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02/12/2015

Du pétrole estampillé Daech dans nos réservoirs ?

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« Lorsqu’il y a de la merde quelque part, il y a toujours du pétrole derrière ! » Partant de ce principe de réalité, il est évident que derrière l’état islamique, derrière les gesticulations aériennes de la « coalition » étazunienne, derrière les frappes russes, il y a le pétrole !

 

Et du pétrole, il y en a à profusion dans ces régions : les sites pétroliers syriens de Deir al-Zour, de Hassaka, de Mossoul, de Salahuddin. Tout ça sous contrôle de l’état islamique ! Bon, d’accord, du pétrole, il y en a, mais encore faut-il l’extraire et l’acheminer vers…les clients ! Les bombes étazuniennes semblent éviter soigneusement les puits de pétrole (Eh ! Faut pas casser ce qu’on entend bien récupérer…). Les champs pétrolifères et les installations n’appartiendraient pas à Daech, mais serait momentanément monopolisées par lui. En clair, les actionnaires privés ne seraient pas favorables à ce que cela soit pris pour cible, et risqueraient bien de se retourner contre les auteurs de bombardements en cas de destruction.

 

Quant à l’acheminement, il passe par des réseaux bien rodés datant de l’invasion étazunienne de l’Irak et de l’époque du plan « pétrole contre nourriture ». Ce plan, supervisé par l'ONU, a été mis en place pour subvenir aux besoins humanitaires des Irakiens après que le pays a été sanctionné économiquement. Entre 1996 et 2003, Bagdad pouvait vendre tous les 6 mois pour 2 milliards de dollars de barils à condition d'allouer les recettes à la population. Sauf que le gouvernement de Saddam Hussein a alors mis en place un vaste système de corruption et de réseaux pour détourner le plan. Daech – dont l’ossature s’appuie sur les cadres de l’administration et de l’armée de Saddam - ne fait qu'utiliser les anciens canaux parallèles qui existaient a cette époque. Deux tiers du pétrole de Daech passe en Turquie à travers des circuits à la tête desquels on trouverait, disent les mauvaises langues, quelques hauts dignitaires du régime turc.

 

Aujourd'hui, ces réseaux parallèles se situent en partie le long de la frontière turque. Et cela s'explique notamment par deux raisons. Premièrement parce qu'en Turquie le prix du pétrole est élevé, précise Pierre Terzian de Pétrostratégies. Selon lui, c'est d'ailleurs ce pays qui est le premier destinataire du pétrole du groupe jihadiste. « Daech a la possibilité d'écouler ses stocks en Turquie, du sud jusqu'au centre du pays.  Si de gros volumes sortent de Syrie, ils sont écoulés en Turquie ». Il est vrai que la frontière est très « poreuse » entre la Syrie et la Turquie. Maquiller l'origine d'un pétrole est très faisable. Deux solutions: soit le mélanger avec un pétrole « identifié » soit en détruisant les preuves de son origine c'est-à-dire en falsifiant le certificat d'origination. Et vu que ce dernier est délivré par les chambres de commerce locales, on imagine bien les fraudes qui peuvent exister.

 

Le pétrole est acheminé par camions vers le terminal pétrolier de Ceyhan - grand hub pétrolier turc par lequel transite également le pétrole des pays du Golfe - d’où il est chargé avec des certificats d’origine parfois un peu baroques, sur les tankers qui les livrent à leurs ultimes destinataires. Après souvent plusieurs changement de mains… Comme il est vendu à prix cassés (50 % du prix de marché), on en trouve vraisemblablement dans nos stations services !

 

La destruction par nos pilotes des convois de camions citerne partant des territoires conquis par Daech et à destination de la Turquie serait-elle tabou ?

 

Allons ! Allons ! C’est du mauvais esprit ça, Victor !

 

Photo X - Droits réservés

26/11/2015

Au bistro de la toile : François chez Vladimir.

Buveurs pour net.jpg

 

 

- ...teng ! Il va avoir du mal à garder la ligne François : après les hamburgers chez Barrack, les Wurst und Brod avec Frau Merkel, voilà qu'il va devoir se farcir le bortsch avec Vladimir ! Mais qu'est-ce-qu'on ne ferait pas pour la paix !



- Tu rigoles, mais ça ne va pas être de la tarte d'amadouer le teigneux Vlad. Il a les aliboffis au bord de l'explosion. Les tueurs d'allah de l'état islamiste lui foutent en bas un avion de ligne, avec 240 personnes à bord, puis voilà que la Turquie d'Erdogan – pays voisin qu'il considérait comme ami – lui fout en bas un bombardier, dans des circonstances plus que douteuses. Alors la grande alliance que veut lui proposer François, c'est mal barré...



- Qui croit encore à l'efficacité de ces coalitions multiples, alliances de façade qui servent de paravent à la seule action politique des Etats-Unis !



- Personne. Cette coalition fait rire jaune lorsqu'on sait qu'elle compte en ses rangs les grands démocrates que sont l'Arabie saoudite et le Qatar...modèles politiques en tant qu'inventeurs du wahhabisme et bailleurs de fond des tueurs d'allah non seulement de l'état islamique, mais de toutes les bandes de tueurs fondamentalistes, donc des assassins de Paris, de Beyrouth, de Bamako, de Tunis. Cette coalition, depuis un an, n'a pas réussi à faire reculer l'E.I.. Tout juste à le contenir sur quelques secteurs précis. Le vrai boulot, au sol, est fait pas les seuls Kurdes et les troufions de Bachar. Son armée, bien qu'éprouvée, fatiguée, ne se débande pas.

 

- Alors qu'est-ce qu'il peut espérer, François, de Poutine ?

 

- Va-t'en savoir. Vladimir n'est pas marié avec Bachar mais le soutiendra tant que ça sera son intérêt : une base en Méditerranée entre autre. Tout ce que peut espérer François, c'est que Poutine concentre plus ses frappes sur Daech plutôt que sur d'autres factions terroristes sévissant en Syrie et en Irak. En tout cas, pas question pour Vlad de mettre ses troupes sous commandement des États-Unis ! Faut pas le prendre pour un kon. D'autant plus que les Turcs semblent avoir descendu l'avion russe délibérément, probablement sur des « suggestions » yankees afin de tester les réactions des Russes. Réactions qui risquent d'être plus que redoutables.

 

- Une guerre mondiale ?

 

- Non. On n'en est pas encore là. Poutine est un vrai homme d'État. Il sait garder ses nerfs. Mais s'il décide de s'attaquer réellement au problème de Daech, il ne prendra pas de gants. Selon le quotidien russe La Pravda, pour Moscou, l’Arabie Saoudite et le Qatar représentent une menace pour sa sécurité et seules des frappes directes contre ces groupes dans ces deux monarchies du Golfe pourraient stopper la déferlante de Daech et des autres mouvements terroristes de même obédience. La Russie s’acheminerait vers un élargissement du champ d’action de son armée de l’air en visant la matrice même du terrorisme islamiste, au cœur des deux pays qui en sont les principaux bailleurs de fonds depuis les années 1980. Si aucun lien direct n’est prouvé entre les régimes saoudien et qatari avec Daech, des institutions «indépendantes» dans ces deux richissimes monarchies du Golfe concourent, depuis plusieurs années déjà, au renforcement des groupes islamistes armés en Irak, en Syrie et, plus près de chez nous, en Libye et dans la région Sahel, infestée par une pléthore d’organisations terroristes.

Un autre ennemi de Moscou vient de se révéler, c'est la Turquie. Et là, c'est une autre paire de manches. Ce pays a une armée nombreuse, redoutable, bien armée par les Ricains et...il fait partie de l'Otan. Erdogan a d'ailleurs demandé « l'assistance de ses alliés de l'Otan » suite à ce qu'il appelle un « agression de la Russie ». Il ne manque pas d'estomac le mameluk. Plus c'est gros, plus ça passe. Obama, au bas mot, devrait calmer les ardeurs de l'islamiste d'Ankara. Parce que si les Russes doivent guerroyer avec la Turquie, ce sera avec TOUS leurs moyens militaires.

 

- Y compris nucléaires ?

 

- Entre vitrifier une base aérienne turque « pour l'exemple » et enliser son armée dans une guerre avec la Turquie soutenue par l'Otan, il n'y aura pas photo.

 

- Et nous dans cette histoire ?

 

- Nous ? Depuis que Sarko nous a réintégré dans le commandement de l'Otan, on obéira comme des caniches. Au risque de prendre sur la gueule quelques bombes russes.

 

- Mouais... Il a de quoi discuter le François !

 

- Espérons qu'il en aura le courage, plutôt que de se faire le petit télégraphiste d'Obama.

 

- Allez, à la nôtre !

17/11/2015

Syrie. Le fric ou l'honneur ?

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Pendant que les proches des victimes innocentes des tueurs souffrent dignement, la vie politique reprend. Je suis en train d’entendre plutôt que d’écouter notre premier ministre ramant comme il peut. Il se couvre pourtant de caca en défendant ces « alliés »pittoresques que sont l’Arabie saoudite et le Qatar. Pas facile, eh, Manu ! Ouais mais, un client, c’est un client… Des rafales, des frégates, pour des milliards... Ça élimine bien des scrupules !

 

François Hollande, lui, a eu un discours digne, courageux, « hollandais » aussi en ressortant de la naphtaline Balladur, piégeant ainsi ses adversaires. Cela suffira-t-il pour éradiquer ce sida mental qu’est le terrorisme islamiste ? Cette horreur qui méprise la vie, ce barbarisme qui hait la culture, celle bêtise crasse qui dénature une religion somme toute pas pire que les autres ? Cette expression du Mal que nous combattons avec nos rafales et nos mirages en Syrie et en Irak, avec le courage et la vie de nos soldats en Afrique de l’Ouest, a nom Etat islamique, ou Daech, ou Boko haram. C’est le nom de ces sectes d’assassins qui se camouflent derrière une religion pour s’emparer de territoires, de richesses et assouvir les plus bas instincts que la civilisation tente de gommer chez le plus dangereux des animaux : l’être humain.



Pourtant, l’expression de ce Mal que nous combattons, est représenté à l’ONU. Il y est par un état reconnu, avec lequel notre pays tisse des liens commerciaux et militaires puissants. Il a nom Arabie saoudite. Il a aussi nom Qatar, qui n’est qu’une verrue de la précédente.



Dès sa naissance l’Arabie saoudite a lié son sinistre destin à celui des puissances impérialistes. Fondée officiellement le 22 septembre 1932 par la fusion des provinces du Nejd et du Hedjaz, elle s’est trouvée sous la férule de Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud dit Ibn Saoud qui en en devenant le monarque absolu a mis en place un système féodal cruel et obscurantiste. Les guerres ayant permis l’accession au pouvoir d’Ibn Saoud ont fait 500.000 morts entre 1901 et 1932 ! La découverte de pétrole en mars 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d’une alliance stratégique avec les États-Unis, concrétisée par le Pacte du Quincy qui, en échange d’un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud. Cette alliance se révélera d’autant plus durable que le pays se présente comme un féal de poids pour contrer le mouvement de libération national arabe dans les années 1950-1960 au grand bénéfice de l’impérialisme.



Le régime monarchique – le pays propriété d'une famille, d'un clan, sans aucune opposition possible – est la « matrice » du wahhabisme, interprétation la plus rétrograde de l’Islam qui sert à justifier l’obéissance totale aux riches et à priver la population de tout droit démocratique. Elle lui procure une masse d’argent inépuisable qui lui permet d’exporter sa doctrine religieuse fanatique dans le monde, de s’acheter le soutien de nombreux mouvements réactionnaires de même que celui des dirigeants corrompus de pays pauvres qui suivent à la lettre les consignes de leur « bienfaiteur » quand il s’agit de voter à l’ONU ou même confient la présidence de la commission des « Droits de l’Homme » de cette instance à son représentant !



Dans ce pays de nos amis les bourreaux, où not'bon président va régulièrement, il a peut-être été invité à quelques représentations de ces charmantes traditions locales : flagellation (quels coquins sado-maso ces arabesaoudiens !), amputations de la main ou du pied (travaux pratiques intégrés à l'apprentissage des élèves boucher-charcutier probablement), décapitations en place publique au sabre (Ah ! Le charme désuet de ces saines et viriles traditions !), lapidations des femmes (là, ta fibre paritaire doit vibrer, François, parce que ce charmant passe-temps, une sorte de pétanque locale, est réservé aux femmes. Pas paritaires, ça...)



Ouais, mais, répondrons les esprits forts, ces traditions ont pour finalité de remettre dans le droit chemin des gens qui se laissent aller à faire quelques bêtises ! Cambriolage, trafic de drogue, fornication, idolâtrie, rébellion, conduite sexuelle immorale, sorcellerie, vol, trahison, conduite irréligieuse, apostasie, blasphème, adultère,sodomie, fornication. Eh ! C'est la charia ça, François ! C'est la sainte charia, Valls !



Et les femmes. Ah ! Les femmes que nous chérissons tant... Dès leur naissance, les Saoudiennes sont placées sous l’autorité légale d’un homme, le « gardien », qui peut être leur père, leur mari, leur frère, leur oncle ou même leur fils. Les femmes ne peuvent pas voyager sans l’autorisation de leur « gardien ».L’Arabie saoudite impose une stricte séparation des sexes. La plupart des maisons, banques ou universités ont une entrée pour les hommes et une autre pour les femmes. C’est le dernier pays au monde où les femmes sont privées du droit de conduire.



Daech a été créé sur le modèle de l'Arabie saoudite qui l'a soutenu et armé jusqu'à ce ,que cet enfant putatif lui fasse de l'ombre et devienne une menace aussi pour elle. Ce que fait Daech et qui révulse le monde dit « civilisé », c'est ce que pratique légalement l'Arabie saoudite sur son territoire.



Et Valls, notre premier ministre, ne trouve pas « indécent » d’entretenir des liens étroits avec la pire forme de barbarie moyenâgeuse encore existante dans le monde. Cela ne l’empêche pas, de concert avec Fabius et Hollande, de multiplier les discours qui justifient le soutien aux hordes obscurantistes en Syrie - qualifiées sans rire d’ « opposition démocratique » ! – et stigmatisent le régime syrien qui a au moins le mérite d’être laïque et de faire coexister pacifiquement toutes les religions et les non-croyances.



Toutes les lois d'état d'urgence ne seront qu'emplâtres sur une jambe de bois tant qu'on ne rompra pas avec ce nid de vipères qu'est l'Arabie saoudite (et sa verrue, le Qatar). Tant qu'on ne clarifiera pas nos relations avec le gouvernement légal de la Syrie et son chef Bachar el-Assad. Parce que l'éradication, la destruction – selon les paroles de Hollande – de l'état islamique passe non pas par quelques bombinettes mais par une guerre au sol, là où ça fait mal, là où se côtoient la peur, la mort, la souffrance, la merde, le sang et les larmes.



Et qui doit « y aller » au sol ? Certainement pas nous ni aucun pays occidental, ni les Russes. Car alors les forces en conflit sur place se réconcilieraient en faisant front commun contre l'envahisseur étranger, contre le kouffar, l’infidèle. Les seules forces au sol aptes à détruire Daech sont l'armée régulière de Bachar, les Kurdes, les Iraniens.

Encore faut-il qu'il y ait derrière le fracas de la guerre une solution politique viable. Qui ne peut-être un simple retour aux aberrantes frontières artificielles dessinées par les accords Sykes-Picot, imposées par les forces coloniales à la suite de l'effondrement de l'empire ottoman.



On n'est pas sorti du foutoir...

 

Illustration: merci à Plantu.



21/05/2015

Moyen-Orient : Ah ! La belle guerre de religion !

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Daech bouffe l'Irak et la Syrie jour après jour. Ramadi en Irak (100 km à l’ouest de Bagdad) la semaine dernière, Palmyre en Syrie (80 km de Damas). Les troupes des armées régulières qui lui sont opposées semblent plus douées pour la course à pied que pour la lutte gréco-romaine...

 

Côté Irak, les bidasses mal payés, mal entraînés, peu motivés à laisser leur peau (Pour quoi ? Pour qui ?) foutent le camp en abandonnant les armes, les véhicules, les munitions aux mains des djihadistes de Daech. Du bel et bon matos à tuer made in USA. En face, Daech a récupéré l'essentiel des cadres de l'armée de Saddam Hussein, jetés à la rue par l'incommensurable konnerie étazunienne. Les trésors de Palmyre vont subir le sort des antiquités de Mossoul ou de Nimrod : vendus aux riches collectionneurs (Etazuniens pour la plupart) pour ce qui est démontable, explosés pour les autres. Pour ces obscurantistes sauvages, tout ce qui n'est pas islam (enfin, leur conception de l'Islam) n'existe pas... Des barbares bourrés de thunes, ils « gagnent » avec la vente du pétrole et des antiquités autour de un million de dollars par jour! Et malgré leurs exactions – décapitations, massacres de civil pour « collaboration avec le régime » - ils bénéficient d'une certaine popularité parmi les populations (sunnites) conquises parce qu'ils se présentent comme le rempart et de glaive sunnite face aux « mécréants » chiites.

 

Côté Syrie, l'armée du régime (allaouite, donc presque chiite) est fatiguée, manque de munitions, semble douter de sa mission, ou préfère peut-être se replier pour défendre Damas, à deux heures de pick-up de Palmyre. On a accusé Bachar El Assad de tous les maux. Va-t-il pourtant falloir l'aider à défendre Damas ? Ou laisser les terroristes de Daech triompher ?

 

Dans quelques jours va s'ouvrir une conférence entre les diverses parties de la coalition hétéroclite des ennemis de Daech. Que pourront-ils se dire, sinon constater leur impuissance tant militaire que diplomatique ? Pour une bonne raison : le seul pays capable de défaire, sur le terrain, au sol, les barbares fanatiques sunnites de Daech ne sont pas les soldats d'opérette de l'Arabie saoudite ni les frappes aériennes mais les Iraniens, qui possèdent une armée puissante, bien équipée, aguerrie et motivée. Seulement voilà : les Iraniens ne sont pas invités à cette conférence ! Allez savoir...

 

Alors, quand Damas va tomber aux mains de Daech, que faudra-t-il faire ? Le Liban sera la première cible. Mais là, il y a le Hezbollah, donc les Iraniens... Que feront les Occidentaux ? Que feront les Russes (qui ont une base navale importante en Syrie). Que feront les Israéliens (bien « compréhensifs » jusqu'à présent au sujet de Daech) ? Que feront les Turcs (eux aussi bien « compréhensifs » avec Daech) ?

 

Au fait, on assiste aux derniers soubresauts de la main mise anglo-franco-étazunienne sur les pays du Moyen-Orient de l'ex-empire ottoman. Les frontières artificielles, dessinées pour séparer afin de mieux régner pour mieux piller, s'effacent. Place très bientôt au grand affrontement religieux intra-islamique entre les chiites de l'Iran et d'une grande partie de la population de l'Irak et les sunnites du reste du Moyen-Orient. Entre Perses et Arabes, rivaux ancestraux. Ça a déjà commencé au Yémen.

 

Et nous dans ce foutoir sanglant ? Bof. Le mieux est de s'en tenir le plus loin possible. "Qu'ils se démerdent entre eux, qu'ils s'étripent si ça leur chante. On pourra toujours leur vendre des armes..." pensent-on discrètement.

 

Ouais... C'est oublier les millions de réfugiés qui vont fuir ces zones à feu et à sang. Et où viendront-ils ?

 

Devinez.

 

Mondo cane...

 

Photo X - Droits réservés

 

08/10/2014

Au bistro de la Toile. Daech, jihadistes : en avoir ou pas...

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- Ça y est Victor, « ils » nous refont le coup de Benghazi : faut aller taper sur Kované, cette ville syrienne à la frontière turque où bien il va y avoir un bain de sang... Eh ! Oh ! Comment se fait-il que chaque fois qu'il y a la merde quelque part, il faudrait que ce soit nous – les Zoccis-dentaux – qui allions jouer les gendarmes ? Et les Arabes-saoudiens à qui l'on a vendu des moulons d'armes sophistiquées ? Et le Qatar, cet « ami » qui nous achète mais financent nos ennemis ? Et surtout les Turcs, qu'est-ce qu'ils font ? Ça se passe à deux kilomètres de chez eux, ils ont des dizaines de chars en position et des milliers de troufions prêts. Pourquoi n'y vont-ils pas sauver ces voisins ?

 

- Parce qu'ils sont Kurdes ! La nation Kurde, le peuple kurde existent, mais il n'y a pas d’État kurde. Les populations kurdes se répartissent entre la Turquie, l'Iran, la Syrie et l'Irak. Les Turcs d'Erdogan – islamiste idéologiquement proche de ces Daech – regardent, l’arme au pied, les Kurdes se faire massacrer par les nazislamistes de peur que leurs propres Kurdes ne repartent dans leurs revendications rugueuses d'indépendance. Les Arabes-saoudiens et les Qataris sont les financiers des Daech, ces tarés qui sont leurs créatures mais leurs « Frankenstein » les dépassent et nils n'ont que des armées d'opérette. Quant à nous, les Zoccis-dentaux, il ne faut pas oublier que les frontières de ces régions sont artificielles et qu'elles ont été tracées sur les ruines de l'empire ottoman par les Anglais et les Français en fonction de leurs intérêts respectifs, sans soucis des réalités géographiques et ethniques. Voilà pourquoi on ne peut pas s'en laver les mains...

 

- Bref, c'est un sacré foutoir... D'autant plus que, dans les rangs de ces nazislamistes, on trouve, parait-il, un millier de Français, qui seraient parmi les plus sanguinaires ! Ces tarés représentent un danger redoutable pour notre pays lorsqu'ils vont rentrer au bercail...

 

- Eh ! Pour éviter ce danger, il faut faire en sorte qu'ils ne rentrent JAMAIS au « bercail ». Nos dirigeants nous serinent que nous sommes en guerre contre ces nazislamistes. Ce sont donc les lois de la guerre qui doivent s'appliquer, pas le droit commun. Ces gens – jeunes, moins jeunes, hommes, femmes – qui partent s'engager dans les rangs de nos ennemis, qui tuent les ennemis de nos ennemis, donc nos amis, doivent savoir que s'ils partent, c'est un billet sans retour. En temps de guerre, les citoyens d'un pays qui passent à l'ennemi sont des traîtres, des déserteurs et doivent être traités comme tels. La réponse du pays trahi doit être sans ambiguïté : douze balles dans la peau si on les attrape, avec la facture des balles envoyée à leur famille ! Comme les Chinois !

 

- Tu envoies le bouchon un peu loin Victor. Non ?

 

- Pas du tout. Nous, les « Zoccis-dentaux » et surtout nous, les Français, nous sommes les grands naïfs, les babets, les fadas, les nessis, les simplets du village mondial. On s'empêtre dans des considérations morales contre des ennemis qui se torchent allègrement l'oignon avec toute morale. On cède devant les jérémiades de « droit-de-l'hommistes » bêlants qui sont autant d'idiots utiles des nazislamistes. On est en guerre ? Alors faisons la guerre. Sans dentelle. La guerre, Loulle, c'est la mort, c'est la trouille, c'est l'angoisse, la peur panique, les cris, le bruit, la souffrance, le deuil, les massacres, les flammes qui brûlent, les bouts de fer qui hachent la viande. La guerre, ça sent la merde du pauvre type qui se chie dessus de peur, ça sent cette odeur acre, doucereuse des corps gonflés qui grouillent de vers, ce sont les tripent irisés sous le soleil, ça sent la poudre, le feu, la mort, la mort, toujours la mort. Alors si on fait la guerre, on n'accepte pas de prendre le risque de voir dix, cent, mille traîtres abrutis par la propagande ennemie rentrer « au pays » et y semer la mort la plus lâche, celle des attentats aveugles. Ces gens qui sont partis faire le « jihad », il faut les détruire, les tuer dès qu'on les a « logés » comme disent les flics. Il faut qu'ils sachent qu'ils ne rentreront jamais « au bercail », sinon les pieds devant...

 

- Ben, comme ça, c'est plus clair. Et c'est réaliste. Ils y réfléchiront à trois fois avant d'aller s'engager chez les fous d'Allah. Allez, à la nôtre !

 

Illustration : Merci à Chimulus