17.02.2010

Les cent et une manières de se torcher le cul.

torchecul.jpgIl est des petits plaisirs qui, pour être humbles et quotidiens, n'en sont pas moins très jouissifs. Ainsi, chaque matin, lorsque je vais « téléphoner à Sarko » selon mon expression, ces quelques minutes de transfert libèrent tant les boyaux de la tête que ceux du ventre ! Des idées agréables s'enchainent, des images lumineuses se bousculent tandis la nature reprend ses dons dans le chuintement d'une douce musicalité. Puis vient le moment de se torcher le cul... La fonctionnalité de notre monde actuel a dévolu au papier le soin de s'acquitter de cette tache. D'autres préfèrent les pierres, les feuilles, voire tout simplement le doigt qui libère ensuite sa créativité en virgules et autres arabesques et portraits selon l'abondance.

Les Rosbifs, dont on ne peut nier tant l'humour que le sens commercial, viennent de lancer sur le marché (http://fr.news.yahoo.com/55/20100214/tod-grande-bretag... ) un papier toilette enrichi à l'huile de cachemire. Le fabricant « espère que le prestige et le raffinement de la matière plaira à ses clients, qui pourront apprécier la douceur du cachemire, non plus sur les vêtements, mais sur leur papier toilette. »

Bien. Mais nous avons-nous-même, depuis bien des longtemps, creusé cette question essentielle. La plus belle illustration de ces recherches hédonistes nous vient de notre grand Rabelais. Je vous la délivre avec délectation :

« Les cents et une manières de se torcher le cul.

J'ay (respondit Gargantua) par longue et curieuse experience inventé un moyen de me torcher le cul, le plus seigneurial, le plus expedient que jamais feut veu.
- Quel ? dict Grandgousier.
- Comme vous le raconteray (dist Gargantua) presentement.
« Je me torchay une foys d'un cachelet de velours de une damoiselle, et le trouvay bon, car la mollice de sa soye me causoit au fondement une volupté bien grande;
« une aultre foys d'un chapron d'ycelles, et feut de mesmes;
« une aultre foys d'un cache coul;
« une aultre foys des aureillettes de satin cramoysi, mais la dorure d'un tas de spheres de merde qui y estoient m'escorcherent tout le derrière; que le feu sainct Antoine arde le boyau cullier de l'orfebvre qui les feist et de la damoiselle qui les portoit!
« Ce mal passa me torchant d'un bonnet de paige, bien emplumé à la Souice.
« Puis, fiantant derrière un buisson, trouvay un chat de Mars; d'icelluy me torchay, mais ses gryphes me exulcererent tout le perinée.
« De ce me gueryz au lendemain, me torchant des guands de ma mere, bien parfumez de maujoin.
« Puis me torchay de saulge, de fenoil, de l'aneth, de marjolaine, de roses, de fueilles de courles, de choulx, de bettes, de pampre, de guymaulves, de verbasce (qui est escarlatte de cul), de lactues et de fueilles de espinards, - le tout me feist grand bien à ma jambe, - de mercuriale, de persiguire, de orties, de consolde; mais j'en eu la cacquesangue de Lombard, dont feu gary me torchant de ma braguette.
« Puis me torchay aux linceux, à la couverture, aux rideaulx, d'un coissin, d'un tapiz, d'un verd, d'une mappe, d'une serviette, d'un mouschenez, d'un peignouoir. En tout je trouvay de plaisir plus que ne ont les roigneux quand on les estrille.
- Voyre, mais (dist Grandgousier) lequel torchecul trouvas tu meilleur ?
- Je y estois (dist Gargantua), et bien toust en sçaurez le tu autem. Je me torchay de foin, de paille, de bauduffe, de bourre, de laine, de papier. Mais
Tousjours laisse aux couillons esmorche
Qui son hord cul de papier torche.
- Quoy! (dist Grandgousier) mon petit couillon, as tu prins au pot, veu que tu rimes desjà ?
- Ouy dea (respondit Gargantua), mon roy, je rime tant et plus, et en rimant souvent m'enrime. Escoutez que dict nostre retraict aux fianteurs :
Chiart,
Foirart,
Petart,
Brenous,
Ton lard
Chappart
S'espart
Sur nous.
Hordous,
Merdous,
Esgous,
Le feu de sainct Antoine te ard!
Sy tous
Tes trous
Esclous
Tu ne torche avant ton depart !
« En voulez vous dadventaige ?
- Ouy dea, respondit Grandgousier.
- Adoncq dist Gargantua :


RONDEAU
En chiant l'aultre hyer senty
La guabelle que à mon cul doibs;
L'odeur feut aultre que cuydois :
J'en feuz du tout empuanty.
O ! si quelc'un eust consenty
M'amener une que attendoys
En chiant !
Car je luy eusse assimenty
Son trou d'urine à mon lourdoys;
Cependant eust avec ses doigtz
Mon trou de merde guarenty
En chiant.


« Or dictes maintenant que je n'y sçay rien! Par la mer Dé, je ne les ay faict mie, mais les oyant reciter à dame grand que voyez cy, les ay retenu en la gibbessiere de ma memoire.
- Retournons (dist Grandgousier) à nostre propos.
- Quel ? (dist Gargantua) chier ?
- Non (dist Grandgousier), mais torcher le cul.
- Mais (dist Gargantua) voulez vous payer un bussart de vin Breton si je vous foys quinault en ce propos ?
- Ouy vrayement, dist Grandgousier.
- Il n'est (dist Gargantua) poinct besoing torcher cul, sinon qu'il y ayt ordure; ordure n' y peut estre si on n'a chié; chier doncques nous fault davant que le cul torcher.
- O (dist Grangousier) que tu as bon sens, petit guarsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en gaie science, par Dieu! car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuiz ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe! pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entends de ce bon vin Breton, lequel poinct ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
- Je me torchay après (dist Gargantua) d'un couvre chief, d'un aureiller, d'ugne pantophle, d'ugne gibbessiere, d'un panier, - mais ô le mal plaisant torchecul! - puis d'un chappeau. Et notez que les chappeaulx, les uns sont ras, les aultres à poil, les aultres veloutez, les aultres taffetasser, les aultres satinizez. Le meilleur de tous est celluy de poil, car il faict très bonne abstersion de la matiere fecale.
« Puis me torchay d'une poulle, d'un coq, d'un poulet, de la peau d'un veau, d'un lievre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leurre.
« Mais, concluent, je dys et mantiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oyzon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirificque, tant par la doulceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon, laquelle facilement est communicquée au boyau culier et aultres intestines, jusques à venir à la region du cuers et du cerveau. Et ne pensez que la beatitude des heroes et semi dieux, qui sont par les Champs Elysiens, soit en leur asphodele, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles ycy. Elle est (scelon mon opinion) en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oyzon, et telle est l'opinion de Maistre Jehan d'Escosse. »

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Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

23.12.2009

"L'identité française" ne commence-t-elle pas par la langue?

L'anglais, langue unique ?

« Il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation » a dit Michel Serres : contre un anglais, langue unique, des associations s’insurgent et lancent un appel.

"Conscientes de la grave menace qui pèse sur l’avenir de la langue française, non seulement dans tous les pays francophones et partout où elle était traditionnellement enseignée et pratiquée, mais aussi et avant tout en France même, plusieurs associations de défense et de promotion de la langue française (liste ci-dessous) lancent cet appel au sursaut et à la lutte commune contre un déclin évitable.

Issus de toutes les courants politiques démocratiques, nous faisons tous ce constat : langue de la République (art. 2 de la Constitution) et de la population, support de notre culture et base évidente de notre « vivre ensemble », premier socle de notre « identité nationale » pour 80 % des personnes récemment sondées, le français est méthodiquement évincé au profit de cet anglais simplifié que promeut avec zèle l’oligarchie internationale des affaires.

Le fait ne doit rien à l’air du temps, ni ne procède d’on ne sait quel darwinisme linguistique comme d’aucuns voudraient le faire accroire pour occulter sa vraie cause dont la nature est politique. Politique, comme en témoigne, par exemple, la récente ratification du protocole de Londres qui donne valeur juridique en France aux brevets rédigés en anglais, ou l’abandon de nos prérogatives linguistiques dans les organismes européens et internationaux. Conçue en premier lieu par de puissants groupes internationaux, cette politique est complaisamment relayée par des élus hexagonaux, plus sensibles aux aspirations des financiers qu’à celles de notre société.

Voici longtemps, en effet, qu’est dépassé le stade de l’emprunt naturel d’une langue à une autre. Au-delà de la liste interminable des « coach », « manager », « discount », « trekking , « yes ! » et autres anglicismes … qui hachent notre vocabulaire quotidien, chacun peut aussi constater l’acharnement de maintes grandes entreprises à nous angliciser de manière insidieuse ou brutale. Empruntant d’abord quelques mots « techniques » à l’anglais, elles basculent désormais leurs produits et leurs enseignes commerciales du français au tout-anglais (« Carrefour Market », « Simply Market », « TGV Family » …) ; puis, en phrases entières, celles de leurs slogans publicitaires, de leurs serveurs téléphoniques, de leurs devises managériales qui rythment ironiquement la souffrance de leurs salariés (France Telecom, dorénavant sans accent, n’a-t-il pas inventé le « time to move ! » au risque de susciter la « mood » des suicides ?), suivant en cela le MEDEF qui donne le ton par sa devise « Ready for the future ! » ; celles aussi des conseils d’administration et des réunions de travail, y compris dans certains ministères de la République « française » ; et, finalement, celles de l’annonce de leur licenciement aux ouvriers de Continental-Clairoix, auxquels on a quand même concédé un traducteur : quel privilège !

Ce n’est pas tout : nos chercheurs, après avoir été à l’origine de tant d’avancées majeures et bien que prenant toute leur part aux avancées de la technologie actuelle, sont systématiquement sommés de publier en anglais. L’actuel gouvernement projette de faire enseigner certaines matières en anglais aux lycées et à l’université. Histoire sans doute de se rapprocher du peuple qu’elles sont censées représenter, nos élites politiques se forment désormais en anglais, voire en « tout-anglais » à Sciences-Po (notamment dans la nouvelle antenne rémoise de l’École) ; quant à Mme Pecresse, est-il exact qu’elle souhaite exempter l’Université des très humbles exigences de la loi Toubon ?

Pis : le refus de tout débat public accompagne cette politique linguistique inavouée portée par une élite dé-territorialisée qui, à droite comme à « gauche », méprise ouvertement ses origines et rêve d’un monde uniformisé dans lequel elle pourra enfin ressembler parfaitement à ses maîtres.

La première victime de ce rêve indécent sera la « France d’en bas », celle qui ne fera pas ses classes à Oxford ni ne passera ses vacances à Los Angeles, et qui devra éternellement s’adapter, dans sa vie privée et professionnelle, aux exigences d’une autre langue. Ont également tout à perdre à ce basculement linguistique les Francophones d’Afrique et d’ailleurs, que l’on discrimine honteusement pour tenter d’assimiler la défense du français à un purisme aux relents d’exclusion ; sans oublier le cadre moyen, dont les efforts prenants pour changer de langue et de mode de pensée ne feront jamais le poids face aux « English mother tongue » d’ores et déjà recrutés, de manière discriminatoire, pour certains postes clés.

Le débat citoyen que nous exigeons sur la place de la langue dans notre société est d’autant plus pressant que la construction européenne bruxelloise, au mépris de ses textes officiels, impose un libéralisme linguistique agressif : pour accompagner l’ultra-libéralisme économique, pour détruire ce bien commun par excellence et ce service public gratuit que constituent les langues nationales, les protections juridiques nationales faisant obstacle aux campagnes d’anglophonisation unilatérales qui sévissent partout en Europe, sont froidement démantelées.

Ce déracinement linguistique ne doit plus pouvoir s’accomplir dans l’ombre et le silence : le peuple doit prendre conscience de l’ampleur de l’agression dont il est l’objet, et faire entendre sa voix encore souveraine.

Cet appel s’adresse donc à tout citoyen soucieux de défendre sa culture et, à travers elle, toutes les cultures du monde dont la diversité est indispensable à un véritable internationalisme et au respect mutuel et multilatéral des cultures, à l’opposé d’un nivellement mondialiste insidieusement pré-totalitaire.

Cet appel dénonce aussi la glose « identitaire » de gouvernants qui accompagnent la destruction de notre langue commune ; il revient aux citoyens d’exiger une politique claire en faveur de notre langue maternelle et nationale, et plus généralement en faveur du multilinguisme : au collège et au lycée, renforcer l’enseignement du français, apprendre les bases communes des langues européennes, puis apprendre deux langues étrangères, dont la première serait autre que l’anglais ; défendre l’usage de la langue française dans les institutions internationales et européennes, réaffirmer clairement le français comme langue de l’enseignement et de la Recherche, mettre fin à l’invasion des enseignes et des publicités en anglais.

Cet appel s’adresse aux espérantistes ; aux défenseurs des langues régionales – car lorsque le français n’aura plus qu’un statut domestique (à tous les sens de ce terme !), de quelle place pourront-ils se prévaloir ? – , aux citoyens des DOM, aux travailleurs immigrés qui pensent que l’on peut vivre sereinement en français sans renier ses origines.

Il s’adresse aussi aux amoureux de l’anglais, qui ne doit pas se laisser réduire à cette « langue des affaires et de l’entreprise » dont E.-A. Seillères, alors président du syndicat patronal européen, entendait promouvoir l’usage quasi-exclusif.

Il s’adresse enfin aux chercheurs, aux écrivains, aux poètes, philosophes, enseignants, traducteurs, à tous ceux, ici et ailleurs, dont le français est la langue de création et de réflexion, l’outil de formalisation ou d’expression d’une sensibilité. Tous ceux qui savent ce que l’Histoire, ou leur histoire personnelle, doit à la langue française, à tous ceux qui sentent qu’une langue est plus qu’un simple code de communication parce qu’elle porte des valeurs et une vision du monde autant que des données et des informations.

À tous ceux qui ont compris qu’une langue unique c’est une pensée unique, et que si l’on soumet les hommes d’abord par le verbe et par la pensée, c’est aussi par eux, que les hommes résistent et se relèvent.

* Alliance Champlain – Association francophonie et avenir (AFRAV)

Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF)

Avenir de la langue française (ALF)

Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC)

CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguisitique)

– Défense de la langue française - Paris-Île-de-France (DLF Paris-IdF) – www.langue-francaise.org

Forum francophone international – France (F.F.I.-France)

Le Droit de comprendre (DDC)

Se portent garants de la signature de leur association :

Pour l’Alliance Champlain, Daniel Miroux Pour l’AFRAV, M. Régis Ravat Pour l’ASSELAF, MM. Philippe de Saint Robert et Philippe Loubière Pour A.L.F. et F.F.I.-France, M. Albert Salon Pour le C.L.E.C., M. Raymond Besson Pour le COURRIEL, M. Georges Gastaud Pour D.L.F.-Paris-Î.d.F., M. Marc Favre d’Échallens Pour D.D.C., M. Thierry Priestley

 

Sources: L'Humanité

 

Les Québécois aussi doivent lutter contre cette invasion linguistique:

www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montrea...

http://www.youtube.com/user/montrealenfrancais


 

 

31.05.2009

Il faut chaud: mangez les sardines à la "Brulo dé" du Pégot

rafraichissement.jpg


Éclairs d'acier bleuté bondissant hors de l'onde
Pour tenter d'échapper à la dent furibonde
De quelque carnassier montant des eaux profondes
Pour croquer tout de go ces poissons qui abondent...
C'est la reine des mers! Succulente et divine,
Pas la langouste, non. Simplement la sardine!
Sa réelle fonction, sa vie, son aventure
Généreuse et bornée: c'est d'être nourriture!
Les poissons s'en délectent, 1 'homme la met en boite,
Lui fait boucher le port si la passe est étroite...
Chez nous, dans le Midi, on l'aime tellement
Que chaque Provençal est un peu son amant.
Mon ami le Pégot, marin-pêcheur de Sète,
Les fait à "Brulo dé". En voici la recette.
Prenez-les sur le quai, juste au cul de la barque,
Chez votre poissonnier, la fraîcheur se remarque
Par la roideur arquée du petit corps luisant.
Un bon kilo pour deux, ce sera suffisant.
Devant le cabanon, à l'ombre de la treille,
Tandis que sa moitié débouche les bouteilles,
Le Pégot fait brûler un fagot de "gabel"
C'est les sarments de vignes du côté de Lunel.
Un bon coup de muscat met les convives à l'aIse
Juste le temps qu'il faut pour apaiser la braise.
Sur un bout de grillage il range les sardines,
Ni lavées, ni vidées. Nature les ondines.
Les poissons sur la grille sont posés sur le feu
Puis retournés après une minute ou deux.
Sur un grand plateau rond, au milieu de la table
Calée par des galets pour qu'elle reste stable,
Le Pégot sert en vrac sa première tournée
Puis remet sur le feu la prochaine fournée.
Un jet d'huile d'olive dans le creux de l'assiette,
On mange avec les mains, nul besoin de fourchette.
D'une pression du doigt on enlève la peau
Libérant les filets odorants et bien chauds,
La tête entre deux doigts, dans deux autres la queue,
La sardine grésille. Quel bonheur, maugrebeleu !
On se "rabine" un peu, d'où le nom: "brulo dé"
Mais c'est tellement bon! vous n'avez pas idée.
Avec les dents du haut, on bloque la sardine,
La mâchoire du bas, retroussant les babines
Fort délicatement détache le filet
Qu'un" ggluuff" aspirera jusqu'au fond du palais.
Sous le pin parasol où s'aiment les cigales
Montent les petits bruits des gens qui se régalent.
Ca fait des: "Ah !", des "Hum !" des "Fatche que c'est bon !"
C'est toute la marée, plus un goût de charbon.
Toute les deux sardines on boit un coup de blanc,
De Cassis ou de Saint-Hilaire-d'Ozilhan,
On parle avec les mains, on sort la galéjade
Et la journée se passe en franche rigolade.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Rien de plus simple: des sardines, encore des sardines, seulement des sardines (comptez 1 demi kilo par personne, soit 3 kilos). Mais fraîches, pas trop grosses et de Méditerranée évidemment. Plus un peu de fleur de sel de Camargue et de l'huile d'olive dans chaque assiette.

Les vins conseillés:

La sardine est bonne fille et s'accompagne sans problème de vins blancs secs, de rosés, voire de rouges jeunes et frais.
En vallée du Rhône, blancs de Roaix, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Laudun, Villedieu ; rosés de Tavel, Rochefort, Chusc1an, Ventoux, Luberon, Cos-tières de Nîmes; rouges légers de Sainte-Cécile-Ies- Vignes.
En vins du Languedoc blancs Picpoul de Pinet, blancs de la Clape ; rosés de Saint-Saturnin, vins des sables d' Aigues-mortes.
En vins de Provence, les blancs de Cassis, tous les rosés des Côtes-de--Provence et des Coteaux varois.



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"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)


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23.05.2009

Bonne nouvelle : Allègre, expert ès-conneries, en route pour le sarkogouvernement !

allegre_JPEG.jpgBonne nouvelle : Allègre, expert ès-conneries, en route pour le sarkogouvernement !

Voilà-t’y pas que l’intention d’Ubu d’intégrer Allègre à son gouvernement se précise ! En voilà une nouvelle qu’elle est bonne !

Allegre, c’est une bonne, une très bonne chose qu’il aille chez Sarko : un traître et un gros nullard qui débarrasse et donc va encombrer la cohorte déjà gratinée des dindons qui font la roue devant le blaireau  mal embouché fait roitelet.

Il faut se rappeler qui est ce triste personnage qui s’applique avec constance, depuis la campagne électorale de 2007, à lécher les aliboffis de Ubu.

C’est lui qui voulait dégraisser le mammouth, c’est lui qui voulait que la première langue à appendre aux petits Français soit l’anglais (comme l’inénarrable Pécresse d’ailleurs), c’est lui qui préconise le nucléaire à tout va, c’est lui qui nie le réchauffement climatique, c’est lui qui aime bien les OGM…

J’ai eu l’honneur de déjeuner, il y a maintenant bien des années tout de même, avec Haroun Tazieff. C’était quelques temps après l’éruption du volcan de la Soufrière, à la Guadeloupe.

Allègre, qui dirigeait à l’époque l’Institut de physique du globe ou un truc comme ça, avait fait le déplacement, à grand renfort de caméras, et, du haut de ses « connaissances », avait décrété que le volcan allait exploser, qu’on risquait une catastrophe comme celle de la Martinique en début de vingtième siècle et donc, qu’en conséquence, il fallait évacuer toutes les populations vivant à proximité du volcan. Ce qui fut fait et donna lieu à bien des déchirements humains et…à quelques belles magouilles immobilières.

Haroun Tazieff, s’en fut lui aussi sur les flancs du volcan. Il étudia sérieusement la chose et, du haut de son expérience et de ses compétences mondialement reconnues en la matière, il décréta qu’il n’y avait aucun danger et qu’il était stupide de procéder à d’énormes transferts de populations.

Résultat : le volcan n’explosa pas, l’éruption se tarît peu à peu et… Allègre vira Tazieff de son poste !

Tazzieff considérait Allègre comme le Lyssenko français !

Il faut tout de même lui reconnaître ne qualité : celle de sa fâcher avec tout le monde !

Avec un renfort pareil, ça va ronfler en Sarkozistan !

Malgré tout, on peut trembler sur le devenir de l’écologie avec un type pareil à la tête d’un grand ministère chargé de l’industrie. Il va te le dégraisser le Grenelle à Borloo…


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"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)


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Charlie Hebdo : finis les temps glauques de l’occupation ?



cavanna.jpgBon. J’avoue. Mercredi matin, en achetant le Canard Enchaîné et Siné Hebdo, j’ai craqué… J’ai acheté aussi – la main tremblante et le fiel de la culpabilité insinuant son poison dans les boyaux de la tête – Charlie Hebdo. J’ai osé. Je me suis parjuré. Je plaide coupable. Mais j’ai des circonstances atténuantes : fils de la génération Hara-Kiri, je suis un lecteur ancestral de Charlie Hebdo. Qui s’appelait Hara-Kiri Hebdo au départ, et qui a changé de nom, bravant l’interdiction de paraître des terribles censeurs de l’époque après la couverture fameuse « Bal tragique à Colombey : 1 mort » mettant en parallèle la mort du général-président avec un incendie catastrophique dans une discothèque de St-Laurent-du-Pont.

C’était le Charlie de la Grande Epoque, bousculant joyeusement tous les tabous, avec des plumes et des dessinateurs flamboyants, incomparables. Les chroniques au vitriol du grand François Cavanna, les élucubrations écolos de Fournier, les inventions du Professeurs Choron, les dessins ravageurs du grand Reiser, les premiers pas de Wolinski avec les deux mecs au bistrot, le grand Duduche de Cabu, Willem, Gébé, etc… Puteng ! Sacré casting ! Nostalgie, nostalgie…


Puis Charlie est mort… Faute de lecteurs. Laissant orphelins bien du monde. Il a été relancé, quelques années après, par une nouvelle équipe animé par Philippe Val, et où l’on a retrouvé avec délectation les signatures de Cavanna, les dessins de Cabu, Wolinski, Willem, renforcées puis plus ou moins remplacés par de nouveaux venus talentueux…

C’est à Philippe Val que nous devons cette résurrection. Faut pas lui enlever ça. C’est lui qui a fait de Charlie un des rares organes réellement d’opposition. Puis Val est tourné sarko-compatible et – terrible bévue, grave erreur, il a viré Siné ! C’te connerie. Depuis ce jour sinistre de l’été dernier, je n’avais plus jamais donné mes kopecks à ce canard renégat.

Mais j’ai craqué parce que le sinistre Val a libéré le territoire pour aller sévir ailleurs (on tremble pour France-Inter, pour Mermet, pour Demorand, pour Guillon…). Alors j’ai racheté Charlie pour me jeter goulûment sur la chronique de Papa : le grand, le seul, l’irremplaçable François Cavanna que je considère comme mon père spitituel. Un François que je ne reconnaissais pas dans les derniers mois avant le putsch d’août dernier : chroniques languissantes, sujets secondaires, style laborieux… Et, miracle voilà notre Cavanna qui dévoile la réalité : « …cette fin de règne s’est soldée pour moi par un paquer d’avanies assez dures à avaler. Dès que j’écrivais, on me tombait dessus : « Tu veux la mort du journal, salaud ! » Et ils y croyaient ! Mais bon, c’est fini, je sèche mes pleurs, je change de slip et je repars du bon pied.
J’espère de tout cœur que, dans Charlie Hebdo n°3, on pourra exercer le sacro-saint droit à l’autosarkasme sans qu’on voie aussitôt rappliquer une délégation vous suppliant à genoux de ne pas « tuer le journal » et « assassiner le gagne-pain » (verbatim).
Si vous saviez, tous les textes qui me sont restés sur le cœur et que vous ne connaîtrez jamais. Il paraît que, désormais, c’est la liberté !
P.S. Ceci est un test »

Puisse ce test être révélateur d’une véritable libération.

Affaire à suivre…



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"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)


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21.05.2009

Les charognards de l’esprit

mort pierres.jpg



Faut-il avoir vraiment un Q.I. de mérou
Pour croire en vous, curés, imâms, rabbins, gourous
Qui vous précipitez sur la misère humaine
Comme mouches à merde sur des fruits de bedaine.
Vous confisquez la Vie, vous promettez le Ciel
Votre esprit est tordu, votre voix est de fiel,
Partout où vous passez agonise l’espoir,
Vous mettez la Raison, toujours, sous l’éteignoir.
Votre fond de commerce, votre sale bizness,
N’est que l’exploitation de l’insigne faiblesse
Et la crédulité de gens déboussolés
Prêt à tout abdiquer pour être consolés.
Pour vos sombres desseins, toute détresse est belle,
Vous êtes des machines à laver les cervelles
Des crédules victimes qui tombent dans vos rets
Et qui seront broyés, ruinés puis essorés
Pour vous servir d’esclaves, de chiens, de trous à bites,
De zombies asservis, de main d’œuvre gratuite.
Ô toi, Humain mon frère, que l’existence angoisse
Fuit comme le sida leurs sinistres paroisses
N’écoutes pas la peur et fuit tous ces menteurs
N’écoutes pas tous les profiteurs de la peur
Surtout ne crois en rien, rejette toute foi
Que le doute, toujours, soit ton ultime Loi
Puisque tu n’y peux rien, attends sans peur la mort
Goûte plutôt la Vie sans pleurer sur ton sort.


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"Cure us!" - Quand explosera la PANDEMIE

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)


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09.05.2009

Quand la Pandémie — la vraie ! — explosera, le monde sera mal ! Très mal…

image de Une par MB.jpg

La pandémie, elle nous pend au nez. Mais ce ne sera pas celle dont on nous rebat les oreilles. Celle-ci, c’est un foutage de gueule intégral, une sordide opération commerciale. D’abord, elle a pris « naissance » dans un pays intermédiaire entre les vrais pays pauvres et les pays riches. Le Mexique, ce n’est pas l’Inde, la Chine ou le Nigéria. Et surtout, elle s’est « propagée » dans les pays riches et uniquement là ! Etonnant non ? Il est bien sympa ce virus de ne se pointer que dans des pays sanitairement bien équipés, pourvus de plans de lutte contre une éventuelle pandémie bien au point, et ayant d’énormes stocks de Tamiflu…qui arrivent à la date de péremption !


Cette pseudo pandémie — orchestrée par l’O.M.S. — ressemble à un exercice grandeur nature dans les pays « riches » assortie d’une liquidation commerciale de stocks de médicaments devenant obsolètes.


Mais cette opération d’enfumage se double d’une juteuse opération commerciale ! En Mars 2009, Nicolas Sarkozy se rend au Mexique où le groupe Sanofi-Aventis signe un contrat de 100 Millions d'Euros pour la construction d'une usine de vaccin grippal saisonnier et éventuellement pandémique  "dans l’éventualité où une pandémie de grippe humaine vienne à être déclarée" ... C'est une victoire industrielle importante pour le groupe. Et qui qu'on trouve qui "conseille" Sanofi? Qui qu'on trouve? Ben, le Françounet! Le François Sarkozy. Ben voyons! Faut se soutenir en famille!

Ils font un communiqué de presse à lire ici : Sanofi-Aventis http://www.sanofi-aventis.com/presse/communiques/2009/ppc_24324.asp

Chaque époque a ses grandes peurs… Chaque époque a ses fléaux… Ceux qui viennent de la nature : les inondations, les tremblements de terre, les tsunamis, le choléra, la malaria, la peste…

Ceux qui viennent des hommes : la guerre, la famine…

Où placer le terrible fléau qui va forcément arriver : la peste aviaire

La nature se venge-t-elle de l’impéritie des hommes ?

L’épidémie mexicaine — pourtant simple tour de chauffe ! — réveille les angoisses et souligne les énormes lacunes du combat des hommes contre ce fléau des temps modernes : lorsque le virus est isolé et étudié, il faut — au mieux — de quatre à six mois pour mettre au point un vaccin relativement efficace, et qui ne pourra évidemment pas être fabriqué à temps pour l’ensemble de la population mondiale.

Je viens juste d’envoyer à l’imprimerie un roman sur ce thème ! Merde, ça tombe bien ! Mais ne croyez pas que j’ai écrit ça en quatre jours et trois nuits ! Ni que je sois dans quelque chose dans le déclanchement de la "pandémie"! Promis juré!

Celle-là elle est bidon. Mais l'autre? Lorsqu’une catastrophe sanitaire se conjugue avec l’aveuglement de croyances archaïques, la surpopulation d’une Terre à bout de souffle, la haine des damnés de la terre envers les pays riches mais aussi un incommensurable autant que dérisoire espoir, cela donne un coquetèle hautement explosif.

L’actualité rend la matière de ce thriller prémonitoire. L’auteur — ben, c’est moi ! — conduit son lecteur dans un voyage hallucinant à travers un monde en folie, de la première quinte de toux au déchaînement des chevaux de l’Apocalypse.

Et vous, seriez-vous capable de prendre LA décision, quand la pandémie explosera ?

« CURE US ! »
Quand explosera la PANDEMIE. Par Jean-Victor Joubert.
134 pages – 10 €

Sortie dans quelques jours. Je vous le ferais savoir !



12.01.2009

Toute ressemblance avec un personnage actuel ne serait pas une simple coïncidence...

napo sarko 1.jpgVictor Hugo : « NAPOLÉON LE PETIT » (extraits). Réédité chez Actes Sud (2007) par Jean-Marc Hovasse.

Louis Bonaparte est un homme de moyenne taille, […] c’est un personnage vulgaire, puéril, théâtral et vain. Certes, ce cerveau est trouble, ce cerveau a des lacunes, mais on peut y déchiffrer par endroits plusieurs pensées de suite et suffisamment enchaînées. C’est un livre où il y a des pages arrachées. A tout moment quelque chose manque. Louis Bonaparte a une idée fixe, mais une idée fixe n’est pas l’idiotisme. Il sait ce qu’il veut, et il y va. A travers la justice, à travers la loi, à travers la raison, à travers l’honnêteté, à travers l’humanité, soit, mais il y va. Ce n’est pas un idiot. C’est tout simplement un homme d’un autre temps que le nôtre. Il semble absurde et fou parce qu’il est dépareillé.

Seulement il oublie ou il ignore qu’au temps où nous sommes, ses actions auront à traverser ces grands effluves de moralité humaine dégagés par nos trois siècles lettrés et par la révolution française, et que, dans ce milieu, ses actions prendront leur vraie figure et apparaîtront ce qu’elles sont, hideuses.

M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter.

On est de son cercle intime ; il laisse entrevoir un projet qui semble, non immoral, on n’y regarde pas de si près, mais insensé et dangereux, et dangereux pour lui-même ; on élève des objections ; il écoute, ne répond pas, cède quelquefois pour deux ou trois jours, puis reprend son dessein, et fait sa volonté.

Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but.

Il recule quelquefois, non devant l’effet moral de ses actes, mais devant l’effet matériel.

napo sarko 5.jpgDans ses entreprises il a besoin d’aides et de collaborateurs ; il lui faut ce qu’il appelle lui-même "des hommes". Diogène les cherchait tenant une lanterne, lui il les cherche un billet de banque à la main. Il les trouve. De certains côtés de la nature humaine produisent toute une espèce de personnages dont il est le centre naturel et qui se groupent nécessairement autour de lui selon cette mystérieuse loi de gravitation qui ne régit pas moins l’être moral que l’atome cosmique.

Aujourd’hui il en est environné, ces hommes lui font cour et cortège ; ils mêlent leur rayonnement au sien. A de certaines époques de l’histoire, il y a des pléiades de grands hommes ; à d’autres époques, il y a des pléiades de chenapans.

M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte.

En attendant, depuis sept mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, pris des millions, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue ; il s’est épanoui dans sa laideur à une loge d’Opéra…

Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas….

Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît […] dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clefs bien faites. Tout est là. … Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon.

Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier, […] on ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent. La ruse : nous avons caractérisé déjà ce grand côté de Louis Bonaparte, mais il est utile d’y insister.

Le 27 novembre 1848, il disait à ses concitoyens dans son manifeste : "Je me sens obligé de vous faire connaître mes sentiments et mes principes. Il ne faut pas qu’il y ait d’équivoque entre vous et moi. Je ne suis pas un ambitieux... Élevé dans les pays libres, à l’école du malheur, je resterai toujours fidèle aux devoirs que m’imposeront vos suffrages et les volontés de l’Assemblée. Je mettrai mon honneur à laisser, au bout de quatre ans, à mon successeur, le pouvoir affermi, la liberté intacte, un progrès réel accompli."

Depuis trente-six ans il y avait en France toutes sortes de choses pernicieuses : cette "sonorité", la tribune ; ce vacarme, la presse ; cette insolence, la pensée ; cet abus criant, la liberté ; il est venu, lui, et à la place de la tribune il a mis le sénat ; à la place de la presse, la censure ; à la place de la pensée, l’ineptie ; à la place de la liberté, le sabre ; et de par le sabre, la censure, l’ineptie et le sénat, la France est sauvée ! Sauvée, bravo ! et de qui, je le répète ? d’elle-même ; car, qu’était-ce que la France, s’il vous plaît ? c’était une peuplade de pillards, de voleurs, de jacques, d’assassins et de démagogues.

Il a fallu la lier, cette forcenée, cette France, et c’est M. Bonaparte Louis qui lui a mis les poucettes. Maintenant elle est au cachot, à la diète, au pain et à l’eau, punie, humiliée, garrottée, sous bonne garde ; soyez tranquilles, le sieur Bonaparte, gendarme à la résidence de l’Élysée, en répond à l’Europe ; il en fait son affaire ; cette misérable France a la camisole de force, et si elle bouge :... - Ah ! qu’est-ce que c’est que ce spectacle-là ? qu’est-ce que c’est que ce rêve-là ? qu’est-ce que c’est que ce cauchemar-là ? d’un côté une nation, la première des nations, et de l’autre un homme, le dernier des hommes, et voilà ce que cet homme fait à cette nation ! Quoi ! il la foule aux pieds, il lui rit au nez, il la raille, il la brave, il la nie, il l’insulte, il la bafoue ! Quoi ! il dit : il n’y a que moi ! Quoi ! dans ce pays de France où l’on ne pourrait pas souffleter un homme, on peut souffleter le peuple ! Ah ! quelle abominable honte !

Chaque fois que M. Bonaparte crache, il faut que tous les visages s’essuient ! Et cela pourrait durer ! et vous me dites que cela durera ! non ! non ! non ! par tout le sang que nous avons tous dans les veines, non ! cela ne durera pas ! Ah ! si cela durait, c’est qu’en effet il n’y aurait pas de Dieu dans le ciel, ou qu’il n’y aurait plus de France sur la terre ! [...]

il restera mesquin, […] il ne sera jamais que le tyran pygmée d’un grand peuple. […] un batteur de grosse caisse des Champs-Elysées…

L’acabit de l’individu se refuse de fond en comble à la grandeur, même dans l’infamie. Faire hausser les épaules au genre humain, ce sera sa destinée. […] Il sera hideux, et il restera ridicule. Voilà tout. L’histoire rit et foudroie. […] L’historien ne pourra que le mener à la postérité par l’oreille.

L’homme une fois déshabillé du succès, le piédestal ôté, la poussière tombée, le clinquant et l’oripeau et le grand sabre détachés, le pauvre petit squelette mis à nu et grelottant, peut-on s’imaginer rien de plus chétif et de plus piteux ?

L’histoire a ses tigres. […] Elle ne mêle pas avec eux les chacals.

Je ne sais quelle gangrène de prospérité matérielle menace de faire tomber l’honnêteté publique en pourriture.

Ma foi ! vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule de moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte, et si l’on peut avoir une concession de chemins en France ou de terrains en Afrique, on demande une place.

napo sarko  2.jpgC’est à qui fera ce trafic de soi-même le plus cyniquement, et parmi ces êtres il y a des jeunes gens qui ont l’œil pur et limpide et toute l’apparence de l’âge généreux, et il y a des vieillards qui n’ont qu’une peur, c’est que la place sollicitée ne leur arrive pas à temps et qu’ils ne parviennent pas à se déshonorer avant de mourir. L’un se donnerait pour une préfecture, l’autre pour une recette, l’autre pour un consulat, l’autre veut un bureau de tabac, l’autre veut une ambassade. Tous veulent de l’argent, ceux-ci moins, ceux-ci plus, car c’est au traitement qu’on songe, non à la fonction. Chacun tend la main. Tous s’offrent. Un de ces jours on établira un essayeur de consciences à la monnaie.

Les mots indépendance, affranchissement, progrès, orgueil populaire, fierté nationale, grandeur française, on ne peut plus les prononcer en France. Chut ! ces mots-là font trop de bruit ; marchons sur la pointe du pied et parlons bas. Nous sommes dans la chambre d’un malade.

Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

- Qu’est-ce que c’est que cet homme ?
- C’est le chef, c’est le maître. Tout le monde lui obéit.
- Ah ! tout le monde le respecte alors ?
- Non, tout le monde le méprise.
- O situation ! Cet homme de ruse, cet homme de force, cet homme de mensonge, cet homme de succès, cet homme de malheur !

Oui, quelquefois, aux paroles superbes qui lui échappent, à le voir adresser d’incroyables appels à la postérité, à cette postérité qui frémira d’horreur et de colère devant lui, à l’entendre parler avec aplomb de sa "légitimité"et de sa "mission", on serait presque tenté de croire qu’il en est venu à se prendre lui-même en haute considération et que la tête lui a tourné au point qu’il ne s’aperçoit plus de ce qu’il est ni de ce qu’il fait.

Il croit à l’adhésion des prolétaires, il croit à la bonne volonté des rois, il croit à la fête des aigles, il croit aux harangues du conseil d’état, il croit aux bénédictions des évêques, il croit au serment qu’il s’est fait jurer…

02.10.2008

« Entre les murs » : l’apologie de la connerie ?

c8fc6cff89132984ba4c7347d35ad10a.jpgJe dois être une anomalie génétique : je n’ai pas vu « Bienvenue chez les Ch’tis » !
Je n’irai pas voir non plus « Entre les murs », le film qui a obtenu la palme d’or à Cannes. Il est vrai que pour moi, ce qui est primé à Cannes fait l’effet de repoussoir. Allez savoir pourquoi.

On nous a tellement gonflé les aliboffis avec ce truc – unanimement encensé par la « critique » - qu’il me donne des boutons. Donc je n’irai pas.

Pour conforter ce choix, je suis allé faire un saut rafraîchissant sur l’excellent blog de Jean-Paul Brighelli.

Jean-Paul Brighelli, c’est ce professeur agrégé de Lettres qui a publié un livre qui casse la baraque du politiquementy correct: « La fabrique du crétin » (Editeur Jean-Claude Gawsewitch). Dans cet ouvrage, il s’efforce d'analyser avec lucidité, cette école de la réussite devenue si souvent école de l'échec programmé.

Son opinion sur le film « Entre les murs » tranche avec verve et lucidité avec le bourrage de crâne des médias !
Je vous engage à aller voir sur son blog :

Bonnet d’âne.

04.05.2006

A la vôtre !

A la vôtre !

« Si le vin disparaissait de la production humaine, je crois qu’il se ferait dans la santé et dans l’intellecttuel de la planète un vide, une absence, une défectuosité beaucoup plus affreuse que tous les excès et les déviations dont on rend le vin responsable. N’est-il pas raisonnable de penser que les gens qui ne boivent jamais de vin, naïfs ou systématiques, sont des imbéciles ou des hypocrites ; des imbéciles, c’est-à-dire des hommes ne connaisant ni l’humanité, ni lanature ; des artistes repousant les moyens traditionnels de l’art ; des ouvriers blasphémant la mécanique ; - des hypocrites, c’est-à-dire des gourmands honteux, des fanfarons de sobriété, buvant en cachette et ayant quelque vin oculte ? Un homme qi ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables. »

Ce n’est pas n’importe qui qui énonce ces flamboyantes vérité, c’est le grand Charles Baudelaire !
P.S. : je viens d’cheter quelques superbes flacons du Mas des Bouzons.
A la vôtre !

medium_ber_joub.jpg

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