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11/05/2015

Au bistro de la toile : des Cubains aux Rosbifs en passant par Moscou.

chimulus bistro copie.jpg

 

- Buenas dias, senor Victor. Que quieres beber ? Un Cuba libre ?

 

- Donne-moi plutôt un rouge. « Cuba libre », c'est de la propagande imbuvable. C'est le rhum de Cuba saccagé par la saloperie du Coca-cola yankee. Ce pays héroïque a réussi à vivre, à survivre diront certains, malgré la terrible pression étazunienne et son blocus. J'ai entendu ce matin les bavards de France-Inter cracher sournoisement sur le pays qui les reçoit courtoisement. Oh ! Pas directement, mais insidieusement, en faisant parler un seul tenant du régime castriste - un vague ancien dirigeant retraité qui, avec gourmandise, « attendait l'invasion des touristes étazuniens » - contrebalancé par les interviouvs bidonnés d'un chauffeur de taxi « diplomé mais ne trouvant pas de travail dans sa branche où si mal payé » et bavant devant la « propina » des riches touristes (la « propina », c'est le mot espagnol pour « pourboire », « backchich », bref, corruption). Ou encore en laissant s'épancher de pseudo opposants qui rêvent de vendre leur pays aux multinationales yankees. Voilà ce dont rêve les « Cubains libres » qu'appelle Cohen de ses vœux ! Pas un mot sur les centaines de médecins que Cuba a envoyé en Afrique de l'Ouest pour combattre l'épidémie d'Ebola tandis que les USA envoyait...des troufions ! Pas un mot sur l'excellence de l'enseignement dans ce pays où tout le monde est très bien éduqué et soigné. Par contre de grandes déclarations sur les « milliers de Cubains opposants au régime et qui sont emprisonnés ». Mais pas un mot sur Guantanamo, cette portion du territoire cubain volé et colonisé par les Etazuniens et transformé en centre de détention arbitraire et de torture mise au rang de pratique ordinaire...

 

- Bref, le « progrès » qui guette les Cubains, c'est de devenir le casino et le bordel des USA... Mouais... Ne jamais prendre pour argent comptant les « vérités » imposées par les merdias à la solde des marchands d'armes et de béton. Enfin, pour nous redonner la pêche printanière, il y a comme chaque année la Victoire ! Celle de 45 contre les Boches !

 

- Parlons-en Loulle ! C'est la honte, ouais ! « On » n'a pas invité aux cérémonies du 8 mai les dirigeants du principal pays vainqueur des nazis, la Russie ! Et, encore pire, « on » n'a pas daigné assister aux cérémonies grandioses organisées le 9 mai à Moscou. Pour obéir aux injonctions des États-Unis qui ont interdit aux Européens de se montrer aux côté de Poutine ! Ceci parce que le dirigeant russe n'est pas dupe des manœuvres belliqueuses de l'Otan étazunien en Ukraine et ne s'en laisse pas compter. J'ai honte de mon pays Loulle. C'est faire insulte aux 30 millions de Russes – TRENTE MILLIONS, Loulle ! - qui ont laissé leur peau pour que nous puissions maintenant bouffer du mac-do et picolant du coca... Quelle vergogne, Loulle. Quelle vergogne. Sans le sacrifice des Russes, nous serions toujours sous le joug nazi...

 

- Eh ! Les Anglais et les Ricains n'y sont pas pour peu à notre libération !

 

- Ils n'y sont pas pour peu, c'est vrai, et respectons la mémoire de ces « boys » venus de loin se faire tuer sur nos terres. Mais pour 1 mort étazunien, il y a eu 97 morts russes... On ne joue pas dans la même catégorie.

 

- ...teng ! Le Poutine, il a fait fort hier ! Un défilé militaire digne de la plus grande époque de Khrouchtchev ou Brejnev ! Des dizaines de milliers de troufions, des centaines de canons, des missiles énormes. Tout ça rutilant. Une sacrée démonstration de force !

 

- Il a raison de montrer ses muscle le Poutine. Pour bien faire savoir aux va-t'en-guerre étazuniens que ce n'est pas leurs 300 parachutistes envoyés en Ukraine pour entraîner les nazis de Kiev qui feront le poids ! Et nous, Français, qui sommes liés depuis toujours par la civilisation comme par la guerre aux Russes, nous nous coupons de ces puissants partenaires naturels par veule soumission aux diktats de Washington. Nous qui nous plaçons délibérément du côté des salauds !

 

- Merde, mais c'est vrai ça Victor. Nous sommes du côté des salauds, des belliqueux, des menaçants, du côté de l'injustice. Puteng ! Ça fait drôle.

 

- Et ça fait honte surtout...

 

- Allez, changeons de sujet. Tu sais que j'ai pour les Rosbifs – comme la plupart des Français – des sentiments d'amour-haine. Mais là je leur tire le chapeau...

 

- Arrête Victor. Tu vas pas me chouiner autour du « royal-baby » non ? Pas toi !

 

- Non. Laisse la Charlotte dans ses langes. Mais je veux parler de la leçon donnée par les Rosbifs en matière de démocratie : les dirigeants des partis battus aux élections ont tous démissionné, tout de suite. Á comparer avec nos politicards cumulards qui ont fait de la politique une profession alors que c'est une mission. Ici, on replace les nuls refusés par les électeurs dans de beaux fromages (Europe où on recycle les plus mauvais, fromages gras comme le Conseil économique et social, direction de grandes sociétés à participation d’État, commissions Tartempion, etc). Ce qui conforte les électeurs dans leur obstination de ne pas aller voter où de voter, pas dépit ou provocation, pour la fille du borgne...

 

- C'est vrai que c'est une belle leçon de civisme. Allez, à la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

20/05/2010

Europe: Et si les Rosbifs se cassaient ?

 

perfide albion.jpgAlors ! Qu'est-ce qu'on fait ? Le nouveau patron du Rosbifistan, David Cameron, avait promis un référendum pour déterminer si son pays devait rester dans l'Europe ou en sortir. En voilà une idée qu'elle serait bonne ! Mais cassez-vous donc messieurs les Anglais ! Cassez-vous ! Vous croyez qu'il aura les couilles de faire ça le Cameron ? Ça m'étonnerait fort, tenu aux roubignoles qu'il est par son jumeau lib-dem comme ils disent, mais qui sait ! On peut toujours rêver et espérer. Peut-être pas cette fois, mais dans six ou huit mois lorsque, inéluctablement, les deux jeunes pacsés se sépareront et que les Rosbifs revoteront...


Aux conservateurs d'aller jusqu'au bout de leurs diatribes europhobes et d'assumer les conséquences de leur choix. Hélas, je soupçonne qu'ils n'en ont aucune envie, car c'est une chose de bloquer tout le monde et une autre de rester sur le bord de la route en choisissant le splendide isolement. Ou plus justement, c'est une chose d'avoir un discours populiste rendant l'Europe responsable de tous les maux et assumer les conséquences réelles qu'aurait pour les Rosbifs un tel retrait... Si les conservateurs estiment vraiment que l'appartenance à l'Union est contraire aux intérêts de la Grande-Bretagne, il leur suffira de décider, soit par voie parlementaire, soit par voie référendaire, d'en sortir comme l'autorise l'article 50 qui prévoit que « tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union ».

Un proverbe rosbif dit : "If your can't beat it, join it". En l'occurrence, après avoir tout fait pour saboter la création de l'Europe - on se souvient de leur « zone de libre échange » faite pour torpiller le marché commun - le Royaume-Uni a mendié pendant des années son entrée dans la CEE. Une fois entré, il n'a eu de cesse d'œuvrer contre l'Europe politique, contre l'Europe sociale et a même porté un grand coup au principe de solidarités entre européens en exigeant un rabais sur sa contribution au budget, le fameux « I want my money back ! » de l'exécrable Margareth Thatcher (des milliards d'euros que nous continuons à casquer d'ailleurs !). Ils ne sont ni plus ni moins qu'un sous-marin étazunien ayant pour mission de torpiller l'Europe. Et ils ne sont pas loin d'avoir réussi...

Le jour où les Rosbifs - majoritairement europhobes - quitteront l'U.E. sera un jour de fête réellement bénéfique pour cette union à but politique. Car la finalité de l'Europe - en tout cas celle qui me fait encore bander et dont rêvaient les pères fondateurs - est de devenir une puissance politique fédérale. C'est un processus long, difficile compte tenu du poids du passé européen, mais c'est une utopie unique dans le monde et qui deviendra un jour réalité. L'idée de la Commission (pour une fois qu'ils en ont une !) de vérification avant vote national des budgets des états serait un pas significatif dans le sens d'une Europe fédérale. Mais bien sûr, comme d'hab, vous avez entendu les cris d'orfraie de nos « dirigeants » ?


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