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24/01/2009

Le Président et le Ministre : « Décervelez mon ami ! Décervelez ! »


sarko roi.jpg LE PRÉSIDENT
Entrez donc mon ami et venez prendre place
Afin de me conter ce qui vous embarrasse
La réforme est lancée, elle avance à grands pas
Mais je vois bien qu'à tous, celle-ci ne plait pas.
Aussi voudrais-je entendre de votre propre bouche
Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.

LE MINISTRE
Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point
Voyez comme en ces temps je sais rester serein.
J'ai fait ce qu'il fallait et fait preuve d'audace

LE PRÉSIDENT
Allez contez moi donc je ne tiens plus en place !

darcos lasserre.jpgLE MINISTRE
J'ai d'abord pour vous plaire modifié les programmes
Pour faire des élèves des besogneux sans âme.
Ils se feront gaver du matin jusqu'au soir
Et n'auront plus de sens à donner au savoir ;
Voilà qui nous fera des citoyens dociles
Qui ne s'attacheront qu'à des choses futiles.

LE PRÉSIDENT
Fort bien, les programmes sont un bel artifice
Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice.
Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir
Promettant des réformes, n'en disant que très peu,
Pour qu'une fois reçu l'aval des isoloirs
Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux !
Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce
Car je veux tout savoir !

LE MINISTRE
Voilà ce qui se passe :
Je commence par rayer en trois ans les RASED
Et pour tromper les gens sur le maintien de l'aide
Je laisse aux enseignants l'entière liberté
De s'occuper tout seuls de la difficulté.
Ils auront pour cela comme unique bagage
La chance de pouvoir faire quelques journées de stage !
J'ai enlevé deux heures d'école par semaine
Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent :
On dit la journée de trop longue durée
Qu'il faudrait réformer notre calendrier
Et moi je vous dis qu'il en faut d'avantage
Et qu'il faut les forcer même jusqu'au gavage !

LE PRÉSIDENT
C'est à n'en point douter une idée fort plaisante,
Le mérite sera la seule valeur payante !

LE MINISTRE
Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier
Je les envoie le faire à l'université.
Voyez l'inanité d'une bonne formation
Nous qui n'avons besoin que d'agents et de pions !
Cela vous plait-il ?

LE PRÉSIDENT
Assurément je pense,
Mon humeur est ravie et elle est d'importance
Car c'est elle qui règle le cours de mes pensées
Qui font toujours écho à l'actualité.
Mon caprice me met dans des emportements,
J'ai des mots qui ne sont plus ceux d'un Président,
Je flatte ce qu'il faut des instincts les plus bas,
Parle plus en mon nom qu'en tant que chef d'état,
Sur toutes mes idées je veux qu'on légifère
Et ne supporte pas qu'on m'empêche de le faire.
Des médias je me sers et grâce à mon emprise
Ils me suivent au mieux dans toutes mes entreprises,
Enfin, si j'utilise les services de la presse
C'est parce qu'aux yeux de tous il faut que je paraisse.
Mais contez-moi encore votre train de mesures.

LE MINISTRE
De l'école en danger j'augmente la fêlure :
Il existe des classes que l'Europe nous envie
Accueillant les plus jeunes des enfants du pays.
Il serait opportun de les faire disparaître
Pour affecter ailleurs ce réservoir de maîtres
Qui ne font de leur temps que des couches changer
Et ne connaissent point les joies de la dictée.
Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses
Et il n'y aurait plus de maternelles en France !
Afin de remplacer les absences des maîtres
Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître.
Si celui qui remplace se trouve être plombier,
La chaudière de l'école il pourra réparer,
S'il est mécanicien et connaît son affaire
Les voitures des collègues il pourra bien refaire,
Et si par de la chance il se trouve enseignant
Il pourra pendre en charge d'une classe les enfants !

LE PRÉSIDENT
Je reconnais bien là votre astuce admirable
Et votre esprit retors qui ne se sent coupable !
Cette école qui veut faire des citoyens
Il faut qu'à l'avenir elle n'en fasse rien !
Œuvrez donc mon ami, la tâche n'est pas mince
Car c'est l'éducation qui menace les Princes !!!!


C’est pas de moi, mais ça aurait pu !

17/12/2008

La retraite de Russarkozy.

retraite de russie 2.jpg


Il neigeait. L’Uhèmepets tremblait dans sa liquette.
Pour la première fois Sarko baissait la tête.
Sombres jours ! le nabo reculait lentement
Laissant derrière lui un Darcos écumant.
Il neigeait. Les coups durs tombaient en avalanches.
Après un coup de manche un autre coup de manche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier l’Uhèmepets, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les féaux se déchiraient le ventre,
Certains osant penser autrement que le chef
S’exposaient au tourments des chevaux qu’on achève.
On voyait Devedjian avaler son chapeau
Et Lagarde ployait sous le poids des impôts
Que le Guide suprême supprimait pour les riches
Ne laissant aux prolos que navets et pois chiches.
Un terrible danger vint des terres attiques
Où les étudiants, chassés à coups de triques
Par les hordes obtuses de flicaillons repus
A la solde de politicards corrompus,
Mettaient l’antique Grèce, et à feu, et à sang
Et faisaient chanceler les trônes des puissants.
Sarkozy, effrayé par la contagion
Qui risquait de gagner la France et ses régions
Ordonna la retraite. Et Darcos, comme un chien
La queue entre les jambes, devant les lycéens
Ravala sa réforme et partit en vacances
Rendant pour quelques jours le sourire à la France.