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19/09/2018

VICTOR HUGO CROYAIT EN DIEU, ET POURTANT... AUJOURD'HUI, POURRAIT-IL ECRIRE CELA ?

Siné un seul dieu deux suspects.jpg

 

Extrait d'un poème composé par Victor Hugo lors de son exil et qui ne fut publié qu'après sa mort


Que je prenne un moment de repos? Impossible. 

Coran, Zend-Avesta, livres sibyllins, Bible,

Talmud, Toldos-Jeshut, Vedas, lois de Manou, 

Brahmes sanglants, santons fléchissant le genou, 

Les contes, les romans, les terreurs, les croyances, 

Les superstitions fouillant les consciences,

Puis-je ne pas sentir ces creusements profonds ? 

J'en ai ma part: veau d'or, sphinx, chimères, griffons, 

Les princes des démons et les princes des prêtres, 

Synodes, sanhédrins, vils muftis, scribes traîtres, 

Ceux qui tendraient encore à Socrate le verre,

Ceux qui redonneraient à Jésus le calvaire;

Tout cela, c'est partout. C'est la puissance obscure,

Plaie énorme qui fait une abjecte piqûre.

Ô l'infâme travail! Ici Mahomet, là

Cette tête, Wesley, sur ce corps, Loyola;

Cisneros et Calvin dont on sent les brûlures.

Ô faux révélateurs! Ô jongleurs, vos allures

Sont louches, et vos pas sont tortueux; l'effroi,

Et non l'amour, tel est le fond de votre loi;

Ô mages grecs, romains, païens, hindous, hébreux, 

Le genre humain, couvert de rongeurs ténébreux, 

Sent s'élargir sur lui vos hordes invisibles;

Vous lui faites rêver tous les enfers possibles,

Je devine, malgré vos soins pour vous cacher,

Que vous êtes sur nous et je vous sens marcher 

Comme on sent remuer les mineurs dans la mine, 

Et je ne puis dormir, tant je hais la vermine.

Vous êtes ce qui hait, ce qui mord, ce qui ment. 

Vous êtes l'implacable et noir fourmillement, 

L'insecte formidable. Ô monstrueux contraste:

Pas de nain plus chétif, pas de pouvoir plus vaste. 

L'univers est à vous puisque vous l'emplissez. 

Vous possédez les jours futurs, les jours passés,

Le temps, l'éternité, le sommeil, l'insomnie.

Vous êtes l'innombrable et, dans l'ombre infinie, 

Fétides, sur nos peaux, mêlant vos petits tas,

Vous vous multipliez: et je ne comprends pas

Dans quel but Dieu livra les empires, le monde,

Les temples, les foyers, les vierges, les époux, 

L'homme, à l'épouvantable immensité des poux.


Victor Hugo

Illustration: merci à feu mon pote Cabu


Amis lecteurs,

Comme vous le savez, la plateforme Midi-Libre

qui abrite généreusement nos blogs depuis des années

va cesser cette prestation le 5 octobre.

Vous pourrez cependant retrouverr

 

LANTIFADAS

 

ici:

 

http://lantifadas.hautetfort.com/

 

11/09/2018

11 septembre : les États-Unis instaurent le fascisme au Chili.

twintower baudin.jpg

 

Le 11 septembre 1973 au matin, les trois armées factieuses attaquent la « Moneda, siège du gouvernement chilien régulièrement sortie des urnes. Salvator Allende, le président élu, se suicide (ou est « suicidé ») dans son palais. Ses dernières paroles radiodiffusées furent : « Continuez et sachez que s’ouvriront bientôt les grandes avenues où l’homme digne s’avancera pour construire une société meilleure.

 

Les grands profiteurs et exploiteurs du pays, alliés à l’armée et à la police fomentèrent un coup d’état militaire sous la direction d’Augusto Pinochet, une caricature de troufion borné au nom d’opérette. S’ensuivirent la dissolution du Congrès national, des conseils municipaux, des syndicats et des partis politiques. La liberté de la presse fut abolie, le couvre-feu instauré.

 

Dès lors la barbarie de la soldatesque donna toute sa mesure sanglante : des dizaines de milliers de militants parqués dans le Stadio nacional, les doigts du chanteur Victor Jara sectionnés à la hache (« Et maintenant, joue de ta guitare ! »), les rumeurs de tortures et d’assassinats en masse, l’agonie de Pablo Neruda dans sa maison pillée…

 

Le Chili s’enfonça dans une nuit sanglante de 17 ans…

 

Derrière ce désastre, derrière cet attentat terroriste contre la démocratie, un pays : les États-Unis d’Amérique et un assassin qui sera couronné du prix Nobel de la paix : Henri Kissinger…

 

Alors les tours du World Trade Center… Va fan culo !

 

God blesse America

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Sitting Bull le guerrier, et toi Geronimo,

Et les millions d’Indiens chassés comme animaux,

Massacrés par le plomb, par la croix, par la gnole,

Par les loques données chargées de variole.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil de la nation des voleurs de vos terres…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Esclaves noirs trimant dans les champs de coton,

Achetés, exploités et payés au bâton,

Humiliés, niés, traités pires que bêtes

Par des culs bénis blancs crispés sur leur gâchette.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil de tous ces Wasps qui ont forgé vos fers…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Salvador Allende, du fond de ton tombeau,

Et vous, Chiliens, assassinés par les Rambo

Lâchés sur vos richesses comme des chiens féroces

Pour que vos exploiteurs puissent rouler carrosse.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil des spadassins de Henri Kissinger…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Paysans communistes nés en Indonésie.

Vous étiez un million accusé d’hérésie,

Massacrés pour avoir soutenu Sokarno

Alors que les Yankees préféraient Suharto.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil du dollar roi qui nourrit les gangsters…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Héroïques soldats paysans du Vietnam.

Vous avez écrasé l’armée de l’Oncle Sam,

Vous avez triomphé de cette soldatesque

De violeurs, de tueurs et de pasteurs grotesques.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

Vains remparts de la vanité anglo-saxonne…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Enfants crevants de faim des faubourgs irakiens,

Disputant la pitance aux vautours et aux chiens,

Depuis que la « croisade » menée par l’Oncle Sam

Massacre les civils pire qu’au temps de Saddam.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

Qui vous envoie missiles et bombes félonnes…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Paysans, ouvriers, écoliers yougoslaves,

Que les bombes yankees écrasaient dans les caves,

La défense du « Droit » fut un bon alibi :

L’ordre americana règne sur la Serbie.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

Qui ne supporte pas de pensées autochtones.

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Civils vitrifiés par la Bombe yankee

Rayant Hiroshima comme Nagasaki

Non pas, comme il fut dit, pour terminer la guerre

Mais pour tester sur vous les horreurs nucléaires.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque les feux du ciel par des mains fanatiques

En un bouquet de mort tombent sur l’Amérique.

 

Relève-toi ! Debout, peuple des Zuhessa !

Libère-toi des fers, des chaînes de forçats

Dans lesquels te maintient l’ultra capitalisme

Par sa télé débile et son consumérisme.

Renverse le pouvoir aveugle du dollar

Et celui des banquiers et boursiers vicelards.

Rafale les « chairmen » des multinationales

Qui ravagent le monde par leurs actions bestiales.

Demande-toi enfin, réflexion citoyenne,

Pourquoi donc ton pays suscite tant de haine !

Redevient cet ami qui nous a fait rêver,

Qui a laissé sa vie pour venir nous sauver.

Tu viens du monde entier, partout tu as des frères.

Valent-ils moins que toi ? Arrache tes œillères

Afin que la statue prénommée Liberté

Ne tourne plus le dos à la Fraternité.

 

VictorAyoli

 

 

27/07/2018

Athée rang... La konnerie humaine est bien la seule approche de l'infini.

 

le métrolite ambroise de Kalavryta.jpg

« Qui est le responsable de l’éloignement du Grec du chemin de Dieu ? Qui d’autre ? Le Premier ministre athée Alexis Tsipras et ses collaborateurs. Voici certains de leurs méfaits : Abolition du serment religieux des ministres, interdiction des icônes du Christ et de nos Saints dans les écoles, les bureaux de l’administration, etc. Légalisation du mariage homosexuel au moyen du PACS. Autorisation des défilés des homosexuels (gay pride), abolition de la prière matinale dans les écoles, plus d’enseignement religieux dans les écoles, mépris du mystère du mariage chrétien car il vit avec Betty (Peristera) sans être marié avec elle, mépris du mystère du baptême, puisqu’il n’a pas baptisé leurs enfants… » Réalité ou canular ces propos prêtés par un blogueur d'Agoravox au métroplite grec Ambroise de Kalavryta ?

En tous cas, ça m'a inspiré quelques élucubrations sur ces monumentales konneries que sont la "foi" et les "religions", ces dangereuses névroses collectives.

 

Au métropolite de Grèce Ilíthios

 

Kalavryta Ambroise, métropolite grec

Patron des cul-bénis de ce pays à sec

A trouvé la raison de tous les incendies

Qui ravagent et tuent ce malheureux pays.

« C'est Tsipras le athée qui attire la ire

De Dieu sur le pays » proclame-t-il sans rire.

Ils nous les gonflent grave avec leurs konneries

Cornedieu ! On s’en fout de ces mots d'abrutis.!

Les imbéciles heureux que le besoin de croire

Rend aptes à gober des monceaux de bobards.

Croire n’importe quoi, croire n’importe qui !

Surtout ne pas penser ! Trop dangereux Kiki !

De la pensée nait l’inquiétude.

Pas confortable l’inquiétude !

Faut-il avoir vraiment un Q.I. de mérou

Pour croire en vous, curés, imâms, rabbins, gourous

Qui vous précipitez sur la misère humaine

Comme mouches à merde sur des fruits de bedaine.

Vous confisquez la Vie, vous promettez le Ciel

Votre esprit est tordu, votre voix est de fiel,

Partout où vous passez agonise l’espoir,

Vous mettez la Raison, toujours, sous l’éteignoir.

Votre fond de commerce, votre sale bizness,

N’est que l’exploitation de l’insigne faiblesse

Et la crédulité de gens déboussolés

Prêt à tout abdiquer pour être consolés.

Pour vos sombres desseins, toute détresse est belle,

Vous êtes des machines à laver les cervelles

Des crédules victimes qui tombent dans vos rets

Et qui seront broyés, ruinés puis essorés

Pour vous servir d’esclaves, de chiens, de trous à bites,

De zombies asservis, de main d’œuvre gratuite.

Ô toi, Humain mon frère, que l’existence angoisse

Fuit comme le sida leurs sinistres paroisses

N’écoute pas la peur et fuit tous ces menteurs

N’écoute pas tous les profiteurs de la peur

Surtout ne croit en rien, rejette toute foi

Que le doute, toujours, soit ton ultime Loi.

Puisque tu n’y peux rien, puisqu’au bout de la Route

Inconnu ou néant apaiseront tes doutes.

Puisque tu n’y peux rien, attends sans peur la mort

Goûte plutôt la Vie sans pleurer sur ton sort.

 

VictorAyoli

 

 Photo X - Droits réservé

 

23/07/2018

Ode aux barbouzes jupétériennes.

macron-benalla-jm.jpg

 

Una mattina mi sono alzato


O Benalla, Benalla, benalla, la, la

Una mattina mi sono alzato


E ho trovato il Benalla

 

Macron le couve, Macron le couvre

O Benalla, Benalla, benalla, la, la

Macron le couve, Macron le couvre

Qu'est-ce que ça peut bien cacher

 

Y en a qui dise qu'il a des billes

O Benalla, Benalla, benalla, la, la

Qu'il a des billes le joyeux drille

Sur la vie privée du patron

 

Une racaille chez la flicaille

O Benalla, Benalla, benalla, la, la

Une racaille, chez la flicaille

Pour tabasser du militant

 

Les mauvais' langues dans leur harangue

O Benalla, Benalla, Benalla, la, la

Les mauvais' langues dans leur harangue

Disent : c'est un espion du Maroc

 

Beaucoup de flouze pour ces barbouzes

O Benalla, Benalla, Benalla, la, la

Beaucoup de flouze pour ces barbouzes

Qui chient sur nos institutions

 

La République, si tu la niques

O Benalla, Benalla, Benalla, la, la

La République, si tu la niques

Fait gaffe au retour de bâton

Car tu l'auras dans le trognon.

 

Illustration: merci à JM

 

 

 

 

 

 

 



22/04/2018

Gastronomie salutaire: l'homo parasitus en croûte

repas astérix.gif

 

Prenez un homo parasitus bien gras

C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

Banquier, patron voyou ou élu cumulard,

Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon

Il doit être saigné, vidé, émasculé

Si mâle (garder les attributs dans du lait)

Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignées de gros sel,

Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

Entourez le porc long de feuilles de fougères

Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

Dont le fond est garni de pierres, de galets

Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

Cette douce cuisson efface les méfaits.

Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

 

 

Illustrations X – Droits réservés

 

17/02/2018

Poésie érotico-révolutionnaire avec l'immense Victor Hugo

satyre partouze.jpg

 

Le satyre

Un satyre habitait l'Olympe, retiré
Dans le grand bois sauvage au pied du mont sacré ;
Il vivait là, chassant, rêvant, parmi les branches ;
Nuit et jour, poursuivant les vagues formes blanches,
Il tenait à l'affût les douze ou quinze sens
Qu'un faune peut braquer sur les plaisirs passants.
Qu'était-ce que ce faune ? On l'ignorait ; et Flore
Ne le connaissait point, ni Vesper, ni l'Aurore
Qui sait tout, surprenant le regard du réveil.
On avait beau parler à l'églantier vermeil,
Interroger le nid, questionner le souffle,
Personne ne savait le nom de ce maroufle.
Les sorciers dénombraient presque tous les sylvains ;
Les aegipans étant fameux comme les vins,
En voyant la colline on nommait le satyre ;
On connaissait Stulcas, faune de Pallantyre,
Gès, qui le soir riait, sur le Ménale assis,
Bos, l'aegipan de Crète ; on entendait Chrysis,
Sylvain du Ptyx que l'homme appelle Janicule,
Qui jouait de la flûte au fond du crépuscule ;
Anthrops, faune du Pinde, était cité partout ;
Celui-ci, nulle part ; les uns le disaient loup,
D'autres le disaient dieu, prétendant s'y connaître ;
Mais, en tout cas, qu'il fût tout ce qu'il pouvait être,
C'était un garnement de dieu fort mal famé.

Tout craignait ce sylvain à toute heure allumé ;
La bacchante elle-même en tremblait ; les napées
S'allaient blottir aux trous des roches escarpées ;
Écho barricadait son antre trop peu sûr ;
Pour ce songeur velu, fait de fange et d'azur,
L'andryade en sa grotte était dans une alcôve ;
De la forêt profonde il était l'amant fauve ;
Sournois, pour se jeter sur elle, il profitait
Du moment où la nymphe, à l'heure où tout se tait,
Éclatante, apparaît dans le miroir des sources ;
Il arrêtait Lycère et Chloé dans leurs courses ;
Il guettait, dans les lacs qu'ombrage le bouleau,
La naïde qu'on voit radieuse sous l'eau
Comme une étoile ayant la forme d'une femme ;
Son oeil lascif errait la nuit comme une flamme ;
Il pillait les appâts splendides de l'été ;
Il adorait la fleur, cette naïveté ;
Il couvait d'une tendre et vaste convoitise
Le muguet, le troëne embaumé, le cytise,
Et ne s'endormait pas même avec le pavot ;
Ce libertin était à la rose dévot ;
Il était fort infâme au mois de mai ; cet être
Traitait, regardant tout comme par la fenêtre,
Flore de mijaurée et Zéphir de marmot ;
Si l'eau murmurait : J'aime ! il la prenait au mot,
Et saisissait l'Ondée en fuite sous les herbes ;
Ivre de leurs parfums, vautré parmi leurs gerbes,
Il faisait une telle orgie avec les lys,
Les myrtes, les sorbiers de ses baisers pâlis,
Et de telles amours, que, témoin du désordre,
Le chardon, ce jaloux, s'efforçait de le mordre ;
Il s'était si crûment dans les excès plongé
Qu'il était dénoncé par la caille et le geai ;
Son bras, toujours tendu vers quelque blonde tresse,
Traversait l'ombre ; après les mois de sécheresse,
Les rivières, qui n'ont qu'un voile de vapeur,
Allant remplir leur urne à la pluie, avaient peur
De rencontrer sa face effrontée et cornue ;
Un jour, se croyant seule et s'étant mise nue
Pour se baigner au flot d'un ruisseau clair, Psyché
L'aperçut tout à coup dans les feuilles caché,
Et s'enfuit, et s'alla plaindre dans l'empyrée ;
Il avait l'innocence impudique de Rhée ;
Son caprice, à la fois divin et bestial,
Montait jusqu'au rocher sacré de l'idéal,
Car partout où l'oiseau vole, la chèvre y grimpe ;
Ce faune débraillait la forêt de l'Olympe ;
Et, de plus, il était voleur, l'aventurier.
Hercule l'alla prendre au fond de son terrier,
Et l'amena devant Jupiter par l'oreille.

 

Victor Hugo

 

Photo X - Droits réservés

 

17/04/2017

C'est Pâques, mais pas que...

Reiser jésus paques.jpg

 

Brassens: Le sceptique

Imitant Courteline, un sceptique notoire,
Manifestant ainsi que l'on me désabuse,
J'ai des velléités d'arpenter les trottoir(e)s
Avec cette devise écrite à mon gibus :
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Dieu, diable, paradis, enfer et purgatoire,
Les bons récompensés et les méchants punis,
Et le corps du Seigneur dans le fond du ciboire,
Et l'huile consacrée comme le pain bénit,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Et la bonne aventure et l'art divinatoire,
Les cartes, les tarots, les lignes de la main,
La clé des songes, le pendule oscillatoire,
Les astres indiquant ce que sera demain,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Les preuves à l'appui, les preuves péremptoires,
Témoins dignes de foi, metteurs de mains au feu,
Et le respect de l'homme à l'interrogatoire,
Et les vérités vraies, les spontanés aveux,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Le bagne, l'échafaud entre autres exutoires,
Et l'efficacité de la peine de mort,
Le criminel saisi d'un zèle expiatoire,
Qui bat sa coulpe bourrelé par le remords,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Sur les tombeaux les oraisons déclamatoires,
Les "C'était un bon fils, bon père, bon mari",
"Le meilleur d'entre nous et le plus méritoire",
"Un saint homme, un cœur d'or, un bel et noble esprit",
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Les "saint-Jean Bouche d'or", les charmeurs d'auditoire,
Les placements de sentiments de tout repos,
Et les billevesées de tous les répertoires,
Et les morts pour que naisse un avenir plus beau,
"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."
Mais j'envie les pauvres d'esprit pouvant y croire.

 

https://www.youtube.com/watch?v=RkYbGCQj5iY

 

Merci aux irremplaçables et irremplacés Reiser et Brassens

 

08/03/2017

C’est la journée des femmes, Femmes, FEMMES

lamazou femmes.jpg

 

Femme maîtresse

Ouverte, offerte sous les caresses

Femme mère

Créatrice de la vie sur terre

Femme putain

Désir de soie et de satin

Femme dirigeante

Intuitive et compétente

Femme politique

Courageuse et démocratique

Femme enfant

Que l’on protège et l’on défend

Femme salope

Qui fait jouir et rend myope

Femme avide

Calculatrice, sans cœur, cupide

Femme sorcière

Envoûtante, sournoise, incendiaire

Femme lesbienne

Délicate et altière clitoridienne

Femmes battues

Femmes vendues

Victime des stupides couillus

Femmes voilées

Femmes enfermées

Femmes niées

Femmes lapidées

Femmes brûlées

Femmes massacrées

Au nom d’un obscurantisme borné

Femme, femmes FEMMES !

Vous êtes des Humains pour le meilleur et pour le pire

Je vous respecte, je vous adore et je vous aime !

 

femmes battues par moslim.jpg

Illustration Lamazou et X - Droits réservés

 

02/02/2017

Les coquins d'abord

les rats quittent le navire.jpg

Sur l'air des "Copains d'abord "de tonton Georges! 

 

Non ce n'était pas qu'un dévot

Un cul-béni de caniveau

Qu'on se le dise parmi les porcs

...dise parmi les porcs

Il magouillait en père peinard

Sans se méfier du Canard

Et pensait le pognon d'abord,

Le pognon d'abord

 

Ses « fluctuat ET mergitur »

C'est pire qu'une caricature

N'en déplaise aux vieux dinosaures

Aux vieux dinosaures

Leur capitaine est un salaud

Piquant le pognon des prolos

Pour se constituer un trésor

...tuer un trésor

 

Tout en se prenant pour De Gaulle

Il rétribuait sa cagole

Avec du bon argent public

Bon argent public

Son « attachée parlementaire »

Passait plus d' temps au baptistère

Qu'aux séances de l'Assemblée

...anses de l'Assemblée.

 

Il s'croyait déjà couronné

Mais il est plutôt couillonné

Il a beau ramer comme un mort

Ramer comme un mort

Il peut lancer des SOS

Son barlut est en plein' détresse

Et les rats quittent le navire

Quittent le navire

 

Au rendez-vous de ses copains

Y a de plus en plus de lapins

Tous gambergent à un Plan B

Pourquoi pas Juppé

Propre sur lui, pas trop souffrant

Il serait presque rassurant

Mais le vieux n'a pas accepté

On a sa fierté

 

Alors la meute a attaqué

Tous les requins, tous les roquets

Les maquereaux et les escrocs

Ont sorti les crocs

Laissons-les s'entredévorer

Et restons hors de la curée

Mais pour un bon coup de torchon

Votons Mélenchon !

 

Illustration X - Droits réservés

 

21/11/2016

La retraite de Sarkozy.

france forte barreaux.jpg

 

Il pleuvait.

Les sarkotrafiquants tremblaient dans leur liquette.

Pour la première fois Sarko baissait la tête.

Sombre jour ! Le nabo reculait brusquement

Laissant derrière lui un Barouin écumant.

Il pleuvait. Les coups durs tombaient en avalanches.

Après un coup de manche un autre coup de manche.

On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.

Hier Les Ripoublicains, et maintenant troupeau.

On ne distinguait plus les ailes ni le centre.

Il pleuvait. Les féaux se déchiraient le ventre,

Certains osant penser autrement que le chef

S’exposaient aux tourments des chevaux qu’on achève.

On attendait Juppé et c’est Fillon qui vînt

Repoussant Sarkozy sur les bords du ravin

Où, dans sa dure chute il allait disparaître.

Le « collaborateur » humiliait le « maître ».

Bravant la pluie, le vent qui secouait la France

Les électeurs de gauche firent la différence.

Saisissant l’occasion, en prenant leur panard,

Ils s’invitèrent en masse au banquet des droitards.

Leur but était très clair : éliminer le nain

Dès ce premier scrutin.

Péju, c’était écrit, devait tourner en tête,

Donc la seconde place cèlerait la compete.

Pour ce faire, il fallait pousser, la main au fion,

Le tristounet Fillon.

Et donc ainsi fut fait. Au fil de la soirée

Les résultats tombaient, les choses empiraient…

Non seulement Sarko n’était plus que troisième

Mais le fringant pépé n’était, lui, que deuxième !

Fillon, catho pétrit par les prêtres de Sarthe,

Caracolait devant. Athènes battait Sparte…

Et les bouchons sautaient chez tous les goguenards :

Quelques milliers de voix fusillaient le renard

Mais aussi, par le jeu d’un billard à trois bandes,

Éliminaient Hollande.

Ganelon risquait fort, s’il se représentait

Aux primaires de gauche, une déculottée

Au moins équivalente à celle du quincaillier !

Faute de match retour, pour eux deux, les vacances

Rendront pour quelques jours le sourire à la France !

Sourire qui sera un franc éclat de rire

Lorsque les méchants juges, avec juste raison,

Convoqueront Sarko pour bientôt le conduire

Vers la zonzon…

 

VictorAyoli

 

Illustration X - Droits réservés

 

11/10/2016

Primaires, à la primaire : Votez Sarko !

WC-SARKO.jpg
 

Françaises, Français,

Grosses niaises, gros niais,

Lèches-cul avachis mous de la cafetière

Venez voter pour moi, dans un mois, aux Primaires.

Vous connaissez déjà pour en avoir usé

Les ressources que j’ai pour vous sodomiser :

Faites de moi celui qui sera président

Pas celui des manards, pas celui des sans-dents

Mais celui de ces pauvres riches qu’on vilipende,

Et qui comptent sur moi, de peur qu’on ne les pende.

Si vous votez pour moi, vous ne serez pas déçu :

Sûr, je vous sucerai pire qu’une sangsue.

Je vous prendrai vos sous, toutes vos libertés

Je foulerai aux pieds votre société,

Car pour moi, peuple vil, ramassis d’imbéciles

Vous enfiler à sec n’est pas très difficile !

Lorsque je dis « pour moi », je dis surtout « pour nous »

Pour nous les maquereaux du Medef, les voyous,

Banquiers et assureurs, traders et financiers

Aidés par juges, flics, imams, rabbins, curés.

Car vous êtes si kons que vous votez pour nous !

Vous qui nous voyez grand, vous êtes à genoux !

Je vais vous manœuvrer en suscitant la peur

Vous voterez pour moi, et pour votre malheur !

Mon bilan est de plomb, mes idées sont infâmes

Vous voulez donc savoir quel sera mon programme ?

Je vais vous en donner les dix points principaux,

Du pipeau, des impôts, je vous fais un topo :

- Vous endetter beaucoup en augmentant les taxes,

Dépendance matérielle : docilité un max !

- accroître le chômage, truquer les statistiques,

Pour baisser les salaires, c’est toujours bien pratique.

- Contrôler les médias, l’internet, les réseaux

Pour vous manipuler en temps électoraux.

- Emmerder les blogueurs sans trêve et sans répits,

Les me (r) dias à ma botte et les autres au tapis.

- Contrôler cette peste que l’on nomme Justice

Afin que nos magouilles jamais ne se punissent.

- Casser les effectifs de la police utile

Car l’insécurité et la peur sont fertiles.

- Casser conjointement l’hôpital et l’école

Pour filer au privé ces fabuleux pactoles.

- Casser encore plus retraites et pensions :

Les assureurs privés financent nos actions.

- Laisser passer beaucoup d’émigrés clandestins

Pour casser le marché du travail des crétins.

- Favoriser au max toutes les religions :

Empêcher de penser, voilà la solution !

Françaises, Français !

Vous qui m’écoutez bavasser,

Débiles, imbéciles !

Vous baisez n’est pas difficile

Car vos représentants sont nuls et désunis

Vous donc serez punis !

Je renie mes idées, je mens comme je pète,

Je dis n’importe quoi tant je crains la défaite,

Car si je me démène, c’est que j’ai mes raisons :

Si je ne gagne pas, je finis en prison…

Pour gagner je sais faire flèche de tout bois

Même des plus pourris tant je suis aux abois.

Françaises, Français,

Grosses niaises, gros niais,

Peuple vil, peuple kon, ramassis d’imbéciles

Qui tendaient votre cul pour que l’on vous enfile,

Je compte sur la peur, j’espère des cata

Pourquoi pas, après tout, un petit attentat

Pour que vous rejetiez, en tremblant, l’espérance

Et vous réfugier dans un vote bien rance !

Bourricotes, Bourricots

Votez Sarko !

 

Illustration: merci à Karine Villard

 

29/09/2016

En avant-première : le discours du président ! (enfin, espérons…) Mélenchon

mélenchon france insoumise.jpg

 

Françoises, François,

 

Je ne vous promets pas des larmes et du sang

Mais pas non plus des jours toujours beaux et dansants

Si vous me choisissez, c’est, avant toute chose,

Parce que de SarkHollande vous avez l’overdose,

Et moi, j’hériterais du terrible bilan

D’un pays ravagé par les sombres ruffians

Qui depuis des années ont saccagé la France,

Qui la pille et la vole pour se gaver la panse.

Leur héritage ? C’est des millions de chômeurs,

Des usines parties se faire voir ailleurs,

Des riches qui se goinfrent et des pauvres qui crèvent,

Des banquiers qui s’empiffrent, des travailleurs en grève,

Et partout l’ostracisme et l’insécurité

Tristes enfants bâtards de l’inégalité,

Des ados boutonneux transformés en tueurs,

La mort lâche qui rôde et les mères en pleurs,

Des femmes en burka, des curés pédophiles

Et la sourde menace d’une guerre civile.

Alors qu’attendez-vous ? Que me faut-il vous dire ?

Que l’on rase gratis ? Que tout va refleurir

Quand revient le printemps ? C’est faux, vous le savez.

On va tous en chier, on va tous en baver.

Mais on s’en sortira si on combat ensemble

Debout dans la tourmente, et sans que la main tremble !

Terrasser le chômage n’est pas une utopie

Si nous faisons enfin renaître l’industrie

Que des patrons-voyous ont délocalisée

Pour que leurs actionnaires soient de fric arrosés.

Pour cela nous allons rétablir des frontières

Contre tous les produits que des pays gangsters

Font faire à des esclaves traités comme des chiens

Puis nous vendent en dessous de leur prix de revient.

Relancer la recherche, revoir l’éducation,

Redonner à chacun l’espoir en son action,

Ressouder le pays et croire en sa nation.

Redonner au Français plus de pouvoir de vivre

En débarquant enfin de ce gros bateau ivre

Qu’est un pays dont le service de la dette,

Première dépense que le pays budgète,

Gaspille, chaque année, à des fonds étrangers

Quarante gros milliards qu’il faut bien allonger.

Pour cela, citoyens, mobilisons l’épargne

Et rachetons la dette, avec constance et hargne,

Pour que tous ces milliards ne partent pas ailleurs

Mais servent à relancer, et l’emploi, et le beurre.

Mais pour ça, citoyens, que pouvons-nous tout seuls

Sinon, c’est évident, aller au casse-gueule ?

C’est avec plus d’Europe que nous réussirons,

Non pas de cette Europe de corrompus poltrons

Au service des banques, des multinationales

Et de toutes leurs merdes ultralibérales,

Mais d’une Europe unie au service des Hommes,

Solidaire, puissante, respectée, autonome,

Capable, s’il le faut, de taper sur la table,

Et pas cette limace impuissante et minable

Qui se couche en bavant devant tous les diktats

Des Ricains, des Chinois, des nations scélérates

Qui pillent son pognon, ses actifs, son savoir.

Pour cela, citoyens, je ferais mon devoir :

Faire face à Merkel ; avec jubilation

Foutre la zizanie dans cette Commission

De boutiquiers marron se laissant enfiler

Par les lobbies voraces émanant du privé.

Mais, de ces veuleries, le temps n'est plus de mise

Quand se dresse, partout, une France insoumise.

Mes chers compatriotes, vous voulez un patron ?

Je serais celui-là, couillu et pas poltron !

Françoises et François, sus à la canaille !

Et crions :

 

BANZAÏ !

 

VictorAyoli

 

 

11/09/2016

11 septembre : les U.S.A. instaurent le fascisme au Chili.

pinochet kissinger.jpg

 

Le 11 septembre 1973 au matin, les trois armées factieuses attaquent la « Moneda, siège du gouvernement chilien régulièrement sortie des urnes. Salvator Allende, le président élu, se suicide (ou est « suicidé ») dans son palais. Ses dernières paroles radiodiffusées furent : « Continuez et sachez que s’ouvriront bientôt les grandes avenues où l’homme digne s’avancera pour construire une société meilleure.

Les grands profiteurs et exploiteurs du pays, alliés à l’armée et à la police fomentèrent un coup d’état militaire sous la direction d’Augusto Pinochet, une caricature de troufion borné au nom d’opérette. S’ensuivirent la dissolution du Congrès national, des conseils municipaux, des syndicats et des partis politiques. La liberté de la presse fut abolie, le couvre-feu instauré.

Dès lors la barbarie de la soldatesque donna toute sa mesure sanglante : des dizaines de milliers de militants parqués dans le Stadio nacional, les doigts du chanteur Victor Jara sectionnés à la hache (« Et maintenant, joue de ta guitare ! »), les rumeurs de tortures et d’assassinats en masse, l’agonie de Pablo Neruda dans sa maison pillée...

Le Chili s’enfonça dans une nuit sanglante de 17 ans…

Derrière ce désastre, derrière cet attentat terroriste contre la démocratie, un pays : les Etats-Unis d’Amérique et un assassin qui sera couronné du prix Nobel de la paix : Henri Kissinger…

Et à présent, une autre clique sévit tente de mettre en place des dérivées de l'opération Condor. Elle est à l’œuvre au Brésil au Venezuela, en Bolivie et partout dans cette Amérique latine qui à eu le culot, le courage de défier les maîtres de « l'Empire » et de libérer les peuples opprimés du joug des multinationales yankees qui les pillaient et espèrent bien recommencer. C'est le coup d’État contre Dilma Roussef au Brésil, contre Maduro au Vénezuela, contre Evo Morales en Bolivie, après la ruine organisée de l'Argentine par les bankters étasuniens.

 

Alors les tours du World Trade Center… Va fan culo !

 

twintower baudin.jpg

Création originale Giacobazzi

 

God blesse America

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Sitting Bull le guerrier, et toi Geronimo,

Et les millions d’Indiens chassés comme animaux,

Massacrés par le plomb, par la croix, par la gnole,

Par les loques données chargées de variole.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil de la nation des voleurs de vos terres …

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Esclaves noirs trimant dans les champs de coton,

Achetés, exploités et payés au bâton,

Humiliés, niés, traités pire que bêtes

Par des culs bénis blancs crispés sur leur gâchette.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil de tous ces Wasps qui ont forgés vos fers…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Salvador Allende, du fond de ton tombeau,

Et vous, Chiliens, assassinés par les Rambo

Lâchés sur vos richesses comme des chiens féroces

Pour que vos exploiteurs puissent rouler carrosse.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil des spadassins de Henri Kissinger…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Paysans communistes nés en Indonésie.

Vous étiez un million accusés d’hérésie,

Massacrés pour avoir soutenus Sokarno

Alors que les yankees préféraient Suharto.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

Orgueil du dollar roi qui nourrit les gangsters…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Héroïques soldats paysans du Viet-Nam.

Vous avez écrasé l’armée de l’Oncle Sam,

Vous avez triomphé de cette soldatesque

De violeurs, de tueurs et de pasteurs grotesques.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

Vains remparts de la vanité anglo-saxonne…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Enfants crevants de faim des faubourgs irakiens,

Disputant la pitance aux vautours et aux chiens,

Depuis que la « croisade » menée par l’Oncle Sam

Massacre les civils pire qu’au temps de Saddam.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

Qui vous envoie missiles et bombes félonnes…

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Paysans, ouvriers, écoliers yougoslaves,

Que les bombes yankees écrasaient dans les caves,

La défense du “ Droit ” fut un bon alibi :

L’ordre americana règne sur la Serbie.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

Qui ne supporte pas de pensées autochtones.

 

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Civils vitrifiés par la Bombe yankee

Rayant Hiroshima comme Nagasaki

Non pas, comme il fut dit, pour terminer la guerre

Mais pour tester sur vous les horreurs nucléaires.

Pourquoi donc riez-vous ?

Et applaudissez-vous ?

Lorsque les feux du ciel par des mains fanatiques

En un bouquet de mort tombent sur l’Amérique.

 

Relève-toi ! Debout, peuple des Zuhessa !

Libère-toi des fers, des chaînes de forçats

Dans lesquels te maintient l’ultra capitalisme

Par sa télé débile et son consumérisme.

Renverse le pouvoir aveugle du dollar

Et celui des banquiers et boursiers vicelards.

Rafale les “ chairmen ” des multinationales

Qui ravagent le monde par leurs actions bestiales.

Demande-toi enfin, réflexion citoyenne,

Pourquoi donc ton pays suscite tant de haine !

Redevient cet ami qui nous a fait rêvé,

Qui a laissé sa vie pour venir nous sauver.

Tu viens du monde entier, partout tu as des frères.

Valent-ils moins que toi ? Arrache tes œillères

Afin que la statue prénommée Liberté

Ne tourne plus le dos à la Fraternité.

 

VictorAyoli

 

Photo X - Droits réservés

 

06/09/2016

Bientôt des oranges pour Sarko ?

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Écoutez-les piailler toutes ces pies bavardes !

Écoutez « s’offusquer » les hordes combinardes !

Herzog et Pèchenard qui hurlent au complot

Ourdi par le Parquet pour tuer leur charlot.

Leur cervelle est plus sombre, encor, que leur plumage

Tant leurs cris de putois empestent l’enfumage.

Ils guerroient pour leur chef, ces tristes condottieres,

Ces soldats de salon, guerriers de pissotières.

Leur chef, leur donneur d’ordre, bien sûr c’est Sarkozy,

Un « guide » dont l’honneur sent plutôt le moisi.

Ils grenouillent en chœur, ces curieux branquignoles

Pour l’as des coups fourrés, le roi des casseroles !

Et tout le tintamarre orchestré par Waukiez

N’a qu’un unique but : enfumer et tromper

L’électeur populaire par les médias complices,

Radios, canards-laquais et télés castratrices.

Ce qu’il faut occulter, pour ces tristes faux-culs

Ce sont les casseroles que Sarko traîne au cul,

Qui lui valent d’avoir une flopée de juges

Et qui vont déboucher sur un sacré grabuge !

L’affaire Bettencourt, les sous de Kadhafi,

Les sondages bidon, puis l’affaire Tapie,

Le trafic d’influence et la compromission

Sans vergogne, jusqu’à la Cour de Cassation !

Sans oublier les attentats de Karachi

Au temps où guerroyaient Balladur et Chichi.

Mais voilà que revient l’affaire Bygmalion

Petit détournement de vingt-trois millions

Faisant plus que doubler les comptes de campagnes

D’une élection perdue, et ça, ouais ! Ça l’encagne !

- Chouchou, dit Carlita, tu auras des oranges

Si tu vas en prison. Et des slips de rechange !

 

VictorAyoli

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

 

 

03/08/2016

NUCLEAIRE. Projet CIGEO : c'est mal barré à Bure !

NUCLÉAIRE :

INACTIFS AUJOURD'HUI

RADIOACTIFS DEMAIN !

 

 

Pfft ! Pas facile de faire des trous pour planquer sa merde, qu’il doit se dire le patron de l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). En effet, en date du 1er aout, le Tribunal de grande instance de Bar-le-Duc a ordonné à L’Andra non seulement de stopper les travaux de défrichements entamés sur les lieux du projet, mais encore de remettre les lieux, en l’occurrence un bois) dans son état primitif sous peine de contrainte. En voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Ils se battent les gens de l’Est ! Et ils ont bon espoir d’arrêter cette horreur que serait CIGEO, le site conçu par les têtes d’œuf nucléocrates pour planquer sous le tapis toutes les saloperies issues de l’industrie nucléaire.

Les nucléocrates n’ont pas choisi le site de Bure sur le critère technique de sa structure géologique, ce qui aurait été au moins scientifiquement honnête, mais sur un critère « d’acceptabilité par la population » ! Une population, ou plutôt des élus, des collectivités locales achetées à grands coups de subventions.

En d’autres temps, il a été question d’implanter cette poubelle nucléaire près de chez moi, à Marcoule, sur les rives du Rhône, dans le Gard. Choix géologiquement aberrant mais population déjà bien conditionnée. Je suis fier d’avoir – bien modestement – un peu contribué à ouvrir les yeux des populations locales anesthésiées par des décennies de « culture nucléaire ». Ceci en alertant une puissance locale, celle des vignerons des Côtes-du-Rhône à ma manière, celle des mots :

 

Plutonium, Plutôt nie Homme, Plus tôt gnome…

 

Voilà des décennies qu’est tombé le Malheur

Dont le souffle puant se nourrit de nos pleurs,

Son nom d’alors était " Énergie nucléaire ".

Sous son masque civil, elle était militaire.

Ce qu’On nous promettait, c’est l’Électricité

Qui moderniserait les bourgs et les cités

Alanguies au soleil parmi la farigoule,

À deux pas de Bagnols, sous la Dent de Marcoule.

Derrière elle pourtant se camouflait La Bombe

Effroyable Moloch, pourvoyeuse de tombes.

Les servants de l’atome jouaient à pleines orgues

Le grand air du Progrès, sûrs d’eux et plein de morgue,

Promettant aux crédules des villes et des champs

Opulence, bonheur et futur alléchant.

Leurs machines de fer éventrant nos garrigues,

Ils ont détruit nos vins, nos olives, nos figues.

Des terres étripées, des collines rasées,

Bientôt surgit l’Usine par l’État imposée

Elle jeta aux Veaux du foin et du travail,

Endormit leur bon sens, puis en fit des cobayes.

Nul ne se rebellait, car tous étaient repus,

Nul ne réfléchissait grâce à l’argent qui pue.

On déversa sur eux un prodigieux pactole,

Avec quoi ils bâtirent des routes, des écoles

Dans toute la vallée, des chantiers s’élevaient

Le béton, la ferraille et le goudron pleuvaient.

Alors les Marcoulins, insidieusement

En confortant les Veaux dans leur aveuglement,

Mirent à leur profit la voie électorale,

Pour investir partout la chose communale.

Bientôt dans chaque bourg et dans chaque famille

Des hommes et des femmes, en franchissant les grilles

De l’Usine de Mort pour gagner leur pitance

Laissèrent au vestiaire bon sens et conscience.

Quand la population perdit tout sens critique

On appela cela « la culture atomique ! »

Culture de mensonge, de dissimulation,

D’achat des consciences, d’actions sans précautions.

On fit G1, G2, G3 On fit Phénix,

Merveille cocardière au pays d’Astérix

Qui devait nous donner enfin l’indépendance

Énergétique et donc la Grandeur, la Puissance.

On fabriqua surtout beaucoup de Plutonium

Ce produit de l’Enfer, disons plutôt "Nie Hommes",

On fit de l’Uranium et autres noms en Ium

Des jouets pour savants atteints de delirium.

On en trouve partout, depuis les eaux du Rhône

Jusque dans les produits de l’ardeur vigneronne.

Mais le peuple s’en fout, endormi par le fric

Que dégueule à foison la mafia atomique…

« Pourquoi donc se gêner se dit-on en haut lieu

Personne ne dit rien, utilisons au mieux

Le site de Marcoule ! » Et donc ainsi fut fait.

Il y eut çà et là quelques cris étouffés

Faisant se goberger les sinistres canailles

Partisans des folies dites : "Rapport Bataille "

Un texte projetant d’implanter sous nos terres

Une terrifiante Poubelle Nucléaire.

On vit venir l’ANDRA, experte ès mensonges

- Questionnez à La Hague ceux que le cancer ronge -

Comme il ne fallait pas effrayer le gogo

La terrible Poubelle fut baptisée "Labo"…

Bien sûr, ça fait moins peur, ça fait même coquet :

Quelques laborantines, pourquoi pas des bouquets !

Mais en fait, dans l’esprit des sinistres guignols,

Il s’agit d’enfouir au tréfonds de nos sols

Les déchets nucléaires les plus radioactifs,

Le danger absolu, sans fin, définitif,

Valant danger de mort pour tous nos descendants

Non pas pour cent années, mais pour trois cent mille ans !

En attendant d’avoir les autorisations

La mafia nucléaire conforte ses positions :

Elle installe Mélox : du plutonium par tonnes,

Elle fond du métal pollué par l’atome

Et brûle des déchets toujours radioactifs

Qui, partis en fumée, retombent sur nos pifs

Ainsi que sur les vignes de la Côtes-du-Rhône…

Vignerons, en étant aujourd’hui inactifs

Qui donc boira demain vos vins radioactifs ?

Quelques vieux cancéreux tracassés des neurones ?

Honte sur ces élus à l’épais crâne obtus

Engraissés aux dépens de leur pays vendu,

Salauds aux fronts de bœufs vautrés dans un argent

Gagné sur le malheur et sur la mort des gens.

Parents, quand vos enfants, crevant de leucémie

Verront bien que vous êtes leur pire ennemi

L’œil de Caïn, sur vous, sortant de leurs yeux morts

Fera de votre vie un enfer de remords.

 

VictorAyoli

 

 

 

10/06/2016

Des goûts, dégout d'égout.

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L’Histoire a pour égout des temps comme les nôtres

Où la vermine grouille et où les rats se vautrent.

Souvent ils se retrouvent, entre soi, au Fouquet’s

Pour bâfrer, picoler, roter et ricaner

Sur le dos dégoûtant des viles populasses

Abruties de soucis, hâves, sales et lasses.

Banquiers et financiers, traideurs, patrons voyous,

Ecrivaillons vulgaires et joueurs de biniou :

« Profitons, disent-ils, car l’époque est propice,

Mentons, trichons, volons ! Au diable l’avarice !

Nous qui savons comment manier l’opinion,

Pour nous vins et caviars, et pour eux les quignons. »

Et pour faire accepter toutes leurs roublardises,

Ces pillards ont trouvé leur sésame : « la crise ».

Elle a bon dos « la crise » pour nous faire avaler

Tous ces « plans sociaux » qui vont faire chialer

Les milliers de familles que dans la rue on jette

En leur lançant un os à ronger, comme aux bêtes.

Elle a bon dos la crise pour nous faire accepter

Des lois liberticides que l’on fait adopter

En douce, à la sournoise, par les sombres fayots

D’un Parlement croupion peuplé de godillots.

Elle a bon dos la crise pour mettre en surveillance

Sous le regard des flics tout ce qui vit en France,

Big Brother est partout. Au stade ou à la messe

Nous aurons tous, bientôt, des caméras aux fesses.

Elle a bon dos la crise pour brader aux boutiques

Des rats aux dents très longues les services publics.

L’eau, l’électricité, le gaz, les autoroutes

Sont partis prospérer dans les poches filoutes

Des Bouygues, Boloré, Lagardère, Dassault

Et d’autres moins connus mais avides pourceaux

Qui se pressent en cour pour flatter le satrape

Infligeant au pays ses manières de gouapes.

Halte-là ! Trop c’est trop ! Voyous sans foi ni lois !

Trop c’est trop pour le Peuple qui étête ses rois !

 

VictorAyoli

 

 

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09/06/2016

Pourquoi France Inter sort-il Madelin de la naphtaline ?

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Je viens d'entendre, à défaut d'écouter, l’ineffable Madelin. On croyait qu’il était retourné à sa place celui-là, dans les poubelles dorées, mais le revoilou qui vient nous rabâcher son grand air du bonheur ultra libéral ! Mais qu'est-ce qu'il leur arrive à France Inter pour nous ressortir de la naphtaline l'ancien nervi facho d’Occident reconverti dans les « fonds d’investissement » ?

Tiens, je lui ai écrit une petite bluette qui se chante évidemment sur l'air célèbre de « La Madelon » :

 

« Quand Madelin vient nous servir sa soupe

On a envie d’y casser le menton

Ce pourri mérite qu’on lui coupe

Ce qui lui sert de roustons !

 

Quand Madelin vient nous gonfler les glandes

On a envie de lui bourrer l’oignon.

Il faudra bien qu’un jour on le pende

Madelin, Madelin, Madelin…

 

Quand ce salaud vient nous baver dans le poste

Son grand air du bonheur ultra-libéral

C’est le moment d’organiser la riposte.

Tous dans la rue, soulèvement général !

 

Nous les clodos crevant la dalle

Qui n’avons mêm’ pas le chomdu

Nous les champions de la fringale

Nous prendrons ce qui nous est dû

 

Tremblez ! vous les patrons

Tremblez ! vous les poltrons

Les princes du pavé vont vous botter le cul ! 

 

Quand Madelin vient nous gonfler les glandes

On a envie de lui bourrer l’oignon.

Il faudra bien qu’un jour on le pende

Madelin, Madelin, Madelin…»

 

 

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01/05/2016

Ne nous laissons pas plumer ! Gastronomie ouvrière du 1er Mai : Le coq au vin !

Coq au vin copie.jpg

 

 

L’ultralibéralisme salope tout ce qu’il touche… Son crédo, sa stratégie c’est « séparer pour mieux régner ». Les jeunes contre les vieux, les actifs contre les chômeurs, le public contre le privé, les étrangers contre les Français de souche. Cette idéologie porte en elle des ferments de guerre civile.

Le 1er mai, il convient de rappeler à Gattaz, Vals et Macron (François n’existe plus) ce que c’est à ces ignares.

 

États-Unis, années 1880, la colère gronde dans un monde ouvrier soumis à des cadences de travail harassantes, 12h, parfois 14h par jour. Le 1er mai 1886, début de l'année comptable des entreprises, une grande manifestation est organisée par les syndicats de Chicago. La grève s'étend bientôt au pays tout entier et la mobilisation est telle que le mouvement obtient satisfaction : la journée de travail est réduite à 8h, mais non sans perte. Plusieurs ouvriers de la fabrique McCormick à Chicago trouvent la mort dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Sur l'une des tombes sont gravés ces quelques mots : "Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui".

 

De ce côté de l'Atlantique, la II ème Internationale socialiste se réunit à Paris, en 1889 pour le centenaire de la Révolution française et décide d'organiser tous les ans, dans tous les pays et à date fixe, une grande manifestation ouvrière. Ici aussi, la journée de 8h (mais toujours 5 jours par semaine) est la principale revendication. Et c'est la date du 1er mai qui est retenue, en souvenir des manifestations de Chicago. Dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grèves ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations.

 

Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent en effet à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.

 

En 1941, le régime de Vichy salope cette journée émancipatrice et transforme ce rendez-vous ouvrier en jour férié, « fête du Travail et de la Concorde sociale »..

 

Le 29 avril 1947, les autorités issues de la Libération reprennent la mesure. Le 1er mai est officiellement déclaré jour chômé-payé dans toutes les entreprises françaises, et le restera.

 

Le sinistre borgne a tenté de récupérer ce beau jour de fraternité avec sa fête folklorique de Jeanne d’arc.

 

Attention donc à ne pas laisser ce jour symbole des luttes ouvrières à la caste familiale Le Pen et sa fête de la Pucelle !

 

Ce qui ne doit pas nous couper l'appétit !

 

Je vous propose donc de déguster deux des emblèmes de notre pays : le coq et le vin !

 

 

Le coq au vin de Ginette et Nicole

 

« Allez, Zou ! Viens mon beau. On va tuer le coq! »

C'est ainsi que Ginette, femme du Pays d'Oc

Fit de moi son complice pour saigner "Pyjama"

Et en faire une fête pour tous nos estomacs.

« Il honore mes poules, mais il me les esquinte.

C'est "viol avec violence", si elles portent plainte! »

Je tiens solidement Pyjama par les pattes

Et lui bloque les ailes pour qu'il ne se débatte,

Elle lui tend le cou sur une casserole

Et plante franchement l'Opinel à virole.

Le sang de Pyjama s'écoule volontiers,

Un grand frémissement et il meurt sans crier...

Telle est la dure et saine loi de la nature :

Tout être est prédateur mais aussi nourriture !

En quatre mouvements, Pyjama est plumé,

Vidé et nettoyé, puis flambé et coupé

En solides portions et mis à mariner

Dans un Cairanne rouge où l'on a ajouté

Oignons piqués de clous de girofle et carottes,

Quelques baies de genièvres, sel, poivre et pas de flotte.

On laisse reposer au frais, toute une nuit.

Au matin on sort les morceaux que l'on essuie.

Au fond d'une sauteuse ou mieux d'une... cocotte,

Faites mousser du beurre dans de l'huile bien chaude,

Et faites-y dorer vos morceaux de volaille

Avec un peu d'oignon et quelques gousses d'ail.

Saupoudrez sur la fin avec de la farine

Toujours en remuant. Faut pas que ça calcine.

Flambez alors le tout avec un Armagnac,

Un marc de Châteauneuf ou bien un bon Cognac.

Puis vous passez dessus le jus de marinade,

Poivre, bouquet garni, sel (pas comme un malade).

Montez alors jusqu'à petite ébullition

Et cuisez doucement. La durée est fonction

De ce qu'est le bestiau. Pour Pyjama trois heures

Mais pour un coq d'hyper entre une et deux heures.

Préparez quelques cèpes, frais ou secs mais trempés,

Vous les sautez dans l'huile, les poivrez, les salez,

Puis vous les rajoutez à la préparation

Demi-heure avant la fin de votre cuisson.

À votre liaison il faut alors penser:

Sortez un verre de sauce, laissez-là reposer,

Puis battez-la avec jaune d'œuf et vinaigre,

De la farine en pluie. Fouettez d'un ton allègre!

Si vous l'avez gardé, vous rajoutez le sang.

Incorporez le tout dans le jus frémissant.

C'est prêt. Sans plus tarder arrêter le réchaud.

Vous buvez un canon et vous servez très chaud.

Avec des tagliatelles ou des pommes vapeur,

Et un bon Châteauneuf, on atteint le bonheur!

Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes

 

Le coq au vin est un plat qui doit mijoter. Il s'accommode donc parfaite­ment d'une volaille ayant de l'âge. Il faut une viande qui tienne aux os, et des os solides. Il vous faut donc:

Pour la marinade: - l coq ancien de deux kilos, - 2 bouteilles de bon vin rouge A.a.C., - 2 oignons pour la marinade, - 1 demi kilo de carottes coupées en rondelles, - 4 clous de girofle, - l dizaine de baies de geniè­vre, - 2 cuillerées de gros sel, - poivre du moulin.

Pour le plat: - 2 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - gros comme un œuf de beurre, - l oignon émincé, - 3 gousses d'ail, - un peu de farine, - l verre d'Armagnac, Cognac ou Marc de Provence, - l bouquet garni, - l cuillerée à soupe de sel fin.

Pour la sauce: - 1 jaune d' œuf, - l demi-verre de vinaigre de vin, - 2 cuillerées à soupe de farine, - le sang du coq si vous l'avez gardé, - 1 sachet de cèpes secs mis à tremper.

 

Les vins conseillés:

 

Pas de demi-mesure pour le coq au vin: les meilleurs rouges de la vallée du Rhône: Côtes-Rôties, Hermitage, Croze-Hermitage, Saint-Joseph, Chateauneuf-du-Pape, Lirac, Gigondas, Vacqueyras, Cairanne, Saint­Gervais, Séguret, Vinsobres, Visan, Sainte-Cécile-Ies- Vignes, Cornillon. En Coteaux du Languedoc, les vins chaleureux de Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Corbières, Fitou.

Les Côtes du Roussillon "Villages" de Belesta, Estagel, Maury, les Collioure.

Les vins de Provence Coteaux des Baux, Palette, Bandol évidemment, Les Arcs, les grands rouges de Bellet.

 

Illustration originale Vincent Barbantan

 

18/04/2016

Les fables de La Bedaine : Le trou du cul devenu roi !

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Or donc en ce temps là, hasard ou jeu divin

Le corps humain advint.

Il fallut décider qui, de tous les organes,

Serait le chef idoine.

Ainsi dit le cerveau, je contrôle les nerfs,

C’est donc moi qui dois être le chef décisionnaire.

Ainsi dirent les yeux, c’est nous qui apportons

L’essentiel des informations,

Nous devons être chefs car c’est par nous qu’on voit.

Ainsi leur dit la bouche, tout est nourri par moi,

Il est donc naturel que j’ai le gouvernail.

Eh ! Oh ! dirent les mains, qui donc fait le travail

Pour être votre chef, n’ai-je pas le prestige ?

Car qui nourrit dirige.

Oui mais, dirent les pieds, qui donc vous tiens debout ?

Sans nous que seriez-vous sinon un tas de mou ?

Nous devons être chefs, telle est notre démarche

Car si nous nous bougeons, c’est bien grâce à la marche.

Enfin le trou du cul fit entendre sa voix

Réclamant lui aussi le pouvoir d’être roi.

Et tous de se gausser, de ricaner, de rire,

Que le cul les dirige ? Qui aurait-il de pire ?

Le trou du cul, vexé, alors se referma.

Aussitôt tout le corps glissa vers le coma.

Le cerveau fut fiévreux

Les yeux furent vitreux,

Les mains pendaient sans force

Les pieds devinrent torses

Les poumons et le cœur perdaient le goût de vivre

Le corps humain souffrait et luttait pour survivre.

Tous demandèrent alors au cerveau de céder

Et laissèrent au cul le droit de décider.

Celui-ci, en s’ouvrant, remis le corps en marche,

C’est donc lui qui devint le chef, le patriarche,

Le corps fonctionnait bien, sans à coups, simplement

Car il gérait fort bien tous les emmerdements.

 

Moralité :

 

L’on peut être, sans en être vaincu,

Dirigé par un trou du cul !

 

 

Illustration: merci à l'irremplacé Reiser

 

 

28/03/2016

Pâques à New-York.

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Seigneur, c’est aujourd’hui le jour de votre Nom,
J’ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion,

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans le livre, doucement monotones.

Un moine d’un vieux temps me parle de votre mort.
Il traçait votre histoire avec des lettres d’or

Dans un missel, posé sur ses genoux.
Il travaillait pieusement en s’inspirant de Vous.

À l’abri de l’autel, assis dans sa robe blanche,
il travaillait lentement du lundi au dimanche.

Les heures s’arrêtaient au seuil de son retrait.
Lui, s’oubliait, penché sur votre portrait.

À vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,
Le bon frère ne savait si c’était son amour

Ou si c’était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère.

Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.
Dans la chambre à côté, un être triste et muet

Attend derrière la porte, attend que je l’appelle!
C’est Vous, c’est Dieu, c’est moi, — c’est l’Éternel.

Je ne Vous ai pas connu alors, — ni maintenant.
Je n’ai jamais prié quand j’étais un petit enfant.

Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi.
Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix;

Mon âme est une veuve en noir, — c’est votre Mère
Sans larme et sans espoir, comme l’a peinte Carrière.

Je connais tous les Christs qui pendent dans les musées;
Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés.

Je descends à grands pas vers le bas de la ville,
Le dos voûté, le cœur ridé, l’esprit fébrile.

Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d’étincelles.

Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang
Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang,

D’étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées,
Calices renversés ouverts sous vos trois plaies.

Votre sang recueilli, elles ne l’ont jamais bu.
Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul.

Les fleurs de la Passion sont blanches, comme des cierges,
Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge.

C’est à cette heure-ci, c’est vers la neuvième heure,
Que votre Tête, Seigneur, tomba sur votre Cœur.

Je suis assis au bord de l’océan
Et je me remémore un cantique allemand,

Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs,
La beauté de votre Face dans la torture.

Dans une église, à Sienne, dans un caveau,
J’ai vu la même Face, au mur, sous un rideau.

Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz,
Elle est bossuée d’or dans une châsse.

De troubles cabochons sont à la place des yeux
Et des paysans baisent à genoux Vos yeux.

Sur le mouchoir de Véronique Elle est empreinte
Et c’est pourquoi Sainte Véronique est Votre sainte.

C’est la meilleure relique promenée par les champs,
Elle guérit tous les malades, tous les méchants.

Elle fait encore mille et mille autres miracles,
Mais je n’ai jamais assisté à ce spectacle.

Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.

Pourtant, Seigneur, j’ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l’intaille de votre image.

Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains
Y laisse tomber le masque d’angoisse qui m’étreint.

Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N’y lèchent pas l’écume d’un désespoir farouche.

Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,
Peut-être à cause d’un autre. Peut-être à cause de Vous.

Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée, tassée, comme du bétail, dans les hospices.

D’immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.

Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols.

Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.

C’est leur bonheur à eux que cette sale pitance.
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.

Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juifs
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.

Je le sais bien, ils t’ont fait ton Procès;
Mais je t’assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.

Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,
Vendent des vieux habits, des armes et des livres.

Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.
Moi, j’ai, ce soir, marchandé un microscope.

Hélas! Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques!
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.

Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha,
Se cachent. Au fond des bouges, sur d’immondes sofas,

Elles sont polluées par la misère des hommes.
Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum

Elles cachent leur vice endurci qui s’écaille.
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille.

Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.
Seigneur, ayez pitié des prostituées.

Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.

Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.

Seigneur, l’un voudrait une corde avec un nœud au bout,
Mais ça n’est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.

Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l’opium pour qu’il aille plus vite en paradis.

Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l’orgue de Barbarie,

À la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l’éternité.

Seigneur, faites-leur l’aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l’aumône de gros sous ici-bas.

Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce que l’on vit derrière, personne ne l’a dit.

La rue est dans la nuit comme une déchirure,
Pleine d’or et de sang, de feu et d’épluchures.

Ceux que vous aviez chassés du temple avec votre fouet,
Flagellent les passants d’une poignée de méfaits.

L’Étoile qui disparut alors du tabernacle,
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.

Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s’est coagulé le Sang de votre mort.

Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.

J’ai peur des grands pans d’ombre que les maisons projettent.
J’ai peur. Quelqu’un me suit. Je n’ose tourner la tête.

Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J’ai peur. J’ai le vertige. Et je m’arrête exprès.

Un effroyable drôle m’a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais, comme un poignard.

Seigneur, rien n’a changé depuis que vous n’êtes plus Roi.
Le Mal s’est fait une béquille de votre Croix.

Je descends les mauvaises marches d’un café
Et me voici, assis, devant un verre de thé.

Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos
Sourient, se penchent et sont polis comme des magots.

La boutique est petite, badigeonnée de rouge
Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou.

Ho-Kousaï a peint les cent aspects d’une montagne.
Que serait votre Face peinte par un Chinois ?

Cette dernière idée, Seigneur, m’a d’abord fait sourire.
Je vous voyais en raccourci dans votre martyre.

Mais le peintre, pourtant, aurait peint votre tourment
Avec plus de cruauté que nos peintres d’Occident.

Des lames contournées auraient scié vos chairs,
Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs,

On vous aurait passé le col dans un carcan,
On vous aurait arraché les ongles et les dents,

D’immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous,
Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou,

On vous aurait arraché la langue et les yeux,
On vous aurait empalé sur un pieu.

Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l’infamie,
Car il n’y a pas de plus cruelle posture.

Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux
Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux.

Je suis seul à présent, les autres sont sortis,
Je me suis étendu sur un banc contre le mur.

J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église;
Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.

Je pense aux cloches tues: — où sont les cloches anciennes?
Où sont les litanies et les douces antiennes?

Où sont les longs offices et où les beaux cantiques?
Où sont les liturgies et les musiques?

Où sont tes fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains?
Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints?

La joie du Paradis se noie dans la poussière,
Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières.

L’aube tarde à venir, et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois.

C’est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l’on voit trembloter en rouge sur du noir.

La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.

Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.

Des reflets insolites palpitent sur les vitres…
J’ai peur, — et je suis triste, Seigneur, d’être si triste.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– La lumière frissonner, humble dans le matin.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via? »
– L’augure du printemps tressaillir dans mon sein.

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne…
Ma chambre est nue comme un tombeau…

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre…
Mon lit est froid comme un cercueil…

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents…
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle…

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux…
Non, cent mille femmes… Non, cent mille violoncelles…

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses…
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées…

Je ne pense plus à vous. Je ne pense plus à vous.

 

Blaise Cendrars

New York, avril 1912

 

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