feu la prochaine fournée.

Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,

On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.

D'une pression du doigt on enlève la peau

Libérant les filets odorants et bien chauds,

La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,

La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebleu !

On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"

Mais c'est tellement bon! Vous n'avez pas idée.

Avec les dents du haut, on bloque la sardine,

La mâchoire du bas, retroussant les babines

Fort délicatement détache le filet

Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.

Sous le pin parasol où s'aiment les cigales

Montent les petits bruits des gens qui se régalent.

Ça fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"

C'est toute la marée, plus un goût de charbon.

Toutes les deux sardines on boit un coup de blanc,

De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,

On parle avec les mains, on sort la galéjade

Et la journée se passe en franche rigolade.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette. Prévoir aussi des peilles ou des essuie-tout pour les mains !

 

Les vins conseillés:

La sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.

En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos­tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.

En vins du Languedoc blancs Picpoul-de-Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.

En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de­-Provence et des Coteaux varois.

 

In « GROSSIR (ou pas !) sans peine et sans régime

 

cuisine,sardines

 

Illustration originale Vincent Barbantan

17/06/2018

Ouiquinde gastronomique près du Bosphore

Dessin Ingre bain turc.jpg

Ingrd: Aux bains turcs

 

Katy

 

J’ai rencontré Katy sur un paquebot turc

Qui reliait Marseille au pays d'Atatürk

Longue, fine, élancée, androgyne et très blonde,

En voyage de noce elle courait le monde.

 

Un regard prometteur longuement échangé,

Deux verres de raki, près du bar, partagés,

Et nous nous retrouvons, sans parole inutile,

Sur le pont, envoûtés, commençant une idylle.

 

Je cueille sur ses lèvres un baiser épicé,

Je roule entre mes doigts ses petits seins dressés

Elle m’offre, cambré, le bas de son échine

 

Et nous faisons l’amour, au rythme des machines

Nous grimpons, enlacés, vers le septième ciel

Croquant à belles dents dans sa lune de miel !

 

 

Les “ Dolma yalanci ” – Les feuilles de vignes farçies

 

Le mari de Katy, un pasteur anglican

Pratiquait avec flegme une juste devise :

“ Mieux vaut une participation sur un volcan

Que l’exclusivité d’une froide banquise ! ”

Nous nous sommes aimés de fougue et d’abondance

De Marseille à Capri, du Pirée à Byzance,

Au hasard des recoins du bateau haletant

Toujours sur le qui-vive et pressés par le temps,

Sur des bâches pliées, sur des tas de cordages,

Mais surtout dans les chaloupes de sauvetage.

Grand, solide et rougeaud, le regard ironique,

Le pasteur buvait sec du rhum de Martinique

Il connaissait les hommes, les femmes et le péché

Et savait que Katy, sa belle amourachée

Lui reviendrait bientôt, et sans perdre la boule,

Sitôt que le bateau atteindrait Istamboul…

Le pasteur généreux, grand seigneur, m’invita

Dans un resto flottant, sous le pont Galata,

Il reprit possession, avec verve et humour

De sa volage épouse, de sa poupée d’amour,

Et la gorge serrée, je dus rendre les armes

Quand Katy me quitta, sans verser une larme…

- Eh ! Victor, ici bas, chacun porte sa croix,

Et souvent, le cocu n’est pas celui qu’on croit !

Il t’a bien fait marron, le serviteur de dieu !

Mais qu’avez-vous mangé comme repas d’adieu ?

- Un plat oriental, les “ Dolma yalanci ”,

On connaît : ce sont les feuilles de vignes farcies.

Tu fais blanchir trente secondes,

Dans de l’eau bouillante et salée,

Des feuilles de vignes que tu émondes

Des nervures et parties talées.

Tu les sèches sur du sopalin

Et tu te bois un coup de vin.

Tu colores un oignon et de l’agneau haché

Dans de l’huile d’olive sans laisser attacher,

Un verre de riz sec, laisse prendre du goût,

Puis recouvre d’un doigt d’eau, citronnée surtout.

Laisse cuire dix minutes, rajoute des raisins

Secs trempés, égouttés, cannelle, pignons de pin,

Sale, poivre, cuis à absorber le liquide,

Vide ton verre plein et plains ton verre vide.

Dispose cette farce sur tes portions de feuilles

Roule-les en cylindres, c’est fait en un clin d’œil,

Et pour ne pas qu’ils s’ouvrent, avec un cure-dent

Tu rapproches les bords et tu piques dedans.

Dans le fond d’une poêle, met ces petits rouleaux,

Un peu d’huile d’olive, un demi verre d’eau,

Et fais cuire à feu doux, vingt minutes à couvert.

C’est un plat délicieux, qui rend les hommes verts !

Á nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

JVJ

 

 

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Aux fourchettes, citoyens!

Faut-il se plier sous la dictature de la minceur,

la glorification de la maigreur ?

Ne soyez pas "Grossophobe":

 dégustez sans modération le dernier bouquin

que je viens de commettre,

à la gloire du bon vivre, du bien manger,

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16/06/2018

Ouiquinde érotique avec le grand Léo

 

chatte tatouée.jpg

 

Géométriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 Léo Ferré

Ecoutez-le

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27/05/2018

Ouiquinde gastronomique. Le requin de Gunilla

requin mange femme 1.jpg

Gunilla

 

Ma jolie suédoise s’appelait Gunilla

Ses cheveux étaient d’or et ses grands yeux lilas

Nous vivions en sauvages sur une plage indienne

J’étais son Robinson, elle, ma Bohémienne

 

Sa bouche était de miel, sa peau était dorée

Elle croquait la vie et moi je l’adorais.

Elle est allée nager, nue, dans les déferlantes,

Jeune, belle à croquer, forte et appétissante.

 

Elle s’est éloignée d’un crawl souple et puissant

Dans les reflets d’argent de l’astre éblouissant.

Un trait noir fendant l’eau s’en arrive du large.

 

Gunilla ne voit pas le monstre qui la charge.

Un cri dans une gerbe d’écume et de rubis…

Les requins sont cruels dans la mer d’Arabie.

 

 

- Voilà, Victor, une bien funeste aventure…

Qui pourtant porte en elle une philosophie :

On est tous prédateur, on est tous nourriture,

Telle est la dure loi qui régule la vie.

- Non, mais, écoutez-le ce Socrate à la manque !

J’y parle d’une meuf bouffée par les requins,

Et lui, il me dégoise une philo de branque…

Que c’est presque normal et tout le saint-frusquin…

Depuis ce jour, petit, j’ai la haine des squales,

Je ne peux les aimer que bien cuits, dans la poêle.

Ce mangeur de bonheur, les pêcheurs l’ont chopé,

Grand capoun de boun dieù, ce fut une épopée !

Mes amis Malabars à gueules de pirates

L’ont pris dans leurs filets sur la côte marathe,

Le bestiau dépassait trois mètres de longueur,

Ses mâchoires claquaient de toute sa fureur,

Des grands coups de bâtons, de couteaux et de masses

Ont enfin eu raison  du monstre coriace.

On lui creva les yeux pour mieux l’humilier

Puis, dans son estomac, on trouva un collier :

Un pendentif d’argent serti d’une turquoise,

Celui offert par moi – oui ! – à ma Suédoise…

Les cinq pêcheurs et moi, nous étions sous le choc,

L’alcool, le sang, le bang nous rendaient tous amok.

Les clameurs du combat réveillant le village,

Femmes, vieillards, enfants s’en vinrent sur la plage.

Un grand feu lumineux se mit à crépiter

Pour griller le requin en darnes débité.

C’est une viande ferme, moins rouge que le thon

Qu’on pose sur la braise, à même les brandons,

Quand la chair est saisi, qu’elle grésille et fume,

D’un bâton on la tourne et puis on la parfume

D’une pincée de sel, de carry mêlé d’ail

Tandis que l’on prépare, à côté, le rougail.

De l’océan indien, c’est un produit typique,

C’est frais, c’est parfumé, mais ça brûle et ça pique !

Tu haches deux oignons et tu les fais blondir,

Rajoutes trois tomates, coupées, ça va sans dire,

Deux, trois piments z’oiseau, attention, c’est sévère ,

De l’ail, du sel, du sucre, du jus de citrons verts,

Puis deux cuillers à soupe de bon carry hindou,

Dix minutes, à la poêle, tu fais cuire à feu doux.

On mange chaud ou froid cet accompagnement,

Mais il ne faut vraiment pas craindre le piment !

Sous les rais de Chandra, assis sur la terrasse,

Ensemble nous avons dévoré le vorace.

Comme assiette une simple feuille de bananier,

Comme couverts, nos doigts, comme les boucaniers

En mangeant son mangeur, j’aimais ma Gunilla

Tandis que sous la lune résonnaient les tablas.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

Pour le poisson: - 3 tranches de requin de taille convenable, - de la braise, - sel, - 1 cuiller à soupe de carry en poudre, ­ 3 gousses d'ail.

Pour le Rougail : - 6 oignons, - 6 grosses tomates, - 9 à 10 pe­tits "piments z'oiseaux" (selon la force que l'on veut obtenir), - 6 cuillerées à soupe de carry, - 6 gousses d'ail, - 3 cuillers à dessert de sel de Camargue, - 1 cuillerée à soupe de sucre en poudre, - le jus de 3 citrons (verts si possible).

 

Les vins conseillés

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fra­grances animales et en goûts musqués. On doit rester dans la to­nalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques.

En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages".

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols.

 


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21/05/2018

C’est la Féria à Nîmes : osez manger les aliboffis de toro !

taureau de NY couilles.JPG

Les aliboffis, vous connaissez ? En Provence, ce sont les couillons. Pas au figuré, non, les couilles, les testicules si vous préférez le terme politiquement correct. J’ai coutume de dire que « quand elles se vident, c’est le bonheur, tous le monde comprend pourquoi, et quand elles gonflent, c’est la rabia. »

Bon. Après ces petites précisions physiologiques, savez-vous que les aliboffis, c’est excellent à manger ?

Tè ! Je vais vous expliquez comment les faisait mon père (les aliboffis sont un plat que seul un homme peut cuisiner. Les femmes, on préfère qu’elles nous les caressent, bien que parfois elles nous les cassent… C’est dans leur nature, faut faire avec…)

Alors voilà. Respectez évidemment celles de notre frère Bonobo ! Si vous êtes ambitieux, si vous êtes actuellement à Nîmes et si vous ne craignez pas les comparaisons hasardeuses, demandez des aliboffis de taureaux, enfin des « toros » des corridas, demandez à un boucher local. A défaut, chez votre tripier (on en trouve encore), demandez deux belles paires d’aliboffis d’agneau.Trempez-les deux heures dans l’eau froide vinaigrée pour les faire dégorger. Puis blanchissez-les une petite minute à l’eau bouillante salée. Sortez-les avec une écumoire, passez-les rapidement à l’eau froide, puis coupez-les en deux et enlevez la peau.

Dans un faitout, sur feu doux, mettez une cuillère à soupe d’huile d’olive. Lorsqu’elle est chaude, jetez-y quatre belles gousses d’ail pelées et écrasées avec le plat du couteau. Faites revenir juste le temps de boire un canon de rosé. Ajoutez un demi-litre d’eau et un verre de vin blanc, deux cuillères à soupe de concentré de tomate, une cuillère à café de harissa, une cuillère à café de cumin en poudre, autant de paprika, autant de sel et le jus d’un demi citron. Pendant que ça monte à ébullition, coupez les aliboffis en dés grossiers d’environ trois centimètres. Jetez-les dans la préparation précédente lorsqu’elle bout. Couvrez et laissez cuire à feu doux pendant vingt minutes. Après ce temps, si la sauce est trop liquide, faites réduire à feu vif en maniant l’appareil délicatement à la spatule bois pour éviter que ça attache. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement qui doit être de haut goût. Servez très chaud en agrémentant la couleur avec du persil plat haché et des tranches de citron. Ce plat s’accompagne de riz blanc de Camargue. Avec un rosé bien frais, vous m’en direz des nouvelles !

Ah ! J’oubliais : prévoyez quelqu’un pour une petite sieste crapuleuse après ce met gaillard !

Vive les aliboffis !

 

aliboffis de bonobos.jpg

Ce Bonobo en a une paire à nous rendre modeste...

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Aux fourchettes, citoyens!

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20/05/2018

FOURCHETTE EN MAIN: Le civet de renard de l'oncle Pinet.

 

civet renard.jpg

J'ai déjà vu, petit, Maître Renard en chasse.
Il marche à pas feutrés, nez au vent, la queue basse.
Soudain Goupil se fige, tous les sens en alerte,
Laissant venir la poule, caquetant, vers sa perte.
Panache déployé, il bondit gueule ouverte,
Saisissant par le cou la belle proie offerte.
Pas de bruit, seulement une gerbe de plumes
Laissera, de la poule, une trace posthume.
Respectons le renard, c'est une noble bête
Et que l'on peut aimer jusque dans son assiette!
Bien sûr Renard n'est pas un gibier très courant
Mais ce rusé gourmet régale les gourmands!
C'est mon oncle Pinet, je dois m'en réjouir,
Qui, voilà des années, me l'a fait découvrir.
L'oncle Pin et était un gaillard remarquable,
Un savant, un chercheur des choses de la table.
Casquetté, clope au bec, l'oncle avait belle allure.
Cet humoriste heureux détestait la torture,
Or, "travail" provenant du latin "trepaliare",
Supplice du tri pal, soit dit pour les ignares,
Il avait décidé de n'y jamais toucher.
Je l'ai vu plus souvent bambocher que piocher!
Nous partagions, joyeux, des bouteilles multiples,
Et il a fait de moi, en ce sens, son disciple.
Dédaignant les lazzis des idiots qui ricanent,
Il a fait préparer à la tante Suzanne
Corneilles et corbeaux, écureuils, hérissons,
Pies, geais, blaireaux, mouettes, cigalons, limaçons.
Et la tante mettait son imagination
Culinaire au service de ces préparations.
Chasseurs et gardes-chasse, paysans, braconniers
Venaient vider chez lui leur rebut de carnier,
Et beaucoup, toujours prêts si l'on rit, boit et mange,
Acceptaient de goûter ses cuisines étranges.
À l'ombre de la treille, devant le cabanon,
On mangeait, on chantait, en buvant des canons.
- Il est des personnages avec qui l'on se marre,
- Mais ce renard, Victor, comment tu le prépares?
- L'oncle, sans se salir, dirigeait les travaux.
Ses amis s'escrimaient à enlever la peau
En se faisant larder par les milliers de puces,
De joyeux animaux qui sautent, piquent, sucent.
Puis, les mains dans le sang, ils libéraient les tripes
Chaudes et irisées qui salissaient leurs nippes.
On pendait le renard, écorché, nettoyé,
Dans un lieu frais et sec pour le mortifier
Pendant quatre ou cinq jours en fonction des saisons.
On fait toujours ainsi avec la venaison.
On le coupe en morceaux, on le fait mariner
Trois jours dans du vin rouge puissant, carabiné,
Avec sel, poivre noir, genièvre, oignon et thym.
Alors tante Suzanne prenait les choses en mains!
Égouttés, essuyés, les morceaux de renard
Sont flambés au vieux marc puis, sans aucun retard,
Fait sautés à feu vif dans du saindoux fondu,
On remue et on tourne souvent, bien entendu
Pour bien dorer la viande sur toutes ses faces,
On déglace la poêle au Noilly, une tasse,
Puis on laisse réduire sans attacher au fond.
On blondit des oignons dans un faitout profond
Puis on jette dessus les morceaux de renard,
On flambe à l'eau-de-vie, un verre de soiffard,
Sel, poivre de haut goût, bouquet garni, genièvre,
Enfin, tout ce qu'on met pour faire cuire un lièvre.
On mouille abondamment, pas dans la marinade,
Dans un rouge corsé mis en larges rasades.
On fait cuire quatre heures, à feu doux ou moyen,
Tout dépend si Goupil est jeunôt ou ancien!
Ainsi accommodé, c'est un plat délicieux,
Ceux qui le goûteront feront des envieux.
Une bonne polenta en accompagnement,
Et du vin généreux, beaucoup, évidemment.
Avec des commensaux triés sur le volet,
De solides mangeurs, jamais des gringalets,
L'Oncle Pinet régnait avec cette recette
Sur un aréopage d'amoureux de la Fête.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne!

 


Ingrédients et proportions pour six à huit personnes (ayant bon appétit)

Il va de soi que l'Oncle Pinet ne faisait pas le bec fin sur la taille du renard que lui apportaient ses rabatteurs. Faites comme lui!
Il faut donc:
- Pour la marinade: - un renard mis à mortifier si possible en chambre froide quatre ou cinq jours puis coupé en morceaux, - 5 litres de vin rouge 13 ou 14°, - 5 poignées de gros sel, - 2 cuillerées à soupe de poivre noir concassé, - 20 baies de genièvre, - 5 oignons en quartiers piqués de clous de girofle, - 2 belles touffes de thym.
- Pour le civet: 2 verres d'eau-de-vie pour flamber, - 250 g de saindoux, - 1 verre de Noilly-Prat, - 5 autres oignons émincés, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - poivre noir du moulin en abondance, - 1 gros bouquet garni, - 20 nouvelles baies de genièvre, - 3 bouteilles de bon vin rouge AO.C. 14,5°C, - 2 verres d'huile d'olive, - 2 kilos de farine de polenta pour l'accompagnement.

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fragrances animales et en goûts musqués. Il y a donc deux écoles pour le choix des vins: - soit on reste dans la tonalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques. En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages" ; en vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure; en vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols; - soit on joue l'opposition et l'on prend des vins jeunes, légers, gouleyants, des vins "à boire". En Côtes-du-Rhône: Rochefort, Estézargues, Ste-Cécile-les-Vignes, Côtes du Ventoux, Coteaux du Luberon, Coteaux du Tricastin, Costières-de-Nîmes ; en vins du Languedoc: Saint-Saturnin, Pic-Saint-Loup, Saint-Christol, Saint-Drézery ; en vins de Provence: Côteaux-des-Baux, Saint-Maximin, Varages et Villecroze.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

In: GROSSIR (ou pas !) sans peine et sans régime

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13/05/2018

Ouiquinde gastronomique: le sac d'os !

 

sac d'os 2.jpg

 

Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Au fond de nos campagnes lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi l coupe et la bonbonne !

 

Illustration X – Droits réservés

 

in: GROSSIR (ou pas !) sans peine et sans régime

 

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Ecoute ! Ecoute !

Une personne âgée demande à son médecin:
- Que 
faut-il faire pour mourir vieux ?
-
Arrêter de fumer, de boire, de faire la fête, de manger trop lourd et de faire l'amour.
- Alors si je me 
prive de tous cela, je deviendrais vieux ?
- Je ne sais pas, mais ce que je vous 
garantis c'est que le temps va vous paraître très très long

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08/05/2018

L’été arrive et avec lui l’amour, le sexe : drôles de modes d’emploi !

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     L’AMOUR, le Sexe, bref, les saints (seins) plaisirs physiques, nous, les Gaulois grivois, on croit que c’est naturel, que c’est inné, que c’est tellement naturel et tellement bon qu’il n’est nul besoin d’en faire des tonnes, de s’allonger longuement sur le sujet, sauf en littérature, cinéma, peintures, arts. Eh bien non. Ce n’est pas si naturel que ça puisque dans de nombreux pays, ces pratiques sont codés et font surtout l’objet d’interdits multiples et insolites.

     Si nous, nous avons depuis longtemps foutu les curés à la porte de nos chambres à coucher, il n’en est pas de même ailleurs. Par exemple, jusqu’à ce que, en 2003, la Cour suprême des États-Unis les déclare anticonstitutionnelles, certains états du Sud avaient des lois contre la sodomie mais aussi la fellation et le cunnilingus. Elles violent le XIVe amendement de la constitution qui protège la vie privée et la liberté des citoyens américains. Treize États fédérés, situés surtout dans le sud du pays, pratiquaient jusqu’alors des lois contre la sodomie entre adultes consentants, dont quatre condamnaient aussi les fellations : le Texas, le Kansas, l’Oklahoma et le Missouri. Au fait, comment le juge fait pour savoir ?

     Ce n’est pas tout. Ainsi, à Washington D.C, la seule position sexuelle tolérée est le missionnaire. Toutes les autres sont illégales. Qu’est-ce qu’ils doivent s’emmerder dans ces contrées de culs-bénis !

     Il y a plus pittoresque. Au Liban, il est formellement interdit aux hommes d’avoir des rapports sexuels avec des animaux… mâles ! Mais ils peuvent, par contre, en avoir avec des animaux femelles. Si cette loi n’est pas respectée, le coupable risque la peine de mort. Ah ! Les vaches…

     En Indonésie, les femmes doivent être plus petites que leurs maris. Si ce n’est pas le cas, une partie des jambes devra être sectionnée. Toujours dans ce pays, si un homme se fait prendre en train de se masturber, il risque d’être non seulement décalotté mais décapité !

     Quant aux femmes de Hong Kong, elles ont le droit de vengeance grâce à une loi les autorisant à tuer leur mari en cas d’infidélité. Seulement, elles ne peuvent l’achever qu’à mains nues ! Par contre, elle peut faire comme bon lui semble avec la maîtresse de son mari.

     Eh ! Oh ! Femmes et Hommes de nos belles contrées, voilà où mène les faiblesses, les « arrangements raisonnables » avec les tenants d’une « moralité » d’un autre âge.

     Mais il y a pourtant des pays qui font encore rêver. Dans de nombreux pays conservateurs, les hommes exigent que leur future épouse soit encore vierge. Mais sur l’île de Guam, la tradition exige exactement le contraire, puisque les vierges sont explicitement interdites de mariage. Il faut en effet d’abord "être devenu une vraie femme" avant de pouvoir se lier à un homme pour la vie. À Guam, le dépucelage des vierges est même un job à plein temps, les jeunes filles payant grassement des hommes pour leur faire perdre leur virginité !

     Et, comme disent nos frères italiens « Al culo, al culo, e la primavera ! »

     Et en plus, on a gagné la guerre…

 

* * * * * * * * *

 

     VOICI venir le temps des vacances, des corps exposés langoureusement sur les plages. Dans tous les magazines, sur tous les écrans fleurissent des injonctions de maigrir !

     Faut-il, sans réagir, abandonner tout libre arbitre devant cette dictature de la minceur, cette glorification de la maigreur ?

     Au fait, on dit « un bon gros », jamais « un bon maigre » !

     Alors dégustez sans modération le dernier bouquin que je viens de commettre, à la gloire du bon vivre, du bien manger, sans crainte de...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Illustrations: Reiser, Barbantan

 

29/04/2018

Epatez vos amis avec un repas original : bouffez ceux qui vous bouffent !

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Prenez un riche bien gras et dodu. De la variété française, c'est les mieux nourris. S'il se fait rare, achetez-le (ou mieux, chassez-le) en Belgique, en Suisse, en Angleterre, à Monaco. Du fouteux (mais c'est filandreux), du showbizzeux (mais c'est gras et ça a un gout de coke prononcé), du patron. Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faite de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a fait faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !

Et bon appétit !

 

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  Illustrations Salvator Dali - Centre Pompidou 

 

 

22/04/2018

Gastronomie salutaire: l'homo parasitus en croûte

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Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard,

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignées de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galets

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

15/04/2018

Le chevreau de printemps aux herbes fines

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Aux alentours de Pâques, lorsque j’étais minot

Mon père achetait, chaque année, un chevreau.

Attaché dans la cour en attendant la fête,

Qu’il soit noir, blanc ou brun, il l’appelait « Blanquette ».

Nous, nous le caressions, lui donnions à manger

Épluchures, salades, déchets du potager,

Et le bestiau bêlait, pleurait à fendre l’âme

Comme s’il devinait son destin sous la lame.

Puis un soir arrivait, perché sur son vélo,

Armé de ses couteaux, le terrible Angelo !

Casquette de côté, poilu, rouquin et borgne

C’était un Espagnol venu de Catalogne.

Le père maitrisait le chevreau sur le banc,

Mon frère et moi tenions les pattes en tremblant

Et le chevreau criait, soufflait comme une forge

Tandis que le tueur, sûr, lui tranchait la gorge.

Quelques brefs soubresauts de la pauvre bestiole

Marquaient les derniers pas d’une vie qui s’envole.

Puis, s’essuyant les mains, le terrible Angelo

Sortait de son carnier la valve de vélo.

Alors, perçant la peau du chevreau sur le râble,

Il y introduisait l’accessoire cyclable,

Mon père, puis, avec la pompe à bicyclette

Gonflait, gonflait, gonflait, gonflait la bête.

La peau se décollait. On pendait le bestiau

On espuyait la peau, on sortait les boyaux…

 

Souvenirs, nostalgie…Allez ! A la cuisine !

La chevrette, au printemps, sera viande divine.

Sur la plaque du four, mettez les deux cuissots

A dorer vingt minutes sur de l’huile des Baux.

Dans une casserole, fondez du lard fumé

Avec des échalotes et de l’ail écrasé,

Ajoutez du vin blanc, plutôt sec, un demi,

Lorsque tout cela bout, ajoutez thym, persil,

Basilic, coriandre, ciboulette, estragon

Mijotez dix minutes, et buvez un gorgeon.

Sortez le plat du four, salez, poivrez la viande,

Arrosez-là avec la sauce précédente,

Puis remettez au four pour cinquante minutes

Cent-quatre-vingt, pas plus. Vous touchez presque au but.

Arrosez très souvent, que la viande s’imprègne.

Attention toutefois, il faut pas que ça baigne.

Découpez, saupoudrez les herbes qui vous restent,

Citronnez puis servez sans faire le modeste !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ces nectars divins de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

 

Les ingrédients pour 8 personnes :

Les deux gigots d’un chevreau, - quatre cuillère à soupe d’huile d’olive (des Baux…ou d’ailleurs), - deux hectos de lard gras-, maigre fumé, - une bouteille de vin blanc sec (1/2 litre pour le chevreau, le reste pour le cuistot), - cinq échalotes, - cinq gousses d’ail, - une grosse poignée de persil haché, - autant de coriandre haché, - un bouquet de basilic, - ciboulette, - estragon, - thym émietté, - sel, poivre du moulin, - un citron. En accompagnement le chevreau accepte tout : haricots blancs, pommes de terre sarladaise, petit épeautre de Sault ou polenta.

Quand aux vins pour sublimer les saveurs de ce met printanier, il les faut plutôt légers : les vins rouges de l’année, un « vin qui a fait ses Pâques », ayant six mois de bouteille. Vins de Loire, d’Anjou, Côtes-du-Ventoux, Coteaux-d’Aix par exemple.

 

Photo X - Droits réservés

06/04/2018

La métaphysique du gigot !

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Allez, on vient de se taper le gigot aux flageolets pour la Pâque chrétienne et la Pâque juive, et ce ouiquinde, on va se taper encore un gigot pour la Pâque orthodoxe. Puis au mois de juin, rebelote avec la fin du ramadan. Mauvais temps pour la gent moutonnière.

Moi - athée invétéré qui bouffe quotidiennement du curé, du pasteur, du rabbin et de l'imam - je ne vais pas manquer chacune de ces occasions de me tapisser la tripe de ces viandes savoureuses, parfumées, souples à la dent et jouissives au palais, accompagnées de sauces chaudes et onctueuses. Parce que le gigot incite aux réflexions métaphysiques !

Pour moi, et pour beaucoup, beaucoup de monde, les religions, toutes les religions ne sont que des névroses collectives pourvoyeuses de carnages. Névroses qui, au lieu de « relier », excluent l’autre, celui qui n’a pas la « foi » en une divinité inventée au gré des cultures et souvent imposée sous les bottes des soudards missionnaires.

Camus, dans « L’homme révolté », dit que la liberté implique d’abord de « tuer dieu ». Au fait, c’est quoi, c’est qui dieu ?

L’idée d’un dieu personnifié, « à l’image de l’homme » - puisque créé par lui pour faire face à l’angoisse de sa finitude qu’implique la conscience chez ce singe sans poils qu’est l’homme – est naïve, puérile. Et toutes les histoires racontées par les religions, qu’elles soient « du livre » ou autres ne sont que des récits mythiques, du niveau des histoires à faire peur que l’on raconte aux enfants.

Parce qu’il s’agit d’un concept anthropomorphiste inventé par l’humain pour tenter d’influencer son destin et lui offrir une consolation dans les moments difficiles de son existence, et particulièrement face à la conscience qu’a pris ce singe de sa mort inéluctable. Comme nous ne pouvons influer sur la nature, nous avons inventé cette idée qu’elle était organisée, gérée par un dieu « bienveillant » ou terrible, qui nous écoute, entend nos « prières », nous guide puis nous juge et éventuellement nous condamne et nous damne.

C’est réconfortant d’avoir ainsi un « livre » - thora, bible, coran, upanishad, etc. – qui donne la réponse, la manière de se comporter face à tous les aléas de l’existence. Le mode d’emploi. Mais ce n’est que de la paresse intellectuelle.

Nous créons cette illusion puérile que si nous le prions beaucoup, ce superman influera sur la nature et satisfera nos désirs. Infantilisme.

Et si malgré nos prières ça ne le fait pas, comme nous ne comprenons pas qu’un dieu si bienveillant ait pu permettre des saloperies innommables, comme la Shoa par exemple, nous nous mentons encore en disant que cela doit obéir à quelques desseins mystérieux, nous courbons la tête et nous acceptons. Lâcheté.

Comment peut-on penser que « dieu » (??!!) s’intéresse à nous ? Nous ne sommes que l’une des millions d’espèces qui occupent l’une des planètes d’une étoile secondaire d’une galaxie moyenne qui n’est elle-même qu’une des millions de milliards de galaxies qui existent dans le cosmos ! Comment peut-on avoir l’orgueil stupide de croire qu’un dieu se donnerait la peine, dans cette immensité inimaginable, de s’intéresser à chacun de nous ? Et s’il est à la fois bon et omnipotent comme le prétendent les textes dit « sacrés », comment peut-il permettre le mal ?

Ces deux concepts – bon et omnipotent – sont contradictoires : si « dieu » est bon, il ne peut pas être tout puissant puisqu’il n’arrive pas à éliminer le mal ; et s’il est tout puissant il ne peut être bon puisqu’il permet au mal d’exister. Chaque concept exclut l’autre.

Les textes du « livre » donnent l’image d’un dieu m’as-tu-vu, jaloux, vindicatif, qui inspire la crainte, qui exige une fidélité aveugle, qui exige qu’on l’adore ! Un dieu qui punit, torture, tue et se moque de sa pauvre créature.

Non mais qu’est-ce qu’un dieu capable de demander à Abraham de mentir, de tromper puis de tuer son propre fils, la chair de sa chair juste pour avoir la preuve que le vieux lui sera fidèle ? « Eh ! Abraham, déconne pas, c’était pour rigoler ! Ah ! L’autre, il y a cru. T’es kon ou quoi ? Tiens, égorge plutôt ce mouton et allez faire un gueuleton ». Tè, voilà le gigot originel qui arrive ! Non mais, quel est le gamin qui rêverait d'avoir Abraham pour père ?

Méchanceté intrinsèque, monumentale cruauté mentale.

Et c’est là-dessus que sont fondées les trois religions « du livre », les pires des pires qui soient ! Preuve s’il en était besoin de la puérilité de ces religions. Car s’il est omniscient, le « dieu » en question sait parfaitement qu’Abraham lui sera fidèle. Alors pourquoi, s’il est « bon », ce test cruel ?

Donc ce dieu n’est pas bon. Est-il pour autant tout-puissant ? Pourquoi punit-il ses créatures pour des choses dont il est, en fin de compte, l’unique responsable ? Pour jouir de les torturer ? Qu’est-ce que ce dieu odieux ?

Il n’existe pas de dieu « tout puissant ». Einstein lui-même formulait par une parabole ce paradoxe : « Si dieu est tout-puissant, il peut créer une pierre qui soit si lourde que lui-même ne peut la soulever. Mais alors s’il ne peut soulever cette pierre, il n’est pas tout-puissant ! Et s’il réussit à la soulever, il n’est pas non plus tout-puissant… puisqu’il n’a pas pu créer une pierre qu’il ne réussisse pas à soulever ! »

Tout est dit. Dieu est une invention de l’homme en quête de réconfort et une tentative d’explication pour ce qu’il ne comprend pas. Les religions jouent la-dessus pour empêcher les gens de penser. Les politiques de tous bords se sont toujours appuyés sur ces machines à lobotomiser le peuple. Nos dirigeants du plus haut niveau se pressent pour gameller avec le CRIF, vont faire des courbettes au Vatican et des salamalecs au raout de l'UOIF, ces grands défenseurs du violeur Ramadan. On parle d'enseigner le « fait religieux » à l'école, d'accord mais alors il faut aussi enseigner le fait athée et agnostique qui représente 60 % des Français !

Il est impossible de prouver l’existence de dieu… comme il est impossible de prouver sa non-existence. Match nul. 1 à 1, la balle au centre !

Le reste est du domaine non de l’intelligence et de la raison mais de la foi. Écoutons à ce sujet le grand François Cavanna : « On a la religion ramassée au hasard de sa naissance. Pis : on a la religion imprimée par la botte à clou du soudard. Le besoin de croire, c’est-à-dire de ne pas penser, est tellement impérieux qu’on est prêt à croire n’importe quoi, pourvu qu’on croie. Ne pas penser, surtout ne pas penser ! De la pensée naît l’inquiétude, et l’inquiétude n’est pas confortable. »

Il dit encore : « La crédulité s’engraisse sur le désarroi comme la mouche verte sur la charogne »

Bien d’accord avec toi François ! Allez, trinquons à la vie ! Hic et nunc…

Zoù ! Je vais acheter un gigot de Sisteron que je vais masser avec une pommade d'ail pilé, de fleurs de thym, montée à l'huile d'olive, puis que je vais filmer et laisser mariner dans le bac à légume du frigo jusqu'à dimanche !

"Je mange donc je suis !" Non de dieux...

 

Photo Moi.

01/04/2018

L’agneau pascal en cuisson douce

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Moi qui suis un athée très anticlérical

Lorsque vient le printemps, j’aime l’agneau pascal.

J’aime sa chair gorgée de toutes les fragrances

Qu’exhalent les collines entre Rhône et Durance,

J’aime le jus coulant de cette peau dorée

Fleurant l’ail et le thym. J’aime le dévorer,

Oui mais avant cela, encor faut-il le cuire

Comme on fait en Provence. Je m’en vais vous le dire.

Prenez donc un gigot d’agneau de Sisteron

D’environ deux kilos, au cuissot doux et rond.

Coupez six gousses d’ail dégermées en lamelles,

Glissez-les sous la peau avec votre Opinel ;

Dans un hecto de beurre fondu demi sel

Vous mélanger cumin, thym, poivre, pas de sel ;

Enduisez le gigot avec cette pommade,

Et laissez reposer dans cette marinade

Trois heures de pendule ; mieux : la nuit au frigo,

Pour que tous ces parfums pénètrent le gigot.

Placé votre appareil dans un plat bien beurré

Dans votre four réglé à quatre-vingt degrés.

Laissez cuire deux heures en le tournant souvent

Il va se colorer et cuire doucement,

Puis montez votre four sur cent-dix ou sur Un

Tournez et arrosez lorsque c’est opportun,

Laissez encore cuire pour une heure et demie

Sur la fin vous salez avec parcimonie.

Cette cuisson très douce va sublimer la viande

Qui restera rosée, bien juteuse et gourmande.

Coupez « à la française » : angle droit avec l’os,

Pour que ça reste chaud, vous servez rapidos

Avec des flageolets réchauffés dans le jus

Mais cèpes et girolles sont aussi bienvenus !

Buvez très largement de la tété d’automne

Ces vins de large soif de la Côte-du-Rhône,

Et pour laisser le monde des maigres, des sans-goûts,

Alors resservez-vous !

 

 

Illustration: merci à l'irremplacé Reiser

 

 

Écoute ! Écoute !

 

La mère de Jésus reçoit son bulletin de note… Des bulles partout ! La Marie passe un sacré savon à son fiston :

« Enfin Jésus, tu te fous de nous au quoi ? On se décarcasse avec ton père pour t’envoyer à l’école et voilà les résultats :

Calcul : zéro – multiplie les pains et les poissons pour faire son intéressant.

Physique et chimie : zéro – change l’eau en vin.

Gymnastique : zéro – marche sur l’eau pour faire rire ses camarades.

Et c’est pareil partout. Mais qu’est-ce que tu as dans la tête ? C’est comme ça que tu prépares ton avenir ? Puisque c’est comme ça, sur tes vacances de Pâques, TU PEUX Y FAIRE UNE CROIX !

 

25/03/2018

Gastronomie dominicale : l’agneau en tajine

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Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Déneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

Pour Sabine; l'agneau en tajine

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, mets dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachées,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer :

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

De la coriandre fraîche, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, « Ah, dis donc, Doudou ! »

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi-heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

Photo X - Droits réservés