Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

01/02/2017

ALERTE ! Le traité « CETA » bientôt « provisoirement » adopté contre la volonté des populations.

non ceta.jpg

Pendant qu’en France on sodomise les diptères avec les magouilles fillonesques et lepéniennes, les eurotrafiquants de Bruxelles sodomisent – eux – toutes les populations de l’Europe. En effet, les députés membres de la commission « commerce » ont approuvé l’exécrable projet de traité global avec le Canada connu sous le vocable de CETA avec une nette majorité : 25 pour, 15 contre et une abstention. La droite PPE auquel appartient LR a voté pour avec l’appui des libéraux (dont Modem et UDI) ; les écologistes, les élus de la Gauche unitaire européenne (GUE) dont le Front de gauche et le FN ont voté contre. Les Sociaux-démocrates étaient partagés (les Allemands pour, les socialistes français et belge contre). Il faut dire que la majorité des membres de cette « Commission commerce » comptent parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation maximale des échanges et des investissements, dans laquelle les normes sociales, sanitaires et environnementales sont exclusivement perçues comme des obstacles au commerce.

La balle est maintenant dans la main des députés européens du Parlement européen de Strasbourg. Le traité de Lisbonne donne à cette institution un droit de veto sur les traités commerciaux. Les élus vont-ils avoir le courage et la lucidité de rejeter cette horreur qu’est le CETA, comme ils avaient rejeté un projet de traité commercial aussi pourri, l’ACTA.

L’Union Européenne a une conception pour le moins « pittoresque » de la démocratie. Ainsi, en cas de feu vert à Strasbourg, le CETA pourrait entrer en vigueur, de manière provisoire, dès avril de cette année ! Considéré comme un traité « mixte », il devra ensuite être voté par l’ensemble des parlements nationaux – et parfois, régionaux – au sein des 28, pour rendre son approbation définitive. Cette phase de ratification pourrait durer plusieurs années…

Qui a décidé d’un truc pareil ? Où a-t-on vu qu’un texte législatif était appliqué « provisoirement » avant d’être voté ? Un provisoire qui dure !

Pas si couillon, Donald Trump a signé lundi à Washington l’acte de retrait des États-Unis du Traité transpacifique (TPP) mais avec le CETA, les USA exporteront ce qu’ils veulent via le Canada tout en se permettant de refuser l’importation de tout ce qu’ils veulent. Naïveté de l’U.E. ? Konnerie ? Où complicité des « eurotrafiquants » achetés par les armées de lobbies sévissant à Bruxelles pour le compte des multinationales et de la finance ?

Le CETA « un bon accord » proclame ses thuriféraires. C’est archi faux :

1. L’enjeu du CETA est de s’attaquer aux « obstacles au commerce ». Comprenez : aux réglementations, y compris dans des domaines sensibles comme l’alimentation, l’environnement, la santé, ou encore les droits sociaux. Ce traité aura donc un impact durable sur notre vie quotidienne, bien au-delà des questions commerciales.

2. En donnant des pouvoirs exceptionnels aux multinationales, le CETA met en danger la capacité de nos institutions démocratiques à décider librement de politiques d’intérêt général : on risque la paralysie et un nivellement par le bas. Par exemple, un étiquetage plus complet des OGM ou l’interdiction de substances potentiellement dangereuses présentes dans l’agriculture et l’alimentation deviendraient quasiment impossibles avec l’adoption de cet accord.

3. Le CETA offre la possibilité aux investisseurs étrangers d’attaquer les États devant des tribunaux d’arbitrage, au motif que des décisions politiques affecteraient leurs bénéfices, réels ou attendus. Le risque pour l’État d’être condamné à payer des dommages et intérêts peut le dissuader de prendre des décisions d’intérêt général pourtant importantes.

4. Le CETA ne s’arrête pas là et donne à un « comité » de personnes non élues voix au chapitre sur les réglementations en Europe et au Canada, sans légitimité démocratique. Les lobbies industriels, très influents, seront bien sûr très largement consultés par ce comité.

5. Mais cela n’est pas tout… Nous avons autrefois été protégés de la vache folle, du recours à certains antibiotiques en élevage, du bœuf aux hormones, grâce au principe de précaution inscrit dans nos textes européens. Or, il n’est pas du tout garanti dans le CETA ! C’est très grave car ce principe permet d’écarter du marché ce qui comporte un risque pour notre santé. Tout cela est sérieusement remis en question par cet accord. Quel peut être l’impact ?

Pesticides : le CETA propose de s’aligner sur des normes de protection a minima, qu’il ne serait ensuite plus possible de changer ;

Perturbateurs endocriniens : retards accumulés par la Commission européenne pour définir des critères d’évaluation de ces substances toxiques et prendre des décisions pour protéger notre santé ;

OGM : Avec le CETA, il deviendrait quasi impossible d’introduire un étiquetage plus exigeant, un étiquetage des sous-produits de l’élevage tels que le lait, les œufs ou la viande issus d’animaux nourris à l’aide d’aliments génétiquement modifiés.. De même, il sera très difficile de faire interdire de nouveaux types d’OGM à l’avenir.

Quant aux bénéfices promis, ils restent très hypothétiques… La Commission européenne parle d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) de moins de 2 euros par mois et par habitant d’ici 10 ans…

Et on sacrifierait le principe de précaution et la démocratie pour 2 euros ?

Faisons savoir notre désapprobation aux députés européens qui auront à trancher le 15 février.

 

Pour les députés français, la liste est là : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?country...

Pour les autres Européens, elle est la : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/map.html

Et n’oublions pas que l’on n’agit pas, on subit !

 

Sources :

https://www.foodwatch.org/fr/accueil/

https://www.mediapart.fr/journal/international/240117/le-traite-de-libre-echange-entre-lue-et-le-canada-franchit-une-nouvelle-etape

http://www.europarl.europa.eu/news/en/news-room/20170124IPR59704/ceta-trade-committee-meps-back-eu-canada-agreement

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/news-room/20120703IPR48247/le-parlement-europ%C3%A9en-rejette-l’acta

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/23/libre-echange-trump-signe-l-acte-de-retrait-des-etats-unis-du-partenariat-transpacifique_5067840_3222.html

 

Photo X - Droits réservés

25/10/2016

Au bistro de la toile : « Où wallons-nous ? »

chimulus bistro copie.jpg


- Alors Victor, où wallons-nous ? Où wallons-nous ?

- On ne sait pas où on va Loulle, mais on y va ! Mais est-ce que nous valons les Wallons ? Certainement pas. A écouter les machines à bruits et les lucarnes à décerveler, ces moins de quatre millions de Gaulois arriérés bloquent la marche vers le bonheur ultra libéral de cinq-cents millions d'Européens ! Mais au contraire, ces Wallons sont l'honneur de l'Europe. Ils montrent la voie. Ils prouvent que l'on peut encore s'opposer aux diktats de la finance et des conglomérats mafieux multinationaux. Et leur ministre-président est le seul, je dis bien le seul qui a les aliboffis bien pendus parmi la foultitude de politicards soucieux avant tout de leurs propres intérêts en se foutant comme de leur première magouille de l'intérêt général des peuples qui les ont élus. En disant NON à ce traité félon, négocié sournoisement sur le dos des populations par des technocrates irresponsables élus par personne, ils redonnent de l'ESPOIR à ces peuples régulièrement manipulés, méprisés, trompés. Comme le peuple français qui a voté NON à la « constitution européenne » et a été baisé jusqu'au trognon par Sarko et ses sbires, sur injonction des euronuisibles de Bruxelles. Comme les Irlandais, sommés de revoter jusqu'à ce qu'ils « votent bien ». Comme les Grecs, écrasés par la morgue de l'Europe teutonne.

- Alors, il faut frexité ? Foutre le camp de l'U.E. ? Comme les Britiches avec leur Brexit ?

- Certainement pas. L'Europe est la plus belle utopie réalisée. Mais elle a été dévoyée par une dérive fatale vers l'ultralibéralisme, vers cette « concurrence libre et non faussée » qui met surtout en concurrence les laborieux des pays entre eux. Entre le salaire minimum d'un Bulgare (160 euros) et celui d'un Luxembourgeois (1900 euros), il y a un sacré fossé. Les pays membres de l'U.E. n'ont d'ailleurs pas tous de Smic. Trois groupes se distinguent : - Les salaires inférieurs à 500 euros (Bulgarie, Roumanie, Lituanie, Lettonie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Slovaquie, Pologne, Croatie) ; - Les salaires minimums entre 513 et 790 euros (Portugal, Grèce, Malte, Espagne, Slovénie) ; - Les plus hauts salaires, entre 1343 et 1923 euros (Royaume-Uni, France, Irlande, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne). Les six autres Etats membres (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie, Suède) ont fixé un salaire minimum par branches ou prévoient que les salaires minimums soient déterminés par négociation entre les partenaires sociaux. Longtemps intransigeante sur la question, l'Allemagne a mis en place un salaire minimum de 8,50 euros de l’heure le 1er janvier 2015. Dès lors les rapaces de la finance qui ont pris le pouvoir et qui régissent l'Europe ont tout loisir de faire se concurrencer entre eux les sans-dents qui n'ont que leur sueur à vendre. Avec les « travailleurs détachés », autre appellation de la répugnante directive « Bolskesteim », l'esclavage revient à la vitesse Grand V.

Donc, pas question de quitter l'Europe, mais il faut la refonder. A quelques pays seulement, autour des membres fondateurs historiques. La sortie de la Grande-Bretagne montre la faillite de l'Europe actuelle. Il faut en profiter pour renverser la table et tout remettre à plat. En refondant les institutions européennes sur des bases réellement démocratiques, où la Commission serait responsable devant les citoyens européens et non un machin hors-sol à la solde de tous les lobbies, dirigé par des voyous comme Barrosso et Junker. Et c'est faisable : la petite mais héroïque Wallonie le prouve ! Par la volonté d'un élu courageux elle met à la poubelle cette horreur économique qu'est le Ceta.

- Espérons que, finalement, les Wallons ne se déwalloneront pas… Bon. Mais explique-moi simplement en quoi ce traité commercial est nuisible ?

- Il y a dans ce traité – 1598 pages, uniquement en Anglais !!! - des choses probablement positives, en tout cas facilitant les échanges commerciaux entre les 30 millions de Canadiens et les 435 millions d’Européens (plus 500 millions puisque les Rosbifs ont brexités!). Mais le hic, c'est que ce traité se veut global et pas seulement commercial. La France a réussi à en faire sortir la culture, mais pour combien de temps ? Donc, dans ce Ceta, il y a beaucoup de sauce pour cacher deux choses essentielles qui sont rédhibitoires.

La première, c'est l'institution de tribunaux privés devant lesquels les multinationales pourront trainer les États dès lors que ceux-ci voteraient des lois susceptibles de nuire à leurs intérêts. Cette privatisation de la justice, au seul profit des entreprises et au détriment des peuples et des États qu’ils se sont choisis, est scandaleuse. Elle est rejetée par toutes les populations formant l’U.E.

Dans les faits, à travers de telles juridictions privées, composées d’avocats d’affaires et de juristes au service des entreprises, les multinationales pourraient attaquer un gouvernement qui, prendrait, par exemple, des décisions contre le tabagisme, et réclamer des sommes fabuleuses pour « compenser » leur manque à gagner. Ou contre l'interdiction de la fracturation pour l'extraction des gaz de schistes. Juridictions sans appel possible. Dès lors, avec une telle épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, aucun gouvernement n'osera voter des lois allant à l'encontre des intérêts des multinationales. C'est la mort de la démocratie et l'avènement des ploutocraties.

- Plouto quoi ? C'est quoi ce truc ?

- C'est du Grec, comme bien des mots français. De « ploutos », richesse, fric et « kratos », pouvoir. C'est le gouvernement des riches au profit des seuls riches. C'est exactement ce qui caractérise le fonctionnement de l'U.E. actuelle, dans laquelle les « lobbies », les groupes de pression des multinationales influent sur la Commission qui propose les « directives » que les États de l'Union sont ensuite contraints d'intégrer dans leurs législations nationales. Nous pouvons dire un énorme MERCI aux Wallons qui, seuls, font face à ces horreurs.

- Et la deuxième choses rédhibitoire ?

- Çà concerne la libéralisation des services. C'est très vaste, ce ne sont pas seulement les banques ou les assurances mais tous les nouveaux secteurs de l'économie, de la santé à l'éducation, en passant par l'énergie et la culture, malgré les réticences de la France. D'ordinaire, dans les accords de pays à pays, les partenaires établissent une liste des secteurs qu'ils incluent dans les accords. C'est ce qu'on appelle « liste positive ». Mais le traité Ceta, comme Tafta et Tisa (une autre belle saloperie) veut inverser cette logique en instituant des « listes négatives ». C'est-à-dire que les États devront établir la liste des secteurs d'activité qu'ils veulent explicitement exclurent du domaine de juridiction des accords. Tout le reste étant dès lors libéralisable ! Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut. Les États seront donc menacés de poursuites s'ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d'avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

- Ah ouais. C'est dingue ce truc. C'est mettre nos systèmes politiques à la merci des seuls marchands de soupe, des multinationales qui deviennent ainsi supérieures aux États. C'est effectivement la fin de la démocratie. Mais attend Victor, comment nos gouvernants, nos soi-disant élites ont-ils pu accepter ça ? Et pourquoi les médias nous enfument ? Ils sont incompétents ou complices ?

- Ils sont plus complices qu'incompétents. Alors qu'est-ce qu'on dit aux Wallons ?

- Merci, mille merci ! Et, tè, Victor, en leur honneur, on va trinquer à la bière ! J'ai à la cave quelques boutanches de « Trappistes » sérieuses.

- A la nôtre et aux Wallons !

je suis wallon.jpg


Illustrations: merci à Chimulus et à X - Droits réservés

18/10/2016

Aujourd'hui se joue à Luxembourg l'avenir du très nuisible accord CETA.

non ceta.jpg

 Ce mardi 17 octobre les ministres européens du Commerce se réunissent à Luxembourg pour approuver l'accord commercial CETA entre l'U.E. et le Canada, accord qui devrait être signé le 27 octobre à Bruxelles en présence du chef du gouvernement canadien Justin Trudeau.

«Nous exhortons le gouvernement à ne pas ratifier le CETA. Cet accord menace nos services publics, notre système de santé et nos emplois». Paroles de syndicaliste. Elle émane de qui ? CGT ? Confédération des syndicats européens ? C'est ce que l'on voudrait entendre tant ces accords sont nuisibles à tous les travailleurs. Non, cette exhortation a été formulée par Mark Handcock, l'un des principaux dirigeants syndicalistes...canadien ! Et il n'est pas le seul représentant des travailleurs d'outre-atlantique a prendre position rdicalement contre le CETA. Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada (CTC), déclarait à son tour : « Le Canada et l’Europe partagent de nombreuses valeurs qui pourraient nous permettre d’approfondir nos relations commerciales d’une manière juste et équitable en respectant de forts droits des travailleurs et travailleuses et des normes environnementales élevées. Malheureusement, le CETA nous en empêche.» Cette organisation (plus de 3 millions d'adhérents) s'oppose avec vigueur aux accords CETA dont elle pense qu'il favorise par trop les intérêts des entreprises et en particulier des multinationales aux détriments des travailleurs...canadiens. Comme quoi il n'y a pas qu'en Europe que ce traité et son jumeau le TAFTA font grincer des dents.

Cette identité de vue des syndicats de part et d'autre de l'Atlantique a donné lieu, le 4 mai dernier, a la publication d'une requête commune entre le CTC canadien et la CES (Confédération européenne des syndicats). Les deux confédérations demandaient aux négociateurs de la Commission européenne et du ministère canadien du Commerce cinq modifications majeures: l’élimination des tribunaux de l’investisseur, le respect du droit du travail, la possibilité de réviser l’accord dans les cinq ans suivants sa ratification, la protection des services publics et la protection des autorités locales.

Il faut dire que les Canadiens ont déjà une large et cuisante expérience de ces « accords », avec l'ALE (accord de libre-échange entre le Canada et les Etats-Unis) et l'ALENA (accord de libre échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique). Concernant le volet le plus contesté de ces types d'accord - les tribunaux privés pour régler les différents entre entreprises multinationales et Etats – le constat est sans ambiguïté : sur les 77 poursuites connues entre investisseur et État en vertu de l’Alena, 35 ont été intentées contre le Canada, 22 visaient le Mexique et 20 les États-Unis. Le gouvernement des États-Unis a remporté 11 de ses affaires et n’a jamais perdu une affaire en vertu de l’Alena, ni payé de dédommagement à une société canadienne ou mexicaine. Cela prouve que même si les accords commerciaux semblent traiter toutes les parties équitablement, les pays les plus puissants sont généralement mieux immunisés contre les poursuites commerciales.

La position identique des organisations de travailleurs européenne, canadienne et étasunienne (concernant le TAFTA) souligne bien que l'enjeu de ces traités n'est pas l' intérêt de tel pays contre tel autre pays comme on le dit parfois, mais avant tout l'intérêt des multinationales contre l'intérêt des citoyens, qu'ils soient travailleurs ou consommateurs.

Les Wallons, qui refusent toujours de signer ces accords CETA, subissent le feu roulant des pressions des autres pays européens, de la Commission, des me(r)dias aux ordres, des canards laquais. Tiendront-ils le coup ? Auquel cas nous devront élever un monument à leur courage et à leur lucidité !

 

Sources :

https://blogs.mediapart.fr/fabien-grasser/blog/151016/ceta-les-syndicats-canadiens-sur-le-pied-de-guerre

http://www.cgt94.fr/spip.php?article1536

http://www.force-ouvriere.fr/le-ceta-ne-fait-pas-un-tabac

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-non-wallon-au-ceta-pourrait-empecher-sa-mise-en-oeuvre-1176084

 

Illustration X - Droits réservés

14/10/2016

CETA: les Wallons nous éviteront-ils cette horreur économique ?

stop ceta tafta tisa.jpg

Pendant qu’on nous enfume avec la guignolade des « primaires de la droite » et que l’on mobilise notre potentiel d’indignation sur le sort des rebelles islamistes d’Alep, une sombre saloperie est en train de s’officialiser, horreur économique qui risque de sceller le sort de millions de citoyens européens ad vitam aeternam. Il s’agit du CETA.

Le CETA (acronyme globish pour Accord Economique et Commercial Global Union européenne-Canada) est le frère jumeau du très exécré TAFTA. Mais signé avec le Canada tandis que TAFTA concerne les États-Unis. Rappelons que le TAFTA est un projet de partenariat de libre-échange transatlantique, négocié depuis juin 2013 – dans la plus grande opacité – par l’Union européenne et les États-Unis. Son but est de créer la plus grande zone de libre-échange du monde pour un marché de près de 800 millions de consommateurs. Dans la réalité, il s’agit de faire de l’Europe un simple vassal économique des États-Unis…

Le CETA, cheval de Troie du TAFTA, met en œuvre les mêmes principes de dérégulation, d’abaissement des normes et d’accroissement de la concurrence que le TAFTA. Il s’appuie sur les mêmes référents théoriques qui font du libre-échange l’Alpha et l’Omega des politiques économiques, sans qu’aucune alternative ne puisse être envisagée. Tous les jours pourtant, nous constatons les effets dévastateurs des logiques de libéralisation poursuivies actuellement. La mise en concurrence effrénée des économies conduit à utiliser les normes sociales et fiscales comme variables d’ajustement, provoquant inéluctablement une dégradation des conditions de travail et de la protection sociale des travailleurs et des citoyens, et contribue à affaiblir encore plus, via une diminution de leurs recettes, la capacité des États à assurer leurs fonctions, pourtant garantes du maintien des systèmes démocratiques.

Plus essentiellement, le CETA constitue une porte d’entrée dans l’Union européenne pour l’ensemble des acteurs économiques des États-Unis, constituant ainsi le véritable cheval de Troie du TAFTA encore dénommé TTIP. En effet, en application des accords déjà existants entre les États-Unis et le Canada, les normes sociales et environnementales qui protègent – pour l’instant encore – travailleurs, citoyens et entreprises en Europe seront directement attaquées via leurs mises en concurrence avec les économies nord-américaines. Il en sera de même pour les actions des multinationales contre les Etats devant un « tribunal arbitral ». Notons également que toutes les grandes transnationales américaines possèdent une succursale sur le sol canadien et c’est donc le CETA qui sera à l’œuvre, avec la même nocivité pour nous, si le TAFTA est rejeté.

Eh bien le CETA est en train d’être signé. L’Allemagne l’a signé et notre banderillero en chef, Manuel Valls, est allé en personne chez les Canadiens mettre son paraphe sous le texte de cette énorme konnerie.

Alors c’est cuit ? Pas encore. Grâce à la lucidité et à la pugnacité de nos frères Wallons qui – eux – ont les aliboffis bien pendus et ne se plient pas aux diktats de la Commission européenne. Pour que ce traité, même signé par les gouvernements, soit opérationnel, encore faut-il qu’il soit ratifié par les 27 pays de L’U.E. En Belgique, il faut de plus que toutes les Régions soient d’accord. Or, si les Flamands ont signé, les Wallons – lucides et courageux - ont refusé !

Un grand, un énorme merci à eux.

Mais ce n’est pas tout : derrière TAFTA, derrière CETA, une autre horreur se trame, une autre gigantesque arnaque se construit dans une opacité encore plus grande, il s’agit de TISA, pour Trade in Services Agreement, ou Accord sur le commerce des services en français.

Comme pour le TAFTA, les négociations ont été lancées dans une opacité totale, en Suisse en mars 2010. Il s’agit d’un nouveau projet de traité commercial international, le TISA, qui concerne 50 pays, dont les 28 (enfin, maintenant 27) de l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon… Le but de cet accord est de libéraliser l’ensemble des services pour cadrer avec le contexte actuel de la révolution numérique. Tous les services seraient libéralisés, y compris les services publics – transports, hôpitaux, écoles… Tout notre quotidien est concerné : utilisation de nos téléphones, de nos cartes de crédit, du e-commerce, des réseaux sociaux, des moyens de transport, etc. L’objectif est d' « ouvrir les économies nationales à plus d’investissements étrangers, notamment dans le système bancaire et financier, sans limite de volume et du nombre d’investisseurs, avec un minimum de régulations nationales ». Rien que ça. Ben voyons !

Vous avez aimé la directive Bolkestein, vous adorerez TISA !

Actuellement, un pays membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’est tenu de libéraliser que les secteurs sur lesquels il a explicitement donné son accord, en les inscrivant sur une « liste positive ». TISA prévoit d’inverser cette logique en introduisant des listes négatives : seuls les secteurs cités explicitement dans les accords ne seront pas libéralisables.

Ce qui ouvrira la possibilité de libéraliser par défaut tous les nouveaux secteurs de l’économie, de la santé à l’éducation, en passant par l’énergie. Les États seront donc menacés de poursuites s’ils maintiennent des monopoles publics ou favorisent leurs entreprises locales pour relancer leur économie par exemple, à moins d’avoir auparavant négocié des exemptions dans certains secteurs.

Et l’accord prévoit un effet cliquet qui rend toute décision irréversible. Ainsi un nouveau gouvernement ne pourrait pas revenir sur une décision prise par le gouvernement précédent. Bonjour le progrès !

Ce traité, imposé comme d’hab par les Étasuniens, a une autre visée, géopolitique celle-là : il s’agit d’isoler les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) soigneusement écartés de ces négociations. La tactique : battre en brèche la montée en puissance des BRICS en fixant des standards mondiaux favorables aux multinationales étasuniennes et affidés sans les consulter, puis les leur imposer. Il s’agit aussi de saboter l’accord similaire baptisé RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership, accord économique régional complet) négocié actuellement par la Chine avec l’Asie (hors Japon Taïwan, Corée du sud, Hong Kong, l’Inde, l’Océanie, partenaires dans TISA).

Et nos députés européens, qui ont voté les doigts dans le nez l’ouverture de ces négociations, ils servent à quoi ? Ils ont des lunettes en peau de saucisson pour ne pas voir l’arnaque ? Ou bien sont-ils complices ?

Quant à nos guignols "primaires", ils se vautreront tous au pied de leurs maîtres mâcheurs de caoutchouc...

 

Codicille : Samedi 15 - Écoutez-les, depuis hier, dans les "machines à bruits" et sur les "lucarnes à décerveler", ils pourrissent le Parlement wallon de Belgique qui a osé faire preuve de bon sens et de courage en refusant de signer le CETA...

"Le Wallon a dit la vérité

Il doit être exécuté !"

Pourtant aujourd'hui, dans toute l'Europe, des manifs se déroulent contre cette horreur économique qu'est le CETA.

Mais depuis quand l’Union Européenne tient compte de l'avis des populations?

 

Illustration X - Droits réservés

30/08/2016

TAFTA : pour tuer la bête, il faut aussi écraser son avatar, le CETA.

tafta manif.jpg

Mort le TAFTA ? Meffi, il bouge encore et risque de revenir après une hibernation le temps de laisser passer les élections en France et en Allemagne.

Mort ? Peut-être, mais il risque d’exister sous son avatar canadien, le trop oublié CETA (Comprehensive Economic Trade Agreement).

En tout cas, il a pris du plomb dans l’aile, l’exécrable Tafta. En effet, le gouvernement français va demander en septembre à la Commission européenne d’arrêter les négociations, dixit le ci-devant Matthias Fekl, secrétaire d’État au Commerce extérieur. Le projet d’accord est rejeté par un nombre croissant de Français et d’Européens. Fervent partisan de l’accord en 2014, François Hollande s’y est radicalement opposé en 2016. C’est une bonne chose, mais quand on connaît Rantanplan, on peut rester dubitatif…

C’est en Allemagne que l’opposition de la société civile au traité transatlantique est la plus vive dans l’UE. Le vice-chancelier Sigmar Gabriel s’est carrément déclaré favorable, comme son collège français, à l’arrêt des négociations. Pourtant la chancelière allemande Merkel ne cesse pas de se montrer favorable à la signature du traité qu’elle estimait, en juillet, « absolument juste et important et dans l’intérêt absolu de l’Europe ». Il est vrai qu’après le Brexit, l’Allemagne devient la tête de pont privilégiée des multinationales yankees, et donc de la politique européenne des USA.

Il bouge encore même si, après 14 « rounds » de négociations opaques (disons plutôt d’expression unilatérale des volontés étasuniennes), l’Union européenne et les États-unis n’ont pas trouvé le moindre accord sur aucun 27 chapitres du projet de traité ! Pourtant un quinzième « round » doit s’ouvrir début octobre aux États-Unis… Quant à la Commission européenne, elle est favorable à ces accords, prête comme toujours à se coucher devant les diktats des multinationales qui sont les instigatrices réelles et les seules bénéficiaires potentielles de ce traité.

Hypocrisie des institutions européennes : en juin, juste avant le 14e round de négociations qui avait lieu à Bruxelles, les États membres ont renouvelé à l’unanimité le mandat de la Commission. Forte de ce mandat accepté à l’unanimité, le porte-parole de la C.E., le ci-devant Schinas martèle : « Nous avons un mandat de négociation qui a été accepté unanimement. Si les conditions sont remplies, la Commission européenne est prête à boucler l’accord à la fin de l’année ». Avec évidemment le soutien du patronat allemand… « Le TTIP (Tafta) ne doit pas être sacrifié sur l’autel de la campagne électorale qui commence », s’est pour sa part insurgé le chef de la puissante fédération automobile VDA, Matthias Wissmann. D’ailleurs, en coulisses, des diplomates sont convaincus que les négociations devront être suspendues au moins jusqu’à après les élections en France et en Allemagne en 2017. Pour revenir ensuite par la fenêtre…

Rappelons que le Tafta est un projet de partenariat de libre-échange transatlantique, négocié depuis juin 2013 – dans la plus grande opacité – par l’Union européenne et les États-Unis. Son but est de créer la plus grande zone de libre-échange du monde pour un marché de près de 800 millions de consommateurs. Dans la réalité, il s’agit de faire de l’Europe un simple vassal économique des États-Unis…

Ne faisons pas les fines gueules et savourons cette victoire du bon sens. Mais, bien camouflé dans l’ombre du tonitruant TAFTA sévit le CETA pour Comprehensive Economic and Trade Agreement. Négocié entre l’Union Européenne et le Canada comme toujours dans la plus grande opacité en 2009 et signé très discrètement en 2014, ce traité est aussi nuisible que le tant détesté TAFTA. Signé, mais pas ratifié !

Bien qu’il soit censé ne concerner que les échanges commerciaux entre l’U.E. et le Canada, le CETA est en fait le cheval de Troie des États-Unis puisque 81 % des entreprises étasuniennes présentes en Europe ont aussi une filiale au Canada. Par ce biais, les multinationales yankees pourront utiliser ce traité pour attaquer, via leur filiale canadienne, les États européens qui adopteraient des lois pouvant porter préjudice aux intérêts réels ou supposés de ces multinationales ! De plus, tout comme TISA (http://www.agoravox.fr/auteur/victor-71026) ce traité - contrairement à l’OMC (organisation mondiale du commerce), qui utilise des « listes positives » dans lesquelles les États énumèrent clairement les services publics qu’ils souhaitent inclure dans l’accord à l’exclusion de tous les autres – CETA propose la libéralisation de tous les services sauf ceux mentionnés dans des « listes négatives ». Ce qui change tout et entérine les desiderata des multinationales avides de bouffer tous les services publics, y compris la santé, l’éducation, l’environnement, le droit au travail et, pourquoi pas, la police et l’armée. Ainsi, stopper le TAFTA et ratifier le CETA serait une énorme konnerie.

Comme il se disait il y a quelques décennies, « ce n’est qu’un début, le combat continu ! »


Photo X - Droits réservés

 

04/05/2016

Dans l'ombre du désastreux TAFTA (avec les Etats-Unis) , le tout aussi nuisible CETA (avec le Canada).

stop ceta tafta tisa.jpg

 

Merci aux Belges Wallons ! Ils vont nous sauver du petit frère planqué de l'exécrable Tafta. Parce que - bien camouflé dans l'ombre du tonitruant TAFTA (le traité de vasslisation de l'Europe par les Etats-Unis) – sévit le CETA pour Comprehensive Economic and Trade Agreement. Négocié entre l'Union Européenne et le Canada comme toujours dans la plus grande opacité en 2009 et signé très discrètement en 2014, ce traité est aussi nuisible que le tant détesté TAFTA. Signé, mais pas ratifié ! Or, tout comme le TAFTA, le CETA est un accord qui nécessite l'adoption du texte par le Conseil européen ET les Etats membres de l'Union. Tous les Etats membres. Le refus des Wallons entraine automatiquement le refus de la Belgique, qui rejoint ainsi la Bulgarie et la Roumanie dans le front du refus de la vassalisation. Et la France ? Toujours à la traine ?

 

Bien qu'il soit censé ne concerner que les échanges commerciaux entre l'U.E. et le Canada, le CETA est en fait le cheval de Troie des Etats-Unis puisque 81 % des entreprises étasuniennes présentes en Europe ont aussi une filiale au Canada. Par ce biais, les multinationales yankees pourront utiliser ce traité pour attaquer, via leur filiale canadienne, les Etats européens qui adopteraient des lois pouvant porter préjudice aux intérêts réels ou supposés de ces multinationales ! De plus, tout comme TISA ( http://www.agoravox.fr/auteur/victor-71026 ) ce traité - contrairement à l'OMC (organisation mondiale du commerce), qui utilise des « listes positives » dans lesquelles les Etats énumèrent clairement les services publics qu'ils souhaitent inclure dans l'accord à l'exclusion de tous les autres – CETA propose la libéralisation de tous les services sauf ceux mentionnés dans des « listes négatives ». Ce qui change tout et entérine les désidératas des multinationales avides de bouffer tous les services publics, y compris la santé, l'éducation, l'environnement, le droit au travail et, pourquoi pas, la police et l'armée.

 

Le texte prévoit aussi une convergence des normes entre le Canada et l’UE, alors qu’il n’existe pas de règles communes au sein même de l’Europe. Ce qui reviendrait à s'aligner sur les normes les plus basses donc à balayer les normes européennes, ce qui enfoncerait encore un peu plus la difficile construction européenne.

 

José Bové tire la sonnette d'alarme ( https://blogs.mediapart.fr/jose-bove/blog/020516/accord-d... ). Le député européen considère que « l’agriculture sert de monnaie d’échange. Une fois de plus, l’Union Européenne abandonne ses paysans pour obtenir d’hypothétiques avantages pour ses multinationales des services. Un marché de 50.000 tonnes de viande bovine et 75.000 tonnes de viande porcine s’ouvre en Europe pour l’agro-business canadien. Ces importations massives ont de quoi mettre définitivement à terre des dizaines de milliers de paysans européens, alors que ces productions sont déjà en crise. » …/… L’Accord va bien plus loin : L’Union européenne va lui sacrifier les 90 % de ses Appellations d’Origine Protégée. Aujourd’hui, la labellisation AOP est la garantie  pour un producteur que son savoir-faire et le terroir qu’il fait vivre sont uniques et ne seront pas plagiés. C’est un parcours du combattant. Lorsque la reconnaissance officielle arrive enfin, elle fait la fierté des paysans qui se considèrent, à juste titre comme les passeurs d’une tradition. Pour les consommateurs, c’est la garantie d’avoir un met de qualité, produit selon un cahier des charges exigeant. La France compte 45 AOP de fromage, dont le Roquefort, première AOP de l’histoire, obtenue en 1925, 3 de beurre et 2 de crème. Dans cette liste se trouve des noms qui nous sont familiers comme le Comté, le Rocamadour, le Laguiole, l’Ossau Iraty, le Broccio, le Salers, le Bleu de Gex, le Pélardon… Les Appellations d’Origine Protégée sont loin d’être une spécificité hexagonale. L’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Allemagne, le Royaume-Uni ont fait reconnaitre bières, fromages, salaisons, huiles d’Olives. Au total près de 1400 produits qui font le bonheur des gastronomes ont obtenu cette reconnaissance de l’Union européenne. De nombreux autres, en particulier dans les pays de l’est de l’Europe, sont dans l’attente de décrocher l’étiquette rouge et jaune.  Mais revenons à l’accord qui nous préoccupe. Il faut aller dans les détails du CETA pour se rendre compte de l’étendu des dégâts. Sur les 1400 AOP européennes, seules 174 ont eu la chance d’être nommées dans l’Annexe 20-A qui se trouve à la page 516 de ce document roboratif. » 

 

Pour la France 50 AOP laitières seulement sont prises en compte… On risque donc d'avoir dans nos "BigDistrib" de l'Osso Irati, du Pélardon, du Banon, de l'Epoisse, du Munster, de la Brucchio et autres dénominations usurpées « made in Canada ». Des notoriétés, des appellations volées en toute légalité...

 

Un débat sur le CETA est prévu le 13 mai prochain au Parlement européen. Il faut se mobiliser avant et se manifester auprès de nos députés européens.

 

Stopper le TAFTA et ratifier le CETA serait une énorme konnerie.

 

Illustration X - Droits réservés