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29/04/2018

Epatez vos amis avec un repas original : bouffez ceux qui vous bouffent !

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Prenez un riche bien gras et dodu. De la variété française, c'est les mieux nourris. S'il se fait rare, achetez-le (ou mieux, chassez-le) en Belgique, en Suisse, en Angleterre, à Monaco. Du fouteux (mais c'est filandreux), du showbizzeux (mais c'est gras et ça a un gout de coke prononcé), du patron. Prenez un patron bien gras et dodu. La meilleure race, c’est la Cacarente. Le nec plus ultra, le Bresse de ces volailles restant tout de même le Patrondebanque, à égalité avec l’Exiléfiscal, surtout celui du genre Pigeonvautour-déserteur-fiscal. Evitez les patrons Depéhèmeux, ils sont trop petits, ils triment souvent autant que vous et sont trop durs à cuire.


Plumez-le autant qu’il vous a plumé. A vif autant que possible : ça crée une production d’endorphine qui donnera à la viande un fumet particulier qui vous rappellera le jour où il vous a convoqué pour vous lourder.

Flambez-le, si possible sur les ruines fumantes de son bureau ou de son usine. Puis égorgez-le en gardant le sang, il est fait de celui qu’il vous a fait suer. Coupez lui immédiatement les génitoires s’il en a : les laisser donne mauvais goût à la viande.

Videz-le de ses tripes qu’il a toute sa vie copieusement tapissées de sauces chaudes et onctueuses avec le pognon qu’il vous a volé. Jetez-les, de toute façon un patron de Cacarente n’a rien dans les tripes, et beaucoup de merde dans la tête.

Coupez-le en morceaux, au hachoir ou à la tronçonneuse selon affinités. Faites macérer ces morceaux dans une marinade faite de moitié bile, aussi amère que celle qu’il vous a fait faire, moitié merde diarrhéique, c’est ce qui convient le mieux.

Après deux jours de marinade, faites revenir les morceaux dans de l’huile de vidange. Puis mettre à cuire à l’étouffé avec la marinade passée au chinois, comme ceux chez qui il a délocalisé votre usine.

Enfin, comme c’est immangeable, foutez le tout au chiotte, c’est la place de ce genre de patrons !

Et bon appétit !

 

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  Illustrations Salvator Dali - Centre Pompidou 

 

 

13/04/2018

Menace de guerre mondiale. Mourir pour Coca Cola ?

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La fabrique de "preuves" des Casques blancs

« La Russie jure d’abattre n’importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et intelligents ! Vous ne devriez pas vous associer à un Animal qui Tue avec du Gaz, qui tue son peuple et aime cela ». Qu’on entende de tels propos au bistrot de la toile, chez Loulle, on peut le comprendre, mais dans la bouche du président de la nation la plus puissante du monde économiquement et militairement ça laisse sur le cul…

C’est pourtant, hélas, la triste réalité. Une réalité qui risque de plonger le monde dans un engrenage guerrier aux conséquences cataclysmiques. Nous sommes concernés au plus haut point dans cette folie par le suivisme de toutou fidèle de notre ci-devant président Macron qui à l’occasion révèle sa vraie nature : mettre la France à la remorque des États-Unis et de tout ce que représente cette nation prédatrice : capitalisme sauvage, prééminence de la finance au service des multinationales étasuniennes, brutalité militaire pour satisfaire le complexe militaro-industriel, impérialisme mondial, etc.

On sait de Macron qu’il s’agit d’un ex-banquier d’affaires du Groupe Edmond de Rothschild, mais on sait moins que, tout comme son Premier ministre Édouard Philippe, il est membre de la French-American Foundation (Young Leader cuvée 2012) et de la sulfureuse conférence de Bilderberg. Il a donc été choisi et adoubé par ces officines à la solde des seuls intérêts étasuniens avant d’être élu par moins de 20 % de Français. Ces accoquinages ne condamnent pas toutes les actions de Macron mais ils indiquent les influences qui orientent ces actions. Voilà qui explique aussi son léchage des bottes yankees. Voilà rout de même

pour la défense de quels intérêts les deux dirigeants de notre pays vont faire de la France une cible privilégiée des missiles russes.

L’intérêt de la France est-il de se mettre dans une telle posture belliqueuse ? La Russie est-elle un pays ennemi ? Non. Nous menace-t-il ? Non. Doit-on croire les allégations « d’abominations chimiques » qui seraient le prétexte du déclenchement d’un engrenage mortel lorsqu’on sait qu’elles émanent de groupuscules islamistes qui se baptisent « casques blancs », relayés par la propagande étasunienne ? Où sont les preuves ? A-t-on oublié les « preuves d’armes de destructions massives » de Sadam Hussein ?

Ces bombardements prévus apporteront-ils une solution au foutoir du Moyen-Orient ? Absolument pas. Bachar el Assad a gagné sa guerre contre ses terroristes et quelques bombes n’y feront rien. Et n'oublions pas que toutes, absolument toutes les interventions occidentales au Moyen-Orient se sont soldées par une agravation de la situation. Donc, action stupide.

Les intérêts de la France y gagneront-ils quelque chose ? Certainement pas, elle est totalement hors jeu. Ah ! Si, ça fera une vitrine pour vendre nos belles machines à tuer… Macron pourra vendre quelques armes de plus à son « frère » Mohamed Ben Salman, ce grand « démocrate » d’Arabie saoudite auquel il vient de dérouler le tapis rouge et qui s’en servira pour massacrer quelques milliers de Yéménites de plus. Les vrais intérêts de la France sont plutôt en Iran.

En fait, il n’existe aucune menace pour la France et l’Europe de la part de la Russie. La Russie n’est pas notre ennemi ! Or, la politique poursuivie par les États-Unis et leurs alliés-vassaux, tant en Syrie qu’en Ukraine, vise à créer l’impression d’une telle menace. L’aménagement de bases de l’OTAN, l’accroissement de son infrastructure a pour but de renforcer l’influence de l’Alliance atlantique en Europe, de contraindre les pays membres à consentir des dépenses supplémentaires pour entretenir les troupes et semer l’inquiétude parmi les alliés. Et maintenant les rodomontades syrienne d'un Dr Folamour. Il serait peut-être temps de prendre conscience de ces réalités et de les regarder en face.

Et en face, c’est du lourd ! Du fait qu’une guerre à grande échelle en Europe menacerait l’existence même de l’État russe et de sa nation, ceux-ci sont en train de prendre des mesures pour faire savoir sans équivoque que si cela se produisait, les États-Unis et leurs alliés-vassaux paieraient un prix immense pour une telle attaque. Les moyens qui se mettent en place côté russe sont à la mesure de la menace otanienne. Et même plus.

Jusqu’à présent, la Russie ne croyait pas a une menace militaire classique venant des forces de l’Otan. Elle n’avait donc pas déployé de forces significatives pour se défendre contre une menace fictive. Cela est en train de changer sérieusement.

Blindés. La Russie réarme une de ses armées des plus prestigieuse, la 1ère Armée blindée de la garde (1 TGA). Actuellement, elle est équipée de chars de combat T-72B3 et T-80, mais ils seront remplacés par le nouveau char révolutionnaire T-14 Armata, tandis que les véhicules de combat d’infanterie actuels et les véhicules blindés seront remplacés par les nouveaux APC et IFV. L’appui aérien de ces unités blindées sera assuré par des Mig-28 et des hélicoptères d’attaque Ka-52.Il y a là une force terrestre blindée sans équivalent côté occidental.

Missiles tactiques. Le nouveau système de missile tactique opérationnel Iskander-M est une arme redoutable sous tous ses aspects. Bien que techniquement ce soit un missile tactique à courte portée (moins de 1 000 km de portée, l’Iskander-M a une portée officielle de 500 km), il peut aussi tirer le missile R-500, qui a une portée opérationnelle intermédiaire (plus de 1 000 km, le R-500 a une portée de 2 000 km). Il est extrêmement précis, il a des capacités antimissiles avancées, il se déplace à des vitesses hypersoniques et est pratiquement indétectable sur le terrain (voir ici pour plus de détails). Ce sera le missile chargé de détruire toutes les unités et les équipements que les États-Unis et l’OTAN ont déployés à l’avant en Europe orientale et, si nécessaire, d’ouvrir la voie à la 1TGA.

Missiles intercontinentaux. Ni la 1TGA, ni le missile Iskander-M ne menacent le territoire américain en aucune façon. La Russie a donc aussi besoin d’une arme qui peut semer la panique au Pentagone et à la Maison Blanche. Le RS-28 Sarmat (SS-X-30 selon la classification de l’OTAN) fait monter la terreur à un niveau totalement nouveau. Le Sarmat vole à Mach 20 (24 500 km/h). Il est capable de transporter 10 à 15 ogives MIRV à têtes multiples, Le missile sera capable d’atteindre toute cible partout sur la planète, par n’importe quelle trajectoire. Tous ces éléments combinés rendront le Sarmat lui-même et ses ogives, totalement impossibles à intercepter. Le Sarmat sera également capable de délivrer le Iu-71, une ogive conventionnelle hypersonique conçue pour une frappe cinétique, qui permet de détruire une cible ennemie fortifiée dans un conflit non nucléaire. Cela sera rendu possible par la précision étonnante des ogives du Sarmat, de 10 mètres, et à son temps d’armement qui est inférieur à 60 secondes.

Torpille stratégique. La torpille stratégique Status-6 peut plonger jusqu’à 1 000 m à une vitesse allant jusqu’à 185 km/h et il a une portée de 10 000 km. Elle est délivrée par des sous-marins spécialement configurés. Le système Status-6 peut être utilisé pour cibler des groupes de combat de porte-avions, des bases de la marine des États-Unis (en particulier les bases de sous-marins balistiques) et, dans sa configuration la plus effrayante, il peut être utilisé pour délivrer des bombes au cobalt à haute radioactivité, capables de contaminer de vastes étendues de territoire. La plupart des villes des USA et les centres industriels étant le long de la côte, cette situation les rend extrêmement vulnérables aux attaques de torpilles.

Autres armes sournoises. Le rail mobile soviétique ICBM BzhRK est un système de wagons de missiles circulant en permanence dans l’immense réseau ferroviaire russe. Impossibles à repérer. Le missile de croisière Kalibr, vu récemment en action dans la guerre en Syrie peut être tiré d’un conteneur typique du commerce, comme ceux que vous trouverez sur des camions, des trains ou des navires. Rappelez-vous que le Kalibr peut frapper tout ce qui se trouve entre 50 et 4 000 km et qu’il peut transporter une ogive nucléaire. Où serait le problème, pour la Russie, de déployer ces missiles de croisière au large des côtes des États-Unis à bord de navires porte-conteneurs réguliers ?

Alors, est-il raisonnable pour nous, Français, Européens, d’attacher notre existence même aux folies des mégalos du Pentagone, eux-mêmes manipulés par le complexe militaro-industriel étasunien ?

Les Russes sont comme les autres, ils ont peur de la guerre et ils vont tout faire pour l’éviter. La dernière leur a coûté plus de 28 millions de morts… Mais ils sont aussi prêts s’il faut la faire. Ceci est une caractéristique culturelle russe unique, que l’Occident a mal interprétée un nombre incalculable de fois au cours des 1 000 dernières années. Maintes et maintes fois, les Européens ont attaqué la Russie pour se retrouver dans un combat qu’ils n’auraient jamais imaginé, même dans leurs pires cauchemars. Napoléon et Hitler y ont creusé leurs tombeaux. Voilà pourquoi les Russes aiment à dire que « la Russie ne commence jamais les guerres, elle les termine ».

Les Français, les Allemands et les Britanniques vont-ils enfin comprendre que les Étasuniens les mènent au chaos ?

Heureusement, autour du président des USA, il y a encore des gens lucides pour tempérer les dangereuses foucades de Folamour-Trump. Et en face un joueur d'échec qui a toujours deux coups d'avance.

 

 Photo X - Droits réservés

 

 

 

10/04/2018

Le chanoine de Latran chez les évêques.

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« Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, sans doute, vous et moi, bravé les sceptiques de chaque bord. Et si nous l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer.

Mais aujourd’hui, dans ce moment de grande fragilité sociale, quand l’étoffe même de la nation menace de se déchirer, je considère de ma responsabilité de ne pas laisser s’éroder la confiance des catholiques à l’égard de la politique – et des politiques. Je ne puis me résoudre à cette déprise. Et je ne saurais laisser s’aggraver cette déception…/… Et je suis convaincu que la sève catholique doit contribuer encore et toujours à faire vivre notre nation. »

Eh ben dis donc, il fait fort dans la retape électoraliste le Jupitounet !

D’abord il appelle l’autre « Monseigneur » ! Mon seigneur ! Le président de la République française s’abaisse devant un citoyen qu’il considère comme « son seigneur ». Notez que « Monsieur » veut dire pareil, c’est une contraction de « monseigneur »… teng ! Elle en prend un coup dans les dents la laïcité !

Et puis il considère que « le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé ». Quel lien ? Il n’y a pas de lien entre les églises - ces sectes qui ont réussi - et l’État. Chacun a sa sphère et la laïcité garantit la liberté de chaque croyance ET non-croyance. Pas plus de lien que ça. La République ne reconnaît aucun culte. Les religions ne sont admises à aucun rôle politique. Et la danse du ventre de Macron devant toutes les religions, l’une après l’autre, engage la République dans un engrenage dangereux.

A noter qu’il n’a jamais pris la peine de consulter la majorité des Français qui osent penser par eux-mêmes - athées, agnostiques –, qui préfèrent la raison à la soumission crédule et qui, eux aussi, peuvent souffrir quand on les incite voire quand on les somme de respecter quelque yavhé, jésus, allah, mahomet, vishnou et autres inventions puériles que ce soit. Il ne les rencontre pas parce que ceux-ci ont la sagesse, qui se transforme en faiblesse, de ne pas avoir de structures représentatives activistes…

Dans son discours, il fait preuve d’une grande érudition – ça change de ses prédécesseurs, c’est vrai – en citant de nombreux écrivains et philosophes catholiques mais il aurait dû aussi citer Kant : « Quand un homme a un ami imaginaire, c’est un schizophrène, quand des millions en ont un, c’est une religion. »

Citoyen président Macron, toi qui aimes tant les citations, médite donc sur celle-ci de Jean-Marie Matisson qui définit la Laïcité : « La laïcité a-t-il dit, n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une.
La laïcité n’est ni dogmatique ni intégriste, elle est le cadre dans lequel un individu est libre de pratiquer ou non une religion ; de critiquer ou non un dogme ; de croire ou non en une vérité révélée.
Clef de voûte de l’édifice républicain, la laïcité est le garant essentiel des libertés individuelles et de l’égalité des droits. Elle constitue, encore aujourd’hui, le fondement indispensable de l’harmonie sociale et de l’unité de la nation.
En défendant le droit absolu à la liberté de conscience, à la liberté d’expression et au libre choix, la laïcité contribue à la construction d’un humanisme moderne qui donne à chaque homme et à chaque femme un accès égal aux connaissances et aux responsabilités ; aux mêmes droits et aux mêmes devoirs.
La laïcité ne se négocie pas, elle ne sert pas à défendre une position dogmatique, œcuménique ou communautariste. Le Comité Laïcité et République refuse de réduire le sens de la laïcité, ou de l’école publique, à l’affirmation qu’elles permettent à chaque religion de trouver sa place.
Nous élargissons le champ d’action de la laïcité. Elle n’est pas seulement la séparation des Églises et de l’État. Elle est au contraire, un principe universel, porteur d’avenir et d’espoir pour tous les hommes, qu’ils soient agnostiques, athées ou croyants, comme ceux qui ne se reconnaissent dans aucune de ces définitions. 
»

Amen ! (à boire)



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23/03/2018

ALERTE : les députés vont voter une loi instituant l'OMERTA dans le droit des affaires !

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La loi scélérate votée il y a deux ans par les députés européens concernant le muselage des lanceurs d’alerte camouflée derrière la prétendue « protection du secret des affaires » va probablement être adopté en loucedé par les députés français. La France s’apprête en effet à transposer en catimini cette directive européenne sur le secret des affaires, avec son examen à l’Assemblée le 27 mars dans le cadre d’une procédure accélérée.

Ainsi, pendant qu’on nous enfume avec les sarkonneries, les embrouilles continuent. Cette loi consacre l’impossibilité pour les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation de dénoncer les abus et malversations des entreprises. Souvenons-nous que cette directive concernant la protection du « secret des affaires » a été adoptée par une très large majorité par nos eurodéputés rampants. Ceci quelques jours après le scandale des « Panama papers ». En soi, se doter d’un outil législatif pour lutter contre l’espionnage industriel et le pillage économique dont sont victimes nos entreprises est louable. Mais ce qui l’est moins, c’est que cette directive fait désormais porter la charge de la preuve non plus sur l’entreprise, mais sur le lanceur d’alerte ! Ainsi, sous prétexte de lutte contre l’espionnage industriel, cette loi scélérate donne aux entreprises le droit de poursuivre en justice toute personne divulguant au public des informations sur des activités que ladite entreprise préférerait tenir bien planquées.

On voit bien qui est visé par ce droit à l’omerta : ceux qui, courageusement, dénoncent les malversations des entreprises. Ils seront désormais passibles d’amendes énormes, dissuasives tant pour les enquêteurs que pour les médias. Cette loi européenne a été votée, en 2015, juste avant l’ouverture du procès, au Luxembourg, du lanceur d’alerte Antoine Deltour, qui avait révélé les magouilles du Luxembourg, pays de Junker, avec les multinationales installées dans ce drôle de pays.

Voilà quelques réalités qui devraient nous faire réfléchir sur le fonctionnement de cette Europe – hélas – aussi dévoyée que décevante. Mais que peut-on dire, nous qui envoyons à ce Parlement un ramassis de bras cassés. Nous dont la délégation la plus importante est celle du Front national. Nous qui nous servons de l’Europe pour recycler nos branquignolles. Nous qui déléguons un Moscovici – qui pérorait ce matin sur France Inter - au poste stratégique de Commissaire européen.

La France dispose pourtant de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, cependant le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option remettant gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. Souvenons-nous qu’en 2015, la Loi Macron – alors ministre de l’économie – prévoyait des sanctions de prison pour les lanceurs d’alerte ! Il n’en est plus question dans la version actuelle mais elle propose d’obliger ceux qui auraient, même involontairement, « violé » un secret des affaires de réparer le « préjudice » subit par l’entreprise. Autrement dit des montagnes d’euros de dommages et intérêts potentiels. Avec une telle épée de Damoclès sur la tête, qui aura encore le courage « d’ouvrir sa gueule » ?

Désormais, si cette loi passe, dévoiler l’utilisation de produits dangereux pour les consommateurs et les salariés d’une entreprise mènera le lanceur d’alerte au tribunal, de même que dénoncer une magouille d’optimisation fiscale ou encore les perspectives de licenciements massifs, etc.

Seule une forte mobilisation citoyenne pourra faire reculer les godillots macroniens.

On peut ainsi envoyer un courriel courroucé à son député. Vous trouverez leur nom et leur contact électronique

Ici





21/03/2018

« Je t’apporterai des oranges ! »

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- Merde, qu’est-ce qu’il m’arrive… ? Moi, mis en garde à vue !

Comme un syndicaliste ou comme un m'as-tu-vu.

T’entends ça Carlita. Et pourquoi ? Oui, pourquoi ?

Pour trafic d’influence. Est-ce bien adéquat ?

En plus pour corruption. C’est quoi ça Carlita ?

- Le Robert dit des trucs pas jolis mon béta :

« Avilissement, pourriture, putréfaction,

Vice, pots-de-vin, bakchich, prévarication… »

- Où ont-ils trouvé ça tous ces juges bâtards 

Qui veulent me coincer, m’envoyer au mitard ?

- Tu sais bien mon chouchou, c’est avec leurs écoutes

- C’est pas moi, c’est Bismuth ! Pfff ! Tiens, ça me dégoute.

Soupçonner ma campagne d’avoir été payée

Par du fric Kadhafi ? Alors ? C’est l’amitié !

Puis, l’ami Mouammar, c’est pas demain qu’il parle !

Je m’en suis occupé, il fera plus le marle !

Tu vas voir Carlita, je vais me les farcir

Tous ces flics et ces juges, qui font qu’à me noircir.

- Comment Nico ? Farcir ? Tu coucherais avec ?

Attention là, Chouchou, tu touches à mon bifteck !

- Meu non ! Meu non enfin. C’est façon de parler.

Quand je dis « les farcir », ça veut dire « blackbouler ».

- Attention mon Chouchou, ces flics sont des pittbulls

Vaut mieux pas leur tomber entre les mandibules !

Attends, tous tes amis vont crier au complot

Pour déconsidérer ce parquet virago…

- Les amis politiques, Carlita, j’vais te dire,

Quand tu es dans la merde, ce sont ceux-là les pires !

- T’en fais pas mon chouchou, tu auras des oranges

Si tu vas en prison. Et des slips de rechange.

 

 

 

Illustration : merci au regretté Chimulus

 

 

 

Écoute ! Écoute !

 

Où se trouve la plus petite prison de France ?

- Dans la tête de Sarkozy, Il n'y a qu'une seule cellule.

 

20/03/2018

Eh oui, les moujiks aiment bien leur ours !

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Ils nous le disent sur tous les tons, sur toutes les colonnes, sur toutes les machines à bruits, dans toutes les lucarnes à décerveler : le « dictateur » Poutine a été réélu dans un scrutin « entaché de nombreuses irrégularités ». Ben voyons, pas comme chez nous, pas comme aux USA, ce champion du monde de la démocratie où un scrutin censitaire permet au candidat milliardaire ayant le moins de suffrages d’être le vainqueur ! Poutine, lui, a été élu par 75 % des électeurs avec une participation de 70 %. Ce qui est tout de même confortable mais n’a rien à voir avec un score « soviétique ». Eh oui, c’est comme ça, n’en déplaise aux « russophobes » forcenés. Les affreux moujiks aiment bien leur Ours !

Ne faisons pas d’angélisme. Poutine n’est pas le dictateur que la propagande voudrait nous faire croire, mais il mène son pays de façon pour le moins « autoritaire ». Mais n’oublions pas le progrès par rapport à l’URSS. La démocratie ne se construit pas en un jour. Et puis balayons devant notre porte, quelle image offre la « démocratie » qui donne le pouvoir à des Trump, à des Sarkozy, à des Berlusconi, à des Junker et qui prétend l’imposer au monde à coups de bombes ?

Ce Poutine, élu pour la première fois en 2000, va alors prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée, du vol par les oligarques de toutes les richesses de ce pays de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens. Richesses qu’ils vont ensuite planquer dans les paradis fiscaux et les affaires aux États-Unis ou en Europe où ils viennent vivre. Ce sont ceux-là que balaie Poutine.

Et pourtant systématiquement, dans les cercles de la bien-pensance atlantique, c’est haro sur la Russie. Son président est affublé de tous les défauts, considéré comme un infâme dictateur liberticide et sanguinaire. Et la Russie présentée comme un pays de brutes illettrées et alcooliques représentant une terrible menace pour l’Europe et le monde. Propagande bien relou…

Toutes les informations dont nous abreuvent les merdias à la solde des marchands de canon et de béton nous sont présentées, systématiquement, sous un angle antirusse. Que ce soit pour l’Ukraine, la Syrie, ou encore la situation économique de ce pays, ses rapports avec le monde.

Cette russophobie n’est pas nouvelle. Chez les Français, elle date évidemment de la pâtée prise par Napoléon. Pour les Anglais, elle vient de la rivalité impérialiste britannique de domination de l’Asie qui s’est heurtée à la puissance russe. Pour les Allemands elle vient de leur prétention « d’espace vital à l’Est » ayant sombré dans la terrible défaite hitlérienne. Quant aux Étasuniens, ils se sont retournés contre leur allié antinazi dès la guerre gagnée (surtout par les Russes !). Depuis, leur stratégie consiste à encercler le territoire russe par des bases militaires hostiles dans des pays à la remorque de l’Otan. Et leur politique tend à être toujours antagoniste de ce pays, à tenter de casser ses initiatives, à l’humilier et à tenter de le piller autant que faire se peut.

La russophobie étasunienne prend deux aspects : - une forme idéologique autour de la soi-disant défense de la démocratie et des droits de l’homme ; - une rivalité géopolitique car ils ne supportent pas que d’autres puissances osent contester leur « hégémonie » et font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire passer la Russie pour une puissance hostile à l’Europe. Ce qu’elle n’est pas. Et nous, Européens veules, serviles et puants d’ingratitude, nous nous faisons les complices de toutes les forfaitures des États-Unis sous prétexte « qu’ils nous ont sauvés en 45 », oubliant que c’est l’URSS - c’est-à-dire les Russes - qui a le plus donné de vies pour délivrer le monde du monstre nazi…

Président bien réélu du plus vaste pays du monde, Vlad-le-terrible enrage les roquets antirusses par sa popularité. Pourquoi est-il populaire Poutine ? Parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999.

Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan.

L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de troubles, les États-Unis…

Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe siècle. C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Étasuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde – n’en déplaise au président Macron qui a snobé les auteurs russes au Salon du livre de Paris - les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable d’amener et de ramener des cosmonautes dans la station orbitale internationale !

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.


Photo X - Droits réservés


05/03/2018

Et maintenant l’Italie… L’invasion musulmane aura-t-elle la peau de la démocratie en Europe ?

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Voilà que l’Italie à son tour risque de se vautrer dans la fange de l’extrême droite, comme l’Autriche, comme la Pologne, comme cela à failli arriver en France. Pourquoi ? La teneur des pancartes est sans ambiguïté : « Stop à l’invasion », « Les Italiens d’abord ».

Marine Le Pen a d’ailleurs twitter ses « chaleureuses félicitations » à M.Salvini, le jeune patron de la ligue ultra-droitière qui a enlevé le mot « nord » de son sigle pour signifier sa vocation à gouverner. A gouverner à l’extrême droite bien sûr.

Le déni de réalité devant les dangers pour l’Europe de cette invasion migratoire orchestrée par les patronats européens et l’ONU a signé également la chute générale de tous les partis de gauche. Exit le parti démocrate de Matteo Renzi, comme le PS en France. Quant aux frondeurs de « Liberi e uguali », on les cherche…

Voilà où mène le crétinisme d’une Europe sous direction Merkelienne. Les populations des vieux pays qui forment l’Europe multiplient, pacifiquement pour l’instant, par le biais démocratique des urnes, leur refus d’une invasion rampante musulmane. Parce que le problème, c’est là qu’il est. Quelques millions de réfugiés, voire de migrants économiques, les 500 millions d’Européens pourraient les accueillir. Et le feraient certainement sans véritables problèmes. S’ils n’étaient pas musulmans. Parce que l’Europe s’est faite au cours de sa longue histoire mouvementée, en opposition aux invasions musulmanes.

On comprend donc que les Italiens, après les Autrichiens refusent ce qu’il faut bien appelé par son nom : une invasion lente, molle, s’appuyant sur la compassion, la générosité confinant à l’imbécillité de populations européennes qui oublient qu’à côté des Droits de l’Homme, il y a les Devoirs de l’homme. Et le premier devoir d’un citoyen, c’est de défendre sa terre, son pays contre toute invasion qui risque de changer radicalement sa manière de vivre ensemble, sa res publica. Parce que l’arrivée annuelle de plusieurs millions de gens venus d’ailleurs, apportant avec eux leurs coutumes si différentes des nôtres et – pire que tout – leur religion, essentiellement musulmane, donc difficilement compatible avec les valeurs de l’Europe, va se faire sans profonds bouleversements ? Est-il inconvenant de se demander comment des cultures différentes pourront à terme coexister sans communautarisme, qui consiste à séparer la société en groupes concurrents voire antagonistes ?

À travers les migrants qui le véhiculent, l’ennemi c’est l’islamisme qui est une forme idéologique donnée à la religion et qui en déborde le cadre pour prétendre à une hégémonie dans tous les domaines de la vie humaine, et sur toute autre forme culturelle, religieuse, politique ou sociale. Vouloir séparer la Charia de l’islam n’est pas possible. On le voit dans tous les pays musulmans chez qui la Charia est source constitutionnelle. La crise économique qui débute, se superposant à la fracture ethnico-religieuse, risque d’offrir aux tenants de la poursuite de l’immigration une belle démonstration de leur folie idéologique.

Accueillir tous ces migrants ? Impensable sauf à accepter des troubles qui déboucheront sur des guerres civiles en Europe et l’arrivée au pouvoir des partis de l’extrême droite fascisante. C’est ce qui est en train d’arriver. En Autriche on y est, ça a failli arriver en France l’an dernier et ça se profile en Italie.

Pourquoi ces migrants musulmans ne vont-ils pas vers ces pays ultra-riches, ayant les mêmes convictions religieuses qu’eux que sont les douces monarchies pétrolières ?

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26/02/2018

La Ghouta, c’est qui ? C’est quoi ?

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« Le premier ennemi de la Syrie, c’est Bachar el Assad. » dixit Nathalie Loiseau, sous-ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes… Incompétence ? Stupidité ? Les deux mon général.

Il faut les voir pérorer, il faut les entendre s’offusquer, dans les machines à bruit et les lucarnes à décerveler, les « gens autorisés » comme cette sous-ministre devant les massacres de la Ghouta. On ne vit que « des hôpitaux bombardés ». Eh ! Il a dû en construire beaucoup Bachar, des hôpitaux ! Étrange pour « le boucher de Damas »…

Mais c’est quoi la Ghouta ? C’est un quartier campagnard de Damas, tenu par la force, la terreur et le massacre par des groupes islamistes rivaux liés à Al Qaïda ou à Daech. Depuis ces lieux, ils envoient depuis des années des missiles artisanaux sur la ville immédiatement voisine de Damas. Exactement ce qui se faisait à Alep où les égorgeurs islamistes envoyaient quotidiennement les mêmes bombes artisanales mais meurtrières sur Alep ouest.

La majorité des groupes rebelles de la Ghouta sont d’obédience islamiste, c’est-à-dire pour la charia et l’instauration d’un état islamique. Cela signifie tout simplement une autre dictature, des pratiques barbares comme la lapidation ou encore la décapitation des kouffar (mécréants). Ils utilisent les civils massacrés par le régime comme boucliers humains et les mitraillent quand ils tentent de fuir. Et c’est sur ces malfrats, qui répandent la terreur depuis sept ans qu’on devrait s’apitoyer ? On utilise les émotions suscitées par les crimes du régime pour justifier une politique de soutien à ces groupes djihadistes.

La Syrie subit le même traitement que l’Irak, la Libye, l’Égypte sans oublier le petit Bahreïn. « On » suscite ou on soutient un mouvement de rébellion contre le dictateur en place. Celui-ci s’efforce de faire régner son « ordre ». Avec brutalité. Alors « la communauté internationale » (en fait les États-Unis et ses alliés, clients et affidés) s’offusque, s’agite et arme une « armée de libération syrienne ». Et l’opinion internationale se cramponne à ce mythe, celui d’une opposition libérale au dictateur syrien et d’une « Armé Syrienne Libre ». Ni l’une ni l’autre n’existent. Les seuls opposants sont les groupes islamistes. Tout le reste n’est que fantasme et bourrage de crâne.

On nous refait le coup de la guerre en Irak « Pour libérer ce pays du joug du dictateur Saddam Hussein et apporter la démocratie à ces peuples ». Et accessoirement mettre la main sur le pétrole…

On nous refait le coup de la guerre en Libye « Pour empêcher un bain de sang à Benghazi et libérer ce pays de son dictateur Kadhafi » qu’ils disaient. Et accessoirement mettre la main sur le pétrole là encore.

On nous refait exactement le coup d’Alep et « on » s’offusque que le président élu de la Syrie veuille terminer cette guerre qui aura été aussi meurtrière de son côté que de celui des islamistes. Il est à deux pas de la victoire totale et il s’arrêterait ? Eh ! Oh !

Les « printemps arabes » ont tous débouché sur pire qu’avant. À l’exception méritoire de ce peuple admirable que sont les Tunisiens. Y a-t-il une malédiction qui, en terres d’islam, condamne les peuples à marcher à la trique ? L’islam sanctifie le culte du chef à poigne gouvernant des peuples soumis par la violence. Si ça leur convient, en vertu de quoi nous mêlons-nous de leurs affaires ?

Le foutoir syrien est surtout alimenté par une lourde rivalité entre Étasuniens et Russes sur fond de pétrole, de gaz et d’oléoducs.

Macron et tata Merkel font les charmants en téléphonant à Poutine… « Attention Wlady ! Sinon… » Sinon quoi ? Quels sont les moyens de rétorsion de l’Europe contre Poutine ? Rien. Désespérément rien.

Les Russes sont les seuls à avoir une stratégie claire dans cette affaire. Leurs intérêts coïncident avec ceux de Bachar Al Assad : la Syrie a signé un contrat visant à recevoir le gaz de l’Iran passant par l’Irak. La réalité des faits est donc que c’est sur le gaz que se focalise la bataille. Ce gaz alimentera-t-il Nabucco (oléoduc occidental) ou South Stream (oléoduc russe de Gazprom? Les Russes ont tout intérêt à ce que Bachar reste au pouvoir, d’autant plus qu’il leur loue une base navale sur la Méditerranée, à Tartous, concrétisant ainsi une volonté de toujours des gouvernants russes : une ouverture sur les mers chaudes.

Et l’Europe est et sera toujours plus tributaire du gaz russe Alors, les rodomontades de Merkel et Macron, Wlad, il leur dit « Tè ! Fume… »

 

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21/02/2018

Les bombes massacreuses, pourvoyeuses de morts… et de fric.

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Je viens d’entendre Bernard Guetta s’étrangler d’une saine colère contre les bombardements de la dernière poche islamiste autour de Damas en Syrie, venant de faire près de 200 morts sont une cinquantaine d’enfants. C’est révoltant. C’est dégueulasse. C’est ça la guerre.

Des civils massacrés, une ville ravagée, les images de gosses martyrisés. C’est la guerre. Et oui. La guerre c’est la mort, c’est la souffrance, c’est la terreur, surtout et avant tout des civils, des victimes, des innocents. Ce sont les bombes massacreuses qui tombent d’un ciel déserté par tous les dieux. La guerre est une horreur. La guerre est – hélas - humaine. La guerre, le massacre de l’autre est dans les gènes de l’Homme, l’humain étant le seul animal à faire la guerre. À part peut-être les fourmis et les termites…

La guerre est cynique. Dès lors peut-on reprocher à Bachar El Assad de vouloir en finir en réduisant par tous les moyens à sa disposition cette opposition armée qui lui résiste ? Cette opposition armée, ce sont les tueurs islamistes et non pas cette armée d’opposition démocratique fantasmée. Elle n’existe pas, du moins elle n’existe plus si elle a jamais existé un jour, phagocytée par les groupes islamistes d’Al Qaeda, même rebaptisés, et ceux de l’État Islamique. Et nos politiques, nos journalistes, nos éditorialistes, bref toutes nos belles élites pensantes continuent à s’accrocher à cette fiction. En Syrie, il y a deux camps : le pouvoir légitime et ses alliés d’une part, les divers groupes islamistes d’autre part. Les militaires du régime, même si ce régime n’est pas très fréquentable et les égorgeurs islamistes, les tueurs d’allah. Et Basta.

Le foutoir syrien est alimenté par une lourde rivalité entre Étasuniens et Russes sur fond de pétrole, de gaz et d’oléoducs. Derrière la guerre en Syrie, il y a une lutte sournoise mais sans merci entre Étasuniens et Russes pour le pétrole, le gaz et les moyens d’exporter ces richesses, les oléoducs, les gazoducs et les ports. Avec en plus – cerise sur le gâteau – le massacre de nos amis et alliés Kurdes par le fou d’allah Erdogan et ses troupes turques, membres de l’Otan, ce dinosaure belliqueux au service des intérêts des multinationales étasuniennes. Parce que la géopolitique imposée aux dirigeants du monde par les multinationales n’a que faire des misères de quelques milliers de malheureux…

Les bonnes âmes et autres jocrisses crient au génocide en désignant d’un doigt vengeur celui qu’ils considèrent comme le responsable : le président syrien régulièrement élu et son allié russe Poutine et ses bombardiers tueurs d’enfantsBachar veut débarrasser son pays des tueurs islamistes. Peut-on lui reprocher d’être efficace et sans états d’âme ?

Ben voyons. Les Étasuniens se sont-ils souciés des populations civiles lorsqu’ils ont écrasé Caen sous les bombes ? Et les civils de Dresde ? Et ceux de Hiroshima et Nagasaki ? Et ceux du Vietnam ?

Donnons aux choses l’importance qu’elles ont. La mort aveugle venue du ciel touche avant tout les civils. Deux cents morts, la famine qui se pointe, c’est une horreur. Mais…

Mais le bombardement de Dresde, qui eut lieu du 13 au 15 février 1945, détruisit presque entièrement la ville allemande de Dresde. L’United States Army Air Forces (USAAF) et la Royal Air Force (RAF) utilisèrent principalement des bombes à fragmentation et incendiaires au phosphore, provoquant entre 22 700 et 25 000 morts.

Les bombardements de la Luftwaffe au siège de Varsovie : 20 000 morts

Le blitz contre Londres par la Luftwaffe : 50 000 morts

La destruction de Hambourg, avec l’opération Gomorah par l’USAAF et la RAF : 40 000 morts

Les bombardements de Normandie durant le débarquement allié : 20 000 morts civils

Le bombardement de Tokyo par l’USAAF : 100 000 morts

Hiroshima : 115 000

Nagasaki : 75 000

Plus proche de chez moi : le bombardement américain de Marseille le 27 mai 1944 sur le centre-ville, a fait dans la population civile 4 512 tués ou blessés, et 20 000 sinistrés.

Le bombardement d’Avignon le même jour : 525 morts et plus de 800 blessés.

N'oublions pas les bombes "made in France" qui écrasent les Yéménites.

Oui mais… Tous ces pays à reconstruire… Hum ! Y a bon les montagnes de fric !

 


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12/02/2018

Grandes voix : Étienne de La Boétie

Pour être esclave, il faut que quelqu'un
désire dominer et... qu'un autre accepte de servir.

 

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« Je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante - et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter - puisqu’il est seul - ni aimer - puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts.

Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d’une armée, non d’un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d’un seul ! Non d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un homme et souvent le plus lâche, le plus efféminé de la nation, qui n’a jamais flairé la poudre des batailles ni guère foulé le sable des tournois, qui n’est pas seulement inapte à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lâcheté ?

Appellerons-nous vils et couards ces hommes soumis ? Si deux, si trois, si quatre cèdent à un seul, c’est étrange, mais toutefois possible ; on pourrait peut-être dire avec raison : c’est faute de cœur. Mais si cent, si mille souffrent l’oppression d’un seul, dira-t-on encore qu’ils n’osent pas s’en prendre à lui, ou qu’ils ne le veulent pas, et que ce n’est pas couardise, mais plutôt mépris ou dédain ? C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… Plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d’autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. 

Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n’ayant plus de suc ni d’aliment à sa racine, devient sèche et morte.

Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir. 

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

 

« Discours de la servitude volontaire » Étienne de La Boétie.

http://libertaire.pagesperso-orange.fr/archive/2000/227-avr/boetie.htm

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06/02/2018

Corse : « Ayo président ! Pace e salute ! »

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Les Corses nous ont donné Napoléon, Tino Rossi et Laeticia Casta. Des trois, c’est – et de loin – la troisième que je préfère ! En dehors de cette boutade, beaucoup de Corses ont aussi donné leur vie pour la France, et ça, ça crée des liens indéfectibles.

Pour autant, faut-il céder aux exigences des nationalistes corses ? D’abord quelles sont-elles ?

Ils prétendent inscrire dans la Constitution de la république la « coofficialité » de la « langue corse ». Rigoureusement inacceptable, sinon ce serait la mort du ciment le plus solide d’une nation : sa langue. Car si dans les actes officiels il était possible de donner une version en corse ayant même valeur juridique que la version en français, il n’y a pas de raison de ne pas imposer à la constitution la même « coofficialité » pour l’occitan, de catalan, le breton, voire le ch’ti ou l’arabe ! Bonjour les conflits d’interprétation ! Et puis, sans vouloir choquer les insulaires, la « langue corse » n’existe que parce que la Corse est française ! Parce que ce n’est qu’un patois italien, comme le bergamasque ou le frioulant et qui n’aurait pas plus statut de langue que ces patois très locaux.

Ils prétendent encore inscrire dans la Constitution la notion de « peuple corse ». Cette notion s’appuie sur des critères ethniques, de coutumes, de vie sur un territoire donné, d’ascendance voire de consonance de nom ! À l’exclusion des autres ? Parce que c’est ça que ça veut dire le statut de « résident corse » qui en découle au-delà du prétexte commode de la lutte contre la spéculation. On est loin de la notion de « peuple français » qui, elle, a une vocation universelle et englobe tous ceux qui vivent sur son territoire et en respectent les valeurs et les lois, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau, leur religion.

Ils réclament le rapprochement des prisonniers insulaires sur l’île. Pourquoi pas. Mais certainement pas pour le ou les assassins du préfet Erignac.

Maintenant, à toi de jouer, ci-devant président. Mais n’oublie pas que le régionalisme doit rester au niveau du développement économique faute d’ouvrir la porte au détricotage de la « Grande Nation » que des dizaines de rois et de représentants du Peuple français ont mis des siècles à réaliser, parfois dans la douleur, mais qui a fait justement de cette nation quelque chose d’unique au monde parce que fondée sur des valeurs humanistes universelles, pas sur des critères ethniques et tribaux.

Et puis, à la limite, s’il fallait poser la question de l’indépendance de la Corse, il faudrait demander aux Français, à tous les Français, pas seulement à ceux vivant sur l’île. Et là, les « continentaux » ne refermeraient probablement pas les bras pour retenir la Corse à tout prix.

Parce qu’il y a déjà une large, très large autonomie de la Corse. Exemples :

- Les terres agricoles y sont exonérées de la taxe foncière sur le non-bâti.

- Les investissements des PME y sont exonérés, comme les établissements en zone franche, de taxe professionnelle et de contribution foncière des entreprises.

- L’investissement en Corse fait l’objet d’un crédit d’impôt sur le revenu ou sur les sociétés. Notons qu’une niche similaire existe dans le Nord-Pas-de-Calais.

- En cas de décès, les immeubles situés en Corse (en cas de mutation, de sortie d’indivision, de succession ou de licitation) sont exonérés de droit de timbre et d’enregistrement.

- Les trajets maritimes ou aériens à destination de la Corse sont exonérés de TVA.

- Les supercarburants et essences consommées en Corse sont exonérés de TIPP.

Eh ! Il faudra y penser à tout ça, Messieurs les indépendantistes !

Un référendum sur l’indépendance de la Corse n’aurait-il pas un résultat « Oui » sur le continent et « Non » sur l’île ?

Prenons les… paris !

Amis Corses, ne vous laisser pas "catalaniser", ON VOUS AIME !


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09:53 Publié dans actualités, humour, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : corse

31/01/2018

Hier les EPAHDs étaient en grève, pourtant Anaïs est venue !

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Hier matin, Anaïs est arrivée chez nous alors que le jour n’était pas encore levé. Anaïs est une personne formidable comme le sont toutes ses collègues : aide-soignante dans un EPAHD. Chaque matin, hors ouiquinde, l’une d’elles vient assister ma belle compagne sur laquelle est tombée une terrible malédiction : Alzeimer. C’est ce qu’on appelle les soins à domicile.

Anaïs était en grève. Elle est pourtant venue travailler, avec le même sourire, la même générosité, la même compassion, la même efficacité, la même compétence, le même enthousiasme communicatif. Elle a seulement collé sur son sac une feuille blanche avec écrit « EN GRÈVE ». Anaïs fait partie de ces personnels des Epahds dont la mission est d’accompagner nos Vieux, nos Handicapés dans les difficultés de leurs dernières années.

Il n’y a pas de fric pour Anaïs et ses collègues. Mais il y en a pour exonérer d’impôts les pleins de thunes…

Il n’y a pas de fric pour les Epahds, mais il y en a pour subventionner Arnaud, Bolloré ou Bettencourt.

Il n’y a pas de fric pour la dignité des Vieux, mais il y en a pour financer des Jeux Olympiques, amalgame de drogués et de magouilles financières.

Je me souviens d’Alain Minc dégueulant son fiel ultralibéral il y a quelques années : « La collectivité nationale doit-elle payer les soins à de vieilles personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l’espérance de vie est réduite ? ». Le problème, c’est de définir l’âge auquel on est vieux ; pour les entreprises c’est à l’approche de la cinquantaine, mais pour les sénateurs, à 80 ans on est toujours jeune !

Notre société est égoïste et la solidarité intergénérationnelle a de la peine à exister. La mode est au « jeunisme », pas à « l’âgisme ». Faut-il portant oublier que c’est grâce aux vieux que nous avons les congés payés, la Sécurité sociale, grâce à eux et à leurs luttes que nous bénéficions de tous ces « acquis » qui jour après jour, années après années nous sont enlevés.

On ne respecte plus les « anciens », parce que dans notre société basée sur l’apparence et le mythe de l’éternelle jeunesse, les vieux font peur, la vieillesse fait peur, c’est le dernier stade avant le néant, la mort que l’on s’applique à ignorer. Bientôt on va piquer les « vieux » !

C’est la chasse aux vieux ! Salauds de vieux ! Ça pue les vieux, ça se pisse dessus, ça renverse sa gamelle, et en plus ça gueule, c’est jamais content ! Et puis ça bouffe les vieux ! Et ça dure longtemps ! Ça refuse « d’optimiser la vie » les vieux, c’est-à-dire de crever lorsque la société de la « concurrence libre et non faussée » les trouve trop vétuste !

Pourtant ils ne l’ont pas volé leur retraite les vieux ! La retraite n’est qu’un salaire différé que je sache. Ils les méritent les soins des Epahds. Mais ce n’est pas de la saine gestion ça ! Faut réduire la sacro-sainte Dette ! Chasser les dépenses non rentables donc inutiles. Alors en loucedé, dans les coulisses des gouvernements, dans les « think tanks » ultralibéraux, il y en a qui travaillent sérieusement sur l’avenir de ces parasites de vieux. Et pas que des vieux, aussi des comateux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante, « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. À la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas.

Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui) sont en passe d’être imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents. Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d’hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d’austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu’ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques ! C’est choquant ? Eh… Ouvrez les yeux. En Belgique, les vieux ont une peur panique d’aller à l’hosto. Aux Pays-Bas la question du vieillissement de la population et de son coût pour la société a été clairement posée puis lâchée tant elle choquait la population…

Heureusement il y a encore des Anaïs, des Nina, des Nouria, des Patricia, des Carole…

Lorsque ma compagne, mon amour, ma belle maîtresse est tombée – encore jeune - dans le gouffre de cette calamité nommée Alzheimer, le ciel (auquel je ne crois pas) m’est tombé sur la tête. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle que vous aimez. Vous la voyez descendre irrémédiablement. Vous la voyez s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement. Vous subissez les conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre dans une maison spécialisée ». Moi je m’y refuse et j’ai choisi de m’en occuper tant que je serai là. Mais ce tête à tête permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vous découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons nouveaux si je puis dire… À partir de là, en parfait accord avec le fils de ma chérie, nous avons fait appel à de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque matin hors ouiquinde, d’une aide-soignante se chargeant de la toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le fait un homme ! Et par l'accueil de jour permettant, plusieurs fois par semaine, de socialiser la ou le malade et à « l'aidant » de respirer un peu.

Et j’ai découvert deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés » comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire, mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence, leurs conseils éclairés, leur gentillesse. Elles sont comme des rayons de soleil.

Eh ! Ci-devant président Jupitounet, si tu veux un peu atténuer ton image peu flatteuse de « président de riches », pense à la dignité de ceux sans lesquels tu se serais pas ce que tu es. Et lâche généreusement des thunes pour toutes les Anaïs des Epahds.

 

Illustration: merci à Faujour

25/01/2018

« Revenants » de Daech : le syndrome de Stockholm ?

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«… mais pourquoi la France ne reprend-elle pas ces femmes et ces enfants ? » C’est la phrase que je viens d’entendre prononcer dans une machine à bruits par un « envoyé spécial » dont l’exploit journalistique est d’aller s’apitoyer, avec l’aide d’une officine nommée « Youmanewautche » sur le sort de « ces pauvres femmes françaises » parties volontairement - en crachant sur leur pays, la France - en Syrie proposer leurs ventres dans les Lebensborn islamiques comme trous à bites et engendreurs de lardons aux tueurs de Daech. Et le plumitif de conclure que la France devrait reprendre ces « malheureux ». Ben voyons !

Il y a quelques jours, France 2 nous a infligé les jérémiades du même acabit d’une dénommée Margot (mais qui avait dû rejeter, avec ses inséminateurs daechiens, ce prénom bien trop français !). Ces femmes ont choisi de trahir leur pays, de prendre les armes contre lui, au minimum de servir de repos du guerrier et de truies gravides pour fabriquer une génération de Grimlocks, et lorsque le vent tourne, elles se rappellent qu’elles sont nées, ont été élevées, soignées, éduquées dans un pays libre appelé France. Pays sur lequel elles crachaient leur fiel mais où elles voudraient bien revenir maintenant que leurs divers « maris » sont morts et surtout alors qu’elles sentent la mortelle caresse de la cravate de chanvre qui les guette.

Victimes ces femmes ? Eh ! Oh) Elles savaient parfaitement ce qu’elles faisaient en se « mariant" avec des égorgeurs de daech ou autres sectes de tueurs d’allah. Alors comme ça, on oublierait tout ? « Non mais, c’était pour rigoler ! » Ils rigolaient les malheureux que vos tringleurs barbus égorgeaient ? Ces femmes se seraient laissées abuser ? Elles n’ont pas de volontés propres ? Elles ne sont pas responsables ? C’est l’amour qui leur a tourné la tête ? Tè, fume !

Si elles voulaient se convertir à l’islam, rien ne les empêchait en France, pays laïque qui autorise toutes les névroses collectives appelées « religions ».

Elles voulaient aller vivre tranquillement, paisiblement leur « foi » dans un pays musulman plutôt que dans un pays de mécréants ? Elles auraient pu choisir un pays plus calme que la Syrie, et un milieu autre que Daech !

Non. Elles sont parties en Syrie en toute connaissance de cause. Qu’elles en acceptent les conséquences.

Et puis, en vertu de quoi la France voudrait-elle soustraire des personnes qui ont commis des crimes dans un pays étranger à la justice de ceux qui ont subi dans leur chair ces méfaits ? La France renverrait-elle en Irak, en Afghanistan, en Algérie ou au Maroc des gens attrapés les armes à la main et commettant des crimes sur notre territoire ? Jamais de la vie. Il n’y a donc pas de raison de ne pas laisser la justice, fut-elle expéditive, suivre son cours en Irak ou en Syrie.

Et puis gambergeons un peu, ça changera. Que vont devenir ces « revenantes » et leurs progénitures en France ? On les mettra où ? Quel est le maire qui les acceptera de gaîté de cœur sur son territoire ? En banlieue ? Sûrement pas : elles seront accusées de lâcheté pour avoir fui.

Et les enfants ? Qui ont été éduqués dès leur premier âge en ingurgitant des vidéos d’égorgement, de décapitations, qui voyaient des armes à la maison, qui entendaient quotidiennement les récits sanglants de leurs tueurs de pères, dont la cervelle malléable a été manipulée de façon à haïr le « koufir », c’est-à-dire vous, moi. Combien d’années de coûteux suivis psychologiques vont-ils nécessiter ? Pour quel résultat hasardeux ?

La ministre de la défense, Florance Parly a dit: « Si des djihadistes français périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux, et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes, ils dépendront de la juridiction syrienne ». Bravo Madame la ministre ! Voilà enfin quelqu’un « qui en a » et qui dit les choses. La France ferait appel aux forces locales pour traquer et éliminer les djihadistes français présents à Raqqa comme à Mossoul et ailleurs. La pratique serait courante au sein des pays de la coalition qui mutualisent la « neutralisation » de leurs ressortissants par des pays tiers pour éviter des accusations d’exécutions extrajudiciaires. Ces petits arrangements permettent de mettre hors d’état de nuire des djihadistes occidentaux à la motivation et aux compétences des plus inquiétantes.

« Mais c’est dégueulasse, c’est le retour hypocrite de la peine de mort » tempêtent les imbéciles heureux, collabos des égorgeurs salafistes. Eh ! Oh ! On nous rebat les oreilles en nous disant que nous sommes en guerre. Alors ce sont les lois de la guerre qui doivent régir les rapports avec nos ennemis. L’objectif est d’empêcher ces Français, de retourner dans leur pays d’origine pour y perpétrer des attentats. Ce sera autant de tueurs pleins de haine en liberté et une recrudescence d’attentats à venir.

Ces gens – jeunes, moins jeunes, hommes, femmes et même enfants, nés et élevés pour en faire des machines à tuer – qui partent s’engager dans les rangs de nos ennemis, qui tuent les ennemis de nos ennemis, donc nos amis, doivent savoir que s’ils partent, c’est un billet sans retour. En temps de guerre, les citoyens d’un pays qui passent à l’ennemi sont des traîtres, des déserteurs et doivent être traités comme tels, c’est-à-dire « éliminés » comme dit la ministre. En bon français, on devrait dire « tués ».

« C’est dégueulasse ». Bien sûr que c’est dégueulasse, mais on ne fait pas la guerre en dentelle. La guerre, c’est la mort, c’est la trouille, c’est l’angoisse, la peur panique, les cris, le bruit, la souffrance, le deuil, les massacres, les flammes qui brûlent, la fumée qui aveugle, les bouts de fer qui hachent la viande. La guerre, ça sent la merde du pauvre type qui se chie dessus de peur, ça sent cette odeur âcre, doucereuse des corps gonflés qui grouillent de vers, ce sont les tripes irisées sous le soleil, ça sent la poudre, le feu, la mort, la mort, toujours la mort.

On s’empêtre dans des considérations morales contre des ennemis qui se torchent allègrement l’oignon avec toute morale. On cède devant les jérémiades de « droit-de-l’hommistes » bêlants qui sont autant d’idiots utiles des nazislamistes. Avec en perspective des « Bataclan », des « Nice » et des palanquées d’assassinats au couteau, comme celui de ces deux jeunes filles de la gare Saint Charles à Marseille.

Alors, si on est responsable, on n’accepte pas de prendre le risque de voir dix, cent, mille traîtres abrutis par la propagande ennemie rentrer « au pays » et y semer la mort la plus lâche, celle des attentats aveugles. Ces gens qui sont partis faire le « jihad », il faut les détruire, les tuer dès qu’on les a « logés » comme disent les flics. Il faut qu’ils sachent qu’ils ne rentreront jamais « au bercail », sinon les pieds devant…

À force de tout voir, on finit par tout supporter.
À force de tout supporter, on finit par tout tolérer.
À force de tout tolérer, on finit par tout accepter.
À force de tout accepter, on finit par tout approuver.

Saint Augustin


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15/01/2018

Loi Macron-Colomb pour régulariser l’immigration. Enfin !

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J’entends en écrivant ces lignes M. Martinez, de la CGT – que j'aime bien par ailleurs - s’offusquer de cette loi, s’offusquer contre ce qu’il appelle le tri des migrants, refusant ainsi à l’État le droit de connaître l’identité de gens qui pénètrent clandestinement dans notre pays, et réclamant qu’on les accepte tous. La France aurait donc les moyens d’accueillir toute la misère du monde ! Eh ! Philippe, bois un coup, ça t’éclairera.

Qui sont-ils ces migrants ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Pourquoi viennent-ils dans nos pays ?

Il y a ceux qui fuient les guerres, comme les Syriens, les Érythréens, les Soudanais, ajoutons les Afghans.

Il y a ceux qui fuient les difficultés économiques de leurs pays, comme les Africains de l’ouest.

Il y a aussi ceux qui profitent de la passoire Schengen pour passer d’un pays européen, certes pauvre, violent et mal géré, l’Albanie pour venir parasiter les pays trop naïfs comme l’Italie, la France, l’Allemagne.

En effet, contrairement aux idées reçues, les demandeurs d’asile en France les plus nombreux, avant même les Syriens et les Afghans, sont les Albanais ! Pourquoi ? Parce que l’Albanie bénéficie d’une exemption de visa pour entrer dans l’espace Schengen. Mais que font-ils parmi toutes les victimes de persécutions, de privations de leurs droits fondamentaux, qui sollicitent le bénéfice d’une protection politique auprès de la France ? Pourquoi en France et surtout, en si grand nombre ?

À l’heure actuelle, les trois-quarts des demandes d’asile déposées en Europe par des Albanais le sont en France ! Ils viennent en France parce que l’Allemagne – leur première destination – a mis le holà à cette invasion. Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, expliquait déjà, en 2015 : « Nous voulons envoyer un message clair à ceux qui ne fuient pas la guerre ou qui ne sont pas victimes de persécutions. Nous voulons leur dire : ne venez pas ! » Dès lors, ils viennent en France même s’ils savent qu’ils y sont mal reçus, parce qu’assimilés aux mafias clandestinement installées en France que comptent leurs rangs, souvent coupables, comme les Kosovars, d’avoir formé des réseaux de cambriolages, de prostitution ou des passeurs. Les passeurs de Calais seraient essentiellement albanais.

Il serait peut-être temps que les ministres français concernés suivent la fermeté de leur homologue allemand…

Puis il y a ceux qui ne fuient pas des guerres mais des conditions économiques ne leur permettant pas de s’accomplir au mieux dans leurs propres pays. Ce sont les migrants économiques. On observe une forte progression des ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest et francophone, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé parmi les demandeurs d’asile et des ressortissants de République démocratique du Congo. C’est ceux-là qui s’aventurent dans les suicidaires traversées des sables et des vagues via la Libye vers l’Europe. Là, on peut se poser des questions car la Côte d’ivoire est l’un des pays les plus riches et les plus dynamiques d’Afrique. Elle accueille elle-même une forte immigration intra africaine.

Qu’est-ce qui pousse ces Africains, jeunes, à affronter la traversée du Sahara où beaucoup laissent leurs os blanchir dans les sables surchauffés, puis la traversée de la Méditerranée au risque de servir de patapon aux requins, après avoir servi d’esclaves aux maquereaux qui trafiquent sans vergogne ces malheureux, victimes du miroir aux alouettes de l’Europe ?

Ce phénomène, aux mains des mafias de passeurs, est en constante augmentation, à toutes les étapes de la route vers l’Europe. À Agadez (Niger) comme à Tripoli (Libye), dans le sud de l’Italie, et même en France. Endettés auprès de passeurs, des migrants sont contraints de travailler, souvent à des conditions inhumaines. Les femmes comme domestiques lorsqu’elles ne tombent pas sous la coupe de proxénètes. Les hommes dans le bâtiment et l’agriculture, sans aucun salaire. Comme autrefois, sur les marchés d’esclaves, il arrive que les « clients » des passeurs – la mafia italienne - viennent prendre livraison, directement sur le port d’arrivée des bateaux. Les images récentes d’un authentique « marché aux esclaves, en Libye, attestent de la réalité de ces faits.

En Afrique subsaharienne existe une tradition bien ancrée qui veut que dans une famille, l’un des jeunes, garçon ou fille, parmi les plus forts, les plus éduqués, les plus dégourdis, soit désigné pour « partir en Europe ». La famille se cotise pour fournir l’argent nécessaire au passage. Argent qui engraissera les réseaux de passeurs. Le jeune qui réussit à arriver en Europe devra dès lors rembourser cet argent à sa famille en lui envoyant l’essentiel des subsides qu’il obtiendra en France, en Italie, en Allemagne, en Suède. Pas question pour lui ou elle de retourner au pays, la honte au front et avec l’obligation de rembourser le fric avancé. Tant que cette mentalité ne changera pas, bien des jeunes Africains risqueront tout pour honorer leur dette familiale. Parlez autour de vous, questionnez le jeune homme africain qui travaille à la benne de nettoyage ou la femme de ménage de votre immeuble, voire – c’est plus rare mais ça existe – au médecin de votre hôpital de campagne, et vous découvrirez chaque fois ce mécanisme familial et clanique qui saigne l’Afrique de ses meilleurs éléments. Il faut dire que l’envoi « au pays » d’argent provenant de ces migrants – réguliers ou clandestins – représente en Afrique un apport financier supérieur à toutes les aides des pays européens…

N’y a-t-il pas là une solution à creuser ?

Méfions-nous des jérémiades culpabilisantes des associations pseudo-humanitaires et saluons la pertinence de la loi Macron-Colomb dont le but est de mettre fin à l’immigration économique et d’accepter en la régulant l’asile politique. Ce qui n’est pas pareil.

 

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08/01/2018

Grandes voix. Hamid Zanaz : « L'impasse islamique – La religion contre la vie. »

En ces temps de commémoration des massacres de Charlie et de l'Hyper casher et d'attaques contre la laïcité, lavons-nous les boyaux de la tête avec ces pages lucides et rafraîchissantes, propres à donner des boutons à tous les tueurs d'allah et leurs collabobos islamo-gauchistes !

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Préfacé par Michel Onfray : « Le politiquement correct de notre temps transforme en islamophobe quiconque a l’audace de tenir pour juste la pensée des philosophes des Lumières sur les sujets de la religion, de la laïcité, de la démocratie, de la raison et de la philosophie, prévient Michel Onfray dans la préface. D’où le mérite de la parole rare de Hamid Zanaz. Car l’auteur nomme un chat un chat et dit clairement ce que toute intelligence bien faite devrait affirmer haut et clair : l’islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l’Occident qui sont l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité entre les croyants et les non-croyants, l’égalité entre les modes de vie sexuels, l’égalité entre les peuples, ce que valide la Déclaration des droits de l’homme à laquelle un musulman ne peut souscrire, non pas conjoncturellement, mais structurellement parce que sa religion ignore la séparation du spirituel et du temporel, qu’elle pose dans le texte même du Coran une inégalité fondamentale entre l’homme et la femme, entre le croyant et le non-croyant, entre le musulman et le non-musulman, entre le fidèle et l’apostat, entre le disciple d’Allah et celui d’un autre Dieu. »

 

OPTIMISTE INCORRIGIBLE celui qui ose résister au courant violent du fanatisme religieux qui secoue tous les pays à majorité musulmane. Naviguer à contre-Coran, c’est risquer la noyade certaine. De l’Atlantique à l’Indonésie, l’ambiance mentale est largement favorable aux discours de la réislamisation de la vie. La pathologie de la revivification : l’illusion obsessionnelle de revenir à un islam global, l’islam ouvre-boîtes.

Cet islam envahissant sert, en premier lieu, des régimes décadents, en mal de légitimité. Ces régimes postcoloniaux ont aggravé les processus de régression sociale, intellectuelle, culturelle et politique, pour déboucher dare-dare sur le fondamentalisme. De concession en concession, les « élites »ont laissé la part belle aux religieux.

« J’écris sur l’Algérie parce que ce pays est à lui seul une question à laquelle je ne trouve aucune réponse. » (Mohamed Kacimi, romancier et essayiste algérien)

Jour après jour, ce monde se dirige tranquillement vers l’impasse, vers l’éclatement final. Il s’enfonce de plus en plus dans la misère morale et matérielle. « Comment se fait-il que ma jeunesse soit misérable tandis que les richesses de mon pays ne se comptent pas. ›› (Célèbre chanson algérienne)

L'opportunisme de ses dirigeants et le silence des classes moyennes l’ont installé dans un état d’arriération politico-culturelle certain et une régression durable dont les méfaits sont visibles de loin. Manque de liberté, accès faible à la connaissance, condition catastrophique de la femme. (S’ils évoquent le manque de liberté, l’aliénation des femmes et la faiblesse d’acquisition et d’usage du savoir, les auteurs (tous arabes) du rapport sur le développement humain des pays du Maghreb et du Machrek (PNUD, 2003) ne soufflent mot sur l’origine capitale du problème, en l’occurrence l’obstacle de la religion.)

Dans sa lettre aux générations futures, le philosophe iranien Daryush Shayegan (Son livre, Le Regard mutilé, Schizophrénie culturelle : pays traditionnels face à la modernité (Albin Michel, 1989), est à mon avis le texte le plus profond pour comprendre les déchirements qui travaillent les sociétés traditionnelles confrontées à la modernité occidentale, et en particulier le monde islamique.) laisse un état des lieux: «J’ai vécu dans des mondes disloqués où rien n’est à sa place, on avait mis bout à bout des connaissances disparates, incohérentes, […] juxtaposées dans des mosaïques de fortune…» (Qu’avez-vous à dire à ceux qui vivront en 2050? www.unesco.org.)

Une confusion entre le culturel et le cultuel, l’information et le catéchisme, la connaissance et la croyance. Dans ce désordre épistémologique total, la religion s’empare de la vie, et l’irrationalité risque de ramener ces sociétés davantage en arrière.

Dans leur rapport de 2004, les spécialistes de l’Unesco arabe (Alesco : Organisation de la ligue arabe pour l’éducation et la science.) relèvent tous les obstacles au développement culturel dans le monde dit arabe, hormis le principal: l’omniprésence de la religion. Le deuxième rapport sur le développement humain atteste dans son préambule que « la religion pure (l’islam) encourage de manière significative l’acquisition des connaissances ». Et les auteurs, tous arabes, ajoutent : « Le développement d’un modèle arabe du savoir, tolérant et éclairé. Cela suppose de libérer la religion de l’exploitation politique et de respecter la recherche indépendante. » N’est-il pas temps de libérer la raison arabe de la tutelle de cette religion pure ?

« Où que l’on aille, les symboles de l’islam sont partout présents, étalés au vu et au su de tous: dans les mosquées gouvernementales et civiles, ou les prières en commun ont lieu et d’où, cinq fois par jour, les appels à la prière des muezzins sont amplifiés par des microphones et retransmis par la radio et la télévision; dans la radiodiffusion égyptienne qui réserve une de ses ondes à l’enseignement religieux…, dans Al-Azhar (Université des sciences islamiques du Caire) et les instituts religieux que l’on retrouve jusque dans les plus petites villes du pays; dans les kuttab (École coranique) qui couvrent tout le territoire et où l’on apprend à réciter le Coran…»

L’irrationnel et les préjugés ancestraux sont entre de bonnes mains. La «surislamisation» est une préoccupation étatique. Une surenchère exercée mesquinement par des «intellectuels» se rangeant souvent sous le label «anti-islamiste», voire «moderniste». L’extrait est emprunté d’un ouvrage prétendant lutter contre l’intégrisme islamique (Rifaat El-Saïd, Muhammad Saïd Al-Ashmawy, Khalil Abdel Karim, Contre l’intégrisme islamiste, Dar El Amel, 1994, Le Caire; Maisonneuve et Larose, 1994, Paris, p.162.)

Ce portrait de l’Égypte est malheureusement celui de tout le monde de l'islam. Rien n’est urgent, hormis la construction des mosquées. Au Koweït, et en dépit d’une multiplication hystérique des «maisons d’Allah», les autorités n’osent rejeter aucune nouvelle demande de construction. Pour la seule Riyad (Arabie Saoudite): 2200 mosquées.

Durant la première décennie de l’indépendance, les Algériens ont en construit 4474. En 1980, elles étaient 5289. A Alger, on appelle à la prière dans plus de 200 mosquées. De 1962 a 1986, on en a construit un peu plus de 100 à Constantine et aucun lycée n’a été rajouté à la douzaine héritée de la période coloniale. (voir Ahmed Rouadjia Les Frères et la mosquée, éd. Bouchane, Alger, 1991.)

Plus de 5 millions d’Algériens sont privés de toit, mais cela n’empêche pas leur président de lancer un projet pharaonique: construire d’ici à 2013 la troisième plus grande mosquée du monde, pour un coût estimé par certains à 3 milliards de dollars!

Ces mosquées ne font que réchauffer la foi armée et légitimer les voix appelant à l’application de la charia.

«De toutes les grandes civilisations de la planète, remarquait le Prix Nobel de physique, Abdul Salam, la communauté islamique est celle qui a fait à la science la part la plus restreinte.»

Les hommes veulent parfois s’éloigner des souffrances de la terre, rêver d’un paradis perdu… Ici, c’est le KO religieux, le ciel un moulin à illusions, et la religion le meilleur moyen pour priver les hommes de leur liberté. Cette religiosité à usage externe est exploitée par les marchands de l’au-delà non seulement comme vaccin contre toute évolution de la société vers la sécularisation, mais aussi comme une barrière devant toute spiritualité. «Peut-on parler de spiritualité à propos d’une pratique réduite à quelques manifestations épisodiques de prières, de jeûne ou de pèlerinage?» (Djamal Eddine Bencheikh). Un système de pilosité et quelques interdictions alimentaires. Des corvées divines, serais-je tenté de répondre.

L’irrationnel «se lâche», comme on dit aujourd’hui, il gagne chaque jour du terrain au sein de ces sociétés islamisantes. Visible et manifestement majoritaire, il cultive la passion et étouffe la raison. Sous sa pression, le savoir recule devant la fiction théologique, et la foi devient savoir. Voire tout le savoir. La rationalité végète, rase les murs, commence à dégager une odeur exotique dans cet océan de certitudes dogmatiques. Si, dans le reste du monde, la raison agit, plus ou moins, sur la religion, la religion agit, ici, fondamentalement sur la raison. Celle-ci abdique devant l’autorité rhétorique. À l’œil nu, tout le monde peut voir la religion étendre ses tentacules sur le champ public ou ce qu’il en reste encore d’indemne.

Porte-parole d’Allah, l’imam se mêle de tout, a une opinion sur tout. Aucun média ne pourrait se passer de ses services. Ici, il répond aux questions des lecteurs. Là, il égrène aux téléspectateurs les vertus de la foi, les bienfaits des prières supplémentaires ou le jeûne hors saison. Il solutionne les problèmes que rencontrent les fidèles dans leur vie présente et future comme s’il recevait courriels et SMS directement de la Providence. Il n’épargne rien, norme tout, dicte ce qu’il faut croire ou ne pas croire, dire ou penser. Certains exercent ce qu’ils nomment Attib Annabaoui, la médecine prophétique. D’autres prescrivent des talismans et admonestent pour soulager les âmes blessées de leurs semblables.

Que dit la religion? Une émission diffusée à la radio publique algérienne depuis l’indépendance. Les cheikhs animateurs excellaient dans l’art d’accuser les Algériens de passer leur temps à ne pas être musulmans. Quarante ans d’islamisation officielle!

L’anti-modernité est la chose la mieux partagée entre des croyants travaillés par un discours culturel essentiellement religieux, maquillé d’une stérile approche philosophique, formulée dans les mêmes termes depuis le début du XIX° siècle: Comment réaliser la modernité dans l’authenticité? Harmoniser foi et raison? Le couscous et l’argent du couscous: accéder à la modernité sans payer les frais de cet accès! Le besoin d’adopter «ce qu’il y a de bon» dans la culture occidentale sans être infecté par «ce qu’il y a de mauvais.» Régir les activités humaines en harmonie avec les finalités de la foi, nous dit le prof à la Sorbonne, Ali Merad. (Ali Merad, La Tradition musulmane, Que-sais-je?, PUF, 2001.) En bref, réussir la quadrature par l’aide de Dieu!

Prisonnière de cette fausse problématique et obsédée par l’illusion d’une identité éternelle, la culture musulmane savante se trouve coincée dans le sombre labyrinthe de l’essentialisme identitaire. Confrontée à concilier les valeurs de la modernité et celles de l’islam: un duel entre deux univers mentaux. Tout le monde sait, sauf ceux qui préfèrent la démagogie, que l’islam est trop religieux pour être moderne et la modernité trop démocratique pour être islamique. Deux épistémès, deux paradigmes, diamétralement opposés qui se chassent inévitablement.

«Si la religion est acceptée au nom de quelque chose d’autre qu’elle-même, disait Adorno, elle se sape.» Elle sape surtout la société.

Majoritairement contaminés par une littérature de propagande, issue directement de cette interrogation bourbeuse sur la rénovation de l’héritage culturel et religieux, les musulmans rejettent, consciemment (une minorité) ou inconsciemment (la majorité), les valeurs principales de la modernité: liberté de conscience, égalité entre les sexes, en particulier le refus de séparer le sacré du profane. La séparation est abhorrée par la majorité écrasante, écrasée elle-même par son élite politico-théologique. Les ouvrages religieux ne représentent pas pour rien 18% de la production littéraire arabe contre 5% dans le reste du monde.

« Dans l’échelle des valeurs, la culture occupe ici le dernier rang. Même un roman de Naguib Mahfoud, notre prix Nobel de littérature, ne se vend qu’à quelques milliers d’exemplaires. Seuls les livres sur la religion font un tabac.» (l’économiste égyptien Mohamed El Sayed, voir L’Expansion, octobre 2004, Paris.). Le degré presque zéro de la lecture. L’une des municipalités du Front islamique du salut (Algérie), fraîchement installée en 1990 (La municipalité d’El Harrach près d’Alger.) a commencé par incendier tous les romans de la bibliothèque locale. Je crois toujours, après Schopenhauer, que les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l’obscurité.

Les musulmans ont du mal à admettre que l’islam n’est plus une civilisation. Il n’est aujourd’hui qu’un ensemble de valeurs. Des réponses aux problèmes existentiels, point de réponses aux problèmes historiques et conjoncturels. Une des banlieues du monde moderne. Du ressentiment vis-à-vis de l’Occident, une inquiétude mêlée d’envie, peut-être. Mais oser parler d’un choc de civilisation, c’est faire déserter le sens aux mots. Cette opposition Islam/Occident, qui ronge l’imaginaire musulman, n’est qu’une illusion perpétuée pour apaiser les consciences malheureuses sonnées par le choc terrible de la modernité. Les dépositaires ultimes de la parole d’Allah n’arrivent pas a digérer leur piétinement et leur impuissance par rapport à l’Occident infidèle qui ne cesse de réaliser des progrès éclatants dans tous les domaines. Faire de l'islam une alternative à l’Occident est le pire des infantilismes! Les voies qui mènent à la modernité ne sont pas nombreuses, et l’Occident n’est pas une formation culturelle quelconque ou un territoire banal. C’est le lieu où s’est manifesté l’esprit des Lumières, le lieu où s’exerce, selon Habermas, «l’usage public du raisonnement, sans précédent dans l’Histoire». Un changement qualitatif inédit dans l’histoire des civilisations.

Pour légitimer l’échec, les «élites» mettent l'Occident en accusation systématique. Et ainsi les musulmans d’en bas dissimulent et noient leur frustration dans une hostilité pathologique aux valeurs mentales et symboliques de la modernité: valeurs appelées confusément occidentales, jugées non seulement incompatibles avec les traditions islamiques, mais qui seraient en croisade permanente contre tout ce qui est musulman. Islam/Occident, par cette formule, ces «élites» veulent nourrir une opposition indélébile entre la modernité et le monde arabo-musulman. L’ambiance culturelle en terre d’islam crée un Occident monolithique qui ne cesse de comploter contre l’islam. La sociologie, la philosophie, la psychologie et toutes les autres sciences de l’homme, n’ont-elles pas été pensées pour porter atteinte à la religion de Mahomet? Darwin, Marx, Freud, etc. ne sont-ils pas des juifs au service du projet sioniste? Dans les années 1980, avant la naissance officielle du FIS (Front islamique du salut, parti intégriste algérien.), le hall de l’université des sciences sociales d’Alger servait de salle d’exposition permanente aux obscurantistes: des textes muraux dénonçant la pensée de Nietzsche, Hegel, Rousseau, Sartre, etc. Des slogans incitant les étudiants à se méfier des idées importées de l’Occident puant. Des philosophies entières caricaturées en une ou deux phrases écrites en vert, couleur du paradis! Traquer les idées modernes à coups de versets coraniques et de hadiths (Dits du prophète) est devenu une fâcheuse habitude intellectuelle. Une battue.

Nul relativisme culturel ne peut justifier l’idée selon laquelle la démocratie, les droits de l’homme, l’humanité de la femme, le droit de disposer de son corps, se masturber, croire ou ne pas croire au Bon Dieu, changer de religion, ne pas en avoir, seraient des valeurs exclusivement occidentales. («De Rabat à Islamabad en passant par Djeddah, lit-on dans le journal Le Matin du 8 juin 2004 (Algérie) - quelques jours avant qu’il soit assassiné par le régime algérien - les régimes arabes élus à la «soviétique» ou héritiers des trônes mal acquis avancent comme alibi pour rejeter le plan américain: Les spécificités culturelles de la région. Aucun n’a pris jusqu’à ce jour le soin de dire que l’autoritarisme politique, l’obscurantisme religieux, l’oppression des femmes, le culte de l’ignorance et le mépris de la vie font partie aussi de ces spécificités qu’ils cultivent depuis qu’ils sont au pouvoir.») Simples évidences «bien connues», des notions qui devraient être acceptées sans justifications, pour utiliser les mots de Hegel. Il n’y a pas de droits de l’homme sénégalais ou anglais. Il n’y a que des droits de l’Homme. «Ces droits ne sont ni créés par le législateur, ni octroyé par lui au citoyen, mais existent de plein droit, doivent de tout temps être respectés par le législateur et lui préexistent en tant que valeurs suprêmes.» (Gunter Hirsh, ex-juge a la Cour de justice des communautés européennes).

Pourquoi les musulmans adoptent-ils aisément la troisième génération de portables qui permettent l’interactivité, l’interopérationnalité et la mobilité et peinent à assumer la première génération de droits humains? Parce que dans ces pays des «devoirs de l’Homme», on travaille jour et nuit pour pérenniser le despotisme. Les droits d’Allah passent avant les droits de l’homme, parce qu’ils profitent seulement aux despotes et avantagent les hommes par rapport aux femmes Dans ces pays, décrits à travers de beaux livres aux photos magnifiques, la liberté humaine ne vaut pas grand-chose.

Hamid Zanaz «L'impasse islamique» - Hamid Zanaz est un citoyen du monde né arabe en Algérie. Il a enseigné la philosophie (en arabe) à la faculté d'Alger jusqu'en 1989. Il a quitté l'enseignement pour travailler dans la presse indépendante naissante. Il vit en France depuis 1993.

13/12/2017

Grandes voix : Tidiane N’Diaye sur la traite négrière.

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Alors qu’on semble découvrir l’esclavagisme en Libye, une lecture édifiante : « Le génocide voilé » de Tidiane N’Diaye.

« Les Arabes au cours de leurs mouvements de conquête, ont d’abord pris, soumis et islamisé l’Afrique du Nord, avant de se diriger vers l’Espagne. Dans ce pays, ils développèrent une brillante civilisation, symbolisée par les émirats et califats de Cordoue. Puis, à leur retour en Afrique, dans une nouvelle vague d’islamisation des peuples, ils amenèrent avec eux une cascade de malheurs. Sous l’avancée arabe, la survie était un véritable défi pour les populations. Des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman.

Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale. Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants. Ils allaient souvent de contrée en contrée, le Coran d » une main, le couteau à eunuque de l’autre, menant hypocritement une « vie de prière », ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète.

Beaux et nobles principes en vérité, mais que foulaient aux pieds - avec quelle allégresse, quelle indignité et quelle mauvaise foi ! - ces négriers arabes, qui mettaient l’Afrique à feu et à sang. Car derrière ce prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces. Cela fit dire à Édouard Guillaumet : « Quel malheur pour l’Afrique, le jour ou les Arabes ont mis les pieds dans l’intérieur. Car avec eux ont pénétré et leur religion et leur mépris du Nègre. »

Si de nos jours, pour ce qui est de l’islamisation de peuples africains, dans la plupart des pays, la religion du prophète Mohamed - avec son prestige social et intellectuel – a fait d’énormes concessions aux traditions ancestrales en s’intégrant harmonieusement sans détruire les cultures et les langues, il n’en a pas toujours été ainsi : l’histoire de ces Arabes qui plongèrent les peuples noirs dans les ténèbres fut surtout celle du mal absolu.

Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne.

La plupart des millions d » hommes qu’ils sont déportés ont disparu du fait des traitements inhumain et de la castration généralisée.

La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XX° siècle

Cette douloureuse page de l’histoire des peuples noirs n’est apparemment pas définitivement tournée. Au lendemain du second conflit mondial et de la découverte des horreurs de la Shoah, l’humanité a pris la mesure exacte de la cruauté de l’homme et de la fragilité de sa condition. Sous le choc, la communauté internationale déclara, en l’espèce d’un célèbre et mémorable never again, que plus jamais elle ne laisserait de tels événements se produire. Il apparaîtra d’autant plus absurde aux historiens du futur qu’en ce début du XXI° siècle, au Soudan, se déroule une véritable entreprise de nettoyage ethnique des populations du Darfour.

En avril 1996, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Soudan faisait déjà état d’une « augmentation effrayante de l’esclavagisme, du commerce des esclaves et du travail forcé au Soudan ». En juin de la même année, deux journalistes du Baltimore Sun, qui s’étaient également introduits dans ce pays, écrivaient dans un article intitulé « Deux témoins de l’esclavage » qu’ils avaient réussi à acheter des jeunes filles esclaves, pour les affranchir. Décidément, du Darfour VII° siècle au Darfour XXI° siècle, l » horreur continue avec cette fois le nettoyage ethnique en plus.

Il serait grand temps que la génocidaire traite négrière arabo-musulmane soit examinée et versée au débat, au même titre que la ponction transatlantique. Car, bien qu’il n » existe pas de degrés dans l » horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir, sans risque de se tromper, que le commerce négrier arabo-musulman et les djihads (guerres saintes) provoqués par ses impitoyables prédateurs pour se procurer des captifs furent pour l’Afrique noire bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. Et ce, encore sous nos yeux aujourd’hui (janvier 2008), avec son lot de massacres, avec son génocide à ciel ouvert. »

TIDIANE N’DIAYE

Écrivain et anthropologue d'origine franco-sénégalaise, Tidiane N`Diaye vit en Guadeloupe, ou il travaille comme économiste à l’lnsee. Il est également directeur de recherches à Sup de Co Caraïbes. Auteur de nombreuses études économiques et sociales sur les départements français d’Amérique et de plusieurs ouvrages sur les civilisations négro-africaines, il a déjà publié dans la collection « Continents Noirs », aux Éditions Gallimard, quatre « enquêtes historiques » : Les Falachas, Nègres errants du peuple juif (2004), Le génocide voilé (2008), Par-delà les ténèbres blanches (2010), Le jaune et le noir (2013) et L’appel de la lune (2017).

https://www.laboutiqueafricavivre.com/livres/216-le-genoc...

https://www.youtube.com/watch?v=FhJH4O5lISk

 

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07/12/2017

Au bistro de la Toile : Jonhysse, smic, Jérusalem

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- Oh ! Victor, on t’a pas vu hier. C’est le deuil national qui t’a empêché de sortir ?

- Bof… À vrai dire Loulle, je fuis ce harcèlement johnnyxuel. Il faut donner aux choses l’importance qu’elles ont. Certains en sont à comparer notre sympathique Jojo à Victor Hugo. Tè, je vais te réciter quelques vers de l’immense Hugo qui pourraient convenir à la mort de Johnny :

Il n’avait pas encor pu saisir une cime,
Ni lever une fois son front démesuré.
Il s’enfonçait dans l’ombre et la brume, effaré,
Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,

Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes.
Il tombait foudroyé, morne silencieux,
Triste, la bouche ouverte et les pieds vers les cieux,

L’horreur du gouffre empreinte à sa face livide.
Il cria : Mort ! les poings tendus vers l’ombre vide.

-… tenh ! C’est pas gai ton truc.

- Eh ! La mort n’est pas souvent gaie. J’ai une autre idée pour ne pas oublier le ci-devant Smeet Jean-Philippe, Victor Hugo de consommation courante, ersatz d’Étasunien mais vrai contribuable helvétique : mettre sa photo et celle de ses poumons sur les paquets de clopes !

- Eh ! Oh ! Tu veux la mort des buralistes ? Déjà que les Smicards sont dans le collimateur des « Zexperts », qui viendra s’encanailler dans mon rade ?

- Les riches Loulle. Les riches. Voilà une clientèle solvable, et qui est en progression. Pour augmenter leur pouvoir d’achat, un ami m’a proposé quelque chose d’intéressant : « Instaurer le DMIC, le Dividende Minimum Inter-actionnarial de Croissance, d’un montant de 100 000 € alloué à chaque actionnaire, qui serait financé par une cotisation de 50 % des revenus bruts de tous ces salauds de nantis que sont les smicards, les RSAïstes, les polemployïstes et les fonctionnaires. »

- Il manie avec bonheur l’ironie sarcastique ton pote, comme toi concernant Johnny. Bon. Changeons de sujet. Tiens, la dernière Trumpade n’est pas mal et ressemble à une chanson de Johnny : « Allumer le feu ! ». Voilà que ce taré veut en remettre une couche au Moyen-Orient avec son truc d’ambassade à Jérusalem…

- C’est vrai que ce type se révèle grandiose : le Mozart de la konnerie. Il devient une illustration parfaite de cette boutade d’Einstein qui dit en substance : « Il y a deux choses dont je sois sûr : la bêtise humaine et l’expansion de l’univers. Encore que pour l’expansion de l’univers, on peut douter… », et que moi je reprends en disant : « La konnerie humaine est la seule approche que l’on puisse avoir de l’infini. »

Jérusalem, Loulle, je ne vois que deux solutions concernant le devenir de cette ville qui est le symbole des pires névroses collectives en « isme » : le judaïsme, le christianisme, l’islamisme. Soit en faire une ville ouverte, un territoire en soi, indépendant comme l’est le Vatican par exemple, ou Monaco. Avec bourrage de crâne à tous les étages et promesse de paradis, fiscal bien entendu, c’est plus réaliste que l’autre !

- Et la seconde solution ?

- Puisqu’on est dans le sarcasme et l’exagération : faire fuir la population dans le désert puis vitrifier la ville avec trois bombes atomiques, l’une venant d’Israël, l’autre de chez Trump, la troisième fournie par le Pakistan…

- Fatche ! Tè ! Puisqu’on est dans les machines de mort, buvons plutôt un canon…

 

Illustration: hommage à Chimulus

06/12/2017

Trop riches les smicards ! Ils ruinent la France…

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Ce sont les « Zexperts » qui le disent, et c’est ce que nous claironnent depuis mardi tous les canards laquais, toutes les machines à bruits et toutes les lucarnes à décerveler de France. En conséquence le « Groupe d’experts pour le Smic » - si, si, ne rigolez pas, ça existe et c’est comme ça que ça s’appelle - s’est prononcé contre une hausse du Smic au 1er janvier. Pas de « coup de pouce » afin de ne pas « fragiliser les améliorations en cours ». Faut pas tracasser ce pauvre Gattaz…

L’Etat n’a plus accordé de coup de pouce au Smic depuis juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande. Lors de la dernière revalorisation, début 2017, le Smic avait augmenté de 0,93 % (mais de 0,43 % effectif compte tenu de l’inflation à 0,50 %), atteignant 1 480,27 euros brut mensuels (9,76 euros de l’heure) et 1 151,50 euros net. Vraiment trop riches ces salauds de smicards ! Ils saignent les entreprises. Faudrait quand même pas qu’ils s’embourgeoisent avec tout le pognon que les riches leur font ruisseler dessus !

Au fai, les Zexperts – tous grassement pays – qu’est-ce qu’ils connaissent de la vie d’un smicard ? Qu’est-ce qu’ils savent des augmentations des transports, des biens de première nécessité, du prix des études des gosses, des loyers, du carburant, de l’électricité, du gaz, des frais de santé, du prix des prothèses pour les sans-dents ?

Ce fameux « groupe d’experts du Smic », personne ne sait qui ils sont. En tout cas c’est soigneusement occulté dans les médias. Moi qui suis un affreux fouille-merde, j’ai cherché et j’ai trouvé. #balancetonexpert !

Renouvelé en août, le groupe d’experts sur le Smic est présidé par Gilbert Cette, professeur d’économie associée à l’université d’Aix-Marseille (également fonctionnaire de l’OCDE, il a le privilège de ne pas payer l’impôt sur le revenu ! Ben voyons !) et se compose des économistes Andrea Garnero (OCDE), Isabelle Méjean (Crest), Marie-Claire Villeval (CNRS) et André Zylberberg (CNRS et Ecole d’économie de Paris). Suivez les liens pour connaître leurs pedigrees à ces braves Zexperts et vous verrez qu’ils sortent tous du même moule.

Pour connaître le Smic, il aurait peut-être fallu au moins un Smicard dans la bande, au moins un ouvrier, une employée, un syndicaliste. Tè ! Fume…

Ils ne sont que des larbins de l’oligarchie des nantis, des escrocs, des profiteurs. Et leurs préconisations à la kon ne sont que de vulgaires et sempiternelles vulgates ultralibérales.

Le rothschild-boy Jupitounet osera-t-il contredire les « Zexperts » ? Allons, allons, soyons sérieux. Ce sont tout de même des Zexperts…

Comme disait Johnny, il serait peut-être temps de "Allumer le feu"!



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04/12/2017

Réunion Europe-Afrique : la raison du plus fort est-elle toujours la meilleure ?

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Le cinquième sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne (UA-UE) s’est tenu la semaine dernière, les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Au cours de ce sommet ont été passés en revue la paix et la sécurité, la gouvernance, la démocratie, les droits de l’homme, les migrations et la mobilité, l’investissement et le commerce, le développement des compétences, la création d’emplois, mais également le terrorisme et une de leur conséquence : la résurgence de l’esclavagisme.

Macron et ses comparses de l’U.E. se sont offusqués de bon ton avec leurs homologues de l’Union Africaine de l’esclavage sans complexe pratiqué en Libye. Ben voyons ! Qui a planté la zone dans ce pays ? Sarko, Blair, Obama. Qui morfle grave ? Les Africains.

Les jocrisses, les bien-pensants, les tartuffes s’horrifient – à juste titre – de ces centaines, de ces milliers de femmes, enfants, hommes attirés par le miroir aux alouettes de l’eldorado européen et qui après avoir engraissé les maquereaux passeurs finissent en patapon pour requin et crabes de la Méditerranée.

Il faut savoir pourquoi ils partent de toute l’Afrique en une migration suicidaire vers le nord, vers ce continent européen que les séries télés, les films, les magazines leur montre comme le paradis, le bonheur consumériste à la portée de tous. On ne leur montre pas, dans le « paradis européen », les milliers de sans-abri et de sans-dents, de chômeurs, de grévistes. On ne leur dit pas que la traite humaine transsaharienne a été remise au goût du jour. On s’efforce de leur cacher les bateaux surchargés qui chavirent, jetant à la mer, dans le froid de la nuit, leur cargaison dérisoire d’espoirs déçus, de vies perdues. Pourtant ils veulent malgré tout venir…

S’ils fuient l’Afrique, c’est parce qu’ils sont victimes, chez eux, du pillage des richesses de leur continent par les entreprises multinationales, et en particulier européennes. Ce pillage découle de la faiblesse politique de quasiment tous les pays africains. Faiblesse résultant des conflits internes et externes, de la corruption d’une caste et des budgets des dépenses militaires en Afrique qui dépasse l’entendement humain au détriment de l’allocation des ressources à des fins de développement et accentuent la misère et la famine.

Cette faiblesse génère des accords économiques léonins, d’inspiration ultralibérale. On les appelle les A.P.E. (accords de partenariat économique), proposées par l’Union européenne à l’Afrique. Ces accords sont entre l’Union européenne et l’Afrique ce que les accords Tafta – heureusement mal barrés actuellement, contrairement à leur miroir CETA - sont entre les États-Unis et l’Europe : des traités de vassalisation organisant le pillage du plus faible par le plus fort. Vis-à-vis des États-Unis, nous sommes les victimes, vis-à-vis de l’Afrique, nous sommes les bourreaux. Mais il n’y a pas les Européens…

Quelle sera l’évolution à donner au partenariat avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) après l’expiration des accords de Cotonou, en 2020 ? L’intégration africaine n’est pas assez avancée pour que l’UA (Union Africaine) puisse vraiment peser sur les négociations. Tant que son financement sera assuré par les contributions extérieures, à commencer par celle de l’UE, l’idée d’un partenariat d’égal à égal reste une vue de l’esprit. Les dés sont pipés.

De l’esclavage à la colonisation et de celle-ci à la mondialisation, nous sommes en face de la même logique : décider pour les Africains (et d’une manière toujours conforme aux intérêts de l’Europe) la manière dont ils doivent exister face au reste du monde. La seule différence entre hier et aujourd’hui réside dans la nature des gadgets avec lesquels la lucidité de l’Africain est assommée : aux pacotilles ont succédé les « attestations » de leadership délivrées par l’Europe à des chefs d’État africains - dont quelques-uns sont pourris jusqu’à la moelle - qui se disputent sans gêne la reconnaissance de l’homme blanc et de son système politico-économique. Ce qu’il y a surtout à redouter aujourd’hui au sujet de ces APE et de la lecture qu’en fait l’Afrique c’est essentiellement une stratégie de déconstruction des zones économiques et monétaires ou tout bonnement une décomposition de l’Union africaine par l’alignement d’un cartel de chefs d’États corrompus sur les ambitions impérialistes de l’U.E.

L’Afrique n’a absolument rien à gagner dans les APE : la Côte d’Ivoire a beau espérer vendre son cacao, mais elle doit savoir qu’elle ne maîtrise guère ses cours mondiaux. Le Sénégal n’a que son huile d’arachide que personne ne veut plus consommer en Europe et dont le cours a été fortement déprécié par les autres huiles. Le bois brut gabonais ne peut nullement contrebalancer la perte de devises qu’entraînerait l’ouverture des frontières gabonaises à l’UE. De toute façon la question que soulèvent les APE n’est pas fondamentalement une simple question économique : c’est une question de justice, d’équité et de morale universelle, et pour cette raison, c’est un combat que l’Afrique peut et doit mener avec tous les autres hommes et toutes les autres régions économiques de cette planète.

Tout comme les États-Unis font avec elle avec le Tafta, l’Union européenne exerce des pressions sur les pays africains argumentant que « l’aide au développement » pourrait diminuer drastiquement en cas de refus de signer. C’est un chantage d’autant plus insupportable que l’Afrique voit s’échapper chaque année 192 milliards de dollars causés par des flux illicites contre seulement 30 à 40 milliards d’aide au développement, a révélé le 30 novembre 2016 à Dakar, Amath Soumare, président fondateur de Sopel International et président du Centre africain de la Nouvelle économie, CANE Executive.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Un peu d’histoire économique récente éclaire le sujet. Ainsi en 1963, la convention de Yaoundé (Cameroun) portait sur le commerce mais avec des préférences tarifaires non réciproques en faveur des produits des 18 états concernés sur la coopération financière et technique et sur des projets d’infrastructures économiques et sociales. Plus tard, en 1975, la convention de Lomé (Togo), fondée sur le partenariat et la solidarité, était signée avec un groupe de 46 pays. De 1984 à 1995 vont se succéder les conventions Lomé III, IV et IV bis, qui concernent finalement 70 pays. Mais peu à peu, les accords s’imprègnent des thèses néolibérales émergentes.

Après la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, la nécessité de « s’insérer dans l’économie mondiale » devient la priorité. L’Union Européenne a choisi d’imposer les règles de l’OMC aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) plutôt que de s’associer à eux pour les rendre plus équitables. Elle a choisi de faire perdre aux pays les moins avancés (PMA) de la zone ACP (40 sur 77) les dérogations que leur accordent les règles de l’OMC lorsqu’ils ne signent pas d’accords de libre-échange. Les préférences tarifaires non réciproques doivent disparaître. Elles ne sont en effet pas compatibles avec les règles de l’OMC qui imposent la réciprocité : les pays ACP doivent s’ouvrir aux produits européens de la même manière que le marché communautaire s’ouvre aux produits ACP. Ce sont les accords de Cotonou où l’on passe du respect de la souveraineté au dogme de la « croissance » que favoriserait (!!??) un marché « libéré » des obstacles à la concurrence. Dans les négociations, la Commission, négociateur unique au nom des Etats membres de l’Union, en a imposé la langue, le contenu et le rythme, en dépit des protestations des gouvernements ACP. Les documents sont rédigés en anglais, et les discussions ont lieu dans cette langue. Or les pays concernés d’Afrique, qui représentent 94 % de la population ACP, ont, très largement, le français comme langue véhiculaire. Bonjour la francophonie et l’influence de la France en Europe…

Séparer pour mieux régner est la devise de l’U.E. Elle divise ainsi les ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique autrement dit les anciennes colonies) signataires des accords de Lomé en six régions : Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Corne de l’Afrique, Afrique australe, Caraïbes et région Pacifique. Et elle négocie avec chaque sous ensemble séparément. Pour la Commission, il ne s’agit pas de traiter les pays ACP en partenaires, mais bien d’organiser leur mise en concurrence, c’est-à-dire, selon la formule désormais consacrée, de les « intégrer dans le commerce mondial ». Les négociations visent à remplacer les mécanismes de solidarité des conventions de Lomé par la concurrence économique et commerciale orchestrée par l’OMC. La convention de Cotonou contraint ainsi des économies faiblement développées à affronter sur un pied d’égalité les entreprises des pays les plus riches. La vision du monde que propage désormais l’UE, à l’instar des États-Unis, s’organise autour de l’idée dominante de compétition.

L’U.E. ressert le discours des lobbies patronaux selon lequel les dérégulations favoriseraient les investissements. Elle exige donc la suppression des restrictions aux investissements dans le domaine des services. Il s’agit, en fait, d’interdire à ces pays de choisir eux-mêmes les investisseurs étrangers et de définir quel type de société ils entendent construire. Elle exige la concurrence, dont il faut assurer, selon une expression digne du traité constitutionnel européen, le caractère « libre et non faussé » ; les marchés publics, où elle entend qu’entreprises étrangères et entreprises nationales soient traitées sur un pied de stricte égalité ; et enfin l’investissement, où elle réclame une dérégulation des régimes en vigueur dans la plupart des pays ACP.

Les firmes européennes entendent opérer en toute liberté là où elles investissent, et tirer le profit maximum de l’absence d’exigences salariales, de législations sociales et de contraintes environnementales. C’est le renard libre dans le poulailler…

Mais la résistance s’organise. Ainsi en 2004, à Maputo (Mozambique), des centaines d’associations africaines, réunies à l’invitation de Third World Network Africa, un des réseaux altermondialistes les plus actifs, adoptent la déclaration de Maputo. Véritable document fondateur de la résistance africaine à la recolonisation par le libre-échange, elle dénonce les APER comme un instrument de la domination européenne sur les marchés émergents ; comme une agression contre les droits à l’autodétermination et à la souveraineté sur les ressources et les capacités des États ; comme une volonté d’exacerber les tensions entre sous-groupes africains et comme une négation des préoccupations légitimes des pays africains demandant un changement des règles de l’OMC. Reprise par le Forum social africain (Lusaha, décembre 2004), elle appelle à une transformation radicale des relations entre l’Europe et les pays ACP, fondée sur un principe : l’émancipation des peuples africains doit être leur propre œuvre.

Le développement de l’Afrique sera profitable à l’ensemble des autres espaces économiques évitant cette migration clandestine avec des milliers de morts. Mais avant tout, l’Afrique sera ce que les Africains voudront qu’elle soit.

Tafta, Ceta, APE, même logique de la loi du plus fort, mêmes combats à mener.


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28/11/2017

Macron l'Africain ou "Là: FRIC ! Hein" ?

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Macron innove en s’entourant d’un « Conseil présidentiel pour l’Afrique » composé principalement de jeunes entrepreneurs binationaux en lien étroit avec leurs pays d’origine, qui lui apportent une autre vision de l’Afrique que les réseaux diplomatiques traditionnels de ses prédécesseurs. Mais au son des grenades...

Visite délicate sur fond de menace terroriste au Sahel que les troupes françaises installées sur place combattent efficacement mais non sans difficultés et aussi d’un flux migratoire non géré donnant lieu à bien des catastrophes, tant en Méditerranée qu’en Libye. Un récent reportage a permis d’ouvrir les yeux sur un secret de polichinelle : la résurgence de l’esclavage transsaharien.

Le président français risque de croiser quelques manifestants d’organisations appelant à protester contre la tutelle néocoloniale du franc CFA, contre le pillage des ressources naturelles de l’Afrique par les grandes entreprises françaises, mais pas que… Une grenade jetée sur un véhicule militaire français témoigne de la nervosité, voire de l » hostilité dune partie des populations africaines.

Macron va probablement parler d’un plan de développement sur place. Mais un plan de développement efficace doit être débarrassé du racket et de l’exploitation par les multinationales des ressources gigantesques de cet énorme continent.

Dehors Areva ! Où paye. Dehors Bolloré ! Ou paye. Dehors Total ! Ou paye. Dehors Nestlé ! Ou paye. Dehors Bill Gates ! Ou paye.

L’Afrique attire les « investisseurs » internationaux. Mais pour quel développement ? Pour un développement prédateur, néocolonialiste. Ces firmes voyous saccagent les forêts, extraient les arbres les plus rentables, puis déboisent et plantent des palmiers à huile.

Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe. Le « progrès » des tracteurs a ruiné l’agriculture vivrière en détruisant la mince couche de terre arable patiemment fabriquée par des générations de petits cultivateurs. Oui mais ça engraisse Deutz, McCormick et autres…

Les firmes vautours qui néocolonialisent l’Afrique – françaises, européennes, étasuniennes et maintenant surtout chinoises - extraits les minerais d’uranium, de cuivre, de cobalt, d’or, de diamants, de terres rares et laissent une terre ruinée de latérite stérile et polluée.

Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

À côté des firmes voyous, il y a les États voyous, États voleurs de terre : (Chine, Corée du Sud, Arabie saoudite, Libye, Qatar, etc.) et les investisseurs voyous privés (fonds de pensions, banques, etc.). Ces bandits achètent la terre, le territoire, envoient les bulldozers, saccagent, défrichent, font fuir les paysans avec l’aide musclée des potentats locaux à la patte abondamment graissée, puis plantent des cultures d’exportation (cacao, arachide, café, riz, fleurs).

Et ça rapporte quoi aux Africains ça ? Rien. Par contre ça les envoie à travers déserts et Méditerranée vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

Et que dire de ce pillage des élites africaines ? ! Il y a plus de médecins béninois en région parisienne que dans tout le Bénin ! Il en est de même pour les ingénieurs et les techniciens pourtant indispensables au développement de ces pays.

Au lieu de cette économie de prédation, ne vaudrait-il pas mieux mettre en place une réforme agraire en expulsant les grands propriétaires terriens pour partager, avec le soutien financier et réglementaire de l’État, les terrains en petites exploitations principalement axées sur les cultures et l’élevage vivriers ? ! Il y aura forcément une faible productivité, mais tant mieux : ça donnera du travail aux populations locales. Mais attention au syndrome « Zimbabwe » ou une réforme agraire de ce type mal menée a ruiné le pays…

Ne vaudrait-il pas mieux mettre en place de petites unités industrielles locales, directement en prise avec les besoins locaux : fabrication d’outils, de vêtements, de biens de consommation, d’habitations préfabriquées, de véhicules bon marché adaptés au pays, etc. ? ! Et même les pousser à exporter mais en assortissant ce développement local d’un indispensable protectionnisme vis-à-vis de la concurrence des grands pays développés qui subventionnent leurs exportations, refilent aux Africains leurs produits de seconde zone et tuent ainsi dans l’œuf toutes les initiatives locales.

Ce modèle de développement, aux antipodes de celui proposé, imposé plutôt par les organisations prédatrices que sont le FMI (Fond Monétaire International), la Banque mondiale, l’OMC (Organisation mondiale du commerce), a réussi il y a quelques décennies en Corée du Sud, en Malaisie, au Vietnam.

Ne serait-il pas plus réaliste, et efficace, de s’inspirer de ce qui a réussi ailleurs plutôt que de laisser la bride sur le cou à toutes ces institutions, multinationales et États nuisibles ? L’acceptation des investissements des états et firmes prédatrices devrait s’assortir d’un accord de ce genre : sur 1 000 que vous investissez, on vous en concède 500 pour vos cultures exportatrices, mais on vous impose d’investir 500 pour le développement de cultures vivrières à travers une aide financière et technique aux petits paysans locaux. Et idem pour les implantations industrielles venant en appui de l’artisanat et à la petite industrie locale. Pour que ça rapporte enfin aux Africains, que ça leur rende la fierté de leurs pays et leur enlève de l’esprit ce mirage qui les envoie, à travers déserts et Méditerranée, vers le miroir-aux-alouettes de l’Europe.

On nous rétorquera que l’argent de l’aide internationale coule à flots en Afrique… Mais il coule dans quelles poches ? Car peut-on envisager un tel développement positif avec des dirigeants et des administrations corrompus jusqu’à la moelle ? Mais qui dit corrompus dit corrupteurs. Et les corrupteurs, qui sont-ils ? Et où sont-ils ? Devinez… En plus, il faut relativiser cette aide financière. Elle est actuellement inférieure au transfert d’argent provenant de la diaspora africaine en Europe…

Enfin, il est une question taboue qu’il faut pourtant bien aborder : les bienfaits de la médecine moderne ont fait chuter heureusement la mortalité infantile. On s’en réjouit. L’espérance de vie s’en est trouvée allongée. Et donc la démographie a explosé tandis que la production restait au niveau d’une agriculture de subsistance, elle-même ruinée par les exportations subventionnées de produits européens.

Conclusion : une aide massive ne s’évaporant pas dans des poches corrompues doit se conjuguer avec une régulation efficace de la surpopulation. Les Chinois l’on fait, les Indiens tentent de le faire. Mais, au-delà de toute coercition, la manière la plus efficace de limiter les naissances, c’est l’éducation. Mais débarrassée des carcans de l’islam et du christianisme avec leur natalisme forcené.

Faute de résoudre ce double défi : développement économique de l’Afrique et limitation des naissances, l’Europe va se trouver confronter, dans les décennies qui viennent, à une gigantesque question migratoire. Qui ne se résoudra pas avec le sourire…

Allez, Monsieur le président, au lieu de la politique de complaisance de ce qui fut la « Françafrique » envers les satrapes et dictateurs locaux, prônez la « bonne gouvernance » si vous voulez, comme Chirac, mais évitez de faire comme Sarko disant que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

Et méditez sur ce proverbe africain : « Le mensonge donne des fleurs, pas de fruits ».

 

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