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11/05/2016

Au Vénézuela comme au Brésil, les revanchards yankees à la manœuvre.

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Après le Brésil, sous la menace d'un « golpe » fomenté par les États-Unis s'appuyant sur les forces les plus rétrogrades du pays, intéressons-nous au Vénézuela , autre pays sous la menace directe d'un coup d'état d'inspiration yankee.

 

Nos médias nous montrent la grande misère de ce pays, pourtant assis sur la fortune du pétrole. Avec de gros plans sur des queues pour avoir un bout de pain, des étals de magasins vides, des familles ne mangeant qu'une banane par jour. Tout ça pue la manipulation. Le but, là encore, c'est de faire table rase de toutes les avancées sociales apportée par le régime de Chavez, dont la mort reste plus que suspecte, et de son successeur Maduro.

 

Ceci fait partie d'un plan géostratégique global des États-Unis visant non seulement les pays d'Amérique du Sud qui ont su s'extirper des griffes yankees, mais aussi la Russie, la Chine et, d'une autre manière, l'Europe.

Arme principale : la baisse du prix des matières premières. En mettant sur le marché du gaz et du pétrole de schiste, l'offre devient pléthorique et les tarifs baissent. Premiers visés : la Russie et le Venezuela.

En jouant de tous les registres pour freiner la croissance de la Chine, donc sa demande de matières premières. Premiers visés, le Brésil et l'Europe.

Autre levier : attiser autant que faire se peut l'insécurité à partir du foutoir au Moyen-Orient. Premier visé : l'Europe englué dans un problème de migrants fabriqués par les aventures militaires étasuniennes dans cette région (Irak, Afghanistan, Libye.

Autre levier encore : l'Ukraine afin de rendre impossible tout rapprochement entre l'U.E. et la Russie et mettre en difficultés les économies tant russes qu'européennes par des « sanctions » économiques boomerang.

 

Au Vénézuela, le but de toutes les manips, c'est de virer Maduro pour le remplacer par un pantin à la solde de Washington et recommencer à voler les profits du pétrole que Chavez avait récupéré pour son peuple. La baisse du prix du pétrole coupe les subsides du gouvernement vénézuélien. Les propriétaires et les forces de droite du pays organisent la pénurie de biens de consommation courante, attisant ainsi la ire des populations. L'inflation devient galopante. De grandes manifestations secouent le pays, les « étudiants » de droite excitant et manipulant les sans-dents. Dès lors, on lance, à travers la presse inféodée aux forces les plus conservatrices, une pétition pour demander, comme au Brésil, la destitution du président Maduro. Même objectif, mêmes éléments…

 

Derrière ces troubles, c'est le spectre d'un coup d’État orchestré par Washington qui se fait jour. Les fachos de la CIA manœuvrent pour reproduire au Venezuela leur coup du Chili. Sans effusion de sang si possible, sinon… Des armes circulent, des mercenaires se tiennent prêts. Ils doivent déjà avoir leur Pinochet en réserve. L’option de l’assassinat du président successeur de Chavez, Nicolas Maduro, est activée. La CIA et ses complices au premier rang desquels les médias, tous inféodés à la droite extrême, voudraient profiter du niveau élevé d’exposition du président au cours de ses contacts directs avec la population pour s'en débarrasser radicalement. Ils trouveront bien un « Lee Arvey Oswald »...

 

La CIA, la droite et l'extrême-droite sud-américaine (ainsi que certains dirigeants européens) n'ont jamais digéré le virage radical vers leur émancipation de l'oppression étasunienne opérée par beaucoup d’États d'Amérique du Sud. Nostalgique des périodes où elle semait la terreur, la CIA veut prendre sa revanche sur le chavisme. Ce mouvement n'est pas exempt de reproches, mais il a ouvert des horizons et redonné espoir à des millions de personnes, malgré un climat international particulièrement injuste et hostile à son égard.

 

Le camarade Chavez a tout de même de très belles choses à son actif. D’abord il a foutu dehors les compagnies pétrolières rapaces étasuniennes et européennes pour rendre à son peuple le profit de cette manne pétrolière sur laquelle son pays, le Venezuela, est assis. Ensuite il a mis ces masses énormes de pognon récupéré au service de son peuple : éducation, santé, réduction des inégalités, élimination de la grande pauvreté. Enfin il a suscité partout en Amérique du sud des mouvements de libération politique de gauche qui se débarrassent enfin de la mainmise ultralibérale des multinationales et des officines étasuniennes.

 

Le succès de Chavez, une révolution en construction, c’est son pays décrété « territoire libre d’analphabétisme » par l’Unesco en 2005, c’est près de 60.000 nouveaux établissements, 55.000 enseignants incorporés chaque année, 75.000 bibliothèques, un accès gratuit à la santé avec la coopération de Cuba, la création de dispensaires et de médecins dans les banlieues et le secteur rural, la production nationale de médicaments génériques gratuits, 178.000 Vénézuéliens pauvres récupérant la vue grâce à la mission « Miracle », le traitement du Sida gratuit, 4 millions de personnes engagées dans le sport, la reconnaissance des peuples indigènes, la distribution de terres aux paysans, 3 millions d’hectares distribués, des pensions de vieillesse à plus de 20.000 agriculteurs et pêcheurs qui ont atteint l’âge de la retraite sans avoir cotisé, la nationalisation des secteurs de l’économie qui, adossée à la hausse des prix du pétrole, ont généré d’importants revenus dont bénéficie la majorité de la population.

 

Il va de soi que de telles réalisations au profit du peuple n'ont pu se faire qu'au détriment des parasites. On comprend dès lors que ceux-ci veuillent se débarrasser de Maduro, cet empêcheur de magouiller en rond…

 

Méditons sur ce principe : tout ce qui est bon pour les États-Unis est mauvais pour le reste du monde.

 

Illustration X - Droits réservés.

 

09/10/2015

Une France sous influence (étazunienne !)

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Tiens ! Qu’est-ce qui leur arrive à France-Inter ? Un éclair de lucidité ? Voilà que ce matin j’ai entendu une info fort intéressante titrée : « L'oncle Sam : un ami très influent. » Il s’agit des méthodes  de « soft power », de « diplomatie douce », plutôt d’influence sournoise, de mise en condition de complicité que Tonton Sammy utilise pour conditionner à ses valeurs et intérêts les « young leaders », les « jeunes dirigeants » que les espions de leur ambassade repèrent en France comme ailleurs. Leur arme : la séduction.

 

Concrètement : depuis les années 1940, l’ambassade des Etats-Unis à Paris repère – dans les grandes écoles genre ENA, HEC, Polytechnique, etc. mais aussi dans les partis politiques, les rédactions de presse, les entreprises voire les syndicats - chaque année ceux qui seront les futures élites françaises. Elle mise sur elles et les invite outre atlantique à participer à un programme d’échanges avec les futures élites américaines. Et, outre-Atlantique, on les caresse dans le sens du poil pour s’en faire des complices, voire des obligés, en tout cas de futurs partenaires compréhensifs et dévoués. La French American Foundation a mis sur pied un programme similaire avec des fonds privés. Et la machine à dollar tourne sans compter.

 

Créé en 1981, le programme Young Leaders est le programme phare de la French-American Foundation et continue de jouer un rôle clé « dans l’approfondissement de la coopération entre la France et les Etats-Unis ». Il rassemble aujourd’hui 400 dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute fonction publique, de l’armée, des médias et de la recherche. Chaque année, vingt français et américains âgés de 30 à 40 ans et appelés à jouer un rôle important dans les relations franco-américaines, sont sélectionnés par un jury en France et aux Etats-Unis. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun, sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin « d’échanger sur sujets d’intérêts communs aux deux pays et tisser des liens d’amitié durable » qu’ils disent. Ben voyons !

 

Parmi les anciens « Yougs leaders » on trouve, entre autres, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Pierre Moscovici, Emmanuel Macron, Najat Vallaud Belkacem. Voilà qui explique bien des choses et notamment l’alignement servile sur les désidératas étazuniens. Cette année, Frédéric Mazzela, le fondateur de Blablacar, ou encore Alexis Morel, directeur de la stratégie de Thalès, font partie de ceux qui ont été invités à Washington pour un voyage d’étude. « On va chercher les gens qui peuvent avoir une influence un jour par leur réussite » explique Pierre Servan -Schreiber, un avocat d’affaires qui a travaillé dans un cabinet américain. « C’est une volonté délibéré de connaitre les gens qui seront à même de prendre des décisions, et à qui on pourra rappeler notre passé commun et faire passer des messages ».

 

Mais la traque « soft » vise encore plus large avec le programme « Jeunes espoirs ». Créé en 2012, le programme d’échange « Jeunes Espoirs » répond à un triple objectif : permettre à de jeunes lycéens à haut potentiel de réussite et issus de milieux défavorisés d’acquérir une ouverture internationale à travers la découverte des Etats-Unis et de la France, de son histoire et de sa culture. Ensuite, favoriser la création de liens durables avec d’autres jeunes au parcours similaire par une immersion dans le quotidien d’une école américaine. Enfin, exposer les jeunes à des parcours « brillants » en organisant des rencontres avec des décideurs américains et français influents.

 

Á cela s’ajoute la colonisation culturelle par la langue et surtout les tombereaux d’amérikonneries déversées à plein dégueulis par les radios (chansons et musiques étazuniennes à saturation) et les télés (séries prônant « l’américan way of life » dégoulinantes de « valeurs » étazuniennes et de violence).

 

Cette influence, cette colonisation « douce » se multiplie auprès de tous les pays de l’Union Européenne et aussi, à haute dose, auprès des technocrates de Bruxelles. Presque tous les dirigeants (non élus) de la Commission ont fait leurs études aux Etats-Unis…

 

Ajoutez à cela l’Otan - force armé des multinationales étazuniennes – qui impose des forces de « défenses » sous contrôle de Washington, et vous aurez une idée de la colonisation de la vieille Europe.

 

Tafta, si cette horreur passe, complètera le dispositif de vassalisation totale de l’Europe. De Gaulle doit faire le ventilateur dans sa tombe…

 

 Photo X - Droits réservés