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08/02/2018

Au bistro de la Toile : « Putaing, il va neiger… »

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- Eh ! T’as vu Victor, il va neiger. Mieux même, il neige dans toute l’Europe sauf chez nous. Une nouvelle extraordinaire dont on nous gonfle les aliboffis depuis trois jours : il neige ! Ben ça alors ! On est en plein hiver et il neige ! Non mais tu rends compte…

- Non seulement il neige, mais en plus il y a de « pauvres automobilistes », de véritables « naufragés de la route » qui vivent des « heures épouvantables ». Quel malheur, Loulle. Et quelle découverte : il neige en hiver ; les routes glissent…

- Et tous ces bœufs de Panurge qui partent tous en même temps, pour aller travailler en plus qu’ils disent, en passant tous par les mêmes routes et qui se retrouvent évidemment… tous bloqués ! Comme chaque année. Et qui gueulent tous, comme chaque année, contre en vrac : la météo, les maires, les zautorités, les services de voiries, etc.

- Putaing ! Il va neiger. C’est formidable. Ça fait rire les mioches… Ça emmerde les automobilistes… Ça enchante les skieurs… Ça repeint la ville aux couleurs de l’enfance…

Tous les présidents – et Jupiténou ne fait pas exception – ont juré, la main sur le coeur, que plus personne ne coucherait dehors. Tè, fume…

Depuis 2012, le nombre de personnes sans domicile fixe mortes dans la rue est en hausse, avec une stabilisation autour de 500 décès par an depuis 2014, selon le rapport. Ce décompte correspond aux signalements reçus par le collectif et n’est pas exhaustif, précise-t-il, estimant que le chiffre réel serait environ six fois supérieur.

Ce sont majoritairement des hommes, jeunes, qui meurent après un long parcours de rue semé de ruptures. Vivre à la rue conduit à mourir à 49 ans en moyenne, soit près de 30 ans plus tôt que la population masculine en France, selon les statistiques du collectif. Entre 2012 et 2016, 47 d’entre eux étaient des mineurs de moins de 18 ans. Trente-cinq avaient moins de 15 ans. http://mortsdelarue.org/IMG/pdf/rapport_finalise_Avec_temoignage_web-2.pdf

- Ouais mais quoi faire ?

- On n’est pas meilleur que les autres Loulle. On n’en invite pas à dormir chez nous. Moi je me donne hypocritement un peu meilleure conscience en payant les provisions de Dragamir ou de Peter qui font la manche devant le Carrefour express où je vais faire mes courses. C’est lui qui m’a dit « Moi, ça me glace la neige… Moi ça me glace parce que je couche dehors. Je couche dehors parce que cette société a oublié complètement le dernier terme de sa devise : Fraternité. La Fraternité, est-ce laisser dehors, comme des chiens galeux des humains que la vie a cabossé ? La Fraternité, est-ce laisser dehors les gens trop faibles, trop pauvres, pas assez rompus aux vices et aux compromissions de la vie telle que la font les apôtres de l’ultra libéralisme ? La Fraternité, est-ce se torcher le cul avec ses promesses lorsqu’on prétend aux plus hautes responsabilité ?

Putaing ! Il va neiger… La nuit va être longue sous mes cartons…

Mondo cane… »








10:05 Publié dans actualités, art de vivre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : neige

06/02/2018

Corse : « Ayo président ! Pace e salute ! »

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Les Corses nous ont donné Napoléon, Tino Rossi et Laeticia Casta. Des trois, c’est – et de loin – la troisième que je préfère ! En dehors de cette boutade, beaucoup de Corses ont aussi donné leur vie pour la France, et ça, ça crée des liens indéfectibles.

Pour autant, faut-il céder aux exigences des nationalistes corses ? D’abord quelles sont-elles ?

Ils prétendent inscrire dans la Constitution de la république la « coofficialité » de la « langue corse ». Rigoureusement inacceptable, sinon ce serait la mort du ciment le plus solide d’une nation : sa langue. Car si dans les actes officiels il était possible de donner une version en corse ayant même valeur juridique que la version en français, il n’y a pas de raison de ne pas imposer à la constitution la même « coofficialité » pour l’occitan, de catalan, le breton, voire le ch’ti ou l’arabe ! Bonjour les conflits d’interprétation ! Et puis, sans vouloir choquer les insulaires, la « langue corse » n’existe que parce que la Corse est française ! Parce que ce n’est qu’un patois italien, comme le bergamasque ou le frioulant et qui n’aurait pas plus statut de langue que ces patois très locaux.

Ils prétendent encore inscrire dans la Constitution la notion de « peuple corse ». Cette notion s’appuie sur des critères ethniques, de coutumes, de vie sur un territoire donné, d’ascendance voire de consonance de nom ! À l’exclusion des autres ? Parce que c’est ça que ça veut dire le statut de « résident corse » qui en découle au-delà du prétexte commode de la lutte contre la spéculation. On est loin de la notion de « peuple français » qui, elle, a une vocation universelle et englobe tous ceux qui vivent sur son territoire et en respectent les valeurs et les lois, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau, leur religion.

Ils réclament le rapprochement des prisonniers insulaires sur l’île. Pourquoi pas. Mais certainement pas pour le ou les assassins du préfet Erignac.

Maintenant, à toi de jouer, ci-devant président. Mais n’oublie pas que le régionalisme doit rester au niveau du développement économique faute d’ouvrir la porte au détricotage de la « Grande Nation » que des dizaines de rois et de représentants du Peuple français ont mis des siècles à réaliser, parfois dans la douleur, mais qui a fait justement de cette nation quelque chose d’unique au monde parce que fondée sur des valeurs humanistes universelles, pas sur des critères ethniques et tribaux.

Et puis, à la limite, s’il fallait poser la question de l’indépendance de la Corse, il faudrait demander aux Français, à tous les Français, pas seulement à ceux vivant sur l’île. Et là, les « continentaux » ne refermeraient probablement pas les bras pour retenir la Corse à tout prix.

Parce qu’il y a déjà une large, très large autonomie de la Corse. Exemples :

- Les terres agricoles y sont exonérées de la taxe foncière sur le non-bâti.

- Les investissements des PME y sont exonérés, comme les établissements en zone franche, de taxe professionnelle et de contribution foncière des entreprises.

- L’investissement en Corse fait l’objet d’un crédit d’impôt sur le revenu ou sur les sociétés. Notons qu’une niche similaire existe dans le Nord-Pas-de-Calais.

- En cas de décès, les immeubles situés en Corse (en cas de mutation, de sortie d’indivision, de succession ou de licitation) sont exonérés de droit de timbre et d’enregistrement.

- Les trajets maritimes ou aériens à destination de la Corse sont exonérés de TVA.

- Les supercarburants et essences consommées en Corse sont exonérés de TIPP.

Eh ! Il faudra y penser à tout ça, Messieurs les indépendantistes !

Un référendum sur l’indépendance de la Corse n’aurait-il pas un résultat « Oui » sur le continent et « Non » sur l’île ?

Prenons les… paris !

Amis Corses, ne vous laisser pas "catalaniser", ON VOUS AIME !


Photo X - Droits réservés

09:53 Publié dans actualités, humour, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : corse

04/02/2018

Ouiquinde gastronomique: le requin au rougail

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Gunilla

 

Ma jolie suédoise s’appelait Gunilla

Ses cheveux étaient d’or et ses grands yeux lilas

Nous vivions en sauvages sur une plage indienne

J’étais son Robinson, elle, ma Bohémienne.

 

Sa bouche était de miel, sa peau était dorée,

Elle croquait la vie et moi je l’adorais.

Elle est allée nager, nue, dans les déferlantes,

Jeune, belle à croquer, forte et appétissante.

 

Elle s’est éloignée d’un crawl souple et puissant

Dans les reflets d’argent de l’astre éblouissant.

Un trait noir fendant l’eau s’en arrive du large.

 

Gunilla ne voit pas le monstre qui la charge.

Un cri dans une gerbe d’écume et de rubis…

Les requins sont cruels dans la mer d’Arabie.

 

 

 

Pour Gunilla : le requin au rougail

 

Voilà, Victor, une bien funeste aventure…

Qui pourtant porte en elle une philosophie :

On est tous prédateur, on est tous nourriture,

Telle est la dure loi qui régule la vie.

- Non, mais, écoutez-le ce Socrate à la manque !

J’y parle d’une meuf bouffée par les requins,

Et lui, il me dégoise une philo de branque…

Que c’est presque normal et tout le saint-frusquin…

Depuis ce jour, petit, j’ai la haine des squales,

Je ne peux les aimer que bien cuits, dans la poêle.

Ce mangeur de bonheur, les pêcheurs l’ont chopé,

Grand capoun de boun dieù, ce fut une épopée !

Mes amis Malabars à gueules de pirates

L’ont pris dans leurs filets sur la côte marathe.

Le bestiau dépassait trois mètres de longueur,

Ses mâchoires claquaient de toute sa fureur,

Des grands coups de bâtons, de couteaux et de masses

Ont enfin eu raison du monstre coriace.

On lui creva les yeux pour mieux l’humilier

Puis, dans son estomac, on trouva un collier :

Un pendentif d’argent serti d’une turquoise,

Celui offert par moi - oui ! - à ma Suédoise…

Les cinq pêcheurs et moi, nous étions sous le choc,

L’alcool, le sang, le « bang » nous rendaient tous amok.

Les clameurs du combat réveillant le village,

Femmes, vieillards, enfants s’en vinrent sur la plage.

Un grand feu lumineux se mit à crépiter

Pour griller le requin, en darnes débité.

C’est une viande ferme, moins rouge que le thon

Qu’on pose sur la braise, à même les brandons.

Quand la chair est saisie, qu’elle grésille et fume,

D’un bâton on la tourne et puis on la parfume

D’une pincée de sel, de carry mêlé d’ail

Tandis que l’on prépare, à côté, le rougail.

De l’océan indien, c’est un produit typique,

C’est frais, c’est parfumé, mais ça brûle et ça pique !

Tu haches deux oignons et tu les fais blondir,

Rajoute trois tomates, coupées ça va sans dire,

Deux, trois piments z’oiseau, attention, c’est sévère,

De l’ail, du sel, du sucre, du jus de citrons verts,

Puis deux cuillers à soupe de bon carry hindou,

Dix minutes, à la poêle, tu fais cuire à feu doux.

On mange chaud ou froid cet accompagnement,

Mais il ne faut vraiment pas craindre le piment !

Sous les rais de Chandra, assis sur la terrasse,

Ensemble nous avons dévoré le vorace.

Comme assiette une simple feuille de bananier,

Comme couverts, nos doigts, comme les boucaniers

En mangeant son mangeur, j’aimais ma Gunilla

Tandis que sous la lune résonnaient les tablas.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour le poisson: - 3 tranches de requin de taille convenable, - de la braise, - sel, - 1 cuiller à soupe de carry en poudre, ­3 gousses d'ail.

Pour le rougail : - 6 oignons, - 6 grosses tomates, - 9 à 10 pe­tits "piments z'oiseaux" (selon la force que l'on veut obtenir), - 6 cuillerées à soupe de carry, - 6 gousses d'ail, - 3 cuillers à dessert de sel de Camargue, - 1 cuillerée à soupe de sucre en poudre, - le jus de 3 citrons (verts si possible).

 

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fra­grances animales et en goûts musqués. On doit rester dans la to­nalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques.

En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages".

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols.

 

Photo X - Droits réservés

 

 

 

03/02/2018

Ouiquinde érotique avec Clovis Hugues

hot-girl.jpg

 

Quand une femme est en chemise
Les épaules de marbre blanc,
Le cul, forme encore indécise
Dans les plis du voile tremblant,
Le parfum épars dans la chambre,
L'orteil, le mollet qui se cambre,
Les nichons rosés d'un émoi,
Les bras, la taille forte ou frêle,
Tout t'annonce, tout te révèle,
Rien n'est attirant que pour toi.

Le voile glisse. Extase ! Aurore !
Exquis prélude des bons coups !
Les cuisses te cachent encore,
Mais voici ton poil souple et doux,
Ton poil, touffe d'or ou d'ébène
Que l'on croirait posée à peine
Au bas du ventre point plissé,
Et qui, lentement caressée,
Allonge sa pointe frisée
Comme un triangle renversé.

Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile
Dans le fouillis des rameaux verts,
Détendu sur sa fente rose,
Et l'air tout de même un peu chose,
Avec son sourire en travers !

La main de l'amant t'entrebâille
Vivante rose de cypris,
Et de tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris.
Fin chef-d'œuvre de la nature,
Vit d'oiseau, pine en miniature,
Bouton subitement durci,
Qui, dans l'écartement des lèvres,
Tout baigné d'amoureuses fièvres,
Dresse la tête et bande aussi.

Ô paradis ! joie étoilée !
Explosion du désir fou !
La langue, la langue effilée,
Toute la langue dans le trou !
Pendant que, de ses mains savantes,
Il étreint les fesses mouvantes
Ou chatouille le bout des seins,
Et que, la chevelure éparse,
L'impétueuse et belle garce
Halète en mordant les coussins !

Clovis Hugues

Photo X - Droits réservés

31/01/2018

Hier les EPAHDs étaient en grève, pourtant Anaïs est venue !

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Hier matin, Anaïs est arrivée chez nous alors que le jour n’était pas encore levé. Anaïs est une personne formidable comme le sont toutes ses collègues : aide-soignante dans un EPAHD. Chaque matin, hors ouiquinde, l’une d’elles vient assister ma belle compagne sur laquelle est tombée une terrible malédiction : Alzeimer. C’est ce qu’on appelle les soins à domicile.

Anaïs était en grève. Elle est pourtant venue travailler, avec le même sourire, la même générosité, la même compassion, la même efficacité, la même compétence, le même enthousiasme communicatif. Elle a seulement collé sur son sac une feuille blanche avec écrit « EN GRÈVE ». Anaïs fait partie de ces personnels des Epahds dont la mission est d’accompagner nos Vieux, nos Handicapés dans les difficultés de leurs dernières années.

Il n’y a pas de fric pour Anaïs et ses collègues. Mais il y en a pour exonérer d’impôts les pleins de thunes…

Il n’y a pas de fric pour les Epahds, mais il y en a pour subventionner Arnaud, Bolloré ou Bettencourt.

Il n’y a pas de fric pour la dignité des Vieux, mais il y en a pour financer des Jeux Olympiques, amalgame de drogués et de magouilles financières.

Je me souviens d’Alain Minc dégueulant son fiel ultralibéral il y a quelques années : « La collectivité nationale doit-elle payer les soins à de vieilles personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l’espérance de vie est réduite ? ». Le problème, c’est de définir l’âge auquel on est vieux ; pour les entreprises c’est à l’approche de la cinquantaine, mais pour les sénateurs, à 80 ans on est toujours jeune !

Notre société est égoïste et la solidarité intergénérationnelle a de la peine à exister. La mode est au « jeunisme », pas à « l’âgisme ». Faut-il portant oublier que c’est grâce aux vieux que nous avons les congés payés, la Sécurité sociale, grâce à eux et à leurs luttes que nous bénéficions de tous ces « acquis » qui jour après jour, années après années nous sont enlevés.

On ne respecte plus les « anciens », parce que dans notre société basée sur l’apparence et le mythe de l’éternelle jeunesse, les vieux font peur, la vieillesse fait peur, c’est le dernier stade avant le néant, la mort que l’on s’applique à ignorer. Bientôt on va piquer les « vieux » !

C’est la chasse aux vieux ! Salauds de vieux ! Ça pue les vieux, ça se pisse dessus, ça renverse sa gamelle, et en plus ça gueule, c’est jamais content ! Et puis ça bouffe les vieux ! Et ça dure longtemps ! Ça refuse « d’optimiser la vie » les vieux, c’est-à-dire de crever lorsque la société de la « concurrence libre et non faussée » les trouve trop vétuste !

Pourtant ils ne l’ont pas volé leur retraite les vieux ! La retraite n’est qu’un salaire différé que je sache. Ils les méritent les soins des Epahds. Mais ce n’est pas de la saine gestion ça ! Faut réduire la sacro-sainte Dette ! Chasser les dépenses non rentables donc inutiles. Alors en loucedé, dans les coulisses des gouvernements, dans les « think tanks » ultralibéraux, il y en a qui travaillent sérieusement sur l’avenir de ces parasites de vieux. Et pas que des vieux, aussi des comateux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante, « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. À la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas.

Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui) sont en passe d’être imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents. Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d’hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d’austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu’ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques ! C’est choquant ? Eh… Ouvrez les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. Aux Pays-Bas la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

Heureusement il y a encore des Anaïs, des Nina, des Nouria, des Patricia, des Carole…

Lorsque ma compagne, mon amour, ma belle maîtresse est tombée – encore jeune - dans le gouffre de cette calamité nommée Alzheimer, le ciel (auquel je ne crois pas) m’est tombé sur la tête. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle que vous aimez. Vous la voyez descendre irrémédiablement. Vous la voyez s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement. Vous subissez les conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre dans une maison spécialisée ». Moi je m’y refuse et j’ai choisi de m’en occuper tant que je serai là. Mais ce tête à tête permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vous découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons nouveaux si je puis dire… À partir de là, en parfait accord avec le fils de ma chérie, nous avons fait appel à de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque matin hors ouiquinde, d’une aide-soignante se chargeant de la toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le fait un homme ! Et par l'accueil de jour permettant, plusieurs fois par semaine, de socialiser la ou le malade et à « l'aidant » de respirer un peu.

Et j’ai découvert deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés » comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire, mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence, leurs conseils éclairés, leur gentillesse. Elles sont comme des rayons de soleil.

Eh ! Ci-devant président Jupitounet, si tu veux un peu atténuer ton image peu flatteuse de « président de riches », pense à la dignité de ceux sans lesquels tu se serais pas ce que tu es. Et lâche généreusement des thunes pour toutes les Anaïs des Epahds.

 

Illustration: merci à Faujour

29/01/2018

Grande voix : Alain et « les moutons ».

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Par cette parabole, le philosophe Alain donne à méditer sur la manipulation des esprits et la servitude volontaire des soumis.

Le mouton est mal placé pour juger ; aussi voit-on que le berger de moutons marche devant, et que les moutons se pressent derrière lui ; et l’on voit bien qu’ils croiraient tout perdu s’ils n’entendaient plus le berger, qui est comme leur dieu. Et j’ai entendu conter que les moutons que l’on mène à la capitale pour y être égorgés meurent de chagrin dans le voyage, s’ils ne sont pas accompagnés par leur berger ordinaire. Les choses sont ainsi par la nature ; car il est vrai que le berger pense beaucoup aux moutons et au bien des moutons ; les choses ne se gâtent qu’à l’égorgement ; mais c’est chose prompte, séparée, et qui ne change point les sentiments.

Les mères brebis expliquent cela aux agneaux, enseignant la discipline moutonnière, et les effrayant du loup. Et encore plus les effrayant du mouton noir, s’il s’en trouve, qui voudrait expliquer que le plus grand ennemi du mouton, c’est justement le berger. « Qui donc a soin de vous ? Qui vous abrite du soleil et de la pluie ? Qui règle son pas sur le vôtre afin que vous puissiez brouter à votre gré ? Qui va chercher à grande fatigue la brebis perdue ? Qui la rapporte dans ses bras ? Pour un mouton mort de maladie, j’ai vu pleurer cet homme dur. Oui je l’ai vu pleurer. Le jour qu’un agneau fut mangé par le loup, ce fut une belle colère ; et le maître des bergers, providence supérieure et invisible, lui-même s’en mêla. Il fit serment que l’agneau serait vengé ; il y eut une guerre contre les loups, et cinq têtes de loup clouées aux portes de l’étable, pour un seul agneau. Pourquoi chercher d’autres preuves ? Nous sommes ses membres et sa chair. Il est notre force et notre bien. Sa pensée est notre pensée ; sa volonté est notre volonté. C’est pourquoi, mon fils agneau, tu te dois à toi-même de surmonter la difficulté d’obéir, ainsi que l’a dit un savant mouton. Réfléchis donc, et juge-toi. Par quelles belles raisons voudrais-tu désobéir ? Une touffe fleurie ? Ou bien le plaisir d’une gambade ? Autant dire que tu te laisserais gouverner par ta langue ou par tes jambes indociles. Mais non. Tu comprends bien que, dans un agneau bien gouverné, et qui a ambition d’être un vrai mouton, les jambes ne font rien contre le corps tout entier. Suis donc cette idée ; parmi les idées moutonnières, il n’y en a peut-être pas une qui marque mieux le génie propre au vrai mouton. Sois donc au troupeau comme ta jambe est à toi. »

L’agneau suivait donc ces idées sublimes, afin de se raffermir sur ses pattes ; car il était environné d’une odeur de sang, et il ne pouvait faire autrement qu’entendre des gémissements bientôt interrompus ; et il pressentait quelque chose d’horrible. Mais que craindre sous un bon maître, et quand on n’a rien fait que par ses ordres ? Que craindre lorsque l’on voit le berger avec son visage ordinaire et tranquille ainsi qu’au pâturage ? À quoi se fier, si l’on ne se fie à cette longue suite d’actions qui sont toutes des bienfaits ? Quand le bienfaiteur, quand le défenseur reste en paix, que pourrait-on craindre ? Et même si l’agneau se trouve couché sur une table sanglante, il cherche encore des yeux le bienfaiteur, et le voyant tout près de lui, attentif à lui, il trouve dans son cœur d’agneau tout le courage possible. Alors passe le couteau ; alors est effacée la solution, et en même temps le problème.

Alain 13 avril 1923

Extrait du livre « Propos sur les pouvoirs » d’Émile Chartier, dit Alain, philosophe, écrivain, journaliste

Photo X - Droits réservés

28/01/2018

Gastronomie de temps d'inondations: La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

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Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

Emergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

Une longue bouffarde à tête de bélier.

Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

Il connaissait par cœur les remous, les courants,

Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

Cauchemar des pêcheurs, refuge des castors.

Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

II ramait pour poser ses filets et ses nasses

Qu'il irait relever à l’aurore suivante

Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

Personnage secret, taciturne à l’envi

Le Père Bijoudi a sauvé bien des vies

Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

Pendu à un levier en tête de vaisseau.

A chaque relevée, le piège, en émergeant

Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

- Ça c'est original Victor! Zou ! La recette!

- Prépare et fais sauter tomates et oignons

Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

Au moulin à légumes tu vas alors passer

Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

Attention, du pistil et pas du colorant,

Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

Ton assaisonnement doit être de haut goût,

Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

Ce plat original, parfumé et puissant.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

27/01/2018

Ouiquinde érotique avec Loth, ses filles et Musset

Les filles de Loth

 

Loth et ses filles.jpg

Le vieux Loth ronflait au fond de sa caverne ;
Assises à côté d'une pâle lanterne,
Ses deux filles en pleurs se rappelaient tout bas
Les plaisirs de Sodome et ne s'endormaient pas.
L'aînée vingt ans, une figure altière,
L'œil bleu et avait les cheveux rejetés en arrière,
Des trésors sous sa robe et des doigts exercés...
La plus jeune était blonde, avait seize ans passés,
Des fruits s'arrondissaient sur sa blanche poitrine
Et son poil frissonnait où l'esprit le devine ;
Les yeux pleins de langueur et de timidité
Cachaient sous leurs cils d'or l'ardente volupté.
Vierges ! Comprenez que deux filles à cet âge
N'ont pas quitté Sodome avec leur pucelage.
Elles avaient goûté le breuvage amoureux,
Et leur soif insatiable avait fait des heureux,
Jusqu'au jour redouté du divin châtiment,
Leur vie entière fut détruite en un moment,
Tous les hommes perdus, car il n'en restait pas
Qui pussent désormais jouir de leurs appas !
D'où viendra la rosée à leur bouche altérée ? ...
"Ne pleure pas ma sœur, ma sœur, que ton âme éplorée
Retrouve quelque espoir. Tiens ! Déshabillons-nous,
J'ai trouvé pour jouir, un moyen simple et doux."
Ainsi parla l'aînée. Déboutonnant sa robe,
Elle montre à sa sœur, avec un double globe
Un ventre satiné qui se trouve en bas
Par un petit triangle couvert de poils ras,
Noirs comme de l'ébène, et doux comme de la soie,
Sarah sourit, s'approche et écarte avec joie
Les lèvres de la trousse, ainsi les vieux Hébreux
Nommaient l'endroit charmant qui les rendait heureux.
" Que faut-il faire Agass ? - Du bout de ton doigt rose,
Chatouille-moi - J'y suis, attends que je me pose
Pour que mon doux bouton s'érige sous ton doigt
Et que j'écarte les cuisses comme toi. "
Et sous leur main, servie d'une amoureuse ivresse,
La symphyse se gonfle et palpite et se dresse.
Enfin n'en pouvant plus et d'amour se pâmant,
Agass donne à sa sœur un doux baiser d'amant.
Mais celle-ci lui dit : " Faisons mieux, ma charmante
Remplaçons notre doigt à la place amusante
Par une langue agile ; et tu verras, ma sœur
Que nos attouchements auront plus de douceur.
Oui, sur ton petit ventre, attends que je me couche,
Ta bouche sur mes lèvres, ton poil dans ma bouche
Qu'une douce langue chatouille en l'excitant
Notre bouton de rose encore tout palpitant.
Que nos corps enlacés se tordent et se roulent,
Que le jus de l'amour sur nos cuisses s'écoule. "
Sitôt dit, sitôt fait, et bientôt ce doux jeu
Arrose leur trésor d'un liquide onctueux.
Mais ce sperme infécond ne rappelle les hommes
Que de manière vague. " Ah ! Sottes que nous sommes,
A quoi rêvons-nous donc quand on a ce qu'il nous faut :
Notre père est bien vieux, mais il est encore chaud.
Il peut bander encor quand les femmes sont belles,
Bien heureux qu'il n'ait pas affaire à des pucelles.
Mais il ne voudra pas, tant il est scrupuleux,
Nous donner la bouteille où jadis toutes deux
Avons puisé la vie,... où notre pauvre ère,
Allait remplir ses fleurs, teindre son cratère.
Tâchons de l'enivrer, il aime le bon vin,
Et s'il veut nous baiser, sauvons le genre humain... "
Chacune sur le chef portait un grand voile noir ;
Loth avec sa lanterne, a demandé, hagard :
" A qui sont ces tétons dont la blancheur rayonne ?
Ces globes opalins, dont la pointe frissonne ? "
Il jette sur Agass des regards polissons,
Écoute en soupirant les charmeuses chansons
Qu'ensemble ont commencé ses filles toutes nues,
Il croit être à Sodome et, sur ses propres filles
Haletant de planter le bâton de famille,
Il s'élance soudain. Agass l'avait prévu.
Au ventre paternel, elle saisit tout nu
Le membre recherché par l'ensemble des femmes
S'aperçoit qu'il faut encore qu'elle l'enflamme,
Et, pour mieux en jouir, elle roule à la main
L'instrument qui doit féconder le genre humain.
" J'enfanterai, dit-elle, et pour être plus sûre
Adoptons pour jouir la meilleure posture. "
Elle tombe à genoux, découvre son cul blanc ;
Le vieux Loth inclinant la tête et s'approchant
Voit le cul : Oh ! Jeune Femme ! Oh ! ma toute belle",
Dit-il alors, jetant ses deux bras autour d'elle.
Agass, poussant le cul, accroît le mouvement
Car elle connaissait l'effet du frottement.
Elle se sent mouiller. Aucune jouissance
N'a pourtant assouvi sa brutale espérance.
Un soupir la saisit ; elle porte la main
Je ne sais où. " Tu n'es pas dans le bon chemin,
C'est à recommencer ", dit-elle à son vieux père.
Et l'ivrogne à nouveau recommence l'affaire !
En craignant de manquer, il se laisse guider
A travers les replis qu'il devra féconder.
Agass tressaille. Enfin tout son beau corps frissonne ;
Les os ont craqué. Le père Loth s'en étonne
" Qu'as-tu donc ? Mon enfant : va donc que je jouisse !
Si je m'en suis douté, que le ciel m'engloutisse ! "
Dit le vieux Loth. Agass dit alors à sa sœur :
" Viens goûter à ton tour la divine liqueur. "
L'autre aussitôt s'approche et dans ses douces cuisses
Elle montre à son père un doux nid de délices.
Elle chatouille alors les couilles du taureau,
Prend l'arme tout à coup et la met au fourreau.
Entre ses blanches mains, saisit la vieille épée
Pour la faire entrer plus grosse et mieux trempée.
Enfin elle se pâme, laisse tomber ses bras,
Le sceptre paternel inondant ses appats.
" Gloire à Dieu " se dit-elle, " à présent j'ai conçu. "
Loth, en se réveillant n'avait rien vu, ni su.

 

Alfred de Musset

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Illustrations:

Hendrik Goltzius "Loth et ses filles"

Simon Vouet "Loth et ses filles"

25/01/2018

« Revenants » de Daech : le syndrome de Stockholm ?

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«… mais pourquoi la France ne reprend-elle pas ces femmes et ces enfants ? » C’est la phrase que je viens d’entendre prononcer dans une machine à bruits par un « envoyé spécial » dont l’exploit journalistique est d’aller s’apitoyer, avec l’aide d’une officine nommée « Youmanewautche » sur le sort de « ces pauvres femmes françaises » parties volontairement - en crachant sur leur pays, la France - en Syrie proposer leurs ventres dans les Lebensborn islamiques comme trous à bites et engendreurs de lardons aux tueurs de Daech. Et le plumitif de conclure que la France devrait reprendre ces « malheureux ». Ben voyons !

Il y a quelques jours, France 2 nous a infligé les jérémiades du même acabit d’une dénommée Margot (mais qui avait dû rejeter, avec ses inséminateurs daechiens, ce prénom bien trop français !). Ces femmes ont choisi de trahir leur pays, de prendre les armes contre lui, au minimum de servir de repos du guerrier et de truies gravides pour fabriquer une génération de Grimlocks, et lorsque le vent tourne, elles se rappellent qu’elles sont nées, ont été élevées, soignées, éduquées dans un pays libre appelé France. Pays sur lequel elles crachaient leur fiel mais où elles voudraient bien revenir maintenant que leurs divers « maris » sont morts et surtout alors qu’elles sentent la mortelle caresse de la cravate de chanvre qui les guette.

Victimes ces femmes ? Eh ! Oh) Elles savaient parfaitement ce qu’elles faisaient en se « mariant" avec des égorgeurs de daech ou autres sectes de tueurs d’allah. Alors comme ça, on oublierait tout ? « Non mais, c’était pour rigoler ! » Ils rigolaient les malheureux que vos tringleurs barbus égorgeaient ? Ces femmes se seraient laissées abuser ? Elles n’ont pas de volontés propres ? Elles ne sont pas responsables ? C’est l’amour qui leur a tourné la tête ? Tè, fume !

Si elles voulaient se convertir à l’islam, rien ne les empêchait en France, pays laïque qui autorise toutes les névroses collectives appelées « religions ».

Elles voulaient aller vivre tranquillement, paisiblement leur « foi » dans un pays musulman plutôt que dans un pays de mécréants ? Elles auraient pu choisir un pays plus calme que la Syrie, et un milieu autre que Daech !

Non. Elles sont parties en Syrie en toute connaissance de cause. Qu’elles en acceptent les conséquences.

Et puis, en vertu de quoi la France voudrait-elle soustraire des personnes qui ont commis des crimes dans un pays étranger à la justice de ceux qui ont subi dans leur chair ces méfaits ? La France renverrait-elle en Irak, en Afghanistan, en Algérie ou au Maroc des gens attrapés les armes à la main et commettant des crimes sur notre territoire ? Jamais de la vie. Il n’y a donc pas de raison de ne pas laisser la justice, fut-elle expéditive, suivre son cours en Irak ou en Syrie.

Et puis gambergeons un peu, ça changera. Que vont devenir ces « revenantes » et leurs progénitures en France ? On les mettra où ? Quel est le maire qui les acceptera de gaîté de cœur sur son territoire ? En banlieue ? Sûrement pas : elles seront accusées de lâcheté pour avoir fui.

Et les enfants ? Qui ont été éduqués dès leur premier âge en ingurgitant des vidéos d’égorgement, de décapitations, qui voyaient des armes à la maison, qui entendaient quotidiennement les récits sanglants de leurs tueurs de pères, dont la cervelle malléable a été manipulée de façon à haïr le « koufir », c’est-à-dire vous, moi. Combien d’années de coûteux suivis psychologiques vont-ils nécessiter ? Pour quel résultat hasardeux ?

La ministre de la défense, Florance Parly a dit: « Si des djihadistes français périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux, et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes, ils dépendront de la juridiction syrienne ». Bravo Madame la ministre ! Voilà enfin quelqu’un « qui en a » et qui dit les choses. La France ferait appel aux forces locales pour traquer et éliminer les djihadistes français présents à Raqqa comme à Mossoul et ailleurs. La pratique serait courante au sein des pays de la coalition qui mutualisent la « neutralisation » de leurs ressortissants par des pays tiers pour éviter des accusations d’exécutions extrajudiciaires. Ces petits arrangements permettent de mettre hors d’état de nuire des djihadistes occidentaux à la motivation et aux compétences des plus inquiétantes.

« Mais c’est dégueulasse, c’est le retour hypocrite de la peine de mort » tempêtent les imbéciles heureux, collabos des égorgeurs salafistes. Eh ! Oh ! On nous rebat les oreilles en nous disant que nous sommes en guerre. Alors ce sont les lois de la guerre qui doivent régir les rapports avec nos ennemis. L’objectif est d’empêcher ces Français, de retourner dans leur pays d’origine pour y perpétrer des attentats. Ce sera autant de tueurs pleins de haine en liberté et une recrudescence d’attentats à venir.

Ces gens – jeunes, moins jeunes, hommes, femmes et même enfants, nés et élevés pour en faire des machines à tuer – qui partent s’engager dans les rangs de nos ennemis, qui tuent les ennemis de nos ennemis, donc nos amis, doivent savoir que s’ils partent, c’est un billet sans retour. En temps de guerre, les citoyens d’un pays qui passent à l’ennemi sont des traîtres, des déserteurs et doivent être traités comme tels, c’est-à-dire « éliminés » comme dit la ministre. En bon français, on devrait dire « tués ».

« C’est dégueulasse ». Bien sûr que c’est dégueulasse, mais on ne fait pas la guerre en dentelle. La guerre, c’est la mort, c’est la trouille, c’est l’angoisse, la peur panique, les cris, le bruit, la souffrance, le deuil, les massacres, les flammes qui brûlent, la fumée qui aveugle, les bouts de fer qui hachent la viande. La guerre, ça sent la merde du pauvre type qui se chie dessus de peur, ça sent cette odeur âcre, doucereuse des corps gonflés qui grouillent de vers, ce sont les tripes irisées sous le soleil, ça sent la poudre, le feu, la mort, la mort, toujours la mort.

On s’empêtre dans des considérations morales contre des ennemis qui se torchent allègrement l’oignon avec toute morale. On cède devant les jérémiades de « droit-de-l’hommistes » bêlants qui sont autant d’idiots utiles des nazislamistes. Avec en perspective des « Bataclan », des « Nice » et des palanquées d’assassinats au couteau, comme celui de ces deux jeunes filles de la gare Saint Charles à Marseille.

Alors, si on est responsable, on n’accepte pas de prendre le risque de voir dix, cent, mille traîtres abrutis par la propagande ennemie rentrer « au pays » et y semer la mort la plus lâche, celle des attentats aveugles. Ces gens qui sont partis faire le « jihad », il faut les détruire, les tuer dès qu’on les a « logés » comme disent les flics. Il faut qu’ils sachent qu’ils ne rentreront jamais « au bercail », sinon les pieds devant…

À force de tout voir, on finit par tout supporter.
À force de tout supporter, on finit par tout tolérer.
À force de tout tolérer, on finit par tout accepter.
À force de tout accepter, on finit par tout approuver.

Saint Augustin


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23/01/2018

AREVA devient ORANO.

cronos castre ouranos.jpg

 

Comme la Société Générale d’Entreprises est devenue VINCI, comme France Télécom est devenue Orange, comme Printemps-Pinaut-Redoute (PPR) est devenu KERING. Etc.

Quand on a des escoubilles à cacher sous le tapis, on change de nom ?

ORANO, un nom dérivé du latin Uranus, qui a donné son nom à l’uranium. C’est vrai qu’il faut vite faire oublier jusqu’au nom d’AREVA, symbole d’un des plus grands naufrages industriels français. Et pas que… L’entreprise a été recapitalisée à hauteur de 4,5 milliards d’euros avec notre fric puisque l’État en est actionnaire à plus de 98 %. L’ex-fleuron du nucléaire français comprenait plusieurs branches : - l’activité réacteur atomiques (New NP) passé sous le contrôle d’EDF (encore nos sous !) ; - les établissements Areva NP, notamment Creusot Forges qui s’est brillamment illustré avec les déboires de la cuve de l’EPR ; - l’activité du cycle du combustible nucléaire (New Areva et NewCo (là encore contrôlé par l’État). Il ne lui reste plus que Areva SA, activités de production et de recyclage du combustible nucléaire, plus le sac d’emmerdes du chantier de l’EPR d’Olliluoto 3, l’EPR finlandais.

Orano va donc se concentrer sur l’activité de tout le cycle du combustible nucléaire, de l’extraction au démantèlement des centrales arrêtées en passant par l’enrichissement et le recyclage des combustibles usés. Ce n’est pas la partie la plus réjouissante avec le retrait du nucléaire de la plupart des pays développés, à l’image de l’Allemagne et un prix de l’uranium qui a baissé des deux tiers depuis 2011. Mais, Jupitounet – un parent d’Orano finalement – s’est gargarisé lors de son voyage en Chine, de la construction dans ce pays d’une usine de retraitement des combustibles usés, genre La Hague, pour un montant de 10 milliards d’euros. Mouais… À part que ce n’est pas encore signé…

« Orano » ! C’est joli ça. Propre sur soi. Facile à prononcer dans toutes les langues qu’ils ont dit les « communicants ». Sauf que si on creuse un peu… Orano, ça vient d’Ouranos, que les Romains, pilleurs de la civilisation grecque, appelèrent Uranus d’où vient le nom du minerai nucléaire uranium. Ouranos, c’est le julot de Gaïa, la Terre-Mère. Attention, c’est un couple rugueux ! Ils ont fait des palanquées de lardons particulièrement gratinés : entre autres les Cyclopes, les Titans parmi lesquels un caïd particulièrement vindicatif, Cronos. Celui-ci, en complicité avec sa mère Gaïa, qui se carcagnait régulièrement avec son mec Ouranos, coupe à son père le service trois-pièces : Monsieur le maire et ses deux adjoints en quelque sorte. Devenu calife à la place du calife, Cronos épouse sa frangine Rhéa et règne sur l’Olympe. Exit Ouranos. Sacrée famille !

Areva, - maintenant donc Orano - « fleuron » de notre industrie nucléaire avec une perte abyssale de 4,9 milliards d’euros, a été sauvé de la faillite par notre pognon. On a donc piqué dans la poche des contribuables – contribuable mais aussi citoyens en majorité critiques vis-à-vis de l’industrie nucléaire – des milliards pour sauver une industrie passéiste, mortifère, gérée de manière aussi irresponsable qu’incompétente par une caste (le corps des Mines, Polytechnique).

Comment en est-on arrivé là ?

D’abord, il y a l’EPR. Ce réacteur « nouvelle génération » s’est avéré catastrophique. Son coût a quasi triplé, passant de 3 milliards à près de 9 milliards et ce n’est pas fini. Il n’est pas au point techniquement, comme le prouvent les innombrables retards dus à des éléments de constructions défectueux à refaire, à des défauts de sûreté suite au nouveau cahier des charges tenant compte de la catastrophe de Fukushima, etc. Ce qui se passe à Flamanville, en Normandie, se passe aussi, en pire, sur le chantier de l’EPR en construction à Olkiluoto, en Finlande. Innombrables arrêts de construction, retards à répétition, magouilles dus à des entreprises de sous-traitance plus que douteuses qui sévissent aussi à Flamanville. Ce seul chantier finlandais a déjà généré une perte de 3,9 milliards d’euros et son coût est passé de 3 à 8,5 milliards d’euros. Et qui croyez-vous qui va payer la différence. Les Finlandais ? Tè ! Fume… Ce sont les contribuables français puisque ce chantier est assuré par la COFACE.

Et puis il y a le scandale UraMin, du nom d’une société canadienne qui a vendu aux « grosses têtes » d’Areva rien d’autre que du vent ! Le secteur minier étant le plus rentable, Areva s’est lancé dans une politique d’achat de sites uranifères partout dans le monde. C’est ainsi qu’elle s’est fait somptueusement enfler par une bande d’aigrefins, parmi lesquels apparaissent des noms bien connus en France. Areva a ainsi acheté pour 2,5 milliards de dollars, en 2007, à UraMin des sites soi-disant uranifères à Bakouma (République centre africaine), Trakkopje (Namibie) et Ryst Kuil (Afrique du Sud). On peut raisonnablement s’interroger sur le bien fondé de ces achats sans que la compagnie, référence mondiale en la matière, n’ait mené quelque expertise que ce soit sur la valeur exploitable de ces sites, se fiant aveuglément aux documents fournis par le « cabinet d’experts » anglo-saxon SRK payé… par les vendeurs ! Or, tout était archifaux, tant au plan des teneurs uranifères des minerais que des qualités du produit et des conditions d’exploitation. La teneur uranifère de ces « mines d’uranium » est moindre, paraît-il, que les délaissés des anciennes mines uranifères du Limousin et de Lozère ! Du bidon ! Que du bidon !

Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi l’impact d’Areva au Niger, pays d’Afrique pillé, ruiné, affamé. Arlit, ça ne vous dit rien ? Mais si voyons. Une prise d’otage au cours de laquelle des expatriés français ont été enlevés dans cette ville minière d’Areva. Ils ont été libérés après paiement d’une rançon estimée à 20 millions d’euros ! Sortis des poches d’Areva, donc de nos poches, puisque l’État français est l’actionnaire archi majoritaire. Eh bien à Arlit, la population locale a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d’eau par an pendant que la population meurt de soif ! Les rues, les habitations de la ville sont construits à l’aide de résidus radioactifs, la nappe phréatique est archi-contaminée et s’assèche suite aux pompages d’Areva. Qui, évidemment, la main sur le cœur, nie tout cela.

Le Niger devrait être l’un des pays les plus prospères d’Afrique grâce à son sous-sol riche en uranium. Tè, fume ! La population est toujours plus misérable et crève de malnutrition depuis des décennies à cause d’une sécheresse persistante. Cette famine est due au fait qu’Areva n’a jamais voulu faire bénéficier la population locale de son exploitation minière, en prenant en charge, ce qui serait le moins, l’irrigation des terres. Cet aménagement du fleuve Niger permettrait de gagner des milliers d’hectares de terres arables et ainsi d’éradiquer définitivement la faim dans ce pays de 12 millions d’habitants. Le coût estimé de cette irrigation capillaire du fleuve Niger est estimé à 650 millions d’euros, une goutte d’eau pour le principal industriel du pays.

Derrière les troubles dans lesquels l’armée française est engagée au Sahel, n’y aurait-il pas, entre autres, l’exploitation néocoloniale des ressources du Niger ?

Orano, c’est donc le nom d’un castré. Comme ce qui reste d’Areva en quelque sorte. Finalement le nom est bien choisi !


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22/01/2018

Le tarpé taxé au niveau d’un léger excès de vitesse ?

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C’est ce que préconisent les « zexperts » de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’usage des stupéfiants. Une simple prune de 150 à 200 euros à la place de lourdes procédures pénales qui encombrent les tribunaux et bouffent le temps et l’énergie des flics. Pour rien puisque sur 140 000 personnes interpellées pour avoir tiré le tarpé, rares sont celles qui écopent de plus qu’un « rappel à la loi ». Allez, circulez ! Ouais mais, et les minots ? La France est le pays européen où les mineurs de moins de seize ans fument le plus. Triste record mais qui limite singulièrement l’efficacité espérée de la « prune » puisque les mineurs ne peuvent en aucune manière faire l’objet d’une amende.

La France est le pays qui envoie le plus de gens en taule pour possession ou trafic de cannabis. Et la France est pourtant le pays où on fume le plus. C’est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c’est illégal, plus c’est rentable.

Bon. La décision n’est pas prise. On verra. Quelle que soit cette décision, elle aura au moins l’avantage de faire bouger les lignes, de sortir de cette insupportable hypocrisie. Parce qu’il faut croire au Père Noël pour imaginer vivre dans un monde de bisounours bannissant toutes les drogues. Toutes les sociétés, dans tous les temps ont toujours eu leurs béquilles psychotoniques. L’alcool chez les uns, le cannabis chez d’autres, les champignons hallucinogènes chez d’autres encore, et en premier lieu les anxiolytiques et les antidépresseurs dans nos sociétés dites « modernes ».

Pourquoi les gens fument-ils le tarpé ? Mais pour la même raison qu’ils boivent le pastaga, le cognac, la vodka et, pour les plus raffinés, les bons vins ? Pour le plaisir que ça leur procure ! Les vins sans l’alcool ? Un bide. Les bières sans alcool ? Un bide. Parce qu’au-delà du plaisir gustatif, l’usager recherche les effets psychoactifs de ces produits. Ne pas comprendre cela est soit de l’hypocrisie, soit de la naïveté tangentant la konnerie.

La vraie solution, c’est de légaliser le produit, organiser sa production, encadrer sa vente, faire des campagnes d’informations sans baratin auprès des mineurs.

Au fou ! crient les prohibitionnistes purs et durs. Ça va faire flamber la consommation ! Ben, non. Les exemples de l’Espagne et des Pays-Bas le montrent. De toute façon, le cannabis, sous forme de hasch ou de marijuana, est partout, en cambrousse comme en ville. N’importe qui peut s’en procurer sans beaucoup de difficultés. Mais les consommateurs achètent des produits souvent frelatés, coupés avec des produits plus toxiques que le produit lui-même.

La prohibition du cannabis est un échec flagrant. Policiers et gendarmes se noient dans la paperasse des procédures, perdant ainsi 1,2 million d’heures reconnaît le ministre de l’intérieur Gérard Collomb. La consommation s’est banalisée, surtout chez les jeunes : 17 millions de Français l’ont expérimenté, 1,4 fume régulièrement et 700 000 fument quotidiennement.

Le système de légalisation permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabac, - interdiction évidente pour les mineurs.

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financements des réseaux maffieux, puisqu’ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l’attirance pour l’interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, - une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprise et confrontés alors aux règles de concurrence !

Et donc beaucoup moins d’insécurité dans nos villes.

« Répéter les mêmes solutions à un problème et espérer un résultat différent est une forme de folie. » disait tonton Einstein…

 

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21/01/2018

Gastronomie dominicale: La tête de veau en l'honneur de Louis.

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Quand revient chaque année le temps des jours nouveaux

Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

On la mange toujours le 21 janvier

En souvenir du jour où la Veuve d'acier

Décolleta Louis, le seizième du nom,

En des temps de fureur, de fusils, de canons.

C'est un plat collectif, festif, essentiel;

C'est un repas royal ou... présidentiel!

Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

Je commande la tête au boucher de Langogne.

Et je vais la chercher moi-même, par le train

Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

Les trente viaducs suspendus en plein ciel

Reliant les splendeurs de la cité romaine

Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

Cités mélancoliques de mines délaissées,

Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

Rivières et torrents, petits lacs de barrages

Viennent et disparaissent après chaque virage.

Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

Spectacle interrompue par chaque galerie,

Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

- Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

Si maïses coume aco, la testa de vedeù

Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

- C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

Je vais te raconter comment on fait la tête.

Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

La Lionne a déjà sorti la gazinière

Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

On met à dégorger la tête voyageuse

Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

On la sort, on la met sur un large torchon,

On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

Quand ça bout on écume avec application,

Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

Pour la vérifier, je plante une fourchette:

Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

Soulevant le torchon, je sors alors la tête

Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

Elle écrase au mortier persil et estragon,

Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

Elle met à réduire huit ou dix échalotes

Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

Lorsque la sauce prend certaine consistance

Elle y met l'appareil préparé par avance

Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

C'est alors que j'apporte, avec solennité

La tête décorée avec habileté

Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

L'assemblée s' esbaudit devant cette merveille.

Les manches retroussées, armé du Laguiole,

Je découpe en public la brûlante bestiole

Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

Les viandes délicates, mousseuses du cou,

Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

La pointe du museau, avec les trous du nez.

Nicole distribue: chacun son bout de veau,

Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Ingrédients et proportions pour huit personnes:

 

Une tête de veau, même sans la cervelle (depuis la vache folle les bou­chers la vende écervelée), ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable!

Pour la tête: - 1 tête sans la cervelle (dommage...), - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

Pour la sauce ravigotte : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estra­gon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

- 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

- persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

 

Les vins conseillés:

 

La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

Coteaux du Languedoc.

Côtes de Provence.

Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

 

(1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

(2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

 

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20/01/2018

Ouiquinde érotico-grivois

 

 

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Ta source

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
A la sentir couler je me crois à la mer
Parmi les poissons fous c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver
L'été ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants
Elles coulent les sources en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques ça me fait croire qu'il a plu
Qui que tu sois toi que je vois de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens
Ta dune je la vois je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source tu le sais ne s'imagine pas
Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

Léo Ferré

Écoutez le grand Léo ICI

 

 

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696666…69

 

Les inverses 6 et 9

Se sont dessinés comme un chiffre étrange

Comme un chibre d’ange

69

Deux serpents fatidiques

Deux vermisseaux

Nombre impudique et cabalistique

6 : 3 et 3

9 : 3 3 et 3

La trinité

La trinité partout

Qui se retrouve

Avec la dualité

Car 6 deux fois 3

69 dualité trinité

Et ces arcanes seraient plus sombres

Mais j’ai crainte de les sonder

Julia Josepha Marguerite

Les 3 jolies suceuses de bites

Rue Grégoire-de-Tours

 

Guillaume Apollinaire

 

 

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18/01/2018

Notre-Dame-des-Landes à la poubelle : « On a ga-gné ! On a ga-gné ! »

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La gueule à tous les caciques de la droite magouilleuse après la décision de Jupitounet de mettre à sa vraie place – la poubelle - le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ! Jacob : hum ! Retailleau : hum ! Wauquiez : hum ! Un bonheur.

Ils reprochent à Jupitounet, à travers son collaborateur Philippe, « d’avoir capitulé en rase campagne devant les zadistes », « d’avoir foulé aux pieds la démocratie », « d’avoir sacrifié le Grand Ouest », etc. Disons plutôt qu’ils ont fait preuve de réalisme, de pragmatisme, de lucidité. Et de courage : celui de changer d’avis après avoir étudié sérieusement les tenants et les aboutissants d’un projet serpent de mer qui date d’un demi-siècle.

Déni de démocratie s’étranglent-ils : « La population a voté à une large majorité pour cet aéroport ». Oui mais ce n’était pas un référendum mais une simple consultation qui n’a pas force loi et surtout, les populations auxquelles on a demandé leur avis sont circonscrites au seul département de Loire-Atlantique alors que les tenants de l’aéroport ont comme principal argument le développement de tout le Grand Ouest. Il aurait fallu faire voter tous les départements du Grand Ouest et pas seulement celui où se trouvent Nantes et son importante population, pas fâchée de refiler aux pignoufs du bocage les nuisances sonores des avions ! Ben voyons. Le déni de démocratie, il est où ?

La vraie question a se poser était : est-il vraiment indispensable cet aéroport ? Ce type de grands travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux, est-il vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et… le subir ? A qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur ces plateformes.

Notre-Dame-des-Landes n’était en fait que l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux, de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises acoquinée à la bourgeoisie locale pour décider les « décideurs » locaux. Les mêmes d’ailleurs que ceux qui ont saccagé les pylônes de la taxe carbone, gaspillant ainsi quelques milliards d’argent public, notre fric.

Et puis, depuis cinquante ans, la donne a changé, le dérangement climatique est passé par là et l’avenir du transport aérien s’appuiera sur des avions plus gros (donc moins de mouvements aériens), moins gourmands en kérosène (et puis il faudra bien un jour taxer le carburant des avions qui en est actuellement exempté, bonjour la concurrence déloyale !), sur des destinations plus restreintes (les liaisons « de proximité » comme Nantes Paris se font par le TGV). Enfin posons le cul sur la chaise : qui prendra l’avion de Nantes vers New York, Moscou, Pékin, Tokyo ou Rio de Janeiro ? Ces trafics long-courriers ne passent que par quelques hubs géants comme Paris, Londres, Francfort, un peu Nice mais pas par Nantes, même pas par Marseille ou Toulouse.

Oui mais, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains qu’ils disent, les bétonneurs. Faux. Il pourrait, avec un aménagement de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas. (L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242 000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant !). Pareil pour celui de Genève. Notez que la piste (3 800 mètres contre 3 200 à Notre-Dame-des-Landes) serait restée en place puisqu’elle est la condition sine qua non du maintien de l’usine Airbus installée sur le site !

Et puis parlons un peu de l’aviation commerciale qui est un étrange appareil de redistribution de fric inversé : on prend le pognon des pauvres (par les impôts, la TVA, etc.) et on subventionne des aéroports, des lignes aériennes qui ne bénéficient qu’à un petit nombre de gens sinon riches du moins aisés. Pire encore avec les compagnies « low cost » qui rackettent les instances territoriales (régions, départements, chambres de commerce) en leur demandant des subventions astronomiques, des installations gratuites, des exemptions d’impôts et de taxes d’aéroport, etc., ce qui fait que c’est la majorité rampante qui ne prend jamais l’avion qui paie - par ses impôts locaux – pour quelques milliers de parasites !

Ah ! N’oublions pas non plus: le transfert de l’aéroport actuel situé à 10 km de Nantes libérerait des quantités conséquentes d’hectares convoitées avec gourmandise par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels l’inévitable… Vinci.

Bravo et merci à Macron, Philippe et surtout Hulot qui en avait marre d’avaler des couleuvres en buvant un verre de glyphosate pour faire passer !

 

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17/01/2018

Au bistro de la toile: les derniers outrages !

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- Oh ! Victor, t’as entendu tout ce ramdam : les nanas, elles roumèguent grave ! Elles en ont raz – non pas les aliboffis – mais les ovaires d’être les proies de ces kons d’hommes, de se faire palucher le joufflu par des gougnafiers, de se faire traiter de sales pouffes si elles ne répondent pas aux avances reloues du genre « Eh ! Mad’moisel', t’es bonn'. Donn' ton zéro six, j’te ferais grimper aux rideaux. J’ai un démonte-pneu de camionneur ! »

- Ouais Loulle. Effectivement, pour séduire une belle, ça manque un peu de finesse. Mais ça existe malheureusement. Pourtant soyons sérieux, ce n’est pas sur ce mode lourdaud, macho, bref stupide que s’organisent en général les parades de séduction entre hommes et femmes. Dans cette éternelle guerre sensuelle, depuis toujours l’homme est perdant. Mais voluptueusement perdant. Perdant parce que ce sont les femmes qui ont La Fente et que c’est nous qui voulons La Fente ! Donc, ce sont Elles qui décident, Elles qui séduisent et nous qui devrions toujours remercier le ciel pour ceux qui y croient, le Cosmos pour les autres, lorsqu’une femme nous ouvre ce qu’elle a de plus précieux, de plus intime : sa source du bonheur, son entrée du paradis, sa création du monde comme disait Courbet.

-… teng Victor, t’en parle bien. T’as les yeux qui brillent comme un gosse auquel on vient de donner un beau jouet.

- C’est vrai Loulle. Une femme ouverte et offerte, c’est le plus beau cadeau du monde. Je dis bien offerte, pas prise de force. Être prise de force, servir de trou à bite pour des fumiers pires que des animaux, c’est une violence donc on doit avoir beaucoup de mal à se relever. Je peux t’en parler en connaissance de cause Loulle, parce que ça m’est arrivé.

- Oh ! Oh ! Raconte Victor ! Raconte !

- Non mais regardez-les s’approcher tous ces vicelards. Le grivois, ça les émoustille !

- Allez Victor, n’ai pas de pudeurs de gazelle. Raconte.

- Eh bien voilà. Quand je glandais dans une école de journalisme à Paris, j’avais une chérie qui s’appelait Josiane et qui était à la même école de plumitifs que moi. Elle arrivait de Caen, moi j’arrivais de Cannes. Ce quiproquo nous a rapprochés. Très près…

- Bon et alors ?

- Attendez, bande de chiapacans. Tè, Loulle met ta tournée pour me lubrifier le clapoir et vous ouvrir les esgourdes.

- Ah ! Tè, ça fait du bien. Il est bon ton Tavel.

- Bon, alors, Josiane ?

- Elle n’était pas très grande Josiane, un superbe bonsaï. Des yeux d’azur, des cheveux de geai, des rondeurs partout où il en faut et des idées mutines. Et même un peu plus ! Donc au prétexte d’un cours qu’elle avait manqué, je suis monté chez elle : une petite chambre de bonne, quartier de la Convention. Pour gravir les cinq étages, j’avais des ailes aux pieds ! Josiane m’attendait, une Noire avec elle, la superbe Fatou. J’ai saisi dans quel piège je m’étais fourvoyé quand ces deux nymphomanes se sont déshabillées !

- Oh ! Fatche. Raconte Victor.

- Eh ! Bert, ferme-là, tu vas lui couper la maïsse !

- Ouais. Il a raison, si vous me coupez tout le temps, je me tais ! Donc je vous disais… Attend, je bois un coup. Ah ! Voilà. La mémoire me revient. Donc, prestement, goulûment, ces houris me jettent sur moi, me foutent à poils et m’offrent leur bouche en guise de prélude. Une Noire, une Blanche… De la musique d’amour sur mon corps excité. Elles jouent avec moi une toccata de désir, de plaisir. Caressé, embrassé et violé sans ambages, j’ai subi, sous leur joug, le plus doux des outrages !

- Ouarf ! Ben mon salaud… C’est pas à moi que ça arriverait ça !

- Comme disait Pagnol à qui quelqu’un reprochait quelques exagérations : « C’est peut-être pas vrai, mais ça pourrait l’être, alors c’est pareil. » Mais, Bert, si être violé est un fantasme pour les hommes, c’est une violence dévastatrice pour les femmes.

- Bien dit Victor. Les femmes, on les adore, on les aime, mais avant tout on les respecte. Qu’est-ce t’en pense Bert ?

- D’accord avec toi Loulle. Tè, moi je dirais même que les femmes, je les mets sur un piédestal. Mais tout de même assez haut pour qu’elle ne puisse pas en descendre trop facilement pour nous emmerder…

- Tu es lamentable Bert. C'est de l'humour de buveur d'eau.


Illustration - merci au regretté Chimulus

 

15/01/2018

Loi Macron-Colomb pour régulariser l’immigration. Enfin !

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J’entends en écrivant ces lignes M. Martinez, de la CGT – que j'aime bien par ailleurs - s’offusquer de cette loi, s’offusquer contre ce qu’il appelle le tri des migrants, refusant ainsi à l’État le droit de connaître l’identité de gens qui pénètrent clandestinement dans notre pays, et réclamant qu’on les accepte tous. La France aurait donc les moyens d’accueillir toute la misère du monde ! Eh ! Philippe, bois un coup, ça t’éclairera.

Qui sont-ils ces migrants ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Pourquoi viennent-ils dans nos pays ?

Il y a ceux qui fuient les guerres, comme les Syriens, les Érythréens, les Soudanais, ajoutons les Afghans.

Il y a ceux qui fuient les difficultés économiques de leurs pays, comme les Africains de l’ouest.

Il y a aussi ceux qui profitent de la passoire Schengen pour passer d’un pays européen, certes pauvre, violent et mal géré, l’Albanie pour venir parasiter les pays trop naïfs comme l’Italie, la France, l’Allemagne.

En effet, contrairement aux idées reçues, les demandeurs d’asile en France les plus nombreux, avant même les Syriens et les Afghans, sont les Albanais ! Pourquoi ? Parce que l’Albanie bénéficie d’une exemption de visa pour entrer dans l’espace Schengen. Mais que font-ils parmi toutes les victimes de persécutions, de privations de leurs droits fondamentaux, qui sollicitent le bénéfice d’une protection politique auprès de la France ? Pourquoi en France et surtout, en si grand nombre ?

À l’heure actuelle, les trois-quarts des demandes d’asile déposées en Europe par des Albanais le sont en France ! Ils viennent en France parce que l’Allemagne – leur première destination – a mis le holà à cette invasion. Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, expliquait déjà, en 2015 : « Nous voulons envoyer un message clair à ceux qui ne fuient pas la guerre ou qui ne sont pas victimes de persécutions. Nous voulons leur dire : ne venez pas ! » Dès lors, ils viennent en France même s’ils savent qu’ils y sont mal reçus, parce qu’assimilés aux mafias clandestinement installées en France que comptent leurs rangs, souvent coupables, comme les Kosovars, d’avoir formé des réseaux de cambriolages, de prostitution ou des passeurs. Les passeurs de Calais seraient essentiellement albanais.

Il serait peut-être temps que les ministres français concernés suivent la fermeté de leur homologue allemand…

Puis il y a ceux qui ne fuient pas des guerres mais des conditions économiques ne leur permettant pas de s’accomplir au mieux dans leurs propres pays. Ce sont les migrants économiques. On observe une forte progression des ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest et francophone, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé parmi les demandeurs d’asile et des ressortissants de République démocratique du Congo. C’est ceux-là qui s’aventurent dans les suicidaires traversées des sables et des vagues via la Libye vers l’Europe. Là, on peut se poser des questions car la Côte d’ivoire est l’un des pays les plus riches et les plus dynamiques d’Afrique. Elle accueille elle-même une forte immigration intra africaine.

Qu’est-ce qui pousse ces Africains, jeunes, à affronter la traversée du Sahara où beaucoup laissent leurs os blanchir dans les sables surchauffés, puis la traversée de la Méditerranée au risque de servir de patapon aux requins, après avoir servi d’esclaves aux maquereaux qui trafiquent sans vergogne ces malheureux, victimes du miroir aux alouettes de l’Europe ?

Ce phénomène, aux mains des mafias de passeurs, est en constante augmentation, à toutes les étapes de la route vers l’Europe. À Agadez (Niger) comme à Tripoli (Libye), dans le sud de l’Italie, et même en France. Endettés auprès de passeurs, des migrants sont contraints de travailler, souvent à des conditions inhumaines. Les femmes comme domestiques lorsqu’elles ne tombent pas sous la coupe de proxénètes. Les hommes dans le bâtiment et l’agriculture, sans aucun salaire. Comme autrefois, sur les marchés d’esclaves, il arrive que les « clients » des passeurs – la mafia italienne - viennent prendre livraison, directement sur le port d’arrivée des bateaux. Les images récentes d’un authentique « marché aux esclaves, en Libye, attestent de la réalité de ces faits.

En Afrique subsaharienne existe une tradition bien ancrée qui veut que dans une famille, l’un des jeunes, garçon ou fille, parmi les plus forts, les plus éduqués, les plus dégourdis, soit désigné pour « partir en Europe ». La famille se cotise pour fournir l’argent nécessaire au passage. Argent qui engraissera les réseaux de passeurs. Le jeune qui réussit à arriver en Europe devra dès lors rembourser cet argent à sa famille en lui envoyant l’essentiel des subsides qu’il obtiendra en France, en Italie, en Allemagne, en Suède. Pas question pour lui ou elle de retourner au pays, la honte au front et avec l’obligation de rembourser le fric avancé. Tant que cette mentalité ne changera pas, bien des jeunes Africains risqueront tout pour honorer leur dette familiale. Parlez autour de vous, questionnez le jeune homme africain qui travaille à la benne de nettoyage ou la femme de ménage de votre immeuble, voire – c’est plus rare mais ça existe – au médecin de votre hôpital de campagne, et vous découvrirez chaque fois ce mécanisme familial et clanique qui saigne l’Afrique de ses meilleurs éléments. Il faut dire que l’envoi « au pays » d’argent provenant de ces migrants – réguliers ou clandestins – représente en Afrique un apport financier supérieur à toutes les aides des pays européens…

N’y a-t-il pas là une solution à creuser ?

Méfions-nous des jérémiades culpabilisantes des associations pseudo-humanitaires et saluons la pertinence de la loi Macron-Colomb dont le but est de mettre fin à l’immigration économique et d’accepter en la régulant l’asile politique. Ce qui n’est pas pareil.

 

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14/01/2018

Ben, mon cochon ! Gastronomie érotique.


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« Des chercheurs britanniques et australiens ont étudié la santé de trois groupes de cochons. Les premiers étaient à l’extérieur, pouvant se salir à loisir. Les seconds étaient ensemble, à l’intérieur d’un bâtiment. Les troisièmes étaient à l’isolement et bourrés d’antibiotiques.

 

Résultat sur la part de bactéries intestinales renforçant l’immunité et la résistance de l’organisme porcin aux maladies : 90% pour le premier groupe, 70% pour le second, 50% pour le troisième. Moralité : mieux vaut soumettre son corps à rude épreuve que le protéger à outrance. Un porc en bonne santé est un porc sale. »

 

Pour moi qui suis aussi cochonophile que cochonophage, voilà une info qu’elle est sympa !

 

Le cochon – gloire à lui – est un animal fort propre et bien organisé. Dans une autre vie, alors que j’étais bucheron dans l’Ariège, j’ai élevé un cochon. Pompidou on l’appelait et sa maison était tout naturellement dénommée Élysée. Tous les dimanches, j’invitais quelques rudes amis coupeurs de bois ou paysans à trinquer chez Pompon à l’Élysée. Pompon avait le coin où il dormait, dans de la paille très propre ; le coin où il mangeait, correct bien qu’il laissât parfois quelques reliefs qu’il n’appréciait pas ; enfin l’endroit où il chiait, éloigné des deux premiers. Faut dire qu’il avait de la place. Et il n’était pas malade le  bougre ! Nous avons aimé Pompon jusqu’au bout, jusqu’à la dernière rondelle de saucisson.

 

Lorsque je trainais mon Nikon au Vietnam, les troufions ricains - dont pratiquement toute la nourriture arrivait des Zuhessa et qui chassaient la bactérie plus efficacement que le Viet – choppaient toutes les maladies qui passaient. Moi, bouffeur de tout, pas du tout intégriste de l’hygiène, je n’ai jamais été malade. Même pas des amibes, juste une traditionnelle chaude-lance…

 

Alors, lavons-nous les mains bien sûr, mais ne nous cassons pas trop le cul pour ces questions de « propreté ». D’autant plus qu’il faut économiser l’eau ! Encore qu'en ce moment, chez nous...ça tombe!

 

Pour ça, je suis exemplaire : je ne bois que du vin.

-         « Et pour te laver me direz-vous, comment tu fais Victor ».

-         Ben ! C’est simple, je pratique le nettoyage à sec.

-          ????? C’est quoi ça ????

-         Je me gratte…

 

 

* * * * * * * * *

 

Gastronomie érotique ecclésiastique

 

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Lucie

 

Je retrouvais Lucie avec grande émotion

Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension

Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église

Communiant corps et âme dans son ombre propice

 

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-dieu

Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu

Disant à Lucifer : “ Laisse-moi ces deux-là.

Un amour aussi beau, c’est un apostolat ”

 

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles

A pour moi la saveur troublante des dentelles.

Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

 

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas

Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,

Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?

 

 

Pour Lucie : Les pieds de cochon comme chez Lucifer

 

- Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !

Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.

Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,

Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.

- D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes

Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes

Qui découvrent la vie et se sucent la poire,

Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.

- Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,

Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,

Puis je vais te donner une étrange recette

Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.

Bon marché, délicieux, très faciles à faire,

C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».

Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux

Ou plus selon le nombre de tes commensaux,

Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon

Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.

Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante

Afin de parfumer et d’attendrir la viande.

Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :

Il te faut préparer ta bonne sauce verte.

Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,

Oseille, basilic, estragon et sarriette,

Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,

Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.

Réserve et fais confire quelques oignons hachés

Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,

Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,

Puis pense un peu à toi et débouche un litron.

Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,

Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.

Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les

Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,

Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,

Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !

Dans un plat de service, mets tes oignons en lit

Dispose par dessus tes pieds fort embellis,

Entoure l’appareil avec ta sauce verte.

Au moment de servir, d’un coup de pince experte

Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,

Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

 

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.

Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

 

Les vins conseillés:

 

Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.

La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-San­gonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.

Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

Ou encore avec des Beaujolais nouveaux, c'est l'époque.

 

Illustrations X – Droits réservés

 
 

13/01/2018

Poésies coquines

Priape.jpg

 

Bernard de la Monnoye

Chou pour Chou


Lise en un bal, s'étant démis la hanche,
Macé le jeune, aussitôt fut mandé.
Bon r'habilleur. Lise était drue et blanche,
Macé dispos, gaillard et peu vidé.
Il vit l'endroit, l'objet meut en puissance,
D'où l'on peut bien juger en conséquence,
Que travaillant sur un si beau sujet,
Pas ne manqua d'être ému par l'objet.
Or, quand la hanche en état de remise,
Le gars voulut prendre congé de Lise.
" Que vous faut-il, lui dit-elle, Macé?
- Rien, chou pour chou, répond le bon apôtre.
Je vous ai, Lise, un membre redressé
Vous avez su m'en redresser un autre.

 

 

 

Hélyette de Vivonne (1618)

Le luth

Pour le plus doux ebast que je puisse choisir,
Souvent, après disner, craignant qu'il ne m'ennuye,
Je prends le manche en main, je le taste et manie,
Tant qu'il soit en estat de me donner plaisir.

Sur mon lict je me jette, et, sans m'en dessaisir,
Je l'estrains de mes bras et sur moy je l'apuye,
Et, remuant bien fort, d'aise toute ravie,
Entre mille douceurs j'accomplis mon désir.

S'il avient, par malheur quelquefois qu'il se lasche,
De la main je le dresse, et, derechef, je tasche
Au jouir du plaisir d'un si doux maniment :

Ainsi, mon bien aymé, tant que le nerf luy tire,
Me contemple et me plaist, puis de luy, doucement,
Lasse et non assouvie en fin je me retire.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

11/01/2018

À cause de Lactalis, Auchan, Leclerc, Intermarché et tutti quanti « dans le KK » !

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- « Maman, caca ! Ouin ! Ouin ! Ouin ! »

- Boudioù mais qu’est-ce qu’il a ce petit. Qu’est-ce que tu lui as donné à manger Jennifer ?

- Ben, comme d’habitude, du lait premier âge.

- Que tu as acheté où ?

- Chez Leclerc je crois, mais j’en ai aussi de Carrefour, d’Auchan, d’Intermarché, etc. Ils vendent tous les mêmes produits industriels.

- Mais enfin, tu es au courant qu’il y a un sérieux problème avec les laits Lactalis qui seraient bourrés de petites bêtes, les salmonelles, qui filent la chiasse ?

- Bien sûr que je suis au courant. Pour qui tu me prends ? Mais enfin, si ces produits sont en rayon, avec tout le ramdam qu’il y a sur cette affaire, c’est qu’il s’agit de produits sains, provenant d’une usine non contaminée, il me semble !

- Il te semble bien. Sauf que ce n’est pas le cas. La grande distribution dans son ensemble a continué à vendre les produits Lactalis douteux, même après le déclenchement de l’affaire.

- Merde. Mais ce sont des fumiers !

- Je te le fais pas dire, Jenny. Alors c’est quoi ? « Erreurs imputables au personnel » comme voudraient faire croire les grands patrons de la grande distribution qui se confondent en excuses – ça ne coûte pas cher et ça donne une bonne image -, ou bien réflexe mercantile de margoulins ne voulant surtout pas perdre un centime et donc refilant sciemment aux clients des produits qui aurait dû être retirés !

- Mais enfin, à quoi sert la Répression des fraudes ?

- Ils font ce qu’ils peuvent, mais ils peuvent peu depuis que les Sarkotafiquants ont saccagé ce service. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), au niveau effectif, est passée de 3 800 agents en 2002 à 2 800 aujourd’hui ! Pour contrôler tout ce qui se bouffe, tout ce qui se vend en France. Alors les contrôles de la DG comme ils disent, les patrons de la grande distrib s’en battent allègrement les aliboffis ! De plus, lors de la visite de contrôle dans l’usine Lactalis concernée, les fonctionnaires « accommodants » ont contrôlé non pas les installations fabriquant le lait mais celles fabriquant les céréales ! Le Canard enchaîné de cette semaine s’en délecte, si je puis dire !

- Mais enfin, Kevin, si on ne peut même plus faire confiance à ces grands magasins et, pire, à des entreprises de taille mondiale comme Lactalis, qu’est-ce qu’il faut faire ?

- Parlons-en de Lactalis, Jenny. Après avoir tenté d’assassiner le véritable camembert et les meilleurs fromages de France au lait cru, après avoir asphyxié et poussé au suicide de nombreux éleveurs, Lactalis empoisonnerait les bébés ? Pourtant, dans des publicités multisupports, Lacatalis met en avant la qualité du lait français et le savoir-faire des producteurs… qu’elle met sur la paille. Une manière de se ménager la presse, grâce à des budgets pube généreux… que l’on peut suspendre en cas de « mauvais articles ». Ben voyons.

- Lactalis est pourtant l’exemple d’une petite PME familiale de province – Besnier - qui a brillamment réussi en se hissant au premier plan tant européen que mondial. Chapeau !

- Oui mais on ne réussit dans ce monde sans pitié, sans foi ni loi, des multinationales qu’en piétinant allègrement ses sous-traitants et ses producteurs. Et qu’en agissant souvent aux limites de la loi. Ainsi, en 2000, le groupe, qui s’appelait encore Besnier, a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » pour mouillage (ajout d’eau) systématique du lait de consommation (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis). En décembre 2012, le Canard enchaîné dénonce les pratiques du groupe, l’accusant de vendre du lait UHT pour du lait frais pasteurisé, au prix bien plus élevé. Cette fraude a été découverte en 2010 lors d’un contrôle d’une laiterie dans l’Ille-et-Vilaine par la répression des fraudes. Le parquet de Rennes n’a cependant pas donné suite à leur rapport en raison d’un vide réglementaire.

En mars 2015, l’entreprise est condamnée dans l’affaire dite du « Cartel du yaourt », pour entente illicite sur les prix et les appels d’offres pour produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur à une amende de 56,1 millions d’euros, par l’Autorité française de la concurrence. Le groupe a aussi tenté de faire modifier par l’INAO (institut national des appellations d’origine) le cahier des charges très strict des AOC (appellation d’origine contrôlée) fromagères afin de pouvoir vendre sous ce label prestigieux ses camemberts industriels au lait pasteurisé ou thermisé. Lactalis a perdu mais dans les rayons des grandes surfaces, il faut vraiment avoir l’œil exercé pour trouver des vrais camemberts (portant le logo AOC ou AOP) au milieu des flopées de fromages industriels agrémentés de belles images et de mentions ne voulant rien dire…

- Mouais… Pas très rassurant tout ça. Alors qu’est-ce qu’on fait Kevin ? On achète une vache ?

- Pourquoi pas. Je te verrais bien en bergère, et je te trousserais allègrement sur les meules de foin. Hummm !

- Arrête ! Lâche-moi, c’est pas le moment de la gaudriole.

- C’est toujours le moment Jenny ! Bon, je me la remets sous le bras, mais ce qu’on peut faire, c’est essayer d’éviter tous les produits de la pieuvre Lactalis :

Fromages :
- la marque Président regroupe 150 produits, dont de nombreux fromages : camembert, mais aussi cancoillotte, brie, chèvre, emmental, comté, fromage râpé, cheddar, mimolette, fêta, etc. ;
- Bridel (camembert, emmental), et ses différentes gammes : Bridélight, Rondelé ;
Camembert : Lanquetot, Lepetit ;
- Le Roitelet (brie, camembert et coulommiers) ;
Société : roquefort, fêta Salakis, les fromages basques Istara et le Corsica ;
Galbani et ses fromages italiens : mozzarella Santa Lucia, gorgonzola, parmesan, mascarpone, pecorino, etc. ;
- Bel : Babybel, La Vache qui rit, Sylphide, Leerdamer, Boursin, Kiri, etc..

Lait :
- Lactel : lait UHT, lait de croissance (Eveil), spécialités dédiées aux enfants (Max), aux sportifs (Sporteus), sans lactose ;
- Bridel ;
- Et à l’étranger : Parmalat, Puleva.

Yaourts et desserts lactés en « joint-venture » avec Nestlé : La Laitière, Sveltesse, Yoko, Nestlé, B’A, etc.

Beurres et crèmes :
- Marques Président, Bridel et Galbani.

Nutrition infantile :
- Celia : lait infantile en poudre pour les 0-3 ans, céréales infantiles ; Picot ; Milumel.

Autres produits :
- de la nutrition pour les sportifs : marque Apurna ;
- des produits pour la restauration (comme le beurre en portion individuelle) et des ingrédients comme le sérum et le lait en poudre pour les professionnels de l’agroalimentaire ou de la pharmacie.

Pour la grande distribution :
- des produits du groupe sont vendus sous l’enseigne de Casino, Carrefour, Système U, Auchan, Aldi ou Lidl

 

Sources :

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/11/2702193-laits-pour-bebe-le-choix-du-retrait-massif.html

http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/commun...presse/article/contamination-a-salmonella-agona-de-jeunes...

https://www.mediapart.fr/journal/france/230816/lactalis-les-secrets-financiers-de-lempire-du-lait?onglet=fullhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalishttps://www.quechoisir.org/fiches-repression-des-fraudes-presentation-de-la-dgccrf-n14421/


Illustration X - Droits réservés.

08/01/2018

Grandes voix. Hamid Zanaz : « L'impasse islamique – La religion contre la vie. »

En ces temps de commémoration des massacres de Charlie et de l'Hyper casher et d'attaques contre la laïcité, lavons-nous les boyaux de la tête avec ces pages lucides et rafraîchissantes, propres à donner des boutons à tous les tueurs d'allah et leurs collabobos islamo-gauchistes !

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Préfacé par Michel Onfray : « Le politiquement correct de notre temps transforme en islamophobe quiconque a l’audace de tenir pour juste la pensée des philosophes des Lumières sur les sujets de la religion, de la laïcité, de la démocratie, de la raison et de la philosophie, prévient Michel Onfray dans la préface. D’où le mérite de la parole rare de Hamid Zanaz. Car l’auteur nomme un chat un chat et dit clairement ce que toute intelligence bien faite devrait affirmer haut et clair : l’islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l’Occident qui sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité entre les croyants et les non-croyants, l’égalité entre les modes de vie sexuels, l’égalité entre les peuples, ce que valide la Déclaration des droits de l’homme à laquelle un musulman ne peut souscrire, non pas conjoncturellement, mais structurellement parce que sa religion ignore la séparation du spirituel et du temporel, qu’elle pose dans le texte même du Coran une inégalité fondamentale entre l’homme et la femme, entre le croyant et le non-croyant, entre le musulman et le non-musulman, entre le fidèle et l’apostat, entre le disciple d’Allah et celui d’un autre Dieu. »

 

OPTIMISTE INCORRIGIBLE celui qui ose résister au courant violent du fanatisme religieux qui secoue tous les pays à majorité musulmane. Naviguer à contre-Coran, c’est risquer la noyade certaine. De l’Atlantique à l’Indonésie, l’ambiance mentale est largement favorable aux discours de la réislamisation de la vie. La pathologie de la revivification : l’illusion obsessionnelle de revenir à un islam global, l’islam ouvre-boîtes.

Cet islam envahissant sert, en premier lieu, des régimes décadents, en mal de légitimité. Ces régimes postcoloniaux ont aggravé les processus de régression sociale, intellectuelle, culturelle et politique, pour déboucher dare-dare sur le fondamentalisme. De concession en concession, les « élites »ont laissé la part belle aux religieux.

« J’écris sur l’Algérie parce que ce pays est à lui seul une question à laquelle je ne trouve aucune réponse. » (Mohamed Kacimi, romancier et essayiste algérien)

Jour après jour, ce monde se dirige tranquillement vers l’impasse, vers l’éclatement final. Il s’enfonce de plus en plus dans la misère morale et matérielle. « Comment se fait-il que ma jeunesse soit misérable tandis que les richesses de mon pays ne se comptent pas. ›› (Célèbre chanson algérienne)

L'opportunisme de ses dirigeants et le silence des classes moyennes l’ont installé dans un état d’arriération politico-culturelle certain et une régression durable dont les méfaits sont visibles de loin. Manque de liberté, accès faible à la connaissance, condition catastrophique de la femme. (S’ils évoquent le manque de liberté, l’aliénation des femmes et la faiblesse d’acquisition et d’usage du savoir, les auteurs (tous arabes) du rapport sur le développement humain des pays du Maghreb et du Machrek (PNUD, 2003) ne soufflent mot sur l’origine capitale du problème, en l’occurrence l’obstacle de la religion.)

Dans sa lettre aux générations futures, le philosophe iranien Daryush Shayegan (Son livre, Le Regard mutilé, Schizophrénie culturelle : pays traditionnels face à la modernité (Albin Michel, 1989), est à mon avis le texte le plus profond pour comprendre les déchirements qui travaillent les sociétés traditionnelles confrontées à la modernité occidentale, et en particulier le monde islamique.) laisse un état des lieux: «J’ai vécu dans des mondes disloqués où rien n’est à sa place, on avait mis bout à bout des connaissances disparates, incohérentes, […] juxtaposées dans des mosaïques de fortune…» (Qu’avez-vous à dire à ceux qui vivront en 2050? www.unesco.org.)

Une confusion entre le culturel et le cultuel, l’information et le catéchisme, la connaissance et la croyance. Dans ce désordre épistémologique total, la religion s’empare de la vie, et l’irrationalité risque de ramener ces sociétés davantage en arrière.

Dans leur rapport de 2004, les spécialistes de l’Unesco arabe (Alesco : Organisation de la ligue arabe pour l’éducation et la science.) relèvent tous les obstacles au développement culturel dans le monde dit arabe, hormis le principal: l’omniprésence de la religion. Le deuxième rapport sur le développement humain atteste dans son préambule que « la religion pure (l’islam) encourage de manière significative l’acquisition des connaissances ». Et les auteurs, tous arabes, ajoutent : « Le développement d’un modèle arabe du savoir, tolérant et éclairé. Cela suppose de libérer la religion de l’exploitation politique et de respecter la recherche indépendante. » N’est-il pas temps de libérer la raison arabe de la tutelle de cette religion pure ?

« Où que l’on aille, les symboles de l’islam sont partout présents, étalés au vu et au su de tous: dans les mosquées gouvernementales et civiles, ou les prières en commun ont lieu et d’où, cinq fois par jour, les appels à la prière des muezzins sont amplifiés par des microphones et retransmis par la radio et la télévision; dans la radiodiffusion égyptienne qui réserve une de ses ondes à l’enseignement religieux…, dans Al-Azhar (Université des sciences islamiques du Caire) et les instituts religieux que l’on retrouve jusque dans les plus petites villes du pays; dans les kuttab (École coranique) qui couvrent tout le territoire et où l’on apprend à réciter le Coran…»

L’irrationnel et les préjugés ancestraux sont entre de bonnes mains. La «surislamisation» est une préoccupation étatique. Une surenchère exercée mesquinement par des «intellectuels» se rangeant souvent sous le label «anti-islamiste», voire «moderniste». L’extrait est emprunté d’un ouvrage prétendant lutter contre l’intégrisme islamique (Rifaat El-Saïd, Muhammad Saïd Al-Ashmawy, Khalil Abdel Karim, Contre l’intégrisme islamiste, Dar El Amel, 1994, Le Caire; Maisonneuve et Larose, 1994, Paris, p.162.)

Ce portrait de l’Égypte est malheureusement celui de tout le monde de l'islam. Rien n’est urgent, hormis la construction des mosquées. Au Koweït, et en dépit d’une multiplication hystérique des «maisons d’Allah», les autorités n’osent rejeter aucune nouvelle demande de construction. Pour la seule Riyad (Arabie Saoudite): 2200 mosquées.

Durant la première décennie de l’indépendance, les Algériens ont en construit 4474. En 1980, elles étaient 5289. A Alger, on appelle à la prière dans plus de 200 mosquées. De 1962 a 1986, on en a construit un peu plus de 100 à Constantine et aucun lycée n’a été rajouté à la douzaine héritée de la période coloniale. (voir Ahmed Rouadjia Les Frères et la mosquée, éd. Bouchane, Alger, 1991.)

Plus de 5 millions d’Algériens sont privés de toit, mais cela n’empêche pas leur président de lancer un projet pharaonique: construire d’ici à 2013 la troisième plus grande mosquée du monde, pour un coût estimé par certains à 3 milliards de dollars!

Ces mosquées ne font que réchauffer la foi armée et légitimer les voix appelant à l’application de la charia.

«De toutes les grandes civilisations de la planète, remarquait le Prix Nobel de physique, Abdul Salam, la communauté islamique est celle qui a fait à la science la part la plus restreinte.»

Les hommes veulent parfois s’éloigner des souffrances de la terre, rêver d’un paradis perdu… Ici, c’est le KO religieux, le ciel un moulin à illusions, et la religion le meilleur moyen pour priver les hommes de leur liberté. Cette religiosité à usage externe est exploitée par les marchands de l’au-delà non seulement comme vaccin contre toute évolution de la société vers la sécularisation, mais aussi comme une barrière devant toute spiritualité. «Peut-on parler de spiritualité à propos d’une pratique réduite à quelques manifestations épisodiques de prières, de jeûne ou de pèlerinage?» (Djamal Eddine Bencheikh). Un système de pilosité et quelques interdictions alimentaires. Des corvées divines, serais-je tenté de répondre.

L’irrationnel «se lâche», comme on dit aujourd’hui, il gagne chaque jour du terrain au sein de ces sociétés islamisantes. Visible et manifestement majoritaire, il cultive la passion et étouffe la raison. Sous sa pression, le savoir recule devant la fiction théologique, et la foi devient savoir. Voire tout le savoir. La rationalité végète, rase les murs, commence à dégager une odeur exotique dans cet océan de certitudes dogmatiques. Si, dans le reste du monde, la raison agit, plus ou moins, sur la religion, la religion agit, ici, fondamentalement sur la raison. Celle-ci abdique devant l’autorité rhétorique. À l’œil nu, tout le monde peut voir la religion étendre ses tentacules sur le champ public ou ce qu’il en reste encore d’indemne.

Porte-parole d’Allah, l’imam se mêle de tout, a une opinion sur tout. Aucun média ne pourrait se passer de ses services. Ici, il répond aux questions des lecteurs. Là, il égrène aux téléspectateurs les vertus de la foi, les bienfaits des prières supplémentaires ou le jeûne hors saison. Il solutionne les problèmes que rencontrent les fidèles dans leur vie présente et future comme s’il recevait courriels et SMS directement de la Providence. Il n’épargne rien, norme tout, dicte ce qu’il faut croire ou ne pas croire, dire ou penser. Certains exercent ce qu’ils nomment Attib Annabaoui, la médecine prophétique. D’autres prescrivent des talismans et admonestent pour soulager les âmes blessées de leurs semblables.

Que dit la religion? Une émission diffusée à la radio publique algérienne depuis l’indépendance. Les cheikhs animateurs excellaient dans l’art d’accuser les Algériens de passer leur temps à ne pas être musulmans. Quarante ans d’islamisation officielle!

L’anti-modernité est la chose la mieux partagée entre des croyants travaillés par un discours culturel essentiellement religieux, maquillé d’une stérile approche philosophique, formulée dans les mêmes termes depuis le début du XIX° siècle: Comment réaliser la modernité dans l’authenticité? Harmoniser foi et raison? Le couscous et l’argent du couscous: accéder à la modernité sans payer les frais de cet accès! Le besoin d’adopter «ce qu’il y a de bon» dans la culture occidentale sans être infecté par «ce qu’il y a de mauvais.» Régir les activités humaines en harmonie avec les finalités de la foi, nous dit le prof à la Sorbonne, Ali Merad. (Ali Merad, La Tradition musulmane, Que-sais-je?, PUF, 2001.) En bref, réussir la quadrature par l’aide de Dieu!

Prisonnière de cette fausse problématique et obsédée par l’illusion d’une identité éternelle, la culture musulmane savante se trouve coincée dans le sombre labyrinthe de l’essentialisme identitaire. Confrontée à concilier les valeurs de la modernité et celles de l’islam: un duel entre deux univers mentaux. Tout le monde sait, sauf ceux qui préfèrent la démagogie, que l’islam est trop religieux pour être moderne et la modernité trop démocratique pour être islamique. Deux épistémès, deux paradigmes, diamétralement opposés qui se chassent inévitablement.

«Si la religion est acceptée au nom de quelque chose d’autre qu’elle-même, disait Adorno, elle se sape.» Elle sape surtout la société.

Majoritairement contaminés par une littérature de propagande, issue directement de cette interrogation bourbeuse sur la rénovation de l’héritage culturel et religieux, les musulmans rejettent, consciemment (une minorité) ou inconsciemment (la majorité), les valeurs principales de la modernité: liberté de conscience, égalité entre les sexes, en particulier le refus de séparer le sacré du profane. La séparation est abhorrée par la majorité écrasante, écrasée elle-même par son élite politico-théologique. Les ouvrages religieux ne représentent pas pour rien 18% de la production littéraire arabe contre 5% dans le reste du monde.

« Dans l’échelle des valeurs, la culture occupe ici le dernier rang. Même un roman de Naguib Mahfoud, notre prix Nobel de littérature, ne se vend qu’à quelques milliers d’exemplaires. Seuls les livres sur la religion font un tabac.» (l’économiste égyptien Mohamed El Sayed, voir L’Expansion, octobre 2004, Paris.). Le degré presque zéro de la lecture. L’une des municipalités du Front islamique du salut (Algérie), fraîchement installée en 1990 (La municipalité d’El Harrach près d’Alger.) a commencé par incendier tous les romans de la bibliothèque locale. Je crois toujours, après Schopenhauer, que les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l’obscurité.

Les musulmans ont du mal à admettre que l’islam n’est plus une civilisation. Il n’est aujourd’hui qu’un ensemble de valeurs. Des réponses aux problèmes existentiels, point de réponses aux problèmes historiques et conjoncturels. Une des banlieues du monde moderne. Du ressentiment vis-à-vis de l’Occident, une inquiétude mêlée d’envie, peut-être. Mais oser parler d’un choc de civilisation, c’est faire déserter le sens aux mots. Cette opposition Islam/Occident, qui ronge l’imaginaire musulman, n’est qu’une illusion perpétuée pour apaiser les consciences malheureuses sonnées par le choc terrible de la modernité. Les dépositaires ultimes de la parole d’Allah n’arrivent pas a digérer leur piétinement et leur impuissance par rapport à l’Occident infidèle qui ne cesse de réaliser des progrès éclatants dans tous les domaines. Faire de l'islam une alternative à l’Occident est le pire des infantilismes! Les voies qui mènent à la modernité ne sont pas nombreuses, et l’Occident n’est pas une formation culturelle quelconque ou un territoire banal. C’est le lieu où s’est manifesté l’esprit des Lumières, le lieu où s’exerce, selon Habermas, «l’usage public du raisonnement, sans précédent dans l’Histoire». Un changement qualitatif inédit dans l’histoire des civilisations.

Pour légitimer l’échec, les «élites» mettent l'Occident en accusation systématique. Et ainsi les musulmans d’en bas dissimulent et noient leur frustration dans une hostilité pathologique aux valeurs mentales et symboliques de la modernité: valeurs appelées confusément occidentales, jugées non seulement incompatibles avec les traditions islamiques, mais qui seraient en croisade permanente contre tout ce qui est musulman. Islam/Occident, par cette formule, ces «élites» veulent nourrir une opposition indélébile entre la modernité et le monde arabo-musulman. L’ambiance culturelle en terre d’islam crée un Occident monolithique qui ne cesse de comploter contre l’islam. La sociologie, la philosophie, la psychologie et toutes les autres sciences de l’homme, n’ont-elles pas été pensées pour porter atteinte à la religion de Mahomet? Darwin, Marx, Freud, etc. ne sont-ils pas des juifs au service du projet sioniste? Dans les années 1980, avant la naissance officielle du FIS (Front islamique du salut, parti intégriste algérien.), le hall de l’université des sciences sociales d’Alger servait de salle d’exposition permanente aux obscurantistes: des textes muraux dénonçant la pensée de Nietzsche, Hegel, Rousseau, Sartre, etc. Des slogans incitant les étudiants à se méfier des idées importées de l’Occident puant. Des philosophies entières caricaturées en une ou deux phrases écrites en vert, couleur du paradis! Traquer les idées modernes à coups de versets coraniques et de hadiths (Dits du prophète) est devenu une fâcheuse habitude intellectuelle. Une battue.

Nul relativisme culturel ne peut justifier l’idée selon laquelle la démocratie, les droits de l’homme, l’humanité de la femme, le droit de disposer de son corps, se masturber, croire ou ne pas croire au Bon Dieu, changer de religion, ne pas en avoir, seraient des valeurs exclusivement occidentales. («De Rabat à Islamabad en passant par Djeddah, lit-on dans le journal Le Matin du 8 juin 2004 (Algérie) - quelques jours avant qu’il soit assassiné par le régime algérien - les régimes arabes élus à la «soviétique» ou héritiers des trônes mal acquis avancent comme alibi pour rejeter le plan américain: Les spécificités culturelles de la région. Aucun n’a pris jusqu’à ce jour le soin de dire que l’autoritarisme politique, l’obscurantisme religieux, l’oppression des femmes, le culte de l’ignorance et le mépris de la vie font partie aussi de ces spécificités qu’ils cultivent depuis qu’ils sont au pouvoir.») Simples évidences «bien connues», des notions qui devraient être acceptées sans justifications, pour utiliser les mots de Hegel. Il n’y a pas de droits de l’homme sénégalais ou anglais. Il n’y a que des droits de l’Homme. «Ces droits ne sont ni créés par le législateur, ni octroyé par lui au citoyen, mais existent de plein droit, doivent de tout temps être respectés par le législateur et lui préexistent en tant que valeurs suprêmes.» (Gunter Hirsh, ex-juge a la Cour de justice des communautés européennes).

Pourquoi les musulmans adoptent-ils aisément la troisième génération de portables qui permettent l’interactivité, l’interopérationnalité et la mobilité et peinent à assumer la première génération de droits humains? Parce que dans ces pays des «devoirs de l’Homme», on travaille jour et nuit pour pérenniser le despotisme. Les droits d’Allah passent avant les droits de l’homme, parce qu’ils profitent seulement aux despotes et avantagent les hommes par rapport aux femmes Dans ces pays, décrits à travers de beaux livres aux photos magnifiques, la liberté humaine ne vaut pas grand-chose.

Hamid Zanaz «L'impasse islamique» - Hamid Zanaz est un citoyen du monde né arabe en Algérie. Il a enseigné la philosophie (en arabe) à la faculté d'Alger jusqu'en 1989. Il a quitté l'enseignement pour travailler dans la presse indépendante naissante. Il vit en France depuis 1993.