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02/06/2011

Au bistro de la toile : le concombre tueur !

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- Oh ! Victor, Tiens, bois un coup de rouge. Au moins, si t'as bouffé des concombres tueurs, ça te désinfectera la tripe ! Enfin, il parait que c'est plus le concombre espagnol le responsable...

- Merci Loulle. On rigole, mais avec cette histoire, on touche du doigt la stupidité du mode de production et de distribution des fruits et légumes. Entièrement tourné vers le pognon selon la vulgate ultralibérale poussée en Espagne jusqu'à la caricature. Ils peuvent gueuler les Espanches, crier à la ruine, ils sont surtout victimes de la rapacité, de l'avidité de quelques gros consortium agroalimentaires qui font n'importe quoi. Ces margoulins se gavent  de subventions européennes à travers des systèmes largement corrompus. Et l'Europe ne contrôle même plus ces pratiques de peur d'une faillite générale du système. Mais si ce n'était que ça ! Autour d'Almeria par exemple, sur des centaines de kilomètres carrés, le désert entre sierra et mer est couvert de serres rudimentaires en plastiques sous lesquelles poussent ( !!??) des milliers de tonnes de produits encore baptisés tomate, poivron, aubergine, concombre, fraise, etc. Ont-ils encore le droit de porter ces noms ? Car en fait ce sont des produits insipides, nourris à la merde chimique. La plupart des producteurs andalous emploient une main d'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans papiers sous payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. Mais c'est qu'en plus ils polluent ces cons d'esclaves mon brave, en plus d'avoir les poumons pourris par les merdes qu'ils respirent et la peau vérolées par les pesticides ! Le matin, les gros porcs en 4x4 viennent sur les places de village et embauchent leurs esclaves pour la journée. La plupart du temps au black bien sûr et pour une poignée de figues...

- Actuellement, c'est le concombre qui est sur sellette mais l'exemple le plus caricatural de cette agriculture ultra libérale ultra productiviste, ultra dégueulasse, c'est la fraise !

- Des produits jolis mais sans goût, dur à s'y casser les ratiches...

- Et pour cause ! Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005... ! ! !); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires. Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié a été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie.

- Bonjour les dégâts ! Et après, il faut les transporter ces merdes, partout en Europe.

- Exact. L'autoroute entre Perpignan et la vallée du Rhône est encombré jour et nuit d'énormes camions qui polluent, encombrent toutes les voies de circulation er causent d'innombrables accidents. Ils sont des dizaines de milliers à cracher leur gazole à la tonne en parcourant des milliers de kilomètres d'Andalousie jusqu'en France, Allemagne, Angleterre, etc. On nous bassine avec les gaz à effet de serre et on autorise, on privilégie ce mode de production d'une stupidité stratosphérique. Ces quelques dizaines de morts victimes de ce mode de production, c'est dramatique pour les pauvres mecs qui crèvent dans la force de l'âge simplement...pour avoir mangé leurs cinq fruits et légumes règlementaires, mais ç'est une bonne chose car ça révèle au grand jour ce système à la con.

- Alors quoi faire ?

- D'abord reprendre l'habitude de manger fruits et légumes en fonction des saisons. Ensuite mettre en place cette fameuse taxe carbone et taxer les produits au kilomètre parcouru. Ceci aura pour effet de ressusciter les couronnes maraîchères qui, il y a quelques années nourrissaient chaque ville. Et puis, comme disait candide, « cultivons notre jardin » !

 

 Merci à Chimulus

 

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