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04/12/2013

Faillite de l’enseignement…Il est lourd à exciter le mammouth !

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Un enfant sur cinq ne maitrise pas la lecture et donc l’écriture. C’est un constat d’échec terrible. Un grand nombre de nos enfants ne savent plus lire, plus compter, et donc plus penser. Le système éducatif français, qui fut un des meilleurs du monde, est maintenant non seulement montré par Pisa comme dépassé, mais surtout, et c’est bien pire, inefficace. La faute à qui ? La faute à quoi ? Des bonnes intentions qui foirent, des systèmes d’apprentissage et des programmes qui changent à chaque ministre de l’enseignement, une priorité donnée à la compétition entre élèves mais aussi entre établissements, un abandon de l’excellence au profit du privé et surtout une partie importante de la population scolaire laissée sur le côté.

 

Résultat, l’école a cessé d’être le moteur de l’ascenseur social. Ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche demeureront en haut, ceux qui sont nés dans la rue y resteront. Inégalité ! Avec en embuscade le privé qui rêve d’un enseignement essentiellement concurrentiel, avec des établissements gavés de pognon par les entreprises, débauchant les meilleurs professeurs du public, et fabriquant à la chaine des « premiers de la classe » stéréotypés, formatés pour le système ultralibéral. Sans oublier les écoles confessionnelles…

 

Il fut un temps où l’école publique, gratuite et obligatoire assurait l’égalité des chances, en tout cas l’égalité dans l’obtention des savoirs de base. Ceci à travers ces formidables « hussards de la République » qu’étaient les instituteurs, respectés car respectables. Ce temps est révolu. Les profs sont mal payés, mal formés, de moins en moins motivés.

Les élèves ne se rendent plus compte de la chance qu’ils ont de pouvoir acquérir un enseignement gratos. Ils s’en foutent, crachent à la gueule des profs, ont perdu la notion de l’effort en constatant que même les diplômes ne sont plus un rempart contre le chomdu, et que diler du chit rapporte plus que marner en classe... Mais pour aimer l’école, encore faut-il qu’on leur en donne envie ! Pour que les élèves aiment l’école, encore faut-il éveiller leur curiosité, encore faut-il qu’ils sachent pourquoi ils y vont, leur donner des perspectives autres que des classes poubelles s’ils ont le malheur de lâcher prise.

Quant aux parents d’élèves, au lieu d’être des auxiliaires des profs, ils en sont souvent les adversaires.

 

Écoutez-les tous discutailler, depuis hier, dans les machines à bruit et les lucarnes à décerveler ! Tous ces « zexperts » ont leur solution. Mais rien ne bouge.

Il est décidément bien lourd à exciter le « mammouth »…

 

Quartidi 14 frimaire 222

 

Photo X – Droits réservés

 


30/03/2009

Sarkonnerie : pour eux pas de pognon, pour d'autres c'est pas pareil...

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Il y a quelques semaines, notre cher volatile palmipède enchaîné nous apprenait que Sarko s’intéressait personnellement au sort des pauvres enfants d’expatriés voulant téter hors de France le bon lait de la culture françouaise. Lorsque l'on sait que P'tit Louis (le dernier rejeton Sarkozy) serait scolarisé depuis septembre à Doha au Qatar , l'article s'éclaire d'un jour nouveau !

Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarko veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée. Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160.000 élèves y sont scolarisés, dont 80.000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5.500 euros l'année à Tokyo, 6.500 à Londres, 15.000 à New York et 17.000 euros - le record - à San Francisco.

Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65.000 euros par an - pas vraiment le smic - pour décrocher 4.500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez. Depuis l'an dernier et à la demande expresse de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite.

« J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français. » Encore merci !

Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger. Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expatriés si l'Etat régale ?

Un coût qui fait boum ! Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du « Canard ». D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP (sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an !

Intenable ! La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est-il lancé là-dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, P’tit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha... Et il va falloir payer ! Auditionné par le Sénat à la fin juin, Bernard Kouchner n'a pas nié ces menus « inconvénients ». Son cabinet songe d'ailleurs à couper la poire en deux : une gratuité partielle... mais toujours sans conditions de revenus. Sauf que, pour le moment, Sarko n'en veut pas. « Je tiens beaucoup à la gratuité », s'entête-t-il à chaque déclaration à l'étranger. Sans prendre le temps de préciser comment sera financée cette très généreuse gratuité !C'est vrai que ça représente un beau petit paquet de voix tous ces gens!

Tout va bien. Surtout pour certains. Est-ce qu'on va leur enseigner que la nuit du 4 août 1789, c'était l'abolition des privilèges à ces rejetons de riches ?

Il n'y a plus de pognon ? Tè ! Fume !