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11/01/2011

Algérie, Tunisie... Ils n'ont pas de pain ? Qu'ils mangent de la brioche ! Pas de liberté? Qu'ils regardent le foot !

emeutes-faim.jpg

 Attend ! On croit rêver, ou plutôt cauchemarder : des émeutes de la faim en Algérie, en Tunisie, comme il y a deux ans au Maroc, au Mexique, au Sénégal et un peu partout dans le monde ! Nous voilà de retour aux prémisses de la Révolution française lorsque les crève-la-faim de chez nous allaient chercher manu militari à Versailles « le boulanger et la boulangère ».

Il aurait suffit de quelques rumeurs de baisse de la production de blé consécutives à la sécheresse en Russie, aux inondations en Australie et autres conjonctures mondiales défavorables pour déclencher la panique ? Mouais... Il a bon dos le dérèglement climatique. À New York, à Londres ou à Paris, quelques affameurs en col blanc se frottent les mains, orchestrent ces rumeurs et s'engraissent en achetant des milliers de quintaux de blé, de maïs ou des barils de pétrole quand les prix sont bas et les revendant quand le cours monte. Quelques rumeurs et « confidences » sur le thème de la pénurie et hop ! Ça fait gonfler artificiellement les prix... 

A qui profite le crime ? Essentiellement aux fonds de pension spéculateurs étazuniens et aux multinationales de l'agroalimentaire et de la chimie phytosanitaire. Ce sont les mêmes tant ils sont liés. 

Les fonds de pensions, secoués par l'affaire des « subprimes » étazuniennes, placent leurs énormes capitaux fluctuants sur les matières premières agricoles, blé, maïs, riz essentiellement. Ils achètent et gèlent ces matières premières pour en faire monter artificiellement les cours afin de multiplier leurs profits. Ils organisent ainsi la pénurie alimentaire mondiale. Les multinationales agroalimentaires et semencières, étroitement liées à l'industrie chimique et financées par les fonds de pensions, orchestrent cette catastrophe alimentaire dans un but précis : imposer partout dans le monde les cultures OGM, et s'assurer ainsi une maîtrise conséquente sur la vie même de tous les Terriens par la privatisation du vivant.

Mais il y a d'autres responsabilités et elles sont multiples : - démographie démentielle, - plus forte demande des nouvelles classes moyennes des pays émergents, - politiques agricoles de l'Europe et des Etats-Unis réduisant à néant les agricultures des pays du « tiers-monde » à coup de produits subventionnés, - politique du FMI, à la solde des banques et des multinationales occidentales, visant à imposer des agricultures d'exportation (arachide, café, cacao, etc.) au détriment des agricultures vivrières, - aberration du développement des « agro carburants », - activation de « l'arme agricole » par les Etats-Unis par l'action spéculative des fonds de pension investissant massivement dans les matières premières agricoles, - complot orchestré par les multinationales de l'agroalimentaire pour imposer les OGM, - achat de terres en Afrique par la Chine et les pays pétroliers du golfe pour y faire de l'agriculture à leur seul profit, - sans oublier cette merde de mondialisation qui impose partout les mêmes manières de manger: blé supplantant le riz, protéines animales dix fois plus dispendieuses à obtenir que les végétales, etc.

Oui, il a bon dos le « dérangement climatique ». Il est un des éléments, mais pas le principal. Et puis enfin, le monde a les moyens de faire face à ces fluctuations saisonnières, il suffit pour maitriser l'approvisionnement des denrées de base (sucre, huile, céréales) de constituer des stocks qui suffiraient à contrer la spéculation. Car la fluctuation qui déclenche la pénurie et les émeutes de la faim joue sur quelques pourcents seulement, le reste étant orchestré par les spéculateurs mafieux. La fameuse « communauté internationale » trouverait là une belle illustration et une utilité évidente. Eh ! Oh ! Kiki, mais t'es coco ou quoi ? N'oublie pas qu'en termes d'ultra libéralisme, toute décision économique tend vers une seule chose : le profit, et le profit immédiat. 

Si les pauvres se révoltent parce qu'ils n'ont pas pain à manger, qu'ils mangent de la brioche, bordel ! comme disait « la boulangère » à Louis...

Et s'ils n'ont pas de liberté, qu'ils regardent le foot !

 

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 Un regard autorisé sur ce qui se passe en Algérie

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Primidi 21 Nivose 219 de l'ère de la Liberté

21/07/2010

Au Bistro de la Toile : Boudouda Karim, accidenté du travail.

 - Il est tout de même étonnant qu'un simple accident du travail déclenche des émeutes, pousse des compagnons de travail de la victime à tirer sur les bourres et à foutre un quartier à feu et à sang...

 

- Accident du travail ? Où ? Quoi ? Qui ?

 

- Eh ben ! Le dénommé Boudouda Karim, braqueur récidiviste de son état, preneur d'otages, manieur expérimenté d'armes de guerre a été tué par un flic suite au braquage avec armes d'un établissement commercial. Pour lui, ce n'est qu'un accident du travail ! En choisissant cette « profession », le type savait bien qu'un jour ou l'autre il se trouverait confronté à la situation qui lui a coûté la vie. C'est comme un couvreur qui sait bien qu'un jour il risque de tomber d'un toit, ou un bûcheron qui intègre qu'un jour un arbre peut l'écrabouiller. Ce sont les risques du métier. Ce qui n'est pas normal, c'est que cet accident du travail déclenche une émeute. Ça veut dire que la trentaine ou la quarantaine de types cagoulés qui ont flingués les archers et foutu le feu à des dizaines de bagnoles sont les complices du braqueur Boudouda Karim. Ça veut dire aussi que l'ensemble de la population de ce quartier de La Villeneuve se fait le complice passif de ces crapules, soit parce que ce sont leurs enfants, soit parce qu'ils sont terrorisés par les agissements brutaux de ces quelques dizaines de crapules qui les prennent réellement en otages pour couvrir leur agissements criminels : braquages, trafics de drogue essentiellement. Ça veut dire que ces quartiers sont des zones de non-droit, ou plutôt régit par le droit imposé par la terreur par ces voyous. On peut faire un parallèle avec d'autres zones de non-droit : celles situés à l'autre extrémité de l'échelle sociale, je veux parler de Neuilly et autres enclaves de magouilles de haute volée où quelques caïds locaux - politiciens véreux (pléonasme Victor ! Pléonasme !), grands patrons voyous (pléonasme Victor ! Pléonasme !), riches familles d'héritiers et tout un petit monde de sarko-trafiquants que l'on retrouve dans la bande du Fouquet's entre autre,  qui conchient les lois de la république et les détournent à leur seul profit.

 

- Bien vu Victor. Mais quoi faire ?

 

- Concernant les voyous de « la France d'en bas », ils se mettent en rébellion ouverte et armée avec la république. Ils sont donc des ennemis de cette république. Que fait-on avec des ennemis dangereux ? On doit les éliminer comme des nuisibles.

 

- Autrement dit Victor, on décrète l'état d'urgence voire l'état de siège sur des espaces géographiques précis, on met une compagnie - ça suffira ! - de légionnaires avec ordre de tirer à la moindre provocation et on prépare trente ou quarante cercueils.

 

- Pourquoi pas... Mais il faut aussi s'attaquer à la base de ce qui pourrit ces quartiers dit « sensibles » : le chômage endémique trois ou quatre fois supérieur à la moyenne nationale et le trafic de drogue, essentiellement de hasch. Le chômage baissera lorsque des activités normales pourront s'y développer dans des conditions de sécurité normales. Cette sécurité dépend de l'élimination des connards de caïds de pissotière que sont les « dealers » de chichon.

 

- Mouais... En comment tu fais ?

 

- En légalisant l'utilisation, la vente et la culture du canabis. Tu coupes ainsi l'herbe - c'est le cas de le dire ! - sous les pieds des trafiquants !

  - Tu crois que ça passera ça ?

 

 - Pourquoi pas. Le tabac et l'alcool, autres drogues bien plus dangereuses que le hasch - c'est un ancien des « chemins de Katmandou » qui te le dit ! - sont légalisées, contrôlées par l'Etat auquel elles rapportent du pognon...

 

- Tiens ! Bois un coup de rouquin, ça ,rapporte un peu à l'Etat !

 

- A la nôtre !

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Non, tout n'est pas à jetter chez les Bettencourt:

découvrez donc Pierre Bettencourt !

 

17/02/2009

Guadeloupe : ça commence à péter… Que fait Sarko ? Du ski…

manifestation antille.jpg

Qu’est-ce qui caractérise une économie coloniale ? Premièrement le pillage des matières premières du pays victime, deuxièmement la vente exclusive des produits manufacturés en provenance du pays prédateur, troisièmement la confiscation au profit des seuls colons des terres et des ressources locales. Ceci étant mis en œuvre par une administration extérieure au pays victime, brutale, foncièrement injuste. Quant à la soumission des population colonisées, elle est assurée par la terreur policière et militaire et confortée par le lavage de cerveau et l’acculturation mis en place par les « missionnaires » religieux.

Ce schéma est révolu ? Pas du tout. Il demeure en place dans tous les départements d’outre-mer. Les révoltes de la Guadeloupe découlent directement de cet état de fait perpétué depuis l’abolition de l’esclavage par tous les gouvernements de la République. En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ainsi qu’à la Réunion.

Lorsque Victor Schelcher – esprit éclairé qui fait honneur à la France – a réussi à imposer l’abolition de l’esclavage, les colons propriétaires de ces esclaves se sont vu donner en pleine propriété, en compensation de leurs pertes, pratiquement toutes les terres de ces pays. Après quelques soubresauts – ils n’étaient pas chauds pour libérer leurs esclaves les Békés ! – et quelques centaines de têtes passées à la bascule à Deibler, l’économie est repartie sur le même schéma : économie d’exportation par monoculture de la canne à sucre puis, après la chute de ce marché juteux dû à l’arrivée du sucre de betterave, monoculture de la banane (tenue sous perfusion par les subventions…).

Aucun gouvernement n’ayant fait l’effort de casser ce cercle vicieux de l’économie coloniale, ces îles superbes n’ont pas de cultures vivrières, aucune industrie locale, aucun schéma de développement s’imbriquant dans leur environnement géographique. Résultats : toute l’économie – importation depuis la métropole, transport, distribution, énergie, exportation de la banane, banques, etc. – sont aux mains de quelques familles de Blancs et, plus rares, de Métis qui, à l’abri de monopoles d’importation, établissent les prix qu’ils veulent et se gavent sur le dos de l’ensemble de la population.

Autre composante essentielle de cette économie : 60% du pognon qui circule dans l’île provient des salaires des fonctionnaires ! Totalement aberrant. Il faut dire que ceux-ci touchent des traitements et salaires majorés de 40% par rapport à ceux de la métropole ! Contrairement aux salariés du secteur marchand pour lesquels le SMIC est la règle… Cette manne de pognon est captée sans vergogne par les chaînes de distribution de produits courants et de produits alimentaires en provenance de la métropole. D’où la cherté de la vie, bien supérieure à celle de la France métropolitaine.

flics guadeloupe.jpgQue fait la métropole ? Imposer au patronat local entièrement aux mains des Békés (toujours proches du pouvoir parisien ! Ça aide pour des élections serrées…) la fin des monopoles ? Remplacer la majoration des salaires des fonctionnaires par une aide au transport depuis la métropole ? Mettre en place des structures de développement agricole vivrier en remplacement de la monoculture bananière ? Favoriser des industries locales pour les produits de consommation courante ? Utiliser la proximité des marchés américains pour implanter des industries hight tech et développer un tourisme haut de gamme en profitant de l’attrait de ces îles ?

sarko ski.jpgQue dalle… On envoie des gardes mobiles… 17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu'aux dents. Des chars d'assauts, des munitions, des cercueils en plastique, des vivres auraient également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce dispositif de guerre coûte des millions d'euros au contribuable français. Rappelons que l'Etat français a fait tirer sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe : 1910 - 1925 - 1952 – 1967…

Ça commence à péter… Que fait Sarko ? Du ski…

10/12/2008

Le temps des « desesperados ».

émeutes Grèce.jpgLa Grèce à feu et à sang, ça ne vous interpelle pas, ci-devants et ci-devantes hommes et femmes politiques ? Vous ne vous rendez pas compte que ce qui se passe dans le berceau de la civilisation européenne est une préfiguration de ce qui risque de se passer partout en Europe ? Vous servez à quoi alors ? Vous feriez bien d’aller voir (ou vous faire voir) chez les Grecs pour essayer de comprendre.

Ce qui se passe c’est, par la société, une contestation profonde, radicale, unanime de l’Etat - tel qu’il a été pollué par les gouvernements ultra libéraux - et des personnels politiques qui le colonisent. Parce que cet Etat dévoyé place l'intérêt de la classe politique et de ses partenaires économico-médiatiques au-dessus de l'intérêt de la société. La discussion se résume à la relation que doivent établir entre eux l'État et le marché, et plus exactement à la question de savoir si le marché doit s'autoréguler ou s'il doit se soumettre à un cadre réglementaire géré par l'État. Que devient la société des citoyens - ceux qui marnent, ceux qui souffrent, ceux qui s’angoissent de l’avenir - dans ce face à face des copains et des coquins ? Cette société qui est pourtant la seule raison d’être, et de l’Etat, et du « marché » reste totalement en dehors de toutes discussions. Circulez, y a rien à voir !

Comment dès lors s’étonner du rempart d’incompréhension qui s’élève entre les personnels politiques, tout à la lutte des places plutôt qu’à la lutte des classes, et les citoyens qui ne se sentent plus représentés ? Le feuilleton tragi-comique du congrès du PS comme les chaises musicales à la tête de l’Ump en sont des illustrations.

Comment admettre que les décisions émanant du peuple à travers le suffrage universel – voir le traité de Lisbonne - soient jetés à la poubelle par des dirigeants qui compissent allègrement ces volontés populaires ?

Comment accepter sans broncher le cynisme de cette classe politique totalement coupée de sa base qui fait de l’injustice – bouclier fiscal, milliards pour les banques, peau de zob pour les pauvres, et. - son outil principal ?

Dès lors que ce fossé s’approfondit entre les citoyens et leur représentation, il ne faudra pas s’étonner si, dans un avenir proche – qui est le présent en Grèce, laboratoire de ce qui va se passer partout en Europe –, la contestation prend des formes qui seront de plus en plus violentes.

L’inéquité et l’injustice engendrent le désespoir, et celui-ci la violence nihiliste des « desesperados ».