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30/03/2015

Au bistro de la toile : élections, foot et avions sans pilotes.

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- Oh ! Victor. T'as les moustaches qui frisent. Qu'est-ce qui motive cet air presque guilleret ?

 

- Ce matin, Loulle, j'ai un peu moins la vergogne. On a frisé la catastrophe dans le Vaucluse comme dans le Gard, mes départements. Le F.haine n'y a pas réussi son hold-up. Mais il s'en est fallu de peu, et les grenouillages pour la présidence commencent... Par contre, dans mon département d'été, la Lozère, c'est le bonheur ! Ce département rural, le moins peuplé de France mais l'un des plus beaux, est coupé idéologiquement entre les Cévennes rebelles, rouges, celle des Camisards et des maquisards et les hauts plateaux très conservateurs, travaillés depuis des générations par les curés. Eh bien ce département est passé de droite (le système Jacques Blanc) à la gauche, sous la conduite du truculent mais efficace maire de Mende, Bertrand. C'est la seule victoire de la gauche sur la droite dans toute la France ! Fêtons ça ! Mets ma tournée.

 

- ...en plus, les fouteux ont gagné. Mais sans panache. Match tristounet, emmerdant. Mais, bof... C'est mieux que rien.

 

- Ouais Loulle, mais c'était une équipe de remplaçants. Et ils ne se sont pas trop mal débrouillés. Mais on est encore loin des équipes qui tiennent le haut du pavé, comme le Brésil, l'Allemagne ou l'Argentine. Mais en Europe, il y a la place. Les Espagnols et les Portugais ne nous font pas peur, pas plus que les Anglais.

 

- Alors, et cette catastrophe de l'Airbus, où on en est ?

 

- On cherche après Titine, mais on la trouve pas... On cherche la seconde « boite noire ». Celle qui enregistre tous les paramètres de vol. Et on ne la trouve pas... Pourtant, on a trouvé le capot, la boite, ce machin orange. Et, curieusement, le mécanisme enregistreur n'était pas là... Quand on voit comment sont construites ces « boites noires », on se demande comment il est possible que ses éléments se désolidarisent. Bizarre... Et quand bien même, il suffit de chercher autour de là où a été trouvé le capot. Le reste ne doit pas être bien loin. Les détecteurs de métaux, ce n'est pas efficace ? Á moins qu'on ne veuille pas trop retrouver cet enregistreur. Pourquoi ? Parce qu'il pourrait mettre à mal la version « officielle » qui consiste à tout faire porter sur la tête malade du copilote, « ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal... ».

 

- Enfin, il était à la masse ce pauvre type. Les médicaments qu'il prenait en atteste.

 

Il était probablement à la masse. Mais pourquoi était-il chauffeur d'avion dans ce cas-là ? On touche là au « management » de ces compagnies « low cost », qui reflètent d'ailleurs la gestion actuelle des « ressources humaines ». Ce ne sont même plus des humains, mais de simple ressources, accessoirement humaines... Les pilotes sont embauchés – lorsqu'ils le sont – en CDD ; mais plus généralement, ils sont eux-mêmes, tout seul, leur entreprise, avec laquelle les transporteurs passent contrat pour tant de vol à telles conditions.

Les chauffeurs d'avions ne se connaissent pas. Ils se rencontrent généralement sur le tarmac. Ils sont totalement interchangeables. Alors qu'ils vont devoir travailler ensemble et que, dans des conditions d'urgence – ce qui peut arriver à tout moment en matière aéronautique – l'esprit d'équipe, les automatismes sont primordiaux. Mais cet esprit d'équipe, les employeurs n'en veulent surtout pas : c'est la porte ouverte à toutes revendications ! Séparer pour mieux régner...

 

- Ils n'ont qu'à mettre un seul pilote, il n'y aura plus d'embrouilles, mais alors il faudra lui fournir des couches puisqu'il n'aura plus loisir d'aller pisser !

 

- Ne dis pas ça en rigolant Loulle. Il y en a qui y pense à mettre un seul pilote. Techniquement, les dernières innovations permettent à un pilote de rester seul dans le cockpit. Lien

D'ailleurs le sulfureux Michael O'Leary, patron de Ryanair y a pensé : «Un pilote suffit, vraiment ! C'est l'ordinateur qui fait presque tout le travail », a-il expliqué. Et d'ajouter qu'en cas de problème, il suffirait au pilote de tirer une sonnette d'alarme pour être immédiatement remplacé par une hôtesse entraînée à atterrir. Ça ressemble à une boutade, mais ce n'en est pas une. L'expérience des drones militaires montre que le pilote n'est plus indispensable dans un avion.

 

...teng ! C'est pas moi qui monterait dans un de ces bouts de fer sans chauffeur !!!

 

- Voilà. Les mentalités des voyageurs ne sont pas prêtes pour ça. Mais ça viendra. Il y a bien des métros sans chauffeur, et on nous prépare la bagnole qui se conduit seule...

 

- Allez, à la nôtre ! Cette bouteille, on va la conduire en équipe!

 

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

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31/03/2014

La France d’en haut : des couilles en or. La France d’en bas : des nouilles encore.

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Morpion

 

Le sort en est jeté. Nous, citoyens, avons signé un chèque en blanc à des gens qui feront ce qu'ils voudront pendant six ans dans nos communes. Sans avoir aucun compte à rendre, sans être obligés de tenir leurs promesses électorales. On comprend dès lors quelle est la logique qui fait que les citoyens refusent de se servir de la seule arme qui leur est octroyée une fois de temps en temps, arme gagnée de haute lutte, au péril de leur vie, par nos ancêtres : le bulletin de vote. C'est le fossé abyssal qui existe entre le peuple et ses représentants. Ceux-ci, une fois au pouvoir, oublient qui les a élu et donc qui ils sont censés représenter.

 

Pourquoi ?

 

Un. Parce que les « personnels » politiques considèrent le mandat électif qu'ils ont conquis non pas comme une responsabilité, un honneur, une mission provisoire mais comme une profession. Dès lors une fois élus, ils n'ont qu'un but, bien au-delà du bien public, c'est d'être réélus. L'électeur est devenu un client, un marché à conquérir puis à rentabiliser.

 

Deux. Parce que nos « représentants du peuple » ne sont pas issus de l'ensemble de la population mais essentiellement des catégories socioprofessionnelles « supérieures », c'est-à-dire aisées : hauts fonctionnaires, professions libérales, médecins, journalistes, cadres et retraités de grandes entreprises. Où sont les employés, les ouvriers, les artisans, les commerçants, les auto-entrepreneurs, les petits chefs d'entreprises, les petits retraités, les chômeurs ? Lorsque, par hasard l'un de ceux-ci accède aux responsabilités, il lui faut beaucoup d'abnégation pour ne pas se laisser glisser dans le moule...

 

La soupe est bonne : « l'élu(e) » sait qu'il aura un bon salaire, qu'il ne risque ni le chomdu ni la précarité, que la pauvreté n'est plus une crainte, que son existence matérielle est assurée ainsi que celle des siens. A condition d'être réélu ! Que ce soit dans un poste (maire) ou un autre (conseiller général, régional, député, sénateur). Il fait désormais partie de cette catégorie privilégiée : la « classe politique ». Dès lors il lui suffit de débiter des discours préfabriqués par des « nègres », à laisser la gestion au personnel fonctionnaire (le secrétaire général de mairie est très souvent le vrai patron, inamovible lui, d'une municipalité). Bref, à jouer un rôle et à veiller à ce que la corruption à laquelle il est fatalement confrontée ne soit pas trop visible... Dès lors, il entre de plain pied dans le petit monde des « apparatchiks » de son parti, ce qui lui assure son avenir. Comme il n'y a pas de limitation de mandatures et peu de limitations de mandats ou fonctions, à lui la bonne soupe ! Ce système est pourri à la base, c'est lui qui empêche toute véritable politique. On se retrouve avec des dynasties d'élus de père en fils ou en fille, des petits satrapes locaux inamovibles infligeant à leurs concitoyens des 3, 4 voire cinq mandatures, des repris de justices élus ou réélus... Ce système est pourri à la base, c'est lui qui empêche toute véritable politique.

 

Les « élus » sont fatalement les représentants des plus riches puisque ce sont ceux-ci qui paient leurs campagnes électorales. Selon l'adage « Qui t'a fait duc ? Qui t'a fait roi », une fois en place, ils facilitent fatalement ceux qui les ont aidé dans leur "conquête du pouvoir". C'est le classique renvoie d'ascenseur, rouage essentiel de la corruption ordinaire.

 

Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Dans la démocratie d'Athènes au siècle de Périclès, ce n'étaient pas des professionnels qui faisaient la politique mais des amateurs : ils étaient tirés au sort, devaient être volontaires et avoir plus de trente ans. Ils étaient choisis au hasard pour un an seulement ; on les appelait les « bouleutes » et l'on ne pouvait être « bouleute » que deux fois en tout et pour tout dans sa vie.

 

Ce système ne favorisant aucune catégorie de citoyens, c'est l'ensemble de la population qui est représentée. Des pointures comme Aristote, Périclès, Platon et plus tard Montaigne, Montesquieu, Rousseau en étaient partisans. Écoutons Montaigne : « Lorsque dans la république le peuple en corps a la souveraine puissance c’est une démocratie ; lorsque la souveraine puissance est entre les mains d’une partie du peuple, cela s’appelle une aristocratie. » Ce géant proposait pour mettre en place par exemple une Constituante…le tirage au sort ! « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne, il laisse a chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Et il estimait que les lois devaient être mises à l’essai : « La constitution de Rome et d’Athènes à cet égard étoit tres sage, les arrêtsdu senat avoient force de loi pendant un an ils ne devenoient perpetuels, que par la volonté du peuple. »

 

Il est temps de préparer une sixième république dont la Constituante serait formée de représentants tirés au sort, par régions. On peut ensuite mixer les deux représentations : tirage au sort et élection. Des associations, groupements de citoyens, voire partis politiques proposeraient des programmes, détaillés et chiffrés ainsi qu'une liste supérieure à 1000 de personnes volontaires et compétentes pour mettre ces programmes en action. Dès lors l'électeur voterait pour un PROGRAMME et non plus pour un INDIVIDU. Une fois le programme choisi par cette élection, ceux qui seront chargés de l'appliquer seront tirés au sort parmi les 1000 volontaires du programme choisi. Les tirés au sort devraient tout de même être soumis à, un examen minimal d'aptitude, ils seront surveillés tout au long de leur mandat et révocables à tout moment, puis évalués en fin de mandat.

 

Plus de mandarinat, plus de risques de corruption, plus de confiscation du pouvoir par une caste.

 

Utopique ? Les Islandais ont procédé ainsi pour mettre en place une Constituante suite au krack financier où les avaient entrainé les banksters. Et leur pays est sorti de la crise.

 

Il est temps de se prendre en mains, de constituer des groupes de réflexion sur ce thème, d'élaborer des cahiers de doléances puis d'imposer le changement, le vrai. Par la rue s'il le faut parce que les privilégiés ne lâcheront pas le gâteau comme ça.

 

Primidi 11 germinal 222

Illustration X – Droits réservés

 

21/03/2014

Notre bulletin, c’est notre arme. VOTONS !

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"Les français sont des veaux qui croient aux étiquettes dont les hypocrites et les fourbes se servent pour maquiller leurs programmes toxiques et frelatés : ils ne jugent pas les idées, les contenus, le fond, mais leur mise en scène, la forme et son spectacle". De Gaulle

 

Pour être « de droite » radicalement, il suffit de se laisser aller. C'est une pente. C’est la facilité. Les idées de droite sont dans la satisfaction immédiate. C'est oui ou non. C'est les immigrés dehors, tout de suite, et non aux impôts, tout de suite, etc.

 

Être « de gauche » et démocrate, au contraire, demande un effort. C'est une construction intellectuelle, ça n'est pas instinctif. Ça demande de penser son propre désir et de le conduire à trouver les conditions les plus harmonieuses et les plus durables à son accomplissement. C’est un effort de tous les jours.

 

Être de gauche, ou d'une droite antifasciste et respectueuse des droits, ce n'est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain. C’est surtout être moins kon. C’est penser les phénomènes dans leur histoire et n’approuver que les décisions politiques qui, à terme, ne rendent impossibles ni le progrès des libertés ni l’amélioration du « vivre ensemble ». Tout le contraire du lepénisme, du sarkozisme et de ses avatars…

 

Les Français on la mémoire courte dit-on, mais ils de devraient pas oublier quel est le camp qui a augmenté en cinq ans la dette de 600 milliards, qui leur a fait perdre leurs emplois en facilitant les délocalisations, qui a tout fait pendant cinq ans pour détruire leur système de protection sociale, démolir leur système de retraite, diminuer les impôts des plus riches et augmenter ceux des plus pauvres, redistribuer leur argent (celui de l’Etat) aux entreprises qui, elles-mêmes, le redistribuent à leurs actionnaires, démanteler les services publics pour attribuer leurs fonctions à des sociétés privées qui s’empressent d’augmenter les prix de tous les services, etc.

 

Ceux qui sont actuellement en charge du pays, malgré leurs défauts, leurs hésitations, voire parfois leur trahison ont la tache énorme de relever le champ de ruine de la France de Sarko. C’est celle des égoïstes, repliés sur leur petit confort pour ne pas voir crever de faim les SDF du coin de la rue, ceux qui ont choisi l’égoïsme au lieu de la solidarité, la France de ceux qui préfèrent assurer leur vacances au ski en faisant des heures supplémentaires plutôt que de donner du travail aux autres, celle de ceux qui ferment les yeux sur les licenciements tant que leur emploi n'est pas menacé, qui refusent de se syndiquer par peur de compromettre leur carrière, celle des fayots qui n'hésiteront pas à prendre la place de leur collègue plutôt que de perdre la leur, celle des abrutis qui admirent des demeurés qui gagnent des milliards en tapant dans un ballon ou en se trémoussant sur un plateau de télévision avant de planquer leur fric en Suisse, celle de ceux qui s’extasient devant des comédiens qui leur font croire à une réalité virtuelle à l’eau de rose dans des feuilletons stupides.

 

Bref, c’est la France franchouillarde des médiocres, basse et moutonnière, qui n’a même plus le courage de relever la tête devant l’affront que lui font ceux qui, sous couvert de construction européenne ou de mondialisation, lui tondent la laine sur le dos.

 

On peut penser que c’est ainsi que les grands peuples deviennent des peuples avilis et que des civilisations finissent par se perdre dans les marécages de l’Histoire…

 

La tentation de l’abstention est grande, mais c’est un piège à kons : chaque bulletin manquant profite à ceux qui se seront déplacés. Et ça risque d’être les fachos au front de bœuf de la Marine.

 

Le bulletin de vote est notre seule arme. Mais elle est PUISSANTE. Utilisons-le.

 

 Décadi 30 ventôse 222

 

Illustration X – Droits réservés