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28/01/2013

Comment Mittal nous enfume. Pour les Nuls.

mittal caricature.jpg

 

 

 

Ah ! Qu’il avait l’air malheureux, le sardar Laksmi Mittal, le 1er octobre dernier lorsqu’il annonçait, se tordant les mains de douleur que la conjoncture « l’obligeait à fermer les deux haut-fourneaux de Florange. » Le P3 et le P6 sont en veille depuis juillet 2011 pour l’un, octobre 2011 pour l’autre.

 

Et qu’est-ce qu’ils font les haut-fourneaux lorsqu’ils ne haut-fournent pas ? Humm ? Qu’est-ce qu’ils font. Allez, on va essayer d’y voir un peu plus clair. Prenez vos crayons, votre cahier de brouillon et soyez attentif, y en a besoin ! 

Marquez en haut de la page, en majuscule : FLORANGE. Très bien.


Donc,
voilà un an et demi que les entrailles de ces grosses bêtes à polluer ne produisent plus d’acier et donc – bonne nouvelle - crachent très peu de CO2 dans l’atmosphère.

 

Marquez : CO2. Et à côté vous marquez : sous, thunes, dollars, euros. A votre choix, c’est pareil. Voilà. Continuons.

 

Et qu’est-ce qu’ils ont inventé les capitalistes pourrisseurs de planète pour « lutter » justement contre cette pollution et à l’occasion se faire un moulon de thunes ? Qu’est-ce qu’ils ont inventé ? Ben, des « droits à polluer » bien sûr.

 

Marquer : Droits à polluer.

 

Kelçekça ? Pour se conformer en partie au Protocole de Kyoto, sous la pression des lobbies capitalistes, certains pays, dont l’Europe, ont mis en place un « marché carbone » qui fonctionne comme une bourse. Les entreprises polluantes reçoivent gratuitement bien sûr de la C.E., à travers le gouvernement français, des allocations annuelles de « tonnes de carbone » à rejeter. Si l’entreprise recevant cette allocation dépasse son quota, elle doit soit arrêter son activité, soit…acheter sur ce marché des « tonnes de carbone » à d’autres entreprises, plus civiques, qui ont mis en place des process plus écologiques et donc qui ont des « tonnes de carbone » à vendre. C’est ça le marché de la pollution. Autrement dit on peut se faire beaucoup de thunes en étant civique et écolo. C’est bien non ?

 

Oui. C’est bien. Seulement voilà. Ce marché donne lieu à de gigantesques magouilles touchant non seulement le carbone mais d’autres saloperies issues de l’industrie chimique (lien).

 

Et qu’est-ce qu’il vient faire Mittal la dedans ? Bonne question. Je vois qu’il y en a qui suivent.

 

Ben voilà : les allocations carbone entreprise par entreprise sont allouées par les gouvernements nationaux et sont fixés pour plusieurs années (2008-2012 pour la tranche qui nous concerne) sans tenir compte de l’activité réelle du site. Alors qu’est-ce qu’il fait le sardar Mittal ? Il va voir les gouvernements français, belge, luxembourgeois, espagnol et leur tord les couilles : « vous m’allouez tant de tonnes carbone ou je ferme mes usines chez vous ». Voilà comment le sardar Mittal touche chaque année, pour le seul site de Florange, 4 millions de tonnes de CO2.

 

Bon. Et ça veut dire quoi ?

 

Eh bien lorsqu’une usine est à l’arrêt, Mittal touche quand même ses tonnes carbone. Il les économise donc et peut les revendre sur le marché ! Voilà pourquoi le sardar ferme, puis redémarre des usines. Mettre un haut-fourneau à l’arrêt, c’est que du bonheur pour le sardar Mittal : ils thésaurise des « tonnes carbone » et les salariés sont mis au chomdu partiel payé par qui ? Par vous, par moi, et très peu par Mittal. A la sortie, ces arrêts de site lui rapportent sans rien faire beaucoup, beaucoup de sous : sur le marché, à la fin de 2012, la tonne s’échangeait à 6,4 euros. Ainsi, rien que pour Florange, Mittal peut ainsi encaisser 30,7 millions d’euros ! Mais le sardar fait pareil partout où il a mis ses billes (Arcelor bouffé à l’été 2006 par une OPA hostile, ne l’oublions pas, avec assentiment du gouvernement de l’époque). Sur ses sites européens, à coup d’arrêts partiels, Mittal a ainsi accumulé un bonus de 123 millions de tonnes de carbone. Soit l’équivalent de 1,58 milliards d’euros ! Elle est pas belle la vie ?

 

Comme on arrive au moment de l’attribution des nouvelles allocations carbone pour les 4 ans à venir, et que Mittal ne pourra pas refaire ce coup fabuleux, il ferme définitivement, fout le camp et ouvre ailleurs dans des pays qui n’ont rien à foutre du protocole de Kyoto des aciéries avec le pognon qu’il nous a pris. Et lorsqu’on aura besoin d’acier, il faudra le lui importer !

 

Vous avez suivi ? Qui est-ce qui l’a dans l’oigne ?

 

Nous.

 

Et qui est-ce qui paie la vaseline ?

 

Nous encore.

 

Bien, je vois qu’il y en a qui suivent. Fermez vos cahiers.

 

 

Nonidi 9 Pluviose 221

 

Illustration X – Droits réservés

 

 

 

 

Ecoute ! Ecoute !

 

Dans une société de services, cinq cannibales viennent d'etre embauches en tant que programmeurs.
Lors de leur arrivée, le directeur leur dit : « Vous pouvez travailler ici, gagner beaucoup d'argent et manger dans notre cantine. Mais laissez les autres collaborateurs tranquilles. »


Les cannibales promettent de n'embêter personne....
Quatre semaines plus tard le directeur revient et leur dit: « Vous travaillez très bien. Mais il nous manque une femme de ménage. Est-ce que vous savez ce qu'elle est devenue ? »


Les cannibales répondent tous par la négative et jurent n'avoir rien a faire avec cette histoire.
Dès que le directeur est parti, le chef des cannibales demande : « Quel est le con parmi vous qui a mangé la femme de ménage ? »
Le dernier au fond répond d'une petite voix: « C'est moi. »
Le chef des cannibales : « Pauvre abruti ! Depuis 4 semaines on ne se nourrit que de chefs de service et de chefs de projet, afin que personne ne remarque rien, et toi il faut que tu bouffes la femme de ménage ! »