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21/12/2015

Pendant les « Fêtes », les arnaques continuent : assurances complémentaires d'entreprise.

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Dès le 1er janvier, les salariés vont « bénéficier » d'une assurance complémentaire d'entreprise. Oh ! La belle avancée sociale ! Et il y en a – des mauvaises langues ! - qui doutent que Hollande, Vals et Macron fissent une politique de gauche ! Alors qu'ils mettent en place, courageusement, une belle avancée sociale : l'assurance complémentaire obligatoire payée par les employeurs au bénéfice des salariés. Ce qui correspondra à une augmentation de salaire. Tè ! Fume...

 

En fait, cet « Accord national interprofessionnel » est tout le contraire d'une avancée sociale. Il rend obligatoire, à dater de ce 1er janvier, l'adhésion des salariés à une assurance complémentaire santé d'entreprise. Mumm ! La bonne soupe pour les assurances privées, au détriment de la protection sociale collective ! Un énorme gâteau.

 

Des millions de salariés vont ainsi être obligés de souscrire des contrats collectifs d'entreprise gérés, évidemment, par les assurances privées. Le Conseil constitutionnel a en effet imposé qu’en absence d’accord d’entreprise ou de branche, la complémentaire santé soit choisie par l’employeur. Des grands groupes vont donc balayer les petites mutuelles pour se partager la gamelle ! Cette pseudo avancée sociale va accroître les inégalités entre salariés puisque la couverture différera d'une entreprise à l'autre. Il va de soi que les employeurs opteront pour une couverture limitée à un panier de soins minimum ; dès lors, les salariés qui voudront plus de couverture...devront se payer un sur-complémentaire supplémentaire ! Quant à l'employeur, lui, il pourra déduire sa part de cotisations de la masse salariale au détriment des rémunérations. Au fou ! Mais tout ça, on ne vous le dit pas dans les merdias aux ordres...

 

La plupart des salariés ont déjà une assurance complémentaire. Ils ne garderont donc pas les deux, ou alors leur complémentaire habituelle leur fera miroiter les délices de souscrire, chez eux, une « sur-complémentaire ». Et la concurrence sera rude entre les chacals de l'Assurance ! Moralité, sauf peut-être dans les très grands groupes, cette konnerie coûtera plus cher aux assurés.

 

Et ki ki se frotte les mains, et la panse rebondie ? Ben, les grands groupes d'assurance privés.

 

Ce salarié qui aura vu, provisoirement, son salaire net augmenté de 60 ou 70 euros le regrettera vite. Moins d’argent dans les caisses de la sécurité sociale provoquera une nouvelle baisse des prises en charge par l’assurance maladie ou une nouvelle baisse des pensions.

 

Dans tous les cas, si ce salarié veut se soigner ou bénéficier d’une retraite convenable il devra prendre une ou des assurances complémentaires et sur-complémentaires. Les 60 euros qu’il aura gagnés n’y suffiront pas.

 

Ce que le gouvernement aura donné d’une main aux salariés, le Medef le reprendra au centuple par le biais des compagnies d’assurance et de leurs actionnaires. Il s’agit d’un vol en bande organisée. Les chefs de bande s’appellent Hollande et Gattaz.

 

Ambroise CROIZAT, fils d'ouvrier et l'un des créateurs de la Sécurité sociale disait : « La cotisation sociale c’est de la création de richesse immédiatement investie pour les citoyens, c’est le meilleur système de création de richesse sans actionnaires »… Il doit faire le ventilateur dans sa tombe Ambroise ! Parce que les cotisations versées à ces « complémentaires obligatoires » vont surtout gonfler les dividendes des actionnaires des grands groupes d'assurance. Deux fois : par les cotisations des employeurs, par celles des salariés forcés de souscrire des sur-complémentaires pour être correctement couverts.

 

Il s'agit donc d'un pas de plus dans le cadre de la stratégie de démantèlement des conquêtes sociales du C.N.R. Organisé par le patronat. Le chantre du Medef Denis Kessler avait au moins le mérite de la franchise lorsqu'il disait : « …/... La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

 

Et la gauche (??!!) n'est pas la dernière à participer à ce dépècement de l'un des fleurons de notre modèle social. Le plan massif d'allègement des cotisations sociales (plus de cotisations sociales employeur pour le smic et rabotage significatif jusqu'à 1,6 smic, etc.) sans qu'un financement ne soit trouvé est significatif de cette collusion de « J'aime l'entreprise » avec le Medef.

 

La tactique pour la mise à mort de la Sécu ? On ruine celle-ci (qui pourtant arrive à baisser son déficit!) de façon à la déconsidérer vis-à-vis des assujettis ; parallèlement, on prend prétexte de ce déficit abyssal pour baisser les taux de remboursement des médicaments, voire on dérembourse des médicaments considérés comme peu efficaces ; le résultat est un transfert du remboursement du reste à payer sur les assurances dites « complémentaires ». Ce faisant, on habitue le cotisant à s'appuyer de plus en plus sur les assurances privées et à critiquer la Sécurité sociale. C'est de l'action psychologique destiné à préparer les cerveaux (déjà karchérisés par la télé et les merdias) à l'abandon progressif de la Sécu.

 

Ah ! Au fait, ça se fait sous un gouvernement dit « de gauche ».

 

Gattaz, Seillère, Bébéar en ont rêvé, Hollande, Vals, Macron l'ont fait !

 


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