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30/04/2010

Au bistro de la Toile : retour vers le monde Zola et Dickens…


- Oh ! Ils commencent à nous les gonfler avec ces histoires de dettes des Grecs. Qu’est-ce qu’il leur faut aux Grecs ? 45 milliards, 120 milliards ? Et alors ? On ne peut pas les trouver ? Pas pour leur donner, mais pour leur prêter à taux quasi nul ? On en a bien trouvé des centaines de milliards pour renflouer ces saloperies de banques, responsables pourtant de la merde économique actuelle bien plus que ces braves Grecs ! Et alors à quoi elle sert cette putaing de Banque Centrale Européenne qui prête du pognon aux banques à 1%, banques qui reprêtent ce pognon à 6% aux entreprises et…à 10 ou 12% à ces pauvres Grecs ? Il y a un foutage de gueule sérieux là… J’y comprends pas grand chose à ces trucs, mais ça me semble le bon sens. Et puis d’abord, ces conneries d’agences de notations qui s’arrogent le droit de vie et de mort sur les entreprises et maintenant sur les états, c’est qui ? C’est quoi ?

 

- Cette dette grecque, c’est un pet de lapin par rapport aux PIB de la zone euro. 1,6% seulement… Quand à ces putaings d’agence, ce sont des requins qui font tout le contraire de ce pour quoi elles existent. On retrouve les mêmes maquereaux dans ces agences de notations et dans les grands banques et établissements financiers qu’elles sont censées « contrôler ». Au départ, ces agences – toutes étazuniennes ou en tout cas anglo-saxonnes n’oublions jamais -  étaient des organismes de recherche auxquels faisaient appel ceux qui désiraient profiter d’une expertise sur la fiabilité d’un émetteur de dette. Avant, l’acteur voulant prêter des fonds à une quelconque entité allait vers l’agence de notation et la payait pour avoir son avis. Si l’agence donnait des avis de merde et envoyait le créancier sur des planches pourries en disant que c’était des acteurs solides, l’agence finissait par ne plus avoir de clients… Il y avait une concurrence entre les agences : pas de monopole. Mais suite à je ne sais quelles embrouilles orchestrées par la SEC (le « gendarme » de la bourse yankee), ça a changé. Le modèle où ceux qui payaient étaient ceux utilisant les services fut inversé. Dans le nouveau modèle, ce sont ceux émettant de la dette qui payent pour la faire noter, ce sans quoi ils ne peuvent pas la vendre ! Bien-sûr il en résulta une course à l’agence qui donnerait la meilleure note… Avec ce nouveau système, pour être sûr de garder ses clients, les agences ont eu du mal à résister à la tentation de booster la fiabilité de ceux qu’ils notaient. Qui aurait pu résister à la tentation franchement ?

 

- Si je comprends bien, c’est un peu comme le commerce du pinard ou de toute autre marchandise. Il y a des producteurs qui ont du vin et qui veulent le vendre. C’est leur produit que l’on peut comparer au produit des « émetteurs de dettes », l’état grec par exemple. D’un autre côté, il y a des acheteurs prêts à mettre du pognon dans l’achat de ces vins. Mais comme ces acheteurs ne sont pas forcément des connaisseurs, ils font appels à des « experts », des œnologues par exemple, que l’on peut comparer à ces agences de notations. Bon. Tout ça est normal et sain. Maintenant imaginons que ce soit non pas l’acheteur qui paie les œnologues pour leurs conseils d’achat, mais les producteurs ! Fatalement, les œnologues auront tendance à bien noter leurs clients ! Sans soucis d’enfumer les acheteurs de vin !

 

- Ben voilà Loulle. T’as tout compris. T’es devenu un fin analyste. Un économiste « distingué » !

 

- Et ce sont ces agences-là qui font la pluie et le beau temps ? Mais ce sont des escrocs !

 

- Ce sont des escrocs. Mais ce système capitaliste ultralibéral est le domaine des escrocs. Ils y règnent en maîtres. Il est extraordinaire que les agences de notation critiquent les gouvernements pour avoir dépensé l'argent qui a permis de sauver le système financier ! Alors que c’est leur nullité, ou surtout leur duplicité qui a laissé se développer l’histoire des « subprimes » qui a foutu le bordel mondial.

 

- Mais enfin, « on » nous a gonflés avec l’euro qui devait nous mettre à l’abri de ces conneries monétaires. Elle sert à quoi l’Europe ?

 

- Elle privilégie la comptabilité à la solidarité, à l’opposé de la volonté des Fondateurs. Elle a été dévoyée par les ultralibéraux qui ont pris le pouvoir, sous la houlette sournoise des Anglais, larbins avoués des Ricains. Ne pouvant plus jouer sur la valeur de leur monnaie (contrairement aux Rosbifs et aux Yankees), les gouvernements de la zone euro sont piégés et ne peuvent plus jouer que sur la déflation salariale et l’éradication des pactes sociaux (précarité, suppression de service public, réduction des retraites,…). Est-ce que « faire l’Europe » incluait au départ cette orientation qui revient à transférer, désormais sous le prétexte de la dette (due au sauvetage des banques privées faut-il le rappeler ?) et des « mauvaises notes » des agences de notation, les gains de productivité dans la poche des actionnaires et des PDG, à refiler les secteurs publics rentables au privé, à annuler 150 ans de progrès sociaux ? C’est le retour vers le monde de Zola et de Dickens… Bonjour le progrès !

 

- Ils restent encore des platanes et des cordes…Ça peut peut-être servir…

 

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