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12/05/2016

Au bistro de la toile : fraude fiscale, motion de censure, festival de Cannes, féria de Nîmes.

Buveurs copie.jpg

 

 

- Attends Victor, on aura tout vu : le rosbif Cameron préside aujourd'hui, à Londonistan, un colloque sur la fraude fiscale ! C'est comme si les Balkany organisaient un colloque sur l'éthique en politique…

 

- La com Loulle. La com. On fait croire qu'on fait, mais on ne fait rien, c'est de l'enfumage. Dans l'U.E. toute décision concernant la fiscalité doit être prise à l'unanimité des 28 membres ! Bonjour l'efficacité, et merci aux Rosbifs qui ont imposé cette directive scélérate pour protéger les intérêts des vautours de la City. La City n’est pas seulement un quartier d’affaire, poumon économique avéré de la capitale anglaise, mais aussi et surtout elle est le consulat des paradis fiscaux dans l’univers de la finance officielle, la finance respectable en melon et parapluie. Elle est l’alibi et la complice, avec ses têtes de pont anglo-normandes, luxembourgeoise, suisse, monégasque, et tous les paradis fiscaux tropicaux, d’un écran de fumée financier élevé par une mafia hyper fermée où le ticket d’entrée n’est fixé que par un nombre de zéros sur les comptes à gérer. Et des questions on n'en pose pas. Inutile et hautement suspect, les questions! Bon. Il paraît qu' « ils » veulent curer ce cancer. Les banques vont être très prochainement obligées (http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-210_fr.htm) à déclarer, entre autres, le nombre des personnels qu'elles emploient pays par pays, les bénéfices qu'elles réalisent pays par pays, le montant de l'impôt qu'elles y paient, pays par pays encore. On verra si Junker – le patron-voyou de la Commission européenne - propose d'étendre cette excellente directive aux multinationales qui adorent tant le Luxembourg! On t'attend, là, euro-citoyen Junker.

 

- Bon. Je crois qu'on peut attendre encore longtemps… Alors, et ce cinéma chez nous, avec cette « motion de censure », c'est quoi ce bordel ?

 

- Bof. Là encore, gesticulation. La « motion de censure » est une procédure permettant de « faire tomber le gouvernement », comme on disait sous la Quatrième où c'était une routine. Elle est déposée par un groupe qui n'est pas d'accord avec une loi imposée par le gouvernement par la procédure dite du 49.3, qui revient à dire aux députés « allez vous faire foutre, je passe ma loi en force ! ». C'est ce qui va se voter aujourd'hui. Mais les députés « frondeurs » ont des limites à leur effronterie. Ils aiment trop leur belle et bonne gamelle pour couper la branche sur laquelle ils sont assis. Parce que si le gouvernement est censuré, il ne peut que donner sa démission. Avec pour conséquence de nouvelles élections législatives. Et donc l'incertitude pour les députés de retrouver leur gamelle ! Voilà pourquoi les effrontés ne mêleront pas leurs voix à celles de l'opposition. Gesticulation Loulle. Enfumage…

 

- Mouais. Alors, ce ouiquinde, festival de Cannes ou Féria de Nîmes,

 

- Cannes, j'y est habité lorsque j'étais un peu plus jeune. Beaucoup de Cannois fuient leur ville quand débarquent les hordes de shootés à la péloche. Comme les Avignonnais durant le festival de théâtre. Et – pas kon – ils louent à tarif salé leurs turnes aux festivaliers. Quant à la Féria de Nîmes, ça m'intéresse un peu plus mais il faut pas avoir peur de la viande saoule… Quand tombe la nuit, c'est le règne des soiffards sans limite. Très peu pour moi Loulle. Je préfère m'en envoyer un ou deux chez toi, entre amis, que de me trouver coincé au milieu d'une foule de braillards abiérisés à mort.

 

- Il y a les corrida tout de même.

 

- Bien sûr et heureusement.

 

- Y en a qui n'aiment pas…

 

- On s'en fout. La corrida Loulle, c'est un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif. Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme. L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnées. La beauté de la force. La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure, son costume et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

Au centre du cirque, il y a un homme. Seul. Sous les regards de dix mille paires d'yeux.

 

- Une danseuse, qu'il dit Cabrel en parlant de ton torero !

 

- Cabrel n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près. L'homme – femme, danseuse – a en face de lui un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida, la blessure, le désastre, la mort.

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

Ambigüité de l’homme, Loulle: on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

- La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence.

C’est la mort toujours présente. Fascinante et répugnante. Appelée et rejetée.

 

- La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

Comme la vie. Comme la mort.

 

- Allez. A la nôtre !

25/05/2015

Pentecôte à Nîmes, a las cinco de la tarde…

torero picasso.jpg

 

L’Humain - moi, toi, lui, nous – est vraiment un drôle d’animal. Une sale bête…

 

Il fait chaud. Très chaud. A las cinco de la tarde…

 

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif.

 

Un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

 

La corrida de toros.

 

Transcendée ou honnie.

 

A las cinco de la tarde…

 

Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme.

 

L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnée. La beauté de la force.

 

La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

 

Au centre du cirque, sous dix mille paires d’yeux, il y a un homme.

 

Une « danseuse » dit Cabrel qui n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près. Et un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

 

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida, la blessure, le désastre, la mort.

 

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

 

Ambigüité de l’homme : on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence, de la laideur, de la beauté.

 

C’est surtout la mort toujours présente. Appelée et rejetée. Cette mort que nos civilisations ramollies refusent de regarder en face. Fascinante et répugnante.

 

La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

 

Comme la vie. Comme la mort.

 

Picasso disait : « Un bon dimanche, c’est le matin à la messe, l’après-midi à la corrida, le soir au bordel ! ».

 

 Photo X - Droits réservés

09/06/2014

Á Nîmes, aux arènes, a las cinco de la tarde…

corrida 1.jpg

 

 

L’Humain - moi, toi, lui, nous – est vraiment un drôle d’animal. Une sale bête…

 

Il fait chaud. Très chaud. A las cinco de la tarde…

 

Les vieux gradins de pierres blondes des arènes de Nîmes sont garnis jusqu’au sommet d’une foule aux couleurs excessives. Sous un soleil excessif. Pour trembler, hurler, s’enthousiasmer, applaudir, haïr de manière excessive devant un spectacle excessif.

 

Un rituel ancestral codifiant le combat de l’homme et du dieu Mithra.

 

La corrida.

 

Transcendée ou honnie.

 

A las cinco de la tarde…

 

Symboliquement, c’est le combat de l’homme et de la femme. Combat toujours perdu par l’homme.

 

L’homme, ici, c’est le toro, sa puissance brute, son courage insensé, ses charges désordonnée. La beauté de la force.

 

La femme, c’est le torero. Léger, aérien, si féminin dans son allure et ses attitudes. Opposant à la force l’intelligence, l’esquive, le leurre. La beauté.

 

Au centre du cirque, sous dix mille paires d’yeux, il y a un homme.

 

Une « danseuse » dit Cabrel qui n’a manifestement jamais vu l’œil d’un toro de près . Et un monstre mythique. Six cents kilos de force brute, de bravoure, de volonté de détruire tout ce qui s’oppose à lui.

 

Des deux, un seul sortira vivant. Et ce sera, presque toujours, l’homme. L’animal n’a jamais sa chance. C’est vrai. Combat inégal, certes, mais où l’homme risque toujours sa vie. Où son existence est suspendue à une erreur, une inattention. Où il frôle constamment la cogida,  la blessure, le désastre, la mort.

 

On est là. Assis. Pétrifié par une attention insupportable. Tous nos sens tendus vers le ballet de mort qui se déroule à quelques dizaines de mètres.

 

Ambigüité de l’homme : on tremble pour le torero mais on sent pourtant monter, malgré tous les barrages de la civilisation, depuis les tréfonds cachés de notre personnalité, l’angoisse mais aussi quelque chose de moche, de sale : l’espoir honteux de la victoire du toro, de la défaite et du massacre de l’homme. Le dompteur mangé par le lion…

 

La corrida, c’est du sang, de la peur, de la violence.

C’est la mort toujours présente. Fascinante et répugnante. Appelée et rejetée.

 

La corrida, c'est beau et obscène. Grandiose et pervers.

Comme la vie. Comme la mort.

 

Picasso disait : « Un bon dimanche, c’est le matin à la messe, l’après-midi à la corrida, le soir au bordel ! ».

 

Je suis aussi sanguinaire que Picasso : j’aime la corrida.

Je suis aussi nul que Montherlant : j’aime la corrida.

Je suis aussi débile qu’Hemingway : j’aime la corrida.

Je suis aussi crétin que Cocteau : j’aime la corrida.

Je suis aussi con que la majorité des habitants natifs de la Méditerranée, de Fréjus à Perpignan : j’aime la corrida.

Olé !

Et alors ?

 

Décadi 20 prairial 222

 

Photo X - Droits réservés

 

 

30/07/2010

Que vive siempre la corrida de toros !

Je suis aussi sanguinaire que Picasso : j'aime la corrida.

Je suis aussi nul que Montherlant : j'aime la corrida.

Je suis aussi débile qu'Hemingway : j'aime la corrida.

Je suis aussi crétin que Cocteau : j'aime la corrida.

Je suis aussi con que la majorité des habitants natifs de la Méditerranée, de Fréjus à Perpignan, de Madrid à Mexico : j'aime la corrida.

Et alors ?

corrida 1.jpgLes Catalans ont voté l'abolition de la corrida ? Est-ce vraiment l'amour des animaux qui a motivé les électeurs ? Mouais... Douteux.

André Viard, grand connaisseur en la matière dit dans son site « Terres taurines » : « Il s'agit d'un vote politique qui s'inscrit dans un contexte électoral tendu, renforcé par la non validation début juillet, par le Tribunal Constitutionnel espagnol, du statut d'autonomie de la Catalogne dans lequel celle-ci s'octroyait abusivement le statut de Nation.

Cet arrêt qui va à l'encontre de la volonté séparatiste de la classe politique catalane a soulevé un sentiment anti espagnol virulent à Barcelone et une surenchère de la part des divers partis politiques qui entendent affirmer leur « catalanitude » en vue des prochaines élections régionales qui auront lieu en octobre prochain.

Dans ce contexte, le vote de la loi interdisant les corridas en Catalogne apparaît comme un geste symbolique par lequel la Catalogne signifie à l'Espagne qu'elle n'en fait pas partie, et elle le lui démontre en rejetant sa « Fiesta Nacional. »

Bon. C'est donc de la soupe interne espagnole. Je vais tout de même avoir du mal à chanter la « Coupo santo »... Mais les Catalans - qui ne sont tout de même pas tous cul serrés et politiquement corrects - iront voir les corridas à Valencia ou...à Nîmes, Arles, Ceret et autres places taurines françaises ! Ollé !

Cette décision prohibitionniste s'inscrit dans un mouvement hygiéniste plus général où le maître mot est l'interdiction ; où tout ce qui vit, qui bouge, qui fait jouir, qui apporte de la joie, du plaisir est à détruire. « J'veux voir qu'une seule tête » qu'il beuglait l'adjudant. Pas de particularisme, pas d'originalité, pas de poils qui dépassent. Faut marcher au milieu du chemin tracé par ceux qui nous exploitent et qui - eux - prennent les chemins de traverse. On va devenir aussi cons que les Zétazuniens et que les talibans avec leurs polices de la vertu. On nous dit ce qu'il faut bouffer, comment il faut se fringuer, comment il faut baiser, comment faire du « sport », comment « garder la ligne ». On te dit surtout ce qu'il ne faut pas faire : pas fumer, pas bouffer gras, pas bouffer sucré...  Et merde !  On te dit surtout comment il faut penser. Pas d'originalité Coco ! Ne pense pas Coco ! TF1 et autres te donnent du prêt-à-penser. Reviens Tonton Georges Brassens ! Ils sont devenus fous.

Ce mouvement hygiéniste est le bras séculier de la robotisation de l'humanité. Ce problème de corrida est anecdotique mais significatif d'une volonté de raboter toutes les excroissances. Après viendra naturellement l'interdiction de la chasse, des combats de coqs, du foie gras, des courses libres, des bandidos, des fêtes votives et des férias, etc., etc. Vous avez vu ce qu'est la France profonde après huit heures du soir ? Un désert. Quelques rares bistrots ouverts, des gens qui rasent les murs pour rentrer chez eux, mettre leur alarme et regarder TF1.

Et puis, il y a une belle hypocrisie dans cette lutte contre la corrida. Défense des animaux ? Mon cul... Eh ! Les « prohibitionnistes », allez donc faire un tour dans les abattoirs, vous verrez comment on tue la côte de bœuf dont vous vous régalez ; allez dans les élevages de poulets ou de porc en batterie ; allez voir les élevages de poissons. Tiens, en parlant de poissons, pas loin de mon gourbi d'été, il y a un joli lac enserré dans un écrin de sapins. Et aussi beaucoup de pêcheurs. C'est gentil un pêcheur. C'est paisible. D'autant plus que le lac en question, il est classé « no kill », c'est une terminologie rosbif qui signifie qu'on pêche les poissons, puis qu'on les remet à l'eau. Eh ! les « sensibles », regardez la tronche de la poiscaille que le brave homme à bob Ricard sort de l'eau en lui arrachant la gueule avec son bout de fer bien pointu et garni d'un barbillon anti-retour. Regardez la violence triomphante qui s'exprime dans l'œil du brave pescadou lorsque le bestiau accroché se tord dans les affres d'une agonie aérienne. Ouais, mais le pêcheur, il est politiquement correct : il remet sa victime à l'eau ! Ben voyons... Avec la gueule moitié arrachée... Entre lui et l'aficionado, où est la différence ?

Enfin, pour les belles âmes qui crachent sur ceux qui aiment la corrida - ce rituel païen, archaïque c'est vrai, violent, c'est vrai, mais étant la dernière tradition qui met en scène ce que l'on cache, ce dont on a peur, ce qui est pourtant l'une des partie les plus importante de la vie : la mort ! - essayez donc d'imaginer seulement de descendre dans l'arêne, face à un monstre de 600 kg armé de deux énormes sabres. Il faut en avoir des cojones ! Et bien pendus !

Putaing, Victor, tu ne vas pas te faire que des amis !

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Si vous trouvez quelque intérêt à mes élucubrations:

VOTEZ !


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Appel du 14 juillet pour

UNE JUSTICE INDEPENDANTE