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14/01/2018

Ben, mon cochon ! Gastronomie érotique.


cochonsquiniquent copie.jpg

  

« Des chercheurs britanniques et australiens ont étudié la santé de trois groupes de cochons. Les premiers étaient à l’extérieur, pouvant se salir à loisir. Les seconds étaient ensemble, à l’intérieur d’un bâtiment. Les troisièmes étaient à l’isolement et bourrés d’antibiotiques.

 

Résultat sur la part de bactéries intestinales renforçant l’immunité et la résistance de l’organisme porcin aux maladies : 90% pour le premier groupe, 70% pour le second, 50% pour le troisième. Moralité : mieux vaut soumettre son corps à rude épreuve que le protéger à outrance. Un porc en bonne santé est un porc sale. »

 

Pour moi qui suis aussi cochonophile que cochonophage, voilà une info qu’elle est sympa !

 

Le cochon – gloire à lui – est un animal fort propre et bien organisé. Dans une autre vie, alors que j’étais bucheron dans l’Ariège, j’ai élevé un cochon. Pompidou on l’appelait et sa maison était tout naturellement dénommée Élysée. Tous les dimanches, j’invitais quelques rudes amis coupeurs de bois ou paysans à trinquer chez Pompon à l’Élysée. Pompon avait le coin où il dormait, dans de la paille très propre ; le coin où il mangeait, correct bien qu’il laissât parfois quelques reliefs qu’il n’appréciait pas ; enfin l’endroit où il chiait, éloigné des deux premiers. Faut dire qu’il avait de la place. Et il n’était pas malade le  bougre ! Nous avons aimé Pompon jusqu’au bout, jusqu’à la dernière rondelle de saucisson.

 

Lorsque je trainais mon Nikon au Vietnam, les troufions ricains - dont pratiquement toute la nourriture arrivait des Zuhessa et qui chassaient la bactérie plus efficacement que le Viet – choppaient toutes les maladies qui passaient. Moi, bouffeur de tout, pas du tout intégriste de l’hygiène, je n’ai jamais été malade. Même pas des amibes, juste une traditionnelle chaude-lance…

 

Alors, lavons-nous les mains bien sûr, mais ne nous cassons pas trop le cul pour ces questions de « propreté ». D’autant plus qu’il faut économiser l’eau ! Encore qu'en ce moment, chez nous...ça tombe!

 

Pour ça, je suis exemplaire : je ne bois que du vin.

-         « Et pour te laver me direz-vous, comment tu fais Victor ».

-         Ben ! C’est simple, je pratique le nettoyage à sec.

-          ????? C’est quoi ça ????

-         Je me gratte…

 

 

* * * * * * * * *

 

Gastronomie érotique ecclésiastique

 

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Lucie

 

Je retrouvais Lucie avec grande émotion

Lorsqu’elle s’échappait de sa triste pension

Nous prenions rendez-vous, souvent, dans une église

Communiant corps et âme dans son ombre propice

 

Nous nous sommes aimés serrés sur un prie-dieu

Et, comblé de bonheur, j’ai cru entendre Dieu

Disant à Lucifer : “ Laisse-moi ces deux-là.

Un amour aussi beau, c’est un apostolat ”

 

Depuis ce jour l’encens envoûtant des chapelles

A pour moi la saveur troublante des dentelles.

Dois-je, pour ces pensées, faire mea-culpa ?

 

Quand vers l’un de ces temples se dirigent mes pas

Je pénètre en ces lieux dévolus au Messie,

Mais, pour l’amour de Dieu ou celui de Lucie ?

 

 

Pour Lucie : Les pieds de cochon comme chez Lucifer

 

- Ben mon cochon, Victor ! Ça alors, faut le faire !

Mais c’est bien innocent pour te valoir l’enfer.

Ces lieux sont dévolus parait-il à l’Amour,

Des dieux ou du prochain, c’est de l’amour toujours.

- D’autant plus que l’enfer, c’est dans le cœur des Hommes

Qu’il se loge et non pas dans les élans de mômes

Qui découvrent la vie et se sucent la poire,

Fusse dans les lieux saints qui cachent le ciboire.

- Tu parles d’or, Victor ! Vive la vie, bon sang,

Et trinquons sans tarder à ces jeux innocents,

Puis je vais te donner une étrange recette

Qui correspond, je crois, à ta belle amourette.

Bon marché, délicieux, très faciles à faire,

C’est les pieds de cochons « comme chez Lucifer ».

Tu prends chez ton boucher quatre pieds de pourceaux

Ou plus selon le nombre de tes commensaux,

Tu vas les faire cuire dans un bon court-bouillon

Parfumé au safran, ail, sel, poivre et oignon.

Cuis à tout petit feu pour deux tours de tocante

Afin de parfumer et d’attendrir la viande.

Pendant ce temps tu ne va pas rester inerte :

Il te faut préparer ta bonne sauce verte.

Tu piles au mortier persil, thym, vert de blette,

Oseille, basilic, estragon et sarriette,

Ail, poivre vert, cannelle et gingembre râpé,

Mouille au vinaigre fort mais garde assez épais.

Réserve et fais confire quelques oignons hachés

Dans de l’huile d’olive, sans laisser attacher,

Mets un peu de moutarde et le jus d’un citron,

Puis pense un peu à toi et débouche un litron.

Bois un canon ou deux et quand tu es à l’aise,

Au barbecue ou l’âtre, prépare de la braise.

Sors les pieds du bouillon, sèche-les, coupe-les

Puis sur ton gril ardent, il te faut les hâler,

Les faire bien dorer sans pourtant qu’ils ne grillent,

Leur odeur va déjà t’exciter les papilles !

Dans un plat de service, mets tes oignons en lit

Dispose par dessus tes pieds fort embellis,

Entoure l’appareil avec ta sauce verte.

Au moment de servir, d’un coup de pince experte

Tu places sur les pieds quelques charbons ardents,

Le gras des pieds grésille et fûmèle en fondant.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :

 

Pour les pieds: - 6 pieds de cochons flambés et lavés, - safran, - sel, - poivre, - 2 oignons piqués de 2 clous de girofle, - eau.

Pour la sauce verte: - 1 bouquet de persil plat, - le vert de 6 feuilles de blette (sans les côtes), - 2 cuillerées à soupe de thym, - 6 feuilles d'oseille (ou plus si les feuilles sont petites), - 3 branches de sarriette (supprimer les parties ligneuses), - 1 bouquet de basilic frais, - 1 bouquet d'estragon frais, - 6 gousses d'ail, - 1 cuillerée à soupe de grains de poivre vert, - 1 cuillerée à soupe bombée de gingembre frais râpé, - cannelle, - 1 verre de bon vinaigre, - huile d'olive, - moutarde, - 2 citrons, - sel, - poivre du moulin.

 

Les vins conseillés:

 

Les pieds de cochon acceptent des vins éclectiques. Essayez donc de les déguster avec des blancs, avec des Viognier par exemple: Condrieu, Saint-Gervais, Uchaux, en vallée du Rhône.

La Clape, Clairette de Ceyras, Adissan, Saint-André-de-San­gonis en Languedoc. Cassis, Palette, Bellet en Provence.

Appréciez-les avec des vins primeurs ou très jeunes, des vins de soif: Tulette, Travaillan, Chusclan, Roquemaure en vallée du Rhône. Saint Guiraud, Arboras, Castelnau-le-Lez en vins du Languedoc. Barjols, Nans-les-Pins, Carcès, Le Castellet, La Croix-Valmer en vins de Provence.

Ou encore avec des Beaujolais nouveaux, c'est l'époque.

 

Illustrations X – Droits réservés

 
 

07/01/2018

plaisirs de la bonne chère et de la tendre chair au ski !

 

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Odile

 

Sur une piste noire par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

 

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et – heureuse jeunesse ! – nous éclatons de rire.

 

La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station

 

Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…

 

 

La tartiflette de Roger

 

- Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l'ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de “ tartifle ” ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soit fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette et donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude ou tu vas les saisir

A l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Met tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

Photo X - Droits réservés

 Et, pour vous relaxer :

Savourez un sulfureux Voyage

pour le prix de deux verres d'Apremont !

 

 

C'est un "hibouc" ou e-book...

CHILOUM

Chiloum couv.jpg

 

30/12/2017

Souvenirs érotiques

 

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Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

Docile,

Répondait à ton postillon

Mignon ?


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

Albert Patin De La Fizelière (1819-1878)

 

Illustration X - Droits réservés

 

***********************

Et puis tiens, écoutez plutôt la coquine Colette!


https://www.youtube.com/watch?v=Ezq09KYH574

 



16/12/2017

Ouiquinde érotique avec Alexis Piron, le Rabelais bourguignon.

cul blonde.jpg

Foutre des neuf Grâces du Pinde,
Foutre de l’amant de Daphné,
Dont le flasque vit ne se guinde
Qu’à force d’être patiné :
C’est toi que j’invoque à mon aide,
Toi qui, dans les cons, d’un vit raide
Lance le foutre à gros bouillons,
Priape ! soutiens mon haleine,
Et pour un moment dans ma veine
Porte le feu de tes couillons.

Que tout bande !! que tout s’embrase
Accourez, putains et ribauds !
Que vois-je ? où suis-je ? ô douce extase !
Les cieux n’ont point d’objets si beaux :
Des couilles en bloc arrondies,
Des cuisses fermes et bondies,
Des bataillons de vits bandés,
Des culs ronds, sans poils et sans crottes,
Des cons, des tétons et des mottes,
D’un torrent de foutre inondés.

 

Alexis Piron

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 Photos X - Droits résetrvés

 

 

09/12/2017

Ouiquinde érotique avec Léo Ferré

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Géométriquement tien

Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l'en pries

Un herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme

Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand je te quitte
Ma symphonie dans ton jardin
La mer dans ta rivière close
L'aigre parfum de mon destin
Sur le delta d'où fuit ta rose

L'odeur canaille de ta peau
Tendue comme un arc vers sa cible
Quand pointe de mes oripeaux
Le point de mire inaccessible
Du feu pour le bel incendie
Que j'allumerai à ta forge
Cette nuit puisque tu me dis
Que ça te remonte à la gorge

Et moi qui ne suis pas régent
De tes propriétés câlines
J'irai comme l'apôtre Jean
Dormir un peu sur ta poitrine
J'y verrai des oiseaux de nuit
Et leurs géométriques ailes
Ne pourront dessiner l'ennui
Dont se meurent les parallèles

 

Léo Ferré

Ecoutez, là!

 

Photo X – Droits réservés

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Un mari dit a sa femme pendant qu’ils sont en train de faire l’amour : 

- « Dis-moi chérie, tu pourrais me le dire quand tu auras un orgasme ? » 
- « Mais chéri, tu ne veux quand même pas que je t’appelle à ton travail ! »

25/11/2017

Ouiquinde érotique avec Jean Benech De Cantenac

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L'occasion perdue recouverte


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature, 
Étroite et charmante prison, 
Doux tyran de nôtre raison, 
Vivifiante sépulture, 
Autel que l'on sert à genoux, 
Dont l'offrande est le sang de tous, 
Sangsue avide et libérale, 
Roi de la honte et de l'honneur, 
Permettez que ma plume étale 
Ce que Lisandre eut de bonheur. 

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Éclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Écume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie 
De remporter un si beau prix, 
Le galant sauta sur Cloris, 
Comme un faucon dessus sa proie, 
Quand cette belle, ouvrant les yeux, 
Vit Lisandre, victorieux, 
Forçant ses défences secrètes, 
Et, la tenant par les deux bras, 
Entrer, tout fier de ses conquêtes. 
En un lieu qu'on ne nomme pas. 
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714) 

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches.

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

 


 

Illustration X - Droits réservés

 

04/11/2017

Ouiquinde érotique avec un Voltaire bien polisson !

On n'est pas habitué à trouver le très sérieux Voltaire au rang des auteurs polissons. Et pourtant...

 

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Voltaire: Polissonnerie

 

Je cherche un petit bois touffu,
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre, s'il n'est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois, on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.



- Allez, monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;
Car, si vous pleuriez tout de bon,
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient, dans une autre saison,
M'en faire verser d'autres.



- Quoi ! vous craignez l'évènement
De l'amoureux mystère ;
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère ;
L'amant, modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser la gazon
Sans imbiber la terre.



- Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connait guère.
L'amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l'être.

 

 

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Photos X - Droits réservés

02/09/2017

Ouiquinde érotique rimbaldien

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La serveuse

Verger de la Christine aux relents de cloaque, 
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies, 
Une motte à feux roux comme la haie 
En août d'une femme sans époques. 

Mais quelles fesses, voyez-vous ! 
Fesses magistrales, comtales, princières, 
Bonnes à condamner à la dossière 
La verge ponceau des récureurs d’égouts. 

Mais la langue vive et la bouche 
Baveuse et buveuse d'orgeats ! 
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats 
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche ! 

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins ! 
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule. 
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule 
Et te brise les colonnades du bassin. 

 

Arthur Rimbaud

 

 

Photo X - Droits réservés

 

 

**************************

 

Pour lire sur le sable :

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13/08/2017

Ouiquinde gastronomique corse

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Regina


C'est à Porto Poli, près de Pila Canale

Que vivait Regina sur sa Corse natale

Les pouristes n’avaient pas encore envahis

Les criques parfumées de ce si beau pays

 

Je plongeais au corail et chassais la girelle

Dans la mer cristalline ou bien sous les tonnelles

De la guinguette bleue où, aux parfums du soir,

La jeunesse dansait quand chantaient les guitares.

 

Moi j’avais dix-huit ans, elle tout juste seize

Je sentais contre moi frémir son corps de braise

Elle m’a serré fort quand je l’ai caressée,

 

J’ai plongé dans ses yeux et je l’ai embrassé.

Le lendemain matin, c’était une autre affaire 

Quand ses frères m’ont dit : “ Qu’est-ce que tu comptes faire ? ! ”

 

 

- Bon. Et alors, Victor ! Franchement, qu’as-tu fait ?

- Ils n’étaient pas méchants, ils voulaient m’esbrouffer,

Ça m’a coûté plusieurs tournées de Casanis

Si bien qu’en rien de temps, nous étions des amis.

Je suis allé chez eux et nous avons mangé

Ce que j’avais pêché : de superbes rougets.

Le père était pêcheur et s’appelait Toussaint,

Il a fait les rougets à la crème d’oursins.

Tu comptes deux poissons moyens par invité,

Alors, par les ouïes, il te faut les vider,

C’est assez délicat mais c’est indispensable,

Avec un peu de soin, tu en seras capable.

Tu vas les écailler, les rincer, les sécher,

Dans un plat les saler, poivrer et asperger

D’huile d’olive corse et puis les oublier

Pendant trente minutes, au frais, dans le cellier.

Pendant ce temps, petit, tu prépares ta farce

Tout en buvant un coup avec quelques comparses.

Un peu de mie de pain humectée dans du lait,

Des feuilles de myrte fraîches finement ciselées,

Sel, poivre, jaune d’œuf, du beurre ramolli,

Gousses d’ail écrasées comme pour l’aïoli,

Tu pistes bien le tout dans le creux d’un mortier

Met de l’huile d’olive et tourne pour lier.

Avec cet appareil, tu farcis tes poissons,

Toujours par les ouïes, c’est la seule façon.

Place chaque rouget sur un papier d’alu,

Saupoudre avec du sel et du poivre moulu,

Ferme tes papillotes, glisses-les sous la cendre

Chaude mais pas brûlante. Dessus tu vas répandre

Des braises rougeoyantes avec la pince en fer.

Laisse-les comme ça, un quart d’heure, sans t’en faire.

Pendant ce temps, occupe-toi de tes oursins.

Tu les ouvres au ciseau, pas comme un assassin,

Bien délicatement tu en sors le corail,

Tu récupères l’eau ainsi que la mouscaille

Qu’il te faudra filtrer finement au chinois,

Un peu d’huile d’olive et du beurre une noix,

Tu mélanges le tout et fouettes vivement

Afin d’émulsionner ces quatre ingrédients.

Tu sers tes papillotes ouvertes sur l’assiette,

Et nappes avec ta crème d’oursins à peine tiède.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes :


Pour les poissons et leur farce:

- 12 rougets de roche vidés par les ouïes, - 2 douzaines de feuilles de myrtes fraîche (à défaut prenez du basilic), - 3 jaunes d'œuf, - gros comme un œuf de beurre ramolli (sorti du frigo une heure avant), - de la mie de pain humectée de lait (la valeur d'un bol), - 3 gousses d'ail, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - sel, - poivre.

Pour la sauce:

- 3 douzaines d'oursins, - 1 cuillerée à soupe d'huile d'olive, - 1 noix de beurre ramolli.

 

Les vins conseillés:

Les vins corses sont évidemment idéaux pour cette recette insulaire. Rosés Patrimonio, de Figari, d’Ajaccio, rosés de la côte orientale. Mais les Côtes-du-Rhône blancs et rosés accompagnent à la perfection ce plat souriant, parfumé, velouté au palais: Faucon, Vinsobre, Cairanne, Puyméras, Richerenches, Rousset-les-Vi­gnes, Villedieu, Visan, Beaumes-de-Venise, Camaret, Séguret, Cornillon, Vénéjean, St-Paulet-de-Caisson, St-Michel-d'Euzet, St-Étienne-des-Sorts, Montfrin, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan.

En vins du Languedoc et Roussillon: Saint-Chinian bien sûr, Faugères, Maury, Fitou.

En vins de Provence: Bandol, Pierrefeu, La Cadière-d'Azur, Coteaux-d'Aix-en-Provence, Bellet.

 

 

Photo X – Droits réservés

12/08/2017

Ouiquinde érotique avec Albert Patin

couple dessin.jpg

 

 

 

Les souvenirs

Combien j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,

J'y pense,

Où sont nos coïts insensés

Passés !

 


Te souvient-il lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se glissant,

Coquine

Tu me suçais en rougissant

Souvent ?

 


Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore :
Ma langue avide en frémissant

Dévore

Ton clitoris rose et dardant

Son gland.

 


Te souvient-il du tour agile
De notre tête-bêche habile,
Quand ma langue, du cul au con,

   Docile,

Répondait à ton postillon

    Mignon ?

 


Te souvient-il de ta sœur Luce
Qui me branlottait le prépuce,
Tandis que toi, tu lui mettais

En puce

Ta langue au con et lui faisais

Minet ?

 


Oh ! qui nous rendra nos foutries,
Nos jouissances, nos orgies ?
Oh ! qui nous rendra ces amours

     Jolies

Qui doraient nos nuits et nos jours

Toujours !

 

 

Albert Patin de la Fizelière

 

Illustration X - Droits réservés

 

 

 

23/07/2017

Ouiquinde érotico-gastronomique d'été.

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 Charlotte

 

Lorsque l’air surchauffé tremble au soleil lion

Qui calcine la plaine au feu de ses rayons,

En émergeant de l’ombre, Charlotte vient au puits

Et plonge son amphore dans l’eau fraîche qui luit.

 

Cambrée, les bras au ciel, elle ôte sa chemise

D’un geste coutumier mais d’une grâce exquise.

Voluptueusement elle fait couler l’eau

Qui caresse ses seins, et ses reins, et son dos.

 

Pâmée, les yeux mi-clos, secouant sa crinière

Elle crée une aura de perles de lumière.

Arquée comme une harpe, elle s’offre à Phébus.

 

Tapi dans un fourré, mon cœur, mes sens s’enflamment,

Fascinés de désir pour la fleur de lotus

Qui orne la vallée qui fait d’elle une femme.

 

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La lotte au safran

 

- Au lieu de te planquer pour mater la Charlotte

Pourquoi pas l’inviter, Victor ? C’était plus franc !

Ce qu’il te fallait faire, c’est une queue de lotte

Que tu lui cuisinais à l’ail et au safran.

Pour séduire Charlotte en un repas intime

Il faut, évidemment, lui faire un peu de frime.

Sur le bord de son puits, pose un bouquet de fleurs !

Chante-lui une aubade ! Montre-toi enjôleur !

Mets-toi à ses genoux ! Mieux encor, fais-la rire,

C’est souvent le moyen le plus sûr pour séduire.

- Oh ! Lâche-moi la grappe, car pour le baratin

J’en remontrerais même à un Napolitain !

Dis-moi plutôt comment je fais cette baudroie,

C’est le nom de la lotte, ici, dans nos endroits.

- Prends une queue de lotte d’une livre et demi

Faut être généreux, fais pas d’économies.

Demande au poissonnier d’enlever l’os central,

Il n’y a pas d’arêtes dans ce drôle d’animal.

Au mortier tu écrases un ail et du persil

Quelques grains de cumin, du safran en pistils

Allonge l’appareil d’un peu d’huile d’olive

C’est la plus parfumée et la plus digestive.

Tu en mets à chauffer aussi dans ta cocotte.

Sur ton plan de travail, étends tes demi-lottes,

Tu garnis l’intérieur de ta préparation,

Sales légèrement, reformes le poisson

Enfin, avec du fil, tu le brides serré

Tu le mets en cocotte et tu le fais dorer.

Puis tu baisses le feu et fais cuire à feu doux,

Tu le tournes et surveilles, vingt-cinq minutes en tout.

Puis tu réserves au chaud sur le plat de service.

Déglace ta cocotte au Beaumes-de-Venise

Rajoute du safran en pistils ou en poudre

Puis un jet de Cognac, mais pas un dé à coudre,

Un peu de crème fraîche pour donner du liant

Tu nappes ton poisson et sers ce plat friand.

Tu verras pétiller dans les yeux de ta belle

Des promesses de joie, d’amour et de dentelles.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 3 queues de lotte d'une livre et demi chacune, - 3 gousses d'ail, - 1 bouquet de persil plat, - 1 cuillerée à café de cumin en poudre, - 12 pistils de safran, - 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, - 3 cuillerées à dessert de fleur de sel de Camargue, - 1 petit pot de crème fraîche, - 1 verre de Beaumes-de-Venise, - 1 verre de Cognac.

 

Les vins conseillés:

Ce plat de poisson à la saveur puissante s'accommode parfai­tement de vins blancs ayant du caractère: Côtes-du-Rhône de Laudun, Villedieu, Lirac, St-Hilaire-d'Ozilhan, Châteauneuf-­du-Pape.

Coteaux-du-Languedoc de La Clape, Picpoul de Pinet, Clairette-de-Bellegarde.

Côtes-de-Provence de Palette, Coteaux-varois de Salernes, Saint-Maximin, Bellet.

Il accepte aussi parfaitement des vins rouges frais: Côtes-du ­Rhône d'Estézargues, Côteaux-d'Avignon, Chusclan, Roche­gude, Saint-Maurice-sur-Aygues, Sablet. Costières-de-Nîmes. Coteaux-du-Languedoc de St-Drézery, Saint-Christol ou encore le "vin d'une nuit" de Saint-Saturnin. Coteaux-varois de Tour­ves, Barjols, Nans-les-Pins.

 

Photos X - Droits réservés

22/07/2017

Ouiquinde érotico-cani-cul-aire

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Enigme

Je vis un jour dans l'île fortunée
Un petit mont qu'on ne peut trop chérir ;
II a des fleurs tous les mois de l'année,
Et quelquefois est neuf mois sans fleurir :
Vers le penchant un sentier le partage,
Tout rebordé de roses à l'entour ;
Là, dans un temple, au milieu d'un bocage
On va traiter les mystères d'amour.

Le pèlerin peu de temps y demeure,
Pour la santé c'est un lieu dangereux ;
Si par hasard il advient qu'il y meure,
II ressuscite, et refait d'autres vœux.
De ce coteau découle une fontaine ;
On le cultive, il est ensemencé :
En y montant souvent on perd haleine,
On en descend toujours fort harassé.

 

Denis Sanguin de Saint-Pavin

 

Photo X - Droits réservés

 

15/07/2017

Ouiquinde érotique avec Baudelaire et Magritte

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Les promesses d'un visage

J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d'accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent : " Si tu veux,
Amant de la muse plastique,

Suivre l'espoir qu'en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu'aux fesses ;

Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d'un bonze,

Une riche toison qui, vraiment, est la sœur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, Nuit obscure !

Charles Baudelaire

 

Illustration Magritte

01/07/2017

Ouiquinde érotique: amours fugitives

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Louison

 

Cette petite effrontée,

A qui je faisais l'amour,

M'allait disant, l'autre jour,

La couchant sur la montée!

« Ha, monsieur, la ! la ! la ! la !

Ah ! vous me faites cela!

 

- J'ai fermé, dis-je, la porte

Nul n'entendra mon discours. »

Mais elle criait toujours!

« Laissez-moi, las ! Je suis morte

Ah monsieur...

 

- Etes-vous encore pucelle?

Ce serait un grand défaut.

- Las, monsieur, le cœur me faut.

- Le sentez-vous pas? dit-elle.

Ah ! monsieur...

 

- Ha! dit-elle, je me pâme!

Monsieur, attendez un peu.

Vous me mettez tout en feu!

Me voulez-vous ôter l'âme?

Ah ! monsieur....

 

Vois, je suis toute souillée...

La, la, la ! Faites tout beau!

Je m'écoule toute en eau

Et ma chemise est mouillée.

Ah ! monsieur...

 

Las! que dira ma maîtresse,

Si elle sait mes malheurs?

Ma foi, ces degrés sont durs,

Ils m'ont écorché la fesse.

Ah ! monsieur, la, la, la, la !

Ah ! vous me faires cela! »

 

 

Faucherand de Montgaillard

 

********************

 

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Une femme qui pile

 

Je vis ces jours passez une fort belle garce

Négligemment coiffée, assise sur du foin,

Ayant ses deux genoux l'un de l'autre si loin

Au large escarquillez qu'ils occupaient la place.

 

Ses cuisses elle ouvroit d'une si bonne grace

Qu'on voyait entre deux, vers le haut, en un coin,

Un trou large et ouvert à y mettre le pain,

Mais qui faisait, ce semble, une laide grimace.

 

Joyeuse, elle tenait à belles plaines mains

Un chose gros et long d'un quartier pour le moins

Qu'elle mettait dedans d'une mine asseurée;

 

Et, remuant tousjours, si fort elle pressoit

Que jamais en repos elle ne la laissoit

Qu'une douce liqueur elle n'en eut tirée.

 

Pierre de Larivey

 

Photos X - Droits réservés

27/05/2017

Ouiquinde érotique victorayolien

amour,sexe

 

Femme ! l'image qui me hante

C'est la couture de ta fente

Le délicat ourlet de chair

Qui clôt ton ciel et ton enfer.

 

J'accepterais tous les martyres

Pour goûter ton rose sourire

Lèvres fendues de haut en bas,

A la fois bouche,...et repas.

 

Ouvre ta blessure sacrée,

Tes doux replis de chair nacrée,

Fleurant les fragrances marines

Et l'opium des nuits de Chine.

 

Dresse pour moi ton clitoris,

Plus fier qu'une fleur de lys,

Royal héraut de ton désir,

Détonateur de ton plaisir,

 

Lui qui commande la laitance

Qui jaillit de ta jouissance,

Ambroisie, divine liqueur

Qui embrase mon corps et mon cœur.

 

Femme, viens ! Cessons d'être sage

Mets ton minou sur mon visage

Pour un sexe-à-bouche de rois

Pour la plus charnelle des croix.

 

VictorAyoli

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Illustration X - Droits réservés

30/04/2017

Gastronomie érotique végétarienne avec la belle Margot

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Margot roulait à bicyclette

 

Par des chemins de fruits dorés.

 

Dans le vent volait sa jupette

 

Sur de longues cuisses dorées.

 

 

 

Comme un champion du Tour de France

 

Moi, derrière, je salivais,

 

Fasciné par les abondances

 

Que par éclair je découvrais.

 

 

 

Percés au cœur par Cupidon

 

Devant son lascif abandon,

 

Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

 

 

 

De féconder cette orchidée.

 

Elle m’a donné du bonheur

 

Pour plus de mille éternités.

 

 

 

Pour Margot : La boumiane de tomates et d'aubergines

 

- Oh ! Victor ! Tu tirais la langue

 Pour suivre ta jolie mousmée,

Tu pédalais comme une branque

 Dans son sillage parfumé !

- Crois-moi, pour garder la cadence

Je n’avais pas besoin d’EPO,

J’étais fasciné par la danse

De ces jolis éclairs de peau.

Nous allions sur les bords du Rhône

Vers quelques nids d’amour discrets

Et dans ses grands yeux de Madone

J’ai découvert le Grand Secret,

Celui qui fait tourner le monde,

Celui qui peint les cœurs en bleu,

Qui fait sourire la Joconde,

Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !

- Mais vivre d’amour et d’eau fraîche

Ça ne dure qu’un temps, pardi !

Quand Cupidon lance ses flèches,

Elles ouvrent aussi l’appétit !

Je te propose un plat champêtre,

Simple, léger, plein d’agréments,

Suffisant pour faire renaître

La fougue ardente des amants :

C’est la succulente Boumiane

Que vénèrent les Provençaux.

Prends quelques belles mérinjanes

Que tu coupes en gros morceaux.

Tu les saupoudres de sel gros

Afin qu’elles crachent leur eau.

Au bout d’une heure tu les rinces,

Les recoupes en portions plus minces,

Puis dans une large sartan

Tu les fais frire en ajoutant

Un grand verre d’huile d’olive

Et tu fais cuire à flamme vive.

Tu tournes régulièrement

Pour éviter l’attachement.

Dans une poêle séparée,

Tu cuis des tomates parées,

Les « marmandes » sont les plus sûres

Mais surtout il les faut bien mûres.

Tu ajoutes un bouquet garni,

Du sel, du poivre en harmonie,

Une cuiller de sucre en poudre

Pour l’acidité à résoudre.

Lorsque le jus aura réduit

Amalgame les deux produits

Dans la plus grande de tes poêles

Et laisse cuire encore un poil.

Avant de servir tu complètes

D’un peu de piment d’Espelette,

De trois gousses d’ail écrasées.

Ça se mange chaud ou glacé.

À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

Ingrédients et proportions pour six personnes:

- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les in­sipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

 

Les vins conseillés:

La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa­lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro­chegude, Gaugeac, Saze.

Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.

 

 

Photo X - Droits réservés

 

09/04/2017

Gastronomie dominicale épicée et caliente

 

 

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’a eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salé dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

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08/04/2017

Ouiquinde érotique avec Charles Timoléon

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Le Gaude Michi

 

L'on m'a dit que, le plus souvent,
L'amour vous contraint, en dormant,
De faire à l'envers la grenouille ;
La nuit sait vos ardants regrets,
Et les doux mystères secrets
De votre doigt qui vous chatouille.

Mais, je me plains que, tout le jour,
Fuyant même le nom d'Amour,
Vous contrefaites la doucette,
Cependant que, toute la nuit,
Vous prenez un nouveau déduit
Avec un manche d'épousette.

Mais un clou qui se détacha,
Ces jours passés vous écorcha,
Dont vous faites si triste mine
Que vous allez tout dédaignant
Et ne pouvez plus maintenant,
Tenir le cours de votre urine.

Une autrefois, il faut choisir
Le temps, le lieu, et le plaisir
De vous caresser à votre aise ;
Usant de ces bâtons polis
Dont l'on rehausse les gros plis
Et les bouillons de votre fraise.

Ceux de velours ne coulent pas,
Ceux de satin deviennent gras,
Et sont rudes à la couture ;
Ceux de verre, par un malheur,
S'ils se cassaient, en la chaleur,
Vous pourraient gâter la nature.

Si vous en prenez un de fer,
Avant qu'il se puisse échauffer
Il ne fera rien qui vous plaise ;
Mais je me trope en cet endroit,
Car aussitôt il se fondroit
Comme dedans une fournaise.

Il vaudrait bien mieux pratiquer
L'amour même, sans se moquer,
Sans aimer l'ombre de son ombre,
Et sans, par un ébat nouveau,
Vous jouer de quelque naveau
Ou d'un avorton de concombre.

Ce n'est pas ainsi qu'il vous faut
Contenter cet endroit si chaud
Qui d'une feinte ne s'abuse,
Et qui pourrait, en un instant,
Allumer dans un régiment
Toutes les mêches d'harquebuse ; 

Ni se tromper de la façon
De celle qui, pour un garçon,
Embrassait souvent une femme,
Et qui mourant de trop aimer,
Ne trouva qu'au fond de la mer
Un remède à sa chaude flamme.

Vous n'attendez qu'un mari neuf,
Quelque veau pour devenir bœuf,
Qui vous ôte ce faux nom de fille,
Et, en tenant clos votre vallon,
Craignant l'enflure du ballon,
Vous vous ébattez d'une quille.

Mais qui que ce soit le sot né,
Votre mari prédestiné,
Bien qu'il ne soit qu'une bête,
Heureux il sera, le cocu,
Oui bien, si vous avez le cul
Aussi léger comme la tête !


Charles Timoléon de Beauxoncles (1609)

 

 

Illustration X - Droits réservés

 

25/03/2017

Célébrons La Femme avec Pierre Louÿs

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Pierre Louÿs

LA FEMME

 

Ex libris, nequam scriptoris

His libellus, o clitoris,

Ad limen te mittat oris.

 

Madame, vois l'ex-libris

D'un auteur français, qui peut-être

A mouillé votre clitoris

Plus d'une fois sans vous connaître.

 

L'ORCHIDÉE

Une fleur a mangé ton ventre jusqu'au fond

Sa tige se prolonge en dard sous les entrailles

Fouille la chair de sa racine et tu tressailles

Quand aux sursauts du cœur tu l'entends qui répond

C'est une fleur étrange et rare, une orchidée

Mystérieuse, à peine encore en floraison

Ma bouche l'a connue et j'ai conçu l'idée

D'asservir sous ses lois l'orgueil de ma raison.

 

C'est pourquoi, de ta fleur de chair endolorie,

Je veux faire un lys pur pour la Vierge Marie

Damasquiné d'or rouge et d'ivoire éclatant,

 

Corolle de rubis comme une fleur d'étoile

Chair de vierge fouettée avec des flots de sang

Ta Vulve rouge et blanche et toute liliale.

 

LA VULVE

I. LES POILS

 

Un rayon du soleil levant caresse et dore

Sa chair marmoréenne et les poils flavescents

Ô que vous énervez mes doigts adolescents

Grands poils blonds qui vibrez dans un frisson d'aurore.

 

Quand son corps fatigué fait fléchir les coussins

La touffe délicate éclaire sa peau blanche

Et je crois voir briller d'une clarté moins franche

Sous des cheveux moins blonds la chasteté des seins,

 

Et sous des cils moins longs les yeux dans leur cernure.

Car ses poils ont grandi dans leur odeur impure

La mousse en est légère et faite d'or vivant

Et j'y vois les reflets du crépuscule jaune ;

Aussi je veux prier en silence devant

Comme une Byzantine aux pieds d'un saint icône.

 

II. LES POILS

Quand j'énerve mes doigts dans vos épaisseurs claires

Grands poils blonds, agités d'un frisson lumineux,

Je crois vivre géante, aux âges fabuleux

Et broyer sous mes mains les forêts quaternaires.

 

Quand ma langue vous noue à l'entour de mes dents

Une autre nostalgie obsède mes narines :

Je crois boire l'odeur qu'ont les algues marines

Et mâcher des varechs sous les rochers ardents.

 

Mais mes yeux grands ouverts ont mieux vu qui j'adore :

C'est un peu d'océan dans un frisson d'aurore,

La mousse d'une lame, un embrun d'or vivant,

 

Flocon vague oublié par la main vénérée

Qui façonna d'écume et de soleil levant

Ta peau blanche et ton corps splendide, Cythérée !

 

III. LE MONT DE VÉNUS

Sous la fauve toison dressée en auréole

À la base du ventre obscène et triomphant,

Le Mont de Vénus, pur ainsi qu'un front d'enfant,

Brille paisiblement dans sa blancheur créole.

J'ose à peine le voir et l'effleurer du doigt ;

Sa pulpe a la douceur des paupières baissées

Sa pieuse clarté sublime les pensées

Et sanctifie au cœur ce que la chair y voit.

 

Ne t'étonne pas si ma pudeur m'empêche

De ternir l'épiderme exquis de cette pêche,

Si j'ai peur, si je veux l'adorer simplement

Et, penché peu à peu dans les cuisses ouvertes,

Baiser ton Vénusberg comme un saint sacrement

Tel que Tannhäuser baisant les branches vertes.

 

IV. LES NYMPHES

Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses

Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor

Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or

Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,

Pétales délicats alourdis de rosée

Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée,

Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

 

Ô lèvres, versez-moi les divines salives

La volupté du sang, la chaleur des gencives

Et les frémissements enflammés du baiser

 

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines,

Balancez vers mon cœur sans jamais l'apaiser,

L'encens mystérieux des senteurs féminines.

 

V. LE CLITORIS

Blotti sous la tiédeur des nymphes repliées

Comme un pistil de chair dans un lys douloureux

Le Clitoris, corail vivant, cœur ténébreux,

Frémit au souvenir des bouches oubliées.

Toute la Femme vibre et se concentre en lui

C'est la source du rut sous les doigts de la vierge

C'est le pôle éternel où le désir converge

Le paradis du spasme et le Cœur de la Nuit.

 

Ce qu'il murmure aux flancs, toutes les chairs l'entendent

À ses moindres frissons les mamelles se tendent

Et ses battements sourds mettent le corps en feu.

 

Ô Clitoris, rubis mystérieux qui bouge

Luisant comme un bijou sur le torse d'un dieu

Dresse-toi, noir de sang, devant les bouches rouges !

 

VI. L'HYMEN

Vierge, c'est le témoin de ta virginité

C'est le rempart du temple intérieur, ô Sainte !

C'est le pur chevalier défenseur de l'enceinte

Où le culte du Cœur se donne à la Beauté

 

Nul phallus n'a froissé la voussure velue

Du portail triomphal par où l'on entre en Dieu

Nul homme n'a connu ton étreinte de feu

Et le rut a laissé ta pudeur impollue.

 

Mais ton hymen se meurt, ses bords se sont usés

À force, nuit et jour, d'y boire des baisers

Avec l'acharnement de la langue farouche.

 

Et quelque jour, heurtant le voile exténué,

Le membre furieux dardé hors de ma bouche

Le déchiquettera comme un mouchoir troué.

 

Pierre Louÿs

 

***************************

 

Et faites-vous plaisir,

découvrez l'Amour aux temps préhistoriques:

 

...et l'Homme devint CON !: Le chute vers le progrès

 

19/03/2017

Gastronomie érotique indienne

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Adrienne.

 

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,

Pervenche le matin, lilas au crépuscule,

Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.

J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

 

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau

Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.

Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,

Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

 

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,

Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles

Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

 

Je me serais damné tant j’en avais envie

Peu m’importait alors de courir à ma perte

Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.

 

 

- Eh alors ! Tu l’as eu, Victor, ton Adrienne ?

- Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !

La pièce était tendue de tissus de Madras,

Sur le tapis, des poufs et une table basse,

Un encens très musqué, en volutes diaphanes

Créait une atmosphère de chaude nuit persane,

Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.

Tout me semblait propice à combler mes espoirs.

J’ai servi dans les verres une douceur exquise :

Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.

A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,

J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.

Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,

Un demi-poivron rouge cuit avant sur le gril

Côtes de céleri débitées en lichettes

Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.

Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons

Puis passez au chinois et servez sans cuisson.

Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,

S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.

Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,

J’ai servi une bombe : le poulet au curry.

Un beau poulet fermier coupé en six portions

Auquel on fait subir quelques préparations.

Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature

Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,

Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,

Huile, ail, sel marin et sel de céleri.

Enduisez le poulet avec cet appareil,

Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.

Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,

Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie

Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.

Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,

Saisissez à feu vif en tournant constamment.

Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment

Avec de l’eau salée dans laquelle a trempé

De la noix de coco en copeaux ou râpée.

Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux

Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.

Pelez et découpez quelques pommes de terre,

Découvrez et posez vos tranches maraîchères

Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,

Tout doit être immergé, et non pas à demi.

Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor

Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.

A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry

On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)

Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,

Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.

N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,

Un seul, car il permet quelques contacts courtois,

Préludant ces élans de plus grande tendresse

Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

 

 

 

Photo X - Droits réservés

 

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Ecoute ! Ecoute !

 

Quelle différence y a-t-il entre des cacahuètes et un clitoris?

IL n'y en a pas, ce sont des amuses-gueule!