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16/09/2018

Ouiquinde gastronomique: Le civet de sanglier de Sébastien et Anne

sanglier coursant chasseur dessin Dubus.jpg

 

Mon ami Sébastien, redoutable tueur,

Utilise son temps, son flair et sa sueur

À courir les forêts, les bois et les broutières,

À sauter les ruisseaux des terres de Lozère

Pour traquer, débusquer, viser et fusiller

Son gibier préféré: le cochon sanglier.

Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres

Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,

Montent les hurlements des meutes carnassières

Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.

La battue se déploie par chemins et sentiers,

S'efforçant de boucler le massif forestier

Où laies et marcassins, cochons et sangliers

Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.

La journée sera rude pour la bête à poil dur

Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,

Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,

Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,

L'amènent à croiser les chemins et les sentes

Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.

Les coups de feu éclatent à travers la nature.

Si la bête s'échappe, on reprend les voitures ­

Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.

Parfois le sanglier met la meute en déroute,

Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre

Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.

Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,

S'en retourne bredouille, au soir de la battue.

Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,

Il faut voir son sourire, son allure martiale

Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée

Qu'il - fier comme Artaban - offre à sa fiancée.

Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes

Dégoulinant de sang, Anita entre en piste.

Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot

Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux

De taille conséquente. Récupérez le sang

Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.

Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.

Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.

Celle de Anita est un poème en soi:

Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;

Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;

Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;

Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;

Une écorce d'orange et quelques grains de cade;

Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.

Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,

Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.

Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.

Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,

Un grand verre de marc pour rendre du degré

À votre marinade versée, chaude, dessus.

Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu

Est alors le théâtre d'une superbe idylle

Entre les ingrédients. Une alchimie subtile

Va attendrir la viande, sublimer les parfums

Et les goûts de gibier du sanglier défunt.

Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses

Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,

Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon ­

Les morceaux marinés de viande de cochon.

Séparez au chinois légumes et liquide.

Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!

Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine

Votre petit-salé embaume les narines.

Rajoutez en tournant les légumes essorés,

Puis intégrez la viande que vous faites dorer.

Mouillez alors avec le jus de marinade,

Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.

Il faut voir le sourire heureux de Sébastien

Lorsque Anita apporte, de son pas aérien

Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table

Exhalant en volutes des parfums admirables.

Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grandes agapes,

Rien moins que le meilleur des Chateauneuf-du-Pape.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Et pour laisser le monde des maigres, des sans-goûts,

Alors resservez-vous !

 

Ingrédients et proportions pour deux fois six personnes:

Pour la marinade: - quatre oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - six gousses d'ail écrasées, - six à 8 carottes en tronçons, un bouquet de persil grossièrement coupé, - un pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - un gros bouquet de thym, - six feuilles de laurier, - une douzaine de grains de genièvre, - deux poignées de gros sel de Camargue,

- une cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - une écorce d'orange séchée, - un verre d'huile d'olive, - deux verres de bon vinaigre, - deux litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette marinade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.

Pour le plat: - un cuissot ou un épaule de sanglier, - le sang récupéré ou un verre de sang (à demander à votre boucher), - un verre d'huile d'olive, - deux cents cinquante grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

 

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.

En vallée du Rhône: Chateauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.

On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.

 

Illustration: merci à DuBus

 

01/09/2018

Aujourd'hui, je m'envoie en l'air !

cul de femme qui bouge.gif

 

C’était au temps de la parenthèse enchantée

Du Voyage au long cours, des chants de Liberté

Ni tabou, ni sida, tous les garçons osaient

Les filles étaient belles, et s’ouvraient, et s’offraient…

 

C’était près de Collias, où des gorges sauvages

Creusées par le Gardon depuis le fond des âges

Accueillaient les ébats, les amours, les désirs

D’une jeunesse nue, avide de plaisir.

 

Elle jaillit, vêtue de gouttes de lumière

Et s’ébroua, cambrée, secouant sa crinière

En éblouissement de perles de soleil

Dans la beauté lustrale du plus simple appareil.

 

Je la mangeais des yeux d’un appétit vorace

J’aimais son cœur, son corps, son sourire et sa grâce.

S’allongeant à plat ventre sur les dalles brûlantes

Elle anima ses reins d’une ondulation lente,

 

Mettant le feu en moi et gonflant mes ardeurs.

Ses beaux yeux de friponne m’invitaient au bonheur.

En un bond de félin je fus bientôt sur elle,

Ma peau contre sa peau fleurant musc et cannelle

 

Myriam s’ouvrit, s’offrit puis elle m’accueillit

Sous les feux de Phœbus, à l’abri d’un taillis

Et, mourant de plaisir, je fus en elle un homme

Par les voies de Sodome…

 

Victor

 

Photo X - Droits réservés

 

01/08/2018

Le jour du « Dépassement ». Croîs, crois, croa…

le jour du dépassement par pays.png

 

Lemaire, ministre de l’économie et du fric, tirait sa gueule d’employé de banque pour dire que le gouvernement compte réviser à la baisse sa prévision de croissance pour l’économie française en 2018 après le "chiffre décevant" du deuxième trimestre. La sacro-sainte croissance foutrait le camp ?

« Croissez et multipliez-vous », qu’il aurait croassé le prétendu taulier si l’on en croit les élucubrations des diverses névroses collectives encore appelées religions.

La croissance ralentit se lamentent les politicards à la solde des multinationales…

La croissance économique nous mène dans le mur chougnent les « décroissants »…

La croissance démographique mène l’humanité à sa perte, prédisent les pessimistes lucides…

Ouais. Mais qui faut-il croire dans cet embrouillamini ?

Ben, un peu tout le monde, ça dépend du point de vue que l’on adopte.

La croissance qui ralentit, ce sont des chômeurs en plus. Peut-être. De toute façon le travail comme vecteur de redistribution des richesses créées a vécu. Il faut donc trouver une autre voie de répartition de ces richesses afin que les citoyens puissent vivre décemment. Le revenu universel, sous quelque forme que ce soit, est inéluctable.

La croissance illimitée dans un monde aux ressources limitées est une stupidité totale. Plus de 43 millions de bagnoles ont déjà été fabriquées cette année, plus de 150 millions d’ordinateurs ont déjà été vendus cette année. Plus de 3 millions d’hectares de forêts ont déjà été détruits cette année. Plus de 4 millions d’hectares de terres arables ont été perdus par l’érosion des sols, Plus de 5,6 millions de tonnes de produits chimiques toxiques ont été déjà balancées dans la nature par les industriels cette année… Allez voir là !

Mouais… Mais demandez à Kevin de laisser son smartphone et sa caisse pétaradante au garage et à Jennifer de renoncer à ses belles fringues, faut être optimiste… Les « décroissants » croissent moins vite que les con-sommateurs boulimiques.

Quant à l’emballement démographique, chut, faut pas dire de gros mots, c’est rien, c’est pas grave, la Terre peut nourrir jusqu’à 10 milliards d’estomacs voraces et même plus si affinité (pour les affaires). Tè, au moment où j’écris, le compteur vient de dépasser, à fond la caisse, le nombre effarant de 7 639 630 423 Terriens ! Nous avons passé la barre des 7 milliards le 31 octobre 2011… La croissance démographique mondiale cette année dépasse déjà les 47 788 289 (plus de 47 millions) de nouvelles bouches voraces. Dans les années à venir, « ils » mangeront peut-être (comme dans « Soleil vert ») mais ils mangeront debout parce qu’ils n’auront plus la place de s’asseoir !

Bon, tout ça pour en venir à quoi Victor ? Tu veux nous gâcher les vacances ? Tu as raté ton aïoli ? T’as eu un accident de hamac ?

Ben non, c’est juste que ce mercredi 1er août est le « jour du dépassement » !

Qu’es aco ?

C’est la date à laquelle nous avons utilisé plus d’arbres, d’eau, de sols fertiles et de poissons que ce que la Terre peut nous fournir en un an pour nous alimenter, nous loger et nous déplacer et émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent en absorber. Autrement dit en sept mois on a bouffé ce qu’on devait bouffer en un an. Donc on va vivre cinq mois à croum ! À noter qu’en 1970, le « jour du dépassement » était le 29 décembre !

À noter qu’il existe des pays plus ou moins vertueux à l’échelle du globe. La France est un mauvais élève puisque son jour de dépassement était le 5 mai dernier. Mais il y a pire. Ainsi le Qatar, cette verrue de l’horreur, et le Luxembourg, ce repaire de tricheurs ont respectivement atteint leur « jour de dépassement » les 9 et 19 février. À l’inverse, dans un pays comme le Vietnam, la date retenue est celle du 21 décembre.

Ouais mais alors qu’est-ce qu’on fait ? Vaste programme… Revoir la façon dont sont pensées les villes pour limiter l’utilisation de la voiture et l’émission de polluants, développer et privilégier les énergies vertes, lutter contre le gaspillage alimentaire et la surconsommation de viande, et surtout limiter l’expansion démographique…

Depuis 1950, la Syrie a vu sa population passer de 3,4 à 20,7 millions soit une multiplication par 6,1… Durant la même période, l’Érythrée est passée de 1,1 à 5,2 millions et la Somalie de 2,3 à 10,8 millions (soit pour ces 2 pays une multiplication de la population par 4,7)… Quant à l’Afghanistan, le passage de 7,8 à 32,5 millions correspond à une multiplication par 4,2.

Attention, cela ne signifie pas que c’est directement l’explosion démographique qui a causé les guerres actuelles, mais il est cependant probable que ce facteur a joué, ne serait-ce que parce que les autorités n’ont pas pu subvenir correctement aux besoins d’une population en croissance continue et disproportionnée par rapport aux ressources disponibles.

On ne sait déjà pas comment résoudre le problème des migrants actuel, ce n’est pourtant que le hors-d’œuvre. Le plat de résistance, entre l’explosion démographique et le changement climatique est à venir. Et il sera particulièrement indigeste pour nos pays de gaspilleurs bouffis…

 

Illustration X - Droits réservés

14/03/2018

Cette fois on y est : les barrages hydroélectriques vont être bradés aux requins du privé !

barrage tignes avec dessin titan.jpg

 

De quoi se nourrit Hulot ? Ben de couleuvre pardi ! Cette fois, c’est la privatisation des barrages hydroélectriques qu’il a annoncée à l’Assemblée nationale. Eh ! Nicololo, ça va finir par te faire mal au fondement… Son patron, Jupitounet, est finalement bien le fils putatif de Flamby : c’est en effet sous Hollande, Vals et Royal que cette konnerie totale a été décidée. Pour obéir à une injonction de cette Union européenne dont la dérive ultralibérale actuelle met en rogne jusqu’à ses plus fidèles partisans.

Dans son fumeux « programme national de réforme », le capitaine de pédalo laissait écrire : « S’agissant de l’exploitation des installations hydroélectriques, le renouvellement des concessions par mise en concurrence sera privilégié. Le périmètre des lots de barrages et le calendrier et les modalités selon lesquels ces lots seront concédés, notamment les modalités de participation des personnes publiques aux entités concessionnaires, sont à l’étude. » Les concessions en question arrivent à leur terme. Le gouvernement de Macron et Philippe exécute donc le programme de Vals et Hollande réclamé par la Commission européenne. Pourtant l’argument de la pression de la commission européenne, c’est de la bola : l’Allemagne n’a pas hésité, elle, à prendre des mesures fortes en la matière et à les faire accepter à Bruxelles, pourquoi la France n’essaie-t-elle même pas ?

Nous avons là, à portée de main, une énergie made in France qui pourrait être mobilisée pour soutenir vraiment les industries exposées à la concurrence internationale. Et qui est indispensable à la bonne marche de l’ensemble du réseau électrique français et européen. En effet le système électrique fonctionne comme un tout. Il doit fournir à chaque instant très exactement la quantité d’énergie en cours de consommation. S’il en produit moins ou plus, le système plante. Cette gestion fine est cruciale ! Les installations hydrauliques sont les variables d’ajustement du système électrique global. Car le flux de l’eau turbinée est très facile à maîtriser selon que l’on doit augmenter la puissance ou la diminuer. La machine démarre et s’arrête en quelques secondes, ce qui n’est pas le cas avec le nucléaire.

On compte plus de 2000 installations de toutes tailles dans le pays parmi lesquels une grosse centaine de barrages de grande taille, c’est-à-dire de plus de 20 mètres de hauteur. 400 barrages et centrales sont gérés par des entreprises à travers des « concessions » de longue durée. 80 % d’entre eux le sont aujourd’hui par EDF. Les autres sont essentiellement gérés par GDF Suez ou ses filiales, héritage du temps où GDF était une entreprise publique. Le gouvernement Philippe a donc décidé de brader la gestion de ce patrimoine national. C’est un pillage digne de celui de la privatisation des autoroutes. Le peuple français a payé pendant des décennies pour construire et entretenir ces installations hydroélectriques.

L’hydroélectricité, c’est une grande histoire française, celle de la « houille blanche » et de l’industrialisation des vallées de montagne. Des ouvrages pharaoniques qui redonnaient de la fierté et de la confiance en leur pays à tous ces Français qui sortaient de cinq années de malheur, de destruction et de honte. Ceux qui ont des cheveux blancs et un peu de bide se souviennent de la fierté nationale des mises en eaux des barrages de Génissiat, de Donzère, de Serre-Ponçon, de Tigne, de Bort-les-Orgues, de Naussac, etc. Actuellement, ces ouvrages sont parmi les piliers de la politique énergétique de la France. Les ouvrages hydroélectriques représentent 20 % de la puissance installée du mix électrique, ce qui est considérable. C’est 12 % de l’électricité des Français et 20 % de la production nationale d’énergie renouvelable ! C’est aussi 66 % de la capacité de pointe, c’est-à-dire un moyen de production flexible, disponible presque instantanément pour faire face à l’évolution structurelle de la consommation électrique. Et c’est tout cela que Macron veut brader au privé !

Il y a longtemps que les gros consortiums privés louchent avec gourmandise l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques françaises. Il y a longtemps que leurs lobbies dépensent des montagnes de pognon pour arriver à leurs fins : mettre leurs sales pattes sur ce savoureux gâteau national. Parce qu’elles savent que les barrages - grâce aux investissements accomplis par des générations de bâtisseurs et avec l’argent des contribuables – sont très rentables : l’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards par an. Ce qu’on appelle la « rente hydroélectrique » est d’au moins 1,25 milliard d’euros par an. En voilà de la belle et bonne thune à se mettre dans les fouilles !

Et ce n’est pas tout. L’électricité produite par les barrages est de loin la moins chère. De 20 à 30 euros le mégawattheure, soit nettement plus compétitive que le prix de l’électricité nucléaire historique. Cet avantage profite aujourd’hui à tous les consommateurs d’électricité puisqu’il intervient dans le calcul des coûts de production d’EDF. Mais la mise en concurrence des barrages se traduira obligatoirement par une hausse du prix de l’électricité pour nous, les consommateurs finaux !

Les « partenaires privés » n’investiront pas par philanthropie mais pour tirer des profits. S’ils agissaient autrement leurs actionnaires seraient en droit de les sanctionner et d’arguer, à juste titre, de l’abus de bien social. Ce n’est donc pas leur cupidité qui doit être mise en cause mais plutôt ceux qui leur offrent ce nouveau terrain de jeu sans aucune justification. Aucune ! Personne n’imagine que les investisseurs privés viennent pour faire des investissements. Ni qu’ils seront portés à en faire si besoin est. Car lorsqu’une opération d’entretien est à l’ordre du jour cela coûte deux fois. Une première quand il faut payer les travaux et une seconde pendant l’interruption de l’exploitation. Donc l’entretien et la sécurité qui en découle seront sacrifiés sur l’autel du profit, du pognon pris dans nos poches.

Eh ! Ceux d’entre nous qui habitent en aval de ces barrages, tenez-vous aux branches, priez si vous êtes croyants ou déménagez ! Parce que vous croyez que les fonds privés veulent produire de l’électricité propre et sure ou des flots d’argent avec ces barrages ? Vous faites confiance au privé pour entretenir et investir dans l’équipement des barrages ?

Cerise sur le gros gâteau, la Commission européenne prétend interdire à EDF de postuler pour l’obtention de ces concessions !

Décidément, il va peut-être falloir les sortir, les nettoyer, les graisser… Et faudra-t-il s’en servir ?

 

Photo X - Droits réservés

26/09/2017

Oh ! Comme ils l’aiment leur glyphosate, les agripoisonneurs !

Glyphosate.jpg

Chez Monsanto et leurs collègues, on doit se faire une belle bosse de rire, tout en sabrant le Champagne ! Faut dire qu’il y a de quoi. Les FNSEA boy’s ont foutu la zone dimanche sur les ChampZé, et même tonton Hulot – le ministre alibi transitaire écolo – est venu leur dire qu’il était plus dans une phase de « transition » que « d’interruption brusque ». Ben voyons.

Objet et cause de ce ramdam, le sinistrement célèbre glyphosate.

« Un poison ! » s’égosillent les anti-malbouffes.

« Inoffensif ! » s’offusquent les multinationales de la chimie

« Indispensable ! » pleurnichent les agriculteurs de la FNSEA.

Et en bout de chaîne, il y a nous, les con-sommateurs, qui en ont marre d’être pris pour des kons et qui somment tous ces personnages d’éclairer leur lanterne. Alors, c’est dangereux ou pas ce truc ? C’est selon…

Les experts mandatés par l’OMS (organisation mondiale de la santé) ont estimé que cette molécule serait un « cancérigène probable ». Levée de boulier des chimistes et des agripoisonneurs, donc nouvelle expertise diligentée par l’OMS et qui cette fois – heureuse chance - concluent que "le glyphosate est peu probablement génotoxique (toxique pour l’ADN) aux expositions alimentaires anticipées".

Experts, contre experts… Les agences chargées de dire le vrai en la matière sont plus que divisées. L’OMS, qui avait tiré la sonnette d’alarme, a donc revu sa copie suite aux pressions et sorti une nouvelle étude contredisant la première. Étude entachée de doutes sérieux et de conflits d’intérêts entre certains « experts » et les lobbys des pesticides. Quant à l’expertise de la Commission européenne, elle est en de nombreux points un copié-collé des documents de la Glyphosate Task Force, le consortium industriel conduit par la firme américaine Monsanto ! Bonjour l’objectivité…

Il serait temps de se mettre d’accord puisque dans les jours qui suivent, la Commission européenne doit renouveler – ou pas – pour dix ans l’autorisation de mise sur le marché de l’UE des pesticides à base de ce glyphosate. Scandaleusement noyautée par les groupes de pressions des multinationales et de la finance, la Commission avait déjà décidé de renouveler pour 15 ans cette autorisation au printemps 2016 mais avait dû reculer devant la forte mobilisation des populations, se contentant d’offrir tout de même 18 mois d’autorisation supplémentaire aux chimistes. Cette autorisation provisoire arrive à échéance en ce moment. Voilà pourquoi les lobbys chimistes comme les anti malbouffe sont chauds bouillants.

Il faut dire qu’il y a des intérêts énormes derrière ce bras de fer. Les pressions arrivent de l’industrie des pesticides, des Étasuniens qui veulent vendre leurs merdes, des agripoisonneurs de la FNSEA qui gueulent à juste titre qu’ils seront désavantagés si la France interdit le glyphosate mais que d’autres pays européens l’autorisent. Rien qu’en France, les professionnels chaque année utilisent 8 000 tonnes et les particuliers 2 000 tonnes de ce désherbant redoutable. En son temps (2015) Ségolène Royal, alors ministre de l’écologie, a bien essayé de faire interdire les désherbants à base de glyphosate, mais seulement pour les jardiniers amateurs… Lettre morte puisque les bidons de Round-up encombrent encore les rayons de toutes les jardineries…

La France devrait – selon la position officielle - voter contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Mais peut-on faire confiance à un « officiel » français ?

 

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Photos X - Droits réservés

13/08/2017

Ouiquinde gastronomique corse

nue dans l'eau.jpg

 

Regina


C'est à Porto Poli, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassé.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : “ Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! ”

 

 

- Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

- Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîches finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier

Met de l’huile d’olive et tourne pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu,

Ferme tes papillotes, glisses-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas répandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :


Pour les poissons et leur farce:

- 12 rougets de roche vidés par les ouïes, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jaunes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.

Pour la sauce:

- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

 

Les vins conseillés:

Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, de Figari, d’Ajaccio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi­gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

Photo X – Droits réservés

27/07/2017

AUx FEUx !

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Ça crame ! Des forêts entières partent en fumée. Il faut cent ans pour faire un pin, une minute pour qu’il explose en feu… Ça crame essentiellement en Provence et en Corse. Ça crame en juillet, ça cramera encore en août. Ça ne cramait pas en juin malgré une canicule et une sécheresse supérieures aux conditions actuelles, ça ne cramera que peu en septembre.

Alors pourquoi ça crame là et en ces périodes de grandes migrations touristiques ? Comme par hasard, la Provence, la Côte d’azur et la Corse sont les lieux les plus prisés par les touristes. C’est comme ça.

Ce ne sont pas ces touristes qui mettent volontairement le feu. Les actions réellement malveillantes sont généralement le fait de locaux : jalousie de chasseurs, bergers « préparant » de futurs parcours à moutons, promoteurs prévoyants dégageant une colline pour, vingt ans après, acheter et construire. Sans oublier les abrutis fascinés par le feu et le ballet des Canadair. Si, ça existe. Mais il faut savoir qu'un incendie volontaire, c'est les assises.

Mais les touristes mettent le feu non pas sciemment mais par KONNERIE.

La konnerie tragique, c’est de jeter son mégot, même sommairement écrasé, par la fenêtre de sa voiture, sur autoroute comme sur toutes les nationales et départementales. Elles sont belles nos petites routes qui permettent de découvrir ces si jolis paysages de l’intérieur, qui traversent ces odorantes forêts de pins où cransignent les cigales. Mais ce sont de véritables brûlots avec la chaleur et la sécheresse estivales. Les aiguilles de pins dégagent des vapeurs de térébenthines extrêmement inflammables. Un mégot et surtout son filtre vont se consumer lentement et longtemps. Assez longtemps en tout cas pour qu’une rafale de mistral ravive la minuscule braise jusqu’au point éclair. Et c’est le départ d’un feu de forêt… Ça coûte jusqu'à 45000 euros et 3 ans de taule. Mais que dire des constructeurs automobiles qui ont supprimé le cendrier dans les nouvelles voitures ?

La konnerie, c’est de faire un barbecue en campagne. On les fait griller à l’ombre bien sûr les merguez et les côtelettes d’agneau. Qui dit ombre dit arbre. Et les arbres, chez nous, ce sont presque toujours des pins… On revient au cas précédant…

La konnerie c’est de faire un sympathique feu de camp au bord d’une petite rivière. Il y a quelques années, j’ai vu, de mes yeux vu, un groupe de sympathiques jeunes Allemands allumant un feu entre quatre pierres sous une pinède bordant le Gardon, dans les magnifiques gorges de Collias. Je les ai « allumés » gentiment mais fermement et ils ont éteint leur truc. Hélas, quelques jours plus tard, à la suite de pareilles konneries inconscientes, les gorges ont cramé…

La konnerie, pour ceux qui arrivent l’été dans leur résidence secondaire dans le Luberon, dans les Alpilles ou dans les Maures ou l’Estérel, c’est de ne pas avoir fait débroussailler le pourtour de sa propriété et de brûler les herbes, les branches tombées de l’hiver et autres végétations qui gênent les vacances. "Oui mais on fait attention : on a le tuyau d’arrosage prêt…" Mouais…. Le débroussaillage est pourtant obligatoire dans les 32 départements des régions PACA, Corse, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes + l’Ardèche et la Drôme. Également dans les autres départements si un arrêté préfectoral l’exige surtout en cette période de sécheresse. Les maires des communes concernées doivent veiller à la bonne exécution du débroussaillement mais aussi du maintien en état débroussaillé. Ils peuvent donc intervenir auprès des propriétaires négligents et même le faire exécuter d’office au frais de l’intéressé. Et ça coûte bon bon. Comme la contravention et l’astreinte journalière.

La konnerie, c'est l'urbanisme caractérisé souvent par le laxisme des autorités responsables voire les magouilles qui permettent ou tolèrent la construction de cabanons ou de maisons au milieu des forêts. Avoir sa villa sous les pins, sur la colline dominant la grande bleue ! Le bonheur. Sauf que ça brûle...

Tous ces fauteurs de feux ne risquent pourtant pas grand-chose par rapport aux dégâts que leur négligence, leur konnerie ou leur malveillance coûtent à l'environnement et à la société. A l'époque de Napoléon, il y avait déjà beaucoup d'incendies dans le Midi. Le Napo, il a été expéditif : il a ordonné à ses préfets de faire fusiller sur le lieu de leurs méfaits les incendiaires ! Et les incendies se sont « miraculeusement » arrêtés...

Quant aux touristes, leur manière de faire tient au fait qu’ils ignorent les spécificités du Midi. Le danger d’incendie n’est pas le même dans les forêts de l’Île de France, de Belgique ou d’Allemagne et dans celles de Provence, du Languedoc et de Corse.

Alors, amis touristes qui nous faites l’amitié de venir chez nous, de grâce respectez ces paysages que vous aimez. Ne devenez pas des POURISTES !

Mais il y a autre chose aussi. C'est la faiblesse des moyens aériens. 26 appareils (12 Canadair, 9 Tracker, 2 Dash et 3 Beechcraft). Des appareils vieux de trente à cinquante ans, à bout de souffle dont plusieurs restent au sol parce qu'en panne…

Question : comment se fait-il que la France, deuxième pays du monde après les États-Unis en matière de construction aéronautique, ne soit pas foutue de concevoir et construire des appareils modernes, spécifiques à ce difficile travail de pompiers de l'air ? Il y a déjà un marché conséquent dans tous les pays autour de la Méditerranée. France mais aussi Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Croatie, etc. Et aussi de l'autre côté de la Mare nostrum. Et encore au Canada, aux États-Unis et partout dans le monde.

Question : comment se fait-il qu'il n'y ait pas une force d'intervention anti incendies européenne ? Avec des moyens aériens payés par l'Union Européenne et une coordination efficace ?

« Aux feux » ? Ou « Aux fous » ? Ô fan !

 

Photo X - Droits réservés.

20/07/2017

La gamelle dans tous ses états (généraux).

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Les producteurs de melons, comme ceux d'abricots, jettent leur production. Un scandale et une honte. Mais aussi une réalité qui décourage, pousse à la ruine et souvent au suicide bien des agriculteurs. Concurrence « libre » mais faussée des produits équivalents espagnols se plaignent les exploitants français. C'est vrai et cela ne changera pas tant qu'une harmonisation sociale, fiscale et normative au niveau de l'Europe ne corrigera pas cette concurrence faussée. Ca, c'est un problème conjoncturel concernant un secteur précis de l'activité agricole. Mais il est un parmi une foultitude de problèmes constituant ce qu'il est convenu d'appeler « la crise de la filière agricole ».

Les producteurs de lait ne sont pas mieux lotis. Le prix du lait est le même que celui qu'on leur payait en...1991 ! A cette époque, une vache rapportait autant qu'un hectare de blé. Aujourd'hui, il faut 7 à 8 vaches pour égaler le produit d'un hectare de blé…

Et que dire des filières porcines, volaillères, ovines, bovines. Partout la crise qui peut se résumer en une phrase : le prix offert par les metteurs en marché est souvent inférieur au prix de revient des producteurs. En 2016, un agriculteur sur deux a « gagné » moins de 350 euros par mois ! Résultats : la crise, la ruine des exploitations à taille humaine, les suicides et le glissement inéluctable vers une agriculture industrielle dont l'exemple étasunien donne un exemple effrayant : usines à viande auprès desquelles notre « ferme à mille vaches » est un doux havre écolo, fruits et légumes OGM bourrés de pesticides, etc. C'est le triomphe de la « malbouffe ».

Face à cet état de fait, pour concrétiser une promesse électorale de Macron, s'ouvre ce jeudi à Bercy « les Etats généraux de l'alimentation ».  « Je veux redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels », martelait le maintenant Président lors de sa campagne présidentielle. C'est bien de le dire, ce serait mieux de le faire. Face à eux qui se présentent en ordre dispersés, les producteurs ont la grande distribution mais aussi les transformateurs industriels. Et ils ne font pas le poids. Leur principal syndicat a longtemps été présidée par feu un ponte de cette industrie agro-alimentaire…

Ce pouvoir de négociation, les agriculteurs - désespérés par la mauvaise volonté quand ce n'est la mauvaise foi tant des industriels transformateurs que de l grande distribution – tentent de l'obtenir par des actions de « desesperados » en déversant leurs melons, abricots, pèches devant les hypers ou encore fumier et déchets devant les préfectures. C'est contre ces extrémités que ces « Etats généraux » doivent trouver des solutions.

Mais le public, l'acheteur final, le consommateur qui ne veut plus être un con-sommateur sont aussi appelés à donner leur avis. Non, pas à la table des négociation, faut pas rêver, mais par une consultation publique sur une plate-forme participative (egalimentation.gouv.fr) où chaque citoyen est invité à s'exprimer, avec des questions renouvelées au fil des semaines pour nourrir le débat en cours. Mais le fait que cette consultation du public soit prévue en plein été et à la rentrée plutôt qu'en amont des États généraux va rendre la participation pour le moins « difficile ». Et puis qui tient compte de l'avis du cochon de payant ?

Un premier bilan sera tiré fin septembre dans l'espoir d'avoir trouvé des solutions concrètes pour pacifier les relations entre producteurs et distributeurs. Juste à temps pour espérer peser sur le round annuel de négociations tarifaires entre industriels et distributeurs, qui s'ouvre tous les ans en octobre.

Bon courage…

 

Photo X - Droits réservés

01/05/2017

Premier mai. Je paresse, tu paresses, ils paraissent !

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 Les États-Unis, années 1880, la colère gronde dans un monde ouvrier soumis à des cadences de travail harassantes, 12h, parfois 14h par jour. Le 1er mai 1886, début de l'année comptable des entreprises, une grande manifestation est organisée par les syndicats de Chicago. La grève s'étend bientôt au pays tout entier et la mobilisation est telle que le mouvement obtient satisfaction : la journée de travail est réduite à 8h, mais non sans perte. Plusieurs ouvriers de la fabrique McCormick à Chicago trouvent la mort dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Sur l'une des tombes sont gravés ces quelques mots : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".

De l'autre côté de l'Atlantique, la IIème Internationale socialiste se réunit à Paris, en 1889 pour le centenaire de la Révolution française et décide d'organiser tous les ans, dans tous les pays et à date fixe, une grande manifestation ouvrière. Ici aussi, la journée de 8h (mais toujours 5 jours par semaine) est la principale revendication. Et c'est la date du 1er mai qui est retenue, en souvenir des manifestations de Chicago. Dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grèves ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations.

 

Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

 

En 1941, le régime de Vichy transforme ce rendez-vous ouvrier en jour férié, "fête du Travail et de la Concorde sociale".

 

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure. Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

 

A défaut - hélas - de défilé unitaire, attention à ne pas laisser ce jour symbole des luttes ouvrières aux Le Pen et sa fête de Jeanne-d’Arc !

 

Ce qui ne doit pas nous couper l’appétit ! Je vous propose donc de déguster deux des emblèmes de notre pays : le coq et le vin !

 

 

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Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè­vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Châteauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Col­lioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

 

 Illustrations X et Vincent Barbantan- Droits réservés 

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Écoute ! Écoute !

Paroles de fainéant robuste:  

La vraie paresse, c'est de se lever à 6 heures du matin pour avoir plus longtemps à ne rien faire.

 Le travail, c'est le refuge des gens qui n'ont rien de mieux à faire.

 

Allez, un petit quatrain de mon pote Descamino:
Le muguet

Dans la forêt où chante un Rossignol Moqueur
J’entrouvre ta corolle, au doux reflet de moire.
A ton home charmant, je parfume l'armoire.
Mon petit brin d' ESPOIR est un atout Vainqueur.

 

30/04/2017

Gastronomie érotique végétarienne avec la belle Margot

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Margot roulait à bicyclette

 

Par des chemins de fruits dorés.

 

Dans le vent volait sa jupette

 

Sur de longues cuisses dorées.

 

 

 

Comme un champion du Tour de France

 

Moi, derrière, je salivais,

 

Fasciné par les abondances

 

Que par éclair je découvrais.

 

 

 

Percés au cœur par Cupidon

 

Devant son lascif abandon,

 

Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

 

 

 

De féconder cette orchidée.

 

Elle m’a donné du bonheur

 

Pour plus de mille éternités.

 

 

 

Pour Margot : La boumiane de tomates et d'aubergines

 

- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

 Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

 Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n’avais pas besoin d’EPO,

J’étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d’amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J’ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !

- Mais vivre d’amour et d’eau fraîche

Ça ne dure qu’un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l’appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d’agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C’est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu’elles crachent leur eau.

Au bout d’une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d’huile d’olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l’attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les « marmandes » sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l’acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D’un peu de piment d’Espelette,

De trois gousses d’ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les in­sipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa­lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro­chegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

31/03/2017

Nucléaire : et un fiasco de plus pour l’EPR !

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Cette fois, c’est France Info – média national BCBG – qui allume la mèche : EDF comme AREVA sont passés outre aux avertissements et aux demandes d’explication de l’ASN concernant la qualité d’une pièce essentielle du réacteur de l’EPR de Flamanville, la cuve. Avec ce qui ressemble à un superbe bras d’honneur, les deux industriels ont installé la cuve dans le bâtiment réacteur en 2014, en dépit de ces mises en garde réitérées depuis 2004. Problème : cet élément clé de d’installation – c’est ce qui retient et confine les éléments actifs et radioactifs du réacteur – n’a toujours pas été validé par l’ASN.

La concentration de carbone dans l’acier de la cuve serait de 0,3 % alors qu’il devrait être de 0,2 %. Bof pourrait-on dire. On ne va pas en faire des caisses pour une si petite différence. Pour les profanes que nous sommes, c’est vrai sauf que, si l’on en croit les « experts », ça suffit pour modifier les propriétés mécaniques de l’acier et, en particulier, pour influencer la température à laquelle il devient moins souple et plus cassant. Une rupture de la cuve, c’est quelque chose qu’on ne peut même pas imaginer dans le nucléaire. Ce serait la catastrophe pire que Fukushima, Tchernobyl et Three Mile Island réunis…

L’EPR de Flamanville ! European Pressurized Reactor, puis Evolutionary Power Reactor, mais on pourrait plutôt dire Euh ! Pour Rire. Cette aberration - un réacteur d’une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1 650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d’euros, il devrait (??!!) finalement coûter 10,5 milliards, et plus si affinité !En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera (??!!) finalement mise en service en 2018. Ce qui est tout à fait utopique puisque la cuve n’est pas validée.

Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc.. Ceci en partie à cause d’une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n’est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ».

Il serait peut-être temps, pour la nouvelle administration qui va sortir des urnes, de prendre enfin la décision qui s’impose : abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu’irresponsable lobby des nucléocrates. L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville. Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux. Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe de Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3 200 bombes de Hiroshima ! On privilégie le gigantisme au détriment de la sécurité.

Les systèmes de sécurité passifs de l’EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs qui peuvent s’arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l’EPR est le réservoir destiné, en cas d’accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d’une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d’explosion de vapeur sont très élevés, et d’autre part, il faudrait recouvrir d’eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter… De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage – et surtout pas l’acier avarié des forges du Creusot - ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas !

Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

De plus, l’uranium provient de l’étranger et sa pénurie se précise, avec l’envolée de son prix. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

Ne serait-il pas plus raisonnable, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d’arrêter les frais en ayant le courage d’abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu’est la « transition énergétique » ?

 

Illustration X - Droits réservés

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Excitez votre curiosité :

 

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...et construisit l'EPR !

25/01/2017

Marchandages nucléaires : « Tu fermes Fessenheim ou je te plombe l’EPR ! »

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Comme d’habitude, la magouille a prévalu concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. EDF et l’État ont marchandé comme des margoulins : c’est Fessenheim contre l’EPR de Flamanville.

On se souvient que la fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin) était une promesse du candidat François Hollande, qui argumentait ainsi : « Fessenheim est la plus ancienne centrale, elle était prévue normalement pour trente ans et aura quarante ans d’âge en 2017. De plus elle est proche d’une zone sismique, ce qui est quand même un risque. » Il oublie de dire qu’il se fait pousser au cul par les voisins allemands et suisses qui tremblent devant les risques que leur font prendre les Français, et donc gueulent en conséquence !

La chose était cause d’une embrouille au niveau gouvernemental entre Ségolène Royal qui voulait fermer Fessenheim et Manuel Vals qui ne voulait pas. Cazeneuve a tranché. Et donc le conseil d’administration d’EDF a approuvé le mardi 24 janvier le protocole d’indemnisation du groupe par l’État français pour la fermeture anticipée de la centrale. Les employés et les élus locaux doivent l’avoir en travers… Qu'ils se rassurent, la bête bougera encore longtemps.

Mais derrière cette saine décision il y a des tractations de marchands de tapis : c’est Fessenheim contre Flamanville ! En effet, le décret de création de l’EPR de Flamanville donne 10 ans à EDF pour finaliser la construction du réacteur. Et cette autorisation arrive à échéance en avril prochain. Or les nombreux problèmes de réalisation de ce monstre font que, de retard en retard, il n’entrera en service, au mieux, que fin 2018.

EDF dit avoir envoyé en temps utile – le 11 octobre 2015 – une lettre au ministre en charge de l’énergie (Ségolène Royal) demandant une prolongation de cette autorisation de 18 à 20 mois. C'est une procédure qui s’est déjà faite, notamment pour les réacteurs de Civaux (Vienne) et de Chooz (Ardennes).

EDF mettait donc comme condition à l’arrêt de Fessenheim la prolongation de l’autorisation de l’EPR. Mais ce n’est pas tout. EDF a également obtenu l’assurance de pouvoir redémarrer le réacteur n° 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), à l’arrêt depuis mai 2015 alors que la loi de transition énergétique prévoit qu’un réacteur à l’arrêt depuis plus de deux ans devrait être considéré comme en arrêt "définitif". « La ministre chargée de l’Énergie donnera suite positivement aux demandes que le conseil d’administration vient d’exprimer », a indiqué Ségolène Royal. Autrement dit, elle accepte la combine d'EDF. On peut toujours s’arranger pour qu’une promesse électorale, au moins une, soit tenue ! Encore que...

Encore que l’article L.593-13 du code de l’environnement dit que si une installation nucléaire de base (INB) n’est pas mise en service dans le délai fixé par son autorisation de création, « il peut être mis fin à l’autorisation de l’installation, après avis de l’ASN ». Et l’avis de l’ASN n’est pas obligatoirement celui que voudrait EDF…

Si la demande de modification du décret déposée par EDF constitue une modification notable, EDF devra compter avec une nouvelle procédure d’autorisation comprenant la réalisation d’une enquête publique. C’est donc au gouvernement qu’il reviendra de décider si la demande de prolongation constitue une modification notable ou non.

Corinne Lepage l’avocate spécialiste du droit de l’environnement, explique que « les faits, comme la législation, ont évolué depuis 2007, ne serait-ce qu’à cause de la catastrophe de Fukushima et des défauts à répétition de l’EPR, ce qui impose de refaire un dossier et de le soumettre aux citoyens ».

Ce décret devrait être pris un mois avant la présidentielle. Est-ce que ce sera le cas ? Car cette demande de prolongation d’autorisation sera vraisemblablement attaquée devant le Conseil d'État et fera probablement l’objet d’une QPR (question prioritaire de constitutionnalité). Tout ça prend du temps. Quel sera alors le gouvernement qui aura à trancher ?

« Ouate Inde Scie ». On verra bien.


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27/12/2016

Paul Hueur et Paul Hué s'engueulent.

 

 

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- Oh là ! Sieur Paul Hué, vos vaches pètent trop

Il vous faudra réduire leurs délires ventraux

Car leurs rots et leurs pets, ce sont du gaz méthane

Qui risque de changer nos prairies en savanes.

- Oh là ! Sieur Paul Hueur, rengainez vos leçons !

Que sont nos pets de vaches comparés au boxon

Que génère sur terre l’hyper consommation

De vos sociétés, vos « civilisations »

Basées sur le paraitre et sur le racolage,

Sur l’avoir plus que l’être, et où le gaspillage

Est le mode normal de concevoir la vie,

Où l’on prend, casse et jette au gré de ses envies.

- Notre mode de vie n’est pas négociable

Vous feriez comme nous si vous étiez capables !

De quoi donc rêvez-vous dans vos sombres gourbis ?

De bagnoles, de viandes, d’alcools, de beaux habits,

De maisons confortables à l’air conditionné,

De piscines, de plages, de routes bétonnées.

D’ailleurs que faites-vous quand vous avez des thunes ?

Une station de ski au milieu de vos dunes…

- Qui nous pollue la tête avec ces âneries ?

Vos programmes télé avec leurs konneries.

N’avons-nous pas le droit d’être aussi kons que vous ?

Nous marchons sur vos traces, cependant, je l’avoue,

Ces travers me désolent et me mettent en rage

Mais avant d’arriver au niveau de carnage

Que vous faites subir à l’environnement

Nous avons de la marge pour vivre décemment.

Quand un Indien produit une tonne de carbone,

Vous, les Zétazuniens en produisez vingt tonnes

Et dix tonnes en Europe. Mais zéro en Afrique !

C’est à vous d’arrêter vos pollutions chroniques !

- De quoi vous plaignez-vous ? Vous êtes bien contents,

Sûrement pas le peuple, mais vous, les dirigeants

D’accepter nos déchets à pleines palanquées

Car nous vous payons cash pour que vous les planquiez,

Qu’ils soient radioactifs, domestiques ou chimiques !

Euros, yens ou dollars, tout est bon pour vos cliques…

- Taisez votre cynisme, et gardez vos poubelles.

Car par la corruption vos actions criminelles

Saccagent nos contrées, empoisonnent nos gens,

Les poussent à émigrer pour trouver quelque argent.

C’est vous qui polluez depuis bientôt deux siècles.

Vous voudriez en plus nous imposer vos règles ?

C’est à vous de payer ! Vous tuez la nature

Et voulez que ce soit nous qui fassions ceinture ?

Le monde va crever ? Nous n’y sommes pour rien !

Si vous ne casquez pas, on ne répond de rien…

 

VictorAyoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

27/11/2016

Ouiquinde gastronomique: Les lapins de garenne du grand Gaby.

lapins de champs pour le web.jpg

 

Grand long, dégingandé, sec

Perché sur un long cou d'échassier famélique,

Le Grand Gaby est un Prince de la barrique.

Ce fervent défenseur de l'ardeur vigneronne

Est médaillé d'honneur de la Coste-du-Rhône :

N'a-t-il pas englouti, pour se mouiller la glotte

Six cents hectos de vin, sans un verre de flotte!

Ceci en soixante ans d'une soif flamboyante,

Éteinte verre en bouche, de manière constante.

Tout comme d'autres tirent, Gaby boit des deux mains,

En saluant la foule, tel un tribun romain.

Le Grand Gaby, doté d'un vigoureux sésame

Est, cela va de soi, le chéri de ses dames.

Minettes délurées, bourgeoises en goguette

Attirées par sa réputation d'athlète,

Négligeant les on-dit qui prédisent leur perte,

Viennent à son mazet, ouvertes et offertes.

Elles doivent aimer le suint de sanglier

Car leur amant dégage un fumet de gibier.

Priape, Éros, Bacchus, protecteurs de Gaby,

Bénissent les amours cachés dans son gourbi.

Ses conquêtes, souvent, mangeront du lapin

Lorsque leur étalon part avec ses copains...

Le lapin, il est vrai, est sa spécialité,

Tant dans la casserole que contre ses beautés.

Souvent le Grand Gaby, quand vient le crépuscule,

Part hanter la garrigue où la chouette hulule.

Silencieusement, tous les sens aux aguets,

Il s'en va, dans la nuit, pour tendre ses arqués (1) :

De puissants pièges ronds, tendus par un ressort,

Pour les lapins de champs, synonymes de mort...

Quant l'aube aux doigts de roses éveille la nature

Gaby est déjà là pour prendre ses captures.

Les gardes le connaissent, tous veulent le coincer,

Mais le Grand, plus malin que la maréchaussée,

A toujours évité les rencontres néfastes

Tant, de son territoire, sa connaissance est vaste.

- Oh ! Victor, ton Gaby, c'est un bel oiseau rare !

Mais ses lapins de champs, comment il les prépare ?

- Espuillés (2), étripés, coupés en huit morceaux,

Un lapin de garenne chaque deux commensaux,

Tu frottes du thym sec de la dernière estive,

Tu arroses le tout de bonne huile d'olive,

Sel, poivre du moulin et quelques aromates

Et tu fais reposer cela dans une jatte.

Dans ta sartan (3), fond du petit-salé en dés

Dans un peu de saindoux, quantité limitée.

Quand c'est cuit, mets de l'ail, trois oignons émincés

Trois tomates pelées, soigneusement pressées,

Fais réduire à feu vif sans cesser de tourner,

Rajoutes ton lapin à peine fariné,

Fais prendre la couleur en remuant l'ensemble,

Trois verres de vin blanc ou plus si bon te semble,

Plus un morceau de sucre dans quelques verres d'eau.

Encore que la flotte ne sois pas mon credo. . .

Fais cuire sans couvrir, vivement, demi-heure.

Le Gaby l'accompagne par des pâtes au beurre.

Parmi les invités de ces repas de maître,

Le Grand convie parfois.. .notre garde-champêtre!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 lapins de champs (de garenne), - 2 verres d'huile d'olive la vallée des Baux, - thym sec émietté, - sarriette, - laurier, - sel, - poivre du moulin, ­2 noix de saindoux, - 2 hectos de petit-salé, - 6 gousses d'ail pelées et écrasées, 3 oignons finement émincés, - 3 tomates pelées, mondées, épépi­nées, - 1 cuillerée à soupe de farine, - 3 grands verres de vin blanc, - 1 morceau de sucre, - 3 verres d'eau, - 1 kilo de pâtes.

 

Les vins conseillés: 

Tous les vins rosés bien frais: Côtes-du-Rhône, Tricastin, Ventoux, Lu­beron, Costières de Nîmes, Coteaux du Languedoc, Côtes de Provence, Coteaux varois.

 

Arqués: pièges demi-circulaires à ressort central.

(2) Espuillé : écorché.

(3) Sartan : poêle.

 

 Illustration originale de Vincent Barbantan.

 

 

30/10/2016

Ouiquinde gastronomique: Le civet de sanglier de Sébastien.

Le civet de sanglier.jpg

 

Mon ami Sébastien, redoutable tueur,

Utilise son temps, son flair et sa sueur

À courir les forêts, les bois et les broutières,

À sauter les ruisseaux des terres de Lozère

Pour traquer, débusquer, viser et fusiller

Son gibier préféré: le cochon sanglier.

Dès que pointe le jour vrombissent les quat'quatres

Où piaffent les chasseurs équipés pour combattre,

Montent les hurlements des meutes carnassières

Serrées dans des remorques, dans des malles arrières.

La battue se déploie par chemins et sentiers,

S'efforçant de boucler le massif forestier

Où laies et marcassins, cochons et sangliers

Commencent à gratter le sol d'un pied inquiet.

La journée sera rude pour la bête à poil dur

Quand, poussées par les chiens hors des fourrés obscurs,

Pour tenter d'échapper à la meute hurlante,

Ses courses, à découvert dans les clairs et les pentes,

L'amènent à croiser les chemins et les sentes

Qui sont autant d'affûts où les fusils l'attendent.

Les coups de feu éclatent à travers la nature.

Si la bête s'échappe, on reprend les voitures ­

Pour lui couper la fuite au bord d'une autre route.

Parfois le sanglier met la meute en déroute,

Quand, acculé, blessé, forcé hors de son antre

Il se rue sur les chiens qu'il piétine et éventre.

Très souvent Sébastien, heureux bien que fourbu,

S'en retourne bredouille, au soir de la battue.

Mais lorsqu'un animal est tombé sous les balles,

Il faut voir son sourire, son allure martiale

Lorsqu'il brandit sa part de viande dépecée

Qu'il - fier comme Artaban - offre à sa fiancée.

Alors, tranquillement, avec ses doigts d'artistes

Dégoulinant de sang, Anita entre en piste.

Pour faire un bon civet, l'épaule ou le cuissot

Sont des pièces de choix. Coupez-les en morceaux

De taille conséquente. Récupérez le sang

Qui, pour lier la sauce, est bien intéressant.

Gardez-le au frigo pour qu'il ne se dégrade.

Préparez ce qu'il faut pour votre marinade.

Celle de Anita est un poème en soi:

Quatre, cinq oignons moyens, cévenols ou niçois;

Cinq ou six gousses d'ail et autant de carottes;

Un bouquet de persil; céleri, feuilles, côtes;

Du thym et du laurier; un peu de noix muscade;

Une écorce d'orange et quelques grains de cade;

Du poivre du moulin; du gros sel de Camargue.

Deux litres de Côtes-du-Rhône d'Estézargues,

Un verre d'huile d'olive et deux de bon vinaigre.

Vous cuisez demi-heure à feu vif et allègre.

Rangez le sanglier au fond d'un pot en grès,

Un grand verre de marc pour rendre du degré

À votre marinade versée, chaude, dessus.

Le pot, au frais trois jours, recouvert d'un tissu

Est alors le théâtre d'une superbe idylle

Entre les ingrédients. Une alchimie subtile

Va attendrir la viande, sublimer les parfums

Et les goûts de gibier du sanglier défunt.

Quand, le jour du repas, l'aurore aux doigts de roses

Du sommeil des Buveurs dissipe les hypnoses,

Vous sortez et séchez à l'aide d'un torchon ­

Les morceaux marinés de viande de cochon.

Séparez au chinois légumes et liquide.

Petit, sers-moi un verre, j'ai le clapoir acide!

Dans de l'huile d'olive, au fond d'une toupine

Votre petit-salé embaume les narines.

Rajoutez en tournant les légumes essorés,

Puis intégrez la viande que vous faites dorer.

Mouillez alors avec le jus de marinade,

Et cuisez à feu doux, cinq heures, à l'estouffade.

Il faut voir le sourire heureux de Sébastien

Lorsque Anita apporte, de son pas aérien

Son plat qu'elle découvre, très fière, sur la table

Exhalant en volutes des parfums admirables.

Ce chef-d'œuvre requiert, pour de grandes agapes,

Rien moins que le meilleur des Chateauneuf-du-Pape.

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour deux fois six personnes:

Pour la marinade: - 4 oignons moyens coupés en quarts et piqués de clous de girofle, - 6 gousses d'ail écrasées, - 6 à 8 carottes en tronçons, ­l bouquet de persil grossièrement coupé, - 1 pied de céleri côtes et feuilles, grossièrement coupées, - 1 gros bouquet de thym, - 6 feuilles de laurier, - l douzaine de grains de genièvre, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 1 cuillerée à soupe de poivre noir du moulin, - noix de muscade, - 1 écorce d'orange séchée, - l verre d'huile d'olive, - 2 verres de bon vinaigre, - 2 litres de bon vin rouge. N'oubliez pas de cuire cette marinade et de la verser chaude sur les morceaux de sanglier avant de laisser reposer trois jours.

Pour le plat: - 1 cuissot ou l épaule de sanglier, - le sang récupéré ou 1 verre de sang (à demander à votre boucher), - 1 verre d'huile d'olive, - 250 grammes de petit-salé coupé en dés, - les légumes essorés de la marinade cuite, - le jus de la marinade.

Les vins conseillés:

Le civet de sanglier préparé de cette manière est un plat somptueux, à la fois puissant et très parfumé. Il faut donc des vins à la hauteur.

En vallée du Rhône: Chateauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Vacqueyras, Cornas, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Côte-Rôtie.

On peut également l'accorder avec bonheur à de vieilles bouteilles de Cairanne, Visan, Séguret, Valréas, Gallician.

En vins du Languedoc et du Roussillon: Saint-Chinian, Faugères, Fitou, Collioure, Maury.

En vins de Provence: Bandol, Palette, Pierrefeu, Puyloubier, Cabasse, La Cadière-d'azur, vins de Bellet.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

12/10/2016

Chuis un pauv' paysan !

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Je viens d’entendre dans la Machine à causer cette nouvelle honteuse : un paysan sur trois gagne moins de 350 euros par mois. Chiffres de la MSA (mutuelle sociale agricole), l’organisme qui gère les prestations sociales et les retraites de la profession. Cet organisme a ms en place une permanence de prévention du suicide chez les agriculteurs. Au 1er semestre, cette permanence - Agri’écoutes - a reçu 1 700 appels, soit une moyenne de 285 appels par mois contre une centaine par mois sur la même période, un an plus tôt… Pas de compassion chez les bobos pour le plouc, on la garde pour les « migrants » ou les bombardés d’Alep. Pourquoi pas… Moi, je préfère m’intéresser au sort de mon pote Denis. Il est mort. La fourche à la main, sur son tas de fumier…

Tè, je vais vous le raconter feue mon pote Denis. Et oui, il est mort. Arrêt cardiaque ? AVC foudroyant ? Ou autre chose ? Comme son père… On reste discret, on a sa pudeur au village. Et il est devenu triste le village. Plus de merdes de vaches sur la route, de ces belles casquettes s’étalant comme des plats d’épinards odorants… Et pour cause : les vaches ne traversent plus la rue principale pour gagner leur étable…

On n’entend plus les cris puissants, impératifs de l’un des derniers « cow-boy » du pays. Fatal, puisqu’il est mort. Mort et enterré. À soixante ans… À la veille de « prendre sa retraite ».

Comme tout le monde, Denis voulait pouvoir vivre de son travail. Avec ses trente montbéliardes, il se levait à cinq heures du mat et à dix heures du soir, il levait encore la merde de ses vaches. À la pelle, à l’ancienne. Et ça sept jours sur sept, 365 jours par an !

Denis me disait que l’essentiel du prix qu’on lui donnait pour le lait de ses vaches partait en remboursement et en paiement d’engrais et de "traitements" pour ses prairies. Il m’avouait qu’il ne lui restait qu’autour de 500 euros par mois pour faire vivre sa famille. Et encore Denis travaillait sur une propriété familiale, donc sans foncier à rembourser, seul avec sa femme et sa fille qui allait « aux écoles ». Les vacances ? Jamais… Les sorties ? Jamais… Le restau ? Jamais… Les fringues ? Une salopette et des bottes, plus un costume du dimanche – celui de son mariage sûrement ! – qu’il mettait pour les enterrements ou pour aller « au docteur ». Celui qu’on a mis à sa dépouille pour son dernier voyage…

Moins de 500 euros par mois. Et c’était il y a trois ans. Maintenant on en est à 350 euros par mois. Les paysans, maintenant ils le sont réellement pauvres. Qui les a menés là ?

Les agricolos, poussés par leurs organismes professionnels – chambres d’agricultures, FNSEA, Crédit agricole – ont perdu leur âme. Ils ont saccagé leurs champs avec le cercle vicelard engrais pesticides. Ils ont fragilisé leurs bêtes avec le cercle vicelard insémination, vaccins, antibios et autres saloperies. Tout le pognon qu’ils gagnent – plus celui qu’ils touchent en subventions multiples ! – va dans la poche des multinationales agrochimiques et des labos. Loin de s’entraider, ils se jalousent, à savoir qui aura le plus gros tracteur. Au lieu de s’organiser en GAEC et de mettre en commun des moyens de production chers et ne servant que peu souvent, ils s’encroument à mort, pour le plus grand profit du Crédit agricole…

Pour s’en sortir, il faudrait qu’ils organisent eux-mêmes leur filière. Qu’ils mettent en place leurs propres centrales de vente de lait, leurs propres unités de transformation au lieu de laisser ça aux industriels qui les plument sans vergogne. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA qui a toujours été à la solde de l’industrie agroalimentaire et qui défend avant tout les gros céréaliers et betteraviers… et qui les pousse à voter pour la droite la plus archaïque, la plus cupide, la plus avide. Les dernières manifestations ont donné la mesure du désarroi d’une profession qui ne mérite plus le beau nom de paysan.

Les gouvernements qui se succèdent s’efforcent d’adoucir cet assassinat social. Hypocrisie. On donne quelques poignées de figues aux ploucs, mais on subventionne les gros céréaliers et on favorise sournoisement les fermes à « mille vaches ». Et le nombre d’agriculteurs aux abois grimpe plus vite que le prix du lait ou de la viande ! Selon la MSA, le nombre d’accès au service de prévention du suicide des agriculteurs a triplé en un an.

Il est difficile d’avouer qu’on est en échec Déprimant de se demander à quoi l’on sert dans une société qui ne veut plus de vous. Mais on a sa fierté, sa dignité. Alors on va chercher la corde, au fond de l’étable…

Les agriculteurs de France sont dans une situation catastrophique. Leur nombre ne cesse de diminuer car ils n’arrivent pas à faire face à leurs dettes et que les lobbys agroalimentaires leur payent leur production une bouchée de pain,

Un tiers des agriculteurs à leur compte gagne moins de 354 euros par mois. À titre de comparaison, c’est 200 euros de moins que ce que touche une personne seule et sans ressource au titre du RSA (qui a été revalorisé au 1er septembre 2016 à 535,17 euros par mois).

« Ouais mais vous avez le lait, vous avez les volailles, vous avez la viande quand vous tuez un veau ou un cochon, vous avez les légumes. - Oui mais, et le sel ? » disait Fernand Reynaud dans « Ch’huis un pov’paysan ».

C’était il y a cinquante ans. Maintenant les paysans le sont vraiment, pauvres…

 

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15/09/2016

Monsanto Bayer = fusion de l’Agent Orange et du ZyklonB

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Monsanto, on connaît. C’est le prototype de la multinationale nuisible. Celle qui a inventé « l’agent orange », un produit tueur dérivé de l’herbicide 2,4,5-T, utilisé massivement par l’aviation étasunienne pour défolier les forêts du Vietnam où évoluaient les Viêt-congs. Résultats encore réels 50 ans après avec des palanquées de cancers et de malformations de naissance, mais aussi – retour du boomerang – des séquelles nombreuses chez beaucoup d’anciens combattants US. Monsanto est depuis des décennies responsable de scandales sanitaires à répétition ayant provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes : agent orange mais aussi PCB, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides Lasso et Roundup, etc...

Bayer, c’est un géant européen de la chimie. Il est bien connu pour l’aspirine ! Mais ce qui est moins connu, c’est que, avec d’autres piliers de la chimie allemande comme BASF, il est l’héritier du conglomérat IG Farben, fournisseur du Zyklon B, le gaz génécideur utilisé dans les camps de la mort nazis. Actuellement, ses pesticides néonicotinoïdes, vendus sous les marques Gaucho ou Proteus, alarment apiculteurs et chercheurs, car ils tuent les abeilles mais aussi moult autres bestioles, et leur impact sur notre santé inquiète. Bayer, c’est aussi un médicament anticholestérol à base de statines, retiré brutalement du marché en 2001 car il s’est en effet avéré toxique dans certains cas et a provoqué la mort de 52 patients (http://gestionsante.free.fr/cerivastatine.htm).

Bayer Monsanto, c’est vraiment « l’union des affreux » ! L’un empoisonne le monde, crée de nouvelles maladies, et l’autre propose à des prix exorbitants les médicaments pour les soigner ! La combine doit être très juteuse puisque Bayer – pourtant très endetté - a trouvé auprès de ses complices banksters près de 60 milliards d’euros pour se taper Monsanto. Dépenser 60 milliards alors que le chiffre d’affaires cumulé des deux entreprises n’est « que » de 23 milliards par an semble une affaire hasardeuse. Eh ! Oh ! Les banquiers, ils aiment ça : créer un marché (les maladies) et proposer le remède ! Humm ! Y’a bon les thunes.

Mais la branche médicaments n’est pas la principale en jeu. Il s’agit aussi et surtout de mettre la main sur toute l’agriculture mondiale. Ceci en contrôlant un max de brevets. Ainsi, le nouveau monstre sera en mesure de vendre aux agriculteurs un paquet global : semences (si possibles OGM), engrais, pesticides chimiques, mais aussi équipements, « conseils », services climatiques et… assurances associés. Il ne reste plus au paysan qu’à trimer et casquer. Il sera sous l’emprise totale d’une seule entreprise maquerelle…

Autre danger, le poids que de telles fusions donne à ces multinationales dont la seule morale est le fric, le fric, le fric. Elles peuvent faire pression sur les députés, sur les gouvernements, sur les institutions internationales pour faire passer des réglementations obligeant les agriculteurs à utiliser leurs produits. À l’inverse, elles peuvent faire supprimer par les mêmes pressions toutes velléités de faire voter des lois ou règlements tendant à entraver voire seulement réglementer leurs bizness. Ces sombres réalités menacent l’ensemble des citoyens car elles risquent de mettre à mal notre souveraineté politique et notre indépendance alimentaire. Tout le système mondial risque de se retrouver confronté à trois énormes conglomérats en mesure d’imposer des politiques agricoles basées sur les semences OGM et les pesticides associés.

Cette volonté de main mise se camoufle derrière de belles paroles « altruistes » comme « La terre va devoir nourrir dans quelques années 10 milliards d’humains. Nous apportons la solution. » Ils pourrissent la terre, ils empoisonnent les humains, ils poussent les paysans au suicide, ils tiennent les gouvernements par la corruption et en plus il faudrait leur dire merci !

Va fa’n culo !

 

Phot X - Droits réservés

 

 

 

28/07/2016

L’électricité sans le nucléaire ? C’est possible et… moins cher !

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Savez-vous que la France pourrait tirer, dès 2050, la totalité de ses besoins en électricité des énergies renouvelables ? Donc SANS NUCLÉAIRE ! Ben oui, c’est faisable.

Un rapport très précis de l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), sortie non sans difficulté au printemps dernier grâce à la pugnacité de Médiapart le démontre.

Ce rapport de 119 pages, fruit de 14 mois de travail et très argumenté explique que rien n’empêche qu’en France 100 % de l’électricité provienne de sources renouvelables en 2050. Il vèle aussi que ce scénario ne coûterait guère plus aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 %, seuil fixé par François Hollande pour 2025. Il révèle également, calculs détaillés à l’appui, que ce scénario ne coûterait pas beaucoup plus cher aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 % de la production électrique, seuil fixé par François Hollande pour 2025.

Un mix électrique 100 % renouvelable est atteignable « à coût maîtrisé » calculé à 119 euros par Mégawatt/heure (MW/h). A rapprocher du coût actuel de 91 euros le MW/h. Mais ce prix, basé sur une production presque essentiellement nucléaire, est très largement sous-évalué puisqu’il ne tient pas compte des coûts faramineux du stockage des déchets nucléaires et de celui, abyssal, du démantèlement des centrales nucléaires que tant EDF qu’AREVA sont par ailleurs incapables de faire… Mais la gigantesque imposture du nucléaire « pas cher » continue à faire des ravages.

Qu’y a-t-il dans ce mix de production électrique renouvelable ? De l’éolien terrestre et marin, de l’hydraulique, du photovoltaïque, de la géothermie, de la cogénération au bois, de la méthanisation des ordures ménagères, des énergies marines (énergie des marées, des vagues, des courants), du solaire thermodynamique à concentration, des centrales hydroélectriques à réservoir.

Afin d’assurer l’adéquation à chaque instant entre la demande et la production, ce qui est une spécificité de l’énergie électrique, l’ADEME a également étudié les moyens de stockage, à court terme (batteries), à moyen terme (par les STEP, station de transfert d’énergie par pompage ), à long terme inter-saisonnier par les filières de méthanisation « power to gas » et ensuite « gas to power ».

On comprend qu’un tel rapport soit resté le plus confidentiel possible, tant il dérange les nucléocrates qui sévissent dans les milieux politiques décisionnaires…

Et pourtant…

et pourtant une évolution semble en route dans les sphères décisionnaires. Ségolène Royal, ministre entre autres de l’énergie, a présenté, mercredi 27 juillet de cette année 2016, un projet d’ordonnance concernant l’autoconsommation de l’électricité. Ce texte, approuvé par la Commission de régulation de l’énergie, prévoit que les particuliers et les entreprises consommant leur propre courant pourront bénéficier d’un tarif spécifique, plus avantageux, pour leur utilisation du réseau de distribution de l’électricité. Ce tarif sera arrêté par la Commission de régulation. De plus, la ministre va lancer dans les prochains jours un appel d’offres auprès des entreprises industrielles, agricoles et tertiaires intéressées par l’autoconsommation. L’État retiendrait alors entre 100 et 400 projets pour un volume de production total de 40 mégawatts. Ces projets seraient subventionnés. Ils concernent essentiellement, actuellement, les panneaux solaires des centres commerciaux et des installations agricoles et industrielles, les ombrières des parkings.

La pratique de produire et de consommer son électricité reste très marginale en France. 90 à 95 % de l’électricité auto-produite sont actuellement revendus à EDF, celle-ci étant obligée de l’acheter à des prix prohibitifs subventionnés par l’État payé à la sortie… par les contribuables. Mas les choses sont en train de changer puisque le coût des installations photovoltaïques a chuté et qu’elles deviennent plus fiables, et que d’autre part le tarif de rachat de l’électricité auto-produite ne cesse lui aussi de baisser. Il va donc être plus rentable de consommer l’électricité que l’on produit que de la vendre à EDF ou aux compagnies concurrentes.

On est ainsi en train d’évoluer vers une production et une consommation d’électricité décentralisées. Ce qui – excellente nouvelle – pourrait enfin sonner le glas du tout nucléaire, à la fois ruineux et tellement dangereux.

 

Illustration: Merci à Olivero

12/04/2016

Cannabis : Le Guen allume les « bigots de la prohibition » !

cannabis,prohibition

 

Coucou, le revoilou ! Qui ? Ben, le cannabis. Voilà Le Guen qui rejoint, Vaillant, Duflaut et autres politiques qui – faisant la part des choses – préfèrerait le tarpé à la kalash. On peut aussi penser que cette sortie – individuelle ou en service commandé ? - du sous-ministre aux relations avec le parlement est une façon de tenter d'amadouer les jeunes en les caressant dans le sens du poil et que ça n'aura aucune suite puisque tant le président Hollande que son premier ministre Valls sont carrément contre. Carrément ? A-t-on vu une question qui soit tranchée de manière carré par l'empereur du tango (un pas en avant, deux pas en arrière) et son hidalgo ? Ouate inde scie

 

Il est toubib Le Guen. Et il dit : « Le cannabis est une très mauvaise chose pour la santé publique, en particulier chez les jeunes. Mais la prohibition n’amène pas une diminution de la consommation »…/...« les produits qui sont distribués par le trafic sont plus dangereux que le cannabis»…/... « Je propose que le Parti socialiste dise enfin la vérité, propose une vérité : l’interdit moral ne crée rien du tout, il crée beaucoup de dégâts dans la société française »…/... « Dans beaucoup de quartiers, une contre-culture s'est installée et la loi est bafouée, malgré les forces de police, malgré l'intention de la justice, depuis des décennies »…/...  « Il faut peut-être aller vers des mécanismes de légalisation contrôlée, et surtout avec des politiques d'éducation et de santé publique ».../… « Je propose que nous réfléchissions aux moyens - je ferai des propositions - pour que nous mettions fin à cette politique de prohibition. On doit avoir des levées d'interdiction très sélectives : pour les adultes, certainement pas pour les jeunes de moins de 21 ans et pour un usage privé, certainement pas un usage public ». Et il allume ses collègues : « Les bigots de la prohibition devront aussi expliquer pourquoi la mesure appliquée depuis 30 ans ne marche pas ».

 

Le président de l'Office français de lutte anti-tabac, Bertrand Dautzenberg, pneumologue, est du même avis : « La situation actuelle d'interdiction totale (...) favorise la consommation. Je suis contre le cannabis, je veux que la consommation baisse, mais pour cela il faut prendre des mesures efficaces. Il faut arrêter la bêtise actuelle qui veut qu'on soit à des kilomètres de la réalité actuelle »…/… « La fumée est toxique pour les poumons, que ce soit la fumée du diesel, la fumée du tabac ou la fumée de cannabis. Et la France est le pays d'Europe qui fume le plus. C'est aussi le pays qui utilise le plus la forme la plus sale du cannabis : c'est-à-dire le mélange de tabac et de résine de cannabis. »…/… « Si on veut diminuer la consommation de cannabis en France en terme de santé publique, il faut la mettre dans une voie légale. Ainsi on pourra la contrôler, faire de la prévention à l'école et sur le lieu de travail. Ainsi la consommation de cannabis baissera. »…/… « Le premier conseil est de ne pas mettre de tabac quand on consomme du cannabis. Il y a des herbes à fumer, des plantes qui sont décrites dans les directives du tabac avec des étiquettes spécifiques qu'on devrait pouvoir trouver facilement en France. D'autre part, il y a une autre possibilité toute aussi illégale qui est de consommer des feuilles de marijuana plutôt que de la résine, qui est beaucoup plus toxique. On voit aux Etats-Unis, par exemple, où la légalisation du cannabis a lieu dans de plus en plus d'Etats. Là-bas, la vaporisation du cannabis est le mode majoritaire de consommation, ce qui est beaucoup moins toxique. »…/… « On peut également manger du cannabis, mais cela peut avoir des inconvénients car le consommateur n'a pas vraiment d’idée de la dose ingérée ».

 

Ben dit donc, il en connaît un bout le Professeur ! Lui et le Guen ont l'avantage d'être réalistes, d'être pragmatiques.

 

La France est le pays qui envoie le plus de gens en taule pour possession ou trafic de cannabis: 100.000 personnes emprisonnées en ce moment, parfois pour des quantités minimes. Et la France est le pays où on fume le plus. C'est bien la preuve que cette politique répressive ne mène nulle part, et au contraire permet le financement des réseaux mafieux, car plus c'est illégal, plus c'est rentable. 


Le système de légalisation, comme au Colorado, permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans des « coffees-shop » bien contrôlés ou dans les bureaux de tabacs, - interdiction évidente pour les mineurs, - et...de juteuses rentrées de fric pour l’État.

 

Les résultats seraient : - remise des flics sur des taches utiles, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffees shop », - la fin des financements des réseaux maffieux, puisqu'ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l'attirance pour l'interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, -  une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprises et confrontés alors aux règles de concurrence !

 

Pas questions qu'ils disent au gouvernement ! Pourtant, si de temps en temps François ou Manu tiraient un petit tarpé ou dégustaient un savoureux « gandga cookie », ça leur déconstiperait un peu les boyaux de la tête !

 

Sources :

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/04/11/25002-20160411ARTFIG00327-le-guen-souhaite-une-reflexion-sur-la-fin-de-la-prohibition-du-cannabis.php

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20160114.OBS2786/cannabis-les-recommandations-du-pr-dautzenberg-pour-fumer-propre.html

 

Tè ! C'est ma 4.000ème note ! 

 

Photo X – Droits réservés

02/03/2016

Catastrophes écologiques. POLLUEUR-PAYEUR : le gouvernement Valls voulait en faire CONTRIBUABLE-PAYEUR

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Pendant les raouts agricoles, migrants et autre loi sur le travail, le gouvernement Valls a présenté à l’Assemblée nationale, ce mardi 1er mars, en deuxième lecture, la loi sur la biodiversité.

C’est la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, la ci-devant « écologiste » Pompili Barbara qui est chargé de défendre ce projet de loi dans lequel le gouvernement avait sournoisement, à quelques heures de la présentation du texte, glissé un amendement directement dicté par le MEDEF et l’Association française des entreprises privées AFEP). Cet amendement vicelard entre tous consistait non seulement à exempter les pollueurs, genre Total pour l’Erika, de payer les dommages causés par leurs actes, mais à transférer le paiement de ce risque sur l’État, donc sur le contribuable !

Total en a rêvé, Valls voulait le faire. « Voulait » parce que, devant la montée au créneau de quelques parlementaires lucides et courageux comme Delphine Batho, cet amendement scélérat a été retiré. Mais jusqu’à quand ? Ne va-t-il pas revenir sous une autre forme sournoise puisque le débat parlementaire est reporté au 15 mars ?

Que disait cet amendement gouvernemental? Rappelons-le pour bien montrer la collusion entre ce gouvernement de « gôôche » et les lobbies patronaux.

Il dit ceci (voir le premier paragraphe http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3442/CION-DVP/CD1048.asp )

« De la réparation du préjudice écologique

« Art. 1386‑19. - Indépendamment des préjudices réparés suivant les modalités du droit commun, est réparable, dans les conditions prévues au présent titre, le préjudice écologique résultant d’une atteinte anormale aux éléments et aux fonctions des écosystèmes ainsi qu’aux bénéfices collectifs tirés par l’homme de l’environnement.

« N’est pas réparable, sur le fondement du présent titre, le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application. »

Ça ne semble rien mais cela veut dire que quelque pollution que ce soit causée par une activité qui a obtenu une autorisation administrative (autorisation de faire circuler des produits dangereux en mer, sur les fleuves mais aussi autorisation de forer, autorisation d’exploiter, permis de construire, etc.) ne pourra être qualifié juridiquement de préjudice écologique et ne pourra donc prétendre à aucune réparation dès lors que le responsable de la pollution pourra démontrer qu’il possède une autorisation pour cette activité. Et à qui incombera alors la charge de payer les dégâts ? Ben, à l’administration qui aura délivré l’autorisation, bien sûr ! Donc à l’État, donc au contribuable, à nos poches. C’est un véritable PERMIS DE POLLUER !

Avec cette loi, Total n’aurait pas eu à payer pour les dégâts causés par la marée noire de l’Erika.

Cette inversion de la responsabilité, si elle passait pour les dégâts écologiques, serait rapidement étendue, sous les énormes pressions des lobbies, à d’autres activités. Notamment en matière de préjudices causés par des médicaments, des pesticides, etc.

Ne crions pas avant d’avoir mal puisque cet amendement a été retiré in extremis. Mais cet épisode montre la duplicité de ce gouvernement qui trahit sans vergogne ceux qui les ont élus. Remercions les lanceurs d’alertes qui ont permis à des parlementaires honnêtes (mais si, on en trouve) comme Delphine Batho de présenter un contre amendement qui a fait reculer le gouvernement.

Hollande, Valls, Macron, Medef, Total, Servier, même combat ultralibéral !

 

Illustration: merci à Luz