Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/03/2017

C’est aujourd’hui que la Grande-Bretagne va commencer à « libérer l’Europe ». Ouf !

brexit dessin.jpg

Peut-on jeter la pierre aux Anglais de vouloir sortir de cette Europe de la déception ? Ils ont au moins le courage de poser la question à leur peuple et son gouvernement, en actionnant aujourd’hui le « chapitre 50 » respecte le verdict des urnes, contrairement à nous, qui avons laissé un président tricheur se torcher sans vergogne avec la victoire du « Non » à la constitution européenne.

Cette Europe est exécrable. C’est vrai. Parce qu’elle « oblige » à vivre ensemble des peuples qui avaient la « désagréable » habitude de s’entre-massacrer tous les quarts de siècle ? Quel fanatique du « frexit » pourrait dire ça ? Parce que sans l’Europe, aussi imparfaite soit-elle, la désintégration de la Yougoslavie il y a quelques années aurait dégénéré en un nouveau carnage entre France et Allemagne. La paix, la PAIX entre ces deux frères ennemis vaut tous les désagréments.

L’Europe est, pour cela, trop précieuse pour qu’on la rejette. Et le « brexit » est une chance formidable : débarrassée du boulet britannique, l’Europe – actuellement massivement rejetée par les peuples qui la composent – peut entamer sa refondation autour d’u noyau restreint : les fondateurs plus les nations ibériques.

Ne rêvons pas, ce n’est pas demain que l’on aura une armée commune ce qui impliquerait de donner le bouton de notre force nucléaire à un Espagnol, un Italien, un Belge, un Allemand… Mais on peut avoir, rapidement, une diplomatie sinon unique du moins largement concertée. Et si on veut vraiment la relancer, on doit avoir rapidement une organisation sociale, des règles fiscales compatibles sinon communes. Parce que c’est de là que vient le rejet de l’Europe. Cette clause qui exclut le social et la fiscalité des règles communes a été imposée par les Anglais. C’est d’elle que découle les pratiques de rufians du Luxembourg, de l’Irlande, des Pays-Bas.

Refonder l’Europe c’est avant tout abroger cette clause scélérate, ainsi que le système des travailleurs détachés tout en laissant s’épanouir séparément la culture, le mode de vie, la langue évidemment, l’éducation. Ceci impliquant une prise de distance avec les « amis » et « alliés » étasuniens.

Faisons un petit retour en arrière. À l’époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre-échange » avec quelques pays de l’Europe du Nord. Mais les milieux d’affaires britanniques, assistant impuissant au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s’est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l’Europe en 1972, amenant dans ses bagages l’Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s’est tout de suite opposée à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé…

Souvenons-nous, en 1979, de Margaret Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l’Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s’opposa aux tentatives de Jacques Delors d’avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

Souvenons-nous de Leon Brittan, nommé en 1989 commissaire européen à la très sainte « Concurrence ». Ultralibéral assumé, cette brute a tout fait pour donner le pouvoir aux multinationales étasuniennes et européennes. Il est à la source d’un lobby international regroupant les multinationales, le TABD (dialogue économique transatlantique), l’ancêtre de TAFTA.

Souvenons-nous de John Major qui, en 1990, proclamait que « le succès économique de la Grande-Bretagne dépend de ses coûts sociaux bas, pas de chapitre social et pas de salaire minimum ». Refusant l’application d’une des rares directives sociales de la Commission européenne, concernant une limitation du temps de travail à 48 heures et 3 semaines de congés payés, il fusilla toute tentative d’Europe sociale.

Souvenons-nous aussi de Tony Blair, le caniche de Washington, fidèle soutien de Bush dans son invasion de l’Irak et donc, à ce titre, coresponsable du foutoir actuel au Moyen-Orient. Il aurait sa place comme accusé devant le tribunal de La Haye, tout comme Sarkozy, Obama et évidemment tous les Bush…

C’est une constante de la politique extérieure britannique, lorsqu’elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n’a qu’une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l’alternative n’étant pas réalisable, il fallait donc couler l’Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

Comment ?

D’abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l’intégration catastrophique de tous les pays de l’Est… 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l’unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C’est ce qui se passe actuellement. Et que serait-ce si on intégrait la Turquie ! Aux fous !

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste. Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d’une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l’Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C’est donc à eux que l’on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C’est à cause d’eux que des pays sans scrupule comme le Luxembourg, l’Irlande et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l’Europe aux appétits sans frein des multinationales. C’est à cause d’eux que celles-ci ne paient pas d’impôts.

Quant à l’euro, non seulement ils n’y sont pas entrés, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leur nid de banksters qu’est la City…

Ce ramdam autour de la sortie de la Grande-Bretagne cache le véritable problème de l’Europe devenue une colonie allemande. Ceci ne l’oublions pas, à cause de la faiblesse et du renoncement politique de la France. Frau Merkel à la baguette mène l’orchestre et la danse européenne, mais avec une musique exclusivement allemande. Avec des effets désastreux pour les nations de l’U.E. sauf… pour l’Allemagne.

Son économie est prospère ? Oui mais elle est basée sur l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre des ex-pays de l’Est, sous payée, supportant des conditions de travail « à la chinoise ».

Elle exporte ainsi ses produits industriels avec le label « made in Germany » alors qu’ils sont souvent faits ailleurs, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, etc. et seulement assemblés voire juste étiquetés en Allemagne.

Elle fout en l’air l’industrie laitière et l’élevage des autres pays européens, en industrialisant l’agriculture, exploitant là encore la main-d’œuvre détachée de ses marches de l’Est.

Ses décisions en matière de politique internationale sont catastrophiques, comme toujours lorsqu’elle se laisse griser par sa puissance économique.

Ainsi elle a étranglé et humilié la Grèce avec une brutalité et une morgue qu’on croyait rangées aux poubelles de l’Histoire.

Ainsi elle a ouvert toutes grandes, avec une effarante stupidité, les portes de l’Europe à une immigration sans limite… pour ensuite faire marche arrière.

Elle est allée (Frau Merkel) négocier la gestion des immigrés du Moyen-Orient - de sa propre initiative sans mandat ni même concertation de ses partenaires européens - avec le dictateur Turc Erdogan qui s’est fait une joie de lui imposer ses diktats.

Elle négocie avec la Chine ses seuls intérêts, s’implique en Ukraine comme un toutou docile des Yankees, donnant toutes facilités à l’Otan pour provoquer le voisin Russe, elle pousse à la roue pour signer au plus vite l’horreur économique qu’est le traité Tafta.

Mais elle se garde bien de s’impliquer dans les problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique, laissant la France s’épuiser par son effort militaire bien solitaire au profit pourtant de toute l’Europe.

Qui peut faire face à cette Allemagne à volonté hégémonique ? Comme le montre l’Histoire, seule la France est en mesure de le faire. Dès lors, l’avenir de l’Europe dépend en grande part de nous. Encore faut-il que nous le voulions et donc que nous nous débarrassions de cette caste politique ayant amplement prouvé son incompétence, sa lâcheté, sa cupidité. Dans quelques semaines nous aurons cette possibilité. Il s’agit de ne pas la laisser passer en se réfugiant derrière un « votutile » imbécile.

La victoire du « Brexit » peut être ce coup de pied dans la fourmilière qui permettra de rebattre les cartes.

 

Photo X - Droits réservés

27/03/2017

L'Europe ? On ne la quitte pas, on la force à changer.

 

 

traités européens dessin de Titom.png

On vient de fêter le soixantième anniversaire du Traité de Rome, point de départ de cette fantastique aventure qu’a été l’Europe avant d’être dévoyée.

Pas de grandes manifestations festives populaires pour l’occasion. Pour la tragique raison que les peuples de cette Union Européenne en sont arrivés à la détester. Pourquoi ce rejet ? Parce que les institutions de celle-ci ont été phagocytées par les officines financières ultralibérales. Parce que l’Europe des solidarités a cédé le pas à l’Europe de la mise en concurrence des travailleurs. Parce que l’Euro, constitué par et pour les Allemands a poussé à la faillite tous les États du Sud, insultés ces jours derniers de façon répugnante par le président de l’Euro groupe.

Dès lors, faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Autrement dit quitter l’Europe ? La réponse à cette question devrait gouverner le choix des électeurs à la présidentielle.

Trois choix :

- quitter l’Europe, c’est ce que préconisent les « stratèges » du F.Haine et d’autres groupuscules folkloriques ;

- continuer comme avant, au service de la finance et des multinationales, c’est la ligne de Fillon et, dans une moindre mesure, de Macron et de Hamon ;

- sauver le meilleur de la construction européenne en en abolissant le pire, « à savoir la guerre économique par le dumping fiscal et social et l’obsession imbécile de l’équilibre budgétaire qui interdit des politiques économiques efficaces. » comme dit Jacques Généreux.

L’Union Européenne n’a plus d’union que le nom. Elle est d’ores et déjà en voie de déconstruction comme le prouve de Brexit. La question n’est donc pas de savoir s’il faut en sortir ou non mais plutôt de savoir comment faire renaître cette formidable espérance, comment lui donner un nouveau souffle basé sur la coopération et non plus sur la seule « concurrence libre et non faussée », clé de voûte de l’U.E. actuelle. Vaste chantier disent les pessimistes, tremblant devant les diktats des dirigeants ultralibéraux de l’Allemagne actuelle.

Il ne s’agit pas de tout casser, il n’est pas question de lancer un ultimatum arrogant à nos partenaires, mais de créer un rapport de force entre les tenants de l’Europe des marchands de soupe actuelle, celle de la régression sociale et de la rivalité des nations et les pays qui veulent reprendre le chemin difficile mais exaltant d’une véritable union des peuples. Débarrassée du boulet britannique, la refondation de l'Europe, à un nombre restreints de membres dans un premier temps, est possible.

Mouais… Vœux pieux, belles paroles, espoirs utopiques diront les cyniques. On a vu comment les élans du Grec Tsipras se sont écrasés sur la muraille de la « troïka » déléguée par la finance…

À part que la France n’est pas la Grèce. La première puissance européenne n’est pas l’Allemagne mais la France. Par le dynamisme de sa démographie, par sa puissance militaire et nucléaire, par la présence mondiale de sa diplomatie, par son siège au conseil de sécurité de l'ONU, par son universalité puisqu’elle est physiquement présente sur quatre des cinq continents, par sa culture, par sa langue. Par son économie certes plus faible que celle de son voisin et partenaire d’outre-Rhin mais tout de même largement à la deuxième place européenne. Dès lors, si la France dit qu’il faut faire bouger l’Europe, elle bougera ! N’en déplaise à Frau Merkel qui fait ce qu'elle veut par l'effacement, la veulerie, la faiblesse de dirigeants brillant depuis deux quinquennats surtout par leur nullité…

Et que faut-il lui dire à l’Europe ? Déjà quelques mesures évidentes :

- Engager l’harmonisation fiscale et sociale pour jeter bas la pratique du dumping fiscal et social qui détruit l’Europe. Avec pour corollaire la mise au pas ce ces pays rufians que sont le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas.

- Supprimer la directive des travailleurs détachés.

- Stopper la libéralisation des services publics.

- Refuser les accords Tafta et Ceta.

Et si nos partenaires refusent, on fait quoi ?

On passe outre, autrement dit on désobéit à quelques directives des traités européens.

Et alors ! Comme dit l’autre… On risque quoi ? D’être expulsés de l’Union ? Hors de question. En effet un Etat peut demander à sortir de l’Union, mais personne ne peut exclure un pays, ni de l’UE ni de la zone euro. Et personne n’aura l’imprudente impudence de vouloir pousser la France vers la sortie, car ce serait alors la fin de l’euro et la fin de l’UE.

On ne risque donc rien ! Sinon quelques grimaces et peut-être quelques amendes qu’on a les moyens d’éviter ou même de payer. Et c’est tout.

Mais pour ça, encore faut-il élire à la tête de la France quelqu’un qui les a bien pendues…

 

Illustration: merci à Titom


__________________________________________________

 

Excitez votre curiosité :

 

Une de et l'homme amazon.jpg

12/01/2017

Au bistro de la Toile : « Latinia »

chimulus bistro copie.jpg

- Salut Loulle. Je viens d’entendre ce matin une proposition originale et fort intéressante. Elle émanait d’un de ces présidents éphémères de la France qui s’expriment très brièvement chaque matin sur France Inter.

- Ah ! Et alors c’est quoi ?

- Ce président d’un matin propose de reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Il propose donc la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et, je crois encore la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). Ce président éphémère définissait ainsi brièvement cette nation latine : langue, l’italien (facile à apprendre dit-il), armée commune, diplomatie commune, monnaie : l’euro latin.

- Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique.

- On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Je modulerais un peu la chose en intégrant à cette Nation latine un pays qui, certes n’a pas de continuité territoriale avec les pays précédents, mais qui est latin par la langue, c’est la Roumanie. Et je mettrais comme langue commune, non pas l’italien mais évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

- Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

- C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 210 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

- Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

- L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique. Les deux monnaies étant liées mais dans une union moins rigide, genre de serpent monétaire, l'une pouvant fluctuer par rapport à l'autre mais dans une proportion modérée.

- Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

- C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, Grèce comprise, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

Et comme il s'agit avant tout et surtout de ne pas de se taper sur la gueule entre ces nouvelles entités, ces trois nations refonderaient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles. Et plus facile de se mettre d'accord à trois qu'à vingt-sept.

- Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez,  At nostri ! Vinum purpuriso !

------------------------------------

France 66 M, Italie 61 M, Espagne 47, Portugal 10,5, Wallonie 3,5, Roumanie 20, soit 208 millions d’habitants et un PB de 10 000 milliards d’euros.

Allemagne 82 M, Pays-Bas 17 M, Flandre belge 7,5, Danemark 5,5, Luxembourg 0,5 Suède 10, Finlande 5,5, Pays baltes, Autriche 8,5, Pologne 39, soit 182 millions d’habitants et un PIB de 6 500 milliards d’euro.


Illustration: merci au regretté Chimulus

 

19/12/2016

La Russie, peuple frère de l’Europe, pas ennemi

europe atlantique oural carte.jpg

Tiens, le grand méchant ours ne va pas mettre son véto à une proposition française visant à sécuriser l’évacuation des civils et des terroristes d’un petit quartier d’Alep écrasé sous les bombes. C’est bien. C’est même très bien. Gargarise-toi François. Plus fort qu’Obama, t’as réussi à te faire entendre sinon écouter par Vlad-le-terrible, ce Poutine que la propagande ultralibérale affuble de tous les défauts et traite d’infâme dictateur liberticide. Pire encore : protecteur de Bachar el Aassad, suppôt de l’enfer !

Au fait, ce Poutine, élu en 2000, il va prendre en main un pays en pleine désintégration, saccagé par des oligarques avides cornaquées par des officines occidentales, surtout yankees ou allemandes, leur déléguant des « experts » préconisant des thérapies ultralibérales. Résultat : une chute du PIB russe de près de la moitié entre 1990 à 1998, la paupérisation de la moitié de la population accrue par les privatisations et l’accaparement des richesses par une mafia. C’était la grande époque de la curée de ce pays « dirigé » par l’ivrogne Elsine, pantin des Étasuniens.

Poutine va rétablir l’État frappé par une profonde crise de légitimité. Il oblige les grandes sociétés à payer leurs impôts. Les rentrées fiscales se redressent sensiblement de 24 % du PIB en 1998 à 32 % en 2004. La décennie 2000 à 2010 est marquée par une croissance annuelle remarquable de 7 %.

Il est populaire Poutine parce qu’il a mis un terme à la désagrégation du pays et aux humiliations infligées à la Russie par l’extension de l’OTAN (trahissant les promesses faites à Gorbachev) ou à travers les bombardements de la Yougoslavie et l’occupation du Kosovo en 1999. Les relations politiques vont se détériorer avec les « révolutions de couleur » fomentées par les États-Unis en Géorgie et en Ukraine avec velléités d’intégrer ces marches de la Russie dans l’Otan. L’encerclement militaire de la Russie par les forces belliqueuses de l’Otan justifie les réactions de Poutine, tant en Crimée qu’en Ukraine. S’ensuivent les attaques économiques contre la Russie à travers la baisse du prix du pétrole orchestrée par l’Arabie saoudite et les États-Unis et les sanctions économiques. Celles-ci s’avèrent contre-productives tant pour la Russie que pour l’Europe. Mais pas trop pour le principal fauteur de trouble, les États-Unis… Ces sanctions sont une faute géopolitique grave, car elles rejettent la Russie vers l’Asie et principalement vers la Chine. L’effet d’éviction du marché russe pour les entreprises européennes sera durable. Or, le peuple russe est un grand peuple européen. La Russie est un acteur majeur de la politique européenne depuis la fin du XVIIIe C’est méconnaître le rôle que peut jouer le sentiment de l’humiliation ou de la dignité blessée dans l’Histoire des peuples.

Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Que représentent les Etazuniens, « passés directement de la barbarie à la décadence en oubliant la civilisation », par rapport à cette grande nation qui a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace et le seul actuellement capable de ravitailler la station internationale orbitale !

C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles. Et que savons-nous d’eux ?

Ce sont des terres infinies, de l’Arctique au Pacifique, de la Sibérie à la Mer Noire. C’est une mosaïque de peuples mêlant les blonds vikings des terres du froid aux yeux obliques des steppes d’Asie. Et nous les méprisons ?

Vous imaginez la puissance d’une entité Europe Russie de Lisbonne à Vladivostok ? Un bloc continu, possédant toutes les matières premières voulues, fort d’une population de 700 millions de personnes éduquées, dynamiques, fruit de la filiation civilisationnelle allant d’Athènes, Rome et Byzance à la Renaissance, aux Lumières, à la Science moderne, aux Droits de l’Homme, à la Liberté. Le cœur, la quintessence de la civilisation occidentale. La Russie ne devrait-elle pas être invitée à la réalisation de ce grand dessein ? La Russie manque à l’Europe comme l’Europe manque à la Russie. Si on ne l’y invite pas, c’est par lâcheté, veulerie, vassalité, servitude volontaire envers ces États-Unis lointains, méprisants et nuisibles prédateurs du globe.

En fait, nous leur en voulons d’être ce que nous ne sommes plus : un pays fier, conscient de sa force. Un pays qui croit encore à l’instruction, au savoir, en ses institutions. Qui croit en son destin quand nous confions le nôtre aux cours de la Bourse et aux banquiers de Wall Street, de Francfort et de la City.

Nous nous coupons de notre destin pour obéir aux injonctions de ces grands « démocrates » qui font Guantanamo, qui assassinent par drones aux quatre coins du monde, qui embastillent sans procès, qui assassinent légalement leur propre peuple, qui, par de sordides guerres jamais gagnées, ont semé l’enfer sur terre de Kaboul à Bagdad, qui pillent le monde à l’aide de leur dollar. Qui nous espionnent, nous épient et nous méprisent.

Les Russes sont nos frères, pas nos ennemis

 

Illustration X - Droits réservés

19/07/2016

Le Frexit ou le fric : conseils d’un cochon de payant au ci-devant président !

fric hamac.jpg

 

Le ci-devant Valls Manuel, Premier ministre s’est fait confortablement huer lors de la dégoulinante compassionnelle de Nice. Le ci-devant Hollande François, président de la République, plus finaud, a, quant à lui, évité de se rendre à Nice. Pas bon tout ça avant la Mère de toutes les élections, la présidentielle. François, comme Manu, navigue dans les abysses sondagiers. Eh bien moi, simple pékin, je vais vous donner quelques tuyaux pour faire un rebond spectaculaire dans les sondages et remporter confortablement le prochain scrutin!

 

C’est le Brexit qui m’a donné la solution, Camarade président ! Les Britanniques ont réussi, depuis leur entrée dans l’Europe, à se tailler un costard à leur taille : ils ont toute sorte d’avantages et évitent l’essentiel des inconvénients. Peut-on le leur reprocher ? Et, pour éviter le Brexit, les (ir) responsables de l’U.E. ont encore accepté toute de demandes extravagantes de Cameron. Malgré cela, le Peuple britannique a voté pour le Brexit.

 

Partant de ce constat factuel, voilà ce que j’ose me permettre de te conseiller, camarade Président.

 

1er conseil : La France contribue chaque année au budget de l’Union Européenne au niveau de 22,6 milliards d’euros. Elle bénéficie des financements européens au niveau de 14,2 milliards d’euros. Le différentiel est donc de 8,4 milliards d’euros. Premier conseil : François, fait comme Maâme Thatcher en son temps : tape sur la table en gueulant « Je veux récupérer mon pognon ! » comme la dame de ferraille criait « I want my money back ! ». Ce que les Anglais ont obtenu, arguant de leur situation économique difficile de l’époque, tu dois pouvoir l’obtenir, eu égard à la nôtre de situation économique, pas très brillante. Voilà comment récupérer déjà plus de 8 milliards chaque année. Il va de soi qu’il te faut, pour obtenir gain de cause, agiter la menace d’un Frexit, d’un référendum proposant la sortie de la France de l’U.E. Car sans la Grande-Bretagne, l’U.E. peut vivre, mais sans la France, elle est définitivement morte. Alors les milliers d’eurocrates grassement payés de Bruxelles seront autant d’alliés de circonstances pour te soutenir.

 

2ème conseil : La France est le seul pays de l’U.E. (avec les Britanniques, mais ceux-ci sont maintenant hors-jeu) à lutter de manière significative dans le monde contre la menace terroriste qui est présente dans toute l’Europe. Un porte-avions contre les djihadistes, des frappes aériennes en Irak, la traque des terroristes au Sahel, le maintien de la paix en Centrafrique… Avec environ 9 000 hommes déployés en mission à l’étranger, la France est sur tous les fronts et ses « opérations extérieures », ou Opex, ont rarement coûté aussi cher. Indispensable projection de force à l’étranger, elles n’en posent donc pas moins un problème financier des plus épineux au gouvernement par ces temps de disette budgétaire.

Notre République dépense donc son argent (enfin, le nôtre !) pour défendre l’ensemble de l’Europe. Et ça coûte cher tout ça. Les autorités militaires annoncent un budget de 450 millions d’euros. La Cour des comptes dénonce des fantaisies comptables permettant d’arriver à ce montant, mais parle plutôt d’une somme qui dépasse chaque année le milliard d’euros. Cette dépense française étant faite pour le bénéfice de toute l’Europe, il serait normal que l’ensemble des pays de l’Union européenne participe à ces frais de défense. Voilà un milliard de plus à récupérer. On en est déjà à neuf. Eh ! Il n’y a pas de petits profits, ci-devant François ! Mais ce n’est pas tout.

 

3ème conseil : La France, de par son action militaire, expose ses citoyens soldats aux aléas de la guerre : les blessures physiques et morales, les amputations, la mort. On compte actuellement 627 morts et des centaines de blessés, traumatisés a vie. C’est le prix du sang. Il a un coût.

De même, l’action militaire de la France pour défendre l’ensemble de l’Europe en fait une cible pour les attentats. La tuerie de Nice, après celles du Bataclan et des terrasses parisiennes, après celles de Charly Hebdo et du super-casher et d’autres encore ont déjà fait plus de 300 morts. C’est le prix du risque. Il a un coût.

Comment calculer ce coût ? Il serait logique de l’aligner sur le coût du préjudice moral le plus élevé accordé à une victime en France. C’est celui accordé au ci-devant Tapie Bernard. Il est de 45 millions d’euros. Soit pour environ un millier de victimes, une somme de 45 milliards. À réclamer évidemment à l’Europe puisque ces victimes ont laissé leur vie pour la défense de l’U.E.

 

Tiens, prends ta calculette, citoyen président. Ça fait 8 + 1 + 45 = 54 milliards ! Un pactole qui te permettra de supprimer le déficit du pays, de moderniser l’Armée, la Police, la Justice.

 

Il suffit d’agiter la menace du Frexit. Seulement voilà, pour ça, encore faudrait-il en avoir…

 

Photo X - Droits réservés

12/07/2016

Au bistro de la toile. Et Vlan ! Sacré Portugais va !

chimulus bistro copie.jpg

 

- Portos nous l'Aramis Athos, dans l'os et sans Vanaos !

- Eh, Victor, les Portos méritaient autant que nous de gagner. Et puis ils sont sympas les Porto, ce sont des frères. Notre vraie victoire, c'est d'avoir remis à leur place les Allemands.

- Eh, Loulle, c'est pas de foot dont je te parle. Mais d'un Portos particulièrement nuisible, le dénommé Barosso.

- C’est un remplaçant ?

- Ne joue pas au kon Loulle, Barosso, c’est ce personnage qui a dirigé la Commission européenne pendant 10 ans, qui a donc eu une influence considérable sur la conduite de la politique et de l’économie de l’Europe. Et ce type a été embauché par la pire organisation de Banksters qui soit, la banque Goldman Sachs. Président « non exécutif » du conseil d’administration de Goldman Sachs International (GSI) et également conseiller auprès de cette pieuvre de la pire finance internationale à Wall Street. Il sera basé évidemment à la City de Londres, avec pour « mission » « d’atténuer les effets du Brexit » pour le compte de ses employeurs.

- Ben ! C’est une belle reconversion.

- Mais un sacré coup de pied dans la crédibilité déjà bien basse de cette Commission européenne qu’il aura fortement contribué à faire honnir par les Européens… Surtout juste après le Brexit. Goldman Sachs continue ainsi, sans vergogne, d’établir sa main mise sur les institutions européennes. Parce que ce poste était occupé jusqu’à mai 2015 par l’Irlandais Peter Sutherland, ex-président du GATT, puis de l’OMC, et ancien commissaire européen à la concurrence.

- Puteng ! Tu voudrais ridiculiser la Commission pour l’éternité, tu ne t’y prendrais pas autrement.

- Mais attend, le Barosso, c’est pas son premier pantouflage. On peut dire qu’il a bien profité de son passage catastrophique à la Commission pour se préparer son beurre. Il est, parmi 22 postes qu’il a accepté, rémunérés ou non, président d’honneur du European Business Summit, une conférence annuelle organisée par le lobby européen des grandes entreprises et membre du groupe de pilotage des conférences Bilderberg.

- Coucou ! Les revoilou ceux-là ! Mais enfin Victor, il n’y a pas de règles dans les rouages de l’Europe régissant ces pantouflages ?

- Mouais… Il a été mis en place, seulement en 2010, un « code de conduite » pour surveiller les pantouflages des anciens commissaires. Mais elles sont très mal appliquées et ne concernent que les 18 mois suivant le départ des intéressés. Or Barosso a quitté son poste à la tête de la Commission fin octobre 2014. Il peut donc faire ce qu’il veut… Et il va mettre ses connaissances des gens influents et des rouages de la mécanique européenne au service de la pire organisation financière qu’il soit, notamment dans le cadre des négociations pour le nouveau statut de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l’Europe et de l’accès aux marchés financiers européennes pour les banques de la City. On ne peut être plus traître à sa fonction.

Mais le cas Barosso, s’il est le plus choquant, n’est qu’un parmi d’autres passages du public u privé pour les responsables européens. Ils appellent ça les « portes tournantes », les « revolving doors ». Ainsi en 2014, la députée européenne Sharon Bowles, ex-présidente de la Commission des affaires économiques et financières, un poste clé pendant la crise financière de 2008, a rejoint… la City de Londres, repaire mondial des banksters. Ainsi la Néerlandaise Neelie Kroes, qui était commissaire à la concurrence, puis au marché numérique, durant les mandats de Barroso, est allé « conseiller pour les affaires européennes » la puissante institution étsunienne Bank of America Merrill Lynch… avant d’aller cher la très sulfureuse multinationale yankee de voitures avec chauffeur Uber ! Ainsi le Belge Karel de Gucht, ex-commissaire au commerce, celui qui a lancé les transactions TAFTA en 2013 pantoufle au groupe de télécommunication Belgacom. Et il y en a d’autres…

- Mais qu’est-ce que c’est que ce Goldman Sachs qui semble avoir un tel attrait pour les Eurocrates ?

- C’est simplement ne banque étasunienne. Mais d’une puissance telle qu’elle est, dans le monde ultralibéral actuel, « intouchable », « too bid to fail » comme ils disent. Cette banque est le symbole de toutes les mauvaises pratique de la corporation. Elle est absolument sans vergogne lorsqu’il s’agit de faire de la thune, et tous les moyens lui sont bons. C’est elle qui est à la base de la crise des « subprimes » au États-Unis, cette magouille qui a ruiné des centaines de milliers d’Étasuniens parmi les plus fragiles, et qui a déclenché a crise financière puis économique mondiale. Elle se vantait d’voir gagné 51 millions de dollars en un jour en pariant sur l’effondrement des titre « subprimes » à risques qu’elle avait contribué a créer ! Elle a dans cette embrouille bénéficié de plusieurs milliards de dollars d’aide de la part du Trésor américain ! Pourris jusqu’à la moelle. C’est elle qui a « conseillé les gouvernements grecs de droite pour magouiller leurs comptes afin d’être admis dans l’Euro groupe. C’est elle qui, ensuite, a spéculé contre cette même Grèce au abois. Des crapules intégrales. C’est elle qui jugeait bon de conseiller à la France de baisser tous les salaires du pays de 30 % pour enrayer la crise et de privatiser tous les services publics.

- Et c’est chez ces mafieux que Barosso va travailler ?

- Il n’est pas le seul membre de la pieuvre a sévir en Europe. La plupart des personnes qui ont géré la crise de la zone euro sont passés, ou ont été recrutés par la suite par la pieuvre étasunienne. Ainsi Mario Monti, à la tête du gouvernement italien en pleine crise politique dans la péninsule, fut conseiller international de Goldman Sachs de 2005 à 2011 ; Monti avait lui aussi été commissaire européen à la concurrence de1999 à 2004. Et comme Barroso aujourd’hui, son travail à l’époque consistait à « ouvrir les portes » de l’Europe pour Goldman Sachs. Un autre Italien, Mario Draghi, est également concerné : l’actuel président de la Banque centrale européenne (BCE) fut vice-président de Goldman Sachs International pour l’Europe entre 2002 et 2005. Quant à Lucas Papademos, ex-gouverneur de la banque centrale grecque et ex-premier ministre de la Grèce, il est soupçonné d’avoir joué un rôle de premier plan dans le maquillage des comptes publics de la Grèce, avec la complicité de Goldman Sachs.

- Il est finalement « normal » qu’un type comme Barosso, après avoir bien servi, à la tête de la Commission, les intérêts de cette banque de crapules, aille toucher… ses commissions !

- D’autant plus que le même Barosso, lorsqu’il était premier ministre du Portugal, a été un des plus fervents supports en Europe pour le déclenchement de la guerre de Bush en Irak. Les États-Unis lui doivent bien ça…

- Tous ces « responsables européens ne sont que les marionnettes des lobbies financiers et des multinationales US. Avec ces représentants et cette commission non élue, il n’est pas étonnant que cette Europe, simulacre de démocratie, soit rejetée par les peuples qui la compose. Et ça, c’est criminel, car l’idée européenne est formidable. Mais elle a été laissée aux mains des margoulins, de boutiquiers et des mafias étasuniennes.

- Alors, il faut faire comme les Rosbifs ?

- Certainement pas. Il ne faut pas la quitter, encore moins la casser, mais la refonder, sur une base confédérale, à partir du noyau dur des pays fondateurs, et en mettant en principe économique de base la solidarité à la place de la concurrence « libre et non faussée ».

- Ce qui veut dire renverser la table… Pas évident. A la nôtre !

 

Illustration: merci à Chimulus

 

27/06/2016

Au bistro de la toile : « Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple » !

chimulus bistro copie.jpg

 

- Alors Victor, il s'en passe des choses en ce moment ! C'est la valse des élections, chez les Rosbifs, chez les Espanches et même chez les Bretons… Et les électeurs ne votent pas « comme il faut » me semble-t-il !

 

- Parlons de chez les Rosbifs. Le peuple s'est exprimé. Et qu'est-ce qu'on entend dans toutes les machines à bruit, qu'est-ce qu'on voit sur toutes les lucarnes à décerveler ? Des interviews des perdants, des bobonimenteurs pourrissant la « stupidité » de cette populace qui n'a pas voté « comme il faut » ! On n'entend que ça. Et on met en avant une vague pétition réclamant rien moins...qu'un niveau référendum ! Et on fait parler des « brexiteurs » qui disent regretter leur vote.

Et l'on parle d'un pays qui se réveille comme après une grosse cuite. Et l'on oppose le vote des gens éduqués, aisés, propres sur eux de Londres aux ploucs puants de la gueule de la cambrousse qui ont voté contre le maintient dans cette Europe des banksters. Salaud de peuple va ! « Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple » qu'il a dit un jour Berthold Brecht !

 

- S'il y avait un référendum en France, le résultat serait le même que chez les Rosbifs : il y a un rejet général de L'Europe telle qu'elle nous est infligée.

 

- « Infligée ». T'as trouvé le bon mot Loulle. Cette Europe qui nous est infligée par des traités scélérats n'est plus celle qui nous a tant fait rêver. Cette formidable utopie qui nous a amené la paix en nous réconciliant avec les Allemands a failli réussir. Et elle peut réussir maintenant qu'elle est débarrassée des Britanniques qui ont tout fait pour la casser.

 

- Aussi, pourquoi les avoir fait entrer les British ?

 

- Parce que les Etasuniens l'ont imposé. Faisons un petit retour en arrière. Á l'époque de la création du Marché Commun, la Grande-Bretagne a tout fait pour le contrer, notamment en créant parallèlement une « zone de libre- échange » avec quelques pays de l'Europe du Nord. Mais les milieux d'affaires britanniques, assistant impuissants au rapide développement économique du Marché Commun sans en profiter, ont poussé les politiques à demander leur adhésion.

De Gaulle – qui les connaissait bien - s'est en son temps farouchement opposé à leur entrée, en 1963 puis en 1967. Pour des raisons stratégiques : il avait compris que la Grande-Bretagne serait le cheval de Troie des États-Unis. Ce en quoi, là encore, sa vision était pertinente. Mais Rothschild-Pompidou, à la solde la City de Londres, leur ouvrit les portes et, après deux ans de négociations, la Grande-Bretagne adhéra à l'Europe en 1972, amenant dans ses bagages l'Irlande et le Danemark.

La Grande-Bretagne s'est tout de suite opposé à la seule réalisation européenne tangible, la politique agricole commune. Et le bordel européen a commencé... Souvenons-nous de la Thatcher réclamant, telle une virago : « I want my money back ! » Et obtenant un chèque annuel de restitution de tout ce que la Grande-Bretagne verse au budget de l'Europe. Et ça dure toujours !!! De même, Thatcher s'opposa aux tentatives de Jacques Delors d'avancer vers une certaine fédéralisation, vers une Europe intégrée d’États-Nations.

De tous temps, lorsqu'elle met le pied dans une organisation, la Grande-Bretagne n'a qu'une chose en tête : la dominer et la façonner selon ses seuls intérêts ou sinon la faire capoter. Le premier terme de l'alternative n'étant pas réalisable, il fallait donc couler l'Europe, la faire échouer en tant que puissance politique, diplomatique, militaire. Ceci évidemment en étroite concertation avec les États-Unis.

 

- Comment ?

 

- D'abord en poussant à un élargissement sans frein, et le plus rapidement possible. Et ça a été l'intégration catastrophique de tous les pays de l'Est... 28 États dans une organisation où les décisions se prennent à l'unanimité ! Un « machin » rigoureusement ingouvernable, donc paralysé. C'est ce qui se passe actuellement.

Ensuite freiner, par tous les moyens, toute avancée vers une plus grande intégration fédéraliste.

Puis influer pour ouvrir cette Europe passoire à tous les vents d'une « mondialisation » façonnée par et pour les États-Unis (et leur cheval de Troie britannique).

Puis vint Maastricht et la création de l'Euro. Ce sont les Britanniques qui ont lutté farouchement, et avec succès, pour que la fiscalité et le social soient exclus des lois communes européennes. C'est donc à eux que l'on doit la concurrence sauvage entre pays vers le moins-disant fiscal et social. C'est à cause d'eux que des pays sans scrupules comme le Luxembourg et les Pays-Bas ont mis au point des mécanismes exploitant cette faille et livrent l'Europe aux appétits sans frein des multinationales. C'est à cause d'eux que celles-ci ne paient pas d'impôts.

Quant à l'euro, non seulement ils n'y sont pas entré, mais ils en profitent outrageusement grâce à la puissance financière de leurs nid de banksters qu'est la City…

 

- Il faut en revenir aux pays fondateurs. D'ailleurs ça bouge. Les six fondateurs discutent ensemble pour un nouveau départ.

- Il serait temps. Mais attention à l'Allemagne qui est liée « à l'insu de son plein gré » aux Etats-Unies. La fable qui nous est racontée – en France essentiellement, et dans le but de manipuler mentalement nos seuls compatriotes – serait que le « couple franco-allemand » constituerait l’axe fondamental de la stratégie internationale des deux États, et la clé de voûte de la « construction européenne ».

Pourtant le traité de l’Élysée signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer le 22 janvier 1963 fut entièrement dénaturé, 5 mois après, par un fameux « préambule interprétatif » voté sans crier gare par le Bundestag allemand le 15 juin 1963 au moment de sa ratification.

Ce « préambule interprétatif » réintroduisit unilatéralement, sans l’accord de la France, tous les éléments que Charles de Gaulle avait justement délibérément exclus du traité, dans l’objectif de desserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis afin de soustraire l’Europe à l’hégémonie américaine.

Les députés allemands, dûment chapitrés par les émissaires de Washington, insistèrent donc dans ce « préambule interprétatif » – qui devrait plutôt être qualifié de « préambule destructeur » http://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/50-ans-tr...

 

- Ouais. On comprend mieux l'attitude de Frau Merkel qui freine des quatre fers pour dégager le Royaume-Uni rapidement de l'Europe, selon le souhait de ses électeurs. Barrack « Blackbush » Obama a dû lui passer un coup de fil lui rappelant sa vassalisation signée vis-à-vis des USA !

 

- Exact. Avec la défection des Rosbifs, elle perd un allié ultra-libéral de taille et se retrouve seule face à la France plus ou moins soutenue par les pays du Sud plus qu'irrités par les diktats allemands et pour lesquels l'Europe sociale et politique compte plus que l'économie austéritaire à la Wolfganf Schäuble.

- « Ouate Inde scie »… Allez, à la nôtre.


Illustration:merci à Chimulus

09:48 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : europe

24/06/2016

MERCI aux Anglais pour ce « kick in the ass » : Ils ont LIBERE L'EUROPE !

brexit_ben_garrison.jpg

 

C'est une formidable bouffée d'air frais qui nous vient des îles britanniques. Preuve de la puissance de ce petit bout de papier : le bulletin de vote !

En dépit de toutes les menaces de catastrophisme, le peuple britannique a dit non à une bureaucratie européenne illégitime car élue par personne, non aux mensonges, non aux diktats et aux privilèges d'une pseudo élite, non aux multinationales, non aux banksters, non à la corruption, .

Rejet des « zélites », rejet des partis dominants, rejet des personnels politiques. Il n'est que de voir la gueule de Cameron, celle de Junker, celle de Hollande, celle de Merkel ; il n'est que de jubiler devant la chute des bourses, la panique parmi les crapules de la City pour comprendre que ce carcan a éclaté.

« Ils » devraient comprendre que l'Europe, ce n'est pas seulement l'économie, c'est aussi des femmes et des hommes qui veulent vivre décemment, dignement, fraternellement, avec confiance en leur avenir. « Ils » devraient dégager, tous, pour laisser une nouvelle génération tout faire pour nous rendre enfin l'Europe que les « zélites » ont trahie et volontairement laissée confisquer par la « phinance » et les multinationales sans foi ni loi.

Les British ont eu le courage de dire « No » malgré le tir roulant de toutes les grosses têtes, de tous les « faiseurs d'opinion » qui leur promettait pis que pendre s'ils ne votaient pas « correctement ».

Le peuple laborieux, par son bulletin, a dit son ras-le-bol de voir les salaires dégringoler sous la concurrence soi-disant « libre et non faussée » de ces travailleurs détachées, de voir la précarité galoper avec des contrats de travail aberrants.

Le peuple, il veut être logé à des prix normaux, il veut être soigné sans attendre des mois, il veut être instruit dans des écoles publiques performantes. Il veut décider lui-même ce qui doit conditionner sa vie, son avenir et non laisser ces décisions vitales être tranchées par quelques sinistres bureaucrates planqués dans le gras fromage de Bruxelles à la solde de tous les lobbies. Il veut aussi rester maitre chez lui et non ouvrir la porte à tous les miséreux du monde que les « zélites » sous l'aiguillon d'un patronat cupide et avide accueillent non pas par altruisme, mais pour avoir une armée de pauvres gens taillables et corvéables à merci pesant de tout son poids sur les salaires et les conditions de travail. C'est ça qu'ils ont dit les British.

Et ils ne sont pas les seuls. Les contestations en Europe sont générales. L'Italie à balayé les mafieux qui tenaient les villes de Rome, de Turin. Les Espagnols s'apprêtent à mettre dehors les partis qui l'ont si mal dirigés, les Autrichiens ont envoyés aux oubliettes ces mêmes oligarchies bouffies de morgue.

Les peuples européens n'ont que rarement été concertés. Et lorsqu'ils l'ont été, comme en France et au Pays-Bas au sujet de la « Constitution européenne», leur décision sortie démocratiquement des urnes a été jetée à la poubelle par des politicards trahissant sans vergogne.

Et nous, les Français, qu'attendons-nous ? Faudra-t-il la calamité d'un 22 avril réussi pour enfin se réveiller ?

A nous de réinventer cette Europe trahie par une oligarchie exécrée. A nous de dire oui à une Europe des solidarités voulues et acceptées par les peuples et non à cette horreur économique qu'est devenu l'U.E. basée sur la mise en concurrence féroce des peuples qui la compose, au seul profit des banksters et des multinationales.

Le carcan de cette Europe bouffie, honnie, ne peut pas résister à ce rejet salutaire que lui infligent les Britanniques.

Merci aux Britanniques de lui avoir donné ce « kick in the ass » ce coup de pied au cul appelé Brexit.

 

Illustration: merci à Ben Garrison



20/06/2016

« In » ou « Out » ? Une semaine d'ESPOIR pour l'Europe.

brexit dessin.jpg

 

Le rationnel, pour les britanniques, seraient de quitter cette Europe dont ils n'ont jamais voulu, dont ils refusent les règles, et qu'ils parasitent allègrement. Et le référendum, dans un déroulement de campagne normal, menait à un vote confortable pour le « Brexit »,le « Leave » (quitter).

Et voilà que, soudainement, un évènement « fortuit » fait basculer cette consultation vers l'émotionnel : l'assassinat de la députée Jo Cox, championne du camp pro-U.E. une petite semaine avant le scrutin. Tuée par un partisan fanatique du « Brexit » (de quitter l'Europe). Dans l'inconscient populaire façonné à l'émotion par les télés, les me(r)dis et les réseaux dits « sociaux », une figure charismatique du « In » (rester dans l'U.E.) est lâchement assassinée par un fou du « Out ». Dun côté la belle figure de la jeune députée assassinée pour ses idées européistes, de l'autre l'incarnation du mal se réclamant du « out ». C'est un peu trop gros pour qu'on ne soit pas dubitatif…

A rapprocher d'un même cas de figure en Suède, il y a 13 ans, où une belle figure des pro-Europe été assassinée dans des circonstances semblables, trois jours avant le vote. Vote qui était aléatoire mais que la vague émotionnelle qui a parcouru le pays a fait penché vers le « oui » à l'Europe.

On peut légitimement faire des rapprochements… Et, comme en Suède à cette époque, les me(r)dias dominants nous bassinent avec des sondages qui inversent « miraculeusement » la courbe.

A qui profite le crime ? Cherchons....

Notons que l'une des première personnalités à réagir a été le ci-devant John Kerry, ministre étasunien des affaires étrangères du pays qui a imposé son pittbull - la Grande-Bretagne - à l'Europe et qui voit d'un très mauvais œil sa possible sortie voulue par son peuple. Comme si l'opinion des peules avait quelque intérêt...


Revenons quelques décennies en arrière. Depuis les premiers pas de l'Europe (CECA puis Marché commun), les Anglais se sont posés cette question : quelle est la meilleure place pour la foutre en l'air, être dedans ou rester dehors ? L'histoire a montré que lorsque les Anglais entrent dans une organisation, c'est soit pour la dominer et la réduire à servir ses seuls intérêts, soit pour la faire foirer. Là, chapeau, ils sont en train de réussir les deux.

S'ils restent, ils auront obtenus tellement de dérogations, avantages, exemptions, chèque de retour, statuts particuliers, etc. que l'E.U. n'y survivra pas car d'autres pays vont exiger un traitement identique, ce qui est justice.

S'ils s'en vont, un espoir se fera jour : une refondation de l'Europe basée sur une réelle alliance entre France et Allemagne ouverte à ceux qui voudront en accepter les règles.

Oui mais quelles règles ? Il faudrait instituer une diplomatie, une armée, voire une police commune, une organisation sociale, des règles fiscales compatibles sinon communes, tout en laissant s'épanouir séparément la culture, le mode de vie, la langue évidemment, l'éducation. Ceci impliquant une prise de distance avec les « amis » et « alliés » étasuniens. Mais comment la France peut-elle parler d'égal à égal avec l'Allemagne ? Ni avec son économie anémiée, ni avec ses dirigeants « couilles-molles » incapables de tenir tête à Frau Merkel.

Peut-on jeter la pierre aux Anglais de vouloir sortir de cette Europe de la déception ? Ils ont au moins le courage de poser la question à leur peuple et on peut être sûr qu'ils respecteront le verdict des urnes, contrairement à nous, qui avons laissé un président tricheur se torcher sans vergogne avec la victoire du « Non » à la constitution européenne.

Ce ramdam autour de la sortie ou non de la Grande-Bretagne cache le véritable problème de l'Europe devenue une colonie allemande. Ceci ne l'oublions pas, à cause de la faiblesse et du renoncement politique de la France. Frau Merkel à la baguette mène l'orchestre et la danse européenne, mais avec une musique exclusivement allemande. Avec des effets désastreux pour les nations de l'U.E. sauf...pour l'Allemagne.

Son économie est prospère ? Oui mais elle est basée sur l'exploitation éhontée de la main d'oeuvre des ex pays de l'Est, sous payée, supportant des conditions de travail « à la chinoise ».

Elle exporte ainsi ses produits industriels avec le label « made in Germany » alors qu'ils sont souvent faits ailleurs, Tchéquie, Hongrie, Roumanie, etc. et seulement assemblés voire juste étiquetés en Allemagne.

Elle fout en l'air l'industrie laitière et l'élevage des autres pays européens, en industrialisant l'agriculture, exploitant là encore la main d'oeuvre détachée de ses marches de l'Est.

Ses décisions en matière de politique internationale sont catastrophiques, comme toujours lorsqu'elle se laisse griser par sa puissance.

Ainsi elle a étranglé et humilié la Grèce avec une brutalité et une morgue qu'on croyait rangées aux poubelles de l'Histoire.

Ainsi elle a ouvert toutes grandes, avec une effarante stupidité, les portes de l'Europe à une immigration sans limite...pour ensuite faire marche arrière.

Elle est allée (Frau Merkel) négocier la gestion des immigrés du Moyen-Orient - de sa propre initiative sans mandat ni même concertation de ses partenaires européens - avec le dictateur Turc Erdogan qui s'est fait une joie de lui imposer ses diktats.

Elle négocie avec la Chine ses seuls intérêts, s'implique en Ukraine comme un toutou docile des yankees, donnant toutes facilités à l'Otan pour provoquer le voisin Russe, elle pousse à la roue pour signer au plus vite l'horreur économique qu'est le traité Tafta.

Mais elle se garde bien de s'impliquer dans les problèmes du Moyen-Orient et de l'Afrique, laissant la France s'épuiser par son effort militaire bien solitaire au profit pourtant de toute l'Europe.

Qui peut faire face à cette Allemagne à volonté hégémonique ? Comme le montre l'Histoire, seule la France est en mesure de le faire. Dès lors, l'avenir de l'Europe dépend en grande part de nous. Encore faut-il que nous le voulions et donc que nous nous débarrassions de cette caste politique ayant amplement prouvé son incompétence, sa lâcheté, sa cupidité.

La victoire du « Brexit » peut être ce coup de pied dans la fourmilière qui permettra de rebattre les cartes.


Photo X - Droits réservés

07/06/2016

Manœuvres belliqueuses de l'Otan aux portes de la Russie. Attaque-t-on un ours avec un couteau de poche ?

otan et russie.jpg

Trois bombardiers stratégiques B-52 - une vieillerie utilisé depuis 1955, c'est celui qui a déversé des millions de tonnes de bombes et d'agent orange sur le Vietnam avec le succès que l'on sait! - doivent prendre part aux exercices militaires BALTOPS 16 et Saber Strike 16 qui de déroulent du 3 au 19 juin, et impliquent plus de 6.000 militaires de 15 pays membres de l'Otan, ainsi que des soldats suédois et finlandais. Les exercices Saber Strike, qui réunissent 13 Etats, ont débuté en Lettonie, en Lituanie et en Estonie le 27 mai et se poursuivront jusqu'au 22 juin. 

L'Otan est une machine de guerre n'ayant plus d'autre utilité – puisque le Pacte de Varsovie a été dissous – que de servir exclusivement les intérêts de la finance et des multinationales yankees dans leur volonté d'hégémonie mondiale et de pillage de la planète. Vous imaginez à quoi peut mener le face-à-face entre troupes russes et troupes de l'Otan ? Vous pensez que ce ne serait que quelques escarmouches ? Naïveté et même konnerie : l'Otan, comme la Russie, possèdent un arsenal nucléaire apocalyptique. Et aucun des deux protagonistes ne voulant perdre la face, en cas de confrontation directe, même limitée, que se passerait-il ? Les bombes partiraient…

L'Otan, bras armé d’un système de domination économique et financière étasunien en pleine déconfiture, conduit le monde à la guerre en soutenant les rodomontades des ex pays de l'Est, Pologne, pays baltes, Ukraine. Ces grandes manœuvres aux portes de la Russie, à quoi ça rime ? Est-ce bien raisonnable ? Et ça veut effrayer qui ? Poutine ? Ca doit surtout le faire doucement rigoler car ça lui donne la justification de son effort énorme de modernisation de son armée. Quant à l'intimider… Effraie-t-on un ours en le menaçant avec un couteau de poche ?

En fait, il n’existe aucune menace pour l’Europe de la part de la Russie. La Russie n'est pas notre ennemi ! Or, la politique poursuivie par les États-Unis et leurs alliés-vassaux vise à créer l’impression d’une telle menace. L’aménagement de bases de l’OTAN, l’accroissement de son infrastructure a pour but de renforcer l’influence de l’Alliance atlantique en Europe, de contraindre les pays membres à consentir des dépenses supplémentaires pour entretenir les troupes et semer l’inquiétude parmi les alliés. Il serait peut-être temps de prendre conscience de ces réalités et de les regarder en face.

Et en face, c'est du lourd ! Du fait qu'une guerre à grande échelle en Europe menacerait l'existence même de l'État russe et de sa nation, ceux-ci sont en train de prendre des mesures pour faire savoir sans équivoque que si cela se produisait, les États-Unis paieraient un prix immense pour une telle attaque. Les moyens qui se mettent en place côté russe sont à la mesure de la menace otanienne. Et même plus.

Jusqu'à présent, la Russie ne croyait pas a une menace militaire classique venant des forces de l'Otan. Elle n'avait donc pas déployé de forces significatives pour se défendre contre une menace fictive. Cela est en train de changer sérieusement.

Blindés. La Russie réarme une de ses armées des plus prestigieuse, la 1ère Armée blindée de la garde (1 TGA). Actuellement, elle est équipée de chars de combat T-72B3 et T-80, mais ils seront remplacés par le nouveau char révolutionnaire T-14 Armata, tandis que les véhicules de combat d'infanterie actuels et les véhicules blindés seront remplacés par les nouveaux APC et IFV. L'appui aérien de ces unités blindées sera assuré par des Mig-28 et des hélicoptères d'attaque Ka-52.Il y a là une force terrestre blindée sans équivalent côté occidental.

Missiles tactiques. Le nouveau système de missile tactique opérationnel Iskander-M est une arme redoutable sous tous ses aspects. Bien que techniquement ce soit un missile tactique à courte portée (moins de 1 000 km de portée, l'Iskander-M a une portée officielle de 500 km), il peut aussi tirer le missile R-500, qui a une portée opérationnelle intermédiaire (plus de 1 000 km, le R-500 a une portée de 2 000 km). Il est extrêmement précis, il a des capacités antimissiles avancées, il se déplace à des vitesses hypersoniques et est pratiquement indétectable sur le terrain (voir ici pour plus de détails). Ce sera le missile chargé de détruire toutes les unités et les équipements que les États-Unis et l'OTAN ont déployés à l'avant en Europe orientale et, si nécessaire, d'ouvrir la voie à la 1TGA. 

Missiles intercontinentaux. Ni la 1TGA, ni le missile Iskander-M ne menacent le territoire américain en aucune façon. La Russie a donc aussi besoin d'une arme qui peut semer la panique au Pentagone et à la Maison Blanche. Le RS-28 Sarmat (SS-X-30 selon la classification de l'OTAN) fait monter la terreur à un niveau totalement nouveau. Le Sarmat vole à Mach 20 (24 500 km/h). Il est capable de transporter 10 à 15 ogives MIRV à têtes multiples, Le missile sera capable d'atteindre toute cible partout sur la planète, par n'importe quelle trajectoire. Tous ces éléments combinés rendront le Sarmat lui-même et ses ogives, totalement impossibles à intercepter. Le Sarmat sera également capable de délivrer le Iu-71, une ogive conventionnelle hypersonique conçue pour une frappe cinétique,qui permet de détruire une cible ennemie fortifiée dans un conflit non nucléaire. Cela sera rendu possible par la précision étonnante des ogives du Sarmat, de 10 mètres, et à son temps d'armement qui est inférieur à 60 secondes.

Torpille stratégique. La torpille stratégique Status-6 peut plonger jusqu'à 1 000 m à une vitesse allant jusqu'à 185 km/h et il a une portée de 10 000 km. Elle est délivrée par des sous-marins spécialement configurés. Le système Status-6 peut être utilisé pour cibler des groupes de combat de porte-avions, des bases de la marine des États-Unis (en particulier les bases sous-marins balistiques) et, dans sa configuration la plus effrayante, il peut être utilisé pour délivrer des bombes au cobalt à haute radioactivité, capables de contaminer de vastes étendues de territoire. La plupart des villes des USA et les centres industriels étant le long de la côte, cette situation les rend extrêmement vulnérables aux attaques de torpilles.

Autres armes sournoises. Le rail mobile soviétique ICBM BzhRK est un système de wagons de missiles circulant en permanence dans l'immense réseau ferroviaire russe. Impossibles à repérer. Le missile de croisière Kalibr, vu récemment en action dans la guerre en Syrie peut être tiré d'un conteneur typique du commerce, comme ceux que vous trouverez sur des camions, des trains ou des navires. Rappelez-vous que le Kalibr peut frapper tout ce qui se trouve entre 50 et 4000 km et qu'il peut transporter une ogive nucléaire. Où serait le problème, pour la Russie, de déployer ces missiles de croisière au large des côtes des États-Unis à bord de navires porte-conteneurs réguliers ?

Alors, est-il raisonnable pour nous, Français, Européen, d'attacher notre existence même aux folies des mégalos du Pentagone, eux-mêmes manipulés par le complexe militaro-industriel étasunien ?

Les Russes sont comme les autres, ils peur de la guerre et ils vont tout faire pour l'éviter. La dernière leur a coûté plus de 28 millions de morts… Mais ils sont aussi prêts s'il faut la faire. Ceci est une caractéristique culturelle russe unique, que l'Occident a mal interprétée un nombre incalculable de fois au cours des 1.000 dernières années. Maintes et maintes fois, les Européens ont attaqué la Russie pour se retrouver dans un combat qu'ils n'auraient jamais imaginé, même dans leurs pires cauchemars. Napoléon et Hitler y ont creusé leurs tombeaux. Voilà pourquoi les Russes aiment à dire que «la Russie ne commence jamais les guerres, elle les termine». 

Les Français et les Allemands vont-ils enfin comprendre que les Etasuniens les mènent au chaos ? Si un pays sortait de l'Otan, la coalition se lézarderait sérieusement, personne en Europe n'ayant intérêt à un conflit armé avec la Russie. Ce pays ne peut-être que la France. De Gaulle l'avait bien compris, mais le déplorable Sarko , suivi par le désolangt Hollande se sont allègrement torché l'oigne avec l'héritage gaulliste et la France se trouve embringuée derrière toutes les folies étasuniennes, pays devenu fou par le pouvoir absolu qu'il prétend s’arroger sur la planète.

L'intérêt de la France, jeté hors des centres décisionnels de l'Europe par une Allemagne redevenue aussi arrogante qu'hégémonique, n'est-il pas de sortir de cette alliance nuisible et de se rapprocher sérieusement de la Russie ? L’Allemagne, coincée entre la France et la Russie, puissances économiques conséquentes, puissances militaires nucléaires, membres du Conseil de sécurité de l'Onu, comprendrait vite où est son intérêt. Et se constituerait un axe France, Allemagne, Russie capable de faire revenir à la raison les fous de Washington et leurs vassaux de Londres.

Ouais mais c'est pas politiquement correct ça, coco !

 

Sources:

http://thesaker.is/how-russia-is-preparing-for-wwiii/

http://lesakerfrancophone.fr/comment-la-russie-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale

https://fr.wikipedia.org/wiki/1re_arm%C3%A9e_blind%C3%A9e_de_la_Garde

https://en.wikipedia.org/wiki/Multiple_independently_targetable_reentry_vehicle

http://taskandpurpose.com/why-russias-new-tanks-are-a-wake-up-call-for-the-us/

 

20/05/2016

Glyphosate : le tango des dép(u)ités européens.

Glyphosate.jpg

 

Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas glissé sur le côté… Les têtes d'oeufs de l'Europe de Bruxelles n'en finissent pas de tergiverser sur l'arrêt ou non de ce poison reconnu mais...autorisé par l'U.E. Les peuples de l'Union ne veulent pas du glyphosate, molécule du tueur d'herbe Roundup, substance « probablement cancérogène » selon l'OMS (organisation mondiale de la santé). Mais, si « on » tenait compte de l'avis de la « populace » dans les bureaux feutrés de Bruxelles, ça se saurait…

Le lobby des empoisonneurs, très influent parmi les « on » qui décident pour nous, font la roue ( ! sonnante et trébuchante la roue ? Qui lo sa…) devant eux pour les séduire. Ca a failli marcher au mois de mars, mais une vague citoyenne a fait réfléchir les députés qui étaient prêts à donner quinze années supplémentaires d'autorisation d'utilisation de la molécule maudite. Ils ont alors repoussé leur décision à ces jours derniers. Nouvelle levée de bouclier, nouveau doutes parmi les députés, le vote n'est pas suffisamment probant. Que fait l'U.E. ? Elle repousse de nouveau sa décision...tout en laissant les produits en vente, bien sûr. Jusqu'à quand ? Elle espère probablement faire passer l'embrouille durant l'été, lorsque les citoyens sont moins mobilisés, occupés qu'ils sont à se bronzer la couenne… Entre temps, on va voir fleurir des « études scientifiques » démontrant l'innocuité de cette substance. Ben voyons.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA) – chargée de veiller sur notre santé !!! - affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène. Même l'OMS, travaillée au corps par les lobbies, remet en doute son précédent avis.

On assiste à un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprises de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géants de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappelle Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto. Il sera d'autant plus difficile de lutter contre les pressions des industriels qu'une nouvelle OPA géante pourrait bouleverser bientôt la chimie. Le groupe allemand de chimie et de pharmacie Bayer, qui vaut 80 milliards d'euros, a indiqué ce jeudi 19 mai avoir proposé de racheter l'américain Monsanto, numéro un mondial des semences et producteur de l'herbicide Roundup. Frau Merkel, soucieuse des intérêts de ses industriels, pourrait faire pencher la balance. Dans le mauvais sens bien sûr, celui de l'autorisation du poison.

Restons vigilants ! Ne pouvant, comme les lobbies, les inviter dans de grands restos pour les influencer, abreuvons nos députés européens de lettres ou de courriels pour leur rappeler comment voter !

Liste des députés européens français :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=FR

Liste des députés européens belges :

http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country=BE

Pour signer la pétition contre le glyphosate: https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate/petition-contre-le-glyphosate/

 

Illustration X - Droits réservés

 

19/05/2016

TAFTA – FRANCE : « Plus faux-cul que moi, tu meurs ! »

faux-cul geluck.jpg

 

Comment s'étonner du fossé qui se creuse dangereusement entre le Peuple et les gouvernants ?

Comment s'étonner que la violence remplace le dialogue dès lors que derrière les belles paroles des gouvernants se cachent des manœuvres sournoises en contradiction totale ?

Comment dès lors s'étonner de cette insurrection qui risque d'arriver ?

 

Ce gouvernement, élu sur un programme de gauche totalement bafoué, nous donne encore un exemple révoltant de son cynisme faux-cul. C'est un article du Monde qui nous en donne une nouvelle illustration.

 

De quoi s'agit-il ?

 

TAFTA, vous connaissez maintenant. C'est ce traité de vassalisation de l'Union Européenne – donc de la France – aux Etats-Unis. Vassalisation économique s'entend, les vassalisations politique et militaire étant depuis longtemps réalisées avec l'Otan. Un des point les plus contestés de ces « accords », c'est l'établissement de tribunaux privés chargés de régler les litiges entre multinationales et Etats. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des Etats qu'ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l'U.E.

 

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d'avocats d'affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales peuvent attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Juridictions sans appel possible. Depuis qu'ils ont eu connaissance de ces horreurs ultra libérales les peuples de l'Union Européenne font entendre leur voix farouchement contre. A tel point que le gouvernement français à annoncé, à plusieurs reprises, son opposition à ces juridictions privées, menaçant même de refuser de signer TAFTA si ces tribunaux privés étaient retenus. On ne peut que se féliciter de cette fermeté. Sauf que…

 

Sauf que, par ailleurs, la France prône tout le contraire à l'intérieur même de l'Europe ! Explications. Il existe quelques 200 traités bilatéraux régissant le commerce entre les membres les plus anciens de l'Europe et ceux qui ont été récemment intégrés. Bruxelles souhaite – à raison – supprimer tous ces traités, vestiges d'autres temps et incompatibles avec le droit européen. Mais cinq pays de l'Union – la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande – se disent d'accord pour abroger ces traités obsolètes à conditions de sauvegarder le mécanisme de règlement des différends investisseurs-États qui est une juridiction arbitrale privée vers laquelle les entreprises peuvent se tourner au lieu des tribunaux nationaux ! C'est exactement le mécanisme farouchement combattu dans le TAFTA ! Les arguments avancés sont exactement ceux du lobby patronal « Business Europe »

 

On peut légitimement se demander pour qui travaille le gouvernement : pour les citoyens et les consommateurs français ou pour les multinationales ?

 

On peut légitimement se demander à quoi mène cette privatisation de la justice, sinon à une démission de l’État devant les seuls intérêts privés.

 

On peut légitimement se demander ce qu'est devenue la formidable idée de l'Europe enfin unie, maintenant qu'elle est tombée au mains des lobbies au services des banksters et des multinationales .

 

On peut légitimement se demander si nos gouvernant, avec leur double langage, nous prennent pour des kons ! La majorité des Français, comme des autres Européens d'ailleurs, est contre ce système d'arbitrage privé, porte ouverte à toutes les magouilles.

 

Et puis, en continuant dans cette logique de privatisation de tout et de tous, pourquoi ne pas privatiser le gouvernement ? Vous me direz, c'est déjà fait en partie, tant les intérêt privés et les conflit d'intérêt sont d'ores et déjà présents à tous les niveaux décisionnaires… Et puis, il serait temps d'enseigner dans nos « grandes » écoles la corruption et les techniques les plus efficaces des magouilles. Ceci au nom du pragmatisme, de l'efficacité, de la concurrence « libre et non faussée » car l'honnêteté et la probité sont sources de désavantages de compétitivité pour nos entreprises !

 

Et on s'étonne que ça risque de péter partout ?

 

Illustration: merci à Geluck

09/05/2016

C'est la Journée de l'Europe…

pieuvre Etats-Unis.jpg

 

Peut-on, doit-on encore y croire à cette Europe ? Fait-elle encore rêver ? Elle fait rêver ceux qui veulent venir s'y installer (un peu trop souvent sans y être invités), mais elle prend de plus en plus figure de repoussoir pour ceux qui y vivent. Et cette constatation est consternante, déprimante. Parce qu'elle est belle l'idée de l'EUROPE ! Et elle est indispensable en ces temps difficiles. Rappelons brièvement sa genèse.

 

Le 9 mai 1950, il y a donc 66 ans Robert Schumann, alors ministre français des Affaires étrangères français, faisait dans les salons de l'Horloge du Quai d'Orsay, à Paris, la déclaration qui marquait le premier acte de la construction européenne. Il proposait aux pays qui s'étaient entre-déchirés en 14-18 puis 39-45 de gérer en commun leurs ressources en charbon et acier. C'était la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait »…/...« la mise en commun des productions de charbon et d’acier changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. »

 

Six pays ont répondu à cet appel et ont créé, par le traité de Paris du 18 avril 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

 

Un grand espoir était né. L'Europe s'est construite non sans mal, non sans soubresauts. Cette belle idée était acceptée, plébiscitée par les peuples européens. Mais, héla, elle se construisait selon les plans des Etats-Unis qui voulaient en faire un énorme marché pour leurs productions et, en lui imposant l'Otan, un glacis militaire face à l'URSS. L'Europe grandissait, s'émancipait, innovait. Allait-elle tailler des croupières à son maître d'Outre-Atlantique ? Les Etats-Unis lui imposèrent donc d'intégrer la Grande-Bretagne, son cheval de Troie. Et ce fut le début de la fin…

 

Sous la pression de la Grande-Bretagne, pitbull de l'Oncle Sam, qu'est devenue l'Europe ? Un énorme marché ouvert à tous les vents. Une construction pléthorique ayant intégré trop vite trop de nations trop différentes. Elle s'est laissée phagocyter par les seules forces économiques ultra libérales. Elle est devenu le terrain où sévissent sans contraintes tous les banksters du monde, où se gavent toutes les multinationales. Et cela au détriment des peuples européens en instituant leur concurrence sauvage à la place de la solidarité. Concurrence fiscale, alignement sur le moins-disant social, démantèlement et privatisation de tous les systèmes de protection, travailleurs détachés, etc. Il n'est pas inutile, à ce sujet, de rappeler ce que disait Jean Jaurès il y a bien longtemps mais qui est de plus en plus actuel :« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère . » Jean-Jaurès « discours pour un socialisme douanier » 17 février 1894.

 

L'Europe, pour revivre, devrait méditer aussi ces propos de De Gaulle en 1962 : «  L’Europe occidentale est devenue sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business sur l’économie mondiale nous sont imposées. Bien des Européens y sont favorables. » Obama n'est-il pas, il y a quelques jours venu faire sa tournée des popotes en Europe, indiquant aux Britanniques comment voter, donnant ses directives et sa feuille de route à son autre pittbull, Frau Merkel ?

 

Ce protectorat imposé coupe l'Europe de son partenaire naturel : la Russie. Les USA ne veulent surtout pas d'une Europe et d'une Russie prospères et amies car cela constituerait une puissance économique et militaire qui serait la première au monde, bien dvant les USA et la Chine. Ce que les yankees ne veulent surtout pas.

 

Ce qui est insupportable, ce sont les diktats étasuniens imposant aux entreprises européennes de se plier aux droit étasunien et ainsi d'être directement tributaire de la politique étrangère de ce pays étranger bien qu'  « allié ». En acceptant ça, l'UE accepte sans bouger son allégeance aux USA.

 

Ce qui est insupportable, c’est le « choix » de « l'ennemi », en l'occurrence la Russie par les mêmes USA.

 

Ce qui est insupportable, c'est la délimitation des frontières de l'Europe qui doivent correspondre aux frontières de l'Otan

 

Fait nous de nouveau rêver, Europe ! Émancipe-toi, refonde-toi autour des membres premiers. Les autres viendront ensuite, mais pas à n'importe quelles conditions.

 

L'horizon pourrait s'éclaircir au mois de juin, si les Anglais « libèrent l'Europe ». Par le « Brexit » !

 

 Illustration X - Droits réservés

19/04/2016

Syrie, migrants, et si on cessait l'hypocrisie ?

refugiés barbelés.jpeg

 

« Le Vatican, combien de divisions ? » questionnait Staline. Les divisions, chez le Francesco de Rome, elle sont au sein (Oh ! Pardon) de sa curie, mais s'il n'a pas beaucoup de divisions au sens militaire du mot, il est un as de la com ! En embarquant dans son avion trois familles tirées au sort mais – le hasard serait-il guidé par la main de dieu ? - trois familles musulmanes, alors qu'il y a parmi les réfugiés des chrétiens d'Orient, des athées. Arrière-pensée diraient les « mauvais esprits » : François ne veut pas passer pour le chef des « croisés ». En attendant, il soigne sa com. Les mé(r)dias du monde entier, y compris Al Djesirah, s'étalent en images et salades de mots dégoulinants de bien-pensance destinés à faire honte à nous, salauds d'Européens, qui refusons d'ouvrir nos coeurs, nos portes et nos portefeuilles pour ces millions de malheureux qui fuient les guerres qui saccagent leurs pays. Ils sont multiples ces pays : la Syrie, mais aussi l'Irak, l'Afghanistan. Et l'Afrique avec l'Erythrée jusqu'au Mali. Mais encore le Maghreb, de l’Égypte au Maroc. Tout un arc allant du Pakistan à la Mauritanie, en passant par le Mali et la Centrafrique. Beaucoup de monde…

 

Et où veulent-ils aller tous ces migrants ? En Arabie saoudite ? Au Qatar ? Aux Emirats arabes unis ? Au Koweit ? Dans ces terres où l'islam est le fondement de l'état et la loi. Non. Ils préfèrent risquer leur peau pour venir « vider les poubelles à Paris » comme disait l'ami Pierrot, ou marner comme esclaves en Allemagne, attirés par les bras ouverts de Frau Merkel poussée au cul par son patronat… Ils préfèrent risquer leur paradis d'allah dans ces pays de perdition, de mécréants, ou les femmes prétendent être les égales des hommes ! Ils préfèrent où « on » les envoie ? Cette migrinvasion est-elle vraiment seulement le résultat du foutoir qui règne dans leurs pays respectifs ? Où est-ce un mouvement organisé, destiné à prendre par l'intérieur cette bonne grosse larve grasse, sans caractère et désarmée qu'est l'Europe ?

 

Organisé par qui ? Par quelques états du Moyen-Orient parmi lesquels cette exécrable Arabie saoudite, ces royaumes croupions genre Qatar, Émirats arabes unis tant adorés par nos « zélites » abreuvés par leur sale pognon. Et surtout la Turquie d'Erdogan, ce mégalo dérangé du plafond qui rêve de ressusciter l'empire Ottoman. Cette géopolitique a pour but la conquête de cette proie juteuse qu'est l'Europe. Ce que les Ottomans n'ont jamais réussi, le mythomane d'Ankara voudrait bien y parvenir. En forçant la porte de l'union européenne par le chantage aux migrants. « Nos minarets sont nos glaives et les coupoles de nos mosquées sont nos boucliers » pérore-t-il. Et nous, crétins bêlants, idiots au « grand coeur », nous croyons obligés d'accueillir cette invasion, de se pousser pour leur faire de la place. On ne peut évidemment pas couler les barques où ils s'entassent pour atteindre les terres promises de leur rêve européen. Alors, avec beaucoup de mauvaise conscience, on les laisse s'entasser derrière des barbelés en Grèce – qui n'a déjà pas besoin de ça. Les beaux esprits nous serinent à longueur de plateaux télé que un million de migrants par an pour cinq cents millions d'européen, ce n'est rien. Mais ils oublient que ces migrants veulent aller où sont déjà leurs frères en allah : dans quelques pays, et quelques régions et quartiers où ils créent des ghettos communautaires, ferments de tous les terrorismes, et – pire – point d'appui pour la renaissance de La Bête, cette extrême droite qui pointe dangereusement son nez partout en Europe en réaction au laxisme des dirigeants.

 

Oui mais alors que faire ? Arrêter cette lâcheté qui nous paralyse et faire preuve de pragmatisme. Les « réfugiés » fuient un pays en guerre. Les Français, les Belges l'on fait lors de la dernière grande boucherie européenne. C'est normal. Mais la vocation d'un réfugié n'est pas de s'installer dans le pays qui l'accueille, mais d'y attendre des temps plus propices pour regagner son pays. Pour les plus motivés, les plus courageux, organiser la résistance depuis les pays d'accueil. Ce que faisaient les Français, les Belges, les Polonais réfugiés en Angleterre. Tous ces hommes jeunes – ils représentent 70 % des migrants – qu'attendent-ils pour demander aux autorités des pays d'accueil de les entrainer et de les envoyer, en bataillons équipés et armés, à la reconquête de leur pays ? Ils attendent qu'on y envoie nos trouions s'y faire trouer la paillasse pour eux ?

 

La majorité des réfugiés sont aux Liban, en Jordanie, en Turquie. Normal, ce sont les voisins immédiats. Mais croyez-vous que le Liban soit partant pour « accueillir » l'équivalent du quart de sa population débarquant de force ? Ils subissent comme ils ont subi l'arrivée des Palestiniens. Idem pour la Jordanie, incapable de s'opposer à l'arrivée des Syriens, ces voisins trop envahissant. Quant à la Turquie, elle est partie prenante au premier chef dans le foutoir syrien. Son double jeu avec l’État Islamique lui retombe dessus. Et les migrants sont à la fois pour eux une main d'oeuvre taillable et corvéable à merci sur place, et une arme sournoise de chantage à l'invasion vis-à-vis de l'Europe.

 

Quant à nous, il serait peut-être temps de cesser l'hypocrisie et de regarder les choses en face. D'abord face au migrants dont les peuples d'Europe ne veulent pas. Ensuite en faisant en sorte que les réfugiés syriens puissent retourner chez eux. Comment ? En détruisant le véritable ennemi, à savoir l’État Islamique. Et pour cela arrêter de se mentir avec la fiction des « forces démocratiques syriennes » et traiter avec les seules forces capables de vaincre l'E.I. : le régime de Bachar el Assad, les Kurdes et bien entendu les Russes. Tout le reste est du pipeau.

 

Photo X - Droits réservés

15/04/2016

Honte sur le Parlement européen : Glyphosate, secret des affaires, flicage des passagers aériens...

drapeau-europeen.jpg

 

 

Les députés européens viennent, une fois de plus, de faire la démonstration de leur totale soumission aux injonctions des lobbies représentant les multinationales.

 

En l'espace de quelques heures, ils ont voté : - un blanc-seing à Monsanto pour continuer pour sept ans encore à empoisonner les populations ; - l'impossibilité pour les lanceurs d'alerte et les journalistes d'investigation de dénoncer les abus et malversations des entreprises, sous couvert de la « protection du secret des affaires » ; - le flicage ahurissant des passager aériens sous prétexte de la lutte contre le terrorisme.

 

Glyphosate. On a dû sabrer le Champagne chez les empoisonneurs ! Les eurodéputés ont en effet voté mercredi 13, en séance plénière, le renouvellement pour encore sept ans de l'autorisation d'utilisation du glyphosate, la molécule très controversée du pesticide phare de Monsanto, le Round Up. Le fait que les « études » sur lesquelles se basent les « experts » européens pour donner cette autorisation restent cachés, parce que conduites, influencées, payées par les entreprises commercialisant les produits à base de glyphosate n'a pas défrisé nos euro députés. Comme ne les a pas gêné le fait que glyphosate et OGM sont intimement liés, la plupart des OGM ayant été créés pour tolérer le glyphosate. Ce qui veut dire que ces OGM sont là non pas pour aider l'agriculture et nourrir la population mondiale pléthorique, mais pour augmenter les ventes de glyphosate. Et les eurodéputés – oubliant que les deux tiers des habitants des cinq plus grands pays de l'Union européenne sont contre l'autorisation du glyphosates - se sont allègrement torché le cul avec la pétition d'un million et demi de signatures demandant son interdiction. Y a bon beurre pour les marchands de poisons : l'utilisation du glyphosate a été multiplié par 260 durant les 40 dernières années…

 

Secret des affaires. La directive concernant la protection du « secret des affaires » a elle aussi été adoptée par une très large majorité par nos euro députés rampants. Ceci quelques jours après le scandale des « Panama papers ». En soi, se doter d'un outil législatif pour lutter contre l'espionnage industriel et le pillage économique dont sont victimes nos entreprises est louable. Mais ce qui l'est moins, c'est que cette directive fait désormais porter la charge de la preuve non plus sur l'entreprise, mais sur le lanceur d'alerte ! On voit bien qui est visé : ceux qui, courageusement, dénoncent les malversations des entreprises. Ils seront désormais passible d'amendes énormes, dissuasives tant pour les enquêteurs que pour les médias. A rapprocher de l'ouverture du procès, le 26 avril au Luxembourg, du lanceur d'alerte Antoine Deltour, qui a révélé les magouilles du Luxembourg, pays de Junker, avec les multinationales installées dans ce drôle de pays.

 

PNR – Fichage des passagers aériens. Il s'agit de collecter les données personnelles de tous les passagers du transport aérien entrant ou sortant de l'U.E. Déjà en vigueur aux Etats-Unis, ce fichage systématique a pour but – ou prétexte – la lutte contre le terrorisme. Selon la proposition de la Commission, 60 catégories de données PNR seraient ainsi enregistrées, notamment les coordonnées, les itinéraires de voyage, les adresses IP des ordinateurs utilisés pour la réservation, les réservations d’hôtel, les numéros de carte de crédit et les préférences alimentaires. On est loin du nom, prénom, adresse. Il s'agit véritablement d'un flicage à grande échelle, d'une intrusion inadmissible dans la vie privé des gens. Pas inadmissible pour les députés européens. Réclamé à corps et à cris par Manuel Valls.

 

Voilà quelques réalités qui devraient nous faire réfléchir sur le fonctionnement de cette Europe – hélas – aussi dévoyée que décevante. Mais que peut-on dire, nous qui envoyons à ce Parlement un ramassis de bras-cassés. Nous dont la délégation la plus importante est celle du Front national. Nous qui nous servons de l'Europe pour recycler nos branquignoles. Nous qui déléguons un Moscovici au poste stratégique de Commissaire européen.


Photo X - Droits réservés

 

05/04/2016

ALERTE ! Une directive européenne pour protéger les magouilles des entreprises arrive.

logo traités européenes servent ceux qui les écrivent.png

 

 

Dans quelques jours, le 13 avril, une première séance aura lieu au Parlement européen pour « débattre », c'est-à-dire adopter une directive totalement scélérate concernant le « secret des affaires » et qu' « ils » ont prévu d'adopter le 16 juin. Lancée en novembre 2013 par la Commission européenne, cette proposition définit le secret des affaires comme des techniques (procédés de fabrication, recettes, composés chimiques, etc.) ou des informations commerciales (listes de clients, résultats d’études de marketing, etc.) ayant une valeur économique pour l’entreprise. Les dispositions de cette loi destinées, en principe, à contrecarrer les pratiques d'une concurrence sans scrupules ni éthique pourraient en effet être détournées pour empêcher la publication juste et légitime d'informations qui pourraient être dérangeantes...

Ce qui veut dire que toute entreprise pourra, selon ses propres critères, décider si une information la concernant a « une valeur économique » et donc pourra ou non être divulguée. Avec pour conséquence de mettre sous le coup de la loi tout journaliste qui pourrait les révéler, avec des dommages et intérêts plus que dissuasifs. Et pour corollaire qu'aucun rédacteur en chef n'osera se mettre dans une situation délictueuse et que les journalistes eux-mêmes pratiqueront à grande échelle l'auto-censure...

C'est une loi scélérate car des considérations économiques prévalent ainsi sur l'exigence démocratique de garantir la liberté d'expression et le droit à l'information concernant les pratiques douteuses de certains groupes, entreprises et acteurs économiques ou financiers.

« Le journalisme consiste à publier ce que d’autres ne voudraient pas voir publié  : tout le reste n’est que relations publiques.  » Orwell.

« ...d'autres », c'est-à-dire les lobbys représentants les grandes entreprises et les multinationales qui font des pieds et des mains pour que les journalistes, ces affreux fouille-merde, se contentent de copier-coller les communiqués de presse, les belles brochures en couleurs données au cours de généreux repas d'information voire de coûteux voyage de presse au soleil !

Mais ça ne suffit pas puisqu'il y a parfois quelques lanceurs d'alerte, traités de « fouille-merde », qui ne se contentent pas de la bouillie pré-mâchée des « services communication » des entreprises. Ces malotrus ont ainsi révélé au grand public des « broutilles » comme les affaires du Médiator, de l'amiante, du Crédit Lyonnais, des défauts de l'EPR, des magouilles des multinationales au Luxembourg, etc. Pas bon pour les affaires ça, Coco ! Pas bon pour les affaires...

Alors les dirigeants de ces grands groupes tirent les ficelles de leurs marionnettes politiques pour mettre en place des lois interdisant ou dissuadant les journalistes et les lanceurs d'alerte de dévoiler des pratiques scandaleuses ou des produits dangereux. Tout ceci sous un faux-nez, bien sûr, celui de « protéger le secret des affaires des entreprises ». Ben voyons...

En France, une disposition vicelarde de la Loi Macron voulait « protéger le secret des affaires », c'est-à-dire réduire au silence les « fouille-merde ». Une forte mobilisation des journalistes et des syndicats a forcé le gouvernement à retirer cette disposition. Mais la voilà qui revient avec cette proposition de directive européenne qui, si elle passe, sera automatiquement retranscrite dans le droit français.

Mais rien n'est gagné pour les « étouffeurs », comme le montre ces jours-ci la mise au grand jour du scandale « Panama ». Une coalition européenne d’organisations de la société civile, de travailleurs et de journalistes demande aux membres du Parlement européen de rejeter la directive sur les secrets d’affaires

Le projet de directive européenne sur la « protection du secret des affaires » créerait un droit au secret pour les entreprises qui est excessif : il menace directement le travail des journalistes et de leurs sources, les lanceurs d’alerte, les syndicalistes, la liberté d’expression des salariés et nos droits d’accéder à des informations d’intérêt public (par exemple sur les médicaments, les pesticides, les émissions des véhicules, etc.).

Une coalition européenne d’associations, de syndicats, de journalistes, de lanceurs d’alerte et de scientifiques a envoyé aujourd’hui aux membres du Parlement Européen une analyse critique du projet de directive (voir-ci-joint), leur demandant de la rejeter (un premier débat en séance plénière est prévu le 13 avril). Une pétition européenne a également été lancée.

Cette directive est officiellement appelée « Directive sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d’affaires) contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites ». Mais la définition du secret des affaires prévue est tellement large que presque toutes les informations internes d’une société peuvent y correspondre. Cela mettra en danger toute personne qui révèle ces informations sans le consentement de l’entreprise.

Informer n’est pas un délit et les syndicats de journalistes, les citoyens, les journalistes ou encore les scientifiques ont parfois besoin d’avoir accès à ces informations et de les publier dans l’intérêt général.

Si la directive est approuvée au niveau européen, les États membres pourront encore aller plus loin quand ils l’adapteront à leurs droits nationaux, et on peut compter sur les multinationales pour les pousser en ce sens !

Une pétition européenne contre cette horreur peut-être signée là :

https://act.wemove.eu/campaigns/les-lanceurs-d-alerte-en-...

N'oublions jamais que « Les tyrans ne sont grands que si nous sommes à genoux ».

BANZAÏE !


Illustration X - Droits réservés

15/03/2016

Loi El Khomri. "Recommandations" ou diktat de l'Europe?

europe grande braderie.png



On fait semblant de s'écharper sur le contenu de cette loi travail attribuée à cette pauvre ministre-alibi, Madame El Khomri, alors qu'en fait, elle n'est ni de cette estimable personne, ni de Valls, ni même de Hollande. Elle est directement sortie des « Recommandations » du Conseil de l'union européenne. La France « souveraine et éternelle » obéit en l’occurrence aux « recommandations » du ci-devant GRAMENA Pierre, ministre des finances...du Luxembourg !

Pour preuves :



RECOMMANDATION DU CONSEIL

du 14 juillet 2015

concernant le programme national de réforme de la France pour 2015 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2015

(2015/C 272/14)

LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,

/...

RECOMMANDE que la France s'attache, au cours de la période 2015-2016, à:

1 - engager une action suivie d'effets au titre de la procédure concernant les déficits excessifs et assurer une correction durable du déficit excessif en 2017 au plus tard par un renforcement de sa stratégie budgétaire, en prenant les mesures nécessaires pour toutes les années et en consacrant toutes les recettes imprévues à la réduction du déficit et de la dette; préciser les réductions de dépenses prévues pour ces années et fournir une évaluation indépendante de l'impact des principales mesures;

2 - accentuer les efforts visant à rendre efficace la revue des dépenses, poursuivre les évaluations des politiques publiques et recenser les possibilités d'économies dans tous les sous-secteurs des administrations publiques, et notamment aux niveaux de la sécurité sociale et des collectivités locales; prendre des mesures pour limiter l'augmentation des dépenses de fonctionnement des collectivités locales; prendre des mesures supplémentaires pour ramener le système de retraite à l'équilibre, notamment en s'assurant, d'ici à mars 2016, que la situation financière des régimes de retraite complémentaire soit soutenable à long terme;

3 - maintenir les réductions du coût du travail découlant du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité, notamment en les mettant en œuvre comme prévu en 2016; évaluer l'efficacité de ces dispositifs en tenant compte des rigidités du marché du travail et du marché des produits; réformer, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, le processus de formation des salaires pour que ceux-ci évoluent au même rythme que la productivité; veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec les objectifs de promotion de l'emploi et de la compétitivité;

4 - d'ici à la fin de 2015, éliminer les obstacles réglementaires à la croissance des entreprises, notamment en révisant les critères de taille fixés dans la réglementation pour éviter les effets de seuil; éliminer les restrictions d'accès aux professions réglementées autres que juridiques et à l'exercice de celles-ci, notamment en ce qui concerne les professions de santé à partir de 2015;

5 - simplifier et améliorer l'efficacité du système fiscal, notamment en supprimant les dépenses fiscales inefficaces; afin de promouvoir l'investissement, prendre des mesures visant à réduire les impôts sur la production et le taux nominal de l'impôt sur les sociétés, tout en élargissant la base d'imposition sur la consommation; prendre des mesures à partir de 2015 en vue de supprimer les impôts inefficaces dont le produit est nul ou faible;

6 - réformer le droit du travail afin d'inciter davantage les employeurs à embaucher en contrats à durée indéterminée; faciliter, aux niveaux des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l'organisation du temps de travail; réformer la loi portant création des accords de maintien de l'emploi d'ici à la fin de 2015 en vue d'accroître leur utilisation par les entreprises; entreprendre, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, une réforme du système d'assurance chômage afin d'en rétablir la soutenabilité budgétaire et d'encourager davantage le retour au travail.



Fait à Bruxelles, le 14 juillet 2015.

Par le Conseil

Son président 

Pierre Gramena



La Loi El Khomri est tout entière contenu dans la recommandation n° 6 ci-dessus. Le développement des « recommandations », c'est à dire des diktats des instances européennes ultralibérales de Bruxelles se trouve in extenso ici : http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:...

 

 

Illustration X - Droits réservés

08/03/2016

La Commission européenne s’apprête à céder à Monsanto. Disons NON au glyphosate !

Glyphosate.jpg

 

 

Catastrophe ! La Commission européenne est sur le point de renouveler l'autorisation du glyphosate pour une durée de 15 ans.

Cette substance, que l'on retrouve dans l'herbicide RoundUp de Monsanto, a pourtant été classée cancérogène "probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Classement que réfute en bloc l'Autorité européenne de la sécurité des aliments (AESA), affirmant qu'au contraire la substance ne serait probablement pas cancérogène.

Malentendu ? Cafouillage administratif ? Pas du tout… loin de là ! Il s'agit ici tout simplement d'un cas flagrant de prise de pouvoir des multinationales aux dépens de notre santé. En effet, la ré-autorisation proposée les 7 et 8 mars à Bruxelles, se base sur des évaluations fournies par la Glyphosate Task Force (GTF - groupe de travail sur le glyphosate), un consortium d'entreprise de l'agrochimie auquel appartient -- avec d'autres géant de l'agrochimie -- Monsanto. Quelle bonne surprise !

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) avait classé le glyphosate comme cancérogène "probable" en mars 2015 suite à la réunion d'un comité de 17 experts scientifiques indépendants ayant étudié pendant plus d'un an 260 études menées aux États-Unis, en Suède et au Canada depuis 2001. En d'autres termes, une classification prise au sérieux et basée sur des données scientifiques solides.

Monsanto, qui accuse le CIRC d'avoir écarté de son évaluation les études commissionnées par les industriels de l'agrochimie, ne dit pas toute la vérité. Comme le rappel Kathryn Guyton, directrice de recherche au CIRC, les recherches menées par les industriels comme Monsanto n'ont jamais été publiées publiquement et n'ont donc pas pu être évaluées par les chercheurs indépendants.

Alors, aujourd'hui se pose une question très simple : pourquoi la Commission européenne et l'AESA refusent l'évaluation du CIRC concernant les dangers du glyphosate pour l'homme ? La réponse est simple : la Commission est à la botte du lobby du glyphosate et des industriels de l'agrochimie comme Monsanto.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

Une centaine d'experts réputés se sont levés contre l'évaluation de l'AESA qu'ils qualifient de "peu crédible" -- du jamais vu ! Aussi, le gouvernement suédois prévoit de s'opposer à ce renouvellement alors que des voix s'élèvent contre le glyphosate au sein des gouvernements français et allemand. La pression monte à mesure que la contestation publique s'amplifie !

Le vote des 7 et 8 mars prochains sera déterminant. Ensemble, nous nous sommes déjà mobilisés contre Monsanto et ses pratiques antidémocratiques pour imposer les OGMs. Il est temps de dire aux gouvernements des pays membres de l'UE que nous exigeons que notre santé passe avant les profits de Monsanto et de l'industrie agrochimique.

Dites aux gouvernements des pays membres de l'UE de voter contre le renouvellement de l'autorisation du glyphosate. Notre santé doit passer avant leurs profits !

 

Plus d'informations :

Glyphosate : la Commission européenne propose de renouveler son autorisation, France TV Info, le 25 février 2016.
Pesticides : la malédiction du soja, Envoyé Spécial, le 19 février 2016
Glyphosate et cancer : la décision de l'Agence européenne de suivre l'avis de Monsanto n'est pas crédible !, Les Amis de la Terre, novembre 2015.

 

Pour signer la pétition :

https://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/glyphosate...

 

Illustration X - Droits réservés

07/03/2016

« Türkiye, çok iyi. Erdogan, yok tamam »

erdogan et sa garde prértorienne ottomane.jpg

 

Vingt-huit « Européens » face à un seul Turc. Et c'est le sultan turc qui va leur pomper tout ce qu'il peut, c'est-à-dire beaucoup de fric et des avantages multiples concernant les visas de ses ressortissant vers l'Europe et...la réouverture d'une hypothétique admission au sein du foutoir européen.

 

Le sultan, c'est un dangereux mégalo qui se prend pour Souleiman-le-magnifique. Un dictateur qui embastille les journalistes, qui massacre sa population kurde, qui engage son pays dans une logique de puissance et d'affrontement avec des pays bien plus musclés que le sien. On peut se demander si Erdogan, est encore dans le rationnel quand il défie la Russie – deuxième puissance nucléaire mondiale et gouverné par un rugueux aussi mégalo que lui - dans l'affaire du Sukhoï 24 abattu dans le ciel syrien. Incohérence encore de se comporter comme un supplétif des va-t-en-guerre étasuniens de l'Otan tout en étant complice d'un mouvement djihadiste international hors de contrôle.

 

Dans le confit syrien, Erdogan a une obsession : empêcher par tous les moyens la création d'un État national kurde à ses portes. D'où les bombardements des kurdes syriens et irakiens, les seuls qui luttent victorieusement contre des fous de Daech. D'où l'alliance sournoise mais réelle avec ces derniers auxquels les Turcs procurent des armes, soignent leurs blessés, achètent le pétrole... Sans oublier une rivalité de puissance avec l'Iran revenant sur la scène internationale.

 

Est-ce cohérent de la part de l'islamiste Erdogan de prendre des risques disproportionnées pour sa sécurité intérieure en faisant de ses frontières Sud une véritable autoroute du djihadisme international ?

 

Est-ce cohérent – après cinq ans de guerre - de faire le pari irréaliste du renversement du régime légal de Bachar El Assad qui déboucherait inéluctablement sur une partition de la Syrie… Et donc, très logiquement, vers la création d'une nouvelle entité autonome kurde à ses frontières ?

 

Il est mégalo le Turc, mais il a le beau rôle puisqu'il en face de lui une Europe molle, sans forces, grasse larve à sucer jusqu'à la moelle. La nouvelle donne migratoire et son flux continu de réfugiés syriens et irakiens traversant les frontières turques ont été opportunément récupérés par Ankara comme un formidable moyen de pression sur l'Europe. Et ce chantage marche : outre l'aide de 3 milliards pour le maintien des ré »fugiés sur son sol, le sultan d'Ankara a obtenu une reprise inespérée des négociations d’adhésion à l'Europe (alors que les peuples européens n'en veulent pas) et la prochaine levée des visas pour les ressortissants turcs dans l'espace Schengen.

 

Le Souleiman d'entrée de gamme a derrière la tête un objectif sournois et pas très avouable : l'accueil de trois millions de réfugiés syriens, par l'implantation de cette population arabe, peut constituer une population de peuplement des zones frontalières turques à moitié kurde.

 

Il est peut-être un peu « fada » le « sultan » Erdogan, mais il a le sens des affaires. Ainsi le foutoir en Syrie et en Irak a permis la mise en place de toute une économie de contrebande pétrolière et de biens de consommation. D'ailleurs des « mauvaises langues » laissent entendre que le propre fils et le gendre d'Erdogan compteraient parmi les premiers bénéficiaires de ce trafic. Un trafic lucratif estimé en milliards de dollars et qui expliquerait peut-être l'intérêt du sultan Erdogan à voir se perpétuer encore la guerre à ses frontières….

 

Voilà avec qui les « 28 » vont devoir marchander la garde des frontières de l'espace Schengen et l'éventuel retour des migrants clandestins envoyés à flot continu en Grèce par les trafiquants d'être humains turcs, au vu et au su des autorités complices.

 

Bon courage !

 

 

Photo X - Droits réservés

10/12/2015

Le loup d’Anatolie en Europe ?

loup turc.jpg

Pendant les gesticulations électorales, « l’invasion » continue. Et les barrières frontalières s’érigent à tour de bras. Croatie, Slovénie, Autriche, etc. Ah ! Elle est belle la frontière de l’Europe de Schengen ! Une frontière qui a laissé passer dans le flux des migranvahisseurs non seulement deux des tueurs de Paris mais qui a laissé circuler librement tous les autres assassins reconnus de ce novembre noir ! Des Français et des Belges…

 

Alors qu’est-ce qu’elle fait l’Union Européenne, paniquée par l’afflux torrentiel de migrants aux dents longues attirés par les promesses ahurissantes de Frau Merkel d’accueillir dans la seule Allemagne un million de « réfugiés » par an. Non pas par bonté d’âme, mais pour satisfaire son patronat avide de main d’œuvre docile et sous payée ; et accessoirement remplacé les ventres stériles et couilles sèches de ses compatriotes ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle se prosterne devant le sultan Erdogan et lui verse un tribut de trois milliards d’euros ! Pour que celui-ci garde chez lui les millions de réfugiés qui se ruent vers le ventre gras de l’Europe molle… Il fera…ou pas ! En plus du fric, le sultan a obtenu des Débileuropéens un assouplissement du régime des visas pour les Turcs désirant venir en Europe et – cerise sur le halva – la relance du processus d’adhésion de la Turquie à l’U.E.

 

Non mais vous vous imaginez ? 80 millions de Turcs musulmans en Europe ! Avec à leur tête un dictateur qui joue sur deux tableaux : membre de l’Otan et allié de Daech. Une Turquie bien loin du pays moderne et ouvert de Kémal, ayant balayé tous les acquis du kémalisme laïque, en pleine régression islamiste à marche forcée. Un pays en proie à une guerre civile contre les Kurdes, avec des difficultés économiques qui se font jour et vont s’aggraver avec les représailles économiques russes (énergie, tourisme). Un pays occupant illégalement une partie d’un membre de l’U.E. (Chypre). Un pays en passe d’être en guerre ouverte avec la Russie ! Un pays qui, s’il adhérait à l’Europe, mettrait les frontières de celle-ci voisines immédiates de pays aussi « stables » que la Syrie, l’Azerbaïdjan, l’Irak, l’Arménie, la Géorgie, l’Iran… L’adhésion de la Turquie profiterait surtout aux Turcs qui – pays le plus peuplé de ce nouvel ensemble – passerait devant l’Allemagne et bien sûr la France en terme de votes au Conseil européen et de représentants au Parlement de Strasbourg. Quant au couple franco-allemand ( ??!!) il deviendrait un couple turco-allemand… Et on laisserait entrer le « kurt » (le loup) d’Anatolie dans la bergerie européenne ? Aux fous !

drapeau européen turc.png

Au fait, sont-ce vraiment les oligarques de l’U.E. qui veulent la Turquie en Europe ? On peut en douter puisque, selon tous les sondages, 67 % des Européens sont hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’Union. Mais que pèse la volonté populaire à Bruxelles ? A Bruxelles ? Ou plutôt à Washington. Car ce sont les Etazuniens qui font le forcing pour cette intégration contre nature, afin de parfaire leur mainmise totale sur l’Europe en faisant correspondre les frontières de celle-ci avec l’Otan, instrument militaro-industriel guerrier au seul service de la des multinationales et des banksters Yankee.

 

Les Etazuniens sont persuadés que Dieu ( ??!!) a créé les Etats-Unis pour donner l’exemple et diriger le monde ! La stratégie des Tarétazuniens pour cela s’appuie sur une force militaire écrasante (le seul budget militaire étazunien est égal à la somme de tous les budgets militaires du reste du monde) et sur un contrôle des océans Atlantique et Pacifique grâce à un réseau de bases militaires réparties dans le monde entier. L’Europe, dans ce schéma, doit rester faible, morcelée en le plus d’états concurrents possible, sans politique commune et surtout sans armée. Ce qu’illustrent les avancées belliqueuses de la pieuvre Otan.

 

Turquie, Etats-Unis… Avec des « amis » pareils, pas besoin d’ennemis !

 

 

 Illustrations X - Droits réservés