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11/02/2013

Au bistro de la toile : « Mangez de la merde, cochons de payants ! »

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- Oh ! Loulle, tu pètes le feu ce matin ! T’as mangé du cheval ou quoi ?

 

- Ben, ce doit être mes lasagnes du petit déjeuner. Parce que je mange moi, môsieur le matin. Et pas du café au lait ! Œufs au plat, jambon cru, ventrêche, fromage qui pue et un bon canon !

 

- Et tu as bien raison. Moi, c’est soupe chinoise que je fais avec les restes de la veille. Avec force carry, ail, coriandre, tomates, piment, nuoc mam. Et, avec des baguettes !

 

- Tout de même, faire manger du canasson aux Rosbifs ! Ah ! Ah ! Ah ! Ça m’estrasse les zygomatiques !

 

- Ah ! Ah ! Ah ! C’est une belle blague, c’est vrai. Les sujets de leur majesté pas très gracieuse considèrent comme un crime de lèse rosbifs le fait de seulement penser à bouffer du canasson ! Et ils gueulent au charron les mecs ! Eux qui nous ont fait bouffer de la vache folle… Ils sont gonflés.

 

- La mauvaise foi et une des qualités première de ce peuple de boutiquiers.

 

- Revenons à l’affaire : dans des « plats cuisinés » (lasagnes, cannelloni, ravioli, moussaka, parmentiers et autres), des gougnafiers ont remplacé la viande de bœuf par de la viande de cheval. Au demeurant, c’est une bonne chose puisque la viande de canasson est meilleure et plus saine que celle du bœuf. En fait c’est de la viande de vache, les bœufs – taureau castrés et élevés pour la traction animale et la viande de grande qualité - n’existant plus. Quoi de meilleur qu’un tournedos de cheval ! Le problème n’est donc pas de l’ordre de la santé, mais de l’ordre de la tromperie. Car il y a tromperie manifeste lorsqu’on affiche sur l’emballage d’un plat cuisiné un produit (le bœuf) alors qu’en fait on en met un autre (le cheval). Cette tromperie et évidemment organisée par un modèle agroalimentaire pourri jusqu’à la moelle, toujours plus avide, toujours plus opaque où seul le profit compte. Ce n’est pas propre à l’agroalimentaire d’ailleurs, avec la financiarisation et l’organisation ultra libérale, ce sont toutes les activités qui sont englouties dans la cupidité. L’ultra libéralisme, c’est les mafias aux pouvoir ! Regarde-les les Findus, Spanghero, Comigel, abattoirs et même responsables politiques roumains drapés dans leur dignité blessée, se renvoyant la patate chaude ! « C’est pas moi, c’est l’autre » ! Ils sont tous au courant ou alors ils ne font pas leur boulot ! Les instances européennes, sous la pression des industriels, ont confiés à « la profession » le contrôle de la filière ! Autrement dit, on demande à l’ivrogne de se faire souffler lui-même dans le ballon ET de se mettre une amende !

 

- Tè ! Fume… qu’ils disent les industriels !

 

- Exactement. En fait, le cours de la viande de cheval a chuté de moitié parce qu’en Roumanie, pays où ce bestiau est encore très utilisé en agriculture, une loi récente interdit la circulation des véhicules hippomobiles sur les routes ! Donc les paysans vendent leurs canassons pour acheter des tracteurs, avec le pognon des aides européennes. Cette viande, excellente, inonde donc les « marchés ». Les industriels de l’agroalimentaire achètent du cheval qu’ils substituent sans états d’âme au bœuf dans les préparations douteuses à base de viande impossible à déterminer. Profit oblige ! Et là où c’est franchement cocasse, c’est que ce soit les Rosbifs qui soient les premières « victimes » de ces magouilles : ce sont eux qui ont exigé – et obtenu provisoirement – que l’Europe rabote son budget. Donc, pas de sous, pas de contrôles indépendants. Donc on « fait confiance » à la profession pour « s’autoréguler ! » Tu parles…

 

- Il y a une solution Victor ! C’est de ne JAMAIS acheter ces saloperies de « plats cuisinés » fait avec tous les rebus, toutes les raclures des carcasses, qu’elles soient de bœuf, de cheval, de porc, de volaille. On broie tout ça, on ajoute éventuellement un arôme différent, on façonne en gros pains, on congèle et on vend ça aux industriels. Mangez de la merde, cochons de payants ! Mangez de la merde ! Ça nous engraisse, nous qui mangeons du caviar !

 

- Allez ! A la nôtre !

 

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

CHEVAL : S'il connaissait sa force, ne se laisserait pas conduire.

Viande de cheval : beau sujet de brochure pour un homme qui désire se poser en personnage sérieux.

Cheval de course : le mépriser. À quoi sert-il ?

 

Gustave Flaubert in "Dictionnaire des idées reçues"

 

Tridi 23 Pluviose 221

 

Merci à Chimulus