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24/10/2014

Toubib or not toubib ? Je préfère ne pas être malade…

toubib caricature.png

 

Au village où j’accroche chaque année mon hamac pour mes quartiers d’été, quelque part à près de 1300 mètres, dans le Gévaudan, on a de nouveau un toubib. Espagnol. Fort compétent et éminemment sympathique. Podimos hablar castillan ambos… On est soulagé au village car il y a deux ans, on était resté des mois sans toubib. Dur, dur pour ce chef-lieu de canton de la cambrousse profonde… Vaut mieux être d’un acier bien trempé.

 

Il y a trois ans il était venu une docteure roumaine. Bien reçu car la municipalité a bien fait les choses : l’ancienne boulangerie, sur la place, face au bistrot, a été rachetée et transformée en cabinet médical bien conçu et bien équipé. Avec un coquet appartement de fonction juste au dessus. Malgré cela, il a fallu des mois pour que ce cabinet médical trouve son toubib, et la belle Roumaine n’y a pas fait de vieux os ! Après un an, elle a foutu le camp pour écumer d’autres cieux cambroussards. C’est un filon en Roumanistan : aller bosser en France. Savez-vous que 45 % des médecins et assistants médicaux roumains souhaitent quitter leur pays ! Pourquoi ? Parce qu’après six années d'études, un médecin en cours de spécialisation ne touche en Roumanie qu'un salaire de base de 220 euros, moins que le salaire moyen de 350 euros affiché dans les statistiques officielles du pays.

 

Selon l'Ordre des médecins français, le nombre de docteurs roumains pratiquant en France se multiplie à vitesse grand V. Par ailleurs, des milliers de professionnels sollicitent auprès du ministère roumain de la santé, une reconnaissance de leur diplôme à l'étranger. Et comme tous les Roumains éduqués parlent parfaitement le français, c’est pour nous une chance énorme.

 

Mais cette chance s’appuie sur le pillage d’un pays ami, éminemment francophile. Car ce sont les Roumains, pauvres parmi les Européens, qui ont investi leur pognon pour former ces toubibs. Et c’est nous, enfants gâtés gavés de l’Europe, qui profitons de ces toubibs…

 

Les mauvaises langues disent aussi que bien de ces toubibs d’importation sont des produits d’entrée de gamme : l’achat de diplômes bidonnés serait fréquent en Roumanistan…

 

Chez nous, les toubibs, dont les études ont été payées par la collectivité, donc par vos et mes impôts, rechignent à s’isoler dans les cambrousses. Il est plus facile de gagner du pognon en expédiant 40 clients (on ne peut plus dire patient…) par jour dans les villes du sud ou en région parigote que de se farcir les scrofules purulentes qu’il faut aller nettoyer souvent dans la gadoue, le brouillard, les merdes de vaches et parfois même la méfiance de populations isolées. Là, le 4x4 a une raison d’être…

 

Tè ! J’ai la rabia et même un peu la vergogne, alors pour retrouver ma fierté, je préfère ne pas être malade !

 

Illustration X – Droits réservés

01/09/2008

Fascisme ordinaire campagnard...

Intimidations et menaces contre un agriculteur bio dans le Puy-de-Dôme

Par Frédéric HAPPE AFP


TEILHET (Puy-de-Dôme) (AFP)
- On menace sa fille de mort, on tue ses chèvres : en s'installant dans le Puy-de-Dôme pour faire de la culture bio, un jeune agriculteur "pas comme tout le monde" se heurte à l'hostilité violente d'une partie du voisinage qui le pousse à quitter la région.

Avec sa boucle d'oreille, ses tatouages sur chaque doigt, formant le mot "libertad", sa détermination à entreprendre à Teilhet (Puy-de-Dôme) une agriculture biologique et développer son élevage de chèvres, Jean-Hugues Bourgeois, 28 ans, dénote dans cette région des Combrailles, vouée à l'élevage bovin et aux cultures céréalières.

Ses ennemis n'hésitent pas recourir aux pires moyens pour intimider le nouveau venu, allant jusqu'à menacer de mort et de viol sa fille de huit ans, et à abattre une partie de ses chèvres.

Originaire des Hautes-Alpes, Jean-Hugues Bourgeois, s'était d'abord installé début 2006 à Saint-Gervais d'Auvergne (Puy-de-Dôme), près de Teilhet, sur huit hectares d'une terre humide et ombragée, dont pas grand monde ne voulait.

En 2007, il accepte l'offre de reprise progressive de quelque 50 hectares de "très bonnes terres" appartenant à Georges Message, un agriculteur local proche de la retraite.

"Vu le terrain qu'il avait, il ne risquait pas de faire vivre sa famille, en revanche mes terres ne feront peut-être pas de lui un riche, mais il pourra en vivre", souligne M. Message.

Les terres cédées sont excellentes pour les cultures céréalières, confirme pour sa part le maire (DVG) de Saint-Gervais, Michel Girard.

La cession suscite rapidement des jalousies mais personne, selon M. Girard, n'imaginait la violence des réactions. "Je m'attendais bien à ce qu'il y ait quelques fâcheries, mais je m'étais fait fort d'arranger les choses", assure l'élu.

Alors qu'il prend possession le 1er janvier dernier d'un premier lot de 24 hectares, l'agriculteur retrouve, au matin du 31 mars, une dizaine de ses chèvres tuées au pistolet d'abattage. Au mur, une inscription: "La Boge (le nom du lieu-dit de l'exploitation) aux paysans ! Va-t'en !".

Pendant plusieurs mois, Jean-Hugues Bourgeois encaisse les rumeurs selon lesquelles il cultiverait cinq hectares de cannabis, et les actes de malveillance : ouverture des enclos pour encourager les chèvres à fuir, pneus du tracteur crevés et, dans la nuit du 8 au 9 août, l'incendie d'un hangar où est entreposé le foin, et destruction partielle de sa voiture.

Le 22 août, le jeune homme trouve une lettre en forme de cercueil contenant des menaces contre sa fille de 8 ans. Les expéditeurs menacent de jeter la fillette "dans un fossé après en avoir fait une femme". La missive s'adresse également à la mère de l'enfant.

"J'ai dû repousser la rentrée scolaire de ma fille", déplore Jean-Hugues Bourgeois.

"Je n'aurais jamais pensé que cela puisse aller aussi loin. La preuve qu'on ne connaît jamais vraiment ses voisins... et sa famille", ajoute M. Message laissant entendre que "certaines personnes avec qui il est un peu parent" sont peut-être mêlées à cette histoire.

Les gendarmes, saisis de trois plaintes au total, ont indiqué à l'AFP que le procureur de la République de Riom devrait prochainement décider de l'ouverture d'une information judiciaire. L'enquête pourra alors vraiment commencer.