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24/01/2011

AU FOU ! Chatel veut apprendre la « novlangue » à nos gosses dès trois ans !

 

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Je viens d'entendre ce matin que le désolant Luc Chatel - le s(m)inistre de l'éducation nationale ayant formé son jugement en tant que représentant de commerce puis « DRH » (celui qui met les employés au chomdu) de...L'Oréal (salut Liliane !) - veut faire apprendre l'anglais dès l'âge de trois ans. A rapprocher des élucubrations du pittoresque Allègre, un de ses prédécesseurs dans l'entreprise de démolition du patrimoine intellectuel français, qui estimait (je cite de mémoire) que « dans l'avenir les petits Français parleront l'anglais et apprendront le français ». Non mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ! C'est tout simplement céder aux pressions de la « mondialisation », concept fuligineux inventé par les Zétazuniens pour assoir leur domination du monde. Méditons les mots de grands... Zétazuniens dont le regard n'est pas obscurci par les illusions, et par exemple celui-ci : « La mondialisation n'est pas un concept sérieux. Nous l'avons inventé pour faire accepter notre volonté d'exploiter les pays placés dans notre zone d'influence » (J. K. Galbraith, économiste célèbre).

 

Le « citoyen du monde » parle un anglais dégénéré, sorte d'esperanto moderne, qui lui permet de faire illusion dans le monde global. L'anglais reste une langue riche, complexe, subtile. Et les intellectuels britanniques sont les premiers à s'inquiéter de la dérive vers le bas de leur idiome. Mais la langue du monde des affaires, du monde du tourisme, du monde des médias et du spectacle, l'anglais de nos « élites » mondialisées ressemble de plus en plus à la novlangue décrit par Orwell. Avec toutes les conséquences en termes d'appauvrissement du débat, en particulier du débat démocratique, citoyen. Voilà la première force de la mondialisation: priver les peuples de leur langue, leur fournir une langue de substitution, appauvrie, pour atténuer leur pensée.

 

Le père Noël m'a offert une machine à lire électronique et je viens donc de relire « 1984 » d'Orwell. Aussi effrayant que prémonitoire hormis le fait que l'idéologie prédatrice actuelle n'est pas le socialisme mais le capitalisme ultra libéral. Orwell dit ceci : « - C'est une belle chose la destruction des mots. Naturellement, c'est dans les verbes et les adjectifs qu'il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d'exister y a-t-il pour un mot qui n'est que le contraire d'un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon » par exemple. Si vous avez un mot comme « bon », quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais »? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu'il est l'opposé exact de bon, ce que n'est pas l'autre mot. Et si l'on désire un mot plus fort que « bon », quel sens y a-t-il à avoir toute une chaîne de mots vagues et inutiles comme « excellent », « splendide » et tout le reste? « Plusbon » englobe le sens de tous ces mots, et, si l'on veut un mot encore plus fort, il y a « double-plusbon ». Naturellement, nous employons déjà ces formes, mais dans la version définitive de la novlangue, il n'y aura plus rien d'autre. En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera couverte par six mots seulement, en réalité par un seul mot. Voyez-vous Winston, l'originalité de cela ? Naturellement, ajouta-t-il après coup, l'idée vient de Big Brother. (...) Ne voyez-vous pas que le véritable but de la novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus les mots pour l'exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. Déjà, dans la onzième édition, nous ne sommes pas loin de ce résultat. Mais le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts. Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n'y a plus, dès maintenant, c'est certain, d'excuse ou de raison au crime à la pensée. C'est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte. La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. La novlangue est l'angsoc et l'angsoc est la novlangue, ajouta-t-il avec une sorte de satisfaction mystique. Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu'en l'année 2050, au plus tard, il n'y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant? »

 

On n'en est pas loin. Et pendant ce temps on démolit l'apprentissage du français, un des fondements essentiels de notre république avec la laïcité et la liberté. J'ai été effrayé, l'an dernier, alors que je donnais quelques leçons de français à mon petit-fils, de l'incroyable indigence des gosses « SMS » en matière d'orthographe. Les médias de masse se font les complices de cette acculturation. Il n'est que d'écouter les américonnerismes que nous infligent à longueur d'antenne tous ceux qui bonimentent dans le poste. Sans oublier, tellement c'est caricatural, le sabir de not'bon président qui va baver dans le poste ce soir !

 

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