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23/07/2015

Agriculteurs, buralistes, même combat ?

paysans au secours.jpg

 

C'est pas des vacances faciles qui se profilent pour L'Audacieux et son gouvernement. Valls rame comme un galérien catalan, quant à Le Foll, il doit avoir une indigestion de couleuvres ! Les agriculteurs, leurs tracteurs à 90 boules et leur fumier d'un côté, les buralistes de l'autre. Empoisonneurs aux pesticides d'un côté, empoisonneurs au tabac de l'autre. Et au milieu les bons kons qui voudraient bien profiter un peu de leurs vacances...

 

Les buralistes qui gueulent, on peut comprendre ceux qui sont en zones frontalières. Les autres... Plus les prix augmentent, plus ils gagnent ! Sauf si la consommation baisse. Ça le fait un peu, mais pas longtemps... Actuellement, ils gueulent contre le « risque » de banalisation des paquets de cigarettes ! Non seulement ils vendent de la merde, mais en plus ils revendiquent le droit de continuer à l'envelopper de papier doré ! Bof. On a là un épiphénomène strictement corporatiste. Il faut savoir que, à présent, les taxes prélevées sur le tabac vont intégralement à la Sécu. Et puis, moi, je ne fume pas. Le paquet à 10 euros je trouverais ça très bien. Alors, égoïstement, leur combat, je m'en fous...

 

Ah ! Il y a les paysans aussi. Ça a commencé, comme souvent, en Bretagne puis – ça se précise - partout en France, ils arrosent copieusement de lisier les rues et les établissements administratifs, ils ne sont jamais avares de fumiers les FNSEA-boy's !

 

Leur action est contradictoire : d'un côté ils pourrissent les rues et la ville avec leur fumier et leur lisier, de l'autre ils distribuent des packs de lait. D'un côté ils saccagent, de l'autre ils veulent faire jouer la fibre patriotique en demandant Français de manger « français »... Ils salopent et veulent se faire aimer...

 

On peut comprendre leur rabia lorsque l'on sait que les cantines d'écoles, les hôpitaux et autres restaurants de collectivités utilisent une majorité de viandes, de produits laitiers, de fruits et légumes étrangers ! On touche là une des stupidités de la « libre concurrence » européenne... L'école ou l’hôpital de Chateaurenard – au centre d'un des jardins de la France - sont incités à acheter des fruits espagnols et des patates allemandes ! Les écoles et les hôpitaux de Plougastel font de même avec la viande de cochon !

 

Ils gueulent surtout parce qu'ils ne gagnent plus un fifrelin à cause d'une distorsion de concurrence avec les producteurs espagnols, allemands, polonais et autres qui n'ont pas les mêmes normes sociales et environnementales. Ils gueulent contre les usines à viande allemandes qui utilisent une main d’œuvre étrangère (Bulgares, Roumains, Polonais, Tchèques, Turcs) sous payée, travaillant dans des conditions sordides et avec des horaires déments. C'est ça la « concurrence libre et non faussée » imposée par cette Europe – hélas ! - maintenant honnie. Quant aux abatteurs et aux industriels français, ils se torchent voluptueusement l'oigne avec leurs promesses...

 

Mais leur véritable adversaire, ce sont les centrales d'achat sévissant pour le compte des grandes surfaces. Ces centrales d'achat se comptent à présent sur les doigts de la main avec les rapprochements de Système U et Auchan, d'Intermarché et de Casino, de Carrefour et de Cora. Elles se retrouvent en situation de quasi monopoles, en totale contradiction avec l'idéologie ultralibérale de « concurrence libre et non faussée ». Elles agissent comme un cartel et s'entendent vraisemblablement entre elles pour tondre la laine sur le dos de leurs fournisseurs. Et donc des agriculteurs et éleveurs. C'est donc là qu'ils devraient agir les agricolos en colère. Foutre systématiquement du fumier et de la pisse de vache devant l'entrée des grandes surfaces. Pas bon pour la clientèle , Coco ! Et s'intéresser - comme ils l'ont fait en d'autres temps avec le bureau de Mme Voynet, à l'époque ministre qui ne leur plaisait pas – aux sièges des centrales d'achat. De toute façon, ils ne risquent rien. Sauf bien sûr s'ils sont de la Confédération paysanne...

 

Les agriculteurs ont perdu depuis longtemps ce bon sens terrien qui faisait leur spécificité. Ils ne méritent plus le beau nom de paysans... Et ils n'ont donc – pour la majorité - que les syndicats qu'ils méritent. La FNSEA ne fait rien pour inciter ses troupes à opter pour un modèle agricole différent, plus respectueux des humains comme de la nature, qui les sorte de cette course au moins disant en matière sociale et environnementale.

 

Certains s'en sortent fort honorablement. Ce sont ceux qui se groupent à quelques-uns pour transformer leurs produits et les vendre directement. Seulement, va demander à des agriculteurs farouchement individualistes, incapables de se grouper en GAEC pour utiliser en commun leurs machines, de se mettre ensemble pour court-circuiter leurs adversaires (ennemis presque)...

 

Ah ! Ça ira... Ça ira... Ça ira...

 

Photo X - Droits réservés

 

06/11/2014

Au bistro de la toile : buralistes et agriculteurs.



chimulus bistro copie.jpg

 

- Oh ! Loulle, tu fais pas la manif des buralistes ?

 

- Eh ! T'as mis tes lunettes en peau de saucisson ? Tu ne t'es pas encore rendu compte que je désaltère mes clients assoiffés, je leur vends les journaux mais pas de tabac !

 

- Ça va Loulle. C'est pour un peu te faire encagner !

 

- Remarque, les buralistes qui gueulent, on peut comprendre ceux qui sont en zones frontalières. Les autres... Plus les prix augmentent, plus ils gagnent ! Sauf si la consommation baisse. Ça le fait un peu, mais pas longtemps... Actuellement, ils gueulent contre l'augmentation des taxes sur les cigares (Le Davidof est un produit de pauvres, c'est bien connu) et contre le « risque » de banalisation des paquets de cigarettes.

 

- Bof. On a là un épiphénomène strictement corporatiste. Il faut savoir que, à présent, les taxes prélevées sur le tabac vont intégralement à la Sécu. Et puis, moi, je ne fume pas. Alors, égoïstement, leur combat, je m'en fous...

 

- Ah ! Il y a les paysans aussi. Ils ont balancé, partout en France, des patates, des pommes, ils ont arrosés copieusement de lisier les rues et les établissements administratifs, ils n'ont pas été avares de fumiers les FNSEA-boy's !

 

- Leur action a été contradictoire : d'un côté ils pourrissent les rues et la ville avec leur fumier et leur lisier, de l'autre ils distribuent gratos leurs produits. D'un côté ils saccagent, de l'autre ils veulent faire jouer la fibre patriotique en demandant Français de manger « français »... Ils salopent et veulent se faire aimer...

 

- On peut comprendre leur rabia,Victor, lorsque l'on sait que les cantines d'écoles, les hôpitaux et autres restaurants de collectivités utilisent une majorité de fruits et légumes étrangers !

 

- On touche là une des stupidités de la « libre concurrence » européenne... L'école ou l’hôpital de Chateaurenard – au centre d'un des jardins de la France - sont incités à acheter des fruits espagnols et des patates allemandes !

 

- Ils gueulent aussi parce qu'ils ne gagnent plus un fifrelin à cause d'une distorsion de concurrence avec les producteurs espagnols, allemands, polonais et autres qui n'ont pas es mêmes normes sociales et environnementales.

 

- Ah ! Ces fameuses « contraintes environnementales » ! En fait Loulle, la FNSEA – syndicat productiviste s'il en est – rugit dans les brancards contre la directive Nitrates qui impose depuis l’été dernier aux exploitants d’investir du pognon pour limiter la pollution des eaux par ces dérivés d’engrais azotés qui sont les premiers responsables de la prolifération des algues vertes !

 

- Sans oublier les pesticides... Quand je vais pédaler dans la Barthelasse, je fuis vite vite quand j'entends les souffleries de ces énormes machines qui balancent des nuages de pesticides sur pommes, poires, pêches !

 

- Et tu sais ce qu'ils répondent les exploitants agricoles si tu leur parles de ça ? Et les pesticides ? « Au nom de quoi on devrait arrêter de traiter, même si ça impacte le milieu et la santé des agriculteurs ? J’ai choisi d’être agriculteur pour produire, or on ne peut pas nourrir la population sur un modèle bio, c’est réservé à une élite»,

 

- Les agriculteurs ont perdus depuis longtemps ce bon sens terrien qui faisait leur spécificité. Ils ne méritent plus le beau nom de paysans...

 

- On n'a que les syndicats que l'on mérite. Et la FNSEA ne fait rien pour inciter ses troupes à opter pour un modèle agricole différent, plus respectueux des humains comme de la nature, et surtout qui les sorte de cette course au moins disant en matière sociale et environnementale. Sans oublier qu'ils ont déjà beaucoup obtenus : abandon de l'écotaxe, agrandissement des porcheries, détaxe du gazole, etc.

 

- De toute façon, ils peuvent gueuler, casser, saccager, ils savent qu'ils ne risquent rien.

 

- S'ils sont de la FNSEA. Par contre s'ils sont de la Confédération paysanne : au trou ! Comme les déboulonneurs de l'usine aux mille vaches de la Somme...

 

- Allez ! Á la nôtre !

 

Illustration : merci à Chimulus

 

 

* * * * * * * *

 

manitas de plata.jpg

 

 

Manitas de plata. Notre ami. Mon ami...

Ce flamboyant magicien de la guitare est aller agrémenter

les fêtes dans les vignes du seigneur.

 

Levons nos verres en sa mémoire.

 

Adios, amigo !

 

https://www.youtube.com/watch?v=lj_WZZqyMoI&index=2&a...