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07/01/2018

plaisirs de la bonne chère et de la tendre chair au ski !

 

skieuse sexy 1.jpg

Odile

 

Sur une piste noire par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

 

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et – heureuse jeunesse ! – nous éclatons de rire.

 

La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station

 

Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…

 

 

La tartiflette de Roger

 

- Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l'ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de “ tartifle ” ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soit fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette et donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude ou tu vas les saisir

A l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Met tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Photo X - Droits réservés

 Et, pour vous relaxer :

Savourez un sulfureux Voyage

pour le prix de deux verres d'Apremont !

 

 

C'est un "hibouc" ou e-book...

CHILOUM

Chiloum couv.jpg

 

03/01/2018

J.O. de Paris : une dernière loi scélérate votée en douce pour terminer l'année.

non aux JO.jpg

Qui fait la loi en France ? Ben, les députés du peuple pardi ! Mouais, ça, c'est en principe. Mais concernant les Jeux Olympiques, c'est le Comité international olympique, sorte de secte au fonctionnement plus qu'opaque, nageant dans dans les eaux troubles du fric et de la corruption.

À l’article 33 de la Charte olympique, on trouve ainsi que « les autorités publiques et le Comité national olympique doivent garantir que les Jeux olympiques seront organisés à la satisfaction du CIO et aux conditions exigées par celui-ci ». Le tout puissant CIO impose donc sa loi, et celle de ses partenaires margoulins (d'autres disent avec la bouche pincée « sponsors »). Et tous les députés, de droite comme de gauche - à l'exception notable tout de même des Insoumis - ont voté à main levée, le 21 décembre, un texte qui transcrit dans la loi française les engagements pris par la ville de Paris pour répondre aux exigences du CIO. Ceci l'année qui voit la baisse du budget national des sports et la suppression des emplois aidés, si utiles aux petits clubs…

Cette situation découle d'un chantage que le CIO impose à toutes les villes et pays candidats: « Tu veux les Jeux ? Alors tu te plies à nos volontés ! » La Loi votée le 21 décembre passe sous les fourches caudines de la secte helvétique et adapte le droit français à ses diktats. Qu'est-ce qu'elle dit cette loi d'exception ? Elle suspend la loi ordinaire, le droit commun, en un lieu donné et pour une période déteminée afin de « sécuriser l'évènement olympique », c'est-à-dire assurer les profits des magoulins agréés par le CIO. Ainsi, pendant la période concernée, l’État remet une partie de ses pouvoirs régaliens entre les mains d'une organisation privée extérieur au pays. C'est une loi d'exception scélérate.

Ainsi, elle « prévoit certains aménagements juridiques pour accélérer et/ou simplifier les procédures administratives existantes, notamment relatives : - aux conditions de douanes et de visas pour la Famille olympique et paralympique ; - à l’obtention d’autorisation de travail de long terme ; - au renforcement de la protection de la propriété intellectuelle ; - à la possibilité pour le Gouvernement de statuer par voie d’ordonnance sur les modifications législatives rendues indispensables par l’accueil des Jeux ; - à une utilisation élargie du domaine public pour permettre un accès libre à certains lieux pour les Jeux ». Sans oublier cette horreur économique qu’est l’exonération fiscale, probablement du même genre que celle ayant sévi lors de l’Euro 2016 de football : aucun impôt sur les bénéfices, pas de cotisations sociales, et zéro taxe d’apprentissage. Tout bénef pour les sponsors et les organisateurs, toute la merde pour l’État organisateur…

Et que penser des « volontaires bénévoles » qui pourraient être entre 45 000 et 70 000 et qui ressemblent fort à des emplois masqués…

Et que dire de la possibilité de pavoiser d’emblèmes olympiques, dès le vote de la loi et jusque 2024, les monuments historiques ou sites classés ? En effet, selon les accords, l'affichage du gavage publicitaire pour les magoulins partenaires sera autorisée sur des monuments historiques et des sites classés (Grand Palais, Champ de Mars, etc.) jusqu'à 500 mètres autour des lieux accueillant des épreuves !

En 2012, un rapport du Sénat , en 2012, s'essayait à tirer quelques leçons des Jeux de Londres. On peut notamment y lire, au paragraphe intitulé « Les étranges règles économiques des Jeux olympiques », que « les règles de protection des marques fixées par le CIO apparaissent clairement excessives. À titre d'exemple, dans tout le périmètre olympique (enceintes sportives, centres de presse), on ne pouvait retirer de l'argent ou même payer des consommations qu'avec une carte Visa, sans pouvoir utiliser de Mastercard ou d'American Express ! De même, afin de protéger le Mc Donald's, aucun stand ne pouvait vendre des frites, à l'exception toutefois des Fish&Chips, mais uniquement accompagnées de poisson... (…) Il a été interdit aux athlètes de parler sur les réseaux sociaux ou Internet de produits non commercialisés par un sponsor officiel. (…) Londres a aussi établi une zone d'exclusion de marques autour des principaux sites olympiques, où les publicités pour des marques non partenaires ont été interdites ».

Enfin que dire du slogan « made for sharing » qui a salopé la Tour Eiffel, insultant la France et sa langue qui est pourtant la langue officielle des Jeux Olympiques ?

 

 

https://www.senat.fr/rap/r12-034/r12-0345.html#toc93

https://www.mediapart.fr/journal/france/041214/comment-la...

http://bernard-gensane.over-blog.com/2017/02/made-for-sha...

 

Illustration X - Droits réservés.

01/01/2018

BRÈVES DE BOUT D’AN

cuite

Agressé sexuellement à l’âge d’un an ! N’écoutant que son courage, le victim Renato Pacelli, raconte : « Après m’avoir changé ma couche et soigneusement nettoyé les intimités, ma nounou Suzanne avait coutume de me bisouiller et suçoter le zizi. Elle a continué jusqu’aux premières rigidités et je m’en souviens encore, comme d’un sombre cauchemar. Ce harcèlement non sollicité m’a affligé d’une sévère addiction fellationne et le traumatisme enduré, ainsi que le préjudice subi, sont considérables. Suzanne étant disparue, puis-je engager une action en justice à l’encontre de ses héritiers ? Me Connard accepterait-il de défendre ma cause ? »
Et le gouvernement ne fait rien ! Eric, au secours !

L’alcoolisme des animaux, nouvelle cause nationale. Comme vient de l’expliquer l’inénarrable Bugourg-Dugrain, avec ses habituels trémolos dans la voix, les animaux picolent. Pour une fois, le pire ennemi du mouvement RESICARN du chanoine défroqué Hector Vigo, nonce des Embiez et de Bendor, nous apprend des choses intéressantes. A savoir que d’innombrables espèces animales savent détecter l’alcool dans les fruits fermentés et se soûlent la gueule naturellement et biologiquement.
Des abeilles aux poules communes, en passant par le lémurien de Madagascar, c’est à qui se torchera le mieux, certains jusqu’au coma éthylique et au sommeil de plomb.
Citée par l’illustre zigoto, la musaraigne d’Asie du Sud absorbe même 30 fois la DEH, Dose Equivalent Homme en gardant l’esprit clair. Les scientifiques tentent de percer son secret.
Et puis notre cousin chimpanzé, qui fabrique lui-même son alcool et qu’imite si bien le papet Albert, dans sa remise.
Et le gouvernement ne fait rien ! Eric, au secours !

La France « pays de l’année 2017 ! C’est le buzz planétaire et toute la presse internationale (à part la presse française) de saluer « l’effet Macron » en de très nombreux domaines concernant la France, l’Europe et le Monde.
Bien qu’entravé par son intelligence supérieure qui donne l’urticaire aux médiocres, le gamin de l’Elysée se permet même de remonter dans les sondages, ce qui déconcerte les sondeurs et interpelle les commentateurs autorisés, mais pourrait témoigner pour certains d’un retour relatif à la lucidité et au bon sens de ces veaux de Français. Être détesté par le Pen, Autain, Mélenchon, Hamon, Martinez, Wauquiez, Corbières, Ruffin et moqué par Hollande pourrait-il être un gage de succès et de réussite à long terme ?
Et Tiocci ne fait rien !

 

Ne te cuite pas (de Jacques Brel et Victor Ayoli)

 

Ne te cuite pas,

Ne te cuite pas,

Fais gaffe à ton foie

Ne te cuite pas,

Ne te cuite pas

Comm’ la dernièr’ fois

 

Tu étais rentré bourré de Tavel

A six heur’ du mat’ comme un infidèle

Tu te trimbalais une tel’ biture

Que t’arrivais pas à trouver la serrure

Tu as renversé les quatre fauteuils

Si j’étais descendu, j’te dis pas l’accueil

Ne te cuite pas

Ne te cuite pas

Ne te cuite pas

 

Ne te cuite pas,

C’est pas rigolo,

Espèce de soûlot,

Ne te cuite pas

Je suis tracassée

Quand t’es fracassé

 

Et quand t’as voulu aller au pissoir

Bé, tu as ouvert la porte de l’armoire

Tu as pissé sur mes piles de draps

Dans la penderie

Sur mes beaux habits

Quand tu as voulu venir dans mon lit

Je t’ai repoussé dans ton dégueuli

Ne te cuite pas

Ne te cuite pas

Ne te cuite pas

 

Et puis y’a moins drôle

Prend pas ta bagnole

Imbibé de gnole

Ne te cuite pas

Ne te cuite pas

Ne te cuite pas

Tu peux te tuer

Tu peux me tuer

Tu peux massacrer

Et verser le sang

De gens innocents

Ne te cuite pas (ter)a

 

Illustration X - Droit réservés.

31/12/2017

Pour une somptueuse bombance de Bout d’an.

dinde théry.jpg

 

Théry

 

Longue, fine, éthérée, de grands yeux clairs intenses

Théry est arrivée comme une providence

Lorsque trahi, banni, méprisé, délabré,

J’étais au bord du gouffre et prêt à y sombrer.

 

Avec son cœur, son corps, sa tendresse de femme

Elle a pansé les plaies que des houris infâmes

Avaient creusées à vif de leurs griffes de hyènes

Pour assouvir sur moi leurs appétits de chiennes.

 

Théry m’a ramassé, souriante et jolie,

Puis m’a ouvert ses bras, et son cœur, et son lit.

Elle fut à la fois amie, maîtresse et mère,

 

Goûtant sans calculer un bonheur éphémère.

Dans les recoins secrets du jardin de mon cœur,

Théry aura toujours une place d’honneur.

 

Les oiseaux gigognes

 

- Pour honorer, Victor, ta Théry Providence,

Il te faut préparer une grasse bombance

Qui réchauffe le cœur et remplit bien le corps,

Faite pour une princesse, pas pour une pécore.

Je te propose un plat bien fait pour les amants,

Bien qu’un rien onéreux : c’est le rôti gourmand.

Prends une olive noire aux câpres et aux anchois,

Mets-là dans un becfigue, c’est un oiseau surchoix,

Mets-le, sans tête et pattes, dedans un ortolan

Bien gras et que tu bardes avec du bon lard blanc,

Mets celui-ci dedans le corps d’une alouette

Que tu as amputé des pattes et de la tête,

Introduis celle-ci dans le corps d’une grive

Que tu auras trempé dans de l’huile d’olive,

Mets-là dans une caille de vigne bien dodue,

Introduis celle-ci dans un vanneau ventru,

Puis glisse celui-ci dans le corps d’un perdreau,

À chaque oiseau tu poivres et sales mais pas trop,

Mets dans une bécasse assez mortifiée

Que tu introduiras, pour la glorifier

Dedans un pintadeau bien bardé de ventrèche

Que tu mets dans le corps d’une poularde fraîche,

Introduis ta poularde dans un canard mulard,

Bride bien celui-ci par des bardes de lard

Avant de le glisser dans une oie de Guinée,

Qu’il te faut introduire, doucement, in fine

Dans une grosse dinde. Pour la remplir à ras,

Tu bourres avec des truffes ainsi que du foie gras.

Lorsque tous tes oiseaux sont ainsi disposés,

Dans un grand pot de terre, tu vas les déposer,

Accompagnés d’oignons, carottes, céleri,

Petits dès de jambons, lard et bouquet garni,

Poivre, sel, coriandre, persil, thym et sarriette,

Quatre ou cinq gousses d’ail et piment d’Espelette,

Quelques grains de genièvre et un peu de cumin,

Mouilles avec du vin blanc, mais des Quatre-Chemins.

Tu dois fermer ton pot bien hermétiquement,

La mie de pain mouillée va admirablement.

Mets le pot dans un four à chaleur modérée,

La cuisson doit se faire toute dans la durée,

Vingt-quatre heures au moins, une journée entière

Afin que la coction soit lente et régulière.

Ce repas précieux apprécié des cours

Au palmarès des goûts est placé hors-concours.

L’intimité des sucs de tant de volatiles

Révèle des saveurs somptueuses, subtiles,

Quintessence des bois, des marais et des plaines

Qui comblent de bonheur les gourmets et les reines.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 olive noire farcie de 2 câpres et d’1 anchois au sel, ­- 1 becfigue, - 1 ortolan, - 1 alouette, - 1 grive (chacha de préférence), - 1 caille, - 1 vanneau, - 1 perdreau, - 1 bécasse, - 1 pintadeau, - 1 poularde, - 1 canard mulard, - 1 oie de Guinée, - 1 dinde, - 3 truffes de grosseur raisonnable, - 1 livre de foie gras d’oie, - 12 bardes de lard et autant de ventrèches, - sel, - poivre, - huile d’olive, - 1 kg d’oignons, - 1 kg de carottes, - 1 botte de céleri trié, - 5 gousses d’ail, - 1 cuillerée à soupe de coriandre en grains, - 12 grains de ge­nièvre, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 1 cuillerée à café de piment d’Espelette, - 3 cuillerées à soupe de sel, - 1 cuillerée à café de poivre noir, - 1 gros bouquet garni (laurier, thym, sarriette, persil plat), - 3 bouteilles de vin blanc des Quatre-Chemins à Laudun.

 

Les vins conseillés :

Cette préparation gargantuesque exige les plus grands vins rouges. Évidemment des vins rouges des Côtes-du-Rhône septentrionales :

Condrieu, Hermitage, Crozes-Hermitage, Côte-Rôtie, Saint-Joseph, Cornas.

Mais aussi Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Lirac.

A défaut, grands Bourgogne et Bordeaux.

 

Photo X - Droits réservés.

 

30/12/2017

Souvenirs érotiques

 

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Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

Docile,

Répondait à ton postillon

Mignon ?


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

Albert Patin De La Fizelière (1819-1878)

 

Illustration X - Droits réservés

 

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Et puis tiens, écoutez plutôt la coquine Colette!


https://www.youtube.com/watch?v=Ezq09KYH574

 



28/12/2017

Francophonie : stopper « la délinquance et la pollution linguistiques ».

censure langue guillotine.jpg

 

Aïl avé drime : c’est de rouler dans le goudron puis dans des plumes, ou même plutôt de rouler dans la confiture puis d’attacher près d’une fourmilière les programmateurs musicaux de nos radios, tous ces abrutis collabos qui nous emmerdent jusqu’à en dégueuler avec ces collections de bruits abrutissantes qu’ils déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ». J’écris ça avec le aliboffis qui gonflent, qui gonflent, en entendant une chanteuse française dénommée « Christine and the queen » s’entretenir avec un lèche-bottes de service. Même les chanteurs français beuglent maintenant dans cette langue et sont récompensés par des « victoires de la musique ». Les boutiques se croient obligées de se donner des noms anglais. Il y a plus de mots anglais sur les murs qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation !

Ras les aliboffis de ce rouleau compresseur linguistique, cette novlangue stérilisatrice. Si encore il s’agissait de la langue de Shakespeare, mais il s’agit d’un sabir étasunien, sorte de « petit nègre » ridicule : le globish des marchands de soupe internationaux.

Le « protocole de Londres », sous Sarko, en 2007, a imposé l’anglais comme langue unique des brevets, sortant le français de la science. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l’Europe.

Des entreprises françaises imposent à leurs cadres de communiquer en anglais. Et que dire des pubs qui, tout à fait illégalement (voir loi Toubon, art.2) nous bassinent avec quelques débilités débitées en globish ? Que dire de l’Europe qui, sournoisement, impose l’anglais dans ses communications et même ses directives alors que depuis le Brexit l’anglais n’est plus la langue officielle déposée d’aucun État membre de l’UE !

On assiste là à une offensive impérialiste étasunienne. Le but est, en fait, d’éliminer tout statut officiel des langues autres que l’anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers.

La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu’ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres.

Certaines écoles privées, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ? Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étasunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. En cette période de Noël particulièrement, on nous abreuve jusqu’à l’écœurement de sous-merdes des séries télévisées étasuniennes, qui – largement amorties aux USA - arrivent par pleins cargos à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales.

Pourtant qui peut douter de la capacité du français à exprimer et à interroger la condition humaine sous tous ses angles ? Le français est la langue de textes qui jalonnent l’histoire universelle, de l’édit de Nantes au programme du C.N.R., en passant par la défense de Callas par Voltaire, par la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, complétée par la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » de Marie-Olympe de Gouges, par le « J’accuse » de Zola, le « Serment antifasciste » du Front populaire, l’Appel du 18 juin, « La question » d’Henri Alleg ou le « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire. Il est le langage de La Marseillaise et de l’Internationale, deux chants écrits sur la même musique qui ont été chantés sur tous les théâtres où s’est écrite l’histoire du progrès humain.

Conscients de cette sordide réalité un collectif vient d’adresser une lettre à Leila Slimani, romancière, représentante personnelle du président de la République à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

La voici :

 

Madame,

Vous venez d’être nommée représentante personnelle du chef de l’État sur les questions de la Francophonie et nous vous en félicitons.

Cependant l’heure est bien moins, hélas, aux congratulations qu’au sursaut personnel et collectif face aux menaces mortelles qui pèsent sur la langue française. Car en dépit de certaines apparences faussement rassurantes, les positions du français, « langue de la République » aux termes de l’article II-a de la Constitution, mais aussi « élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France, langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics » au titre de la loi Toubon-Tasca d’août 1994, sont gravement minées non seulement à l’échelle internationale, mais aussi et surtout sur notre propre sol.

En effet, nos associations sont submergées d’appels indignés de citoyens, mais aussi d’étrangers amis de notre langue, qui constatent avec angoisse et, de plus en plus, avec colère, que chaque jour, toutes sortes de décideurs (politiques, économiques, culturels…) quand il ne s’agit pas des plus hautes autorités de l’État, choisissent cyniquement de substituer l’anglo-américain, ou plus exactement, le Business Globish, aux expressions françaises comprises de tous. Cet arrachage linguistique est massif, méthodique, acharné, relevant tantôt de la « stratégie de communication » des chasseurs de profit dénués d’imagination (ceux que Michel Serres nomme les « collabos de la pub et du fric »), tantôt carrément d’une politique d’État inavouable. C’est l’évidence quand on voit l’Union européenne privilégier systématiquement l’anglais dans sa communication* alors que, depuis le Brexit, l’anglais n’est plus la langue officielle déposée d’aucun État membre de l’UE. C’est flagrant quand on voit des représentants officiels de la France truffer leurs discours d’anglais ou, rompant avec la tradition républicaine, s’exprimer ostensiblement en anglais à l’étranger, voire en France. C’est manifeste quand on sait qu’à l’arrière-plan de cette entreprise soustraite au débat citoyen, se trouvent l’invitation cynique du patronat paneuropéen à privilégier l’« anglais, la langue des affaires et de l’entreprise » (dixit en mars 2006 Ernest-Antoine Seillières, alors président de l’UNICE) et plus encore, l’avènement en cours du « CETA » et d’autres négociations visant à instituer le grand Marché transatlantique (et ses pendants « culturels », au centre desquels se trouve évidemment le basculement transcontinental de facto, voire de jure, au tout-anglais, langue unique du futur marché unique).

Faut-il vraiment multiplier les exemples à l’heure où Renault et PSA ont illégalement décidé de basculer leur documentation interne à l’anglais, où des services publics, des Universités, des entreprises pilotées par l’État ou des territoires de la République nomment ridiculement leurs nouveaux « produits » ou services en anglais (Loire Valley, Flying Blue, Lorraine Airport, Start in Lens, etc.), où des revues scientifiques subventionnées par le contribuable refusent les articles rédigés en français, où des Grandes Ecoles et des Universités françaises privilégient l’enseignement en anglais à des Français et à d’autres francophones, où la France chante le plus souvent en anglais (ou en franglais) à l’Eurovision, où les J.O. de Paris se vendent en anglais sur la Tour Eiffel, où l’anglais se voit même érigé en « langue de travail » de… l’armée française arrimée à l’OTAN et où la chaîne de télévision disposant de la plus large audience, (« My) TF1, nomme en Basic English ses émissions les plus populaires (The Wall, The Voice Kids, etc.) ?

C’est pourquoi nous jugeons insupportable et terriblement violente la manière dont de hautes autorités de notre pays – mais cela semble hélas de plus en plus vrai aussi au Québec, en Belgique ou en Suisse francophones (des associations défendant la Francophonie y dressent le même constat angoissé que nous !) – laissent proliférer, voire encouragent par leur mauvais exemple, la délinquance et la pollution linguistiques tout en prétendant parfois « relancer » la Francophonie… à l’étranger. Mais que restera-t-il de la « flotte » francophone mondiale, donc à brève échéance, de la littérature, de la chanson, de la science, de la philosophie, du théâtre, du cinéma français et francophone, quand le berceau et le « navire amiral » de la Francophonie que fut à l’origine la France, sont les premiers à se saborder, voire à promouvoir le tout-anglais en Europe, quand ce n’est pas en Afrique francophone ?

Les enjeux d’une nouvelle Défense et illustration de la langue française sont donc cruciaux, ancrés dans les combats du présent et de l’avenir. En effet, laisser détruire, reléguer ou corrompre notre langue pour permettre à quelques oligarques, snobs pseudo-cultivés et autres moutons de Panurge de se faire une place au soleil de la mondialisation néolibérale aux dépens de la masse des Francophones de France (français et immigrés) et des cinq continents, ce serait à la fois:

Planifier la fin de notre pays et du grand héritage qu’il porte ; tant il est vrai que le français est à la fois l’identifiant n° 1 de notre peuple, le premier service public de France et le socle du lien social déjà si fragilisé dans notre pays ; bref, une France reniant le français ou le reléguant dans les seconds rôles ne serait plus guère qu’un « couteau sans manche dont on a jeté la lame »…

Saper la Francophonie internationale, laquelle ne peut évidemment porter des « valeurs communes », comme ses dirigeants s’en targuent sans cesse, qu’à la condition de… parler la même langue, creuset d’une multiplicité de cultures dans une multiplicité d’usages ;

Aggraver les inégalités sociales et les discriminations sociétales en durcissant comme jamais les stratifications culturelles et linguistiques ; c’est-à-dire miner les bases même de la République ;

Favoriser insidieusement une forme de totalitarisme culturel porteur à terme, à l’échelle du monde, de l’Europe et de la France, d’une langue unique vectrice de pensée, de politique, d’économie et de culture uniques : celles-là mêmes qui déferlent sur tous les peuples en usant d’énormes moyens financiers, politiques, voire militaires… Comment cette entreprise transcontinentale d’uniformisation linguistique ne s’avérerait-elle pas au final aussi mortifère pour l’humanité future que l’est déjà la dévastation en cours de la biodiversité qu’encourage l’omni-marchandisation actuelle des activités, des choses, voire des gens ?

Femme de lettres attachée aux finesses de notre langue et au croisement des cultures, vous ne pouvez manquer de voir le gouffre qui sépare l’internationalisme véritable, qui suppose diversité, altérité et dignité égale des cultures nationales, et le glacial mondialisme actuel qui, par les amputations symboliques et matérielles qu’il inflige sans trêve aux collectifs citoyens constitués, ne peut qu’attiser des crispations dangereuses pour la paix. Car, en dehors de l’agressivité aveugle, que reste-t-il d’une identité que l’on a amputée du substrat culturel, historique et politique dont la langue est la sédimentation sans cesse renouvelée ?

C’est pourquoi, à contre-courant du discours méprisant qui appelle à « supprimer les lignes de Maginot linguistiques » pour mieux « laisser faire, laisser passer » la langue unique et la servitude volontaire qui l’accompagne, nous vous demandons d’appeler avec nous à la résistance civique, au sursaut linguistique et à la créativité en français des habitants de notre pays. C’est indispensable pour que se renoue, avant que l’arrachage linguistique en cours n’ait franchi un seuil irréversible, l’alliance progressiste de l’écrivain et de sa langue qui a nourri les plus riches heures de la littérature francophone.

*COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistiques, 10 rue Grignard, 62300 Lens – gastaudcrovisier2@wanadoo.fr – tél. : 07 61 05 99 21 ou 0321424372

**… au point que M. Pierre Moscovici, l’ex-ministre français devenu Commissaire européen aux questions budgétaires, a naguère osé tancer en anglais, au nom de la Commission, ses ex-collègues du gouvernement français, lesquels n’y ont d’ailleurs absolument rien trouvé à redire…

Par Georges Gastaud, philosophe, président de l’Association CO.U.R.R.I.E.L.*, Robert Charvin, professeur de droit, doyen honoraire de la Faculté de droit de Nice ; Guy Chausson et G. Janot, animateurs de l’Association lotoise des Amis de la langue française ; Francis Combes, poète ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie, syndicaliste ; Marceau Deschamps, secrétaire général adjoint et vice-président d’honneur de Défense de la langue française ; Aurélien Djament, mathématicien et syndicaliste CGT au CNRS ; Benoît Duteurtre, écrivain ; Eric Ferrières, professeur agrégé d’économie ; Barbara Flamand, écrivaine, Belgique ; Marie-Pierre Frondziak, professeur de philosophie ; Marcel Girardin, conseiller municipal ; Suzanne Körösi, journaliste et documentariste ; Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris-VII ; Laurent Lafforgue, Médaille Fields de mathématiques, chercheur à l’IHES ; Nikis Laguidis, écrivain, directeur de l’Atelier du roman ; Aymeric Monville, éditeur, auteur ; Dominique Mutel, agrégé d’anglais ; Laurent Nardi, professeur de français ; Régis Ravat, délégué CGT à Carrefour-Nîmes ; Philippe Raynaud et Lucien Berthet, président et secrétaire de Défense de la langue française en Pays de Savoie ; Albert Salon, docteur d’Etat ès Lettres, ancien ambassadeur ; Véronique Stride, professeur de français (62) ; François Taillandier, écrivain ; Xavier Numa Borloz, entrepreneur franco-suisse d’origine malgache ; Claude Weisz, cinéaste.

Sources :

Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française NOR : MCCX9400007L Version consolidée au 28 décembre 2017 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LE...

http://www.langue-francaise.org/Loi_toubon.php

https://www.humanite.fr/nous-jugeons-insupportable-de-laisser-proliferer-la-delinquance-et-la-pollution-linguistiques-647748

 

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27/12/2017

Pendant les grandes baffrades de bout d'an, les affaires continuent.

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Non, il ne s’agit pas des « affaires » glauques de Fillon ou des turpitudes de Ferrand mais des Affaires, les vraies, celles de ceux qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Et ces affaires-là sentent surtout le pétrole.

Les firmes multinationales ont-elles encore un quelconque intérêt à ménager les États ? De moins en moins avec la primauté politique actuelle des gouvernements ultralibéraux qui sévissent de par le monde dit démocratique. Ces pays sont gérés – et non plus gouvernés – par les politiciens véreux dont les banksters et les multinationales agitent les ficelles. Ces derniers n’hésitent pas à ruiner des pays, à saccager la planète voire à déclencher des guerres afin de satisfaire leur avidité de profit à court terme.

Quelques exemples ? La guerre de Syrie, sous le faux nez d’un conflit religieux, est sous-tendue par le passage ou non de gazoducs et d’oléoducs. Le gaz est devenu, plus encore que le pétrole, la principale source d’énergie en ce XXIe siècle, que ce soit comme solution de rechange au pétrole en raison de la diminution des réserves, ou comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les différentes puissances anciennes ou émergentes est à la base d’un conflit international dont la manifestation est régionale. Actuellement le potentiel du pouvoir ne réside plus dans l’arsenal militaire nucléaire, mais plutôt là où se trouvent les ports d’exportation de l’énergie. Et c’est ce qui explique le mieux la rivalité russo-américaine au Moyen-Orient. Projet de création des ouvrages de transport de produits pétroliers et gaziers North Stream et South Stream pour les Russes, projet concurrent Nabucco pour les Étasuniens.

Autres exemples ? La mise sous tutelle des États à travers les mécanismes de résolution des litiges État investisseurs, ou ISDS (pour Investor-State Dispute Settlement, en anglais). L’arbitrage signifie que deux entreprises, en désaccord sur un sujet, soumettent leur litige à un jury commercial, qu’elles désignent elles-mêmes, pour juger laquelle des deux a raison selon les termes du contrat qui les lie. Mais par le même mécanisme les investisseurs peuvent poursuivre un État s’ils estiment avoir été traités de manière inéquitable. Les multinationales se voient ainsi donner le pouvoir sans précédent d’échapper aux lois, à travers une sorte de système de justice privatisée contre lequel aucun appel n’est possible. Ainsi Vinci attaquera l’État lorsque sera acté l'abandon de l'aéroport ubuesque de Notre-Dame-des-Landes. Ainsi, l’Italie est poursuivie devant un tribunal d’arbitrage international par Rockhopper Exploration, une compagnie britannique pétrolière et gazière qui lui réclame des dommages et intérêts. En cause : l’interdiction votée par le Parlement italien en janvier 2016 de toute nouvelle activité d’exploration et de production à moins de 12 mille marins de la côte, soit une vingtaine de kilomètres. Mais attention, la multinationale ne poursuit pas l’État italien devant un tribunal d’arbitrage international pour des dommages concernant des investissements déjà effectués mais pour « des dommages financiers très importants » sur la base de ses potentiels futurs profits et non des investissements passés !

Ce type de demandes de compensation de la part de multinationales se multiplie, en particulier sur le pétrole, le gaz ou l’exploitation minière, des secteurs que tentent d’encadrer les législations environnementales et de protection des travailleurs. En Europe, le géant suédois de l’énergie Vattenfall réclame plus de 3,7 milliards d’euros à l’Allemagne en compensation de sa décision de sortir du nucléaire.

Ces situations ubuesques sont de puissants leviers pour intimider un État qui menacerait les intérêts des tentaculaires compagnies multinationales et leurs complices financiers. Elles s’appuient sur un discret mécanisme mis en place pour régler les litiges entre États et investisseurs : l’ "ISDS ", intégré dans tous les traités commerciaux, dont celui en négociation entre l’Europe et les États-Unis (Tafta) et celui signé avec le Canada, le Ceta. Les multinationales bénéficient ainsi, à travers ce mécanisme, d’un pouvoir sans précédent pour échapper aux lois.

Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner.

En creusant la question, on découvre qu’un pays européen est devenu la plaque tournante de très nombreuses procédures des multinationales contre les États. Ce pays, c’est les Pays-Bas. Celui-ci abrite un maximum de sièges sociaux fictifs ou non et de filiales sans activités réelles d’entreprises transnationales. Ces firmes signent discrètement un traité d’investissement avec les Pays-Bas qui prévoit la possibilité, pour tous les investisseurs « néerlandais » qui auraient l’impression de ne pas avoir été traités de manière équitable par leur pays hôte, de le convoquer devant un jury d’arbitrage. Une procédure qui s’inscrit dans le cadre de la Banque mondiale.

Les Pays-Bas sont ainsi devenus le pays d’origine du plus grand nombre de procédures ISDS. Pas moins de 16 % des cas soumis au cours de l’année 2014 l’ont été par des firmes néerlandaises. « Néerlandais » est toutefois un terme relatif dans ce contexte. L’analyse détaillée de ces investisseurs montre que plus des deux tiers sont des filiales fantômes, n’existant que sous la forme de boîtes à lettres. Seulement une sur six est véritablement néerlandaise. Les Pays-Bas : l'une des pires paradis fiscaux, un serpent lové confortablement au sein de l'Union Européenne, comme son comparse et complice en parasitisme, le Luxembourg.

N’y a-t-il pas là des questions impératives à résoudre afin que l’Europe cesse d’être un machin détesté par les populations pour redevenir un formidable espoir ?

Entendez-vous, dans les lucarnes à décerveler, ce genre de questions être débattues ?

Non. Jamais. L’important, le fond des débats c’est que Ruffin vienne à l'Assemblée déguisé en footballeur ou qu'un footballeur se déguise en noir…

 

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25/12/2017

Pères Noël en grève !

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La révolte des pères Noël.

 

Dans une pièce quelque part dans le Grand Nord se tiennent quatre personnages. Au centre, un homme d’affaires avec l’uniforme de sa fonction : costumes sombres, cravate, attaché-case. Il fait les cent pas nerveusement. À ses côtés, trois pères Noël en robe rouge.

L’homme d’affaires les tance :

- Messieurs les pères Noël, votre attitude est inadmissible ! Vous mettre en grève, dans le monde entier, la veille de Noël ! C’est un coup de force inacceptable. Virés ! Tous ! Vous allez tous être virés ! Un plan social planétaire !

Auriez-vous oublié, Messieurs que c’est nous — le monde des affaires, les usines de jouets, le grand commerce — qui vous avons créés ? Qui vous avons inventés pour servir les intérêts de nos actionnaires ?

Auriez-vous oublié que vous n’avez d’autre légitimité que celle du commerce ? Votre existence même est liée à l’efficacité avec laquelle vous incitez les enfants, et surtout leurs parents à acheter, acheter, acheter ! Acheter toujours plus de jouets toujours plus chers, toujours plus compliqués. Ceci afin que nos usines tournent, que nos établissements vendent, que nos profits se gonflent. Pour le plus grand bien de nos actionnaires, les retraités américains. Votre seule fonction est de faire en sorte que les enfants engraissent les retraités du Wisconsin et de Dallas ! Compris ?

Le père Noël le plus barbu prend alors la parole :

- Nous savons pertinemment que c’est vous, les gens des affaires, qui nous avez inventés. Nous savons très bien que nous n’avons pas de légitimité religieuse ou mythique, comme Saint-Nicolas, comme la Babouchka, comme la Béfana. Autant de personnages sympathiques, reflets de cultures ancestrales à travers le monde, et que vous avez — à travers nous — ridiculisés, ringardisés et jetés aux oubliettes. Nous savons tout cela.

- Alors fermez-la et travaillez ! Travaillez ! Vous m’entendez ? Prenez vos rennes — un troupeau dont l’entretien toute l’année nous coûte beaucoup d’argent tout comme ce siège social en Laponie, dans le grand nord de la Suède. Prenez vos rennes et partez livrer les produits de nos usines. Nous avons investi en promotion et publicités des milliards et des milliards. Ce n’est pas pour que le profit qu’en attendent nos actionnaires soit mis à mal par les états d’âme d’employés subalternes tels que vous !

- Non. Nous ne travaillerons pas cette nuit de Noël. Nous refusons de continuer à nous faire les complices d’une gigantesque opération de racket mondial et d’abrutissement de l’enfance. Nous ne livrerons pas vos jeux électroniques basés sur la violence et la mort. Nous ne livrerons pas tous ces gadgets, très chers, trop chers, qui ruinent les parents et n’intéressent que peu les enfants.

- Ggrrrr ! ! ! ! C’est une catastrophe ! Nos profits ! Mes stock-options ! Avec le mal que nous nous donnons depuis des années pour imposer aux enfants l’usage de nos jeux électroniques…

- Nous qui connaissons les gosses, nous qui voyons le rêve dans leurs yeux la veille de Noël, savez-vous ce que nous avons remarqué ? C’est que les enfants, au matin tant attendu jouent surtout… avec les cartons d’emballage des jouets coûteux que vous leur imposez ! Voilà pourquoi nous refusons dorénavant de nous faire les complices de votre entreprise de négation du rêve, de négation de toute culture. Nous refusons — nous pères Noël du monde — d’être vos instruments dans cette entreprise d’acculturation mondiale : partout une seule et même musique, partout les mêmes jouets chers et tuant l’imagination, partout une seule idéologie, celle de l’argent, du fric, du pognon.

Nous voulons, nous, pères Noël, que les enfants du monde rêvent, réfléchissent, s’épanouissent dans la diversité et la richesse de leurs cultures.

- Mais c’est une révolution ! Apprendre à réfléchir aux gosses… Puis quoi encore ? Ont-ils besoin de réfléchir pour devenir de bons consommateurs adultes ? Bien dociles et réceptifs à nos messages publicitaires ? Mais vous voulez tout foutre en l’air, ma parole ! Mes profits… Mes stock-options…

Avec tout l’argent que nous dépensons dans les télévisions, dans les ordinateurs, dans les play-stations pour empêcher les gens de réfléchir. Pourquoi pas la liberté, l’égalité, la fraternité puisque vous y êtes ? Révolutionnaires ! Sans-culottes ! Bolchéviques ! Vous allez nous ruiner avec vos dangereuses utopies ! Mais pour qui vous prenez-vous ?

- Pour des gens qui ont une grande responsabilité. Bien sûr, nous sommes vos créatures, mais nous tenons maintenant notre légitimité de notre succès. Des millions d’enfants du monde croient en nous et nous attendent avec espoir, la tête pleine d’étoiles. Nous ne pouvons pas les décevoir. Nous ferons donc notre tournée cette année encore…

- Ah ! Enfin une bonne parole ! Alors finis de jaser pour ne rien dire. Remplissez vos hottes, vos traîneaux, atteler vos rennes et, Oust ! Partez !

- Je crois que nous nous sommes mal compris. Nous allons faire notre tournée, mais pas pour livrer vos niaiseries. Nous allons porter aux enfants du monde des messages d’intelligence, des ferments de liberté, des gages d’égalité, des élans de fraternité.

- Ah ! Ah ! Laissez-moi ricaner… Et comment donc ?

- N’oubliez pas que nous sommes en Scandinavie, patrie des célèbres Prix Nobel. Eh bien nous, nous allons créer les « Prix Noël » ! Nous allons livrer dans les cheminées des enfants du monde des Livres ! Des Livres ! Car c’est dans les Livres que se trouve le Savoir, l’Intelligence, la Tolérance, la Concorde, l’Entraide, l’Amitié et l’Amour entre les enfants, entre les Hommes.

Tandis que l’homme d’affaires se ronge les poings en morigénant, les pères Noël s’en vont, leurs hottes pleines de livres, au trot tintinnabulant de leurs rennes ailés.

Rêve ? Heureusement qu’il reste le rêve : la dernière liberté…


Victor Ayoli


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24/12/2017

Indispensables à Noël: les cardons

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Les cardons à l'anchois

 

On les voit à l'étal des marchands de légumes,

Ils y sont tout l'hiver. On les prend, on les hume,

Puis, généralement, on les remet en place,

Car de les préparer, peu de gens ont l'audace.. .

Parce qu'on ne sait pas bien comment les apprêter,

Les cardes et cardons sont souvent contestés.

Et pourtant, en Provence, ils sont indispensables

Quand vient le "Gros souper" des tables calendales.

Le cardon à l'anchois est un plat rituel

Du grand repas festif de la nuit de Noël,

Autant que la morue, l'àpi (1), les escargots,

Le muge (2) et les desserts à tire l'arigo.

On appelle cardon la cote de la carde,

Espèce d’artichaut qui, 1'hiver, s'acagnarde

À l'abri des cébisses (3) et des haies de cyprès.

Les meilleures sont celles qui sont serrées très près

Du sol pour qu'elles restent bien tendres et blanches

Et non fibreuses, raides comme de vieilles branches.

Compte deux bons kilos pour quatre ou cinq personnes:

Il y a du déchet plus qu'on ne le soupçonne.

Jette toutes les feuilles et les côtes squameuses,

Ôte soigneusement les parties filandreuses,

Puis coupe tes cardons en tronçons de trois doigts,

Dans de l'eau vinaigrée plonge-les tout de suite,

Par cette précaution le cuisinier évite

Que les cardons brunissent sans qu'on sache pourquoi.

Puis, en eau abondante, salée et citronnée,

Tu les fais cuire une heure. Lorsque c'est terminé,

Tu va les égoutter et réserver au frais

Jusques au lendemain. C'est là l'un des secrets

Pour réussir ce plat, parce que, je le prétends

La carde est un légume qui se cuit en deux temps.

Attaquons maintenant notre phase finale,

Mais sers-moi un canon: il faut mouiller la dalle!

Dans de l'huile d'olive chaude au fond d'un faitout

Tu fais suer tes cardes doucement, à feu doux.

Pendant ce temps tu prends dix beaux anchois salés,

Sous l'eau du robinet, sépare les filets.

Fait une Béchamel avec un quart de lait,

Ajoute les anchois et, en tournant, fond-les

Dans la préparation avec une cuiller.

Dans le premier faitout, tu verses alors ceci,

Tu mélanges aux cardons en ayant le souci

De ne point écraser tes tronçons légumiers.

Un quart de lait de plus, de noix muscade un peu,

Sel, poivre du moulin, puis retire du feu.

Tu incorpores, alors, du râpé de gruyère,

Enfin verse le tout dans un plat à gratin

Saupoudre de fromage de façon régulière,

Puis tu mets à four chaud sans plus de baratin.

Lorsque c'est gratiné, tu sers chaud et fumant.

Ce plat est idéal en accompagnement

D'une côte de bœuf ou d'un poisson au four.

C'est un plat du terroir, simple comme bonjour,

Mais un plat succulent et, de plus, diététique

Que l'on mange en Provence depuis les temps antiques.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Vallée du Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- Trois kilos de cardes, - 1 verre de vinaigre, - 1 jus de citron, - 1 poignée de gros sel, - 3 cuillerées d'huile d'olive de la Vallée des Baux, - 10 anchois salés, - 1 demi-litre de lait, - muscade, - poivre du moulin, - 3 hectos de gruyères râpé.

 

Les vins conseillés:

Les cardons étant surtout un plat d'accompagnement, le choix du vin dépend du plat principal. Avec une côte de bœuf, des vins rouges jeunes ou même primeurs. En Côtes-du-Rhône: Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Rochegude, Tulette, Saze, Domazan, Gallician. En vins du Languedoc: Aspiran, Berlou, Cournonterral, Poujols. En vins de Provence: Allauch, Châteauneuf-Ie-Rouge, Cuers, Flassans-sur-Issole.

Avec un poisson au four, des blancs capiteux. En Côtes-du-Rhône: Laudun, Uchaux, Châteauneuf-de-Gadagne, Codolet. En Languedoc: Argeliers, Bize-Minervois, Puichéric, Roubia. En Provence: Camps-la-­Soure, Rocbaron, Meyreuil, Le Tholonet.

(1) L'api : le céleri.

(2) Muge: encore appelé mulet - c'est un poisson de mer qui monte frayer dans fleuves et rivières et particulièrement dans le Rhône.

(3) Cébisses : haies coupe-vent faites en cannes de Provence.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

23/12/2017

Ouiquinde érotique avec Desnos

 

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Coucher avec elle

 

Coucher avec elle

Pour le sommeil côte à côte

Pour les rêves parallèles

Pour la double respiration

Coucher avec elle

Pour l'amour absolu

Pour le vice pour le vice

Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle

Pour un naufrage ineffable

Pour se prostituer l'un à l'autre

Pour se confondre

Coucher avec elle

Pour se prouver et prouver vraiment

Que jamais n'a pesé sur l'âme

Et le corps des amants

Le mensonge d'une tache originelle

 

Robert Desnos

 

Photo X - Droits réservés

21/12/2017

On peut toujours rêver.

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Aïe avé drim

C'est de pendre tous les banquiers,

Par les couilles ou par les pieds

Ou encor' de les fusiller

Mais, avant, de leur faire raquer

Tout le pognon qu'ils ont piqué,

Aux pauvres cons qu'ils ont niqués.

 

Aïe avé drim

C'est d'exploser les politiques

Sans vergogne et sans éthique,

Ces vieux cumulards prostatiques,

Résidus de fosses septiques

Dont la seule et unique tactique

Est: parasiter la République.

 

Aïe avé drim

C'est d'empaler tous les bigots

Ces insupportables cagots

Curés, rabbins, imams dingos

Qui se dressent sur leurs ergots

Pour abrutir tous les gogos

Et leur emplâtrer le magot.

 

Aïe avé drim

C'est d'arracher les deux roustons

Puis de couler dans le béton

Les marchands de merde en veston

Qui nous vendent leurs rogatons,

Viandes pourris et faux frometons

Dans leurs grandes surfaces de con.

 

Aïe avé drim:

La revanche de ceux qui triment...

 

Illustration X - Droits réservés

19/12/2017

Notre-dame-des-landes : alors, ça va à la baston ou pas ?

notre dame des landes

 

Alors fera, fera pas ? Quoi ? L'aéro-porc de Notre-Dame-des Landes bien sûr. Jupiter semble sodomiser les diptères, Hulot boire une dose de glypho pour faire glisser les couleuvres. Alors ? On fait quoi ? Ben, il serait peut-être temps de se poser la seule vraie question : la construction de cet aéroport, projet vieux de 50 ans, est-elle encore nécessaire ? Les "zexperts" n'en sont plus tout à fait sûrs...

Et puis, il va falloir éradiquer le « kyste » de le zad qu'ils disent les « milieux autorisés » ! Seulement les « enkystés » promettent des rations de marrons pour toute tentative d’évacuation par la force de leur camp retranché.

 Allez, Préfet ! Du courage. Il va falloir peut-être les envoyer les argousins de la République ! Matraques et gaz lacrymo contre marrons chauds  et…tracteurs, les paysans de Conf’ formant barrage avec leurs gros tracteurs autour de « La Châtaigne » ! Du courage Colomb, d’autant plus que les « enkystés » ont promis des métastases dans tous les lieux de pouvoir de France en cas d’attaque. Il y a une centaine de comités locaux de soutien dans tout le pays, remontés comme des pendules ! Ouarf ! Putaing ! Ça nous rajeunit ! Comme aux temps flamboyants du Larzac ! Allez les jeunes ! Notre génération à fait reculer l’Armée ! La glorieuse armée françouaise ! Alors les partisans douteux d’un minable aéroport de province… Tè ! Fume !

Car est-il vraiment indispensable cet aéroport ? Ce type de grands travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux, est-il vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et…le subir ? A qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur ces plateformes.

Notre-Dame-des-Landes n’est-il pas plutôt l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux voulant péter plus haut que leur cul? On peut leur conseiller d’aller faire un petit voyage d’étude en Espagne où ils pourront visiter l’aéroport fantôme de Ciudad Real, l’aéroport « piétonnier » de Castellón-Costa Azahar ou encore celui de Huesca. Tous fruits empoisonnés de la folie des grandeurs de « décideurs » stupides et pour certains magouillant sans vergogne avec quelques grandes compagnies de travaux publics…

L’affaire est un serpent de mer qui dure depuis 50 ans. Il provient de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises acoquinée à la bourgeoisie locale pour décider les « décideurs » locaux. Pourtant, comme l’écrivait déjà le Monde à cette époque : « L'aviation commerciale mobilise d'énormes capitaux pour le bénéfice d'un petit nombre. Cette activité ne subsiste que grâce à l'aide des pouvoirs publics. Elle fonctionne comme un important appareil de redistribution à l'envers où le pauvre paie pour plus riche que lui. Elle mobilise des ressources qui seraient socialement mieux utilisées ailleurs. » Tout est dit. (Il est vrai que le Monde, en 1976, était encore un vrai journal, LE journal de référence en France. Ce temps est bien révolu…)

Oui mais, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains qu’ils disent, les bétonneurs. Faux. Il pourrait, avec un aménagement de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas. (L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242.000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant !). Pareil pour celui de Genève. Qui peut penser qu’on prendra un jour l’avion à Nantes pour un vol direct vers New-York, Shanghai, Rio de Janeiro ou Moscou ?

Seulement voilà :  le transfert de l’aéroport actuel situé à 10 km de Nantes libèrerait des palanquées d’hectares convoitées avec gourmandise par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels l’inévitable…Vinci. Notez que la piste (3800 mètres contre 3200 mètre à Notre-dame-des-landes resterait en place puisqu'elle la condition sine qua non du maintien de l'usine d'Airbus.

Bon. N’en jetez plus. Cet aéroport est une énorme konnerie assortie de juteuses magouilles.

Eh ! Jupitounet, tu veux en faire ton Larzac !

 

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17/12/2017

Entrainez-vous pour les Fêtes : mangez gras, carné et beaucoup !

 

 

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"Foin de tous ces sacs d’os, mannequins faméliques

Condamnée par la mode à rester rachitiques"

 

 

Le sac d’os

 

- Dis-moi, sais-tu, petit, ce que c’est qu’un sac d’os ?

- C’est une jeune fille qu’est pour sûr pas très grosse…

- Ce parallèle-là n’est vraiment pas galant,

Pour la gent féminine, c’est bien désobligeant !

Non, petit, un sac d’os, même si c’est étrange,

C’est un plat délicieux, paysan, que l’on mange

Au fond de nos campagnes lorsqu’on tue le cochon

Et non pas les appâts d’une maigre Fanchon.

Coupe en petits morceaux les os des côtelettes

En laissant de la viande, et pas qu’une lichette,

Coupe aussi tout petit un bon kilo de couennes

Met la queue du cochon, un peu de péritoine,

Dans une grande jatte, mélange tes parcelles

Avec de l’ail pilé, thym, laurier, poivre et sel.

Généreux sur le sel pour conserver le met,

Tu laisses reposer pendant que tu soumets

L’estomac du cochon à quelques tours de mains :

Retourner, bien gratter au couteau et laver

Soigneusement le tout dans de l’eau vinaigrée.

Puis tu remets d’aplomb cet estomac-saquette

Dans lequel tu ensaches couennes et côtelettes.

Tu fermes le sac d’os en cousant les entrées,

Saupoudre de gros sel et conserve aux frais.

Après trois quatre jours tu dessales une nuit

Alors, dans beaucoup d’eau, tu vas le faire cuire

Serre-le dans un linge pour ne pas qu’il éclate

Et à tout petit feu il mijote sans hâte

Trois ou quatre heures au moins pour qu’il s’épanouisse.

En bouche alors, petit, c’est un feu d’artifice !

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne !

 

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16/12/2017

Ouiquinde érotique avec Alexis Piron, le Rabelais bourguignon.

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Foutre des neuf Grâces du Pinde,
Foutre de l’amant de Daphné,
Dont le flasque vit ne se guinde
Qu’à force d’être patiné :
C’est toi que j’invoque à mon aide,
Toi qui, dans les cons, d’un vit raide
Lance le foutre à gros bouillons,
Priape ! soutiens mon haleine,
Et pour un moment dans ma veine
Porte le feu de tes couillons.

Que tout bande !! que tout s’embrase
Accourez, putains et ribauds !
Que vois-je ? où suis-je ? ô douce extase !
Les cieux n’ont point d’objets si beaux :
Des couilles en bloc arrondies,
Des cuisses fermes et bondies,
Des bataillons de vits bandés,
Des culs ronds, sans poils et sans crottes,
Des cons, des tétons et des mottes,
D’un torrent de foutre inondés.

 

Alexis Piron

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15/12/2017

Au bistrot de la toile : dopage, on en fait un Froomage !

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- Salut à toi, Loulle. Fais-moi vite un vin chaud.

- C’est pour soigner ton asthme, comme ce pauvre tonton Froome ?

- C’est pas bien de se moquer des malades, Loulle. Moi, je me soigne à titre préventif contre la grippe. On ne sait jamais. Remarque Froome, c’est un peu pareil : il enfourne du Salbutamol au cas où aurait une crise d’asthme. C’est un homme prudent, soucieux de sa santé.

- C’est étonnant qu’il y ait tant de malades chez les sportifs de haut niveau ! Ce doit être le grand air qui leur donne de l’asthme !

- Et qu’est-ce qu’il risque le fringant pédaleur asthmatique ?

- Ma foi, il risque le sort réservé en 2010 dans un cas comparable à Alberto Contador : le retrait de sa victoire sur la course où a été constatée l’infraction, en l’occurrence le Tour d’Espagne 2017, et une suspension de deux ans. Parmi ses confrères du peloton, ça rue dans les brancards parce que le Froome, bien que son « salbutamolage » ait été constaté au Tour d’Espagne. Ainsi l’Allemand Tony Martin – un calibre : quadruple champion du monde du contre-la-montre - a qualifié de « scandale » le fait que Christopher Froome ne soit pas suspendu malgré les résultats anormaux d’un contrôle antidopage, et a accusé l’UCI d’avoir « magouillé en coulisses » pour régler l’affaire discrètement. « Dans le cas de Christophe Froome, c’est clairement deux poids, deux mesures » qu’il écrit sur les réseaux. « Ce qui se passe ici est inconséquent, anti-transparent, anti-professionnel et injuste », poursuit-il. « Pour moi, et dans l’opinion publique, on a immédiatement l’impression que quelque chose a été magouillé en coulisses, qu’on s’est mis d’accord et qu’on cherche à trouver des moyens de sortir de cette histoire. Est-ce que (Froome) et son équipe bénéficient d’un statut particulier ? »

D’autres sportifs, affirme Martin, ont été « immédiatement suspendus » après un contrôle positif. « À lui et à son équipe, l’UCI leur a donné le temps de s’expliquer. Je ne connais aucun autre cas semblable dans le passé récent. C’est un scandale, d’autant plus qu’il n’aurait pas dû avoir le droit de participer aux championnats du monde, en septembre, où il avait décroché le bronze du contre-la-montre. »

- Pas tendre le Tony ! Il connaît bien le milieu… Et l’équipe Sky, qui écrase toutes les courses, c’est l’équivalent de l’équipe U.S.Postal du temps de Lance Armstrong. Avec tout ce que ça comporte…

- Le « Team Sky », du nom d’une chaîne de télé british, appartient à Murdock, « grand philanthrope » sous l’éternel, magouilleur milliardaire de l’extrême droite mondiale. Son budget de 30 millions par an, est bien supérieur à celui de l’Agence Mondiale Antidopage. Ses coureurs, achetés à prix d’or comme de vulgaires footballeurs, sont payés – très bien – pour gagner, pas pour soulever l’enthousiasme, encore moins pour faire rêver. Le Tour et les autres courses de prestige, pour eux, c’est du business. Il faut gagner, et tous les moyens sont bons. Par exemple embaucher les meilleurs coureurs qui doivent dès lors, moyennant des salaires considérables, renoncer à toute ambition sportive individuelle pour se mettre au service exclusif de leur lideur. Ces machines à rouler tuent la course en neutralisant toute tentative de bagarre. Et on s’emmerde…

On se demande pourquoi ces gaillards sportifs jeunes, en pleine forme, ont besoin d’être suivis par des escouades de « médecins »… Le soupçon (??!!) de dopage est toujours là. Comme dans tous les sports professionnels d’ailleurs, football, tennis, rugby, athlétisme et autres. Pourquoi les autobus des grosses équipes sont-ils protégés par des vitres fumées et fermés comme des coffres-forts ? Les voleurs ayant toujours une longueur d’avance sur les gendarmes, beaucoup de traitements sont indétectables. Les « médecins » sont là pour faire en sorte que les coureurs « traités » respectent les périodes d’incubation, que les « traitements » se fassent dans des périodes précises avant les courses. Pas vu, pas pris. Et seuls les crétins se font prendre. Et pas question de balancer ! Sinon les lendemains seront durs pour la balance. Pareil pour les anciens champions s’ils ne veulent pas être éjectés du milieu qui est toute leur vie… Quant aux médias, les journalistes « sportifs » restent désespérément discrets à ce sujet…

- Le pire, c’est que le public semble s’en foutre : « ils n’ont qu’à autoriser le dopage, ils seront tout chargés, et ça reviendra au même » entend-t-on dire… Bonjour l’exemple pour les jeunes !

- Bof. Est-ce vraiment nouveau ? C’était mieux avant ? Plus propre ? Ça faisait rêver ? Le rêve n’a plus de raison d’être dans le monde du fric roi. Et puis soyons honnêtes : où sont les champions, les « campionissimi » d’avant ? La plupart sont morts, jeunes ! Bobet : mort. Coppi : mort. Koblet : mort. Anquetil : mort. Fignon : mort. Etc. Restent tout de même Poulidor, Thevenet et Mercx. Il faut croire qu’ils sont plus solides que les autres…

- Allez, Loulle, prépare l’E.P.O. de chez nous : eau, pastis, olives !


Sources :

http://www.lalibre.be/sports/cyclisme/chris-froome-controle-positif-lors-de-la-derniere-vuelta-mon-asthme-s-est-aggrave-et-j-ai-suivi-le-conseil-du-medecin-de-l-equipe-5a30cf19cd7095d1cd65827f

https://en.wikipedia.org/wiki/U.S._Postal_Service_Pro_Cycling_Team

http://www.liberation.fr/sports/2017/03/03/dopage-le-team-sky-sous-pression-le-cyclisme-britannique-en-danger_1552887

http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/02/06/cyclisme-contador-suspendu-deux-ans-perd-le-tour-2010_1639363_3242.html


13/12/2017

Grandes voix : Tidiane N’Diaye sur la traite négrière.

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Alors qu’on semble découvrir l’esclavagisme en Libye, une lecture édifiante : « Le génocide voilé » de Tidiane N’Diaye.

« Les Arabes au cours de leurs mouvements de conquête, ont d’abord pris, soumis et islamisé l’Afrique du Nord, avant de se diriger vers l’Espagne. Dans ce pays, ils développèrent une brillante civilisation, symbolisée par les émirats et califats de Cordoue. Puis, à leur retour en Afrique, dans une nouvelle vague d’islamisation des peuples, ils amenèrent avec eux une cascade de malheurs. Sous l’avancée arabe, la survie était un véritable défi pour les populations. Des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman.

Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale. Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrée en contrée, le Coran d » une main, le couteau à eunuque de l’autre, menant hypocritement une « vie de prière », ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Beaux et nobles principes en vérité, mais que foulaient aux pieds - avec quelle allégresse, quelle indignité et quelle mauvaise foi ! - ces négriers arabes, qui mettaient l’Afrique à feu et à sang. Car derrière ce prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces. Cela fit dire à Édouard Guillaumet : « Quel malheur pour l’Afrique, le jour ou les Arabes ont mis les pieds dans l’intérieur. Car avec eux ont pénétré et leur religion et leur mépris du Nègre. »

Si de nos jours, pour ce qui est de l’islamisation de peuples africains, dans la plupart des pays, la religion du prophète Mohamed - avec son prestige social et intellectuel – a fait d’énormes concessions aux traditions ancestrales en s’intégrant harmonieusement sans détruire les cultures et les langues, il n’en a pas toujours été ainsi : l’histoire de ces Arabes qui plongèrent les peuples noirs dans les ténèbres fut surtout celle du mal absolu.

Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne.

La plupart des millions d » hommes qu’ils sont déportés ont disparu du fait des traitements inhumain et de la castration généralisée.

La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XX° siècle

Cette douloureuse page de l’histoire des peuples noirs n’est apparemment pas définitivement tournée. Au lendemain du second conflit mondial et de la découverte des horreurs de la Shoah, l’humanité a pris la mesure exacte de la cruauté de l’homme et de la fragilité de sa condition. Sous le choc, la communauté internationale déclara, en l’espèce d’un célèbre et mémorable never again, que plus jamais elle ne laisserait de tels événements se produire. Il apparaîtra d’autant plus absurde aux historiens du futur qu’en ce début du XXI° siècle, au Soudan, se déroule une véritable entreprise de nettoyage ethnique des populations du Darfour.

En avril 1996, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Soudan faisait déjà état d’une « augmentation effrayante de l’esclavagisme, du commerce des esclaves et du travail forcé au Soudan ». En juin de la même année, deux journalistes du Baltimore Sun, qui s’étaient également introduits dans ce pays, écrivaient dans un article intitulé « Deux témoins de l’esclavage » qu’ils avaient réussi à acheter des jeunes filles esclaves, pour les affranchir. Décidément, du Darfour VII° siècle au Darfour XXI° siècle, l » horreur continue avec cette fois le nettoyage ethnique en plus.

Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique. Car, bien qu’il n » existe pas de degrés dans l » horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir, sans risque de se tromper, que le commerce négrier arabo-musulman et les djihads (guerres saintes) provoqués par ses impitoyables prédateurs pour se procurer des captifs furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. Et ce, encore sous nos yeux aujourd’hui (janvier 2008), avec son lot de massacres, avec son génocide à ciel ouvert. »

TIDIANE N’DIAYE

Écrivain et anthropologue d'origine franco-sénégalaise, Tidiane N`Diaye vit en Guadeloupe, ou il travaille comme économiste à l’lnsee. Il est également directeur de recherches à Sup de Co Caraïbes. Auteur de nombreuses études économiques et sociales sur les départements français d’Amérique et de plusieurs ouvrages sur les civilisations négro-africaines, il a déjà publié dans la collection « Continents Noirs », aux Éditions Gallimard, quatre « enquêtes historiques » : Les Falachas, Nègres errants du peuple juif (2004), Le génocide voilé (2008), Par-delà les ténèbres blanches (2010), Le jaune et le noir (2013) et L’appel de la lune (2017).

https://www.laboutiqueafricavivre.com/livres/216-le-genoc...

https://www.youtube.com/watch?v=FhJH4O5lISk

 

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11/12/2017

Lactalis dans la tourmente. #balancetavache !

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Le gouvernement a annoncé un retrait massif de laits infantiles fabriqués par le groupe Lactalis en raison d’un risque de contamination par des salmonelles. Bercy a annoncé dimanche dans un communiqué une extension des mesures de retrait et rappel de produits de nutrition infantile fabriqués par le groupe laitier Lactalis à Craon (Mayenne), La liste des références concernées est disponible sur www.solidarites-sante.gouv.fr. Et surtout là : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/liste_des_refere...

Les quantités concernées sont « énormes », a reconnu un porte-parole de Lactalis, qui se présente comme « leader mondial des produits laitiers », mais visiblement pas au top s’agissant de la sécurité de la chaîne de production si l’on en croit Bercy, qui explique dans son communiqué que les mesures prises par le groupe depuis le 2 décembre ne sont « pas de nature à maîtriser le risque de contamination » par ces bactéries. Une charge inhabituelle de la part des pouvoirs publics pour qui il est donc temps que Lactalis se bouge, s’agissant de surcroît du sujet sensible de l’alimentation des bébés…

Mais les pouvoirs publics sont décidés à maintenir la pression. L’usine de Lactalis ne pourra reprendre sa production sans « mesures correctives », indique le directeur général de la Santé. « Il faut que l’entreprise fasse un plan de correction de sa production pour être capable de rouvrir sa production de laits en poudre ». Ce grand nettoyage des installations est encadré par l’État : un arrêté préfectoral a été pris samedi, si bien « qu’ils (Lactalis) ne peuvent plus redémarrer sans avoir mis en place les mesures correctives qui s’imposent », a souligné Benoît Vallet. Personne ne comprendrait, en effet, qu’il en soit autrement.

Après avoir tenté d’assassiner le véritable camembert et les meilleurs fromages de France au lait cru, après avoir asphyxié et poussé au suicide de nombreux éleveurs, Lactalis empoisonnerait les bébés ? Pourtant, dans des publicités multisupports, Lacatalis met en avant la qualité du lait français et le savoir-faire des producteurs… qu’elle met sur la paille. Une manière de se ménager la presse, grâce à des budgets pube généreux… que l’on peut suspendre en cas de « mauvais articles ». Ben voyons.

Il s’agit de 3 produits de lait infantile. Trois sortes de boîtes sont concernées : le lait Picot sans lactose 350 g, Pepti Junior 460 g et Milumel Bio 900 g sans huile de palme. Ce n’est pas la première fois cette année que Lactalis retire certains de ses produits du marché. Il y a un mois, le groupe avait dû rappeler des milliers de yaourts la laitière, fabriqués en Mayenne à Changé où du verre était tombé sur une ligne de production.

Lactalis est pourtant l’exemple d’une petite PME familiale de province – Besnier - qui a brillamment réussi en se hissant au premier plan tant européen que mondial. Chapeau ! Oui mais on ne réussit dans ce monde sans pitié, sans foi ni loi, des multinationales qu’en piétinant allègrement ses sous-traitants et ses producteurs. Et qu’en agissant souvent aux limites de la loi. Ainsi, en 2000, le groupe, qui s’appelait encore Besnier, a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » pour mouillage (ajout d’eau) systématique du lait de consommation (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis). En décembre 2012, le Canard enchaîné dénonce les pratiques du groupe, l’accusant de vendre du lait UHT pour du lait frais pasteurisé, au prix bien plus élevé. Cette fraude a été découverte en 2010 lors d’un contrôle d’une laiterie dans l’Ille-et-Vilaine par la répression des fraudes. Le parquet de Rennes n’a cependant pas donné suite à leur rapport en raison d’un vide réglementaire. « Selon que vous serez puissants ou misérables, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… »

En mars 2015, l’entreprise est condamnée dans l’affaire dite du « Cartel du yaourt », pour entente illicite sur les prix et les appels d’offres pour produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur à une amende de 56,1 millions d’euros, par l’Autorité française de la concurrence. Le groupe a aussi tenté de faire modifier par l’INAO (institut national des appellations d’origine) le cahier des charges très strict des AOC (appellation d’origine contrôlée) fromagères afin de pouvoir vendre sous ce label prestigieux ses camemberts industriels au lait pasteurisé ou thermisé. Lactalis a perdu mais dans les rayons des grandes surfaces, il faut vraiment avoir l’œil exercé pour trouver des vrais camemberts (portant le logo AOC ou AOP) au milieu des flopées de fromages industriels agrémentés de belles images et de mentions ne voulant rien dire…

Bon. En attendant les résultats de l’enquête en cours, on peut toujours faire meffi avec les produits suivants :

Fromages :
- la marque Président regroupe 150 produits, dont de nombreux fromages : camembert, mais aussi cancoillotte, brie, chèvre, emmental, comté, fromage râpé, cheddar, mimolette, fêta, etc. ;
- Bridel (camembert, emmental), et ses différentes gammes : Bridélight, Rondelé ;
Camembert : Lanquetot, Lepetit ;
- Le Roitelet (brie, camembert et coulommiers) ;
Société : roquefort, fêta Salakis, les fromages basques Istara et le Corsica ;
Galbani et ses fromages italiens : mozzarella Santa Lucia, gorgonzola, parmesan, mascarpone, pecorino, etc. ;
- Bel : Babybel, La Vache qui rit, Sylphide, Leerdamer, Boursin, Kiri, etc..

Lait :
- Lactel : lait UHT, lait de croissance (Eveil), spécialités dédiées aux enfants (Max), aux sportifs (Sporteus), sans lactose ;
- Bridel ;
- Et à l’étranger : Parmalat, Puleva.

Yaourts et desserts lactés en « joint-venture » avec Nestlé : La Laitière, Sveltesse, Yoko, Nestlé, B’A, etc.

Beurres et crèmes :
- Marques Président, Bridel et Galbani.

Nutrition infantile :
- Celia : lait infantile en poudre pour les 0-3 ans, céréales infantiles ; Picot ; Milumel.

Autres produits :
- de la nutrition pour les sportifs : marque Apurna ;
- des produits pour la restauration (comme le beurre en portion individuelle) et des ingrédients comme le sérum et le lait en poudre pour les professionnels de l’agroalimentaire ou de la pharmacie.

Pour la grande distribution :
- des produits du groupe sont vendus sous l’enseigne de Casino, Carrefour, Système U, Auchan, Aldi ou Lidl

On voit que le choix des produits échappant à la pieuvre Lacatalis est des plus restreint. Sauf à élever une vache dans son HLM…

 

Sources :

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/11/2702193-laits...

http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/commun...

https://www.mediapart.fr/journal/france/230816/lactalis-l...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis


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10/12/2017

Ouiquinde gastronomique ardéchois.

 

 

Les temps de pénurie ne sont guère de mise

Et chacun, plus ou moins, peut manger à sa guise

Bien sûr, ce sont souvent des bouffes dégueulasses :

Sous vide, surgelés ou conserves fadasses.

Le pire étant bien sûr ces affreux "hambourgeois"

Dont les Zétazuniens, puritains rabat-joie,

Punissent tristement tout le reste du monde

En voulant le gaver de leur pâtée immonde :

Un peu de vache folle en tranche agglomérée

Prise entre deux éponges assaisonnées diarrhée

Pourtant, il y a peu – trois, quatre décennies –

Faire bouillir la marmite donnait des insomnies

À bien des ménagères. Mais avec presque rien,

Des patates, des restes, et du goût, ô combien!

Elles vous mitonnaient de solides gamelles

Qui régalaient le ventre mieux que des regardelles.

René-Louis Thomas, mon ami ardéchois,

Grand amateur de vins et de repas de choix

M'a préparé un jour - j'en lèche mes babines –

De sa Mamé Zizou la fameuse Bombine.

- Je t écoute Victor : comment ça se prépare,

Avec quels ingrédients, cette recette rare ?

Ce n'est pas compliqué comme tu vas le voir,

Pourtant c'est un bouquet de saveurs du terroir.

Hache fin deux ou trois cèbes de Lézignan

Que tu feras blondir dans l'huile lentement.

Quand je dis dans de l'huile, c'est d'olive bien sûr

Et non les jus douteux de quelques grains obscurs.

Ajoute des lardons, si possible un peu rances,

Ça apporte un parfum, mais évite l'outrance.

Il est temps maintenant de remplir ta toupine

De ce qui constitue le corps de la bombine :

Des rattes de l'année, entières, avec leur peau,

Mêlées de rattes vieilles, pelées et en morceaux.

Couvre juste à niveau d'eau chaude assez salée,

Met une gousse d'ail, du laurier et du thym

N'oublie pas d'ajouter un verre de bon vin,

Ferme et met en cuisson deux heures d'affilée,

À petit feu bien sûr, il faut que ça mijote.

Ce plat de fin de mois des montagnes gavottes

Te remplit le palais de fragrances rugueuses.

Il cala l'estomac des gavots et des gueuses

L'arrosant de clinton, ce cépage ardéchois

Qui te chauffe la tête et maltraite le foie.

Mais, comme dit Ferrat, il fait des centenaires

Qui ne vont pas souvent chez les apothicaires.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire.

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins subtils, poussés en Languedoc

Qui te rendent gaillard, solide comme un roc.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 ou 4 cèbes de Lézignan (ou autres oignons doux si vous n'en trouvez pas), - 2 hectos de lards (si possible un peu rance), - 1 kilo de pommes de terre rattes nouvelles, - 1 kilo de rattes vieilles, - 1 cuillerée à soupe de gros sel, - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 2 litres d'eau améliorée d’un verre de vin blanc.

 

Les vins conseillés:

Vous ne trouverez plus de clinton, ce cépage qui poussait sur les arides restanques ardéchoises, car, dangereux, il est interdit et c'est une bonne chose. Mais essayez un de ces rouges étonnants de fraîcheur et de parfum des Coteaux ardéchois : Saint-Désirat, Saint-Joseph, Tournon, La Roche-de-Glun ; des rouges des Corbières ; des rouges des Coteaux varois.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

 

09/12/2017

Ouiquinde érotique avec Léo Ferré

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Géométriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 

Léo Ferré

Ecoutez, là!

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Un mari dit a sa femme pendant qu’ils sont en train de faire l’amour : 

- « Dis-moi chérie, tu pourrais me le dire quand tu auras un orgasme ? » 
- « Mais chéri, tu ne veux quand même pas que je t’appelle à ton travail ! »

07/12/2017

Au bistro de la Toile : Jonhysse, smic, Jérusalem

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- Oh ! Victor, on t’a pas vu hier. C’est le deuil national qui t’a empêché de sortir ?

- Bof… À vrai dire Loulle, je fuis ce harcèlement johnnyxuel. Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Certains en sont à comparer notre sympathique Jojo à Victor Hugo. Tè, je vais te réciter quelques vers de l’immense Hugo qui pourraient convenir à la mort de Johnny :

Il n’avait pas encor pu saisir une cime,
Ni lever une fois son front démesuré.
Il s’enfonçait dans l’ombre et la brume, effaré,
Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,

Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes.
Il tombait foudroyé, morne silencieux,
Triste, la bouche ouverte et les pieds vers les cieux,

L’horreur du gouffre empreinte à sa face livide.
Il cria : Mort ! les poings tendus vers l’ombre vide.

-… tenh ! C’est pas gai ton truc.

- Eh ! La mort n’est pas souvent gaie. J’ai une autre idée pour ne pas oublier le ci-devant Smeet Jean-Philippe, Victor Hugo de consommation courante, ersatz d’Étasunien mais vrai contribuable helvétique : mettre sa photo et celle de ses poumons sur les paquets de clopes !

- Eh ! Oh ! Tu veux la mort des buralistes ? Déjà que les Smicards sont dans le collimateur des « Zexperts », qui viendra s’encanailler dans mon rade ?

- Les riches Loulle. Les riches. Voilà une clientèle solvable, et qui est en progression. Pour augmenter leur pouvoir d’achat, un ami m’a proposé quelque chose d’intéressant : « Instaurer le DMIC, le Dividende Minimum Inter-actionnarial de Croissance, d’un montant de 100 000 € alloué à chaque actionnaire, qui serait financé par une cotisation de 50 % des revenus bruts de tous ces salauds de nantis que sont les smicards, les RSAïstes, les polemployïstes et les fonctionnaires. »

- Il manie avec bonheur l’ironie sarcastique ton pote, comme toi concernant Johnny. Bon. Changeons de sujet. Tiens, la dernière Trumpade n’est pas mal et ressemble à une chanson de Johnny : « Allumer le feu ! ». Voilà que ce taré veut en remettre une couche au Moyen-Orient avec son truc d’ambassade à Jérusalem…

- C’est vrai que ce type se révèle grandiose : le Mozart de la konnerie. Il devient une illustration parfaite de cette boutade d’Einstein qui dit en substance : « Il y a deux choses dont je sois sûr : la bêtise humaine et l’expansion de l’univers. Encore que pour l’expansion de l’univers, on peut douter… », et que moi je reprends en disant : « La konnerie humaine est la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini. »

Jérusalem, Loulle, je ne vois que deux solutions concernant le devenir de cette ville qui est le symbole des pires névroses collectives en « isme » : le judaïsme, le christianisme, l’islamisme. Soit en faire une ville ouverte, un territoire en soi, indépendant comme l’est le Vatican par exemple, ou Monaco. Avec bourrage de crâne à tous les étages et promesse de paradis, fiscal bien entendu, c’est plus réaliste que l’autre !

- Et la seconde solution ?

- Puisqu’on est dans le sarcasme et l’exagération : faire fuir la population dans le désert puis vitrifier la ville avec trois bombes atomiques, l’une venant d’Israël, l’autre de chez Trump, la troisième fournie par le Pakistan…

- Fatche ! Tè ! Puisqu’on est dans les machines de mort, buvons plutôt un canon…

 

Illustration: hommage à Chimulus