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02/03/2015

« Isolement de la Russie » ?

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Drian va aller faire un tour en Inde. Pas pour tirer sur le chiloum, rassurez-vous (encore que ça lui ferait du bien !) mais pour essayer de vendre des Rafales aux Indiens. Un contrat « fabuleux » parait-il. Mouais... Un contrat de dupes plutôt. Sur ces 126 appareils, seuls 25 ou 30 seraient construits en France. Les autres seraient construits en Inde. Dans une usine que nous leur construirions, avec des transferts de technologie globaux. Avec toute licence pour les Indiens de vendre eux-même les Rafales sortant de leurs usines à d'autres pays de l'Asie ! Et – cerise sur les samosas – avec la garantie du groupe Dassault !!! Des contrats comme ça, il vaudrait mieux s'en passer !

 

D'autant plus que l'Inde s'apprête à négocier dans les six prochains mois un accord global de libre échange avec l'Union douanière qui regroupe déjà la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie. De plus, la Chine envisage d'établir une zone de libre échange très large avec le bloc économique dirigé par la Russie, et qui inclurait probablement le Kirghizistan et l'Arménie. C'est probablement ce que nos merdias appellent « l'isolement de la Russie » !

 

Cette perspective va considérablement renforcer les pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Cette organisation a déjà créé, l'an dernier, une banque de développement dotée de 100 milliards de dollars, concurrente directe du FMI et de la Banque mondiale inféodées aux intérêts étazuniens.

 

En juillet prochain, les BRICS se retrouveront pour une conférence au sommet à Oufa, en Russie parallèlement au sommet, dans le même lieu, aux mêmes dates que l'OCS (Organisation de Coopération de Shanghai).

 

Pour revenir à « l'isolement de la Russie », parlons donc de cette OCS  qui est une organisation intergouvernementale régionale asiatique, créée en juin 2001 suite aux bouleversements géopolitiques découlant de la disparition de l'URSS. L'OCS a permis la signature d’accords sur l’intangibilité des frontières dans cette région du monde (des milliers de km de frontière commune entre Chine et Russie) ainsi que sur la réduction des forces armées aux frontières, puis sur les mesures de confiance entre armées des États membres. C'est donc une organisation à prépondérance militaire mais pas une alliance genre Otan. Enfin, pas encore... Elle regroupe actuellement la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirguizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan.

 

Mais, lors de son prochain sommet en juillet à Oufa, en Russie, il sera question de l'extension de OCS à de nouveaux membres, et non des moindres : l'Inde, l'Iran et le Pakistan. Même la Turquie a fait connaître son intérêt de rejoindre l'OCS. Ce qui fera de cette organisation un mastodonte aussi bien économique que démographique et militaire, comme le montre les très nombreuses manœuvres militaires communes. L'OCS, c'est la moitié ou peu s'en faut de la population du monde, la moitié ou peu s'en faut des terres du monde, ce sont des forces militaires considérables : Russie - 1,1 million d'hommes, 10.000 ogives nucléaires, 70 sous-marins ; Chine - 2,25 millions d'hommes, 240 ogives nucléaires, 70 sous-marins. Pour ne parler que de ceux-là. Et bientôt l'Inde...avec ses Rafales français ?

 

Voilà qui constitue une force géopolitique massive, dans une zone géographique fondamentale, partant du sous-continent indien jusqu'au Moyen-Orient. Même si l'OCS n'a pas vocation d'alliance militaire intégrée, elle constitue un redoutable contrepoids au Bloc Américano Occidental (BAO) qui prétend régir le monde au seul profit des Etazuniens.

 

Ce double sommet d'Oufa va avoir un retentissement considérable, surtout en notre époque de communication tous azimuts.

 

Pour ce qui est de l'isolement de la Russie, faudra repasser !

 

Photo X - Droits réservés

 

31/07/2014

Et si la France rejoignait les BRICS pour se débarrasser des diktats financiers et politiques étazuniens ?

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La mafia politico-financière étazunienne a échoué dans sa volonté d'humilier et de saigner l'Argentine, par l'intermédiaire de ses complices de la « justice ». Les représentants de ce pays courageux ont refusé de céder aux oukases étazuniens.

 

De quoi s'agit-il ?

 

En 2001 l’Argentine, saignée par la finance étazunienne, se déclare en cessation de paiement. Plus une thune, no mas dinero ! Et alors, libéré du carcan de cette dette, le pays s'est redressé, sa situation sociale a fortement évolué en bien. Il est parvenu à se débarrasser de la pression des officines financière nuisibles dominées par les USA tels que le FMI et la Banque Mondiale. Puis il a imposé à ses créanciers privés (banques et fonds de pension étazuniens essentiellement) de « restructurer » une partie de cette dette (90 milliards de dollars). En réalité, les Argentins ont dit aux rapaces de la finance étazunienne : « Vous vous asseyez sur 70% de vos créances. Nous vous paieront le reste en plusieurs années. C'est à prendre ou à laisser ». 92% des détenteurs de bons argentins ont accepté (ce qui prouve qu'ils savaient bien que les 70% perdus étaient plus que douteux!). Mais les 8% restants ont refusé cet accord et continuent de réclamer la totalité de leurs prétentions. Ce sont ces charognards de la finance appelés « fonds vautours », qui fondent sur les pays à terre pour les dépouiller. Ainsi les charognards Elliot Investment Management et Aurelius Capital Management ont acheté à prix bradés quelques fonds argentins alors que l'Argentine était en cessation de paiement. Maintenant que le pays s'est redressé, ils réclament la totalité de leur rapine, mais avec une plus-value de 1600% par rapport au prix d'achat ! Ils se font pas chier les salauds ! Ils ont porté l'affaire devant des tribunaux...étazuniens qui leur ont, évidemment, donné raison, condamnant l'Argentine à payer 1,3 milliards de dollars.

 

C'est que dalle en fait et le pays pourrait payer. Mais ce serait alors la porte ouverte à la remise en cause des accords acceptés par les 92% ! Inacceptable pour l'Argentine qui leur a donc dit « merde » ! Bravo. La délégation argentine n’a rien cédé. Elle leur propose de faire comme les autres : accepter une décote de 70% de ce qu'ils réclament. Ce qui représenterait tout de même 300% de bénef pour les vautours !!!

 

Ces péripéties, ainsi que le racket d'une banque française, mettent en lumière la nécessité de se sortir des griffes du dollar. Cette monnaie est à la fois celle d'un pays, les USA, ET le moyen de paiement international principal. Ce qui donne au pays qui le manipule un avantage commercial hallucinant ! Les Zétazunis, avec un cynisme assumé (« Le dollar est notre monnaie mais c'est votre problème » !) accumulent ainsi des déficits commerciaux abyssaux, faussant totalement la concurrence internationale, mais ils s'en foutent car ils font fluctuer la valeur du dollar au gré de leurs intérêts en imprimant du billet vert lorsqu'ils en ont besoin. Pire encore, comme le prouve l'affaire de la BNP-Paribas et l'affaire de l'Argentine, ils se servent du dollar pour imposer au reste du monde leurs lois exclusivement au service de leur politique nationale égoïste.

 

Mais ça bouge. La remise en cause de la suprématie monétaire étasunienne est en route. Au cours du récent sommet des BRICS qui s'est tenu ce mois de juillet à Fortaleza, au Brésil: la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ont monté une banque concurrente du FMI dotée de 100 milliards de dollars. Cette Nouvelle Banque de Développement est basée en Chine et présidée par un Indien.

 

Eh ! François, puisque l'euro a fait un bide, si tu impliquais la France dans cette avancée salutaire pour se débarrasser de l'hégémonie étazunienne ? Lien

 

Duodi 12 thermidor 222

 

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