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06/01/2009

Relance : après l’annus horribilis, l’anus dolorosus !

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Bon. IL a fait ses annonces de « relance » avant les Fêtes et maintenant que les lampions sont éteints, on va voir ce qu’on va voir. Ah mais !

Eh ! Les pauvres, j’ai pensé à vous : relèvement du minimum vieillesse (faut pouvoir acheter son patapon pour survivre), pension de reversion, prime à la cuve, prime à la casse pour vos estrasses de bagnoles pourries, prêts à taux zéro pour vos tanières, sans oublier la prime de « solidarité active de 200 euros, et j’en passe !

Pour 27 milliards que j’en mets ! Quoi ? Y a des mauvais esprits qui disent qu’en fait c’est à peine 5 milliards, le reste n’étant que des remboursements anticipées de dettes de l’Etat et des modification de calendriers sur des opérations déjà programmées et budgétées… Y en a même qui disent que c’est peau de zob par rapport à ce que j’ai refilé aux banques… Pfff… C’est déprimant les pauvres, pas vrai Carlita !

Ce qu’il évite soigneusement de nous dire, le Nano Timonier, c’est que le financement gigantesque de l'économie par les plans de relance, l'endettement et la baisse de la fiscalité des entreprises n'est rien dans l'aide à celles-ci par rapport à l'aide que les gouvernements – le sien comme les autres - vont apporter en fragilisant au maximum l'emploi, favorisant la baisse moyenne des salaires réels et l'augmentation du profit.

L'essentiel des plans de relance n'est donc pas dans l'aide à la consommation, solution provisoire d’ailleurs écartée par Sarko, mais dans l'aide au profit, à travers l'aide aux sous-contrats, au nom de la lutte contre le chômage, de l'emploi jeunes ou autres prétextes, par la fragilisation du statut des chômeurs, forçant de plus en plus ceux-ci à accepter des contrats de travail de plus en plus défavorables en terme de salaires, d'horaires et de stabilité.

En favorisant aussi les licenciements, qui servent autant à adapter l'emploi aux variations du marché, autrement dit à faire porter par les travailleurs seuls le prix de la crise de la surproduction, qu'à permettre à terme le remplacement des anciens contrats arrachés par des décennies de luttes sociales par des contrats adaptés aux besoins urgents de la classe capitaliste. Tout ça s’appelle cadeaux aux entreprises.

Pour donner du pognon aux entreprises, les caisses étant vides et la dette abyssale, il faudra donc trouver de l'argent. Toute augmentation de la fiscalité étant provisoirement écartée en temps de crise, la seule ressource est la réduction des dépenses. Le problème est que l'évolution du rôle de l'État dans l'économie capitaliste, depuis la seconde guerre mondiale, signifie que toutes les dépenses publiques sont orientées en faveur de la consommation, du sacro-saint marché. Ainsi les dépenses de santé publique sont-elles le débouché essentiel des puissantes industries pharmaceutiques, les allocations diverses, chômages et pensions, soutiennent-elles l'immobilier et la grande consommation, tandis que les travaux publics soutiennent la grande industrie, les dépenses militaires entre autres l’industrie de pointe, etc. Le fonctionnement de l'État lui-même constituant un marché essentiel pour les entreprises du secteur énergétique et immobilier, entre autres. Même les dépenses culturelles sont partiellement orientées vers la création d'un marché spécifique.

Il va donc falloir faire des choix, en fonction de la puissance des différents lobbys industriels, de l’importance stratégique des marchés et… de la docilité sociale !

Les dépenses qui permettent de maintenir la paix sociale, ce sont précisément les allocations, les soins de santé, les services publics, ce sont tout ce que les États ont dû céder face aux luttes des travailleurs au cours des décennies précédentes, ce que l'on appelle les "acquis sociaux". Ces acquis constituent en fait une part du salaire réel de travailleurs, la différence entre salaire brut et salaire après impôts, qui leur était donc versés sous forme de services, d'assurance, d'allocations. A ceci près que le salaire net est versé individuellement, alors que le salaire brut est versé globalement.

La destruction des acquis sociaux financera les plans économiques. La diminution des dépenses dans ce secteur se fera soit directement, par une diminution, ou un gel des allocations, une diminution des remboursements de soins de santé et des services publics, ou indirectement, en restreignant l'accès à ces allocations et remboursements: recul de l'âge de la retraite, exclusion du chômage, réduction de la durée des allocations, etc.
Avantage induit : fragiliser les travailleurs, les poussant à accepter des conditions de travail et de salaire en baisse.

Pour une fois, il n’a pas menti en nous promettant, lors de ses vœux, qu’on allait en chier !