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15/09/2018

Ouiquinde érotique avec Alfred Delvau

Bacchanalia de Nikolai Batakov.jpg

 

Fouterie de poète

La fille :

A quoi rêves-tu sous la couverture,
Ô mon cher poète, ô mon doux amant ?
Ne suis-je donc plus cette créature
Que tu désirais passionnément ?

Tu mourais pour moi d'un amour immense,
Dans des vers fort beaux... que je n'ai pas lus ;
Notre fouterie à peine commence,
Et déjà, mon cher, tu ne bandes plus !

Tes couilles, je vois, se vident plus vite
Que ton encrier plein de sperme noir ;
Ta pine n'est plus qu'une humble bibite
Indigne d'entrer dans mon entonnoir !

Pourtant, si j'en crois mes propres rivales.
Je réveillerais le plus mort des morts :
D'un coup de ce cul qu'ici tu ravales
Sans en éprouver le moindre remords.

Ma gorge se tient mieux qu'un militaire ;
Mon con est boisé comme l'est Meudon,
Afin de cacher l'autel du mystère
Où l'on officie en toute saison.

J'ai des cheveux roux comme des carottes ;
Des yeux de faunesse émerillonnés,
Qui guignent les vits au fond des culottes
Et des pantalons les mieux boutonnés.

Je possède l'art du casse-noisette,
Qui ferait jouir un noeud de granit ;
Un coup avec moi n'est qu'une amusette :
Quand on est à douze, on n'a pas fini !

Et lorsque mon con a soif de ton sperme,
Lorsqu'il en attend dix litres au moins,
Tu sers une goutte ou deux, puis tu fermes
Le doux robinet des ruisseaux divins !

Est-ce du mépris ou de l'impuissance ?
Es-tu pédéraste ou castrat, voyons ?
Un pareil état m'excite et m'offense :
Donc, descends du lit, ou bien rouscaillons !


Le poète :

Je sens les sonnets pousser sur mes lèvres,
A vous contempler dans cet abandon ;
Vous me rappelez les biscuits de Sèvres
Pétris par la main du grand Clodion.

Corrège vous eût peinte en Antiope,
A voir votre pose et vos charmes nus...
Je vous aime ainsi, divine salope :
La Farcy n'a pas de telles Vénus !

Je vous chanterai dans mes hexamètres,
Superbe catin dont je suis l'amant :
Des vers parfumés comme ceux des Maîtres,
Qu'on lit d'une main, tout en se pâmant.


La fille :

Conserve tes vers pour une autre muse
Qui se montera mieux le bourrichon ;
Ce n'est pas cela, mon cher, qui m'amuse :
Sois moins poète et beaucoup plus cochon !

Ingrat ! tu m'as mis le foutre à la bouche !
J'allais presque entrer dans le paradis ;
Maintenant je suis réduite, farouche,
A me branler... moi ! Que je te maudis !

Bande ta pine et débande ta lyre :
L'important au lit est de pisser droit ;
La femme n'est pas au monde pour lire...
Le noeud d'un goujat vaut celui d'un roi !

Ah! ! je n'y tiens plus ! le cul me démange !
Qu'on m'aille chercher l'Auvergnat du coin :
Car je veux .sentir le vit de cet ange
Enfoncer mon con, comme avec un coin !

 


Illustration : Bacchanalia de Nicolaï Batakov

 

Lien : http://poesie-erotique.net/AlfredDelvau.html

 

03/09/2018

« L’art contemporain »: une escroquerie qui nous coûte cher !

estron complex pile de Paul McCarthy.jpg

 

Que restera-t-il des réalisations de notre siècle dans deux millénaires ? Quel est l’ouvrage d’art qui sera le Pont du Gard du 21° siècle ? Quel est le Praxitèle, le Michel-Ange de notre temps dont les œuvres sublimeront les spectateurs des musées du 40° siècle ? Quel sera le Lascaux, le Chauvet émergeant de notre temps ? Quelle sera même la trace que laissera notre civilisation dans quelques millénaires ? Rien, nada, que dalle…

S’il est vrai que la plus grande preuve de civilisation réside dans les monuments qu’une société produit et dans leur pérennité, nos descendants n’auront pas grande opinion de nous. Nous ressemblons à des gens qui ont perdu tout désir d’inspirer les autres parce que nous n’avons rien d’inspirant.

Lors de l’effondrement du viaduc Morandi à Gènes, les étranges lucarnes se sont fait l’écho de cette triste réalité en montrant en parallèle au pont effondré notre Pont du Gard, conçu lui aussi par les Italiens de l’époque mais qui, vingt siècles plus tard étonne et enchante toujours tous ceux qui le voient. Les réalisations de béton correspondent à notre siècle du « jetable ». Cette matière, si elle permet la réalisation de bâtiments gigantesques et parfois esthétiques, comme le viaduc de Millau, se dégrade très vite et sa pérennité n’atteint pas le siècle. Il ne restera donc rien de nos réalisations. Rien, nada, que dalle…

Nos Praxitèle et Michel-Ange d’aujourd’hui s’appellent Christo, « l’artiste » qui emballe les monuments ou Jeff Koons, « l’artiste » qui réalise d’énormes estrons qu’il prétend vendre à la mairie de Paris (entre autres pigeons) à des prix astronomiques… Les « artistes » contemporains ont renoncé à toute ambition vers le beau, vers le vrai, vers le sublime pour se contenter de dire à leur public : « Vous voyez, je patauge dans la même merde que vous… ». Que restera-t-il de « l’art contemporain » dans deux millénaires, que dis-je, dans un siècle ? Rien, nada, que dalle…

Le XXe siècle témoigna assurément d’une évolution des ambitions artistiques et des attentes du public. Cela se vit à la façon dont le rapport à l’art changea, le spectateur passant de l’admiration (« J’aimerais pouvoir en faire autant ! ») au dédain assumé (« Un enfant en ferait autant ! ») voire au mépris (« J’en voudrais pas, même dans mes chiottes »). L’ambition technique diminua de manière significative, puis finit par complètement disparaître. L’ambition morale suivit la même trajectoire. On pourrait en rendre Marcel Duchamp et sa sculpture Fontaine (un pissoir) responsables. Mais le fait que la sphère artistique européenne l’ait en grande partie suivi laisse penser que Duchamp, en réalité, n’avait fait qu’ouvrir une voie que d’aucuns souhaitaient depuis longtemps emprunter. Finalement, on n’a que l’Art que l’on mérite.

Mais cet « Art » merdique du parasitisme et de la roublardise, s’il ne produit aucune richesse artistique, génère par contre beaucoup de valeur financière ! N’est-ce pas Pinault ? N’est-ce pas Arnault ?

François Pinault, ce marchand de bois breton a fait fortune de manière pas toujours claire. Ainsi il a eu affaire à la justice pour avoir triché sur les dimensions des planches qu’il vendait ! Il connaît aussi les affres des redressements fiscaux et les douceurs des paradis fiscaux. Puis il se spécialise, comme Tapie, dans le « sauvetage »-pillage des entreprises en difficultés. On l’appelle le « dépouilleur d’épaves ». Puis il grenouille en politique d’abord dans le sillage de Giscard mais aussi Le Chevalier qui sera maire Front national de Toulon. Il continue autour de Chirac, Madelin, Aillagon. Puis Sarko et même Hollande. C’est bon pour les affaires tout çà ! Surtout avec des milliards d’argent public… (lien)

s lors plus rien ne lui résiste. Il rachète Le Printemps, La Redoute, la FNAC, le magazine Le Point, etc. Puis il se lance dans le luxe. Avec talent et succès il faut bien le reconnaître. Il possède avec Kering – un nom bien de chez nous - les marques Gucci, Yves Saint-Laurent, Boucheron, Bottega Veneta, Alexander McQueen.

On ne s’enrichit pas ainsi sans démêlés fiscaux. Il profite de l’achat du Point pour ne pas payer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) grâce à un artifice comptable. Il a aussi utilisé des sociétés écrans situées dans un paradis fiscal des Antilles néerlandaises pour cacher un quart de sa fortune pendant une vingtaine d’années, évitant ainsi d’être assujetti à l’impôt sur le revenu jusqu’en 1997 !

Le marchand de bois s’intéresse aussi à l’art ! Pourquoi pas. C’est un riche collectionneur d’art contemporain qui possède une collection estimée à 1,4 milliard de dollars. Il a pris goût à "l’art" moderne et contemporain à la fin des années 1980. Il constitue dans les années 1990 une importante collection privée d’art contemporain en France. En 1998, il réalise l’acquisition de la maison britannique de ventes aux enchères Christie’s pour 1,2 milliard d’euros (lien).

Dès lors, Pinault fait ou défait les « artistes ». Si le proprio de Christie’s achète une « œuvre » d’un de ces charlots, sa côte monte, enrichissant d’autant celui qui a eu le nez de l’acheter. Pinault est ainsi en position de manipuler le marché de « l’art » contemporain. Et de s’en mettre plein les fouilles. Le marché se fout de la qualité d’une œuvre, ce qui compte c’est sa côte et le bénéfice qu’on peut en attendre. C’est la loi de l’offre et de la demande. Ainsi des merdes entourées de papier doré se vendent des fortunes, ont une valeur, mais reste cependant, au niveau de la richesse artistique des merdes !

Parvenu à ce niveau, il lui faut évidemment une Fondation ! C’est bon ça Coco les fondations. Ça soutient les maisons mais ça permet aussi et surtout de planquer du pognon à l’abri du fisc (merci Fabius !). Et de se donner des airs de mécène généreux, de protecteur éclairé des arts, de bienfaiteur de la culture, de soutien des artistes. D’autant plus que le pognon mis par les pleins de thunes comme Pinault ou Arnault, c’est à 60 % le nôtre puisque les fondations sont exonérées d’impôts dans cette proportion. Ça vous intéresse ? Des officines s’occupent de tout pour vous (lien). Ainsi quand un « mécène » crée un bâtiment à sa gloire (François Pinault investira la Bourse du Commerce à Paris en 2019) près des deux-tiers de la dépense viennent de l’exonération d’impôts… que l’État doit bien aller chercher ailleurs, c’est-à-dire dans nos poches ! C’est le cas de la Fondation Louis Vuitton – du compère ennemi Bernard Arnault – au bois de Boulogne. C’est le cas de toutes les fondations. Les pleins de thunes lancent des « artistes » bidons, spéculent sur des « œuvres » nullissimes et travaillent ainsi pour leur « gloire » avec notre fric.

Ça pourrait s’appeler de l’escroquerie, non ?

 

Sources :

https://www.avocats-picovschi.com/fondation-d-art-un-soutien-artistique-fiscalement-avantageux_article_1003.html

https://www.avocats-picovschi.com/fondation-d-art-un-soutien-artistique-fiscalement-avantageux_article_1003.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Pinault#cite_note-17

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/f...

 

Photo X - Droits réservés

18/08/2018

Ouiquinde érotique avec Aristide Bruant

aristide bruant.jpg

 

À Grenelle


Quand j'vois des fill's de dix-sept ans,
Ça m'fait penser qu'y a ben longtemps,
Moi aussi j'l'ai été pucelle,
À Grenelle.

Mais c'est un quartier plein d'soldats,
On en renconte à tous les pas,
Jour et nuit i's'font sentinelle,
À Grenelle.

J'en ai t'i' connu des lanciers,
Des dragons et des cuirassiers,
I's m'montraient à m'tenir en selle,
À Grenelle.

Fantassins, officiers, colons
Montaient à l'aussaut d'mes mam'lons,
I' m'prenaient pour eun' citadelle,
À Grenelle.

Moi j'les prenais tous pour amants,
J'commandais tous les régiments,
On m'app'lait mam' la colonelle,
À Grenelle.

Mais ça m'rapportait que d'l'honneur,
Car si l'amour ça fait l'bonheur,
On fait pas fortune avec elle,
À Grenelle.

Bientôt j'm'aperçus qu'mes beaux yeux
Sonnaient l'extinction des feux,
On s'mirait pus dans ma prunelle
À Grenelle.

Mes bras, mes jambes, mes appas,
Tout ça foutait l'camp, à grands pas.
J'osais pus fair' la p'tit' chapelle,
À Grenelle.

Aujord'hui qu'j'ai pus d'position,
Les régiments m'font eun'pension :
On m'laiss' manger à la gamelle,
À Grenelle.

Ça prouv' que quand on est putain,
Faut s'établir Chaussé'-d'Antin,
Au lieu d'se faire eun'clientèle,
À Grenelle.

 

 

 

Aristide Bruant

 

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ICI

 

Illustration X - Droits réservés

 

* * * * * * * * *

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20/07/2018

Le temps du bronze-cul !

femme de sable.jpg

 

- Allez, Jennifer, on file dès ce soir!

- Bou ! Kevin, j’ai rien à me mettre…

- Prends ton string de l’an dernier, ça fera la maille…

 

vacances

Asseyons-nous à la terrasse du bistrot, devant un « flaille » odorant ou petit blanc des Côtes-du-Rhône bien frais, et regardons, et écoutons, et savourons :

- Oh ! putaing ! Y s'est pas narré ! Sa boule, elle tête le garri, ça leur en fait trois et y finissent. Coquin de sort Loulle, tire volontiers ou on est foutu !

- Oh, fatche ! Si j'avais pas ce rhumatisme qui me mange le bras... Ça me prend au poignet, ça me monte au coude et ca m'estransigne l'épaule.

- Ça serait pas plutôt la paoule de baiser Fanny qui te mange le bras ?

Et Loulle, souverain, sans relever le lazzi lourd de menace pour son honneur de boulomane, essuie son intégrale, se concentre et rapidement son bras se déploie, la boule part, monte et... s'abat en un claquement de triomphe sur la boule adverse qu'elle chasse, prenant exactement sa place. Le carreau parfait qui douche l'enthousiasme de ses adversaires et fait sauter de joie, bras au ciel, ses partenaires.

- Un rhumatisme comme ça, si tu veux me le vendre, je suis preneur...

La pétanque, c'est la scène ombragée où les provençaux, sans se forcer, expriment leur talent inné, naturel pour le théâtre, la geste, la répartie cinglante, l'humour ravageur. Bref, pour l'estrambord.

 

Ça ne va pas durer, alors faites tourner le glaçon dans le « flaille », dégustez les moules farcies, tapez-vous la sieste ou le pénéquet, brossez madame ou la voisine de camping, tapez la boule sans oublier d’apprécier spectacles, festivals et musées (on n’est pas des bœufs !). Ce qui vous attend, ben, on verra après…

Et puis, on est les champions, non ?

vacances

 

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26/05/2018

Voluptés près de La Fontaine

sans culottes1.jpg

Éloge de la Volupté 

Ô douce Volupté, sans qui, dès notre enfance,
Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ;
Aimant universel de tous les animaux,
Que tu sais attirer avecque violence !
Par toi tout se meut ici-bas.
C'est pour toi, c'est pour tes appâts,
Que nous courons après la peine :
Il n'est soldat, ni capitaine,
Ni ministre d'État, ni prince, ni sujet,
Qui ne t'ait pour unique objet.
Nous autres nourrissons, si pour fruit de nos veilles
Un bruit délicieux ne charmait nos oreilles,
Si nous ne nous sentions chatouillés de ce son,
Ferions-nous un mot de chanson ?
Ce qu'on appelle gloire en termes magnifiques,
Ce qui servait de prix dans les jeux olympiques,
N'est que toi proprement, divine Volupté.
Et le plaisir des sens n'est-il de rien compté ?
Pour quoi sont faits les dons de Flore,
Le Soleil couchant et l'Aurore,
Pomone et ses mets délicats,
Bacchus, l'âme des bons repas,
Les forêts, les eaux, les prairies,
Mères des douces rêveries ?
Pour quoi tant de beaux arts, qui tous sont tes enfants ?
Mais pour quoi les Chloris aux appâts triomphants,
Que pour maintenir ton commerce ?
J'entends innocemment : sur son propre désir
Quelque rigueur que l'on exerce,
Encore y prend-on du plaisir.
Volupté, Volupté, qui fus jadis maîtresse
Du plus bel esprit de la Grèce,
Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi ;
Tu n'y seras pas sans emploi.
J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique.
Viens donc ; et de ce bien, ô douce Volupté,
Veux-tu savoir au vrai la mesure certaine ?
Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté ;
Car trente ans, ce n'est pas la peine.

 

Jean de La Fontaine

 

************

Aux fourchettes, citoyens!

Faut-il se plier sous la dictature de la minceur,

la glorification de la maigreur ?

Alors dégustez sans modération le dernier bouquin

que je viens de commettre,

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05/05/2018

Ouiquinde érotique avec Jean Benech De Cantenac

 

dessin femme couchée.jpg

 

 

L'occasion perdue recouverte


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
Etroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Eclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Ecume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défences secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714) 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 

 

Illustration X - Droits réservés

28/04/2018

Ouiquinde érotique printanier

reiser votez printemps.jpg

À Philis

Ah ! ton corps est un jardin impérial.
Toutes les fleurs s'y donnent rendez-vous,
Les roses qu'on rêve et les œillets fous,
C'est Floréal, Germinal, Prairial.


Dans ce jardin d'amour tout embaumé
Et plein du gai tumulte du Printemps
Il est des nids perdus et palpitants
Pour les baisers ces beaux oiseaux de Mai.

Sur tes seins blancs voici les lys éclore,
J'entends tinter des muguets dans ta bouche
Et dans tes yeux où le faste se couche
S'épanouit une lointaine flore.


Et de tes pieds aux doigts de sucre rose
A tes cheveux qui passent l'hyperbole
Se mariant à mainte fleur mi-close
L'on voit grimper la grâce, vigne folle.

 

*********

Emilienne

Toi qui me montres tes deux cuisses,
Souffre que je te montre aussi les miennes
C'est le moins que faire je puisse
Car j'en ai trois,
Vu qu'il m'en pousse une troisième
Sitôt que je te vois,
Beauté que j'aime.

 

Raoul Ponchon

Illustration: merci à l'irremplacé Reiser

 

 

 

24/02/2018

Ouiquinde érotique avec André Breton

picasso femme.jpg

 

L'Union libre

 

Ma femme à la chevelure de feu de bois

Aux pensées d'éclairs de chaleur

A la taille de sablier

Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre

Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur

Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche

A la langue d'ambre et de verre frottés

Ma femme à la langue d'hostie poignardée

A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux

A la langue de pierre incroyable

Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant

Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle

Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre

Et de buée aux vitres

Ma femme aux épaules de champagne

Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace

Ma femme aux poignets d'allumettes

Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur

Aux doigts de foin coupé

Ma femme aux aisselles de martre et de fênes

De nuit de la Saint-Jean

De troène et de nid de scalares

Aux bras d'écume de mer et d'écluse

Et de mélange du blé et du moulin

Ma femme aux jambes de fusée

Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir

Ma femme aux mollets de moelle de sureau

Ma femme aux pieds d'initiales

Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent

Ma femme au cou d'orge imperlé

Ma femme à la gorge de Val d'or

De rendez-vous dans le lit même du torrent

Aux seins de nuit

Ma femme aux seins de taupinière marine

Ma femme aux seins de creuset du rubis

Aux seins de spectre de la rose sous la rosée

Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours

Au ventre de griffe géante

Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical

Au dos de vif-argent

Au dos de lumière

A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée

Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire

Ma femme aux hanches de nacelle

Aux hanches de lustre et de pennes de flèche

Et de tiges de plumes de paon blanc

De balance insensible

Ma femme aux fesses de grès et d'amiante

Ma femme aux fesses de dos de cygne

Ma femme aux fesses de printemps

Au sexe de glaïeul

Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque

Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens

Ma femme au sexe de miroir

Ma femme aux yeux pleins de larmes

Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée

Ma femme aux yeux de savane

Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison

Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache

Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

 

ANDRÉ BRETON


Illustration Picasso

03/02/2018

Ouiquinde érotique avec Clovis Hugues

hot-girl.jpg

 

Quand une femme est en chemise
Les épaules de marbre blanc,
Le cul, forme encore indécise
Dans les plis du voile tremblant,
Le parfum épars dans la chambre,
L'orteil, le mollet qui se cambre,
Les nichons rosés d'un émoi,
Les bras, la taille forte ou frêle,
Tout t'annonce, tout te révèle,
Rien n'est attirant que pour toi.

Le voile glisse. Extase ! Aurore !
Exquis prélude des bons coups !
Les cuisses te cachent encore,
Mais voici ton poil souple et doux,
Ton poil, touffe d'or ou d'ébène
Que l'on croirait posée à peine
Au bas du ventre point plissé,
Et qui, lentement caressée,
Allonge sa pointe frisée
Comme un triangle renversé.

Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile
Dans le fouillis des rameaux verts,
Détendu sur sa fente rose,
Et l'air tout de même un peu chose,
Avec son sourire en travers !

La main de l'amant t'entrebâille
Vivante rose de cypris,
Et de tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris.
Fin chef-d'œuvre de la nature,
Vit d'oiseau, pine en miniature,
Bouton subitement durci,
Qui, dans l'écartement des lèvres,
Tout baigné d'amoureuses fièvres,
Dresse la tête et bande aussi.

Ô paradis ! joie étoilée !
Explosion du désir fou !
La langue, la langue effilée,
Toute la langue dans le trou !
Pendant que, de ses mains savantes,
Il étreint les fesses mouvantes
Ou chatouille le bout des seins,
Et que, la chevelure éparse,
L'impétueuse et belle garce
Halète en mordant les coussins !

Clovis Hugues

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29/01/2018

Grande voix : Alain et « les moutons ».

mouton noir.jpg

Par cette parabole, le philosophe Alain donne à méditer sur la manipulation des esprits et la servitude volontaire des soumis.

Le mouton est mal placé pour juger ; aussi voit-on que le berger de moutons marche devant, et que les moutons se pressent derrière lui ; et l’on voit bien qu’ils croiraient tout perdu s’ils n’entendaient plus le berger, qui est comme leur dieu. Et j’ai entendu conter que les moutons que l’on mène à la capitale pour y être égorgés meurent de chagrin dans le voyage, s’ils ne sont pas accompagnés par leur berger ordinaire. Les choses sont ainsi par la nature ; car il est vrai que le berger pense beaucoup aux moutons et au bien des moutons ; les choses ne se gâtent qu’à l’égorgement ; mais c’est chose prompte, séparée, et qui ne change point les sentiments.

Les mères brebis expliquent cela aux agneaux, enseignant la discipline moutonnière, et les effrayant du loup. Et encore plus les effrayant du mouton noir, s’il s’en trouve, qui voudrait expliquer que le plus grand ennemi du mouton, c’est justement le berger. « Qui donc a soin de vous ? Qui vous abrite du soleil et de la pluie ? Qui règle son pas sur le vôtre afin que vous puissiez brouter à votre gré ? Qui va chercher à grande fatigue la brebis perdue ? Qui la rapporte dans ses bras ? Pour un mouton mort de maladie, j’ai vu pleurer cet homme dur. Oui je l’ai vu pleurer. Le jour qu’un agneau fut mangé par le loup, ce fut une belle colère ; et le maître des bergers, providence supérieure et invisible, lui-même s’en mêla. Il fit serment que l’agneau serait vengé ; il y eut une guerre contre les loups, et cinq têtes de loup clouées aux portes de l’étable, pour un seul agneau. Pourquoi chercher d’autres preuves ? Nous sommes ses membres et sa chair. Il est notre force et notre bien. Sa pensée est notre pensée ; sa volonté est notre volonté. C’est pourquoi, mon fils agneau, tu te dois à toi-même de surmonter la difficulté d’obéir, ainsi que l’a dit un savant mouton. Réfléchis donc, et juge-toi. Par quelles belles raisons voudrais-tu désobéir ? Une touffe fleurie ? Ou bien le plaisir d’une gambade ? Autant dire que tu te laisserais gouverner par ta langue ou par tes jambes indociles. Mais non. Tu comprends bien que, dans un agneau bien gouverné, et qui a ambition d’être un vrai mouton, les jambes ne font rien contre le corps tout entier. Suis donc cette idée ; parmi les idées moutonnières, il n’y en a peut-être pas une qui marque mieux le génie propre au vrai mouton. Sois donc au troupeau comme ta jambe est à toi. »

L’agneau suivait donc ces idées sublimes, afin de se raffermir sur ses pattes ; car il était environné d’une odeur de sang, et il ne pouvait faire autrement qu’entendre des gémissements bientôt interrompus ; et il pressentait quelque chose d’horrible. Mais que craindre sous un bon maître, et quand on n’a rien fait que par ses ordres ? Que craindre lorsque l’on voit le berger avec son visage ordinaire et tranquille ainsi qu’au pâturage ? À quoi se fier, si l’on ne se fie à cette longue suite d’actions qui sont toutes des bienfaits ? Quand le bienfaiteur, quand le défenseur reste en paix, que pourrait-on craindre ? Et même si l’agneau se trouve couché sur une table sanglante, il cherche encore des yeux le bienfaiteur, et le voyant tout près de lui, attentif à lui, il trouve dans son cœur d’agneau tout le courage possible. Alors passe le couteau ; alors est effacée la solution, et en même temps le problème.

Alain 13 avril 1923

Extrait du livre « Propos sur les pouvoirs » d’Émile Chartier, dit Alain, philosophe, écrivain, journaliste

Photo X - Droits réservés

30/12/2017

Souvenirs érotiques

 

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Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

Docile,

Répondait à ton postillon

Mignon ?


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

Albert Patin De La Fizelière (1819-1878)

 

Illustration X - Droits réservés

 

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Et puis tiens, écoutez plutôt la coquine Colette!


https://www.youtube.com/watch?v=Ezq09KYH574

 



20/11/2017

Plutôt que l'écriture inclusive des "Trissotin" du féminisme, l'or-tôt-gras-feu vu par Bobby Lapointe.

orthographe

"L'alphabet contient en tout deux douzaines de lettres, si l'on compte comme les écaillers dans leurs bons jours. Avec ces mots, on peut faire un nombre impressionnant de syllabes. Avec ces syllabes, un nombre impressionnant de mots et avec ces mots un nombre impressionnant de fautes d'orthographe.
Au stade actuel de notre civilisation, rares sont les gens qui ne savent pas faire de fautes d'orthographe. Ce sera tout de même le sujet de notre première leçon. Il me paraîtrait ridicule de commencer à un niveau plus bas : je croirais faire injure au lecteur, si je n'admettais pas qu'il sache, déjà, que l'on émet des sons avec la bouche, pour parler.
Donc, comme je viens de vous l'apprendre: pour parler, nous faisons des bruits avec la bouche... Pour écrire, on aurait pu faire correspondre une consonne à chaque son «consonne», et une voyelle à chaque son voyelle! Mais là... ça aurait vraiment manqué de fantaisie.

Si mes souvenirs sont exacts nos ancêtres en étaient à ce stade primitif de l'écriture, quand un conte allemand, qui était venu en France, chercher une occupation quelconque, décida de changer tout ca.
Il s'appelait Orto Graf, et il était très vexé parce qu'à cette époque, en France, ce qui s'écrivait «f » se prononçait «S». On l'appelait donc Orto Gras, ce qu'il prenait pour une allusion à sa rondeur... d'autant plus qu'il y avait un notable du coin qui s'appelait Ortomègre, et qui était justement d'un type filiforme. C'est pourquoi Orto Graf pondit le fameux décret qui décidait que les «p» suivis de «h» font «feu», et qu'à par ça toutes les autres consonnes pouvaient être suivies d"un «h», sans que cela leur porte préjudice, et que de plus on pouvait se mettre des «e» où on voulait, même à la fin d'un mot, et qu'il y avait d'autant moins d'inconvénient à cela que tous les paresseux de la région qu'il occupait (Le nord de la Loire) ne se donnerait jamais la peine de prononcer ses «e» dits muets.
En foi de quoi, il signa:

Orthographe

Nom dont la prononciation n'évoquait plus sa rondeur, et qui de plus comportait plus de lettres que celui du notable Ortomègre... ce qui rehaussa son prestige. Ortomègre était très vexé, mais il sut se rattraper le jour où Orthographe dut retourner chez lui: il décida que son nom s'écrirait Eaurthaumaigre.

C'était vraiment n'importe quoi! et on dut nommer des spécialistes pour fabriquer des lois légitimant ce genre de choses, c'étaient quarante braves grands-pères qui décidèrent servilement que «O» pourrait, selon les circonstances, s'écrire: au, hau, eau, ho, oh et même «o». C'est alors que l'un d'eux, plus poivré que les autres essaya d'expliquer: « la recette des œufs à la coque» en bafouillant, «Si je mets mon petit «neu» dans l'eau, ça me fait un neu... » «Et mon œil» interrompit un autre. Le secrétaire notant tout ça, interprétait à sa façon, et c'est de là que naquit la la mode des «e» dans I'«o» pour: œufs, œil, nœud, etc, etc.

Une autre fois l'un d'eux dit comme ça: «Les poules couvent dans le couvent en écoutant mon chant dans mon champ» et demanda comment cela devait s'écrire. Après de mûres discussions, ils décidèrent que du moment que «couvent» (les poules) et «couvent » (les moines) se prononçaient différemment il serait amusant de les écrire exactement pareil, et que par contre «chant» et «champ» ayant la même prononciation devaient s'écrire différemment à cause des mouches. Ensuite ils jouèrent à «l'exception confirme la règle». Et tout ça finit par faire beaucoup d'écriture. Ils en firent un «recueil» (sans «e» dans I'«o» pour des raisons d'économies, un «o» en moins avec un «eil», près du «cu», pour faire le tour de la question).Ils l'appelèrent «Grammaire» en hommage à la femme du plus âgé des 40, qui leur apportait un petit goûter tous les jours, à leur récréation de 4 heures. Celle-ci leur fit savoir que s'étant refusée à un Anglais qui lui proposait trois livres (de beurre) et six pinces à sucre, s'il suffisait maintenant d'un seul livre pour la personnifier, elle en était «déchue», «déçue», et n'hésita pas à enlever la cédille pour leur dire ce qu'elle pensait d'eux. Pour la consoler ils lui donnèrent la haute main sur les affaires de son village et lui permirent de s'appeler comme elle voudrait. Elle se fit graver des cartes de visite au nom de «Grand' Maire». Quand aux quarante, vu leur grand âge, ils décidèrent de s'appeler «Les Zigs Mortels». Imperturbablement, le secrétaire transcrivait comme il voulait l'entendre. Mais la gomme étant leur friandise préférée, ils n'allaient pas en gaspiller pour si peu, et ils consentirent à s'appeler:

«Les Immortels»

D'ailleurs le peuple leur avait déjà trouvé un nom plus académique. Voici comment: à cette époque-là, les hommes mettaient leurs bijoux de famille dans un petit sac accroché à leur ceinture. Voulant se distinguer du commun des mortels, les «immortels» arboraient des sacs mi-partie, sacs dont les deux parties différaient d'autant plus que l'une d'elles n'existait pas. Le peuple appela ces parures des «sacs à demi» et ceux qui les portaient des «Sacs à demiciens ».
Les quarantes avaient toujours le même secrétaire quand ils admirent ce vocable. Ils étaient d'ailleurs très contents de lui qui, empilant les mots comme un «silo» travaillait comme un «nègre». Ils l'appelèrent donc le Silo-Nègre, et décidèrent de confectionner un nouveau livre qui, en hommage, porterait le nom du dit silo-nègre.
Toujours imperturbable celui-ci titra: «Dictionnaire». Toutes ces fantaisies contribuèrent à la prospérité de leur petite affaire qui existe encore de nos jours. Mais l'esprit d'initiative s'avère très nuancé: le gros de leur travail consistant à faire de nouvelles éditions du dictionnaire en reprenant mot à mot les définitions de leurs ancêtres sur lesquelles ils ergotent jusqu'à saturation, et qu'ils finissent par recopier scrupuleusement. (1).

En résumé de cette première leçon :
Si la plupart des gens font des fautes d'orthographe, ce n'est pas parce que leur grammaire n'a pas ses règles, mais parce qu'ils en font fi (2) ainsi que du dictionnaire.

(1) Note de l'éditrice ('): Pourquoi L'auteur s'est-il-départi de toute rigidité didactique, et pourquoi cet érudit menteur noie-t-il son cours pratique dans l'étalage de connaissances historiques ?, pourrait se demander le lecteur avisé. J'ai moi-même donc posé la question à l'auteur qui m'a répondu: «Parce que »... Mais j'ai l'intime conviction qu'il ne m'a pas dit là tout le fond de sa pensée, et qu'il existe en réalité une raison plus troublante, qui est la suivante : C'est inopiné.

(') Note de l'E.D.F.: la note de l'éditrice était, avec la note du gaz pour faire le total de la somme portée sur la chemise avec cravate à poids nets.

(2) C'est cela même dont Napoléon, écrivant à Joséphine fit fi... (illustre exemple)

Puisqu'il suffit d'ignorer le dictionnaire et les fantaisies de la grammaire pour faire de telles fautes d'orthographe, la confection de ces dernières ne mérite pas plus d'explication. Et ce ne sont que des...

... Fautes d'orthographe involontaires.

Exercisse : Ecrivez dix mots difficiles.

Corrigé : Prenez un dictionnaire. Cherchez-y chaque mot tel que vous l'avez orthographié.

Si vous l'y trouvez: raté: 0.
S'il n'y est pas: gagné: 1 point.

Si vous n'atteignez pas 8/10 au deuxième essai, n'insistez pas. Vous faites une hypertrophie du scrupule qui vous rend allergique à l'humour."

 

28/10/2017

Ouiquinde paillard avec notre tonton Georges

brassens à table.jpg

Melanie

 

Les chansons de salle de garde 
Ont toujours été de mon goût, 
Et je suis bien malheureux, car de 
Nos jours on n'en crée plus beaucoup. 
Pour ajouter au patrimoine 
Folklorique des carabins
Folklorique des carabins 
J'en ai fait une, putain de moine, 
Plaise à Dieu qu'elle plaise aux copains, 
Plaise à Dieu qu'elle plaise aux copains.

Ancienne enfant d'Marie-salope 
Mélanie, la bonne au curé, 
Dedans ses trompes de Fallope, 
S'introduit des cierges sacrés. 
Des cierges de cire d'abeille 
Plus onéreux, mais bien meilleurs, (bis) 
Dame! la qualité se paye 
A Saint-Sulpice, comme ailleurs. (bis)

Quand son bon maître lui dit : " Est-ce 
Trop vous demander Mélanie, 
De n'user, par délicatesse, 
Que de cierges non encor bénits ? " 
Du tac au tac, elle réplique 
Moi, je préfère qu'ils le soient, (bis) 
Car je suis bonne catholique 
Elle a raison, ça va de soi. (bis)

Elle vous emprunte un cierge à Pâques 
Vous le rend à la Trinité. 
Non, non, non, ne me dites pas que 
C'est normal de tant le garder. 
Aux obsèques d'un con célèbre, 
Sur la bière, ayant aperçu, (bis) 
Un merveilleux cierge funèbre, 
Elle partit à cheval dessus. (bis)

Son mari, pris dans la tempête 
La Paimpolaise était en train 
De vouer, c'était pas si bête, 
Un cierge au patron des marins. 
Ce pieux flambeau qui vacille 
Mélanie se l'est octroyé, (bis) 
Alors le saint, cet imbécile, 
Laissa le marin se noyer. (bis)

Les bons fidèles qui désirent 
Garder pour eux, sur le chemin 
Des processions, leur bout de cire 
Doiv'nt le tenir à quatre mains, 
Car quand elle s'en mêl', sainte vierge, 
Elle cause un désastre, un malheur. (bis) 
La Saint-Barthélemy des cierges, 
C'est le jour de la Chandeleur. (bis)

Souvent quand elle les abandonne, 
Les cierges sont périmés; 
La saint' famill' nous le pardonne 
Plus moyen de les rallumer. 
Comme ell' remue, comme elle se cabre, 
Comme elle fait des soubresauts, (bis) 
En retournant au candélabre, 
Ils sont souvent en p'tits morceaux. (bis)

Et comme elle n'est pas de glace, 
Parfois quand elle les restitue 
Et qu'on veut les remettre en place, 
Ils sont complètement fondus. 
Et comme en outre elle n'est pas franche, 
Il arrive neuf fois sur dix (bis) 
Qu'sur un chandelier à sept branches 
Elle n'en rapporte que six. (bis)

Mélanie à l'heure dernière 
A peu de chances d'être élue; 
Aux culs bénits de cett' manière 
Aucune espèce de salut. 
Aussi, chrétiens, mes très chers frères, 
C'est notre devoir, il est temps, (bis) 
De nous employer à soustraire 
Cette âme aux griffes de Satan. (bis)

Et je propose qu'on achète 
Un cierge abondamment béni 
Qu'on fera brûler en cachette 
En cachette de Mélanie. 
En cachette car cette salope 
Serait fichue d'se l'enfoncer (bis) 
Dedans ses trompes de Fallope, 
Et tout s'rait à recommencer. (bis)

 

http://www.youtube.com/watch?v=fpihvPZMHHM

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10/09/2017

Ouiquinde gastronomique stellaire

 

cassiopée.jpg

 

Sabine

 

Dans l’été parfumé, un peu avant minuit

Antoine va rejoindre Sabine dans la nuit.

Sous un bouquet de pins perché sur la falaise

Ils se creusent un lit d’amour et de liesse,

 

Puis, gonflés de désir, leurs deux corps dénudés,

Se jettent l’un sur l’autre avec voracité.

Emportés par l’élan de leurs folles étreintes

Ils goûtent sans compter un plaisir sans contrainte.

 

Enfin le corps repu ils s’étendent sans voiles

Pour écouter la nuit et parler aux étoiles.

Ils appellent Deneb, Véga et Altaïr,

 

Complices de leurs jeux, témoins de leur plaisir.

Plus tard lorsque la vie les aura séparés

Ils se retrouveront en voyant Cassiopée.

 

 

L'agneau en tajine

 

- L’on ne vit pas toujours que d’amour et d’eau fraîche

Et lorsque Cupidon a remballé ses flèches,

Quand le corps est comblé, il faut bien le remplir

Pour lui donner les forces d’où monte le désir.

Manger sous les étoiles est un plaisir subtil

Qui joint élégamment l’agréable à l’utile.

Je te propose donc, pour Antoine et Sabine

Un plat oriental : de l’agneau en tajine.

Les tajines se font toujours à l’étouffée

Et sont encor meilleurs lorsqu’ils sont réchauffés.

Tu désosses au couteau une épaule d’agneau

Que tu vas découper en assez gros morceaux.

Avec huile et oignon, tu les fais rissoler,

Qu’ils soient juste dorés et l’oignon pas brûlé.

Tout en surveillant bien, met dans une coupelle

Du gingembre râpé, ail, poudre de cannelle,

Un zeste de citron, un peu de persil plat

Puis tu verses l’ensemble, en tournant, dans ton plat.

Ajoute poivre et sel et mouille à ras d’eau chaude,

Monte à ébullition et couvre avec méthode.

Tu laisses cuire une heure, en couvrant ta cocotte

Puis tu vas rajouter un kilo de carottes,

Une botte de feuilles de coriandre hachée,

Tu trouves cette plante chez les bons maraîchers,

Et enfin n’oublie pas, pour couronner tout ça

Une grosse cuillère à café d’harissa,

Mélange emblématique dans le nord de l’Afrique

Qui redonne du nerf aux plus neurasthéniques !

Tu trouves ça en tube ou en boite, tout prêt

Mais tu peux aisément, aussi, le préparer.

Tu piles deux ou trois gousses d’ail au mortier,

Du coriandre frais, des piments antillais,

Algériens, tunisiens, ou encor marocains,

Une cuillère d’eau, du sel et du cumin.

Puis tu fais revenir dans de l’huile, à feu doux.

Ton harissa est prêt et, “ Ah, dis donc, Doudou ! ”

Il y a là de quoi relever les ardeurs

Amoureuses de trois régiments d’artilleurs !

Pour demi heure encore tu laisses mijoter,

Puis tu mets des olives noires dénoyautées.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 épaule d'agneau désossée, - 4 oignons émincés, - 1 kilo de carottes, - 1 botte de coriandre frais, - 6 branches de persil plat, - 1 bon morceau de gingembre frais râpé, - 3 gousses d'ail, - 1 cuillerée à café de poudre de cannelle, - 1 cuillerée à café d'harissa, - 3 hectos d'olives noires dénoyautées.

 

Les vins conseillés:

À plat puissant, vins généreux. Pour l'agneau en tajine, en vins de la vallée du Rhône: Cairanne, Vinsobres, Visan, Tulette, Rochegude, Suzette, Séguret, Violès, Rasteau, Sérignan-du­-Comtat, Beaumes-de-Venise, Lirac, Bédarrides, St-Gervais, St-Victor-Lacoste, Estézargues, Domazan.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Pic-­Saint-Loup, Saint-Georges-d'Orques, La Méjanelle, Faugères, Minervois, Fitou, Corbières, Collioure

En vins de Provence: Bandol, Palette, Barjols, Saint-Maximin, La Roquebrussanne, Cogolin, Le Cannet-des-Maures, Bellet.

 

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06/09/2017

Grandes voix : IBN KHALDOUN — Les Prolégomènes.

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Ibn Khaldoun (1332 - 1406) de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami, est un historien, philosophe, diplomate et homme politique d’origine arabe. Il est issu d'une tribu bédouine, originaire de la région de l'Hadramaout au Yémen, qui s'est ensuite déplacée en Espagne au début de la conquête musulmane au VIIIe siècle. Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes).

Ibn Khaldoun est né à Tunis en 1332 et mort en Égypte en 1406. Dans ses Prolégomènes, il présente une description de l’islam incluant le concept de jihad offensif sur lesquels des islamistes du XXe siècle comme Hassan al-Banna, Sayyid Qutb et Syed Maududi ont amplement commenté. Notez que son traducteur français du XIXe siècle utilise le terme islamisme au lieu d’islam :

Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de bon gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but. Les autres religions ne s’adressent pas à la totalité des hommes; aussi n’imposent-elles pas le devoir de faire la guerre aux infidèles; elles permettent seulement de combattre pour (leur) propre défense. Pour cette raison, les chefs de ces religions ne s’occupent en rien de l’administration politique. (Partie 1 – p. 469 Google Livres)

 

Allez, donnons la parole à ce monument de l'islam. Mais ça ne va pas plaire à tout le monde...

Extrait de Les Prolégomènes troisième partie – page 311 et suite :

« Les Arabes ne peuvent établir leur domination que dans les pays de plaines.

Le naturel farouche des Arabes en a fait une race de pillards et de brigands. Toutes les fois qu’ils peuvent enlever un butin sans courir un danger ou soutenir une lutte, ils n’hésitent pas à s’en emparer et à rentrer au plus vite dans la partie du désert où ils font paître leurs troupeaux. Jamais ils ne marchent contre un ennemi pour *270 le combattre ouvertement, à moins que le soin de leur propre défense ne les y oblige. Si, pendant leurs expéditions, ils rencontrent des emplacements fortifiés,des localités d’un abord difficile, ils s’en détournent pour rentrer dans le plat pays. Les tribus (berbères) se tiennent à l’abri d’insultes, sur leurs montagnes escarpées, et défient l’esprit dévastateur qui anime les Arabes. En effet ceux-ci n’oseraient pas les y attaquer ; ils auraient à gravir des collines abruptes, à s’engager dans des chemins presque impraticables et à s’exposer aux plus p.310 grands dangers. Il en est autrement dans les plaines ; s’il n’y a pas de troupes pour les garder, et si le gouvernement établi montre de la faiblesse, elles deviennent la proie des Arabes, la curée dont ils se repaissent. Ces nomades y renouvellent leurs incursions, et, comme ils peuvent en parcourir toute l’étendue très facilement, ils s’y livrent au pillage et aux actes de dévastation, jusqu’à ce que les habitants se résignent à les accepter pour maîtres. La possession de ces malheureuses contrées passe ensuite d’une tribu à une autre ; tout s’y désor-ganise, et la civilisation en disparaît tout à fait. Dieu seul a du pouvoir sur ses créatures.

Tout pays conquis par les Arabes est bientôt ruiné.

Les habitudes et les usages de la vie nomade ont fait des Arabes un peuple rude et farouche. La grossièreté des mœurs est devenue pour eux une seconde nature, un état dans lequel ils se complaisent, parce qu’il leur assure la liberté et l’indépendance. Une telle disposition s’oppose au progrès de la civilisation.

Se transporter de lieu en lieu, parcourir les déserts, voilà, depuis les temps les plus reculés, leur principale occupation. Autant la vie sédentaire est favorable au progrès de la civilisation,autant la vie nomade lui est contraire. Si les Arabes ont besoin de pierres pour servir d’appuis à leurs marmites, ils dégradent les bâtiments afin de se les procurer ; s’il leur faut du bois pour en faire des piquets ou des soutiens de tente, ils*271 détruisent les toits des maisons pour en avoir. Par la nature mêmede leur vie, ils sont hostiles à tout ce qui est édifice ; or, construire desédifices, c’est faire le premier pas dans la civilisation. Tels sont les Arabes nomades en général ; ajoutons que, par leur disposition naturelle, ils sont toujours prêts à enlever de force le bien d’autrui, à chercher les richesses les armes à la main 1et à piller sans mesure et sans retenue. Toutes les fois qu’ils jettent leurs regards sur un beau troupeau, sur un objet d’ameublement, sur un ustensile quelconque, ils l’enlèvent de force.

Si, par la conquête d’une province par la fondation d’une dynastie, ils se sont mis en état d’assouvir leur rapacité, ils méprisent tous les règlements qui servent à protéger les propriétés et les richesses des habitants. Sous leur domination, la ruine envahit tout. Ils imposent aux gens de métier et aux artisans des corvées pour lesquelles ils ne jugent pas convenable d’offrir une rétribution. Or l’exercice des arts et des métiers est la véritable source de richesses, ainsi que nous le démontrerons plus tard. Si les professions manuelles rencontrent des entraves et cessent d’être profitables, on perd l’espoir du gain et l’on renonce au travail ; l’ordre établi se dérange et la civilisation recule. Ajoutons que les Arabes négligent tous les soins du gouvernement ; ils ne cherchent pas à empêcher les crimes ; ils ne veillent pas à la sûreté publique ; leur unique souci c’est de tirer de leurs sujets de l’argent, soit par la violence, soit par des avanies. Pourvu qu’ils parviennent à ce but, nul autre souci ne les occupe. Régulariser l’administration de l’État, pourvoir au bien-être du peuple soumis, et contenir les malfaiteurs sont des occupations auxquelles ils ne pensent même pas. Se conformant à l’usage qui a toujours existé chez eux, ils remplacent les peines corporelles par des amendes, afin d’en tirer profit et d’accroître leurs revenus. Or de simples amendes ne suffisent pas pour empêcher les crimes et pour réprimer les tentatives des malfaiteurs ; au contraire, elles encouragent les gens mal intentionnés, qui regardent une peine pécuniaire comme peu de chose, pourvu qu’ils accomplissent leurs projets criminels ; aussi les sujets d’une tribu arabe restent a peu près sans gouvernement, et un tel état de choses détruit également la population d’un pays et sa prospérité. Nous avons dit, vers le commencement de cette section, que le gouvernement monarchique convient d’une manière spéciale à la nature de l’espèce humaine ; sans lui, la société et même les individus n’ont qu’une existence bien précaire. Ajoutons encore que les nomades sont avides du pouvoir et qu’à peine en trouvera-t-on parmi eux un seul qui consentirait à remettre l’autorité entre les mains d’un autre ; un Arabe, exerçant un commandement ne le céderait ni à son père, ni à son frère, ni au chef de sa famille. S’il y consentait, ce serait à contre-cœur et par égard pour les convenances ; aussi trouve-t-on chez les Arabes beaucoup de chefs et de gens revêtus d’une certaine autorité. Tous ces personnages s’occupent, les uns après les autres, à pressurer la race conquise et à la tyranniser. Cela suffit pour ruiner la civilisation. Le khalife Abd-el-Mélek (Ibn Merouan) demanda un jour à un Arabe du désert en quel état il avait laissé El-Haddjadj, pensant qu’il entendrait l’éloge de cet officier, dont l’excellente administration avait maintenu la prospérité de la province qu’il gouvernait. Le Bédouin lui répondit en ces termes : « Quand je le quittai, il faisait du tort à lui seul»

Voyez tous les pays que les Arabes ont conquis depuis les siècles les plus reculés : la civilisation en a disparu, ainsi que la population ; le sol même paraît avoir changé de nature. Dans le Yémen, tous les centres de la population sont abandonnés, à l’exception de quelques grandes villes ; dans l’Irac arabe, il en est de même ; toutes les belles cultures dont les Perses l’avaient couvert ont cessé d’exister. De nos jours, la Syrie est ruinée ; l’Ifrîkiya et le Maghreb souffrent encore des dévastations commises par les Arabes. Au cinquième siècle de l’hégire, les Beni-Hilal et les Soleïm y firent irruption, et, pendant trois siècles et demi, ils ont continué à s’acharner sur ces pays; aussi la dévastation et la solitude y règnent encore. Avant cette invasion, toute la région qui s’étend depuis le pays des Noirs jusqu’à la Méditerranée était bien habitée : les traces d’une ancienne civilisation, les débris de monuments et d’édifices, les ruines de villes et de villages sont là pour l’attester. Dieu est héritier de la terre et de tout ce qu’elle porte ; il est le meilleur des héritiers. (Coran, sour. XXI, vers 89

Voyez, par exemple, la Perse : aussitôt que les musulmans se furent emparés d’El-Medaïn, capitale de cet empire, toute la puissance des Perses fut anéantie. Les provinces frontières étaient cependant restées au pouvoir de Yezdeguird ; mais cela ne lui servit de rien. Il en fut tout le contraire de la domination de l’empire grec en Syrie : lorsque les musulmans eurent enlevé ce pays aux Grecs, ceux-ci se retirèrent vers Constantinople, siège de leur empire ; aussi la perte de la Syrie ne leur nuisit pas. En effet, leur puissance se maintiendra jusqu’à ce que Dieu veuille en permettre la chute. Voyez aussi les Arabes dans les premiers temps de l’islamisme. Comme ils étaient très nombreux, ils s’emparèrent facilement des pays voisins : la Syrie, l’Irac et l’Égypte tombèrent promptement entre leurs mains. Alors ils portèrent leurs armes plus loin et envahirent le Sind, l’Abyssinie, l’Ifrîkiya et le Maghreb ; ensuite ils pénétrèrent en Espagne. S’étant fractionnés en bandes, afin d’occuper ces royaumes et de garder ces frontières étendues, ils finirent par perdre de leur force et se trouvèrent dans l’impossibilité de faire de nouvelles conquêtes ; aussi l’islamisme se trouva-t-il arrêté dans son progrès et n’alla pas plus loin. Parvenue à cette limite extrême, la domination musulmane commença un mouvement rétrograde qui doit continuer jusqu’à ce que Dieu permette la ruine de cet empire. Tel a été le sort des États qui se sont formés depuis (l’établissement de l’islamisme) ; qu’ils aient eu à leur disposition beaucoup de troupes ou peu, aussitôt qu’ils les eurent distribuées dans les provinces, ils ne purent plus effectuer des conquêtes. »

Source : https://www.amazon.fr/prol%C3%A9gom%C3%A8nes-Troisi%C3%A8me-partie-Ibn-Khaldoun/dp/1514712679

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03/09/2017

Ouiquinde gastronomique braconnier

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Les lapins de champs du Grand Gaby

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fonds du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoute ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne soit pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois...notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

 

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelé et écrasé, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépinées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés:

 Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

(1) arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) espuillé : écorché.

(3) sartan : poêle.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

02/09/2017

Ouiquinde érotique rimbaldien

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La serveuse

Verger de la Christine aux relents de cloaque, 
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies, 
Une motte à feux roux comme la haie 
En août d'une femme sans époques. 

Mais quelles fesses, voyez-vous ! 
Fesses magistrales, comtales, princières, 
Bonnes à condamner à la dossière 
La verge ponceau des récureurs d’égouts. 

Mais la langue vive et la bouche 
Baveuse et buveuse d'orgeats ! 
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats 
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche ! 

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins ! 
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule. 
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule 
Et te brise les colonnades du bassin. 

 

Arthur Rimbaud

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

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Pour lire sur le sable :

Savourez un sulfureux Voyage

livre,chiloum

Livre classique ICI !

ou e-book  LA !

Mieux encore:

Feuilletez-le gratos ICI !

 

12/08/2017

Ouiquinde érotique avec Albert Patin

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Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !

 


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?

 


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.

 


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

   Docile,

Répondait à ton postillon

    Mignon ?

 


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?

 


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

     Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

 

Albert Patin de la Fizelière

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

24/07/2017

Tour de France : le sourire de Marion !

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Je suis accro. Au tour de France. Lorsque j'étais miston, j'étais Bobet ou Rivière appuyant comme un fada sur les pédales de ma vieille cranque. Mes potes étaient Kubler ou Van Stenberguen, certains osaient même être Fausto Copi, le dieu ! Les résultats du jour étaient affichés dans tous les bistros du pays. Il n'y avait pas la télé mais on écoutait, béats, les retransmissions de Georges Briquet. J'ai vu Bobet gagner à Avignon, sur les Allées de Loulle, devant Malléjac, après avoir battu tous ses concurrents dans la montée du Ventoux. Plus tard, jeune journaliste, j'ai suivi de près le drame de Simpson crevant sous le soleil menteur de ce même Ventoux et j'ai eu la chance et l'honneur de boire des canons avec Antoine Blondin et René Fallet. Bref, j'ai toujours été accro à cette formidable aventure qu'est le Tour de France.

Eh bien depuis plusieurs années, le Tour me gonflait les aliboffis. Pire, il m'emmerdait profondément tellement il était devenu soporifique, prévisible, sans surprise. Cette année, on a un peu plus vibré. Par le talent de quelques jeunots sans complexes comme Calméjane, Bargill, Bardet. Mais aussi par le panache de Contador n'hésitant pas à se lancer dans les Pyrénées à une grande aventure hélas pas couronnée de succès.

Heureusement il reste ce formidable survol de notre beau pays, et des pays limitrophes visités. Au fait, et si le Tour, je veux dire la course, n'était plus qu'un prétexte pour faire découvrir au monde entier les paysages somptueux de notre beau pays, filmés avec des débauches de moyens, nous faire découvrir des lieux discrets, retrouver, d'une année sur l'autre, des stars du paysage français comme le Mont-St-Michel, les Gorges de l'Ardèche ou le Mont-Blanc, cette année Foix et l'Ariège si chère à mon coeur, Marseille la somptueuse rebelle, les grandes cathédrales, les châteaux chargés d'histoire, s'extasier devant la beauté intimidante des grandes montagnes, lieux mystérieux entre tous, où se forgent les légendes.

Oui mais… Et la course ?

Le Tour, c'est aussi et surtout une grande caravane publicitaire, un outil gigantesque de bourrage de crâne commercial camouflé derrière un raout folklorique et festif. Pourquoi pas ? Mais le sport la-dedans ?

Le sport ? La course ?

Elle se résume à une confrontation plus ou moins virulente entre quelques équipes qui sont des machines de guerre au seul service du lideur, du chef. Il y a celles qui jouent en première division, les Sky de Froome, la seule réelle cette année. Puis il y a les autres...

Les Sky, c'est en budget (35 millions) près du double de celui de l'Agence mondiale antidopage (AMA) !

Cette équipe est là pour gagner, pas pour soulever l’enthousiasme, encore moins pour faire rêver. Le Tour, pour eux, c'est du business. Il faut gagner, et tous les moyens sont bons.

Les moyens organisationnels : embaucher les meilleurs coureurs qui doivent dès lors, moyennant des salaires conséquents (six millions par an pour Froom), renoncer à toute ambition sportive individuelle pour se mettre au service exclusif de leur lideur. Ainsi, l'Espagnol Landa au service de Froom alors qu'il aurait fort bien pu gagner le Tour. Ces machines à rouler tuent la course en neutralisant toute tentative de bagarre. C'est ce qui se passe sur les étapes de plat où les machines à rouler se mettent au service du sprinter maison, c'est aussi ce qui se passe dans tous les cols. Et puis ces sordides « oreillettes » qui enlèvent toute initiative aux coureurs...

Plus de grandes chevauchés solitaires, plus de Koblet tenant – seul - à distance, pendant 140 kilomètres une meute de poursuivants ayant nom Bobet, Coppi, Ockers, Kubler, excusez du peu, lors d'une étape de légende entre Brive et Agen. Plus de Fausto Coppi et de Gino Bartali arrivant au pied des Alpes avec 30 minutes de retard sur le maillot jaune et prenant le maillot le soir. Plus de Bobet attaquant dans Vars, soutenu dans la Vallée du Guil par son fidèle Deledda parti dès le départ de Gap, puis réussissant une formidable chevauchée solitaire, survolant les terribles cols de Vars et d'Izoard.

Cette année, on s'est enthousiasmé de la chevauchée victorieuse de Barguil, mais la bagarre a commencé seulement juste un peu avant la Casse déserte… Avec des « écarts » se comptant en quelques secondes. Bof...

Les moyens physiologiques : on se demande pourquoi ces gaillards sportifs jeunes, en pleine forme, ont besoin d'être suivis par des escouades de « médecins »... Le soupçon (??!!) de dopage est toujours là. Comme dans tous les sports professionnels d'ailleurs, football, tennis, rugby, athlétisme et autres. Pourquoi les autobus des grosses équipes sont-ils protégés par des vitres fumées et fermés comme des coffre-forts ? Les voleurs ayant toujours une longueur d'avance sur les gendarmes, beaucoup de traitement sont indétectables. Les « médecins » sont là pour faire en sorte que les coureurs « traités » respectent les périodes d'incubation, que les « traitements » se fassent dans des périodes précises avant les courses, que les éventuelles auto transfusions de sang se fassent dans la plus grande discrétion. Pas vu, pas pris. Et seuls les crétins se font prendre. Et pas question de balancer ! Sinon les lendemains seront durs pour la balance. Pareil pour les anciens champions s'ils ne veulent pas être éjectés du milieu qui est toute leur vie... Quant aux médias, les journalistes « sportifs » restent désespérément discret à ce sujet…

Le vainqueur, Froom, gagne sans avoir remporté la moindre étape. Sympathique et talentueux au demeurant ce coureur, qui fait l'effort de parler le français, chose très rare chez les anglophones. Mais un comportement de comptable… On peut s'étonner qu'un champion de cette classe n'ait cette année, gagné aucune course. Comme s'il avait été programmé pour être au top de sa forme uniquement pendant les trois semaines du Tour… Pas avant, pas après.

Les moyens techniques : Cette année, il y a commissaires à moto qui, paraît-il, détectent au moyen d'étranges tablettes, les éventuels moteurs électriques. Il est vrai que cette année, on n'a pas encore vu Froome faire comme dans la montée vers la Pierre-Saint-Martin, lorsqu'il a démarré comme s'il avait une mobylette ! Comme il l'avait fait au Ventoux en 2013. Ça donne à réfléchir. Les vélos peuvent être changés sans contrôle en cours de course. Ils sont rarement vérifiés à l'arrivée où, dans la cohue, il est très facile de remplacer un vélo « motorisé » par un vélo « propre »… Cette année, paraît que ça n'existe pas. On veut bien le croire.

Est-ce vraiment nouveau ? C'était mieux avant ? Plus propre ? Ça faisait rêver ? Le rêve n'a plus de raison d'être dans le monde du fric-roi. Et puis soyons honnêtes : où sont les champions, les « campionissimi » d'avant ? La plupart sont...morts, jeunes ! Bobet : mort. Coppi : mort. Koblet : mort. Anquetil : mort. Fignon : mort. Etc. Restent tout de même Poulidor, Thevenet et Mercx. Il faut croire qu'ils sont plus solides que les autres…

Oui mais cette année, on a eu droit à la télé à une princesse de la petite-reine, la lumineuse Marion Rousse ! Madame Galopin dans la vie civile. Compétence, humour, sérieux dans ses commentaires. Et pour cause : ancienne championne de France de cyclisme féminin, elle a reconnu avec son champion d'époux – Tony Galopin – plusieurs étapes, et plusieurs cols.

Votre sourire, jolie Marion, a éclaboussé de bonheur ce Tour de France ! Mille mercis.


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03/06/2017

Ouiquinde érotique avec un sacré pointeur !

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Sonnet pointu


Reviens sur moi ! Je sens ton amour qui se dresse ;
Viens, j'ouvre mon désir au tien, mon jeune amant.
Là... Tiens... Doucement... Va plus doucement...
Je sens, tout au fond, ta chair qui me presse.

Rythme bien ton ardente caresse 
Au gré de mon balancement, 
Ô mon âme... Lentement, 
Prolongeons l'instant d'ivresse. 


Là... Vite ! Plus longtemps ! 
Je fonds ! Attends, 
Oui, je t'adore... 


Va ! va ! va ! 
Encore. 
Ah !

 

Edmond Haraucourt