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13/02/2009

Foutez-lui une noix de coco dans l'oignon!

Jego.jpg
Merci à Tropicalboy

06:30 Publié dans Déconnographie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jego, antilles

11/02/2009

Guadeloupe : « Jego, du gigot ! »

manifestation antille.jpg
C’est à bouffer qu’ils veulent les Guadeloupéens, comme les Martiniquais et les Guyanais. A bouffer à des prix normaux et pas majorés de 20 à 30% par rapport à ceux de la métropole. Pourquoi cette situation quasi insurrectionnelle ? Parce que ces îles – qui ne sont de rêve que pour les touristes-pouristes et les pourris de Békés – subissent un système économique néo colonial.

L’essentiel de ce qui se bouffe, de ce qui se consomme en Guadeloupe (c’est pareil dans les autres DOM) est importé, essentiellement de la métropole. Ça va des fruits et légumes aux biens industriels en passant par tous les appareils et produits de la vie courante. Ceci parce que les « forces vives » ( ! !) de l’île privilégient les cultures d’exportations aux cultures vivrières. Situation typique d’une économie coloniale. Or ces importations massives sont au mains de quatre ou cinq compagnies qui s’entendent entre elles, font les prix qu’elles veulent, bloquent toute concurrence et se goinfrent d’une manière éhontée au passage. Ces compagnies sont tenues par ce qu’on appelle là-bas les « Békés », c’est-à-dire de riches blancs descendants directs des grandes familles esclavagistes.

Parallèlement à cela, l’essentiel des entreprises importantes sont également tenues par un maximum de sept familles de Békés. Les mêmes consortiums de parasites tiennent ainsi l’importation, la distribution à travers les chaînes de supermarchés, le carburant à travers les stations services, ainsi que le bâtiment et les transports.

Les mêmes familles tiennent la production de bananes, de cannes à sucre, production mises à mal par la concurrence des républiques bananières voisines et ne subsistant que grâce aux subventions de la métropole et de l’Europe. Qui se gave au passage de ces montagnes de pognons ? Les mêmes familles de Békés évidemment qui tiennent toute l’économie de l’île. Comme au « beau temps » de l’esclavage…

Ce sont ces mêmes séides du Medef local qui bloquent les négociations en refusant toute augmentation de salaire, s’efforçant de faire payer à l’ensemble des Français, par des exemptions de charges, leurs escroqueries. Ce système colonial ne peut plus durer.

aime cézaire.jpg« J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur, j’habite un long silence, j’habite une soif irrémédiable, j’habite un voyage de mille ans, j’habite une guerre de trois cents ans… » écrivaient le Victor Hugo Noir, Aimé Césaire dans « Calendrier lagunaire ».

Ces très belles paroles illustrent la terrible blessure d’un peuple qui, dans un passé pas très lointain, fut nié, martyrisé, vendu et acheté, réduit en esclavage, violé, torturé, exploité, massacré…

poignets esclave.jpgUn peuple qui fut enfin libéré de ses chaînes par la Révolution puis, quelques années après, réduit de nouveau en esclavage après d’épouvantables « chasses au Nègres » par le sinistre Napoléon.

Et c’est ce même peuple qui prend conscience qu’il doit sa misère actuelle à ces mêmes descendants des esclavagistes !

Situation éminemment dangereuse et qui peut exploser à tout moment. De la manif à l’émeute il n’y a pas loin… Surtout quand le Peuple a faim...

Si j’étais Béké, rongé d’inquiétude dans une de ces somptueuses demeures coloniales, je ne barguignerais pas et je lâcherais vite fait les 200 euros d’augmentation de salaire !

Sinon…