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30/03/2016

Au bistro de la toile : M'sieur, pipi !

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- T'as vu Victor, à partir du 1er juin pourra s'inscrire sur une liste si on ne veut pas être gonflé à toute heure par les marchands d'assurances, de produits contre les bestiaux qui rongent les charpente et autres konneries.

 

- Mouais… On verra. Il y avait déjà Pacitel, je m'y suis inscrit et ça n'a rien arrêté. Mais cette fois, ça pourrait être plus efficace. Les entreprises auront l'interdiction formelle de contacter les personnes inscrites sur cette liste qui sera géré pour cinq ans par la société Opposetel, désigné par Macron. Cette fois, les boites qui prospectent au téléphone en direct ou par l'intermédiaire d'une société de téléprospection, doivent impérativement respecter le liste sous peine d'amendes pouvant aller jusqu'à 75.000 euros. Ca va en calmer quelques uns !

 

- ...teng ! Ecoute celle-là Victor. J'ai un client que tu connais, la Gargouille, qui m'a dit comment il répondait à ces emmerdeurs. Il lui dit : « Mais Madame, comment pouvez-vous m'appeler puisque je n'ai pas le téléphone ? » C'est tellement gros que la femme ou le mec raccroche…

 

- Moi j'ai ma méthode, très efficace : je leur réponds en allemand, avec le ton d'un casque-à-boulon de la Grande vadrouille : « Wir ist spechen, bite ? Was volen sie ? ». Et c'est radical. L'opérateur raccroche et je pense qu'il doit marquer sur sa liste « TDC » pour « tête de con » !

 

- Pas mal ! Pas mal ! Mais ces pauvres mecs ou filles qui appellent, souvent du Maroc ou de Madagascar, se font chier toute la journée pur une poignée de figues…

 

- « Chier »… S'ils en ont l'autorisation, Loulle ! Même pour les entreprises de télé-appel travaillant depuis la France, c'est pas le paradis. C'est des espaces ouverts bruyants, tout le monde parle en même temps, les horaires sont contraignant en fonction des demandes des clients, généralement quand les prospects sont là, aux heures de repas ou le soir, il y a toujours un kapo derrière les opérateurs pour leur foutre la pression. Et, tiens-toi bien, chez SFR-Numéricable du sulfureux Drahi, il fallait demander une autorisation écrites pour aller pisser !

 

- Tu rigoles.

 

- Pas du tout. Il fallait passer par un logiciel qui gérait ça. Les salariés travaillant désireux de faire une pause devaient cliquer sur le pictogramme d’une tasse à café. Une fenêtre s’ouvrait pour choisir le type de pause demandé : « repos » (cela inclut la pause toilette), « débrief », « appel clients », « brief », « panne », « appel sortant », « formation » ou encore « historisation ». Pour aller aux cagouinces, les téléconseillers devaient attendre la réponse de leur responsable qui pouvait accepter, refuser ou différer la demande en la décalant éventuellement de 10, 20, 30 minutes ou d’un ou deux appels. Si le besoin était pressant, le salarié pouvait toujours tenter d’insister par écrit, en se justifiant. Et en serrant les fesses !

 

- Comme disait Coluche « Suivez la ligne jaune ! ».

 

- Mais il y a eu du ramdam. Pour protester contre ce nouveau procédé humiliant et infantilisant, l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, Sud) avait appelé les salariés à le grève. Mais l'affaire a été dévoilée et la boite a « corrigé » son logiciel paraît-il. La grève a été annulée car entre temps, la direction a reculé : toute demande de pause sera désormais validée automatiquement par le logiciel.

 

- M'sieur, pipi ! D'accord qu'il répond désormais le logiciel. Mais en rajoutant je suppose « Grouille-toi ! »

 

 

25/02/2010

Mettons les points sur les « i » sans marcher sur des « e ».

 

 

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Hier, au journal de la mi-journée si je ne m’abuse, une i-cone des e-tranges lucarnes parlait de « e-commerce » et de « e-confiance » en prononçant « icommerce » et « iconfiance ». Je veux bien qu’en matière de ces nouvelles technologies de l’information dominés par les anglo-saxons, les terminologies s’adaptent, mais est-on obligé d’accepter, sur une chaine publique censée défendre notre langue, ces « rosbifismes » - allons-y donc pour les néologismes ! – qui nous e-corchent les e-sgourdes ? Faut-il laisser e-thanasier la langue de Molière et rester e-phoriques ? Est-ce i-déaliste, est-ce i-diot que de penser que notre i-diome en vaut bien d’autres ? Doit-on  i-gnorer que ces pratiques d’ i-gnares sont i-llégales ? Notre langue n’est-elle pas assez i-magée, ou e-magée  pour parler comme e-ux ?

 

Mettons donc les points sur les « i » sans marcher sur des « e ».


En français - langue qui n’est pas seulement celle de la France – le « e » se prononce « eu » comme dans « heureux » et non pas « i » comme dans « ignorant ».

 


 

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Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

14/03/2009

M’ame Michu et M’ame Chazotte jouent au Casino…

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- Ben alors M’ame Michu, z’êtes fraîche comme une limande de chez casino. Qu’est-ce qui vous arrive ?

- Ben justement, c’t’à cause de casino. Mon gendre et ma fille ont pris une gérance dans leur quartier, à la place de l’épicier arabe. Alors le soir, je vais les aider pour rentrer les chariots, nettoyer la boutique, ranger.

- Et vous êtes payé pour ça ?

- Ben non bien sûr M’ame Chazotte, c’est pour rendre service à mes jeunes. Faut ben s’entraider non ?

- S’entraîner oui, se faire enfiler sans vaseline non… Parce qu’ils vous enfilent sans vaseline le casino. Comme votre gendre et votre fille d’ailleurs je suppose.

- Ben ils sont crevés mais ils gagnent bien leur vie.

- Ah ouais ? Combien ? Pour combien d’heures ?

- Bien sûr les heures de travail sont longues : au minimum 60 heures par semaine, pour un revenu qui correspond à 6 % du chiffre d’affaires, avec un minimum garanti : 1 935 euros brut, un SMIC et demi pour un couple, avec un logement de fonctions.

- Brut ou net ?

- Ben vous alors ! Dîtes donc M’ame Chazotte, mon gendre c’est pas une brute et il est honnête !

- Mouais… D’accord, elle a rien compris… Ça veut dire qu’un des deux cogérants travaille à moitié prix ! Profond et sans vaseline M’ame Michu ! Et ils commencent à quelle heure ?

- Ben c’est vrai, faut pas avoir les côtes en long comme on dit cheu nous. Les jours de livraisons, c’est de 5 heures du matin jusqu’à 8 heures du soir. Mais ils s’arrêtent à midi quand même ! Et demain, ils ont leur troisième inventaire. Ça compte pour leur pourcentage. Les deux premiers, ils ont eu un bonus. Les messieurs-dame de casino vont venir les aider pour faire cet inventaire.

- Et ben ils vont être contents du voyage ! M’étonnerait pas que ce troisième soit déficitaire, ce qui va commencer à creuser leur trou !

- Ma foi ! Surtout que mon gendre m’a dit que s’ils avaient un déficit, il faut qu’ils remboursent tout de suite.

- Ouais… Ils sont patrons quoi ! Patrons des dettes surtout… Ils vont vite bouffer la grenouille…

- Pour le moment ils mangent surtout beaucoup de poires, de bananes, de carottes, de choux, de fraises espagnoles. Parce que le commercial leur en impose beaucoup à prendre et que le rebus, les pertes sont à leur charge. Alors…

- Ben voyons ! C’est bon pour le teint tout ça. Et les frais bancaires, et les agios, et les impayés, c’est pour qui ?

- Ben pour eux. Ouais, mon gendre dort mal, il a des soucis, il avale du lexomil !

- Classique. Beaucoup sortent de cette affaire ruinés et cassés. Et le congés, c’est comment ?

- Ben pour le moment c’est pas prévu. Surtout qu’ils travaillent sept jours sur sept pour faire de bons chiffres…

- Eh ! ben, dites leur de prévoir un bon avocat à vos enfants. Ils risquent d’en avoir besoin sous peu ! C’est ça l’ultra libéralisme : presser le citron tant qu’on peut, puis le jeter. Le plus intelligent des esclavagistes M’ame Michu, c’est celui qui a commencé à payer ses esclaves. Juste assez pour qu’ils bouffent. Et qui leur à prêté de l’argent. Pour bien les tenir !