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06/02/2017

« Sortons les sortants » ! Le DÉGAGISME est en route...

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Quelle est la différence entre un train et un politicien ?
- Quand le train déraille, ça le stoppe.

 

Ça ressemble à un jeu de massacre.

D’abord Sarko et Juppé à droite : DEGAGÉS !

Puis François « Ganelon » Hollande qui capitule sans combattre : DEGAGÉ

Vals et Montebourg à gauche, DEGAGÉS par Hamon.

DEGAGÉS les cadors, et une (petite) place aux deuxièmes gâchettes.

Pour les présidentielles, on se retrouvait avec un grand favori : Fillon ; un épouvantail : Le Pen ; le représentant de ce qui reste des Socialiste : Hamon ; un trublion : Macron et l’inévitable Mélenchon, repoussoir pour les uns, espérance pour beaucoup d’autres. La routine quoi.

Seulement voilà. Les dieux de l’Olympe électoral ont eu envie de se marrer. Ils se sont alors rappelés la fragilité voire la duplicité de l’entreprise humaine : voile tissé pendant le jour, défait la nuit par la fille de d’Icarios, la belle Pénélope.

Mais on n’est plus au temps d’Homère. Pénélope et son Ulysse de sous-préfecture préfèrent les thunes aux voiles, aussi délicats soient-ils. Et n’entendent pas se défaire de ce qu’ils ont patiemment amassé : un million d’euros sournoisement piqués dans les poches des contribuables.

Et voilà que ces bricoles arrivent aux oreilles du plus sympathique et du plus redoutable des palmipèdes ! Qui s’empresse – c’est sa vocation – de le couin-couiner à tout va !

L'invraisemblable, c'est qu'il se prétend agressé le Sourcilleux ! Offusqué ! Il se sent, il se vit comme une victime ! Et il se répand en gueulant au complot ! Pour un petit million d'euros de générosité conjugale et filiale… En toute légalité plaide l’oncle Picsou de la Sarthe, mais en toute immoralité pensent les cochons de payants qui sont autant de redoutables électeurs ! Révoltant d'indécence.

Séisme au pays des rillettes ! Tsunami dans le camp des « vainqueurs » (qui se distribuaient déjà les maroquins et les juteuses prébendes). Doit-il rester, doit-il partir ? « On » fait semblant pour la galerie de soutenir le candidat pas si candide, mais « on » s’entre-dévisage en loucedé pour savoir qui est la « balance » et « on » s’entre-déchire déjà discrètement pour savoir qui remplacera le premier en cartes qui, immanquablement pensent-ils, va devoir lâcher le morceau.

On verra bien, très vite d’ailleurs car le calendrier électoral ne permet pas de tergiverser longtemps.

« Ils » n’ont rien compris. Ils continuent leurs petits jeux de pouvoirs, leurs rivalités d’appareil, leurs cuisines de partis sans se rendre compte que le Peuple – celui qui détient (en pointillé) le pouvoir par son bulletin de vote – ne veut plus de ces jeux-là ! Et qu’il a décidé de leur sort : le peuple va virer les politiciens professionnels, ceux qui ont fait de la politique un métier alors que c’est une mission, quasiment un sacerdoce. Les virer tous. De droite comme de gauche.

Le mouvement n’est pas seulement français, il est mondial. Du moins dans le monde de nos démocraties. C’est un grand chamboulement : Brexit chez les Rosbifs, Trump chez les Yankees, et la suite à venir, c'est l'illustration de ce rejet d'une caste qui se croit tout permis.

Le peuple en a marre de ces partis qui regorgent de ces « notables », caciques locaux voire satrapes qui se croient élus de droit divin. Et qui ne veulent pas le lâcher le morceau ! Cumulards tant qu’ils peuvent l’être, usant et abusant de privilèges aberrants. De droite ou de gauche, un seul vainqueur : le mandarinat et donc la paralysie du système. Des maires, des présidents d’exécutifs régionaux réélus pour la troisième, la quatrième, voire la cinquième fois… Et qui sont aussi députés, sénateurs, députés européens. Désolant de connerie.

Comment un élu peut-il apporter encore quelque chose à ses concitoyens lorsqu’il est englué dans la routine et, surtout, le clientélisme ! Car ne nous leurrons pas, toute réélection doit autant sinon plus au renvoi d’ascenseur qu’au travail réalisé pendant la mandature. Révoltant d’inefficacité.

La caste politique est conforté dans une culture du privilège et de l'impunité par le flou des règlements de l'Assemblée nationale et du Sénat et le laxisme – jusqu'à l'affaire Cahuzac – de la justice à leur égard. C’est de ce dévoiement de la démocratie que les citoyens ne veulent plus. De cette connivence entre professionnels de la politique, journalistes, économistes, industriels, financiers. De cette spoliation des efforts communs au seul profit d’une petite caste de parasites. Mais de parasites tellement coupés de la réalité de la vie du peuple, tellement ancrés dans leur dépravation qu’elle leur est naturelle et qu’ils s’offusquent lorsque leurs saloperies leur jaillissent à la gueule !

Ainsi Fillon le Faillitaire, drapé sans vergogne dans son « honnêteté » offensée, qui crient au complot et trouve normal que sa tendre épouse ait empoché en quelques années d’un travail hypothétique sinon fictif l’équivalent de ce que touche un professeur en quarante ans de carrière ou deux smicards durant toute leur pénible existence ! Et que doivent penser les étudiants qui rament l’été pour quelques poignées de figues lorsqu’ils apprennent que les rejetons bien nés du châtelain du manoir de Beaucé, près de Sablé-sur-Sarthe, ont encaissé pour leurs jobs d’été plus de 80 000 euros d’argent public sortis de nos poches ? ! Sans parler des chèques de la caisse noire du Sénat. Basta !

Qu’importe la réalité ou non du « travail » de Pénélope et de ses enfants, ce que retient le populo, c’est le montant tout à fait immoral, indécent des sommes. Mais le candidat Fillon rejette la réalité et s’accroche à ses chimères.

Le pire, c’est que cela est légal. Dès lors comment ne pas comprendre le « Sortons les sortants », le « Dégageons-les tous ». Le peuple exprime son ras-le-bol total de ces gens qui s’installent impunément et « naturellement » selon leur esprit de caste en dehors, voire au-dessus des lois qu’ils votent et imposent souvent durement aux autres.

Ce mouvement amorcé lors des primaires des partis qui squattent le pouvoir va se poursuivre à une tout autre échelle lors des prochaines élections majeures, la présidentielle et les législatives. On peut s’attendre à un rejet massif des candidats des partis s’autoproclamant « de pouvoir » au profit des candidats dédaigneusement qualifiés de « populistes » (Pouah ! Dans populiste, il y a peuple…). Le douteux Fillon ou son remplaçant, comme Hamon s'ils se laissent castrer par les caciques du PS, se partageront vraisemblablement les quatrième et cinquième places…

Le choix est alors entre les mensonges et l’aventure fascisante de Le Pen, le faux nez des banksters et du patronat de Macron ou la sixième république populaire de Mélenchon.

Sinon…

 

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