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20/05/2017

Ouiquinde érotique encore avec Paul Verlaine

cul N&B.jpg

 

 

Séguedille

 

Brune encore non eue,
Je te veux presque nue
Sur un canapé noir
Dans un jaune boudoir,
Comme en mil huit cent trente.

Presque nue et non nue
A travers une nue
De dentelles montrant
Ta chair où va courant
Ma bouche délirante.

Je te veux trop rieuse
Et très impérieuse,
Méchante et mauvaise et
Pire s’il te plaisait,
Mais si luxurieuse !

Ah ! ton corps noir et rose
Et clair de lune ! Ah ! pose
Ton coude sur mon cœur,
Et tout ton corps vainqueur,
Tout ton corps que j’adore !

Ah ! ton corps, qu’il repose
Sur mon âme morose
Et l’étouffe s’il le peut,
Si ton caprice veut !
Encore, encore, encore !

Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leurs jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !

 

Paul Verlaine

 

Photo X - Droits réservés

18/05/2017

Habemus imperium ! Laissons-le travailler.

edouard-philippe-pronucléaire.jpg

Depuis quarante ans le pays subit des gouvernements alternativement « de droite » et « de gauche ». Des gouvernements partisans, avec des membres tous issus du même moule et formant une caste inamovible de « professionnels » de la politique aussi opiniâtrement accrochés à leur fromage qu'un morpion sur le pubis d'un moine. Avec des résultats dont il serait hasardeux de dire qu'ils ont été brillants : fracture sociale béante, déficits abyssaux , désindustrialisation effarante, chômage endémique, enseignement inefficace, insécurité, etc. Alors ne crions pas avant d'avoir mal et laissons travailler ce gouvernement venu d'ailleurs. Sans pourtant être naïf et en attendre la lune, d'autant plus qu'il risque de n'être qu'un gouvernement de passage, le vrai ne pouvant être en place qu'au lendemain du 18 juin, jour du second tour des élections législatives.

Regardons tout de même d'où viennent quelques-uns de ses membres et à commencer par le premier : Edouard Philippe. Il a été directeur des Affaires publiques d’Areva de 2007 à 2010. Il a voté contre les lois de transition énergétique et sur la biodiversité et s’est dit favorable à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un passé pas très compatible avec l’objectif de Macron d’abaisser à 50 % la part du nucléaire dans le mix énergétique français et qui ne rassure guère sur le projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo. Voilà qui promet bien des « séquences – huuummmfff – passion - huuummmfff » avec Nicolas Hulot chargé, lui, justement de cette transition énergétique.

Ce matin sur France Inter, le premier ministre assumait avec fierté son passé « dans une grande entreprise industrielle française » (poussée à la faillite par des dirigeants incompétents, à l'époque où Édouard Philippe y travaillait). Mais il faisait sienne l'optique de son patron de faire sérieusement évoluer le contenu du panier énergétique français, avec moins de nucléaire et plus d'énergies nouvelles. Concernant l'aéroport contesté de Notre-Dame-des-landes, il s'appuie sur les résultats d'un référendum douteux mais doit bien accepter ce que veut son patron : un médiateur qui mettra tout à plat afin de donner à Macron tous les éléments pour décider. A voir.

Bien sûr ce sont quelques vieux briscards blanchis sous le harnois, de Collomb à Drian en passant par Beyrou et Lemaire, qui tiennent les portefeuilles les plus importants, mais ce ne sont pas les pires. Quant aux femmes, l'une d'elles va diriger les armées ! Du jamais vu. Bravo. Mais aurait pu mieux faire, les autres étant cantonnées à des postes certes indispensables mais moins « prestigieux : l'enseignement, le soin des gens, la solidarité.

Ah ! Au fait, Emmanuel Macron, comme Edouard Philippe et Sylvie Goulard sont adoubés par le groupe de Bilderberg…

Donc, répétons-le, ne crions pas avant d'avoir mal, ne faisons pas de procès d'intention à ce gouvernement mais restons vigilants. Et faisons en sorte qu'il sorte des prochaines législatives une puissante composante réellement de gauche.


Photo X - Droits réservés

 

 

14/05/2017

Gastronomie légumière

cycliste sexy 2.jpg

 

Margot roulait à bicyclette

Par des chemins de fruits dorés.

Dans le vent volait sa jupette

Sur de longues cuisses dorées.

 

Comme un champion du Tour de France

Moi, derrière, je salivais,

Fasciné par les abondances

Que par éclair je découvrais.

 

Percés au cœur par Cupidon

Devant son lascif abandon,

Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

 

De butiner cette orchidée.

Elle m’a donné du bonheur

Pour plus de mille éternités.

 

La boumiane.

 

- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n’avais pas besoin d’EPO,

J’étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d’amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J’ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !

- Mais vivre d’amour et d’eau fraîche

Ça ne dure qu’un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l’appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d’agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C’est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu’elles crachent leur eau.

Au bout d’une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d’huile d’olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l’attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les Marmande sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l’acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D’un peu de piment d’Espelette,

De trois gousses d’ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les insipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa­lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro­chegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.

 

x

Photo X – Droits réservés

 

 

11/05/2017

Au bistro de la Toile : alors, à quelle sauce la Macronnade ?

chimulus bistro copie.jpg

 

- Eh ! Victor, tu crois qu’ils vont s’inscrire à Pole Emploi tous les ministres et sous-ministres qui vont se faire lourder ? Ça devrait pouvoir être considéré comme un licenciement pour motif économique tu crois ?

- En quelque sorte, oui. Virés pour avoir été incapables, justement, d’améliorer l’économie de telle sorte que la hantise numéro Un des électeurs – le chomdu – recule réellement. Quant à leur propre sort, ils ont de grasses retraites, et un carnet d’adresse adossé sur des relations ouvrant à bien de juteux renvois d’ascenseur.

- Bon. Alors on a stoppé le risque Le Pen. Mais ce galopin de Macron, tu crois qu’il faut le suivre ?

- « Ouate-Inde-Scie » comme disent les Rosbifs. Mais puisqu’il est là, essayons d’être positifs, de ne pas lui faire de procès d’intention et de crier avant d’avant mal. Pas facile pour le minot de faire monter l’aïoli entre les idées de gauche – protection sociale, justice, égalité des chances – et la réalité de la mondialisation – capitalisme dérégulé uniquement axé sur le fric et faisant table rase de toutes dimensions sociales, écologiques, environnementales.

- Bon courage…

- Comme tu dis. Donc, comme on l’a pour cinq ans, il faut faire avec. Regardons ce qui est le plus craignos dans son programme.

C’est d’abord la loi Travail. Les accords d’entreprise l’emportent sur les accords de branche. C’est déjà inscrit dans la Loi El Khomri. Donc rien ne change. Mais il veut remettre le plafonnement, chez les prud’hommes, les indemnités de licenciement. Bof. Il suffit que les syndicats discutent sur une limite assez haute qui garantisse aux salariés lourdés abusivement des indemnités conséquentes, tout en freinant les patrons parce qu’ils sauront le prix des abus. La réduction du nombre de fonctionnaires. Il veut « réduire le nombre d’agents publics de 120 000 sur la durée du quinquennat ». Sur cinq ans, ça fait 24 000 par an. On est loin du programme Fillon. Un régime de retraite unique. Moi je n’y vois pas d’inconvénient.

Mais il veut redonner à la France sa place prépondérante en Europe et a explicitement parlé de rapprochement des normes sociales et fiscales dans les pays de l’Union, ce qui est une revendication essentielle des Insoumis. Il veut remettre en place un service national pour tous les jeunes. C’est très bien.

- Alors on lui laisse sa chance ?

- A-t-on le choix ? Tu vois le bordel qui se met en place pour les élections législatives !

À gauche ? C’est la bagarre entre les Insoumis de Mélenchon et les Communistes. C’est saccager le formidable espoir levé par les sept millions de voix alors que l’union pourrait, là encore, amener une force d’opposition redoutable. Lamentable. Les Socialistes ? Enfin, ce qu’il en reste – parce que beaucoup vont lécher les santiags du garnement pour essayer de sauver leur gamelle - ils abandonnent les idées innovantes de Hamon – revenu universel, taxer les robots – pour se recroqueviller sur des vieilles lunes ayant échoué.

À droite ? Là aussi beaucoup tentent de se recycler dans la Macronnade triomphante. Quelques autres – les moins mauvais - balancent à la poubelle le programme de leur candidat « pittoresque » pour tenter de retrouver l’esprit gaulliste. D’autres enfin franchissent le rubi (très) con et s’acoquinent avec le F.Haine. Parti qui, lui aussi se carcagne et qui n’est pas loin d’une nuit des longs couteaux…

- Et de François, qu’est-ce qu’il en reste ?

- Le mariage pour tous. Ce qui n’est tout de même pas négligeable.

- C’est vrai, mais ce n’est pas pour ça qu’on l’avait élu. Allez, à la nôtre !

 


Illustration: merci au regretté Chimulus

07/05/2017

Eh ! On n'est pas dévots. Té !

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Après ou avant notre devoir de citoyen, mangeons, buvons, chantons et racontons fariboles et gauloiseries en bonne compagnie.

Voici quelques perles dues à Jean de Milan (fin XI° - début XII°) de L'École de Salerne - traduction en vers français par Charles Meaux-Saint-Marc.



Le meilleur vin

Le vin dans les humeurs verse son influence :
Est-il noir? Dans le sang il répand l'indolence.
J'estime un vin mûri dont la chaude liqueur
Fait sauter le bouchon et ravit le buveur;
Quand sa vertu dénote une illustre vieillesse,
De ses dons généreux usons avec sagesse.
Je cherche dans un vin le brillant, la couleur,
J'y cherche plus encor le bouquet, la chaleur ;
Je veux qu'il ait du corps, une teinte écarlate,
Que pétillant, mousseux, en écume il éclate.
À l'écume le vin se jugera d'abord:
Bon, elle reste au centre, et, mauvais, court au bord.


Effets du bon vin.

Le bon vin au vieillard rend vigueur de jeunesse;
Au jeune homme un vin plat prête un air de vieillesse.
Le vin pur réjouit le cerveau contristé,
Et verse à l'estomac un ferment de gaieté.
Il chasse les vapeurs et les met en déroute,
Des viscères trop pleins il dégage la route,
De l'oreille plus fine aiguise les ressorts,
Donne à l'œil plus d'éclat, plus d'embonpoint au corps,
De l'homme plus robuste allonge l'existence,
Et de l'esprit dormant réveille la puissance.
De ta table aie bien soin d'exclure
Le pain encore chaud et le pain qui moisit,
Le dur biscuit, les pâtes en friture.
Que ton pain soit d'un bon grain, bien cuit,
Plein d’yeux et peu salé, ce pain fait un bon chyle.


Bière

La bière qui me plaît n'a point un goût acide;
Sa liqueur offre à l'œil une clarté limpide.
Faite de grains bien mûrs, meilleure en vieillissant,
Elle ne charge point l'estomac faiblissant.
Elle épaissit l'humeur, dans les veines serpente
En longs ruisseaux de sang, nourrit la chair, augmente
La force et l'embonpoint; l'urine accroît son cours;
Et du ventre amolli se gonflent les contours.


L'eau comme boisson

L'eau, fatale boisson, nuisible en un repas,
Refroidit l'estomac qui ne digère pas:
Bois-en, soit, mais très peu, si la soif te talonne;
Assez, pas trop: ainsi la sagesse l'ordonne.
D'une eau trop abondante en l'estomac noyé,
Ne va pas submerger l'aliment délayé.
Pour éteindre le feu de ta soif dévorante,
Ne bois pas à longs traits une eau froide et courante,
D'un peu d'eau fraîche humecte un gosier irrité.
Au tempérament buveur, inspirant la gaieté,
Dissolvant et cuisant tous mets, l'eau pluviale
Propice à la santé, ne craint pas la rivale.
La source, à l'est coulant, se boit avec plaisir;
Descend-elle du midi? réprime ton désir.


Des excréments, des vents et de l’urine.

Pissez six fois par jour, et dans le même temps
Rendez deux ou trois fois les plus gros excréments.
De péter en pissant ne faites pas mystère,
C'est un ancien usage, aux reins fort salutaire ;
Pratiquez-le sans honte, ou bien dans l'intestin,
Reste un gaz malfaisant rapporté du festin.
En grande pompe un roi traverse-t-il la ville?
Occupé de pisser, demeurez immobile.
Ta main, pressant ton ventre empêchera souvent
Qu'il ne s'y loge à l'aise et n'y séjourne un vent;
Aux replis d'intestin sa nuisible présence
D'un mal long et secret peut hâter la naissance.


Contre l'excès de boisson

Si pour avoir trop bu la nuit,
Vers le matin il t'en cuit,
Dès le matin, reprends la bouteille:
Le remède fera merveille.

 

Illustration: Poussin

 

06/05/2017

Eh ! Oh ! Il n'y a pas que les élections !

jupes qui volent 2.jpg

 

Il y a aussi les érections !

C'est le printemps !

Ah ! Que reviennent les petites robes légères et les jupes !

Les beaux jours qui arrivent vont-ils battre enfin en brèche la dictature du pantalon et voir le retour de la jupe et des petites robes d'été ?!

Les femmes – LA FEMME – sont devenues des hommes comme les autres, nous présentant de la fesse uniformisée, sanglée dans ces affreux bleu-de-chauffe que les Nîmois inventèrent naguère et vendirent aux massacreurs d’Indiens étasuniens.

Je ne nierais pas l’intérêt que présente un beau joufflu ondulant dans un de ces « jeans » présentoirs…

Je ne cracherais pas sur la valeur hautement suggestive d’un falzar taille basse laissant dépasser la dentelle élastique d’un string affriolant…

Mais la petite robe vaporeuse, et la jupe !

Où danse le valseur.

D’où s’échappent des jambes dorées.

Où s’enfoncent des cuisses finement gainées de soie ou de nylon.

La robe légère qui se soulève sous le souffle complice d’un mistral grivois, dévoilant l’espace d’un instant béni des rondeurs fugitives.

La jupe qui se relève sur des jambes que la belle croise et décroise, révélant parfois l’éclair blanc d’une petite culotte. Où le sombre mystère de tous les désirs.

Et la mini-jupe, ce sommet de l’érotisme lorsqu’elle est associée au seigneur porte-jarretelle !

Rêves, rêves, rêves…

Eh! Comme disait l'autre : « C'est encore la maman qui va en profiter ! »

 

printemps

Photo X - Droits réservés

 

01/05/2017

Premier mai. Je paresse, tu paresses, ils paraissent !

coq tricolore.jpg

 Les États-Unis, années 1880, la colère gronde dans un monde ouvrier soumis à des cadences de travail harassantes, 12h, parfois 14h par jour. Le 1er mai 1886, début de l'année comptable des entreprises, une grande manifestation est organisée par les syndicats de Chicago. La grève s'étend bientôt au pays tout entier et la mobilisation est telle que le mouvement obtient satisfaction : la journée de travail est réduite à 8h, mais non sans perte. Plusieurs ouvriers de la fabrique McCormick à Chicago trouvent la mort dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Sur l'une des tombes sont gravés ces quelques mots : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".

De l'autre côté de l'Atlantique, la IIème Internationale socialiste se réunit à Paris, en 1889 pour le centenaire de la Révolution française et décide d'organiser tous les ans, dans tous les pays et à date fixe, une grande manifestation ouvrière. Ici aussi, la journée de 8h (mais toujours 5 jours par semaine) est la principale revendication. Et c'est la date du 1er mai qui est retenue, en souvenir des manifestations de Chicago. Dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grèves ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations.

 

Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

 

En 1941, le régime de Vichy transforme ce rendez-vous ouvrier en jour férié, "fête du Travail et de la Concorde sociale".

 

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure. Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

 

A défaut - hélas - de défilé unitaire, attention à ne pas laisser ce jour symbole des luttes ouvrières aux Le Pen et sa fête de Jeanne-d’Arc !

 

Ce qui ne doit pas nous couper l’appétit ! Je vous propose donc de déguster deux des emblèmes de notre pays : le coq et le vin !

 

 

Coq au vin copie.jpg

 

Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè­vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

 

 Illustrations X et Vincent Barbantan- Droits réservés 

***********************

 

Écoute ! Écoute !

Paroles de fainéant robuste:  

La vraie paresse, c'est de se lever à 6 heures du matin pour avoir plus longtemps à ne rien faire.

 Le travail, c'est le refuge des gens qui n'ont rien de mieux à faire.

 

Allez, un petit quatrain de mon pote Descamino:
Le muguet

Dans la forêt où chante un Rossignol Moqueur
J’entrouvre ta corolle, au doux reflet de moire.
A ton home charmant, je parfume l'armoire.
Mon petit brin d' ESPOIR est un atout Vainqueur.

 

30/04/2017

Gastronomie érotique végétarienne avec la belle Margot

cycliste sexy 2.jpg

 

 

 

 

Margot roulait à bicyclette

 

Par des chemins de fruits dorés.

 

Dans le vent volait sa jupette

 

Sur de longues cuisses dorées.

 

 

 

Comme un champion du Tour de France

 

Moi, derrière, je salivais,

 

Fasciné par les abondances

 

Que par éclair je découvrais.

 

 

 

Percés au cœur par Cupidon

 

Devant son lascif abandon,

 

Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

 

 

 

De féconder cette orchidée.

 

Elle m’a donné du bonheur

 

Pour plus de mille éternités.

 

 

 

Pour Margot : La boumiane de tomates et d'aubergines

 

- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

 Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

 Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n’avais pas besoin d’EPO,

J’étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d’amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J’ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !

- Mais vivre d’amour et d’eau fraîche

Ça ne dure qu’un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l’appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d’agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C’est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu’elles crachent leur eau.

Au bout d’une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d’huile d’olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l’attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les « marmandes » sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l’acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D’un peu de piment d’Espelette,

De trois gousses d’ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les in­sipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa­lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro­chegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

29/04/2017

Au bistro de la Toile : En selle, condottierre Mélenchon ! Au service de la France.

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- Eh bè, Victor ! De Gaulle, il doit faire le ventilateur dans sa maison de campagne six pieds sous terre ! Le fin du fin, maintenant, pour ceux qui se prétendent encore gaullistes, c’est de se rallier aux mânes des pétainistes ! La vieille carcasse de Mémé Garaud (Marie-France… non, on peut barrer France), la révérente mère Boutin sortant de son bénitier et maintenant Ducon-Hainiant… Mouais. Craignos. Non ?

- Bof. Ce sont des vieux kroumirs qui salopent l’image de celui dont ils se prévalent. Ducon-Hainiant comme tu dis avait pourtant su se donner une image, certes ringarde, mais d’honnêteté intellectuelle : souveraineté nationale mais approche sociale gaullienne. En fait, ce n’est qu’un collabo qui lèche les bottes cloutées de ceux qui ont toujours combattu De Gaulle, un petit boutiquier – il compte sur Le Pen pour renflouer les caisses de son mini-parti – doublé d’un m’as-tu-vu ridicule : il compte ainsi se faire une place dans les poubelles du F.Haine. Il devrait rebaptiser sa boutique : « À plat ventre la France ». C’est surtout un kon qui marque là son suicide politique. Parce que sa « favorite » ne sera pas élue et donc lui sera cocu mais marqué à jamais du sceau de l’infamie. Bon débarras.

- Et Méluche qui joue les « gazelles pudiques »… À quoi il joue lui aussi ? La bande à Le Pen profite du flou artistique dans lequel il s’enferme pour venir draguer sans vergogne parmi ses sept millions d’électeurs ! Désolant…

- Lui, c’est autre chose. Il faut comprendre sa grande désillusion. Il se voyait réellement au second tour. Et ce n’était pas illusoire, il s’en est fallu de 600 000 voix. C’est beaucoup, mais moins du dixième des électeurs qu’il a su mobiliser. Une semaine de campagne de plus et le siphonnage des voix de Hamon pouvait permettre cette qualification. Mais probablement pas la victoire finale car pour cela il lui aurait fallu éliminer Macron et se trouver face à Le Pen. Alors pas de regret ami Jean-Luc ! Tu as fait une campagne formidable, tu as réveillé un peuple de gauche qu’on croyait disparu, tu as suscité l’enthousiasme de centaines de milliers de militants, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps, tu as rendu lumineux un avenir jusque-là désespérant. Pas de quoi faire la gueule, non ?

- C’est vrai que réunir 20 % des électeurs sur un programme novateur, réellement de gauche, portant une transformation non seulement politique mais aussi écologique et économique, c’est un résultat formidable.

- Et le levain d’une vraie et puissante force populaire apte à donner une dimension politique aux luttes sociales et écologiques. Une force qui, traduite dans les urnes aux législatives, peut être une force d’opposition efficace, capable de calmer les ardeurs ultralibérales supposées de Macron.

- Une opposition qui sinon, avec la débandade tant du PS que du LR, sera laissée au F.Haine…

- Hélas. Raison de plus pour que Mélenchon oublie sa déconvenue, se requinque et reparte, avec son enthousiasme communicatif dans une campagne législative triomphante. Pour cela il lui faut reconquérir les voix des ouvriers que la décomposition du Parti Communiste a laissés partir chez Le Pen. Et là, on peut en vouloir au Parti Socialiste qui non seulement a précipité la chute du PC mais, par sa conversion « blairiste » à l’ultralibéralisme, a abandonné les classes laborieuses qui, par dépit plus que par choix, se sont laissées séduire par les sirènes nauséabondes du parti facho… Le succès de la France Insoumise propose enfin une alternative politique au Front national. L’espoir, il est là ! Et il n’est pas mince. Merci pour tout ça, ci-devant camarade Mélenchon ! Et remonte en selle : la France a encore besoin de ton enthousiasme, de ta fougue, de ta détermination, de tes idées. Banzaï !

- Bien dit Victor. Allez, c’est ma tournée. Rouge pour tout le monde !

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

28/04/2017

Rigolothérapie en campagne électorale

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Les élections législatives approchent. Un député effectue une tournée de sa circonscription.

Il visite en premier un complexe scolaire et écoute les plaintes des élèves et des profs.

« Monsieur le Député, le chauffage est vieillot et on s’attend à un hiver rigoureux, nos salles de cours sont exiguës et nécessiteraient une réfection, beaucoup de bancs et chaises sont plus que vétustes, toutes les fenêtres laissent passer l’air… etc., etc., etc. »

Après avoir entendu toutes leurs doléances, le Député répond :

« Ne vous en faites pas, tout sera corrigé le plus tôt possible. »
Il monte alors dans sa flamboyante Citroën et continue sa tournée en s’arrêtant à la prison locale.

Là aussi les doléances sont nombreuses notamment celles des détenus :

« Monsieur le Député, on aimerait avoir une meilleure qualité de vie, une amélioration des repas serait la bienvenue, on souhaiterait avoir des draps et des couvertures neuves tous les 6 mois, des TV grand écran, home cinéma, piscine, court de tennis, petites masseuses privées une fois par semaine, etc., etc., etc. »
Après avoir une fois encore entendu toutes les doléances, le Député répond :

« Ne vous en faites pas, tout sera corrigé le plus tôt possible. »

Il retrouve à nouveau sa Citroën et, pendant le voyage de retour, donne des instructions à son secrétaire :

« Alors, Michel, faites envoyer à l’école une équipe de réparations pour remplacer quelques fenêtres et boucher quelques trous, mais rien d’autre.
Ensuite, faites envoyer une autre équipe à la prison pour installer une piscine, des bains jacuzzi, des bains turcs (hammam), un sauna, un court de tennis, une salle de loisirs avec un téléviseur de 80 centimètres, etc., etc. »

Le secrétaire, tout surpris, lui répond :

« Mais, ce que vous me demandez, Monsieur le Député, n’a pas de sens. »

Et celui-ci de lui répondre :

« Voyons Michel, on est déjà allés à l’école, on n’y retournera plus. Mais pour ce qui est de la prison… on ne sait jamais ! »


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27/04/2017

L’Arabie, c’est où, dites ? C’est là, mec !

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Pendant qu’on sodomise les diptères avec nos élections, il se passe, fort heureusement, des choses réconfortantes dans le vaste monde. Ainsi la Commission des droits des femmes de l’ONU - organe chargé de "la promotion de l’égalité hommes femmes et l’autonomisation des femmes" - vient de recevoir le renfort d’un des pays champions de la cause des femmes : j’ai nommé l’Arabie saoudite ! Non, ce n’est pas un « hoax ». Le nid de vipère des salafistes a été admis par vote secret de 47 des 54 membres du Conseil économique et social des Nations unies.

Ainsi, à partir de 2018 et jusqu’en 2022 - grâce aux votes de ces pays (quid de la France ? De la Belgique ? Des autres pays européens ? Au moins cinq ont votés pour…) - les barbus avec un torchon sur la tête veilleront à promouvoir les droits des femmes et l’égalité entre les sexes. C’est-y pas beau ça ?

Dans ce beau pays, les femmes sont réellement bien protégées. Ainsi, en ces lieux où règne la charia, elles doivent « bénéficier » de la présence d’un tuteur couillu (père, frère, mari) dans tous les actes de la vie, pour voyager, pour travailler, peut-être même pour aller pisser. Et ceci de la naissance à la mort. Les chiens ont plus de droits en France que les femmes en Arabie saoudite !

Ce n’est pas la première décision « pittoresque » de l’ONU en la matière. Ainsi, en septembre 2015, malgré les centaines d’exécutions - par décapitation entre autres - prononcées chaque année dans le royaume, le pays avait déjà été nommé à la tête de l’une des commissions consultatives de l’ONU sur les droits de l’Homme. C’est l’ambassadeur de ce pays à Genève, Faisal Trad, qui a été choisi pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme !

Voilà donc pour défendre les droits des femmes, et des hommes, le pays le plus barbare, le plus arriéré, le plus fanatique du monde, le pays qui pratique encore l’esclavage, qui coupe le cigare à qui ne croit en « dieu » ou « blasphème » le nom d’un prétendu prophète, qui lapide à mort une femme qui s’est fait violer, qui pend ou précipite d’en haut d’un immeuble les homosexuels, qui coupe une main, puis l’autre, éventuellement le pied à un voleur, un pays qui répand de par le monde la pire des névroses collectives, le salafisme, qui alimente, finance, arme les terroristes partout dans le monde. Un pays qui achète les plus beaux fleurons de notre pays avec la complicité de politicards véreux jusqu’à la moelle.

Oui mais il achète aussi les Mirages de Dassault et plein de belles machines rutilantes, en acier bien trempé, conçues pour faire plein de trous dans la viande, pour brûler la couenne, pour hacher les os, pour générer plein de larmes, de deuils et de malheur !

Eh ! Oh ! C’est du commerce ça. Faut pas y toucher… Et puis, les femmes de ces braves gens, lorsqu’elles viennent en France, ont toutes libertés de trimbaler leur linceul grillagé dans les boutiques de luxe de Paris ou de la Côte d’azur.

Les pétrodollars permettent de tout acheter. Même l’honneur ?

 

 

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25/04/2017

Eh ! Ci-devant Mélenchon, qu’est-ce que c’est que ces « pudeurs de gazelle »

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Oui. À quoi tu joues, camarade Mélenchon ? Ce sont nous, les Insoumis, qui t’avons amené à tangenter les sommets. Ce qui nous donne quelques droits voire quelques exigences. Et la première de ces exigences, c’est de sortir de cette ambiguïté, de laisser tomber ces « pudeurs de gazelle » et d’appeler un chat un chat et Marine Le Pen une dangereuse fasciste alors que Macron n’est qu’un avatar de plus de la gouvernance ultralibérale. Entre le Sida et la Chaude-pisse, le choix est vite fait, camarade Mélenchon. Alors dis-le franchement, dis-le vite : « Pour éliminer Le Pen, votez Macron ». Si ça t'arrache la gorge, fais-le dire à ton hologramme !

Les jeunes qui t’ont donné leur voix avec générosité ne risquent-ils pas de se laisser abuser par les sirènes de la patronne du F.Haine, elle qui t’a piqué ton programme social pour ne surtout pas l’appliquer ? Quand on est jeune, on est entier, on est sans concession, et c’est très bien comme ça. Mais on agit aussi par impulsion. Ce qui risque d’en jeter un certain nombre dans les bras de l’ennemi si tu campes dans tes pudeurs de gazelle !

Dis leur aussi ce qui se passera si la fasciste Le Pen bat l’ultralibéral Macron.

Dès sa prise de pouvoir, les emmerdes vont commencer. Les législatives vont avoir lieu avec le système actuel (majoritaire à deux tours). Elle ne pourra pas les gagner. Qu’à cela ne tienne : elle va avoir recours à l’article 11 de la Constitution, qui l’autorise, sur proposition du gouvernement, pendant la durée des sessions, à soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics. Et faire ainsi adopter par référendum le passage à la proportionnelle intégrale. Suite de quoi elle dissoudra l’assemblée récemment élue et refera des législatives qui lui donneront tous pouvoirs.

Cet article 11 pourra encore être mis à contribution, dès le premier mois, par exemple pour rétablir la peine de mort, supprimer le droit du sol, imposer la préférence nationale, le flicage de masse, la sortie de l’Euro et autres joyeusetés. Certaines lois déjà en place vont lui faciliter la tâche, comme cette loi d’avril 2015 votée dans le cadre de la prévention contre le terrorisme qui élargit les motifs de surveillance pour des raisons moins précises que la seule lutte contre le terrorisme. L’auteur de ce blog et bien d'autres, par exemple, pourrait (pourrait déjà), être rapidement identifié et poursuivi pour « trouble à l’ordre public » ou « atteinte aux intérêts de la Nation ». L’accord d’un juge n’est plus nécessaire, celui du Premier ministre suffit. Eh oui ! C’est ça qui nous pend au nez si, par un réflexe de colère (bien mauvaise conseillère), on se laisse aller à voter Le Pen.

Oui mais le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État seront autant de contre-pouvoirs. De même les structures administratives en place pourront freiner les décisions. Les collectivités territoriales, la police, etc. C’est bien optimiste tout ça. L’exemple des mairies conquises par le F.N. montre un suivisme mou. Des structures d’entrisme existent déjà, comme le Collectif Racine (dans l’Éducation nationale) et France Police (au ministère de l’Intérieur) qui se présentent comme des patriotes engagés dans la défense des services publics et des Français. Ben voyons…

Et que dire de la catastrophe économique, très rapide, qui nous tombera dessus !

Alors, ci-devant camarade Mélenchon, nous t’avons fait confiance, nous sommes le ferment d’un renouveau de la gauche. Nous sommes l’espoir de la France. Alors cesse tes « pudeurs de gazelle » et prend vite tes responsabilités afin d’éviter la catastrophe F.Haine.

Salutations révolutionnaires !

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_11_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise

http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2016/04/la-presidente-vous-ne-pourrez-pas-dire.html#more

http://bibliothequefahrenheit.blogspot.fr/2016/11/la-presidente-tome-2-totalitaire.html

 

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24/04/2017

La messe (républicaine) est dite.

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Ite, missa est ! Où même Ouest puisque c’est l’ouest qui a mis Macron largement en tête en en position de plier le match.

Derrière, la représentante de la PME Le Pen fait le plein. Elle n’ira pas plus haut. N’importe qui la battrait au second tour.

Fillon arrive tout de même à attirer sur son nom près de 20 % des électeurs. Il est vrai qu’à 'UMP, même rebaptisé « L.R. », avoir des démêlés avec la justice est en quelque sorte un rite de passage, et être condamné un brevet de fiabilité !

Mélenchon est amer. Grâce à une campagne du feu de dieu (non, pas dieu), il redonne de sacrés couleurs à la gauche vraie ! Il est amer parce qu’il est passé proche de la qualif. « A une marche du podium ». Mais la présidentielle est sans pitié : il n’y a pas de podium, pas de place d’honneur. Il faut être dans les deux premiers au match aller pour espérer gagner au match retour. Point/barre. Mélenchon, pour gagner au second tour, devait être opposé à Le Pen. Il lui fallait donc éliminer Macron. Pas facile. Bien sûr si Hamon s’était désisté entend-on… Mais le candidat du PS ne pouvait pas se désister, ne serait-ce que pour de basses questions d’intendance : s’il se désistait le P.S. ne touchait pas les 8 millions de l’État pour ses frais de campagne. De même en restant en lice : il s’en est même fallu de peu puisqu’en dessous de 5 %, c’est oualou pour le flouz…

Eh ! Camarade Mélenchon. À défaut de ta présence au match retour, il y a la belle : les élections législatives ! C’est là qu’il faut transformer l’essai. T’es premier à Marseille ! Premier à Montpellier ! Premier à Grenoble ! Premier dans les départements d’outre-mer et dans bien d’autres lieux. Plus de 7 millions de voix ! Et surtout des jeunes. Pas de quoi être amer, non ? Ton combat, il faut le continuer là. Etre député toi-même. Faire une autre campagne triomphante pour imposer des députés de la gauche vraie. Et avoir ainsi une opposition qui aura de la gueule.

Le plus enthousiasmant de cette élection, ce n’est pas l’arrivée d’un OPNI (objet politique non identifié), mais c’est le rejet sans appel des deux partis de politiciens professionnels qui confisquent et se partagent le pouvoir politique depuis longtemps. Le P.S. et les L.R. tombent dans les poubelles de l’histoire. Bon débarras ! On les a assez vus, on les a assez subis, ils nous ont assez menti. Dégagez ! Le peuple de gauche se partagera entre « la France Insoumise », les « En Marche » et un PS refondé probablement autour d’un Montebourg sortant indemne du tsunami.

Bon. Alors ce sera Macron ?

Ce sera Macron. Il est considéré comme le fils putatif de Hollande ? Bof… Il traîne son boulet d’ancien banquier ? Bof… Il est adoubé par Frau Merkel ? Bof… Il est le chouchou des médias tenus pas des milliardaires ? Bof… Alors pourquoi caracole-t-il en tête ? Peut-être parce qu’il est jeune. Peut-être parce qu’il n’est pas (encore) compromis par le pouvoir. Peut-être parce qu’il ne rejette pas l’Europe mais veut, au contraire, peser de tout le poids de la France (deuxième économie mais première puissance de l’Union !) pour la faire évoluer.

Alors, sans être dupe de ses orientations ouvertement libérales ne lui faisons pas de procès d’intention. Ce sera tout de même mieux que Fillon.


 

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23/04/2017

C'est aujourd'hui qu'on gouverne la France ! VOTONS !

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Votez Mariçois Fillopen !

 

Approchez ! Approchez ! Barjottes, barjots.

Vous aimez les promesses ?

Oui !

Vous aimez les mensonges ?

Oui ! Euh ! Pas trop…

Vous voulez du pouvoir d’achat ?

Oui !

Moi non. Moi non plus.

Vous aimez le chômage ?

Oui… ? NON !

Moi oui. Pas tant que moi : ça fait baisser les salaires.

Vous aimez le flicage généralisé ?

Oui… ? Euh ! NON !

Vous aimez les banksters qui vous font les poches ?

Oui… ? Euh ! NON !

Vous exécrez la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous souhaitez foutre en l'air ce qui reste des services publics ?

Vous souhaitez partir à la retraite à 75 ans ?

Vous souhaitez payer plus chers vos médicaments ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous détestez la Sécurité Sociale et vous préférez le tout sécuritaire ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous êtes pour des interventions militaires diverses et variées (Syrie, Iran après Afghanistan et Libye) ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous pensez que la laïcité telle qu'elle existe actuellement ne fonctionne pas ?

Vous êtes pour plus de place des conceptions religieuses dans la vie politique ?

Vous acceptez de vous mettre à plat ventre devant les fonds de pensions et les banques ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous aimez les vautours du MEDEF ?

Votez Mariçois Fillopen !

Vous voulez des flics partout et de la justice nulle part ?

Vous voulez vous faire endoffer pendant cinq ans ?

Oui… ? Euh ! Non, pas trop…

Alors VOTEZ pour moi ! Non pour moi !

On vous fournira la vaseline !

 

Sinon, méditez ce texte de la Commune :

 

 

CITOYENS , CITOYENNES

 

« Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

Méfiez vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent par se considérer comme indispensables.

Méfiez vous également des parleurs incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire, à un mot spirituel.

Enfin, cherchez des hommes, des femmes aux convictions sincères, des hommes, des femmes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et honnêteté reconnue.

Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire »


Texte de la commune de Paris du 26 mars 1871

 

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22/04/2017

Au bistro de la toile : donner aux choses l’importance qu’elles ont.

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- …teng ! T’as vu ce bordel Victor : des flics se font flinguer en pleins Champs-Élysées, à 9 heures du soir, pendant le dernier raout des candidats. C’est dingue non ?

- Je vais te dire un truc qui va peut-être te faire monter en rabia Loulle. Ce truc des Champzés, c’est surtout effarant et désolant. Effarant de konnerie et désolant de contre-productivité. Les tarés de l’état islamique doivent sabler le Perrier (« le champagne des eaux de table ») en se tapant sur le ventre ! Sans aucune dépense, ni humaine, ni financière, ils bénéficient d’une victoire médiatique extraordinaire ! Pendant des heures, des jours, les médias du monde entier montrent en boucle des images de gens en panique courants sur les Champs-Élysées, des centaines de flics en armes, des camions de pompiers, des voitures de police, phares bleus tournant, avertisseurs deux tons à fond. Comme si la France était sous attaque, comme si Paris était investi par des hordes de sauvages ennemis venant jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Bonjour la réclame !

- Tout de même Victor, une voiture de police a été mitraillée, des centaines de passants et de touristes ont été menacés.

- Allons, allons Loulle, ça c’est ce que disent et montrent ces miroirs déformant que sont les chaînes de TV d’informations en continu. Regardons froidement les faits : il y a eu un homicide sur la voie publique. L’auteur : non pas un commando kamikaze mais un abruti faisant une fixation morbide : tuer du flic. Un type seul puisqu’il arrive en bagnole, stoppe sa caisse à proximité des flics, sort sa kalach, défouraille puis s’enfuit pour regagner sa tire pour se barrer. Les flics attaqués ont régi efficacement et abattu le forcené. Il était forcément seul, puisque la bagnole est restée sur place. S’il avait eu un ou des complices, ils auraient tiré eux aussi ou se seraient barrés. Point barre. Les flics attaqués ont évidemment communiqué en donnant un rapport circonstancié à leur hiérarchie. Et c’est là que le bordel a commencé. En quelques minutes, des dizaines de voitures de flics et de pompiers déboulent, phares tournoyant et sirènes hurlantes. Et c’est ça qui a déclenché la panique.

- Mais enfin Victor, des coups de flingue à tout-va. Ça s’entend, ça se voit ! Et les gens qui en sont témoins se barrent en courant. C’est humain non ?

- Bien sûr. Mais quand tu tires debout avec n’importe quelle arme automatique, Kalash ou autre, tu es obligé de tirer par très courtes rafales, de trois balles, parce que le canon monte et tu tires en l’air. Donc le tueur de flic a dû tirer deux, trois rafales. Et les flics, en retour, guère plus. Ceci en quelques secondes. Dans le bruit de la circulation des Champs-Élysées… Seuls les passants qui étaient à proximité immédiate ont dû baliser et décaniller. C’est la sur action des forces de l’ordre qui a donné le signal de la panique : des gens qui renversent les terrasses en courant dans tous les sens, qui se réfugient en gueulant dans les boutiques, des familles séparées et qui paniquent. Et pour accélérer le bordel, les télés qui filment ces gens affolés, ces images qui passent sur les réseaux, ceux qui sont sur les Champs, même loin du lieu des faits, qui voient ça sur leurs machines à laver le cerveau portative et qui paniquent eux aussi. Et pour couronner le tout, les annonces sépulcrales de Pujadas aux candidats… Lamentable Loulle.

- Mouais. Vu comme ça, c’est vrai ce que tu dis Victor… Mais qui pouvait savoir que ce n’était que le coup de folie d’un abruti solitaire ? Et si ça avait été une attaque concertée, coordonnée, comme au Bataclan ?

- Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Les flics qui ont subi l’attaque sont des gens responsables, aguerris, pas des amateurs. Le récit qu’ils ont dû faire devait laisser entendre que le type était seul, et qu’il a été abattu. Et puis ce type - le ci-devant Karim, tueur de flic reconnu, celui qui a tué le ci-devant Xavier, bénéficiant lui du beau nom de Gardien de la Paix – qu’est-ce qu’il foutait là ? Il avait été condamné en 2005 par les Assises à 15 ans de taule. Il aurait dû sortir en 2 020. Si un J.A.P. (qui doit voir aujourd’hui j’espère des insomnies) ne l’avait pas libéré avant la fin de sa peine, Xavier serait toujours vivant.

- C’est vrai. Et c’est d’autant plus révoltant que ce fumier a été présenté à un autre J.A.P. (juge d’application des peines) le 14 avril, pour ne pas respecter ses obligations judiciaires, et laissé libre…

- Et a qui va profiter cette konnerie taille XXL ? Non pas à ceux des candidats qui prônent la paix mais à ceux – Le Pen et Fillon – dont le fonds de commerce est la peur des gens. Et les vrais vainqueurs, si un de ces deux gagne, ce sera les abrutis de Daech dont le but est de déclencher une guerre civile chez nous et ailleurs en Europe.

 

Illustration: merci au regretté Chimulus

18/04/2017

Avenir lourd de menaces dans la Turquie d’Erdogan…

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Sortons un peu de notre nombrilisme électoral. En attendant les nôtres d’élections, il y a eu le référendum-plébiscite chez les Turcs. Le sultan local a gagné. Avec des méthodes staliniennes et des bourrages d’urnes bien sûr, mais il a gagné. Pourtant c’est ric-rac : les opposants aux pleins pouvoirs donnés à Erdogan sont sensiblement aussi nombreux que ses partisans. Ce qui risque – soyons optimistes – de compliquer un peu ses ambitions dictatoriales.

Il y a peu encore, Erdogan était encensé par nos « penseurs » qui voyaient en lui le promoteur d’une « démocratie musulmane » sur le mode de nos « démocraties chrétiennes ». Erdogan prouvait, par son efficacité économique et sa rigueur, que l’islamisme était « compatible avec la démocratie ». Sauf que ces naïfs (ou ces imbéciles heureux) oubliaient que si dans nos contrées la séparation entre la politique et la religion était un fait établi et accepté depuis longtemps, il n’en est pas de même chez les mahométans où religion et politique sont une seule et même chose.

Pour Erdogan, la démocratie est un moyen et non une fin. Ce mégalo se voit comme un nouveau sultan et se sent investi d’une double mission  : redonner à l’islam toute sa place en Turquie et redonner à la Turquie, héritière de l’Empire ottoman, son rang dans le monde. Ce qu’il faut avoir présent à l’esprit, c’est que Erdogan hait Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, celui qui a instauré la démocratie, imposé la laïcité, donné le droit de vote aux femmes bien avant la France, celui qui n’hésitait pas à proclamer : « L’islam est un chien puant dont il faut débarrasser la Turquie. » Erdogan, lui, veut que la Turquie redevienne le phare de l’islam : « Nous voulons forger une jeunesse religieuse et moderne […], une jeunesse qui revendique sa religion, son langage, sa sagesse, sa chasteté et ses rancunes ». Et il revendique et fait siennes les paroles ultra-belliqueuses du père du nationalisme turc, Ziya Gökalp : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les mosquées nos casernes. »

Ce référendum est le point d’orgue de cet étrange « coup d’État » complètement foiré. En matière de coups d’État, l’armée turque a pourtant un indéniable « savoir-faire » ! Si bien que si l’on n’est pas trop naïf, on peut légitimement penser que ce putsch d’amateurs a été téléguidé par le pouvoir, organisé par quelques officiers manipulés à leur insu par Erdogan et réalisé par quelques milliers de troufions pas très motivés. À la suite de quoi, Erdogan en a réalisé un vrai, lui, de coup d’État, en épurant (selon ses vues à lui) l’armée, l’administration, l’éducation, la magistrature, la justice et tous les corps constitués. Il a réduit au silence tous les médias d’opposition, faisant de la Turquie la plus grande prison de journalistes du monde. Et il a embastillé tous ses opposants. Plus de 40 000 citoyens turcs arrêtés, battus, souvent torturés. Près de cent mille agents de l’État ont été limogés. Parmi eux, au moins treize mille policiers et gendarmes, quatre mille militaires, et presque autant de membres du système judiciaire mais surtout bon nombre d’universitaires, enseignants et intellectuels divers. Et comme les prisons sont pleines, le nazislamiste d’Anatolie veut, dans la foulée de sa « victoire », faire un nouveau référendum pour rétablir la peine de mort.

Et c’est avec ce personnage que l’Europe, dans sa grande faiblesse, doit composer puisqu’elle en a fait le « régulateur » de la venue ou non des trois millions de réfugiés syriens qui survivent en Turquie. On peut penser pourtant que la Turquie est bien plus généreuse que l’Europe en la matière. Frau Merkel, sans consulter ses partenaires européens, est allé se prosterner devant le Sultan, lui promettant – sans aucun mandat pour cela – six milliards d'euros pour qu'il garde les réfugiés chez lui. Et l'autre fait un chantage permanent avec cette arme des « réfugiés ». Mais le dictateur d’Ankara a aussi derrière la tête un objectif sournois et pas très avouable : l’accueil de trois millions de réfugiés syriens, par l’implantation de cette population arabe, peut constituer une population de peuplement des zones frontalières turques à moitié kurde.

Espérons que les évènements actuels vont définitivement stopper cette ineptie monstrueuse que serait l’entrée de la Turquie – et de ses 80 millions de musulmans – dans l’Union Européenne. Mais là, Erdogan va nous donner un coup de main : dans la foulée de sa victoire, il veut organiser un référendum sur l’entrée de la Turquie en Europe. Et là, souhaitons que les Turcs disent « Hayir », « Non ».

 

Illustration: merci à Goutal

 

17/04/2017

C'est Pâques, mais pas que...

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Brassens: Le sceptique

Imitant Courteline, un sceptique notoire,
Manifestant ainsi que l'on me désabuse,
J'ai des velléités d'arpenter les trottoir(e)s
Avec cette devise écrite à mon gibus :
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Dieu, diable, paradis, enfer et purgatoire,
Les bons récompensés et les méchants punis,
Et le corps du Seigneur dans le fond du ciboire,
Et l'huile consacrée comme le pain bénit,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Et la bonne aventure et l'art divinatoire,
Les cartes, les tarots, les lignes de la main,
La clé des songes, le pendule oscillatoire,
Les astres indiquant ce que sera demain,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Les preuves à l'appui, les preuves péremptoires,
Témoins dignes de foi, metteurs de mains au feu,
Et le respect de l'homme à l'interrogatoire,
Et les vérités vraies, les spontanés aveux,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Le bagne, l'échafaud entre autres exutoires,
Et l'efficacité de la peine de mort,
Le criminel saisi d'un zèle expiatoire,
Qui bat sa coulpe bourrelé par le remords,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Sur les tombeaux les oraisons déclamatoires,
Les "C'était un bon fils, bon père, bon mari",
"Le meilleur d'entre nous et le plus méritoire",
"Un saint homme, un cœur d'or, un bel et noble esprit",
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Les "saint-Jean Bouche d'or", les charmeurs d'auditoire,
Les placements de sentiments de tout repos,
Et les billevesées de tous les répertoires,
Et les morts pour que naisse un avenir plus beau,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Mais j'envie les pauvres d'esprit pouvant y croire.

 

https://www.youtube.com/watch?v=RkYbGCQj5iY

 

Merci aux irremplaçables et irremplacés Reiser et Brassens

 

16/04/2017

Ouiquinde pascal: L’agneau en cuisson douce

agneau et cochon.jpg

 

Moi qui suis un athée très anticlérical

Lorsque vient le printemps, j’aime l’agneau pascal.

J’aime sa chair gorgée de toutes les fragrances

Qu’exhalent les collines entre Rhône et Durance,

J’aime le jus coulant de cette peau dorée

Fleurant l’ail et le thym. J’aime le dévorer,

Oui mais avant cela, encor faut-il le cuire

Comme on fait en Provence. Je m’en vais vous le dire.

Prenez donc un gigot d’agneau de Sisteron

D’environ deux kilos, au cuissot doux et rond.

Coupez six gousses d’ail dégermées en lamelles,

Glissez-les sous la peau avec votre Opinel ;

Dans un hecto de beurre fondu demi sel

Vous mélanger cumin, thym, poivre, peu de sel ;

Enduisez le gigot avec cette pommade,

Et laissez reposer dans cette marinade

Trois heures de pendule ; mieux : la nuit au frigo,

Pour que tous ces parfums pénètrent le gigot.

Placé votre appareil dans un plat bien beurré

Dans votre four réglé sur cent-trente degrés.

Laissez cuire deux heures en le tournant souvent

Il va se colorer et cuire doucement,

Puis baisser votre four sur 110 ou sur Un

Tournez et arrosez lorsque c’est opportun,

Laissez encore cuire pour une heure et demie

Sur la fin vous salez avec parcimonie.

Cette cuisson très douce va sublimer la viande

Qui restera rosée, bien juteuse et gourmande.

Coupez « à la française » : angle droit avec l’os,

Pour que ça reste chaud, vous servez rapidos

Avec des flageolets réchauffés dans le jus

Mais cèpes et girolles sont aussi bienvenus !

Buvez très largement de la tété d’automne

Ces vins de large soif de la Côte-du-Rhône,

Et pour laisser le monde des maigres, des sans-goûts,

Alors resservez-vous !

 

 

Photo X – Droits réservés

 

Et puis, tout en festoyant, rappelons-nous :

 

La chanson de Craone

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

 

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

C'est nous les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

 

- Refrain -

 

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

Feraient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

 

- Refrain :

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour messieurs les gros

De monter sur l'plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

Photo X - Droits réservés

12/04/2017

Au bistro de la Toile : « On peut ga-gner ! On va ga-gner ! »

chimulus bistro copie.jpg

 

- Bon, Victor. Il va bien falloir s’en choisir un de guignol pour les cinq prochaines années. Pas facile…

- Pour bien choisir, Loulle, on met tous les éléments sur la table. Puis on détermine ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas. Ça, c’est le côté « raison ». Mais il y a aussi le côté passion, impulsif.

- Moi, je ne sais pas encore ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas.

- C’est déjà ça. Donc tu élimines. Si tu as une culture nationaliste, autoritaire, tendance facho, tu vas éliminer d’autorité Mélenchon, Hamon, Poutou, Arthaud, Lassalle. Si tu as la fibre justice, égalité, ouverture, tu vas éliminer Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan, Asselineau, Cheminade, Macron.

- Bon, on retrouve donc le clivage droite-gauche. Rien de nouveau…

- Si, il y a du nouveau. Les sondages – qui valent ce qu’ils valent mais qui donnent tout de même de grandes indications – montrent un rejet de ceux qui représentent les partis en place, soit Fillon pour LR et Hamon pour le PS. À partir de là, pour bien choisir, il faut revenir à la règle du jeu de cette élection. La Présidentielle est impitoyable. On n’est pas aux Jeux Olympique où il suffit de participer. Il n’y a pas de podium, pas de places d’honneur. Il n’y a que deux sélectionnés au premier tour, et un seul vainqueur au second. Donc ton choix doit être efficace, sinon il ne servira à rien. L’éventail se referme dès lors considérablement. Par ordre alphabétique : Fillpn, Le Pen, Macron, Mélenchon. Tous les autres ne peuvent que neutraliser ton bulletin. Sauf à seulement vouloir faire un vote de témoignage. Après, à toi de voir selon tes affinités.

- Selon ta théorie du rejet des partis « de gouvernement », on peut encore éliminer Fillon, ancien Premier ministre et Macron, ancien ministre. Resterait donc en finale Mélenchon et Le Pen ?

- C’est une hypothèse qui n’est plus à prendre à la rigolade.

- Il y a aussi un truc qui me gonfle les aliboffis, c’est cette acceptation fataliste du fait Le Pen. Les médias comme les candidats semblent avoir accepté l’inéluctable victoire de Le Pen au soir du premier tour ! Ils poulidorisent tous. C’est incroyable comme attitude, non ?

- Je suis bien d’accord avec toi, Loulle. Ils semblent tellement sûrs que Le Pen ne franchira jamais le « plafond de verre » des 50 % au second tour, qu’ils se foutent comme de leur première magouille du fait qu’elle puisse virer en tête, ce qui donne pourtant un avantage psychologique évident. Personne, ou pas grand monde, ne souligne les magouilles de cette PME familiale qui prospère sur les embrouilles. Personne ne met en avant son lourd héritage collabo. Personne ne met en évidence que c’est chez les quelques élus de ce parti que l’on trouve le plus de « mis en examen ». Personne ne parle de son programme bâti sur des mensonges : le programme social volé à Mélenchon et qui ne sera évidemment jamais mis en oeuvre, une sortie de l’Europe qui renverrait la France au niveau du Montenegro. Personne ne met en garde contre le bouton nucléaire mis dans les mains de la Führere.

- Alors, le vote « efficace », c’est quoi ?

- Si tu es tendance facho, c’est Le Pen. Si tu es tendance ultralibérale, c’est Macron. Si tu es de gauche, c’est Mélenchon.

- Tu crois qu’il pourrait arriver en finale ?

- Oui. Sans être d’un optimisme béat, c’est fort plausible. À une condition : que les électeurs fassent par leur bulletin ce que les candidats Hamon et Mélenchon n’ont pas fait : l’unité. C’est-à-dire que tous ceux qui voulaient voter pour Hamon – dont le programme était novateur mais qui a été saboté par son propre parti, comme Ségolène jadis – changent leur bulletin pour celui qui sera le seul représentant de la gauche capable de disputer une des deux places en finale aux trois représentants de la droite. C’est d’autant plus jouable, et gagnable que, justement, en face, ils sont trois à se partager les suffrages des électeurs de droite. Une telle conjonction des planètes ne se reproduira pas de sitôt.

- Eh bien, je crois qu’on a bien éclairci les choses, Victor. L’avenir n’est pas si sombre que ça. À la nôtre, je mets ma tournée !

- À la nôtre. Et Banzaï !

 

 

Illustration : merci au regretté Chimulus

 

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Avec ce coquin de printemps

dégustez

élections

 

 

 

 

10/04/2017

Coût de l’attaque Trump en Syrie : 33 millions de repas au Restos du cœur.

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10 morts suite à la destruction, par 59 missiles étasuniens Tomahawks, de la base aérienne syrienne de Shayrat. À noter que pas un avion n’a été touché : ils avaient été évacués avant !

Bravo ! S’exclame la « communauté internationale » (en fait les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, maintenant lèche-bottes docile des Yankees.)

Prix catalogue d’un missile Tomahawks : 575 000 $. Le prix de revient de ces dix morts est donc de 33 925 000 $ soit au cours du jour 31 889 500 € soit 3 188 950 € pièce. Ce n’est tout de même pas donné l’occis « Trump made », même pour des soldats syriens. Mais l’Oncle Sam est généreux… Cette petite démonstration de force de Trump représente 21 547 mois ou 1 795 années de SMIC français. Ou encore 33 millions de repas au Restos du cœur.

130 morts civils quelques jours avant dans les bombardements de la partie ouest de la ville de Mossoul. Là, ça passe dans la colonne pertes collatérales. Peu d’émotions dans les médias. C’est en Irak, donc les morts, même par centaine, c’est la routine. « Pas vendeur ça, Coco. Tu m’en fais une brève »

40 ou 50 morts dans des églises en Egypte. « Discret Coco, discret, faut pas irriter les patrons du PSG ».

58 morts dans le bombardement de Khan Cheikhoun, petite ville syrienne tenue par les islamistes. Les morts seraient victimes d’une intoxication foudroyante aux gaz.

« Oui, Coco ! C’est bon ça ! Gazés. T’entend Coco ? Gazés. Ça c’est vendeur ! Tu m’en fais la Une. Avec une photo de gosses morts, étendus, presque nus si possible. Fais-moi au Photoshop un montage qui tire les larmes. C’est le buzz assuré. Comme pour le petit Aylan sur une plage turque. Les ventes vont monter, et nos patrons milliardaires seront contents ! »

Haro sur Assad, ce boucher qui massacre son propre peuple. Et qui le gaze en plus !

Pendant que j’écris, j’entends, plus que je n’écoute, ce falot de Ayrault, ministre des affaires étrangères, asséner les vérités de ses maîtres otaniens : aucun doute possible : c’est le régime de Bachar el Assad qui est responsable du massacre chimique de Khan Cheikhoun. Aucune preuve solide mais tous les médias agitent la grosse caisse à manipuler. Ceci avant même qu’une enquête n’ait été diligentée et établisse soit qu’il s’agissait de bombes chargées de gaz toxiques (thèse des Étasuniens et de leurs lèche-bottes), soit de bombes ayant touché un atelier de production de gaz toxiques (thèse des Russes). Aucun journaliste sur place, aucune ONG digne de foi. Des images qui ne prouvent rien.

Les infos viennent de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une source particulièrement fiable puisque représentée en tout et pour tout par une seule personne courageusement planquée en Angleterre, et qui répercute aux médias de la « communauté internationale » les « fakes » de ses amis égorgeurs islamistes. Derrière l’OSDH, un seul homme : Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, sunnite laïc, membre de l’opposition, qui vit à Coventry en Grande-Bretagne. Il n’a pas mis les pieds en Syrie depuis 2000, date à laquelle il a quitté le pays pour des raisons politiques. Oui mais il y a aussi des autopsies. Sauf qu’elles sont faites par les Turcs de ce grand démocrate d’Erdogan, autre source particulièrement fiable !

Que Assad soit le responsable de ce gazage, c’est possible mais pas prouvé. Le fiston à Hafez est une sombre crapule fort capable du fait. Mais l’action impulsive de Trump - après la comédie de son ambassadrice à l’ONU montrant, des trémolos dans la voix, des photos de gosses gazés – met le monde au bord du gouffre. On se souvient des « preuves » de la possession d’armes « de destructions massives par Saddam Hussein » brandies par les responsables étasuniens à cette même ONU. Mensonges, manipulations soutendus par la volonté de main mise sur les richesses pétrolières de l’Irak.

Ça sent le gaz ! Oui, ça sent le gaz ! Oui mais pas seulement celui des bombes utilisées contre les populations civiles par Assad ou/et par l’État Islamique à Khan Cheikhoun.

La guerre de Syrie est une guerre du gaz. Assad refuse depuis des années le passage d’un gazoduc qatari sur son territoire. Ce gazoduc est destiné à faire concurrence au gaz russe qui alimente largement l’Europe.

Le gaz sera la principale source d’énergie fossile de ce siècle, plus que le pétrole. Or il a été découvert, à partir de 2009, dans la partie Est de la Méditerranée, d’énormes ressources de gaz mais aussi de pétrole de très bonne qualité. Les estimations actuelles font état de 9 700 milliards de m3 de gaz et de 3,4 milliards de barils de pétrole. Planqué sous la mer et sous la terre. Principaux bénéficiaires potentiels : Israël et la Syrie. L’exploitation n’a pas commencé.

Mais ce n’est pas tout. Du gaz et du pétrole, il y en a des millions de barils et de m³ en Russie, en Iran et dans les pays du Golfe. Ce gaz, il faut l’acheminer vers les clients les plus gourmands : les pays européens. La manière la plus rentable, c’est le tuyau, le gazoduc. Mais on ne peut pas faire passer les tuyaux n’importe où. Il faut qu’il traverse des pays « amis ». Or il y a une féroce rivalité entre la Russie et les pays du Golfe (Qatar, Arabie, etc.) sous influence étasunienne pour le passage de ces oléoducs. Les Russes avancent leurs projets Nord Stream, à travers la Baltique et South Stream, à travers la Mer Noire.

Ces projets concurrencent le projet « occidental » Nabucco qui devrait traverser la Syrie et la Turquie. Aucun des projets ne peut être mené à bien dans la situation chaotique du Moyen-Orient. C’est beaucoup de pognon de perdu pour les rapaces pétroliers et gaziers étasuniens, européens et russes. Mais aussi turcs qui voudraient bien prélever leur commission sur le stockage et le passage de tout m³ de gaz qui traverserait son territoire ! Seulement il y a un hic : Bachar el Assad ne veut rien savoir ! Il faut donc détruire ce mauvais coucheur, quitte à détruire son pays. Mais il y a un deuxième hic qui reste en travers de la gorge des oligarques gaziers occidentaux : les Russes. Ceux-ci sont en concurrence directe avec les monarchies du Golfe pour vendre leur pétrole et gaz ainsi que ceux venant d’Azerbaïdjan et d’Iran. Et donc se positionnent en protecteur de Bachar el Assad.

Se greffe sur ces rivalités économiques une composante religieuse, secondaire mais bien réelle. Les pétromonarchies sunnites du Golfe ont une haine viscérale des chiites. D’où leur volonté de détruire la Syrie de Bachar qui est Alaouite (une branche du chiisme).

Le massacre chimique de Khan Cheikhoun fournit à Trump un prétexte inespéré qui lui permet de reprendre pied dans un conflit où son pays n’a pris que des bouffes depuis des mois. Il n’est qu’une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les Etats-Unis se moquent bien du droit international. Ils l’ignorent lorsque cela les arrange. Et puis il faut fournie du travail au complexe militaro-industriel qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays qui a besoin de guerres. Les problèmes internationaux entre Etats doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements.

Et nous qu’est-ce qu’on fait dans cette galère ? On joue les supplétifs des Étasuniens. En espérant bénéficier d’avantages tarifaires sur le gaz du Golfe et de contrats d’armes juteux avec les tyrans de ces pays féodaux. Les belles paroles sur les droits-de-l’homme n’ont pas grand-chose à voir avec les affaires… Et Ayrault continue à dégoiser ses konneries. Comment peut-on avoir confié la diplomatie française à se sous-nul ?

Mais alors, Daech ? L’État islamique ? Ils sont gênants mais sont un bon prétexte pour intervenir dans ces régions. Et puis, il faut faire la part du feu : quelques attentats sont bien utiles pour mettre en place un État « musclé » à travers l’état d’urgence…

Mondo cane…

 

Sources :

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2013/08/30/syrie-ca-sent-le-gaz-246283.html

http://www.tdg.ch/monde/poutine-denonce-agression-syrie/story/13567172

http://www.voltairenet.org/article174022.html


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