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21/02/2018

Les bombes massacreuses, pourvoyeuses de morts… et de fric.

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Je viens d’entendre Bernard Guetta s’étrangler d’une saine colère contre les bombardements de la dernière poche islamiste autour de Damas en Syrie, venant de faire près de 200 morts sont une cinquantaine d’enfants. C’est révoltant. C’est dégueulasse. C’est ça la guerre.

Des civils massacrés, une ville ravagée, les images de gosses martyrisés. C’est la guerre. Et oui. La guerre c’est la mort, c’est la souffrance, c’est la terreur, surtout et avant tout des civils, des victimes, des innocents. Ce sont les bombes massacreuses qui tombent d’un ciel déserté par tous les dieux. La guerre est une horreur. La guerre est – hélas - humaine. La guerre, le massacre de l’autre est dans les gènes de l’Homme, l’humain étant le seul animal à faire la guerre. À part peut-être les fourmis et les termites…

La guerre est cynique. Dès lors peut-on reprocher à Bachar El Assad de vouloir en finir en réduisant par tous les moyens à sa disposition cette opposition armée qui lui résiste ? Cette opposition armée, ce sont les tueurs islamistes et non pas cette armée d’opposition démocratique fantasmée. Elle n’existe pas, du moins elle n’existe plus si elle a jamais existé un jour, phagocytée par les groupes islamistes d’Al Qaeda, même rebaptisés, et ceux de l’État Islamique. Et nos politiques, nos journalistes, nos éditorialistes, bref toutes nos belles élites pensantes continuent à s’accrocher à cette fiction. En Syrie, il y a deux camps : le pouvoir légitime et ses alliés d’une part, les divers groupes islamistes d’autre part. Les militaires du régime, même si ce régime n’est pas très fréquentable et les égorgeurs islamistes, les tueurs d’allah. Et Basta.

Le foutoir syrien est alimenté par une lourde rivalité entre Étasuniens et Russes sur fond de pétrole, de gaz et d’oléoducs. Derrière la guerre en Syrie, il y a une lutte sournoise mais sans merci entre Étasuniens et Russes pour le pétrole, le gaz et les moyens d’exporter ces richesses, les oléoducs, les gazoducs et les ports. Avec en plus – cerise sur le gâteau – le massacre de nos amis et alliés Kurdes par le fou d’allah Erdogan et ses troupes turques, membres de l’Otan, ce dinosaure belliqueux au service des intérêts des multinationales étasuniennes. Parce que la géopolitique imposée aux dirigeants du monde par les multinationales n’a que faire des misères de quelques milliers de malheureux…

Les bonnes âmes et autres jocrisses crient au génocide en désignant d’un doigt vengeur celui qu’ils considèrent comme le responsable : le président syrien régulièrement élu et son allié russe Poutine et ses bombardiers tueurs d’enfantsBachar veut débarrasser son pays des tueurs islamistes. Peut-on lui reprocher d’être efficace et sans états d’âme ?

Ben voyons. Les Étasuniens se sont-ils souciés des populations civiles lorsqu’ils ont écrasé Caen sous les bombes ? Et les civils de Dresde ? Et ceux de Hiroshima et Nagasaki ? Et ceux du Vietnam ?

Donnons aux choses l’importance qu’elles ont. La mort aveugle venue du ciel touche avant tout les civils. Deux cents morts, la famine qui se pointe, c’est une horreur. Mais…

Mais le bombardement de Dresde, qui eut lieu du 13 au 15 février 1945, détruisit presque entièrement la ville allemande de Dresde. L’United States Army Air Forces (USAAF) et la Royal Air Force (RAF) utilisèrent principalement des bombes à fragmentation et incendiaires au phosphore, provoquant entre 22 700 et 25 000 morts.

Les bombardements de la Luftwaffe au siège de Varsovie : 20 000 morts

Le blitz contre Londres par la Luftwaffe : 50 000 morts

La destruction de Hambourg, avec l’opération Gomorah par l’USAAF et la RAF : 40 000 morts

Les bombardements de Normandie durant le débarquement allié : 20 000 morts civils

Le bombardement de Tokyo par l’USAAF : 100 000 morts

Hiroshima : 115 000

Nagasaki : 75 000

Plus proche de chez moi : le bombardement américain de Marseille le 27 mai 1944 sur le centre-ville, a fait dans la population civile 4 512 tués ou blessés, et 20 000 sinistrés.

Le bombardement d’Avignon le même jour : 525 morts et plus de 800 blessés.

N'oublions pas les bombes "made in France" qui écrasent les Yéménites.

Oui mais… Tous ces pays à reconstruire… Hum ! Y a bon les montagnes de fric !

 


Illustration X - Droits réservés.

 

18/02/2018

Ode à Francisco Pires, prince de l’Huître

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Gloire à toi, Francisco Pires de « La Mascotte »

Sur les étals tu as la cote,

Étals où se prélassent les huîtres

Qui te valent ce prestigieux titre

De Champion du beau pays de France.

Qu’elles soient de Bouzigues, qu’elles soient de la Rance,

Qu’elles soient de Marennes, qu’elles soient d’Arcachon

Toi, tu les ouvres toutes à l’heure du mâchon.

Aucune ne résiste à la caresse experte

De tes doigts de velours, des doigts de sage-femme

Prolongés par l’éclat priapal de la lame

Qui nous les livrera ouvertes et offertes,

De l’éclat souverain des Maîtres et des Sages

Tu transcendes pour nous l’esprit des Coquillages.

 

Encore faut-il trouver sur les étals des huîtres dignes de ce nom et pas de ces chimères étranges que les marchands honteux n’osent pas nommer : les triploïdes.

Parce que les producteurs d’huîtres, ça les emmerdait les huîtres laiteuses des mois d’été. Les clients n’aiment pas trop. Hors ils sont nombreux l’été au bord de la mer. Alors Ifremer, organisme de recherche et de régulation des produits de la mer, a fait travailler ses ingénieurs en blouses blanches sur une invention étasunienne. Ces braves gens n’ont pas fait de manips génétiques, non. Huître OGM, ça fait un peu trop craignos… Ils ont travaillé non pas sur les gènes, mais sur les chromosomes. Ils font niquer une huître normale « diploïde », à 2n chromosomes avec une huître anormale « tétraploïdes » à 4n chromosomes, ce qui donne une huître à 3n chromosomes dite « triploïde ». Donc pas OGM : on ne manipule pas les gènes, on augmente le nombre de chromosomes…Et cette « merveille », stérile, se développe dans n’importe quelle eau, grossit plus vite puisque n’ayant pas à se reproduire, n’a donc pas la laitance qui n’est pas très vendeuse, et est commercialisable toute l’année. La poule aux œufs d’or ! Ces « choses » occupent actuellement le tiers du marché. Les mâles triploïdes ne sont pas aussi veinards que leurs compères diploïdes normaux : ils sont tués dès qu’ils ont balancé la fumée dans les écloseries !

Résultats, pas de brassages génétiques. Toutes les huîtres françaises descendent de quelques centaines de géniteurs. Ces huîtres débiles n’ont évidemment pas la résistance des sauvages face aux attaques du milieu marin et des virus et germes des côtes. Elles chopent toutes les maladies honteuses… Et les refilent aux autres, les normales, les diploïdes. Voilà pourquoi les huîtres « graines » - le naissain – crèvent à 90% !

A côté des margoulins qui font de la triploïde, il existe pourtant des ostréiculteurs traditionnels (O.T.) qui élèvent des coquillages nés en pleine mer et non en écloserie. Ceux-là ont levé l’étendard de la révolte contre la triploïde. Ils soupçonnent cette création artificielle d’affaiblir le capital immunitaire de l’huître, donc de la rendre sensible à toute maladie. Il la soupçonne aussi d’être à l’origine de la mutation du virus qui ravage des parcs depuis 2008. Enfin, ils ont peur de perdre leur indépendance comme aux États-Unis où les écloseries ont mis la main sur toute la filière…

Alors lorsque vous achetez des huîtres, refusez les « quatre-saisons » qui sont ces triploïdes dégueulasses. Le marchand, qui verra ainsi que vous êtes au courant, ne vous prendra pas pour un gogo et vous sortira ses bons produits !

Et puis tiens, je vais vous raconter les extraordinaires amours des huîtres. Ça fait rêver.

Figurez-vous madame Huître, aguicheuse. Elle s’ouvre largement comme une starlette en quête de contrat, dévoile ses dedans gracieux, montre subrepticement quelques portions de nacre délicatement irisées, les plus salopes dévoilent impudiquement une jolie perle… Et voilà qu’arrive monsieur Huître. Excité comme un jeune abbé dans un couvent de jeune fille ou un kamikaze pensant, avant d’appuyer sur le bouton, aux soixante et douze vierges qui l’attendent les cuisses écartées, le string à la main ! Monsieur Huître, il en peut plus. Il prend son pied et balance la fumée dans une extase marine. Madame Huître, ouverte et offerte, se gave du nuage de jus intimes de monsieur Huître et connaît enfin la grande secousse et le fameux petit frisson.

Heureuse, elle va couver sa progéniture avec sa belle chair laiteuse des mois sans « R ». Puis qu’est-ce qu’elle fait quand elle a chié ses lardons madame Huître ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Je vais vous le dire. Je vais vous le dire. Eh ! Oh ! Calmos. Faut pas s’exciter comme ça. Bon. Madame Huître, ELLE CHANGE DE SEXE ! Elle devient monsieur Huître !

Et monsieur Huître, qu’est-ce qu’il fait après avoir pris son panard ? Ben vous allez me dire, il va pisser, il boit un coup, fume une clope puis il rentre chez sa femme. Comme tout le monde, quoi. Et bien non ! Monsieur Huître, après avoir tiré son coup, il change de sexe ! Putaing ! Le pied les mecs et les meufs, non ? Connaître les deux plaisirs ! Le rêve de tout jouisseur hédoniste…

Mais je m’égare. Oui et non. Pas étonnant qu’avec des mœurs pareilles, ces huîtres là se ramassent toutes les maladies honteuses qui passent. C’est comme ça que, jadis, les huîtres plates ont chopé une ch’touille qui les a presque toutes flinguées, puis que leurs remplaçantes, les portugaises, ont subi le même sort, remplacées par les japonaises. Et celle-ci sont en train de crever d’une saleté d’herpès ! C’est la nature quoi…

 

17/02/2018

Poésie érotico-révolutionnaire avec l'immense Victor Hugo

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Le satyre

Un satyre habitait l'Olympe, retiré
Dans le grand bois sauvage au pied du mont sacré ;
Il vivait là, chassant, rêvant, parmi les branches ;
Nuit et jour, poursuivant les vagues formes blanches,
Il tenait à l'affût les douze ou quinze sens
Qu'un faune peut braquer sur les plaisirs passants.
Qu'était-ce que ce faune ? On l'ignorait ; et Flore
Ne le connaissait point, ni Vesper, ni l'Aurore
Qui sait tout, surprenant le regard du réveil.
On avait beau parler à l'églantier vermeil,
Interroger le nid, questionner le souffle,
Personne ne savait le nom de ce maroufle.
Les sorciers dénombraient presque tous les sylvains ;
Les aegipans étant fameux comme les vins,
En voyant la colline on nommait le satyre ;
On connaissait Stulcas, faune de Pallantyre,
Gès, qui le soir riait, sur le Ménale assis,
Bos, l'aegipan de Crète ; on entendait Chrysis,
Sylvain du Ptyx que l'homme appelle Janicule,
Qui jouait de la flûte au fond du crépuscule ;
Anthrops, faune du Pinde, était cité partout ;
Celui-ci, nulle part ; les uns le disaient loup,
D'autres le disaient dieu, prétendant s'y connaître ;
Mais, en tout cas, qu'il fût tout ce qu'il pouvait être,
C'était un garnement de dieu fort mal famé.

Tout craignait ce sylvain à toute heure allumé ;
La bacchante elle-même en tremblait ; les napées
S'allaient blottir aux trous des roches escarpées ;
Écho barricadait son antre trop peu sûr ;
Pour ce songeur velu, fait de fange et d'azur,
L'andryade en sa grotte était dans une alcôve ;
De la forêt profonde il était l'amant fauve ;
Sournois, pour se jeter sur elle, il profitait
Du moment où la nymphe, à l'heure où tout se tait,
Éclatante, apparaît dans le miroir des sources ;
Il arrêtait Lycère et Chloé dans leurs courses ;
Il guettait, dans les lacs qu'ombrage le bouleau,
La naïde qu'on voit radieuse sous l'eau
Comme une étoile ayant la forme d'une femme ;
Son oeil lascif errait la nuit comme une flamme ;
Il pillait les appâts splendides de l'été ;
Il adorait la fleur, cette naïveté ;
Il couvait d'une tendre et vaste convoitise
Le muguet, le troëne embaumé, le cytise,
Et ne s'endormait pas même avec le pavot ;
Ce libertin était à la rose dévot ;
Il était fort infâme au mois de mai ; cet être
Traitait, regardant tout comme par la fenêtre,
Flore de mijaurée et Zéphir de marmot ;
Si l'eau murmurait : J'aime ! il la prenait au mot,
Et saisissait l'Ondée en fuite sous les herbes ;
Ivre de leurs parfums, vautré parmi leurs gerbes,
Il faisait une telle orgie avec les lys,
Les myrtes, les sorbiers de ses baisers pâlis,
Et de telles amours, que, témoin du désordre,
Le chardon, ce jaloux, s'efforçait de le mordre ;
Il s'était si crûment dans les excès plongé
Qu'il était dénoncé par la caille et le geai ;
Son bras, toujours tendu vers quelque blonde tresse,
Traversait l'ombre ; après les mois de sécheresse,
Les rivières, qui n'ont qu'un voile de vapeur,
Allant remplir leur urne à la pluie, avaient peur
De rencontrer sa face effrontée et cornue ;
Un jour, se croyant seule et s'étant mise nue
Pour se baigner au flot d'un ruisseau clair, Psyché
L'aperçut tout à coup dans les feuilles caché,
Et s'enfuit, et s'alla plaindre dans l'empyrée ;
Il avait l'innocence impudique de Rhée ;
Son caprice, à la fois divin et bestial,
Montait jusqu'au rocher sacré de l'idéal,
Car partout où l'oiseau vole, la chèvre y grimpe ;
Ce faune débraillait la forêt de l'Olympe ;
Et, de plus, il était voleur, l'aventurier.
Hercule l'alla prendre au fond de son terrier,
Et l'amena devant Jupiter par l'oreille.

 

Victor Hugo

 

Photo X - Droits réservés

 

12/02/2018

Grandes voix : Étienne de La Boétie

Pour être esclave, il faut que quelqu'un
désire dominer et... qu'un autre accepte de servir.

 

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« Je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter - puisqu’il est seul - ni aimer - puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts.

Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d’une armée, non d’un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d’un seul ! Non d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un homme et souvent le plus lâche, le plus efféminé de la nation, qui n’a jamais flairé la poudre des batailles ni guère foulé le sable des tournois, qui n’est pas seulement inapte à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lâcheté ?

Appellerons-nous vils et couards ces hommes soumis ? Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul, c’est étrange, mais toutefois possible ; on pourrait peut-être dire avec raison : c’est faute de cœur. Mais si cent, si mille souffrent l’oppression d’un seul, dira-t-on encore qu’ils n’osent pas s’en prendre à lui, ou qu’ils ne le veulent pas, et que ce n’est pas couardise, mais plutôt mépris ou dédain ? C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… Plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. 

Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte.

Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir. 

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

 

« Discours de la servitude volontaire » Étienne de La Boétie.

http://libertaire.pagesperso-orange.fr/archive/2000/227-avr/boetie.htm

 Illustration X - Droits réservés

11/02/2018

Et si on faisait l'andouille ?

 

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L'andouille au Côte-du-Rhône

 

Mettez donc à tremper un kilo de fayots

De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

Et pour, de votre anus, éviter la cantate

Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

Une andouille de porc choisie avec grand soin

Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

La nuit étant passé, égouttez les fayots

Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

Un peu de céleri et de l’ail écrasé

Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

Faites frémir une heure à feu non emballé,

Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

Remettez en cuisson pour que les haricots

Soient fondants à souhait sans être musicaux.

Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Photos X - Droits réservés 

 

 

 

10/02/2018

Ouiquinde poético érotique callipyge

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Sonnet sur le cul d'une demoiselle.

Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre oblige mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire;

Cul qui sur tous les culs remportes la victoire,
Cul qui passes en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite obliges mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,

Beau cul, bien que tant de bonheur se marque assez en vous,
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits vos beautés que j'admire,

Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire!

Robert Angot de l'Éperonnière (1640)

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Et puis, le grand TONTON GEORGES !

 

 

Photos X - Droits réservés

 

 

 

08/02/2018

Au bistro de la Toile : « Putaing, il va neiger… »

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- Eh ! T’as vu Victor, il va neiger. Mieux même, il neige dans toute l’Europe sauf chez nous. Une nouvelle extraordinaire dont on nous gonfle les aliboffis depuis trois jours : il neige ! Ben ça alors ! On est en plein hiver et il neige ! Non mais tu rends compte…

- Non seulement il neige, mais en plus il y a de « pauvres automobilistes », de véritables « naufragés de la route » qui vivent des « heures épouvantables ». Quel malheur, Loulle. Et quelle découverte : il neige en hiver ; les routes glissent…

- Et tous ces bœufs de Panurge qui partent tous en même temps, pour aller travailler en plus qu’ils disent, en passant tous par les mêmes routes et qui se retrouvent évidemment… tous bloqués ! Comme chaque année. Et qui gueulent tous, comme chaque année, contre en vrac : la météo, les maires, les zautorités, les services de voiries, etc.

- Putaing ! Il va neiger. C’est formidable. Ça fait rire les mioches… Ça emmerde les automobilistes… Ça enchante les skieurs… Ça repeint la ville aux couleurs de l’enfance…

Tous les présidents – et Jupiténou ne fait pas exception – ont juré, la main sur le coeur, que plus personne ne coucherait dehors. Tè, fume…

Depuis 2012, le nombre de personnes sans domicile fixe mortes dans la rue est en hausse, avec une stabilisation autour de 500 décès par an depuis 2014, selon le rapport. Ce décompte correspond aux signalements reçus par le collectif et n’est pas exhaustif, précise-t-il, estimant que le chiffre réel serait environ six fois supérieur.

Ce sont majoritairement des hommes, jeunes, qui meurent après un long parcours de rue semé de ruptures. Vivre à la rue conduit à mourir à 49 ans en moyenne, soit près de 30 ans plus tôt que la population masculine en France, selon les statistiques du collectif. Entre 2012 et 2016, 47 d’entre eux étaient des mineurs de moins de 18 ans. Trente-cinq avaient moins de 15 ans. http://mortsdelarue.org/IMG/pdf/rapport_finalise_Avec_temoignage_web-2.pdf

- Ouais mais quoi faire ?

- On n’est pas meilleur que les autres Loulle. On n’en invite pas à dormir chez nous. Moi je me donne hypocritement un peu meilleure conscience en payant les provisions de Dragamir ou de Peter qui font la manche devant le Carrefour express où je vais faire mes courses. C’est lui qui m’a dit « Moi, ça me glace la neige… Moi ça me glace parce que je couche dehors. Je couche dehors parce que cette société a oublié complètement le dernier terme de sa devise : Fraternité. La Fraternité, est-ce laisser dehors, comme des chiens galeux des humains que la vie a cabossé ? La Fraternité, est-ce laisser dehors les gens trop faibles, trop pauvres, pas assez rompus aux vices et aux compromissions de la vie telle que la font les apôtres de l’ultra libéralisme ? La Fraternité, est-ce se torcher le cul avec ses promesses lorsqu’on prétend aux plus hautes responsabilité ?

Putaing ! Il va neiger… La nuit va être longue sous mes cartons…

Mondo cane… »








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06/02/2018

Corse : « Ayo président ! Pace e salute ! »

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Les Corses nous ont donné Napoléon, Tino Rossi et Laeticia Casta. Des trois, c’est – et de loin – la troisième que je préfère ! En dehors de cette boutade, beaucoup de Corses ont aussi donné leur vie pour la France, et ça, ça crée des liens indéfectibles.

Pour autant, faut-il céder aux exigences des nationalistes corses ? D’abord quelles sont-elles ?

Ils prétendent inscrire dans la Constitution de la république la « coofficialité » de la « langue corse ». Rigoureusement inacceptable, sinon ce serait la mort du ciment le plus solide d’une nation : sa langue. Car si dans les actes officiels il était possible de donner une version en corse ayant même valeur juridique que la version en français, il n’y a pas de raison de ne pas imposer à la constitution la même « coofficialité » pour l’occitan, de catalan, le breton, voire le ch’ti ou l’arabe ! Bonjour les conflits d’interprétation ! Et puis, sans vouloir choquer les insulaires, la « langue corse » n’existe que parce que la Corse est française ! Parce que ce n’est qu’un patois italien, comme le bergamasque ou le frioulant et qui n’aurait pas plus statut de langue que ces patois très locaux.

Ils prétendent encore inscrire dans la Constitution la notion de « peuple corse ». Cette notion s’appuie sur des critères ethniques, de coutumes, de vie sur un territoire donné, d’ascendance voire de consonance de nom ! À l’exclusion des autres ? Parce que c’est ça que ça veut dire le statut de « résident corse » qui en découle au-delà du prétexte commode de la lutte contre la spéculation. On est loin de la notion de « peuple français » qui, elle, a une vocation universelle et englobe tous ceux qui vivent sur son territoire et en respectent les valeurs et les lois, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau, leur religion.

Ils réclament le rapprochement des prisonniers insulaires sur l’île. Pourquoi pas. Mais certainement pas pour le ou les assassins du préfet Erignac.

Maintenant, à toi de jouer, ci-devant président. Mais n’oublie pas que le régionalisme doit rester au niveau du développement économique faute d’ouvrir la porte au détricotage de la « Grande Nation » que des dizaines de rois et de représentants du Peuple français ont mis des siècles à réaliser, parfois dans la douleur, mais qui a fait justement de cette nation quelque chose d’unique au monde parce que fondée sur des valeurs humanistes universelles, pas sur des critères ethniques et tribaux.

Et puis, à la limite, s’il fallait poser la question de l’indépendance de la Corse, il faudrait demander aux Français, à tous les Français, pas seulement à ceux vivant sur l’île. Et là, les « continentaux » ne refermeraient probablement pas les bras pour retenir la Corse à tout prix.

Parce qu’il y a déjà une large, très large autonomie de la Corse. Exemples :

- Les terres agricoles y sont exonérées de la taxe foncière sur le non-bâti.

- Les investissements des PME y sont exonérés, comme les établissements en zone franche, de taxe professionnelle et de contribution foncière des entreprises.

- L’investissement en Corse fait l’objet d’un crédit d’impôt sur le revenu ou sur les sociétés. Notons qu’une niche similaire existe dans le Nord-Pas-de-Calais.

- En cas de décès, les immeubles situés en Corse (en cas de mutation, de sortie d’indivision, de succession ou de licitation) sont exonérés de droit de timbre et d’enregistrement.

- Les trajets maritimes ou aériens à destination de la Corse sont exonérés de TVA.

- Les supercarburants et essences consommées en Corse sont exonérés de TIPP.

Eh ! Il faudra y penser à tout ça, Messieurs les indépendantistes !

Un référendum sur l’indépendance de la Corse n’aurait-il pas un résultat « Oui » sur le continent et « Non » sur l’île ?

Prenons les… paris !

Amis Corses, ne vous laisser pas "catalaniser", ON VOUS AIME !


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09:53 Publié dans actualités, humour, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : corse

04/02/2018

Ouiquinde gastronomique: le requin au rougail

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Gunilla

 

Ma jolie suédoise s’appelait Gunilla

Ses cheveux étaient d’or et ses grands yeux lilas

Nous vivions en sauvages sur une plage indienne

J’étais son Robinson, elle, ma Bohémienne.

 

Sa bouche était de miel, sa peau était dorée,

Elle croquait la vie et moi je l’adorais.

Elle est allée nager, nue, dans les déferlantes,

Jeune, belle à croquer, forte et appétissante.

 

Elle s’est éloignée d’un crawl souple et puissant

Dans les reflets d’argent de l’astre éblouissant.

Un trait noir fendant l’eau s’en arrive du large.

 

Gunilla ne voit pas le monstre qui la charge.

Un cri dans une gerbe d’écume et de rubis…

Les requins sont cruels dans la mer d’Arabie.

 

 

 

Pour Gunilla : le requin au rougail

 

Voilà, Victor, une bien funeste aventure…

Qui pourtant porte en elle une philosophie :

On est tous prédateur, on est tous nourriture,

Telle est la dure loi qui régule la vie.

- Non, mais, écoutez-le ce Socrate à la manque !

J’y parle d’une meuf bouffée par les requins,

Et lui, il me dégoise une philo de branque…

Que c’est presque normal et tout le saint-frusquin…

Depuis ce jour, petit, j’ai la haine des squales,

Je ne peux les aimer que bien cuits, dans la poêle.

Ce mangeur de bonheur, les pêcheurs l’ont chopé,

Grand capoun de boun dieù, ce fut une épopée !

Mes amis Malabars à gueules de pirates

L’ont pris dans leurs filets sur la côte marathe.

Le bestiau dépassait trois mètres de longueur,

Ses mâchoires claquaient de toute sa fureur,

Des grands coups de bâtons, de couteaux et de masses

Ont enfin eu raison du monstre coriace.

On lui creva les yeux pour mieux l’humilier

Puis, dans son estomac, on trouva un collier :

Un pendentif d’argent serti d’une turquoise,

Celui offert par moi - oui ! - à ma Suédoise…

Les cinq pêcheurs et moi, nous étions sous le choc,

L’alcool, le sang, le « bang » nous rendaient tous amok.

Les clameurs du combat réveillant le village,

Femmes, vieillards, enfants s’en vinrent sur la plage.

Un grand feu lumineux se mit à crépiter

Pour griller le requin, en darnes débité.

C’est une viande ferme, moins rouge que le thon

Qu’on pose sur la braise, à même les brandons.

Quand la chair est saisie, qu’elle grésille et fume,

D’un bâton on la tourne et puis on la parfume

D’une pincée de sel, de carry mêlé d’ail

Tandis que l’on prépare, à côté, le rougail.

De l’océan indien, c’est un produit typique,

C’est frais, c’est parfumé, mais ça brûle et ça pique !

Tu haches deux oignons et tu les fais blondir,

Rajoute trois tomates, coupées ça va sans dire,

Deux, trois piments z’oiseau, attention, c’est sévère,

De l’ail, du sel, du sucre, du jus de citrons verts,

Puis deux cuillers à soupe de bon carry hindou,

Dix minutes, à la poêle, tu fais cuire à feu doux.

On mange chaud ou froid cet accompagnement,

Mais il ne faut vraiment pas craindre le piment !

Sous les rais de Chandra, assis sur la terrasse,

Ensemble nous avons dévoré le vorace.

Comme assiette une simple feuille de bananier,

Comme couverts, nos doigts, comme les boucaniers

En mangeant son mangeur, j’aimais ma Gunilla

Tandis que sous la lune résonnaient les tablas.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Pour le poisson: - 3 tranches de requin de taille convenable, - de la braise, - sel, - 1 cuiller à soupe de carry en poudre, ­3 gousses d'ail.

Pour le rougail : - 6 oignons, - 6 grosses tomates, - 9 à 10 pe­tits "piments z'oiseaux" (selon la force que l'on veut obtenir), - 6 cuillerées à soupe de carry, - 6 gousses d'ail, - 3 cuillers à dessert de sel de Camargue, - 1 cuillerée à soupe de sucre en poudre, - le jus de 3 citrons (verts si possible).

 

Les vins conseillés:

Ce plat est en lui-même suffisamment puissant, riche en fra­grances animales et en goûts musqués. On doit rester dans la to­nalité du plat et il faut des vins puissants, épicés, tanniques.

En Côtes-du-Rhône: Châteauneuf-du-Pape évidemment, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Cairanne, Rasteau et tous les rouges "Villages".

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, Barjols.

 

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03/02/2018

Ouiquinde érotique avec Clovis Hugues

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Quand une femme est en chemise
Les épaules de marbre blanc,
Le cul, forme encore indécise
Dans les plis du voile tremblant,
Le parfum épars dans la chambre,
L'orteil, le mollet qui se cambre,
Les nichons rosés d'un émoi,
Les bras, la taille forte ou frêle,
Tout t'annonce, tout te révèle,
Rien n'est attirant que pour toi.

Le voile glisse. Extase ! Aurore !
Exquis prélude des bons coups !
Les cuisses te cachent encore,
Mais voici ton poil souple et doux,
Ton poil, touffe d'or ou d'ébène
Que l'on croirait posée à peine
Au bas du ventre point plissé,
Et qui, lentement caressée,
Allonge sa pointe frisée
Comme un triangle renversé.

Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile
Dans le fouillis des rameaux verts,
Détendu sur sa fente rose,
Et l'air tout de même un peu chose,
Avec son sourire en travers !

La main de l'amant t'entrebâille
Vivante rose de cypris,
Et de tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris.
Fin chef-d'œuvre de la nature,
Vit d'oiseau, pine en miniature,
Bouton subitement durci,
Qui, dans l'écartement des lèvres,
Tout baigné d'amoureuses fièvres,
Dresse la tête et bande aussi.

Ô paradis ! joie étoilée !
Explosion du désir fou !
La langue, la langue effilée,
Toute la langue dans le trou !
Pendant que, de ses mains savantes,
Il étreint les fesses mouvantes
Ou chatouille le bout des seins,
Et que, la chevelure éparse,
L'impétueuse et belle garce
Halète en mordant les coussins !

Clovis Hugues

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31/01/2018

Hier les EPAHDs étaient en grève, pourtant Anaïs est venue !

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Hier matin, Anaïs est arrivée chez nous alors que le jour n’était pas encore levé. Anaïs est une personne formidable comme le sont toutes ses collègues : aide-soignante dans un EPAHD. Chaque matin, hors ouiquinde, l’une d’elles vient assister ma belle compagne sur laquelle est tombée une terrible malédiction : Alzeimer. C’est ce qu’on appelle les soins à domicile.

Anaïs était en grève. Elle est pourtant venue travailler, avec le même sourire, la même générosité, la même compassion, la même efficacité, la même compétence, le même enthousiasme communicatif. Elle a seulement collé sur son sac une feuille blanche avec écrit « EN GRÈVE ». Anaïs fait partie de ces personnels des Epahds dont la mission est d’accompagner nos Vieux, nos Handicapés dans les difficultés de leurs dernières années.

Il n’y a pas de fric pour Anaïs et ses collègues. Mais il y en a pour exonérer d’impôts les pleins de thunes…

Il n’y a pas de fric pour les Epahds, mais il y en a pour subventionner Arnaud, Bolloré ou Bettencourt.

Il n’y a pas de fric pour la dignité des Vieux, mais il y en a pour financer des Jeux Olympiques, amalgame de drogués et de magouilles financières.

Je me souviens d’Alain Minc dégueulant son fiel ultralibéral il y a quelques années : « La collectivité nationale doit-elle payer les soins à de vieilles personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l’espérance de vie est réduite ? ». Le problème, c’est de définir l’âge auquel on est vieux ; pour les entreprises c’est à l’approche de la cinquantaine, mais pour les sénateurs, à 80 ans on est toujours jeune !

Notre société est égoïste et la solidarité intergénérationnelle a de la peine à exister. La mode est au « jeunisme », pas à « l’âgisme ». Faut-il portant oublier que c’est grâce aux vieux que nous avons les congés payés, la Sécurité sociale, grâce à eux et à leurs luttes que nous bénéficions de tous ces « acquis » qui jour après jour, années après années nous sont enlevés.

On ne respecte plus les « anciens », parce que dans notre société basée sur l’apparence et le mythe de l’éternelle jeunesse, les vieux font peur, la vieillesse fait peur, c’est le dernier stade avant le néant, la mort que l’on s’applique à ignorer. Bientôt on va piquer les « vieux » !

C’est la chasse aux vieux ! Salauds de vieux ! Ça pue les vieux, ça se pisse dessus, ça renverse sa gamelle, et en plus ça gueule, c’est jamais content ! Et puis ça bouffe les vieux ! Et ça dure longtemps ! Ça refuse « d’optimiser la vie » les vieux, c’est-à-dire de crever lorsque la société de la « concurrence libre et non faussée » les trouve trop vétuste !

Pourtant ils ne l’ont pas volé leur retraite les vieux ! La retraite n’est qu’un salaire différé que je sache. Ils les méritent les soins des Epahds. Mais ce n’est pas de la saine gestion ça ! Faut réduire la sacro-sainte Dette ! Chasser les dépenses non rentables donc inutiles. Alors en loucedé, dans les coulisses des gouvernements, dans les « think tanks » ultralibéraux, il y en a qui travaillent sérieusement sur l’avenir de ces parasites de vieux. Et pas que des vieux, aussi des comateux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante, « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. À la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas.

Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui) sont en passe d’être imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents. Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d’hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d’austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu’ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques ! C’est choquant ? Eh… Ouvrez les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. Aux Pays-Bas la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

Heureusement il y a encore des Anaïs, des Nina, des Nouria, des Patricia, des Carole…

Lorsque ma compagne, mon amour, ma belle maîtresse est tombée – encore jeune - dans le gouffre de cette calamité nommée Alzheimer, le ciel (auquel je ne crois pas) m’est tombé sur la tête. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle que vous aimez. Vous la voyez descendre irrémédiablement. Vous la voyez s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement. Vous subissez les conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre dans une maison spécialisée ». Moi je m’y refuse et j’ai choisi de m’en occuper tant que je serai là. Mais ce tête à tête permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vous découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons nouveaux si je puis dire… À partir de là, en parfait accord avec le fils de ma chérie, nous avons fait appel à de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque matin hors ouiquinde, d’une aide-soignante se chargeant de la toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le fait un homme ! Et par l'accueil de jour permettant, plusieurs fois par semaine, de socialiser la ou le malade et à « l'aidant » de respirer un peu.

Et j’ai découvert deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés » comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire, mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence, leurs conseils éclairés, leur gentillesse. Elles sont comme des rayons de soleil.

Eh ! Ci-devant président Jupitounet, si tu veux un peu atténuer ton image peu flatteuse de « président de riches », pense à la dignité de ceux sans lesquels tu se serais pas ce que tu es. Et lâche généreusement des thunes pour toutes les Anaïs des Epahds.

 

Illustration: merci à Faujour

29/01/2018

Grande voix : Alain et « les moutons ».

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Par cette parabole, le philosophe Alain donne à méditer sur la manipulation des esprits et la servitude volontaire des soumis.

Le mouton est mal placé pour juger ; aussi voit-on que le berger de moutons marche devant, et que les moutons se pressent derrière lui ; et l’on voit bien qu’ils croiraient tout perdu s’ils n’entendaient plus le berger, qui est comme leur dieu. Et j’ai entendu conter que les moutons que l’on mène à la capitale pour y être égorgés meurent de chagrin dans le voyage, s’ils ne sont pas accompagnés par leur berger ordinaire. Les choses sont ainsi par la nature ; car il est vrai que le berger pense beaucoup aux moutons et au bien des moutons ; les choses ne se gâtent qu’à l’égorgement ; mais c’est chose prompte, séparée, et qui ne change point les sentiments.

Les mères brebis expliquent cela aux agneaux, enseignant la discipline moutonnière, et les effrayant du loup. Et encore plus les effrayant du mouton noir, s’il s’en trouve, qui voudrait expliquer que le plus grand ennemi du mouton, c’est justement le berger. « Qui donc a soin de vous ? Qui vous abrite du soleil et de la pluie ? Qui règle son pas sur le vôtre afin que vous puissiez brouter à votre gré ? Qui va chercher à grande fatigue la brebis perdue ? Qui la rapporte dans ses bras ? Pour un mouton mort de maladie, j’ai vu pleurer cet homme dur. Oui je l’ai vu pleurer. Le jour qu’un agneau fut mangé par le loup, ce fut une belle colère ; et le maître des bergers, providence supérieure et invisible, lui-même s’en mêla. Il fit serment que l’agneau serait vengé ; il y eut une guerre contre les loups, et cinq têtes de loup clouées aux portes de l’étable, pour un seul agneau. Pourquoi chercher d’autres preuves ? Nous sommes ses membres et sa chair. Il est notre force et notre bien. Sa pensée est notre pensée ; sa volonté est notre volonté. C’est pourquoi, mon fils agneau, tu te dois à toi-même de surmonter la difficulté d’obéir, ainsi que l’a dit un savant mouton. Réfléchis donc, et juge-toi. Par quelles belles raisons voudrais-tu désobéir ? Une touffe fleurie ? Ou bien le plaisir d’une gambade ? Autant dire que tu te laisserais gouverner par ta langue ou par tes jambes indociles. Mais non. Tu comprends bien que, dans un agneau bien gouverné, et qui a ambition d’être un vrai mouton, les jambes ne font rien contre le corps tout entier. Suis donc cette idée ; parmi les idées moutonnières, il n’y en a peut-être pas une qui marque mieux le génie propre au vrai mouton. Sois donc au troupeau comme ta jambe est à toi. »

L’agneau suivait donc ces idées sublimes, afin de se raffermir sur ses pattes ; car il était environné d’une odeur de sang, et il ne pouvait faire autrement qu’entendre des gémissements bientôt interrompus ; et il pressentait quelque chose d’horrible. Mais que craindre sous un bon maître, et quand on n’a rien fait que par ses ordres ? Que craindre lorsque l’on voit le berger avec son visage ordinaire et tranquille ainsi qu’au pâturage ? À quoi se fier, si l’on ne se fie à cette longue suite d’actions qui sont toutes des bienfaits ? Quand le bienfaiteur, quand le défenseur reste en paix, que pourrait-on craindre ? Et même si l’agneau se trouve couché sur une table sanglante, il cherche encore des yeux le bienfaiteur, et le voyant tout près de lui, attentif à lui, il trouve dans son cœur d’agneau tout le courage possible. Alors passe le couteau ; alors est effacée la solution, et en même temps le problème.

Alain 13 avril 1923

Extrait du livre « Propos sur les pouvoirs » d’Émile Chartier, dit Alain, philosophe, écrivain, journaliste

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28/01/2018

Gastronomie de temps d'inondations: La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

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Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

Emergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

Une longue bouffarde à tête de bélier.

Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

Il connaissait par cœur les remous, les courants,

Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

Cauchemar des pêcheurs, refuge des castors.

Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

II ramait pour poser ses filets et ses nasses

Qu'il irait relever à l’aurore suivante

Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

Personnage secret, taciturne à l’envi

Le Père Bijoudi a sauvé bien des vies

Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

Pendu à un levier en tête de vaisseau.

A chaque relevée, le piège, en émergeant

Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

- Ça c'est original Victor! Zou ! La recette!

- Prépare et fais sauter tomates et oignons

Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

Au moulin à légumes tu vas alors passer

Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

Attention, du pistil et pas du colorant,

Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

Ton assaisonnement doit être de haut goût,

Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

Ce plat original, parfumé et puissant.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

Qui naissent au soleil en terres de Provence.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

27/01/2018

Ouiquinde érotique avec Loth, ses filles et Musset

Les filles de Loth

 

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Le vieux Loth ronflait au fond de sa caverne ;
Assises à côté d'une pâle lanterne,
Ses deux filles en pleurs se rappelaient tout bas
Les plaisirs de Sodome et ne s'endormaient pas.
L'aînée vingt ans, une figure altière,
L'œil bleu et avait les cheveux rejetés en arrière,
Des trésors sous sa robe et des doigts exercés...
La plus jeune était blonde, avait seize ans passés,
Des fruits s'arrondissaient sur sa blanche poitrine
Et son poil frissonnait où l'esprit le devine ;
Les yeux pleins de langueur et de timidité
Cachaient sous leurs cils d'or l'ardente volupté.
Vierges ! Comprenez que deux filles à cet âge
N'ont pas quitté Sodome avec leur pucelage.
Elles avaient goûté le breuvage amoureux,
Et leur soif insatiable avait fait des heureux,
Jusqu'au jour redouté du divin châtiment,
Leur vie entière fut détruite en un moment,
Tous les hommes perdus, car il n'en restait pas
Qui pussent désormais jouir de leurs appas !
D'où viendra la rosée à leur bouche altérée ? ...
"Ne pleure pas ma sœur, ma sœur, que ton âme éplorée
Retrouve quelque espoir. Tiens ! Déshabillons-nous,
J'ai trouvé pour jouir, un moyen simple et doux."
Ainsi parla l'aînée. Déboutonnant sa robe,
Elle montre à sa sœur, avec un double globe
Un ventre satiné qui se trouve en bas
Par un petit triangle couvert de poils ras,
Noirs comme de l'ébène, et doux comme de la soie,
Sarah sourit, s'approche et écarte avec joie
Les lèvres de la trousse, ainsi les vieux Hébreux
Nommaient l'endroit charmant qui les rendait heureux.
" Que faut-il faire Agass ? - Du bout de ton doigt rose,
Chatouille-moi - J'y suis, attends que je me pose
Pour que mon doux bouton s'érige sous ton doigt
Et que j'écarte les cuisses comme toi. "
Et sous leur main, servie d'une amoureuse ivresse,
La symphyse se gonfle et palpite et se dresse.
Enfin n'en pouvant plus et d'amour se pâmant,
Agass donne à sa sœur un doux baiser d'amant.
Mais celle-ci lui dit : " Faisons mieux, ma charmante
Remplaçons notre doigt à la place amusante
Par une langue agile ; et tu verras, ma sœur
Que nos attouchements auront plus de douceur.
Oui, sur ton petit ventre, attends que je me couche,
Ta bouche sur mes lèvres, ton poil dans ma bouche
Qu'une douce langue chatouille en l'excitant
Notre bouton de rose encore tout palpitant.
Que nos corps enlacés se tordent et se roulent,
Que le jus de l'amour sur nos cuisses s'écoule. "
Sitôt dit, sitôt fait, et bientôt ce doux jeu
Arrose leur trésor d'un liquide onctueux.
Mais ce sperme infécond ne rappelle les hommes
Que de manière vague. " Ah ! Sottes que nous sommes,
A quoi rêvons-nous donc quand on a ce qu'il nous faut :
Notre père est bien vieux, mais il est encore chaud.
Il peut bander encor quand les femmes sont belles,
Bien heureux qu'il n'ait pas affaire à des pucelles.
Mais il ne voudra pas, tant il est scrupuleux,
Nous donner la bouteille où jadis toutes deux
Avons puisé la vie,... où notre pauvre ère,
Allait remplir ses fleurs, teindre son cratère.
Tâchons de l'enivrer, il aime le bon vin,
Et s'il veut nous baiser, sauvons le genre humain... "
Chacune sur le chef portait un grand voile noir ;
Loth avec sa lanterne, a demandé, hagard :
" A qui sont ces tétons dont la blancheur rayonne ?
Ces globes opalins, dont la pointe frissonne ? "
Il jette sur Agass des regards polissons,
Écoute en soupirant les charmeuses chansons
Qu'ensemble ont commencé ses filles toutes nues,
Il croit être à Sodome et, sur ses propres filles
Haletant de planter le bâton de famille,
Il s'élance soudain. Agass l'avait prévu.
Au ventre paternel, elle saisit tout nu
Le membre recherché par l'ensemble des femmes
S'aperçoit qu'il faut encore qu'elle l'enflamme,
Et, pour mieux en jouir, elle roule à la main
L'instrument qui doit féconder le genre humain.
" J'enfanterai, dit-elle, et pour être plus sûre
Adoptons pour jouir la meilleure posture. "
Elle tombe à genoux, découvre son cul blanc ;
Le vieux Loth inclinant la tête et s'approchant
Voit le cul : Oh ! Jeune Femme ! Oh ! ma toute belle",
Dit-il alors, jetant ses deux bras autour d'elle.
Agass, poussant le cul, accroît le mouvement
Car elle connaissait l'effet du frottement.
Elle se sent mouiller. Aucune jouissance
N'a pourtant assouvi sa brutale espérance.
Un soupir la saisit ; elle porte la main
Je ne sais où. " Tu n'es pas dans le bon chemin,
C'est à recommencer ", dit-elle à son vieux père.
Et l'ivrogne à nouveau recommence l'affaire !
En craignant de manquer, il se laisse guider
A travers les replis qu'il devra féconder.
Agass tressaille. Enfin tout son beau corps frissonne ;
Les os ont craqué. Le père Loth s'en étonne
" Qu'as-tu donc ? Mon enfant : va donc que je jouisse !
Si je m'en suis douté, que le ciel m'engloutisse ! "
Dit le vieux Loth. Agass dit alors à sa sœur :
" Viens goûter à ton tour la divine liqueur. "
L'autre aussitôt s'approche et dans ses douces cuisses
Elle montre à son père un doux nid de délices.
Elle chatouille alors les couilles du taureau,
Prend l'arme tout à coup et la met au fourreau.
Entre ses blanches mains, saisit la vieille épée
Pour la faire entrer plus grosse et mieux trempée.
Enfin elle se pâme, laisse tomber ses bras,
Le sceptre paternel inondant ses appats.
" Gloire à Dieu " se dit-elle, " à présent j'ai conçu. "
Loth, en se réveillant n'avait rien vu, ni su.

 

Alfred de Musset

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Illustrations:

Hendrik Goltzius "Loth et ses filles"

Simon Vouet "Loth et ses filles"

25/01/2018

« Revenants » de Daech : le syndrome de Stockholm ?

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«… mais pourquoi la France ne reprend-elle pas ces femmes et ces enfants ? » C’est la phrase que je viens d’entendre prononcer dans une machine à bruits par un « envoyé spécial » dont l’exploit journalistique est d’aller s’apitoyer, avec l’aide d’une officine nommée « Youmanewautche » sur le sort de « ces pauvres femmes françaises » parties volontairement - en crachant sur leur pays, la France - en Syrie proposer leurs ventres dans les Lebensborn islamiques comme trous à bites et engendreurs de lardons aux tueurs de Daech. Et le plumitif de conclure que la France devrait reprendre ces « malheureux ». Ben voyons !

Il y a quelques jours, France 2 nous a infligé les jérémiades du même acabit d’une dénommée Margot (mais qui avait dû rejeter, avec ses inséminateurs daechiens, ce prénom bien trop français !). Ces femmes ont choisi de trahir leur pays, de prendre les armes contre lui, au minimum de servir de repos du guerrier et de truies gravides pour fabriquer une génération de Grimlocks, et lorsque le vent tourne, elles se rappellent qu’elles sont nées, ont été élevées, soignées, éduquées dans un pays libre appelé France. Pays sur lequel elles crachaient leur fiel mais où elles voudraient bien revenir maintenant que leurs divers « maris » sont morts et surtout alors qu’elles sentent la mortelle caresse de la cravate de chanvre qui les guette.

Victimes ces femmes ? Eh ! Oh) Elles savaient parfaitement ce qu’elles faisaient en se « mariant" avec des égorgeurs de daech ou autres sectes de tueurs d’allah. Alors comme ça, on oublierait tout ? « Non mais, c’était pour rigoler ! » Ils rigolaient les malheureux que vos tringleurs barbus égorgeaient ? Ces femmes se seraient laissées abuser ? Elles n’ont pas de volontés propres ? Elles ne sont pas responsables ? C’est l’amour qui leur a tourné la tête ? Tè, fume !

Si elles voulaient se convertir à l’islam, rien ne les empêchait en France, pays laïque qui autorise toutes les névroses collectives appelées « religions ».

Elles voulaient aller vivre tranquillement, paisiblement leur « foi » dans un pays musulman plutôt que dans un pays de mécréants ? Elles auraient pu choisir un pays plus calme que la Syrie, et un milieu autre que Daech !

Non. Elles sont parties en Syrie en toute connaissance de cause. Qu’elles en acceptent les conséquences.

Et puis, en vertu de quoi la France voudrait-elle soustraire des personnes qui ont commis des crimes dans un pays étranger à la justice de ceux qui ont subi dans leur chair ces méfaits ? La France renverrait-elle en Irak, en Afghanistan, en Algérie ou au Maroc des gens attrapés les armes à la main et commettant des crimes sur notre territoire ? Jamais de la vie. Il n’y a donc pas de raison de ne pas laisser la justice, fut-elle expéditive, suivre son cours en Irak ou en Syrie.

Et puis gambergeons un peu, ça changera. Que vont devenir ces « revenantes » et leurs progénitures en France ? On les mettra où ? Quel est le maire qui les acceptera de gaîté de cœur sur son territoire ? En banlieue ? Sûrement pas : elles seront accusées de lâcheté pour avoir fui.

Et les enfants ? Qui ont été éduqués dès leur premier âge en ingurgitant des vidéos d’égorgement, de décapitations, qui voyaient des armes à la maison, qui entendaient quotidiennement les récits sanglants de leurs tueurs de pères, dont la cervelle malléable a été manipulée de façon à haïr le « koufir », c’est-à-dire vous, moi. Combien d’années de coûteux suivis psychologiques vont-ils nécessiter ? Pour quel résultat hasardeux ?

La ministre de la défense, Florance Parly a dit: « Si des djihadistes français périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux, et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes, ils dépendront de la juridiction syrienne ». Bravo Madame la ministre ! Voilà enfin quelqu’un « qui en a » et qui dit les choses. La France ferait appel aux forces locales pour traquer et éliminer les djihadistes français présents à Raqqa comme à Mossoul et ailleurs. La pratique serait courante au sein des pays de la coalition qui mutualisent la « neutralisation » de leurs ressortissants par des pays tiers pour éviter des accusations d’exécutions extrajudiciaires. Ces petits arrangements permettent de mettre hors d’état de nuire des djihadistes occidentaux à la motivation et aux compétences des plus inquiétantes.

« Mais c’est dégueulasse, c’est le retour hypocrite de la peine de mort » tempêtent les imbéciles heureux, collabos des égorgeurs salafistes. Eh ! Oh ! On nous rebat les oreilles en nous disant que nous sommes en guerre. Alors ce sont les lois de la guerre qui doivent régir les rapports avec nos ennemis. L’objectif est d’empêcher ces Français, de retourner dans leur pays d’origine pour y perpétrer des attentats. Ce sera autant de tueurs pleins de haine en liberté et une recrudescence d’attentats à venir.

Ces gens – jeunes, moins jeunes, hommes, femmes et même enfants, nés et élevés pour en faire des machines à tuer – qui partent s’engager dans les rangs de nos ennemis, qui tuent les ennemis de nos ennemis, donc nos amis, doivent savoir que s’ils partent, c’est un billet sans retour. En temps de guerre, les citoyens d’un pays qui passent à l’ennemi sont des traîtres, des déserteurs et doivent être traités comme tels, c’est-à-dire « éliminés » comme dit la ministre. En bon français, on devrait dire « tués ».

« C’est dégueulasse ». Bien sûr que c’est dégueulasse, mais on ne fait pas la guerre en dentelle. La guerre, c’est la mort, c’est la trouille, c’est l’angoisse, la peur panique, les cris, le bruit, la souffrance, le deuil, les massacres, les flammes qui brûlent, la fumée qui aveugle, les bouts de fer qui hachent la viande. La guerre, ça sent la merde du pauvre type qui se chie dessus de peur, ça sent cette odeur âcre, doucereuse des corps gonflés qui grouillent de vers, ce sont les tripes irisées sous le soleil, ça sent la poudre, le feu, la mort, la mort, toujours la mort.

On s’empêtre dans des considérations morales contre des ennemis qui se torchent allègrement l’oignon avec toute morale. On cède devant les jérémiades de « droit-de-l’hommistes » bêlants qui sont autant d’idiots utiles des nazislamistes. Avec en perspective des « Bataclan », des « Nice » et des palanquées d’assassinats au couteau, comme celui de ces deux jeunes filles de la gare Saint Charles à Marseille.

Alors, si on est responsable, on n’accepte pas de prendre le risque de voir dix, cent, mille traîtres abrutis par la propagande ennemie rentrer « au pays » et y semer la mort la plus lâche, celle des attentats aveugles. Ces gens qui sont partis faire le « jihad », il faut les détruire, les tuer dès qu’on les a « logés » comme disent les flics. Il faut qu’ils sachent qu’ils ne rentreront jamais « au bercail », sinon les pieds devant…

À force de tout voir, on finit par tout supporter.
À force de tout supporter, on finit par tout tolérer.
À force de tout tolérer, on finit par tout accepter.
À force de tout accepter, on finit par tout approuver.

Saint Augustin


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23/01/2018

AREVA devient ORANO.

cronos castre ouranos.jpg

 

Comme la Société Générale d’Entreprises est devenue VINCI, comme France Télécom est devenue Orange, comme Printemps-Pinaut-Redoute (PPR) est devenu KERING. Etc.

Quand on a des escoubilles à cacher sous le tapis, on change de nom ?

ORANO, un nom dérivé du latin Uranus, qui a donné son nom à l’uranium. C’est vrai qu’il faut vite faire oublier jusqu’au nom d’AREVA, symbole d’un des plus grands naufrages industriels français. Et pas que… L’entreprise a été recapitalisée à hauteur de 4,5 milliards d’euros avec notre fric puisque l’État en est actionnaire à plus de 98 %. L’ex-fleuron du nucléaire français comprenait plusieurs branches : - l’activité réacteur atomiques (New NP) passé sous le contrôle d’EDF (encore nos sous !) ; - les établissements Areva NP, notamment Creusot Forges qui s’est brillamment illustré avec les déboires de la cuve de l’EPR ; - l’activité du cycle du combustible nucléaire (New Areva et NewCo (là encore contrôlé par l’État). Il ne lui reste plus que Areva SA, activités de production et de recyclage du combustible nucléaire, plus le sac d’emmerdes du chantier de l’EPR d’Olliluoto 3, l’EPR finlandais.

Orano va donc se concentrer sur l’activité de tout le cycle du combustible nucléaire, de l’extraction au démantèlement des centrales arrêtées en passant par l’enrichissement et le recyclage des combustibles usés. Ce n’est pas la partie la plus réjouissante avec le retrait du nucléaire de la plupart des pays développés, à l’image de l’Allemagne et un prix de l’uranium qui a baissé des deux tiers depuis 2011. Mais, Jupitounet – un parent d’Orano finalement – s’est gargarisé lors de son voyage en Chine, de la construction dans ce pays d’une usine de retraitement des combustibles usés, genre La Hague, pour un montant de 10 milliards d’euros. Mouais… À part que ce n’est pas encore signé…

« Orano » ! C’est joli ça. Propre sur soi. Facile à prononcer dans toutes les langues qu’ils ont dit les « communicants ». Sauf que si on creuse un peu… Orano, ça vient d’Ouranos, que les Romains, pilleurs de la civilisation grecque, appelèrent Uranus d’où vient le nom du minerai nucléaire uranium. Ouranos, c’est le julot de Gaïa, la Terre-Mère. Attention, c’est un couple rugueux ! Ils ont fait des palanquées de lardons particulièrement gratinés : entre autres les Cyclopes, les Titans parmi lesquels un caïd particulièrement vindicatif, Cronos. Celui-ci, en complicité avec sa mère Gaïa, qui se carcagnait régulièrement avec son mec Ouranos, coupe à son père le service trois-pièces : Monsieur le maire et ses deux adjoints en quelque sorte. Devenu calife à la place du calife, Cronos épouse sa frangine Rhéa et règne sur l’Olympe. Exit Ouranos. Sacrée famille !

Areva, - maintenant donc Orano - « fleuron » de notre industrie nucléaire avec une perte abyssale de 4,9 milliards d’euros, a été sauvé de la faillite par notre pognon. On a donc piqué dans la poche des contribuables – contribuable mais aussi citoyens en majorité critiques vis-à-vis de l’industrie nucléaire – des milliards pour sauver une industrie passéiste, mortifère, gérée de manière aussi irresponsable qu’incompétente par une caste (le corps des Mines, Polytechnique).

Comment en est-on arrivé là ?

D’abord, il y a l’EPR. Ce réacteur « nouvelle génération » s’est avéré catastrophique. Son coût a quasi triplé, passant de 3 milliards à près de 9 milliards et ce n’est pas fini. Il n’est pas au point techniquement, comme le prouvent les innombrables retards dus à des éléments de constructions défectueux à refaire, à des défauts de sûreté suite au nouveau cahier des charges tenant compte de la catastrophe de Fukushima, etc. Ce qui se passe à Flamanville, en Normandie, se passe aussi, en pire, sur le chantier de l’EPR en construction à Olkiluoto, en Finlande. Innombrables arrêts de construction, retards à répétition, magouilles dus à des entreprises de sous-traitance plus que douteuses qui sévissent aussi à Flamanville. Ce seul chantier finlandais a déjà généré une perte de 3,9 milliards d’euros et son coût est passé de 3 à 8,5 milliards d’euros. Et qui croyez-vous qui va payer la différence. Les Finlandais ? Tè ! Fume… Ce sont les contribuables français puisque ce chantier est assuré par la COFACE.

Et puis il y a le scandale UraMin, du nom d’une société canadienne qui a vendu aux « grosses têtes » d’Areva rien d’autre que du vent ! Le secteur minier étant le plus rentable, Areva s’est lancé dans une politique d’achat de sites uranifères partout dans le monde. C’est ainsi qu’elle s’est fait somptueusement enfler par une bande d’aigrefins, parmi lesquels apparaissent des noms bien connus en France. Areva a ainsi acheté pour 2,5 milliards de dollars, en 2007, à UraMin des sites soi-disant uranifères à Bakouma (République centre africaine), Trakkopje (Namibie) et Ryst Kuil (Afrique du Sud). On peut raisonnablement s’interroger sur le bien fondé de ces achats sans que la compagnie, référence mondiale en la matière, n’ait mené quelque expertise que ce soit sur la valeur exploitable de ces sites, se fiant aveuglément aux documents fournis par le « cabinet d’experts » anglo-saxon SRK payé… par les vendeurs ! Or, tout était archifaux, tant au plan des teneurs uranifères des minerais que des qualités du produit et des conditions d’exploitation. La teneur uranifère de ces « mines d’uranium » est moindre, paraît-il, que les délaissés des anciennes mines uranifères du Limousin et de Lozère ! Du bidon ! Que du bidon !

Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi l’impact d’Areva au Niger, pays d’Afrique pillé, ruiné, affamé. Arlit, ça ne vous dit rien ? Mais si voyons. Une prise d’otage au cours de laquelle des expatriés français ont été enlevés dans cette ville minière d’Areva. Ils ont été libérés après paiement d’une rançon estimée à 20 millions d’euros ! Sortis des poches d’Areva, donc de nos poches, puisque l’État français est l’actionnaire archi majoritaire. Eh bien à Arlit, la population locale a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d’eau par an pendant que la population meurt de soif ! Les rues, les habitations de la ville sont construits à l’aide de résidus radioactifs, la nappe phréatique est archi-contaminée et s’assèche suite aux pompages d’Areva. Qui, évidemment, la main sur le cœur, nie tout cela.

Le Niger devrait être l’un des pays les plus prospères d’Afrique grâce à son sous-sol riche en uranium. Tè, fume ! La population est toujours plus misérable et crève de malnutrition depuis des décennies à cause d’une sécheresse persistante. Cette famine est due au fait qu’Areva n’a jamais voulu faire bénéficier la population locale de son exploitation minière, en prenant en charge, ce qui serait le moins, l’irrigation des terres. Cet aménagement du fleuve Niger permettrait de gagner des milliers d’hectares de terres arables et ainsi d’éradiquer définitivement la faim dans ce pays de 12 millions d’habitants. Le coût estimé de cette irrigation capillaire du fleuve Niger est estimé à 650 millions d’euros, une goutte d’eau pour le principal industriel du pays.

Derrière les troubles dans lesquels l’armée française est engagée au Sahel, n’y aurait-il pas, entre autres, l’exploitation néocoloniale des ressources du Niger ?

Orano, c’est donc le nom d’un castré. Comme ce qui reste d’Areva en quelque sorte. Finalement le nom est bien choisi !


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22/01/2018

Le tarpé taxé au niveau d’un léger excès de vitesse ?

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C’est ce que préconisent les « zexperts » de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’usage des stupéfiants. Une simple prune de 150 à 200 euros à la place de lourdes procédures pénales qui encombrent les tribunaux et bouffent le temps et l’énergie des flics. Pour rien puisque sur 140 000 personnes interpellées pour avoir tiré le tarpé, rares sont celles qui écopent de plus qu’un « rappel à la loi ». Allez, circulez ! Ouais mais, et les minots ? La France est le pays européen où les mineurs de moins de seize ans fument le plus. Triste record mais qui limite singulièrement l’efficacité espérée de la « prune » puisque les mineurs ne peuvent en aucune manière faire l’objet d’une amende.

La France est le pays qui envoie le plus de gens en taule pour possession ou trafic de cannabis. Et la France est pourtant le pays où on fume le plus. C’est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c’est illégal, plus c’est rentable.

Bon. La décision n’est pas prise. On verra. Quelle que soit cette décision, elle aura au moins l’avantage de faire bouger les lignes, de sortir de cette insupportable hypocrisie. Parce qu’il faut croire au Père Noël pour imaginer vivre dans un monde de bisounours bannissant toutes les drogues. Toutes les sociétés, dans tous les temps ont toujours eu leurs béquilles psychotoniques. L’alcool chez les uns, le cannabis chez d’autres, les champignons hallucinogènes chez d’autres encore, et en premier lieu les anxiolytiques et les antidépresseurs dans nos sociétés dites « modernes ».

Pourquoi les gens fument-ils le tarpé ? Mais pour la même raison qu’ils boivent le pastaga, le cognac, la vodka et, pour les plus raffinés, les bons vins ? Pour le plaisir que ça leur procure ! Les vins sans l’alcool ? Un bide. Les bières sans alcool ? Un bide. Parce qu’au-delà du plaisir gustatif, l’usager recherche les effets psychoactifs de ces produits. Ne pas comprendre cela est soit de l’hypocrisie, soit de la naïveté tangentant la konnerie.

La vraie solution, c’est de légaliser le produit, organiser sa production, encadrer sa vente, faire des campagnes d’informations sans baratin auprès des mineurs.

Au fou ! crient les prohibitionnistes purs et durs. Ça va faire flamber la consommation ! Ben, non. Les exemples de l’Espagne et des Pays-Bas le montrent. De toute façon, le cannabis, sous forme de hasch ou de marijuana, est partout, en cambrousse comme en ville. N’importe qui peut s’en procurer sans beaucoup de difficultés. Mais les consommateurs achètent des produits souvent frelatés, coupés avec des produits plus toxiques que le produit lui-même.

La prohibition du cannabis est un échec flagrant. Policiers et gendarmes se noient dans la paperasse des procédures, perdant ainsi 1,2 million d’heures reconnaît le ministre de l’intérieur Gérard Collomb. La consommation s’est banalisée, surtout chez les jeunes : 17 millions de Français l’ont expérimenté, 1,4 fume régulièrement et 700 000 fument quotidiennement.

Le système de légalisation permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabac, - interdiction évidente pour les mineurs.

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financements des réseaux maffieux, puisqu’ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l’attirance pour l’interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, - une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprise et confrontés alors aux règles de concurrence !

Et donc beaucoup moins d’insécurité dans nos villes.

« Répéter les mêmes solutions à un problème et espérer un résultat différent est une forme de folie. » disait tonton Einstein…

 

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21/01/2018

Gastronomie dominicale: La tête de veau en l'honneur de Louis.

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Quand revient chaque année le temps des jours nouveaux

Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

On la mange toujours le 21 janvier

En souvenir du jour où la Veuve d'acier

Décolleta Louis, le seizième du nom,

En des temps de fureur, de fusils, de canons.

C'est un plat collectif, festif, essentiel;

C'est un repas royal ou... présidentiel!

Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

Je commande la tête au boucher de Langogne.

Et je vais la chercher moi-même, par le train

Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

Les trente viaducs suspendus en plein ciel

Reliant les splendeurs de la cité romaine

Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

Cités mélancoliques de mines délaissées,

Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

Rivières et torrents, petits lacs de barrages

Viennent et disparaissent après chaque virage.

Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

Spectacle interrompue par chaque galerie,

Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

- Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

Si maïses coume aco, la testa de vedeù

Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

- C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

Je vais te raconter comment on fait la tête.

Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

La Lionne a déjà sorti la gazinière

Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

On met à dégorger la tête voyageuse

Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

On la sort, on la met sur un large torchon,

On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

Quand ça bout on écume avec application,

Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

Pour la vérifier, je plante une fourchette:

Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

Soulevant le torchon, je sors alors la tête

Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

Elle écrase au mortier persil et estragon,

Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

Elle met à réduire huit ou dix échalotes

Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

Lorsque la sauce prend certaine consistance

Elle y met l'appareil préparé par avance

Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

C'est alors que j'apporte, avec solennité

La tête décorée avec habileté

Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

L'assemblée s' esbaudit devant cette merveille.

Les manches retroussées, armé du Laguiole,

Je découpe en public la brûlante bestiole

Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

Les viandes délicates, mousseuses du cou,

Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

La pointe du museau, avec les trous du nez.

Nicole distribue: chacun son bout de veau,

Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

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Ingrédients et proportions pour huit personnes:

 

Une tête de veau, même sans la cervelle (depuis la vache folle les bou­chers la vende écervelée), ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable!

Pour la tête: - 1 tête sans la cervelle (dommage...), - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

Pour la sauce ravigotte : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estra­gon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

- 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

- persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

 

Les vins conseillés:

 

La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

Coteaux du Languedoc.

Côtes de Provence.

Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

 

(1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

(2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

 

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20/01/2018

Ouiquinde érotico-grivois

 

 

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Ta source

Elle naît tout en bas d'un lieu géométrique
A la sentir couler je me crois à la mer
Parmi les poissons fous c'est comme une musique
C'est le printemps et c'est l'automne et c'est l'hiver
L'été ses fleurs mouillées au rythme de l'extase
Dans des bras de folie accrochent les amants
On dirait que l'amour n'a plus besoin de phrases
On dirait que les lèvres n'ont plus besoin d'enfants
Elles coulent les sources en robe ou en guenilles
Celles qui sont fermées celles qu'on n'ouvre plus
Sous des linges qu'on dit marqués du sceau des filles
Et ces marques ça me fait croire qu'il a plu
Qui que tu sois toi que je vois de ma voix triste
Microsillonne-toi et je n'en saurai rien
Coule dans ton phono ma voix de l'improviste
Ma musique te prend les reins alors tu viens
Ta dune je la vois je la sens qui m'ensable
Avec ce va-et-vient de ta mer qui s'en va
Qui s'en va et revient mieux que l'imaginable
Ta source tu le sais ne s'imagine pas
Et tu fais de ma bouche un complice estuaire
Et tes baisers mouillés dérivant de ton cygne
Ne se retourneront jamais pour voir la terre
Ta source s'est perdue au fond de ma poitrine

Léo Ferré

Écoutez le grand Léo ICI

 

 

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696666…69

 

Les inverses 6 et 9

Se sont dessinés comme un chiffre étrange

Comme un chibre d’ange

69

Deux serpents fatidiques

Deux vermisseaux

Nombre impudique et cabalistique

6 : 3 et 3

9 : 3 3 et 3

La trinité

La trinité partout

Qui se retrouve

Avec la dualité

Car 6 deux fois 3

69 dualité trinité

Et ces arcanes seraient plus sombres

Mais j’ai crainte de les sonder

Julia Josepha Marguerite

Les 3 jolies suceuses de bites

Rue Grégoire-de-Tours

 

Guillaume Apollinaire

 

 

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18/01/2018

Notre-Dame-des-Landes à la poubelle : « On a ga-gné ! On a ga-gné ! »

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La gueule à tous les caciques de la droite magouilleuse après la décision de Jupitounet de mettre à sa vraie place – la poubelle - le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ! Jacob : hum ! Retailleau : hum ! Wauquiez : hum ! Un bonheur.

Ils reprochent à Jupitounet, à travers son collaborateur Philippe, « d’avoir capitulé en rase campagne devant les zadistes », « d’avoir foulé aux pieds la démocratie », « d’avoir sacrifié le Grand Ouest », etc. Disons plutôt qu’ils ont fait preuve de réalisme, de pragmatisme, de lucidité. Et de courage : celui de changer d’avis après avoir étudié sérieusement les tenants et les aboutissants d’un projet serpent de mer qui date d’un demi-siècle.

Déni de démocratie s’étranglent-ils : « La population a voté à une large majorité pour cet aéroport ». Oui mais ce n’était pas un référendum mais une simple consultation qui n’a pas force loi et surtout, les populations auxquelles on a demandé leur avis sont circonscrites au seul département de Loire-Atlantique alors que les tenants de l’aéroport ont comme principal argument le développement de tout le Grand Ouest. Il aurait fallu faire voter tous les départements du Grand Ouest et pas seulement celui où se trouvent Nantes et son importante population, pas fâchée de refiler aux pignoufs du bocage les nuisances sonores des avions ! Ben voyons. Le déni de démocratie, il est où ?

La vraie question a se poser était : est-il vraiment indispensable cet aéroport ? Ce type de grands travaux, traumatisant pour la région et extrêmement coûteux, est-il vraiment utile à la collectivité, capable de générer de l’emploi et de dynamiser l’économie de la région qui va l’accueillir et… le subir ? A qui va-t-il servir ? Qui, dans la région prend l’avion ? Les dizaines de milliers de « Français d’en bas » qui vont subir les conséquences, être expulsés de leurs terres ? Non. Quelques centaines, allez, quelques milliers de privilégiés. Ce type d’aéroport attire, comme la merde appâte les mouches, les compagnies « low cost », parasites de la profession, qui font payer aux collectivités locales leur activité sur ces plateformes.

Notre-Dame-des-Landes n’était en fait que l’expression de la mégalomanie de quelques satrapes locaux, de la folie des grandeurs d’une centaine de chefs d’entreprises acoquinée à la bourgeoisie locale pour décider les « décideurs » locaux. Les mêmes d’ailleurs que ceux qui ont saccagé les pylônes de la taxe carbone, gaspillant ainsi quelques milliards d’argent public, notre fric.

Et puis, depuis cinquante ans, la donne a changé, le dérangement climatique est passé par là et l’avenir du transport aérien s’appuiera sur des avions plus gros (donc moins de mouvements aériens), moins gourmands en kérosène (et puis il faudra bien un jour taxer le carburant des avions qui en est actuellement exempté, bonjour la concurrence déloyale !), sur des destinations plus restreintes (les liaisons « de proximité » comme Nantes Paris se font par le TGV). Enfin posons le cul sur la chaise : qui prendra l’avion de Nantes vers New York, Moscou, Pékin, Tokyo ou Rio de Janeiro ? Ces trafics long-courriers ne passent que par quelques hubs géants comme Paris, Londres, Francfort, un peu Nice mais pas par Nantes, même pas par Marseille ou Toulouse.

Oui mais, l’aéroport actuel est saturé, perturbe la vie des riverains qu’ils disent, les bétonneurs. Faux. Il pourrait, avec un aménagement de l’aérogare, décupler son trafic, ce qui ne sera jamais le cas. (L’aéroport de Gatwick, à une quarantaine de km de Londres, traite 34 millions de passagers par an, contre 3,5 à Nantes, dix fois plus, et 242 000 mouvements d’avion, avec une piste plus courte, sans être saturé pour autant !). Pareil pour celui de Genève. Notez que la piste (3 800 mètres contre 3 200 à Notre-Dame-des-Landes) serait restée en place puisqu’elle est la condition sine qua non du maintien de l’usine Airbus installée sur le site !

Et puis parlons un peu de l’aviation commerciale qui est un étrange appareil de redistribution de fric inversé : on prend le pognon des pauvres (par les impôts, la TVA, etc.) et on subventionne des aéroports, des lignes aériennes qui ne bénéficient qu’à un petit nombre de gens sinon riches du moins aisés. Pire encore avec les compagnies « low cost » qui rackettent les instances territoriales (régions, départements, chambres de commerce) en leur demandant des subventions astronomiques, des installations gratuites, des exemptions d’impôts et de taxes d’aéroport, etc., ce qui fait que c’est la majorité rampante qui ne prend jamais l’avion qui paie - par ses impôts locaux – pour quelques milliers de parasites !

Ah ! N’oublions pas non plus: le transfert de l’aéroport actuel situé à 10 km de Nantes libérerait des quantités conséquentes d’hectares convoitées avec gourmandise par les promoteurs immobiliers et autres aménageurs ! Au nombre desquels l’inévitable… Vinci.

Bravo et merci à Macron, Philippe et surtout Hulot qui en avait marre d’avaler des couleuvres en buvant un verre de glyphosate pour faire passer !

 

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