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23/10/2017

BCE, FMI, fonds vautours : RENDEZ LE FRIC AUX GRECS !

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Les Grecs crèvent la dalle, leur pays est vendu à l’encan, leurs dirigeants « dirigent » avec sous la gorge le couteau de la BCE (Banque centrale européenne) et sur la tempe le flingue du FMI (fond monétaire international). Et pendant ce temps, ces mêmes institutions – élues par personne, ne représentant que les intérêts des mafias financières – se sont engraissées de plus de 10 milliards sur leur sueur, sur leur misère, sur leur santé, sur leur désespoir. En effet, la banque centrale vient de gagner 7.8 milliards d’euros grâce aux intérêts des bons du Trésor grec qu’elle détient et le FMI a amassé un pactole de 2.5 milliards d’intérêts sur les prêts qu’il a concédé à Athènes.

Ces deux institutions avaient accepté un système de redistribution afin que ces sommes soient reversées à l’État Grec. Tè ! Fume…

Ou plutôt « Halten ! Rauchen… » qu’il leur a dit Wolfgang Schäuble, le sinistre ministre allemand des finances, fort de la complicité honteuse de ses collègues français, italiens, hollandais et autres. Les sommes des intérêts de la dette ont immédiatement été transférées non pas dans les caisses de l’État grec pour assouplir l’austérité imposée au peuple mais… dans les caisses des banques privées allemandes, françaises, italiennes et du Benelux principalement, pour « rembourser » une dette inique et douteuse. Et cette redistribution s’est arrêtée dès que Tsipras a été élu ! Non mais, pour qui il se prend ce gauchiste et son (éphémère hélas) ministre des finances motard !

Mais d’où viennent-ils ces 10 milliards d’intérêts ? Des titres grecs que la BCE a achetés au cours des années 2010-2012 dans le cadre du programme SMP (Securities Markets Programme). Ceci dans le cadre plus général du « mémorandum » signé en mai 2010 et approuvé un an plus tard contraints et forcés par les gouvernements grecs et qui a engagé la Grèce dans une série de réformes censées dynamiser sa compétitivité – privatisations, baisse des salaires dans la fonction publique, dérégulation de professions, etc. –, auxquelles ont répondu grèves et manifestations. Cette politique de rigueur était une condition à l’accord d’un prêt par la troïka (le FMI, la Commission européenne, et la Banque centrale européenne) de 110 milliards d’euros.

Outrepassant largement sa mission, la BCE a refusé toute réduction de la dette grecque afin de protéger les intérêts des banquiers privés. De plus, en achetant de la dette grecque, elle a soulagé ces mêmes banquiers de leurs créances pourries tout en maintenant artificiellement haut le cours de ces titres. Sans ça, leur valeur aurait dégringolé jusqu’à un plancher de 20 %. Dès lors, l’État grec aurait pu les racheter avec cette décote, arrêtant ainsi le racket des intérêts. Ceux-ci courent sur le nominal et pas sur le cours. La BCE, tout comme les fonds vautours qui ont acheté avec la décote, a exigé et obtenu un remboursement à 100 %, avec des taux d’intérêt jusquà 6,5 % ! D’où ces milliards d’intérêts.

Ça défrise, hein ! Goldman-Sax a bien fait école…

On peut agir, à notre petit niveau, en exigeant le remboursement aux Grecs de ces sommes rackettées en signant cette pétition :

Signer la pétition

 

Illustration X - Droits réservés

09/09/2014

La BCE instaure des « Intérêts négatifs ». Quésaco ? Un formidable espoir.

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Quel est le principal poste de dépenses budgétaire de la France ? L'intérêt de la dette.

 

A qui demande-t-on de se serrer la ceinture pour réduire le déficit budgétaire et donc de freiner la progression de cette dette ? Aux contribuables et surtout à « la France d'en-bas » y compris les « sans-dents ».

 

A qui profite cette dette depuis la catastrophique loi Pompidou-Rotschild de 1973 ? Aux banques.

 

De Gaulle disait : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Mouais... Depuis cette loi, c'est pourtant le cas, l’État ayant abandonné l'un de ses pouvoirs régaliens – sa monnaie – à des banquiers privés.

 

« Mon ennemi, c'est la finance » proclamait Ganelon. « La finance », c'est quoi au fait ? C'est toutes les institutions qui s'engraissent par la seule rentabilité du capital. Lorsqu'une monnaie rapporte des thunes grace à des taux d'intérêts confortables, les détenteurs de capitaux les gardent pour gagner ainsi de l'argent sans travail et sans risques. Mais si ces capitaux, cette monnaie ne rapporte plus rien à cause de taux d'intérêts faibles, ses possesseurs n'ont plus intérêt à la garder, elle circule donc et retrouve sa fonction première de moyen d'échange. Thésauriser de l'argent devient une aberration contre-productive. Les excès de monnaie sont donc naturellement réinvestis dans l'économie réelle, dans l'industrie, dans la production de biens et de services.

 

Ces principes de base étant établis, que se passe-t-il actuellement ? Pendant qu'on nous enfume avec les « révélations » trierweliennes et autres konneries insignifiantes, il s'est passé quelque chose de primordial : la Banque Centrale Européenne (BCE) a baissé le principal taux directeur à 0,05 %, et le taux de facilité des dépôts de -0,10 % à -0,20 % (lemonde.fr, 04-09-2014). La BCE prête donc aux banques privées tout l'argent qu'elles veulent à taux zéro (0,05!), ces mêmes banques devant à, contrario payer (taux négatifs) pour confier de l'argent à la BCE !

 

Dès lors, il semblerait logique que la BCE autorise les prêts directs aux États, sans passer par le racket des banques privées ! En effet, avec le système Pompidou-Rotschild repris par les traités européens de Maestricht et de Lisbonne, quand un État émet des obligations, dont la vente sera assortie d’intérêts financiers, celui qui achète ces obligations (les institutions financières, banques, fonds spéculatifs, bref, « le marché ») s’enrichit sans justification : il obtient de l’argent à taux négatif et le prête à l’État à des taux positifs, spoliant ainsi de façon inique la population de cet État, qui aura à en payer le prix !

 

C'est le fameux budget de « l'intérêt de la dette ». C'est la pression pour faire des « économies », c'est le saccage des services publics, des conditions de travail, la pression sur les salaires grâce au chômage hypocritement entretenu, la privatisation des secteurs étatiques les plus juteux (autoroutes, télécoms, etc.), c'est l'augmentation des impôts, c'est tout ce qu'on met dans « l'austérité ». Bref, c'est l'horreur ultralibérale.

 

Or, le prêt direct d'argent de la BCE aux États, permettrait à ces derniers, grâce aux taux négatifs, de résorber la dette, baissant ainsi le poste « intérêts » et permettant de réaliser des économies budgétaires très importantes, repoussant ainsi les affres de l'austérité. Mais pour cela, il faudrait que la puissance publique soit de nouveau autorisée à « battre monnaie », donc que ce pouvoir régalien soit rendu au peuple pour que le politique reprenne le pouvoir sur le financier, au lieu d'être inféodé à une caste d'intérêts privés dévolue aux actionnaires et se foutant comme d'une guigne de l'intérêt général.

 

Ci-devant président Hollande François, tu as là un chantier à imposer à l'Europe. Et si tu le réussis, TOUT te sera pardonné !

 

Tridi 23 fructidor 222

 

Illustration X - Droits réservés