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29/05/2017

L’amitié franco-russe, ce n’est pas du flan.

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Le roi (telet) – soleil reçoit le tsar de toutes les Russies ! En cela, Macron se montre bien plus fin politique que ses deux prédécesseurs. Pragmatique le jeunot ! Il a compris que se couper d’une puissance à la fois européenne et asiatique comme la Russie était non seulement ridicule au point de vue de la géographie et de l’histoire, mais improductif au niveau économique et éminemment dangereux côté militaire.

Macron reçoit donc le grand méchant ours, Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Assad, suppôt de l’enfer !

Ne faisons pas d’angélisme : Poutine est loin d’être un gentil. Mais y a-t-il place pour les gentils en matière de géopolitique où tout n’est que rapport de force ?

Il ne faut pas méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples. Lorsqu’il a été élu, en 2000, Poutine, va prendre en main un pays humilié, en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaqués par des officines occidentales - surtout yankees ou allemandes - leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va changer tout ça. Il va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2 000 à 2 010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire chez lui Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) mais aussi à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1 999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis…

Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. Macron osera-t-il les dénoncer ? Ce serait faire preuve de pragmatisme économique car l’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe siècle.

La Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles.

Les Russies, ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, ce que nous reprochons aux Russes, c’est d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Il a su tenir tête au bouffon yankee, on verra vite si ce n'est pas du flan et s’il y a du De Gaulle dans Macron !

 

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16/05/2017

Macron chez Frau Merkel : et de trois !

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Macron est le troisième président français a aller écouter les chants plus ou moins mélodieux de l'inoxydable Lorelei d’outre-Rhin. Puisse-t-il être plus efficace que ses prédécesseurs Sarko et Hollande !

L’Europe est la plus belle idée du siècle passé. Elle a bercé nos rêves, suscité beaucoup d’espoirs. Elle est aussi – hélas – une grande déception car cette belle idée a été dévoyée. Au lieu de bâtir une Europe des solidarités, les technocrates — non élus et mis en place par les lobbies financiers multinationaux — ont établi une Europe de la concurrence sauvage non seulement entre les nations mais surtout entre les peuples qui la constituent.

Il n’est pas inutile de revenir à ce qui a été la véritable volonté des Pères Fondateurs : la paix et la réconciliation entre l’Allemagne et la France. Ce but — ô combien difficile à seulement envisager à cette époque — est atteint au-delà de toute espérance. Dès lors, faut-il que ces deux grands pays se diluent dans une construction complexe, sans ambition ni frontières qui les met au même niveau que Malte, Chypre ou la Lituanie ? Certainement pas. Le Non français au projet de constitution européenne d’inspiration ultralibérale — en cassant cette marche vers la simple zone de libre-échange appelée de leurs vœux par les Anglais — aurait dû inciter France et Allemagne à avancer dans le sens d’une intégration politique, militaire et diplomatique réelle sous peine d’être reléguées au rang de la Hongrie ou du Portugal. Ça n’a pas été le cas.

Après l’épisode Merkozy, où la France n’était que la carpette de l’Allemagne, on aurait pu croire en la diplomatie tranquille de François Hollande pour faire bouger les lignes. Il n’en a rien été.

Macron fera-t-il mieux ? Les temps ont changé. Le rejet de l’Europe est la conséquence évidente de cette cassure béante entre les peuples de l’Union Européenne et ses institutions. Ce rejet génère la montée constante d’une vague nationaliste d’extrême droite dans tous les pays de l’Union. Le pays le plus important de l’Europe – la France – a vu passer le boulet très près. Si rien ne change, la prochaine salve sera fatale. Frau Merkel – hélas bien partie pour un nouveau mandat – semble cette fois l’avoir compris, qui envisage devant Macron une possible révision des traités allant dans le sens d’une plus grande démocratie de l’Europe, afin qu’elle soit mise au service des peuples et non plus seulement des entreprises et de la finance.

Arriveront-ils par réalisme à conduire France et Allemagne à un mariage de raison à défaut d’amour ? Il serait temps, car la tentation de cavalier seul de l’Allemagne réveille partout en Europe un anti-germanisme de fort mauvais aloi. Cette tentation est due pour une bonne partie au décrochage économique de la France par rapport à son grand partenaire. Pourtant, hors de cette imbrication entre les deux pays, pas de salut.

Pourront-ils ranimer la flamme entre les deux vieux amants terribles ? Cette Françallemagne, englobant évidemment la Belgique, cohérente géographiquement, atteindrait la taille critique tant en matière démographique (autant que la Russie) qu’économique (autant que le Japon). Elle constituerait une entité stratégique réelle capable de parler d’autant plus haut et fort qu’elle pourrait s’appuyer sur une puissance militaire conséquente, restant à bâtir (faut pas être angélique). Dès lors le siège de la France — de la Françallemagne — au Conseil de sécurité de l’Onu ne pourrait plus être contesté. Et le reste de l’Europe aurait un noyau fort autour duquel se constituer politiquement. La fuite des Anglais - farouchement opposés cette perspective - ouvre bien des perspectives dans ce sens.

Si cette utopie ne devient pas réalité rapidement, l’histoire montre que les relations entre les deux pays glisseront vers l’incompréhension, de l’incompréhension vers la défiance, de la défiance vers la rivalité, de la rivalité vers…

Ne cauchemardons pas. Merkel et Macron en sont presque aux bisous ! C’est plus rassurant !

 

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09:19 Publié dans actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : macron, merkel

08/05/2017

In memoriam. Le spectre de ce que l'élection de Macron éloigne de nous.

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On a un nouveau président. Jeune. Profondément européen. Bien élu. Bien élu ? Pas si sûr : beaucoup d'électeurs ont choisi son bulletin pour battre Le Pen, son parti et ce qu'il représente.

On est en paix avec nos voisins européens depuis 70 ans! Formidable, non? C'est à la construction européenne qu'on doit cela.

Le 8 mai, on commémore aussi la Victoire de 1945. Tout cela semble lointain, suranné, dépassé… Et pourtant, « il est encore fécond le ventre de la Bête ». Il a réuni 10 millions de voix… Effrayant, non ?

Tiens, je vais vous raconter une histoire. Une histoire authentique que je tiens de la bouche même de celui qui en fut le seul « héros » survivant.

Laurent Pascal était dans sa vingtaine année à la Libération. Cet homme a eu de la chance. Beaucoup de chance: il fut le seul rescapé, l'unique survivant d'un massacre au cours duquel trente-cinq de ses camarades du maquis Ventoux ont été assassinés par les Nazis et leurs sordides complices français de la milice. Cela s'est passé à Izon-la-Bruisse, petit village des contreforts drômois du massif du Ventoux, près de Sèderon. Leur section a été vendue par des miliciens. Prisonniers, ils vont être massacrés. Écoutons son récit :

 

« Il est environ 13 heures. Un beau soleil d'hiver fait scintiller la neige autour de nous.

 Un soleil menteur…

- Vous quatre là. Avancez. Allez! Plus vite que ça!

Ce sont ceux qui se trouvent du côté d'Eygalayes. Je me trouve moi-même à l'autre extrémité de la colonne. Ils partent derrière le bâtiment. Nous ne voyons pas ce qui se passe mais nous entendons une première, puis une seconde rafale de mitraillette: les quatre premiers fusillés d'Izon viennent d'être abattus...

Le premier tueur, un milicien, un Français comme nous, sa sale besogne terminée, revient. Un autre "prend livraison" des quatre victimes suivantes, toujours à partir de l'autre bout de la colonne. Il les conduit derrière la ferme en passant par l'angle Ouest alors que les premiers étaient passés par l'angle Est.

Rafales...

Mes camarades, pétrifiés mais courageux, attendent la mort...

Les bourreaux, se remplaçant, alterneront ainsi côté Est et côté Ouest jusqu'au quatre derniers: le Toubib, un jeune homme de Saint-Auban, un autre jeune et moi.

C'est notre tour...

Nous savons parfaitement ce qui nous attend. Les rafales de mitraillettes et les plaintes de nos camarades ne nous laissent aucun doute sur ce qui se passe derrière la ferme.

Je suis pourtant étonnamment lucide. Crever pour crever, je ne vais pas me laisser tuer comme un mouton. Je suis décidé à tenter ma chance.

Le milicien dont c'est le tour de nous conduire au massacre, un homme d'une quarantaine d'années, nous fait passer devant lui. Je l'observe en marchant. Il n'est pas très à l'aise me semble-t-il. Arrivé au coin de la ferme, j'aperçois les cadavres ensanglantés de mes camarades étendus dans la neige. Le Toubib, qui est derrière moi, a compris que je veux tenter quelque chose.

Je regarde une dernière fois le tueur, puis mes camarades morts. Le Toubib se rapproche de moi et me souffle:

- "C'est le moment. Vas-y!"

Je me rue en avant. J'ai le temps d'entendre mon copain Blanchet, abattu mais pas encore mort me crier: "Merde ! Rolland." C'était son vœu de bonne chance. Un cri qui me va droit au cœur et me donne des ailes. Je cours de toutes mes forces. C'est un pré nu et plat, sans le moindre obstacle. Il y a bien une rangée de pommiers en contrebas, mais je préfère foncer droit devant moi.

Le Toubib me suis. Mais il n'a pas ma jeunesse. Il sera mon bouclier. Volontairement? Je le crois...

Les souliers de Toto - que j'ai maudits ce matin - me serrent et tiennent bien à mes pieds malgré l'absence de lacets. Une chance. J’entends le bruit sec des mitraillettes et des fusils. Les balles sifflent autour de moi, ricochent en miaulant sur des rochers...J'ai environ 400 mètres à parcourir, à découvert, dans la neige.

Les premiers instants de surprise passés, tous les boches  et les miliciens, qui attendaient, décontractés, que le massacre fut terminé, réagissent et me tirent comme un lapin. J'entends des éclats de voix, des ordres aboyés en allemand. Je perçois des éclatements de grenades autour de moi...

Je ne pense à rien. Je fonce, je fonce...

Cette course éperdue dure environ une minute. Il me semble que je n'arriverai jamais au bout du champ. Mon cœur bat la chamade, mais j'ai conscience que j'ai la joie de le sentir battre!

J'arrive au bout du champ. Je saute un petit mur qui me met provisoirement à l'abri des tirs de mes poursuivants. J'ai la présence d'esprit de ruser pour les égarer: je fonce ostensiblement en direction du village, puis, en me baissant, je remonte dans mes traces et fonce vers la montagne, en direction opposée.

La ruse a pris: les Boches se ruent vers la route. Ils me chercheront tout d'abord en direction de Séderon, me laissant quelques précieuses minutes de répit. Maintenant à couvert, je grimpe à toutes jambes les premiers escarpements au-dessus d'Eygalayes. Je passe devant une ferme. Le paysan, qui a assisté impuissant à la fusillade de la fenêtre de sa chambre, craint que je ne m'arrête chez lui. Je n'en ai pas la moindre intention et je le lui dis.

Á ce moment-là je me considère comme presque sauvé. J'ai en tout cas gagné la première manche. Je connais parfaitement la montagne, je suis jeune, fort et entrainé. Et puis j'ai ma peau à sauver… »

 

Alors souvenons-nous, et méditons sur les redoutables tensions que des égoïsmes nationaux irresponsables font ressurgir.

Et remercions les Français de nous avoir éviter la catastrophe. Fût-ce au prix de l'élection de Macron a qui nous ne ferons pas de cadeau mais pas non plus de procès d'intention.

Bonne chance, Monsieur le Président.

 

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18/04/2017

Avenir lourd de menaces dans la Turquie d’Erdogan…

erdogan dictateur de Goutal.jpg

Sortons un peu de notre nombrilisme électoral. En attendant les nôtres d’élections, il y a eu le référendum-plébiscite chez les Turcs. Le sultan local a gagné. Avec des méthodes staliniennes et des bourrages d’urnes bien sûr, mais il a gagné. Pourtant c’est ric-rac : les opposants aux pleins pouvoirs donnés à Erdogan sont sensiblement aussi nombreux que ses partisans. Ce qui risque – soyons optimistes – de compliquer un peu ses ambitions dictatoriales.

Il y a peu encore, Erdogan était encensé par nos « penseurs » qui voyaient en lui le promoteur d’une « démocratie musulmane » sur le mode de nos « démocraties chrétiennes ». Erdogan prouvait, par son efficacité économique et sa rigueur, que l’islamisme était « compatible avec la démocratie ». Sauf que ces naïfs (ou ces imbéciles heureux) oubliaient que si dans nos contrées la séparation entre la politique et la religion était un fait établi et accepté depuis longtemps, il n’en est pas de même chez les mahométans où religion et politique sont une seule et même chose.

Pour Erdogan, la démocratie est un moyen et non une fin. Ce mégalo se voit comme un nouveau sultan et se sent investi d’une double mission  : redonner à l’islam toute sa place en Turquie et redonner à la Turquie, héritière de l’Empire ottoman, son rang dans le monde. Ce qu’il faut avoir présent à l’esprit, c’est que Erdogan hait Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, celui qui a instauré la démocratie, imposé la laïcité, donné le droit de vote aux femmes bien avant la France, celui qui n’hésitait pas à proclamer : « L’islam est un chien puant dont il faut débarrasser la Turquie. » Erdogan, lui, veut que la Turquie redevienne le phare de l’islam : « Nous voulons forger une jeunesse religieuse et moderne […], une jeunesse qui revendique sa religion, son langage, sa sagesse, sa chasteté et ses rancunes ». Et il revendique et fait siennes les paroles ultra-belliqueuses du père du nationalisme turc, Ziya Gökalp : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes. »

Ce référendum est le point d’orgue de cet étrange « coup d’État » complètement foiré. En matière de coups d’État, l’armée turque a pourtant un indéniable « savoir-faire » ! Si bien que si l’on n’est pas trop naïf, on peut légitimement penser que ce putsch d’amateurs a été téléguidé par le pouvoir, organisé par quelques officiers manipulés à leur insu par Erdogan et réalisé par quelques milliers de troufions pas très motivés. À la suite de quoi, Erdogan en a réalisé un vrai, lui, de coup d’État, en épurant (selon ses vues à lui) l’armée, l’administration, l’éducation, la magistrature, la justice et tous les corps constitués. Il a réduit au silence tous les médias d’opposition, faisant de la Turquie la plus grande prison de journalistes du monde. Et il a embastillé tous ses opposants. Plus de 40 000 citoyens turcs arrêtés, battus, souvent torturés. Près de cent mille agents de l’État ont été limogés. Parmi eux, au moins treize mille policiers et gendarmes, quatre mille militaires, et presque autant de membres du système judiciaire mais surtout bon nombre d’universitaires, enseignants et intellectuels divers. Et comme les prisons sont pleines, le nazislamiste d’Anatolie veut, dans la foulée de sa « victoire », faire un nouveau référendum pour rétablir la peine de mort.

Et c’est avec ce personnage que l’Europe, dans sa grande faiblesse, doit composer puisqu’elle en a fait le « régulateur » de la venue ou non des trois millions de réfugiés syriens qui survivent en Turquie. On peut penser pourtant que la Turquie est bien plus généreuse que l’Europe en la matière. Frau Merkel, sans consulter ses partenaires européens, est allé se prosterner devant le Sultan, lui promettant – sans aucun mandat pour cela – six milliards d'euros pour qu'il garde les réfugiés chez lui. Et l'autre fait un chantage permanent avec cette arme des « réfugiés ». Mais le dictateur d’Ankara a aussi derrière la tête un objectif sournois et pas très avouable : l’accueil de trois millions de réfugiés syriens, par l’implantation de cette population arabe, peut constituer une population de peuplement des zones frontalières turques à moitié kurde.

Espérons que les évènements actuels vont définitivement stopper cette ineptie monstrueuse que serait l’entrée de la Turquie – et de ses 80 millions de musulmans – dans l’Union Européenne. Mais là, Erdogan va nous donner un coup de main : dans la foulée de sa victoire, il veut organiser un référendum sur l’entrée de la Turquie en Europe. Et là, souhaitons que les Turcs disent « Hayir », « Non ».

 

Illustration: merci à Goutal

 

06/04/2017

Les multinationales à l’assaut des États

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Pendant les péripéties électorales, les affaires continuent. Non, il ne s’agit pas des « affaires » glauques de M.Fillon ou de Mme Le Pen mais des Affaires, les vraies, celles de ceux qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Et ces affaires-là sentent surtout le pétrole.

Les firmes multinationales ont-elles encore un quelconque intérêt à ménager les États ? De moins en moins avec la primauté politique actuelle des gouvernements ultralibéraux qui sévissent de par le monde dit démocratique. Ces pays sont gérés – et non plus gouvernés – par les politiciens véreux dont les banksters et les multinationales agitent les ficelles. Ces derniers n’hésitent pas à ruiner des pays, à saccager la planète voire à déclencher des guerres afin de satisfaire leur avidité de profit à court terme.

Quelques exemples ? La guerre de Syrie, sous le faux nez d’un conflit religieux, est sous-tendue par le passage ou non de gazoducs et d’oléoducs. Le gaz est devenu, plus encore que le pétrole, la principale source d’énergie en ce XXIe siècle, que ce soit comme solution de rechange au pétrole en raison de la diminution des réserves, ou comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les différentes puissances anciennes ou émergentes est à la base d’un conflit international dont la manifestation est régionale. Actuellement le potentiel du pouvoir ne réside plus dans l’arsenal militaire nucléaire, mais plutôt là où se trouvent les ports d’exportation de l’énergie. Et, c’est ce qui explique le mieux la rivalité russo-américaine au Moyen-Orient. Projet de création des ouvrages de transport de produits pétroliers et gaziers North Stream et South Stream pour les Russes, projet concurrent Nabucco pour les Étasuniens.

Autres exemples ? La mise sous tutelle des États à travers les mécanismes de résolution des litiges État investisseurs, ou ISDS (pour Investor-State Dispute Settlement, en anglais). L’arbitrage signifie que deux entreprises, en désaccord sur un sujet, soumettent leur litige à un jury commercial, qu’elles désignent elles-mêmes, pour juger laquelle des deux a raison selon les termes du contrat qui les lie. Mais par le même mécanisme les investisseurs peuvent poursuivre un État s’ils estiment avoir été traités de manière inéquitable. Les multinationales se voient ainsi donner le pouvoir sans précédent d’échapper aux lois, à travers une sorte de système de justice privatisée contre lequel aucun appel n’est possible.

Ainsi, l’Italie est poursuivie devant un tribunal d’arbitrage international par Rockhopper Exploration, une compagnie britannique pétrolière et gazière qui lui réclame des dommages et intérêts. En cause : l’interdiction votée par le Parlement italien en janvier 2016 de toute nouvelle activité d’exploration et de production à moins de 12 mille marins de la côte, soit une vingtaine de kilomètres. Mais attention, la multinationale ne poursuit pas l’État italien devant un tribunal d’arbitrage international pour des dommages concernant des investissements déjà effectués mais pour « des dommages financiers très importants » sur la base de ses potentiels futurs profits et non des investissements passés !

Ce type de demandes de compensation de la part de multinationales se multiplie, en particulier sur le pétrole, le gaz ou l’exploitation minière, des secteurs que tentent d’encadrer les législations environnementales et de protection des travailleurs. En Europe, le géant suédois de l’énergie Vattenfall réclame plus de 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne en compensation de sa décision de sortir du nucléaire.

Ces situations ubuesques sont de puissants leviers pour intimider un État qui menacerait les intérêts des tentaculaires compagnies multinationales et leurs complices financiers. Elles s’appuient sur un discret mécanisme mis en place pour régler les litiges entre États et investisseurs : l’« ISDS », pour Investor-State Dispute Settlement, intégré dans tous les traités commerciaux, dont celui en négociation entre l’Europe et les États-Unis (Tafta) et celui signé avec le Canada, le Ceta. Les multinationales bénéficient ainsi, à travers ce mécanisme, d’un pouvoir sans précédent pour échapper aux lois.

Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner.

En creusant la question, on découvre qu’un pays européen est devenu la plaque tournante de très nombreuses procédures des multinationales contre les États. Ce pays, c’est les Pays-Bas. Celui-ci abrite un maximum de sièges sociaux fictifs ou non et de filiales sans activités réelles d’entreprises transnationales. Ces firmes signent discrètement un traité d’investissement avec les Pays-Bas qui prévoit la possibilité, pour tous les investisseurs néerlandais qui auraient l’impression de ne pas avoir été traités de manière équitable par leur pays hôte, de le convoquer devant un jury d’arbitrage. Une procédure qui s’inscrit dans le cadre de la Banque mondiale.

Les Pays-Bas sont ainsi devenus le pays d’origine du plus grand nombre de procédures ISDS. Pas moins de 16 % des cas soumis au cours de l’année 2014 l’ont été par des firmes néerlandaises. « Néerlandais » est toutefois un terme relatif dans ce contexte. L’analyse détaillée de ces investisseurs montre que plus des deux tiers sont des filiales fantômes, n’existant que sous la forme de boîtes à lettres. Seulement une sur six est véritablement néerlandaise.

N’y a-t-il pas là des questions impératives à résoudre afin que l’Europe cesse d’être un machin détesté par les populations pour redevenir un formidable espoir ?

Entendez-vous, dans les carcagnages entre candidats, ce genre de questions être débattues ?

Non. Jamais. L’important, c’est que Poutou n’ait pas de cravate…

 

Sources:

http://www.bastamag.net/Une-multinationale-petroliere-pou...

http://www.bastamag.net/1-5-Quand-des-multinationales-s-a...

http://www.bastamag.net/Ce-petit-milieu-d-avocats-d-affai...

 

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03/04/2017

La (molle) chasse aux évadés fiscaux.

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On estime les diverses fraudes fiscales entre 80 et 100 milliards d'euros par an. Largement plus que le déficit du pays ! Plus que le budget de l'éducation et de la défense réunis !

Il y a bien sûr les transactions payés en liquide. Faciles et efficaces pour squizer la TVA.

Il y a le bon vieux système éprouvé des fausses factures : on gonfle les frais déductibles afin de réduire le revenu imposable.

Plus sophistiquée, il y a la fraude basée sur la double comptabilité : une caisse officielle, avec factures à l’appui, et une caisse noire, pour les transactions « effacées ». Ils sont désormais aidés par des logiciels, phantomwares ou zappers, installés dans les caisses enregistreuses (des pharmaciens se sont fait épinglés récemment pour cette juteuse innovation) mais aussi dans les systèmes de gestion ; ces logiciels rufians « allègent » automatiquement la comptabilité officielle.

Nouvelle venue au monde de l'évasion, l’économie dite collaborative, genre les transactions à travers des sites comme Le Bon Coin, Ebay, Amazon, Airbnb, Blablacar, etc. Comment établirl a réalité d’une activité économique ? À quel moment un vendeur occasionnel sur ces sites devient-il un professionnel du commerce en ligne ?

Mais tout ça, c'est de l'entrée de gamme. Il y a mieux, parce que jouant sur d'autres montants, ce sont les magouilles des multinationales. Une des combines de ces compagnies mondialisées s'appuie sur les « prix de transferts ». Il s'agit de transferts de pognon entre filiales d'une même multinationale installée dans le monde entier. Cette pratique implique une sur-tarification délibérée des importations ou une sous-tarification des exportations des biens et des services entre les filiales. Ainsi, en affectant des tarifs « pittoresques » à divers services et produits échangées entre ces filiales, les multinationales s'arrangent pour être déficitaires ou très peu bénéficiaires dans les pays à fort taux d'imposition, et ainsi faire passer l'essentiel de leurs bénéfices dans des pays « accueillants » en matière fiscale. Ainsi, Apple, Google, Dell, IBM, Starbucks, MacDo, mais aussi Ikea, Zara, Vodafone et autres multinationales reversent la quasi-totalité de leurs bénéfices effectués en France, en Allemagne, en Italie et dans toute l'U.E., sous forme de « royalties », à leur filiale Irlandaise dans laquelle elles concentrent la propriété des brevets et donc de tous les droits d'utilisation. Et voilà comment je t'embrouille !

Mais il n'y a pas que l'Irlande comme état-pirate en Europe, les Pays-Bas et surtout le Luxembourg – pays de Junker – en sont d'autres, et pas des moindres. Le Luxembourg concentre les sièges ou les filiales financières de beaucoup d'entreprises multinationales, et par des accords secrets entre l’État luxembourgeois (mais aussi hollandais, belge, britannique) et ces multinationales (les « tax ruling »), se montre très accommodant sur les taxations...

Bon. Et nos candidats à la présidence, qu'est-ce qu'ils en pensent de tout ça ?

Le plus rugueux est, évidemment, Mélenchon. Il veut obliger les entreprises à déclarer leurs résultats pays par pays et taxer les bénéfices des entreprises là où ils sont réalisés, organiser le blocus des paradis fiscaux et faire sauter le fameux « verrou de Bercy ?

Hamon, lui,veut renforcer les moyens du Parquet national financier (PNF) ainsi que ceux des services fiscaux. Il veut aussi établir une liste "crédible" des paradis fiscaux, et instaurer une taxe sur les bénéfices détournés par les multinationales.

Le Pen veut priver d’accès aux marchés publics les multinationales qui pratiquent "l’évitement fiscal" ; et surtout, elle souhaite dénoncer les conventions fiscales avec les pays du Golfe qui facilitent selon elle le contrôle de l’économie française.

Cheminade veut supprimer le « verrou de Bercy » (cette aberration qui fait qu'un procureur ne peut pas attaquer une entreprise pour fraude sans passer par le feu vert – on le barrage – du ministre de l'économie), renforcer les moyens du Parquet national financier et réintégrer la fraude fiscale dans le droit commun pénal.

Ce n'est bien sûr ni chez Fillon, ni chez Macron, les marionnettes du Medef, qu'il fut chercher des solutions à l'évasion fiscale.

Par ailleurs, le Brexit fait aussi planer le déclenchement d'une guerre à la baisse de l'impôt sur les sociétés au sein de l'union Européenne. Avec pour corolaire obligatoire une plus grande pression fiscale sur...les citoyens, bien sûr.

Ainsi avec notre petit bulletin, dans quelques semaines, nous pourrons choisir celui qui luttera le mieux contre ce vol organisé qu'est l'évasion fiscale


Illustration: merci à Charb, assassiné pour sa passion de la vérité

29/03/2017

C’est aujourd’hui que la Grande-Bretagne va commencer à « libérer l’Europe ». Ouf !

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Peut-on jeter la pierre aux Anglais de vouloir sortir de cette Europe de la déception ? Ils ont au moins le courage de poser la question à leur peuple et son gouvernement, en actionnant aujourd’hui le « chapitre 50 » respecte le verdict des urnes, contrairement à nous, qui avons laissé un président tricheur se torcher sans vergogne avec la victoire du « Non » à la constitution européenne.

Cette Europe est exécrable. C’est vrai. Parce qu’elle « oblige » à vivre ensemble des peuples qui avaient la « désagréable » habitude de s’entre-massacrer tous les quarts de siècle ? Quel fanatique du « frexit » pourrait dire ça ? Parce que sans l’Europe, aussi imparfaite soit-elle, la désintégration de la Yougoslavie il y a quelques années aurait dégénéré en un nouveau carnage entre France et Allemagne. La paix, la PAIX entre ces deux frères ennemis vaut tous les désagréments.

L’Europe est, pour cela, trop précieuse pour qu’on la rejette. Et le « brexit » est une chance formidable : débarrassée du boulet britannique, l’Europe – actuellement massivement rejetée par les peuples qui la composent – peut entamer sa refondation autour d’u noyau restreint : les fondateurs plus les nations ibériques.

Ne rêvons pas, ce n’est pas demain que l’on aura une armée commune ce qui impliquerait de donner le bouton de notre force nucléaire à un Espagnol, un Italien, un Belge, un Allemand… Mais on peut avoir, rapidement, une diplomatie sinon unique du moins largement concertée. Et si on veut vraiment la relancer, on doit avoir rapidement une organisation sociale, des règles fiscales compatibles sinon communes. Parce que c’est de là que vient le rejet de l’Europe. Cette clause qui exclut le social et la fiscalité des règles communes a été imposée par les Anglais. C’est d’elle que découle les pratiques de rufians du Luxembourg, de l’Irlande, des Pays-Bas.

Refonder l’Europe c’est avant tout abroger cette clause scélérate, ainsi que le système des travailleurs détachés tout en laissant s’épanouir séparément la culture, le mode de vie, la langue évidemment, l’éducation. Ceci impliquant une prise de distance avec les « amis » et « alliés » étasuniens.

Faisons un petit retour en arrière. À l’époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre-échange » avec quelques pays de l’Europe du Nord. Mais les milieux d’affaires britanniques, assistant impuissant au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s’est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l’Europe en 1972, amenant dans ses bagages l’Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s’est tout de suite opposée à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé…

Souvenons-nous, en 1979, de Margaret Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l’Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s’opposa aux tentatives de Jacques Delors d’avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

Souvenons-nous de Leon Brittan, nommé en 1989 commissaire européen à la très sainte « Concurrence ». Ultralibéral assumé, cette brute a tout fait pour donner le pouvoir aux multinationales étasuniennes et européennes. Il est à la source d’un lobby international regroupant les multinationales, le TABD (dialogue économique transatlantique), l’ancêtre de TAFTA.

Souvenons-nous de John Major qui, en 1990, proclamait que « le succès économique de la Grande-Bretagne dépend de ses coûts sociaux bas, pas de chapitre social et pas de salaire minimum ». Refusant l’application d’une des rares directives sociales de la Commission européenne, concernant une limitation du temps de travail à 48 heures et 3 semaines de congés payés, il fusilla toute tentative d’Europe sociale.

Souvenons-nous aussi de Tony Blair, le caniche de Washington, fidèle soutien de Bush dans son invasion de l’Irak et donc, à ce titre, coresponsable du foutoir actuel au Moyen-Orient. Il aurait sa place comme accusé devant le tribunal de La Haye, tout comme Sarkozy, Obama et évidemment tous les Bush…

C’est une constante de la politique extérieure britannique, lorsqu’elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n’a qu’une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l’alternative n’étant pas réalisable, il fallait donc couler l’Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

Comment ?

D’abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l’intégration catastrophique de tous les pays de l’Est… 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l’unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C’est ce qui se passe actuellement. Et que serait-ce si on intégrait la Turquie ! Aux fous !

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste. Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d’une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l’Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C’est donc à eux que l’on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C’est à cause d’eux que des pays sans scrupule comme le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l’Europe aux appétits sans frein des multinationales. C’est à cause d’eux que celles-ci ne paient pas d’impôts.

Quant à l’euro, non seulement ils n’y sont pas entrés, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leur nid de banksters qu’est la City…

Ce ramdam autour de la sortie de la Grande-Bretagne cache le véritable problème de l’Europe devenue une colonie allemande. Ceci ne l’oublions pas, à cause de la faiblesse et du renoncement politique de la France. Frau Merkel à la baguette mène l’orchestre et la danse européenne, mais avec une musique exclusivement allemande. Avec des effets désastreux pour les nations de l’U.E. sauf… pour l’Allemagne.

Son économie est prospère ? Oui mais elle est basée sur l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre des ex-pays de l’Est, sous payée, supportant des conditions de travail « à la chinoise ».

Elle exporte ainsi ses produits industriels avec le label « made in Germany » alors qu’ils sont souvent faits ailleurs, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, etc. et seulement assemblés voire juste étiquetés en Allemagne.

Elle fout en l’air l’industrie laitière et l’élevage des autres pays européens, en industrialisant l’agriculture, exploitant là encore la main-d’œuvre détachée de ses marches de l’Est.

Ses décisions en matière de politique internationale sont catastrophiques, comme toujours lorsqu’elle se laisse griser par sa puissance économique.

Ainsi elle a étranglé et humilié la Grèce avec une brutalité et une morgue qu’on croyait rangées aux poubelles de l’Histoire.

Ainsi elle a ouvert toutes grandes, avec une effarante stupidité, les portes de l’Europe à une immigration sans limite… pour ensuite faire marche arrière.

Elle est allée (Frau Merkel) négocier la gestion des immigrés du Moyen-Orient - de sa propre initiative sans mandat ni même concertation de ses partenaires européens - avec le dictateur Turc Erdogan qui s’est fait une joie de lui imposer ses diktats.

Elle négocie avec la Chine ses seuls intérêts, s’implique en Ukraine comme un toutou docile des Yankees, donnant toutes facilités à l’Otan pour provoquer le voisin Russe, elle pousse à la roue pour signer au plus vite l’horreur économique qu’est le traité Tafta.

Mais elle se garde bien de s’impliquer dans les problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique, laissant la France s’épuiser par son effort militaire bien solitaire au profit pourtant de toute l’Europe.

Qui peut faire face à cette Allemagne à volonté hégémonique ? Comme le montre l’Histoire, seule la France est en mesure de le faire. Dès lors, l’avenir de l’Europe dépend en grande part de nous. Encore faut-il que nous le voulions et donc que nous nous débarrassions de cette caste politique ayant amplement prouvé son incompétence, sa lâcheté, sa cupidité. Dans quelques semaines nous aurons cette possibilité. Il s’agit de ne pas la laisser passer en se réfugiant derrière un « votutile » imbécile.

La victoire du « Brexit » peut être ce coup de pied dans la fourmilière qui permettra de rebattre les cartes.

 

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27/03/2017

L'Europe ? On ne la quitte pas, on la force à changer.

 

 

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On vient de fêter le soixantième anniversaire du Traité de Rome, point de départ de cette fantastique aventure qu’a été l’Europe avant d’être dévoyée.

Pas de grandes manifestations festives populaires pour l’occasion. Pour la tragique raison que les peuples de cette Union Européenne en sont arrivés à la détester. Pourquoi ce rejet ? Parce que les institutions de celle-ci ont été phagocytées par les officines financières ultralibérales. Parce que l’Europe des solidarités a cédé le pas à l’Europe de la mise en concurrence des travailleurs. Parce que l’Euro, constitué par et pour les Allemands a poussé à la faillite tous les États du Sud, insultés ces jours derniers de façon répugnante par le président de l’Euro groupe.

Dès lors, faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Autrement dit quitter l’Europe ? La réponse à cette question devrait gouverner le choix des électeurs à la présidentielle.

Trois choix :

- quitter l’Europe, c’est ce que préconisent les « stratèges » du F.Haine et d’autres groupuscules folkloriques ;

- continuer comme avant, au service de la finance et des multinationales, c’est la ligne de Fillon et, dans une moindre mesure, de Macron et de Hamon ;

- sauver le meilleur de la construction européenne en en abolissant le pire, « à savoir la guerre économique par le dumping fiscal et social et l’obsession imbécile de l’équilibre budgétaire qui interdit des politiques économiques efficaces. » comme dit Jacques Généreux.

L’Union Européenne n’a plus d’union que le nom. Elle est d’ores et déjà en voie de déconstruction comme le prouve de Brexit. La question n’est donc pas de savoir s’il faut en sortir ou non mais plutôt de savoir comment faire renaître cette formidable espérance, comment lui donner un nouveau souffle basé sur la coopération et non plus sur la seule « concurrence libre et non faussée », clé de voûte de l’U.E. actuelle. Vaste chantier disent les pessimistes, tremblant devant les diktats des dirigeants ultralibéraux de l’Allemagne actuelle.

Il ne s’agit pas de tout casser, il n’est pas question de lancer un ultimatum arrogant à nos partenaires, mais de créer un rapport de force entre les tenants de l’Europe des marchands de soupe actuelle, celle de la régression sociale et de la rivalité des nations et les pays qui veulent reprendre le chemin difficile mais exaltant d’une véritable union des peuples. Débarrassée du boulet britannique, la refondation de l'Europe, à un nombre restreints de membres dans un premier temps, est possible.

Mouais… Vœux pieux, belles paroles, espoirs utopiques diront les cyniques. On a vu comment les élans du Grec Tsipras se sont écrasés sur la muraille de la « troïka » déléguée par la finance…

À part que la France n’est pas la Grèce. La première puissance européenne n’est pas l’Allemagne mais la France. Par le dynamisme de sa démographie, par sa puissance militaire et nucléaire, par la présence mondiale de sa diplomatie, par son siège au conseil de sécurité de l'ONU, par son universalité puisqu’elle est physiquement présente sur quatre des cinq continents, par sa culture, par sa langue. Par son économie certes plus faible que celle de son voisin et partenaire d’outre-Rhin mais tout de même largement à la deuxième place européenne. Dès lors, si la France dit qu’il faut faire bouger l’Europe, elle bougera ! N’en déplaise à Frau Merkel qui fait ce qu'elle veut par l'effacement, la veulerie, la faiblesse de dirigeants brillant depuis deux quinquennats surtout par leur nullité…

Et que faut-il lui dire à l’Europe ? Déjà quelques mesures évidentes :

- Engager l’harmonisation fiscale et sociale pour jeter bas la pratique du dumping fiscal et social qui détruit l’Europe. Avec pour corollaire la mise au pas ce ces pays rufians que sont le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas.

- Supprimer la directive des travailleurs détachés.

- Stopper la libéralisation des services publics.

- Refuser les accords Tafta et Ceta.

Et si nos partenaires refusent, on fait quoi ?

On passe outre, autrement dit on désobéit à quelques directives des traités européens.

Et alors ! Comme dit l’autre… On risque quoi ? D’être expulsés de l’Union ? Hors de question. En effet un Etat peut demander à sortir de l’Union, mais personne ne peut exclure un pays, ni de l’UE ni de la zone euro. Et personne n’aura l’imprudente impudence de vouloir pousser la France vers la sortie, car ce serait alors la fin de l’euro et la fin de l’UE.

On ne risque donc rien ! Sinon quelques grimaces et peut-être quelques amendes qu’on a les moyens d’éviter ou même de payer. Et c’est tout.

Mais pour ça, encore faut-il élire à la tête de la France quelqu’un qui les a bien pendues…

 

Illustration: merci à Titom


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Excitez votre curiosité :

 

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07/03/2017

Fillon, BASTA ! Parlons plutôt des évadés (fiscaux).

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Ah ils rigolent bien, tous ces people qui s’enrichissent en France et qui ne veulent surtout pas participer à l’effort national ! Pas si kon de payer leurs impôts dans le pays qui les engraissent, ils « s’évadent fiscalement », qui vers la Suisse, qui vers la Belgique, qui plus loin encore. Mais tous reviennent se faire soigner en France s’ils ont un pet de travers…

Tiens, un site « people » en a listé une trentaine. Intéressant palmarès :

José Garcia, en Belgique ; Florent Pagny, oui, celui qui chante sa « liberté de pensée », en Patagonie ; Jean Alesi qui a une superbe propriété, vide, à un km de chez moi, en Suisse ; Charles Aznavour, le papy donneur de leçon, en Suisse ; Bernard Darty, le marchand de plein de choses dont de superbes casseroles, en Belgique ; Jo-Wilfried Tsonga, le roitelet de la petite baballe jaune, en Suisse ; Johnny Hallyday, l’archive chantante, en Suisse ; Yannick Noah, ex « personnalité préférée des Français », aux États-Unis (New-York) ; Marc Levy, un des écriveurs qui vendent le plus en France, au Royaume-Uni ; Amélie Mauresmo, qui « coatche » l’équipe de France de tennis, en Suisse ; Alain Delon, chef-d’œuvre en péril, en Suisse ; Daniel Auteuil, pas si kon qu’Ugolin, en Belgique ; Marion Bartoli, encore une tapeuse dans la petite balle jaune, en Suisse ; Lætitia Casta a laissé la Corse pour le pays des bourreaux de Napo, le Royaume-Uni ; Michel Polnareff, est revenu traîner ses fesses vieillies en France pour prendre du fric, avant de retourner aux États-Unis ; Sébastien Loeb, useur de voitures françaises, en Suisse ; Richard Gasquet, encore un tapeur de balle jaune, membre de l’équipe de France, en Suisse ; David Hallyday, c’est de famille, en Suisse, comme papounet ; Gaël Monfils, membre lui aussi de l’équipe de France de tapeur de balles jaunes, en Suisse ; Patricia Kaas, en Suisse elle aussi…

N’en jetez plus.

Mais ça, c’est le menu fretin, les gros fraudeurs, on peut les trouver là : http://300plusriches.bilan.ch/index.html

et là : http://danactu-resistance.over-blog.com/search/liste%20de...

C’est la grande évasion en quelque sorte… Mais en l’occurrence, la grande évasion, c’est celle du pognon que les pleins de thunes et les entreprises volent à l’État, donc à nous, pour le planquer sous des cieux cléments. Et pas besoin d’aller loin : Suisse, Luxembourg, Royaume Uni, Monaco, etc. Parait que ça tourne entre 60 et 80 milliards par an ! L’équivalent de ce déficit budgétaire qui nous fout en bas…

Les problèmes financiers de la France proviennent essentiellement du hold-up des tricheurs qui « évadent » les capitaux. L’évasion fiscale est peut-être un sport national mai c’est surtout une félonie, une trahison, un attentat contre le vivre ensemble.

La France ne s’est dotée ni des moyens, ni de la volonté politique de lutter contre cette évasion. Elle est totalement impuissante. Savez-vous que les procureurs de la République ne peuvent pas ouvrir d’enquêtes pour fraude fiscale ? Savez-vous que seul le ministre du Budget peut le faire ? Et lorsque l’on se souvient que le ministre du Budget a été, il y a quelques années, un certain ci-devant Cahuzac, lui-même gros fraudeur…

Un ministre ripou ne pourrait pas magouiller s’il n’avait pas derrière lui une administration fiscale inféodée à l’idéologie ultralibérale. Ceux qui sont chargés de lutter contre cette évasion fiscale, ce sont les hauts fonctionnaires de Bercy (du ministère des finances, ceux qui ont été les employés de Macron). Des inspecteurs des finances au mieux laxistes, au pire complices. Complicité passive ou active des magouilles des fraudeurs, essentiellement des grosses entreprises multinationales, avec lesquelles ils font preuve d’une grande mansuétude, en pensant… à un pantouflage futur fort juteux ! Ceux-là, c’est cœur de pierre avec les petits, cœurs d’artichauts avec les riches…

Toute lutte contre la fraude doit commencer par une karchérisation sans pitié de Bercy : virer les premièr, deuxième, troisième, voire quatrième rangs hiérarchiques de ces directions du ministère des finances et envoyer ces brillants « inspecteurs des finances » inspecter les finances à Plougastel, Hazebrouck, Saint-Flour, Carpentras ou Cahors…

Et l’Europe elle fait quoi la dedans ? Sinon rien du moins pas grand-chose puisque certains pays membres sont eux-mêmes des paradis fiscaux ou des parasites fiscaux.

Paradis fiscaux par leur système bancaire le Luxembourg, Chypre, Malte, et surtout malgré le Brexit la City de Londres et les îles anglo-normandes.

Parasites fiscaux par leur taux de fiscalité des entreprises l’Irlande, les Pays-Bas, etc. Et cerise sur le gâteau : c’est le ci-devant Junker, premier ministre du Luxembourg, état-confetti-voyou qui préside maintenant aux destinées de l’Europe. Pardon, j’oubliais qu’il a dit qu’il allait faire de cette évasion fiscale une de ces priorités…

Qui a-t-il sur ce problème essentiel dans les programmes des candidats ? On n’en sait rien : les me (r) dias aux ordres des milliardaires préfèrent nous gonfler les aliboffis avec les fillonneries quotidiennes.

Basta avec ces enfumages perpétuels.

 

Illustration: merci à l'irremplacé Charb, assassiné pour avoir défendu notre liberté

20/02/2017

Migrations : elles sont pensées, planifiées, organisées par l’ONU !

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Vendredi et samedi 16 et 17 février 2017 s’est tenue au siège de l’Onu à New York la quinzième rencontre sur les migrations internationales (« Coordination Meeting on International Migration »).

L’Europe ultralibérale facilite sournoisement les migrations à travers des ONG et des associations soi-disant altruistes qui font tout pour faciliter l’arrivée massive de migrants. lien

Si l’on en croit les me (r) dias 160 000 personnes ont défilé à Barcelone en faveur de l’ouverture des frontières aux migrants aux cris de « Notre pays est votre pays ». Il paraît qu’il en a été de même dans d’autres grandes villes européennes. Ce qui implique une coordination de ces manifs, une organisation et donc une volonté clairement affirmée de favoriser la venue de centaines de milliers voire de millions de migrants. D’où on peut déduire que les circonstances (guerres, famines, instabilités politiques, etc.) qui poussent des populations entières à quitter l’Afrique et le Moyen-Orient pour venir en Europe ne sont pas dues au hasard mais bien le produit d’une volonté sinon occulte du moins bien cachée.

Les patronats européens ainsi que les « zéconomistes distingués » rêvent de cette main-d’œuvre nombreuse, taillable et corvéable à merci, nouveaux clients venant remplacer des populations européennes vieillissantes donc consommant moins, avachies qu’elles sont par des décennies de propagande insidieuse afin de « rendre leurs cerveaux réceptifs à CacaConla ». Il n’est pas venu à l’idée des « zélites » ni à Frau Merkel qu’en Europe, au lieu d’une concurrence sociale généralisée et une précarité organisée, une politique sociale généreuse et rassurante pourrait rendre à nos femmes l’envie de faire des enfants ! Ni que cette mutation ethnique et civilisationelle ne se ferait pas sans soubresauts puisque les « nouveaux Européens » sont pour l'essentiel mahométans.

La bien-pensance bisounours a glosé sur ce qui a été appelé « le grand remplacement ». J’ai moi-même pouffé de rire et haussé les épaules devant cette énormité.

Et pourtant il apparaît que ce remplacement des populations européennes par des populations venues de zones à forte natalité a été depuis longtemps pensé, théorisé, voire organisé. Et pas par n’importe qui : par… l’ONU !

Le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est un défenseur acharné des migrants. Pendant dix ans, il a dirigé le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies. Sa conviction maintes fois affirmée : « La migration n’est pas le problème, mais la solution. Elle est inévitable et elle ne s’arrêtera pas ». Il estime donc qu’il faut « convaincre que la migration est inévitable et que les sociétés multiethniques, multiculturelles, multireligieuses qui se construisent sont une richesse ». Tout un programme. Que l’ONU, maintenant sous la coupe de ce pittoresque Portugais, va s’efforcer de mettre en œuvre.

Vous n’y croyez pas ? C’était aussi mon cas. Voilà pourtant un document officiel qui a de quoi ébranler les plus solides convictions altruistes :

 

Communiqué de presse

Nouveau rapport sur les migrations de remplacement publié par
la Division de la population des Nations Unies

La Division de la population du Département des affaires économiques et sociales a publié un nouveau rapport intitulé « Migration de remplacement : est-ce une solution pour les populations en déclin et vieillissantes ? ». Le concept de migration de remplacement correspond à la migration internationale dont un pays aurait besoin pour éviter le déclin et le vieillissement de la population qui résultent des taux bas de fécondité et de mortalité.

Les projections des Nations Unies indiquent que, entre 1995 et 2050, la population du Japon ainsi que celles de pratiquement tous les pays d’Europe va probablement diminuer. Dans de nombreux cas, comprenant l’Estonie, la Bulgarie et l’Italie, des pays vont perdre entre un quart et un tiers de leur population. Le vieillissement de la population sera généralisé, élevant l’âge médian de la population à des hauts niveaux sans précédents historiques. Par exemple, en Italie, l’âge médian augmentera de 41 ans en 2 000 à 53 ans en 2 050. Le rapport de support potentiel, c’est-à-dire le nombre de personnes en âge de travailler (15-64 ans) par personne de plus de 65 ans, diminuera souvent de moitié, de 4 ou 5 à 2.

Le rapport se concentre sur ces deux tendances remarquables et cruciales, et examine en détail le cas de huit pays à basse fécondité (Allemagne, États-Unis, Fédération de Russie, France, Italie, Japon, République de Corée et Royaume-Uni) et deux régions (Europe et Union Européenne). Dans chaque cas on considère différents scénarios pour la période 1995-2050, en mettant en relief l’impact que différents niveaux d’immigration auraient sur la taille et le vieillissement de la population.

Les principaux résultats de ce rapport comprennent :

Les projections indiquent que, dans les prochaines 50 années, les populations de presque tous les pays développés deviendront plus petites et plus vieilles, en conséquence de la faible fécondité et de l’accroissement de la longévité. Par contre, la population des États-Unis augmentera de presque un quart. La variante moyenne des projections des Nations Unies indique que, parmi les pays étudiés dans ce rapport, c’est l’Italie qui subira la plus grande perte relative de population, moins 28 pour cent entre 1995 et 2050. La population de l’Union Européenne surpassait celle des États-Unis de 105 millions en 1995, mais sera inférieure de 18 millions en 2 050.
Le déclin de la population est inévitable, en l’absence de migration de remplacement. La fécondité peut rebondir dans les décades à venir, mais peu de spécialistes croient qu’elle pourra remonter suffisamment dans la plupart des pays pour atteindre le niveau de remplacement dans un futur prévisible.
Tous les pays et régions étudiés dans ce rapport auront besoin d’immigration pour éviter que leur population ne diminue. Cependant le niveau d’immigration, relatif à l’expérience passée, varie beaucoup. Pour l’Union Européenne, une continuation des niveaux d’immigration observés dans les années 1990s suffirait à peu près à éviter une diminution de la population totale, tandis que pour l’Europe dans son ensemble, il faudrait deux fois le niveau d’immigration observé dans les années 1990s. La République de Corée n’aurait besoin que d’un niveau modeste d’immigration, mais c’est cependant un changement majeur pour un pays qui jusqu’ici était un pays d’émigration. L’Italie et le Japon auraient besoin d’une forte augmentation de leur nombre d’immigrants. Par contre, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis pourraient conserver leur nombre d’habitants avec moins d’immigrants que ce qu’ils ont reçu dans le passé récent.
Les nombres d’immigrants nécessaires pour éviter un déclin de la population totale sont beaucoup plus grands que ceux qui ont été envisagés dans les projections des Nations Unies. La seule exception concerne les États-Unis.
Les nombres d’immigrants nécessaires pour éviter les déclins de la population en âge de travailler sont plus grands que ceux nécessaires pour éviter les déclins de la population totale. Dans quelques cas, comme ceux de la République de Corée, de la France, du Royaume-Uni ou des États-Unis, ils sont de deux à quatre fois plus grands. Si de tels flux d’immigrants se produisaient, les immigrants d’après 1995 et leurs descendants constitueraient une fraction impressionnante de la population totale en 2 050 – entre 30 et 39 pour cent dans le cas du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie.
Relativement à la taille de leur population, l’Italie et l’Allemagne auraient besoin du plus grand nombre d’immigrants pour conserver la taille de leurs populations d’âge actif. L’Italie aurait besoin en moyenne chaque année de 6 500 immigrants par million d’habitants et l’Allemagne de 6 000. Les États-Unis auraient besoin du plus petit nombre – 1 300 immigrants annuellement par million d’habitants.
Les niveaux d’immigration nécessaires pour éviter le vieillissement de la population sont beaucoup de fois plus élevés que ceux qui sont nécessaires pour éviter le déclin de la population. Maintenir à leurs niveaux les rapports de support potentiel demanderait dans tous les cas des volumes d’immigration sans aucune commune mesure avec l’expérience passée et avec ce que l’on peut raisonnablement attendre.
En l’absence d’immigration, on pourrait maintenir à leurs niveaux actuels les rapports de support potentiel en augmentant la limite supérieure de l’âge actif à environ 75 ans.
Les nouveaux défis posés par des populations en déclin et vieillissantes exigeront le réexamen fondamental de beaucoup de politiques et de programmes établis, avec une perspective à long terme. Les questions cruciales qu’il faut examiner comprennent : (a) les ages appropriés pour la retraite ; (b) les niveaux, types et natures des prestations de retraite et de soins de santé pour les personnes âgées ; (c) la participation à l’activité économique ; (d) les montants des contributions des travailleurs et des employeurs pour financer les retraites et soins de santé des retraités ; et (d) les politiques et programmes ayant trait aux migrations internationales, en particulier aux migrations de remplacement et à l’intégration de grand nombre d’immigrants récents et de leurs descendants.

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On peut accéder à ce rapport sur le site internet de la Division de la population

(http://www.un.org/esa/population/unpop.htm). Pour plus d’information, s’adresser au bureau de Mme. Hania Zlotnik, Directeur de la Division de la Population, Nations Unies, New York 10017, USA ; tel : +1-212-963-3179, fax +1-212-963-2147.

Autres liens :

http://www.un.org/esa/population/publications/migration/pressfr.htm

http://www.un.org/en/development/desa/population/migration/publications/migrationreport/docs/MigrationReport2015.pdf#page = 7

http://www.un.org/en/development/desa/population/migration/publications/migrationreport/migreport.shtml

http://www.un.org/esa/population/unpop.htm

http://webtv.un.org/meetings-events/watch/part-3-fifteenth-coordination-meeting-on-international-migration-organized-by-the-population-division-department-of-economic-and-social-affairs-desa/5327605123001

 

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01/02/2017

ALERTE ! Le traité « CETA » bientôt « provisoirement » adopté contre la volonté des populations.

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Pendant qu’en France on sodomise les diptères avec les magouilles fillonesques et lepéniennes, les eurotrafiquants de Bruxelles sodomisent – eux – toutes les populations de l’Europe. En effet, les députés membres de la commission « commerce » ont approuvé l’exécrable projet de traité global avec le Canada connu sous le vocable de CETA avec une nette majorité : 25 pour, 15 contre et une abstention. La droite PPE auquel appartient LR a voté pour avec l’appui des libéraux (dont Modem et UDI) ; les écologistes, les élus de la Gauche unitaire européenne (GUE) dont le Front de gauche et le FN ont voté contre. Les Sociaux-démocrates étaient partagés (les Allemands pour, les socialistes français et belge contre). Il faut dire que la majorité des membres de cette « Commission commerce » comptent parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation maximale des échanges et des investissements, dans laquelle les normes sociales, sanitaires et environnementales sont exclusivement perçues comme des obstacles au commerce.

La balle est maintenant dans la main des députés européens du Parlement européen de Strasbourg. Le traité de Lisbonne donne à cette institution un droit de veto sur les traités commerciaux. Les élus vont-ils avoir le courage et la lucidité de rejeter cette horreur qu’est le CETA, comme ils avaient rejeté un projet de traité commercial aussi pourri, l’ACTA.

L’Union Européenne a une conception pour le moins « pittoresque » de la démocratie. Ainsi, en cas de feu vert à Strasbourg, le CETA pourrait entrer en vigueur, de manière provisoire, dès avril de cette année ! Considéré comme un traité « mixte », il devra ensuite être voté par l’ensemble des parlements nationaux – et parfois, régionaux – au sein des 28, pour rendre son approbation définitive. Cette phase de ratification pourrait durer plusieurs années…

Qui a décidé d’un truc pareil ? Où a-t-on vu qu’un texte législatif était appliqué « provisoirement » avant d’être voté ? Un provisoire qui dure !

Pas si couillon, Donald Trump a signé lundi à Washington l’acte de retrait des États-Unis du Traité transpacifique (TPP) mais avec le CETA, les USA exporteront ce qu’ils veulent via le Canada tout en se permettant de refuser l’importation de tout ce qu’ils veulent. Naïveté de l’U.E. ? Konnerie ? Où complicité des « eurotrafiquants » achetés par les armées de lobbies sévissant à Bruxelles pour le compte des multinationales et de la finance ?

Le CETA « un bon accord » proclame ses thuriféraires. C’est archi faux :

1. L’enjeu du CETA est de s’attaquer aux « obstacles au commerce ». Comprenez : aux réglementations, y compris dans des domaines sensibles comme l’alimentation, l’environnement, la santé, ou encore les droits sociaux. Ce traité aura donc un impact durable sur notre vie quotidienne, bien au-delà des questions commerciales.

2. En donnant des pouvoirs exceptionnels aux multinationales, le CETA met en danger la capacité de nos institutions démocratiques à décider librement de politiques d’intérêt général : on risque la paralysie et un nivellement par le bas. Par exemple, un étiquetage plus complet des OGM ou l’interdiction de substances potentiellement dangereuses présentes dans l’agriculture et l’alimentation deviendraient quasiment impossibles avec l’adoption de cet accord.

3. Le CETA offre la possibilité aux investisseurs étrangers d’attaquer les États devant des tribunaux d’arbitrage, au motif que des décisions politiques affecteraient leurs bénéfices, réels ou attendus. Le risque pour l’État d’être condamné à payer des dommages et intérêts peut le dissuader de prendre des décisions d’intérêt général pourtant importantes.

4. Le CETA ne s’arrête pas là et donne à un « comité » de personnes non élues voix au chapitre sur les réglementations en Europe et au Canada, sans légitimité démocratique. Les lobbies industriels, très influents, seront bien sûr très largement consultés par ce comité.

5. Mais cela n’est pas tout… Nous avons autrefois été protégés de la vache folle, du recours à certains antibiotiques en élevage, du bœuf aux hormones, grâce au principe de précaution inscrit dans nos textes européens. Or, il n’est pas du tout garanti dans le CETA ! C’est très grave car ce principe permet d’écarter du marché ce qui comporte un risque pour notre santé. Tout cela est sérieusement remis en question par cet accord. Quel peut être l’impact ?

Pesticides : le CETA propose de s’aligner sur des normes de protection a minima, qu’il ne serait ensuite plus possible de changer ;

Perturbateurs endocriniens : retards accumulés par la Commission européenne pour définir des critères d’évaluation de ces substances toxiques et prendre des décisions pour protéger notre santé ;

OGM : Avec le CETA, il deviendrait quasi impossible d’introduire un étiquetage plus exigeant, un étiquetage des sous-produits de l’élevage tels que le lait, les œufs ou la viande issus d’animaux nourris à l’aide d’aliments génétiquement modifiés.. De même, il sera très difficile de faire interdire de nouveaux types d’OGM à l’avenir.

Quant aux bénéfices promis, ils restent très hypothétiques… La Commission européenne parle d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) de moins de 2 euros par mois et par habitant d’ici 10 ans…

Et on sacrifierait le principe de précaution et la démocratie pour 2 euros ?

Faisons savoir notre désapprobation aux députés européens qui auront à trancher le 15 février.

 

Pour les députés français, la liste est là : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country...

Pour les autres Européens, elle est la : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/map.html

Et n’oublions pas que l’on n’agit pas, on subit !

 

Sources :

https://www.foodwatch.org/fr/accueil/

https://www.mediapart.fr/journal/international/240117/le-traite-de-libre-echange-entre-lue-et-le-canada-franchit-une-nouvelle-etape

http://www.europarl.europa.eu/news/en/news-room/20170124IPR59704/ceta-trade-committee-meps-back-eu-canada-agreement

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20120703IPR48247/le-parlement-europ%C3%A9en-rejette-l’acta

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/23/libre-echange-trump-signe-l-acte-de-retrait-des-etats-unis-du-partenariat-transpacifique_5067840_3222.html

 

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19/01/2017

En direct du « Parasites-club » de Davos.

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Ça y est. Ils sont de retour. C'est la grande migration annuelle des vautours populophages. Ils viennent du monde entier en volant. Pas en volant à la façon des hirondelles, non, plutôt à la façon des banquiers, ou des mafieux ! Ils se donnent, au temps des grands frimas, rendez-vous dans une petite station de ski des Grisons, en Suisse, bourrée de flics et transformée en camp retranché pour l'occasion. Qui sont ces « ils » ?

« Ils », c'est le « Parasite-Club » mondial. ce sont les 1 % qui accaparent pour eux seuls l'essentiel de la richesse mondiale. Ce sont les bénéficiaires d'une économie au service des grandes entreprises multinationales et des individus les plus riches, qui parasitent les 99 % et exacerbent les inégalités en éludant l’impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires. A eux seuls, huit milliardaires détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, ce qui représente 3,6 milliards de personnes. Les dix plus grandes entreprises génèrent désormais des bénéfices supérieurs à ceux de 180 gouvernements pris dans leur ensemble. En France, les 1 % les plus riches détiennent 25 % des richesses nationales.

Ils se prétendent les grands décideurs de la planète. Ils pensent et régissent le monde « pour le bien du peuple » bien sûr. Et surtout pour celui des actionnaires.

Mais qui sont-ils ces soit disant « maitres du monde » pour prétendre à cet extraordinaire pouvoir ? Qui les a choisis ? Qui les a élus ? Qui représentent-ils ? Devant qui sont-ils responsables ? Ils sont les représentants de quelques centaines d’officines financières et de compagnies multinationales qui mettent la terre en coupe réglée, qui réduisent au quasi esclavage l’essentiel de l’humanité, qui saccagent la planète au profit de quelques milliers, allez, soyons large, quelques dizaines de milliers de parasites. Elus par personne évidemment si ce n’est par ces cercles mafieux qui se camouflent sous le nom de « conseils d’administrations ».

Ils sont les « apôtres » de la mondialisation, de la dérégulation sans freins, de la croissance à tout crin. Résultat de l’action de ces nuisibles : la planète dévastée, le climat déréglé, la clochardisation généralisée des populations laborieuses, l’accaparement des richesses mondiales au profit d’une poignée d’escrocs cupides et veules, la défaite des démocraties, le règne des dictatures, l’abrutissement des foules par l’obscurantisme religieux. Quant aux « politiques » qui se montrent à ce bal des sorcières, ils ne sont que les marionnettes de ces crapules.

2.500 participants dont 1.500 chefs d'entreprise, plus de 50 chefs d'Etat y compris des pays émergents (Chine, Russie, Brésil, Mexique, etc.). Tout ce beau monde représenté par des ministres des finances, du travail ou de l'environnement. Mais aussi les patrons de Google, Facebook, Microsoft, Alibaba, Baidu, Uber et Airbnb, mais encore les représentants des principales ONG mondiales, sans oublier des universitaires, 300 journalistes et quelques guignols du chaubiz.

Cette année, ils se prosternent devant l'empereur Chinois Xi Jinping… Cette année aussi, les guignols jouent à se faire peur. Sans crainte du ridicule, certains ont participé à une « simulation de la vie de réfugiés ». Non, ce n'est pas une blague. Ils se sont déguisés en pauvres fuyant la guerre ou la misère. Ils font semblant de vivre sous des tentes improvisées faites de bâches en plastique, ils rampent, se mettent à quatre pattes, feignant de fuir des armées en marche. Ils ont du « subir » les (délicates) brutalités de pseudo gardes chiourmes armés, ils ont fait semblant de subir les affres des plus pauvres des réprouvés. La mise en scène de la détresse des réfugiés est devenue un événement couru du Forum de Davos. Spectacle abominable pour richards sans vergogne. C’est une honte, cela montre le niveau d’absurdité, d’arrogance et d’étroitesse d’esprit des ces petits êtres avec tout cet argent.

S'ils veulent bien, l'espace d'un moment entre deux cocktails et trois conférences, tenter de savoir comment survivent des damnés de la terre, ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi ils sont dans cette détresse. Ils ne leur vient pas à l'idée que la cause pourrait être le destruction de l'Irak, la destruction de l'Afghanistan, la destruction de la Libye.

Une fois qu'ils se sont donnés quelques frissons, ils se retrouvent entre eux pour parler bizness. A quoi servent-ils ? A rien. Enfin si, à échanger entre gros rapaces des cartes de visites utiles ! Á oui, j’oubliais : ils vont œuvrer à la « stabilité mondiale » !

Ce qu’ils appellent « stabilité mondiale », c’est le maintien sans trop de problèmes de leur mainmise sur l’économie du monde. Que les pauvres s’appauvrissent un peu plus, ils s’en branlent complètement. Mais ils ne sont pas tranquilles, comme s’il y avait des cailloux dans leur caviar. Ces cailloux, ce sont la crise des matières premières, l’effondrement du prix du pétrole, la poudrière du Moyen-Orient, le terrorisme islamique, les ratés du moteur chinois, le déferlement des migranvahisseurs, la montée de la dictaturocratie en Europe, sans oublier le bordel généré par le changement climatique. etc.

Et ça coûte des thunes ce raout ! Beaucoup de thunes. A moins de 5 milliards de chiffre d’affaire, une entreprise ne peut prétendre à ce que son patron fasse partie du sérail. Puis il y a la cotise annuelle. C’est plus cher qu’au club bouliste de l’Estaque : 40.000 euros de cotisation annuelle versée à la Fondation Davos basée à Genève, ce qui donne droit à une entrée au Forum. Il faut encore casquer des frais d'organisation : 16.000 euros hors frais d'hébergement et de transport. Ainsi, envoyer entre deux et cinq représentants pour les quatre jours de conférence coûte de 200.000 à 400.000 euros, selon le niveau de notoriété. Mais c’est de l’investissement productif ça, Coco ! Ça permet de se claquer les salsifis directement avec les « maitres du monde » !

Restons optimiste et espérons que les avalanches et les tremblements de terre qui ravagent l'Italie remontent vers Davos !

 

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17/01/2017

Au Bistro de la Toile : du Trump brut de décoffrage !

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- Oh Loulle ! T’en fais une tronche. T’as les hémorroïdes qui te taquinent ?

- Non Victor. Mais je crois que nous sommes espionnés par la NSA !

- Rien que ça !

- Eh ouais, tè, t’as entendu comme moi ce qu’il a dit Trump : il allume Mutti Merkel pour sa décision « catastrophique » d’ouvrir les portes de l’Europe à des millions de « migrants ». On a dit pareil ici. Il dit que l’Union Européenne est un instrument pour l’Allemagne et que les Rosbifs ont eu raison de quitter cette union qui est à refaire. On dit pareil ici. Il estime que l’Otan est « obsolète », qu’il date d’une époque totalement révolue, et qu’il veut éventuellement en sortir et laisser les Européens se démerder avec leur défense. On a dit pareil ici. Il dit qu’il faut se rapprocher de la Russie et non pas en faire un ennemi. On dit pareil ici. Il dit que l’invasion de l’Irak a été une énorme konnerie. On dit pareil ici. Etc. Je te le dis Victor : les grandes oreilles indiscrètes de la NSA espionnent mon rade !

- Eh ouais Loulle, t’as raison : ce Trump risque de se révéler beaucoup moins débile que les médias « main stream » voudraient nous faire croire. Les idées qu’il étale, et que tu viens de rappeler, sont marquées du sceau de la sagesse. Et puis, un type qui est pourri à la fois pas Bernard Guetta et pas Alain Minc ne peut pas être totalement mauvais !

En allumant Tati Merkel, il lui rappelle la vassalité de son pays, découlant du « Préambule à la loi portant ratification du traité franco-allemand voté par le Bundestag » du mois de juin 1963.

- Précise.

- Ce « préambule interprétatif » réintroduisit unilatéralement, sans l’accord de la France, tous les éléments que De Gaulle avait justement délibérément exclus du traité dit « de l’Elysée » scellant la réconciliation franco-allemande, signé le 22 janvier 1963 par De Gaulle et Adenauer, dans l’objectif de desserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis afin de soustraire l’Europe à l’hégémonie américaine. Ce préambule destructeur subordonne la construction européenne à l’intégration militaire dans l’Alliance Atlantique (Otan), impose l’entrée de la Grande-Bretagne chargée de contrôler cette construction européenne dans le sens voulu par Washington, et à la détruire au besoin, implique des accords commerciaux genre Gatt puis devant finaliser la vassalisation totale de l’Europe aux multinationales yankees par le TAFTA.

- Mais tu dis que Trump veut justement annuler le TAFTA.

- Ce qui est une excellente chose et prouve que Trump veut sortir de la ligne impérialiste des États-Unis pour se consacrer non pas à « l’Amérique » mais aux Américains. Si ça pouvait être vrai… Il rappelle à Merkel la vassalité de son pays, mais lui dit aussi de ne plus compter sur le parapluie de défense étasunien, tout en menaçant de taxer de 35 % les grosses bagnoles « made in Germany ». « Tu t’écrases ou tu morfles ! » Il lui dit aussi, concernant l’Otan, « Tu casques ou on se casse ! ». Et il ne met pas de gants pour critiquer vertement la prétendue générosité de l’Allemagne et qui met en danger l’existence même de l’U.E. Il estime que l’afflux de réfugiés a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » pour l’Union européenne. Il se félicite du Brexit et insiste : « Je pense que d’autres sortiront. Je crois que maintenir l’union ne sera pas aussi facile que nombre de gens le pensent. Et j’estime que si des réfugiés continuent d’affluer vers différentes parties d’Europe, il sera difficile de maintenir l’union car les gens en seront mécontents ». Et il estime que les conséquences de cette politique d’accueil se sont fait récemment « clairement sentir » - une allusion à l’attentat au camion bélier contre un marché de Noël à Berlin le 19 décembre (12 morts), revendiqué par l’organisation jihadiste État islamique.

Et puis enfin, sa volonté de renouer avec la Russie, de supprimer ces sanctions aussi ridicules que contre-productives sont une ouverture formidable. Qui veut mourir pour la Crimée ou le régime neo nazi de l'Ukraine ?

- Effectivement, peut-être qu’on se trompe sur Trump.

- En tout cas, sa manière de parler sans langue de bois est une bouffée d’air frais. Et si nos dirigeants sont à la hauteur – ce qu’ils tardent à prouver – il y a là une occasion formidable pour l’Europe de se libérer du carcan Atlantique et de se refonder autour d’un noyau réduit et de valeurs de solidarité différentes de cette « concurrence libre et non faussée » qui fait que les populations non seulement s’en détournent mais la rejettent.

- Ouais… Veren ben ! Zoù, à la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

 

12/01/2017

Au bistro de la Toile : « Latinia »

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- Salut Loulle. Je viens d’entendre ce matin une proposition originale et fort intéressante. Elle émanait d’un de ces présidents éphémères de la France qui s’expriment très brièvement chaque matin sur France Inter.

- Ah ! Et alors c’est quoi ?

- Ce président d’un matin propose de reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Il propose donc la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et, je crois encore la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). Ce président éphémère définissait ainsi brièvement cette nation latine : langue, l’italien (facile à apprendre dit-il), armée commune, diplomatie commune, monnaie : l’euro latin.

- Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique.

- On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Je modulerais un peu la chose en intégrant à cette Nation latine un pays qui, certes n’a pas de continuité territoriale avec les pays précédents, mais qui est latin par la langue, c’est la Roumanie. Et je mettrais comme langue commune, non pas l’italien mais évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

- Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

- C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 210 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

- Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

- L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique. Les deux monnaies étant liées mais dans une union moins rigide, genre de serpent monétaire, l'une pouvant fluctuer par rapport à l'autre mais dans une proportion modérée.

- Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

- C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, Grèce comprise, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

Et comme il s'agit avant tout et surtout de ne pas de se taper sur la gueule entre ces nouvelles entités, ces trois nations refonderaient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles. Et plus facile de se mettre d'accord à trois qu'à vingt-sept.

- Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez,  At nostri ! Vinum purpuriso !

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France 66 M, Italie 61 M, Espagne 47, Portugal 10,5, Wallonie 3,5, Roumanie 20, soit 208 millions d’habitants et un PB de 10 000 milliards d’euros.

Allemagne 82 M, Pays-Bas 17 M, Flandre belge 7,5, Danemark 5,5, Luxembourg 0,5 Suède 10, Finlande 5,5, Pays baltes, Autriche 8,5, Pologne 39, soit 182 millions d’habitants et un PIB de 6 500 milliards d’euro.


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

11/01/2017

Trois Pater, deux Ave Maria et un Big Mac

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Un ami, qui manie le second de gré avec maestria,  m'envoie cette fiction aussi subtile que cynique. Je vous en fais profiter:

 

 

(Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce - Piazza Cavour - Rome - Italie 5 Janvier 2022)

Nous sommes, chers amis, le 5 Janvier 2022, exactement dans cinq ans. Et cet imposant bâtiment, le Palazzo di Giustizia, surplombant la Piazza Cavour n'est plus aujourd’hui le siège de l'ancienne Corte Suprema di Cassazione, la Cour de Cassation de la République Italienne.

Simple déménagement, peut-être afférent aux difficultés de l'État italien dans la gestion de son magnifique patrimoine de monuments historiques ? Non, il s'agit de tout autre chose. Et nous allons vous en parler.

Au lendemain de l'adoption le 5 Janvier 2021 du TAFTA (Traité de Libre Échange Transatlantique) entre l'UE et les USA, le Président Jean-Claude Juncker pouvait enfin annoncer, considérable mesure d'économie pour les différents États de l'Union, la mise en congé définitive, dans les 28 pays qui la composent, de toutes les instances judiciaires étatiques traditionnelles et de leurs encombrantes et coûteuses magistratures. La Piazza Cavour allait accueillir d'autres institutions.

Quand on apprend de surcroît, ce n'est pas là notre sujet, que le même Jean-Claude Juncker peinait à ce même moment à se dépêtrer d'un imbroglio judiciaire où il était poursuivi pour trafic d'influence et blanchiment de fraude fiscale à l'échelle de l'Union, on devine l'immense soulagement qui dut l'étreindre en décrétant cette mesure de pure rationalité économique et de souci du bon usage de l'argent public.

Il n'y aurait plus désormais de crimes et de délits, du moins justifiant d'être poursuivis, mais de simples conflits ou différends entre parties. Plus de Tribunal jugeant en fonction de la Loi, cet ancien instrument de la volonté générale, plus de Tribunal, mais des Chambres Arbitrales, arbitrant en fonction du Contrat, cet autre nom dans notre monde néolibéral de l'accord entre deux parties, chacune, dans ce tope-là, espérant obtenir de l'autre la Chose au moindre coût. Le Contrat, a estimé Pierre Gattaz, est tellement plus simple que la Loi. Sage formule. Qui ne s’y rangerait ?

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une des dispositions actuellement les plus controversées de ce projet de Libre Commerce Transatlantique serait que désormais toute entreprise ou multinationale s'estimant lésée, au nom de la Concurrence Libre et Non Faussée, lésée par la réglementation ou la norme sociale ou environnementale en vigueur dans un pays signataire, aurait toute latitude de déposer plainte auprès d'une chambre arbitrale ad hoc pour régler le différend. En clair, pour contraindre l'État récalcitrant à réviser sa législation ou sa réglementation.

Plus de loi, plus de juge, plus de tribunal. Mais un contrat et une chambre arbitrale et ses arbitres. Cet autre nom pour parler d'avocats d'affaires véreux. À eux de départir et de condamner si nécessaire.

Nous vous devinons un peu perplexes. Et c'est bien compréhensible. L'entrée en vigueur du TAFTA au 5 Janvier 2021 ? Mais ne nous avait-il pas été dit au tournant des années 2016-2017, que le TAFTA était enterré, jugé par nos gouvernants trop compliqué à mettre en œuvre et trop impopulaire pour être ratifié, y compris par des parlements-croupions, ne parlons pas de référendums populaires. Que le Président Trump le regardait d'un très mauvais œil, ce qui, vu le personnage, semblait de fort mauvais augure pour ce traité de Libre Concurrence et de Libre Échange. Au frontispice duquel était prévu de graver, Jean-Claude Juncker y avait absolument tenu « Liberté chérie, j'écris ton nom ! »

Eh bien, chers amis, on vous avait amusé et abusé. Sitôt les périlleuses et toujours inconfortables périodes électorales de 2017 passées, le TAFTA chassé par la porte était rentré par la fenêtre, toujours négocié secrètement à Bruxelles, jusqu'à cette habile clause rédigée et adoptée par les 28 ministres du Commerce Extérieur, à savoir que le Traité pourrait être mis en œuvre sans avoir été préalablement ratifié. Il suffisait d'y penser.

Au terme de cet un peu long mais nécessaire préambule juridico-économico-politique, il serait peut- être temps de revenir maintenant à la Piazza Cavour, adresse officielle aujourd'hui, depuis un an, de la Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce. Adieu la Corte Suprema di Cassazione.

Il vient d'y être arbitrée et expédiée en une matinée d'audience, c'est l'objet de notre chronique, la difficile affaire qui empoisonnait depuis plus de cinq ans les relations jusque-là tout à fait courtoises et de respect mutuel qu'entretenaient le Vatican et McDonald's, le géant américain du fast-food.

Affaire dont nous voulons à tout prix vous rendre brièvement compte.

La dénonciation par Monsignore Ottavio Paolino, grand camérier du Saint-Siège et gestionnaire de la société de biens immobiliers du Vatican, dénonciation du contrat de location autorisant McDonald's et sa gentille mascotte Ronnie à ouvrir leurs échoppes Place Saint-Pierre, à l'entrée de la Basilique. Entre 3 et 5 millions de visiteurs annuels. « Nous n'allons pas laisser tomber tout cela dans l'escarcelle de quelques trattorias » avait estimé Steve Easterbrook, le juvénile et dynamique PDG de la firme au Big Mac, approuvé publiquement, allié de circonstance, par Heinz Clifford, le magnat du ketchup.

Fronde des cardinaux, homélies répétées du Pape François, pétitions des associations de quartiers, processions de pleureuses et de flagellants, émotion et motions au Conseil municipal de Rome, rien n'y a fait.

Déjà chassé de la Piazza del Duomo de Florence en 2016, au motif un peu léger des autorités municipales, que la Piazza était classée au patrimoine mondial de l'Unesco, Steve Easterbrook n'a pas voulu jeter cette fois l'éponge. Puisqu'il y a TAFTA et Chambre Arbitrale, nous irons jusqu'au bout, avait-il décidé.

L'affaire a fait grande émotion lorsque l'on a su que Ronnie envisageait de demander quelque 50 milliards de dollars de dédommagement, préjudice moral compris, avec toutes ses conséquences : la vente aux enchères de la Basilique à un consortium sino-canadien et le Pape François dans l'obligation de rejoindre un ordre mendiant.

Heureuse conclusion. Le différend du Commerce a trouvé ce matin solution à l'audience de la Chambre Arbitrale, avec la concession à Ronnie d'un bail emphytéotique de 99 ans, en échange de la fermeture des fast-foods durant le carême et de la garantie d'un fish and chips sur la carte des menus chaque vendredi.

Lorsque l'entente est possible, fol est qui ne s'y prête.

 

Jean Casanova


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04/01/2017

Au bistro de la toile : Mélenchon, Trump, Fillon et la Sécu.

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- Oh ! Victor, je viens d’entendre La Merluche ce matin sur France Inter, face à la péronnelle Salamé. Ah ! Il a du gaz le Jean-Luc. Mais avec beaucoup plus de sérénité qu’avant. Il ne se laisse plus aller à ses coups de gueule qui faisaient la joie des questionneurs, mais il ne laisse rien passer !

- Je l’ai entendu aussi. Lorsque Salamé, avec insistance, lui demande ce qu’il faut faire de Bachar El Assad, il lui répond l’évidence : « Mais c’est aux Syriens de le dire ! Pas à nous. » Il considère que Poutine et Erdogan, ce n’est pas la même chose, le Turc étant pour lui un dictateur, « un illuminé fanatisé par sa religion » et dont l’armée a franchi les frontières de son voisin syrien « sans que cela émeuve personne ». Et il met les pendules à l’heure en évoquant les vraies raisons de la guerre en Syrie : « Ce n’est pas une guerre de religion mais un conflit de territoire dans lequel la Turquie a mis les doigts jusqu’au coude, une guerre pour savoir où vont passer le pétrole et le gaz et ce que l’on fait des Kurdes ». Et là, Loulle, il fait preuve de plus de lucidité que la plupart de nos politiques et de tous les matamores qui squattent les plateaux de télévision et de radio. Il pense à juste titre qu’il serait plus judicieux et plus facile, sous l’égide de l’ONU, d’organiser des élections honnêtes en Syrie, avec les réfugiés de retour dans leur pays, que de tout bombarder.

La journaliste le relance pour Trump voulant imposer à Ford de rapatrier ses usines aux USA. « S’il le fait c’est très bien mais on verra. Comme Français, soyons habiles, si Trump renonce à Tafta je serais d’accord avec lui. Je ferais tout pour planter Tafta et aussi Ceta qui sont des pourvoyeurs de chômage et de destruction de toutes nos protections et normes environnementales. »

Tout le monde le pourri, le Trump, mais il n’empêche qu’avant même d’être en fonction, il fait plier les plus puissantes multinationales comme Ford et même Général Motors.

Raison de plus pour y regarder de plus près. Il sera peut-être une calamité pour certains de ses concitoyens, une bénédiction pour d’autres. Mais ça, on s’en fout Loulle, qu’ils se démerdent entre eux chez eux. Ce qui importe pour nous, c’est sa politique étrangère. Les plumitifs le qualifient tous d’ignare en la matière. Et pourtant le Trump, il pense que la guerre en Irak a été une énorme konnerie ; il pense que l’Otan ne sert à rien et coûte trop de pognon aux Étasuniens ; il est contre les traités commerciaux genre Tafta, Ceta, Alena et autres ; il est pour un rapprochement pragmatique avec la Russie ; il n’a rien à foutre des embrouilles du Moyen-Orient, etc. Et ça, c’est très bon pour nous, Loulle !

- C’est vrai. Tiens, les « milieux autorisés », comme disait Coluche, parlent aussi de Fillon et de ses « convictions gaullistes et chrétiennes »

- Je me demande bien ce que le rappel à la statue du Commandeur et les convictions de grenouilles de bénitiers de Fillon ont à voir avec la Sécu ! Le « Faillitaire » fait le tango : un pas en avant, deux pas en arrière et un sur le côté. En fait c’est un mou. Il rétropédale au moindre froncement de sourcil. Alors s’il est élu, on verra comment il réglera le bordel social que ses « réformes » vont fatalement générer, dès la rentrée.

Fillon est une marionnette du Medef. Son programme : faire d’énormes cadeaux aux entreprises avec du pognon pris dans la poche des ménages. Avec en corollaire un danger mortel pour l’une des principales conquêtes de la Libération : tuer la Sécu. Depuis des décennies le patronat en rêve, Valls – sur instruction de Hollande – a essayé de le faire. Ce rêve cauchemardesque, c’est donner de plus en plus de parts de l’énorme gâteau de la protection sociale aux assurances privées. Fillon, Gattaz, Bébéar, même combat…

D’ailleurs la nouvelle législation européenne sur les marchés publics conforte cette dérive vers la privatisation. En effet pour le Parlement européen, il convient « d’encourager une concurrence équitable et de permettre un meilleur rapport qualité-prix » en ouvrant au maximum les marchés publics au secteur public, y compris l’ouverture à la concurrence des services de Sécurité sociale obligatoire ».

La directive sur la passation des marchés publics ne fait pas mystère des intentions d’ouvrir à la concurrence les services de Sécurité sociale obligatoire dans son article 74 (Attribution de marchés pour des services sociaux et d’autres services spécifiques) et son annexe XVI.

La directive permet à un « État de l’Union européenne [qui le] souhaiterait – dans le cadre de son autonomie en la matière – [d’] organiser certains services de Sécurité sociale à travers un contractant.. »

Ainsi un État membre pourra construire son marché des services de Sécurité sociale en respectant les règles de la concurrence libre et non faussée en matière de services de Sécurité sociale obligatoire. C’est la privatisation de la Sécu.

- Raison de plus pour voter Mélenchon. Allez, à la nôtre !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

21/12/2016

Les adorateurs de LA MORT.

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Ils ont massacré. Aveuglément. Lâchement. C’est une constante chez eux. Ils ont frappé en Allemagne, le pays qui a ouvert son territoire et, dans un premier temps, son cœur à tous les migrants..

Qui sont ces « ils » ? Des adorateurs de la mort. Des musulmans fanatisés par les idées moyenâgeuses de l’islam salafiste, enfermés dans des luttes sanguinaires mais archaïques jusque dans leur vocabulaire, parlant de « croisés », de « mécréants », d'« infidèles », de « koufars ». Ils se réfèrent à une idéologie obscurantiste n’admettant aucune contradiction.

Ces « ils » sont gavés jusqu’au fanatisme des versets les plus porteurs de mort du coran, oubliant soigneusement tous les versets porteurs de miséricorde et de tolérance. Cette dérive émane d’un pays bien précis : l’Arabie saoudite, propriété privée possédée par un ramassis de tyrans. Eh ! Oh ! Pas touche Victor : ce sont des clients…

Ces créatures nourries à la haine exècrent tout ce que nous aimons, tout ce qui fait notre art de vivre : ils détestent la fête, la musique, les couleurs, le bonheur, la joie de vivre ; ils rejettent l’égalité, en particulier celle entre les hommes et les femmes ; ils vénèrent la mort, celle des autres comme la leur ; ils rejettent tous ceux qui ne sont strictement de leur secte ; ils rejettent toutes nos valeurs de tolérance envers les choix de vie y compris sexuels, le goût de la fête, le rejet de tous les tabous, l’acceptation de toutes les religions et de ne pas avoir de religion du tout, etc.

Douze morts et quarante-huit blessés en Allemagne. Mais durant la même période, il y a eu trente-huit morts au cœur d’Istanbul. Contre des flics et des gens qui sortaient d’un stade de football… Il y a eu vingt-cinq morts au Caire. Dans une église copte orthodoxe. Ils tuent bien plus de musulmans que de « koufars ». Par rapport aux hécatombes que ces tueurs d’allah ont commises en terre d’islam, les massacres en France ou en Allemagne pourraient passer pour des « dommages collatéraux »…

Si on fait le décompte macabre de tous les attentats sanglants perpétrés par cette engeance se réclamant de l’islam, leurs principales cibles ne sont pas les chrétiens, les athées, les juifs, les hindous mais les musulmans ! Des gens de la même culture, parlant souvent la même langue. Des frères mais… d’une obédience religieuse un peu différente… Ça remonte à loin. À l’héritage du patron. Les uns révèrent un pote du bédouin illuminé, le dénommé Abou Bakr, ce sont les sunnites ; les autres lui préfèrent le gendre du Mahomet, pour que ça ne sorte pas de la famille, ce sont les chiites. Et depuis l’an 632, ils se haïssent et s’entre-égorgent avec beaucoup d’entrain et de constance, à toutes les époques et sous tous les cieux. Ce sont les corollaires normaux de toutes les névroses collectives appelés « religions ».

Ces rivalités ne nous regardent pas. Mais le problème c’est qu’à cause des interventions belliqueuses auxquelles nous avons participé, dans le sillage des États-Unis, leur guerre intestine se retourne contre nous. Chiites, sunnites : union sacre contre les koufars ! Les « koufars », les incroyants, c’est nous… À nos bombes sophistiquées répondent leurs bombes humaines… Un redoutable boomerang.

Le pire c’est que les tueurs sont parmi nous, ils sont de chez nous, ou ils y sont venus, parfois mêlés aux cohortes de migrants. Ils sont souvent s sur notre sol, ont été éduqués selon nos valeurs. Et pourtant ils tuent. Ils nous tuent au nom d’une dérive sectaire qui, certes, n’est pas l’islam, mais qui pourtant s’en revendique. Ces tueurs lobotomisés sont responsables de leurs actes. Ils ne sont ni des malades mentaux, ni des « loups solitaires » victime d’une société qui les rejetterait (selon la doxa des idiots utiles des nazislamistes). Mais ils partagent cette responsabilité avec ceux qui les endoctrinent et les poussent à l’acte : les imams ultra-radicaux envoyés par l’Arabie saoudite et le Qatar qui puisent leur idéologie haineuse dans la doctrine des frères musulmans et du salafisme. Ce sont eux qui encouragent et légitiment les actes les plus barbares.

Mais ce ne sont pas les principaux responsables des guerres du Moyen-Orient – les États-Unis d’Amérique – qui sont les plus touchés. Eux, ils sont loin. Ils plantent la merde puis ils se replient. Et les Européens, complices forcés par le piège de l’Otan, subissent les attaques des terroristes et l’invasion des migrants…

Alors on fait quoi ? On commence par se doter de moyens militaires et policiers adéquats à cette nouvelle forme de guerre. En y mettant les moyens financiers nécessaires. Eh oui ! Ça coûte cher la guerre…

Les moyens, ils sont ceux de la police, de l’armée, surtout du renseignement puisque l’ennemi est dans la place « comme un poisson dans l’eau ». Mais pour ce faire, encore faut-il ne pas casser ce qui existe, comme Sarko supprimant les Renseignements Généraux et supprimant 13 000 policiers. Les services ne sont pas coordonnés, ils se tirent la bourre, ne se communiquent pas, ou avec réticence, leurs informations, les gendarmes, pourtant au plus près de la population, ne sont même pas intégrés aux services de renseignement. Et que dire de ces services au niveau européen ! Nul ! Scandaleusement nul !

Les moyens doivent être au service d’une stratégie. La stratégie actuelle à pour but de rassurer. C’est le plan Vigipirate, l’opération Sentinelle, les soldats patrouillant dans les gares, etc. Ça rassure, mais ça n’empêche rien. Le carnage de Nice en est l’illustration dramatique…

En temps de guerre, il faut apprendre à vivre avec le danger d’être tué sournoisement, lâchement. Ça, c’est pour la mentalité des citoyens. Finie la belle tranquillité d’esprit : « Les guerres, c’est loin ». Non, maintenant c’est ici. Le danger est partout et tous les jours. Tout peut être une arme par destination, comme ce camion. Après Nice, les Allemands s’en rendent eux aussi compte. Les tueurs potentiels susceptibles de les activer sont partout, sous l’influence de ces sectes barbares appelant quotidiennement au meurtre des « mécréants ».

Les autorités doivent donc passer à une stratégie différente.

D’abord sécuriser tous les lieux publics écoles, stades, aéroports, gares, etc. Non pas par des vérifications aléatoires, mais par le passage sous des portiques de détection, la fouille systématique de tous les sacs, etc. C’est très chiant, c’est cher, ça demande beaucoup de personnel. C’est vrai, mais puisque c’est la guerre, il faut en passer par là et se donner les moyens de lutter. On ne vit pas en temps de guerre avec l’insouciance confortable des temps de paix. Il reste encore bien des vieux de la vieille qui peuvent en témoigner.

Ne pas laisser rentrer n’importe qui venant de pays où vivent des gens potentiellement hostiles. Et expulser sans état d’âme tout étranger condamné pour quelque fait que ce soit. Mettre en rétention tout individu classé S.

Traquer et « neutraliser » les salafistes « jusque dans les chiottes » comme disait Poutine. Pour cela, il est indispensable de s’appuyer sur les Français de culture musulmane, les mieux placés pour détecter les tueurs potentiels. D’autant plus que la « communauté musulmane » y semble prête. La marche de Mantes-la-jolie en solidarité avec les deux policiers lâchement assassinés marque une prise de conscience très positive. Comme les prises de position immédiate et sans restriction des diverses organisations musulmanes comme la Mosquée de Paris de Boubaqueur et même l’UOIF à la suite des attentats de France.

S’occuper de cette jeunesse issue de l’immigration afin de détourner les plus fragiles de l’idéologie de mort que leur proposent les salafistes. En soutenant, en aidant ceux qui le méritent, quitte à instituer dans une certaine mesure et provisoirement une « discrimination positive ». Mais aussi en mettant hors d’état de nuire sans faiblesse les quelques milliers de racailles qui pourrissent la vie des cités. Pour ce faire, la légalisation du cannabis couperait l’herbe sous les pieds de tous ces petits délinquants, viviers des salafistes.

Enfin, sur les « opex », les théâtres d’opérations extérieures, il convient d’être pragmatique pour être efficace et non satisfaire les lubies mercantiles des Etasuniens ou de Frau Merkel. Ce qui veut dire s’allier avec ceux qui, réellement, luttent contre l’État Islamique : l’armée de Bachar el Assad, les Kurdes et les Russes.

Hors de ça, point de salut.

 

Photo X - Droits réservés

19/12/2016

La Russie, peuple frère de l’Europe, pas ennemi

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Tiens, le grand méchant ours ne va pas mettre son véto à une proposition française visant à sécuriser l’évacuation des civils et des terroristes d’un petit quartier d’Alep écrasé sous les bombes. C’est bien. C’est même très bien. Gargarise-toi François. Plus fort qu’Obama, t’as réussi à te faire entendre sinon écouter par Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Aassad, suppôt de l’enfer !

Au fait, ce Poutine, élu en 2000, il va prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2000 à 2010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis… Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

Les Russes sont nos frères, pas nos ennemis

 

Illustration X - Droits réservés

25/10/2016

Au bistro de la toile : « Où wallons-nous ? »

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- Alors Victor, où wallons-nous ? Où wallons-nous ?

- On ne sait pas où on va Loulle, mais on y va ! Mais est-ce que nous valons les Wallons ? Certainement pas. A écouter les machines à bruits et les lucarnes à décerveler, ces moins de quatre millions de Gaulois arriérés bloquent la marche vers le bonheur ultra libéral de cinq-cents millions d'Européens ! Mais au contraire, ces Wallons sont l'honneur de l'Europe. Ils montrent la voie. Ils prouvent que l'on peut encore s'opposer aux diktats de la finance et des conglomérats mafieux multinationaux. Et leur ministre-président est le seul, je dis bien le seul qui a les aliboffis bien pendus parmi la foultitude de politicards soucieux avant tout de leurs propres intérêts en se foutant comme de leur première magouille de l'intérêt général des peuples qui les ont élus. En disant NON à ce traité félon, négocié sournoisement sur le dos des populations par des technocrates irresponsables élus par personne, ils redonnent de l'ESPOIR à ces peuples régulièrement manipulés, méprisés, trompés. Comme le peuple français qui a voté NON à la « constitution européenne » et a été baisé jusqu'au trognon par Sarko et ses sbires, sur injonction des euronuisibles de Bruxelles. Comme les Irlandais, sommés de revoter jusqu'à ce qu'ils « votent bien ». Comme les Grecs, écrasés par la morgue de l'Europe teutonne.

- Alors, il faut frexité ? Foutre le camp de l'U.E. ? Comme les Britiches avec leur Brexit ?

- Certainement pas. L'Europe est la plus belle utopie réalisée. Mais elle a été dévoyée par une dérive fatale vers l'ultralibéralisme, vers cette « concurrence libre et non faussée » qui met surtout en concurrence les laborieux des pays entre eux. Entre le salaire minimum d'un Bulgare (160 euros) et celui d'un Luxembourgeois (1900 euros), il y a un sacré fossé. Les pays membres de l'U.E. n'ont d'ailleurs pas tous de Smic. Trois groupes se distinguent : - Les salaires inférieurs à 500 euros (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Slovaquie, Pologne, Croatie) ; - Les salaires minimums entre 513 et 790 euros (Portugal, Grèce, Malte, Espagne, Slovénie) ; - Les plus hauts salaires, entre 1343 et 1923 euros (Royaume-Uni, France, Irlande, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne). Les six autres Etats membres (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie, Suède) ont fixé un salaire minimum par branches ou prévoient que les salaires minimums soient déterminés par négociation entre les partenaires sociaux. Longtemps intransigeante sur la question, l'Allemagne a mis en place un salaire minimum de 8,50 euros de l’heure le 1er janvier 2015. Dès lors les rapaces de la finance qui ont pris le pouvoir et qui régissent l'Europe ont tout loisir de faire se concurrencer entre eux les sans-dents qui n'ont que leur sueur à vendre. Avec les « travailleurs détachés », autre appellation de la répugnante directive « Bolskesteim », l'esclavage revient à la vitesse Grand V.

Donc, pas question de quitter l'Europe, mais il faut la refonder. A quelques pays seulement, autour des membres fondateurs historiques. La sortie de la Grande-Bretagne montre la faillite de l'Europe actuelle. Il faut en profiter pour renverser la table et tout remettre à plat. En refondant les institutions européennes sur des bases réellement démocratiques, où la Commission serait responsable devant les citoyens européens et non un machin hors-sol à la solde de tous les lobbies, dirigé par des voyous comme Barrosso et Junker. Et c'est faisable : la petite mais héroïque Wallonie le prouve ! Par la volonté d'un élu courageux elle met à la poubelle cette horreur économique qu'est le Ceta.

- Espérons que, finalement, les Wallons ne se déwalloneront pas… Bon. Mais explique-moi simplement en quoi ce traité commercial est nuisible ?

- Il y a dans ce traité – 1598 pages, uniquement en Anglais !!! - des choses probablement positives, en tout cas facilitant les échanges commerciaux entre les 30 millions de Canadiens et les 435 millions d’Européens (plus 500 millions puisque les Rosbifs ont brexités!). Mais le hic, c'est que ce traité se veut global et pas seulement commercial. La France a réussi à en faire sortir la culture, mais pour combien de temps ? Donc, dans ce Ceta, il y a beaucoup de sauce pour cacher deux choses essentielles qui sont rédhibitoires.

La première, c'est l'institution de tribunaux privés devant lesquels les multinationales pourront trainer les États dès lors que ceux-ci voteraient des lois susceptibles de nuire à leurs intérêts. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales pourraient attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Ou contre l'interdiction de la fracturation pour l'extraction des gaz de schistes. Juridictions sans appel possible. Dès lors, avec une telle épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, aucun gouvernement n'osera voter des lois allant à l'encontre des intérêts des multinationales. C'est la mort de la démocratie et l'avènement des ploutocraties.

- Plouto quoi ? C'est quoi ce truc ?

- C'est du Grec, comme bien des mots français. De « ploutos », richesse, fric et « kratos », pouvoir. C'est le gouvernement des riches au profit des seuls riches. C'est exactement ce qui caractérise le fonctionnement de l'U.E. actuelle, dans laquelle les « lobbies », les groupes de pression des multinationales influent sur la Commission qui propose les « directives » que les États de l'Union sont ensuite contraints d'intégrer dans leurs législations nationales. Nous pouvons dire un énorme MERCI aux Wallons qui, seuls, font face à ces horreurs.

- Et la deuxième choses rédhibitoire ?

- Çà concerne la libéralisation des services. C'est très vaste, ce ne sont pas seulement les banques ou les assurances mais tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie et la culture, malgré les réticences de la France. D'ordinaire, dans les accords de pays à pays, les partenaires établissent une liste des secteurs qu'ils incluent dans les accords. C'est ce qu'on appelle « liste positive ». Mais le traité Ceta, comme Tafta et Tisa (une autre belle saloperie) veut inverser cette logique en instituant des « listes négatives ». C'est-à-dire que les États devront établir la liste des secteurs d'activité qu'ils veulent explicitement exclurent du domaine de juridiction des accords. Tout le reste étant dès lors libéralisable ! Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

- Ah ouais. C'est dingue ce truc. C'est mettre nos systèmes politiques à la merci des seuls marchands de soupe, des multinationales qui deviennent ainsi supérieures aux États. C'est effectivement la fin de la démocratie. Mais attend Victor, comment nos gouvernants, nos soi-disant élites ont-ils pu accepter ça ? Et pourquoi les médias nous enfument ? Ils sont incompétents ou complices ?

- Ils sont plus complices qu'incompétents. Alors qu'est-ce qu'on dit aux Wallons ?

- Merci, mille merci ! Et, tè, Victor, en leur honneur, on va trinquer à la bière ! J'ai à la cave quelques boutanches de « Trappistes » sérieuses.

- A la nôtre et aux Wallons !

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Illustrations: merci à Chimulus et à X - Droits réservés

23/10/2016

Ouiquinde gastronomique germain

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Ursula la Germaine avait grand appétit

De mâles vigoureux, qu’ils soient grands ou petits.

Jeannot, Bruno, Gaby goûtèrent à ses charmes

Et, tout gaillards qu’ils fussent, durent rendre les armes.

Aux fêtes de la bière, à Munich, en automne,

Les mœurs sont débridés et les femmes teutonnes

Épinglent les amants qui goûtent leurs peaux lisses

Dans une orgie de bruit, de bière et de saucisses.

Ursula convoqua deux autres walkyries

Et nos Pieds Nickelés, défendant la patrie,

Montèrent hardiment les fougueuses cavales,

Dépensant sans compter leur vaillance de mâles.

Au matin, portant haut leur vanité de coq,

Ils rentrèrent en France… avec des gonocoques !

 

Le bœuf au paprika

— Eh bien, vois-tu Victor, si tes Pieds Nickelés

Étaient sortis couverts pour mieux batifoler

Au lieu de pérorer comme des coqs minus

Ils auraient évité ces cadeaux de Vénus !

Mais qu’avaient-ils mangé pour être performants

Car les excès de bière n’aident pas les amants !

— A Munich il n’y a pas que choucroute et saucisses,

On trouve des plats hongrois qui sont de vrais délices.

Savoureux entre tous, le bœuf au paprika,

Particulièrement tonique bien que très délicat.

Coupe en portions du bœuf choisi dans la culotte,

Fais-le dorer à l’huile d’olive dans la cocotte,

À feu vif mais en tournant bien tous les morceaux

Pour qu’ils prennent couleurs recto comme verso.

Tu mets trois gousses d’ail, du coriandre en grains,

Deux feuilles de laurier, sel, poivre du moulin,

Trois grandes cuillerées à soupe de paprika.

Arrose bien tout ça d’un verre de muscat,

Rajoute de l’eau chaude, couvre et cuis vingt minutes.

Respire ces parfums s’échappant en volutes,

C’est déjà un plaisir sensuel pour le nez,

Ne sois pas impatient, ce n’est pas terminé.

Prépare six poivrons, trois rouges et trois verts,

Coupe-les en lamelles, mets-les dans ta braisière,

Rajoute trois oignons correctement hachés,

Cuis encor dix minutes, c’est le temps d’éplucher

Quelques pommes de terre, puis coupe-les en dés

Et mets-les dans ton plat, attention, sans tourner.

Tu rajoutes un peu d’eau, puis six belles tomates

Coupées en huit morceaux, saupoudrées d’aromates.

Tu vérifies que soit bien fermé ton faitout

Et finis la cuisson un quart d’heure à feu doux.

Ce plat revigorant, puissant quoique subtil

À de quoi relancer les ardeurs érectiles

D’un régiment entier de cosaques du Don,

De tes Pieds Nickelés, à plus forte raison !

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

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Ingrédients et proportions pour six personnes: - 1 kilo de bœuf dans la culotte, - 3 gousses d'ail, - 12 grains de coriandre, - 2 feuilles de laurier, - 3 cuillères à soupe bombées de paprika, - 3 poivrons rouges, - 3 poivrons verts, - 3 oignons hachés, - 6 pommes de terre, - 6 grosses tomates, - 1 verre de muscat (de Beaumes-de-Venise si possible), - sel, - poivre du moulin.

 

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