Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/03/2014

Ouiquinde érotique parfumé àl'aïl

carmen de Pichard.jpg

 

Une fois par semaine, au pays du mistral

On mange l’aïoli, ce repas magistral.

Dans ma prime jeunesse, branloteur émérite,

J’ai vécu, envoûté, un bonheur insolite.

Carmencita Sanchez était la fille aînée

D’une famille ayant franchi les Pyrénées

Pour fuir les catastrophes d’une guerre civile.

Tous travaillaient aux champs du mas de la famille.

Carmencita, ce jour, préparait l’aïoli

Un « foudaoù » sur le ventre, un caraco joli

Laissant à nu sa gorge, ses bras et ses épaules.

Je m’étais proposé, moi, jeune branquignole

Pour l’aider à peler patates et carottes

En matant, de la belle, les chairs blanches et rondes.

Je sors pour emporter les épluches aux cochons

En rêvant à ses yeux, ses fesses et ses nichons.

Je reviens, tête en feu et la gaule en folie

Derrière la Carmen qui monte l’aïoli.

Assise, le mortier coincé entre ses cuisses,

Elle tourne l’aïoli d’un geste ample et lisse.

J’arrive doucement, par derrière la belle

Et glisse prestement mon dard sous son aisselle,

La chair tiède en sueur, les poils, le mouvement

Rythmé, les parfums d’ail font un coquetel dément,

Carmen crie en français, m’insulte en espagnol

Voudrait bien me pousser, me donner des torgnioles

Mais l’aïoli est sacré, s’arrêter, c’est tabou

Car sinon elle cague, le déshonneur au bout !

Ses cris deviennent rauques, feulement de féline

Son bras se fait complice, sa tête dodeline,

Je voudrais tant l’avoir, toute nue, dans un lit !

Puis mon plaisir jaillit, parfumant…l’aïoli !

 

VictorAyoli

 

Nonidi 9 germinal 222

 

Illustration: merci au grand Pichard