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21/12/2011

M’ame Michu et M’ame Chazotte : « C’est Noël, on va au resto ! »

Les Vamps web.jpg

 

- Alors, M’ame Chazotte, avec les fêtes de fin d’année, on va pouvoir aller au restaurant dépenser notre petite cagnotte ! Hum ! Moi, j’ai envie d’un os à moelle pour commencer, puis d’un pintadeau farci, après, on verra… Depuis la baisse de la TVA, on va pourvoir manger plus pour le même prix !

 

- Ah ! Ah ! Ah ! Impayable M’ame Michu ! V’z’êtes impayable ! La baisse de la TVA, elle passe directement de la poche des con-tribuables – vous, moi - dans les fouilles des gargotiers ! Depuis ce cadeau de Sarko, ils peuvent changer leur 4x4 avec nos sous ! M’enfin, ils votent Sarko, quand ce n’est pas Le Pen. Le hold-up de 3 milliards d’euros par an (l’équivalent chaque année de 100.000 emplois largement au dessus du smic, vous les avez vu ces emplois ?), c’est pour empocher des voix. Et en plus ils nous font manger de la merde…

 

- Oh ! Comme vous parlez vous alors…

 

- A quelques exceptions près, M’ame Michu, v’savez ce que c’est la manière normale de cuisiner en France ? Faut être moderne ! Faut être moderne ! Sachez que la majorité, l’énorme majorité des cent vingt mille restos de France pratique cette méthode qui consiste à réchauffer, au micro-onde ou, au mieux au bain-marie, des préparations culinaires industrielles achetées à bas prix chez Métro ou autre distributeur équivalent. Et vendues à des prix aberrants. Ils appellent ça la « cuisine d’assemblage », portée aux nues par presque tous les gargotiers de France et de Navarre. Ils ont même réussi à imposer aux écoles hôtelières françaises ce type de « formation »… Enfin, une loi devrait bientôt obliger les gargotiers à marquer sur leur carte si le plat est « fait maison » ou non. On verra…

 

- Moi j’en mange des fois des surgelés. Des pizzas surtout.

 

- Ben vous êtes par bégueule… Chez vous, pourquoi pas, mais au resto ! Où est l’authenticité de la cuisine françouaiiise ? Faut dire qu’ils risquent pas grands choses les gargotiers : l’inénarrable Christine Lagarde, lorsqu’elle sévissait en temps que ministre de l’économie, a signé une « Charte des droits des entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants ». Objectif de ce torchon chaleureusement applaudit par les dits gargotiers : faire en sorte que les contrôles des agents de la répression des fraudes « se déroulent dans les meilleures conditions possibles ». Autrement dit, les contrôleurs doivent prévenir les contrôlés, ils ne peuvent plus divulguer les résultats de leur travail, un « médiateur » - désigné par la profession ! ! ! - veille, dans chaque département à « tenter une conciliation » avant toute sanction, enfin, chaque année un comité départemental noyauté par la profession évalue les contrôleurs et donne des bons et des mauvais points.

 

- Ben ça alors ! Ouais mais les restaurateurs ont bien augmenté les salaires de leurs employés ?

 

- Ben voyons ! Si, suite à d'âpres négociations, une prime annuelle maximum de 500 euros est versée à certains salariés et que le Smic dans ce secteur est supérieur de quelques centimes d'euros bruts au Smic général, la branche de la restauration rapide, qui profite pleinement de la baisse de la TVA, n'a rien voulu octroyer à ses salariés qui restent pourtant les plus mal lotis de tout le secteur.

 

- Justement, la baisse de la TVA, qu’il dit le mari de Carla, c’était pour que la restauration traditionnelle soit alignée sur la restauration rapide…

 

- Baratin. La restauration rapide ne bénéficiait pas d'un taux de TVA différent de celui de la restauration traditionnelle, que l'on aille chez McDonald ou Bocuse, le « sur place » était facturé à 19,6% et le « à emporter » à 5,5%. Seulement les marchands de merde de la restauration rapide ne faisaient aucune distinction entre le « sur place » et le « à emporter ». Ce qu’il aurait fallu faire, pour équilibrer la concurrence, c’était mettre tout à 19,6%, que ce soit à emporter ou à manger sur place.

 

- Ouais mais, les restaurateurs ont embauché…

 

- Tè ! Fumes ! En réalité, c’est autour de 20.000 emplois net ont été créés depuis cette loi pour l'ensemble des CHR, soit un coût de 150.000 euros par poste ! Ils nous coûtent cher ces emplois M’ame Michu….

 

- Ben alors qu’est-ce qu’il faut faire M’ame Chazotte ?

 

- Mangez le patapon de votre chat…

 

Primidi 1er Nivose 220

 

Photo X - Droits réservés

 

31/08/2011

Gastronomie : France, pays de la Haute Gargoterie !

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Hier soir, chez le pauvre Pujadas, je suis tombé sur un Petit-Renaud à la furibardise flamboyante ! Ah ! Il faisait plaisir à voir le Saint-Just de la gamelle brandir devant un Pujadas dans ses petits souliers de la bouffe merdique sous plastique, celle-là même que nous servent la très grande majorité des officines à malbouffe (peut-on encore appeler ces gargotes des restaurants) de France.

 

Tiens une anecdote personnelle. L’autre jour, je vais dans un resto d’Avignon jouissant d’une réputation correcte. Je vois à la carte, en entrée « Os à moelle fleur de sel ». Hhumm ! que je me dis in peto (car je parle l’inpétien couramment) en rêvant de cette fumante suavité délicate et parfumée agrémentée du craquant de quelques grains de gros sel de la Camargue voisine ! Et voilà que, dix minutes plus tard, il m’arrive mon os à moelle, accompagné de sa coupelle de gros sel. Les yeux brillant de cette attente du bonheur qu’ont les gosses le matin de Noël et l’amoureux qui, tige en l’air, attend sa belle qui se rafraîchit l’entrée du paradis, je plonge la petite cuillère pour casser la légère croûte brune et encore frissonnante de la moelle. Et je porte en bouche…une insipide bouillie brûlante d’un côté et glacée de l’autre… Dégueulasse. Un os à moelle passé directement du congélateur au micro-onde… Voilà comment un  resto qui fut un des fleurons de la gamelle papastrale trompe ses clients. Et les perd car non seulement je n’y mettrais plus les pieds, mais je te leur taille un costard à la mesure de leur forfaiture !

 

- Eh ! Victor, avale pas ta moustache ! T’es mal tombé, c’est tout !

 

- Tè ! Fumes ! C’est devenu la manière normale de cuisiner en France. Faut être moderne coco ! Faut être moderne ! Sachez que la majorité, l’énorme majorité des cent vingt mille restos de France pratique cette méthode qui consiste à réchauffer, au micro-onde ou, au mieux au bain-marie, des préparations culinaires industrielles achetées à bas prix chez Métro ou autre distributeur équivalent. Et vendues à des prix aberrants (culbute de x 4 à x 8 !). Ils appellent ça la « cuisine d’assemblage », portée aux nues par presque tous les gargotiers de France et de Navarre. Ils ont même, réussi à imposer aux écoles hôtelières françaises ce type de « formation »…

 

- Eh ! Victor, tu dis ça parce que t’as ton os à moelle en travers de la gorge !

 

- Tè ! Fumes ! En juin 2007, les pouvoirs publics  ont créé un label qualité « Maîtres restaurateurs » décerné uniquement aux chefs tricolores s’engageant à ne servir dans leur établissement que des mets préparés sur place et comportant au moins 50% de produits frais. Un gage de garantie sympa ! Eh bien combien croyez-vous qu’il y aie de candidats à ce jour ? Moins d’un millier. Ce qui veut clairement dire que 119.000 « chefs » tricolores n’entrent pas dans ce cadre. Et donc qu’ils nous font bouffer non pas de la merde  car ces préparations sont mangeables dans leur majorité, mais des mensonges! Ces gargotiers, comme dit Petit-Renaut, sont des « voleurs, des voleurs de saveur » !

 

Faut dire qu’ils risquent pas grands choses les gargotiers : l’inénarrable Christine Lagarde  (Ça ne vous dit rien ? Si. Une grande bonne femme qui a succédé à DSK au FMI et qui a été, je crois, ministre des sous en Sarkozie) a signé il y a un ou deux ans, une « Charte des droits des entreprises du secteur des cafés, hôtels et restaurants ». Objectif de ce torchon chaleureusement applaudit par les dits gargotiers : faire en sorte que les contrôles des agents de la répression des fraudes « se déroulent dans les meilleures conditions possibles ». Autrement dit, les contrôleurs devront prévenir les contrôlés, ils ne pourront plus divulguer les résultats de leur travail, un « médiateur » - désigné par la profession ! ! ! - devra veiller, dans chaque département à « tenter une conciliation » avant toute sanction, enfin, chaque année un comité départemental noyauté par la profession évaluera les contrôleurs et donnera des bons et des mauvais point.

 

Rappelons que les gargotiers nous coûtent près de trois milliards par an (TVA réduite…)

 

Un député français courageux veut proposer une loi obligeant les restaurateurs a indiquer sur leur carte si le plat provient de l’industrie alimentaire. Ce qui se fait en Allemagne !

 

On peut toujours rêver…

 

 

 

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Quatridi 14 fructidor 219
 
Illustrations X - Droits réservés

10/03/2010

ALERTE MALBOUFFE ! ALERTE MALBOUFFE ! ALERTE MALBOUFFE !



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C'est rond, c'est noir, c'est deux rondelles de biscuit bourré de sucre avec au milieu une vague pâte blanchâtre sans une goutte de lait, ça s'appelle Oseo et c'est fabriqué par le géant de l'agroalimentaire Kraft qui va tout faire pour vous en faire bouffer. Vous voulez savoir ce qu'il y a dedans ? Voilà la composition exacte : sucre-farine de blé-graisse végétale (antioxygène E 320)-cacao maigre en poudre (7%)-sirop de glucose et fructose-poudre à lever (carbonate acide de sodium-carbonate acide d'ammonium)-lactoserum en poudre-sel-pâte de
cacao-émulsifiant (lécithine de soja)-arôme.

Kraft Foods Inc., coté au New York Stock Exchange,  c'est  plus de 100.000 employés dans le monde et des centaines de marques dont beaucoup de françaises : Carte Noire, Jacques Vabre, Grand'Mère, Maxwell House,Velours Noir, Milka, Côte d'Or, Daim, Toblerone et Suchard et le système de boissons chaudes Tassimo. Kraft a racheté à Danone le groupe des biscuits LU et ses nombreuses marques, dont certaines font partie du patrimoine culturel bouffe de la France : Belin, Petit Beurre, Petit Brun Extra, Sablé des Flandres, Granola, Petits Cœurs, Pépito, Prince, Mikado, La Paille d'or, Thé, Cent Wafers, Tuc, Pim's, Pelletier, Vandame, Heudebert, Napolitain, Petit écolier, etc...

Et oui, tout ça c'est Kraft, n° 2 de l'agroalimentaire mondial derrière Nestlé.. Les marques du groupe Kraft Foods sont présentes dans plus de 150 pays dans le monde. Pour vous dire qu'ils ont les moyens de vous - nous - faire bouffer toutes les étranges choses qu'ils veulent. Pour attaquer le marché français les campagnes de publicité vont être massive et « musclées ». Ils vont distribuer gratos 400.000 échantillons dans les grandes villes de France, dixit le dossier de presse du biscuit Oreo. Le message qu'ils vont faire passer : un message simple : Oreo, c'est bon comme du bon lait. Ben voyons... Du lait, il n'y en a pas lerche dans la crème d'Oreo, il n'y a pas non plus beaucoup de cacao dans son « biscuit cacaoté », puisque la composition affiche un petit 7% (en fin de liste, après le sel, il y a aussi un soupçon de pâte de cacao...). Ce n'est pas bien grave, l'arôme, le sucre, le sirop de glucose-fructose et la graisse végétale (agrémentée de buthylhydroxyanisol, un antioxydant chargé de retarder le rancissement) sont là pour faire le boulot.

Kraft, ils s'en foutent des marques françaises qui combinent une composition nutritionnelle relativement simple et un prix au kilo décent : autour de 5 euros. Oreo, ce ne sera pas pareil : vendu entre 8 et 13 euros le kilo, selon les formats et les distributeurs. Putaing ! C'est pas dégueulasse pour un produit qui ne contient ni beurre, ni lait frais, ni œuf, ni fruit, ni crème !

« La marge ! Kiki... La marge ! C'est ça le principal ingrédient ! »


Sources : http://www.rue89.com/dessous-assiette/2010/02/08/biscuits...


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Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

 

15/01/2010

Les Zéta-Zuniens, qui en ont ras les aliboffis de la malbouffe, découvrent la cuisine paléolithique !

Etats-Unis : suivre un régime préhistorique pour vivre mieux.

Les hommes préhistoriques étaient-ils trop gros ? Non, il paraît qu'ils mangeaient correctement. Du coup, c'est la nouvelle mode aux Etats-Unis : les plus branchés des urbains se nourrissent « paléolithique »(…) Article paru dans Rue89

  cro magnon chasseur.jpg

Il y a lurette (belle ?) que je sais que la cuisine de nos ancêtres – les vrais, ceux du paléolithique, pas les cons du néolithique qui ont inventé le travail (beurk !) – était succulente ! Ayant vécu environ deux ans (dans ma tête !) avec une extraordinaire tribu de cette époque heureuse, je vais vous faire participer à une grande « bafrâde » paléolithique.

 

 

(…)Présentés sur de grandes omoplates de mammouths arrivent de superbes poissons fumants. « Les saumons de la Sa’Hône sauce basilic façon Bôkh-Hüz, accompagnés de bhôj’holpîf blanc de l’année », annonce Nôbruh-Rimpêh.

 

Pendant que les serveurs s’activent, Tass’Hânn, le grand maître des Liquides de Bôkh-Hüzz, une outre pleine à l’épaule, emplit les hanaps du breuvage légèrement pétillant qu’adorent

les Kânn’Hutts.

 

La délicatesse du mets tire des Oh ! des Ah ! des Hum ! aux heureux convives. Les boissons, servies à profusion, font monter l’ambiance. Déférente au départ vis à vis du chef prestigieux,

elle devient de plus en plus chaleureuse et sonore.

 

Suivent, pour faire patienter, quelques liches de jambon de rhinocéros laineux roulées sur des tranches de melons sauvages.

 

Puis arrivent les gras, spécialités de la cuisine locale : pieds de sangliers bouillis puis grillés, viande salée de sanglier à la graisse de marmotte serrée dans des boyaux de bouquetins, estomacs de bouquetins, couilles d’aurochs à la moelle.

 

Les frigos naturels de Bôkh-Hüzz regorgent de ressources alimentaires que le grand chef fait préparer selon son extraordinaire imagination culinaire. On bâfre à pleines mains, à pleine gueule. On rote, on rit, on se lève pour pisser, on dégueule et on recommence. Le bhôj’holpîf et le nârpi coulent à fl ots dans les trognes qui s’épanouissent de bonheur.

 

C’est alors que Bôkh-Hüzz se lève et se dirige vers les cuisines. Quelques minutes plus tard, il revient à la tête de la brigade au grand complet. Les hommes portent à l’épaule, sur deux brancards de rondins, deux cylindres dorés et croustillants de trois coudées de long sur un pan de section, posées sur trois omoplates de mammouths agencées de façon à en faire un large plat de service.

 

cro magnon bouffe copie.jpg« Les filets d’aurochs en croûte fourrés aux truffes du Trick’Hastin, de Bôkh-Hüz ! » annonce lui-même fièrement le chef Kânn’Hutt, aussi célèbre pour ses inspirations culinaires géniales que par sa très relative modestie.

 

Les serveurs présentent le plat aux convives, puis retournent dans la cuisine pour la découpe. Ils posent les filets fumants sur la table qui coiffe le four où ils ont cuit et Nôbruh-Rimpêh, à l’aide d’un couteau de silex long et mince, découpe des portions solides. La viande, rosée, embaume la truffe tandis que le jus imbibe la croûte de pâte d’épeautre. Au fur et à mesure,

Gourg’Houya place les portions sur les grandes omoplates et la brigade de service s’active avec célérité, discrétion et efficacité.

 

Femmes, hommes, enfants savourent à pleines bouches, à pleines dents, à pleines mains la succulente viande d’aurochs.

 

Le jus dégouline dans les barbes des hommes, sur le menton, sur le cou, entre les seins des femmes. Leurs compagnons et voisins de bâfrade lèchent goulûment ce jus délicat à même la peau des belles, donnant au repas une tonalité d’érotisme de plus en plus torride. Les bustiers de cuir des femmes, les jambières des hommes se délacent sous les doigts graisseux des partenaires au comble de l’excitation. (…)

 

In : « Les mammouths ne viendront plus » de Jean-Victor Joubert

06/01/2010

La neige est là: faites du ski sexy et...restaurez-vous solidement!

 

ski sexy 1.jpg

Odile


Sur une piste noire par un écart vexant

J’ai eu avec Odile un contact renversant.

Skis et corps emmêlés dans la neige profonde

J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,


Et ses seins écrasés contre mes pectoraux

Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.

Percevant mon émoi elle ondule et s’étire

Et – heureuse jeunesse ! – nous éclatons de rire.


La serrant plus encor je lui vole un baiser,

Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.

J’ai retrouvé Odile le soir à la station


Où nous avons vécu une ardente passion.

Depuis ce jour heureux et ces moments exquis

J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…




- Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime

N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes

Par dévotion pour tes talents contondants,

Ta façon de lui faire du rentre-dedans !

Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,

L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…

- Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman

Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !

Je l'ai menée manger un bon menu de fête

Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.

- Ques aco ?

- C’est un plat que l’on mange en Savoie

Qui te remplit la panse et qui te met en joie.

Le mot vient de “ tartifle ” ce qui, en provençal

Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital

Signifie pomme-de-terre ou encore patate

Qu’elles soit fontenoy, noirmoutier ou bien rates.

La Tartiflette et donc un délicieux mélange

De patates, d’oignons, de lard et de fromage.

Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,

Les coupes en rondelles puis tu vas les coucher

Dans une poêle chaude ou tu vas les saisir

A l’huile et les brunir sans les faire roussir.

Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons

Vivement, à la poêle, travaille leur union.

Puis dans un large plat pouvant aller au four

Met tes deux appareils en couches, tour à tour.

Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite

Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.

Coupe tes reblochons en deux dans l’épaisseur

Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.

Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon

Et dépucelle vite un flacon d’Apremont

Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,

Et finir la bouteille avec quelques compères.

Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt

Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.

Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,

L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,

Lorsque le Reblochon commence à gratiner,

Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.

A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Jean-Victor Joubert



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Dernière minute: recommandations  contre la propagatoion de la grippe H1N1

 

 

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28/12/2009

Gloire au Père Tim Jones

 

A nom des crève-faim survivant par l’aumône

Et fouillant les poubelles, honneur à toi Tim Jones

Qui du haut de ta chaire a oser proclamer

Que plutôt qu’agresser, casser ou tapiner

Mieux valait chouraver dans les grandes surfaces

De quoi calmer un peu l’estomac qui grimace.

 

Car voler des voleurs, en quoi est-ce pécher

Lorsque c’est pour manger et pas pour bambocher ?

Ces temples dévolus au dieu Consommation

Croyez-vous qu’ils en prennent, eux, des précautions

Pour gruger fournisseurs, clients, salariés ?

Avec les fournisseurs, des tarifs meurtriers,

 

Le client quant à lui, il faut  qu’il casque grave,

Quant aux salariés, traités pire qu’esclaves.

Donc le père Tim Jones, un curé anglican

Se pique une rabia et proclame à l’encan :

« Voler à l’étalage en grande distribution

Lorsque c’est pour manger vaudra l’absolution

 

A tous les malheureux, pauvres et démunis

Que la société traite par le mépris.

Mais respectez pourtant tous les petits commerces

Qui traversent souvent des fortunes diverses. »

Moi qui, plus qu’à mon tour, boulotte du curé

J’applaudis à deux mains et voudrais décorer

Cet homme généreux qui dit avec courage

Des choses essentielles. Et avec quel panache !

 

 

 

03/12/2009

Nous sommes tous des mange-merde : LES FAUX PRODUITS DU TERROIR

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Les champignons de Paris. De Paris, ils n'ont que le nom. Pire: 88% d'entre eux viennent de l'étranger, les rayons des supermarchés regorgeant le plus souvent de champignons issus des États-Unis, de la Chine ou des Pays-Bas, les trois principaux pays producteurs. En France, s'ils ont pendant longtemps été élevés dans la capitale, les fameux champignons ne poussent désormais plus qu'à Saumur. La ville dans le Maine-et-Loire regroupe 70% de la  production nationale.(mais 12 % seulement du global consommé)

La charcuterie corse. Elle est présentée comme un des plus purs produits du terroir français. Et pourtant la charcuterie corse ne dispose d'aucune « Appellation d'origine contrôlée ». Le consommateur ne trouvera donc sur les rayons des supermarchés du continent que des produits dont les matières premières proviennent d'ailleurs à plus de 90 %. Ainsi, par exemple, malgré les têtes de Maure et les mentions « produit de l'ile de Beauté » sur les étiquettes, le saucisson d'âne est importé d'Argentine et les jambons sont pour la plupart composés de carcasses issues de Chine.

Le jambon d'Aoste. Voilà une des plus belles et des plus juteuses escroquerie « marketing » ! C'est l'un des jambons les plus consommés de France, mais ce dernier n'a rien à voir avec la charcuterie de la ville italienne d'Aoste. Ce produit est en fait fabriqué en France à partir de carcasses chinoises et américaines, dans une commune du même nom mais située en... Isère.  Et contrairement à son homologue transalpin, qui est un jambon cru, il s'agit d'un jambon mi-cuit. Le subterfuge a fonctionné pendant des années puisque la marque déposée « Jambon d'Aoste » a été la propriété du groupe Aoste (Cochonou/Justin Bridou), leader français de la charcuterie. Il aura fallu que la Commission européenne interdise récemment (2008) l'utilisation de cette appellation qui prête à confusion pour que l'ambiguïté cesse. La marque a depuis été renommée « Jambon Aoste » et plus « Jambon d’Aoste ».

L'A.O.C de Bretagne. Présentée comme de purs produits du terroir français, les charcuteries de Bretagne disposent d'une  « Appellation d'origine contrôlée » qui n'oblige les fabricants qu'à une seule chose: posséder au moins un lieu d'emballage ou de transformation en Bretagne. Le consommateur  trouvera donc sur les rayons des supermarchés des produits dont 82 % des matières premières proviennent du monde entier. Ainsi, les carcasses de porcs, souvent  issues de Chine, de Hollande ou de Pologne, le sel dit de Guérande, importé d'Argentine et du Vietnam, et les boyaux d'andouille importés pour la plupart de Corée. L'andouille dite de Vire, et autres charcuteries « De Bretagne »,  rejoignent ainsi la mythologie des produits bretons, comme le beurre et la pâtisserie, dont 73% proviennent de la communauté Européenne et d'Asie.

La moutarde de Dijon. Pour faire de la moutarde de Dijon, il faut du vinaigre, de l'eau, du sel et des graines du... Canada! Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la moutarde utilisée dans la préparation de la fameuse pâte ne vient pas de la région de Dijon. Une explication à cette bizarrerie : à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec la mise en place de la Politique agricole commune, les agriculteurs se sont désintéressés de la moutarde, qui ne leur permettait pas de recevoir les subsides de l'Union européenne. Résultat : 90% de la production utilisée pour la moutarde de Dijon provient maintenant du Canada.

Le couteau Laguiole. L'abeille, la lame fine légèrement relevée, la croix sur le manche... Beaucoup croient que ces symboles apposés sur les couteaux de Laguiole sont des signes d'authenticité. Erreur ! Malgré leur charme et leur beauté, elles n'attestent ni de l'origine du couteau ni de sa qualité de fabrication. Parce que la marque du plus célèbre des couteaux français n'a jamais été déposée, Laguiole est depuis plus d'un siècle l'objet de contrefaçons en France et à l'étranger, 80% proviennent de Chine et du Pakistan. Résultat : moins de 10% des Laguioles sont fabriqués dans le bourg aveyronnais !

Le savon de Marseille. Avec le pastis et la lavande, c'est l'autre symbole de la Provence. Seul hic, les savons estampillés « savon de Marseille » ne sont pas fabriqués dans le Sud-est. Car si les savonniers marseillais ont inventé le procédé de fabrication au Moyen-âge l'appellation n'est pas protégée. Résultat : les plus gros fabricants sont aujourd'hui les Chinois et les Turcs ! Et les huiles végétales utilisées pour la fabrication du savon, notamment l'huile de palme, proviennent de l'étranger, les savons passant à Marseille uniquement pour être parfumés et emballés.

Le melon charentais. C'est l'emblème du melon français. Jaune ou vert, le melon charentais fait la fierté des producteurs de la région de Cognac où les sols argilo-calcaires sont parfaitement adaptés à sa culture. Mais contrairement à son cousin de Cavaillon, le melon de Charente ne possède pas d'AOC. Résultat : 80 % des melons charentais que l'on trouve sur les étals ne viennent pas de Cognac mais d'Espagne, du Maroc des Caraïbes, de Chine et du Sénégal...

Le camembert. Emblème de la gastronomie française, le camembert de Normandie est de loin le fromage le plus copié dans les rayons des supermarchés. Une explication à ce phénomène : tombé dans le domaine public, le nom « camembert » peut-être utilisé par n'importe quel producteur de n'importe quel pays. Et malgré une AOC « Camembert de Normandie », qui existe depuis 1983, de nombreux fabricants utilisent le terme très proche de « Camembert fabriqué en Normandie ». Les différences : du lait pasteurisé au lieu du lait cru, un affinage raccourci et une fabrication qui n'est soumise à aucune règle. Ils sont présentés comme les fleurons du terroir, mais quand on y regarde de plus près on découvre que leur appellation est douteuse. Matières premières importées de l'étranger, (30 %du lait vient de Chine, 50 % de toute l'Europe). Étiquetage souvent mensonger, additifs non précisés, fabrication hors des limites de la région ou seuls existent de vagues bureaux de courtiers. Dans les rayons des hyper et super, il faut vraiment les chercher : les vrais Camenbert ont l’estamplilles « Appelation d’Origine Contrôlée » et sont spécifiés « au lait cru ».

L'huile d'olive. Rare et chère, l'huile d'olive française est certainement le produit qui compte le plus d'étiquetages frauduleux. En 2006, seulement 56% des échantillons analysés étaient « conformes » à la réglementation, certaines bouteilles contenant jusqu'à 50% d'huile de tournesol ou présentant une fausse indication d'origine ou de variété d'olive. Le symbole de la cuisine méditerranéenne ne comptant que 7 appellations d'origine protégée et une AOC « Huile de Provence », de nombreux producteurs jouent en effet sur la confusion en ajoutant sur les étiquettes des paysages évoquant le Sud ou des origines non-reconnues comme « huile de Provence-Côte d'azur ». Sans parler de l'une des fraudes les plus courantes qui consiste à remplacer l'huile d'olive par l'huile de grignons d'olive, un résidu de la pâte d'olives difficile à détecter pour le simple amateur. Bonne journée quand même. De plus, la circulation des fruits étant totalement libre en Europe, des camions entiers d’olives espagnoles ou italiennes arrivent – de préférence de nuit ! – dans les moulins à huile provençaux et languedociens…pour faire de la bonne huile « de chez nous » !

(source : Ministère de l'agriculture)

 

28/12/2008

Ski: heureuses et succulentes gamelles...

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Odile

Sur une piste noire, par un écart vexant
J’ai eu avec Odile un contact renversant.
Skis et corps emmêlés dans la neige profonde
J’ai goûté dans le froid sa chaude peau de blonde,

Et ses seins écrasés contre mes pectoraux
Ont fait monter en moi une ardeur de taureau.
Percevant mon émoi elle ondule et s’étire
Et — heureuse jeunesse ! — nous éclatons de rire.

La serrant plus encor je lui vole un baiser,
Je savoure ses lèvres et sa langue épicée.
J’ai retrouvé Odile le soir à la station

Où nous avons vécu une ardente passion.
Depuis ce jour heureux et ces moments exquis
J’espère en Cupidon lorsque je fais du ski…


La tartiflette de Roger

— Raconte-moi, Victor, Odile, ta victime
N’a pas dû t’accorder tous ses trésors intimes
Par dévotion pour tes talents contondants,
Ta façon de lui faire du rentre-dedans !
Tu as dû tout de même lui faire un peu de gringue,
L’emmener au ciné, lui acheter des fringues…
— Bien sûr allons, petit ! Faut être gentleman
Si l’on veut que ces dames nous prennent pour amant !
Je l’ai menée manger un bon menu de fête
Chez mon ami Roger, roi de la Tartiflette.
— Ques aco ?
— C’est un plat que l’on mange en Savoie
Qui te remplit la panse et qui te met en joie.
Le mot vient de « tartifle » ce qui, en provençal
Comme en latin d’ailleurs aussi bien qu’en rital
Signifie pomme-de-terre ou encore patate
Qu’elles soient fontenoy, noirmoutier ou bien rates.
La Tartiflette est donc un délicieux mélange
De patates, d’oignons, de lard et de fromage.
Tu cuis à la vapeur tes patates épluchées,
Les coupes en rondelles, puis tu vas les coucher
Dans une poêle chaude où tu vas les saisir
À l’huile et les brunir sans les faire roussir.
Coupe en dés tes lardons, émince ail et oignons,
Vivement, à la poêle, travaille leur union.
Puis dans un large plat pouvant aller au four
Mets tes deux appareils en couches, tour à tour.
Les patates d’abord, lard, oignon, ail ensuite
Sel, poivre du moulin, en nappes, ainsi de suite.
Coupe tes reblochons en deux dans l’épaisseur
Pose-les croûte en haut comme frères et sœurs.
Voilà. C’est presque prêt. Sors le tire-bouchon
Et dépucelle vite un flacon d’Apremont.
Tu vas mouiller ton plat avec un ou deux verres,
Et finir la bouteille avec quelques compères.
Tu fais dorer ton plat au four à deux cents vingt
Le temps qu’il te faudra pour achever le vin.
Le fromage, en fondant, va pénétrer le reste,
L’Apremont va le rendre moelleux et digeste,
Lorsque le Reblochon commence à gratiner,
Tu dois servir bien chaud : il est temps de dîner.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes :

- 1 kilo et demi de pommes de terre (plus si les convives sont de gros mangeurs), - 1 demi kilo de lard blanc ou de petit salé (selon le goût des convives), - 6 oignons, - 6 gousses d'ail, - 1 bouteille d'Apremont, - 3 reblochons coupés en deux, - sel, - poivre.

Les vins conseillés:
La tartiflette est un plat de grande faim et donc de large soif. Accordez-le avec des vins rouges à base de syrah, qui donnent des parfums de sous-bois, d'animal: Saint-Joseph, Cornas,
Crozes-Hermitage, Saint-Désirat, Saint-Pierre-de-Bœuf, Mau-ves, certains Lirac.
En Languedoc: Saint-Chinian, Fitou.
En Provence, Bandol, Coteaux-des-Baux.

23/11/2008

Pour oublier les cuisines électorales, du solide: le canard à l'orange!

Canard orange pour web.jpg


Le canard à l'orange de Daniel Goloubinsky

Un souvenir marquant de ma plus tendre enfance,
Sur les rives du Rhône, au cœur de la Provence,
Me revient en mangeant ce morceau de canard.
Il est vrai que mouflet, petit, j'étais veinard,
Un père pâtissier, des oncles paysans:
Des volailles, des fruits, du pain et des croissants.
En cette période les tickets et rations,
Étaient le lot commun de ma génération,
Et manger à sa faim était un grand bonheur,
Surtout lorsque c'était proprement, dans l 'honneur.
Pour faire les vendanges, les foins ou les moissons,
Toute notre tribu œuvrait à l'unisson.
Pour clore les travaux, ces as de la fourchette
Partageaient à la ferme un grand repas de fête.
Des temps durs à passer pour les canards muets,
Vedettes des agapes, entourés de navets!
En soufflant autant qu'eux, l'oncle Gus les coursait,
Et hurlait de victoire lorsqu' il les saisissait.
Il sortait de sa poche deux morceaux de ficelle
L'un pour bloquer les pattes et l'autre pour les ailes.
Puis Mamé arrivait et tenait le bestiau
Serré entre ses jambes. Le cou sur le billot
Ondulait, se tordait comme font les couleuvres.
L'oncle, tel un exécuteur des hautes œuvres,
Brandissait sa cognée au-dessus de sa tête
Pour l'abattre en sifflant sur le cou de la bête.
Tandis qu'un flot de sang jaillissait par la plaie,
Le canard, libéré, sautait, courait, volait.
Alors, poules et coqs, en se crêpant la crête,
Tout autour de la cour, se disputaient la tête.
Nous, nous applaudissions et trouvions pittoresque
Ce spectacle banal, bien que grand-guignolesque!
Et voilà donc, petit, les souvenirs étranges
Sortant de ce morceau de canard à l'orange.
Daniel Goloubinsky, plumitif humaniste,
Est allé ad patres, pourtant ce n'est pas triste:
Au paradis il est copain avec Bacchus
Et apprend la cuisine auprès de Lucullus!
Il paraît qu'il prépare aux dieux, aux saints, aux anges
Son morceau de bravoure: le canard à l'orange.
— Bon, allez, Zou !, Victor, ce canard, on le fait ?
— Dès que j'aurais goûté ce beau Tavel bien frais,
La menteuse arrosée, la recette va suivre !

Prenez un canard jeune de trois ou quatre livres,
Vous salez et poivrez normalement la bête
(Vous savez comment faire depuis belle lurette),
Cuisez-le à la broche, récupérez le jus
Car sans cet ingrédient, la recette est fichue.
La cuisson ne doit pas être par trop poussée
Car cuisses et filets doivent rester rosés.
Vous dégraissez le jus, l'allongez de bouillon,
En tournant vous portez à l'ébullition,
Vous liez avec un peu de maïzena.
Maintenant écoutez, les mecs et les nanas:
Le secret de Daniel réside dans le zeste,
C'est lui qui donnera les fragrances célestes
Parfumant le canard d'un goût de poésie.
Par lui le plat sera raté ou réussi.
Prélevez tout le zeste d'une jolie orange,
Pas le blanc spongieux, seule la croûte orange!
Coupez soigneusement en bâtonnets très fins
Que vous faîtes blanchir une minute afin
De les bien attendrir. Jetez-les dans la sauce
Avec le jus pressé d'une orange assez grosse.
Découpez le canard fumant et croustillant,
Servez à part le jus brûlant dans sa saucière.
De mon ami Daniel, telle était la manière
De préparer ce plat succulent et brillant.
Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire
Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre
De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône
Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Une beau canard de 2 kilos paré de bardes de lard et ficelé, salé et poivré, - 2 tasses de bouillon de volaille, - le zest d'une orange entière, - le jus de cette orange (si vous trouvez des oranges bigarades, c'est encore mieux), - l cuillerée à soupe de maïzena.

Les vins conseillés:
Ce plat aux goûts très délicats demande des vins rouges subtils.
En vins de la vallée du Rhône: Côte-Rôtie, Hermitage, Crozes-Hermi-tage, Séguret, Visan, Puyméras, Faucon, Piégon, Richerenches, Tulette, Sainte-Cécile-Ies-Vignes, Valréas, Bourg-Saint-Andéol, Orsan, Saint-Gervais, Ruoms.
En vins du Languedoc: Minervois de Ginestas, Limouzis, Sallèles, Cabrespine ; Saint-Chinian de Ferrières-Pousarou, Murviel-Ies-Béziers, Vieusan.
En vins de Provence: Bandol évidemment, Côtes-de-Provence de Bouc--Bel-Air, Le Beausset, Cabasse ; Coteaux varois de Pontévès, Rocbaron, Sainte-Anastasie.


24/09/2008

Champignons!

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Puteng ! Je suis un peu cassé, mais c’est le pied : j’arrive des champignons ! Oh ! Il n’y en a pas des masses, mais de quoi se faire péter le bédélet avec quelques tranches de gigots de la Margeride et du rosé de Tavel. Faut ce qui faut… Le pouvoir d’achat étant ce qu’il est, faut trimer dans les bois et les prairies pour chercher sa pitance…

C’est dur… Ainsi, ce matin, il faisait 2°C quand je suis parti avec la motocyclette. Sous les bois, l’eau condensée la nuit par les aiguilles de pins te coule dans le cou, te mouille ses brailles, te trempe les grolles. C’est pas grave. Tu regardes bien entre les massifs de myrtilles et de bruyère à la recherche des précieux cryptogammes (c’est savant ça, non ?). Les toiles d’araignées ornées de rosée difractent délicatement le soleil levant. Entre les branches, un geai se faufile en ricanant. Et toi tu marches, tranquille, le regard aiguisé.

a9ff6bc9510a7aac27fc94ba1db20077.jpgPuis, voilà la première coulemelle. On ne peut pas la manquer celle-là : une large ombrelle blanche saupoudrée de brun. S’il y en a une, il y en a d’autres. Et c’est bon les coulemelles ! Faut les peler, les poêler à l’huile d’olive, les saler, les poivrer et les déguster…

Puis voilà le premier sanguin (lactarius delicious). Tu le coupes délicatement avec ton couteau spécial à lame recourbée, et tu en cherches d’autres. Il y en a toujours d’autres.

c3221c0b353bf65677924135ad3ebdea.jpgPuis voilà le premier cèpe. Superbe, joufflu, solide sur son pied trapu, se dégageant fièrement de sa gangue de feuilles mortes…

Puis voilà… Et puis merde ! Vous avez qu’à y aller vous aussi !

Moi, je bois un canon et je vais aider la Lionne à les trier. J’élucubrerais plus tard !

31/08/2008

Gastronomie torride

Adrienne.

Je n’oublierai jamais les grands yeux d’Adrienne,
Pervenche le matin, lilas au crépuscule,
Lacs bleus où l’on se noie, brasiers où l’on se brûle.
J’en étais amoureux et je la voulais mienne.

Le geai de sa crinière, la blancheur de sa peau
Enfiévraient les pensées de mes nuits sans repos.
Je les voulais pour moi ces belles tiédeurs rondes,
Ces courbes satinées et ces vallées profondes,

Je rêvais ses parfums, son porte-jarretelles,
Je rêvais plus encor d’effeuiller ses dentelles
Je rêvais de l’avoir pour la nuit, pour la vie,

Je me serais damné tant j’en avais envie
Peu m’importait alors de courir à ma perte
Je la voulais à moi, amoureuse et offerte.


Le gaspacho et le poulet au curry


— Eh alors ! Tu l’a eu, Victor, ton Adrienne ?
— Exact ! Je l’ai séduite à la cuisine indienne !
La pièce était tendue de tissus de Madras,
Sur le tapis, des poufs et une table basse,
Un encens très musqué, en volutes diaphanes
Créait une atmosphère de chaude nuit persane,
Ravi Shankar jouait un doux raga du soir.
Tout me semblait propice à combler mes espoirs.
J’ai servi dans les verres une douceur exquise :
Par tiers : menthe poivrée, gin, Beaumes-de-Venise.
A la deuxième coupe, ma compagne avait chaud,
J’ai, pour la rafraîchir, servi le Gaspacho.
Trois tomates, oignon, ail, basilic, persil,
Un demi poivron rouge cuit avant sur le gril
Côtes de céleri débitées en lichettes
Sel, poivre du moulin et piment d’Espelette.
Mixez ces ingrédients avec quelques glaçons
Puis passez au chinois et servez sans cuisson.
Adrienne, à l’issue de cette mise en bouche,
S’alanguit quelque peu, tout en restant farouche.
Alors, pour transformer mon oie blanche en houri,
J’ai servi une bombe : le poulet au curry.
Un beau poulet fermier coupé en six portions
Auquel on fait subir quelques préparations.
Mêlez dans une jatte deux yaourts goût nature
Trois cuillerées à soupe de poudre de curry,
Ou de carry “ Vinday ” ; lissez bien la mixture,
Huile, ail, sel marin et sel de céleri.
Enduisez le poulet avec cet appareil,
Et laissez au frigo, deux, trois heures, en sommeil.
Dans un profond poêlon ou, mieux, un “ wok ” chinois,
Blondissez dans de l’huile ou de la graisse d’oie
Quatre oignons émincés et quatre gousses d’ail.
Quand c’est prêt, rajoutez vos morceaux de volaille,
Saisissez à feu vif en tournant constamment.
Lorsque c’est coloré, mouillez abondamment
Avec de l’eau salé dans laquelle a trempé
De la noix de coco en copeaux ou râpée.
Couvrez et laissez cuire doucement, à feu doux
Quarante cinq minutes, sans découvrir surtout.
Pelez et découpez quelques pommes de terre,
Découvrez et posez vos tranches maraîchères
Sur les bouts de poulet, dans le jus qui frémi,
Tout doit être immergé, et non pas à demi.
Laissez cuire à feu doux pour un quart d’heure encor
Puis vous servez très chaud ce plat subtil et fort.
A Delhi, à Bombay ou à Pondichéry
On mange avec les doigts, mais si votre chéri(e)
Répugne à se servir de ses mains dans l’assiette,
Prévoyez tout de même le couteau, la fourchette.
N’oubliez pas surtout de mettre un rince-doigts,
Un seul, car il permet quelques contacts courtois,
Préludant ces élans de plus grande tendresse
Qui guident la passion, entre amant et maîtresse.
A nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
A la beauté des femmes, au vin et à l’amour !

Ingrédients et proportions pour six personnes:

Gaspacho: - 4 tomates, - 2 oignons blancs, - 2 gousses d'ail, - 1 demi poivron rouge, - 1 poignée de basilic, - 1 poignée de persil plat, - 1 côte de céleri, - 2 cuillerées à café de sel, - 1 cuillerée à café de piment d'Espelette, - poivre du moulin, - 8 glaçons en cubes.
Poulet au curry: - 1 poulet coupé en six (les quatre quartiers, le blanc, l'arrière de la carcasse correctement parée), - 2 yaourts nature, - 3 cuillerées de poudre de curry ou 3 cuillerées de curry "Vinday" en pâte, - 3 cuillerées d'huile d'olive ou 3 cuillerées de graisse d'oie ou de canard, - 1 cuillerée de sel marin, - 1 cuillerée à café de sel de céleri, - poivre du moulin, - 4 oignons blancs, - 4 gousses d'ail, - 2 cuillerées de copeaux de noix de coco, - 4 pommes de terre, - eau.

Les vins conseillés:
La chaleur des mets commande un choix de vins propres à atténuer le feu relatif du curry.
Des vins doux naturels servis très frais feront parfaitement l' af-faire: - Beaumes-de-Venise, - Rasteau, - Frontignan, - Lunel, - Maury, - Rivesaltes.


24/08/2008

C'est dimanche: on se tape la cloche!

Margot

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Margot roulait à bicyclette
Par des chemins de fruits dorés.
Dans le vent volait sa jupette
Sur de longues cuisses dorées.

Comme un champion du Tour de France
Moi, derrière, je salivais,
Fasciné par les abondances
Que par éclair je découvrais.

Percés au cœur par Cupidon
Devant son lascif abandon,
Gonflé d’amour j’ai eu l’honneur

De butiner cette orchidée.
Elle m’a donné du bonheur
Pour plus de mille éternités.

La boumiane de tomates et d'aubergines

— Oh ! Victor ! Tu tirais la langue
Pour suivre ta jolie mousmée,
Tu pédalais comme une branque
Dans son sillage parfumé !
— Crois-moi, pour garder la cadence
Je n’avais pas besoin d’EPO,
J’étais fasciné par la danse
De ces jolis éclairs de peau.
Nous allions sur les bords du Rhône
Vers quelques nids d’amour discrets
Et dans ses grands yeux de Madone
J’ai découvert le Grand Secret,
Celui qui fait tourner le monde,
Celui qui peint les cœurs en bleu,
Qui fait sourire la Joconde,
Le seul vrai dieu, l’Amour, parbleu !
— Mais vivre d’amour et d’eau fraîche
Ça ne dure qu’un temps, pardi !
Quand Cupidon lance ses flèches,
Elles ouvrent aussi l’appétit !
Je te propose un plat champêtre,
Simple, léger, plein d’agréments,
Suffisant pour faire renaître
La fougue ardente des amants :
C’est la succulente Boumiane
Que vénèrent les Provençaux.
Prends quelques belles mérinjanes
Que tu coupes en gros morceaux.
Tu les saupoudres de sel gros
Afin qu’elles crachent leur eau.
Au bout d’une heure tu les rinces,
Les recoupes en portions plus minces,
Puis dans une large sartan
Tu les fais frire en ajoutant
Un grand verre d’huile d’olive
Et tu fais cuire à flamme vive.
Tu tournes régulièrement
Pour éviter l’attachement.
Dans une poêle séparée,
Tu cuis des tomates parées,
Les Marmande sont les plus sûres
Mais surtout il les faut bien mûres.
Tu ajoutes un bouquet garni,
Du sel, du poivre en harmonie,
Une cuiller de sucre en poudre
Pour l’acidité à résoudre.
Lorsque le jus aura réduit
Amalgame les deux produits
Dans la plus grande de tes poêles
Et laisse cuire encore un poil.
Avant de servir tu complètes
D’un peu de piment d’Espelette,
De trois gousses d’ail écrasées.
Ça se mange chaud ou glacé.
À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.
Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.
Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour
À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !


Ingrédients et proportions pour six personnes:
- 6 aubergines (appelées en Provence merinjanes), - 12 tomates (Saint-Pierre, Marmande ou Russes ; évitez les in-sipides tomates trop belles pour être bonnes que l'on impose dans les grandes surfaces), - huile d'olive, - gros sel, - 1 beau bouquet garni (thym, laurier, persil plat), - 2 cuillerées à café de sucre en poudre, - 3 gousses d'ail, - 2 pointes de couteau de piment d'Espelette.

Les vins conseillés:
La boumiane est un plat de légumes qui s'accompagne idéa-lement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Ro-chegude, Gaugeac, Saze.
Ventoux de Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin. Coteaux-du-Languedoc. Côtes-de-Provence.