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08/08/2013

Au bistro de la toile. Destination de vacances originale : Fukushima !

fukushima crane.jpg

 

 

- Attends Victor, hier, tu nous a parlé d’Hiroshima et aujourd’hui de quoi déjà ? De Fuku quoi ? Chima ? A oui, Fukushima. Tiens, ça me dit quelque chose ce nom… Ah ! Oui, un patelin loin d’ici, en Japonie je crois, où l’industrie moderne fabrique des becquerels à la tonne. C’est quoi les becquerels au fait ?

 

- Tè ! Je vais faire savant. Le « becquerel », c’est une unité qui mesure l’activité d’un radionucléide. Il correspond à une désintégration par seconde. Elle remplace le « curie ».

 

- Et c’est dangereux ces petites bêtes ?

 

- Bof. Tout dépend de la dose… La radioactivité naturelle est partout, notamment dans les pays granitiques comme la Bretagne ou la Lozère. Mais ça devient extrêmement dangereux si on en bouffe trop. Et c’est ce que font les poissons au Japon, et par conséquent les gens qui bouffent ces poissons ! Malgré tout les montages bidon effectués depuis deux ans après la catastrophe, Tepco (l’entreprise responsable) a été obligée d’admettre qu’il se déverse chaque jour dans l’océan de l’eau chargée de tritium, de strontium, de césium et d’autres éléments radioactifs. Ce qui représente parait-il quarante mille milliards de becquerels depuis mai 2011.

 

- …taing ! Ils doivent être gras les gobis, les sars et les dentis japonais ! Et facile à attraper : ils doivent être lumineux !

 

- Bof… Tepco, qui n’est pas à un mensonge près, s’efforce de  rassurer la population en déclarant que l’analyse de l’eau de mer ne montre pas d’augmentation anormale des taux de radioactivité… Ben voyons ! Le niveau de radioactivité dépasse de plusieurs dizaines de milliers de fois la dose limite admise pour l’eau de mer ! Ils ne savent pas où ça fuit, ils essaient tout et n’importe quoi comme injecter des produits chimiques dans le sol autour et sous les cuves qui fuient afin de « solidifier le sol »… Bonjour la nappe phréatique ! Passez vos vacances à Fukushima ! Sa mer radioactive, ses poissons lumineux, ses becquerels à la pelle, les mensonges des dirigeants et de la mafia nucléaire ! Allez-y, vous n’en reviendrez pas !

 

- Fatche, Victor ! La bouillabaisse, à Fukushima, elle doit cuire toute seule ! 

 

- Ouais. Finalement, Loulle, Fukushima, on s’en fout parce que c’est loin. Mais imagine que la même catastrophe arrive ici, chez nous, par exemple au Tricastin, centrale pourrie où l’on entre comme dans un moulin ?

 

- Ah ! Et ça donnerait quoi ?

 

- Tiens, on va faire un peu de fiction. Un des réacteurs de l’usine du Tricastin vient d’exploser. Un énorme nuage radioactif s’élève au-dessus du site. Un mistral en cours de formation va pousser les nuées mortelles vers les villes du sud : Orange, Avignon, Salon, Aix, Arles et surtout Marseille ! Le nuage est trop bas pour atteindre la Méditerranée. Il va forcément s’abattre sur l’énorme agglomération marseillaise. Plus d’un million d’habitants. Impossible d’organiser l’évacuation. Trop tard. Que faire ? Pour sauver Marseille, les autorités décident… de brûler Avignon ! Il y a au Pontet, banlieue est de la cité des papes, un énorme complexe de stockage et de répartition régionale de pétrole. On y met le feu. Incendie qui se propage rapidement à la grande zone commerciale qui jouxte le site puis à toute la ville. Des dizaines de milliers d’habitants pris au piège. La chaleur du brasier crée une énorme colonne montante d’air chaud qui propulse le nuage toxique à des altitudes telles que le mistral l’amènera sur la mer… Marseille est sauvé. Avignon rayée de la carte. Allez, amusez-vous. Un peu d’imagination que diable !

 

 

Primidi 21 Thermidor 221

 

Illustration X – Droits réservés