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29/06/2017

Les nucléocrates ont gagné : l’EPR autorisé malgré une cuve non conforme… DANGER !

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Dans la cuve d’un réacteur nucléaire, la pression est énorme. Mais probablement encore inférieure aux pressions que doivent recevoir actuellement et depuis de longs mois les cinq commissaires de l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) et particulièrement son patron Pierre-Franck Chevet. Et plus encore avec un Premier ministre ancien lobbyiste d’Areva…

C’est en effet sur ces hauts fonctionnaires que pèse la très, très lourde responsabilité de valider ou non les pièces essentielles que sont le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville.

Le fond semble pouvoir passer l’exam, en étant aussi généreux que les examinateurs du bac, mais il n’en est pas de même du couvercle de la cuve qui, en l’état actuel des choses n’offre pas la sûreté de fonctionnement nécessaire dans le temps et devrait être très régulièrement vérifié et même changé. C’est une pièce complexe pourvue de nombreux orifices à travers lesquels passent les tuyauteries assurant le fonctionnement du réacteur.

Quel est, en clair, le problème ? La cuve est le récipient dans lequel se passe la réaction nucléaire. C’est une pièce cylindrique de 11 mètres de hauteur, de 7 mètres de diamètre, avec un fond et un couvercle (calotte) soudés. Elle ne doit en aucun cas se rompre sous peine de catastrophe genre Tchernobyl ou Fukushima. L’acier qui la compose se doit donc de répondre à des critères métallurgiques précis.

Le forgeage de la calotte a été achevé en octobre 2006 à l’usine Areva du Creusot, le fond en décembre 2007. Mais des tests menés par Areva ont révélé, fin 2014, que l’acier n’était pas suffisamment homogène et que les pièces présentaient à certains endroits de fortes concentrations de carbone. « Pour les fabriquer, Areva a recouru à une technique de forgeage récente qui utilise un lingot d’acier de carbone très lourd, jusqu’à 160 tonnes, expliquait à Reporterre Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN chargé de la sûreté nucléaire, en novembre dernier. Or, un lingot en train de refroidir ressemble à un fondant au chocolat : le cœur reste coulant plus longtemps que l’extérieur. Et le carbone migre préférentiellement dans la phase liquide. » (lien)

Ce phénomène a modifié les propriétés mécaniques de l’acier. En conséquence, les pièces ont échoué aux tests de résilience, qui mesurent la capacité de l’acier à encaisser un choc sans se rompre en cas de choc de température chaud ou froid : la calotte de l’EPR a obtenu un résultat moyen de 52 joules et minimal de 36 joules, au lieu des 60 joules minimum imposés par la réglementation. Pire, ces valeurs sont « très largement inférieures à ce qu’on aurait pu espérer du matériau s’il avait été conforme […] pour une résilience attendue de 220 joules », indique dans une note le physicien nucléaire Gérard Gary, directeur de recherche émérite ex-CNRS rattaché au laboratoire de mécanique des solides de l’École polytechnique.

Le choix qui se présente aux commissaires de l’ASN est dans le genre terrible !

A – Ils cèdent aux pressions des nucléocrates et valident la cuve de l’EPR. Et s’il y a un accident ? Je ne voudrais pas être dans la tête de ces gens… Parce que - eux - savent les conséquences d’un Tchernobyl ou d’un Fukushima sur Manche. Évacuation de centaine de milliers de personnes, stérilisation pour des millénaires de vastes étendues agricoles, arrêt total de toute activité industrielle, saccage évident du tourisme, etc. Une catastrophe humaine et écologique dont la région et même la France ne se relèveraient pas.

Il peut aussi ne rien se passer moyennant une surveillance permanente… sauf impondérables.

B – Ils refusent de céder à toutes pressions et refusent donc la cuve en l’état. Et c’est la fin de l’EPR à Flamanville, l’annulation du contrat de deux EPR avec les Anglais, des dédommagements gigantesques avec les Finlandais et avec les Chinois, etc. C’est la ruine de la filière nucléaire française. Une catastrophe industrielle et financière.

Que croyez-vous qu’il va se passer ? Que va-t-on éviter, le risque de catastrophe humaine et écologique ou la certitude d’une catastrophe industrielle et financière ? La réponse est dans la question.

Les industriels ont déjà englouti 10,5 milliards dans cette réalisation d’un autre âge. Plutôt que d’interrompre le projet le temps de réaliser tous les tests et de s’assurer de la bonne tenue des pièces défectueuses, EDF et Areva se sont dépêchés de poursuivre les travaux, mettant ainsi l’ASN devant le fait accompli.

Aux dernières nouvelles les « experts » ont ménagé la chèvre et le chou et trouvé une cote mal taillée avec un régime d’exception : autorisation de mise en route de l’EPR mais avec contrôles renforcés, à la charge d’EDF et d’Areva et obligation de changer le couvercle de la cuve d’ici 2 024. Autrement dit, c’est l’aveu que cette pièce n’est pas conforme, donc que l’EPR est dangereux. Une commande pour un autre couvercle aurait déjà été passée… au Japon. Ben voyons. Et bonjour le boulot pour dessouder et remplacer une telle pièce en milieu qui sera alors hautement radioactif. De la konnerie à l'état pur.Ou de l'enfumage car ce couvercle douteux ne sera vraisemblablement jamais changé.

En d’autres temps, une décision politique courageuse a été prise par les politiques, celle d’arrêter Super Phénix, un monstre hyper-dangereux. Soit dit en passant, la déconstruction du monstre dure depuis 25 ans est n'est pas prête d'arriver au bout. Avec des masses de déchets hautement radioactifs pour des milliers d'années et stockés dans une simple piscine…

Mais à l’heure actuelle, depuis la loi « TSN » de 2006, le pouvoir politique n’a plus la possibilité de fermer des réacteurs pour des raisons autres que sécuritaires. La fermeture d’une centrale dépend exclusivement de la décision de l’exploitant et de l’ASN. Bonjour la démocratie…

La France fait dès à présent figure de dinosaure ringard en Europe avec son industrie du passé ! Nous gaspillons des montagnes de pognon à maintenir en place un parc de centrales nucléaires dépassées, vieilles, devenues très dangereuses comme l’a révélé Fukushima. Nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique même pas amélioré des centrales existantes. Tout le pognon que notre pays jette dans le gouffre du nucléaire ne serait-il pas plus utile en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. ! Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation. C’est le choix qu’ont fait les Allemands depuis des années. Et nous nous essoufflerons à leur courir après dans l’avenir à cause de la lâcheté de gouvernants inféodés au lobby des nucléocrates…

Quant à nos techniciens nucléaires, ils ne seraient pas pour autant au chômage : leur expertise, leurs compétences seront nécessaires pour déconstruire dans le monde toutes ces centrales obsolètes.

Eh ! Hulot, ça se digère bien les couleuvres ?

 

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20/04/2017

Élections. L’heure du choix pour les antinucléaires

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Pas facile de choisir !

Impossible de trouver un candidat qui satisfasse à tous nos souhaits. Il convient donc, afin de faire le choix le plus judicieux, de lister et de hiérarchiser les problèmes que nous souhaiterions voir prendre en compte. En vrac, on trouve la lutte contre le chômage, la sécurité, le pouvoir d’achat, la santé, l’école, les libertés, etc. Tous les candidats ont leurs propres recettes pour résoudre ces problèmes. C’est souvent de la poudre de perlimpinpin. Il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui y croient selon le théorème de Pasqua.

Il y a aussi un problème essentiel car il inclut en lui-même la sécurité, la santé voire la liberté mais qui est peu évoqué par les candidats, c’est la sortie du nucléaire. Où se place-t-il dans la hiérarchie des priorités ? Loin. Et pourtant…

Pourtant, la France – dont le tourisme, l’agriculture, les vins comptent pour une part prépondérante de son économie – ne se relèverait pas d’un accident nucléaire genre Tchernobyl ou Fukushima. Et elle causerait la ruine de ses voisins européens. N’est-ce pas là une question essentielle à l’heure du choix ? Mais ça n’arrivera jamais chez nous couinent les nucléocrates. Naïveté, duplicité, incompétence, ou les trois à la foi ? En matière de nucléaire, le facteur humain reste déterminant, et l’homme est tout sauf parfait. En témoignent les magouilles autour des certifications de certaines pièces essentielles (cuves, pompes) avec les faux rapports d’Areva et le laxisme d’EDF. La privatisation sournoise de la filière – et donc la recherche du profit avant tout, serait-ce au détriment de la sécurité – augmente encore les risques que fait courir à la France et à l’Europe cette industrie du passé.

Le problème du nucléaire, c’est que les conséquences des catastrophes sont sournoises et surtout infinies dans le temps et dans l’espace.

Et que dire des coûts ! Ayons la magnanimité de ne pas parler du fiasco total de l’EPR, tant au niveau technique que financier, mais le rafistolage des centrales à bout de souffle coûtera au bas mot une grosse centaine de milliards.

Et les déchets, dont on se sait que faire !

Et le démantèlement que l’on ne sait pas faire !

Et le pillage des ressources des pays pauvres en Afrique !

Et la fin programmée de l’uranium !

Il ne s’agit pas de réclamer l’arrêt immédiat et total de la filière nucléaire. Ce n’est pas possible à cause de l’impéritie de générations de gouvernants inféodés au lobby nucléaire et qui ont donné à cette énergie une place trop considérable, au détriment des énergies propres, renouvelables. Mais il s’agit de chercher le candidat qui a inscrit dans son programme la décision de sortir du nucléaire à une échéance raisonnable.

Un seul candidat en a fait la promesse ferme et définitive, c’est Mélenchon. Mardi, lui et ses hologrammes proclamaient : « Dans les 3 premières années, nous allons fermer 18 réacteurs nucléaires. » C’est clair, c’est raisonnable, c’est réalisable.

Revenons au problème du choix. Un candidat, même porteur de toutes nos espérances, n’est un choix efficace que s’il a des chances de gagner ! Les élections présidentielles sont impitoyables, il n’y a qu’un vainqueur. Pas de places d’honneur. Donc, pour avoir des chances de faire passer ce qui, aux yeux des plus lucides, est essentiel - la sortie du nucléaire - encore faut-il que cette proposition soit portée par un candidat ayant des chances réelles de gagner. Pour la première fois, cette formidable possibilité existe. Il ne faut pas la gâcher.

Pour tous ceux qui sont pour la sortie de cette folie qu’est l’industrie nucléaire, un seul choix s’impose : voter dès le premier tour pour Mélenchon. Même si ce n’est pas par adhésion à l’ensemble de son programme, mais parce qu’il est le seul en potentialité de nous sortir des griffes diaboliques des nucléocrates.

Le vote pour Mélenchon devient ainsi – pour les antinucléaires – le seul vote de raison.

 

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31/03/2017

Nucléaire : et un fiasco de plus pour l’EPR !

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Cette fois, c’est France Info – média national BCBG – qui allume la mèche : EDF comme AREVA sont passés outre aux avertissements et aux demandes d’explication de l’ASN concernant la qualité d’une pièce essentielle du réacteur de l’EPR de Flamanville, la cuve. Avec ce qui ressemble à un superbe bras d’honneur, les deux industriels ont installé la cuve dans le bâtiment réacteur en 2014, en dépit de ces mises en garde réitérées depuis 2004. Problème : cet élément clé de d’installation – c’est ce qui retient et confine les éléments actifs et radioactifs du réacteur – n’a toujours pas été validé par l’ASN.

La concentration de carbone dans l’acier de la cuve serait de 0,3 % alors qu’il devrait être de 0,2 %. Bof pourrait-on dire. On ne va pas en faire des caisses pour une si petite différence. Pour les profanes que nous sommes, c’est vrai sauf que, si l’on en croit les « experts », ça suffit pour modifier les propriétés mécaniques de l’acier et, en particulier, pour influencer la température à laquelle il devient moins souple et plus cassant. Une rupture de la cuve, c’est quelque chose qu’on ne peut même pas imaginer dans le nucléaire. Ce serait la catastrophe pire que Fukushima, Tchernobyl et Three Mile Island réunis…

L’EPR de Flamanville ! European Pressurized Reactor, puis Evolutionary Power Reactor, mais on pourrait plutôt dire Euh ! Pour Rire. Cette aberration - un réacteur d’une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1 650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d’euros, il devrait (??!!) finalement coûter 10,5 milliards, et plus si affinité !En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera (??!!) finalement mise en service en 2018. Ce qui est tout à fait utopique puisque la cuve n’est pas validée.

Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc.. Ceci en partie à cause d’une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n’est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ».

Il serait peut-être temps, pour la nouvelle administration qui va sortir des urnes, de prendre enfin la décision qui s’impose : abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu’irresponsable lobby des nucléocrates. L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville. Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux. Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe de Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3 200 bombes de Hiroshima ! On privilégie le gigantisme au détriment de la sécurité.

Les systèmes de sécurité passifs de l’EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs qui peuvent s’arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l’EPR est le réservoir destiné, en cas d’accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d’une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d’explosion de vapeur sont très élevés, et d’autre part, il faudrait recouvrir d’eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter… De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage – et surtout pas l’acier avarié des forges du Creusot - ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas !

Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

De plus, l’uranium provient de l’étranger et sa pénurie se précise, avec l’envolée de son prix. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

Ne serait-il pas plus raisonnable, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d’arrêter les frais en ayant le courage d’abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu’est la « transition énergétique » ?

 

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Excitez votre curiosité :

 

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...et construisit l'EPR !

24/03/2017

Déchets nucléaires : les approches opposées de l'Allemagne et de la France face à cette calamité.

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Le problème des déchets de l'industrie nucléaire déchaine des passions aussi bien en France qu'en Allemagne. Chez nos voisins – qui sont en pleine transition énergétique, avec l'arrêt progressif de toutes les centrales - le parlement fédéral a établi des règles : le choix d'un site de stockage des déchets nucléaires sera scientifique et sa recherche s'étendra jusqu'à 2030. La ministre de l'environnement allemand a été sans ambigüité : « Les déchets nucléaire doivent être tenus hors de l'environnement pendant un million d'année. Ce qui montre de manière explicite à quel point le recours à l'énergie nucléaire a été une erreur. »

Les lieux de stockage actuels sont en piètre état. Un des principaux centres de stockage du pays, « Asse II », en Basse-Saxe, a du être évacué : en 2008, la presse allemande révélait la pénétration de près de 12 000 litres d’eau par jour dans la roche saline, ayant provoqué des effondrements de galeries. Des barils seraient même endommagés.

Mais c’est surtout l’ancienne mine de sel de Gorleben, également en Basse-Saxe et longtemps considérée comme le site de stockage idéal, qui cristallise les passions. Cette petite commune de 634 habitants située dans le nord-est de l’Allemagne est devenue le symbole même de la lutte anti-nucléaire, des militants campants même sur les voies ferrées amenant les déchets. C'est une véritable poudrière politique que l’actuel gouvernement veut neutraliser avec son projet de loi.

En cas de problèmes, les déchets doivent pouvoir être récupérés sur une durée de 500 ans. Le gouvernement estime à 2000 le nombre de « castors », ces conteneurs spéciaux devant être stockés. Mais personne n'en veut…

En France, le puissant lobby des nucléo-nuisibles sévit avec d'autant plus de virulence que leur cause recule dans l'opinion. Ainsi la justice a débouté jeudi en appel les antinucléaires qui demandaient la condamnation de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Ces associations demandaient à la justice civile de condamner l'Andra pour avoir dissimulé et sous-estimé la présence d’une nappe phréatique présentant un intérêt particulier pour la géothermie. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) exclut en effet ce genre d’action en France lorsque cela peut représenter un intérêt particulier pour la géothermie. Jeudi, la cour a pourtant confirmé le premier jugement et estimé que les demandes de ces collectifs étaient bien recevables, mais les a déboutées car «l'examen attentif de leur argumentation ne permet pas de caractériser contre l'Andra la moindre faute. » Une victoire pour l'Agence nationale empêtrée dans de nombreuses procédures engagées par les opposants à son projet. Ceux-ci ne s’interdisent pas dans un avenir proche de saisir la Cour de cassation pour obtenir gain de cause.

Contrairement à ce qui se passe maintenant en Allemagne (recherche d'un site sur le strict critère scientifique), chez nous les nucléocrates n’ont pas choisi le site de Bure sur le critère technique de sa structure géologique, ce qui aurait été au moins scientifiquement honnête, mais sur un critère « d’acceptabilité par la population » ! Une population, ou plutôt des élus, des collectivités locales achetées à grands coups de subventions.

Le pognon – le nôtre ! - coule à flot dans le milieu nucléaire. La première estimation du projet de Bure, d’environ 15 milliards d’euros, a fait l’objet d’une « actualisation suite à l’approfondissement du travail technique ». La Cour des Comptes jugeait elle de son côté, dès 2009, que le coût pourrait atteindre près de 35 milliards d’euros. Bonjour la fiabilité !

La nocivité des nucléocrates se retrouve aussi dans un rapport publié par l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologique), officine chargé d’informer le Parlement, qui préconise le stockage géologique profond, la valorisation et le recyclage des déchets radioactifs. Un rapport très favorable aux grands acteurs industriels du secteur.

Ce nouveau rapport de l’OPECST propose de "récupérer les matières énergétiques présentes dans les combustibles usés" pour les réutiliser, à court terme, dans les ERP, les réacteurs à eau pressurisée, dont le parc naturel actuel est doté. Ou, à long terme, de les recycler dans de nouveaux types de réacteur dits "à neutrons rapides". Ce qui implique évidemment l'abandon de la sortie du nucléaire...

Les ONG qui militent contre l’utilisation de l’atome dénoncent la partialité des deux députés ayant piloté sa rédaction, le député PS Christian Bataille et le sénateur UDI Christian Namy. Bataille, on le connaît bien, c'est le fer de lance du lobby nucléaire. Estampillé "nucléocrate" par l’ONG Sortir du nucléaire, il est à l’origine de la loi de 1991, une nouvelle fois votée en 2006, sur les déchets radioactifs. Il a organisé des colloques à l’Assemblée sponsorisés par… Areva, le spécialiste du combustible et du retraitement des déchets nucléaires, BNFL, son concurrent britannique, ou encore l’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs ! Bonjour l'impartialité ! Tiens, au fait, il vient de rejoindre le clan des Macroniens...

Bure, késako ? Il s’agit de créer un centre de stockage des déchets atomiques résultant de l’activité des centrales électronucléaires. Pour ce faire, l’ANDRA (l’organisme en charge de cette réalisation) doit creuser dans le sous-sol argileux de Bure (petite localité de Lorraine) des puits d’accès, des galeries de circulation et des loges où seront entreposés pour des millénaires et des millénaires des conteneurs d’acier emplis des déchets nucléaires vitrifiés. A charge pour l’Andra de faire en sorte que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire que – si l’avancement de la science le permet dans l’avenir – ces colis soient récupérables ! Ce qui n’est pas évident comme l’a montré un incendie dans une installation similaire aux États-Unis…

Bure, 93 habitants… C'est dans ce petit village de l'Est que l’État envisage de créer cette poubelle nucléaire. Poubelle où seront stockés – si le projet voit le jour - jusqu’à 80 000 m3 de déchets radioactifs ayant une durée de vie estimée entre quelques milliers d’années et plusieurs centaines de milliers d’années. Ces "colis" seront enfouis dans des couches d’argile, à 500 mètres sous terre, pendant au moins 120 ans. S'ils ne représenteront que 0,2 % du volume des déchets nucléaires produits, ils concentreront 98 % de la radioactivité émise par ces résidus.

Rien d'équivalent n'existe dans le monde. En Allemagne, ça vire au désastre. Aux États-Unis, c'est pareil avec les déboires à Yucca Mountains.

Au fait, ces déchets, où sont-ils actuellement ? Les plus radioactifs d'entre eux se trouvent à La Hague, Marcoule et Cadarache. Dans de simples bidons métalliques…

 

Sources :

http://www.humanite.fr/nucleaire-les-opposants-au-projet-cigeo-deboute-devant-la-justice-633875

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Le-stockage-des-dechets-radioactifs-en-Allemagne-vire-au-desastre-_NG_-2010-02-08-546433

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energie-nucleaire/isr-rse/etats-unis-ou-stocker-les-dechets-nucleaires-a-haute-valeur-radioactive-142919.html

 

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25/01/2017

Marchandages nucléaires : « Tu fermes Fessenheim ou je te plombe l’EPR ! »

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Comme d’habitude, la magouille a prévalu concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. EDF et l’État ont marchandé comme des margoulins : c’est Fessenheim contre l’EPR de Flamanville.

On se souvient que la fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin) était une promesse du candidat François Hollande, qui argumentait ainsi : « Fessenheim est la plus ancienne centrale, elle était prévue normalement pour trente ans et aura quarante ans d’âge en 2017. De plus elle est proche d’une zone sismique, ce qui est quand même un risque. » Il oublie de dire qu’il se fait pousser au cul par les voisins allemands et suisses qui tremblent devant les risques que leur font prendre les Français, et donc gueulent en conséquence !

La chose était cause d’une embrouille au niveau gouvernemental entre Ségolène Royal qui voulait fermer Fessenheim et Manuel Vals qui ne voulait pas. Cazeneuve a tranché. Et donc le conseil d’administration d’EDF a approuvé le mardi 24 janvier le protocole d’indemnisation du groupe par l’État français pour la fermeture anticipée de la centrale. Les employés et les élus locaux doivent l’avoir en travers… Qu'ils se rassurent, la bête bougera encore longtemps.

Mais derrière cette saine décision il y a des tractations de marchands de tapis : c’est Fessenheim contre Flamanville ! En effet, le décret de création de l’EPR de Flamanville donne 10 ans à EDF pour finaliser la construction du réacteur. Et cette autorisation arrive à échéance en avril prochain. Or les nombreux problèmes de réalisation de ce monstre font que, de retard en retard, il n’entrera en service, au mieux, que fin 2018.

EDF dit avoir envoyé en temps utile – le 11 octobre 2015 – une lettre au ministre en charge de l’énergie (Ségolène Royal) demandant une prolongation de cette autorisation de 18 à 20 mois. C'est une procédure qui s’est déjà faite, notamment pour les réacteurs de Civaux (Vienne) et de Chooz (Ardennes).

EDF mettait donc comme condition à l’arrêt de Fessenheim la prolongation de l’autorisation de l’EPR. Mais ce n’est pas tout. EDF a également obtenu l’assurance de pouvoir redémarrer le réacteur n° 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), à l’arrêt depuis mai 2015 alors que la loi de transition énergétique prévoit qu’un réacteur à l’arrêt depuis plus de deux ans devrait être considéré comme en arrêt "définitif". « La ministre chargée de l’Énergie donnera suite positivement aux demandes que le conseil d’administration vient d’exprimer », a indiqué Ségolène Royal. Autrement dit, elle accepte la combine d'EDF. On peut toujours s’arranger pour qu’une promesse électorale, au moins une, soit tenue ! Encore que...

Encore que l’article L.593-13 du code de l’environnement dit que si une installation nucléaire de base (INB) n’est pas mise en service dans le délai fixé par son autorisation de création, « il peut être mis fin à l’autorisation de l’installation, après avis de l’ASN ». Et l’avis de l’ASN n’est pas obligatoirement celui que voudrait EDF…

Si la demande de modification du décret déposée par EDF constitue une modification notable, EDF devra compter avec une nouvelle procédure d’autorisation comprenant la réalisation d’une enquête publique. C’est donc au gouvernement qu’il reviendra de décider si la demande de prolongation constitue une modification notable ou non.

Corinne Lepage l’avocate spécialiste du droit de l’environnement, explique que « les faits, comme la législation, ont évolué depuis 2007, ne serait-ce qu’à cause de la catastrophe de Fukushima et des défauts à répétition de l’EPR, ce qui impose de refaire un dossier et de le soumettre aux citoyens ».

Ce décret devrait être pris un mois avant la présidentielle. Est-ce que ce sera le cas ? Car cette demande de prolongation d’autorisation sera vraisemblablement attaquée devant le Conseil d'État et fera probablement l’objet d’une QPR (question prioritaire de constitutionnalité). Tout ça prend du temps. Quel sera alors le gouvernement qui aura à trancher ?

« Ouate Inde Scie ». On verra bien.


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28/12/2016

Centrales nucléaires vieillardes : elles redémarrent… avec un déambulateur !

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Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) s’entretenait ce mercredi matin avec une journaliste de France Inter. Il s’agissait de faire le point sur l’état des réacteurs du parc générateur d’électricité nucléaire du pays. Avec en arrière-plan le risque de manque d’électricité pour les périodes critiques cet hiver...

Rappelons que 21 réacteurs sur les 58 que comporte le parc ont été récemment mis à l’arrêt Sur ces 21 réacteurs, 15 ont été en maintenance technique « planifiée », donc normale, 7 ont dû subir des tests sur leurs générateurs de vapeur, potentiellement défectueux. Suite à la détection d’anomalies sur ces générateurs de vapeur, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a imposé à EDF des inspections poussées sur 18 réacteurs présentant des risques sur des équipements sous pression (cuves, générateurs de vapeur et tuyauteries du circuit primaire principal) ainsi que sur des emballages de transport de substances radioactives.

À l’heure actuelle, selon l’ASN, décisionnaire en la matière, sept réacteurs parmi les huit actuellement à l’arrêt pour des contrôles sur leurs générateurs de vapeur pourront redémarrer d’ici la fin du mois de décembre. Un générateur de vapeur est un échangeur thermique qui permet de refroidir le circuit primaire qui est porté à haute température (320 °C) dans le cœur du réacteur. Le fond primaire est un composant en acier qui a la forme d’une portion de sphère située à la base du générateur de vapeur. Il permet de confiner l’eau du circuit primaire. C’est une pièce essentielle, impossible à changer une fois le réacteur en service.

À la demande de l’ASN, EDF a lancé en 2015 des analyses pour recenser les équipements de ses réacteurs en exploitation qui pourraient être affectés par une anomalie de la concentration en carbone de leur acier. Ces analyses ont conclu que les fonds primaires de certains générateurs de vapeur sont concernés par cette anomalie. Celle-ci peut conduire à des propriétés mécaniques de l’acier plus faibles qu’attendu, et remettre en cause la sûreté des réacteurs, qui repose sur l’exclusion de la rupture de ces composants.

EDF a transmis à l’ASN, par courriers des 7 octobre et 15 novembre 2016, un dossier générique destiné à justifier l’aptitude au service des fonds primaires de générateur de vapeur. Ces pièces essentielles ont été fabriquées non pas en France, mais au Japon, par l’entreprise JCFC (Japan Casting & Forging Corporation). Elles équipent des réacteurs de 900 MWe. Il a fait l’objet d’une instruction par l’ASN et l’IRSN, qui ont vérifié que les hypothèses et la méthode utilisées sont acceptables. Les hypothèses du dossier d’EDF devront toutefois être confirmées par un programme d’essais sur des pièces sacrificielles représentatives.

À la suite de cette instruction, l’ASN a formulé des demandes à EDF portant sur des contrôles complémentaires à réaliser, des mesures compensatoires d’exploitation à mettre en place ou renforcer et des compléments d’essais ou d’études à apporter à moyen terme. Chaque redémarrage de réacteur reste par ailleurs soumis à l’accord de l’ASN au vu d’un dossier spécifique.

L’ASN a rendu public le 7 avril 2015 une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. La détection de cette anomalie a conduit l’ASN à demander à Areva NP et EDF de tirer l’ensemble du retour d’expérience de cet évènement. Trois processus sont en cours :

- la recherche, sur d’autres composants des réacteurs d’EDF, d’anomalies techniques similaires à celle détectée sur la cuve de l’EPR de Flamanville. Cette recherche a conduit EDF à identifier des anomalies similaires sur les fonds primaires de certains générateurs de vapeur ;

- des revues de la qualité de la fabrication des pièces dans les usines de fabrication d’Areva NP qui ont permis à Areva NP de détecter des irrégularités dans les dossiers de fabrication de Creusot Forge ;

- le lancement de réflexions sur la surveillance réalisée par les exploitants d’installations nucléaires de base sur leurs prestataires et sous-traitants, le contrôle effectué par l’ASN et les mécanismes d’alerte.

Le patron de l’ASN a donné aussi une information qui va rendre caduque une promesse de plus du président Hollande, celle d’arrêter la centrale doyenne du parc français, celle de Fessenheim. Celle-ci a reçu le feu vert de l’ASN pour fonctionner… encore dix années ! Tremblez, Alsaciens, Allemands et autres voisins de cette vieillerie…

Et la France continue de s’enferrer dans cette industrie du passé. Il faudra entre 50 et 60 milliards d’euros pour permettre aux réacteurs français de rempiler pour 10 ans. Comment peut-on être aussi ringard ?

Pendant ce temps, l’industrie, la recherche, la technologie allemandes ont œuvré, et de belle manière. Ils sont très avancés en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation.

Pendant ce temps, nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique des centrales existantes. Et menacé d’arrêt avant même sa mise en route… Pendant ce temps, nous imposons à nos voisins Allemands, Belges, Luxembourgeois, Suisses le danger d’une centrale de Fessenheim à bout de souffle.

De plus, l’arrêt de toutes les centrales allemandes en implique le démantèlement. Opération particulièrement délicate (les Français n’ont pas encore réussi, depuis vingt ans, à démanteler leur petite et vieille centrale de Brennilis !) et pour laquelle les Allemands vont acquérir – on peut leur faire confiance - une maîtrise, un savoir-faire et donc des marchés mondiaux juteux qui auraient dû, logiquement, nous revenir, nous qui sommes les champions mondiaux des technologies nucléaires ! Cocus et battus les Français…

Enfin, l’avance allemande en matière d’énergies renouvelables et d’économie d’énergie va se transformer en suprématie. L’Allemagne aura un train économique d’avance sur la France et caracolera à la tête de l’Europe.

Il faudra s’en rappeler au printemps prochain, dans l’isoloir : pas de bulletin pour les candidats ne mettant pas explicitement dans leur programme la sortie programmée et définie dans un temps raisonnable (20 ans) non pas seulement du « tout nucléaire » mais DU NUCLEAIRE.

 

Source: https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Situation-des-gene...


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20/10/2016

NUCLÉAIRE fatigué. Populations en DANGER.

fukushima gosses sacrifiés.jpg

Le fiasco de l'industrie nucléaire française n'est – hélas – plus à démontrer : il s'étale et risque cet hiver de nous faire claquer des dents. En priant Hadès, le dieu des enfers, de nous éviter une catastrophe genre Tchernobyl ou Fukushima, car un décret en cours d'élaboration mettrait les populations non seulement en grand danger, mais sans recours vis-à-vis de l’État.

L'ASN (autorité de sûreté nucléaire) a fermement demander à EDF d'arrêter cinq nouveaux réacteurs présentant des risques (Fessenheim 1, Tricastin 2 et 4, Gravelines 4 et Civaux 1). Avec ces nouveaux arrêts, le nombre de réacteurs stoppés s’élèvent à 21 (sur un total de 58) Ils sont arrêtés pour une maintenance ordinaire (10), des incidents (4) ou une vérification des générateurs de vapeur (7).

La production mensuelle nucléaire a atteint un point bas depuis 18 ans en septembre. Elle s’est limitée à 26,6 TWh, soit seulement 72 % de son potentiel. Avec la prédominance - « conseillée » pendant des décennies par EDF - du chauffage électrique, la demande d'électricité pourrait dépasser les possibilités de production en période de grands froids.

Voilà pour le côté pratique, quotidien de nos rapports avec le nucléaire. Qu'on soit pour, qu'on soit contre, il fait partie de notre environnement, de notre vie. Il faut donc faire avec, tout en luttant pour une autre politique énergétique.

Mais à côté de ça, il y a une terrible arnaque qui se prépare, un mépris ahurissant des populations de la part des décideurs politiques, sous l'influence du lobby du nucléaire. Il s'agit de la modification des normes concernant les doses de radiations « acceptables » par les populations en cas d'accident genre Tchernobyl ou Fukushima. Il s'agit en fait de transposer dans le droit français la directive européenne 2013/59/ Euratom. Cette circulaire européenne est relative à la protection des populations contre les expositions aux radiations. Elle intégrera le droit français par décret en janvier 2017. Mais elle modifie gravement le code de la santé publique.

Ce texte abscon, vous pouvez le lire ici:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Projet_de_decret_BSS_secu_sources_pour_consultations.pdf .

Il est difficilement accessible au pékin vulgaris. Pour nous éclairer, voyons donc ce qu'en pense la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la radioactivité), cet organisme indépendant qui donne des boutons à tous les nucléocrates:

 

CRIIRAD Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la radioactivité

29 cours Manuel de Falla / 26000 Valence - FRANCE -Tel. 33 (0)4 75 41 82 50

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Du mardi 27 septembre 2016 (version actualisée le 3/10/2016)

RÉVISION DES NORMES APPLICABLES en cas d’accident ou d’attentat sur une installation nucléaire.

La France choisit les niveaux de risque les plus élevés possibles pour la gestion des urgences radiologiques et de leurs conséquences.

La France est en train de transposer en droit national les dispositions de la directive 2013/59/Euratom.

Pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles, la directive européenne demande aux États de fixer des niveaux de référence.

Il s’agit de déterminer quel niveau d'exposition aux rayonnements ionisants sera pris en référence pour décider de la nécessité d'engager (ou pas) telle ou telle action pour protéger la population.

Par exemple, à partir de quel niveau de risque, les habitants des zones contaminées pourront espérer être indemnisés et relogés dans un environnement sain? Et donc, en deçà de quelle valeur seront-ils condamnés à vivre en zone contaminée... ou à partir en abandonnant tous leurs biens et sans bénéficier d’aucune aide?

Ces niveaux de référence sont exprimés en milliSieverts (dose efficace) et doivent être choisis dans les intervalles définis par la directive sur la base des recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR): entre 20 mSv et 100 mSv maximum pour la phase d’urgence(qui peut durer typiquement de quelques jours à quelques mois); entre 1 mSv/an et 20 mSv/an maximum pour la phase post-accidentelle (qui commence à la fin de la phase d’urgence et peut persister sur des dizaines ou des centaines d’années, voire indéfiniment à l’échelle humaine).

Pour chacune de ces phases, les autorités françaises ont retenu la borne supérieure de l’intervalle: 100 mSv pour la phase d’urgence et 20 mSv pour les 12 mois suivants (et pour les années suivantes rien ne garantit que ce niveau de référence ne sera pas reconduit).

Ces valeurs s’appliquent à tous, y compris les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes!

Rappelons qu’en situation normale, la limite maximale de dose applicable au public est de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé: si 66 millions de Français recevaient une dose de 1 mSv, cette exposition provoquerait en effet, à terme, plus de 11000 cas de cancer (sur la base du facteur de risque de la CIPR) et probablement plus de 22000 cancers radio-induits (sur la base du facteur de risque non pondéré de la CIPR), sans compter toutes les pathologies non cancéreuses, les malformations et les maladies génétiques.

Si l’on multiplie ces chiffres par 20 ou par 100, les niveaux de risque retenus par les autorités donnent le vertige.

Et il faut ajouter que ces valeurs ne sont pas des limites de dose, c’est-à-dire des valeurs à ne pas dépasser, mais de simples références de dose, beaucoup moins contraignantes: une partie de la population pourra être exposée à des doses supérieures sans que cela constitue une infraction.

La C.I.P.R. applique au coefficient de risque issu du suivi des survivants des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki un facteur de pondération de 0,5 censé tenir compte d’une moindre efficacité des faibles doses et faibles débits de dose. Ce choix manquait déjà de base scientifique probante quand il a été introduit par la CIPR et semblait plutôt destiné à atténuer l’impact de la révision à la hausse du facteur de risque pour les responsables d’activités nucléaires. Il est aujourd’hui remis en cause par plusieurs études épidémiologiques de référence portant sur des cohortes exposées à de faibles doses et faibles débits de dose qui concluent à un facteur de risque comparable (voire supérieur) au facteur de risque non pondéré de l’étude des survivants des bombardements.

À noter que l’impact réel dépendra de nombreux facteurs, des voies d’exposition, de la nature des radionucléides, des caractéristiques de la population, etc.

Protéger l’industrie nucléaire plutôt que la population

Plus les niveaux de références sont élevés et plus s’allègent les dépenses liées aux mesures de protection des personnes et à l'indemnisation des dommages.

Le choix des autorités est tout à fait cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d'un accident nucléaire majeur.

Rappelons en effet que l’industrie nucléaire est dispensée de l'application du principe pollueur-payeur: pour l’essentiel, les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe seront supportées par ses victimes. La décision de fixer des niveaux de référence aussi élevés n'arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d'efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français,via son cheval de Troie, le CEPN. L'idée clef est de convaincre les populations qu’elles peuvent très bien vivre en zone contaminée: il suffit de les équiper de radiamètres et de dosimètres, de leur apprendre à contrôler leur environnement et leurs aliments, à gérer jour après jour leur exposition à la radioactivité.

Le programme Ethos a d’abord été testé dans les territoires biélorusses contaminés par Tchernobyl où les responsables se sont efforcés de gommer la question centrale de la dégradation de leur état de santé. Il a ensuite été intégré aux recommandations de la CIPR, puis mis en œuvre depuis dans les zones contaminées par les retombées de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Plutôt que de proposer des indemnisations permettant de commencer une nouvelle vie dans un environnement sain, on enjoint aux victimes d’être résiliantes et de s’adapter à la nouvelle réalité: celle d’un environnement contaminé.

C’est évidemment tout bénéfice pour l’industrie nucléaire. Les accidents nucléaires majeurs ne sont plus des catastrophes mais des aléas gérables.

Consultation publique sur le projet de décret

Après avoir sévi dans les pays frappés par un accident nucléaire majeur, le programme « préserver l’industrie nucléaire et faire payer aux victimes le prix de la catastrophe nucléaire », revient aujourd’hui dans le pays qui l’a conçu. Il est sur le point de s’inscrire dans la réglementation française.

Le décret est rédigé mais pas encore adopté: il fait l’objet d’une consultation en ligne sur le site du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer.

Les citoyens doivent saisir cette occasion pour défendre leurs droits, leur santé et celle de leurs enfants.

Compte tenu de la localisation et de l’âge des réacteurs, la probabilité qu’un accident ou un attentat affecte une installation nucléaire implantée en Europe est en effet élevée.


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03/08/2016

NUCLEAIRE. Projet CIGEO : c'est mal barré à Bure !

NUCLÉAIRE :

INACTIFS AUJOURD'HUI

RADIOACTIFS DEMAIN !

 

 

Pfft ! Pas facile de faire des trous pour planquer sa merde, qu’il doit se dire le patron de l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). En effet, en date du 1er aout, le Tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a ordonné à L’Andra non seulement de stopper les travaux de défrichements entamés sur les lieux du projet, mais encore de remettre les lieux, en l’occurrence un bois) dans son état primitif sous peine de contrainte. En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Ils se battent les gens de l’Est ! Et ils ont bon espoir d’arrêter cette horreur que serait CIGEO, le site conçu par les têtes d’œuf nucléocrates pour planquer sous le tapis toutes les saloperies issues de l’industrie nucléaire.

Les nucléocrates n’ont pas choisi le site de Bure sur le critère technique de sa structure géologique, ce qui aurait été au moins scientifiquement honnête, mais sur un critère « d’acceptabilité par la population » ! Une population, ou plutôt des élus, des collectivités locales achetées à grands coups de subventions.

En d’autres temps, il a été question d’implanter cette poubelle nucléaire près de chez moi, à Marcoule, sur les rives du Rhône, dans le Gard. Choix géologiquement aberrant mais population déjà bien conditionnée. Je suis fier d’avoir – bien modestement – un peu contribué à ouvrir les yeux des populations locales anesthésiées par des décennies de « culture nucléaire ». Ceci en alertant une puissance locale, celle des vignerons des Côtes-du-Rhône à ma manière, celle des mots :

 

Plutonium, Plutôt nie Homme, Plus tôt gnome…

 

Voilà des décennies qu’est tombé le Malheur

Dont le souffle puant se nourrit de nos pleurs,

Son nom d’alors était " Énergie nucléaire ".

Sous son masque civil, elle était militaire.

Ce qu’On nous promettait, c’est l’Électricité

Qui moderniserait les bourgs et les cités

Alanguies au soleil parmi la farigoule,

À deux pas de Bagnols, sous la Dent de Marcoule.

Derrière elle pourtant se camouflait La Bombe

Effroyable Moloch, pourvoyeuse de tombes.

Les servants de l’atome jouaient à pleines orgues

Le grand air du Progrès, sûrs d’eux et plein de morgue,

Promettant aux crédules des villes et des champs

Opulence, bonheur et futur alléchant.

Leurs machines de fer éventrant nos garrigues,

Ils ont détruit nos vins, nos olives, nos figues.

Des terres étripées, des collines rasées,

Bientôt surgit l’Usine par l’État imposée

Elle jeta aux Veaux du foin et du travail,

Endormit leur bon sens, puis en fit des cobayes.

Nul ne se rebellait, car tous étaient repus,

Nul ne réfléchissait grâce à l’argent qui pue.

On déversa sur eux un prodigieux pactole,

Avec quoi ils bâtirent des routes, des écoles

Dans toute la vallée, des chantiers s’élevaient

Le béton, la ferraille et le goudron pleuvaient.

Alors les Marcoulins, insidieusement

En confortant les Veaux dans leur aveuglement,

Mirent à leur profit la voie électorale,

Pour investir partout la chose communale.

Bientôt dans chaque bourg et dans chaque famille

Des hommes et des femmes, en franchissant les grilles

De l’Usine de Mort pour gagner leur pitance

Laissèrent au vestiaire bon sens et conscience.

Quand la population perdit tout sens critique

On appela cela « la culture atomique ! »

Culture de mensonge, de dissimulation,

D’achat des consciences, d’actions sans précautions.

On fit G1, G2, G3 On fit Phénix,

Merveille cocardière au pays d’Astérix

Qui devait nous donner enfin l’indépendance

Énergétique et donc la Grandeur, la Puissance.

On fabriqua surtout beaucoup de Plutonium

Ce produit de l’Enfer, disons plutôt "Nie Hommes",

On fit de l’Uranium et autres noms en Ium

Des jouets pour savants atteints de delirium.

On en trouve partout, depuis les eaux du Rhône

Jusque dans les produits de l’ardeur vigneronne.

Mais le peuple s’en fout, endormi par le fric

Que dégueule à foison la mafia atomique…

« Pourquoi donc se gêner se dit-on en haut lieu

Personne ne dit rien, utilisons au mieux

Le site de Marcoule ! » Et donc ainsi fut fait.

Il y eut çà et là quelques cris étouffés

Faisant se goberger les sinistres canailles

Partisans des folies dites : "Rapport Bataille "

Un texte projetant d’implanter sous nos terres

Une terrifiante Poubelle Nucléaire.

On vit venir l’ANDRA, experte ès mensonges

- Questionnez à La Hague ceux que le cancer ronge -

Comme il ne fallait pas effrayer le gogo

La terrible Poubelle fut baptisée "Labo"…

Bien sûr, ça fait moins peur, ça fait même coquet :

Quelques laborantines, pourquoi pas des bouquets !

Mais en fait, dans l’esprit des sinistres guignols,

Il s’agit d’enfouir au tréfonds de nos sols

Les déchets nucléaires les plus radioactifs,

Le danger absolu, sans fin, définitif,

Valant danger de mort pour tous nos descendants

Non pas pour cent années, mais pour trois cent mille ans !

En attendant d’avoir les autorisations

La mafia nucléaire conforte ses positions :

Elle installe Mélox : du plutonium par tonnes,

Elle fond du métal pollué par l’atome

Et brûle des déchets toujours radioactifs

Qui, partis en fumée, retombent sur nos pifs

Ainsi que sur les vignes de la Côtes-du-Rhône…

Vignerons, en étant aujourd’hui inactifs

Qui donc boira demain vos vins radioactifs ?

Quelques vieux cancéreux tracassés des neurones ?

Honte sur ces élus à l’épais crâne obtus

Engraissés aux dépens de leur pays vendu,

Salauds aux fronts de bœufs vautrés dans un argent

Gagné sur le malheur et sur la mort des gens.

Parents, quand vos enfants, crevant de leucémie

Verront bien que vous êtes leur pire ennemi

L’œil de Caïn, sur vous, sortant de leurs yeux morts

Fera de votre vie un enfer de remords.

 

VictorAyoli

 

 

 

28/07/2016

L’électricité sans le nucléaire ? C’est possible et… moins cher !

centrale nucléaire paz cher par olivero.jpg

Savez-vous que la France pourrait tirer, dès 2050, la totalité de ses besoins en électricité des énergies renouvelables ? Donc SANS NUCLÉAIRE ! Ben oui, c’est faisable.

Un rapport très précis de l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), sortie non sans difficulté au printemps dernier grâce à la pugnacité de Médiapart le démontre.

Ce rapport de 119 pages, fruit de 14 mois de travail et très argumenté explique que rien n’empêche qu’en France 100 % de l’électricité provienne de sources renouvelables en 2050. Il vèle aussi que ce scénario ne coûterait guère plus aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 %, seuil fixé par François Hollande pour 2025. Il révèle également, calculs détaillés à l’appui, que ce scénario ne coûterait pas beaucoup plus cher aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 % de la production électrique, seuil fixé par François Hollande pour 2025.

Un mix électrique 100 % renouvelable est atteignable « à coût maîtrisé » calculé à 119 euros par Mégawatt/heure (MW/h). A rapprocher du coût actuel de 91 euros le MW/h. Mais ce prix, basé sur une production presque essentiellement nucléaire, est très largement sous-évalué puisqu’il ne tient pas compte des coûts faramineux du stockage des déchets nucléaires et de celui, abyssal, du démantèlement des centrales nucléaires que tant EDF qu’AREVA sont par ailleurs incapables de faire… Mais la gigantesque imposture du nucléaire « pas cher » continue à faire des ravages.

Qu’y a-t-il dans ce mix de production électrique renouvelable ? De l’éolien terrestre et marin, de l’hydraulique, du photovoltaïque, de la géothermie, de la cogénération au bois, de la méthanisation des ordures ménagères, des énergies marines (énergie des marées, des vagues, des courants), du solaire thermodynamique à concentration, des centrales hydroélectriques à réservoir.

Afin d’assurer l’adéquation à chaque instant entre la demande et la production, ce qui est une spécificité de l’énergie électrique, l’ADEME a également étudié les moyens de stockage, à court terme (batteries), à moyen terme (par les STEP, station de transfert d’énergie par pompage ), à long terme inter-saisonnier par les filières de méthanisation « power to gas » et ensuite « gas to power ».

On comprend qu’un tel rapport soit resté le plus confidentiel possible, tant il dérange les nucléocrates qui sévissent dans les milieux politiques décisionnaires…

Et pourtant…

et pourtant une évolution semble en route dans les sphères décisionnaires. Ségolène Royal, ministre entre autres de l’énergie, a présenté, mercredi 27 juillet de cette année 2016, un projet d’ordonnance concernant l’autoconsommation de l’électricité. Ce texte, approuvé par la Commission de régulation de l’énergie, prévoit que les particuliers et les entreprises consommant leur propre courant pourront bénéficier d’un tarif spécifique, plus avantageux, pour leur utilisation du réseau de distribution de l’électricité. Ce tarif sera arrêté par la Commission de régulation. De plus, la ministre va lancer dans les prochains jours un appel d’offres auprès des entreprises industrielles, agricoles et tertiaires intéressées par l’autoconsommation. L’État retiendrait alors entre 100 et 400 projets pour un volume de production total de 40 mégawatts. Ces projets seraient subventionnés. Ils concernent essentiellement, actuellement, les panneaux solaires des centres commerciaux et des installations agricoles et industrielles, les ombrières des parkings.

La pratique de produire et de consommer son électricité reste très marginale en France. 90 à 95 % de l’électricité auto-produite sont actuellement revendus à EDF, celle-ci étant obligée de l’acheter à des prix prohibitifs subventionnés par l’État payé à la sortie… par les contribuables. Mas les choses sont en train de changer puisque le coût des installations photovoltaïques a chuté et qu’elles deviennent plus fiables, et que d’autre part le tarif de rachat de l’électricité auto-produite ne cesse lui aussi de baisser. Il va donc être plus rentable de consommer l’électricité que l’on produit que de la vendre à EDF ou aux compagnies concurrentes.

On est ainsi en train d’évoluer vers une production et une consommation d’électricité décentralisées. Ce qui – excellente nouvelle – pourrait enfin sonner le glas du tout nucléaire, à la fois ruineux et tellement dangereux.

 

Illustration: Merci à Olivero

26/04/2016

Les images sans fards de l'industrie nucléaire

 

 

 

Tchernobyl 30 ans

Nul besoin de commentaires

 

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 58 Tchernobyl potentiels en France dans 19 sites

 

 

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31/03/2016

Terrorisme. Le spectre glaçant de la « bombe sale ».

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« Bombe sale ». Comme s'il pouvait y avoir des bombes propres… Une bombe, c'est une machine à tuer, à déchiqueter des chairs, à bruler de la viande humaine, à semer la mort et la terreur. Lorsque cette bombe est « atomique », c'est l'apocalypse. Demandez aux survivants Hiroshima et de Nagasaki. Mais une « bombe sale », c'est quoi ?

La « bombe sale « (également appelée bombe radiologique) est une bombe conventionnelle, entourée de matériaux radioactifs destinés à être répandus en poussière lors de l'explosion. Cette explosion a donc l'intensité thermique et mécanique d'une bombe conventionnelle, mais dissémine autour d'elle des éléments radioactifs qui auront des effets à long terme. Le but principal n'est donc pas de détruire, mais de contaminer une zone géographique et les personnes présentes sur cette zone par des radiations directes (premier effet) et l'ingestion et l'inhalation de matériaux radioactifs. Bombe sale désigne principalement la bombe radiologique, mais elle désigne également tout engin détonant disséminant un ou plusieurs produits chimiquement ou biologiquement toxiques (NRBC pour nucléaire, radiologique, biologique ou chimique). Ces diverses armes, réalisables sans une importante infrastructure industrielle, sont génériquement dénommées Engin explosif improvisé (EEI).

Voilà, on y voit plus clair, si l'on peut dire. Eh bien cette « bombe sale » est au centre des préoccupations de la cinquantaine de chefs d’États réunis à Washington à l'invitation de M.Obama pour discuter de la sûreté nucléaire. Le président Obama accueille donc une cinquantaine de dignitaires étrangers, parmi lesquels ses homologues français, François Hollande, chinois, Xi Jinping, sud-coréenne, Park Geun-Hye, turc, Recep Tayyip Erdogan, ukrainien, Petro Porochenko, ainsi que les premiers ministres japonais, Shinzo Abe, et indien, Narendra Modi. E n revanche, le président russe, Vladimir Poutine, à la tête d’une puissance militaire nucléaire majeure, et les dirigeants d’Iran et de Corée du Nord, aux programmes nucléaires controversés, seront absents.

Au centre des préoccupations, la possible fabrication par l’État Islamiste ou Al Qaeda d'engins de cette sorte suite aux informations qui ont filtrées après les attentats de Bruxelles étayées par la découverte de la surveillance video d'un expert nucléaire belge par deux kamikazes, les frères Bakraoui.

La possibilité que des matériaux nucléaires soient employés par des organisations terroristes n'est pas irréaliste.

Si très peu d’experts pensent que le groupe terroriste E.I. puisse un jour se doter d’une vraie bombe atomique, beaucoup craignent qu’il ne s’empare d’uranium ou de plutonium pour tenter d’assembler une bombe sale. Un tel engin ne provoquerait pas d’explosion nucléaire, mais la diffusion de radioactivité aurait de terribles conséquences sanitaires, psychologiques et économiques.

D’après des données de l’AIEA, quelque 2800 incidents relatifs à des trafics, possessions illégales ou pertes de matériaux nucléaires ont été répertoriés dans le monde ces 20 dernières années. Et selon des experts américains en non-prolifération, le stock mondial d’uranium hautement enrichi s’élevait à la fin de 2014 à 1370 tonnes ! Ainsi chez nous, à Cadarache, 39 kilos de plutonium ont été « oubliés »...

Faisons un peu de fiction. Effervescence à la préfecture de police de Paris : un courriel signé de l’État Islamiste vient d'arriver prévenant que plusieurs « bombes sales » étaient placées quelques parts dans Paris. Pour donner plus de poids à leur menace, les terroristes donnent les coordonnées GPS d'une localisation en pleine campagne où une de ces bombes va exploser trois minutes après réception du courriel... Les terroristes donnent 24 heures au gouvernement pour obéir à leurs exigences exorbitantes : libération de tous les « prisonniers politiques musulmans », arrêt des frappes aériennes en Syrie, évacuation des forces françaises des théâtres d'opération d'Afrique, paiement d'un « dédommagement » de plusieurs milliards d'euros, etc. Faute de quoi ces bombes exploseraient, répandant leur miasmes radioactifs et rendant les lieux atteints inhabitables pour des années voire des décennies. Imaginez le cauchemar résultant de ce chantage à la « bombe sale »…

Puisqu'ils sont réunis entre eux, les grosses têtes du monde devraient en profiter pour mettre au ban des nations non seulement ces « bombes sales », mais également ces autres saloperies que sont les munitions à uranium appauvri, largement utilisées par les armées des Etats-Unis lors de la première guerre du Golfe, la guerre d'Afghanistan, la guerre du Kosovo ainsi que lors des premières phases de la guerre d'Irak. Il s'agit essentiellement d'obus antichars. La densité très élevé de l'uranium donne à ces obus-flèches une force de pénétration permettant de transpercer les blindages ou les bunkers les plus épais. Avec pour effet secondaire de volatiliser et donc de répandre dans l'atmosphère autour de l'impact des quantité de particules radioactives empoisonnées. Dans les zones les plus touchées, il a été constaté une hausse spectaculaire des malformations ainsi que des cancers.

La saloperie en matière d'engins de mort est sans limite et est présente des deux côtés… Ce qui conforte l'adage d'Einstein : « Il y a deux approches possibles de l'infini : la bêtise humaine et l'expansion de l'univers. Encore que pour l'univers, je ne sois pas sûr... »



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22/03/2016

Comment les con-tribuables français vont payer l'électricité des Anglais !

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Ils se marrent les Rosbifs. Non pas d'avoir mis la pâtée à nos vaillants rugbymen, mais parce que – si le projet d'EPR d'Hinkley Point voit le jour – les contribuables français et les abonnés d'EDF français vont payer pour eux !



Eh ! Oh ! Ça va pas la tête ? Et pourtant si.



EDF, dans ses tractations en vue de construire deux réacteurs nucléaires type EPR en Angleterre, avait obtenu la garantie de l’État britannique sur la dette découlant du projet ainsi qu'une garantie de prix de l'électricité produit de 120 euros le Mwh (92 livres) sur 35 ans. Qui planifie sur 35 ans ? Qui dit que les successeurs de Cameron tiendront ces accords ?



Mais tout a été remis en cause avec la venue dans le projet de l'opérateur électricien chinois CGN prenant 33,5 % des patrs, EDF restant chef de file et donc responsable final avec 66,5 % des parts. Notons que les Britanniques restent totalement en dehors du capital, donc des responsabilités alors qu'ils seront les seuls bénéficiaires de l'opération ! Trop malin les Anglais. Ou plutôt trop kons les Français d'EDF.



Le prix affiché : 25 milliards d'euros. Mais l'expérience désastreuse des EPR de Flamanville et de Finlande permet de douter de ce chiffre, celui de Flamanville ayant été multiplié par plus de trois... De quoi foutre en l'air l'entreprise EDF déjà endettée au niveau de 37,4 milliards d'euros, dette qui risquerait alors de doubler. Intenable pour l'entreprise. Et qui paiera l'addition ? Nous la verrons planquée sur notre facture EDF tandis que des palanquées de salariés EDF connaîtront les joies de rencontrer Monsieur Paul Emploi ! Avec à la sortie le risque de démantèlement de ce qui fut l'un des plus beaux fleurons de notre industrie. Voilà où risque de mener l'entêtement criminel de la mafia des nucléocrates qui sévit tant à EDF qu'à Areva.



En plus, ces apprentis sorciers ont promis la mise en service du premier réacteur pour 2023. Totalement irréaliste si l'on considère les retards énormes pris tant par le réacteur de Flamanville que par celui de Finlande. À la sortie on peut donc s'attendre à des pénalités énormes à casquer par EDF, donc par nous ! On court au désastre. Aux fous !



Il faut dire qu'EDF gagne fièrement et régulièrement la cuillère de bois en ce qui touche aux aventures à l'export.

Parlons de la prise de contrôle de Britsh Energy, l'opérateur britannique. Cette entreprise, qui accumulait les pertes et doit payer le gouffre du démantèlement de ses centrales nucléaires obsolètes, a été racheté pour 15,8 milliards d'euros, bien au-dessus de sa valeur, par EDF .

Parlons d'Edison, en Italie, payée plus de 6 milliards d'euros et qui continue d’accumuler les pertes, comblées par EDF, donc par nos factures.

Parlons de Constellation aux États-Unis : 5 milliards d'euros jetés en pure perte pour prendre une participation dans un groupe qui va maintenant à la casse ! De quoi faire se bidonner le milliardaire yankees Warren Buffet, principal bénéficiaire de l'opération !



Bon. Mais enfin, le principal actionnaire d'EDF, c'est l’État, à 85 %. Et qu'est-ce qu'il en pense Monsieur l’État de ce foutoir ?



Ben, écoutons le ci-devant Macron, ministre de l'économie : « Ne pas construire le réacteur de Hinkley Point serait une erreur.  S’il faut mettre au pot pour que l’entreprise publique réalise l’EPR britannique de Hinkley Point, l’État français sera au rendez-vous. S’il fallait renoncer aux dividendes, l’État le ferait également.”



Emmanuel Macron justifie la décision du gouvernement en précisant : “On ne peut pas se dire pour l’énergie nucléaire et laisser échouer un projet comme Hinkley Point.”



Décidément, là où il y a des coups à prendre, EDF est toujours là ! Avec nos sous, c'est facile...

 

Sources:

lien 1

lien 2

 

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03/09/2015

Au bistro de la Toile : encore une cagade pour l'EPR de Flamanville !

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- T'as vu Victor, encore une cagade pour l'EPR de Flamanville !

 

- Ouais. J'ai vu. « Un nouveau report de la mise en service de l'EPR de Flamanville et une réévaluation de son coût final ». Cette aberration - un réacteur d'une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d'euros, il devrait (??!!) finalement coûter 10,5 milliards. En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera (??!!) finalement mis en service en 2018.

 

- Et plus si affinité !

 

- L'idéal serait d'abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu'irresponsable lobby des nucléocrates. Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc.. Ceci en partie à cause d'une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n'est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ». Le chantier emploie au maximum 4.000 personnes dont 3.200 salariés d’entreprises sous-traitantes d’EDF. 19 % de ces salariés sous-traitants sont employés par des entreprises étrangères, à plus de 80 % des Portugais. Quelques-uns y ont laissé leur peau... Rien n'est clair. Travail dissimulé, dissimulation d'accidents du travail, procès des sociétés Bouygues, Atlanco et Elco accusées d’avoir employé illégalement 460 ouvriers roumains et polonais, etc.

 

- Et en plus, voilà que la vieille centrale de Fessenheim, s'embronchant sur son déambulateur, tombe encore une fois en panne ! Le réacteur numéro un de la centrale s'est arrêté tout seul, sans cause définie. Un arrêt automatique. Encore heureux qu'il se soit arrêté ! Mais comme l'arrêt définitif de cette vieillerie est conditionnée – François dixit – à la mise en route de l'EPR de Flamanville, la vieille a encore un redoutable avenir...

 

- Ne serait-il pas temps d'arrêter les frais ? Et d'avoir le courage d'abandonner cette filière ? L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville.

Où qu'on le construise, l'EPR sera dangereux. Il produit des déchets nucléaires qu'il faudra stocker durant des millions d'années. Pour chaque mégawatt d'électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d'une bombe d'Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3200 bombes d'Hiroshima !

Partout où des hommes travaillent, les erreurs humaines sont possibles. L'EPR est gigantesque au lieu d'être sûr. L'organisation internationale des médecins pour la prévention d'une guerre atomique IPPNW dénonce la capacité de 1600 MW comme un abandon des normes de sécurité. C'est pour éviter une explosion des prix de l'électricité que EDF et Areva privilégient le gigantisme au détriment de la sécurité.

Les systèmes de sécurité passifs de l'EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs qui peuvent s'arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l'EPR est le réservoir destiné, en cas d'accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d'une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d'explosion de vapeur sont très élevés, et d'autre part, il faudrait recouvrir d'eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter... De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas !

Et pour l'EPR, des gens mourront dans les mines d'extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d'enrichissement d'uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l'EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l'exportation, l'EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L'EPR n'est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l'Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

L'industrie nucléaire est tournée vers le passé alors qu'une vraie préparation de l'avenir exige le développement des alternatives.

Sais-tu aussi qu'une pénurie d'uranium dans moins de dix ans précédera le déclin de la production d'uranium qui interviendra vers 2025.

 

- Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

 

- Bonne question Loulle. Ne serait-il pas temps, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d'arrêter les frais en ayant le courage d'abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu'est la « transition énergétique » ?

 

- Allez, à la nôtre tout de même !

 

 

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Illustrations : merci à Chimulus et à Red

 

 

10/07/2015

Coup de force: l’autorisation de la poubelle nucléaire de Bure cachée dans la Loi Macron !

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Ce gouvernement est sans vergogne : il vient de glisser sournoisement, dans la très droitière Loi Macron, un amendement présenté avec l’assentiment de l’Élysée et défendu à l’Assemblée par le ci-devant Brottes François, président PS de la commission spéciale, reprenant mot pour mot l’amendement du ci-devant Longuet, parlementaire de droite ayant parfois affaire à la justice. Objet de cet amendement : ouvrir la voie au projet « Cigeo », présenté par l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) d’enfouissement en sous-sol des déchets radioactifs sur le site de Bure, en Lorraine. Cette disposition avait déjà été glissée en décembre 2014, toujours à la sournoise, dans le projet de loi « pour la croissance et l’activité », mais retiré in extremis devant la levée de bouclier des Verts et des associations de lutte contre les projets nuisibles et récurrents des nucléocrates. Eh bien cet amendement a été adopté, comme toute la Loi Macron, avec ce déni de démocratie qu’est le « 49/3 », procédure totalitaire permettant à l’exécutif de s’assoir allègrement sur le législatif !

On va donc pouvoir enfin mettre en route ce camouflage des raclures de l’industrie nucléaire, déchets hautement dangereux, et pour des milliers d’années…

Rappelons ce qu’est ce « centre de stockage géologique des déchets radioactifs » à Bure. Il s’agit de créer un centre de stockage des déchets atomiques résultant de l’activité des centrales électronucléaires. Pour ce faire, l’ANDRA (l’organisme en charge de cette réalisation) doit creuser dans le sous-sol argileux de Bure (petite localité de Lorraine) des puits d’accès, des galeries de circulation et des loges où seront entreposés pour des millénaires et des millénaires des conteneurs d’acier emplis des déchets nucléaires vitrifiés. Á charge pour l’Andra de faire en sorte que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire que – si l’avancement de la science le permet dans l’avenir – ces colis soient récupérables ! Ce qui n’est pas évident comme l’a montré un incendie dans une installation similaire aux Etats-Unis…

Ce pilote industriel devrait permettre de tester sur le terrain, en vrai situation, l’ensemble des équipements, avec de faux colis d’abord puis avec de vrais colis radioactifs représentatifs de tout ce qui devra être stocké. Ces tests devront prouver la réversibilité du procédé en montrant que tous ces colis sont récupérables durant une centaine d’année ainsi que la qualité et la durée du scellement des alvéoles de stockage. L'Andra prévoit un démarrage lent, puis une montée en cadence jusqu'au 3.000 colis par an, la vitesse de croisière visée.

Suite aux luttes des opposants au projet, celui-ci a subi quelques évolutions :

- l’acheminement des colis se fera uniquement par voie ferrée (avec création d’une voie finale spécifique) ;

- le creusement des galeries se fera grâce à un tunnelier (technique éprouvée et meilleure maitrise des coûts) ;

- les alvéoles de stockage des colis radioactifs vitrifiés pourront atteindre cent mètres ;

- la descente de ces colis se fera par un système de funiculaire de façon à ce que les moteurs soient en surface donc toujours accessibles.

Ces évolutions sont positives, mais qu’en est-il de la mémoire à très long terme de ces sites ? Et que penser de la sureté du site à long terme, qui dépend uniquement des propriétés géologiques de la couche d’argile à 500 mètres de fond ? Ça, ce n’est pas le souci des nucléocrates… Les générations futures n’auront qu’à se démerder avec !

Au-delà des dangers de ce stockage, il convient de s’interroger sur la manière de faire passer cette décision engageant les générations à venir : en toute mauvaise foi, sournoisement, en glissant ce « cavalier » (disposition qui n’a rien à voir avec l’objectif de base du projet de loi, et donc inconstitutionnelle).

Dès lors, comment accorder quelque confiance que ce soit à un gouvernement qui non seulement renie avec une remarquable constance ses promesses électorales et donc trahit ses électeurs (dont je fus…), mais qui utilise des dispositifs autoritaires antidémocratiques (le recours au « 49/3) ?

Vivement un Syriza ou un Podemos français ! On peut toujours rêver…

 

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11/06/2015

L'EPR bientôt à la poubelle ?!

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Et une cagade de plus pour ce cher, ce très cher EPR ! Maintenant, ce sont les soupapes de sécurité qui déconnent. C'est vrai qu'on est habitué et donc ça ne choque plus personne. Mais ça donne encore plus de poids à LA question : on arrête là les dégâts où on continue les konneries ? Ouarf ! Les drogués aux neutrons doivent s’étrangler de rage !

 

Non mais, on croit rêver ! On cauchemarde plutôt ! Si nous, Français, arrêtons la construction de ce « machin » qu'est l'EPR, qui va nous en acheter ? Et ces belles centrales que fabriquent (mal!) Aréva et EDF, qu’est-ce qu’on va en faire ? A qui va-t-on les fourguer ? Aux Chinetoques ? Mouais… On leur en vend deux, ils les décortiquent et les refont à l’identique, en changeant seulement la couleur des rideaux. Et on l’a dans l’oigne. Comme Siemens pour ses TGV, comme EADS pour ses Airbus ! D’accord, on a vendu un EPR à la Finlande. Mais alors là, c’est la honte ! Des années de retard, des problèmes à n’en plus finir et un coût qui passe de 3 milliards d’euros à…9 milliards (pour le moment !), la différence étant par contrat à la charge des fabricants.

 

Les fabricants, en France, ce sont Aréva et EDF. Les « fleurons » de l’industrie nucléaire françouaise ! Fleurons ? Plutôt fanés… Aréva est en faillite. Ses choix en matière de recherche de sites uranifères se sont montrés hasardeux, voire scandaleux d'incompétence. Le retraitement des déchets ? Plus de contrats sauf ceux d’EDF imposés par l’Etat. Construction de centrale ? Voir l’EPR de Finlande. Un bide et un gouffre financier. Fabrication du combustible ? Les commandes ne se bousculent pas, d’autant plus que le fameux Mox (mélange d’uranium enrichi et de plutonium de récupération) a montré à Fukushima sa nocivité redoutable.

 

EDF est appelé à la rescousse. Ben voyons... EDF a la possibilité de pomper dans la poche des clients et, malgré ses dettes faramineuses et la plongée de son cours de bourse, s’en tirera toujours, c’est nous qui payons !

 

Moralité : la France fait dès à présent figure de dinosaure ringard en Europe avec son industrie du passé ! Nous gaspillons des montagnes de pognon à maintenir en place un parc de centrales nucléaires dépassées, vieilles, devenues très dangereuses comme l’a révélé Fukushima.  Nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique même pas amélioré des centrales existantes. Tout le pognon que notre pays jette dans le gouffre du nucléaire ne serait-il pas plus utile en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. ! Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation. C’est le choix qu’ont fait les Allemands depuis des années. Et nous nous essouffleront à leur courir après dans l’avenir à cause de la lâcheté de gouvernants inféodés au lobby des nucléocrates…

 

 Sauf que...le décret d’autorisation de l’EPR expire en avril 2017. Si le réacteur ne peut être mis en service à cette date, le gouvernement pourra annuler son cadre réglementaire ! Publié le 10 avril 2007, le décret n° 2007-534 prévoit en son article 3 que « le délai pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur est fixé à dix ans à compter de la publication du présent décret ». Soit le 11 avril 2017. Le problème, c’est qu’il semble fort improbable qu’à cette date le réacteur Flamanville-3 puisse être mis en service. Car il faut d’ici là que l’ASN autorise le chargement des combustibles, décision qui nécessite de nombreux essais. Après les problèmes de la cuve, les nouveaux déboires au niveau de ces installations essentielles que sont les soupapes de sûreté rendent cette décision plus qu'aléatoires. « Si l’EPR n’est pas mis en service en avril 2017 se pose la question du statut juridique de l’installation, écrit la commission parlementaire d’enquête sur les coûts du nucléaire, pilotée en 2014 par les députés François Brottes et Denis Baupin. Le gouvernement aurait la possibilité d’annuler le décret, obligeant EDF à reprendre la procédure. » Concrètement, l’EPR ne serait pas jeté à la poubelle comme un gigot ayant dépassé sa date de péremption, mais il entrerait dans une séquence juridique difficile... Avec – enfin – la possibilité juridique de fermer ce chantier dangereux et d'arrêter de creuser ce gouffre financier.

 

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29/04/2015

Planquée dans la Loi Macron : l’autorisation de la poubelle nucléaire de Bure !

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Le lobby des nucléocrates a encore frappé : ils ont convaincu les parlementaires de camoufler dans la Loi Macron (Loi Macron – Chapitre 3 – Industrie – article 72 : Procédure d’autorisation des centres de stockage en couche géologique profonde – CIGEO) l’autorisation de débuter une phase-pilote du projet d’enfouissement des déchets nucléaires sur le site Bure. Ceci impliquant l’autorisation de la création de l’ensemble du projet. Ça s’est passé la nuit de vendredi à samedi 18 avril, dans un hémicycle quasiment vide. Après plusieurs tentatives repoussées, le gouvernement a enfin réussi à faire adopter cette mesure, en se cachant, en le noyant dans la loi sur la "croissance", ce qui est en fait un moyen d’éviter un débat parlementaire sur le sujet. Bonjour la démocratie !

 

Le prétexte pour glisser cet amendement scélérat dans une loi sur la « croissance » est justifié part les Pinocchio de service par l’« impact significatif au niveau économique et en terme d’emplois » que doit représenter l’infrastructure, qui « contribue à la consolidation de la filière nucléaire, qui en assure le financement ». C’est écrit ainsi dans l’article 72… Il faut dire que la filière nucléaire française est en ruine : EPR foutu, avec triplement du prix, construction retoquée par l’autorité de sureté nucléaire, Areva au bord de la faillite avec des pertes abyssales dues à des choix aberrants… De plus, la première estimation du projet de Bure, d’environ 15 milliards d’euros, fait l’objet d’une « actualisation suite à l’approfondissement du travail technique » comme le reconnaît l’article 72. La Cour des Comptes jugeait elle de son côté, dès 2009, que le coût pourrait atteindre près de 35 milliards d’euros. Bonjour la fiabilité !

 

Bure, késako ? Il s’agit de créer un centre de stockage des déchets atomiques résultant de l’activité des centrales électronucléaires. Pour ce faire, l’ANDRA (l’organisme en charge de cette réalisation) doit creuser dans le sous-sol argileux de Bure (petite localité de Lorraine) des puits d’accès, des galeries de circulation et des loges où seront entreposés pour des millénaires et des millénaires des conteneurs d’acier emplis des déchets nucléaires vitrifiés. A charge pour l’Andra de faire en sorte que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire que – si l’avancement de la science le permet dans l’avenir – ces colis soient récupérables ! Ce qui n’est pas évident comme l’a montré un incendie dans une installation similaire aux États-Unis…

 

Ce pilote industriel devrait permettre de tester sur le terrain, en vrai situation, l’ensemble des équipements, avec de faux colis d’abord puis avec de vrais colis radioactifs représentatifs de tout ce qui devra être stocké. Ces tests devront prouver la réversibilité du procédé en montrant que tous ces colis sont récupérables durant une centaine d’année ainsi que la qualité et la durée du scellement des alvéoles de stockage. L'Andra prévoit un démarrage lent, puis une montée en cadence jusqu'au 3.000 colis par an, la vitesse de croisière visée.

 

Suite aux luttes des opposants au projet, celui-ci a subi quelques évolutions : - l’acheminement des colis se fera uniquement par voie ferrée (avec création d’une voie finale spécifique) ; - le creusement des galeries se fera grâce à un tunnelier (technique éprouvée et meilleure maitrise des coûts) ; - les alvéoles de stockage des colis radioactifs vitrifiés pourront atteindre cent mètres ; - la descente de ces colis se fera par un système de funiculaire de façon à ce que les moteurs soient en surface donc toujours accessibles.

 

Ces évolutions sont positives, mais qu’en est-il de la mémoire à très long terme de ces sites ? Et que penser de la sûreté du site à long terme, qui dépend uniquement des propriétés géologiques de la couche d’argile à 500 mètres de fond ?

 

Mais ça, les nucléocrates s’en battent l’œil comme du premier becquerel qu'ils ont fait bouffer à la vile populace incapable d'apprécier les bienfaits du nucléaire…

 

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17/04/2015

Encore un scandale EPR. Halte à cette folie de nucléocrates !

 

EPR,scandale

 

 

L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) – le « gendarme du nucléaire » d'ordinaire si « prudent » - vient de mettre les pieds dans le plat. Objet de l’ire : encore une fois l'EPR de Flamanville. Le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet fait état des « anomalies de fabrication » de la partie essentielle du réacteur, la cuve. C'est une énorme boite d'acier de 13 mètres de hauteur avec son couvercle pour un peu plus de 5 mètres de diamètre et pesant 425 tonnes.

 

Cette cuve a été mise en place par une opération titanesque qui a duré huit mois. De très complexes systèmes de canalisations ont été branchés. Bien. Bravo les techniciens. Seulement voilà : cette cuve est constituée d'un cylindre vertical auquel sont soudés un fond et un couvercle. Le travail a été confié à Creusot Forge, filiale d'Areva. Cet aciériste – qui semble avoir perdu une bonne partie de son savoir-faire - s'est avoué incapable de fabriquer le cylindre central. Celui-ci a donc été réalisé...par le japonais Japan Steel Works ! Et un coup de pied au cul de la fierté de nos brillants nucléocrates qui sont restés très discrets sur l'affaire...L'entreprise française, quant à elle, a fabriqué le fond et le couvercle. L'ensemble a été soudé puis mis en place. Des tests menés par l'ASN ont révélé des « anomales de fabrication ». Comble de la honte, ces « anomalies » ne concernent que le fond et le couvercle, donc la partie « française » de la cuve !

 

Tout étant désormais soudé, si de nouveaux tests s'avèrent négatifs, il faudra changer toute la cuve ! L'enlever de son emplacement (huit à dix mois). La refaire (de trois à quatre ans). Remettre la nouvelle en place (encore un an). Soit entre 5 et 6 ans de retard. Et combien de milliards ? Et qui va payer ? Quid de l'EPR finlandais ? Là, l'ensemble de la cuve a été réalisé...par les Japonais et a passé les tests sans problèmes... La honte pour Aréva.

 

Hypothèse improbable ? Pas sûr. Le président de l'ASN, Pierre-Frank Chevet est sans nuance : « Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l'importance de l'anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse. » Il ajoute que, si de nouveaux tests ne lèvent pas les doutes sur la résistance de la cuve (prévue, rappelons-le, pour durer de 60 à 100 ans et soumise à de terribles chocs thermiques) « je ne vois pas d'autre solution que de la changer. »Sauf si les politiques, cédant aux pressions du puissant lobby nucléocrate, passent outre et estiment que « les valeurs relevées, bien qu’en-dehors des normes, sont tout de même largement suffisantes pour assurer le bon fonctionnement du réacteur ». Ben voyons...

 

Ne serait-il pas temps d'arrêter les frais ? Et d'avoir le courage d'abandonner cette filière ?

 

L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville.

 

- Où qu'on le construise, l'EPR sera dangereux.

- Il produit des déchets nucléaires qu'il faudra stocker durant des millions d'années. Pour chaque mégawatt d'électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d'une bombe d'Hiroshima. Deux EPR à 1600 MWe chacun produiront la radioactivité de 3200 bombes d'Hiroshima !

- Partout où des hommes travaillent, les erreurs humaines sont possibles.

- L'EPR est gigantesque au lieu d'être sûr. L'organisation internationale des médecins pour la prévention d'une guerre atomique IPPNW dénonce la capacité de 1600 MW comme un abandon des normes de sécurité. C'est pour éviter une explosion des prix de l'électricité que EDF et Areva privilégient le gigantisme au détriment de la sécurité.

- Les systèmes de sécurité passifs de l'EPR ne sont pas suffisants, armatures et pompes sont toujours entraînées par des moteurs qui peuvent s'arrêter à la moindre panne de courant. La seule innovation de l'EPR est le réservoir destiné, en cas d'accident majeur, à recevoir et refroidir le cœur en fusion. Pour ce faire, il faudrait d'une part que le bassin soit absolument sec, sans quoi les risques d'explosion de vapeur sont très élevés, et d'autre part, il faudrait recouvrir d'eau le cœur en fusion, ce qui provoquerait justement ces explosions de vapeur à éviter... De plus, à l’heure actuelle, aucun alliage ne résiste à un cœur en fusion. Cela n’existe pas !

- Et pour l'EPR, des gens mourront dans les mines d'extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d'enrichissement d'uranium.

- Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l'EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ».

- Destiné à l'exportation, l'EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

- Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L'EPR n'est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l'Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

- L'industrie nucléaire est tournée vers le passé alors qu'une vraie préparation de l'avenir exige le développement des alternatives.

 

Savez-vous aussi qu'une pénurie d'uranium dans moins de dix ans précédera le déclin de la production d'uranium qui interviendra vers 2025.

 

Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

 

Ne serait-il pas temps, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d'arrêter les frais en ayant le courage d'abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu'est la « transition énergétique » ?

 

 

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25/03/2015

Airbus : une catastrophe peut en cacher une autre...

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« Une chute vertigineuse de 8000 mètres en 8 minutes » qu'ils disent les Zexperts. Ben, ça fait 1000 mètres par minute (soit un peu plus de 16 mètres par seconde). Mais l'Airbus vole à environ 800 km à l'heure, soit un peu plus de 13 km par minute (13.000 mètres par minute). Donc pendant ces 8 minutes, il a parcouru 104 km. C'est une pente qui n'a rien de très anormal et correspond à une volonté de perdre assez rapidement de la hauteur pour retrouver une altitude annihilant une éventuelle dépressurisation.

 

Deux remarques :

1 – les spécialistes parlent effectivement de dépressurisation. C'est possible. Un avion, à 10.000 mètres, est gonflé comme une baudruche à la pression qui règne à 2000/2500 mètres.

2 – s'il avait ce problème (n'oublions pas qu'il était alors à près de 100 km au Sud du lieu d'impact), il pouvait virer sur bâbord voire faire demi tour et regagner des lieux moins dangereux comme la vallée du Rhône ou le littoral et ses nombreux aérodromes. Or il a rigoureusement gardé son cap vers le nord, vers les montagnes. Ce qui est la pire des décisions, qu'un pilote en état de décider ne prendra jamais.

 

Que déduire sinon que l'avion n'était plus piloté. Pourquoi ? Parce que les deux pilotes étaient hors d'état de le faire. Ce qui est corroboré par le fait que pendant ces huit longues minutes, aucune communication radio n'a eu lieu. Perte de connaissance simultanée due au manque d'oxygène ? Sans qu'aucun des deux n'aie eu le temps de prendre le masque à oxygène qui tombe automatiquement devant le nez ? Possible. Ou autre chose... Un esprit mal tourné pourrait penser, par exemple, à une balle chacun dans la nuque... Mais ça, c'est pour les esprits mal tournés.

 

 

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Bon. Ces mêmes esprits mal tournés ne peuvent pas ne pas songer à ce qui se passerait si un Airbus ou un Boeing, par accident comme celui des Alpes ou...par un « accident » provoqué heurtait à pleine vitesse non pas une paroi sauvage des Alpes mais l'enceinte de confinement d'un des réacteurs nucléaire de Cruas ou de Tricastin ? Vous croyez que le mur de béton d'un mètre d'épaisseur et la pelure d'acier intérieure résisteraient, déjà fragilisés par le temps (30 ans au moins) ? Vraiment ? Et vous croyez que les délicates installations qui gèrent les barres de combustible nucléaire et les systèmes de refroidissement n'en seraient pas altérés ? Moi, non...

 

Alors la catastrophe prendrait une autre dimension. Surchauffe du réacteur, fonte du corium (voir Tchernobyl et Fukushima pour les détails in vivo.)

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Tchernobyl… une grande partie de la vallée du Rhône devrait être évacuée. Avignon, Lyon, Valence, Saint-Étienne, Chalon-sur-Saône seraient des villes contaminées. Annecy et Chambéry seraient sans doute à évacuer. Mais d’autres pays que la France seraient aussi touchés, en particulier la Suisse : Genève serait à évacuer. La pollution s’étendrait jusqu’à l’Italie et l’Autriche. Paradoxalement, ces trois derniers pays subiraient les effets d’une catastrophe nucléaire alors qu’ils ont décidé de sortir du nucléaire. En effet, la France impose le risque nucléaire à ses propres habitants, mais aussi à l'ensemble des Européens.

 

Si Tricastin provoquait la pollution radioactive de Fukushima… Avignon, Lyon et Castres seraient des villes contaminées. Selon la direction du vent, il est probable qu’Aix, Marseille et Toulon soient également touchées. En effet, la carte des retombées de Fukushima se limite à la superficie de l’île, mais elles ont été considérables aussi à l’est, côté pacifique.

 

Je parle de Tricastin parce que c'est mon dangereux voisin, mais ces scénarios sont transposables à tous les sites nucléaires.

 

Respectons la douleur des familles et des proches des victimes de cette terrible tragédie de l'Airbus des Alpes. Mais réfléchissons aux risques énormes que font courir aux populations manipulées la présence de ces centrales nucléaires, notamment avec le trafic aérien qui les survole.

 


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09/03/2015

Nucléaire : ASTRID, soulève son suaire pour faire bander les nucléocrates.

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Sévèrement shootée au sodium l'Astrid !

 

 

Cette faux-cul de Ségolène a laissé entendre qu'une « nouvelle génération » de réacteurs nucléaires pourraient, dans l'avenir prendre le relais des centrales arrivées en bout de course. Et on a trouvé un joli nom pour cette horreur à venir : ASTRID.

 

Vous avez aimé l'EPR ? Vous adorerez Astrid. Voilà cette salope atomique d'ASTRID qui soulève son suaire pour aguicher les nucléocrates ! Astrid, c’est le nouveau Phénix. Le voilà prêt à renaître de ses cendres celui-là. Le pionnier des réacteurs au plutonium, en fonctionnement à Marcoule depuis 1973, a été définitivement arrêté en mars 2009. Phénix, c’était le prototype des surgénérateurs, le rêve de toutes les têtes d’œufs de l’industrie nucléaire : la bête produit – qu'ils disaient - plus de combustible qu’il n’en consomme, et fait de l’électricité ! Formidable non ? Mouais… Après l'enthousiasme des débuts, les surgénérateurs ont connu l'échec. Le bide de Superphénix est encore dans les mémoires. Mais ils pourraient connaître un retour en grâce. Grâce à… Astrid !

 

En fait le réacteur dit de « 4ème génération » ne serait qu’une  pure invention publicitaire de l'industrie nucléaire. La supposée « génération 4 » - un produit marketing - n’est en réalité que le recyclage de vieux projets qui avaient été auparavant écartés par l'industrie nucléaire. Le réacteur de 4ème génération c'est le retour des surgénérateurs de type Superphénix... Des années 60 aux années 80 le programme français reposait sur les réacteurs à eau pressurisée (REP) et un développement significatif des réacteurs à neutrons rapides (RNR) fonctionnant en mode surgénérateur. Il était envisagé qu'en l'an 2000 les RNR surgénérateurs représenteraient 30% du parc… Bonjour les dégâts ! Ça ne s'est pas fait, heureusement.

 

Le filière avortée des surrégénérateurs a été la raison du développement civil du retraitement des combustibles REP avec la construction des usines du site de La Hague. Usine hyper polluante dont la filière « sur-régénération » est la seule justification. Son but : fabriquer du combustible pour les surrégénérateurs dont des tonnes de plutonium (plus tôt gnome, plutôt nie homme...).

 

Pour donner un peu de « pep » à la chose, à la différence des centrales nucléaires «conventionnelles», et à l'inverse de tout ce qui est déclaré par la propagande officielle, les surgénérateurs peuvent, par accident, faire explosion à la façon d'une bombe atomique. En effet, ils peuvent être le siège d'une réaction en chaîne dite « sur critique prompte en neutrons rapides », particularité que seule la bombe atomique possède également. La variété d'explosion atomique dont un surgénérateur peut être le siège porte le nom rassurant d '« excursion nucléaire ». Quels poètes ces nucléocrates !

 

Rappel : Superphénix (qui n'a jamais fonctionné correctement) comportait environ 35 tonnes de combustible nucléaire, dont 5 tonnes de plutonium, et les expériences « d'excursion nucléaires » n'ont jamais concerné que quelques kilogrammes de matière fissile. Il est clair qu'étant donné l'extraordinaire toxicité radioactive des aérosols de plutonium, l'expulsion même partielle des 5 tonnes de plutonium de Superphénix dispersés ou volatilisés par "l'excursion nucléaire" constituerait une catastrophe sans précédent. Car 1/1.000.000ème de gramme de plutonium inhalé suffit à provoquer un cancer et 8 kilos sont suffisants pour faire une bombe atomique de type Nagasaki ! La vie en rose ! Tchernobyl, Fukushima, aimables plaisanteries… Eh bien Astrid, c’est Superphénix  qui change de nom, d’aspect probablement mais avec une base technologique identique…

 

Hormis ces pittoresques « excursions », le principal inconvénient de cette filière provient du sodium liquide qui s'enflamme au contact de l'air et de l'eau. On ne se sait pas, à l’heure actuelle, éteindre un feu de quelques centaines de kg de sodium ! (Á titre indicatif, il y en a 6.000 tonnes dans Superphénix, et combien prévues dans Astrid ? D'ailleurs où en est-on du retraitement du sodium de Superphénix ? Toujours en stockage ?Qui lo sa ?).

 

Voilà ce que l’on nous promet dans la vallée du Rhône, à Marcoule – pas loin de chez moi ! -, ceci grâce à la « culture nucléaire » avec laquelle, depuis plus d'un demi-siècle les « Marcoulins » enfument les populations locales. Ou à Cadarache, toujours près de chez moi où se gaspillent des milliards pour un cauchemardesque rêve de nucléocrates nommé Iter...

 

Comment se fait-il que l'industrie nucléaire puisse se faire attribuer, sans que jamais l'avis de la population ne soit sollicité, des budgets toujours plus importants, en échange de belles promesses ? Une manne pécuniaire gigantesque, sans limites, prélevée sur les impôts et le travail des Français, non répercutée dans le prix du Kwh vendu par EDF, masquant ainsi le vrai coût de la filière nucléaire

 

Population inactive aujourd’hui,

radioactive demain…

 

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04/03/2015

Areva : « Plus kon que moi, tu meurs ! »

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Le nucléaire ou la bougie ! C'est avec cette boutade éculée que les contempteurs de l'énergie nucléaire prétendent envoyer dans les cordes ceux qui ouvrent les yeux sur cette horreur catastrophique, dangereuse, doublée d'un gouffre financier qu'est l'industrie nucléaire.

 

Fessenheim, la très ancienne et très controversée centrale alsacienne à l'arrêt pour une énième fois. Et surtout le premier groupe nucléaire français et mondial, Areva, « fleuron » de notre industrie nucléaire qui avoue être au bord de la faillite avec une perte abyssale de 4,9 milliards d'euros.

 

Brillants nos nucléocrates ! Surtout avec nos sous qu'ils balancent allègrement par les fenêtres... Parce qu'Areva est une entreprise dans laquelle l’État français est actionnaire à 87% et devra donc contribuer à son sauvetage financier. Ceci en pleine période d'austérité. On va donc piquer dans la poche des contribuables – contribuable mais aussi citoyens en majorité critiques vis-à-vis de l'industrie nucléaire – des milliards pour sauver une industrie passéiste, mortifère, gérée de manière aussi irresponsable qu'incompétente par une caste (le corps des Mines, Polytechnique).

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

D'abord, il y a l'EPR. Ce réacteur « nouvelle génération » s'avère catastrophique. Son coût a quasi triplé, passant de 3 milliards à très de 9 milliards et ce n'est pas fini. Il n'est pas au point techniquement, comme le prouve les innombrables retards dus à des éléments de constructions défectueux à refaire, à des défauts de sûreté suite au nouveau cahier des charges tenant compte de la catastrophe de Fukushima, etc. Ce qui se passe à Flamanville, en Normandie, se passe aussi, en pire, sur le chantier de l'EPR en construction à Olkiluoto, en Finlande. Innombrables arrêts de construction, retards à répétition, magouilles dus à des entreprises de sous-traitance plus que douteuses qui sévissent aussi à Flamanville. Ce seul chantier finlandais a déjà généré une perte de 3,9 milliards d'euros et son coût est passé de 3 à 8,5 milliards d'euros. Et qui croyez-vous qui va payer la différence. Les Finlandais ? Tè ! Fumes... Ce sont les contribuables français puisque ce chantier est assuré par la COFACE.

 

Et puis il y a le scandale UraMin, du nom d'une société canadienne qui a vendu aux « grosses têtes » d'Areva rien d'autre que du vent ! Le secteur minier étant le plus rentable, Areva s'est lancé dans une politique d'achat de sites uranifères partout dans le monde. C'est ainsi qu'elle s'est faire somptueusement enflé par une bande d'aigrefins, parmi lesquels apparaissent des noms bien connus en France. Areva a ainsi acheté pour 2,5 milliards de dollars, en 2007, à UraMin des sites soi-disant uranifères à Bakouma (République centre africaine), Trakkopje (Namibie) et Ryst Kuil (Afrique du Sud). On peut raisonnablement s'interroger sur le bien fondé de ces achats sans que la compagnie, référence mondiale en la matière, n'est mené quelque expertise que ce soit sur la valeur exploitable de ces sites, se fiant aveuglément aux documents fournis par le « cabinet d'experts » anglo-saxon SRK payé...par les vendeurs ! Or, tout était archi-faux, tant au plan des teneurs uranifères des minerais que des qualités du produit et des conditions d'exploitation. La teneur uranifère de ces « mines d'uranium » est moindre, parait-il, que les délaissés des anciennes mines uranifères du Limousin et de Lozère ! Du bidon ! Que du bidon !

 

Areva : « plus kon que moi, tu meurs ! »

 

Le plus scandaleux, c'est que tous les responsables qui suivent la gestion d'Areva savaient depuis longtemps qu'UraMin vendait des sites inexploitables. Le ministère des finances, le ministère des affaires étrangères, le CEA (premier actionnaire d'Areva) et même les barbouzes de la DCRI ont été averti, par des filières plus ou moins discrètes, de la réalité sur ces sites. Mais rien n'a été fait. Pourquoi ? Qui avait intérêt à cette opération et à cette omerta ? Où sont passés les milliards ? Combien se sont-ils « évaporés », et dans quelles poches ? Qui lo sa ?

 

Résultats : des milliards d'argent public gaspillés en pure perte et probablement des milliers de travailleurs de la filière nucléaire au chomdu.

 

Ne serait-il pas temps, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d'arrêter les frais en ayant le courage d'abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu'est la « transition énergétique » ?

 

 

Sources :

http://www.mediapart.fr/journal/economie/220611/uramin-la...

http://sortirdunucleaire.org/Pertes-record-chez-Areva-ni-...

 

 

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